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Résistance au colonialisme: Il est grand temps de reconnaître que Palestiniens et Amérindiens = même combat…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, économie, canada USA états coloniaux, colonialisme, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 25 mars 2017 by Résistance 71

“En 1979 vint la révolution en Iran. A cause de notre conférence à Genève et de nos liens amicaux très étroits avec l’Organisation de Liberation de la Palestine (OLP), l’American Indian Movement (AIM) eut une certaine crédibilité dans cette partie du monde. Tout comme l’OLP, nous sommes vitalement intéressés à retrouver notre terre et notre souveraineté.”
~ Russell Means, 1995 ~

«Élevée est notre âme et sacrés sont les pâturages.
Et les étoiles sont mots qui illuminent,
Scrute-les, et tu liras notre histoire entière  »
~ Mahmoud Darwish ~

Ces deux peuples sont tous deux victimes du dogme religieux criminel et génocidaire du « peuple élu en terre promise ». En ce qui concerna la Palestine, il s’agit en plus d’une falsification historique.

~ Résistance 71 ~

 

A lire notre traduction de très larges extraits du livre de Steven Newcomb « Païens en terre promise », version PDF, sur une mise en page de Jo de JBL1960:

Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte

 

Amérindiens et Palestiniens un combat commun pour la justice

 

Ramzy Baroud

 

Septembre 2016

 

Source:

https://resistanzblog.wordpress.com/2016/10/02/amerindiens-et-palestiniens-un-combat-commun-pour-la-justice-chronicle-palestine/

 

Des milliers d’Américains autochtones (ou  » Amérindiens « ) ont ressuscité l’esprit combatif de leurs ancêtres alors qu’ils tenaient un rassemblement unitaire sans précédent pour contester la profanation par une compagnie pétrolière de leur terre sacrée dans le Dakota du Nord.

Compte tenu du poids de son contexte historique, ce moment a été l’un des événements les plus émouvants dans l’histoire récente.

Le bras de fer, impliquant 5000 manifestants autochtones américains dont les représentants de 200 tribus et groupes de défense de l’environnement, a été largement édulcoré dans les bulletins d’informations en étant réduit à une question de détails techniques – concernant les questions de permis et de poursuites judiciaires.

Un combat inégal

Au mieux, les tribus rassemblées et la compagnie pétrolière sont traitées comme si elles étaient à parties égales dans une lutte prétendument équilibrée.  » ‘Dakota’ signifie ‘amical’ et pourtant, il semble qu’aucune des parties n’a été trop amicale à l’égard de l’autre », écrit Mark Albert sur le site ouèbe du réseau de télévision US CBS.

La nation Dakota est à juste titre alarmée par la perspective que ses réserves d’eau soient polluées par l’énorme pipeline qui traversera quatre États et s’étirera sur plus de 1770 km.

L’ « autre côté » est la société Energy Transfer Partners, dont la construction du Dakota Access Pipeline au coût de 3,7 milliards de dollars, porte atteinte aux droits territoriaux des tribus amérindiennes, détruisant des cimetières sacrés et menaçant de polluer les principales ressources en eau de larges communautés amérindiennes.

Craindre de futurs déversements dans la rivière Missouri n’a rien d’une exagération. Les USA sont aujourd’hui aux prises avec des crises de l’eau, en partie à cause de l’abandon d’infrastructures mais aussi à cause de nombreux déversements de pétrole et fuites de gaz naturel.

La récente crise de l’eau à Flint dans le Michigan, et le déversement de pétrole dans un passé récent par la compagnie British Petroleum dans le Golfe du Mexique – dont le corollaire ont été de graves crises humanitaires et environnementales – ne sont que deux cas récents parmi les plus notoires.

Mais le problème est beaucoup plus profond et la situation ne cesse de s’aggraver.

La pollution des ressources en eau est devenu un problème à l’échelle nationale

Des données obtenues par le réseau d’informations CNBC auprès de l’Agence gouvernementale de protection de l’environnement, ont montré que « seuls neuf États US-américains signalent des niveaux tolérables pour la santé, de plomb dans leur approvisionnement en eau. Ces États sont l’Alabama, l’Arkansas, Hawai’i, le Kentucky, le Mississippi, le Nevada, le Dakota du Nord, le Dakota du Sud et le Tennessee « .

