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Résistance au colonialisme occidental: L’Asile Hiawatha (1902-1934)… Dans l’enfer du goulag pour Amérindiens…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 7 février 2016 by Résistance 71

Nous avons débaptisé il y a plusieurs années les « Etats-Unis » pour les appeler de nom plus judicieux à notre sens de « pays du goulag levant »… En voici une des raisons, parmi bien d’autres.

— Résistance 71 —

 

Le goulag amérindien du nord: Le cimetière de l’asile de Hiawatha

 

Laura Waterman Wittstock

 

3 février 2016

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2016/02/03/native-american-gulag-hiawatha-asylum-cemetery

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

L’histoire perverse des relations entre l’état et son gouvernement et la nation Lakota/Dakota (Sioux) a pris une tournure des plus sinistres lorsque l’asile d’aliénés Hiawatha (NdT: les colons choisirent pour nom de l’asile celui de l’aide du faiseur de paix Dekanawida (Huron), fondateur de Kaiane’re:kowah, la Grande Loi de la Paix: Hiawatha de la nation iroquoise Onondaga, pas un hasard non plus, mais une volonté de dégrader plus avant la culture amérindienne…) fut construit 10 ans après le massacre de Wounded Knee du 29 décembre 1890. Il fut opérationnel pendant plus de 30 ans (1902-1934) avant que d’être démoli. Les corps de ces hommes et femmes indiens qui y moururent sont enterrés sous ce qui est aujourd’hui le parcours de golf de Canton dans le Dakota du Sud.

Après les guerres contre le peuple indien, la bataille pour leur cœur et leur esprit est constamment allée de l’avant. Même morts, les 121 personnes enterrées là-bas sont toujours humiliés alors que des balles de golf passent au dessus de leurs têtes et que l’ancien président de la Canton Area Historical Society, Don Pottranz, se réferre à leurs tombes comme “étant quelque chose dont les gens ont conscience, mais c’est maintenant de l’histoire ancienne.

N’ayant absolument aucune connaissance des cultures natives, des langues, coutumes et de la vie spirituelle des peuples et nations autochtones, le sénateur du Sud-Dakota, R.F Pettigrew, introduisit en 1899 une législation du congrès afin de créer le tout premier asile psychiâtrique pour autochtone de la nation. Le congrès débloqua 45 000 US$

En 1900 la construction débuta après que le député Oscar Gifford (ancien maire de Canton) ait arrangé pour l’achat de 100 acres de terre à environ 3km à l’Est de la ville de Canton.

Les premiers patients y arrivèrent en 1902 et en 1908, Gifford fut viré lorsqu’un médecin accusa le superintendant de lui avoir refusé la permission de retirer des calculs de la vésicule bilière d’un patient, qui mourut peu de temps après. Gifford fut remplacé par Harry Hummel, un psychiâtre. La même année, Hummel fut accusé par 13 employés d’avoir maltraité des patients.

En 1926, les matronnes qui avaient jusqu’ici été employées par l’asile furent remplacées par de véritables infirmières. En 1929, Hummel fut finalement ordonné de quitter les lieux. Le député Louis Cramton intervint alors au plus haut niveau et Hummel fut maintenu dans ses fonctions. En 1933, des patients furent transférés à l’hôpital Ste Elizabeth de Washington D.C et en Avril 1934, le commissaire aux affaires indiennes John Collier ferma l’asile.

Dans l’interim, les délégués de Canton et du Sud-Dakota se battirent pour le maintenir ouvert. Hummel fut mise en accusation pur malfaisance et malpractice en 1933. Il fut finalement viré.

Avec une moyenne de 4 décès de patients par mois sur les quelques trente années plus de son existence, l’asile ne sembla pas être capable de maintenir la santé et l’intégrité physiques de ses patients de manière très efficace. Le Dr. Hummel, connu pour son mauvais tempérament, géra l’institution pendant 25 ans.

Puis, 100 ans après le massacre de Wounded Knee (1990), le journaliste d’enquête indépendant Harold Ironshield (de la nation Yankton: 1945-2008) fit une recherche sur cet ancien asile et ses pensionnaires dont les noms étaient connus et qui figuraient sur la liste de ceux enterrés sur place. Ironshield demanda aux publications indiennes de publier la liste des noms dans l’espoir que des membres encore vivant de leur famille se souviennent et s’identifient pour témoigner de ce qu’ils savaient. Ils voulaient aussi savoir ce que les familles voudraient faire au sujet des tombes et si les restes de leurs parents devaient être déplacés. Il désirait aussi plus d’information sur l’asile lui-même, surtout des explications sur ce qui était supposée être “l’insanité” qui conduisit les patients à l’asile et pourquoi ils furent sélectionnés pour y être incarcérés. D’après des rapports de ceux qui se souvenaient de l’asile, les raisons d’incarcération avaient beaucoup à faire avec le fait de ne pas suivre les règles gouvernementales ainsi que la discipline dans les écoles. Il suggéra que cet asile avait en fait bien plus à faire avec une sorte de goulag pour dissidents qu’à une réponse du gouvernement des Etats-Unis à sa préoccupation de l’état de santé mentale des Indiens.

