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Résistance au colonialisme: Exposer le système colonial de domination s’exerçant même au travers de l’ONU…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 25 juin 2015 by Résistance 71

“Toute domination implique une invasion, parfois physique et ouverte, parfois camouflée, l’envahisseur assumant le rôle de l’aide à un ami. En dernière analyse, l’invasion est une forme de domination économique et culturelle… Pour que l’invasion culturelle réussisse, il est essentiel que ceux qui sont envahis deviennent convaincus de leur infériorité.”

“L’authentique libération, le processus d’humanisation, n’est pas un autre dépôt [de connaissance] à être effectué dans l’esprit des Hommes. La libération est une praxis: l’action et la réflexion d’hommes et de femmes sur leur monde afin de le transformer.”

~ Paolo Freire ~

 

La Déclarations des Droits des Peuples Indigènes de l’ONU n’est pas la base de la fin de la domination

 

Steven Newcomb

 

22 Juin 2015

 

url de l’article:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2015/06/22/un-declaration-not-basis-ending-domination

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Pour bien des hommes le sentiment de la domination est bien doux…” écrit Leonard Barnes dans on livre “Empire ou démocratie” (1939). James Crawford, dans sa préface du livre d’Antonie Anghie “Imperialism, Sovereignty, and the Making of International Law” (2005), dit qu’Anghie a argumenté que les relations entre l’occident et les ordres politiques non-occidentaux “possèdent des caractéristiques communes”. Ces caractéristiques ont reproduit au fil du temps, “une routine sous-jacente de domination et de subordination.

Crawford explique comment Anghie a documenté qu’au-delà des préoccupations du droit international pour les relations entre les États, il y avait la préoccupation pour les “relations entre les civilisations et les peuples.” Puis Crawford continue en disant: “De plus, ceci furent des relations de domination.” Ceci prend tout son sens à la lumière d’une définition clef du mot “civilisation”, c’est à dire, l’imposition d’une forme particulière de culture sur une population pour laquelle ce schéma culturel est totalement inconnu. La forme culturelle étrangère est imposée par une nation ou un peuple sur d’autres nations et/ou peuples comme moyen de leur imposer un système de domination, système qui doit être constamment gardé et vigilamment défendu par l’État.

“L’avancée de la civilisation”, lorsqu’appliquée aux efforts d’envahir et de subjuguer par la force nos nations originelles (NdT: “primitives” au sens anthropologique du terme, du latin primere: premier, original…) et se saisir de nos territoires, n’est qu’un euphémisme pour l’expression “avancée de la domination”, qui est parfois subtilement déguisée en “marche du progrès”. La logique résultante fut indiquée par l’universitaire de droit du XIXème siècle Charles Salomon qui a dit: “Aucun mot n’est plus vague et n’a été impliqué dans plus de crimes que le mot de civilisation”. Les efforts de dominer nos nations et nos peuples en clâmant de “civiliser” et de “christianiser, évangéliser” nos ancêtres, furent mis en œuvre afin de tenter de forcer nos ancêtres, ainsi que nous comme leurs descendants, dans et sous les règles de l’ordre politique dominant, celui du “civis” ou de la “société civile”. Ce processus fut merveilleusement résumé dans le titre du livre de J.P. Kinny “A Continent Lost—A Civilization Won” (1937). L’affirmation sous-jacente est on ne peut plus claire: “la domination a fait gagner un continent” et nos nations originelles, en conséquence de l’avancée de cette “domination”, ont, elles, perdu un continent. La plupart des gens ne voient pas ou refusent de voir que le mot “civilisation” est un mot qui masque avec succès le concept et la pratique de domination derrière le masque trompeur de la “positivité”.

Un vocabulaire extrêmement varié, comprenant un langage du système de domination dérivé du gréco-romain, a été utilisé contre nos nations et nos peuples depuis des siècles. Ce qui est typiquement appelée “L’État” provient d’une vision du monde étatico-centrique, vue comme la “plus haute forme d’ordre politique”, ceci chez nous étant parfois appelé la “couronne”. Ce qu’on appelle “l’État” est un mot raccourci pour l’expression “l’État de domination”. D’après les fervents supporteurs de l’augmentation de la “domination de l’état”, celle-ci doit être maintenue coûte que coûte et par dessus tout. Elle doit être imposée sur toutes les autres formes de civilisations humaines, incluant nos nations originellement et toujours aujourd’hui libres de droit.

