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Chrétienté, colonialisme, « réconciliation » et guerre perpétuelle contre les païens… (Steven Newcomb)

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A lire, notre dossier sur la « Doctrine Chrétienne de la Découverte »

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La Résolution 2621 XXV, du 12 octobre 1970 des Nations Unies affirme « le droit inhérent des peuples colonisés à lutter par tous les moyens nécessaires contre les puissances coloniales qui répriment leur aspiration à la liberté et à l’indépendance.»

Résolution 37-43 des Nations Unies : « Tout peuple a le droit de résister à l’oppression, l’occupation, l’annexion ou colonisation par une force étrangère. Cette opposition légitime est la résistance armée. « 

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Réconciliation et la guerre perpétuelle de la chrétienté contre les infidèles

Steven Newcomb

14 juin 2016

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2016/06/14/reconciliation-christendoms-perpetual-war-against-infidels

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Ces temps-ci, le mot “réconciliation” a pris profondément racine dans le discours contemporain entre le gouvernement du Canada et bien des nations premières de cette partie de l’Île de la Grande Tortue. Dans le même temps, dans une contradiction apparente, le gouvernement du Canada continue de maintenir son assomption de la “souveraineté de la couronne” et du “titre [de propriété] de la couronne” en relation avec cette vaste étendue géographique de l’Île de la Grande Tortue, maintenant connue sous le vocable “d’Amérique du Nord”.

Notoirement, le mot “couronne” veut dire “la plus haute position”, comme dans l’expression “couronné de succès”. Dans ce cas, il semblerait qu’il y ait une façon centrale pour les nations premières de se “réconcilier” avec l’affirmation de supériorité de la couronne dominante. Elles doivent acquiescer librement à cette vision que la “couronne britannique” siège dans la position la plus haute ou ayant l’ascendance (domination) en rapport aux premières nation. En acquiesçant à cette vue, les nations premières peuvent se “réconcilier” avec l’assomption de la “souveraineté de la couronne” qui se traduit par le “plus haut” ou le “plus haut des plus hauts”.

En étant d’accord avec ce cadre de rapport dominant/dominé, les premières nations se seront réconciliées avec la “couronne” et avec la société du Canada. Elles seront perçues comme ayant librement accepté qu’elles sont inférieures ou subordonnées à “la plus haute” couronne britannique. Elles se seront alors réconciliées avec le système de domination de la “couronne”.

Mais il y a une façon différente et bien plus précise d’aborder cette affaire: Les nations originelles ont maintenant l’opportunité de reconnaître que l’idée entière de cette “réconciliation” est inepte. Pourquoi ? Il n’y a jamais eu un début de relation amicale ou de bonne relation entre la couronne britannique et les nations originelles. Quand on y pense, les assertions de la couronne britannique sur “l’Amérique du Nord” commencent avec la charte royale attribuée à John Cabot et ses fils par le roi Henri VII en 1496 et qui était fondée sur l’idée d’un état de guerre entre les chrétiens et les non-chrétiens.

L’éminent universitaire James A. Williamson avait ceci à dire à propos de la charte de Cabot: “Il était accepté à cette époque comme loi fondamentale de la chrétienté que tous les chrétiens étaient en état de guerre contre les infidèles (les non-chrétiens).” Williamson ajouta que cet état de guerre présumé fut “la justification” pour les termes de la charte, donnant à Cabot la permission de “conquérir, d’occuper et de posséder” tous territoires non-chrétiens “qui pourraient être trouvés”. La charte de Cabot était fondée sur l’affirmation du droit de conquérir et de dominer les terres non-chrétiennes où qu’elles puissent être.