Voici les noms des personnes décédées et enterrées au cimetière de l’asile psychiâtrique Hiawatha:

  1. Long Time Owl Woman
  2. Juanita Castildo
  3. Mary Fairchild
  4. Lucy Reed
  5. Minnie La Count
  6. Sylvia Ridley
  7. Edith Standing Bear
  8. Chur Ah Tah E Kah
  9. Ollie House
  10. Asal Tcher
  11. Alice Short
  12. Enos Pah
  13. Baby Ruth Enas Pah
  14. Agnes Sloan
  15. E We Jar
  16. Kaygwaydahsegaik
  17. Chee
  18. Emma Gregory
  19. Magwon
  20. Kay Ge Gah Aush Eak
  21. Kaz Zhe Ah Bow
  22. Blue Sky
  23. Louise McIntosh
  24. Jane Burch
  25. Dupue
  26. Maggie Snow
  27. Lupe Maria
  28. Lizzie Vipont
  29. Mary Peirre
  30. Nancy Chewie
  31. Ruth Chief on Top
  32. Mary G. Buck
  33. Cecile Comes at Night
  34. Maud Magpie
  35. Poke Ah Dab Ab
  36. Sits in it
  37. Josephine Wells
  38. A.B. Blair
  39. Josephine Pajihatakana
  40. Baby Caldwell
  41. Sallie Seabott
  42. Selina Pilon
  43. Mrs. Twoteeth
  44. Kayso
  45. Josephine De Couteau
  46. Jessie Hallock
  47. Marie Pancho
  48. Ede Siroboz
  49. Kiger
  50. Mary Bah
  51. Cynia Houle
  52. Drag Toes
  53. Charlie Brown
  54. Jacob Hayes
  55. Toby
  56. Tracha
  57. Hon Sah Sah Kah
  58. Big Day
  59. Fred Takesup
  60. Peter Greenwood
  61. Robert Brings Plenty
  62. Nadesooda
  63. Taistoto
  64. James Chief Crow
  65. Yells at Night
  66. John Woodruff
  67. George Beautiste
  68. Baptiste Gingras
  69. Lowe War
  70. Silas Hawk
  71. Red Cloud
  72. Howling Wolf
  73. Antone
  74. Arch Wolf
  75. Frank Starr
  76. Joseph Taylor
  77. Amos Brown
  78. James Crow Lightening
  79. John Martin
  80. Red Crow
  81. James Blackeye
  82. Abraham Meachern
  83. Aloysious Moore
  84. Tom Floodwood
  85. James Black Bull
  86. Benito Juan
  87. Seymour Wauketch
  88. Anselmo Lucas
  89. Chico Francisco
  90. Roy Wolfe
  91. Matt Smith
  92. Two Teeth
  93. Pugay Beel
  94. Merbert Conley
  95. Jack Root
  96. Charlie Clafflin
  97. John Hall
  98. Amos Deer
  99. Ne Bow O Sah
  100. Thomas Chasing Bear
  101. Dan Ach Onginiwa
  102. Joseph Bigname
  103. Falkkas
  104. Steve Simons
  105. James Two Crows
  106. F.C. Eagle
  107. Andrew Dancer
  108. Apolorio Moranda
  109. Harry Miller
  110. Herbert Iron
  111. Fred Collins
  112. John Coal on Fire
  113. Joseph D. Marshall
  114. Willie George
  115. James Hathorn
  116. Ira Girstean
  117. Edward Hedges
  118. Omudis
  119. Guy Crow Neck
  120. John Big
  121. A. Kennedy

Des gens appartenant à des nations autochtones en provenance de tous les Etats-Unis furent placés dans l’asile. Les archives montrent que les conditions sanitaires y étaient horribles. En plus d’être enchaînés aux lits et à la tuyauterie, les patients étaient obligés de se vautrer dans leurs propres excréments et des draps propres n’étaient que rarement distribués. De l’opinion du Dr Hummel, la folie augmentait parmi les Indiens et il avait probablement raison dans la mesure où la famine artificielle créée et bien documentée qui sévissait dans les réserves indiennes causait bien de la douleur et de la souffrance. Les Indiens arrachés à leur culture étaient poussés toujours plus avant dans les couloirs de plus en plus étroits de la “civilisation” forcée et de “l’assimilation” (toute aussi forcée…)

La pure vérité au sujet de cette chambre de l’horreur ne sera peut-être jamais vraiment connue, mais ceci fut clairement un cas de mélange particulièrement empoisonné et toxique de médecine et de politique.

Résistance au colonialisme: Génocide et esclavage frères jumeaux mortifères de la colonisation du « nouveau monde »…

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Génocide et esclavage Les jumeaux malfaisants du colonialisme

 

Dina Gilio-Whitaker

 

23 février 2015

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2015/02/23/genocide-and-slavery-evil-twins-colonialism

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le mois de Février est le mois de l’histoire afro-américaine, le temps de reconnaître les contributions afro-américaines envers les Etats-Unis et célébrer l’identité noire. Cela veut aussi dire d’inévitablement revisiter l’histoire très dérangeante de ce pays pour comprendre comment le pouvoir européen et américain fut utilisé pour construire les Etats-Unis d’Amérique en se fondant sur une idéologie de l’infériorité des races non-blanches. La colonisation, la doctrine coloniale, en son cœur même, est l’exploitation des autres non-blancs pour faire avancer les agendas politiques et économiques de ceux qui se prétendent supérieurs. Les jumeaux malfaisants du colonialisme sont le génocide et l’esclavage ; les nations indiennes natives et les poulations noires importées payèrent un très lourd tribut à la construction et au développement des Etats-Unis et nous savons tous pertinemment que l’héritage de cette exploitation est bel et bien en vie aujourd’hui.

Une photo circule actuellement sur internet. Elle est un montage dénonçant l’impact du colonialisme sur les afro-américains et les nations et peuples indiens natifs du continent. Elle montre une photo de style rétro en noir et blanc montrant un visage à deux côtés. D’un côté le demi-visage d’un homme noir (de manière présummée un esclave ou un esclave émancipé), tandis que l’autre moitié du visage montre la moitié du visage du grand chef Lakota Sitting Bull/Taureau Assis. La légende de l’image dit ceci:

Name the country built on the genocide of one race and the enslavement of another” (“Nommez le pays bâti sur le génocide d’une race et la mise en esclavage d’une autre”… NdT: pour trouver l’image, faites un copier/coller de la phrase en anglais dans votre navigateur…). L’image nous rappelle non seulement la dévastation des processus coloniaux portée aux nations indiennes et aux Africains forcés à venir sur le continent, mais aussi que la colonisation et le traumatisme historique qu’elle a infligé à ces deux groupes ethniques signifient un lien commun né de l’oppression et de son héritage persistant.

