Archive pour capitalisme éducation pédagogie critique

Education: La Finlande révolutionne l’enseignement…

Posted in actualité, altermondialisme, démocratie participative, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social with tags , , , , on 3 février 2017 by Résistance 71

De 1er système éducatif au monde en 2012, la Finlande est 5ème en 2016 rattrappée apparemment par les 4 géants asiatiques: La Corée du Sud, le Japon, Hong-Kong et Singapour. La Finlande est néanmoins toujours le leader des pays “non-asiatiques” devant la GB, le Canada et la Hollande. Voir le lien sous notre traduction.

Initiative intéressante à suivre…

~ Résistance 71 ~

« Glorifier la démocratie et réduire les gens au silence est une farce, discourir sur l’humanisme et nier les gens est un mensonge… Seul le dialogue qui requiert une pensée critique peut aussi générer une pensée critique. Sans dialogue il n’y a pas de communication et sans communication il ne peut pas y avoir de véritable éducation. »

« Toute investigation thématique qui approfondit l’éveil historique est véritablement éducative, tandis que toute authentique éducation enquête sur la pensée. »

~ Paolo Freire, « La pédagogie des opprimés », 1970 ~

  

La Finlande va devenir le premier pays au monde à se débarrasser de tous les sujets scolaires

 

Novembre 2016

 

Source: reprise février 2017

http://www.globalresearch.ca/finland-will-become-the-first-country-in-the-world-to-get-rid-of-all-school-subjects/5572373

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le système éducatif de la Finlande est considéré comme un des tous meilleurs au monde. Dans la classification mondiale, il est toujours dans le top 10 (NdT: 1er en 2012, 5ème en 2016). Mais quoi qu’il en soit, les officiels là-bas ne se reposent jamais sous leurs lauriers et ils ont décidé d’entreprendre une véritable révolution de leur système scolaire.

Les Finlandais veulent mettre fin aux sujets d’études scolaires et les enlever des programmes d’enseignement. Il n’y aura donc plus de cours de maths, de physique, de littérature, d’histoire ou de géographie.

Le patron du ministère de l’éducation à Helsinki, Marjo Kyllonen a expliqué les changements:

“Il y a des écoles qui enseignent à l’ancienne méthode, système qui n’a eu de bénéfice qu’au début du XXème siècle, mais les besoins ont changé et nous avons besoin de quelque chose pour le XXIème siècle.”

Au lieu d’enseigner des sujets individuels, les élèves vont étudier des évènements et des phénomènes dans un format multi-disciplinaire. Par exemple, la seconde guerre mondiale sera examinée de la perspective de l’histoire, de la géographie et des mathématiques. En prenant le cours “travailler dans un Café”, les élèves vont absorber un corps complet de connaissances sur l’anglais, l’économie et les techniques de communication.

Ce système sera inroduit pour les classes de secondaire, commençant à l’âge de 16 ans, L’idée générale est que les élèves choisissent pour et par eux-mêmes quel sujet ou quel phénomène ils veulent étudier en considérant leurs ambitions pour le futur et leurs propres capacités.

De cette manière, aucun élève ne devra plus passer par des cours complets de physique et de chimie alors qu’ils se demandent perpétuellement “en quoi cela me servira t’il ?” le format traditionnel de relation prof-élève sera aussi amené à changer. Les élèves ne devront plus s’assoir derrière une table en attendant anxieusement que leur nom soit appelé pour répondre à une question. Ils travailleront dès lors en petits groupes pour discuter de problèmes.

Le système éducatif finlandais encourage le travail collectif, c’est pourquoi cela va aussi changer la relation avec les professeurs. La réforme scolaire demandera un grand effort de coopération entre les profs des différents sujets et les élèves. Environ 70% des professeurs d’Helsinki ont déjà entrepris le travail préparatoire à ce changement et sur la nouvelle méthodologie d’enseignement, ils reçoivent des augmentations de salaires compensatoires.

Ce changement doit être complété avant 2020.

