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Résistance au colonialisme: Non au jour de Colomb, célébration du plus grand génocide de l’histoire de l’humanité !…

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Nous avons publié ce texte en octobre 2016 qu’il est toujours bon de rappeler en ce jour férié de “Christophe Colomb”  en Amérique, jour qui fête les actions génocidaires d’un mercenaire italien en mission pour le Vatican et la couronne d’Espagne, un massacreur patenté, ange de la mort d’un occident chrétien pilleur et génocidaire, toujours adulé dans nos livres d’histoire falsifiée.

Nous y ajoutons quelques citations de circonstance…

Ce jour est, de fait, le jour marquant la résistance des nations amérindiennes au terrorisme chrétien sur leurs terres ancestrales depuis 1492, qu’on se le dise !…

~ Résistance 71 ~

“Un des plus gros problèmes pour les peuples amérindiens est celui des missionnaires. On a souvent dit que lorsqu’ils arrivèrent sur ce continent, ils n’avaient que le livre et nous avions la terre ; maintenant nous avons le livre et ils ont la terre. […] Colomb a réussi à combiner la religion et l’immobilier dans sa proclamation de découverte, s’emparant du Nouveau Monde pour le catholicisme et l’Espagne. Depuis cette époque, les missionnaires furent toujours incapables de faire la distinction entre leur mission religieuse et leur insatiable faim de terre.
[…] L’acquisition de terres et le travail de missionnaire sont deux choses qui ont toujours marché la main dans la main au gré de l’histoire américaine.”
~ Vine Deloria Jr. ~

“J’appelle le christianisme le plus grand fléau, la grande dépravation intrinsèque, le grand instinct de vengeance, pour qui aucun moyen n’est assez venimeux, ou secret, sous-terrain et mesquin ; je l’appelle la grande immortelle immoralité de la race humaine…”
“On ne se ‘convertit’ pas au christianisme, on doit d’abord être suffisamment malade pour ce faire…”
~ Frédéric Nietzsche ~

“Puis [le juge] Marshall affirma que les monarques européens se sont convaincus eux-mêmes qu’ils étaient justifiés d’assumer “l’ultime domination” sur les terres nouvellement “découvertes” du continent parce que les Indiens seraient adéquatement compensés par la civilisation européenne et le christianisme. Comme le dit Marshall, les Indiens recevraient la civilisation et le christianisme “en échange” de “l’indépendance illumitée” pour les Européens. […]
La répétition des expressions peuple chrétien et prince ou peuple chrétiens et la distinction faite entre les deux catégories de peuple chrétien et de natifs, qui étaiet païens, nous permet de bien saisir le fondement et le contexte religieux de ce concept de découverte. Ceci est aussi pourquoi il est plus précis de se référer à la conception principale qui régit le verdict de l’affaire Johnson contre McIntosh comme étant celle de la découverte chrétienne que simplement la découverte ou découverte européenne. Le fait que [le juge] Marshall ait aussi associé le principe de découverte chrétienne avec les affirmations de domination euro-chrétiennes, est illustré par son insistance sur le fait que le roi d’Angleterre donna à John Cabot et à d’autres explorateurs anglais le “droit de prendre possession” des terres barbares et paiennes. L’expression de Marshall droit de prendre possession, dont Thomas Hobbes dit qu’il “est appelé dominion”.
C’est pourquoi la déclaration de Marshall disant que les Anglais ont assumés un “droit de prendre possession” fut une autre façon que de dire, au nom de la cour suprême des Etats-Unis, que les peuples chrétiens avaient assumé la “domination” sur toutes terres non-chrétiennes qu’ils avaient localisées sur le continent nord-américain.”
~ Steven Newcomb, “Païens en terre promise”, 2009 ~

 

Journée Christophe Colomb mythe et réalité de la célébration morbide de l’holocauste du continent américain

 

Résistance 71

 

10 octobre 2016

 

Tous les écoliers d’Amérique du Nord apprennent ce poème qui commence par ces vers devenus forcément célèbres:

“In fourteen hundred ninety-two

Colombus sailed the ocean blue,”

Poème écrit pour immortaliser auprès de la jeunesse la “découverte” du “nouveau monde” par la chrétienté occidentale au XVème siècle.

Colomb, un aventurier italien, mercenaire du roi d’Espagne, de son nom espagnol Cristobal Colón, qui veut dire “le colonisateur porteur de la croix” posa le pied sur les îles des Caraïbes le 12 octobre 1492, où il fit de suite érigé une croix et des gibets, histoire de donner d’entrée, le ton de l’aventure.

Le narratif colonial nous dit qu’il apporta les lumières de la civilisation chrétienne en ces terres païennes, le poème à sa gloire citant même le “commerce des épices” avec les locaux.

Si bon nombre connaît le narratif officiel, immortalisé par le “Gégé” national dans un film de propagande de commande réalisé par Ridley Scott en 1992, dont le but évident fut de redorer l’image de Colomb ternie par la vérité historique émergeant pas à pas et contrant le narratif propagandiste colonialiste.

Le 12 octobre fut célébré pour la première fois 300 ans après l’arrivée de Colomb, le 12 octobre 1792. Le 12 octobre fut déclaré fête nationale “Colombus Day” en 1912, puis de nouveau par le président FDR en 1934. Ce n’est que plus tard, sous la présidence de Richard Nixon, en 1971, que “Colombus Day” fut établi comme fête nationale ayant lieu tous les seconds lundis du mois d’octobre.

L’arrivée de Colomb en ce jour néfaste de 1492 marqua le début du plus grand holocauste de l’histoire de l’humanité qui vit la destruction et l’annihilation d’entre 30 et plus de 100 millions d’indigènes, selon les sources, depuis cette époque sur l’ensemble du continent des Amériques. Si les chiffres sont toujours débattus, le massacre généralisé, qui continue de nos jours alors que nous écrivons ces lignes, aux Etats-Unis, au Canada, au Brésil, dans la forêt amazonienne et là où des intérêts liés aux ressources naturelles et leur exploitation par les corporations et gouvernements sont en jeu, lui est totalement avéré par les archives.

Célébrer le jour de Colomb, célébrer le mythe de la civilisation apportée au “nouveau monde”, c’est célébrer le plus grand holocauste qui s’est tenu sur cette planète et pour l’expliquer un peu mieux, laissons la place aux historiens et à la parole historique autochtone.

Ce que nous dit l’histoire hors propagande coloniale

Dans la préface de l’incontournable ouvrage de Dee Brown “Bury my Heart at Wounded Knee” (1970, réédité en 2000 et 2007) il est fort justement dit ceci: “Si les anglo-américains ont ‘gagné’ l’Ouest du continent, alors pourquoi ne par raconter l’histoire du point de vue de ceux qui l’ont ‘perdu’: les Apaches, les Nez-Percés, les Utes, les Cheyennes, les Sioux, les Arapahos, les Navajos ?… Pour les Indiens du reste, l’Est a toujours été la direction de laquelle le trouble est venu. […] Dee Brown fut capable de montrer comment le gouvernement des Etats-Unis a employé une méthode consistante de mensonge et de tromperie ainsi que de manipulation pour arracher leurs terres ancestrales, nation autochtone après nation autochtone.