Comme si cela n’était pas suffisamment préoccupant, le gigantesque pipeline de pétrole brut traversera plusieurs de ces mêmes États, pouvant encore limiter leur nombre.

Les débats sur les risques potentiels de la construction du pipeline sont monnaie courante depuis des années. Mais la question, a gagné une couverture nationale et internationale lorsque les tribus amérindiennes se sont mobilisées pour protéger leurs terres et leurs ressources en eau.

La mobilisation des tribus a été accueillie par une violence étatique. Au lieu de prendre en compte les importants griefs des tribus – en particulier ceux dans la réserve de Standing Rock qui se trouve à seulement 1,5 km au sud de l’oléoduc – le gouverneur de l’État a convoqué tous les  oranes de répression et mobilisé la Garde nationale. Des lacrymos ont été utilisés contre les manifestants, qui ont été tabassés, arrêtés et pourchassés par des hommes armés en uniforme.

Aux USA, quand les gens s’opposent aux grandes entreprises, la violence d’État est apparemment la réponse la plus fréquente, déployée contre des personnes désarmées, dans l’unique but de protéger le grand bizness.

Une mobilisation des plus impressionnantes

Mais n’oublions pas un élément essentiel : la mobilisation et l’unité entre les tribus amérindiennes ont été les plus impressionnantes depuis des décennies. Alors que les chefs et les représentants de tribus venus de tous les USA continuaient d’arriver sur les terrains de campement, l’esprit collectif des nations amérindiennes était relancé avec force.

En fait, la mobilisation actuelle des tribus amérindiennes dépasse de beaucoup la lutte contre une entreprise avide de profit et soutenue par l’appareil agressif de l’État. Il est question en vérité de l’esprit des peuples autochtones de cette terre, qui ont subi un long génocide visant à leur élimination complète.

Les voir debout une fois de plus, avec leurs familles, montant leurs chevaux drapés de plumes, luttant pour leur identité, est une cause de célébration. Aux peuples opprimés partout dans le monde, ils apportent l’espoir que l’esprit humain ne sera jamais détruit.

Le génocide des Amérindiens, semblable à la destruction ininterrompue de la nation palestinienne, est l’un des points les plus bas atteint par la morale humaine. Il est particulièrement décourageant de voir à quel point il est toujours nécessaire de se battre pour faire reconnaître cette grave injustice.

Un génocide qui n’a jamais cessé

Pendant 500 ans, les Américains autochtones ont subi toutes les tentatives imaginables pour les effacer de la surface de la planète. Leurs nombre est tombé de dix millions avant l’arrivée des Européens en Amérique du Nord, à moins de trois cent mille au début du 20e siècle. Ils ont été exterminés par les guerres coloniales et ravagés par les maladies venues de l’étranger.

Les appels à détruire les Amérindiens n’étaient pas suggérés mais plutôt clairement affichés. Par exemple, Spencer Phips, lieutenant-gouverneur de la province de la Baie du Massachusetts a publié cette déclaration en 1755 au nom du roi George II: « Les sujets de Sa Majesté doivent saisir toutes les occasions de poursuivre, capturer, tuer et détruire la totalité et chacun des Indiens précités. »

La liste des prix pour les scalps des autochtones assassinés était la suivante : « 50 livres pour les scalps d’adultes de sexe masculin; 25 pour les scalps de femmes adultes, et 20 pour les scalps des garçons et des filles de moins de 12 ans.  »

Cette politique génocidaire contre les Amérindiens s’est poursuivie sans relâche.

Un siècle plus tard, en 1851, le gouverneur de Californie Peter H. Burnett, a fait cette déclaration: « Une guerre d’extermination continuera d’être menée entre les deux races jusqu’à ce que la race indienne ait totalement disparu « .

Les méthodes d’extermination étaient variées, allant de l’assassinat pur et simple et la distribution de couvertures infectées par les maladies, à, comme c’est le cas aujourd’hui, la menace sur leur ressource la plus vitale : l’eau.

Pourtant, d’une certaine manière, l’esprit de Sitting Bull et Crazy Horse et de nombreux et courageux chefs et guerriers parcourent encore les plaines, exhortant leur peuple à se lever et à poursuivre un combat très ancien pour la justice et les droits.

Amérindiens et Palestiniens

Les Palestiniens ont toujours estimé que l’héritage des Amérindiens est semblable au leur.