Le colonialisme a nécessité le génocide pour nettoyer la terre de ses occupants pour permettre l’installation des colons blancs tandis que l’esclavage a fourni la main d’œuvre pour refaçonner le paysage à l’image de l’homme blanc. L’histoire de l’esclavagisme américain n’est pas controversive en ce que le fait de son authenticité historique est indiscutable. Le génocide par contre, n’a pas été reconnu dans les grandes largeurs, certainement pas comme un évènement historique reconnu par le gouvernement des Etats-Unis. Le pays a fait passer quelques résolutions et déclarations reconnaissant les “mauvais traitements” et la violence utilisée contre les Indiens et s’est même fendu d’une excuse officielle (risiblement enterrée en page 45 de la loi de la defense appropriations bill…), mais nulle part trouverez-vous le mot “génocide”.

Les universitaires et érudits voient le génocide comme un aspect du but des intervenants du colonialisme pour éliminer les natifs de l’endroit. Mais en général, l’élimination des peuples autochtones prend plusieurs formes insérées dans la société coloniale. Historiquement, cela met les peuples natifs dans une relation complexe avec les noirs. L’exemple le plus flagrant est le comment la propriété esclavagiste devint intégrée aux nations natives du sud. Les dites “Cinq tribus civilisées” devinrent connues sous ce vocable à cause de leur adoption des pratiques blanches, qui incluaient le fermage de grandes terres et l’esclavage. Si elles pouvaient être perçues comme “civilisées”, raisonnèrent ces tribus, peut-être ne seraient-elles alors pas forcées hors de leurs terres comme le furent tant d’autres nations. La pratique de la possession d’esclaves fut donc adoptée du moins en bonne partie en tant que mécanisme de survie des nations indiennes du sud au XVIIIème siècle. (NdT: Ces cinq tribus considérées “civilisées” selon les normes européennes étaient les nations: Cherokee, Choctaw, Chickasaw, Creek et Seminole)

Une étude en profondeur de l’esclavage tel qu’il fut pratiqué par les nations Cherokee, Creek, Chickasaw, Seminole et Choctaw révèle bien des différences en comparaison de la pratique des blancs. Les universitaires ont argumenté que les propriétaires d’esclaves indiens avaient une forte tendance à être bien moins cruels que leur contre-partie blanche. Ils incorporaient également des pratiques coutumières tribales fondées sur les relations de semblable à semblable et de cette façon, la distinction entre un esclave et un membre de la famille pouvait devenir quelque peu floue, comme ce fut le cas avec le célèbre Shoe Boots.

Shoe Boots était un Cherokee pur-sang d’une classe familiale de petits propriétaires mais néanmoins aisée pour les standards de l’époque ; en 1794, il acheta une femme africaine nommée Doll (Poupée). Non seulement était-elle sa propriété, mais il s’avéra qu’ils eurent une relation intime consensuelle, qu’on pourrait qualifier de relation maritale. Cette relation qui dura des décennies produisit cinq enfants qui seraient impliqués dans les histoires complexes de l’expulsion des Indiens, de la politique Cherokee, de la guerre civile et de l’émancipation, parfois expérimentant la liberté, parfois l’esclavage fondé sur leur statut de métis. Les descendants de Shoe Boots et de Doll sont aujourd’hui parmi les Freedman (émancipés) qui se battent toujours pour l’inclusion au sein de la nation Cherokee.

Le gouvernement des Etats-Unis a exploité le besoin survivaliste des peuples indiens et noirs. Alors que la survie indienne dépendait en partie de l’esclavage, ce fut le cas pour la survie noire pendant et après la guerre civile avec une dépendance des boulots offerts par les régiments de cavalerie de l’armée des Etats-Unis. Plus de 200 000 noirs ont combattu dans la guerre civile ( dite de sécession). Après leur émancipation, les noirs étaient enrôléss pour cinq ans dans l’armée et pouvait gagner plus que dans la vie civile. Les régiments de Buffalo Soldiers furent créés spécifiquement pour répondre aux besoins de l’expansion américaine vers l’Ouest (NdT: Il n’y a jamais eu autant de terres indiennes volées et d’Indiens déplacés et massacrés dans l’Ouest que pendant la guerre de sécession…) et parce qu’ils n’étaient admis qu’à l’Ouest du Mississippi, ils furent instrumentaux pour la protection des colons pendant les guerres indiennes. Ainsi les deux groupes les plus opprimés furent montés l’un contre l’autre.

Le contentieux relationnel entre les Indiens et les Afro-Américains a persité depuis la guerre civile et le problème récurrent des Freedmen illustre la complexité à laquelle doit faire face le peuple mixte, spécifiquement ceux qui ont un héritage à la fois indien et noir. Bien que cela ne constitue aujourd’hui qu’un petit pourcentage de la population noire américaine, d’après Henry Louis Gates, l’effort pour construire les passerelles de la compréhension est pris très sérieusement par les membres du National Congress of Black Indians qui, en 2014, a tenu sa première réunion annuelle à Washington D.C

Ceux dont la génétique appartient aux deux cultures sont les porteurs du flambeau de l’union entre les Africains-Américians et les peuples natifs américains. Ils personnalisent une vérité importante: au final, à cause de nos histoires avec le colonialisme, nous avons plus en commun l’un avec l’autre que nous avons de différences. Ainsi, à tous nos frères et sœurs afro-américains, le pays Indien est solidaire de vous en ce mois de l’histoire afro-américaine. Nous avons tous beaucoup pour être fiers.

