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Résistance au colonialisme: l’anarchisme africain… 3ème partie: Les précédents anarchistes en Afrique…

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L’anarchisme africain, histoire d’un mouvement (Extraits)

 

Sam Mbah & I.E. Igariwey

 

Extraits traduit de l’anglais par Résistance 71 du livre “African Anarchism, the History of a Movement”, éditions See Sharp Press, 1997.

 

Juin 2015

 

1ère partie

2ème partie

3ème partie

4ème partie        

 

Chapitre 4 Le développement du socialisme en Afrique

[…] Les puissances européennes qui ont envahi et colonisé l’Afrique à la fin du XIXème siècle étaient des pays capitalistes totalement industrialisés qui voyaient l’Afrique comme un marché captif et une énorme source de matières premières pour leurs industries. Ceci fut la raison fondamentale du colonialisme de cette époque.

Les colons y produisirent une société et une économie capitalistes ayant des similarités avec les économies de leurs propres pays. En Europe, les propriétaires du capital avaient exproprié la terre et les autres moyens de production des paysans, des artisans, les transformant en salariés de misère. De leur travail, les capitalistes extirpaient un surplus qu’ils accumulaient et investissaient dans toujours plus de terres, d’usines et de travail des autres afin d’extirper encore plus de surplus. De cette manière étendaient-ils leur richesse et reproduisaient-ils des relations sociales capitalistes dans les colonies.

Comme nous l’avons vu précédemment, le mode de production africain était tout sauf un mode de production capitaliste. Afin de servir leurs propres intérêts, les Européens ont superposé le capitalisme sur l’Afrique. Ceci impliqua la transformation des sociétés africaines d’unités agricoles relativement auto-suffisantes et autogérées en des unités totalement dépendantes des économies bien plus grandes créées à cet effet. Une nouvelle division du travail fut forcée sur les Africains menant à de nouvelles relations sociétales. La société horticole traditionnelle dans son mode de production était progressivement minimisée alors que les villages étaient forcés de cultiver des “cash crops” pour l’exportation ou de fournir une main d’œuvre à très bon marché pour les usines et les mines. Ceci créa de nouvelles classes sociales au sein des colonies.

Dans son étude des classes coloniales en Guinée R.E. Galli en identifie plusieurs:

  • Une nouvelle classe administrative constituée de colons européens
  • Une classe européenne de grands propriétaires terriens
  • Une classe européenne de grands commerçants (les firmes de commerce)
  • Une classe européenne de gérants

Ceci formait la classe coloniale bourgeoise, les propriétaires du capital c’est à dire des terres et des moyens de production. Cette classe était aidée dans sa tâche d’exploitation par ce que Galli appelle une petite bourgeoisie:

  • Les petits gérants, responsables, chefs de services dans l’appareil d’état colonial, sur les plantations, dans les compagnies minières et de commerce
  • Les professions libérales coloniales (médecins, avocats, notaires etc…)
  • Quelques indigènes marchants et propriétaires de magazins ou de l’industrie de la distribution

Comment les sociétés traditionnelles furent-elles incorporées dans le système colonial capitaliste ? En premier lieu, les chefs et responsables furent co-optés, incités à agir comme administrateurs pour les colonisateurs. Galli les voit comme une classe agraire non-capitaliste, parce qu’ils n’exploitaient pas les villageois comme les colons. Ils les exploitaient plutôt grâce à leur autorité traditionnelle sur la terre et le travail. Ils percevaient les impôts et donnaient le travail aux colons, pressant la paysannerie du mieux qu’ils le pouvaient mais sans jamais l’exproprier de la terre.

[…] Il y avait aussi un petit groupe d’Africains éduqués, ceux que les Français appelaient “les assimilés” (NdT: en français dans le texte original), essentiellement les fils des chefs et autres notables, envoyés dans les villes françaises pour leur éducation. Ils étaient absorbés comme des officiels de bas étage dans le gouvernement et comme professions libérales ; ils aidaient la classe capitaliste coloniale en administrant et en maintenant l’ordre social.

[…]

Comme dans toute société de classes, la classe impérialiste dominante européenne, en alliance avec ses agents locaux, s’est engagée dans une exploitation sans merci et brutale de la main d’œuvre locale. La main d’œuvre fut employée et exploitée pour produire des matières premières pour l’industrie européenne et pour générer suffisamment de surplus pour pouvoir maintenir les colonies en place.

[..]

Chapitre 5 L’échec du socialisme en Afrique

[…]

Nous n’employons pas ici le terme de “socialisme” pour l’Afrique comme une approche rigide et doctrinaire dans le style du marxisme-léninisme […]

Les avocats du socialisme africain postulent que le marxisme et sa théorie de déterminisme matérialiste ne devrait pas être appliqués à l’Afrique, considérant la grande différence des conditions économiques et sociales entre le continent et l’Europe. Au contraire, ils appellent à un socialisme africain démocratique, décentralisé, qui trouverait ses origines dans l’histoire et les cultures des peuples africains.

[…]

Concernant la révolution guinéenne, Galli cite deux facteurs de son échec:

  • Le premier fut la forte centralisation de parti dans la période post-indépendance
  • Le second et de manière plus importante, le gouvernement et le parti choisirent délibérément de s’appuyer économiquement sur l’extraction minière au lieu de l’agriculture

Au moment où le parti accéda au pouvoir, il s’allia avec les compagnies minières aux mains du capital étranger. […]

Malgré une forte industrie minière, la Guinée demeure aujourd’hui (1997) un des pays les plus pauvres d’Afrique.

[..]

La Tanzanie nous donne un autre cas d’étude très pertinent au sujet duquel ses leaders se sont dévoués au développement rural très peu de temps après avoir obtenu l’indépendence de la Grande-Bretagne. Julius Nyerere, chef du gouvernement tanzanien, fut un des meilleurs soutiens du socialisme africain et du principe de l’auto-suffisance.

Nyerere se retourna contre les intérêts étrangers et emmena avec lui quelques 90% de la paysannerie tanzanienne en prêchant le retour aux tenets du communalisme africain. Par là, l’agriculture et le peuple lui-même deviendraient les nouvelles bases du développement. Le gouvernement tanzanien encouragea les paysans tanzaniens à se constituer en villages fondés sur la coopération et le travail communal, les villages Ujamaa. Afin que cela fonctionne, le gouvernement suppléait des routes, des écoles, des services sociaux. En 1967, Nyerere publia un petit ouvrage “Socialisme et le développement rural” dans lequel il énonçait trois principes fondamentaux au sein de la famille africaine: l’égalité, le respect mutuel pour toutes les familles et la participation aux bénéfices de la production collective. Ceci constitua la base fondamentale des villages Ujamaa.

Aujourd’hui aucun village Ujamaa n’a survécu en Tanzanie, les gens n’en ont plus que le souvenir….

Le modèle Ujamaa a échoué parce qu’il a dégénéré en contrôle bureaucratique étatique sur les paysans. Par ses bureaucrates et ses assistants techniques, l’état a commencé à dicter aux paysans ce qu’ils devaient faire et ce qu’ils ne devaient pas faire, ce qu’ils devaient produire ou pas. Puis, la Banque Mondiale et autres donateurs ont détourné le programme. La stratégie du gouvernement/banque mondial/aide étrangère était d’établir des cibles de production pour chaque culture, incluant les cultures d’exportation comme le cotton, le café, les noix de cajous, le thé, le sisal et le tabac. L’étape suivante était d’établir des cibles régionales de production pour les cultures qui poussaient le mieux dans chaque région, un type de division régionale du travail. La troisième étape fut de communiquer ces objectifs aux villages au travers de l’appareil de l’état. Quoi que produise le paysan, cela était vendu au gouvernement qui contrôlait les prix. Ainsi l’état pouvait mettre les paysans sous pression pour qu’ils produisent le plus de surplus possibles. Il aurait été complètement impensable d’imaginer qu’Ujamaa dans sa forme originelle non-diluée aurait eu du succès comme partie intégrante d’un état et de son système. De ce point de vue, son échec était logique et totalement inévitable.

Le socialisme africain a aussi été un échec dans d’autres parties de l’Afrique comme par exemple en Ethiopie sous la houlette de Menghistu et son parti des travailleurs à la fin des années 1980… Au Mozambique, par l’excès de centralisme étatique planifiant et gérant tout, tout en ayant conservé les structures de l’état colonial portugais.

En Afrique de l’Ouest, au Burkina Faso, la révolution de 1984 se termina en 1987 avec l’assassinat de Thomas Sankara. Bien que Sankara reconnaissait la paysannerie comme une force vive de la nation, il avait néanmoins une attitude très critique envers le mouvement syndicaliste et les partis de gauche.

[…]

Capitalisme d’état et instabilité

Il est temps maintenant d’observer comment le système d’état fondamentalement capitaliste en Afrique a créé des structures économiques et socio-politiques instables, ainsi que la perspective de son propre effondrement. En analysant la connexion entre le capitalisme d’état et l’instabilité en Afrique, notre objectif principal est de démontrer comment les manifestations économiques du capitalisme d’état, le sous-développement, la dépendance, et la subordination à des intérêts étrangers, en plus de leur concomittance, pauvreté, analphabétisme et état sanitaire déplorable, ont mené à l’instabilité politique.