« Nos noms: les feuilles aux branches de la parole divine; les oiseaux qui montent plus haut qu’un coup de pistolet. Vous qui venez d’au-delà de la mer, voulant la guerre; ne coupez pas l’arbre de nos noms; ne lancez pas vos chevaux enflammés à travers les plaines « .

Ce sont quelques-uns des vers du poème séminal du poète palestinien Mahmoud Darwich : « Discours de l’Indien rouge. »

Je me souviens du jour où cet impressionnant morceau de littérature arabe a été publié intégralement dans le journal palestinien « Al-Qods». A l’époque, j’étais un adolescent dans un camp de réfugiés à Gaza. Je l’ai lu avec beaucoup d’appréhension et de vertige – soigneusement, lentement, et à plusieurs reprises.

Ceux qui ont pu le lire l’ont récité à voix haute à ceux qui ne le pouvaient pas.

Beaucoup de larmes ont été versées ce jour-là, surtout parce que nous savions tous trop bien que nous étions les « Indiens rouges ». Ils étaient nous-mêmes.

Bien avant que la théorie critique féministe ait inventé le terme « intersectionnalité » qui soutient que l’oppression est interconnectée et qu’une institution oppressive ne peut pas être analysée isolément des autres, les Palestiniens, comme les autres victimes de la colonisation génocidaire, en ont toujours connu cette vérité.

Les Palestiniens perdent leurs vies, leurs terres et leurs oliviers tandis qu’ils résistent aux chars et aux bulldozers israéliens. Leur réalité est la répétition d’expériences similaires auxquelles ont fait face – et continuent de faire face – les Amérindiens. En ce 21e siècle, la lutte des Amérindiens et des Palestiniens reste une seule et même lutte.

« Élevée est notre âme et sacrés sont les pâturages.

Et les étoiles sont mots qui illuminent …

Scrute-les, et tu liras notre histoire entière  »

… a écrit Mahmoud Darwish pour les Amérindiens. Et pour les Palestiniens…

Réveil politique amérindien… Cause indigène, cause palestinienne.. Des universitaires amérindiens pour le boycott académique et culturel d’Israël…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 4 février 2014 by Résistance 71

Dans les années 1970, un certain nombre d’activistes et d’universitaires amérindiens furent invités et endoctrinés par Israël et la pensée unique sioniste afin qu’ils diffusent la vision erronée qu’Israël avait le même combat de reconquête de leur terre que les peuples Indiens des Amériques. Ainsi, voici ce que disait l’universitaire activiste Vine Deloria Jr dans son autrement très bon ouvrage “Custer Died for Your Sins” en 1969:

“Beaucoup d’Indiens voient la nécessité d’un regroupement tribal comparable à celui de la résurrection du vieux peuple hébreu”. (p.32)

Cet endoctrinement a perduré jusqu’à nos jours, mais depuis quelques années un éveil se fait enfin jour: La similitude de l’autonomie et de la souveraineté des nations autochtones des Amériques n’est pas connectée avec Israël et sa conquête pour un état juif, mais avec les Palestiniens et leur lutte pour recouvrer leurs terres ancestrales tout comme le font les nations autochtones des Amériques. L’article que nous avons traduit ci-dessous est un exemple de règlement de conflit entre deux camps opposés amérindiens au sujet du soutien à Israël ou aux Palestiniens, deux visions identitairement radicalement opposées.

~ Résistance 71 ~

 

La Palestine sans diffamation: Pourquoi Israël et les autochtones ne sont pas des alliés naturels

 

Robert Warrior

 

29 janvier 2014

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/01/29/palestine-without-smears-why-israel-and-natives-arent-natural-allies

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

L’essai récent de contre-opinion de Ryan Bellerose sur ce même Indian Country Today Media Nerwork (ICTMN), “Ne mélangez pas le combat autochtone avec les droits palestiniens”, serait risible et facile à démonter considérant combien il était faquin et si peu précis. L’essai quoi qu’il en soit, emploie de sales caractérisations et une analyse historique des plus simpliste pour discuter de problèmes très importants et très sérieux au sujet des Indiens d’Amérique, d’Israël et de la Palestine. Voir ce qui connecte le monde autochtone au Moyen-Orient représente un défi pour bon nombre de lecteurs d’ICTMN, mais une ligne de division très claire émerge entre les défenseurs d’Israël parmi les Indiens d’Amérique et le nombre croissant de ceux d’entre nous qui soutient le programme de boycott et de sanctions anti-Israël palestinien.