Jusqu’à ce jour, le contexte pour toute discussion sur la “réconciliation” est trouvé dans les premières chartes royales, qui étaient fondées sur l’idée de la chrétienté qu’un état perpétuel de guerre existait entre les chrétiens et les non-chrétiens lorsque les représentants de la couronne anglaise posèrent le pied et clâmèrent les terres en “Amérique du Nord”. De mon point de vue (NdT: et Newcomb est un expert de plus d’un quart de siècle sur le sujet, un des seuls en fait…), cette affirmation religieusement fondée est fatale à l’idée mieme qu’une amitié et de bonnes relations existèrent initialement entre la couronne britannique et les nations originelles de ce continent, relations qui s’effritèrent par la suite et auraient besoin d’être “restaurées” dans un processus de “réconciliation”.

Les chartes royales fournissent plus d’évidence qu’aucun cadre amical ou de bonnes relations n’a existé entre la couronne et nos nations originelles et libres du continent. Quatre-vingt-deux ans après la charte Cabot, la reine Elisabeth Ière émît une charte royale à Sir Humphrey Gilbert afin de dominer (“subjugare” dans l’original latin) “de telles terres éloignées, barbares et païennes, n’étant pas encore possédées par un prince ou un peuple chrétiens.

Le language utilisé dans ce document amena l’historien Frederick Turner à observer dans son livre Beyond Geography (1980): “l’assertion culturelle est évidente: de telles terres si éloignées appartiennent par droit de la Vraie Foi à ces princes chrétiens qui les découvrent les premiers et non pas aux habitants autochtones.” Clairement, cette vision de la “Vraie Foi” résulta en des monarques chrétiens proclamant un droit de domination sur les non-chrétiens et leurs terres et ceci eut pour effet direct l’augmentation de l’effort de “découvrir, de rechercher et de trouver” la place des non-croyants en de distants endroits.

Peu de temps après la mort de Gilbert, la reine Elisabeth I délivra une autre patente à Sir Walter Raleigh qui répéta les termes de la charte de Gilbert. La patente de la reine reconnaissait-elle l’existence et les prérogatives des nations non-chrétiennes existant et vivant déjà sur ces terres ? Non. Ses lettres de patente ignoraient totalement ces nations en tant que nations. Elle stipula que Raleigh:

[…] aura… tout le sol de ces terres, teritoires et pays, à découvrir et à posséder comme sus-mentionné et que toutes ces villes, châteaux, villes, villages et endroits, le droit, les royalties, franchises et jurisdiction. […]

La mouture finale de la première charte de Virginie fut écrite par le ministre de la justice de l’époque Sir Edward Coke et par le solliciteur général Sir John Dodderidge. La charte fut émise par le roi James le 10 avril 1606. Le document autorisait Sir Thomas Gates et autres de l’entreprise Virginia Company de créer une colonie dans ces endroits n’étant “pas en la possession actuelle d’un prince ou peuple chrétiens.

Si les terres localisées étaient déjà en possession d’un “prince ou peuple chrétien”, alors la Virginia Company n’avait aucune autorisation de clâmer ces terres ; mais si elles n’étaient qu’en possession de non-chrétiens, de nations païennes, alors la Virginia Company avait l’autorisation de la couronne britannique de les coloniser et de les dominer.

La nature religieuse de l’état d’esprit colonial qui mena a la rédaction de la charte de la Virginie se trouve dans le language qui parle de “propager la religion chrétienne à de tels peuples qui vivent toujours dans l’ignorance de la véritable connaissance et l’adoration de Dieu et qui pourrait à terme, amener ces infidèles et ces sauvages vivant dans ces contrées à la civilité humaine et à un gouvernement tranquille et établi…

La déshumanisation des nations libres originelles est évidente à la prise de connaissance du phrasé mentionnant les “infidèles et les sauvages” et “la civilité humaine”. La domination sur les nations libres originelles peut être trouvée dans le plan d’”amener” les infidèles moins qu’humains et sauvages à “un gouvernement tranquille et établi”, qui d’après la traduction de la version latine d’une des bulles du pape Alexandre VI (Borgia) de 1493, sont précisément nommés comme étant “sujets” et devant être “réduits” à une “domination” sous l’”empire chrétien”.

