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Résistance au colonialisme: Le dogme religieux de la domination chrétienne au cœur de la loi fédérale américaine sur les Indiens (Steven Newcomb)

Posted in actualité, altermondialisme, écologie & climat, canada USA états coloniaux, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 24 octobre 2016 by Résistance 71

Lire notre dossier sur le colonialisme et la Doctrine Chrétienne de la Découverte

Parce que nous sommes tous colonisés et que  l’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie colonialiste, se tenant debout, main dans la mais avec tous les peuples colonisés du monde, pour reconstruire ensemble de peuple à peuple, la société des sociétés organique dérivée moderne de la société humaine égalitaire du communisme primordial.

~ Résistance 71 ~

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Livre de l’auteur de l’article Steven Newcomb: « Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte » (traduction et introduction à l’ouvrage de Résistance 71 )

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La domination chrétienne à la racine de la loi fédérale indienne (USA)

 

Steven Newcomb

 

22 octobre 2016

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2016/10/22/christian-dominionism-root-us-federal-indian-law

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

En 1954, à l’ouverture de l’ère de l’extermination (NdT: un programme d’éradication des nations nord-amérindiennes fut mis en place aux USA entre 1953 et 1968, http://www.nrcprograms.org/site/PageServer?pagename=airc_hist_terminationpolicy ), le ministère de la justice des Etats-Unis délivra sa feuille de route légale à la Cour Suprême des Etats-Unis et donna plus tard un argument oral à la Cour sur cette base. L’affaire en référé devant la Cour était de savoir si la nation des Indiens Tee-Hit-Ton d’Alaska avait le droit de recevoir une compensation financière pour le bois pris sur son territoire par le ministère de l’intérieur du gouvernemnt des Etats-Unis.

Le ministère de la justice introduisit le contexte de son argument avec ceci: “Les nations découvrant le continent ont acquis le titre de propriété absolu des terres dudit continent et ce sujet seulement au droit d’occupation des sols des Indiens. Avant la grande ère de la découverte commençant à la fin du XVème siècle, les nations chrétiennes d’Europe acquérirent la juridiction sur ces terres nouvellement découvertes en vertu des dons faits par les papes, qui s’arrogèrent le pouvoir d’accorder aux monarques chrétiens le droit d’acquérir les territoires et possessions des païens et des infidèles.

Le ministère remonta jusqu’au XIVème siècle pour trouver un exemple: “Par exemple, écrivirent les avocats, en 1344, le pape Clément VI avait donné les îles Canaries à Louis d’Espagne sur la promesse que celui-ci mène les insulaires à adorer le Christ et, suivant la découverte du nouveau monde par Colomb, le pape Alexandre VI, en 1493 et 1495, émît deux bulles donnant à l’Espagne toutes les terres pas encore chrétiennes…

Le ministère a dit qu’il était éventuellement “nécessaire pour les nations chrétiennes civilisées d’Europe de développer un nouveau principe qui pourrait être reconnu comme la loi par laquelle ils pourraient réguler, entre elles, le droit d’acquisition des territoires du nouveau monde, qu’elles avaient trouvé habités par des Indiens qui étaient païens et non-civilisés en accord avec les standards européens.” Le ministère continuait:

“En premier lieu, la simple découverte fut considérée comme suffisante pour créer un titre de propriété complet et valide, mais à cause d’affirmations extravagantes et conflictuelles fondées sur la seule découverte, il fut trouvé bientôt qu’une base plus stricte et précise était nécessaire… Après plusieurs années, le principe finalement évolua pour dire que “la découverte donna le titre de propriété au gouvernement dont les sujets ou par quelle autorité dont il était fait, contre tous les autres gouvernements européens, dont le titre pouvait être consommé par la possession.” Johnson v. McIntosh, 8 Wheat. 543, 573; Martin v. Waddell, 16 Pet. 367, 409-410

