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Résistance politique: Aux sources religieuses du colonialisme occidental (Steven Newcomb)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 24 janvier 2015 by Résistance 71

… et pourquoi il est extrêmement important de bien comprendre ces origines toujours vivaces puisqu’imbriquées dans la « loi » des états colons et leur politique de contrôle fondamentalement raciste, si on veut véritablement mettre fin aux crimes et au pillage de l’empire.

L’avenir de l’humanité passe par la solidarité des populations occidentales émancipées de l’idéologie colonialiste, se tenant main dans la main avec les peuples colonisés et opprimés par l’Europe depuis le XVème siècle.

Nous sommes tous des colonisés !

— Résistance 71 —

 

La base religieuse de l’ancien testament comme base de la loi fédérale des Etats-Unis sur les Indiens et leur politique

 

Steven Newcomb

 

22 janvier 2015

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2015/01/22/old-testament-religious-basis-us-federal-indian-law-and-policy

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

“Et nous Américains sommes particuliers, un peuple choisi, l’Israël de notre temps ; nous portons l’arche des libertés du monde”—Herman Melville.

“Je pense que personne ne peut lire l’histoire de notre pays sans réaliser que le Bon Livre et l’esprit du sauveur ont été nos guides de génie depuis le début. La commission donnée à Christophe Colomb par Ferdinand et Isabelle d’Espagne a été conçue comme une mission chrétienne »—Chief Justice Earl Warren, de la cour suprême des Etats-Unis.

Le système de la loi fédérale et politique indiennes des Etats-Unis est lié de manière remarquable à la vision du monde politico-religieuse judéo-chrétienne, qui est parfaitement exprimée par la théorie du peuple choisi et de la terre promise. Comme l’a très bien dit Walter Russell Mead dans son article de 2008 “The Deep Roots of American Zionism” publié dans la revue “Foreign Affairs” (NdT: revue officielle du CFR): “Les Américains ont trouvé l’idée qu’ils étaient l’Israël de dieu si attractive, partiellement parce que cela les aidait à justifier leur déplacement des autochtones américains.” Maintenant dans son essai devenu classique “Civil Religion in America,” Robert N. Bellah a déclaré: “Le thème de l’israël américain a été utilisé, presque depuis le début, comme justification du traitement honteux et indigne réservé aux Indiens et qui est si caractéristique de notre histoire.

Ce que d’autres érudits de la loi fédérale sur les Indiens ont laissé de côté dans leurs discussions de la doctrine de la découverte, ou doctrine chrétienne de la découverte, est le fait que la vision judéo-chrétienne du monde, que l’on peut plus particulièrement faire remonter à l’histoire biblique de la Génèse, celle du peuple choisi et de la terre promise, sert de toile de fond religieuse et de fondement conceptuel à la loi et politique fédérale sur les Indiens. C’est sur la base de cette source biblique d’idées que les Etats-Unis clâment être le “souverain” de la terre avec “ascendance” (un droit de domination) sur les nations indiennes originellement et toujours libres de plein droit. Cette vision du monde du Vieux Testament est l’arrière-plan de l’affirmation des Etats-Unis que le gouvernement fédéral possède un “pouvoir pléniaire” “indiscutable et irrévocable” sur les nations indiennes et un “pouvoir de domination “ (domination ultime) sur les territoires qui est au-dessus de celui des nations indiennes.

C’est à cause de cette base religieuse, de fait de l’Ancien Testament, fondement de la loi fédérale indienne, qu’il fut nécessaire pour les Etats-Unis de faire passer la loi American Indian Religious Freedom Act en 1978, malgré le fait que la liberté de culte pour quiconque d’autre était déjà inscrit dans le premier amendement de la Bill of Rights des Etats-Unis. Le fondement biblique de la loi fédérale indienne est la raison pour laquelle les territoires et les endroits sacrés de nos nations originelles n’ont jamais été protégés de l’exploitation, de la profanation et de la destruction. Comme l’écrit l’historien Edward McNall dans son livre The American Idea of Mission (1957), “Il n’y a pas de vérité plus évidente dans l’histoire américaine du fait que cette nation (USA) est un peuple de l’Ancien Testament (bible).

La base fondamentale de l’ancien testament des Etats-Unis est l’aspect le moins notable de l’histoire de la loi fédérale indienne ; cela n’a pas été rendu explicite à cause de la tendance des érudits sur la loi fédérale indienne d’écrire à son sujet de manière séculière et en termes non-religieux. Ils n’ont pas reconnu à quel point les idées véhiculées par la loi fédérale indienne sont liées à un tel point qu’Edward Burns continua: “L’idée la plus commune dérivant des sources de l’ancien testament fut la notion que l’Américain fut divinement nommé pourb remplir une grande mission dans l’histoire de la planète. De l’avis de quelques leaders coloniaux, les grands évènements du passé ont été planifiés par dieu afin de préparer la voie du triomphe américain.” (p.11)

Dans son livre America’s Prophet (2009), Bruce Feiler dit qu’une lettre de George Washington est accrochée dans l’entrée de sa synagogue d’enfance. La lettre lit: “Puisse la même merveilleuse déité, qui a, il y a longtemps, délivré les Hébreus de leurs oppresseurs égyptiens et qui les a implanté sur la terre promise et dont les agencements providentiels ont été rendus récemment remarquables dans l’établissement des Etats-Unis comme nation indépendante, continuer à les (Etats-Unis) irriguer des rosées du paradis.” (p.4)

Des témoignages nous ont appris que Thomas Jefferson était un “déiste”. Ce que ces témoignages ne nous ont pas dit est l’identité biblique de la “déité” qui a servi de focalisation à l’orientation “déiste” de Jefferson. Comme le note Robert Bellah dans son “Civil Religion in America,” “Ce qui était implicite dans les paroles de Washington… devient explicite dans le second discours d’investiture de Jefferson lorqu’il déclara: ‘J’aurai aussi besoin de la faveur de cet Être entre les mains duquel nous reposons, qui mena nos pères, comme au temps du vieil Israël, de leur terre native et les implanta dans un pays innondé avec toutes les nécessités et confort de la vie.” La conclusion ? “L’Europe est l’Egypte, l’Amérique la terre promise.” écrit Bellah. Jefferson, Adams et Franklin voulaient que l’imagerie de l’ancien testament associée avec le peuple élu et la terre promise soit décrite sur le sceau officiel des Etats-Unis. Jefferson proposa que l’image du sceau devrait être les Israélites traversant le désert, guidés par un nuage le jour et un pilier de feu la nuit, dessinant ainsi une analogie entre les Etats-Unis et le peuple élu de l’ancien testament. Ceci place donc nos nations autochtones comme étant les “Canaanites” sur la soi-disante “terre promise” que serait les Etats-Unis.

John Marshall était un contemporain de Washington, Jefferson et Adams. Lorsque Marshall, en tant que juge de la cour suprême des Etats-Unis a écrit le rendu du verdict unanime de la Cour Suprême dans l’affaire Johnson contre McIntosh, il déclara que la Cour appliquerait à l’affaire “ces principes de justice abstaite que le créateur de toutes choses a imprimé dans l’esprit de sa créature humaine.” La vision du monde judéo-chrétienne partagée par Washington, Jefferson, Adams et Marshall, parmi bien d’autres personnes, est le contexte d’arrière-plan religieux pour l’utilisation par la Cour Suprême des Etats-Unis du terme de “créateur” dans sa décision de l’affaire Johnson contre M’Intosh.

Les principes de justice abstraite s’appliquaient aux “nations civilisées”, aux nations, qu’Henry Wheaton appelait en 1836 dans ses Elements of International Law, les “États de la chrétienté”, reconnaissant que ces nations de la chrétienté possédaient une “indépendance parfaite” et donc par voie de conséquence, la pleine “souveraineté”. Ce que la Cour Suprême des Etats-Unis a appelé “les natifs, qui étaient des païens”, dans son rendu de l’affaire Johnson contre M’Intosh, analogues aux “Canaanites” dans le narratif du peuple élu / terre promise, n’étaient donc pas “permis de posséder” les prérogatives appartenant “aux nations absolues, souveraines et indépendantes”, “en relation avec les chrétiens”, comme le dit le juge de la Cour Suprême Joseph Story dans ses Commentaries on the Constitution of the United States en 1833.

En février 2015 prochain, nous atteindrons la marque des 60 ans depuis la décision de la Cour Suprême des Etats-Unis sous l’autorité du juge Earl Warren, dans l’affaire Tee-Hit-Ton v. United States en 1955 ; décision fondée sur les antécédents cachés du narratif biblique de l’ancien testament sur “le peuple élu et la terre promise”. Dans un autre article, j’expliquerai comment le narratif religieux judéo-chrétien de l’ancien testament nous informe sur la décision prise, chose que l’on peut remonter à Johnson contre M’Intosh (1823) ainsi qu’aux bulles papales et édits royaux du XVème siècle.

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Colonisation, décolonisation… Le latin langue morte mais source de sémantique colonialiste bien vivace…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 31 octobre 2014 by Résistance 71

Le latin langue morte ? Non ! Langue coloniale mère, braise sémantique rougeoyante dans l’âtre encore bien chaud du colonialisme où sont rougis les fers de notre marquage…

— Résistance 71 —

 

Le rôle du latin dans l’empire et la colonisation

 

Steven Newcomb

 

22 Octobre 2014

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/10/22/role-latin-empire-and-colonization

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Il y a quelques années, j’ai acheté le livre Latin for Americans (B. L. Ullman, Charles Henderson, and Norman E. Henry, New York: the MacMillan Co., 1962) chez un bouquiniste. C’est un livre d’école pour les Lycées qui a été publié à une époque où les élèves étaient attendus d’avoir quelques connaissances en Latin avant d’entrer à l’université. Le chapitre d’ouverture, intitulé “Our Roman Heritage” (“Notre héritage romain”), nous dit que les auteurs s’attendaient à ce que les élèves pensent qu’ils avaient pour eux-mêmes, un héritage latin, remontant à Rome et à l’empire romain. “Ceci est donc l’ancienne et puissante tradition dont vous faites partie”, écivirent-ils.

Supposez qu’il y ait eu un étudiant amérindien dans la classe de latin à cette époque. N’aurait-il pas été étrange de s’attendre à ce qu’un élève autochtone pense de lui ou elle-même qu’il aurait un patrimoine remontant à la Rome antique ?

Les auteurs de ce livre scolaire disent aussi: “Rien n’est plus incorrect que de dire que le Latin est une langue morte… Au contraire, dans une forme ou une autre, le Latin est bien vivant aujourd’hui et dans une large mesure c’est ce qui a donné l’immortalité aux Romains.” Parce que le Latin vit dans la langue anglaise, la connaissance du latin est importante pour parvenir à une connaissance plus profonde des schémas colonialistes de l’Anglais et des mots de langue anglaise.