Dans le contexte de l’ONU, les nations et les peuples sur lesquels un “état de domination” a été imposé, sont appelée: indigènes. Lorsque des représentants de l’Île de la Grande Tortue (NdT: Amérique du Nord dans la terminologie des Indiens d’Amérique) se sont rendus à Genève en 1977 et quand le premier Groupe de Travail des Peuples Indigènes se rassembla en 1981, pour travailler à l’élaboration de la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes (DDPI) de l’ONU, le schéma de domination et de subjugation en droit international n’avait pas encore été identifié comme le problème à résoudre par les nations et peuples colonisés sur la voie de la libération, qui ont été forcés, subjugués par un système de domination. A cette époque, le schéma spécifique de domination et de subjugation de la loi fédérale états-unienne sur les Indiens, n’avait pas encore été identifié comme le problème à résoudre dans le contexte des Etats-Unis et de son système “légal” de domination…

Dans les années 1970 et au début des années 1980, le langage international (incluant la loi internationale) que les états utilisent en rapport aux personnes qualifiées “d’indigènes” n’avait apparemment pas encore été identifié comme un système de langage de domination. Ce système de langage n’avait pas encore été compris comme le moyen utilisé par les états pour maintenir l’état de domination sur les nations et peuples originels. Le système de domination du langage politique se cache derrière de telles expressions à la consonnance neutre comme “la loi” et “l’intégrité territoriale de l’État”.

Ces phrases ne sont que des euphémismes pour un système d’état de domination. Les avocats des peuples indigènes dans les années 1970 et 80 n’ont apparemment pas remarqué que SI le texte de la DDPI de l’ONU était écrit sur la base du système de langage de domination des États, alors le texte résultant de la Déclaration ne serait, au nom des droits de l’Homme, qu’un texte de maintien plus que de fin de l’imposition de la domination sur nos nations et peuples originels. Ils n’ont apparemment pas remarqué que l’écriture du texte de la DDPI dans le contexte de la domination d’état, résulterait en un document écrit utilisant les concepts et les catégories mêmes, qui servent à constituer et à maintenir un état de domination sur nos nations et peuples originels.

Le système légal et politique fédéral sur les Indiens, tel que mentionné ci-dessus, a aussi été construit et maintenu en fonction du système de langage de domination des Etats-Unis. Le gouvernement des Etats-Unis a clarifié qu’il n’avait absolument aucune intention ni intérêt de mettre fin à son système de domination appelé “loi et politique fédérale indienne”. Il n’est intéressé qu’à maintenir en place le système existant qu’il prend toujours bien soin de ne jamais étiqueté de système de domination. Les Etats-Unis n’ont pas non plus d’intérêt à utiliser le texte de la DDPI de l’ONU comme moyen de libérer nos nations et peuples originels de l’Île de la Grande Tortue du système de domination et de subjugation que les Etats-Unis ont imposé et continuent d’imposer par la force à nos nations.

Les Etats-Unis et d’autres états comme le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, interprètent les articles 4 et 46 de la DDPI, par exemple, comme les autorisant ainsi que d’autres états, à maintenir leurs systèmes respectifs de domination sur les peuples dénommés “indigènes”. En résultat d’expressions comme “loi et politique fédérale indienne”, la “loi”, le “gouvernement”, la “société civile” etc, le citoyen lambda ne voit pas le système de domination. Le schéma de domination et de déshumanisation de nos nations et de nos peuples ne peut devenir évident que dans le processus d’être dûment nommé. Une utilisation redondante de mot tel que domination (comme démontré dans cet article), amène le véritable schéma à l’attention et à la scrutinité de notre conscience humaine. Ne pas utiliser le mot “domination” laisse le système de domination dans l’ombre puisqu’on n’en parle pas et ainsi ne pas en parler fait qu’il n’existe pas.