C’est aussi ce à quoi se sont attelés depuis lors, des historiens tels que Howard Zinn, David Stannard, Roxanne Dunbar-Ortiz, Charles C. Mann, ainsi que des historiens, juristes et militants autochtones tels Vine Deloria Jr, Taiaiake Alfred, Ward Churchill, Russell Means, Steven Newcomb que nous allons citer pour illustrer ce propos et éclairer l’histoire du côté des soi-disant “vaincus” et ainsi réviser les positions historiques colonialistes et eurocentristes de la doctrine officielle faisant la promotion de fêtes nationales comme le “Colombus Day” et “Thanksgiving” afin de maintenir la bonne conscience coloniale dans les esprits citoyens sous emprise.

Voyons d’abord ce que nous disent les études historiques sur le continent des Amériques avant l’arrivée de Colomb, dans la période dite pré-colombienne. L’histoire coloniale officielle fait toujours état de populations autochtones éparses, peu nombreuses, mal organisées et peu nombreuses, bref, le portrait typique d’un monde obscur et barbare ne demandant qu’à recevoir la civilisation chrétienne. Là encore, l’histoire classique parle toujours des “Européens”, du continent avant l’arrivée des “Européens”, les “Européens” qui découvrirent le “nouveau monde”, de la “civilisation européenne” et tout ce qui est utile pour occulter le fait que dans les écrits de l’époque, il n’était fait nulle mention des “Européens”, mais des Chrétiens. Les documents officiels, décrets pontificaux, chartes royales ne parlent que de “terres païennes”, “d’ennemi du Christ”, de “barbares et d’infidèles” à “réduire en esclavage perpétuel”, à “dominer”, à “subjuguer”, ce qui fut effectivement fait en respectant la lettre des décrets et chartes publiés.

D’autre part, la controverse sur les chiffres de la démographie autochtone dans la période pré-colombienne tend à se dissiper au fur et à mesure de la publication d’éudes de plus en plus approfondies sur la question. L’histoire officielle veut nous faire croire depuis des décennies que la population amérindienne pré-colombienne était de quelques centaines de milliers d’individus vivant disséminés sur le continent de manière nomade et arriérée. Cette vision d’un monde obscur et de survie extrême, servant la doxa coloniale, est balayée par les nouvelles recherches anthropologiques et archéologiques.

Ainsi nous apprenons ceci dans l’ouvrage récent de l’historienne Roxanne Dunbar-Ortiz “An Indigenous History of the United States”, 2014, p.17 que: “La population totale du continent était d’environ 100 millions à la fin du XVème siècle, les 2/5 de la population se situant en Amérique du Nord, incluant ce qui est aujourd’hui le Mexique. Le région centrale du Mexique à elle seule comportait quelques 30 millions de personnes. A la même époque, la population de l’Europe de l’Atlantique à l’Oural était de 50 millions…

L’Amérique pré-colombienne:

Charles C. Mann, journaliste au magazine “Science”, auteur de 4 ouvrages dont “1491, nouvelles révélations sur les Amériques avant Colomb”, Vintage Book, 2005 ~ Extraits traduits par Résistance 71~

Lorsque Cortez arriva, d’après les chercheurs de l’université de Berkeley, Californie, Cook et Borah, 25.2 millions de personnes vivaient dans la région centrale du Mexique seule, une zone de 125 000 km2. Après son arrivée, la démographie de toute la région s’effondra. Dans les années 1620-25, il ne restait plus que 730 000 Indiens, approximativement 3% de la population originale avant la première apparition des colons. Cook et Borah ont calculé que cette zone précise n’a pas retrouvé sa population du XVème siècle avant la fin des années 1960.

Dès l’époque de Bartolomé de Las Casas, les Européens (chrétiens) ont su que leur arrivée avait amené une catastrophe pour les populations des Américains natifs. “Nous les chrétiens, avons détruit bien des royaumes ; où l’Espagnol passa, conquît et découvrit, ce fut comme si un feu avait traversé l’endroit, détruisant tout sur son passage.” écrivit Pedro Cieza de León, le grand voyageur de l’après conquête du Pérou.”

“Il est vrai que les conquistadores ne voulaient pas la mort en masse des Indiens ; mais ce désir n’était en rien motivé par un élan humanitaire. Les Espagnols voulaient en effet que les indigènes soient utilisés comme source de travail forcé (esclavage). De fait, les morts en masse des Indiens fut un tel coup dur financier aux colonies, qu’elles menèrent, d’après Borah à une ‘dépression économique’, qui dura plus d’un siècle. Pour se repourvoir en main d’œuvre, les Espagnols commencèrent à importer des esclaves d’Afrique.

N’oublions pas non plus que lorsque les chrétiens arrivèrent sur ce continent, y vivaient déjà les grandes civilisations centralisées Inca et Maya, et plus au nord les confédérations des grandes nations des plaines centrales (Cheyennes, Sioux, Arapahos, Commanches, Apaches), au nord-est la confédération iroquoise, les nations algonquines, toutes avec un mode de gouvernance gérant, de manière centralisée (Inca, Aztèque) ou non, des millions de personnes.

La culture nord-américaine a gravé dans sa littérature l’épopée romancée des premiers explorateurs à atteindre la côte Pacifique: Meriwether Lewis et William Clark plus connus sous le vocable de Lewis & Clark, décrivant les étendues vierges et sauvages du sous-continent. Voici ce qu’en dit Charles Mann:

Incroyable d’imaginer aujourd’hui des bisons vivant de New York à l’état de Georgie. Une créature des grandes plaines, le Bison bison fut importé à l’Est par les Indiens suivant une route de feu de prairie géré et contrôlé par les indigènes, alors que cela changeait des forêts en pâturages pour que le bison puisse survivre si loin des ses terres originelles. Le feu des Indiens a eu un gros impact sur le milieu du continent que les Amérindiens transformèrent en une prodigieuse grande ferme d’élevage. Les Amérindiens ont brûlé tant de fois les prairies centrales et du Midwest, que cela a étendu leur superficie, en toute probabilité, les grands pâturages célébrés aujourd’hui par les cow-boys furent établis et entretenus par les peuples vivant là les premiers. ‘Lorsque Lewis & Clark se dirigèrent vers l’Ouest depuis St Louis, ils n’explorèrent pas une étendue sauvage mais une très vaste pâture gérée par et pour les Indiens”, écrivit l’éthnologue Dale Lott.

Roxanne Dunbar-Ortiz: Docteur ès Histoire de l’université d’UCLA, chaire d’études des nations amérindiennes de l’université d’état à Hayward, Californie, auteure de plusieurs ouvrage dont “Une histoire indigènes des Etats-Unis”, 2014

Extraits traduit par Résistance 71

Quand on lit ce qui suit, on ne peut s’empêcher de faire un parallèle avec la société celtique qui mena l’Europe de l’Irlande au Danube pendant plus de 800 ans…

“Au moment des invasions européennes chrétiennes, les peuples indigènes avaient occupé et façonné chaque parcelle des Amériques, établi des réseaux extensifs d’échange et des routes de communication et ils subvenaient à leur population en s’adaptant à des environnements naturels spécifiques, mais ils adaptaient aussi la nature à leurs besoins. […] L’universitaire David Wade Chambers écrit: “… Les Amériques pré-colombiennes étaient sillonnées et reliées par un réseau complexe de routes et de chemins qui devinrent les premiers chemins empruntés par les occupants et furent ensuite transformés en autoroutes.’ […] L’Amérique du nord en 1492 n’était pas une étendue sauvage vierge de toute civilisation mais un réseau complexe de nations indigènes, les peuples du maïs. Le lien entre les peuples du nord et du sud du continent peut être observé par la distribution du maïs depuis la Mésoamérique… Cette brève revue d’une Amérique du Nord pré-coloniale suggère la magnitude de ce qui fut perdu par l’humanité et contredit tout à fait le mythe entretenu par les occupants colons des chasseurs-cueilleurs néolithiques vadrouillant sur la terre pour juste survivre. Celles-ci étaient des civilisations fondées sur une agriculture avancée et caractérisées par un système politique de gouvernance.