Les auteurs disent de plus qu’il y a 2500 ans, la puissance militaire et politique de Rome “a dominé la plupart du reste du monde civilisé.” Ils font remarquer que les langues d’Espagne, du Portugal, de France, d’Italie et de Roumanie sont d’origine latine et “sont des descendantes vivantes du Latin parlé par les Romains qui conquirent et colonisèrent ces territoires”.

Dans le paragraphe ci-dessus, nous trouvons trois mots “dominé”, “conquirent” et “colonisèrent”. A la réflexion, “conquirent et colonisèrent” sont synonymes de “dominé”. Pour cette raison, la phrase ci-dessus peut-être réexprimée de cette manière: Ces langues sont “des descendantes vivantes du latin parlé par les Romains qui dominèrent ces terres.” Ce rephrasé correspond parfaitement à l’idée citée ci-dessus qui veut que Rome “a dominé la plupart du reste du monde civilisé.”

Un autre mot pour “monde civilisé” est “civilisation”. Une définition peu remarquée de “civilisation” correspond l’idée mentionnée que Rome et les Romains “dominèrent”. Cette définition de “civilisation” est celle-ci: “l’imposition d’une certaine culture sur une population qui est étrangère.

Des étrangers forçant leur culture et leur language sur un autre peuple résulte en une domination étrangère du peuple sur lequel cette culture et ce langauage sont imposés. Les auteurs de “Latin for Americans” font référence à ce type de domination dans l’histoire alors qu’ils écrivent: “Rome était en même temps urbs et obis, cité et monde et le latin fut utilisé partout, remplaçant largement les langues locales natives.” La domination romaine a commencé cette tendance “à largement remplacer les langues natales”.

Tout ceci mène à un point d’importance capitale pour nos nations et nos peuples quand on utilise la langue anglaise pour décoloniser nos esprits: la domination est un synonyme de civilisé et vice versa. Dominer est un synonyme de “civiliser” et vice versa. Les sauvages non-civilisés sont des sauvages non-dominés; des sauvages “indomptés” veut dire ceux qui vivent toujours libres de toute domination.

Ce livre d’étude dit que “plus de 60% des mots anglais sont dérivés ou sont pris du latin.” Ces mots anglais peuvent se tracer jusqu’à Rome, l’empire romain et sa domination sans cesse en expansion (“civilisation”). Ils sont des mots de la langue anglaise qui furent d’abord développés dans une perspective romaine et nous devons prendre cela en considération.

Prenez par exemple le mot “conquérir”. Quand l’empire romain a conquis un endroit, cela veut dire qu’il a obtenu une “victoire militaire” ou un “triomphe” sur l’endroit et ce du point de vue de l’empire romain. Une victoire ou un “triomphe” est quelque chose qui est “célébré” ou “célébratoire” du point de vue de ceux qui se considèrent comme les “vainqueurs” ou les gagnants. C’est de ce point de vue qu’est venue l’expression: “l’histoire est toujours écrite par les vainqueurs” (NdT: que connait-on historiquement de la vie des Gaulois par exemple dans les années 50 av. J.C ? Rien… tout ce qui a été écrit sur les Gaulois vient du livre de Jules César “La Guerre des Gaules”, écrit par… le vainqueur d’Alésia. Ensuite, l’archéologie a confirmé ou infirmé certaines parties de ce que Julius Caesar a écrit…)

Ainsi qu’en est-il du point de vue de ceux sur qui les Romains considèrent avoir obtenu une victoire à célébrer ? Pourquoi des nations et des peuples qui furent sujets à la domination romaine appellent cela une “victoire” ? Si ceux qui sont dominés appellent la domination qui leur est imposée une “victoire” ou une “conquête”, cela suggère qu’ils se voient comme un ennemi contre qui une “victoire” ou une “conquête” ont été obtenues. Bizarrement, ils cadrent ce faisant la domination romaine réussie sur eux-mêmes non pas comme leur “défaite”, mais comme quelque chose à “célébrer”.

Nous, les peuples et nations originels de l’Île de la Grande Tortue, devons apprendre ce que nous venons de voir. Nous avons besoin de refuser de permettre que les mots de conquête victorieux et célébratoires s’appliquent à nos nations. Nous devons remplacer “conquête” et “conquis” par ceux de “dominé” et de “domination”. Ce faisant, nous reconnaissons de fait que nos nations ne sont pas défaites car nous continuons à questionner. à contester et à défier les schémas inacceptables et incessant de la domination qui nous est imposée. Nous devons adopter la position que nous avons le droit à tout jamais, de vivre libres de tout schéma de domination mis en place contre nous et primant sur la souveraineté de nos peuples et nos nations.

Le mot “domination” ne contient pas de vue célébratrice d’une imposition dominatrice. L’utilisation du mot “domination” est stratégique et tactique. Il montre que nous défions plus que nous acceptons la domination. Ceci ne donne pas non plus de “victoire” aux envahisseurs qui ont imposé cette forme de domination, qu’ils appellent du doux euphémisme de “civilisation”, à nos nations et peuples originellement libres.

Le juge de cour suprême John Roberts étudia cinq ans le latin en juste quatre ans. Nos pouvons donc assumer qu’il est très au courant de l’orientation dominatrice du mot dérivé du latin “subjection” utilisé contre nos nations à la fois par la majorité et les membres dissidents de la dite cour suprême quand elle rendît sa décision en Mai 2014 dans l’affaire Michigan contre Bay Mills Indian Community.

Le mot “subjection” veut dire “placer sous”, ou “classifier sous la domination de”, mais subjection remonte aussi au latin servitus, “esclavage, esclave, propriété”. La propriété a été définie comme “le premier établissement de domination physique socialement approuvé sur quelque partie du monde naturel”, qui est parfois appelé “occupation” ou “possession” (Jesse Dukeminier and James E. Krier, Property, Boston: Little, Brown and Co., 1981, p. 2). Une affirmation de domination préalable de possession par les Etats-Unis se trouve derrière l’utilisation par le gouvernement américain des expressions “nos tribus indiennes” ou de “tribus indiennes des Etats-Unis”.

Voici donc une question: Quel est notre contre-argument politique et décolonisant sur la déclaration du tribunal basée sur la langue latine, qui dit que nos nations existent en tant que “subjuguées, assujetties” à la domination américaine, qui est parfois aussi appelée “protection et autorité” ou “pouvoir plénière” des Etats-Unis ? Quel est notre contre-argument politique étant spécifiquement donné que les Etats-Unis affirment qu’un droit de “subjection” (servitus) et pré-supposé dans le “droit de découverte” chrétien et droit de “domination ultime” également connu en latin sous le vocable de dominorum christianorum et de dominationes ?

Résistance au colonialisme: Au XXIème siècle une cour d’appel américaine continue de se fonder sur des textes racistes du XVème siècle pour escroquer une nation indienne…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 9 octobre 2014 by Résistance 71

Un panel du tribunal du 9ème circuit réaffirme la doctrine de “la découverte et de la conquête”

 

Steven Newcomb

 

3 Octobre 2014

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/10/03/ninth-circuit-court-panel-reaffirms-discovery-and-conquest

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le 27 Août 2014, un panel de trois juges de la 9ème court d’appel a rendu une décision serrée (2-1) dans l’affaire White contre l’université de Californie. L’affaire judiciaire implique un contentieux au sujet de deux vestiges ancestraux de plus de 9000 ans que le Kumeyaay Cultural Repatriation Committee (KCRC) considère être les restes d’ancêtres du peuple Kumeyaay.

La 9ème cour d’appel les a nommé “La Jolla remains.” Les restes ancestraux Kumeyaay furent “découverts” en premier lieu en 1976 pendant une fouille archéologique sur le terrain de la résidence du chancleier de l’Université de Californie à San Diego et au sein du territoire de la nation Kumeyaay

En préambule de sa décision, le panel de la 9ème chambre a dit: “ Les Kumeyaay, aussi connus sous le nom de Ipai, Tipai ou Diegueño, ont occupé les zones du sud-ouest des Etats-Unis et du nord-ouest du Mexique de manière aborigène… La nation Kumeyaay occupe couramment des terres variées de San Diego et d’Imperial Counties en Californie jusqu’à plus de 100km à l’intérieur du territoire mexicain.”

Notons que la 9ème chambre d’appel n’a pas reconnu le fat que la nation Kumeyaay vivait originellement sur 100% de son propre territoire national, elle a dit plutôt que la nation Kumeyaay “occupait de manière aborigène la zone de…” ce qui veut dire appartenant aux Etats-Unis et au Mexique. L’utilisation de la phrase “occupé de manière aborigène” donne un contexte politique de colonisation étrangère. Le mot “aborigène” remonte à “aborigine” ce qui veut dire. “un habitant indigène spécifiquement en contraste avec un peuple envahisseur ou colonisateur.”

Le contexte “d’un peuple envahisseur ou colonisateur” est le cadre de référence utilisé par la 9ème chambre d’appel pour les zones “aborigènement occupées” du “sud-ouest des Etats-Unis et du nord-ouest du Mexique”. Ce phrasé spécifique ne considère la nation Kumeyaay qu’APRES qu’elle n’ait été envahie et colonisée ou devenue “indigène ». Pour éviter toute complication politique potentielle qui pourrait se produire après que la cour ait dit que la nation Kumeyaay “occupe toujours couramment” sa propre terre, la seconde note de bas de page de la cour stipule que, au vu de la cour, la nation Kumeyaay n’a “qu’un intérêt aborigène” sur les terres qu’elle occupe actuellement:

Note 2 de bas de page:

L’intérêt aborigène sur la terre est généralement décrit comme le droit d’une tribu à occuper la terre. Ce n’est pas un titre de propriété, mais fait valoir “le droit à l’occupation des sols que le souverain donne et protège contre l’intrusion de tierces parties.” Tee-Hit-Ton Indians v. United States, 348 U.S. 272, 279 (1955). Ce droit, qui est par nature résiduel, provient de la théorie légale que la découverte et la conquête ont donné aux conquérants le droit de posséder la terre mais n’a pas dérangé le droit des tribus à l’occuper. Voir Johnson v. M’Intosh, 21 U.S. 8 Wheat 543, 588-91 (1823).