Quand le mot “conquête” est utilisé au lieu du mot “domination”, ceci fait croire que les nations et les peuples ainsi dominés le furent par une défaite militaire dans un lointain passé et sont ainsi donc obligés d’accepter passivement la “défaite” comme leur lot permanent dans la vie. Cela donne l’illusion que l’on est en train de parler de droit des nations et peuples vaincus. Mais quand ce qui est étiqueté “conquête” est identifié précisément comme une domination des plus injuste, ceci procure alors à nos nations et peuples originels un moyen de défier l’ordre politique existant comme étant une violation flagrante de notre droit de naissance d’exister libres de toute forme de domination.

Pas une fois le texte de la DDPI de l’ONU ne nomme et n’adresse la domination comme un problème existant et contemporain qui doit être résolu pour les nations et peuples “indigènes”. La déclaration de L’ONU fut rédigée de façon impliquant en apparence que les nations et peuples appelés “indigènes” furent “conquis” (défaits) mais que malgré une telle “conquête”, les peuples appelés “indigènes” ont toujours le droit d’aspirer à la réalisation de certains droits humains sous un système de domination d’un état donné. Les termes de la DDPI pour cela sont “l’État” et “l’intégrité territoriale de l’État”.

Nulle part dans le texte de la DDPI est fait le contre-argument que les nations et peuples appelés “indigènes” n’ont pas été conquis avec succès, mais ont été au lieu de cela forcés d’exister depuis des siècles sous des formes injustes de domination qui doivent être stoppées. Pour toutes les raisons ci-dessus, une “aspiration” pour des “droits humains” sous la domination de l’État, sur la base de la DDPI, n’est pas une base pour mettre fin à la domination sur nos nos nations et peuples originels, toujours libres de droit.

Steven Newcomb (Shawnee, Lenape) is co-founder and co-director of the Indigenous Law Institute and author of Pagans in the Promised Land: Decoding the Doctrine of Christian Discovery (Fulcrum, 2008). He is Co-Producer of the soon to be released documentary movie “The Doctrine of Discovery: Unmasking the Domination Code,” directed by Sheldon Wolfchild (Dakota), with narration by Buffy Saint-Marie.

Résistance politique: Mouvement pour le boycott de la Conférence Mondiale Indigène de l’ONU !…

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L’ONU est l’infrastructure du Nouvel Ordre Mondial. Elle représente l’ossature de l’état fasciste supranational qui est mis en place par l’oligarchie banquière mondiale.

Tout ce qui sort des États et de l’ONU ne peut-être que fondamentalement oligarchique par essence, puisque ces institutions ne sont en place que pour exclusivement servir les intérêts du petit nombre au détriment des peuples, à plus forte raison des peuples colonisés. N’Oublions jamais que nous ne vivons pas dans un monde « post-colonial » comme la propagande essaie de nous le faire ingurgiter, nous vivons toujours dans une ère coloniale directe (les pays comme le pays du goulag levant ex-USA, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, l’ensemble du Commonwealth sont toujours sous domination DIRECTE de la « couronne » à savoir la City de Londres) ou indirecte, là où le colonialisme d’arrière grand-papa s’est métamorphosé en néo-colonialisme de dépendance politique et économique des nations « indépendantes » envers leurs anciens maîtres coloniaux ou de nouveaux…

La solution à tous nos problèmes est hors système, il faut retrouver notre véritable souveraineté et non pas adhérer aveuglément à des souveraineté de pacotille, ultime illusion voilant la face des peuples opprimés.

— Résistance 71 —

 

Le jeu de dupes de l’ONU

 

BOYCOTTONS l’escroquerie de la Conférence Mondiale Indigène de l’ONU !

 

Robert Free

 

5 mars 2014

 

url de l’article original:

http://bsnorrell.blogspot.com/2014/03/robert-free-un-game-of-charades-boycott.html

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Robert Free fait remarquer que beaucoup des anciens des mouvements populaires qui furent à la pointe du combat autochtone ont demandé aux promoteurs de l’ONG UN Indian World Indigenous Conference de boycotter cette escroquerie et de ne pas lui donner l’ombre de quelque crédibilité que ce soit. Free, qui fut parmi ceux qui occupèrent Alcatraz et Wounded Knee en 1973 a dit qu’il était heureux de voir que cela bougeait vers un front uni pour le boycott de la conférence mondiale indigène 2014.