La racine même du sous-développement africain est bien entendu, l’établissement du capitalisme colonial. Pour le dire différemment, l’histoire économique récente de l’Afrique est le résultat de son passé colonial, dont l’aspect le plus significatif fut le déplacement du mode de production africain pré-colonial au travers d’un capitalisme mercantile de l’Europe vers l’Afrique.

[…]

Le facteur militaire

[…] Peter Harris rappelle que Frantz Fanon avait prédit dès les années 1950 que les classes moyennes et de professions libérales africaines, qui menèrent les mouvements d’indépendance nationale sur le continent, tourneraient de plus en plus leur dos au peuple et s’aligneraient à terme elles-mêmes avec les intérêts étrangers. Dans son livre “Class Conflict in Africa”, Markovitz argumente que la raison fondamentale pour laquelle il fut si facile pour l’armée de prendre le continent fut que les politiciens ne représentaient que la classe des privilégiés.

[…] D’après Harris, comme la corruption et les privilèges de la classe dirigeante sont devenus de plus en plus évidents et que la stagnation des économies africaines ont atteint un point tel que cela conférait à la banqueroute nationale, le mécontentement populaire s’est étendu. Ainsi, bien des régimes se sont séparés de leur écran de fumée populiste. Ceci, couplé au mécontentement populaire, a favorisé la prise en main des affaires par les militaires. Comme Fanon avait déjà averti: lorsque le mécontentement de la paysannerie et des ouvriers croît et que le régime doit se résoudre à de plus grandes mesures pour continer à diriger, alors “c’est l’armée qui devient l’arbitre du conflit…” D’après Harris, le corps des officiers des armées, en tant que segment important de la classe dirigeante, prend une position politique plus centrale pour remplacer la classe politique défaillante et discréditée, prévenant ainsi la mobilisation du peuple. L’armée assume le pouvoir non seulement pour protéger la classe de privilégiés, mais aussi pour préserver les intérêts étrangers néo-coloniaux. (NdT: n’oublions pas que la vaste majorité des officiers supérieurs des armées africaines sont formés dans les académies militaires européennes ou états-uniennes… Ils sont docnc formatés et redevables à leurs maîtres occidentaux de la même manière que leurs patrons politiques inféodés au système néo-colonial…)

[..] Sur le long terme quoi qu’il en soit, les régimes militaires intervenant dans la vie politique, paraissent moins capables de remplacer les régimes civils discrédités. Parce que ces régimes sont très reluctants à céder le pouvoir, ceci met souvent en marche un cercle vicieux de coups d’état et de contre coups d’état, aidant en cela à mieux comprendre et à mieux focaliser sur la crise socio-politique de la société néo-coloniale.

[…]

A suivre… Dans la 4ème et dernière partie, il sera question des obstacles au développement de l’anarchisme en Afrique et du futur de l’anarchisme sur le continent

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Résistance politique: La continuité du colonialisme français en Afrique…

Posted in actualité, altermondialisme, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 13 février 2014 by Résistance 71

Le camerounais doit libérer l’Afrique francophone de la domination barbare française

 

Léon Tuam

 

10 février 2014

 

url de l’article original:

http://www.cameroonvoice.com/news/article-news-14107.html

 

Sur les corps dans les tombes ou restés en l’air sans sépulture des nourrissons, des enfants et adultes d’Afrique qui tombent ou sont tombés il y a peu ou longtemps en RCA, au Congo, en Cote d’Ivoire, en Libye, au Tchad, au Cameroun, en Guinée, au Gabon, au Niger, au Faso, au Mali, etc.

Sur les corps de ces frères et sœurs africains partis pour toujours à cause des conflits et injustices qu’entretient la France et ses amis sur notre continent pour que jamais ne se couche leur soleil, sur ces corps, sur tous ces corps qui nous sont si chers, d’entrée de jeu je pose les feuilles d‘arbre de paix et que leurs âmes reposent en paix.

Ces frères et sœurs qui tombent ou sont tombés en RCA, en Côte d’Ivoire, au Congo, etc. et à côté desquels parfois l’on a vu des nourrissons et enfants allongés auprès des parents ou des enfants qui tiennent par les habits et tentent en vain de réveiller les corps déjà inertes de leurs mères sans rien y comprendre, 
Ah mes frères et sœurs africains, seules deux mains les tuent : La main traitresse locale associée à celle étrangère assoiffée des richesses africaines. Nous devons vaincre nos divisions, nos différences et nos rancœurs pour nous unir et mettre fin à ces astuces et conduites criminelles des pompiers-pyromanes.

Au milieu de cette obscurité que créent nos dirigeants, nous ne devons pas faillir à notre devoir de perception nette des choses et du patriotisme. Ce n’est pas pour notre bien que l’étranger nous tendra le bâton pour punir nos fossoyeurs locaux.

Ainsi, les traitres qui seront appuyés par la France pour verser le sang des Camerounais, des Africains, seront combattus et sévèrement punis tôt ou tard.

La France dans l’espace africain francophone brille et passe en maître dans cet art. Le Cameroun est une île entourée des terres incessamment en ébullition, le Cameroun ressemble à un Insecte autour duquel tourne et tourne un Coq et n’attend que le moment propice pour lui sauter dessus et l’avaler.

Aux Camerounais je dis et j’insiste : L’heure n’est pas à la diversion, aux rancœurs et aux divisions. Nous avons une expérience singulière, nous avons une blessure et une douleur inoubliables qui attendent d’être vengées. Nous avons un grand héritage à sauver et sauvegarder jalousement, O peuple d’Um Nyobé !

Peuple d’Um Nyobe, malgré l’inconsistance et la traitrise de nos dirigeants qui nous fragilisent, malgré les durs coups que nous avons reçus d’eux, comprenons que le Cameroun n’est pas à eux ; il revient au peuple.  
Patriotes camerounais de l’intérieur et de l’extérieur, nous avons beaucoup de missions sur cette portion d’Afrique qu’est le Cameroun, mais nous avons une mission ancestrale et divine préalable ou essentielle en Afrique : Il s’agit de débarrasser l’Afrique francophone de la domination et de la dictature barbares françaises.

Camerounais, l’Afrique, et surtout francophone, regagnera sa souveraineté à partir de ce bout de terre d’Um Nyobé. Nous n’avons pas droit a l’erreur. Malgré nos problèmes multiples, nous sommes une grande chance pour l’Afrique. Nous sommes un peuple qui sait agir pour l’autre.

Peuple camerounais, la France oublie que nous n’avons oublié ni pardonné les crimes affreux, ou les génocides qu’elle a perpétrés sur notre peuple ainsi que  ses ingérences continues et soutenues dans les affaires de notre pays. Nous avons un régime, un système moribond à nettoyer, certes !

Mais, mes frères et sœurs, ce travail de nettoyage ne saurait prendre corps et se dérouler en s’appuyant sur la France qui nous doit beaucoup : l’argent, la dette morale et la dette du sang. La libération réelle et totale du Cameroun ne peut se faire qu’avec des forces progressistes camerounaises. L’Inde, le Brésil, la Chine et d’autres pays se sont libérés par eux-mêmes.

D’aucuns diraient que c’est être naïf. Non, ce sont eux les naïfs, car chaque fois que l’on s’appuie sur l’occident ou bien quand cet occident dit qu’il nous vient en aide, alors c’est lui-même qu’il vient aider. 
La pauvreté, la misère, les conflits et morts par milliers d’Africains n’émeuvent pas l’occident, les Droits Humains bafoués en Afrique ne l’émeuvent pas non plus ; il s’en sert tout simplement pour se faire une santé économique, politique, morale et sociale. Et des Salauds l’applaudissent.

Que les Camerounais en ces temps troubles n’écoutent pas les sirènes nationales opportunistes sans patriotisme ni vision qui depuis certaines capitales européennes et d’autres pays africains veulent reproduire le schéma ivoirien ou centrafricain au Cameroun.

Que les Camerounais se tiennent prêts à pleurer leurs morts du passé en infligeant une leçon particulière de courage et de patriotisme à la France et aux traitres-collabos qui regardent le Cameroun comme la prochaine proie à fondre dessus. Au Cameroun, le Coq aura à sa gorge l’insecte qui va l’étouffer et l’émasculer complètement.

Vigilance ! Vigilance ! Afin que s’accomplisse cette mission ancestrale et divine à partir de ce point de l’Afrique, qui est de mettre fin en Afrique aux crimes et zèles d’une France qui en réalité ne représente rien.

Les vrais stratèges doivent de plus en plus entretenir les Camerounais et les peuples africains sur la lutte et moyens de résistance face aux oppresseurs extérieurs et sur les enjeux de cette libération.

France et colonialisme: Tout colonialisme est ethnocidaire et génocidaire, pourquoi le colonialisme français serait-il différent ?

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, documentaire, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, média et propagande, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 6 janvier 2014 by Résistance 71

La France et l’esclavage, la France et le colonialisme, sont deux choses avec lesquelles peuple, politiques et intelligentsia se rejoignent souvent dans la dissonance cognitive qui les accompagne, en cela dûment induite par la propagande oligarchique.