L’holocauste

David Stannard:

Historien, professeur d’études américaines à l’université d’Hawaii, auteur de six ouvrages et de nombreux articles universitaires. Son livre phare est “American Holocaust: The Conquest of the New World”, publié aux éditions Oxford Press, 1992, dont nous avons traduit l’extrait ci-dessous.

Pour remettre ceci dans une perspective contemporaine, le ratio de survivants natifs sur le continent des Amériques après le premier contact avec les Européens, fut moins de la moitié de ce que serait le ratio de survie aujourd’hui aux Etats-Unis si chaque blanc ou noir mourait. La destruction des Indiens sur le continent fut et de très loin, le plus important génocide de l’histoire de l’humanité. C’est pourquoi, comme un historien l’a dit abruptement, loin du romantisme et de la chevalerie habituellement employés pour symboliser l’établissement des chrétiens d’Europe aux Amériques, le symbole le plus approprié à la réalité serait en fait une pyramide de crânes. […]

De plus, la question importante pour le futur dans ce cas n’est pas “cela peut-il encore se produire?” mais plutôt si “cela peut-il être arrêté ?” Car le génocide des Amériques et dans d’autres endroits du monde où des peuples indigènes survivent, n’a jamais vraiment cessé. Aussi récemment qu’en 1986, la Commission des Droits de l’Homme pour l’Organisation des Etats-Unis a observé que 40 000 personnes simplement “disparurent” au Guatémala durant les quinze années précédentes. 100 000 autres ont été ouvertement assassinées. Ceci représente l’équivalent aux Etats-Unis de plus de 4 000 000 de personnes qui seraient massacrées ou retirées sous décret officiel du gouvernement, un chiffre qui est presque six fois le chiffre de toutes les morts américaines durant la guerre de sécession, 1ère guerre mondiale, seconde guerre mondiale, guerres de Corée et du Vietnam, le tout combiné.

Dunbar-Ortiz cite dans son livre sus-mentionné, l’auteur de la fameuse histoire “Le merveilleux magicien d’Oz” L. Frank Baum, qui écrivit en 1890 5 jours après le massacre de Wounded Knee, le 3 janvier 1891: “Les pionniers (sic) avaient déclaré auparavant que notre seule sécurité dépend de l’extermination totale des Indiens. Les ayant trompé pendant des siècles nous ferions mieux, afin de protéger notre civilisation, de faire suivre cela par un autre méfait et de faire disparaître de la face du monde ces créatures sauvages et indomptables.”

[…]

En 1913, la cour suprême des Etats-Unis déclara dans sa décision de maintenir le peuple Pueblos comme pupille du gouvernement fédéral: ‘Ils sont essentiellement un peuple simple, non informé et inférieur’.”

Le mensonge du narratif historique va jusque dans les caractères mêmes des soi-disants héros de la longue guerre des Etats-Unis contre les Indiens. C’est ainsi que le narratif s’est enrichi des images hollywoodiennes de la cavalerie pimpante coloniale chargeant les méchants Indiens tuant les pauvres fermiers blancs qui ne leur avaient rien fait, tout comme dans les films de John Ford, qui participèrent grandement à la propagande du statu quo colonial. A ce sujet voici ce que nous dit Dunbar-Ortiz dans son livre p.148:

Comme l’a écrit l’historien amérindien Jace Weaver: “Les guerres indiennes des Etats-Unis ne furent pas combattues par la cavalerie blanche américaine comme montré dans les films de John Ford, mais par des Africains-Américains, et des immigrants irlandais et allemands enrôlés.” La chanson célèbre et envoûtante de Bob Marley “Buffalo Soldier” capture parfaitement l’expérience coloniale des Etats-Unis: “Said he was a buffalo soldier / Win the war for America.


Howard Zinn

De tous les historiens américains, Howard Zinn de l‘université de Boston, fut celui qui en 1980, jeta l’énorme pavé dans la mare coloniale lorsqu’il publia son livre choc devenu culte aujours’hui (plus de 2 millions de copies vendus pour un livre d’histoire, pas mal du tout !…) “Une histoire populaire des Etats-Unis” qui s’ouvre sur le chapitre qui frogorifia l’Amérique “Christophe Colomb, les Indiens et le progrès humain” . Il récidiva dans le chapitre 5 de son livre entretien avec Donaldo Macedo en 2005: “Christophe Colomb et la civilisation occidentale”, qui reprend tous les thèmes de son premier chapitre de 1980.

En voici quelques extraits, nous avons par ailleurs traduit et publié ce chapitre sur Résistance 71 en septembre 2012.

“Laissez-moi ici vous faire une confession: Je ne savais pas grand chose de Colomb jusqu’à il y a environ une douzaine d’années, quand j’ai commencé à écrire mon livre “Une histoire populaire des Etats-Unis”. Je possédais un doctorat en Histoire (Ph.D) de l’université de Colombia, ce qui veut dire que j’avais reçu l’entrainement adéquat d’un historien, mais ce que je savais en fait de Christophe Colomb n’était que ce que j’avais appris à l’école primaire. […]

Ainsi, comment devais-je donc raconter l’histoire de Christophe Colomb ? J’en vins à la conclusion que je devais la voir au travers des yeux des gens qui étaient là lorsqu’il arriva, les gens qu’il appelait les “indiens”, parce qu’il croyait être arrivé en Asie. Et bien, ils n’ont laissé aucun mémoire, aucune histoire. De plus, ils avaient été exterminés en quelques décennies après l’arrivée de Colomb.

[…] Oui il était concerné par Dieu, mais il l’était plus encore par l’or. Partout sur l’île d’Ispagnola (aujourd’hui Haïti) où lui, ses frères et ses hommes passèrent le plus clair de leur temps, il fit ériger des crucifix partout. Mais ils construisirent également des échafauds partout sur l’ïle, on en comptait 340 en 1500. Des crucifix et des échafauds, cette terrible juxtaposition historique.

[…] Les atrocités se multiplièrent. Las Casas témoigna d’Espagnols embrochant des indiens au fil de leurs épées pour le plaisir, fracassant la tête de nouveaux-nés sur les rochers; lorsque les indiens résistaient, les Espagnols les traquaient, équipés pour les tuer de chevaux, d’armures, de lances, d’épieux, d’arquebuses, d’arbalètes et de chiens dressés particulièrement féroces. Des indiens prirent parfois ce qui appartenait aux Espagnols, pour ce que les indiens n’avaient pas de concept de ce qu’était la possession privée et donnait eux-mêmes tout à fait librement ce qui leur appartenait, ils furent décapités ou brûlés vifs au bûcher.

Nous vous engageons à lire notre traduction complète du chapitre.

Dans le premier chapitre sur Colomb de son livre “Une histoire populaire des Etats-Unis”, Zinn dit ceci:

En deux ans [après l’arrivée de Colomb], par le meurtre, les mutilations ou le suicide, plus de la moitié des 250 000 Indiens vivant sur Ispañola (aujourd’hui Haïti) étaient morts. […] En 1550 ils n’étaient plus que 500. Un rapport datant de l’année 1650 indique qu’aucun des Indiens originels Arawaks/Tainos ou leurs descendants n’existait sur l’île.”