La lettre reproduite ci-dessous fut écrite par Free avant la planification de la session de la conférence mondiale en Norvège il y a un an et il y décrit le grand objectif et ce qu’il se passe en fait aux Nations-Unies. Sid Mills, Suzette Bridges des guerres pour les droits à la pêche dans le nord-ouest, avec Free, sont pour le boycott. Ils ont suggéré que Free communique avec les autres délégués.

[] L’histoire des efforts pour la souveraineté autochtone de se rendre à la maison mica, aux Nations-Unies, où les nations du monde se rassemblent, fut menée spirituellement et physiquement par Thomas Banyaca de la nation Hopi.

Hopi Thomas Banyaca a expliqué la prophétie aux Nations-Unies

Banyaca fut un de ceux choisis et dirigés par les anciens pour aller expliquer la prophétie des temps anciens qui nous dit que la Terre serait sous l’influence d’un grand stress/danger du fait d’une mauvaise façon de vivre sur notre terre-mère. Il devait aller à la maison de mica et déclarer notre besoin de prendre soin de la terre-mère. Sa mission consistait aussi de déclarer la souverainté des nations indigènes à la terre et leurs droits de vivre de manière harmonieuse avec notre terre-mère, même si les autres avaient décider de ne pas y vivre en harmonie. Son leadership ainsi que ses efforts avec les autres, ont éduqué beaucoup de personnes et ont aidé à créer des groupes variés pour se présenter devant les Nations-Unies. Ces efforts ont produit, 60 ans plus tard, la déclaration de l’ONU pour les droits des peuples indigènes. Mais le problème est de toujours reconnaître ces droits de manière responsable et de les faire appliquer.

Un manque de voix claires et unifiées à l’ONU

Tous les autres problèmes adressés ou amenés devant les Nations-Unies et la conférence des nations indigènes ne sont que des problèmes résultant des symptômes de ne pas avoir ces droits. Les véritables problèmes profonds de la décolonisation, tels que les retours à la terre ancestrale, le retour des biens et de la richesse usurpés par les églises (NdT: catholique, anglicane, presbytérienne etc…), la révocation de la doctrine de la découverte (NdT: toujours validée par les bulles papales Romanus Pontifex et Inter Caetera de 1455 et 1493), le contrôle et le consentement sur les extractions des ressources naturelles etc… ne sont pas amenés, ni traités de manière claire par des actions fortes et unifiées.

Pleurnicher auprès des oppresseurs pour un meilleur système de santé, d’éducation etc…, des colons et de leur régime, au sein des camps de concentration et de ghettos à ciel ouvert fait passer à côté de l’idée fondamentale du regain de pouvoir et d’auto-détermination véritables. L’auto-détermination permet le contrôle de la terre et des ressources afin de nous donner à nous-mêmes ce dont nous avons besoin.

Le jeu de dupes des Nations-Unies

Jamais je n’entends les véritables problèmes fondamentaux être articulés de manière forte et irrévocable, mais j’entends plutôt la pleurnicherie pour une aide au sujet des symptômes de la colonisation. C’est cela qui, sur le long terme, permet aux Nations-Unies d’éviter et de botter en touche les problèmes fondamentaux de la colonisation et disent qu’ils s’occupent des problèmes identifiés par les peuples indigènes, à savoir: la santé, le logement, l’éducation etc…

L’énorme bureaucratie de l’ONU peut alors dire “Regardez donc toutes ces agences qui font des études, de la recherche, qui font des réunions, etc…” Ou ces ONG font les études elles-mêmes pour nous (car quelques ONG amérindiennes reçoivent des financements pour faire des études et des recherches sur nos peuples).

Nous avons besoin pour délégués de ces problèmes importants et fondamentaux, de gens vocaux pour nous représenter à la réunion en Norvège avec nos alliés Sammi. L’UNWCIP a besoin de délégués pour vraiment représenter les efforts aborigènes/autochtones originaux devant les communautés et nations du monde.

Nous pouvons boycotter la conférence mondiale (après avoir rencontrer les autres peuples indigènes en Norvège), ce qui aurait un impact bien plus grand et focaliserait les feux de la rampe bien plus sur les problèmes que la pathétique pittance accordée par les Nations-Unies. Il est insultant de voir le gros travail et les luttes de fond de tant de personnes se retrouver devant les Nations-Unies avec si peu de ressources pour y vraiment représenter décemment les aspirations de nos peuples et de faire correctement le travail.

