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Folie nucléaire: Three Mile Island, Tchernobyl, Fukushima et plus à venir…

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Entretien avec Kolin Kobayashi, journaliste japonais

Nucléaire: “On vit vraiment dans la folie !”

 

Revue Ballast

 

26 juin 2018

 

url de l’article:

https://www.revue-ballast.fr/kolin-kobayashi-nucleaire-on-vit-vraiment-dans-la-folie/

 

Le premier Forum mondial antinucléaire s’est tenu à Tokyo en 2016. Le journaliste japonais Kolin Kobayashi, basé à Paris et correspondant pour Days Japan, s’y est impliqué depuis la première heure. Nous le retrouvons dans un café du centre de la capitale, qui accueillit sa troisième édition en novembre 2017 et réunit des intervenants et des militants de Russie, d’Espagne, du Niger, des deux Amériques et bien sûr du Japon. Le Forum s’acheva alors à Bure, dans la Meuse. En plus d’alerter sur les dangers intrinsèques du nucléaire, Kobayashi aspire à mettre en lumière les travailleurs exposés dans un pays où d’importants séismes sont à prévoir, alors même que ce dernier continue de compter les victimes « collatérales » de l’accident nucléaire de Fukushima en 2011. « On n’en parle pas ; autrement, on serait paniqués. »

L’ancien Premier ministre japonais Naoto Kan a fait savoir qu’il s’était aperçu, au lendemain de l’explosion de la centrale, que le secrétaire général de l’agence de sûreté nucléaire n’était pas un « spécialiste de l’énergie nucléaire » mais un économiste ! Une métaphore à valeur globale ?

Oui. La situation était réellement chaotique car les autorités japonaises n’étaient pas du tout prêtes à affronter un accident nucléaire majeur. Le gouvernement ne pouvait pas imaginer un accident de l’ampleur de Tchernobyl. Ils n’ont pas su gérer la situation et je crois que rien n’a changé, jusqu’à aujourd’hui. La situation est la même ! C’est de toute façon ingérable, un accident de cet ordre. Mais le lobby nucléaire international essaie de montrer qu’il est capable de prendre en main un accident nucléaire et en parle comme s’il s’agissait d’un risque naturel à gérer, à l’instar d’un typhon ou d’un séisme. L’accident nucléaire majeur est compté parmi ces risques ; un parmi d’autres, en somme : ça, c’est le discours officiel. Mais c’est incomparable ! Deux ans après le 11 mars 2011, dans la ville de Sendai, un grand Symposium international a été mis en place avec les organisations onusiennes. Malgré le fait qu’il s’agisse d’un accident qui nous laisse encore aujourd’hui dans un état d’urgence, ils n’ont absolument pas parlé de Fukushima. C’est incroyable, n’est-ce pas ?

Quelle est la situation des 130 000 personnes déplacées au Japon à cause de la situation nucléaire, et qu’on invite à revenir ?

On a 100 000 personnes qui sont déplacées à l’intérieur et à l’extérieur du département de Fukushima. Pour quelles raisons les autorités japonaises décident-elles de faire revenir ces réfugiés ? C’est un problème social et économique extrêmement important. Ils menacent de couper les subventions aux réfugiés qui sont partis ailleurs et qui ne reviendraient pas. Les autorités essaient de dire : finalement, les conséquences radioactives ne sont pas si importantes que ça, vous pouvez revenir, il faudra juste faire attention à ne pas manger d’aliments contaminés, à ne pas passer dans tels ou tels quartiers un peu contaminés ; ainsi, vous pourrez continuer à vivre. Mais la population vivait majoritairement de la terre ; les gens étaient paysans et agriculteurs, le département était l’un des plus importants centres agricoles… Il y a le village d’Iitate : c’était un foyer de l’agriculture biologique ! Juste après l’accident, tout a été contaminé. Un documentaire est d’ailleurs consacré à cette question : Iitaté, chronique d’un village contaminé, du réalisateur Doi Toshikuni. On ne peut pas nettoyer la forêt, la montagne ou les champs ; on ne peut pas tout raser, soulever 30 centimètres de terre et la mettre ailleurs. Alors on nettoie un peu comme ça, à la manière d’une salutation diplomatique, mais pas plus.

C’est une manière pour le gouvernent de minimiser la catastrophe ?

Bien sûr. Il ne faut pas laisser paniquer la population et de ne pas créer une crise économique.

Cela prend-il auprès de la majorité de la population ?

Il y a quelques agriculteurs particulièrement attachés à leur terroir. Certains, désespérés, se sont suicidés. D’autres essaient de collaborer avec des scientifiques afin de minimiser la contamination radioactive et remettre leurs champs en état. Des agriculteurs âgés ne peuvent plus vivre dans une maison préfabriquée d’en moyenne 29,7 m² prêtée par l’État ; ils sont tellement traumatisés… Ceux qui avaient des maisons de famille appartenant à leurs parents, à leurs grands-parents, accueillant leurs enfants et petits enfants, ceux-là se retrouvent tous dans un foyer. Résignés et conscients que, même atteints de maladies cancérigènes dues à la radioactivité, ils n’ont plus longtemps à vivre. Ceux-là se résignent, et reviennent.