La déclaration du panel de la 9ème chambre d’appel stipulant “le droit de tribu d’occuper la terre” et que cette occupation est “résiduelle par nature”, est important parce que “résiduel”dans ce contexte veut dire “en relation avec, ou constituant un résidu: restant après qu’une partie ait été prise”. La caractérisation du “droit de tribu à occuper la terre” en tant que “nature résiduelle” a dit le panel, “provient de la théorie légale de la découverte et de conquête qui ont donnés aux conquérants le droit de posséder la terre.” Réexprimé ceci devient: La découverte et la domination/colonisation ont donné aux dominants le droit de propriété à la terre.

Ce phrasé est pris du rendu de l’affaire Tee-Hit-Ton Indians v. United States. La décision majoritaire fut écrite par le juge Stanley Reed. Il écrivit à la cour: “Cette position sur le titre de propriété indien a été rationalisé depuis longtemps par la théorie légale qui dit que la découverte et la conquête ont donné aux conquérants la souveraineté sur les terres ainsi obtenues”, et la 9ème chambre et son panel ont dit que “la découverte et la conquête”, “ont donné le droit de propriété aux conquérants”.

Bien que la section entière que le juge Reed a cité du chapitre du livre de Wheaton; “Elements of International Law” est un peu longue, quelques passages choisis pertinemment nous donnent une vue de la base de cette “théorie légale” que la Cour Suprême des Etats-Unis a utilisé dans sa décision Tee-Hit-Ton et que la 9ème chambre d’appel a aussi utilisé pour décrire le droit de la nation Kumeyaay d’occuper la terre comme “résiduel”. Comme Wheaton l’a déclaré:

D’après les idées européennes de cet âge de la découverte, les nations païennes des autres endroits du monde étaient le butin et proies légaux des conquérants civilisés et entre les puissances chrétiennes elles-mêmes, le souverain pontif était l’arbitre suprême dans les conflits territoriaux.

Ainsi, la bulle du pape Alexandre VI (Inter Caetera 1493) réserva à l’Espagne toutes les terres non occupées par d’autres nations chrétiennes et la patente alouée à Henri VII d’Angleterre à John Cabot et ses fils, les autorisant à “rechercher et découvrir toutes îles, régions et provinces où que ce soit, qui pouraient appartenir à des païens et des infidèles et de les subjuguer, occuper et de posséder leurs territoires, comme ses vassaux et lieutenants”… Ceci devint alors une maxime politique et légale, que de dire que le droit des Indiens natifs était subordonné à celui du premier chrétien découvreur des terres…” (Wheaton insistait sur le mot “chrétien” dans le texte)

La citation d’à la fois Tee-Hit-Ton Indians and Johnson v. M’Intosh par la 9ème chambre d’appel est très important. Non seulement le juge Stanley Reed a t’il écrit l’opinion sur Tee-Hit-Ton de 1955 comme mentionné précédemment, mais il a aussi écrit une opinion de désaccord dans l’affaire Alcea Band of Tillamook de 1946 dans laquelle Reed disait que Johnson contre M’Intosh exprimait “la théorie” que “la découverte par les nations chrétiennes leur donnait la souveraineté et le titre de propriété des terres découvertes.” Dans ses Commentaries on the Constitution of the United States, publiés en 1833, le juge de la cour suprême Story, qui y siégeait alors toujours, soutint cette vue lorsqu’il écrivit:

Nous avons aussi vu que le titre de propriété des Indiens n’était pas traité comme un droit de propriété et de contrôle, mais juste comme une vague occupation de la terre. En tant que païens, infidèles et sauvages, ils n’étaient pas autorisés de posséder de quelconques prérogatives appartenant à des nations indépendantes, souveraines et absolues. Le territoire sur lequel ils vaquaient et qu’ils utilisaient pour leurs buts temporaires et fugitifs, était, en accord avec les chrétiens, considéré comme habité seulement par des animaux brutaux.

Et c’est sur la base de ce type de pensée bigote chrétienne que la 9ème chambre d’appel considère le droit de la nation Kumeyaay d’occuper la terre dans son territoire être “résiduel”. Le simple “droit d’occuper” est le “résidu” de ce qui reste après que les Kumeyaay aient été forcés de subir une “réduction” par laquelle la domination chrétienne et la subjugation non-chrétienne furent construites. Le droit des Kumeyaay d’occuper leur propre terre, sans aucun droit de propriété ou de contrôle est le résidu conceptuel restant après que les monarques chrétiens européens aient assumé la “domination ultime des terres pour eux-mêmes”, d’après le phrasé du rendu de l’affaire Johnson vs M’Intosh et qu’ils aient assumé que les nations originelles de la terre étaient “un peuple sur lequel le génie supérieur européen devait clâmer une ascendance”, la définition d’un mot comme “domination”.

En bref, la note 2 de White v. University of California est un résultat direct de l’affirmation faite il y a des siècles que les peuples chrétiens ont découvert les terres des “païens et des infidèles” et que de ceci en résulta le fait que les chrétiens furent permis de s’approprier et de clâmer la souveraineté chrétienne (dominium en latin, un droit de domination) sur toutes les nations originelles et les peuples de ce continent des Amériques, incluant la nation Kumeyaay.

Aujourd’hui, les Etats-Unis sont le successeur de cette affirmation de droit de la domination chrétienne basé sur une assertion de droit par la “découverte” chrétienne.

Mettre à bas l’empire, c’est mettre à bas le colonialisme existant depuis 1492… (Steven Newcomb)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 19 septembre 2014 by Résistance 71

Vers la libération globale de tous les peuples et toutes les nations

 

Steven Newcomb

 

Indigenous Law Institute
(1998)

 

Source: http://ili.nativeweb.org/global_liberation.html

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Steven Newcomb sur Résistance 71

 

L’article 1 de l’ International Covenant on Civil and Political Rights (ICCPR) dit: “Tous les peuples ont le droit à l’auto-détermination. En vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et conduisent librement leur développement économique, social et culturel.” Cette terminologie exacte peut aussi être touvée dans l’article 1 de l’International Covenant on Economic, Social and Cultural Rights (ICESCR).

Ces deux déclarations sur les droits de l’Homme de l’ONU ci-dessus mentionnées ont eu pour intention de servir plus comme “une formule plus élaborée des standards des droits de l’Homme” que de l’ “étape préliminaire” que fut la déclaration universelle des droits de l’Homme adoptée par l’assemblée générale de l’ONU le 10 Décembre 1948. En d’autres termes, le langage ci-dessus invoqué pour les peuples ayant le droit à l’auto-détermination que l’on trouve dans les déclarations du 16 Décembre 1966, fut en partie un effort de l’assemblée générale pour clarifier le cadre des droits de l’Homme qu’elle avait commencé à exprimer dans la déclaration universelle (cf Ian Brownlie, Basic Documents in International Law, 1983, p. 257

Dans le préambule de la déclaration universelle, nous voyons que l’assemblée générale a déclaré que les droits de l’Homme énumérés dans ce document sont “un standard commun de réalisation pour tous les peuples et toutes les nations”. Elle déclare de plus le besoin pour une “reconnaissance universelle et efficace” des droits y étant énumérés “à la fois au sein des peuples des états membres eux-mêmes et parmi les peuples des territoires sous leur jurisdiction.” En bref, l’ICCPR et l’ICESCR clarifient que l’auto-détermination est une partie essentielle de ce que l’AG de l’ONU a déclaré être “un standard commun de réalisation pour tous les peuples et toutes les nations”, incluant les peuples considérés être “sous la jurisdiction des états membres”.

L’article 3 de la proposition de l’ONU sur les droits des peuples indigènes

L’article 3 de la proposition initiale de la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes de l’ONU (DDPI) fut directement tiré de l’article 1 de l’ICCPR et de l’ICESCR. Ainsi l’article 3 stipule: “Les peuples indigènes ont le droit à l’auto-détermination. En vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et choisissent librement leur mode de développement économique, social et culturel.” Les rédacteurs de la proposition ont eu pour intention de vouloir dire que tous les peuples, incluant les peuples indigènes, ont le droit à l’auto-détermination. En ce moment, les délégations de gouvernement d’état au Groupe de Réflexion Inter-Sessionnelle sur les Droits des Peuples Indigènes essaient de donner une signification opposée à l’article 3 et d’imposer en substance une terminologie similaire à “tous les peuples, sauf les peuples indigènes, ont le droit à l’auto-détermination.

Quoi qu’il en soit, si les nations et peuples indigènes tombent dans la catégorie de “tous les peuples et nations” (comme stipulé dans la déclaration universelle des droits de l’Homme de l’ONU) et/ou dans la catégorie “ peuples sous la jurisdiction des états membres”, alors, d’après l’ICCPR et l’ICESCR, en tant que peuples ils sont considérés comme ayant droit à l’auto-détermination.

Les états s’opposant au principe de ce que les peuples et nations indigènes aient le droit à l’auto-détermination ont deux options ouvertes à eux. L’une est de tenter de complètement faire retirer les nations et peuples indigènes de la catégorie des “peuples” comme on le trouve dans les textes des Nations-Unies. Une façon serait pour eux de faire placer les nations et peuples indigènes dans la catégorie “individus sous la jurisdiction d’états démocratiques membres.”

La seconde possibilité ouverte aux s’opposant à l’auto-détermination des peuples et nations indigènes, est de soutenir un type de groupe indigène nominal ou des droits collectifs sous la domination et la jurisdiction des états. Ceci est le modèle de la loi américaine fédérale sur les Indiens et des “nations dépendantes domestiquement”. Sous cette option, le statut politique des nations indigènes est prédéterminé pour elles par les états, mais elles sont ensuite “libre de choisir leur développement économique, social et culturel”, néanmoins sujet à la domination ultime de l’état au sein duquel les peuples indigènes se trouvent localisés. Si elle est adoptée, cette option résultera en une application universelle d’un “cadre colonial démocratique” mondial. Quelque soit le scenario, le statu quo colonial actuel devient inscrit en un instrument international.

Définitions

Comme la déclaration universelle des droits de l’Homme de l’ONU se réfère aux “peuples des territoires sous la jurisdiction des états membres”, nous devons nous demander: Est-ce une référence à ce qui est maintenant communément appelé “peuples indigènes” ?

Le mot “jurisdiction” est dérivé du latin “jus” ou “juris” qui veut dire “loi” et “dictio”, de dico, voulant dire “prononcer”. Ainsi le mot “jurisdiction” veut littéralement dire “prononcer la loi”. La définition plus générale et plus proche de cette discussion est “l’extension de l’autorité d’un gouvernement” ou “la zone ou la limite au sein de laquelle un pouvoir peut-être exercé”. Parler de “peuples de territoires sous la jurisdiction d’états membres”, veut dire “sous l’autorité d’états membres”.