Tout cela revient à lutter pendant des décennies, à nous soumettre à leur bureaucratie sans fin, tout cela pour rien.

Nous aurions bien plus d’exposition aux médias, pour ce que çà vaut de toute façon, que de continuer à participer au jeu de dupes des Nations-Unies.

Comprendre le pouvoir colonial actuel et passé et son fondement « domination/subordination »…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 3 février 2014 by Résistance 71

Si ceci s’applique aux peuples dominés, cela s’applique aussi aux peuples dominants, car n’oublions jamais que nous sommes tous des colonisés de l’idéologie suprémaciste, raciste, coloniale. Si un petit nombre y trouve toujours son compte, les crimes d’hier et d’aujourd’hui perpétrés au nom des peuples occidentaux, sont avant tout rendus possible par la propagande du consentement généralisé.

L’avenir de l’humanité réside en cela dans les peuples occidentaux débarrassés de l’idéologie raciste coloniale, se tenant côte à côte avec les nations indigènes colonisées, génocidées et exploitées.

Plus tôt le plus grand nombre s’en rendra compte et au plus tôt nous pourrons vraiment changer de paradigme et retrouver le droit naturel de l’égalité (politique et sociale), de la liberté et de la poursuite du bonheur. Tout le reste n’étant que perte de temps et frivolités aristocratiques au service du plus petit nombre.

— Résistance 71 —

 

« Pourquoi prendriez-vous de force ce que vous pouvez obtenir par amour ? Pourquoi voulez-vous nous détruire, nous qui vous nourrissons ? Que pouvez-vous obtenir par la guerre ? Nous sommes désarmés et avons la volonté de vous donner ce que vous demandez, si vous venez de manière amicale. »
~ Powhatan, Confédération Algonquine à John Smith, 1609 ~

 

Domination et le pipeline du Northern Gateway (Passage Nord)

 

Steven Newcomb

 

27 janvier 2014

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/01/27/domination-and-northern-gateway-pipeline

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

J’ai lu avec intérêt “Could First Nations still stop the Northern Gateway pipeline?” d’Anna Tremonti, la version texte de son programme radio  “The Current Review” passé sur les ondes de la radio canadienne  CBC Radio 1 le 20 décembre 2013.

Le sujet de l’article de Mlle Tremonti démontre la trame de DOMINATION et de SUBORDINATION qui définit le mieux ce que veut dire d’être étiqueté “d’autochtone”. La domination est en fait définie comme “une nation ou un peuple exerçant un contrôle arbitraire sur un autre peuple ou nation et ainsi le rendant sujet à la volonté de celui qui le domine.”

La phrase suivante illustre la rengaine à laquelle je réfère: “Une population indigène possède toutes les caractéristiques d’une minorité nationale subjuguée par une société dominante.” (Sadruddin Aga Khan and Hassan bin Talal, Indigenous Peoples: A Global Quest for Justice, A Report for the Independent Commission On International Humanitarian Issues, 1987, p. 9)

Les termes clef dans cette phrase: “indigène”, “population”, “minorité”, “nationale”, “subjuguée par” et “société dominante”, sont tirés d’un paradigme de la domination qui est utilisé de manière constante contre les nations et peuples étiquetés “indigènes ou autochtones” (i.e “dominés”).

La phrase suivante de l’article de Mlle Tremonti sur la situation dans le contexte canadien démontre clairement le manque de pouvoir pour les nations et peuples labellisés “indigènes”: Après 180 jours de débats dans 21 communautés de Colombie Britannique et d’Alberta le Join Review Comittee fédéral (comité de révision) a signé hier sur la proposition de pipeline. Ceux qui sont nommés comme “premières nations” dans l’histoire de Mlle Tremonti ne sont pas ceux qui ont eu la décision finale en regard de ce qui est leurs propres territoires. Pourquoi ? Parce que le processus de décision finale est caractérisé comme étant “à la volonté” de ceux qui sont étiquetés preneurs de décision “fédéraux” à Ottawa.

“Ottawa” est le nom de la capitale du Canada, c’est un nom utilisé par le système canadien de gouvernement, considéré comme le preneur de décision “ultime”. Le SYSTÈME DE DOMINATION déclare les “premières nations” comme étant “subordonnées” aux décisions prises par le gouvernement des officiels d’Ottawa, qui sont assis dans la position “dominante” du pouvoir.