Ils savent qu’ils ne vont donc pas léguer ces terres à leur famille.

La majorité des agriculteurs, conscients de tout cela, savent très bien qu’après leur génération, ce sera terminé. Les jeunes ne reviendront plus.

Que peuvent-ils transmettre aux générations futures ?

Les jeunes ont peur de subir la contamination et les familles avec enfants ne veulent pas revenir. Alors les villages, même s’ils étaient déjà petits — 6 000 personnes vivaient à Iitaté avant l’accident, 400 maintenant —, sont constitués en majorité d’une population de personnes de plus de 65 ans qui, une fois morts, n’auront personne derrière eux. Hasegawa Kenichi était fermier ; il a choisi de revenir avec sa mère de plus de 80 ans atteinte de la maladie d’Alzheimer pour continuer à vivre ailleurs que dans une baraque préfabriquée. Il est tout à fait conscient que son village et sa maison sont complètement contaminés. Mais il s’y est résigné. C’est assez tragique.

Comment gérer cette contradiction centrale entre l’urgence sécuritaire de la centrale et la protection des travailleurs livrés à son exposition ?

En réalité, ils ne les protègent pas. L’efficacité économique est prioritaire. Les travailleurs qui sont dans des zones d’irradiations fortes, des zones à risques, ne sont pas les salariés officiels de TEPCO [multinationale japonaise et, avant sa nationalisation, plus grand producteur privé mondial d’électricité, ndlr] : on fait appel à des sous-traitants. En France également, il y a des salariés « officiels » qui ne vont pas — sauf cas exceptionnels — dans des endroits dangereux. Au Japon, il y a dix étages de sous-traitance. TEPCO demande à une société générale de gérer l’ensemble des étages. Et, au final, l’entreprise qui se trouve au dernier étage n’a aucun contact avec TEPCO. La gestion et le contrôle de la santé des travailleurs qui travaillent actuellement à Fukushima Daiichi — 6 000 personnes, tous les jours ! — ne sont aucunement rationnels ni convaincants. Personne ne prend en charge cela.

Sont-ils soutenus par des organisations syndicales ?

Les syndicats officiels liés à Tepco sont complètement pro-nucléaires — comme ici, en France. Le syndicalisme existe peu dans des entreprises de moins de 50 personnes. Il y a bien une association de soutien aux travailleurs nucléaires (il s’agit en fait de plusieurs associations regroupées pour former une association solide1) qui entre en contact avec eux et leur fournit un carnet pour documenter leur carrière, dans lequel ils doivent reporter les postes qu’ils ont occupés, pendant combien de temps, à quels endroits ils sont passés, combien de doses reçues, etc. Ce carnet est utile pour archiver leur état de santé. Normalement, c’est aux autorités japonaises de le fournir à tous les travailleurs, même à ceux qui ne travailleront que dix jours : c’est utile sur le long terme. On sait que certains cancers se déclarent au bout de 30 ans ; après Hiroshima, des cancers liés aux radiations se sont déclarés après un demi-siècle.

Il n’y a pas d’examens médicaux obligatoires ?

L’association propose ce carnet déclaratif car les patrons des petites entreprises sous-traitantes demandent aux travailleurs temporaires de ne pas révéler les doses réelles reçues. Les salariés le savent, et savent aussi qu’en déclarant le chiffre de doses réelles ils ne pourront pas travailler le jour suivant — puisque son seuil de radiation est dépassé. L’exposition va dépendre des zones où ils seront envoyés. Si untel est envoyé dans une zone très contaminée, il pourra travailler d’une traite seulement une heure, voire dix minutes par jour ; d’autres, qui font des travaux de décontamination dans les villages, peuvent travailler plus longtemps. Ils doivent faire des coupures plus ou moins contrôlées. Ceux qui ont besoin d’argent, comme les travailleurs journaliers, camouflent et magouillent donc les chiffres. Vous avez dû entendre parler des mafieux japonais, les Yakuzas, qui démarchent pour trouver des travailleurs précaires prêts à mourir…

Ces travailleurs se déclarent « prêts à mourir » ?

Non, mais ils savent que c’est un risque à prendre. Ce sont des travailleurs précaires qui s’entassent dans certains quartiers populaires et cherchent tous les jours du travail. Ces gens-là sont malades physiquement ; les missionnaires de sous-traitants, les Yakuzas, proposent beaucoup d’argent contre le fait d’être « prêts à mourir ».

L’opinion publique japonaise est-elle correctement informée du sort des travailleurs du nucléaire ?

