Archive pour colonialisme des amériques

Résistance politique: L’imposture de l’ONU sur les droits des nations et des peuples indigènes (Steve Newcomb)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 7 avril 2014 by Résistance 71

Un texte direct, d’une grande rigueur analytique et qui appelle un chat un chat… et l’ONU une marionnette des états colonialistes, qui paient et contrôlent son existence…

— Résistance 71 —

 

Vers la libération globale de toutes les nations et de tous les peuples

 

Steve Newcomb (Shawnee/Lenape)

co-fondateur de l’ 
Indigenous Law Institute

 

= Traduit de l’anglais par Résistance 71 =

 

L’article 1er de l’International Covenant on Civil and Political Rights (ICCPR) lit: “Tous les peuples ont le droit à l’auto-détermination. En vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et poursuivent librement leur développement économique, social et culturel.” Ce phrasé exact se trouve également dans l’article 1 de l’International Covenant on Economic, Social and Cultural Rights (ICESCR).

Ces deux accords des droits de l’Homme des Nations-Unies mentionnés ci-dessus ont été créés pour servir “une formulation des droits de l’Homme plus standardisée” que l’ “étape préliminaire” de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme qui fut adoptée par l’assemblée générale de l’ONU le 10 décembre 1948. En d’autres termes, le langage ci-dessus en ce qui concerne les peuples ayant le droit à l’auto-détermination trouvé dans les accords du 16 décembre 1966, faisait partie de l’effort de l’assemblée générale de clarifier le cadre général des droits de l’Homme qu’elle avait commencé a exprimé dans sa Déclaration Universelle (voir Ian Brownlie, Basic Documents in International Law, 1983, p.257)

Dans le préambule de la déclaration universelle des droits de l’Homme, nous y trouvons que l’assemblée générale de l’ONU a déclaré les droits de l’Homme énumérés dans ce document comme “un standard commun à parachever pour tous les peuples et toutes les nations”. L’assemblée générale de plus déclare le besoin pour “une reconnaissance universelle et efficace” des droits énumérés, “à la fois parmi les peuples des états membres eux-mêmes et parmi les peuples des territoires sous leur jurisdiction”. En bref, l’ICCPR et l’ICESCR clarifient que l’auto-détermination est partie essentielle de ce que l’Assemblée Générale de l’ONU a déclaré être “un standard commun d’achèvement de tous les peuples et toutes les nations”, incluant les peuples considérés comme étant “sous la jurisdiction” des “états membres”.

Article 3 de la mouture de la déclaration sur les droits des peuples indigènes

L’article 3 de la déclaration de l’ONU sur les Droits des Peuples Indigènes fut directement tiré de l’article 1 de l’ICCPR et de l’ICESCR. Ainsi l’article 3 lit: “”Les peuples indigènes ont le droit à l’auto-détermination. Par vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et choisissent librement leur développement économique, social et culturel.” Ceux qui écrivirent cet article 3 ont voulu dire que tous les peuples, incluant les peuples indigènes, ont le droit à l’auto-détermination.” En ce moment, les délégations des gouvernements des états participant à l’Inter-Sessional Working Group on the Rights of Indigenous Peoples sont en train d’essayer de faire dire le contraire à l’article 3 que ce qu’il veut initialement dire, à savoir “tous les peuples, à l’exception des peuples indigènes, ont le droit à l’auto-détermination”.

Néanmoins, si les nations indigènes et les peuples tombent dans la catégorie “tous les peuples et toutes les nations” (comme trouvé dans la déclaration universelle des DH) et/ou dans la catégorie “des peuples sous la jurisdiction des états membres”, alors, en accord avec l’ICCPR et l’ICESCR, en tant que peuples ils sont considérés comme ayant droit à l’auto-détermination.

Les États s’opposant au principe que les nations indigènes et leurs peuples ont le droit à l’auto-détermination ont deux options principales ouvertes à eux. L’une est de tenter de retirer les nations indigènes et les peuples de la catégorie “peuples” comme trouvés dans la charte de l’ONU et les accords internationaux sur les droits de l’Homme. Une façon de satisfaire ce but est de placer les nations et peuples indigènes dans la catégorie “individus sous la jurisdiction d’états membres démocratiques”.

La seconde option ouverte aux opposants d’état à l’auto-détermination des peuples indigènes est de soutenir un type de groupe nominal indigène ou de droits collectifs sous la domination et la jurisdiction de l’état. C’est par exemple le modèle américain de la loi fédérale indienne et des “nations domestiquement dépendantes” (pupilles). Sous cette option, le statut politique des nations et peuples indigènes est prédéterminé pour eux par l’état ou les états, mais ils sont alors “libres de choisir leur développement économique, social et culturel”, mais sous la domination de l’état dans le lequel ces peuples et nations se trouvent situés. Si adoptée, cette option résultera dans l’application universelle d’un cadre démocratique colonial” mondial. Quelque soit le scenario, le statu quo colonial actuel devient inscrit, écrit, dans l’instrument international.

Définitions

Comme la déclaration universelle des droits de l’Homme réfère aux “peuples et territoires sous la jurisdiction des états membres”, nous devons nous demander: “Est-ce une référence à ce qui est maintenant communément appelé peuples indigènes.”

Le mot “jurisdiction”, est un mot dérivé du latin jus, juris, qui veut dire loi et dictio, de dico, qui veut dire “prononcer”. Ainsi la jurisdiction veut dire de manière littérale “prononcer la loi”. Quoi qu’il en soit, la définition plus générale et plus pertinente à cette discussion est “l’exension de l’autorité d’un gouvernement” ou “le district ou la limite au sein desquels le pouvoir peut-être exercé”. Parler de “peuples de territoires sous la jurisdiction d’états membres” veut dire: “sous l’autorité d’états membres”.

Le mot “autorité” nous amène à “pouvoir ou droit à commander ou action, domination, contrôle.” Sur cette base, la phrase ci-dessus peut-être comprise comme suit: “les peuples des territoires sous la domination d’états membres”. Qu’est-ce qu’un “dominion” ? Le terme dominion est dérivé d’un terme sanscrit damayati et du latin dominus, qui veut dire “celui qui subjugue” Cela remonte aussi au mot latin “domo”, qui veut dire subjuguer, placer en état de soumission, approvoiser, domestiquer, cultiver et aussi labourer. Le mot latin pour “cultiver” est colere ou “coloniser”.

D’après l’amiral Samuel E. Morison dans l’Histoire du peuple américain aux éditions Oxford, la colonisation “est une forme de conquête au cours de laquelle une nation contrôle un territoire distant, y impose ses propres citoyens et contrôle ou élimine la population autochtone.” Il y va de sa description de ce qu’il nomme le “colonialisme moderne” ou “cette incroyable extension du commerce et de l’influence” par les Européens “et qui résulta en une domination mondiale”. C’est ce processus de colonialisme moderne, dit-il, qui “a produit des résultats de longue durée en Amérique, en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Afrique du Sud et même dans ces pays d’Asie et d’Afrique qui ont gagné leur indépencance depuis la seconde guerre mondiale (p.34)

En bref, la colonisation est un processus de subjugation, de domination, de contrôle étranger et une ressource sans fin d’exploitation. Ceci correspond avec les racines étymologiques de domination de “celui qui sugjugue”. Ainsi, “l’histoire du colonialisme n’est pas simplement celle des migrations d’humains dans le monde. C’est aussi celle de la guerre et de l’exploitation des races et des nations les unes par les autres.” . » (Henry C. Morris, The History of Colonization, From the Earliest Times to the Present Day, Vol. 1, 1904, p. 10)

Dans le cas des Etats-Unis, du Canada (et du reste des Amériques), de l’Australie, de la NZ et de bien d’autres parties du monde, la phrase “peuples des territoires sous la jurisdiction d’états membres”, veut dire: “peuples des territoires historiquement colonisés par des états membres (ou par les prédécesseurs des états membres)”.