En 1954, la même année où la CS des Etats-Unis renversa les lois de Jim Crow en renversant la décision dans l’affaire Plessy contre Ferguson, le ministère de la justice réaffirma le cadre conceptuel de la découverte chrétienne et de la domination. Ceci peut se trouver dans le passage suivant de l’ordonnance légale:

Bien que les nations d’Europe cessèrent ainsi de reconnaître les papes comme source de leurs titres de propriétés des terres nouvellement acquises, le nouveau concept du titre par la découverte était fondé sur la même idée que les terres occupées par des païens et des infidèles étaient ouvertes à l’acquisition par les nations chrétiennes [note 4] dans Johnson v. McIntosh, 8 Wheat. 543, 573.

Après cette déclaration disant que “les terres occupées par des païens et des infidèles étaient ouvertes à l’acquisition par les nations chrétiennes”, le ministère de la justice plaça ceci en note de bas de page:

Ceci [le nouveau concept du titre de propriété par la découverte disant que la terre occupée par les païens et les infidèles étaient ouvertes à l’acquisition par les nations chrétiennes] est démontré par le fait que le don souverain anglais d’une commission au père et au fils Cabot fut fait pour la découverte de pays alors inconnus des peuples chrétiens et qu’ils en prennent possession au nom du roi d’Angleterre. Des commissions (chartes) furent similairement données à Gilbert et Raleigh. Voir Johnson contre M’Intosh, 8 Wheat. 543, 576-77.

Comment les nations chrétiennes étaient-elles supposées “acquérir” des terres “occupées par des païens et des infidèles” ? En saisissant ces terres non-chrétiennes de ses occupants non-chrétiens. Le ministère de la justice des Etats-Unis a même cité la bible, génèse 1:28 :

“Les nations qui découvraient affirmaient le titre complet de propriété par elles-mêmes, même contre les natifs païens, ceci est très bien illustré par la mise en place des législatures coloniales. Dans le Massachussetts, aussi tôt que dans la période 1633-37, le tribunal général avait déclaré:

Que quelques soient les terres que les Indiens avaient possédé et amélioré dans cette juridicition, en subjugant ces mêmes terres, ils ont juste ce droit en accord avec Gen. 1, 28 et chapitre 9, 1 et psaumes 115-16.

Une note de bas de page accompagnant l’ordonnance légale américaine stipule:

Génèse 1:28: “Et dieu les bénît et dieu leur dit, soyez féconds et multipliez, renflouez la terre, subjuguez la…. chap 9:1 “et dieu bénît Noé et ses fils et leur dit, soyez féconds, multipliez-vous et renflouez la terre.” Psaumes 115-16 “Le ciel, même le paradis appartiennent à dieu, mais la terre il l’a donné aux enfants des hommes.”

Jusqu’à aujourd’hui, à chaque fois que la CS des USA cite ses propres précédents qui ont dépendu de la façon présupposée chrétienne de raisonner expliquée par le ministère de la justice dans son ordonnance de 1954, elle utilise toujours cette forme de raisonnement contre nos nations et peuples originels libres et indépendants. Cette forme de raisonnemnt est la base sur laquelle le membre du congrès démocrate Raul Luiz de l’état du Maryland a récemment dit au sujets des terres où se situent la dispute du Dakota Access Pipeline: “Je veux juste rappeler à tout le monde, que le bout de terrain dont nous parlons ici est sur la terre fédérale.”

Ruiz, qui est médecin de profession, est un haut membre du comité de la chambre basse sur les ressources naturelles. Il est vu par bon nombre et se voit lui-même, comme un allié des peuples autochtones dans la dispute de Standing Rock. Et pourtant, sur la base même de la doctrine chrétienne de la découverte et de la domination, il affirme que les terres d’Oceti Sakowin sont des terres fédérales: “Ainsi. Ceci est une terre sous la juridiction du gouvernement fédéral et ce dont nous parlons ici n’est pas seulement une matière de droit. C’est la loi.