= = =

Les systèmes éducatifs du monde (évaluation subjective):

http://www.edudemic.com/learning-curve-report-education/

Résistance politique: Application française de la petite école zapatiste du Chiapas…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, économie, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 23 octobre 2014 by Résistance 71

Des Cévennes à l’Ariège en Juillet 2014: La “petite école buissonnière”

 

La Voie du Jaguar

 

20 Octobre 2014

 

url de l’article original:

http://www.lavoiedujaguar.net/Petite-ecole-buissonniere-des

 

Nous étions quelques-uns à avoir participé à l’école « La Liberté selon les zapatistes » dont les sessions ont eu lieu début août 2013, fin décembre 2013 et début janvier 2014 dans les zones zapatistes des cinq Caracoles au Chiapas. C’était pour nous comme un engagement moral, pris auprès des zapatistes qui nous avaient reçus, de transmettre autour de nous (dans la mesure du possible) ce que nous avions appris au cours de cette semaine de « classe ». Outre cet engagement, nous étions aussi animés par l’idée d’une rencontre avec celles et ceux qui, au cœur du monde capitaliste, dans des conditions difficiles et contraires, cherchent à construire, à inventer une vie commune.

Nous pensions qu’un échange entre les luttes et les résistances des peuples zapatistes du lointain Mexique face à l’offensive du monde marchand et la recherche d’alternatives de vie ici, dans la vieille Europe (limitée au Sud-Ouest français), pouvait être fructueux, cela malgré la disproportion qui pouvait exister entre les deux expériences : celle des peuples indiens cherchant à reconstruire une vie sociale autonome dans des conditions extrêmement hostiles (présence de l’armée mexicaine, groupes paramilitaires) mais en s’appuyant sur une tradition de vie commune forte ; celle de groupes et d’associations d’individus qui trouvent dans la lutte la matière d’un savoir-vivre ensemble. C’est ainsi que des contacts furent pris avec des associations, des collectifs, des groupes et qu’une tournée d’une dizaine de jours fut organisée. Elle nous a conduits des Cévennes aux Pyrénées du 17 juillet au 26 juillet de l’année 2014.

Dans la salle communale de Saint-Privat-de-Vallongue, en Lozère, nous avons guidé la visite d’une exposition de photos et textes sur l’Escuelita et les écoles zapatistes et nous avons informé les gens rencontrés sur la reconstruction de la clinique et de l’école à La Realidad suite à l’agression des paramilitaires.

Nous avons rencontré à Saint-Victor-et-Melvieu, en Aveyron, des membres d’associations en lutte contre un projet de transformateur et contre la construction d’éoliennes. L’opposition des peuples zapotèque et huave de l’isthme de Tehuantepec à l’envahissement de leurs terres communales par les aérogénérateurs, présentée à partir du petit documentaire Somos viento a donné une dimension internationale aux luttes locales.

À Marcillac, nous avons été reçus au Guingois, lieu de rencontre où l’expérience de construction d’une autonomie sociale par les peuples zapatistes a particulièrement intéressé les habitants de la ferme de Pruines, ferme achetée et gérée collectivement depuis trois ans et demi.

Le 21 juillet nous nous trouvions à la librairie Plume(s) à Millau pour la présentation du livre de Guiomar Rovira Femmes de maïs ; un débat s’engagea ensuite avec des membres du réseau des faucheurs volontaires anti-OGM, du réseau antifasciste No pasarán et de la radio libre Radio Larzac sur la place des femmes dans le mouvement zapatiste.

La rencontre avec L’Ouvert du Canal, association de voisins habitant un espace collectif à Ramonville-Saint-Agne, près de Toulouse (à laquelle s’étaient joints des amis toulousains), a permis une discussion sur la notion de territoire comme lieu de vie.

Le mercredi 23 juillet, nous étions invités dans le Tarn, à La Fontié, ferme rachetée il y a peu de temps par un collectif inspiré par le mouvement zapatiste cherchant à se doter des moyens d’une vie collective en « ruptures » avec les injonctions du monde marchand. Ils nous ont fait part des difficultés rencontrées et des compromissions qu’ils sont amenés à faire.

Ensuite nous sommes allés à Vaour. Nous avons été reçus à la ferme de Martre où une discussion s’est engagée sur la différence entre le mouvement zapatiste et les expériences de « revitalisation » des liens sociaux entreprises par de petits groupes d’individus de-ci de-là. Le soir, à Vaour, ceux qui avaient participé à l’Escuelita ont raconté leur séjour dans une communauté zapatiste, les initiatives qui y sont prises et l’organisation politique.