Le “problème indigène” est un problème colonial

D’après la fiche no9 des “Droits des Peuples Indigènes”, publiée par la Haut Commissariat pour les Droits de l’Homme de l’ONU, “les peuples indigènes ou peuples aborigènes sont ainsi appelés parce qu’ils vivaient sur leurs terres avant que les colons ne viennent d’ailleurs.” Ce document poursuit que “les nouveaux arrivants” devinrent dominant par la suite “grâce à la conquête, l’occupation, l’implantation de colonies ou par d’autres moyens.” (on trouve ceci dans la première page de la fiche technique no9:

first page of Fact Sheet No. 9.)

Ainsi, d’après le Haut Commissariat pour les Droits de l’Homme de l’ONU, le terme “indigène” est correctement appliqué aux peuples soumis à une domination ou pour le dire un peu différemment, c’est justement appliqué aux peuples sur lesquels une domination s’est établie. De manière intéressante, c’est aussi la définition de “peuples coloniaux” donnée par l’anthropologue Laura M. Thompson dans son essai de 1943: « Steps Toward Colonial Freedom: Some Long-Range Planning Principles Toward a New World Order. » (NdT: la terminologie de New World Order, ou de Nouvel Ordre Mondial n’est pas nouvelle, H.G. Wells avait déjà intitulé un de ses livres “New World Order” dans les années 1930…). Il est toutefois très curieux de noter que la domination établie par les “nouveaux arrivants” sur les peuples indigènes “par conquête, occupation, colonisation ou autres moyens” ne soit pas caractérisé par le Haut Commissariat des Nations-Unies pour les Droits de l’Homme comme étant une violation des “droits des peuples indigènes”.

Dans la préface d’un autre live de Thompson, John Collier, qui fut le commissaire aux affaires indiennes américain de 1933 à 1945, identifia le lien entre la politique indienne américaine et le colonialisme. Il fit la remarque suivante: “Quand en 1941, Harold Ickes, alors secrétaire à l’intérieur et moi-même, alors commissaire aux affaires indiennes et William W. Beatty, alors directeur de l’éducation pour les Indiens, sollicitèrent la recherche dont ce livre est un des produits, nous regardions le Service des Affaires Indiennes du gouvernement comme juste une des entreprises de l’administration coloniale, une curatelle (fideicommis), un service aux dépendances et aux monorités, dans le monde entier.” (Laura M. Thompson, Culture In Crisis, A Study of the Hopi Indians, 1950, p.12-13).

“Les peuples coloniaux” ne sont pas les colonisateurs, les colons. Ils sont les gens soumis à la domination colonisatrice, la jurisdiction ou la règle coloniale. Les peuples coloniaux sont les peuples ou nations qui, en résultat d’avoir été historiquement soumis au processus violent de la colonisation par des populations colons, colonisatrices et tenues en un état perpétuel de ficelage colonial. Une fois placés sous la domination coloniale, les colons leur refusent alors le droit de restaurer une fois de plus leur façon de vivre indépendante issue de la pré-colonisation. C’est parce que les nations et peuples indigènes tentent d’utiliser la déclaration des droits des peuples et nations indigènes de l’ONU pour se libérer de l’héritage de la domination coloniale et de l’oppression que bien des états et en particulier les Etats-Unis, sont opposés à l’article 3 et autres provisions spécifiques de ce document.

La déclaration universelle des droits de l’Homme, en se référant spécifiquement aux “peuples des territoires sous la jurisdiction des états membres”, réfère aux peuples vivant sous la règle coloniale. Ceci décrit les nations et peuples indigènes. D’après le cadre des droits de l’Homme international, toutes les nations et tous les peuples du monde vivant sous la règle coloniale ont le droit à l’auto-détermination exprimée dans les accords internationaux sur les droits de l’Homme. Ils ont aussi le droit d’utiliser ce principe d’auto-détermination pour se libérer de la domination coloniale. Les États, d’un autre côté, n’ont aucun droit de bloquer ou de faire entrave à la libération des peuples et nations indigènes sans violer les standards internationaux des droits de l’Homme.

L’article 3 et la peur des états “colons”

Dans sa déclaration d’ouverture du 4ème Inter-Sessional Working Group de l’ONU, les Etats-Unis ont exprimé leur inquiétude au sujet de l’article 3 de la déclaration sur les droits de peuples indigènes. Certains, disent les Etats-Unis, interprètent l’auto-détermination comme moyen de droit pour se séparer ou de faire sécession du reste de la société. Répondons à ces deux préoccupations.

Séparation

D’après une converstaion avec un fonctionnaire du ministère des affaires étrangères américain, la mention de séparation est en fait une peur que certains peuples indigènes n’interprètent l’article 3 pour dire que les nations et peuples indigènes ont le droit à l’indépendance.

Indépendance veut dire: “état ou qualité d’être indépendant”, tandis qu’indépendant veut dire “ne pas être influencé ou contrôlé par d’autres”. En disant que les Etats-Unis ne veulent pas que les nations et peuples indigènes soient indépendants, les US disent qu’ils veulent qu’ils demeurent dépendants. Appliquée à des peuples et nations originellement libres et indépendants qui ont été soumis à la colonisation et forcés de vivre sous une administration coloniale comme identifiée par l’ancien commissaire aux affaires indiennes John Collier, le terme de “dépendance” veut dire “subordination ou subjugation à la loi, à la règle coloniale”. Indépendance veut dire libre; dépendance veut dire emprisonné, subjugué ou tenu ficelé par les liens coloniaux.

Si c’est si inacceptable pour tous les peuples et nations du monde de devenir libres et indépendants de toute domination coloniale, pourquoi alors tant de peuples et de nations ont-ils été capables de faire cela depuis que l’ONU a été établie en 1945 ? Cette question devient même encore plus poignante lorsque nous considérons que les nations indiennes des Amériques, la nation Kanaka Maoli d’Hawaii et bien d’autres nations et de peuples forcés de vivre sous les nuages orageux du colonialisme, vivaient de manière totalement libres et indépendantes avant que les empires de la chrétienté n’établissent leur domination coloniale sur les terres ancestrales et les territoires des nations et peuples indigènes.

Lorsque les 13 colonie britanniques le long de la côte atlantique nord-américaine, ont fait leur déclaration au nom et par l’autorité des gens habitants ces colonies, ce fut “que ces colonies unifiées sont et ont le droit d’être, des états libres et indépendants.” Il n’avait pas de longue histoire d’existence au contraire des nations et peuples indigènes, qui avaient une existence originale, libre et indépendante. Malgré cela, Les Etats-Unis considèrent que cela était très moral et de fait même que ce fut un des points culminants des hautes valeurs morales de l’humanité, que ces leaders coloniaux aient établie leur déclaration d’indépendance d’avec la Grande-Bretagne.

La déclaration d’indépendance a marqué le début de l’indépendance pour les 13 colonies comme devenant des états libres et indépendants, ceci était une condition d’existence qu’ils n’avaient pas auparavant. D’un autre côté, nos efforts en tant que nations et peuples indigènes de nous libérer de la domination coloniale est un effort de la RESTAURATION DE NOUS-MEMES dans notre existence libre et indépendante que nos ancêtres ont eu pendant des générations et des générations, des milliers d’années même, fondée sur la spiritualité, notre connaissance des lois naturelles et des instructions originales qui nous ont été données par le créateur. Ceci est notre cheval de bataille de haute valeur morale.