Dans l’ordonnance légale du gouvernement américain de 1954, le ministère de la justice expliqua ouvertement la forme injuste et biblique du raisonnement appliqué à toutes les nations autochtones du continent. C’est cette forme de raisonnement qui fait que même des “alliés” fédéraux des nations natives, comme le membre du congrès Ruiz, affirment que toutes les terres indiennes sont supposément “fédérales” existant sous “juridiction fédérale”.

D’après le traité de Fort Laramie en 1851, cette terre est de droit territoire Oceti Sakowin (Grande Nation Sioux) et par conséquent sous la juridiction de droit d’Oceti Sakowin. On ne le voit pas de cette façon parce que la forme religieuse de raisonnement fondée sur la doctrine de la domination chrétienne qui dit que nos nations n’ont pas le droit d’exister librement hors de la domination des Etats-Unis parce que nos ancêtres n’étaient pas humains étant non chrétiens lorsque les envahisseurs chrétiens eux, arrivèrent en ces lieux.

Sémantique coloniale: Dominer par la métaphore… 2ème partie

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Métaphores et la commission indienne des réclamations

Steven Newcomb

11 Février 2016

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2016/02/11/imposing-metaphors-original-nations-part-2

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

La première partie de cet essai a examiné comment les Etats-Unis ont utilisé certaines créations de l’esprit humain pour imposer des idées de contrôle sur les nations natives originelles de ce continent. La loi fédéral indienne est un pur produit de l’imagination humaine. Quelques exemples des idées mentalement créées par l’homme blanc dans le passé au travers de la Cour Suprême des Etats-Unis incluent: un “titre indien d’occupation du sol” et l’affirmation que le droit de nos nations d’exister indépendemment de la domination des Etats-Unis a été “diminué” parce que les Etats-Unis assument une “domination ultime” ou un droit de domination en relation avec nos nations.

Sur quelle base a t’il été assumé que nos nations originelles furent automatiquement sujettes à quelqu’idée pondue par l’homme blanc ? On peut trouver une réponse dans le rendu de la décision de la cour suprême des Etats-Unis dand l’affaire Johnson contre M’Intosh en 1823. Là, le juge John Marshall a créé un contraste entre “le peuple chrétien” et nos ancêtres autochtones, qu’il caractérisa de “sauvages” et de “païens”. Le peuple chrétien “assuma que la domination ultime” (droit de domination) “résidait en lui-même”. Écrivit Marshall a nom de la Cour Suprême. Les chrétiens regardaient nos peuples et nations libres et indépendants comme “étant un peuple sur lequel le génie supérieur de l’Europe” avait clâmé une “ascendance”, ce qui est une affirmation du droit de contrôler, un pouvoir de gouverner, une domination.

Jusqu’à ce jour, la loi fédérale indienne est fondée sur l’assomption incroyable qu’un argument états-unien est devenu une REALITE dès que cette société l’eut mentalement créé, à savoir que nos peuples et nations autochtones n’ont plus le droit de demeurer libres et indépendants de la domination à cause d’une supposée “découverte” par des chrétiens. Dès que cet argument fut imaginé, soudainement, au sein de l’univers mental complètement isolé de l’homme blanc, cet argument a commencé à être traité comme une “réalité tangible” par les Etats-Unis. Ce fut ensuite répété et maintenu par chaque nouvelle génération de hauts-fonctionaires du gouvernement états-unien. Ceci est toujours maintenu aujourd’hui par les fonctionaires du gouvernement et utilisé contre nos nations.

Ceci se rapporte à une fine observation faite par l’ex-professeur C.A. Bowers. Il dit que nous devons prendre connaissance de la façon dont des idées métaphoriques du passé colonisent et contrôlent le présent. Pour nos nations natives, ceci est précisément le rôle joué par les précédents légaux anti-indiens dans la loi fédérale indienne. L’objectif du précédent légal de la loi fédérale indienne est de permettre aux idées racistes et bigotes inventées de toute pièce par l’homme blanc dans le passé, de continuer à contrôler les nations autochtones dans le présent. Cette utilisation de précédent légal est appelé en latin stare decisis ou “maintenir la décision”.