Le mot “autorité” nous amène au “pouvoir ou droit de commandement ou d’action, de domination et de contrôle”. Sur cette base, la phrase ci-dessus peut être comprise comme voulant dire “peuples de territoires sous la domination d’états membres”. Qu’est-ce qu’un “dominion” ? Le terme est dérivé du terme sanscrit “damayati” et du latin “domanus”, qui veut dire “celui qui subjugue”. On peut aussi remonter au latin “domo” qui veut dire “subjuguer, assujettir, placer sous contrôle, domestiquer, cultiver, labourer”. Le mot latin pour “cultiver” est “colere”, “coloniser”.

D’après l’amiral Samuel E. Morison, depuis son “l’Histoire du Peuple Américain” d’Oxford, la colonisation est “une forme de conquête dans laquelle une nation prend un territoire lointain, y injecte ses gens et contrôle ou élimine la population native.” Il décrit ensuite ce qu’il appelle la “colonisation moderne” ou “cette expansion incroyable pour le commerce et l’occupation des sols” par les Européens “qui eut pour résultat la domination du monde”. C’est ce processus de colonisation moderne qui “a produit des résultats durables en Amérique, en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Afrique du Sud et même dans ces pays d’Asie et d’Afrique qui ont gagnés leur indépendance depuis la fin de la seconde guerre mondiale.” (page 34)

Brièvement, la colonisation est le processus de subjugation, de domination, de contrôle par une puissance étrangère et d’exploitation sans fin des ressources. Ceci coïncide avec les racines étymologiques de “celui qui subjugue”. Ainsi, “l’histoire de la colonisation n’est pas seulement les migrations des hommes dans le monde. C’est aussi l’histoire de guerre et d’exploitation de races et de nations l’une envers l’autre.” (Henry C. Morris, The History of Colonization, From the Earliest Times to the Present Day, Vol. 1, 1904, p. 10)

Dans le cas des Etats-Unis, du Canada (du reste des Amériques), de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande et de beucoup d’autres endroits dans le monde, la phrase “peuples de territoires sous la jurisdiction d’états membres” veut dire: “peuples de territoires historiquement colonisés par des états membres (ou par les prédécesseurs des états membres”.”

Le “problème indigène” est un problème colonial

D’après l’imprimé no9 “Les droits des peuples indigènes” émis par la Haut Commissariat aux Droits de l’Homme (HCDH) de l’ONU, “les peuples indigènes ou aborigènes sont appelés ainsi parce qu’ils vivaient sur leurs terres avant la venue de développeurs de l’extérieur.” Le document dit de plus que les “nouveaux arrivants” devinrent par la suite dominants “par la conquête, l’occupation, la colonisation et autres moyens.

(Ce langage se trouve sur la première page de l’imprimé no9 first page of Fact Sheet No. 9.)

Ainsi, d’après le haut-commissariat aux droits de l’Homme de l’ONU, le terme “indigène” est proprement appliqué aux peuples qui ont été soumis à la domination ou, de manière un peu différente, se réfère à des peuples sur lesquels une domination a été établie. De manière intéressante, c’est aussi la définition de “peuples coloniaux” d’après l’anthropologue Laura M. Thompson dans son essai de 1943: « Steps Toward Colonial Freedom: Some Long-Range Planning Principles Toward a New World Order. » Il est curieux que la domination établie par les “nouveaux arrivants” sur les peuples indigènes “par la conquête, l’occupation, la colonisation ou autres moyens” ne soit pas caractérisée par le HCDH comme étant une violation “des droits des peuples indigènes”.

Dans la préface d’un autre livre de Thompson, John Collier, qui fut un haut commissaire américain aux affaires indiennes de 1933 à 1945, identifia le lien entre la politique américano-indienne et le colonialisme. Il fit remarquer: “Quand, en 1941, Harld L. Ickes, alors secrétaire à l’intérieur et moi-même, alors haut-commissaire aux affaires indiennes, avons sollicité la recherche dont ce livre est un des résultats, nous regardions les service des Indiens du gouvernement comme juste une des entreprises coloniales de l’administration, un fiduciaire, un service aux dépendances et minorités du monde” (Laura M. Thompson, Culture In Crisis, A Study of the Hopi Indians, 1950, p.12-13).

Les “peuples coloniaux” ne sont pas les colonisateurs. Ils sont pkutôt les peuples soumis à la domination des colons, à leur jurisdiction ou leurs règles. Les peuples coloniaux, colonisés, sont ces peuples et nations qui en résutat d’avoir historiquement été subjugués par le processus violent de la colonisation par les populations de colons, sont maintenus entravés perpétuellement. Une fois qu’ils ont été mis en état de colonisation, les colonisateurs leur refusent le droit de restaurer leur mode de vie pré-colonial libre et indépendant. C’est parce que les peuples et nations indigènes tentent d’utiliser le document de la déclaration des droits des peuples indigènes de l’ONU pour se libérer eux-mêmes de l’héritage de la domination coloniale et de l’oppression, que beaucoup d’états et en particulier les Etats-Unis, sont opposés à l’article 3 et autres provisions spécifiques de ce document.

La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, en se référant spécifiquement aux “peuples des territoires sous la jurisdiction des états membres”, se réfère aux peuples vivant sous la loi coloniale. Ceci décrit des peuples et nations indigènes. D’après le cadre international des droits de l’Homme , tous les peuples et nations du monde vivant sous un régime colonial ont le droit à l’auto-détermination exprimé dans les déclarations internationales des droits de l’Homme. Ils ont aussi le droit d’utiliser le principe même de l’auto-détermination pour se libérer de la domination coloniale. Les Etats, en revanche, n’ont aucun droit de bloquer ou d’interférer, la libération des nations et peuples indigènes sans violer les standards internationaux des droits de l’Homme.

L’article 3 et la peur des états “colons”

Dans l’ouverture de la déclaration générale du 4ème groupe de travail inter-sessionnel de l’ONU, les Etats-Unis ont exprimé leurs préoccupations au sujet de l’article 3. Certains, disent que les USA interprètent l’auto-détermination comme voulant dire le droit de se séparer ou de faire sécession du reste de la société. Adressons-nous à ces préoccupations.

La séparation

Basé sur une conversation avec un cadre du ministère des affaires étrangères américain, la mention de séparation est actuellement une peur que quelques peuples indigènes n’interprêtent l’article 3 comme voulant dire que les peuples et nations indigènes ont un droit d’indépendance.

Indépendance veut dire “la qualité d’être indépendant” tandis qu’indépendant veut dire “pas influencé ni contrôlé par d’autres”. En disant qu’ils ne veulent pas que les nations et peuples indigènes soient indépendants, les Etats-Unis disent qu’ils veulent que ces nations demeurent dépendantes. Appliqué à des peuples originellement libres et indépendants qui ont été soumis à la colonisation et forcés de vivre sous une administration coloniale comme identifiée par la haut-commissaire aux affaires indiennes John Collier, le terme de “dépendance” veut dire “subordination ou sujet à la règle coloniale.” Indépendance veut dire libre, dépendance veut dire entrave, subjugation ou tenu sous le joug colonial.

S’il est inacceptable pour tous les peuples et nations du monde de se libérer et de devenir indépendants de la domination coloniale, pourquoi donc tant de ces peuples et nations ont-ils été capables de le faire depuis la création de l’ONU en 1945 ? Cette question devient encore plus poignante lorsque nous considérons que les nations indiennes de l’hémisphère américain, la nation Kanaka Maoli d’Hawaii et tant d’autres peuples et nations forcés de vivre sous le nuage noir du colonialisme, vivaient totalement libres et indépendants avant que les empires de la chrétienté n’établissent leurs dominations coloniales sur les terres ancestrales et patries des nations et peuples indigènes.

Quand les 13 colonies britanniques le long des côtes de l’Atlantique nord ont fait leur déclaration au nom et par l’autorité du peuple des colonies, il fut dit “que ces colonies unifiées sont et doivent être de droit, des états libres et indépendants (de la couronne britannique).” Ils n’avaient pas de long précédent en ce domaine comme l’avaient les peuples et nations indigènes avec leur existence originelle libre et indépendante. Et malgré cela, les Etats-Unis considèrent avoir un haut niveau moral et en fait un des plus hauts points de l’histoire de l’humanité, pour que les leaders coloniaux aient publié la déclaration d’indépendance avec l’Angleterre.

La Déclaration d’Indépendance a marqué le début de l’indépendance pour ces treize colonies en tant qu’états libres et indépendants ; c’était une condition qu’ils n’avaient pas auparavant. Par contre, nos efforts en tant que nations et peuples indigènes de nous libérer de la domination coloniale est un effort pour NOUS RESTAURER NOUS-MEMES en tant que nations et peuples libres et indépendants et de récupérer une existence libre, comme nos ancêtres l’avaient et bien des générations auparavant, et ce durant des milliers d’années, ceci étant fondé sur notre spiritualité, notre connaissance de la loi naturelle et des instructions originelles. Ceci représente notre grande valeur morale sur la question.

La sécession

Quand les treize colonies de la côte atlantique nord-américaine se sont elles-mêmes déclarées libres et états indépendants et se sont jointes dans une union commune, elles sont entrées librement et volontairement dans une telle association. Une variation du mot “accéder” est “accession” qui veut dire “accord, consentement ou approuvement”. Le mot “sécession” est le contraire du mot “accession”. Faire sécession veut dire “retirer toute alliance formelle préalable, se retirer de tout accord, fédération ou association”. Ces trois relations politiques impliquent l’action préalable que les gens se soient mis d’accord à ces relations.

La relation entre un empire dominant, un état ou un peuple colonisateur et les peuples colonisés ne prend pas racines dans l’accession, le consentement ou la libre participation. Cela est enraciné dans l’oppression. Ainsi, il est impossible pour des nations et des peuples tenus par la force sous le joug colonial de faire sécession d’une telle relation politique abusive. Le faux problème provenant de la “sécession” est non squitur (ne suit pas) et ainsi est un faux-problème fait pour être provocateur et alarmiste à dessein.

L’empire américain et les nations et peuples indigènes

George Washington avait fait remarquer qu’en gagnant la guerre révolutionnaire, les 13 états avaient “établi les fondations d’un grand empire”. “C’est seulement par notre caractère uni, en tant qu’empire, que notre indépendance est reconnue, que notre puissance peut être vue ou notre crédit soutenu parmi les nations étrangères.” Thomas Jefferson, qui devint le ministre des affaires étangères de Washington et plus tard le 3ème président des Etats-Unis, demanda à Washington en 1784 s’il “était d’ordre pratique de maintenir notre empire séparé du reste du monde” (Richard Van Alstyne, Genesis of American Nationalism, p.3) Chief Justice Marshall, dans le rendu de l’affaire de la cour suprême Loughborough contre Blake (1820), se référa aux Etats-Unis sous le terme “d’empire américain” et dans l’affaire Downes contre Bidwell (1900), la cour suprême dit qu’en regard de l’expansion coloniale américaine, “un faux pas en cette époque pourrait-être fatal à ce que le juge suprême Marshall a appelé: l’empire américain.