Sécession

Lorsque les 13 colonies de la côte atlantique de l’Amérique du Nord se sont déclarées elles-mêmes libres et indépendantes et se sont jointes en une union, elles ont accédé (c’est à dire consenti) à la volonté de faire de la sorte. En d’autres termes, elles ont libement et volontairement été d’accord pour entrer dans une telle association. Une variante du mot accéder est accession, ce qui veut dire “consentement, accord ou fait d’approuver”. Le mot “sécession” est le contraire d’accession. Faire sécession veut dire: “se retirer d’une manière formelle d’une alliance, d’une fédération ou d’une association.” Ces trois relations politiques impliquent le fait que ces gens acceptent, consentent à ces relations.

La relation entre un empire dominant, un état ou un peuple colonisateur et les peuples colonisés, n’est pas enraciné dans l’accession, le consentement ou l’accord libre ; mais elle est enracinée dans l’oppression. Ainsi, il est impossible pour des nations et des peuples qui sont maintenus de force dans des liens de colonisation de faire sécession d’une telle relation politique abusive. Le faux problème de la sécession est non sequitur (qui ne suit pas) et ainsi, est un non-problème qui n’est mis en avant que pour des raisons inflammatoires et alarmistes.

L’empire américain et les nations et peuples indigènes

George Washington avait fait remarquer à un moment qu’en gagnant la guerre révolutionnaire, les treize états avaient “creusé les fondations d’un grand empire.” “Et c’est toujours dans notre caractère unifié, en tant qu’empire, que notre indépendance est reconnue, que notre pouvoir peut-être envisagé ou notre crédit soutenu parmi les nations étrangères”. Thomas Jefferson qui devint ministre des affaires étrangères et le 3ème président des Etats-Unis demanda à Washingon en 1784 s’il était “pratique de maintenir notre empire séparé du reste du monde “ (Richard Van Alstyne dans le jugement de la cour suprême des Etats-Unis sur l’affaire Loughborough contre Blake (1820), se référant aux Etats-Unis comme un grand empire). Dans l’affaire Downes contre Bidwell (1900), la cour suprême a dit en regard de l’expansion impérialiste américaine, “un faux pas en ce moment pourrait prouver être fatal pour ce que le juge suprême Marshall appelait l’empire américain”.

Dès que les treize colonies britanniques déclarèrent et réussirent à avoir leur propre statut politique indépendant, le nouvellement créé empire fédéral américain conspira pour voler les nations originelleset les peuples des Amériques de nos terres. Ils travaillèrent d’arrache-pied pour priver par la force nos ancêtres de leur propre existence libre et indépendante et de leur façon de vivre, ainsi que de forcer nos nations et peuples à vivre sous la règle coloniale américaine. D’après l’historien Richard Van Alstyne, le cadre de référence des colons américains était “l’empire de Rome à l’époque d’Auguste”. De fait, note Van Alstyne, “avec la venue de la révolution et avec l’ambition des 13 colonies d’être soudées dans un état national souverain, la substitution de la phrase ‘empire américain’ pour ‘empire britannique’ vint facilement et naturellement.” (Richard Van Alstyne, The American Empire, Its Historical Pattern and Evolution, 1960, p. 3). Maintenant, en 1998, ceux qui représentent l’empire américain tentent de maintenir le système de colonisation bâti par leurs ancêtres et prédécesseurs.

Sur quel principe fondamental cet édifice (colonial) a t’il été construit ? D’après Temple Bodley “Et qu’en est-il du droit des Indiens aux terres qui sont les leurs depuis des temps immémoriaux ? La réponse est qu’ils furent regardés par les nations chrétiennes comme n’ayant aucuns droits exceptés ceux que la nation dominante blanche s’appropriant leur pays voulait bien leur concéder. Sous la règle généralement reconnue par les grandes puissances d’Europe, les aborigènes non-civilisés, comme les Indiens d’Amérique, devenaient sujets de cette nation européenne et chrétienne qui les avait découvert et s’était appropriés en premier lieu leur pays, de facto, leurs terres devenaient la propriété de cette nation. C’était une règle très dure pour les Indiens, mais elle était écrite par les loups pour les agneaux.”(dans “Our First Great West, In Revolutionary War, Diplomacy and Politics”, 1938, p. 4)

A ce jour, la loi fédérale indienne de l’empire américain et sa politique demeurent fondées sur la doctrine chrétienne de la découverte et la domination inhérente, ou sur l’affirmation d’une ultime domination chrétienne sur les “Indiens, ces hérétiques”. Ceci se trouve dans le rendu de justice de la cour suprême des Etats-Unis en 1823 dans l’affaire Johnson contre mcIntosh (21 U.S., 8 Wheat., 543). Cet ancien principe de la chrétienté à été intriqué dans les lois et les décisions de la cour suprême des Etats-Unis et sert maintenant de base principale du système colonial sous lequel sontt maintenus les nations et peuples indigènes. C’est aussi utilisé par les pays de loi coutumière britannique comme le Canada, l’Australie et la NZ contre leurs nations et peuples indigènes. Les Etats-Unis ont utilisé des variantes de cette idéologie pour forcer d’autres nations et peuples indigènes, comme les Kanaka Maoli d’Hawaii, sous la domination américaine. La déclaration de l’ONU, incluant l’article 3, est un effort des nations et peuples indigènes d’utiliser les standards communs des droits de l’Homme pour éliminer à tout jamais l’utilisation de telles doctrine immorales et répugnantes telle que la doctrine chrétienne de la découverte et la domination inhérente, comme base de relations entre tout état et des nations et peuples indigènes.

Conclusion

Un des tenets centraux de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme est “le développement de relations amicales entre les nations”. La déclaration distingue également spécifiquement entre nations et “états membres” de l’ONU. Comme nous l’avons montré ci-dessus, l’expression des droits de l’Homme et des accords internationaux sur les droits de l’Homme, sont faits pour inclure dans leur cadre “les peuples des territoires sous la jurisdiction des états membres”. Lorsqu’une telle affirmation de “jurisdiction” est faite par des états membres, la domination se fonde sur les affirmations d’empire et de la doctrine de la découverte de “païens” et dans le cas des Etats-Unis, du Canada, de l’Australie et de la NZ, ceci est plus en conformité avec les bulle papales du XVème siècle (NdT: Romanus Pontifex 1455 et Inter Caetera 1493) qu’avec les standards des droits de l’Homme contemporains.

Ces bulle papales, doit-on rappeler, ont donné à la chrétienté une sanction “morale” des plus hautes pour la “subjugation de nations barbares” et pour “envahir, rechercher, capturer, vaincre et subjuguer tous les sarazins, païens et autres ennemis du christ.” Les monarques chrétiens (l’équivalent des états aujourd’hui) devaient “réduire les personnes infidèles en état d’esclavage perpétuel” et de “saisir leurs possessions et propriétés”. (The Bull Romanus Pontifex, January 8, 1455. See, Frances Gardiner Davenport, European Treaties bearing on the History of the United States and its Dependencies to 1648, 1917, p. 23). La bulle Inter Caetera émise par le pape Alexandre VI le 4 Mai 1493, exprimait le désir du pape que les “nations barbares soient subjuguées” et “l’empire chrétien” étendu.