Le colonialisme français a été aussi ignoble et meurtrier que les autres, la clef de notre futur est de le reconnaître et de nous en débarrasser, parce que nous ne l’avons toujours pas fait. L’auteure de l’article nous dit au premier paragraphe que la « la France ne possède plus de colonies à moins que vous ne désigniez par-là la Corse ; ce dont je doute. » Ceci est en fait erroné, que dire en effet des DOM-TOM ?… Des terres françaises « naturelles » par leur géographie ?… La France est toujours un pays colonial et cela doit cesser. Le grand mouvement planétaire de soutien aux peuples colonisés, bafoués, humiliés et massacrés durant plus de cinq siècles de vol, de viol, de pillage et de crimes impunis, prend une ampleur inégalée, qui verra bientôt naître une véritable résurgence humanitaire dans son universalité égalitaire.

« Aucune armée ne peut venir à bout d’une idée dont l’heure est venue » (Victor Hugo)

— Résistance 71 ~

 

Droit de Réponse à Marion Maréchal Le Pen

 

Farida Bemba Nabourema

 

5 janvier 2014

 

url de l’article:

http://www.legrandsoir.info/droit-de-reponse-a-marion-marechal-le-pen.html

 

« Dans nos colonies, nous n’avons jamais appliqué l’Apartheid. On peut en faire une fierté «  (Marion Maréchal Le Pen)
Mlle Le Pen, je peux écrire 1000 tomes d’un livre d’1 million de pages chacun pour vous relater la politique nauséabonde de votre chère France dans ses anciennes colonies… Je peux peindre avec le sang des dizaines de millions personnes que la France a bombardées, fusillées, pendues, trempées dans de l’acide, brulées vives, décapitées, enterrées vivantes, chacun des millions de murs en France, et toujours manquer de place pour y peindre les larmes qu’ont fait couler et continue à faire couler votre France dans ses anciennes colonies…

Mlle Marion Le Pen, je souhaiterais avant tout vous informer que la France ne possède plus de colonies à moins que vous ne désigniez par-là la Corse ; ce dont je doute.

Depuis de nombreuses années que je tombe à chaque fois par hasard sur les déclarations des membres de votre parti le Front National, et plus précisément de ceux de votre famille à savoir votre grand-père Jean-Marie Le Pen et votre tante Marine Le Pen, je n’ai jamais jugé bon de répondre aux multiples inepties que vos proches ont tendance à pondre. Mais cette fois, suite à votre déclaration incongrue qui sans nul doute affiche votre ignorance béante de ce pays que vous prétendez représenter à l’Assemblée Nationale, j’ai décidé de vous répondre car je n’ose pas croire que vous êtes une imbécile pour vous répondre par mon silence comme j’en ai pris l’habitude avec votre tante Marine.

Mlle Marion Le Pen, par cette déclaration « Dans nos colonies, nous n’avons jamais appliqué l’Apartheid. On peut en faire une fierté » que vous aviez faite sur BFM TV le 16 Décembre dernier lors d’une émission au cours de laquelle vous sembliez rendre hommage à Nelson Mandela, ce monsieur que votre « papy Jean Marie » traitait affectueusement de « terroriste » dans les années 80, vous ne m’avez point choquée car je sais que la France dans laquelle vous aviez grandi ne vous a jamais appris dans ses écoles, les horreurs qu’elle a commises dans ses anciennes colonies.

Vous êtes de cette génération à qui la France ment et à qui la France cache son linge sale que vous avez pourtant le devoir de laver afin de réduire le degré de haine et de dégout que ressentent ceux-là que votre pays dont vous êtes si fière a humiliés, déshumanisés, torturés, exploités, opprimés, réprimés et continue de martyriser. Comment pouvez-vous laver le linge sale de votre chère France si durant toute votre vie, les gens, comme votre grand-père, qui avaient soutenu l’Apartheid, ont passé leur temps à vous faire croire que la France n’a fait qu’aider les « autres » à se « civiliser ». Oui, la civilisation de la sauvagerie et de l’avilissement !

Mlle Le Pen, à 24 ans, vous êtes la plus jeune députée de France, et étant votre cadette de quelques mois seulement, je peux donc conclure que vous et moi sommes de la même génération et pourrai alors dire qu’à cet âge et avec le poste que vous occupez, vous devriez connaitre la vraie histoire de votre pays la France… si et seulement si vous eûtes fait preuve de moins de paresse intellectuelle en ne vous contentant pas que des histoires que vous raconte « Papy Jean-Marie » mais hélas ! Je vais donc vous rendre un très petit service en parcourant avec vous quelques-unes des politiques de la France dans ses anciennes colonies qui étaient pires que l’Apartheid en Afrique du Sud.

Avant tout, laissez-moi vous rappeler que vos ancêtres font partie de cette espèce d’êtres humains qui ont jugé noble d’acheter, de vendre d’opprimer et de massacrer d’autres êtres humains. Le Code Noir qui désigne l’ensemble de textes juridiques codifiant la vie des esclaves noires dans les anciennes colonies françaises (Indes françaises) est ordonné par le roi Louis XIV en 1685. Dans ce code, l’un des rois les plus adulés des « français de souches » comme vous Mademoiselle, a tout simplement animalisé les Noirs (pratique que des membres de votre parti telle qu’Anne-Sophie Leclère continuent) et dénigré d’autres peuples pour le simple fait que ceux-ci avaient une couleur de peau ou pratiquaient une religion différente de la vôtre.

L’article 1er du Code Noir nous dit :

« Voulons que l’Édit du feu roi de glorieuse mémoire, notre très honoré seigneur et père, du 23 avril 1615, soit exécuté dans nos îles ; se faisant, enjoignons à tous nos officiers de chasser de nos dites îles tous les juifs qui y ont établi leur résidence, auxquels, comme aux ennemis déclarés du nom chrétien, nous commandons d’en sortir dans trois mois à compter du jour de la publication des présentes, à peine de confiscation de corps et de biens. »

Le Code Noir chère Mlle Le Pen est le fondement même des systèmes de ségrégation raciale et raciste comme l’Apartheid et l’on peut dire que les Boers d’Afrique du Sud se sont inspirés de la cruauté de vos ancêtres pour établir une version beaucoup plus diluée du Code Noir en Afrique du Sud. De la même manière que les Noirs étaient interdits de se regrouper durant l’Apartheid, Le Code Noir stipule dans son article 16 :

« Défendons pareillement aux esclaves appartenant à différents maîtres de s’attrouper le jour ou la nuit sous prétexte de noces ou autrement, soit chez l’un de leurs maîtres ou ailleurs, et encore moins dans les grands chemins ou lieux écartés, à peine de punition corporelle qui ne pourra être moindre que du fouet et de la fleur de lys ; et, en cas de fréquentes récidives et autres circonstances aggravantes, pourront être punis de mort ».

En Afrique du Sud, bien que les Noirs fussent extrêmement sous-payés, ceux-ci recevaient quand même une compensation, aussi infime soit elle, pour leur travail, et avaient le droit d’exercer certaines petites activités commerciales.

Mais dans l’article 18 du Code Noir, Mlle Le Pen, il est dit ceci : « Défendons aux esclaves de vendre des cannes de sucre pour quelque cause et occasion que ce soit, même avec la permission de leurs maîtres, à peine du fouet contre les esclaves, de 10 livres tournois contre le maître qui l’aura permis et de pareille amende contre l’acheteur. » car vos ancêtres voulaient absolument éviter que les Noirs ne disposent de ressources financières qui risqueraient de leur permettre d’acheter leur liberté à leurs maitres comme c’était le cas dans certaines colonies britanniques et portugaises.

Dans les anciennes colonies françaises, les esclaves ne pouvaient même pas rêver acheter leur propre liberté. Durant la période de l’esclavage, de nombreux historiens révèlent que plus d’un million de Noirs ont été massacrés dans les colonies françaises seules. Vous me répondrez peut être que la République Française et plus précisément la 5ème République du héros Charles De Gaulle n’a rien à avoir avec cette France esclavagiste. Et bien c’est vrai ! Votre 5ème République Française est pire que la France de Louis XIV : elle est la France de la barbarie pure et simple.

Mlle Le Pen, serez-vous toujours fière de votre chère France en apprenant que celle-ci a massacré froidement et sans remords 120 mille camerounais en trois ans, de 1959 à 1962 pour le simple fait que ceux-ci ont réclamé leur droit le plus inaliénable qui est celui de l’auto-détermination ? Je n’invente pas les chiffres car c’est le journaliste du Monde André Blanchet qui le dit suite à ses enquêtes alors que les camerounais quant à eux parlent de plus de 200 mille morts.

En Algérie, il fut question de 700 mille morts durant cette guerre coloniale que la France niait jusqu’en 1999 et qu’elle désignait affectueusement par « évènements d’Algérie ». Au cours de la guerre d’Algérie, la France de De Gaulle avait créé des camps de concentration qu’elle avait rebaptisés « camp d’internement » dans lesquels elle torturait et abattait sauvagement les arabes qu’elle y emprisonnait. Des milliers de jeunes filles, pour la plupart des adolescentes, ont été arrachées à leurs parents qui furent exécutés, et réduites en esclaves sexuelles que les soldats français, que votre 5ème République a fièrement décoré plus tard, violaient passionnément et collectivement. Certaines des survivantes raconteront plus tard qu’elles étaient violées par au moins 100 soldats en une seule journée. Nombreuses furent celles qui tombèrent enceinte et eurent des « enfants sans père » qu’aujourd’hui vos camarades appellent amicalement « la racaille ».