Dès que les 13 colonies établirent leur propre libre indépendance politique, le nouvellement constitué empire fédéral conspira pour voler les nations originelles et les peuples des Amériques de leurs terres. Elles travaillèrent à enlever par la force nos ancêtres de leur existence et mode de vie libre et de nous forcer sous la loi coloniale. D’après l’historien Richard Van Alstyne, le cadre de référence des colons américains était “l’empire romain du temps d’Auguste”. En fait, Van Alstyne nota qu’ “avec la révolution à venir et l’ambition de souder les 13 colonies en un état national souverain, la substitution de la phrase ‘empire américain’ pour britannique venait facilement et des plus naturellement.” (Richard Van Alstyne, The American Empire, Its Historical Pattern and Evolution, 1960, p. 3). Maintenant, en 1998, ceux qui représentent l’empire américain essaient de maintenir le système de colonisation construit par leurs ancêtres et prédécesseurs.

Sur quel principe fondateur cet édifice colonial a t’il été construit ? D’après Temple Bodley “Qu’en est-il du droit des Indiens sur la terre qui a été la leur depuis des temps immémoriaux ? La réponse est qu’ils étaient regardés par les nations chrétiennes comme n’ayant aucun droit à l’exception de ceux que les nations blanches dominantes leur accordaient tout en s’appropriant leur pays et choisissaient de leur concéder. Sous les règles généralement reconnues par les grandes puissances d’Europe, les aborigènes non-civilisés comme les amérindiens, devinrent les sujets de ces nations qui les découvraient et s’appropriaient leurs terres. Leurs territoires devenaient la propriété de cette nation civilisée. Ce fut une règle dure pour les Indiens, mais elle fut édictée par les lions envers les agneaux.” (Our First Great West, In Revolutionary War, Diplomacy and Politics, 1938, p. 4)

Jusqu’à ce jour, la loi fédérale américaine sur les Indiens demeurent basée sur la doctrine chrétienne de la découverte et de sa domination (NdT: codifiée par le droit canon et les bulles papales Romanus Pontifex et Inter Caetera de 1455 et 1493) ou sur l’affirmation de la domination ultime chrétienne sur les “Indiens qui étaient païens”. Ce pré-supposé est édicté dans la décision de la cour suprème des Etats-Unis dans l’affaire Johnson contre M’Intosh de 1823 (21 U.S., 8 Wheat., 543). Cet ancien dogme de la chrétienté a été tissé avec les lois et les décisions de la cour suprême des Etats-Unis, qui maintenant servent de base fondamentale au système colonial sous lequel les Etats-Unis oppriment les nations et les peuples indigènes. Ceci est aussi utilisé par des nations régies par le droit coutumier anglais comme le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, contre leurs peuples et nations indigènes. Les Etats-Unis ont utilisé des variantes de cette idéologie pour soumettre d’autres peuples et nations indigènes comme par exemple les Kanaka Maoli des îles hawaiiennes, réduits sous la domination fédérale coloniale américaine. Le projet de déclaration des droits des peuples indigènes de l’ONU, incluant son article 3, est un effort des peuples et nations indigènes du monde d’utiliser les standards communs des droits de l’Homme pour éliminer à tout jamais l’utilisation de telles doctrines dégradantes et répugnantes comme celle de la domination chrétienne par la “découverte”, comme base relationnelle entre les nations européennes et indigènes.

Conclusion

Un des tenets centraux de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme est “le développement de relations amicales entre les nations”. La déclaration distingue aussi spécifiquement entre les nations et “états membres” de l’ONU. Comme nous l’avons montré ci-dessus, l’expression des droits de l’Homme contenue dans la déclaration universelle et dans les accords internationaux sur les droits de l’Homme, ont pour intention d’inclure en leur sein “les peuples des territoires sous la jurisdictions d’états membres”. Lorsque l’’affirmation” d’une “jurisdiction” de la domination par des états membres repose sur des affirmations d’un empire et de la découverte chrétienne de “païens” et, comme dans le cas des Etats-Unis, du Canada, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, ceci demeure bien plus en conformité avec des bulles papales émises par le Vatican au XVème siècle qu’avec les standards contemporains des droits de l’Homme.

Nous devons nous rappeler que ces bulles papales on donné à la chrétienté la plus haute sanction “morale” pour la “subjugation de nations barbares” et “d’envahir, de rechercher, de capturer, de vaincre et de subjuguer tous les sarazins, païens et autres ennemis du christ.” Les monarques chrétiens (équivalent de ce que sont nos États aujourd’hui) devaient “réduire ces personnes infidèles en esclavage perpétuel” (bulle papale Romanus Pontifex du 8 janvier 1455, voir Frances Gardiner Davenport, European Treaties bearing on the History of the United States and its Dependencies to 1648, 1917, p. 23). La bulle Inter Caetera émise par le pape Alexandre VI le 4 Mai 1493 a exprimé le désir du pape que “les nations barbares soient sugjuguées” et que “l’empire chrétien” soit étendu.

Malheureusement, beaucoup d’états qui ont construit leurs sytèmes coloniaux sur l’héritage des bulles papales, sur les chartes coloniales anglaises et autres idéologies archaïques du passé, tentent maintenant de maintenir le statu quo (oligarchique) sur cette base immorale. Ceci malgré le fait que ces doctrines aient été répudiées. Par exemple la décision de la Cour Pénale Internationale sur l’affaire du Sahara Occidental, la décision Mabo en Australie et la condamnation universelle de l’apartheid sud-africain en sont des preuves. Pour que des états récalcitrant se raccrochent à un cadre pseudo-légal, immoral et archaïque colonialiste alors que nous entrons dans le XXIème siècle (NdT: ce texte a été écrit en 1998 et rien n’a vraiment changé depuis, le statu quo oligarchique perdure sur bien des fronts…) est non seulement insultant pour les nations et peuples indigènes, mais aussi contre-productif. Cela envoie le message de ce que les peuples et nations indigènes ne seront jamais libérés d’un système de domination coloniale qui remonte à plus de cinq siècles !

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Steven Newcomb sur Résistance 71

La voie légale de la destruction de l’empire: Éliminer le colonialisme a sa racine…

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“Nous pensons que l’amour des possessions matérielles est une faiblesse qu’il faut surmonter. Ce désir fait appel à la partie matérielle et si on le permet, il pertubera en son temps l’équilibre spirituel de tout à chacun. Ainsi, les enfants doivent apprendre très tôt la beauté de la générosité. On leur enseigne de donner ce qu’ils ont de plus cher, ainsi ils peuvent expérimenter la joie profonde de donner.”

~ Ohiyesa, wahpeton Santee Lakotah (Sioux) ~

 

“Cela prend tout un village pour élever un enfant”
~ Dicton d’Afrique Occidentale ~

 

“Il n’y a pas de mot pour dire ‘mensonge’ dans la langue Lakotah ; personne n’est capable d’insulter quelqu’un ou quoi que ce soit. Dans la loi naturelle, chaque chose est à sa place. Où est le mal ? Il n’y a pas de mal dans la nature. En vivant par la loi naturelle, nous sommes capables de percevoir au travers de nos sens, nous développons une appréciation riche et pleine du monde réel qui nous entoure, pour ce que nous expériementons quotidiennement… pour la réalité.”

~ Russell Means, 2012 ~

 

Comprendre la doctrine chrétienne de la découverte, fondement du colonialisme occidental et de ses méfaits depuis le XVème siècle

 

La voie de la destruction légale de l’empire et du colonialisme occidental

 

Résistance 71

 

28 Mars 2014

 

De plus en plus de personnes prennent conscience du marasme politique et sociétaire dans lequel le monde se trouve. Nous sommes loin des années où évoquer le Nouvel Ordre Mondial et la dictature de la finance transnationale faisaient lever les sourcils et penser que l’interlocuteur relevait plus de la psychose que de la raison. Aujourd’hui, le mensonge, la duperie, le vol, le pillage, la déstabilisation de nations souveraines, les guerres pour le pur profit, sont monnaies courantes, quotidiennes et s’étalent au vu et au sus de toutes et tous ; le dernier épisode en date étant le putsch de l’extrème droite ukrainienne, soutenue, aidée et financée par l’occident et ses officines ONG, professionnelles de la déstababilisation politico-économique.

L’emprise économico-politique d’un petit nombre d’oligarques sur les affaires du monde est un fait établi et fait douter de moins en moins de personnes sur sa réalité de fait.

L’information alternative a contribué pour beaucoup à cette prise de conscience globale et les efforts doivent se poursuivre pour exposer les turpitudes de l’agenda mondialiste, mais nous devons également nous consacrer maintenant aux solutions à apporter au monde pour un changement de paradigme salvateur.

Bien des personnes parlent de “l’empire” en référence à l’entité qui a coalisé la haute finance et la grosse entreprise monopolistes pour phagocyter les États et mener le monde au chaos et à la gouvernance mondiale d’un fascisme supranational. Très bien. Mais comment en venir à bout ? Comment rendre aux peuples leur souveraineté, qui sera la base d’un changement de paradigme politique. La solution n’est pas économique, elle est politique. Le changement doit-être avant tout politique, car comme l’ont prouvé les travaux de l’anthropologue politique français Pierre Clastres (1934-1977, directeur de recherche au CNRS), la division de la société est politique avant d’être économique et c’est la division de la société qui amène l’avènement de l’État, paragon du pouvoir coercitif et répressif. Chaque état est un empire qui se réalise ou en puissance.

A cet égard, il convient de se poser une question somme toute relativement simple: Quelle est la base de l’empire dominant anglo-américain actuel et de ses satellites occidentaux ?

Il est à noter une chose ici qui est unique dans l’histoire de l’humanité ; en effet, jusqu’ici, tous les empires sans exception, que ce soit Athènes, Rome, Carthage, Byzance, puis les empires Francs (Charlemagne) jusqu’aux empires plus modernes à partir du XVème siècle qui nous préoccupe plus ici, du Portugal, Espagne, France, Angleterre, Ottoman, Allemagne, URSS, partageaient la même caractérisitque fondamentale: Une nation, un peuple, rayonne de son espace national vers l’extérieur pour y conquérir terres, ressources et nouveaux débouchés économiques, y envoie des colons s’y établir, mais conserve sa base territoriale “naturelle”, celle de la nation mère. Prenons par exemple les conquistadores espagnols et portugais, ceux-ci établissaient des colonies dans des contrées lointaines annexées sous la loi canon catholique de la doctrine de la découverte, mais n’avaient aucun désir de s’établir dans les contrées colonisées. Le but était: coloniser, exploiter, devenir si possible riche le plus vite possible et retourner à la maison en Espagne ou au Portugal vivre de ses rentes. Dans le cas de l’Amérique du Nord, devenue aujourd’hui le plus grand et plus puissant empire de l’histoire de l’humanité, il en fut bien différemment.