Malheureusement, beaucoup d’états qui ont construit leurs sytèmes coloniaux sur l’héritage des bulles papales, les chartes des colonies britanniques et autres idéologies totalement démodées en provenance du passé, essaient maintenant de maintenir le statu quo ainsi que ses fondations immorales et ce, malgré le fait que ces doctrines aient été répudiées Par exempe la décision de la cour internationale de justice sur l’affaire du Sahara occidental, la décision Mabo en Australie et la condamnation universelle de l’apartheid en Afrique du Sud. Que des états récalcitrants s’accrochent à un cadre immoral, archaïqe et criminel du colonialisme alors que nous allons entrer dans le XXIème siècle (NdT: article écrit en 1998) est une insulte aux nations et peuples indigènes du monde entier en plus d’être totalement contre-productif. Ceci envoie le message constant que les peuples et nations indigènes ne pourront jamais se libérer d’un système de domination colonial qui remonte à plus de cinq siècles.

 

Source:

http://ili.nativeweb.org/global_liberation.html

Publicités

Résistance politique: Comprendre l’idéologie du génocide pour mieux rejeter le colonialisme qui vérole la planète…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 20 septembre 2013 by Résistance 71

Très complémentaire de notre traduction de l’Introduction du livre de Kevin Annett « A découvert: génocide au Canada passé et présent »

Il est vital pour un changement de paradigme que nous comprenions les tenants et aboutissements du colonialisme d’hier et d’aujourd’hui et d7en rejeter l’idéologie, il en va de notre survie tout simplement.

— Résistance 71 —

 

Pas finale !

 

Mohawk Nation News

 

19 Septembre 2013

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2013/09/19/not-final/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Ce programme de sysématiquement nous assassiner fut mis en application lorsque les envahisseurs venus d’Europe mirent les pieds sur nos côtes. Plus de 100 millions d’entre nous (NdT: depuis 1492 en Amérique du sud, centrale, du nord et dans les Caraïbes) ont été massacrés. Cela continue jusqu’à aujourd’hui. En 1920, Duncan Campbell Scott (NdT: Haut commissaire aux affaires indiennes) mit en place la “solution finale” du “problème indien” sous forme de politique: “Je veux me débarasser du problème indien… Notre objectif est de continuer jusqu’à ce qu’il n’y ait plus un seul Indien au Canada qui n’ait pas été absorbé dans le corps politique et qu’il n’y ait plus de question indienne.” La Canada nazi tente toujours d’exécuter systématiquement son plan de notre extermination totale, de nous, de nos communautés et de nos identités. La raison en est de pouvoir faire le braquage total de l’hémisphère occidental à leur profit. Nous avons toujours résisté à ces sales prédateurs !

Des milliers ont été tués par des escadrons de la mort et dans des pogroms de masse. Nous sommes sur leur chemin. Les “leaders” de l’entreprise guerrière connue sous les noms de Canada et Etats-Unis ont planifié depuis longtemps de tuer les autochtones d’une manière ou d’une autre. Un jour ces conseils de bandes / tribus entrepreneuriaux et leurs “injuns” vendus, corrompus qui aident à entretenir le génocide, seront amenés devant leur peuple. Ces traîtres répondront devant nous de leur traîtrise.

Les banquiers ont créé l’entreprise Canada et la grille de contrôle indigène par le conseil de bande afin de mettre en pratique la théorie du génocide. Le meurtre est le but final. La violence l’effet à long-terme. Des comptes d’apothicaires sont faits sur chaque aspect de notre existence et archivés dans les archives nationales et le bureau des affairs indiennes. Voler notre terre, mettre nos enfants dans des camps de la mort “pensionnats”, nous faire vivre dans des conditions du tiers monde, le coût de la résistance autochtone et l’utilisation de la force, tout est calculé. On ment aux masses.

Le leader de l’Allemagne nazie Adolf Hitler a copié le programme de Scott pour sa “solution finale de la question juive”. Le génocide dans l’hémisphère occidental continue. Le meurtre de masse et l’incarcération de notre peuple se pratiquent toujours dans de nouvelles prisons privées. Les accords et les traités pour vivre pacifiquement avec nous en accord avec la Grande Loi de la Paix et la ceinture Wampum à deux rangées, sont violés en permanence. Tous les colons sont des occupants illégaux de l’Ile de la Grande Tortue.

Nous continuons à demander à ces entreprises étrangères de nous montrer la preuve qu’elles possèdent en droit quoi que ce soit. Nous sommes les titulaires naturels de tout ce qui est au dessus et en dessous de la surface de notre Terre-Mère. Quelques personnes frustrées pensent que la seule place qui reste est la lune.

Sivert Hoyem sing: Sivert Hoyem: “Moon Landing”. ”For now I’ve had enough from you/I’m done and so are you/Go see what you can do/While the universe is expanding/The silence is commanding ..”

 

Dean Neu, Richard Therrien. Accounting for Genocide: Canada’s Bureaucratic Assault on Aboriginal People. Halifax: Fernwood Publishing, 2003. vi + 194 pp. $19.95 (paper), ISBN 978-1-55266-103-1.“Accounting for Genocide”

“Final Solution of the Indian Problem”.

Colonialisme et génocide au Nouveau Monde: « A découvert: Génocide au Canada passé et présent » Introduction – 1ère partie –

Posted in actualité, documentaire, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 19 septembre 2013 by Résistance 71

“La révolte métaphysique est le mouvement par lequel l’Homme se dresse contre sa condition et la création toute entière. Elle est métaphysique parce qu’elle conteste les fins de l’Homme et de la création. L’esclave proteste contre la condition qui lui est faite à l’intérieur de son état ; le révolté métaphysique contre la condition qui lui est faite en tant qu’Homme.” ~ Albert Camus ~

“L’idée de dieu implique l’abdication de la raison et de la justice humaines, elle est la négation la plus décisive de l’humaine liberté et aboutit nécessairement à l’esclavage des hommes, tant en théorie qu’en pratique… Toutes les religions sont cruelles, toutes sont fondées sur le sang, car toutes reposent principalement sur l’idée du sacrifice, c’est à dire de l’immolation perpétuelle de l’humanité à l’inextinguible vengeance de la divinité.” ~ Michel Bakounine ~

Présentation de la traduction du livre de Kevin Annett

 

=  =  =

A découvert: Génocide au Canada passé et présent (Introduction, 3ème édition 2010) ~ 1ère partie ~

(“Hidden No Longer: Genocide in Canada Past and Present”)

 

2ème partie

 

Kevin Annett

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Introduction: Qu’est-ce qu’un génocide, quelle en est l’origine ?

Lorsque dieu vous mène dans cette terre que vous pénétrez pour la posséder et expulser de nombreuses nations… vous devez les détruire totalement.” (Deutéronome 7 : 1-2)

L’éradication des peuples étrangers est une bonne et juste chose, méritoire et divinement honorable.” (Sir Francis Bacon, chancelier de l’Angleterre 1561-1626)

“Génocide”, le terme provient du grec ancien et veut dire “tuer un peuple”. Le terme fut inventé par un réfugié polonais du nom de Raphaël Lemkin, qui perdit 50 membres de sa famille dans les camps de la mort nazis après s’être échappé aux Etats-Unis.

Lemkin était un juriste qui aida à parfaire la déclaration de Nüremberg et les conventions des droits de l’Homme post-seconde guerre mondiale, incluant la souvent citée mais rarement mise en application Convention des Nations-Unies sur le Crime et le Génocide de 1948. Il avait une vue très large du crime en question.