L’École buissonnière s’est terminée le 26 juillet à Saint-Girons, en Ariège (Pyrénées). Un passionnant débat s’est engagé au Palmier, lieu autogéré, sur les luttes et les résistances sociales d’un côté à l’autre de l’Océan, entre la résistance des peuples indiens face à l’offensive destructrice de l’environnement du monde capitaliste (mines, éoliennes, barrages, destruction des forêts…) et la résistance des villages pyrénéens (gaz de schiste, exploitation de la biomasse, déforestation…), comme celle de la commune de Camarade s’opposant à l’installation d’éoliennes sur ses terres.

La perversion de l’éducation dans la société moderne par le « modèle » néo-libéral…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, politique et lobbyisme, politique française, résistance politique, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 24 septembre 2014 by Résistance 71

“Il en sera donc de même pour les professeurs de l’école moderne, divinement inspirés et patentés par l’État. Ils deviendront nécessairement, les uns sans le savoir, les autres en pleine connaissance de cause, les enseignants de la doctrine du sacrifice populaire à la puissance de l’État et au profit des classes privilégiées de l’État…

Toute éducation rationnelle n’est au fond rien que cette immolation progressive de l‘autorité au profit de la liberté, le but final de l’éducation ne devant être que celui de former des Hommes libres et plein de respect et d’amour pour la liberté d’autrui.”

~ Michel Bakounine ~

 

“L’éducation par accumulation de connaissances (bachotage) endort et inhibe le pouvoir créatif, l’éducation par la pose de problèmes implique au contraire un dévoilage constant de la réalité. La première tente de maintenir la submersion de la conscience tandis que la seconde pousse à l’émergence de la conscience et de l’intervention critique dans la réalité…

L’éducation en tant que pratique de la liberté, en opposition à l’éducation en tant que pratique de la domination, nie que l’Homme est abstrait, isolé, indépendant et non-attaché au monde, elle nie aussi que le monde existe en tant que réalité en dehors des personnes. La réflexion authentique ne considère ni l’Homme comme étant abstairt ni le monde sans les personnes qui l’habitent, mais considère les personnes dans leurs relations avec le monde.”

~ Paolo Freire ~

 

L’hégémonie culturelle néo-libérale  injectée dans l’éducation et sa « méthodologie » moderne ici mentionnée, est la forme la plus pernicieuse du colonialisme des esprits, que nous dénonçons d’un « Nous sommes tous des colonisés ! ». Il faut briser les chaînes de cette (re)mise en esclavage systématique.

— Résistance 71 —

 

L’industrie néolibérale, un modèle pour l’école ?

 

Carlos Perez

 

22 Septembre 2014

 

url de l’article:

http://www.michelcollon.info/L-industrie-neoliberale-un-modele.html?lang=fr

 

Depuis une vingtaine d’années, l’école est de plus en plus soumise à une obligation de résultat et de performance. L’École imite le système de production industrielle et évolue comme évoluent nos entreprises. Petit à petit, réforme sur réforme, en 20 ans le modèle éducatif a incorporé, voire absorbé le modèle de management industriel.

On pousse l’apprenant à toujours plus d’efficience, d’efficacité, d’adaptabilité et de productivité pour affronter le marché et la compétitivité mondiale au dépend de son bien être et de sa santé.

« L’enseignement belge francophone mis au régime pour réaliser plus de 300 000 000 € d’économie de 2015 à 2016 », titrait l’article de Pierre Bouillon le lundi 23 juin 2014 dans « le Soir ». Cette réforme économique n’est que la prolongement d’un projet de rationalisation du modèle éducatif qui a débuté il y a déjà 25 ans, comme l’indique l’APED dans son cahier pédagogique intitulé « 25 ans d’austérité dans l’enseignement ». Pourtant tout le monde sait qu’il manque des écoles à Bruxelles dans pratiquement toutes les sections (1). Et la situation est la même pour les professeurs : « un manque criant de profs à Bruxelles » titrait l’avenir.net dans son édition du 14 octobre 2013.

La question est : comment demander à l’apprenant de produire toujours plus, avec toujours moins ? Très simple : on prend comme modèle l’industrie. On rationalise le modèle éducatif comme on rationalise une entreprise industrielle. L’École imite le système de production industrielle et évolue comme évoluent nos entreprises. Petit à petit, réforme sur réforme, en 20 ans le modèle éducatif a incorporé, voir absorbé le modèle de management industriel.