Mlle Le Pen, comparer l’Apartheid aux bestialités de la France dans ses anciennes colonies est comme comparer une gifle à une décapitation. Loin de moi l’intention de minimiser les exactions du régime de l’Apartheid contre les Noirs d’Afrique du Sud ou encore moins de justifier l’Apartheid mais il est important que je vous apprenne que votre France, dont vous êtes si fière, fut et continue d’être l’une des puissances impérialistes les plus cruelles de l’histoire de l’humanité.

Dans mon pays le Togo, durant la conquête coloniale, les soldats français ont coupé les deux pouces à l’aide d’une hache, aux guerriers de l’ethnie Konkomba qui résistaient à l’occupation française munis de leurs arcs et flèches.

Mlle Le Pen, s’il vous est difficile d’imaginer la douleur que ces milliers d’hommes ont ressenti, je me propose de vous faire cette expérimentation mais malheureusement j’ai peur d’abimer vos maigres doigts qui n’ont surement jamais tenu une houe et un coupe-coupe de leur existence. C’est avec ces outils rudimentaires que des millions d’Africains ont cultivé des centaines de milliers d’hectares de force pour épargner la famine à votre peuple avant, pendant et après les deux guerres mondiales et la crise économique de 1929 qui ont rendu la France plus pauvre et plus féroce qu’elle ne l’était déjà .

Votre pays la France a établi après l’abolition de l’esclavage et bien entendu du Code Noir, un autre code cordialement appelé « Le Code de L’Indigénat ». Ce code qui fut adopté en Juin 1881 et imposé aux peuples des colonies françaises en 1887, « distinguait deux catégories de citoyens : les citoyens français (de souche métropolitaine) et les sujets français (les indigènes). »

Ce complexe de supériorité qui régente votre peuple et que votre parti ne cesse de témoigner à travers ses discours provocateurs vous donne le droit d’appeler les autochtones des pays que vous êtes partis piller, des « indigènes ». Ce code de l’indigénat réduisait de nouveau les Noirs à l’esclavage ; rebaptisé en « travaux forcés ». Dans les anciennes colonies françaises, les Noirs devaient travailler de force pour la France sans compensation aucune. Certains avaient le devoir de cultiver le café, le cacao, le coton et autres produits agricoles qui ne peuvent jamais germer sur votre pauvre sol français.

D’autres devraient quant à eux construire les chemins de fer et les wharfs qui devraient permettre à la France d’exporter les produits qu’elle volait aux colonies et d’autres enfin, devraient servir les administrateurs de colonies comme hommes de chambres, cuisiniers, vaguemestres, coursiers etc. La punition était les coups de fouet, l’amputation, ou la mort pour ceux qui voulait résister à la bestialité française. Entre 1908 et 1909, plus de 1500 « infractions » au Code de l’Indigénat ont été réprimées au Congo-Brazzaville seul et « en 1928, Albert Londres journaliste au Petit Parisien » découvre que la construction des voies ferrées ou les exploitations forestières provoquent un nombre effroyable de morts parmi les travailleurs africains du Sénégal au Congo et dans son article il écrira ceci : « Ce sont les nègres des nègres. Les maîtres n’ont plus le droit de les vendre. Ils les échangent. Surtout ils leur font faire des fils. L’esclave ne s’achète plus, il se reproduit. C’est la couveuse à domicile. »

La répression dans les colonies françaises était si aigüe que des millions de personnes ont fui leurs villages pour s’installer dans les colonies britanniques. Robert Delavignette haut fonctionnaire, directeur de l’École de la France d’outre-mer et spécialiste des questions coloniales a rapporté la migration de plus de 100,000 Mossis de la Haute Volta (actuelle Burkina Faso) à la Gold Coast britannique (actuel Ghana). Le journaliste Albert Londres quant à lui, révéla aussi que plus de 600,000 personnes ont fui les colonies françaises d’Afrique de l’ouest vers la Gold Coast et plus de 2 millions ont fui les colonies d’Afrique centrale et une partie de l’Ouest vers le Nigeria qui était aussi une colonie britannique. La barbarie inouïe des colonisateurs français était insupportable aux « indigènes » qui ont préféré la domination britannique à la domination française. Ne dit-on d’ailleurs pas « qu’entre deux maux il faut choisir le moindre ? »

Cependant, notez-bien Mademoiselle que la cruauté de cette France dont vous êtes si fière ne s’est pas arrêtée là. Afin de combler le vide dans ses colonies que les populations désertaient du faite de sa répression intense, la France « exportait » de force, comme des troupeaux, les Africains d’un pays à un autre pour les faire travailler dans ses plantations. Des milliers de personnes ont été parachutées de la Cote d’Ivoire à la Centre Afrique, du Sénégal au Congo et j’en passe.

Et quand ces dernières se sont décidées à obtenir leurs liberté de la France et à mettre fin à leur exploitation, domination, oppression et répression, la France les a massacré comme au Cameroun, en Algérie ou encore au Madagascar ou plus de 100,000 Malgaches ont été massacrés par les soldats français suite à leur soulèvement en 1947.

Mlle Le Pen, je peux écrire 1000 tomes d’un livre d’1 million de pages chacun pour vous relater la politique nauséabonde de votre chère France dans ses anciennes colonies. Je peux également passer des années à réciter les exactions commises par votre adorable France dans ses anciennes colonies qui surpassent de très loin ce que les Noirs d’Afrique du Sud ont connu avec les Boers. Je peux peindre avec le sang des dizaines de millions personnes que la France a bombardées, fusillées, pendues, trempées dans de l’acide, brulées vives, décapitées, enterrées vivantes, chacun des millions de murs en France, et toujours manquer de place pour y peindre les larmes qu’ont fait couler et continue à faire couler votre France dans ses anciennes colonies.

Et pour finir, notez pour votre gouverne que les Mandela de ces anciennes colonies à savoir Toussaint Louverture, Sylvanus Olympio, Ruben Um Nyobé, Barthélémy Boganda, Félix Moumié, Outel Bono, Modibo Kéita, Marien N’Gouabi, Ali Soilih, Mahamoud Harbi Farah, Germain Mba, Aline Sitoé Diatta, Thomas Sankara pour ne citer que ceux-la, ont été exécutés par cette France dont vous êtes si fière.

Ne venez surtout pas Mademoiselle remuer le couteau dans notre plaie qui refuse de guérir parce que des ignares se permettent à chaque fois de débiter des sordidités comme vous le faites.

Farida Nabourema, Washington, le 19 Décembre 2013.

 http://faridabemba.over-blog.org/article-droit-de-reponse-a-marion-mar…

 

Intervention française coloniale en Centrafrique: Un trouffion français arbore un écusson portant une devise nazie sur son uniforme…

Posted in actualité, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et social, politique française, presse et média, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 23 décembre 2013 by Résistance 71

Le vrai visage du colonialisme quel qu’il soit… 

~ Résistance 71 ~

 

Un soldat français arbore une devise nazie sur son uniforme en Centrafrique

 

Opex 360

 

21 décembre 2013

 

url de l’article:

http://www.cameroonvoice.com/news/article-news-13670.html

 

Peu au fait de l’histoire militaire française (les hussards de la mort de Kellermann lors de la Révolution ou encore l’insigne peint sur l’avion de Nungesser lors de la Grande Guerre), le quotidien Libération s’en était indigné.

“L’image devient d’un coup violente, le message que l’homme véhicule est très clair : je suis venu apporter la mort”, avait-il  écrit, en janvier dernier, au sujet du légionnaire photographié au Mali avec un foulard à tête de mort.

Serval a eu sa polémique. Sangaris en a une également. Sauf que cette fois, l’affaire de ce militaire français photographié arborant un insigne d’épaule sur lequel est écrit “Meine Ehre heißt Treue” (“Mon honneur s’appelle fidélité”), c’est à dire la devise des waffen SS, sur un fond tricolore, est d’une toute autre nature.

Qui plus est, ce cliché a été diffusé sur la page Facebook de l’Etat-major des armées (EMA), avant d’en être retirée… après avoir été repérée par BFM TV. Honnêtement, il fallait avoir l’oeil affûté pour remarquer cette devise nazie sur le patch en question… lequel ne pouvait qu’attirer l’attention étant donné qu’il n’est nullement règlementaire.

“C’est une affaire qui est entre les mains du commandement sur le terrain, aucune sanction n’a encore été prise”, a commenté le colonel Gilles Jaron, le porte-parole de l’EMA, interrogé par la chaîne d’informations. “Ce qui est dramatique, c’est que ça ternisse l’image d’une institution qui condamne cela. C’est absolument inadmissible au moment où les hommes sont engagés dans une situation extrêmement difficile”, a-t-il ajouté.

Joint par le Huffington Post, le colonel Jaron a précisé que “la photo a été postée le 19 décembre sur Facebook. Il est apparu ensuite que le soldat arborait un insigne d’épaule qui n’appartient pas à l’uniforme de l’armée française et véhiculant une idéologie que nous condamnons sans équivoque”. Et d’ajouter : “Dès que ce soldat aura été identifié, il sera immédiatement suspendu”.