La Native American and Indigenous Studies Association (NAISA) par exemple, a fait les manchettes en Décembre dernier pour être un des trois groupes universitaires basés en Amérique du Nord, qui endorsent la campagne palestinienne pour un boycott académique et culturel d’Israël. Dans son essai, Bellerose attaque de manière dérisoire quelques unes des personnes les plus fines qui ont été impliquées dans la campagne. Ces personnes méritent bien mieux, surtout dans ce forum.

Bellerose utilise ses injustes attaques et sa version fausse de l’histoire du Moyen-Orient comme un écran de fumée derrière lequel il focalise sur des personnalités et des leurres pour défendre Israël et se gratte la tête pour savoir comment un autochtone bien-pensant pourrait défendre les Palestiniens, tout en ignorant les faits indiscutables disponibles. Parmi ceux-ci la brutalité sans interruption et la mort que l’occupation d’Israël a amené à la Palestine. Israël non seulement confisque de manière régulière et illégale les terres palestiniennes, mais il fait littéralement exploser les maisons palestiniennes, maison par maison.

Tandis que cette brutalité se poursuit sans cesse, Israël continue de bâtir des colonies en terres palestiniennes et typiquement, ces territoires sont les plus riches de Palestine. Ces colonies établies sont virtuellement contestées par tous les pays appartenant aux Nations-Unies. Ce qui rend ceci possible est la protection des Etats-Unis et son pouvoir de veto au conseil de sécurité de l’ONU (NdT: les Etats-Unis mettent leur veto sur toute initiative de sanctions sur Israël…). Ce qui paie pour l’occupation et les colonies sont les plus de 3 milliards de dollars par an d’argent du contribuable américain qui est dépensé par le gouvernement en Israël. Ceci représente plus d’argent que les Etats-Unis n’envoient à quelque pays que ce soit dans le monde (sans dire bien sûr de ce qu’ils dépensent pour le Bureau of Indian Affairs, BIA…). Les problèmes de confiscation illégale et d’occupation violente résonnent avec moi comme un Osage, mais je suis aussi concerné en tant que contribuable au sujet de ce que les Etats-Unis font de mes impôts et en mon nom.

Dans son essai, Bellerose parle de problèmes avec un panel plus tôt ce mois, au cours d’une conférence universitaire à Beyrouth au Liban et qui fut rapportée par ICTMN à la fin de mois de décembre. Le comité était critique du nombre croissant de leader élus tribaux (NdT: donc du système car le système électoral inepte ne fait pas partie de la vie politique et sociale traditionnelle des nations indigènes des Amériques, c’est une imposition colonialiste…), comme le président Navajo Ben Shelly, qui ont fait des visites publiques visibles en Israël, rencontrant le PM Netanyahou et d’autres officiels israéliens. Bellerose se plain de ce que le comité n’avait pas inclus “des Indiens qui ont une connaissance et l’expérience pour discuter de ces problèmes.” Il écrit aussi: “Nous ne serions pas les bienvenus à cette conférence parce que nos sommes capables de penser et de communiquer par nous-mêmes”. Bellerose base son essai sur l’assertion qu’il “est important pour nous d’examiner qui sont ces gens qui clâment parler pour les Indiens d’Amérique, parce qu’ils cachent leur bigoterie derrière notre bannière.”

L’accusation de bigoterie est très importante, et je vais en parler plus avant, mais laissez moi d’abord éclaircir les assertions de base de Bellerose qui sont mal fondées. Quelques “véritables indiens” en fait, ont participé à la plannification et à l’exécution de la conférence qui s’est tenue à l’Université Américaine de Beyrouth, incluant moi-même. Comme Bellerose l’admet parmi ses contributions aux commentaires du fil de la version en ligne de son essai, j’ai écrit un des articles du comité et bien que je ne fus pas capable de participer à la conférence à cause de problèmes météorologiques graves m’empêchant de voyager à destination, l’article fut lu à l’audience en mon absence. Ma contribution insistait sur la façon dont à la fois les Etats-Unis et Israël ont utilisé des faits relatés par la bible au sujet de la conquête de Canaan pour justifier de la conquête militaire des terres qu’ils occupent.