Un exemple de stare decisis de l’homme blanc qui est utilisé contre nos nations originelles est la loi sur la commission des réclamations indiennes ou Indian Claims Commission Act (ICCA) qui fut votée par le congrès US il y a 70 ans en 1946. Ce fut une loi qui fut établie pour une commission de réclamations indiennes, ce qui commença un processus de réclamations des nations ou “tribus” (selon la loi fédérale) indiennes enregistrées et archivées au nom d’un “titre [sur la terre] aborigène ou indien”. Ce phrasé fut exprimé par exemple dans une décision de cette commission le 20 juillet 1960 (13 Ind. Cl. Comm. 369, p. 514) en regard des Indiens de Californie.

Ce qui ne fut pas du tout traité durant l’époque de l’ICC est que le “droit indien à l’occupation” fut mentalement concocté comme moyen de limiter et de contrôler les nations indigènes. De plus, la vaste majorité des peuples autochtones ne furent jamais avertis que parce que l’ICC utilisait la décision de Johnson contre M’Intosh comme fondation de son travail, toute nation ou “tribu” indienne qui enregistrait une réclamation avec l’ICC était considérée être en accord avec l’idée d’un “titre d’occupation des sols” pour les “païens”. L’ICC ne donna aucun moyen de contester le droit affirmé de la découverte et de la domination chrétiennes et aucun moyen de dire que les terres incriminées appartenaient toujours de droit à une nation indigène particulière… Le Malheur Wildlife Refuge sis en territoire Paiute du Nord et qui défraya dernièrement la chronique, est un exemple typique de tout ceci.

Et pourtant, durant l’époque de cette commission ICC de 1946 à 1978, il y a eut quelque chose que les Etats-Unis ont échoué à prendre en considération: Après que chaque nation autochtone ait finalisé le processus requis par l’ICC, tout ce à quoi les Etats-Unis réussirent à “mettre fin” fut leur propre concept mentalement inventé et métaphoriquement imposé d’ “occupation indienne” des sols. Le processus complet de l’ICC était bâti sur l’idée que nos nations originelles étaient sujettes aux constructions mentales (pensées et idées) qui leur étaient imposées par l’homme blanc et les Etats-Unis.

Alors que se passera t’il une fois que nos nations se seront réveillées au fait que nous avons été manipulés dans l’acceptation apparente de la mentalité de l’homme blanc qui nous fut imposée concernant le “titre d’occupation des sols” par les “païens” que nous sommes ? N’est-il pas grand temps que nous commencions à nous demander si du processus de l’ICC résulta vraiment la fin validée par les Etats-Unis de notre connexion spirituelle, culturelle et légale avec nos territoires traditionnels, en “éteignant” un concept que les hauts-fonctionnaires états-uniens avaient créé mentalement et linguistiquement ?

“La loi et la politique féderales indienne” est un système en vase-clos qui émergea parce que des hommes blancs très intelligents du passé comme John Marshall, Joseph Story et bien d’autres, inventèrent mentalement un système d’idées qui donna aux Etats-Unis les moyens de s’accaparer les vastes richesses qui purent être dérivées et exploitées de la terre, des ressources naturelles et des eaux de nos nations. Depuis le tout début de sa création, le système dominant d’idées créé par les Etats-Unis est fermement demeuré sur l’assomption que nos nations libres et indépendantes sont sujettes aux pensées et aux idées créées, inventées par les hauts-fonctionnaires du gouvernement fédéral.

Par ce processus, il a été totalement assumé que nos ancêtres et maintenant nous, en tant que leurs descendants, n’avions aucun droit de refuser à être soumis aux idées de l’homme blanc et des métaphores résultantes inventées par les hauts-fonctionnaires états-uniens. Nos nations et nos peuples ont besoin de devenir bien plus proactifs dans leur défi du système de domination états-unien en questionnant la façon dont ces idées et métaphores sur la loi fédérale indienne nous sont imposées.