La solution africaine passe par une véritable décolonisation des pays d’origine…

Posted in actualité, altermondialisme, économie, démocratie participative, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 19 novembre 2013 by Résistance 71

Cet article est parfaitement en phase avec ce que nous disons ici depuis un bon moment… Notre dossier sur le colonialisme et les luttes indigènes pour leur réelle indépendance

— Résistance 71 —

La solution aux drames de Lampedusa : La décolonisation des pays d’origine !

19 Novembre 2013

 

url de l’article:

http://www.cameroonvoice.com/news/article-news-13300.html

 

Eugénie Dossa Quenum

 

La nouvelle tribune


Chercheur indépendant en Sciences Politique et Sociale Consultante en gouvernance.


Conférencière
Ecrivain
Membre de la Ligue Internationale de Femmes pour la Paix et la Liberté
Membre de Médecins Du Monde

C’est la politique de domination des peuples africains et le système économique d’exploitation féroce des richesses agricoles, minières et humaines de leurs pays par les gouvernements occidentaux et américain avec la complicité des chefs d’Etat africains qui poussent les immigrés à fuir la violence des guerres engendrées par les rivalités entre multinationales, la pauvreté, la misère et la faim, pour risquer leur vie dans la Méditerranée.

Déjà 17.000 morts à Lampedusa depuis 20 ans. Des migrants qui ne cherchaient qu’à survivre hors de leurs pays transformés en enfer à cause de la convoitise de leurs immenses richesses et de leur position géostratégique.

En effet, les sols de leurs pays regorgent de Coton dont le Mali est le premier producteur, de Café, de Cacao dont la Côte d’Ivoire est le premier producteur, ainsi de suite…Leurs sous-sols concentrent de manière ahurissante, les plus précieux minerais du monde.

Ainsi, l’Or, dont le Mali est le troisième producteur du monde, l’Uranium, dont le Niger est le deuxième producteur du monde, le Coltan, métal recherché dans la fabrication des téléphones portables et les engins spatiaux, dont la République Démocratique du Congo (RDC) est le premier producteur avec70% de la réserve mondiale, le Diamant, le Cobalt, le Fer, sans compter le pétrole et bien d’autres produits encore.

 Des produits exploités et exportés dans un échange inégal savamment organisé par des multinationales en toute opacité, aux seuls profits des pays européens et américains et au mépris des intérêts de leurs propriétaires, les peuples africains.

Celles pétrolières Elf-Congo et Agip-Recherches-Congo qui opèrent au Congo-Brazzaville par exemple, ne cèdent à ce dernier que 20% du partage de production alors que ce pourcentage est de 50% partout ;

AREVA, société française, numéro un du nucléaire civil, seule exploitante pendant longtemps a maintenu l’Uranium du Niger à 22 Dollars le Kg pendant des décennies avant de relever ce taux à 32 Dollars en 2007 sous la pression de la concurrence internationale ;

En Côte d’Ivoire, les sociétés françaises qui forment l’essentiel du tissu économique rapatrient les 90% de leurs intérêts. Cf « Billet d’Afrique et d’ailleurs. » de l’association Survie N° 198 de Janvier 2011. Et il en est ainsi dans presque tous les autres pays francophones d’Afrique.

« Le Cameroun, comme tous les pays de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale, la C.E.M.A.C., préfère financer l’économie française aux dépends de leur propre économie à travers le mécanisme du « Compte d’opérations » », peut-on lire sur le site de Terangaweb/L’Afrique des idées. Alors que le financement de leurs Petites et Moyennes Entreprises aurait certainement permis de créer des emplois et contribué à l’amélioration des conditions de vie des salariés, et ces capitaux servi à financer la scolarisation des enfants et l’apprentissage des jeunes…

Le FMI et la Banque Mondiale quant à eux, en imposant aux pays africains l’application d’un Programme d’Ajustement Structurel « P.A.S. » depuis les années 80 ne font-ils pas preuve d’un cynisme ?. Couvrant déjà les multinationales qui opèrent dans ces pays dans leur refus d’accepter un audit sur leurs sociétés, ils exigent que ces derniers déjà affaiblis privatisent les secteurs vitaux de leur économie, tels le Port, l’Aéroport, la Poste, les Communications, les Banques etc…en les cédant aux sociétés étrangères.

Les conséquences de telles privatisations sont des licenciements massifs sans aucun plan social contrairement aux usages dans les pays occidentaux.

 L’exemple des 70% de la population active adulte au chômage au Congo Brazzaville à partir de 2004, n’en est qu’une illustration. Dans les autres pays, cette situation engendre de nombreux chômeurs dont plus de la moitié ont entre 25 et 35 ans.

 Les compressions de personnels exigées par le « PAS » dans les services sociales conduisent à une pénurie en ressources humaines en Santé comme dans l’Education. Ce qui pénalise lourdement les peuples victimes de cette politique d’austérité.

Dans le même temps, en préconisant de la part de ces gouvernements africains mis à genou, des efforts pour l’élaboration d’un Document Stratégique de Réduction de la Pauvreté (DSRP), le FMI ne fait-il pas preuve de schizophrénie ?

L’Europe s’est arrogé des privilèges et des droits historiques sur l’Afrique depuis la période de l’Esclavage, puis celle du colonialisme jusqu’à nos jours.

Cette main mise a d’abord été théorisée en 1532 par le théologien espagnol François Vittoria, puis le révérend Père Muller. En 1685, le Code Noir de Louis XIV rédigé par Colbert qui institutionnalisait l’esclavage a été réactualisé par Bonaparte qui lui avait adjoint celui de l’indigénat pour prolonger le système. 

Ensuite, c’est Albert Sarrault, cet autre illustre théologien qui évoquait en 1931 pour justifier les barbaries commises par les colons, « Le droit de la colonisation à la mise en circulation des ressources que les possesseurs débiles détenaient sans profit pour eux-mêmes et pour tous… » Cf. Suret Canal dans « Afrique Noire l’ère coloniale 1900-1945 »

Et lorsqu’en 1960, la Résolution N° 1514 de l’ONU sur la décolonisation des pays sous domination a été votée pour libérer ces derniers, la parade trouvée par la France pour maintenir le statu quo a été le pacte colonial dont la signature imposée en 1961 stipulait en son annexe II, l’obligation pour ces pays de lui réserver l’exclusivité de leurs richesses agricoles, minières et stratégiques avec interdiction formelle d’échanger entre eux.

Un système chargé de veiller à l’application stricte de ces accords de vassalisation et de garantie du pillage éhonté des anciennes colonies françaises fut également mis en place : C’est la Françafrique. Un système anachronique, hideux et barbare qui s’est excellé dans l’assassinat des premiers présidents africains, contestataires du pacte colonial. Un système de spoliation et de brimade des peuples. C’est ainsi que périt Patrice Lumumba au Congo Kinshasa par les soins des USA et de la CIA avec l’aide des colons Belges pour être remplacé par Mobutu plus servile, afin de poursuivre l’exploitation du gisement de Shinkolobwe dont l’Uranium leur avait permis de fabriquer la Bombe Atomique de Nagasaki en 1945.

Au Congo Brazzaville, ce fut Fulbert Youlou qui fut assassiné en 1963 pour avoir dénoncé à la tribune des Nations Unies les prétendus accords de coopération avec la France. Il en fut également ainsi pour Alphonse Massamba Debat et Marien Ngouabi, pour ses interrogations sur la part de pétrole qui revenait au Congo.

Le même sort fut réservé à l’Abbé Barthélémy Boganda de la République Centrafricaine et François Tombalbaye au Tchad.

 Ces assassinats restés impunis, ainsi que les agissements des puissances européennes dans les pays d’Afrique font penser à la déclaration de Benjamin Walter qui écrivait en 1940 au sujet d’Hitler qui a pratiqué la loi du plus fort sur les pays européens pendant la deuxième guerre mondiale : « …La pire barbarie peut surgir de la plus haute culture. Du moins, si nous laissons aller l’histoire comme si elle ne dépendait pas de nous. ».

La françafrique encore en service aujourd’hui, pour maintenir la vassalisation des colonies, gère les « élections » grossièrement truquées au cours desquelles les candidats « élus » sont ceux choisis d’avance par les métropoles avec la validation de l’Union Européenne qui missionne des « observateurs » internationaux financés par ses soins pour faire des comptes rendus souvent en flagrante contradiction avec les réalités du terrain.

C’est cette situation d’injustice faite aux peuples africains et le piétinement du droit international qui engendrent  la frustration et les violences qui enflamment ces pays .Et leurs révoltes sont régulièrement noyées dans des bains de sang avec l’aide des militaires aéroportés au cours des missions, telles « Lamantin », « Artémis », « Epervier », « Licorne », et autre « Serval », trompeusement baptisées « humanitaires ».

En 2000, réunis à Bangui lors de leur Conférence Episcopale, les Evêques de l’A.C.E.R.A.C., un organisme regroupant le Cameroun, la République Centrafricaine, le Congo Brazzaville, le Gabon, la Guinée Equatoriale et le Tchad, ont déclaré : « L’exploitation de nos ressources naturelles est devenue la source de nos souffrances. 
Des Nations entières sont mises à feu et à sang dans le seul but de préserver les intérêts de l’un ou de l’autre pays étranger et des compagnies internationales. ».