Dans son livre écrit en 1944, “La règle de l’axe dans l’Europe occupée”, Lemkin écrivait:

De manière générale, le génocide ne veut pas nécessairement dire la destruction immédiate d’une nation, sauf quand cela est fait par le meurtre de masse de tous les membres d’une nation. C’est plutôt une intention de signifier un plan coordonné d’actions différentes ayant pour but la destruction des fondations essentielles de la vie de groupes nationaux, le tout ayant pour but d’annihiler les groupes eux-mêmes.

Pour Lemkin, tout ce qu’un groupe de personnes conquérant fait aux personnes conquises et qui essaie de provoquer leur éventuelle éradication est génocide, incluant l’interdiction de pratiquer une langue, de déranger les schémas familiaux normaux, ou de placer les enfants des personnes conquises dans d’autres foyers afin qu’ils oublient qui ils sont.

De manière évidente, ce type de largesse dans le crime a causé un gros problème potentiel dans les nations conquises par les nazis, incluant le Canada et les Etats-Unis, qui pendant des siècles ont pratiqué ce type d’éradication culturelle contre les nations autochtones indiennes à travers le continent d’Amérique du Nord.

De manière prévisible, la compréhension au sens large du génocide par Lemkin ne survécut pas les réalités politiques de l’après-guerre. Grâce au zèle des diplomates canadiens et américains et la pression qu’ils mirent sur l’ONU, le génocide fut redéfini comme étant principalement le meurtre physique d’un peuple.

[…]

La vérité est que le crime de génocide a émergé de la fabrique religieuse et philosophique de la culture européenne et débuta avec la montée de l’empire chrétien ou Chrétienté, au IVème siècle.

La culture qui a rendu possible les camps de la mort nazis n’était pas seulement locale et occidentale, mais fut un résultat… de ses traditions religieuses fondamentales, qui insistent sur la division dichotomique de l’humanité entre les élus et les voués à la damnation” (Richard Rubenstein)

Les “traditions religieuses” auxquelles se réfère Rubenstein ont émergé de la culture gréco-judéo-chrétienne, qui mettait en équivalence la foi d’un individu et la vertu de la conquête et de la destruction des autres. Ses deux racines principales se trouvent dans la bible hébraïque et la philosophie grecque, qui furent toutes deux essentielles dans la fondation de l’établissement du christianisme et de ses églises.

Dans la bible de l’ancien testament le dieu Yaveh ne peut pas tolérer les autres dieux ou croyances ou les gens qui les professent et il instruit ses dévôts de détruire de telles personnes (Deuteronome 7). De fait, dans la tradition biblique, l’intégrité spirituelle et la pureté ne sont possibles que par la violence faite contre les autres croyances, puisque la co-existence avec d’autres religions constitue un acte apostat ou de trahison de sa propre foi. De plus, cette attitude a aussi pour origine une croyance plus basique au sein du judéo-christianisme qu’on ne peut être sacré ou sanctifié, qu’à travers l’offrande du sang d’un autre. Dans cette tradition, la sanctification est un acte violent, provenant d’une pratique tribale ancienne de “séparation et de purification” (qadash en hébreu) d’un animal ou d’une personne afin de le/la sacrifier aux dieux.

Bref, le sacré existe par le rituel du sacrifice des autres.

Sans compréhension de ce paradigme essentiel de la culture occidentale, nous ne pouvons pas saisir les bases religieuses et psychologiques du génocide dans notre histoire ainsi que l’emprise qu’il continue d’exercer sur nos esprits et nos pratiques. En fait, de ce concept fondamental est née toute pratique génocidaire.

Ce mélange de “sacré”, de rituel sacrificiel et de meurtre est profondément ancré dans la pensée occidentale. De fait, même le terme utilisé pour le soi-disant “peuple élu” de dieu dans l’ancien testament est “qadar”, ayant la même racine que le mot sacrifice: “car vous êtes un peuple sacré (qadar) pour dieu” (Deuteronome 7:6): en fait, un peuple entier est rendu sacré en le séparant et en le préparant pour le sacrifice.

De manière évidente, dans une culture qui fait du rituel de la purification et de la sanctification les compères inséparables du meurtre rituel et du sacrifice, le meurtre et l’action divine seront également indiscernables et quoi que ce soit qui est pur et innocent sera candidat à l’extermination.

La fait que le christianisme a créé un énorme substitut au sacrifice dans le symbole de Jesus Christ n’a pas diminué le pouvoir et mis en suspend ce concept de mettre sur le même pied d’égalité la purification spirituelle et le meurtre. Ainsi, de fait, avec la substitution plus avant de l’église catholique pour le Christ et de la mise en équation de l’un et l’autre, la pratique de se rendre soi-même ou son peuple “sacré” au travers le massacre des autres prend alors une toute autre dimension.

L’exemple le plus frappant de tout ceci fut exprimé par la doctrine papale de “l’indulgence”, qui vît le jour au soir de la première croisade de 1095. Le pape Urbain déclara que tout acte de violence, de meurtre ou de conquête commis par ceux qui étaient au service de dieu, c’est à dire de l’église, restaurait le perpétrateur dans un état de “grâce originelle” et le libérait de tous pêchés. Comme dans les croyances hébraïques, quelqu’un était sanctifié au travers du meurtre sacrificiel des autres.

Selon Williston Walker (historien américain de l’église chrétienne, qui publia “Une histoire de l’église chrétienne” en 1918):

“L’indulgence fut comprise de manière commune comme étant un moyen d’effacer les anciens pêchés et de restaurer la personne dans un état d’innocence spirituelle… longtemps avant qu’il n’acquiert sa fonction de financer la papauté. Dans son essence, cela fut vu comme un acte de purification.” (extrait de “A History of the Christian Church”, 1918)

Cette notion que partir en croisade était une forme de sanctification et de purification spirituelle fut transférée à toute conquête autorisée par l’église, ce incluant le colonialisme du XVIème siècle et au delà. La conquête de peuples non-chrétiens (étiquetés “Sarazins et païens”), qui fut sanctionnée et rendue légale par les bulles papales Romanus Pontifex (1455) et Inter Catera (1493- NdT: bulle du Pape Alexandre VI, dite de la “doctrine de la découverte”, qui a cautionnée l’appropriation des terres du nouveau monde par Colomb et autres…), tombe sous les lois légitimant les croisades et dès le départ fut conçue comme une sanctification massive de toute la chrétienté.

Le génocide, en bref, était une bonne chose pour les âmes des chrétiens d’Europe et pour tous ceux qu’ils conquéraient, en accord avec la compréhension papale des lois. Cette croyance fut renforcée non seulement par la soif de nouvelles terres, d’or et de puissance qui accompagnait chaque missionnaire, mais aussi par la base philosophique fondamentale de la culture européenne dans son entièreté, depuis les Grecs anciens et spécifiquement la philosophie aristotélicienne.

Aristote, qui fut un des pères philosophiques du christianisme et dont les croyances façonnèrent celles de St Augustin et Thomas D’Aquin, ainsi que de bon nombre de théologiens de l’église, enseignait que l’humanité était naturellement divisée en des classes inhérentes supérieure et inférieure de personnes et que le devoir et la nature profonde des forts étaient de régner et de subjuguer les faibles. De plus, cette domination était aussi morale dans la mesure où les forts étaient par nature plus vertueux que les faibles ; ces derniers n’étant pas en position de questionner ou de défier leur subordination.