Pour la première fois dans l’histoire, des colonies, peuplées d’immigrants, volant et pillant les terres annexées au nom de la chrétienté et du droit divin dans un premier temps, étendant leurs possessions en dépouillant sans vergogne les natifs de l’endroit, allaient devenir un empire dont, et c’est bien là l’unicité historique en même temps que la plus grande chance légale d’y mettre un terme, la terre, le territoire est totalement illégitime et a été établi sur la base exclusive de lois chrétiennes racistes permettant le vol, le pillage, le génocide et l’ethnocide des populations locales, reconnues comme non-existantes du fait qu’elles étaient “non-chrétiennes” et païennes.

De fait, depuis le tout début du XVIème siècle, des colons établis sur des terres usurpées, ont développé leurs colonies (toujours dépendantes et liées à la City de Londres, plus grand centre financier mondial), pour en faire aujourd’hui, le plus puissant empire de l’histoire de l’humanité certes, mais un empire hégémonique qui possède en lui-même, contrairement aux empires européens précédant, une tare et une faiblesse faramineuse que l’oligarchie en place s’est bien sûr empressée de masquer et d’enfouir de son mieux: Cet empire n’a aucune base territoriale légale ni légitime. Donc, si on retire sa base territoriale à tout empire, que se passe t’il ? Il s’effondre inéluctablement. Voilà le talon d’Achille de cet empire, colosse aux pieds d’argile, voilà là où il faut le frapper. Comment ? En utilisant des flèches légales et en attaquant les dogmes erronés qui le fondent sous la forme de bulles papales datant du XVème siècle, qui sont le fondement même des lois de la propriété sur le continent des Amériques. Les nations autochtones des Amériques ont cette capacité, mais elles ont également besoin de nous pour détruire l’empire sans détruire les hommes. Détruire l’idéologie et la structure coloniale, sans détruire les ressources humaines.

Cela peut se faire de manière LÉGALE, sans armes, ni haine, ni violence.

C’est ce que nous allons étudier plus avant ici. Pour ce faire, il nous faut remonter aux origines de l’affaire de la colonisation du “nouveau monde”. Nous avons couvert certains aspects ici-même sur ce blog ; nous allons dans cet article, entreprendre d’éclairer l’affaire coloniale du continent américain en nous référant aux travaux du Professeur Robert Miller, professeur de droit à la faculté de Lewis & Clark Lawschool, Portland, Oregon et spécialiste du droit natif et de la “doctrine chrétienne de la découverte” (de pair avec le co-fondateur de l’Indigenous Law Institute: Steven Newcomb, qui présenta à cette mème conférence, après le professeur Miller).

Dans une analyse faite en Novembre 2012 devant la chambre des représentants de l’État d’Arizona (voir vidéo en exergue), le Prof. Miller explique plus avant au sujet de la doctrine chrétienne de la découverte et de son impact sur les nations autochtones aujourd’hui ; il explique également l’impact du dogme américain de la “destinée manifeste” (Manifest Destiny) concernant la “mission divine” des Etats-Unis d’Amérique.

 

Sur le rendu de justice de la cour suprêmes des Etats-Unis en 1823 suite à l’affaire Johnson contre McIntosh en relation avec la doctrine chrétienne de la découverte

 

L’analyse de ce rendu affirme explicitement que:

  • Le pays des Etats-Unis est construit sur la base de la découverte et de la conquête
  • La “découverte” a de facto limité les véritables droits à la propriété autochtone
  • La “découverte” a limité les droits de souveraineté tribaux

 

De là découlent les 10 éléments de la Doctrine Chrétienne de la Découverte:

  • Première découverte de terres non-chrétiennes
  • Occupation des sols: la découverte n’est pas suffisante, il faut qu’il y ait une occupation des sols => création de colonies
  • Pré-emption du titre européen:  Il suffit que les Européens arrivent et ils “créent” un nouveau monde/paradigme
  • Le titre de propriété indien est diminué et annihilé: Les Etats-Unis sont propriétaires du “titre foncier” de la terre et la souveraineté indienne s’est éteinte par le dominion résultant de la “découverte” européenne. Les indigènes ne conservèrent que le droit d’occupation de la terre. Ainsi les nations indiennes ne peuvent pas vendre la terre, seul le gouvernement des Etats-Unis le peut. (il est à noter ici que ceci est même impensable pour les sociétés traditionnelles amérindiennes qui toutes s’accordent sur un principe fondamental qui est que “La terre ne nous appartient pas, nous appartenons à la terre”, ceci en dit suffisamment long sur le concept de (non)propriété ancré dans les sociétés amérindiennes…)
  • Limitation des droits de souveraineté et des droits commerciaux des nations indigènes
  • Contiguité des terres à “annexer”
  • Terra Nullius: La terre est vide d’occupants chrétiens, le reste n’existant pas
  • Conquête: Loi de la guerre européenne, si les autochtones perdent la guerre, ils sont sous le coup de la loi de la guerre européenne ou, s’il n’y a pas de guerre, le simple moment où les Européens arrivent en terre non-chrétienne avec leur drapeau et la croix du christ, il y a conquête, cela suffit pour annihiler la souveraineté des païens résidents,
  • Supériorité chrétienne: supériorité culturelle. Les chrétiens amènent la civilisation et la chrétienté aux païens…
  • Civilisation => Le christianisme amène la civilisation aux sauvages incroyants

 

De cette interprétation de la Doctrine Chrétienne de la Découverte est venue, suite au jugement de l’affaire Johnson contre McIntosh, ce que les légistes actuels appellent toujours la “doctrine américaine de la découverte”. A ce sujet, Steven Newcomb insiste à juste titre de ne pas changer de terminologie et de conserver l’originelle et de toujours se référer à la “doctrine chrétienne de la découverte” parce que c’est de cela qu’il s’agit de manière fondamentale. La racine du mal est et demeure religieuse, malgré le gommage du temps et l’altération plus ou moins volontaire de la terminologie.

 

Des fondements religieux de la doctrine chrétienne de la découverte a également émergé le principe doctrinaire de la Destinée Manifeste (Manifest Destiny) des Etats-Unis, qui est le guide des actions américaines depuis l’indépendance de 1776. Ce principe fut repris de la doctrine instaurée en premier lieu vers 1690 par les immigrants puritains de la Nouvelle-Angleterre et de leur allégorie de “la cité lumineuse du haut de la colline” en se référant à leur colonie.

De fait, Miller nous confirme que les historiens américains sont souvent d’accord pour affirmer que les Etats-Unis ont:

  • Des vertus spéciales et de grandes institutions et sont “la cité lumineuse en haut de la colline” qui rayonne sur le monde
  • Pour mission de rendre le monde à leur image
  • Une destinée historique sous la guidance de dieu pour accomplir des choses merveilleuses

 

L’impact actuel de la Doctrine Chrétienne de la Découverte

 

  • Le congrès des Etats-Unis  possède un pouvoir pléniaire aux dessus des nations et tribus autochtones et peut faire ce qu’il veut
  • L’état américain est responsables des nations et tribus indigènes qui sont pupilles de la nation
  • La souveraineté de la gouvernance des nations et des tribus est diminuée à cause des 10 éléments de la Doctrine Chrétienne de la Découverte analysés ci-dessus

 

Soit, dirons Français et Européens du XXIème siècle, mais en quoi cela nous concerne t’il ?

Comme nous l’avons dit au début, comprendre l’empire, c’est comprendre la colonisation tant à la maison qu’outre-mer, nous en sommes tous victimes, nous sommes tous des colinisés ! Changer de paradigme politique, changer de système politico-économique passe avant tout par détruire le monstre froid qui nous “gouverne”, qui nous subjugue plutôt.

A cet égard, comprendre les origines profondes du colonialisme, plus grand fléau sociétaire de l’histoire de l’humanité, est promordial, parce que ce n’est que lorsque la vision sera claire, dénuée des écrans de fumée diffusés par la propagande oligarchique de toujours, que la conscience politique reviendra à son meilleur pour nous permettre de reprendre les commandes du bateau ivre à la dérive sur lequel nous sommes et le remettre en ligne parallèle avec celui des peuples indigènes que nous avons menacé depuis des siècles.

L’empire dominant depuis l’après seconde guerre mondial est l’empire anglo-américain, pourquoi “anglo”, parce que rien ne peut se faire sans l’aval du cœur même de la finance internationale: La City de Londres où règne la Banque d’Angleterre et inféodés, alias “la Couronne”, qui dirige les colonies, dominions du Commonwealth, dont les Etats-Unis sont un de facto satellite (sur un plan financier) et certainement le bras armé des banquiers mondialistes. Cet empire nous venons de le voir, n’a absolument aucune légitimité territoriale. Les Etats-Unis, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande ne possèdent rien ; il en va de même de toutes les nations d’Amériques du sud et centrale. Ces entités commerciales coloniales perdurent sur des terres volées et maintenues au pris du plus grand génocide de l’histoire de l’humanité. L’empire survit au gré d’une usurpation pseudo-légale, fondée sur des diktats religieux (chrétiens), racistes et esclavagistes datant du XVème siècle. Sa destitution territoriale est une affaire légale parfaitement envisageable dont voici un aspect sur lequel les peuples doivent appréhender pour pouvoir sortir de la domination du colosse aux pieds d’argiles. En cela, les nations indigènes de deux continents (Amérique et Océanie) avec un soutien international, peuvent mettre l’empire à genoux et le détruire à tout jamais ainsi que l’outil capitaliste qui le soutient dans son hégémonie. De là renaîtra un monde ou la possibilité d’y voir émerger égalité, fraternité et donc liberté sera réelle et il ne tiendra qu’à nous les peuples de le réaliser.

L’avenir de l’humanité passe par l’organisation d’un nouveau paradigme politique et social, un renouveau politique passant par l’avènement des confédérations de communes égalitaires, fraternelles et donc libres, La voie est tracée par tous les peuples indigènes traditionnels du monde, qui vivent au gré de la loi naturelle et de l’entraide mutuelle. L’avenir de l’humanité passe par la délivrance du colonialisme toujours actif et bien présent. Ceci se produira lorsque les peuples colons occidentaux, enfin libérés et émancipés de l’idéologie colonialiste qui leur a été imposée aveuglément au fil de l’histoire, se tiendront debout, côte à côte avec leurs frères des peuples indigènes, provoquant de la sorte une véritable réconciliation culturo-politique et une union qui sera fatale à l’oligarchie répressive dominante. De là, les peuples reconquèreront véritablement leur souveraineté et c’est ensemble qu’ils gèreront le monde, la nature et ses ressources, par la base, sans délégation de pouvoir et sans mesures de répression.