 Au sommet Euro-africain de Lisbonne de 2007, les Africains, portés par l’éveil des démocrates de par le monde rêvaient de voir les relations économiques entre les deux parties enfin refonder sur de nouvelles bases. Mais ce sommet échoua car les Européens préfèrent négocier séparément avec les cinq zones du continent de manière bilatérale afin de garder le statu quo grâce à la corruption active des chefs d’Etat connus pour être préoccupés par leurs intérêts personnels comme l’atteste la bataille autour des biens mal acquis.

Malgré l’immensité de leurs richesses donc, ces pays sont classés parmi les plus pauvres de la planète de par leur Produit Intérieur Brut (P.I.B.) et aucun d’eux n’atteint les 3.000 dollars par habitant et par an fixés comme seuil de pauvreté par le P.N.U.D..

Leurs peuples, privés des facteurs de développement humain élémentaires que sont l’éducation, la santé et l’eau potable d’une part, et n’ayant qu’une longévité à 40 ans en moyenne, malgré les énormes progrès de la Science pour l’Humanité, sans compter le taux exorbitant des enfants de moins de 5 ans souffrant de malnutrition grave, et le pourcentage élevé des adultes illettrés, comment ne pas faire le lien avec la facilité avec laquelle leurs jeunesses sont recrutées dans des structures extrémistes ?

La montée du terrorisme qui engendre l’insécurité dans le monde, en Afrique en particulier, avec des prises d’otages devenues récurrentes, ne sont qu’une réplique violente au terrorisme d’Etat non moins violent pratiqué par les gouvernements européens, et américain en concert avec leur instruments de domination que sont l’OTAN, le FMI, la Banque Mondiale et l’OMC dans ces zones du monde, en complicité avec leurs vassaux.

« La solution n’était pas exclusivement sécuritaire, mais exigeait le développement de la sous-région, bien compris, et la lutte contre la pauvreté qui est le vivier de cette insécurité. », ont déclaré les Ministres des Affaires Etrangères du Mali, du Niger, de la Mauritanie et d’Algérie, lors de la crise post libyenne du Sahel en réponse à la proposition des services anti-terroristes sous l’égide d’Africom ou de l’OTAN, faite par les USA et les Européens. 

Les assauts massifs et répétés des pays européens par les immigrés clandestins trouvent également leur racine dans ce même vivier, lorsque AREVA produit au Niger en 2012 les 37% de ses 9760 tonnes d’Uranium et rapatrie ses profits de 352 millions d’Euros sans compensation pour les populations dont une bonne partie atteinte de cancer , du fait de leur proximité avec les zones irradiées, n’ont aucun espoir de se soigner. Et les remparts, les murs, les barbelés et autres centres de rétention en Europe pour protéger son espace schengen, ne constituent en aucun cas, une solution suffisante pour épargner aux citoyens européens, cette présence trop visible de la misère des pays qu’ils croyaient lointains…

Le Frontex, encore moins, même s’il « n’y a plus de place ni pour les vivants, ni pour les morts », comme l’a déclaré Mme Giusi Nicolini, Maire de Lampedusa, au sujet des 360 morts du 03 Octobre 2013 dernier.

La prétendue aide au développement dont les 95% demeurent dans les circuits mafieux des donateurs et les 5% partent en fumée juste en arrivant à destination, n’a jamais fait décoller le développement d’aucun pays africain dont les peuples s’enfoncent d’année en année dans la pauvreté, la misère et la mendicité chronique depuis plus de 50 ans.

 Nous savons à présent que les transferts illicites de capitaux par les multinationales qui opèrent dans les pays d’origine des immigrés clandestins d’Afrique, s’élèvent à 1.500 Milliards de Dollars par an ! De 1960, année des indépendances de ces pays à nos jours en 2013, cela fait 79.500 Milliards de Dollars de manque à gagner pour ces peuples victimes de cette escroquerie validée par l’Union Européenne, alors que l’aide au développement est de 1.000 Milliards de Dollars entre 1960 et 2000, selon le rapport de l’Union Africaine. Cf. « Dossier Pourquoi l’Afrique ne décolle pas ? » du 31 Janvier 2013 par « Les Afriques »

Et la Loi Dodd Franck votée en 2012 sous l’administration Obama qui oblige désormais toutes les Entreprises américaines à déclarer leurs paiements aux Etats africains au-delà des 100.000 dollars, n’est qu’une goutte d’eau dans l’immense Océan de l’hypocrisie.

Nous savons que les Résolutions de l’ONU sont souvent piétinées et violées parfois par ceux qui les ont votées.

Nous savons également que l’ONU elle-même est méprisée et régulièrement contournée dans les crises et conflits ainsi que leurs résolutions par les membres du Conseil de Sécurité censés garantir l’autorité de cette institution internationale bafouée comme ce fut le cas en Côte d’Ivoire, en Libye et au Mali.

 C’est la raison pour laquelle il revient aux démocrates sincères du monde, Africains, Américains et Européens, femmes et hommes, épris de justice et de paix, d’oser revendiquer l’application de la Résolution N° 1514 de l’ONU en vue d’une véritable décolonisation des pays d’origine des immigrés clandestins.

 Qu’ils osent soutenir la restitution des milliers de milliards de Dollars escroqués aux pays africains par les multinationales afin que cet argent serve à financer des écoles, pour l’éducation des enfants et l’apprentissage des jeunes ; des Hôpitaux pour un accès aux soins pour tous, ainsi que l’accès à l’eau potable.

Qu’ils osent enfin œuvrer pour l’arrêt des pillages de l’économie de ces pays, et l’instauration du bien-être auquel doit prétendre tout citoyen du monde, conduira naturellement non seulement les candidats à l’immigration clandestine à rester chez eux, mais également, nous assisterons à un retour de flux de ceux déjà partis comme l’ont fait des immigrés Indiens de la Silicon Valley dans la Baie de San Francisco aux Etats Unis.

 Ainsi, nous ne laisserons pas l’histoire continuer d’aller, comme si elle ne dépendait pas de nous !

Afrique: Du colonialisme au néo-colonialisme un changement cosmétique…

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Voici comment le peuple africain est floué

 

Man Bene

 

9 Novembre 2011

 

url de l’article original:

http://www.cameroonvoice.com/news/article-news-13186.html

 

Mongo Beti, esprit lucide en la matière, attire encore notre attention là-dessus : « L’indépendance, l’indépendance, cette couillonnade de Nègres, tu appelles ça indépendance ? Si tu es couillon, tu crois ; si tu n’es pas couillon, tu ne crois pas. Moi je ne crois pas, je ne suis pas un Nègre couillon. Ce sont les toubabs qui, eux-mêmes, ont mis là leur homme du Nord, leur Massa Bouza…

 

En Afrique, de manière générale, l’indépendance réelle dont il était question dans le combat des nationnalistes a accouché d’une souris.

Ceux qui ont été portés à la tête des jeunes États dans les années 1960 sont ceux ayant combattu toute émancipation hic et nun du continent. Ne voyant en cette fin un risque, ils ont envisagé une tutelle programmatique avec l’ancien maître comme un assistant paternaliste. Nul besoin de se surprendre de constater que jusqu’à ce jour, l’Afrique en soit toujours à subir les tourments de la mainmise des anciennes métropoles parisiennes ou londoniennes. Il faudrait qu’on soit certain aujourd’hui qu’il s’agissait que d’indépendance de facade.

Mongo Beti, esprit lucide en la matière, attire encore notre attention là-dessus : « L’indépendance, l’indépendance, cette couillonnade de Nègres, tu appelles ça indépendance ? Si tu es couillon, tu crois ; si tu n’es pas couillon, tu ne crois pas. Moi je ne crois pas, je ne suis pas un Nègre couillon. Ce sont les toubabs qui, eux-mêmes, ont mis là leur homme du Nord, leur Massa Bouza ; bon, lui il boit, il boit, il boit seulement, il laisse les toubabs tout faire comme avant ; et nous, Nègres couillons, on croit seulement que c’est Massa Bouza qui fait mal les choses, et toi tu crois que ça peut changer comme ça, mon frère ? Écoute-moi bien là, mon frère : avec un couillon de Nègre président, c’est encore plus mieux pour les toubabs tout faire comme avant ; et nous, Nègres couille palais, et pour nous, c’est encore plus pire. » (in La Ruine presque cocasse d’un polichinelle, Paris, Le serpent à plumes, 2003, p.34).

La force de cette description de la situation politique d’un pouvoir postcolonial africain a le mérite de s’appliquer à l’ensemble des pays du continent et surtout à tous ses dirigeants qui sont là non pas pour le peuple, mais pour leur mentor métropolitain. Il suffit de regarder autour pour s’en convaincre. Qu’attendre d’un président dont la légitimité repose sur un pouvoir qu’il tient de l’Élysée ou des cercles maçonniques occidentaux ? Qu’attendre d’un président dont les comptes bancaires personnels, en plus de la monnaie de son pays, reposent allègrement dans les caisses du vieux continent ? Qu’attendre d’un président dont le souci le plus urgent et logique est de s’éterniser au pouvoir pour s’assurer, à lui et ses malicieux petits copains de palais, un paix durable contre toute représaille judiciaire pouvant interroger sa gestion calamiteuse d’un patrimoine nationnal jugé comme un bien privé ?