Officiellement parlant, les Japonais ne sont de toute façon pas informés ; ça reste une zone invisible, sauf pour les militants, les chercheurs et ceux qui s’intéressent d’eux-mêmes à ces problèmes. Le reste de la population n’est pas au courant. Mais des scandales éclatent parfois ça car cela concerne également les Yakuzas et les embauches illégales, sans fiches de salaire officielles, etc. Cela reste de l’ordre du fait divers social, comme il y en a tous les jours : ça passe et on oublie.

Un fait divers et jamais un problème économique et structurel ?
Voilà.

À combien s’élèvent les salaires proposés aux travailleurs ? 

C’est flou. La société qui embauche prélève une marge salariale : au bout des dix étages, la marge prélevée devient importante et le salarié touche à peine plus que le SMIC2. L’État avait promis une subvention spéciale pour les travailleurs du nucléaire mais cet argent a été totalement absorbé par les entreprises. C’est illégal. Une prime qui dépendait de l’endroit où travaillait la personne (700 à 800 euros par mois).

L’État japonais s’est donc servi de l’argent des impôts pour engraisser des entreprises sous-traitantes et sous-payer des individus ?

Oui.

Sans mouvement de contestation ?

C’est comme en France ! La grande majorité des gens sont pris en otage par cette idée reçue que, sans le nucléaire, notre vie et notre civilisation moderne ne fonctionnera plus, qu’il n’y aura pas assez d’énergie pour les hôpitaux, les écoles…

Le Japon avait réagi en fermant, pour un temps, toutes les centrales…

Avant cela, le Japon était couvert par le nucléaire à hauteur de 35 %. On est loin des 75 % de la France. Il est plus facile de le convertir en électricité conventionnelle, fioul, charbon, hydro-énergie…

Quels liens économiques existent entre l’ingénierie française et japonaise ?

Le Japon avait depuis le début des années 1970 une convention de coopération avec la France. S’y échangent des savoirs-faire, notamment au sujet des réacteurs. Les Japonais travaillent bien davantage avec l’ingénierie américaine mais le lobby industriel nucléaire français a commencé à être plus présent — notamment sur la question du retraitement. Il y a une usine de retraitement au Japon, celle de Rokkasho, qui est entièrement de technologie française. C’est pour ça qu’Areva y était présent : pour échanger mutuellement des technologies. Il y a un lien fort actuellement parce que le Japon veut conquérir la potentialité du nucléaire militaire pour être élu comme membre du Conseil de sécurité. Sans tête nucléaire, on est balayés ! Les membres du club sont liés au nucléaire, donc ce sont des liens forts. Actuellement, ASTRID est un nouveau projet de quatrième génération des réacteurs ; c’est le prolongement de Superphénix. C’est une invention franco-japonaise. Les Japonais avaient un surgénérateur de prototype Monju qui a raté — comme Superphénix —, mais ils veulent continuer d’investir.

Superphénix était supposé recycler le nucléaire appauvri utilisé par les centrales principales pour recréer de l’énergie…

Ils fabriquent des combustibles Mox en mélangeant du plutonium puis recyclent à chaque fois ce plutonium pour refabriquer du Mox et en remettre dans le réacteur. Ça, c’était le plan écrit sur la table. Mais ça ne fonctionne pas ! En France, c’est aussi un problème puisque Superphénix ne marche plus. On n’a plus besoin de faire un retraitement. La raison d’être de l’usine de la Hague est remise en cause. Que faire, alors ? Pour le lobby industriel nucléaire, il faut avancer dans cette direction en disant que le plutonium n’est, au fond, pas destiné au nucléaire militaire mais sera utilisé pour la paix ! Le nucléaire civil et le nucléaire militaire sont le recto-verso d’une pièce de monnaie : il n’y a pas de différence, c’est une continuité. Le premier réacteur nucléaire inventé pour faire des bombes atomiques françaises a été développé, non démocratiquement, sur l’usage civil de toutes les centrales nucléaires. Puis les Français ont expérimenté le type américain, pour revenir à leur propre technologie. Malgré les différences techniques entre nucléaire militaire et civil, ils reposent sur le même principe : la fission est contrôlée dans une centrale alors qu’on laisse volontairement dépasser une masse critique dans une bombe atomique.

On parle d’un élément chimique plus accessible que l’uranium, le thorium, comme d’un possible « nucléaire propre » et plus éthique. Qu’en est-il ?