Cela s’appelle le « New management » public ou l’économie de la connaissance.

Voila ce que nous dit Cristian Marroy sur cette question, dans son livre « l’école à l’épreuve de la performance », p38 :

« Face à ces contraintes budgétaires, les économistes mettent en avant leur capacité à apporter des solutions pour « produire » plus et à moindre coût, c’est-à-dire éduquer mieux avec des budgets stables, voir moindres, en définissant les paramètres institutionnels sur lesquels les politiques doivent jouer pour optimiser le système. Pour ce faire, l’analyse économique utilise le paradigme de la fonction de production importée du monde de l’entreprise. » 

Les économistes au secours de notre enseignement, ceux-là mêmes qui n’ont rien vu venir dans les différents crashs boursiers et qui ont plongé toute la planète dans la misère et l’austérité, à la rescousse de l’éducation. Quelle barbarie, les incompétents au service de l’éducation, nos enfants sont véritablement en danger.

Voilà ce qu’il nous propose :

« James Lewis Jr, économiste américain, a milité pour l’introduction des méthodes de gestion d’entreprise dans l’éducation. En prenant exemple sur les meilleures de nos firmes, nous pouvons mener notre combat pour l’excellence de nos circonscriptions scolaires rapidement, humainement et en faisant des économies. De Closet, en France, ne dit pas autre chose, « pour nos circonscriptions scolaires, il faut prendre exemple sur Bouygues et Renault. »

Toutes ces méthodes, pour diminuer et comprimer les coûts par enfant et gagner en productivité, pénètrent à vitesse accélérée le modèle éducatif. C’est également ce que confirme Dominique Raulin, agrégé en mathématique : alors que le temps annuel d’enseignement diminue, la somme de connaissances disponibles connaît un accroissement sans précédent. Et Emmanuel Davidenkof, lui aussi, parle d’un empilement des connaissances par élève sans précédent, comme s’il fallait que les enfants empilent tout ce qu’il n’est pas permis d’ignorer.

Cette prouesse est réalisée par des méthodes de rationalisation et de management empruntées au modèle industriel. On parvient à augmenter la production des élèves dans les conditions décrites ci-dessus grâce à des méthodes qui ont fait leurs preuves dans les entreprises sur les ouvriers, des méthodes d’adaptabilité, de flexibilité, de drill et de conditionnement couplées d’évaluations permanentes pour augmenter la qualité et le volume de production de l’apprenant.

Tout ça en diminuant les coûts par enfant, l’industrie « un vrai miracle » !

« Claude Lessard analyse les nouveaux rôles des administrateurs d’établissements dans le cadre des pratiques actuelles, nettement « managériales et productivistes », et les enjeux de cette évolution où « l’autonomie est désormais conditionnelle à l’insertion réussie des enseignants dans des systèmes de gestion axée sur les résultats » : question préoccupante, conclut-il. » (2)

Le mouvement politique d‘éducation populaire (M’PEP), dans un article paru dans le journal « Innovation Démocratique », le mardi 20 août 2013, a également sa petite idée sur cette nouvelle fonction productiviste de l’école :

« Le productivisme appliqué de manière croissante à l’enseignement et le recentrage sur les fondamentaux », c’est-à-dire dans la conception élitiste des libéraux, les mathématiques et le français. Un bachotage permanent, complété par un infernal dispositif d’évaluation des élèves, survalorise la performance personnelle. Les conséquences en sont à la fois une baisse de l’enseignement des connaissances générales et la disparition de toute référence au plaisir d’apprendre. Tels sont les effets du remplacement d’une vraie pédagogie par les préceptes productivistes. Une conception des finalités de l’enseignement et de la scolarité calquée sur celle du travail, avec les mêmes conséquences : une recherche de la productivité conduisant à l’explosion des maladies « professionnelles » (3) symptômes de l’inadaptation au système.

La réforme réactionnaire du système psychiatrique en cours dans le cadre européen (enfermement autoritaire et isolement des patients) est la réponse du système libéral aux destructions psychiques provoquées dans la population par la recherche sans fin de plus de productivité. Des expérimentations sont d’ailleurs en cours dans les écoles, à la demande des institutions européennes, pour détecter dès la petite enfance les signes de l’inadaptation et leur traitement par la psychiatrie. Tel se présente le dangereux mouvement pour la médicalisation de la difficulté scolaire. »

Depuis une vingtaine d’années, l’école est de plus en plus soumise à une obligation de résultat et de performance.