Un tel président ne peut donc servir qu’à multiplier des mécanismes pour endormir le peuple soit par la violence des régimes militaires ou policiers qui instaurent le règne du terrorisme d’État aux citoyens zélés par une envie naturelle de bien-être. Les nombreuses répressions, parfois de simples manifestations pacifiques des partis politiques ou des syndicats, sont blâmées avec la plus tranchante des sévérités. Quand il ne s’agit pas de violence affichée, ces régimes de la terreur utilisent bien volontiers la violence douce de l’opium pour calmer et annihiler les ardeurs de leur peuple.

On peut citer trois opiums abondamment utilisés en postcolonie par les présidents roublards : l’alcool, la religion et le sport. En effet, un homme saoul n’a sa lucidité que dans le fait qu’il sait toujours que boire, c’est lever le coude. En dehors de cet acte instinctif, il n’est conscient de rien d’autre. Il est dans le je-m’en-foutisme qui le confine dans l’inaction et la complaisance. L’ébriété ôte à l’homme et au peuple toute propension à la raison et à la pensée. Une société alcoolique ne pose pas de problème particulier à un président incompétent et éternel au pouvoir. D’ailleurs, tous les prix des denrées peuvent augmenter de manière significative sauf celui de l’alcool. Il faut permettre à chaque citoyen de s’accorder le privilège d’une bière pour absorber sa pauvreté originelle, désormais.

Le laxisme stoïque dans lequel se confine le peuple soûlard est renfermé par l’ambiance généralisée de spiritualité qui fait pousser, comme des champignons, les Églises dans toutes les contrées les plus inimaginables, parfois, de ces États de pacotille. La faiblesse du raisonnement pousse le peuple aux portes des Églises que les gouvernements impopulaires et inefficaces laissent germer à volonté. Un peuple qui croit plus à l’intervention d’un Dieu bienveillant reste docile à l’égard des dirigeants qu’il a pourtant élus pour changer son vécu quotidien. La multiplicité des religions permet ainsi de porter le regard sur le paradis promis par Christ en acceptant la misère et la persécution de la dictature comme un tremplin. Le meilleur est ailleurs ; tandis que le cachot terrestre où l’homme africain vit est perçu comme le passage obligé, la porte étroite qui mène à la terre promise. D’ailleurs, ne dit-on pas que ne seront heureux que ceux qui souffrent sans se plaindre ? L’Église ne prie-t-elle pas pour les hommes politiques dans les messes quotidiennes ou dominicales ? Les présidents fainéants en sont pleinement conscients.

Le troisième opium du peuple est bien évidemment le sport. On ne peut pas laisser son peuple dans la misère sans susciter en lui des moments de défoulement à travers les émotions d’une compétition sportive nationale ou internationale. Les victoires de l’équipe nationale de foot-ball, par exemple, au tournoi Fifa ou Caf ne se traite pas avec négligeance. Les mois qui précèdent les qualifications et ceux qui suivent la compétition en elle-même sont des moments cruciaux qui permettent aux gouvernements, débordés par les demandes d’emplois sans cesse grandissants, de respirer un peu. Des cinq ans que dure un mandat présidentiel dans certains États africains, il y a bien organisation et participation à deux Coupes d’Afrique des nations et une Coupe du monde. Sans oublier les Jeux olympiques et les tournois junior. Il y a assez pour occuper le petit peuple déjà inoculé par le spectre de l’acool (fainéantise) et de la religion (inaction).

Si ce peuple n’a toujous pas compris dans quelle soupe il est rôti, il faut pourtant qu’il y parvienne. Achevons notre propos par cette autre réflexion à laquelle nous convie Stéphano, un personnage de Mongo Beti dans le roman intitulé Perpétue et l’habitude du malheur , Paris, Buchet/Chastel, 1974 :

 » Mais dites-moi pourquoi notre président tout-puissant, seul chef comme il aime à le dire ou à le faire claironner, […] n’a pas créé une seule usine de médicaments ? Un gouvernement noir, fondant des usines avec l’argent des Noirs, pour donner des médicaments à ses frères noirs, ça devait être cela l’indépendance, non ?

Oui, je sais, les Noirs n’ont pas l’argent, voilà ce que chacun va répétant à l’envi. Alors, avec quoi Baba Toura s’est-il payé un avion personnel, un hélicoptère, un palais, ses propriétés sur la Côte d’Azur, les Mercédès ultra-modernes des ministres, des directeurs et des secrétaires généraux ? Et il ne reste plus un seul sou en caisse au moment de nous fabriquer quelques ampoules d’antibiotique ou quelques comprimés d’aspirine ou de quinine ? Comme c’est étrange ! », pp.77-78.

 

Résistance politique: Les voix anti-colonialistes se lèvent…

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La France doit se réinventer ou périr

 

Fernand Agbo

 

22 Août 2013

 

url de l’article original:

http://www.cameroonvoice.com/news/news.rcv?id=12161

 

Des voix plus autorisées et des éminences plus techniques pourront certainement traduire en des chiffres et termes plus appropriés ce que nous allons exposer en des mots simples, sans prétention savantes.
 
La France est en récession et ne fait pratiquement plus de croissance, nous apprennent quotidiennement les médias français. Mais en vérité, c’est peu dire. La France connait une grave crise économique et sociale qui menace de l’emporter. Comment un état européen, régnant encore sur un véritable empire colonial resté intact, si on s’en tient aux profits à moindre frais qu’il continue d’en tirer sans discontinuer, peut-il ainsi partir en vrille ? Incompétence, mauvaise gestion, rythme de vie au-dessus des moyens objectifs ?, pourrait-on s’interroger.
 
Pour pallier les effets de la descente aux enfers, une seule et même méthode frappée de péremption, un seul et même moyen séculaire : la prédation, la rapacité et le carnage. Encore et toujours. Contre des nations plus faibles. Comme si le monde n’avait pas évolué depuis un siècle. D’autres peuples sont contraints de faire les frais de la gabegie et du train de vie bourgeois d’une France qui rechigne à réinventer autrement son développement.

La question ou le problème de la France, aujourd’hui en pleine dérive sociale, économique et financière, n’est pas de mettre toujours plus de pays ou d’ex-colonies africaines dans sa besace en y menant la guerre, des guerres prétendument « humanitaires », pour les droits de l’homme et la démocratie, ou en fomentant des coups d’Etat contre des nationalistes et des souverainistes africains, ou des chefs d’Etat insoumis à l’exécutif français ou devenus récalcitrants, pour y installer des pantins prêts à brader leur pays et ses ressources à vil prix, sous des dehors d’élections démocratiques encadrées par l’Elysée, comme cela a dernièrement été le cas au Mali. Et comme c’est le cas dans la plupart des pays africains, anciennement (?) colonies françaises : Côte d’Ivoire, Niger, Togo, Tchad, Mauritanie, Burkina Faso, Guinée, Gabon, Centrafrique, Congo Brazzaville, Cameroun, Bénin, Sénégal.
 
Le problème de la France, c’est qu’elle fait montre d’une absolue incapacité à se réinventer, prise en otage et dirigée qu’elle est par un groupuscule de francs-maçons complètement sclérosés et une oligarchie occulte qui ne rêve que, non pas de servir les français et de les rendre heureux, mais de mettre la France et l’Europe au service des ambitions nouvel-ordre-mondialistes des américains dont le scandale du programme de méga-surveillance et de contrôle planétaire, PRISM, dévoilé par le jeune informaticien transfuge de la NSA, Edward Snowden, n’est que la pointe de l’iceberg des projets obscurs états-uniens contre l’humanité.

Les exécutifs successifs de la France continuent de recourir à des recettes du moyen-âge (guerres de conquête et de reconquête, butins de guerre) pour gouverner un état moderne (dont la gestion nécessite invention, management et travail), en pleine mondialisation, devant une concurrence aussi intelligente que virulente des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). Ils n’ont pas de réponses aux problèmes des français, bondissent au plafond pour une croissance (somme toute médiatique) de 0,1% (qui en réalité est de zéro, si ce n’est bien moins) quand tous les indicateurs sociaux et économiques virent au rouge sang, font du surplace et enrobent cette incompétence notoire dans des campagnes médiatiques (guerres « humanitaires et démocratiques ») destinées à polir l’image de chefs d’Etat en réalité franco-dépressifs pratiquants – puisque ne croyant qu’en leurs seules thèses et solutions – et aussi désespérants les uns que les autres.

Singulièrement les deux derniers, Nicolas SARKOZY et François HOLLANDE.
 