Le fléau du colonialisme passé et présent: La mascarade du concept de la « réconciliation »…

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On entend souvent parler du concept de « réconciliation » au sujet du colonialisme et de la « cicatrisation » des blessures passées et présentes. Le Canada, à l’instar de l’Afrique du Sud, a institué sa commission sur le « Vérité et la Réconciliation » au sujet de l’holocauste dont les nations autochtones furent victimes aux mains de l’état et des église (idem aux Etats-Unis et en Amérique latine du reste, mais ces écrits demeurent plus spécifiques aux crimes contre l’humanité perpétrés au Canada). Il est important de bien comprendre ce que veut dire le mot « réconciliation » dans ce contexte colonialiste, toujours sous le coups des bulles pontificales Romanus Pontifex de 1455 et Inter Caetera de 1493, comme nous l’avons vu précédemment.

Kevin Annett nous explique la véritable signification de ce qu’est la « réconciliation » aux yeux de l’État et de l’église. Édifiant !!…

— Résistance 71 —

 

A découvert: Génocide au Canada passé et présent (Appendix 4(b), 3ème édition 2010)

 

(“Hidden No Longer: Genocide in Canada Past and Present, appendix 4(b)”)

 

Kevin Annett

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Appendix 4(b): Note sur la “réconciliation” et sa véritable signification en tant que re-soumission

 

Comment les mots sont utilisés et ce qu’ils veulent véritablement dire sont deux choses très différentes. Le langage peut-être une arme brandit par ceux-là même qui ont des intérêts bien définis à défendre.

Les églises et les états qui ont massacrés des millions de personnes au nom de leur dieu ont légitimisé leurs devoirs, comme ils le font toujours, avec une vision du monde qui rend le meurtre permis.

Le livre biblique de la Génèse est le paradigme de base de l’euro-christianisme et ainsi de la culture mondiale. Le message essentiel de la Génèse est que l’Homme est mauvais et corrompu, qu’il l’est devenu et a ainsi condamné notre monde, par le truchement d’un acte de désobéissance contre un dirigeant tout-puissant, que nous appelons jehova-dieu. La rédemption de cette damnation n’est possible que par ce que la bible et la chrétienté appellent la “réconciliation” avec celui qui a été offensé.

Le terme “réconciliation” n’est pas ce qu’il semble être ; dans le langage courant cela veut dire que deux opposants enterrent la “hache de guerre” et retournent en terme équitable l’un envers l’autre. La véritable signification de ce mot est en fait l’opposé de ceci et se réfère au moment où une partie rebelle est vaincue et fait pénitence envers son ancien maître, se re-soumettant elle-même entièrement aux termes du dominant.

La définition littérale latine de “réconciliation” est “re-concilio” ce qui veut dire: “forcer de nouveau dans la réunion”, ceci est un acte coercitif d’une partie sur l’autre.

Remontons au Moyen-Age, lorsque l’église catholique lança sa première croisade majeure contre les “sarazins et les païens”, c’est à dire contre quiconque n’est pas un chrétien catholique. Comme nous l’avons vu auparavant, un système légal devait voir le jour afin de justifier les conquêtes et les meurtres de l’église envers “les autres”, incluant, plus tard les peuples indigènes de la planète entière. Ainsi les hommes de loi du Vatican concoctèrent ce que l’on appelle “l’Indulgence”, un outil brillant qui fit du pillage, du viol, du meurtre et de tout acte violent une vertu, s’ils étaient perpétrés au nom de l’église.

D’un seul coup, les chrétiens pouvaient massacrer en toute quiétude sans honte et sans être sujets aux reproches, comme cela est toujours le cas aujourd’hui quand il s’agit de crimes commis par l’église et ses agents. Donc, de cette manière, tous ces “incroyants” qui furent endommagés d’une manière ou d’une autre par l’église n’ont aucune base pour accuser et témoigner des crimes qui ont été commis à leur encontre, car les opposants à l’église étaient, comme les originaux Adam et Eve, la cause de leur propre chute. De plus, ces ennemis de l’église devaient faire une restitution spéciale à celle-ci pour avoir causé la violence qui leur a été infligée !

Cet acte de restitution par le conquis fut appelé la Réconciliation.

Pendant l’inquisition espagnole par exemple, les catholiques qui avaient pêchés en devenant luthériens (protestants) furent “réconciliés au travers de la perte de propriétés et furent obligés d’endurer des temps d’incarcération”. En 1612, cinq citoyens de Madrid furent “soumis à la réconciliation pour faits de judaïsme et furent envoyés aux galères en tant qu’esclaves” (Henry Charles Lea, “The Inquisition of the Spanish Dependencies”, New York, 1908, p.421).

Citons l’historien de l’époque médiévale Henry Charles Lea:

“La réconciliation avec l’église comprend la confiscation et était originellement accompagnée d’autres pénalités en rapport avec les antécédents du coupable et la promptitude avec laquelle il avait confessé et rejeté sa faute. Cela pouvait être des peines de prison, l’humiliation publique, la flagelation ou l’envoi aux galères.” (Ibid, p 421)

En effet, le rebelle indemnise le conquérant (cela semble t’il familier ?..) en reconnaissant que la violence et les injustices faites par celui-ci étaient justes et nécessaires, libérant ainsi le conquérant de tout blâme possible et de toute culpabilité, de honte ou de responsabilité de ses actes: ceci veut dire qu’il est publiquement établi qu’aucun crime n’a été commis, sauf par le conquis et le rebelle faisant acte de re-soumission.