Tous les organismes nationaux et internationaux inspirés par l’OCDE et les idées du « new public management » poussent inexorablement l’éducation dans cette direction.

Réforme sur réforme, en 20 ans, notre modèle éducatif a incorporé une approche économique et une culture d’entreprise. Le constat suivant est malheureusement plus que confirmé.

Il ne s’agit plus d’humaniser la norme, mais de normaliser l’homme. Ce qui ne devait être à la base que la partie la moins intéressante, la plus marginale, en définitive la moins importante du processus pédagogique, c’est-à-dire les évaluations et la mesure des performances des ressources humaines de « l ’élève », se révèle être aujourd’hui le cœur et le noyau de la politique en matière éducative.

Toutes les productions de l’apprenant doit être évaluées, notées, scrutées à la loupe, exactement comme le font les entreprises pour améliorer l’efficience de la production.

Cela implique que l’apprenant fasse ce qui lui est demandé, de la manière dont cela lui est demandé, le plus souvent selon des modalités qui lui sont imposées sur le mode implicite.

Pour se faire, tous les marqueurs et les outils attachés à l’éducatif, qu’ils soient sociaux, pédagogiques, politiques, juridiques et économiques, vont s’organiser et être orientés dans une seule et unique direction : améliorer la croissance productive de l’apprenant en rationalisant l’école, ses structures et ses méthodes, comme on rationalise les entreprises.

Le professeur, reconverti en manager, doit exclusivement se concentrer sur l’amélioration de l’efficience productive des ressources humaines mises à sa disposition.

L’oppressé ou l’élève peut produire toujours plus, si l’on parvient à le formater de façon précoce et féroce, en l’obligeant insidieusement à s’adapter en permanence, pour son bien, quitte à détruire sa santé. L’objectif essentiel du discours du New Management public est d’accroître le profit, c’est-à-dire qu’en rationalisant tout et partout, on peut malgré tout accroître la production pédagogique de l’apprenant. Le moyen privilégié, dont on se sert pour assurer la pérennité de cette logique, consiste à manipuler le langage pour en pervertir le sens « la Nov langue ».

Le langage commun à l’industrie a pénétré l’école pour en accepter l’essentiel : la logique productiviste.

Dés lors, le langage de notre modèle éducatif sera le langage de l’efficience et de l’efficacité quel que soit le parti politique au pouvoir. Si l’on parle de mixité sociale dans l’enseignement, ce n’est absolument pas pour la diversité qu’elle procure mais comme facteur d’efficience, de croissance et de compétitivité, c’est-à-dire que l’émulation pour la production et le mimétisme sur les plus productifs doivent pousser l’élève moins productif à vouloir augmenter sa propre productivité sans que cela ne coûte un euro à l’école ou à l’entreprise, marqueur qui a antérieurement été introduit dans les entreprises

« Le 22 octobre 2004, trente-cinq dirigeants de grandes entreprises du CAC 40 signent la charte de la diversité « Promouvoir la diversités en entreprise :genèse et ambiguïtés d’une initiative patronale » (4) pour ajouter un facteur de tension supplémentaire et une concurrence de plus, incitations qui doivent permettre une meilleure compétitivité et productivité entre allochtones et autochtones.

On parle de pédagogie par objectif et compétences, ce qui permet un meilleur rendement individuel, également introduit dans les entreprises. On parle de portefeuille de compétences et de portefeuille linguistique, pour se positionner le mieux face à la concurrence, d’économie de la connaissance, du capital immatériel de ressources humaines, de régulation par les résultats, d’évaluations standardisées, de mesures statistiques de la production de l’élève. Même les méthodes pédagogiques doivent soutenir la production, et, par exemple, une polémique est née autour du global et du syllabique pour savoir laquelle des deux méthodes était la plus efficiente et permettait la meilleure production écrite de l’apprenant.

Ce débat est toujours d’actualité : Lesquelles des méthodes traditionnelles ou actives permettent-elles une meilleure production, plus d’efficacité et d’efficience, compte tenu du volume de production que l’apprenant doit fournir et du temps de production qui lui est rationnellement imparti ?