Deux ans après que Sir Edward Coke eut aidé à finaliser la première charte de Virginie, il présidait en tant que juge suprême (Lord Chief Justice) dans l’affaire Calvin (1608), au cours de laquelle le tribunal discuta de l’idée “d’étrangers” sous le coup de la loi de la couronne anglaise. Les étrangers étaient de deux types et le second était un ennemi en guerre avec la couronne. Les étrangers ennemis étaient soit temporaires, soit perpétuels. De ce dernier type, Lord Coke déclara:

“Tous les infidèles sont de par la loi perpetui inimici, ennemis perpétuels (car la loi ne présume pas qu’ils seront convertis, ceci étant remota potentia ou une possibilité éloignée), car il y a entre eux, tout comme avec le diable dont ils sont les sujets, et les chrétiens, une hostilité perpétuelle et il ne peut donc y avoir de paix.”

L’idée d’un état de guerre existant entre les chrétiens et les non-chrétiens partout sur terre a fourni et fournit toujours le contexte de la Doctrine Chrétienne de la Domination et celui des traités entre les nations libres originelles et le système de la couronne. Spécifiquement lorsque des représentants d’une puisance chrétienne comme l’Angleterre (plus tard la Grande-Bretagne) étaient capables de localiser des terres où vivaient des “infidèles” (ennemis perpétuels de la couronne), le fait de localiser cet endroit était considéré comme le fait de “donner” à la puissance qui le localisait, le droit d’invoquer les prérogatives de l’empire chrétien à dominer et à coloniser toutes les terres et les eaux où des nations non-chrétiennes vivaient.

“L’état de guerre perpétuelle avec tous les infidèles” de la chrétienté est la raison pourquoi la couronne appelle les traités avec les nations libres et originelles de l’Île de la Grande Tortue des “traités de rédition”. Il n’y a aucune histoire initiale de bonnes relations ou d’amitié que l’on pourrait faire valoir comme base d’invocation du mot “réconciliation” lorsqu’on en vient à considérer l’affirmation du Canada de la souveraineté de la couronne et du titre de propriété de la couronne sur les nations et terres originelles de l’Île de la Grande Tortue. Il est grand temps de règler cette relation sur une base de véritable honneur et de respect pour les nations originelles libres de ce continent.

Résistance politique: Canada, colonialisme et camps de prisonniers indigènes…

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La psychose des prisonniers de guerre

 

Mohawk Nation News

 

6 Mai 2015

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2015/05/06/prisoners-of-war-psychosis/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Dans un premier temps, le Canada a passé la loi sur les Indiens (Indian Act) en 1876 pour nous déclarer non-humains et pupilles de l’État. Ceci afin de prendre possession des fonds placés sur l’Indian Trust Funds. Le 25 Octobre 1924, l’Indian Advancement Act (ou loi d’avancement sur les Indiens) fut mise en place par la colonie du Canada comme un plan sur cent ans pour se débarrasser “du problème indien”. Des camps de prisonniers de guerre, appelés “réserves INDIENNES”, furent établis à travers le Canada par le ministère de la guerre en 1924. Des barrières au grillage de fil de fer barbelé, des gardes, des laisser-passer et des permissions de déplacement ainsi que l’enlèvement de nos enfants pour les placer dans des pensionnats pour Indiens qui étaient des camps de la mort, furent également mis en place. Les Affaires Indiennes sont gérées par le ministère de la défense jusqu’à aujourd’hui. Ils sont maintenant dans la 90ème année de complétion de leur programme génocidaire.