Combinée avec une religion chrétienne qui met sur le même plan sa propre santé spirituelle avec la conquête et le massacre des autres, cette notion de supériorité naturelle et de vertu des plus forts ont produit un monstre que l’universitaire Cherokee Steven Newcomb a nommé “la souveraineté chrétienne supérieure”: la croyance et la mise en pratique que les chrétiens ont une suprématie inhérente sur les non-chrétiens, dont les droits sont diminués et annulés par le simple fait qu’ils ne sont pas des croyants en Jesus Christ !

Citons Steven Newcomb à ce sujet de son livre “Païens en terre promise”, 2008:

“Des mots mêmes du juge de la cour suprême Joseph Story, qui réaffirma ce que les siècles avaient expliqué sur la supériorité chrétienne en ces termes: ‘En tant qu’infidèles, païens et sauvages, les Indiens n’ont pas le droit de posséder les prérogatives et les droits qui appartiennent aux nations souveraines, absolues et indépendantes.

Si cette croyance de la primauté des chrétiens sur les “païens” a causé la dépossession et le génocide de millions d’autochtones dans le monde, ses racines sont profondes dans la culture chrétienne européenne et spécifiquement avec la chrétienté: cette synthèse fatale de l’église de Rome avec l’empire romain qui se produisit au IVème siècle.

Le christianisme tel que nous le connaissons, une religion promue et protégée par l’état ayant un statut légal et entrepreneurial, n’existait pas avant l’année 312 après J.C, lorsque l’empereur romain Constantin annula les lois prohibitives contre les chrétiens. En vérité la religion chrétienne n’est pas une création de Jesus Christ mais de Constantin, qui inventa cette entité appelée l’église romaine catholique lorsqu’il lui accorda une incorporation légale en l’an 317. Depuis lors, les évêques de l’église devinrent les conseillers impériaux et les fiduciaires, l’armée romaine marcha sur les champs de bataille sous le soi-disant emblème chrétien, symbolisant l’union de l’église et de l’empire.

De manière réaliste et factuelle, le christianisme est né au IVème siècle à Rome et non pas 300 ans auparavant en Palestine. Ce fait est aussi suggéré par l’absence de toute preuve archéologique ou littéraire de Jésus ou de son mouvement, de la référence continuelle des historiens qu’ils soient chrétiens ou “païens”, à la “naissance” de l’église sous Constantin et de l’émergence de la bible en latin vulgarisé seulement aprés l’établissement de l’église constantinienne, qui deviendra plus tard le Vatican.

Peut-être encore plus convainquant est le fait que l’église de Rome et toutes les églises chrétiennes depuis lors, ont répudié activement les enseignements vitaux de celui qu’on appelle Jesus de Nazareth, prônant la non-violence et l’amour de son ennemi, en faveur de l’éthique impériale de la “guerre juste”, mise au point par l’évêque Augustin dans les décennies juste après Constantin. Ce rejet du Christ par le catholicisme romain est symbolisé par l’adoption précoce par l’église d’une image officielle d’un Christ assassiné, cloué sur une croix et qui fut mis en évidence dans tous les endorsements papaux de guerres saintes de conquête et d’extermination qui s’ensuivirent.

Considérant son origine comme l’aile d’un empire, il n’est pas vraiment surprenant de constater que l’église catholique romaine devint cet empire alors que Rome déclinait au Vème siècle. De cette manière, l’église hérita non seulement des termes et des symboles de l’empire romain, mais aussi de la philosophie sus-mentionnée de la domination supérieure chrétienne et sa “sanctification par le massacre” des traditions gréco-hébraïques, armée maintenant de tous les moyens d’un empire.

Dès les années 401-417, le chef de l’église de Rome, le “pape” Innocent 1er, déclara que la papauté était le chef suprême de toute autorité mondiale et qu’à ce titre, pouvait établir et disposer de tout gouvernement, conquérir tout royaume et régner sur tous les humains de la terre, qu’ils soient chrétiens ou non.

Une force mortelle avait fait son apparition dans le monde: un empire imbu d’auto-justification divine, clâmant une autorité absolue et totale sur l’ensemble de l’humanité et croyant qu’elle était supérieure à toutes autres fois et était de la sorte sanctifiée par la conquête et la destruction de ces dernières. Ce fut cette force, connue sous le nom de chrétienté qui formula et mit en application ce fléau connu sous le vocable de génocide européen.

A suivre…

Résistance politique au colonialisme existant… Les fondements de l’escroquerie d’un faux pays appelé Canada…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et lobbyisme, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 31 mai 2013 by Résistance 71

Nous avons traduit ici deux billets en un de Mohawk Nation News car ils sont intimement connectés. L’un concerne l’édit royal de 1763 qui régit toujours l’entité Canada et l’autre qui explique sa relation avec la « reine-mère ». Il est stupéfiant de constater que ce que nous appelons « Canada » n’existe en fait pas. Ce n’est qu’une entreprise commerciale initiée par la couronne d’Angleterre. La vidéo à la fin (en anglais malheureusement…) explique que les quatre provinces initiales britanniques de l’Est, incorporées comme entité commerciale « Canada », ont créé illégalement les autres provinces de l’Ouest et qu’aucune terre de cette partie du pays n’a été cédée par traité à la couronne britannique et est donc légalement territoire autochtone à 100%. En ce qui concerne les territoires de l’Est, soit ils n’ont jamais été cédés par traités, soit les traités ont été brisés par les colons et son donc nuls et non avenus en ce qui concerne la loi internationale. Il en va de même des Etats-unis, qui même si indépendant de la couronne britannique depuis 1776, n’en ont pas moins brisés tous les plus de 400 traités passés avec les natifs, les rendant caduques également au regard de la loi internationale.

Il en va de même au Mexique et en Amérique Latine, partout où l’occident a volé, pillé et commis des génocides tant physique que culturels.

Nous devons venir à terme avec notre idéologie colonialiste, c’est la seule façon de changer le monde vraiment pour le meilleur. Écoutons les nations autochtones des Amériques qui luttent contre le terrorisme d’état depuis 1492… Ils savent et peuvent grandement nous conseiller, tout comme nous le pouvons également, c’est dans l’échange que nous grandirons et enterrerons l’oligarchie qui nous opprime tous… Eux et nous, même à des degrés différents, une oppression demeure une oppression.

— Résistance 71 —

 

La Proclamation Royale de 1763

 

Mohawk Nation News

 

Avril 2013

 

url de l’article:

http://mohawknationnews.com/blog/2013/04/10/royal-proclamation-1763/#comment-1366

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

La proclamation Royale de 1763 (Edit Royal de 1763) est un guide pour l’établissement des Européens sur Great Turtle Island (l’Amérique du Nord). Elle garantit une nationalité indépendante indigène, la souveraineté et la propriété d’Onowagareh. Nous ne faisons pas partie de l’établissement colonial, de la colonie. Toute terre doit être cédée par traité. Jusque maintenant, aucune terre ne l’a été. Aucune loi des colons n’est prédominante sur la proclamation. Nos droits ne peuvent jamais être terminés. Nous n’avons jamais été d’accord avec la loi indienne (Indian Act) ou de toute autre “lois de la mer” de l’amirauté qui violent notre souveraineté. La loi du British North America Act de 1867 remet “les Indiens et les terres réservées pour les Indiens” dans une relation de soumission à la Grande-Bretagne et sa colonie.

Une responsabilité fiduciaire et un trust international furent créés. Les colons pouvaient vivre sur notre terre mais ne jamais la posséder. C’était une location. L’obligation fiduciaire n’est pas en conflit avec le titre indigène. Ils co-existent et ne peuvent être révoqués. Il n’y a pas de mécanisme d’abandon de nos droits inhérents. Seuls le meurtre ou l’assimilation de chaque personne indigène pourraient mettre en danger notre lien avec notre terre (Onowarageh). Aussi loin qu’un seul indigène marche sur le territoire, celui-ci est nomément territoire indigène.