Ceci est exactement ce que les survivants du programme des pensionnats pour Indiens ont été forcés de faire sous la loi canadienne en relation des institutions qui ont essayées de les tuer.

Cette notion et cette pratique de blâmer une victime pour sa souffrance aux mains du dirigeant et de s’attendre à ce que tout rebelle ou opposant fasse repentance selon les termes du dirigeant, est le cœur même du message de la version de l’église du texte de la Génèse et la philosophie opératoire de la “civilisation” moderne. C’est un thème qui est tellement basique à la croyance philosophique grecque et romaine que le puissant a toujours raison, que le pouvoir et la puissance sont la vertu et que les conquis n’ont aucun droit ni statut et doivent faire amende honorable et repentance au conquérant.

Les Romains avaient institutionalisé cette croyance au travers des rites de leur religion où les chefs des conquis ou autres ennemis de Rome demandaient pardon à genoux devant l’empereur avant d’être publiquement étranglés. En tant qu’héritière directe de l’empire romain, l’église catholique a incorporé cette pratique dans son traitement de tout ennemi qu’elle conquiert, ceci incluant les chrétiens dissidents, les juifs, les musulmans et les peuples autochtones des nations conquises.

L’essence de cette pratique, l’indemnisation publique du dirigeant par ses victimes et la condamnation et le meurtre de ces dernières, est simplement un acte, une représentation du paradigme de base de l’église: la supposée “chute” de l’humanité et le besoin de notre “réconciliation” avec “dieu” comme ses esclaves de nouveau soumis.

Tout ceci devint lumineux pour moi au printemps 2009 alors que je regardais le “chef” indien du gouvernement fédéral Phil Fontaine de l’Assemblée des Premières Nations canadiennes (AFN), rampant de soumission devant le pape Joseph Ratzinger de Rome (Benoit XVI), après que ce dernier ait énoncé un “regret” pour le non-holocauste et pour les “quelques dommages” infligés aux Indiens dans les pensionnats. Non seulement le pauvre Phil embrassa l’anneau papal (et sans aucun doute d’autres parties…), mais il “accepta” chaleureusement la déclaration du pape comme “preuve que finalement la cicatrisation s’est enfin produite”.

Ce que Fontaine faisait en fait n’était que rejouer un ancien rite de re-soumission. Comme tout chef conquis cherchant à se re-soumettre au groupe avant son exécution publique (Phil fut destitué de ses fonctions de “chef” de l’AFN un mois environ après son audience papale), Phil Fontaine s’engageait dans la “réconciliation”.

Malheureusement, chaque survivant des pensionnats est forcé d’endurer la même humiliation publique, en acceptant une pitance financière insultante et re-traumatisante, pour ensuite absoudre ses bourreaux de toute malversation et de tout crime, pour lesquels il peut obtenir une ré-acceptance en tant qu’esclave “réconcilié”, aussi celui qui est “cicatrisé, guéri”.

Quand le Canada, ses médias et ses églises parlent de la “réconciliation” avec ses victimes autochtones, de manière si extatique, leur joie n’est pas déplacée. Ils sont parfaitement au courant qu’être “réconcilié” avec les victimes des pensionnats pour Indiens veut dire, moralement et pratiquement, que ces Indiens fauteurs de trouble et gênants se sont de nouveau soumis aux termes de la société blanche : en abandonnant toute action légale, en libérant les blancs de toute responsabilité et en pardonnant publiquement le Canada chrétien pour ses crimes de sang, comme cela s’est produit de manière si pathétique au printemps 2010 à la présentation d’une “Charte du Pardon” formelle au Canada et à ses églises par les officiels aborigènes d’Ottawa, financés par l’état.

Pour les survivants d’un génocide chrétien, la “réconciliation” veut dire rendre les armes, l’humiliation et la défaite. Leurs conquérants chrétiens n’ont simplement jamais eu l’honnêteté de leur expliquer la signification réelle de ce terme.

Résistance au colonialisme occidental: Révoquez les bulles pontificales de 1455 et de 1493 justifiant esclavage et colonialisme… 1ère partie

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Appropriations de territoires et le pouvoir de paix et de guerre

Qu’est-ce qu’une appropriation territoriale et qui la fait ?

 

Two Row Times

 

19 Octobre 2013

 

url de l’article original:

http://tworowtimes.com/opinions/opinion/land-claims-and-the-power-of-peace-and-war/

 

= Traduit de l’anglais par Résistance 71 =

 

2ème partie

 

Les revendications et appropriations de territoires sont des déclarations légales de désir de contrôle sur des zones de propriété incluant des étendues d’eau. La phrase est habituellement utilisée seulement dans le cas de disputes territoriales non résolues. Certains types de revendications territoriales incluent des revendications territoriales aborigènes (le terme “aborigène” est une création de l’imposition constitutionnelle canadienne et souvent mal employé, c’est pourquoi la plupart des revendications, si pas toutes les revendications provenant de ce bureau, sont relabelisées et rebaptisées comme des revendications territoriales canadiennes), revendications territoriales arctiques, revendications territoriales post-coloniales.

Ceci bien  évidemment est un concept colonialiste de la propriété propagé par les bulles pontificales du Vatican, permettant aux chrétiens de clâmer les terres étrangères et débarrasser lesdites terres des conflits d’autorité.