Puis plus loin: “lorsqu’il arriva sur Ispaõla en 1508, Bartolomé de Las Casas dit “Il y avait 60 000 personnes vivant sur l’île incluant les Indiens, ainsi entre 1494 et 1508, plus de trois millions de personnes périrent de la guerre, de l’esclavage et du travail dans les mines. Qui des générations futures croira cela ? Moi-même écrivant ceci en tant que témoin oculaire ayant connaissance de ceci, ai-je du mal à le croire…

“Ce que Colomb fit aux Indiens Arawaks aux Bahamas et à Haïti, Cortez le fit aux Aztecs du Mexique, Pizzaro aux Incas du Pérou et les occupants colons anglais en Virginie et dans la Massachussetts le firent aux Indiens Powhatans et aux Péquots.

Que nous disent les natifs sur le sujet ?

Vine Deloria Jr: Historien, théologien et ancien directeur du Congrès National Indigène, auteur de nombreux ouvrages dont le fameux “Custer est mort pour vos pêchés”, 1978.

“l’acquisition de terres et le travail des missionnaires fonctionnent toujours ensemble dans l’histoire américaine.

[…] Les premiers colons ne fuirent pas les persécutions religieuses autant qu’ils voulaient les perpétuer dans des circonstances qui leur étaient favorables.

Taiaiake Alfred: Professeur de Science Politique, responsable de la chaire de gouvernance indienne à l’université de Victoria, Colombie Britannique, Canada. Auteur de plusieurs ouvrages de référence comme “Wasase” et “Peace, Power and Rightousness”, dont nous avons traduit de larges extraits.

 “La plupart des non-indigènes ont toujours vu les peuples indigènes en termes problématiques: comme obstacles au progrès de la civilisation, comme pupilles de la couronne, des reliques des temps sauvages, la lie de la société moderne, des criminels, des terroristes… C’est toujours l’objectif des gouvernements canadien et américain de faire disparaître les Indiens ou, si cela échouait, de les empêcher de bénéficier de leurs territoires ancestraux.


Steven Newcomb

Steven Newcomb: Juriste, co-fondateur de l’Indigenous Law Institute, auteur de “Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte”, Fulcrum, 2008, dont nous avons aussi traduit et publié de larges extraits.

Newcomb a intensivement recherché et publié sur la motivation fondamentale qui envoya Colomb sur le continent du nouveau monde et tous ceux après lui: l’hégémonie coloniale, la conquête et l’extension de l’empire chrétien, de la chrétienté. Ceci a commencé à la fin du XIème siècle avec la première croisade et a atteint son point culminant avec les bulles pontificales Romanus Pontifex (1455) et Inter Caetera (1493) qui envoyèrent, justifièrent la conquête du monde “païen” par la “grâce” d’un dieu vengeur et mystificateur et pour le bénéfice de ses représentants de “droit divin” sur terre, le pape et les rois et reines, c’est à dire la chrétienté: l’empire chrétien ou “imperii christianorum”…

Quand, de la perspective aborigène, nous rejetons la fausse affirmation des chrétiens européens que “dieu” les a envoyé pour prendre possession et coloniser les terres indigènes des “Amériques”, il est évident que les chrétiens européens n’avaient aucune autorité légitime sur les nations indigènes et leurs territoires ancestraux. Ce que les chrétiens européens clâmèrent au nom de la loi, sur la base inconsciente du modèle cognitif du conquérant n’était rien d’autre que le droit d’empire et de domination, qui était intégral à la mentaité de domination de la chrétienté.

Durant le XVème et le XVIème siècles et plus tard, les monarchies et nations de la chrétienté levèrent le vieux narratif de l’ancien testament et le thème du peuple élu et de la terre promise du contexte géographique général du Moyen-Orient et commencèrent à le transférer au reste du monde. […] Ainsi, ils ont conçu que pour eux-mêmes, ils avaient reçu l’ordre de dieu de prendre possession des parties les plus importantes de la terre’. […] Les monarques et les conquistadores de la chrétienté transformèrent le ‘commandement ‘ de Yaveh aux Hébreus de prendre la terre de Canaan en une version globalisée chrétienne de la même doctrine.

Christophe Colomb fonctionna sur ce système. De fait, il était mandaté par ce système incarné par le roi d’Espagne et protégé par les bulles Dum Versitas (1452), Romanus Pontifex (1455) et Inter Caetera (1493). Le colonialisme occidental est avant tout un colonialisme religieux utilisant le bras séculier des états monarchiques de “droit divin” ne rendant compte qu’au “vicaire de dieu” sur terre: le pape.

Russel Means: Activiste Lakota de renom, membre fondateur de l’American Indian Movement (AIM), figure du siège de Wounded Knee en 1973, acteur, philosophe et sociologue, que nous avons traduit et publié également. Il la publié deux ouvrages remarquables, le premier son autobiographie “Where White Men Fear to Tread” en 1995 et le second juste avant sa mort en 2012 “Si vous avez oublié le nom des nuages vous avez perdu votre chemin”, qui est une superbe introduction à la pensée et à la philosophie amérindienne. Ce petit livre de juste 100 pages dont chaque mot est pesé, fut le testament spirituel de ce grand activiste. Nous avons traduit et publié de larges extraits de l’ouvrage sur Résistance 71.

“Pour les peuples indigènes de ce continent, la célébration du jour de Colomb est l’affirmation ultime que depuis 1492, la société occidentale nous a regardé comme négligeables et périssables. Colomb était un assassin païen qui a soi-disant ‘découvert’ le paradis sur terre, qui était la patrie de mes ancêtres et il s’est attaché à faire de cet endroit un enfer sur terre pour eux.”

[…] “Ainsi, Colomb, afin de pouvoir s’enrichir et de mettre les Indiens en esclavage, a dû convaincre l’église que nous étions des sous-hommes et que nous pouvions donc être réduits en esclavage ou massacrés en toute impunité. Afin de persuader l’église de cela, Colomb accusa les Indiens d’actions anti-naturelles comme par exemple de cannibalisme, un mensonge éhonté…”

En fait, Colomb n’avait même pas besoin de “convaincre” l’église qui était déjà convaincue de tout cela puisque les papes Nicolas V et Alexandre VI (Rodrigo Borgia) avaient déjà émis des bulles en ce sens, autorisant la mise en esclavage perpétuelle des païens et des infidèles. Et la saisie des terres non-chrétiennes dans le monde. Bulles qui n’ont non seulement toujours pas été abrogées en 2016, mais qui ont servi de fondement aux décisisons de la Cour Suprême des Etats-Unis et de celle du Canada par jurisprudence, pour maintenir la “loi de la terre” sur le continent nord-américain. La loi de la terre, coloniale, est gravée dans le marbre et repose sur des décrets pontificaux racistes et inhumains datant du XVème siècle… Qui dit mieux ?…


Vol des terres natives 1784-1895

A l’occasion de ce jour de Colomb 2016, voici ce qu’a à dire une femme de la nation Ojibwe, Tessa McLean, activiste et déléguée du forum permanent pour les peuples indigènes à l’ONU (traduction Résistance 71):

“Ma famille a survécu les tactiques des pensionnats pour Indiens utilisés durant la trisrement célèbre phase du ‘tuer l’Indien, sauver l’Homme’.
Ma famille apprend comment survivre dans la lutte contre les femmes indigènes disparues et assassinées.
Ma famille apprend à survivre aux abus d’alcool et de drogues.
Ma famille apprend comment survivre au génocide.
Je dis que Christophe Colomb nous a apporté cette destruction.
Il a le premier assassiné nos femmes.
Il nous a le premier violé et mutilé.
Il a apporté la mort et la maladie, ce qui s’est transformé avec le temps en abus d’alcool et de drogue.
Il a en premier volé nos terres et nos ressources pour remplir ses poches.
Ceci peut sembler familier jusqu’à Standing Rock aujourd’hui dans le Dakota du Nord, où nos frères et sœurs se battent toujours pour leurs droits à la terre et contre les industries d’extraction et d’exploitation et ce depuis 524 ans.