Mon intérêt dans ces problèmes complexes abordés ont commencé il y a près de 30 ans, lorsque j’ai passé deux étés en tant qu’archéologue volontaire pour le ministère israélien des antiquités et des musées et ai voyagé de manière extensive en Israël et en Palestine. Plus tard dans les années 1980, j’ai continué à apprendre a sujet de l’histoire ancienne et moderne de la région en tant qu’étudiant en IVème cycle de l’université de Yale et de l’Union Theological Seminary de la ville de New York. Alors que j’étais à New York, je devins élève de l’université de Colombia et du professeur Edward Said, un Palestinien américain et un des penseurs les plus influents de ce dernier demi-siecle. Je n’ai jamais eu la prétention de dire que j’étais un spécialiste du Moyen-Orient à titre universitaire, mais ma connaissance en la matière me paraît être suffisante pour pouvoir commenter.

Je ne fus pas le seul  universitaire Amérindien participant au comité de la conférence. Joanne Barker (Delaware), Melanie Yazzie (Navajo), Nick Estes (Lakotah) et Kent Lebsock (Lakotah) présentèrent dans d’autres sessions de la conférence. Jacki Rand (Choctaw) dût annuler dans les mois menant à la conférence, mais participa à la génèse de notre comité. Laissez-moi également ajouter que cette conférence ne traitait pas exclusivement de problèmes autochtones, mais focalisait sur un vaste domaine de sujets connectant l’Amérique du Nord au Moyen-Orient. Yazzie, qui a récemment voyagé en Palestine a généreusement lu mon article devant l’audience. Bellerose est peut-être en désaccord avec nous, mais il a totalement tort de dire qu’aucun Amérindien de qualifié n’était présent.

Bellerose a même toujours plus tort dans ses caractérisations des autres panélistes, conférenciers, spécifiquement celle honteusement fallacieuse de J. Këhaulani Kauanui. Il l’a cité de manière erronée disant “qu’elle est en partie hawaiienne indigène”, une phrase qu’elle n’utiliserait pas pour se décrire elle-même. Kauanaui qui a écrit au sujet des problèmes autochtones hawaiiens et palestiniens pour ICTMN, se décrivant elle-même comme une Kanaka Maoli, ce que les natifs hawaiiens se nomment eux-mêmes, comme bon nombre de lecteurs le savent déjà. Bellerose, quoi qu’il en soit semble vouloir nous pousser à penser que Kauanui n’est pas suffisamment indigène.

Il a pris la mauvaise personne pour cible. Kauanui peut tracer avec des détails remarquables les générations de ses lignées hawaiiennes et non-hawaiiennes, elle parle de plus avec une très grande expérience et connaissance des traditions hawaiiennes, des protocoles, de l’histoire et de la politique contemporaine attachés à l’endroit. En tant qu’universitaire, elle a un historique parfait d’excellence et de leadership. Son travail politique intersecte souvent avec les problèmes et sujets sur lesquels elle travaille dans son domaine. Elle est une partisane politique féroce et j’ajouterai qu’elle est également une amie toute aussi féroce en loyauté. Son livre: “Hawaiian Blood: Colonialism and the Politics of Sovereignty and Indigeneity” est un superbe point de départ pour ceux, incluant Bellerose, qui sont limités dans la connaissance des sujets de Kanaka.

Kauanaui est aussi l’hôte d’une émission de radio, Politique Indigène des autochtones de Nouvelle Angleterre et au-delà. Bien qu’en suspend pour l’heure, l’émission d’une heure a été sur les ondes et en postcasts depuis plus de cinq ans. Cette émission a invité des communautés indigènes d’autour du monde, incluant les Etats-Unis, la Canada, le Mexique, l’Australie, Aotearoa/Nouvelle-Zélande et bien d’autres. “J’en ai marre de lire les affirmations de cette femme”, écrit Bellerose. S’il veut vraiment garder le contact avec son esprit fin comme un rasoir, son expérience d’activiste, de penseuse et d’organisatrice, il va devoir prendre cinq minutes de repos, car elle est déjà en train de tracer des cercles autour de lui…

En effet. Dans d’autres écrits récents, Bellerose a critiqué le suivi du boycott palestinien sur la culture et le monde académique d’Israël par la Native American and Indigenous Studies Association (NAISA). Quant à la conférence de Beyrouth, Bellerose clâme que la NAISA est une organisation de non-autochtones, de personnes non-indigènes. Quoi qu’il en soit Kauanui et moi-même furent parmi les organisateurs de la poussée pour obtenir l’accord sur le boycott de la NAISA, et nous fûmes parmi les six autres fondateurs de l’association. Ces six fondateurs et quelques centaines de membres de l’association sont indigènes, Amérindiens, premières nations et métis formant la très grande majorité de ce nombre.