Romanus Pontifex, 8 Janvier 1455 — “… Nous donnons nos faveurs et notre grâce à ces rois et princes catholiques, athlètes et champions intrépides de la foi chrétienne… pour qu’ils envahissent, cherchent, capturent, vainquent et subjuguent tous les sarazins et païens et autres ennemis du Christ où qu’ils soient et… de réduire leurs personnes en état d’esclavage perpétuel et de prendre possession comme approprié de tous leurs biens et de les convertir à leur usage et profit…”

La bulle papale était une appropration de terres étrangères n’étant pas dans le giron, ainsi ceci est la racine même des revendications et appropriations territoriales d’aujourd’hui et de l’occupation tout ce qu’il y a de plus illégale de l’Amérique du Nord (NdT: et centrale et du sud par la même occasion…)

Une autre bulle pontificale Unam Sanctum du 18 Novembre 1302 déclare que:

“De plus, nous déclarons, nous proclamons, nous définissons comme nécessité absolue pour le salut de toutes créatures humaines, que celles-ci soient assujetties au pontif de Rome.”

Le pape veut être le père de tout humain (fils) sur Terre. Quoi qu’il en soit, lorsque ces volontés atteignirent Onkwehonwe (NdT: Iroquois pour “habitants de l’île de la grande tortue”/Amérique du Nord) nous avons dit en revanche “NON”, nous n’aimons ni ne désirons cette relation père/fils, mais nous demeurerons comme des frères et ce fut enregistré dans le Wampum à deux rangées ( Two Row Wampum et https://resistance71.wordpress.com/2013/08/01/colonialisme-et-oppression-resoudre-le-probleme-colonialiste-des-ameriques-et-neo-colonialiste-en-afrique/).

Dans l’histoire pré-coloniale, la confédération des Six Nations Iroquoises savait et avait un concept commun de ce qu’étaient le territoire et la guerre, que de s’accrocher à un territoire voulait dire prendre le risque d’une mort certaine, mais quoi qu’il en soit par le biais de la confédération des six nations et des territoires, la fin des revendications et appropriations territoriales amena la fin de la guerre.

Sken:non kowa ken? (mohawk language)  cela demande “s’il y a toujours une grande paix ?”, une question amenée sous forme de formule de politesse lors de rencontres et qui est destinée à toujours rappeler la paix permanente qui règne sur la ligue des nations iroquoises.

Ceci nous amène à mon point principal qui est que faire une appropriation territoriale est un acte de guerre contre le peuple qui vit sur cette terre et tous ceux qui sont hors de cette appropriation.

Quand les six nations (avec 53 autres nations) enterrèrent la hache de guerre entre elles et unifièrent les territoires, ceci arrêta la guerre entre elles par le simple fait de ne plus réclamer de portion de terre, il est connu que le peuple est la terre, le peuple est l’eau, il leur parle, il en parle et parle pour elles.

Ce que j’ai appris dans mes recherches légales sur le sujet est ceci: La couronne ou le Vatican se sont appropriés les terres, Le Canada, les provinces et les municipalités se sont appropriés des terres, le tout fondé sur un document frauduleux du pape. Comme toutes les appropriations territoriales étrangères de cette terre sont basées sur le fait que les Indiens sont définis comme étant des païens ou sous-hommes, l’appropriation/revendication est nulle et non avenue du fait que nous existions et que nous existons toujours aujourd’hui.

Se pourrait-il que ce soit pour cela que le Canada ne veut pas reconnaître que les nations premières autochtones ont des droits inhérents, cela annulererait-il leur appropriation pontificale, annulant par là-même toute appropriation territoriale coloniale faite jusqu’à ce jour ? Toute fraude annule tout depuis le début de manière rétro-active.

MAXIM: Celui qui s’approprie a la responsabilité de la preuve.

Le Canada peut-il prouver que nous n’existons pas !!?

Lire la seconde partie

Solution au marasme mondial: L’arrêt du colonialisme nord-américain sur les terres volées…

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Homme blanc au visage noir

 

Mohawk Nation News

 

9 Octobre 2013

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2013/10/09/white-man-with-black-face/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Des promesses, des promesses ! Nous, peuples indigènes, savons ce que c’est que de recevoir une “mauvaise médecine” de la part de ceux qui “parlent avec la langue fourchue” ! Le 2 Octobre le ministère de la santé et des services humains a dit au congrès que quiconque “légalement présent” aux Etats-Unis qualifierait pour les services de l’Obamacare même s’ils ne sont pas citoyens, ce qui incluent les étudiants étrangers, les voyageurs, les immigrants enregistrés et la plupart des étrangers illégaux et non-citoyens.

La demande en ligne pour s’enregistrer pour les services de l’Obamacare redirige les demandeurs vers un registre pour voter. Beaucoup d’abus peuvent se passer. Des millions de gens de l’étranger peuvent secrètement voter dans des élections américaines.

Aucun de ces gens ne sont des citoyens légaux de Onowara:geh, ou île de la grande tortue. Ils sont tous des “Honey Boo Boo” illégaux qui vinrent de partout dans le monde pour squatter et piller la place. Ces voleurs sont maintenant en train de dire à tout le monde qui est ou n’est pas “légal”. Ceci n’est qu’une autre manipulation pour toujours voler plus de ressources des nations indigènes afin de créer une dictature plus avant.

Une cible d’au moins 21,3 millions d’électeurs est mise en danger. Ils peuvent émettre un vote de blocage et contrôler la présidence. S’ils ne signent pas ils seront punis, mis à l’amende ou en prison.

La règle entrepreneuriale des 51% va mettre encore plus de pouvoir dans les mains des entreprises et des oligarques pour gérer le gouvernement et prendre un contrôle complet de la trésorerie et des finances. Bientôt un état d’urgence sera créé. Les états modernes sont déjà gérés par des Emergency Managers qui ne répondent qu’aux entreprises (de Wall Street). Les banquiers dissolvent les chartes d’entreprises des villes et autres entités, comme Detroit et achètent tous les biens et possessions pour des queues de cerises.