La boucle est bouclée dans le cycle sans fin du consensus du statu quo oligarchique. Nous proposons de sortir du cycle induit “évolution-révolution” pour prendre la tangente et retrouver la linéarité de la société humaine vers le véritable progrès. Depuis quelques millénaires nous avons été enfermés et leurrés à accepter comme inéluctable, le cercle vicieux de la domination du plus petit nombre. Briser les chaînes c’est RElinéariser le cycle vers le progrès infini. Nous vivons dans une société globale volontairement muselée pour le profit et la domination du plus petit nombre.

Nous laisserons le mot de la fin à l’historienne Roxanne Dunbar-Ortiz, qui en conclusion de son livre, “An Indigenous Peoples’ History of the United States” nous dit ceci (traduction Résistance 71):

“Il y a 45 ans, l’archéologue Robert Silverberg écrivit au sujet de l’appel des ‘tribus perdues’ aux Anglo-américains: ‘le rêve d’une race préhistorique perdue au cœur du continent américain était une satisfaction profonde et si les disparus avaient été des géants, ou des hommes blancs, ou des israélites, ou des Danois, ou des Toltecs ou de grands juifs blancs toltec vikings, cela aurait été encore mieux.’ Tout sauf des Indiens, car cela aurait fourni la preuve rappelant aux descendants des colons anglais que le continent avait été volé, un génocide commis et la terre repeuplée par des colons en quête d’authenticité mais qui ne la trouvèrent jamais à cause du mensonge avec lequel ils vivent, suspecant la vérité, mais ayant bien trop peur de l’affronter… (p.233)

[…] Comment donc la société américaine peut-elle venir à bout de son passé ? Comment peut-elle reconnaître sa responsabilité ? L’Historien autochtone Jack Forbes a toujours insisté sur le fait que bien que les personnes en vie actuellement ne sont pas responsables de ce que leurs ancêtres ont fait, ils n’en sont pas moins responsables de la société dans laquelle ils vivent et celle-ci est un produit du passé. Tout le monde et toute chose dans le monde est aujourd’hui affecté, le plus souvent négativement, par la domination américaine et son interventionnisme, souvent violent avec des moyens militaires directs ou par procuration. C’est un problème des plus urgent. L’historien et enseignant Juan Gomez-Quiñones écrit: ‘L’ancestrie et les héritages amérindiens devraient être une partie intégrante des curricula des collèges et lycées ainsi que des universités et ce avec une intégration complète des histoires et cultures amérindiennes dans les currucula universitaires.’
Les peuples indigènes offrent des possibilités de vie après l’empire, des possibilités qui n’effacent ni les crimes du colonialisme ni ne demandent la disparition des peuples originels colonisés sous le couvert de les inclure dans la société à titre individuel. Ce processus commence vraiment par le fait d’honorer les traités établis avec les nations indigènes, de restaurer les sites sacrés, à commencer avec les Black Hills et incluant la vaste majorité des parcs nationaux détenus fédéralement et toutes les terres et objets sacrés dérobés et de payer des réparations pour la reconstruction et l’expansion des nations autochtones. Dans le processus, le continent se trouvera radicalement reconfiguré, physiquement et psychologiquement. Pour que ce futur se réalise, cela demandera des programmes éducatifs intensifs et le plein soutien et la participation active des descendants des colons, des Africains mis en esclavage, des Mexicains colonisés ainsi que de la population immigrante.” (p.235-6)

Nous ne disons pas autre chose lorsque nous affirmons que l’avenir de l‘humanité passe par les occidentaux émancipés de l’idéologie coloniale se tenant main dans la main avec leurs frères colonisés de tous les continents pour construire ensemble, solidairement la société des sociétés.

Le temps n’est plus seulement à la critique mais à l’action, le progrès passe par l’éradication du colonialisme et de son pilote historique: l’État, qui est la négation de l’Humanité. Ceci se voit aujourd’hui comme le nez au milieu de la figure, il suffit de lâcher-prise de ce modèle politique fallacieux et arrêter d’avoir peur de notre ombre. La vérité nous libèrera.

“Dans un monde de mensonges, dire la vérité est un acte révolutionnaire.”
~ George Orwell ~

 


Résistance au terrorisme depuis 1492 !

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Détruire le colonialisme (video)

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Un message qui finit par passer petit à petit parce que « nous sommes tous des colonisés »

~ Résistance 71 ~

 

Destroy Colonialism

 

 

Colombus Day aux Amériques: Fêter le colonialisme et le génocide…

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Ceux qui fêtent encore le « jour de Christophe Colomb » le 14 Octobre de chaque année, fêtent en fait le génocide, meurtre et pillage en règle d’un continent qui commença sur ce que sont aujourd’hui les Bahamas (Guahani) et Haïti et le République Dominicaine (Ispañola) en 1492.

Allons amis américains du nord et du sud… N’est-il pas plus que grand temps de réviser les « libres d’histoire » oligarchiques ? Il en va de même pour l’histoire de la colonisation européenne en Afrique et ailleurs dans les « livres d’histoire » écrit par les historiens sbires des comités d’entreprises idoines…

A lire (disponible en français): « Histoire populaire des Etats-Unis de 1492 à nos jours » d’Howard Zinn. Son chapitre sur Christophe Colomb avait secoué et secoue encore l’Amérique…

Les Indiens des Amériques luttent, véritablement eux, contre le terrorisme d’État et religieux depuis 1492 ! Il est plus que temps de leur donner enfin justice.

— Résistance 71 —

 

Mutilation et autre carnage: Les 7 pires atrocités commises par Christophe Colomb

 

ICTMN

 

14 Octobre 2013

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2013/10/14/mutilation-and-other-carnage-7-worst-atrocities-committed-columbus-151747

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Aujourd’hui, le continent américain célèbre un homme qui a commis un esclavage obscène et inhumain, le viol et le génocide à grande échelle, comparable à ce qu’après lui, fit un Adolf Hitler. Indian Country Today Media Network fait la liste de quelques unes des cruautés les plus innommabales perpétrées par Christophe Colomb, infligées aux habitants des îles Caraïbes où il arriva.

RELATED: Myths and Atrocities About Columbus

1. Il fit couper les mains d’environ 10 000 autochtones sur ce qui est aujourd’hui Haïti (Hispañola) et la république Dominicaine. Colomb obligea tout indien Taino de 14 ans et plus de lui fournir “une cloche à faucon” d’or tous les trois mois. (NdT: les cloches à faucons étaient de petites cloches utilisés dans la chasse fauconière. Colomb fit distribuer des cloches aux indiens, car ceux-ci devaient remplir une cloche de poudre d’or tous les trois mois faute de quoi…) Ceux qui ne lui fournissait pas leur quota d’or étaient punis en “ayant leurs mains coupées et laissés mourir d’hémorragie”, rapporta le fils de Colomb Fernando.