Français, ces deux pro-américains-là, authentiques fantoches si l’on peut dire, n’ont rien pour vous. Reprenez en main votre destinée aux prochaines élections, ou vous pouvez tirer un trait sur la « grandeur » de la France. Ouvrez enfin les yeux et voyez l’inéluctabilité de votre déclin, de votre déchéance, si une nouvelle « révolution » n’a pas lieu. Une vraie, cette fois. Pas une du genre de celle qui vous a enfermés dans cette prison dorée appelée REPUBLIQUE qui n’est en fait que l’émanation d’un pouvoir occulte qui vous oppresse et qui vous conduit dans le mur, en vous chantant des sérénades. Pays des droits de l’Homme ? C’est à reconsidérer. N’est-ce pas juste une illusion, une entourloupe sémantique ? Quand on a encadré un génocide au Rwanda et quand on a installé et qu’on soutient militairement et diplomatiquement des dictateurs en Afrique qui oppriment et pillent leurs peuples, encore et toujours, quand on sème mort et désolation en Côte d’Ivoire, en Libye et en Syrie, sous des prétextes fallacieux et franchement indignes, avec l’appui ou sous les ordres de l’ogre américain, peut-on y prétendre ? Certainement pas, à notre avis.
 
Un de vos illustres chefs l’avait dit : « Les français sont des veaux ! ». Nous laissons la déclinaison de son identité à votre sagacité. C’est malheureusement ainsi qu’ils continuent à vous percevoir, quand ils vous regardent, enfoncés dans vos canapés douillets, à déguster vins et fromages, attachés à un confort factice qui vous sera bientôt ôté avec une France en chute libre morale et économique (nous n’avons pas l’intention de vous être désobligeants mais souhaitons sincèrement fouetter votre orgueil). Rendez-vous enfin compte que vous êtes « la prochaine Grèce » ! Ce n’est pas nous qui le disons, mais le magazine hebdomadaire britannique « The Economist ». Et ce sera bien pire, croyez-nous. Parce qu’on vous ment sur tout – c’est un secret de polichinelle – et vous cache tout. Les chiffres de votre économie et vos déficits – c’est encore ce journal qui le dit – sont trafiqués, pour vous donner le sentiment que votre situation n’est pas aussi désespérée. Elle l’est parfaitement !
 
Sauriez-vous renverser l’implacable tendance ?

L’Histoire nous le dira. Pour l’heure, réveillez-vous ! Parce que l’on ne peut comprendre qu’un pays comme l’Allemagne, sorti exsangue de la deuxième guerre mondiale et presqu’entièrement détruit, se relève après seulement un demi siècle pour devenir en une soixantaine d’années, la première puissance européenne, elle qui n’a ni pré-carré, ni chasse-gardée, ni prébende, ni monopole, ni chefs d’autres Etats aux ordres comme les marionnettes africaines aux pieds de l’exécutif franc-maçon français, ni départements et territoires d’Outre-mer. Mais qui a une inventivité et une capacité d’innovation incroyable, une force de travail hallucinante et une rigueur de gestion implacable. Quand on se sait sorti de guerre, c’est une exigence prioritaire. Et le mérite de l’Allemagne est encore plus grand et plus éclatant quand on note qu’elle a d’abord dû rattraper un retard abyssal dû à l’immensité de la désolation d’après-guerre, reconstruire tout ce qui a été détruit, avant de prendre un envol fulgurant.
 
Mais, nous semble-t-il, la France, tout aussi brisée par la guerre, mais adoubée vainqueur avec les alliés, n’en a pas tiré les mêmes leçons. Puisqu’elle s’est contentée de partager avec les libérateurs de l’Europe d’alors le gâteau du monde et de vivre du lait, non pas de son travail et de sa propre sueur, mais de celui des mamelles de ses ex-colonies (?), comme à une source intarissable. La poule aux œufs d’or et la vache à lait ont été et continuent à être pressées à souhait. Jusqu’à l’étouffement.

Malheureusement, la France a changé et n’est plus tout à fait la même, sa population s’est considérablement accrue depuis lors, ses besoins aussi dans les mêmes proportions, tout naturellement. Il faut donc plus de richesses, plus de ressources minières et de matières premières bon marché, plus d’argent. Plus de lait et d’or, en somme. La vache à lait et la poule aux œufs d’or durent-elles périr, à force d’exploitation et d’abus. Elle n’en a cure !
 
Il se trouve justement que chaque état, même vassal, a aussi sa prétention à « l’émergence à l’horizon X » (suivez notre regard). Comment donc continuer à les vampiriser et manger leur chair sans mettre à mal leurs économies et leur développement, et sans déstructurer gravement la configuration géopolitique régionale ou sous-régionale, au péril de tous, Africains comme Occidentaux (cas de la Libye et du Mali) ? Pas si sûr que ces nombreux Etats africains acceptent indéfiniment – du moins, leurs peuples – de se laisser tondre ad vitam aeternam et de rester éternellement dans les liens du sous-développement. Ce lait cessera bien de couler un jour, et cette manne, de vous être gracieusement donnée, très chère France. Et peut-être, sera-ce d’une façon absolument brutale.
 
On a trop tiré sur la corde. Elle va bientôt craquer. Malgré cela – c’est-à-dire malgré toutes les richesses volées à nos peuples, nos devises et gains à l’exportation engrangées avec une désinvolture scélérate dans les comptes d’opérations criminels du Trésor français, nos recettes budgétaires transportées chaque semaine (sans laisser de traces comptables) dans des mallettes en Hexagone pour aider au fonctionnement de l’Elysée, pour financer les partis politiques français, pour enrichir plus que de nature leurs responsables (Droite et Gauche, de façon indifférenciée) et se payer au passage des biens mal-acquis – la France continue à sombrer.

C’est ce type de relation-là entre la France et l’Afrique, judicieusement baptisé par Houphouët-Boigny, FRANÇAFRIQUE, qui tue l’Afrique… et qui tue la France ! Qui fait qu’elle n’a pas appris à innover économiquement, commercialement et technologiquement, à réétudier son marketing et sa force de vente, à accepter de perdre stratégiquement quelques recettes aujourd’hui pour en gagner davantage demain, à se battre à armes égales avec ses adversaires dans l’impitoyable concurrence commerciale internationale (où elle est gravement défaillante, ayant toujours tout reçu sur un plateau d’or à travers monopoles, prébendes, contrats léonins et prédation, et ayant fini par en être totalement sclérosée).
 
Une ligne d’esprit (au final) qui fait qu’elle est impuissante sinon incapable d’explorer de nouvelles pistes de développement, de se remettre fondamentalement en cause et d’impulser la douloureuse mais combien indispensable refonte de son modèle social et économique, inutilement couteux et désormais inadapté (coût de production élevé et peu concurrentiel, coût de la vie et de l’habitat facticement élevé à cause d’impôts excessifs, démesurés, et aussi à cause de la préservation injuste de privilèges de quelques familles milliardaires – onze ou douze en tout – qui tiennent la quasi-totalité de l’économie française, qui ont toujours plus de profit, qui embauchent peu et qui s’enrichissent outrageusement).
 
La France devra également reconsidérer sa perception actuelle du travail, dans un monde globalisé où la quête de productivité et de rentabilité et la conquête des marchés sont infernales ; un monde globalisé qu’elle appelle curieusement de tous ses vœux, sous l’égide américaine. Cette globalisation qu’elle peine à suivre et qui menace justement de la phagocyter. Et avec elle, une partie de l’Europe.
 
Que fait la France du fruit de tout ce pillage organisé et de cette prédation scandaleuse en Afrique, depuis des décennies, et dans nos pays exsangues, pour être aussi mal en point, aujourd’hui ? L’Allemagne en aurait eu le quart que nous n’osons pas imaginer ce qu’elle serait devenue dans le monde. Voyez ce qu’elle fait avec si peu !

A la vérité, ce n’est pas la raréfaction ni même l’insuffisance (au regard des besoins actuels hexagonaux) de cette manne financière à moindre coût directement déversé dans l’économie française ou les comptes privés français qui est en cause (elle n’a jamais manqué), mais la gestion qui en est faite. « La France n’est grande que montée sur les épaules de l’Afrique », c’est vrai, on le sait tous et on ne le dira jamais assez. Elle ne serait rien du tout sans l’Afrique. C’est à nous que la France doit son prestige. Que ce soit économiquement, militairement ou diplomatiquement (ONU). Même sous ce cliché, elle fait pitié à voir. Parce que malgré tout ce dont elle spolie l’Afrique, elle est quand même dans les cordes du déclin. Qu’en serait-il alors advenu d’elle si elle n’avait pas la mainmise sur les destinées de ces ex-colonies (?). Rien qu’à y penser, on est saisi d’effroi. Tant la médiocrité de la gestion hexagonale sidère.

Mais en France, ce sont les mêmes qui s’enrichissent. Et toujours plus. Ce sont eux qui sont, en réalité, montés sur nos épaules et qui sont, à dire vrai, les seuls véritables bénéficiaires de cette manne africaine (marchés gré à gré, pots-de-vin, rétro-commissions, mallettes privées, ventes et trafics d’armes, exploitations pétrolières et minières). Le français moyen n’en voit pas la couleur ni n’en sent l’odeur. Lui qui devrait créer la richesse nationale et l’accroître. Pas étonnant donc qu’il s’appauvrisse toujours davantage. A ce rythme, il n’y a pas grand-chose à espérer de la France, parce que sa chute sera lourde et dévastatrice. C’est juste une question de timing. A moins qu’elle ne se réinvente et ne soit plus gérée comme un petit club d’amis, affairistes insatiables, enfants gâtés et capricieux, bourgeois arrogants et sans âme.

Que DIEU aie pitié de la France !

DINDE Fernand AGBO