Toute la richesse américaine est produite du vol de l’extraction des ressources indigènes, ici et autour du monde.

Obama doit financer ses supporteurs minés par la pauvreté. Le système privé de la banque de la réserve fédérale crée de la fausse monnaie, la prête et charge des intérêt sur l’opération. Quand un pays refuse d’utiliser le dollar US comme monnaie d’échange de base, ce pays est envahi, détruit et des hommes, femmes et enfants innocents y sont massacrés.

Les deux partis politiques et le président travaillent ensemble pour établir et renforcer ce monopole des banquiers internationaux. Le contrôle permanent des cordelettes de la bourse est le but, dans le monde entier. Les peuple endoctrinés sont conditionnés pour accepter tout cela.

Les gens devront dire: NON ! Récemment, les femmes Lakota (Sioux) et nos supporteurs se sont dressés contre des groupes racistes suprémacistes blancs à Leith dans l’état du Nord-Dakota. Ils les ont poursuivi parce que tout le monde sait qui sont les véritables légataires de la terre.

Mettre quelqu’un au dessus de l’autre viole la base même de la Grande Loi de la Paix. Kasatstensera kowa so oiera, le grand pouvoir de la nature, fait que tout le monde est égal et a une voix.

NdT: Ci-dessous le lien de l’article des Lakota s’opposant aux groupes d’extrêmes droites blancs locaux à Leith. Un drapeau nazi fut saisi lors de la débandade des suprémacistes WASP (White Anglo Saxon Protestants) et montré aux caméras. Le parti nazi est légal aux Etats-Unis, affaire choquante déjà révélée dans le film culte de John Landis en 1978 “Blues Brothers”. Choquante, mais pas surprenante pour qui connaît l’histoire du financement du nazisme de 1930 à 1944 (cf notre dossier sur « Wall Street et la montée d’Hitler » du professeur Antony Sutton…) :

http://bsnorrell.blogspot.ca/2013/09/american-indians-protect-treaty.html

Résistance politique: Les mouvements de résistance indigènes du Canada et des Etats-Unis se lient…

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… Rejoignons-les ! Brisons ces mêmes chaînes idéologiques colonialistes qui lient les peuples occidentaux et les peuples colonisés (ou néo-colonisés..). En ce qui concerne le continent des Amériques, il s’agit toujours d’une colonisation pure et simple, même si différente de celle qui eut lieu en Afrique et en Asie et qui s’est métamorphosée en ingérence néo-colonialiste. Pour l’un les colons sont toujours sur place, comme ceux qui oppriment la Palestine, pour les autres les colons sont « retournés chez eux », en laissant une dépendance économico-politique menant à un neo-colonialisme de facto.

Nous sommes tous des colonisés !…

— Résistance 71 —

 

Les autochtones sont menacés par le présent et non par le passé

 

Andrew Gavin Marshall

 

13 Août 2013

 

url de l’article:

http://andrewgavinmarshall.com/2013/08/13/aboriginals-threatened-by-present-not-past/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Dans un article récent publié dans le quotidien La Province, la pigiste Naomi Lakritz a écrit que les peuples indigènes devaient laisser tomber le “manteau de la victimisation” et prendre “leur responsabilité individuelle”.

L’idée essentielle, comme Lakritz élabora avec moi dans un échange de courriels, était que les peuples indigènes devaient “aller de l’avant” et arrêter de “se prélasser dans le passé”.

Comment les gens peuvent-ils “aller de l’avant” avec l’histoire, si l’histoire elle-même n’est pas allée de l’avant avec eux ? Les peuples aborigènes insistent sur leur histoire afin que nous puissions apprendre la notre. Nos histoires sont entremêlées et l’ont été depuis que les premiers colons sont arrivés d’Europe sur ce continent.

En 1920, Duncan Campbell, le vice-ministre canadien des affaires indiennes déclara: “ Je veux me débarrasser du problème indien.” Le programme “d’assimilation” (ou “génocide culturel”) fut largement mis en place par le biais des “pensionnats” pour indiens.

Cinquante ans plus tard, notre gouvernement a utilisé des enfants indiens comme rats de laboratoire, expérimentant sur eux au sujet d’idées nutritionnelles et médicamenteuses.

Les communautés indigènes du pays manquent d’accès à l’eau potable et ce de manière bien plus importante que le reste de la population canadienne. Elles ont bien plus de problèmes d’insécurité alimentaire, de chômage, de mauvais logement, de pauvreté, de mortalité enfantine, d’abus de substances diverses, d’addictions et de suicides et constituent de plus, un pourcentage bien plus important de la population carcérale et ce de manière complètement disproportionnée.

Plus tôt cette année, le gouvernement Harper a annoncé “une énorme augmentation dans les projets concernant les ressources naturelles canadiennes”, et ce dans la décennie à venir et pour un montant potentiel de 600 milliards de dollars.

La vaste majorité de ces projets se passeront “sur ou tout près” des terres autochtones (comme si la terre n’avait pas été au préalable complètement colonisée…)

Les lois tous azimuts d’Harper ont réduit la protection des lacs de 40 000 à 97 et des rivières de 2,5 millions à juste 63, traçant ainsi la route à l’exploitation entrepreneuriale de l’environnement et sa dégradation. Que ce soit à côté d’une mine de diamants de DeBeers (Afrique du Sud) à Attawapiskat ou près des sites de sables bitumeux d’Alberta, les communautés autochtones sont directement exposées à la dévastation de l’environnement et aux coûts sanitaires de nos “projets de développement”.