Le mouvement de conscience est en marche, puis viendra sa mise en pratique. L’humanité prévaudra sur le monstre froid du colonialisme mercantile oligarchique, qui n’a fait qu’amener inégalité, misère, destruction, violence, répression, guerres, génocides, esclavages, salariats et contrôle sur une humanité enfumée et indolente.

Ceci touche à sa fin, la résurgence indigène se ligue avec les opprimés du monde dont nous faisons toutes et tous partie et la résultante donnera raison à Victor Hugo lorsqu’il disait: “Aucune armée ne peut faire face à une Idée dont l’heure est venue.”

 

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Sources ayant servi à la rédaction de cet essai:

 

Conférence du professeur Robert Miller au parlement de l’état d’Arizona, Novembre 2012 (vidéo, en anglais: 31 min):

 

http://www.youtube.com/watch?v=QBAqizD_7Ls&feature=plcp

 

Vidéos conférences sur la Doctrine Chrétienne de la Découverte:

 

http://www.dismantlingdoctrineofdiscovery.org/#!resources/c1xnc

 

http://www.youtube.com/watch?v=QZBKbNhfh-c&feature=plcp

 

Conférence du professeur David Stannard sur l’Holocauste américain:

 

http://www.youtube.com/watch?v=Qra6pcn4AOE

 

Séminaire International sur la Doctrine Chrétienne de la Découverte:

 

http://media.wix.com/ugd/3a8566_30f09000b79dc84134566c6d66aadf26.pdf

 

Résistance politique: Une étude de la doctrine chrétienne de la découverte ordonnée par l’UNPFIP

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 25 mars 2014 by Résistance 71

S’il ne faut jamais attendre grand chose de l’ONU sur un plan pratique puisqu’elle est par essence pieds et poings liés à l’oligarchie qui l’a créée en première instance, le fait d’amener ce sujet de la doctrine chrétienne de la découverte, fondement « légal » ou voulu comme tel du colonialisme occidental depuis le XVème siècle, cela aura au moins pour mérite d’amener les feux de la rampe voire une certaine attention publique et médiatique sur ce ce qui est la véritable clef des solutions pour l’annihilation de l’empire anglo-américain.

Pour y parvenir, il faut que le plus de personnes possible soient mises au courant de ce qu’est la doctrine chrétienne de la découverte (bulles papales Romanus Pontifex et Inter Caetera de 1455 et 1493) et également être familier avec le plus grand cas légal qui incorpora cette doctrine chrétienne raciste dans la loi des Etats-Unis régissant la propriété et la souveraineté sur les territoires, le verdict de l’affaire Johnson contre McInstosh, Cour Suprême des Etats-Unis, 1823.

Le public français et francophone doit savoir sur quoi est fondé le colonialisme occidental depuis plus de 500 ans: Une doctrine religieuse raciste, génocidaire et eslavagiste, incorporée aux lois des états-nations et qui régit toujours aujourd’hui les lois foncières et de souveraineté des nations indigènes aux Etats-Unis, au Canada, en Australie et en Nouvelle-Zélande.

— Résistance 71 —

 

Le Forum permanent des Nations Unies questionne la doctrine de la découverte

 

Peter d’Errico

 

20 mars 2014

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/03/20/un-permanent-forum-raises-stakes-christian-discovery-doctrine?page=0%2C0

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le professeur Joshua Jeffers, candidat au doctorat en histoire et enseignant à l’université de Purdue, a écrit une étude importante sur la Doctrine Chrétienne de la Découverte, étude publiée dans le magazine d’histoire de l’état du Maryland au printemps 2013. Jeffers a commencé son étude, validée universitairement, avec une discussion de la décision de la cour suprême des Etats-Unis de 1823 dans l’affaire Johnson contre McIntosh, qui fit de la doctrine “le principe légal fondamental sur lequel est fondé le droit à la propriété foncière des Etats-Unis… avec des conséquences dévastatrices pour les nations amérindiennes.”

Après une stricte analyse de la trajectoire de la doctrine chrétienne de la découverte depuis ses origines dans les decrets papaux du XVème siècle, Jeffers explore les façons par lesquelles cette obscure doctrine légale religieuse a émergé dans la discussion ouverte de notre époque. Il décrit la situation actuelle comme “augmentant l’agitation à son sujet”. Les lecteurs du présent média sont les témoins de cette agitation tandis que les colonnistes et les articles de presse rapportent le mouvement croissant pour amener les Nation-Unies à focaliser sur la doctrine chrétienne comme étant une doctrine coloniale et impérialiste.

Dans une conclusion provocante, Jeffers suggère que le défi des peuples indigènes du XXIème siècle à cette doctrine est tout aussi signifiant que les débats ayant eu lieu au XVIème siècle et qui examinèrent le sous-jacent théologique et légal du colonialisme espagnol. Il montre que l’examen récent de Johnson contre m’Intosh, appelant à remettre en question sa légitimité comme précédent, fait aussi écho des arguments au sujet des spéculateurs terriens britanniques du XVIIème siècle et des théoriciens légaux américains des XVIII et XIXème siècles.

La conclusion de Jeffers au sujet de la signifiance historique du moment présent semble amplement soutenue par les faits. Comme il le note fort justement, “dans les deux dernières décennies, plus de 750 articles et plusieurs livres venant d’universitaires aussi variés que des politologues, légistes et historiens de la colonisation, ont critiqué vertement la décision de la cour suprême dans l’affaire Johnson contre MacIntosh.”

Il y a non seulement eu une explosion des commentaires critiques dans le monde universitaire, mais la critique a aussi débordé en dehors du débat académique pour aboutir dans la presse et l’arène politique.

La 11ème session du Forum Permanent de l’ONU sur les problèmes indigènes (2012) a examiné la Doctrine Chrétienne de la Découverte en tant que “thème spécial”. La session impliqua un panel d’experts internationaux, en préparation d’un article sur la conférence et des déclarations venant de membres de peuples indigènes de partout dans le monde. Le rapport de la session a recommandé qu’une étude formelle se tienne pour le Forum Permanent lui-même.

L’étude recommandée par la session spéciale a été préparée par Mr Edward John, un membre du Forum, et est maintenant dans sa phase finale de révision. Elle sera présentée à la 13ème session du forum, programmée pour les 12-23 Mai 2014. Mr John enquête non seulement sur les “impacts” de la Doctrine Chrétienne de la Découverte, mais aussi de ses “mécanismes, processus et instruments de rectification”.

L’étude va de fait atteindre le niveau de signifiance historique suggérée par le Professeur Jeffers: Elle représente une mise en examen mondiale de la notion de découverte chrétienne, avec ses implications légales, politiques et économiques, ainsi que la place réelle de la religion dans les activités de gouvernement. La question est de savoir si la discussion va se concentrer sur le verbe “rectifier” comme “rhabiller” ou comme ‘remettre en position droite, donc rectifier un tort” (NdT: le verbe incriminé ici en anglais is “redress” qui peut avoir deux sens: rectifier un tort ou rhabiller, difficle à transcrire le jeu de mot dans la traduction… voir la phrase dans l’article original).

Il convient d’abord de se référer à la doctrine avec son véritable nom, celui de: Doctrine Chrétienne de la Découverte et non pas à la phrase commune à laquelle se réfère bon nombre d’écrivains, même ceux qui lui sont critiques et qui l’appelle “doctrine de la découverte”. Le véritable nom insiste sur le fait que la doctrine est fondamentalement enracinée dans la religion dès l’origine. Ce n’est pas une règle séculiaire, mais une règle de discrimination religieuse.

Nous devons à Steven Newcomb (NdT: que nous traduisons régulièrement sur ce blog…) d’avoir établi la base académique de ce sujet en démontrant l’enregistrement historique et documenté de la “découverte” comme étant de fait une doctrine religieuse. Ce fut Newcomb qui martela sans cesse les termes de “doctrine chrétienne de la découverte” et ce à une époque où la vaste majorité des écrivains se référaient simplement à elle dans les termes de “découverte européenne”. (NdT: Sciemment ou non est une autre histoire…)

L’archivé historique montre que “la découverte européenne” est la “découverte chrétienne” et ceci est très clair depuis l’intrusion coloniale initiale, lorsque que Christophe Colomb planta le drapeau espagnol sur le “Nouveau Monde” en 1492.

En 1493, la bulle papale “Inter Caetera” du pape Alexandre VI félicitait “notre fils bien-aimé, Christopher Colombus” et pour la couronne espagnole qui finançait Colomb, le pape “donne, accorde, octroit et vous assigne à vous et vos héritiers et successeurs, rois de Castille et de Leòn, à tout jamais… tous les droits, jurisdictions et appartenances, de toutes les îles et des terres (continentales) trouvées et à trouver, découvertes et à découvrir.” La seule limite de l’octroi du pape était si les terres étaient déjà “en possession de quelque roi ou prince chrétien”. Le nom même de Colomb porte témoignage de la doctrine. Comme le stipule le dictionnaire d’anglais Oxford: “Chistopher” veut dire “porteur du Christ”.

Comme le signale le professeur Jeffers, les racines doctrinaires de la découverte chrétienne remonte même à plus loin, au XIIIème siècle, le pape Innocent IV qui “donna aux Chrétiens l’autorité légale de circonvenir à la propriété non-chrétienne et aux droits de souveraineté.” Aux XVIème et XVIIème siècle, des chercheurs en droit tels Franciscus de Victoria et Hugo Grotius commencèrent de développer ce qu’ils appelaient le “droit international” (c’est à dire la loi du système de l’état-nation). Ils construisirent sur des précédents papaux “légitimisant la confiscation des terres, propriétés et souveraineté des peuples non-chrétiens.”

Le rendu Johnson contre MacIntosh a admis cette origine religieuse. Comme le juge suprême Marshall l’écrivit: “Personne des puissance européennes ne donna plus son plein assentiment à ce principe que l’Angleterre. Les documents à ce sujet sont nombreux et complets. Dès l’année 1496, son monarque donna une commission aux Cabot de découvrir des terres alors inconnues au peuple chrétien et d’en prendre possession au nom du roi d’Angleterre.