« Dans le discours des institutions internationales et de plus en plus dans celui des responsables nationaux, l’école a pour fonction de produire des ressources humaines ou du « capital humain ». L’employabilité est devenue la norme qui organise les mutations de l’école. L’idéologie de la professionnalisation a pénétré l’université et l’ensemble du système, jusqu’aux premiers niveaux de l’enseignement.

Prenons le « socle commun de compétences ». (5). Ces compétences ont été fixées par l’OCDE et par la Commission européenne à partir de critères d’employabilité, en fonction de considérations économiques et non pas pédagogiques. On va jusqu’à redéfinir les programmes, l’évaluation, la pédagogie.(6) »

Bref on ne parle plus de l’école qu’en termes managérial et de l’apprenant et qu’au regard de son adaptabilité face au processus de production pédagogique. Il faut maintenir le taux de compétitivité, de productivité et de croissance.

Toujours à un niveau plus élevé, la fameuse triade du père Didon pour les jeux olympiques « toujours plus vite, toujours plus fort, toujours plus haut ». Seul le marqueur de la croissance illimitée de la production de l’apprenant est toléré par le système néolibéral tout comme dans l’industrie, quitte à mettre en danger tous les hommes et la planète elle-même. Le « progrès » sans morale, ni étique est-elle encore du « progrès » ?

Selon l’OCDE, ce serait plus de 350 000 000 personnes qui seraient touchées par la dépression nerveuse dans les pays industrialisés. Selon l’OMS, en 2001, quelque 450 000 000 personnes (13% de la population mondiale) souffriraient d’une affection neurologique.

On prévoyait également qu’une personne sur quatre allait connaître un trouble mental au cours de sa vie.

Selon une évaluation du CREDES, le nombre de déprimés aurait augmenté de 50% entre le début des années 1980 et le début des années 1990. Aux Etats-Unis, selon un rapport du BIT datant de 1993, le « stress » coûtait déjà quelque 200 milliards de dollars par an, soit la totalité des bénéfices des 500 sociétés les plus riches du pays.

Plus récemment, les médecins du travail américains soulignaient que les dépressions du personnel étaient devenues l’une des maladies les plus coûteuses auxquelles devaient faire face les employeurs et que les congés maladies, dont elles étaient responsables, étaient les plus longs et que leur taux de rechute était plus élevé que celui des maladies cardiaques et des douleurs dorsales.

Voila ce que l’on réserve pour l’école et l’apprenant : un « progrès » qui est une véritable forme de barbarie. L’adaptation permanente aux normes productives et compétitives du système, ce qui à mes yeux n’est absolument pas signe de progrès pour l’humain mais de domination des corps et des esprit et d’exploitation permanente . La seule chose qui est prise en compte aujourd’hui, dans les analyses de l’école, même chez les progressistes, c’est la question de la productivité, de la rentabilité des élèves, de leur niveau et de la médiocrité de ce niveau qu’il faut sans cesse remonter. Jamais la santé et le bien être de ces enfants ne sont intégrés dans la réflexion. En bref : formater, conditionner, formater, il en restera bien quelque chose, placer l’enfant au centre de l’éducation. Oui, mais comment et pour quoi faire ?

 

Notes :

  1. « le Soir », 4 mai 2012.
  2. cfr Les cahiers pédagogiques, « Enseigner, un métier sous contrôle ? » mai 2014
  3. Dans le cas de l’école : les « dys » – dyslexie, dyscalculie, dyspraxie, dysorthographie, etc.
  4. Milena Doytcheva, Myriam Hachimi Alaoui, « Promouvoir la diversité en entreprise : genèse et ambiguïtés d’une initiative patronale « , REVUE Asylon(s), N°8, juillet 2010-septembre 2013, Radicalisation des frontières et promotion de la diversité. Url de référence : http://www.reseau-terra.eu/article9…
  5. Introduit au collège puis en primaire, il liste les aptitudes que l’élève doit acquérir, à côté des connaissances.
  6. Christian Laval ; gaetanpelletier.wordpress.com/2014/04/07/alfred-est-dans-le-frigo/

Nouvel Ordre Mondial et éducation: la pensée inique néolibérale contre la pensée critique.. Qu’on choisisse !