Des planificateurs militaires créent la psychose de captivité dans les camps de prisonniers de guerre. Ils déterminent les standards de comportement. Des matons brutaux, insensibles et sans scrupules sélectionnent leurs subordonnées pour superviser les camps. Ceux qui ne correspondent pas au profil ou sont faibles sont retirés. Le manque de nourriture adéquate, de vêtements, d’abris et des conditions de vie sous les standards créent la honte, une stupeur, une grande confusion mentale, de la colère et la mort. Les détenus souffrent de l’internement, du manque d’espace, de l’inactivité et de l’isolation qui les rend inertes et silencieux. Certains sont autorisés à travailler comme employés des colons locaux. Les détenus deviennent éventuellement craintifs de se retrouver libres.

Le stress et la misinformation délibérée sont les causes de la perte d’identité et de la fierté. Ils sont découragés de penser au passé. Tension et désordre sont constamment de rigueur entre les groupes différents. Des querelles sont créées pour diviser les détenus afin de toujours mieux les contrôler. Des films et des jeux sont sélectionnés pour “clôturer la folie” et créer de la futilité. Une mauvaise nourriture et une détérioration physique sur le long terme brisent la façon de penser. Les détenus deviennent complètement apathiques et refusent de prendre part aux affaires et à la gestion du camp. Ils ne peuvent plus se concentrer et perdent la mémoire d’eux-mêmes, de leurs familles et des communautés dont ils proviennent.

La Gendarmerie Royale du Canada (GRC la “fameuse” Police Montée) est entrée dans la Longue Maison d’Akwesasne, a mis un révolver sur le tempe du chef et l’a abattu. Il fut immédiateemnt remplacé par la faux-chef du conseil de bande géré par l’état colonial. En 1924 à Tyendinaga, toutes nos fermes du canton de Prince Edward furent confisquées. Nous fûmes arrêtés et internés dans un nouveau camp de concentration de 7300 Ha de superficie et nous devînmes des prisonniers de guerre. Notre terre en ce lieu était originellement de 356 000 Ha…

En 1990, l’armée vint à Akwesasne, Kahnawake et Kanehsatake, parce que légalement nous sommes toujours des prisonniers de guerre et toujours placés sous la jurisdiction de l’armée. Karonhiaktajeh (NdT: aussi connu sous le nom de Louis Hall) nous a dit que nous étions un lion endormi. La haine farouche, la colère accumulée, le désespoir et le cynisme créés est une stratégie militaire de contrôle. Il a inventé la stratégie de la “désINDIANISATION” fondée sur le réapprentissage de la philosophie de la Grande Loi de la Paix, Kaia’nereh:kowa. Karonhiaktajeh nous a dit que nous étions le lion endormi. Lorsque nous nous réveillerons nous serons très très énervés et combatifs.

Résistance au colonialisme: La position réitérée du Grand Conseil Haudenosaunee (Iroquois) sur la gouvernance étatique coloniale…

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Rejoignez le mouvement pour la répudiation des bulles papales colonialistes, plus nous mettrons de pression sur la hiérarchie cléricale jusqu’au Vatican et plus ces diktats papaux auront de chance à être répudiés.

— Résistance 71 ~

 

Le Grand Conseil Haudenosaunee réitère sa position sur les conseils élus (coloniaux)

 

Chef Sidney Hill, Tadodaho*, Onondaga nation

 

22 mai 2013

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2013/05/22/haudenosaunee-grand-council-reiterates-position-elected-councils

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

(*) Tadodaho est le Grand Chef Onondaga, et grand chef de la Confédération Iroquoise, le gardien du feu de la confédération, du feu du grand conseil qui brûle à Onondaga depuis plus de 900 ans. La nation Onondaga est la gardienne du feu du conseil de la Confédération Iroquoise. Elle est au centre de la “longue maison des nations” gardée à l’Est par la nation Mohawk et à l’Ouest par la nation Seneca.
Rappel:
Les chefs n’ont aucun pouvoir et ne sont que les représentants des décisions des conseils de clans de chaque nation, de véritables représentants de décisions populaires prise de manière unanime et non pas à la majorité. La règle de la majorité impose la division politique sur laquelle pousse la tyrannie. Seule l’unanimité des décisions et une chefferie sans pouvoir possèdent une validité unificatrice…

Nous avons énormément à apprendre des nations autochtones des Amériques, d’Océanie et des sociétés traditionnelles en général. Faisons-le, unissons-nous pour vivre mieux et en paix !…

~ Résistance 71 ~

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Salutations des chefs, mères de clans, et des peuples Haudenosaunee, Confédération des Six Nationss Iroquoises, peuples de la Longue Maison.