Les Etats-Unis furent aussi abrupts lorsqu’ils clamèrent les terres des Indiens Tee-Hit-Ton en 1955. Leur résumé légal fonda explicitement l’affirmation de droit sur la doctrine chrétienne de la découverte: “La doctrine de titre de propriété par la découverte n’est pas juste une doctrine catholique romaine, mais plutôt un principe auquel toutes les nations chrétiennes adhèrent.” Le résumé légal expliquait qu’alors même que les Etats-Unis ne “reconnaissaient pas les papes comme la source de leurs titres de propriétés”, le concept de titre par la découverte était “fondé sur la même idée que les terres occupées par les païens et infidèles étaient ouvertes à toute acquisition par les nations chrétiennes.

Johnson contre M’Intosh et l’affaire Tee-Hit-Ton sont toujours considérés comme des précédents valides dans les tribunaux américains. Les cours de justice à tous les niveaux citent souvent ces décisions. Le plus souvent ces jours-ci, les tribunaux n’élaborent pas sur les fondements religieux sous-jacents de ces décisions. Comme le dit Jeffers, les noms de ces affaires sont maintenant “un raccourci logique pour déclarer que le titre de propriété indigène de la terre était inférieur à celui du titre européen.”

Il serait très embarrassant aujourd’hui pour les puissances coloniales et leurs descendants dans les états-nations variés du monde de parler ouvertement des fondements religieux des lois établies en regard des nations autochtones. Ceci ne veut pas dire qu’il n’y ait personne qui implique et embrasse la religion au sein de l’exercice du gouvernement (des sionistes aux chrétiens évangélistes en passant par les partis politiques islamistes), mais il convient de dire que la position normale des état membres des Nations-Unies est maintenant de manière générale, nettoyée d’une telle rhétorique.

L’étude à venir du Forum Permanent fera monter l’attention rhétorique du discours international au sujet des peuples indigènes à son plus haut niveau depuis 500 ans. Ceci représente une opportunité et un défi. Les références répétées de l’étude pour “redresser” veut peut-être juste dire “rhabiller” une vieille doctrine ; un tel rhabillage de la doctrine peut-être anticipé et prévenu si des références à “l’auto-gouvernance”, “contrôle des terres” et autres aspects d’une “souveraineté effective”, sont bien comprises et mises en avant.

Peter d’Errico est diplômé de la faculté de droit de Yale (1968) Il a été l’avocat du Dinebeiina Nahiilna Be Agaditahe Navajo Legal Services, 1968-1970, à Shiprock . Il a enseigné le droit à l’université du Massachusetts, Amherst, 1970-2002. Il est avocat consultant sur les problèmes légaux indigènes.

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Autre lecture sur l’affaire Johnson contre McIntosh (1823):

https://resistance71.wordpress.com/2014/03/12/resistance-au-colonialisme-le-vol-des-terres-amerindiennes-enterine-par-une-decision-de-la-cour-supreme-de-1823/

Sur les bulles pontificales Romanus Pontifex, Inter Caetera et sur l’origine religieuse du colonialisme occidental:

https://resistance71.wordpress.com/2013/10/09/lorigine-profonde-du-colonialisme-occidental-les-bulles-pontificales-romanus-pontifex-1455-et-inter-caetera-1493/

500 ans d’injustice (Steven Newcomb) et liens sur l’origine du colonialisme:

https://resistance71.wordpress.com/2013/10/12/les-origines-du-colonialisme-inhumain-trop-inhumain-selon-le-vatican/

La bulle papale Inter Caetera de 1493 (Steven Newcomb):

https://resistance71.wordpress.com/2013/10/05/au-sujet-de-lorigine-du-colonialisme-la-bulle-papale-inter-caetera-alexandre-vi-1493/

 

Résistance au colonialisme: Le vol des terres amérindiennes entériné par une décision de la cour suprême de 1823…

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Note de Résistance 71: Il est très important de comprendre les tenants et aboutissements de cette affaire légale, car ce jugement de la cour suprême des Etats-Unis datant de 1823 sur l’affaire Johnson contre McIntosh, a non seulement établi la loi sur la propriété aux Etats-Unis, mais ce cas a également fait jurisprudence et a été cité à maintes reprises dans les tribunaux anglo-saxons coloniaux du Canada, d’Australie et de Nouvelle-Zélande afin de confirmer la non-souveraineté et l’impossibilité pour les peuples autochtones à posséder la terre.
Avec comme base pseudo-légale la doctrine chrétienne de la découverte fondée sur le droit canon (Vatican), nous nous rendons compte que le droit de propriété des envahisseur du nouveau monde est purement fictif et ancré dans une idéologie profondément religieuse et raciste. De fait, la base territoriale de l’empire, de l’impérialisme anglo-saxon, est usurpée, illégale et criminelle puisque fondée sur le non-droit des nations originelles, dépouillées sans vergogne de leur souveraineté territoriale, politique et culturelle.
Tout ceci doit prendre fin, pour le salut de l’humanité… L’empire n’a pas de base territoriale légale, c’est aussi simple que cela. De là, y donner les suites nécessaires devrait être à l’ordre du jour. Les Amérindiens s’y emploient, mais ils ont besoin de nous, car n’oublions jamais que nous sommes tous des colonisés !

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1823: La cour suprême des Etats-Unis décide que les Amérindiens ne possèdent pas la terre

 

Native Voices

 

url de l’article:
http://www.nlm.nih.gov/nativevoices/timeline/271.html

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

La première de trois affaires de justice (connue sous le nom de la “Trilogie Marshall” du nom du juge ayant rendu les verdicts au nom de la cour suprême des Etats-Unis), qui devient la fondation même de la loi américaine sur les Indiens, est décidée.. L’affaire implique une série de transferts de terres. Dans les années 1770 (avant l’indépendance de 1776), les Indiens Illinois et Plankeshaw, ont vendu des terres de ce qui est aujourd’hui l’état de l’Illinois, à un Thomas Johnson. Après l’indépendance américaine (1776), les Indiens vendirent la même terre au gouvernement américain, qui lui, la revendit à un William McIntosh. Dans l’affaire Johnson contre M’Intosh, le juge suprême de la cour des Etats-Unis John Marshall entérine la validité de la propriété de la famille McIntosh, terres achetées au gouvernement fédéral américain. La raison invoquée est que le gouvernement fédéral contrôle désormais la terre et que les Indiens n’ont qu’un “droit d’occupation” et n’ont effectivement aucun droit de propriété de la terre.
Le juge Marshall fonda sa décision sur la “doctrine chrétienne de la découverte”, référant à la manière dont les puissances coloniales ont pris possession des terres nouvellement découvertes: en d’autres termes, la propriété de la terre va à ceux qui la “découvrent” et ce sans égards envers tout non-chrétien s’y trouvant au préalable. Dans l’affaire Johnson vs M’Intosh et d’autres cas légaux, la doctrine a eu pour effet d’ignorer la possession aborigène des terres. Les autres cas de la “Trilogie Marshall” sont La nation Cherokee contre l’état de Georgie (1831) et Worcester contre l’état de Georgie (1832).

Source: http://www.nlm.nih.gov/nativevoices/timeline/271.html

Sur Wikipedia:
http://en.wikipedia.org/wiki/Johnson_v._M’Intosh

 

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Compte-rendu de l’affaire Johnson contre McIntosh (1823)

 

Chicago-Kent College of Law

 

Source: http://www.oyez.org/cases/1792-1850/1822/1822_0

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Note de Résistance 71: Il est très important de comprendre les tenants et aboutissements de cette affaire légale, car ce jugement de la cour suprême des Etats-Unis datant de 1823, a non seulement établi la loi sur la propriété aux Etats-Unis, mais ce cas a également fait jurisprudence et a été cité à maintes reprises dans les tribunaux anglo-saxons coloniaux du Canada, d’Australie et de Nouvelle-Zélande afin de confirmer la non-souveraineté et l’impossibilité pour les peuples autochtones à posséder la terre.
Avec comme base pseudo-légale la doctrine chrétienne de la découverte fondée sur le droit canon (Vatican), nous nous rendons compte que le droit de propriété des envahisseur du nouveau monde est purement fictif et ancré dans une idéologie profondément religieuse et raciste. De fait, la base territoriale de l’empire, de l’impérialisme anglo-saxon, est usurpée, illégale et criminelle puisque fondée sur le non-droit des nations originelles, dépouillées sans vergogne de leur souveraineté territoriale, politique et culturelle.
Tout ceci doit prendre fin, pour le salut de l’humanité… L’empire n’a pas de base territoriale légale, c’est aussi simple que cela. De là, y donner les suites nécessaires devrait être à l’ordre du jour. Les Amérindiens s’y emploient, mais ils ont besoin de nous, car n’oublions jamais que nous sommes tous des colonisés !

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Les faits

En 1775, Thomas Johnson et d’autres citoyens britanniques achetèrent de la terre dans le territoire du nord-ouest, alors la colonie de Virginie, de membres de la nation indienne Piankeshaw. Cet achat fut arrangé sous l’égide de la proclamation du roi d’Angleterre, dite proclamation de 1763. Thomas Johnson laissa cette terre en héritage aux siens. En 1818, William McIntosh acheta du congrès des Etats-Unis, 11 000 acres de cette même terre au préalable achetée par Johnson. Réalisant le conflit dans les titres de propriété, les héritiers de Johnson attaquèrent en justice les McIntosh auprès du tribunal de district de l’Illinois afin de récupérer la terre. Le tribunal de district trancha en faveur des McIntosh, déclarant que le titre de propriété des McIntosh était valide car délivré par le congrès des Etats-Unis d’Amérique. Les héritiers de Johnson firent appel devant la cour suprême des Etats-Unis.

Question 

La requête de McIntosh au sujet de la dispute sur la propriété des terres était-elle supérieure à celle des Johnson parce que la requête de McIntosh était le résultat d’une action du congrès des Etats-Unis ?

Conclusion
La réponse fut oui. Dans une décision unanime, la cour suprême confirma le titre de propriété de McIntosh supérieur à celui de Johnson, reconfirmant ainsi le verdict du tribunal de district. Dans une opinion écrite par le juge suprême John Marshall, la cour suprême avait établi que le gouvernement fédéral avait “seul le droit” de négociations avec les nations autochtones. Par la guerre révolutionnaire d’indépendance et les traités qui s’en suivirent, les Etats-Unis gagnèrent le “droit exclusif… de mettre un terme au titre de propriété des Indiens sur la terre et d’attribuer le sol.” Les Indiens eux-mêmes n’avaient pas le droit de vendre des propriétés à des individus. La requête de McIntosh, dérivée du congrès des Etats-Unis, était supérieure à la requête de Johnson, qui elle était dérivée des droits non-existants des Indiens à vendre leur terre.