2. Colomb faisait punir les petites offenses à sa loi draconienne en faisant couper le nez et les oreilles des indiens.

3. Colombus combattit la résistance à sa tyrannie en faisant lâcher des chiens de chasse sur les Indiens, qui étaient déchiquetés vivant. Des gens furent “mangés vivants” et “20 chiens de chasse furent lâchés et commencèrent à immédiatement déchiqueter les Indiens”, écrivit l’historien espagnol et prêtre catholique Bartolomé De La Casas, qui fut le témoin direct et oculaire de ce carnage.

4. Colomb et ses hommes chassaient les Indiens pour le sport et utilisaient les cadavres comme nourriture pour chiens. Si les cheins avaient faim, “Des bébés Arawak étaient tués pour les nourrir”, rapporta De las Casas.

5. Colomb fut un précurseur de la traite d’esclaves trans-atlantique. Alors qu’il exterminait une race complète en Haïti et en République Dominicaine, il commença également à enlister les Indiens des autres îles. Il les envoyait également en Europe comme esclaves. Un grand nombre d’Indiens moururent durant les traversées, tant et si bien que les Espagnols se tournèrent vers l’Afrique pour les esclaves. Le fils de Colomb fut en charge du premier échange d’esclaves de l’Afrique vers les Caraïbes en 1505.

6. Colomb encouragea ses hommes à violer les femmes autochtones aussi jeunes que dès l’âge de 9 ou 10 ans.

Dans un évènement particulièrement bien documenté, Colomb donna une jeune indienne adolescente à son homme d’équipage Miguel Cuneo, lorsqu’ils s’en retournèrent en Espagne. Elle “résista de toutes ses forces” à ses tentatives de la posséder sexuellement, alors “il la fouetta sans pitié et la viola”.

7. Colomb ordonnait à ses hommes de “couper les jambes des enfants qui se sauvaient afin de tester l’aiguisage de leurs lames”, d’après le rapport de De Las Casas. Les envahisseurs “grillaient” aussi les enfants “à la broche” et “hâchaient les enfants et les démembraient”.

References: Phillymag.com, Washington Post, University of North CarolinaL’holocauste américain: Christophe Colomb et la conquête du Nouveau Monde: démythifier une légende.

L’histoire aux sources de l’impérialisme: L’origine du génocide des nations natives d’Amérique…

Posted in actualité, altermondialisme, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 24 octobre 2012 by Résistance 71

“Ma propre histoire personnelle ne peut pas être racontée, même dans sa forme actuelle abrégée, sans faire un retour en arrière longtemps avant ma naissance en 1944, en remontant à 1890 et 1876 et 1868 et 1851 et oui, jusqu’à toutes ces dates calamiteuses que furent les relations entre les hommes rouges et les hommes blancs, jusqu’à ce grave jour sombre, le plus sombre de toute l’histoire de l’humanité: le 12 Octobre 1492, le jour où notre grand malheur commença.”

“Voilà ce que l’American Indian Movement (AIM) fut et est toujours, ce n’est pas un complot subversif, pas une foule radicale, mais un collectif de leaders qui travaillent à l’unisson, utilisant des moyens matériels pour achever un but politique et spirituel: la survie de nos peuples… Il n’y a pas de suiveurs à l’AIM. Nous sommes tous des leaders. Nous sommes, chacun d’entre nous, une armée d’une personne, œuvrant pour la survie d’un peuple et d’une Terre, notre mère. Ce n’est pas réthorique. C’est une implication profonde. C’est ce que nous sommes.”

~ Leonard Peltier (activiste de l’AIM et prisonnier politique aux Etats-Unis depuis 36 ans, matricule # 89637-132. “Prison Writings, my Life is my Sun Dance”, 1999)

* * *

Pour comprendre ce qu’il se passe aujourd’hui, il faut comprendre ce qu’il s’est passé dans l’histoire. En cela, les livres d’histoire d’école et classiques ne sont que des aides à la compréhension chronologique de l’histoire, pas à sa compréhension socio-politique, puisque l’histoire officielle est cela: officielle. Elle est l’histoire que l’oligarchie veut que nous nous rappelions, sans faire de vagues, sans faire tanguer le bateau, l’histoire représentant la ligne du parti du consensus oligarchique. Lorsqu’on gratte le vernis historique et son décorum de préservation idéologique, on découvre la face hideuse de la bête immonde. Ce texte ci-dessous, écrit en 1542, soit 50 ans après la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb, nous expose ce que fut la réalité historique de la conquête du nouveau monde, loin du mythe organisé et perpétré des « aventures du navigateur Colomb ». Chaque phase de l’histoire possède ses archives, la vérité est là, il suffit d’aller la chercher.

Ce texte est important pour comprendre ce qu’il se passe aujourd’hui ou dans un passé pas si lointain. L’impérialisme n’est pas nouveau ; ses crimes non plus. tant que l’occident par les yeux et l’entendement de ses peuples ne verra pas ce qui se cache derrière l’histoire de salon écrite par vainqueurs et nantis, jamais rien ne pourra changer. Pour changer la société, il faut comprendre, c’est par la compréhension que l’on change d’attitude. Une fois les attitudes changées… TOUT est possible ! TOUT ! Pour cela il faut cesser d’avoir peur et apprendre à regarder la réalité, notre réalité, notre culpabilité eut égard du monde et de l’humanité, en face. Ne plus se dérober et accepter l’évidence: l’occident est une machine génocidaire, il l’était historiquement avant-hier, hier et l’est toujours aujourd’hui, il suffit de regarder l’état du monde actuel. Faisons la paix avec le monde si nous ne le pouvons avec nous-même devant tant de culpabilité. De là viendra le changement et de nulle part ailleurs: La vérité libère !

— Résistance 71 —

 

Bref rapport de la destruction des Indes*

par Bartolemé de Las Casas (1542)

 

Version espagnole: “Brevisima relacciòn de la destrucciòn de las Indias”

 

*par “Indes” Las Casas veut bien sûr dire l’Amérique ou le “nouveau monde”, sachant que pendant longtemps on a cru que Colomb avait découvert les Indes par la “route ouest”.

 

~ Traduction Résistance 71 ~

 

Les Indes furent découvertes en l’an mille quatre cents quatre-vingt-douze. L’année suivante, beaucoup d’Espagnols y allèrent avec l’intention de coloniser la terre. Ainsi, quarante neuf années se sont écoulées depuis que les premiers colons s’établirent sur la nouvelle terre, la première de ces terres et la plus joyeuse fut appelée Hispaniola (NdT: aujourd’hui Haïti), île qui a six cents lieues de circonférence (NdT: Une lieue espagnole du XVIème siècle correspondait à 6,687km, un pourtour de 600 lieues correspond donc à un petit plus de 4000km). Autour d’elle dans toutes les directions, se trouvent une multitude d’autres îles, certaines petites, certaines très grandes et toutes comme nous l’avons vu de nos propres yeux, étaient densément peuplées avec des populations locales appelées Indiens. Cette grande île était peut-être l’île la plus densément peuplée au monde. Il doit y avoir bien plus de deux cents lieues de terres arables sur cette île et les régions côtières ont été explorées sur plus de dix milles lieues et chaque jour encore plus de terre est explorée. Jusqu’ici, chaque lieue de terre explorée est comme une ruche d’abeilles concernant les gens qui y habitent. C’est un peu comme si Dieu avait concentré la plus grande majorité de la population mondiale sur ces terres.