Il est dit qu’avec le thorium il y aurait moins de pollution. Mais il y a toujours un déchet qui reste et on n’a pas de solution pour le déchet du thorium ! C’est comme à Bure, où l’on enfouit des déchets à 500 mètres en sous-sol. Mais imaginons que des tunnels se cassent, qu’il y ait des explosions (comme ce fut le cas aux États-Unis il y a 60 ans, et on n’en parle pas) qui génèrent une grande contamination… La question du déchet nucléaire reste la plus importante car elle est sans solution.
Le Japon est un pays tellement sismique qu’il n’y a pas d’endroit solide pour cacher de tels déchets ! Ce n’est pas comme en Finlande. Et si le magma de notre planète bouge…
 Pour le moment, n’ayant pas vraiment de solution, la plus raisonnable reste de stocker à la surface et de surveiller.

En 2015, on dénombrait 700 000 tonnes de déchets nucléaires autour de la centrale de Fukushima Daiichi…
On se trouve dans une situation très précaire. Dans les trois premiers réacteurs de Fukushima Daiichi, il y a des piscines au sommet des bâtiments. C’est une construction de style américaine : ils n’ont pas créé une structure adaptée à un pays comme le Japon. Après le séisme, l’étanchéité des piscines s’est fragilisée. Et il y a 1 500 blocs de combustibles qui sont stockés et dont on ne sait pas quoi faire. Il aurait fallu creuser un trou et les mettre dans le sol, dans un endroit sûr, mais l’accident de Fukushima a généré une radioactivité si forte qu’on n’a pas encore de robot capable d’effectuer ces tâches — et de loin ! Les travailleurs du nucléaire ne peuvent pas aller dans ces zones : on ne peut rien y faire. En cas de nouveau séisme à cet endroit, il faudra, comme le disait Naoto Kan, évacuer les populations de la région de Fukushima et de celle de Tokyo. Comment ferait-on, techniquement et économiquement ?

Pourtant, un autre séisme est annoncé dans les vingts années à venir…

On vit vraiment dans la folie… On n’en parle pas ; autrement, on serait paniqués. À Fukushima Daiichi, la radioactivité continue de se diffuser car il n’y a pas de confinement. Ce qui a été accompli à Tchernobyl l’a été au détriment de combien de travailleurs morts ? Entre 500 000 et 800 000 personnes ont travaillé et sont mortes ou tombées gravement malades pour cimenter. Et soyons clair : c’est grâce à eux que l’Europe a été sauvée ! Mais c’était l’époque de l’Union soviétique, qui pouvait ordonner au peuple de venir « aider ». Dans un pays libéral et capitaliste comme le Japon, comment voudriez vous embaucher 800 000 personnes pour faire un sarcophage autour de trois réacteurs ?

Serait-ce souhaitable ?
On ne peut pas exiger cela…

Y a-t-il eu des études effectuées sur la faune et la flore autour de Fukushima ?

« Le risque zéro n’existe pas », entend-on chez tous les officiels des organisations internationales. Il y a des scientifiques qui ont apporté la preuves de malformations dans les gènes de plantes, de papillons, d’animaux — de même qu’à Tchernobyl, dont il existe des études poussées. Celles-ci devraient être reconnues internationalement mais le lobby nucléaire domine le débat et affirme qu’il n’y a pas de victimes de la radioactivité. C’est le discours qu’on entend au Japon.

Vous êtes impliqué dans l’organisation du Forum social antinucléaire : c’est en effet assez rare que soient réunis au même endroit différents acteurs sur ces questions…

Dans l’opinion générale de la population française et japonaise, il est dit que c’est une question purement scientifique et technique, une affaire de changement de cap énergétique. Mais, je le redis, la question du nucléaire est inséparable de la question militaire et civile. Il faut vraiment saisir le nucléaire dans sa globalité. Dès qu’il y a un accident majeur, il y a des conséquences énormes sur la santé, l’économie, la politique et la société : il faut comprendre l’ensemble des phénomènes. Pour discuter de cette globalité, il n’est pas suffisant de faire seulement une conférence antinucléaire pour parler d’un côté de la sureté nucléaire et de l’autre des déchets. Il faut parler de l’ensemble des problèmes. La structure du Forum social mondial permet d’aborder toutes les questions scientifiques, sociales, économiques et politiques : il tend à créer un réseau international afin de globaliser les contestations des populations citoyennes, des militants et des scientifiques pour dire qu’il est inacceptable de continuer avec le nucléaire.

Catastrophe du Japon: la fraude a la sécurité dans l’industrie du nucléaire

Posted in actualité, écologie & climat, santé, sciences et technologie with tags , , on 15 mars 2011 by Résistance 71

Nous avons traduit ici un article tres récent de Greg Palast, journaliste d’enquête et écrivain tres connu dans la presse alternative anglo-saxonne. Il est l’auteur entr’autres des ouvrages « The Armed Madhouse » et de « The best democracy money can buy », deux remarquables livres-enquêtes tres bien documentés et écrit dans un style tres personnel, direct et a l’humour caustique.

Il enquêta sur la marée noire de l’Exxon Valdez en Alaska pour le compte des indiens Chugach d’Alaska et mit a jour les fraudes qui ont menées a l’échouage de l’Exxon-Valdez.