Dans sa dithyrambe contre le comité de Beyrouth, Bellerose dit qu’il voudrait “également savoir qui est cet Ashtan et ce qui l’autorise à parler de cette soi-disante ‘solidarité’ avec Idle No More.” Bellerose réfère à quelqu’un qui ne se nomme pas “Ashtan”, mais à Sa’ed Atshan, un fellow post-doctorat à l’université de Brown et un diplômé de Harvard. Atshan qui a grandi en Cisjordanie, a auparavant écrit pour ICTMN au sujet des problèmes palestiniens et a concentré une partie de son travail sur les connexions que des activistes palestiniens ont faites avec le mouvement Idle No More au Canada. (Bellerose s’identifie comme un des “organisateurs” du mouvement Idle No More, bien qu’il a été cité pour avoir dit “que n’importe qui peut se mettre en avant et dire: ‘Hey, je suis un porte-parole d’Idle No More’ “).

Atshan est un universitaire courageux et très sérieux qui ne combat pas seulement pour la justice en Palestine, mais aussi pour les droits des homosexuels partout. Son travail sur la solidarité en Palestine et les peuples impliqués avec Idle No More est fondé sur des preuves abondantes d’interactions s’étant produites alors qu’INM était a son faîte. Que Bellerose soit d’accord ou pas, ces exemples furent le plus souvent profonds et les lecteurs d’ICTMN peuvent se rappeler avoir lu plusieurs histoires qui rapportèrent sur ces actions de solidarité palestinienne. Un projet de poster devint même des plus intriguant. Pour voir ce sur quoi Atshan fonde sa présentation, recherchez sur internet avec les mots clef “Idle No More Palestine” (du reste si vous cherchez sous les mots clef “idle no nore israël”, vous y trouverez le même set de liens d’articles sur les Palestiniens avec toujours des commentaires pro-Israël d’usage, virtuellement tous émanant de Bellerose…).

Alors même que Bellerose identifie mal et rejette injustement Atshan, il écarte également d’autres Palestineins du comité, comme Steven Salaita, alors même qu’il est sans aucun doute le mieux équipé pour parler des sujets invoqués. Salaita, un Palestinien américain qui enseigne à l’université de Virginia Tech, a obtenu son Ph.D (doctorat) en Anglais de l’université d’Oklahoma, où il saisit l’avantage des ressources multiples de cette université concernant l’histoire et la culture amérindienne, tout en écrivant sa dissertation de doctorat (plus tard publiée sous forme de livre), qui est la toute première longue étude comparative entre la Palestine contemporaine et l’Amérique autochtone. En plus de ce livre/thèse, Salaita a écrit cinq autres ouvrages.

Ces gens sont merveilleux et d’excellents universitaires. Bellerose les attaque sans fondement et de manière indiscriminée dans un effort simpliste et pathétique d’argumenter que les Israéliens et les peuples indigènes sont de manière plus qu’évidente des alliés naturels. Il établit une version de l’histoire du Moyen-Orient qui fait du peuple juif le seul groupe indigène de Palestine et cherche à délégitimiser les demandes des Palestiniens de recouvrement de leurs propres terres. Ce faisant, Bellerose, choisit parmi des “faits” qu’il affirme être “clairement établis”. Il ne mentionne pas, entre autre exemple, la liste des peuples dans la bible, incluant les Caanéens, les Philistins, les Jébusites et les Hittites, que Yaveh, le dieu des Israélites, commanda “au peuple élu”, d’exterminer dans leur quête de s’accaparer la terre que Yaveh leur avait promis.