Le Grand Conseil des Chefs de la confédération désire prendre le temps de rappeler à ses citoyens de la position Haudenosaunee en ce qui concerne les conseils de bandes (Canada) et de tribus (USA) dont les élections nous sont imposées et le remède que nous proposons afin de standardiser la gouvernance au sein de la confédération Haudenosaunee.

Dès le moment où les conseils élus furent imposés dans nos communautés, leur intention principale fut d’abolir la force et le caractère national de nos gouvernements traditionnels et d’assister à la mise sous franchise et à l’assimilation d’Haudenosaunee dans la fabrique nationale (et coloniale) du Canada et des Etats-Unis. Il a depuis toujours été la position de la confédération Haudenosaunee de dire que l’existence des conseils élus que ce soit au Canada ou aux Etats-Unis, se fait en dehors du cercle Wampum. Personne ni aucune nation ne peut amener dans le cercle une autre forme de gouvernance sans l’accord total du Grand Conseil (NdT: qui n’est que la représentation des décisions des peuples de la confédération)

Le cercle Wampum trace la ligne entre les conseils traditionnels et les conseils élus ; celle-ci est claire et distincte: les conseils traditionnels sont les gouvernement originaux des communautés Haudenosaunee/nations iroquoises qui s’occupent des affaires nationales, tandis que les conseils élus émanent d’un système imposé par la loi indienne au Canada (Indian Act) et la loi fédérale indienne (aux Etats-Unis) et ce pour l’administration des politiques coloniales de chaque communauté. Ces dernières années néanmoins, ces conseils élus ont commencé à commander les différents symboles, philosophies et le caractère national de la confédération Haudenosaunee, se représentant ainsi de manière fausse envers des agences externes et limitant par là-même l’importance Haudenosaunee en tant que système de gouvernance indigène originel.

Que ce soit en référence au traité Wampum Deux Rangées, aux traités, aux relations de nations à nations ou de l’implication subtile que ces conseils élus sont quelque part synonymes de la Confédération Haudenosaunee ou les conseils traditionnels ; cette ambigüité a perpétré une fausse impression et une confusion à la fois de manière externe et interne que les conseils élus seraient actuellement une partie réelle de la confédération Haudenosaunee.

Plus récemment, ces conseils élus se sont aventurés dans l’arène internationale, un domaine peuplé de nations et d’états et ce au travers d’une entité formelle appelée la Caucus Iroquois, le National Congress of American Indians (NCAI), et les United Southern and Eastern Tribes (USET). Depuis 1977, la confédération Haudenosaunee a été la pionnière de la présence indigène aux Nations-Unies et dans d’autres lieux représentatifs internationaux, menant en cela vers la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes de l’ONU, une présence que le Caucus Iroquois, le NCAI et l’USET s’évertuent à supplanter et se perpétuant eux-mêmes comme étant les voix légitimes de nos communautés internationalement et agissent dans l’intérêt de leurs maîtres coloniaux du Canada et des Etats-Unis.

Le Grand Conseil des Chefs sent qu’il ne peut plus rester plus longtemps à acquiescer sur ce sujet et se doit d’insister afin que l’appropriation du caractère national Haudenosaunee cesse. De plus, le Grand Conseil des Chefs doit relayer à ses voisins le fait que le Caucus Iroquois et ses conseils élus tributaires, ainsi que le NCAI et l’USET, ne représentent aucunement la confédératiion Haudenosaunee ni même ses nations membres. Tandis que le Grand Conseil des chefs pense qu’il se doit d’être ferme sur le sujet, notre conseil rappelle aux conseils coloniaux élus le remède Haudenosaunee de standardisation de la gouvernance dans nos communautees sous la Grande loi de la Paix / Kaienere’ko:wa.