Il nous livre ici certains dessous de l’industrie nucléaire sur laquelle il fut amené a enquêter a la fin des années 1980. La catastrophe nucléaire en devenir en ce moment même au Japon est-elle la seule faute du séisme et du tsunami ?

Il semblerait que non. Descente aux enfers de l’industrie nucléaire par la face extrême-orientale…

— Résistance 71 —

 

 

Tokyo Electric va construire des centrales nucléaires aux Etats-Unis: Information sérieuse sur les opérateurs nucléaires au Japon

Par Greg Palast | Lundi 14 Mars 2011

Traduit de l’anglais par Résistance 71

 

Je dois vous parler a tous ici, non pas comme un journaliste, mais au travers de mes fonctions antérieures d’enquêteur en chef dans des affaires de fraude et de racket concernant des centrales nucléaires gouvernementales.

Je ne connais pas la loi au Japon, je ne peux donc pas vous dire si Tokyo Electric Power Co (TEPCO) peur plaider l’insanité dans les homicides qui sont sur le point d’être perpétrés.

Mais que plaidrait Obama ? Son admininistration vient de demander au congres il y a juste quelques mois, de donner une garantie sur prêt de 4 milliards de dollars pour deux réacteurs nucléaires qui seront bâtis et fonctionnels sur la côte du Golfe au Texas, avec TEPCO et des partenaires locaux aux commandes. Comme si le Golfe du Mexique n’avait pas déja assez souffert comme cela. Voici certains faits sur TEPCO que vous ne verrez pas sur CNN ou autre média.

Les pannes actuelles des systemes d’urgence des centrales nucléaires japonaises ne sont en aucune maniere une surprise pour ceux qui ont travaillés dans le domaine du nucléaire.

Les centrales nucléaires dans le monde entier doivent passer un test de sécurité appelé “Qualification sismique” ou “QS”. Cela veut dire que le ou les propriétaire(s) jure(nt) que tous les composants de la centrale sont conçus pour le maximum de sécurité possible concernant des événements pouvant les secouer, que ce soit des tremblements de terre ou un cadeau de Noël explosif d’Al Qaeda.

La façon la moins onéreuse d’obtenir sa qualification “QS” est de mentir. L’industrie du nucléaire le fait tout le temps. L’équipe de contrôle du gouvernemernt pour laquelle je travaillais les a pris la main dans le sac en 1988, a la centrale nucléaire de Shoreham dans l’état de New York. Corriger les problemes de QS a Shoreham aurait coûté un milliard de dollars, donc les ingénieurs furent sommés de changer les tests de “pas bon” en “bon” pour le service.

Quelle fut la compagnie qui émit le faux rapport? Stone & Webster, aujourd’hui la branche nucléaire de la compagnie de construction Shaw, qui va travailler avec TEPCO pour construire la centrale nucléaire texane. Que dieu nous vienne en aide !

Mais il y a bien plus.

La nuit derniere, j’ai entendu des journalisres de CNN répéter la ligne officielle a savoir que le tsunami avait incapacité les pompes de refroidissement des réacteurs, impliquant le fait que l’eau était entrée de maniere inattendue dans les générateurs diesels qui font fonctionner les pompes.

Ces systemes de sécurité sont appelés “EDG” en jargon nucléaire ou Emergency Diesel Generators (NDT: générateurs diesels d’urgence). Qu’ils ne fonctionnent pas dans une urgence revient pour une brigade de pompiers a dire qu’ils n’ont pas pu sauver le bâtiment parce qu’”il était en feu”.

Quelle lumiere déclinante a pondu ce systeme? Un des réacteurs qui fait la danse de St Guy dans la centrale 1 de Fukushima a été construit par Toshiba. Toshiba est aussi l’architecte du systeme de générateur d’urgence.

Maintenant, tremblons ensemble. Le package de 4 milliards de dollars d’Obama est appelé le Projet pour le Texas du Sud. Cela a été vendu localement comme un projet nationaliste de faire de l’électricité sur place avec le réacteur d’un grand nom de l’industrie américaine, Westinghouse. Quoi qu’il en soit, le réacteur sera fait de maniere substantielle au Japon par la compagnie qui a racheté la marque Westinghouse: Toshiba.

J’ai eu une fois un ordinateur Toshiba. Je n’ai eu a le renvoyer qu’une seule fois a l’usine pour malfonction sur ma garantie. Mais il sera difficile de renvoyer un réacteur nucléaire par la poste avec son bordereau de garantie si les barres de combustibles nucléaires fondent dedans et l’enfoncent de moitié vers le centre de la terre.

TEPCO et Toshiba ne savent pas ce que mon fils a appris au bahut dans ses classes de sciences: des tsunamis suivent les gros séismes du Pacifique. Bon, ces compagnies sont vraiment stupides hein ? Peut-être. Plus vraisemblable est le fait que ces systemes de sécurité n’auraient pas fonctionné non plus par un beau matin d’été.