Une tierce partie neutre et indépendante est requise afin de résoudre de manière équitable les différents entre nous et le Canada en ce qui concerne notre terre, ses ressources et le toujours croissant fond de l’Indian Trust Fund de bien plus de 60 000 milliards de dollars.

La procédure d’adjudication par un tiers fut établie par les Mohegan en 1704 concernant le désaccord entre eux et les colons du Connecticut. Les Mohegan (Mohicans) firent la demande à la cour de la reine Anne et une adjudication impartiale par un tiers leur fut accordée. Les gouvernements coloniaux de l’Amérique du nord britannique ne pouvaient pas légalement adjudiquer ceci ou toute autre désaccord car ils étaient partie prenante de la dispute. Ceci est en accord avec les deux rangées d’honneur de respect et de non-interférence (NdT: en référence au Wampum à deux rangées scellant l’accord primordial).

Le Canada ne traite qu’avec ses conseils de bandes tribaux corporatistes et non pas avec nos gouvernements véritables et souverains. Les peuples indigènes devraient demander des comptes à propos des accords passés en notre nom par ces indiens de l’entreprise Canada. Eux et l’Assemblée des Premières Nations (APN ou AFN) ne représentent que ceux qui les suivent. Les peuples traditionnels sont indépendants, nous avons nos propres lois et choisissons nos propres représentants.

La clause internationale sur les droits civils et politiques explique que le Canada n’a rien à dire sur la façon dont nous nous gouvernons: “Tous les peuples ont le droit à l’auto-détermination. En vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et poursuivent librement leur développement économique, social et culturel.” Le Canada étouffe nos gouvernements. Nous sommes tenus en otages. Le Canada nous doit des comptes et ne veut interagir que par leurs nominés des conseils de bandes.

L’AFN prétend que nous faisons partie de la corporation du Canada. Ils n’ont aucune jurisdiction sur nous et notre terre. L’AFN nous trahit chaque jour qui passe et vend nos droits inhérents à une auto-gestion parce qu’ils sont dans un stade avancé de maladie de dégénérescence. Nous, nations indigènes, avons le droit de gérer tout problème commun. Les colons ont violé la proclamation royale de 1763. Nous sommes donc de fait occupés de manière illégale. S’ils continuent de permettre ce vol, ils sont complices de génocide.

Les colons ne peuvent pas prouver leur droit de vivre ici alors qu’ils ont usurpé notre terre et nos ressources que nous n’avons jamais cédées à quiconque. Une violation de la Proclamation Royale est une haute trahison et la pénalité pour cela est la peine de mort. L’armée a la responsabilité de faire respecter cette proclamation. Les colons n’ont pas le choix. Ils peuvent devenir un en esrit avec nous et ENSEMBLE nous pourrons apporter la paix dans le monde. Comme l’a chanté John Lennon: “Tout ce que nous disons est de donner une chance à la paix.”

Give peace a chance “

 

=  =  =

La reine-mère

 

Mohawk Nation News

 

29 Mai 2013

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2013/05/29/queen-mum/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

La reine, représentant la corporation de la couronne (13 lignées de sang) en 1867, a mis en place la corporation, l’entreprise, du Canada à des fins commerciales sous la Loi des Océans (NdT: Law of the Seas en anglais). Elle a dit: “Regardez ces ressources ! Faisons des affaires. Qu’en est-il de tous ces Indiens ? Nous devrons leur donner une part, mais nous la contrôlerons.” La vidéo à la fin de ce billet explique le fonctionnement de l’Indian Trust Fund en détails.

La reine prît donc 60% des bénéfices provenant de l’extraction de nos ressources tout en plaçant 40% sur un fond de trust à notre profit. Le trust existait depuis la reine Anne d’Angleterre en 1701 et fut reconfirmé par la Proclamation Royale de 1763. En 1867, les provinces en banqueroute formèrent la CORPORATION DU CANADA. Elles s’appointèrent elles-mêmes comme les garants de l’Indian Trust Fund, qui finance la totalité de cette corporation jusquà ce jour. Une banque de la couronne fut établie pour prendre en charge notre argent. Sa majesté emprunta sur ces fonds. L’armée de sa majesté protège la trésorerie.

La Loi des Océans monnétarise tout, incluant les terres et les personnes. C’est une supercherie. La Loi des Océans fut mise en pratique sur nos terres et ce sans notre consentement. Ceci fut une conquête entrepreneuriale hostile de tous les peuples de l’entièreté de ce qui est aujourd’hui le Commonwealth et qui existe jusqu’à ce jour. Une entreprise commerciale fut établie illégalement à l’intérieur de notre territoire. Une escroquerie de la plus haute importance fut commise. Les lois de la trahison  doivent être appliquées pour le vol et l’usurpation de notre fond de l’Indian Trust.

Les envahisseurs n’auraient jamais pu occuper, prendre possession des terres ou des ressources sans notre permission. Les marchands de sa majestée ont extrait, coupé (le bois) et fait commerce. Elle a fondé trois autres entreprises dans notre territoire qui coupèrent encore plus d’arbres, tuèrent encore plus d’animaux et essayèrent de nous chasser. En 1924, La loi d’avancement des indiens (Indian Advancement Act) fut mise en œuvre pour créer les réserves indiennes et donner tout le potentiel commercial d’extraction aux provinces.

Les indigènes pouvaient émettre un passeport car nous avions terre, langage et culture. Les sujets de la reine ne le pouvaient pas. En 1967, l’entreprise Canada devint un pseudo pays et put émettre des passeports alors même que ses ressortissants ne sont pas membres de Great Turtle Island.

Les sujets sont la propriété de la reine mère. Un bébé né au Canada est enregistré comme étant sa propriété. Elle détient le titre de naissance, le certificat de naissance de chacun d’entre eux. Ils ont une part dans le Commonwealth et les renonciations de la reine. Elle peut prendre les enfants et les envoyer à la guerre. Papa et maman travaillent pour l’entreprise Canada. Ils sont payés par la reine mère pour prendre soin de ses sujets bébés et enfants au travers des primes, des allocations familiales, des crédits d’impôt etc… Les règles d’entreprise étrangère sont applicables. A 18 ans, la reine absout les parents d’avoir vendu leurs enfants en esclavage.

Lorsque l’enfant à son tour vient travailler pour l’entreprise Canada, ils prennent leur acte de naissance d’une jurisdiction étrangère afin d’obtenir un numéro de sécurité sociale (SIN). Une obligation de sécurité est nécessaire avec l’assignation du prénom et du nom en lettres capitales d’imprimerie. Un reçu vérifiant le titre de propriété de l’enfant par la reine est alors envoyé à la poste royale la plus proche.

Tous les emprunts faits viennent alors de la reine par la couronne et sa banque. Personne ne peut faire des affaires et du commerce sans l’aval de la banque étrangère. Personne ne peut avoir un compte en banque au Canada sans un numéro de sécurité sociale. Est-ce la marque de la bête ?

Notre terre n’a jamais été cédée. Elle est programmée pour être tenue pour nous sous la forme d’un trust. Nous sommes forcés d’enregistrer nos enfants. Des documents d’identité sont créés par les titres de propriété royaux sans notre consentement. Nous sommes forcés d’entrer dans son piège sous la contrainte. Nous sommes des alliés, non pas des sujets et nous continuons à être les légataires du territoire.