Et de tout cet univers d’humanité, ces gens sont les plus innocents, les plus dénués de méchanceté et de duplicité, les plus obéissants et les plus fidèles à leurs maîtres locaux et aux Espagnols qu’ils servent. Ils sont par nature, les plus patients, les plus humbles, les plus pacifiques qui soient. Ils ne tiennent aucune rancœur, ne connaissent pas la dispute, ne sont ni excitables ni querelleurs. Ces gens sont les plus dénués de rancœur, de haine ou de désir de vengence de toutes les populations du monde. C’est parce qu’ils sont si faibles et complaisants qu’ils sont moins enclins à subir les rigueurs du travail forcé et meurent souvent de maladies. Les fils des nobles parmi nous, élevés dans les raffinements extrêmes de la vie, ne sont pas plus délicats que ces Indiens même ceux parmi eux qui ont le rang de vils travailleurs. Ils sont aussi pauvres, car non seulement ils ne possèdent pas grand chose, mais ne désirent rien posséder. Pour cette raison, ils ne sont ni arrogants, ni jaloux, ni veûles. Leurs repas sont tels, que la nourriture des saint pères dans le désert ne pourrait-être plus parcominieuse, frugale et pauvre. Quant à leur coutume vestimentaire, ils sont généralement nus avec seulement leur “pudenda” (NdT: parties génitales) couvertes d’une manière ou d’une autre et quand ils couvrent leurs épaules, c’est avec un carré d’étoffe pas plus grand que deux varas (NdT: La Vara espagnole de cette époque était de 83,5cm). Ils n’ont pas de lit et dorment sur un genre de matelas ou dans un genre de filet suspendu appelé barnacas. Ils sont très propres de leur personne, ils sont alertes et intelligents, dociles et ouverts aux doctrines, très capables de recevoir notre sainte foi catholique et de se comporter de façon pieuse. Lorsqu’ils entendent la parole divine, ils sont si avides d’en savoir plus et de recevoir les saints sacrements de l’église et de pratiquer le culte divin que véritablement, les missionnaires œuvrant ici doivent être bénis de la plus grande des patience divine afin de pouvoir tempérer tant d’ardeur et de foi. Quelques Espagnols séculiers qui sont ici depuis longtemps disent que la bonté des Indiens est indéniable et que si ces gens pouvaient être amenés à ne voir qu’un seul Dieu véritable, alors ils seraient les peuples les plus fortunés du monde.

Et pourtant, dans cette bergerie, dans cette terre de naufragés spirituels, vinrent des Espagnols qui commencèrent de suite à se comporter comme des bêtes immondes, des loups, des tigres ou des lions qu’on avait affamé pendant des semaines. Et les Espagnols ne se sont pas comportés autrement durant ces quarante dernières années, jusqu’à cette heure, car ils se comportent comme des bêtes haineuses, tuant, terrorisant, affligeant, torturant et détruisant les natifs, faisant tout cela avec les méthodes de cruauté les plus variées, dont on n’avait jamais entendu parlé ou vu auparavant et ce à un tel degré que cette île d’Hispaniola qui fut si peuplée (avec une population estimée à environ 3 millions de natifs), a maintenant une population indigène de l’ordre de deux cents personnes. (NdT: Ce qui représente par un calcul simple environ 75 000 Indiens tués de différentes manière: torture, meurtre, travaux forcés, maladies, esclavage et déportation, par année sur une seule île, Las Casas ne parle pas d’ailleurs ! ).

L’île de Cuba est presque aussi longue que la distance entre Valladolid et Rome, l’île est maintenant presque complètement dépeuplée. San Juan (Puerto Rico) et la Jamaïque sont deux des îles les plus productives et attractives, elles sont toutes deux maintenant désertées et dévastées. Dans la partie au nord de Cuba et d’Hispaniola se trouve les îles Lucayos voisines, regroupant environ une soixantaine d’îles incluant Gigantes et bien d’autres, certaines petites, d’autres plus grandes. Les meilleures d’entr’elles étaient plus fertiles que les magnifiques jardins du roi de Séville. Elles étaient les terres les plus saines du monde où vivaient plus de cinq cents mille âmes, elles sont maintenant désertées, inhabitées par la moindre créature vivante. Tous les gens ont été massacrés ou ont péri en captivité, déportés sur Hispaniola où ils ont été vendus comme esclaves. Quand les Espagnols se rendaient compte que certains avaient fuit, ils envoyaient un navire à leur recherche. Celui-ci voyagea trois années parmi les île à la recherche de ceux qui avaient fuit pour les massacrer. Un bon chrétien les aidait à s’enfuir et prenant pitié d’eux, les avait aidé à devenir de bons chrétiens. J’ai vu de mes yeux onze de ces personnes.

Plus de trente autres îles dans le voisinage de San Juan sont dépeuplées pour les mêmes raisons et la terre est inoccupée. Sur ces terres, j’ai estimé qu’il y avait environ 2100 lieues (environ 14 000km) de terres qui ont été ruinées et dépeuplées, vidées de toute personne.

Quant à l’intérieur des terres, si vaste, que cela représente au moins dix fois l’Espagne en incluant l’Aragon et le Portugal, contenant plus de terres que la distance entre Séville et Jérusalem ou plus de deux mille lieues, nous sommes sûrs que les Espagnols ont dévasté ces terres de leur attitude abominable et cruelle et ont exterminé les peuples rationnels qui y habitaient. Nous pouvons estimer très certainement que ces quarante dernières années ont vu le massacre de plus de douze millions d’hommes, de femmes et d’enfants, par l’action infernale des chrétiens. En vérité, je pense sans me tromper que le nombre des gens massacrés est plus proche de quinze millions.

Les manières les plus communes employées par les Espagnols qui s’appellent eux-mêmes des chrétiens et qui sont venus pour extirper ces pauvres nations et les effacer de la surface de la terre, sont les guerres sanglantes et cruelles. Ainsi, après avoir massacré tous ceux qui se battaient pour défendre leur vie ou pour échapper aux tortures horribles qu’ils auraient dû endurer, c’est à dire lorsqu’ils avaient massacré tous les jeunes hommes et leurs leaders (les Espagnols généralement épargnaient les femmes et les enfants, qui étaient ensuite sujets à la pire des servitudes jamais souffert par l’humain ou l’animal), ils réduisaient en esclavage les survivants. Avec ces méthodes tyranniques infernales, ils réduisaient et affaiblissaient un nombre important de ces pauvres nations indiennes.

Leur raison de tuer et de détruire un tel nombre infini d’âmes est que les chrétiens ont un but ultime, celui d’obtenir l’or et de gonfler leurs richesses en un laps de temps très court et ainsi pouvoir se hisser à des hauteurs sociales complètement disproportionnées à leur mérite véritable. Nous devons garder présent à l’esprit que leur ambition et veûlerie sans bornes, la plus grande jamais vu dans l’histoire, est la cause de leur méchanceté et de leurs crimes. De plus, ces terres sont si riches et bénies et les natifs si passifs et patients, si faciles à subjuguer, que nos Espagnols n’ont pas plus de considération pour eux que pour des bêtes.