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, société libertaire, technologie et totalitarisme with tags , , , , , , , , , on 16 février 2013 by Résistance 71

« La pédagogie des opprimés en tant que pédagogie humaniste et libertaire a deux étapes distinctes. Dans la première, les opprimés dévoilent le monde d’oppression et se commettent par la praxis à sa transformation ; dans la seconde, dans laquelle la réalité de l’oppression a déjà été transformée, cette pédagogie cesse d’appartenir aux opprimés et devient la pédagogie de tout le peuple dans le processus de la libération permanente. » — Paulo Freire —

Cette pédagogie critique des opprimés est mise en pratique depuis 1985 dans le Chiapas mexicain par exemple et est un des fondements de l’existence du mouvement zapatiste. Il est même devenu évident avec le temps, que la pédagogie critique employée par les cadres du mouvement populaire zapatiste pour éduquer les populations natives est non seulement le fer de lance du mouvement, mais le garant de sa longévité depuis maintenant près de 30 ans…

L’éducation doit être repensée. Elle doit devenir ce qu’elle de fait: l’outil de la formation d’êtres humains complets, justes et libres. L’éducation laissée aux mains d’entreprises privées et de l’État n’est que du formatage de serfs et de « bon petits citoyens, contribuables, votards, obédients et travailleurs pour la cause oligarchique ».

L’émancipation politique et sociale, la liberté, passent par la pensée critique et la pédagogie des opprimés. Contemplons le monde d’hier et d’aujourd’hui, analysons et comprenons que nous sommes manipulés jusqu’au plus profond de l’apparat social.

Gardons présent à l’esprit qu’il n’est jamais… jamais, en quelque circonstance que ce soit dans l’intérêt de toute oligarchie de réellement éduquer le peuple. Ne soyons pas dupe et cessons d’avaler les couleuvres qu’on nous tend à longueur de journée !

Temps d’agir non ?

— Résistance 71 —

 

Freire ou Friedman ? Pour la défense de l’éducation critique

 

Saijad Ali Malik

 

Le 8 Février 2013

 

url de l’article original:

http://www.globalresearch.ca/freire-or-friedman-in-defense-of-critical-education/5322447

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Thomas Friedman peut faire l’éloge du potentiel émancipatoire des cours universitaires en ligne, la question est: sont-ils capables de produire plus que des travailleurs dociles ?

L’éducation est un concept que nous confrontons chaque jour sous une forme ou une autre, directement ou indirectement. Elle a longtemps été considérée comme “le remède miracle” pour adresser les grandes injustices de la société comme la pauvreté, le crime, le racisme, le patriarcat et l’inégalité socio-économique. Notre interaction avec l’éducation est influencée et varie selon les tentacules des relations de pouvoir: classe sociale, ethnicité, genre, géographie et expériences de la vie. Pour certains, cette interaction se manifeste en des questions de meilleures pratiques et de philosophie éducative.

Pour d’autres, cela tourne autour de l’accès à la connaissance et est question de représentation. En conséquence, notre interaction conceptuelle avec l’éducation n’est pas libre de préjugés ou de calcul idéologique. A qui ou à quoi sert l’éducation ? A quoi ressemble t’elle ? La reconnaîtrons-nous lorsque nous la verrons ? ou la confondrons-nous avec quelque chose d’autre ? Comme l’a bien expliqué le théoricien influent de la pédagogie critique Paulo Freire:

“L’éducation soit fonctionne comme un instrument qui est utilisé pour faciliter l’intégration de la plus jeune génération dans la logique du système actuel et amener la conformité ou elle devient la pratique de la liberté, le moyen par lequel les hommes et les femmes gèrent de manière critique et créative la réalité et découvrent comment participer à la transformation de leur monde.”

Le célèbre éditorialiste du New York Times Thomas Friedman a écrit récemment au sujet de l’expansion de cours universitaires gratuits offerts en ligne par des institutions comme Stanford ou le MIT, ainsi que par des entreprises comme Coursera et Udacity. Tandis que Friedman loue ce phénomène comme étant “révolutionnaire”, il dit aussi que “Rien n’a plus de potentiel pour tirer les gens hors de la pauvreté, en leur donnant une éducation bon marché pour avoir du travail ou améliorer le travail qu’ils ont déjà. Rien n’a plus de potentiel pour débloquer un milliard de cerveaux supplémentaires pour résoudre les plus gros problèmes de ce monde.” Il continue en parsemant son article avec des anecdotes d’individus ayant bénéficié des cours universitaires libres en ligne.