Vidéo expliquant comment fonctionne l’Indian Trust Fund et les titres de la couronne (conférence ayant eu lieu en Colombie Britannique, en anglais, très, très instructif): Video explaining the Trust

 

 

Colonialisme occidental: Les Indiens des Amériques luttent contre le terrorisme depuis 1492…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, pédagogie libération, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 7 avril 2013 by Résistance 71

“Je n’y ai rien vu (New York 1886) qui pourrait aider mon peuple. J’ai pu voir que l’homme blanc ne s’occupe pas l’un de l’autre de la même manière que nous avant avant que le cercle de la nation ne soit brisé. Il prendrait tout des autres s’il le pouvait et ainsi il y en avait qui avaient bien plus que ce qu’ils pouvaient utiliser, tandis que des foules de gens n’avaient rien et avaient sans doute faim. Ceci ne pouvait pas être meilleur que les vieilles traditions de mon peuple.”

“Il est très difficile de suivre une grande vision dans ce monde de ténèbres et d’ombres toujours changeantes ; parmi celles-ci les hommes se perdent.”

~ Black Elk (Shaman Oglala Sioux) ~

 

 

Les 158 années de lutte pour la justice des Sioux Lakotas

 

Russel Means

 

Url de l’article original:

http://www.republicoflakotah.com/steps-to-sovereignty/158-year-stuggle-for-justice/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

“D’abord ils vous ignorent, puis ils se moquent de vous, puis ils vous combattent et puis vous gagnez”
-Mohandas Gandhi-

“Nous travaillons à une liberté totale et complète de manière légale, non-violente et non agressive.”
- Russell Means-

En Décembre 2007, la république des Lakotas fut établie par le retrait formel des traités de 1851 et 1868. Ceci fut le dernier pas de la bataille légale la plus longue de l’histoire de l’humanité.

Ceci ne fut pas une “sécession” des Etats-Unis d’Amérique, mais un “retrait unilatéral” totalement légal des traités comme cela est permis par la convention de Vienne de 1969 sur les lois des traités, convention de laquelle les Etats-Unis sont signataires.

Le but de la République des Lakotas est de suivre les instructions données par les anciens à la première réunion de l’International Indian Treaty Council de 1974. Le conseil tint alors une conférence de “l’hémisphère occidental” à Wakpala dans la réserve indienne de Standing Rock. Plus de 5000 délégués de 97 nations indigènes des Amériques se réunirent. Le manifeste qui en résultat soutien les droits de tout les peuples indigènes de vivre libres et de prendre quelque action que ce soit pour maintenir notre souveraineté. Ceci fut la plus grande réunion d’Indiens des Amériques du XXème siècle, réunion où tous les délégués payèrent de leur poche, sans soutien financier.

Ce fut là que la déclaration d’indépendance continue fut créée. Cette conférence fut suivie par bon nombre d’anciens, incluant le chef Franck Fools Crow. Ceux-ci n’étaient pas nos anciens ordinaires, la plupart d’entre eux étaient nés au XIXème siècle de parents qui avaient été libres, ils n’avaient jamais été à l’école. La majorité ne parlait pas anglais et le reste parlait un mauvais anglais. Je (Russel Means) fus instauré comme un des curateurs permanents de l’International Indian Treaty Council par les anciens de la conférence.

Ces anciens donnèrent à la conférence et au nouvellement formé International Treaty Council deux mandats:

1. Le premier mandat devait être reconnu par les communautés internationales. En Septembre 2007, lorsque les Nations-Unies approuvèrent la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes, ce mandat fut rempli.

2. Nous devions nous commémorer les mots de Noble Homme Rouge (Noble Red Man Matthew King): “Nous devons toujours nous rappeler que nous fûmes auparavant un peuple libre, si nous ne le faisons pas, alors nous devrons cesser d’être des Lakotas.” Ce second mandat est de retourner à notre statut original de Nations libres et indépendantes. Le 17 Décembre 2007, la délégation pour la liberté Lakota a présenté au ministère des affaires étrangères des Etats-Unis, notre retrait unilatéral de tous les traités et accords existants entre les Etats-Unis et la nation Lakota.

Avant le retrait unilatéral, j’ai voyagé à travers les cinq états rencontrant des personnes clef sur une période de sept mois. Maintenant dans mon 70ème hiver, je travaille pour obtenir de meilleures conditions pour les peuples indiens depuis plus de 40 ans (NdT: Russell Means est décédé en 2012 à l’âge de 72 ans).

Le traité de Fort Laramie de 1868 est considéré par quelques commentateurs comme une victoire totale de Nuage Rouge et des Sioux. En 1904, il fut décrit comme “le seul cas dans l’histoire des Etats-Unis où le gouvernement est entré en guerre et a négocié la paix à l’issue en concédant tout ce que demandait l’ennemi et absolument rien en retour.

En résultat d’un long processus de litigation entre la nation Lakota et les Etats-Unis, ceux-ci ont fait quelques déclarations évocatrices;

“Un cas d’accords plus déshonorables ne sera probablement jamais trouvé dans notre histoire…” U.S. Court of Claims, 1975

 “il est clair que, basé sur les représentations des négociateurs des Etats-Unis, les Indiens ne peuvent pas avoir regardé le traité de 1868 comme un traité de cession. Nulle part dans l’histoire qui a menée aux négociations de ce traité n’y a t’il eu une indication que les Etats-Unis recherchaient une cession de terre ou que les Sioux étaient prêts à en consentir une. Bien au contraire, l’évidence est criante que les Sioux n’auraient jamais signé le traité s’ils avaient pensé un instant qu’ils cédaient quelque terre que ce soit aux Etats-Unis.”

Sioux Tribe v. United States, 42 Indian Claims Commission, 1978

“Ici, il n’y a aucun doute que les Collines Noires (Black Hills) furent “prises” aux Sioux d’une manière qui les a privée des droits de propriété de cette terre. La question présentée est de savoir si le congrès agissait dans les circonstances où ‘prendre’ impliquait une obligation de juste payer une compensation ou s’il agissait en conséquence de ses pouvoirs uniques de contrôler et de gérer la propriété tribale en tant que gardien des biens Indiens auquel cas la clause de juste compensation ne s’appliquerait pas.”

U.S. Supreme Court, UNITED STATES v. SIOUX NATION OF INDIANS, 1980

La cour nota également la duplicité du président Ulysse Grant violant l’obligation du gouvernement par le traité, de maintenir toute personne en dehors des Collines Noires, ainsi que la procédure sévère pratiquée par le gouvernement pour affamer les Sioux afin de les forcer à céder les Collines Noires (NdT: Il convient de noter que les Black Hills sont des territoires sacrés pour les Sioux, territoires qui s’avèrent également riches en charbon, en or, en pétrole et ce qu’on sait maintenant… en uranium… Ce qui n’a aucune importance pour les Sioux, puisque ces terres sont simplement sacrées…)

“Ceci fut tragédie, mensonge, barbarie et virtuellement tout vice connu de l’humanité dans les 300 ans d’histoire d’expansion territoriale des 13 colonies originales, dans une nation qui maintenant comporte plus de 4,8 millions de Km2 et 50 états; ceci ne peut pas être nié. Mais de l’opinion d‘une cour de justice, en tant qu’affaire historique et non légale, à la fois les colons et les Indiens peuvent bénéficier de l’adjuration biblique: ‘Ne juges pas et tu ne seras pas jugé.’”

Hearing before the committee on Indian affairs, united states senate session on Tribal Sovereign Immunity 9-24, 1996