Je dis tout ceci par la connaissance de tout ce dont j’ai été le témoin. Mais je ne derais même pas dire “que des bêtes”, tant ils ont manifesté plus de pitié pour les animaux, je devrais plutôt dire comme des excréments sur une place publique. Ainsi ils ont enlevé aux Indiens leur vie et leur âme, et des millions comme je l’ai mentionné, sont morts sans la foi et sans les bénéfices des saints sacfements. Ceci est un fait connu et prouvé admis en soi par les gouverneurs tyrans, eux-mêmes les tueurs. Jamais les Indiens de toutes les Indes n’ont commis d’actes contre les chrétiens espagnols, tandis que ces chrétiens ont d’abord commis des actes cruels et des agressions inombrables contre eux ou les nations voisines. Au début, les Indiens regardaient les Espagnols comme des anges tombés des cieux. Ce ne fut que bien après que les Espagnols ne commencèrent à utiliser la violence contre eux, les tuant, les volant, les torturant, que les Indiens se rebellèrent contre eux…

L’île d’Hispaniola fut la première île où les Espagnols arrivèrent comme je l’ai déjà dit. C’est là que ces chrériens perpétrèrent leurs premiers ravages et leurs premières oppressions contre les peuples natifs. Ce fut la première terre du nouveau monde a être détruite et dépeuplée par les chrétiens et là commencèrent-ils leur subjection des femmes et des enfants, qu’ils emmenèrent loin des Indiens pour les utiliser et en abuser, mangeant la nourriture que ceux-ci produisaient de leur sueur et de leur labeur. Les Espagnols ne se contentèrent pas de ce que les Indiens leur donnaient de leur propre bonne volonté, et en accord avec leur capacité, qui était toujours trop petite pour l’insatiabilité des énormes appétits espagnols, car un chrétien mange et consomme en un jour ce qui suffirait à nourrir trois maisons habitées par dix Indiens pour un mois. Ils commirent également des actes de violences et d’oppression qui firent réaliser aux Indiens que ces gens n’étaient pas descendus du ciel. Certains Indiens cachèrent leur nourriture tandis que d’autres cachaient leur femme et leurs enfants, tandis que d’autres s’enfuirent dans les montagnes pour échapper aux terribles interactions avec les chrétiens.

Et les chrétiens les attaquèrent avec rage et force coups, jusqu’à ce que finalement ils prirent les nobles des villages. Ensuite ils se comportèrent avec une telle honte que le plus respecté des leaders de ces îles a dû voir son épouse se faire violer par un officier chrétien.

A partir de ce moment là. Les Indiens cherchèrent des moyens pour se débarrasser des chrétiens et les rejeter de leurs terres. Ils prirent les armes, mais celles-ci étaient très faibles et de peu d’utilité offensive, encore moins défensive (c’est du reste à cause de cela que les guerres entre Indiens quand elles ont lieu, ressemblent bien plus à des jeux d’enfants). Les chrétiens sur leurs chevaux, armés de leurs épées et de leurs lances, commencèrent à massacrer les Indiens et à perpétrer des actes des plus cruels. Ils attaquèrent les villes et n’épargnèrent ni les enfants, ni les vieillards, ni les femmes enceintes, ni les femmes au lit après avoir accouché, non seulement en les frappant de leurs épées, les démembrant, les coupant en morceaux, comme s’il s’agissait de mouton dans un abattoir. Ils pariaient aussi entr’eux pour savoir qui d’un coup d’épée ou de lance, pourrait couper un homme en deux, lui couper la tête ou l’éviscérer d’un seul coup de lance.

Ils prirent les nouveaux nés du sein de leurs mères, les prenant par les pieds et les fracassant tête première sur la roche ou les saisissant par les bras et les jetant dans les rivières, s’esclaffant de rire et disant alors que les bébés s’enfonçaient dans l’eau: “Brûlez en enfer, vous les enfants du diable”. Ils passèrent d’autres enfants au fil de l’épée avec leurs mères et quiconque se trouvait à proximité. Ils construisirent des échafauds bas sur lesquels les pieds des victimes qui pendaient touchaient presque le sols, celles-ci étaient attachées par lot de treize, rappelant ainsi  notre sauveur et ses douze apôtres, puis ils mettaient le feu à du bois entreposé à leurs pieds et ainsi les brûlaient vifs. A d’autres, ils enroulaient leur corps dans de la paille et y mettaient le feu. Avec d’autres qu’ils voulaient garder vivants, ils leur coupaient les mains et les attachaient autour du cou des victimes en leur disant: “vas maintenant colporter le message”, ce qui voulait dire: portes la nouvelle aux Indiens qui ont fuis dans la montagne. Les Espagnols s’occupaient généralement des leaders indiens de la manière suivante:  Ils construisaient une grille métallique qu’ils suspensaient sur quatre piques fourchues. Ils y attachaient les victimes et alllumaient dessous un petit feu, ainsi petit à petit, alors que les victimes hurlaient de désespoir et de tourment, leurs âmes s’échappaient…

Après que les guerres et les massacres furent terminés, lorsqu’il ne survivaient plus que quelques jeunes garçons, quelques femmes et quelques enfants, les survivants étaient distribuées parmi les chrétiens comme esclaves. Le repartimiento ou la distribution était faite selon le rang et l’importance du chrétien auquel les esclaves étaient accordés. Certains en recevaient trente, d’autres quarante, d’autres encore cinquante et d’autres cent ou deux cents. En plus de son rang, on prenanit aussi en considération la faveur dans laquelle le tenait le tyran local appelé gouverneur. Le prétexte était que ces Indiens survivants devaient être instruits des articles de la foi chrétienne, comme si ces chrétiens qui étaient de manière évidente idiots, cruels, veûles et vicieux, pouvaient prendre soins des âmes ! Ce qu’ils firent demandait l’envoi des jeunes hommes dans les mines d’or, ce qui représente un travail épouvantable et d’envoyer les femmes dans les champs des grands ranches pour trimer la terre, travail en fait seulement faisable par des hommes dans la force de l’âge. Ils ne leur donnaient pour toute nourriture que des herbes et des légumes, des choses de peu de substance. Le lait maternel des mères se tarît et en peu de temps les jeunes enfants périrent tous. Comme les hommes et les femmes étaient séparés, il ne pouvait y avoir de relations maritales. Les hommes mouraient dans les mines et les femmes mouraient dans les ranches des mêmes causes: épuisement et faim. C’est ainsi que fut décimée cette île autrefois si densément peuplée.

* * *

Bartolomé de Las Casas (Séville, 1471Madrid, 1566), est un prêtredominicainespagnol, célèbre pour avoir dénoncé les pratiques des colons espagnols et avoir défendu les droits des Amérindiens.

Bartolomé de las Casas est peut-être né en 1474 à Séville, mais d’autres historiens l’y font naître vers 1484 ou 1485. Il est le fils de Pedro de las Casas, modeste marchand qui appartenait semble-t-il à une lignée de juifs convertis par la contrainte après 1492, appelés marranes. À 9 ans, il voit le retour de Christophe Colomb à Séville après son premier voyage. Son père et son oncle ont participé au deuxième voyage de Colomb qui part de Cadix, le 25 septembre 1493. Bartolomé de las Casas a gardé une relation intime avec les fils de Colomb. Au retour de son père, il côtoie un esclave indigène et, en 1502, il part pour le nouveau monde avec le nouveau gouverneur. Il a alors 18 ans.

Voir la suite sur Wikipédia:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bartolomé_de_Las_Casas