En 1991, les chefs Haudenosaunee ont dressé les grandes lignes de leurs prérequis pour commencer un dialogue pertinent sur le comment nous pourrions tous vivre en suivant la principes de Kaianere’ko:wa sous la Longue Maison Haudenosaunee. A ce moment là, les chefs Haudenosaunee ont demandé aux conseils élus de respecter et de reconnaître leur autorité sur huit zones politiques dont ils ont la jurisdiction historique. Bien que nous comprenons qu’à ce moment précis de l’histoire, les Etats-Unis et le Canada ne reconnaissent que la légitimité des conseils élus, nous pensons que ceci ne changera jamais tant que nos peuples acceptent de plein gré l’imposition coloniale. Le Grand Conseil des Chefs demeure ferme et intransigeant sur la nécessité de démontrer la bonne foi et est prêt à commencer le travail nécessaire pour aider à décoloniser les structures politiuques ce chacune de nos communautés.

Ceci représente bien des défis à cause de l’impact personnel que ceci a sur les individus qui ont une connexion sentimentale profonde avec Haudenosaunee et qui veulent l’exprimer de manière à pouvoir aider. Ce qui n’est pas bien compris est qu’en représentant Haudenosaunee au sein des constructions fictives coloniales, cela pousse plus avant l’agenda colonial du Canada et des Etats-Unis. Les systèmes électoraux sont des entités étrangères qui ont colonisés la culture par la malversation et l’appropriation frauduleuse ; plaçant nos enseignements, nos lois et nos symboles au sein de la construction coloniale du système de conseil de bande électoral transformant la décolonisation en une apparence de revitalisation et de transformation culturelles totalement dénuée de sens.

Kaianere’ko:wa est fondée sur l’inclusivité, la coexistence pacitifque et la force par l’unification, liées par des lois qui assurent un processus de prise de décisions consensuel et démocratique (NdT: chefferie sans pouvoir, ne représentant que les peuples, décisions prises à l’unanimité d’après les désirs du peuple exprimés en conseils de clans dans une société matriarcale où les conseils de femmes ont autant de poids que le conseils des hommes et où les femmes sont les détentrices et gardiennes de la terre ancestrale-Wampum 44-). Le Grand Conseil des Chefs ne prend aucun jugement sur le caractère moral ou la sincérité de ceux qui servent actuellement de conseillers (coloniaux), mais nous les encourageons de ramener leurs dons, leur savoir-faire et leur dédication dans le canoë et de revenir à l’ombre du grand arbre de la paix. Liés ensemble par les bons liens de la paix et du pouvoir, nous pouvons être plus forts que jamais.

Da•ne’thoh,

Chief Sidney Hill, Tadodaho, Onondaga Indian Nation

Résistance au colonialisme: La supercherie de la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes de l’ONU… (Steven Newcomb)

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Le document de conclusion de haut niveau des Nations-Unies*

 

Steven Newcomb

 

10 Décembre 2014

 

url de l’article original:
http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/12/10/united-nations-high-level-outcome-document

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Note (*): Il s’agit ici du document qui fut rédigé par les Nations-Unies à l’issue de sa réunion pléniaire de haut niveau sur les droits indigènes qui s’est tenue en Septembre dernier.

Le débat au sujet de la signification et de l’utilité du document résultant de la réunion pléniaire de l’ONU sur les peuples indigènes (appelée de manière erronée la Conférence Mondiale sur les Peuples Indigènes), n’est pas près de s’achever dans un futur proche. Le 22 septembre dernier, le document est devenu une résolution de l’ONU qui est maintenant proclamée par ses supporteurs comme étant un effort des états membres de mettre en application la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes de l’ONU (DDPI), qui fut adoptée le 13 Septembre 2007. Une lecture attentive du document montre qu’il ne mérite en rien l’enthousiasme qu’il a reçu de la part de ses supporteurs.