Des preuves archéologiques et autres font plus que suggérer que quelque chose d’autre que ce qu’on lit dans l’ancien testament chrétien / bible hébraïque a mené à l’établisseemnt de l’ancien Israël. Plutôt que de dire que ces groupes variés de peuples indigènes de la zone furent exterminés, les écrits semblent indiquer qu’une incorporation, et non une extermination, les rassembla. Rien de cette histoire n’est aussi simple et direct que Bellerose veuille bien le dire.

Parce que sa version plutôt simpliste de l’histoire contemporaine du Moyen-Orient n’est pas en accord avec ceux du comité de Beyrouth ainsi que de la vaste majorité de ceux qui ont étudiés et documentés de manière critique  la passé et le présent archéologique de cette région complexe, Bellerose se permet d’appeler Kauanui et le reste d’entre nous des “demi-sels de l’éducation” ; il emploie des images stéréotypées des Palestiniens, de manière présumée incluant Atshan et Salaita, comme des terroristes naturels nés, assoiffés de sang juif. Dans la version en ligne de son essai, Bellerose commente en me traitant de “stupide” et “d’idiot utile”.

On nous a traité de bien pire et nous avons suvécu, je ne m’étendrai donc pas sur le manque de décence et de manières de Bellerose (au moins il admet que je suis “utile” !). Je vais quand même, montrer du doigt la façon dont Bellerose et autres personnage du camp pro-Israël, déploient des stéréotypes d’opposants peints comme violents, ignorants et intellectuellement inférieurs; cette méthode m’est horriblement familière et à bien d’autres intellectuels et artistes indigènes qui ont endorsés le boycott académique et culturel d’Israël, incluant Simon Ortiz (Acoma Pueblo), LeAnne Howe (Choctaw), Lee Maracle (Sto:lo), Vicente Diaz (Phonpeian), Aileen Moreton-Robinson (Geonpul), Barker, Yazzie et Rand.

Cette familiarité horrible, et puissante, n’est pas la vaste primordialialité de mes 28 ans de solidarité publique avec les Palestiniens. Le sujet de la Palestine, d’Israël et de l’indigénéité possède plusieurs couches et est tout sauf résolu. Mais pour moi, il n’a pas besoin d’être résolu pour que je prenne ma décision en faveur de me tenir solidaire des Palestiniens et de leur cause. De la même manière n’ai-je pas demandé que l’égalité du mariage devienne une preuve traditionnelle parmi les Navajo, Cherokee ou Osage quand je me suis publiquement opposé à leur législation de nations contre le mariage homosexuel. De la même manière je n’ai pas requis une explication claire que la tradition Cherokee demande qu’une justice raciale se tienne solidaire avec les Cherokee désaffranchis. Ainsi, je n’ai pas besoin que les Palestiniens se qualifient eux-mêmes de peuple indigène pour que je comprenne leur lutte et que celle-ci est connectée avec la mienne.

La réaction aux contre-opinions d’ICTMN sur le Moyen-Orient ces dernières années a révélé un manque de connaissance et de compassion au sein des peuples amérindiens et premières nations à ce sujet et cela brise le cœur. Ceci résonne particulièrement vrai lorsqu’on parcours les fils de commentaires ; avec les habituels trolls sionistes qui patrouillent l’internet à la recherche de discréditer toute critique d’Israël et de son occupation encontrée, des commentaires du fan club non critique d’Israël comme Bellerose et ses articles, exposent ceux qui commentent comme étant bien trop avides de lancer la gadoue.

Le monde indigène a besoin que des forums comme celui-ci soient des endroits sur lesquels nous pouvons nous tourner pour avoir de sérieuses dicussions et débats au sujet des coûts et bénéfices de participer à ces sujets complexes. Nous n’avons pas ce genre de discussions aussi loin que des essais comme ceux de Bellerose emplissent l’espace qui pourrait, devrait être donné aux gens qui ont quelque chose de bien plus substantiel et de moins personnel à dire.

Robert Warrior est un membre de la nation Osage et Professeur of American Indian Studies, English, and History at the University of Illinois, Urbana-Champaign. Il est l’auteur et co-auteur de cinq livres, incluant Like a Hurricane: The Indian Movement from Alcatraz to Wounded Knee (avec Paul Chaat Smith). Il est le président fondateur de la Native American and Indigenous Studies Association (NAISA) et a commencé à écrire pour ICTMN en 1989, quand c’était encore appelé le Lakota Times.