Retour en arriere; a l’époque ou nous vérifions les systemes de sécurité d’urgence des générateurs diesel aux Etats-Unis, un nombre impressionnant de ceux-ci ne marchaient pas. Dans la centrale de New York par exemple, les constructeurs ont juré sous serment que leurs trois moteurs de générateurs a gasoil étaient opérationnels pour toute urgence et qu’ils avaient été testés. Les tests avaient été falsifiés, les moteurs diesel ne tournerent que pour un temps tres limité et a bas régime. Quand ils furent mis a l’épreuve en simulation de conditions d’urgence plein pot, le villebrequin du premier moteur cassa au bout d’une heure, puis le second puis le troisieme. Nous avions baptisé les trois moteurs: “Snap, crack and pop”.

(note de Palast: quelques instants apres avoir écrit cette phrase, on apprenait que les trois moteurs de générateurs diesel de la centrale de Tokai avaient rendus l’âme également.)

Aux Etats-Unis, nous avons en principe été forcés de fixer ce probleme de moteurs diesels apres énormément de plaintes de l’industrie elle-même. Mais au Japon, personne ne dit a TEPCO de faire ce que l’empereur de l’électricité ne veut pas faire.

Je reçois beaucoup de notes confidentielles de personnels qui operent a l’intérieur de l’industrie nucléaire. Un ingénieur, grand nom en ce domaine, est particulierement préoccuppé par le fait qu’Obama a levé certaines contraintes pour Toshiba et TEPCO afin de les attirer aux Etats-Unis. L’Amérique a une longue histoire de lanceurs d’alerte prêts a mettre leur carriere voire leur vie en jeu afin de sauvegarder le public. Dans notre cas de fraude a New York, le gouvernement ne prit connaissance des faits de fraude sur les tests que grâce a l’alerte donnée par deux ingénieurs courageux, Gordon Dick et John Daly, qui donnerent a notre équipe d’enquêteurs suffisamment de preuves documentées.

Au Japon, cela n’arrive simplement pas. La culture nationale ne permet pas au salarié, qui travaille toute sa vie pour la même compagnie, de lâcher le morceau.

Pas que la loi américaine soit un bouclier efficace: les deux ingénieurs du cas de New York furent virés et mis sur liste noire dans l’industrie du nucléaire. Mais quoi qu’il en soit, le gouvernement (local, d’état et fédéral) poursuivit les constructeurs pour fraude et racket. Les jurés ne mordirent pas a l’hameçon des excuses avancées par la défense des industries en cause et la centrale fût démantelée.

Suis-je un xénophobe en croisade anti-nipponne ? Non. En fait, j’ai bien plus peur des contracteurs américains du projet nucléaire pour le sud Texas, spécifiquement Shaw. Stone & Webster, maintenant le département du nucléaire de Shaw, était aussi la firme qui conspira pour falsifier les tests dans la centrale de New York (et les autres exploits de cette sinistre compagnie ont été exposés par leur ancien consultant John Perkins dans son livre “Les confessions d’un assassin financier”). Si la planete a besoin de trembler plus, considérez ceci: Toshiba et Shaw ont signé récemment un contrat qui scelle leur partenariat comme associés mondiaux pour la construction de centrales nucléaires.

Les autres participants impliqués dans le plan de centrale pour le sud-Texas qu’Obama supporte a fond devraient aussi vous donner froid dans le dos. Mais comme je suis au milieu de mon enquête concernant les associés américains de ce projet, je le réserve pour une autre fois.

Donc, si nous nous tournions vers les contractuels intramuros des Etats-Unis, serions-nous plus en sécurité ? Et bien disons que deux des réacteurs japonais qui fondent en ce moment même, incluant celui dont le bâtiment protecteur se volatilisa dans le ciel, ont été bâtis par General Electric de ces bons vieux Etats-Unis d’Amérique.

Apres le Texas, vous serez les suivants. L’administration Obama prévoie un plan de prêts de 56 milliards de dollars pour bâtir des réacteurs nucléaires partout en Amérique.

Et maintenant, les meurtres:

CNN n’est interessée que par le décompte des corps dans les décombres, combien d’ouvriers des centrales ont été iradiés, balayés par les eaux ou pulvérisés dans les explosions. Ces centrales sont maintenant en train de relâcher des matériaux radioactifs dans l’atmosphere par leurs vapeurs. Soyez toujours sceptiques sur l’annonce faite que “les niveaux de radioactivité ne sont pas dangereux”. Ceci est affirmer par les mêmes personnes qui nois ont dit que la fusion des réacteurs n’arriveraient pas. Au fil des années a venir et non pas des jours ou des semaines, il y aura mille, deux mille ou dix mille personnes qui souffriront de cancers directement liés a leur exposition a ces radiations.