C’est dans ce contexte qu’à la fin 2012, les peuples indigènes du Canada ont lancé le mouvement Idle No More, prenant la responsabilité non seulement de leurs droits en tant que natifs, mais aussi de la protection de l’environnement, connectant avec les peuples autochtones des Etats-Unis afin de s’opposer aux projets de pipelines et autres si destructeurs de l’environnement et ce au moyen de manifestations pacifiques, de barrages routiers et de campagnes de responsabilité publique.

Le gouvernement canadien passe des lois tout azimut au bénéfice de larges entreprises qui exploitent les ressources naturellles, ce qui précipite la dégradation environnementale, poussant non seulement le Canada, mais aussi l’espèce humaine dans son entièreté, vers l’inévitable extinction à laquelle doit faire face tout organisme auto-destructeur.

Au lieu de dire aux peuples autochtones “d’arrêter de blâmer le passé” et de prendre “leurs responsabilités”, peut-être que le reste du Canada devrait arrêter d’ignorer la passé et de prendre en charge le présent de façon à nous assurer que nous ayons un futur et ce pas seulement en tant que nation, mais aussi simplement en tant qu’espèce biologique. Peut-être est-il temps pour le reste du Canada de devenir finalement Idle No More (“Plus jamais en sourdine”)…

— Andrew Gavin Marshall est un chercheur et écrivain à Montréal.

Colonialisme et génocide occidental: Le cas d’école de l’Amérique du Nord…

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Chasseurs de primes

 

Mohawk Nation News

 

Février 2013

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2013/03/05/bounty-hunters/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le sénateur américain Lindsey Graham a admis que 4756 personnes ont été tuées par des drones armés américains. En ce moment ciblant des gens au Moyen-Orient, il a dit: “Parfois vous touchez des civils innocents”. Dommages collatéraux ! La politique d’Obama d’assassiner des citoyens américains et des “terroristes” désignés à l’étranger, sans autre forme de procès a des racines historiques. Les Etats-Unis ont une longue histoire de faire passer des lois afin de commettre rien d’autres que des meurtres “légaux”. Des millions d’indiens natifs ont été officiellement tués afin de voler l’île de la grande tortue (NdT: Great Turtle Island est le territoire occupé par les indigènes d’Amérique du Nord, ce qui représente aujourd’hui peu ou prou les Etats-Unis, le Canada et le Mexique…) et ses ressources.

La coutume en Europe était de décapiter les ennemis. Les Européens ont fait passer des lois ici afin de payer des primes à des chasseurs pour qu’ils tuent, décapitent et “scalpent” les Indiens (NdT: Beaucoup pensent que “scalper” est une pratique indienne… Que nenni, les Indiens ont commencé à scalper les blancs dans les guerres en mimétisme de ce que les blancs avaient commencé à faire sur eux pour la raison exprimée ici…), hommes, femmes et enfants. 125 millions d’indigènes furent massacrés sur ce continent des Amériques (NdT: Appelé par les anglo-saxons: “l’hémisphère occidental”…). Les victimes étaient innocentes. Aucun crime n’était requis. Juste être de la “race indigène” suffisait ! Argent content ou des pièces frappées d’une tête d’indien étaient payés pour nos têtes. La pièce actuelle de 5 cents américaine avec la tête d’Indien en éfigie fut frappée en l’honneur de ce programme. D’abord ce furent juste les têtes. Mais le nombre de meurtres rendaient le volume bien trop lourd, alors les scalps furent acceptés comme preuves pour être sûr que le massacre continuait.

Nous avons été dénoncés sous le fallacieux stéréotype de sauvages assoiffés de sang. Les colons pensaient que c’était un droit et une bonne chose que de tuer nos familles et nous chasser de nos terres ancestrales afin de voler ces terres. Le paiement pour les têtes et les scalps d’Indiens créa un groupe de riches entrepreneurs et des familles qui sont ajourd’hui l’élite dominante et régnante des Etats-Unis et du Canada.

Le gouverneur Kieft de la Nouvelle-Hollande fit le premier paiement pour des scalps d’indiens dans les années 1660. Dès 1702, le Massachussetts offrait (l’équivalent de) 6$ pour chaque scalp d’indien. En 1756 le gouverneur Morris de Pennsylvanie offrit “130 pièces de huit (type de pièce de monnaie) pour le scalp de chaque indien mâle au dessus de l’âge de 12 ans et 50 pièces pour le scalp d’une femme indienne”. Aujourd’hui, le génocide est déguisé derrière la loi C-45 et autres lois de l’amirauté en vue de nous éliminer “légalement”.

Le Massachussetts a augmenté ses paiements jusqu’à 40 Livres pour un homme, 20 pour une femme et pour des enfants de moins de 12 ans. Il était difficile de déterminer la différence entre un scalp d’homme et de femme, ou d’un adulte et d’un enfant, ou d’un ennemi ou d’un indien “ami pacifique”. Le système de récompense et de prime mena à une violence élargie contre toute personne indigène, homme, femme, jeune ou vieille.

Le Canada a estampillé les Mohawks comme des “terroristes” et des “insurgents” dans ses manuels d’entrainement militaire. Nous sommes un peuple pacifique qui n’a aucun antécédent d’avoir attaqué les Etats-Unis ou le Canada. Nous prendre pour cible est un meurtre froidement prémédité (assassinat). Obama pense que les attaques de drones qui tuent des citoyens à l’étranger n’est pas vraiment un assassinat car le bouton de commande se trouve à des milliers de kilomètres, mais un bouton de commande de meurtre demeure un bouton de commande de meurtre.

Voir: 1973 War Powers Act War Powers 1871 Appropriations Act legalized US genocide of Indigenous. Appropriations Act

[From information in Unlearning “Indian” Stereotypes – Council on Interracial Books for Children – and other sources. Philip Martin is a folklorist and book editor for Rethinking Schools. Rethinking schools

Daily telegraph on Drone kills