Les première nations sont fortement concernées que le pipeline du passage nord (northern gateway) résultera dans l’empoisonnement et la contamination des eaux et des vies des nations originelles de l’Île de la Grande Tortue (NdT: langage autochtone pour l’Amérique du Nord). Mais si les preneurs de décision siégeant à Ottawa ne sont pas d’accord avec l’évaluation des premières nations, le SYSTÈME DE DOMINATION accorde aux preneurs de décision fédéraux le droit parfait d’ignorer les préoccupations des nations premières en favorisant les intérêts entrepreneuriaux et le pipeline.

Le système auquel je me réfère est fait de telle façon que les décisions et les intérêts économiques de ceux qui ont “une autorité décisionnaire supérieure” prévalent toujours. C’est pour cela qu’ils sont appelés “dominant”. Ils se considèrent eux-mêmes comme les “cadors” si on veut.

Si et quand une telle décision a été prise, je peux juste entendre quelques guignols impérieux dire: “Ce sont les règles. Vous ne les aimez peut-être pas, mais elles sont ce qu’elles sont.”. Ainsi, en tant qu’expérience, disons que ceci “est la règle”. Une question se pose alors: “Comment ces règles et leurs assomptions de DOMINATION-SUBORDINATION ont-elles vu le jour en première instance ?”

Répondre à cette question demande de penser en arrière vers l’établissement du début de ce système de domination dans cette région géographique connue aujourd’hui sous le nom de “Canada”. Ce système n’est pas seulement le contexte du débat au sujet du pipeline du Nothern Gateway ; mais en fait le contexte de toute décision clef qui a été prise à tout moment par le “gouvernement canadien” en ce qui concerne les nations originelles de l’Île de la Grande Tortue.

Je veux en venir à ceci: répondre à la question au sujet d’où proviennent le SYSTÈME DE DOMINATION et ses “règles”, demande que nous réfléchissions au temps où les chrétiens européens accostèrent sur nos côtes en provenance de l’autre côté de l’océan Atlantique. Ils amenèrent avec eux les assomptions au sujet de leur “droit divin” de coloniser (et de dominer) toutes les terres non-chrétiennes et les nations à travers “Les Amériques” et nous étions tous des non-chrétiens à cette époque. (NdT: Ce “droit divin” ayant été écrit de la main des papes, vicaire de dieu dans leurs bulles Romanus Pontifex et Inter Caetera du XVème siècle)

L’arrivée des plus invasives de la chrétienté fut la génèse de la DOMINATION de l’Île de la Grande Tortue. Faire cette connexion à l’heure actuelle est d’une importance capitale, considérant le fait que le premier ministre canadien Stephen Harper est un chrétien fondamentaliste. Il est membre de la Christian and Missionnary Alliance d’Alberta au Canada. La secte chrétienne de Harper ne fait pas confiance à la science. Ainsi, c’est plus qu’une coïncidence que le gouvernement Harper ait brûlé ou jeté dans des décharges, des archives sur l’environnement. Un tel comportement rappelle celui des fascistes en Europe dans les années 1930.

Une telle attitude si questionable est faite pour demeurer en adéquation avec la première règle du fondamentalisme chrétien qui se trouve dans la Genèse de la bible avec son langage de DOMINATION-SUBORDINATION: “Soumet la terre et domine les oiseaux du ciel et les poissons de la mer et toutes les choses rampantes et grouillantes de la terre”. Les mots “soumet” et “domine” dans ce passage biblique portent en eux-mêmes le SYSTÈME DE DOMINATION que le premier ministre Harper et le gouvernement canadien utilisent contre les nations originelles et les peuples qui sont étiquettés “indigènes”. Même si vous enleviez l’origine chrétienne, le schéma de domination est toujours en place. Ce qui est important est ceci: Il est grand temps de dire au système de gouvernement canadien d’arrêter de se comporter en termes de DOMINATION envers les nations et les peuples originels de l’Île de la Grande Tortue.

Steven Newcomb (Shawnee, Lenape) est le co-fondateur et co-directeur de l’Indigenous Law Institute et auteur du livre “Pagans in the Promised Land: Decoding the Doctrine of Christian Discovery (Ed Fulcrum, 2008).