Dans mon enquête de l’affaire de New York, j’ai eu pour tâche non enviable de documenter la morbidité post-fusion pour le gouvernement. Ce serait irresponsable de ma part d’estimer le nombre de morts par cancer qu’il y aura avec le temps suite a ces fuites sans avoir plus d’information; mais une chose est sûre, il est juste simplement criminel pour les shoguns de TEPCO de dire que ces émissions ne sont pas dangereuses.

De plus, le fait que les résidents a proximité des centrales nucléaires japonaises n’aint pas reçu de pilules d’iode a prendre au cas ou, montre parfaitement que TEPCO se moque totalement de qui vit et qui meurt, aussi bien au Japon qu’aux Etats-Unis. Les isotopes cancérigenes relâchés par la centrale de Fukushima flottent déja vers Seattle et leurs effets ne peuvent simplement pas être mesurés.

Que le ciel nous vienne en aide, car Obama lui, ne le fera pas !

 

Source URL: http://www.gregpalast.com/no-bs-info-on-japan-nuclearobama-invites-tokyo-electric-to-build-us-nukes-with-taxpayer-funds/

 

Biographie de Greg Palast: http://www.gregpalast.com/GregPalastbio.pdf

Catastrophe Japon: Le Japon, le nucléaire et la France

Posted in actualité with tags , on 15 mars 2011 by Résistance 71
La France est-elle à l’abri d’une catastrophe nucléaire ?
Par Jean-Marie Matagne
Le 14 mars 2011
Titre original : Le Japon, le nucléaire et nous 

Certaines catastrophes sont prévisibles, même si leur date ne l’est pas.

On sait par exemple qu’un séisme majeur peut à tout moment frapper San Francisco et la Californie, sur la faille de San Andréas. De même, il était prévisible -et prévu- que l’archipel japonais subirait de nouveaux séismes de forte magnitude. Celui de magnitude 8,9 qui a frappé le 11 mars 2011 la côte nord-est de l’île de Honshû, à environ 250 km au nord de la capitale Tokyo, est le plus fort jamais enregistré au Japon. Il a été suivi d’un tsunami et de nombreuses répliques.

Prévoyant, riche, à la pointe du progrès, le Japon a su prendre dans la construction de ses bâtiments et la formation de ses citoyens les mesures préventives aptes à limiter au maximum les pertes humaines en cas de tremblement de terre. De fait, si les victimes du séisme survenu le 11 mars se comptent par dizaines et celles du tsunami probablement par milliers, elles n’atteindront pas les centaines de milliers de morts, comme l’an dernier en Haïti, où la misère et le sous-développement ont décuplé l’effet de la violence sismique.

Mais ce que la technologie donne d’une main, elle le reprend de l’autre, et même bien au-delà : elle a fourni au Japon, avec les centrales nucléaires, le moyen de transformer le désastre naturel en une possible catastrophe mondiale. Il y a en effet les victimes directes, immédiates, locales, que l’on peut comptabiliser, et les victimes indirectes, différées, nationales et internationales, indénombrables et virtuellement innombrables. Comme après Tchernobyl.

Ce que les dirigeants japonais pouvaient parfaitement prévoir depuis des décennies, mais qu’ils ont préféré ignorer sous l’influence des industriels de l’atome, se produit sous nos yeux : le séisme et le tsunami du 11 mars ont provoqué des dégâts gravissimes dans au moins deux réacteurs nucléaires : le réacteur n°1, âgé de 40 ans, dans la centrale de Fukushima Daiichi qui en compte six, et le réacteur n°3 dans la centrale voisine de Fukushima-Daini. Du fait que, pour refroidir le cœur de ses réacteurs, toute centrale nucléaire a besoin d’une importante quantité d’eau qu’elle puise soit dans un fleuve, soit dans la mer, ces centrales ont été construites sur la côte du Pacifique, à la merci d’un ras de marée. C’est le cas de nombreuses centrales dans le monde, y compris en France.

Il est encore trop tôt pour savoir avec précision et certitude ce qui s’est passé et continue de se passer près de Fukushima. Les informations qui filtrent du Japon se suivent et se contredisent, alternant les nouvelles rassurantes et inquiétantes. Comme l’a fait remarquer Richard Black, le correspondant environnemental de la BBC, ’’L’industrie nucléaire japonaise ne s’est pas particulièrement distinguée par son ouverture et sa transparence. L’opérateur Tepco lui-même a été impliqué dans une série de camouflages dans les années passées. En 2002, son président et quatre autres dirigeants accusés d’avoir falsifié des rapports relatifs à la sécurité de plusieurs centrales de Tepco ont dû démissionner. De nouveaux cas de falsification ont été constatés en 2006 et 2007.”