Friedman regarde cette inovation technologique et éducative comme quelque chose qui va permettre aux travailleurs étrangers d’obtenir une formation formelle, formation requise pour entrer en compétition avec les travailleurs qualifiés. Le processus intellectuel ici est que ceci profitera ultimement aux entreprises multinationales, qui obtiendront un plus vaste champ de travailleurs qualifiés à employer. Ces secteurs privés, équippés d’un plus grand nombre de travailleurs qualifiés (et bon marché), offriront des emplois plus rémunérateurs et génèreront plus de revenus, ultimement éradiquant la pauvreté du tiers monde.

Sur la même ligne fut récemment publié un éditorial de Pauline Rose, directrice du Global Monitoring Report on Education, publié par l’UNESCO. Dans son écrit, Rose appelle de ses vœux pieux un personnage du genre de Bill Gates pour déclancher un fond pour l’éducation mondiale parmi les entreprises privées et les fondations. La philantropie entrepreneuriale est montrée et imposée comme la solution à l’accès à plus d’éducation dans le monde. Suivant la logique de Friedman, Rose déclare:

“Il ne devrait pas y avoir de problème majeur à expliquer le cas de l’éducation. C’est intrinsèquement lié à des développements futurs positifs. La croissance économique, la santé, la nutrition et la démocratie sont toutes améliorées par une qualité d’enseignement. Si tous les enfants des pays à faible revenu quittaient l’école sachant lire et écrire, la pauvreté chuterait de 12% et cela est bon pour les affaires. Le secteur privé bénéficie directement d’une force de travail éduquée et bien formée.”

Friedman et Rose appellent essentiellement à une accélération de la privatisation de l’éducation mondiale. Ceci est une tendance qui a déjà commencée aux Etats-Unis où nous avons été les témoins d’une rapide augmentation des écoles gérées par le secteur privé des entreprises, d’une insistance sans retenue pour les examens standardisés, de la décimation des syndicats d’enseignants couplée avec la fausse notion que les enseignants seuls sont responsables des échecs scolaires.

Ce que cette privatisation permet et ce qui est encouragé par Friedman et Rose, est le désavouement de considérer les problèmes socio-économiques plus larges liés aux problèmes du capitalisme mondial et du néolibéralisme, qui eux sont intrinsèquement lié à l’éducation. Le danger ne réside pas dans l’avancement technologique permettant une meilleure éducation du tiers monde, mais plutôt ses implications que nous échouons continuellement à analyser de manière critique.

Au lieu de louer l’introduction de cours en ligne gratuits comme une révolution dans l’éducation mondiale qui va soulager la pauvreté et la souffrance, pourquoi ne pas questionner le système global qui a permis, sinon encouragé, la formation de cette situations désolante en première instance ? Des articles comme ceux De Friedman et de Rose assistent activement à nous paralyser de penser sur le comment nous sommes arrivés dans cette situation où, comme le dit si bien Rose: “61 millions d’enfants ne vont pas à l’école”.

Ils semblent oublier de manière fort opportune le fait que le FMI et ses programmes d’ajustements structurels a sévèrement réduit les dépenses de l’éducation des gouvernements et que la privatisation de l’éducation a mené à une augmentation de la ségrégation sociétaire comme constatée au Chili par exemple. Quand on dépend d’un cadre comme celui de Friedman et de Rose, nous nous empêchons effectivement de nous demander quel type de système économique global existe pour permettre une situation où la privatisation et la philanthropie entrepreneuriale deviennent les solutions pour résoudre un problème déjà existant d’inégalités radicales.

Au bout du compte, tout revient à la question originelle sur le but de l’éducation. Pour Friedman et Rose, son but est de produire un travailleur qui va continuer à creuser les inégalités et faciliter un ordre économique injuste qui crée le problème en premier lieu. Le but par extension est de nous convaincre que le remède à nos problèmes actuels est la même pilule qui a causée la maladie en première instance. Pour Freire, le but de l’éducation est de permettre aux élèves de s’épanouir de manière qui analyse de façon critique comment nous sommes arrivés à cette situation pour le moins terne et comment pouvons-nous commencer à la transformer.

Freire ou Friedman ? C’est à nous de choisir…