On peut en dire autant de l’AIEA, qui a produit le 12 mars un communiqué fondé sur des « assurances » japonaises et manifestement fait pour minimiser les risques, mais aussi du gouvernement français, qui nous assurait le 13 mars que nos compatriotes vivant à Wallis et Futuna ou en Nouvelle Calédonie n’ont pas été atteints par une hypothétique vague de retombées radioactives ; a fortiori, les Français de métropole peuvent en conclure qu’ils n’ont rien à craindre pour leurs poumons ou leur thyroïde. Rien à craindre non plus, sans doute, des 58 réacteurs nucléaires installés à leur porte, dont une bonne partie en zone sismique et d’autres, ou les mêmes, en bord de mer.

Pour autant qu’on sache à ce stade de la désinformation, le séisme du 11 mars aurait provoqué l’arrêt automatique des réacteurs en fonctionnement. Mais il aurait aussi privé les centrales de leur propre électricité, et, semble-t-il, provoqué dans le réacteur Daiichi n° 1, et probablement aussi dans le réacteur Daini n° 3, la rupture de tuyaux d’alimentation en eau du circuit primaire de refroidissement, encore indispensable pour faire baisser la chaleur résiduelle du cœur de réacteur.

La vague du tsunami qui peu après a inondé les installations aurait mis hors service les générateurs d’électricité et les pompes de secours de refroidissement. Elévation de la température et de la pression au sein du réacteur, dégagement d’hydrogène, évacuation partielle, par l’opérateur Tepco, des gaz depuis l’enceinte de confinement vers l’intérieur du bâtiment, puis explosion soufflant les murs du bâtiment, n’en laissant plus subsister que la structure métallique, et libérant les gaz radioactifs dans l’atmosphère. Les tentatives de refroidir le cœur avec de l’eau de mer additionnée de bore semblent avoir échoué : les crayons d’uranium seraient en majeure partie à l’air libre.

Le 13 mars, alors que des centaines de milliers d’habitants fuient la région de Fukushima dans un exode massif en partie organisé, en partie spontané, le gouvernement et l’agence de sûreté nucléaire japonais admettent le relâchement d’effluents radioactifs, et un probable début de fusion du cœur des deux réacteurs incriminés. D’autres sources affirment que la situation ne serait plus sous contrôle non seulement dans ces deux réacteurs, mais encore en passe de l’être pour plusieurs autres.

Faut-il s’étonner de pareils événements ? Des incidents survenus à la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa lors du séisme de magnitude 6,8 survenu à Chūetsu-oki en 2007 laissaient prévoir la fragilité des systèmes de sécurité nucléaire.

Mais, sans incriminer aucun tremblement de terre, nous avons connu une situation semblable en France, lors de la tempête qui a traversé le pays le 27 décembre 1999. Les vents violents ont fait monter le niveau de la Gironde, et plus de 100 000 mètres cube d’eau ont envahi l’intérieur des bâtiments de la centrale du Blayais, provoquant des courts-circuits et mettant hors service les pompes de refroidissement de secours. Quand on lit l’interview du directeur de la centrale parue quelques mois plus tard dans un hebdomadaire de la région, on comprend qu’il s’en est fallu de peu pour que la France connaisse son Tchernoblaye ; mais cela, bien sûr, la plupart des Français n’en ont jamais rien su.

A partir d’aujourd’hui, après Fukushima, et même si la situation finit par y être maîtrisée, comme il faut ardemment l’espérer, on ne pourra plus jamais dire : le nucléaire est sûr, Tchernobyl, c’est l’exception qui confirme la règle ; Tchernobyl, c’est bon pour les pays à la technologie vacillante, comme l’Union Soviétique en 1986 ; Tchernobyl, ça n’atteint pas la France, les nuages s’arrêtent aux frontières ; Tchernobyl, ça ne peut pas se produire chez nous.

On ne pourra plus dire : « Français, votez pour moi, je vendrai des centrales -et des armes- à la Libye, pays moderne et démocratique. Je coudrai une bordure nucléaire à la Méditerranée. Je vendrai un sous-marin nucléaire et des Rafale au Brésil. Histoire d’améliorer notre balance commerciale et le bien-être des Français, j’exporterai des EPR et des armes partout dans le monde. »

Le 22 février dernier, un séisme a fait 200 morts ou disparus à Christchurch, Nouvelle Zélande : peut-être plus que le seul séisme, hors tsunami, en a fait à Fukushima et dans tout le Japon. Mais la catastrophe s’est arrêtée là : la Nouvelle Zélande a fait le choix de n’héberger aucune centrale ni aucune arme nucléaires. C’est un exemple qui mérite réflexion, particulièrement en France, où les élites politiques dominantes ont fait le choix d’écouter les marchands d’armes et les marchands d’atome.

Les Français sont-il d’accord pour finir comme « viande à rems » ? Il va falloir les consulter.

Jean-Marie Matagne, président de l’Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire (ACDN)

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