Avant d’énoncer les spécificités de ce document, rappelons-nous d’abord le contexte du terme “indigène” employé par l’ONU. D’après les définitions de l’ONU, les peuples dits “indigènes” existaient librement dans un endroit particulier. Puis, éventuellement, un autre peuple d’une “race” ou d’une “origine ethnique” différente est arrivé dans l’endroit, et les nouveaux arrivants sont graduellement devenus dominants par la conquête, la colonisation/occupation des sols (settlement) et autres moyens. En d’autres termes, les définitions admises de l’ONU nous disent que les peuples originels ont été réduits à une position “non-dominante ou de colonisés”.

Aux Nations-Unies, il y a différents “droits”. Ce qu’on appelle les “droits indigènes” se rapportent à ces peuples qui ont été forcés de vivre soit sous une domination coloniale ou soit étatique. Bien que certaines personnes puissent encore présumer que l’ONU reconnaisse que les peuples existant sous domination d’état possèdent un droit fondamental de se libérer, les états du monde semblent assumer qu’un tel droit de libération n’existe pas pour les peuples “indigènes”. Comme expliqué ci-dessous, le document résultant de la réunion pléniaire de haut niveau des 22 et 23 Septembre de cette année, exprime ce point de vue.

J’ai soutenu dans de nombreux articles, que les efforts faits par les gouvernements des états pour mettre en pratique les article de la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes de l’ONU, étaient une tentative de maintenir un état de domination sur des peuples et des nations étiquettés “indigènes”. L’utilisation de lettres capitales d’imprimerie est une façon avec laquelle les états symbolisent leur ascendance affirmée sur les peuples libellés “indigènes”. Ainsi nous trouvons ces lettres capitales d’imprimerie dans le paragraphe d’ouverture du document résultant de la réunion pléniaire: “Chef d’État et de Gouvernement, Ministres et représentants des États Membres.” (en anglais: “Heads of State and Government, Ministers and representatives of Member States.”) Ceci est parfaitement en contraste avec le “p” et “i” des mots “peuples indigènes” dans le même paragraphe. Cette utilisation de lettres capitales d’imprimerie pour, par exemple, le mot “État” et minuscule pour les mots “peuples indigènes” est une des méthodes utilisées par les gouvernements des états et les Nations-Unies pour protéger une réalité d’une domination de l’état ou d’une domination sur les peuples appelés “indigènes”.

Mettre une lettre majuscule au mot “États” est la manière de l’ONU de signaler que quelques soient les droits accordés aux peuples dits “indigènes”, ces droits ne peuvent avoir d’existence que sous les entités politiques appelées états. La Déclaration des Droits des Peuples Indigènes de l’ONU renforce plutôt que ne défie cette structure politique et pour cette raison, les efforts de l’état pour mettre en application la dite déclaration ne sont pas des efforts d’état pour mettre fin à la domination sur les peuples “indigènes”, mais au contraire de perpétuer cet état de fait. Ceci est aussi vrai pour la réunion de haut niveau de l’ONU et de son document résultant.

En ce qui concerne le gouvernement des Etats-Unis, l’analyse ci-dessus peut-être simplement testée en posant cette question: Les Etats-Unis ont-ils fait une quelconque déclaration officielle indiquant qu’ils s’impliquent, dans l’optique de la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes de l’ONU, ou de la mise en pratique du document résultant de la réunion pléniaire, qu’ils allaient mettre fin au pouvoir qu’ils ont sur les nations indiennes ou de mettre fin à toute submission des nations indiennes à la loi fédérale sur les Indiens et sa politique ? La réponse évidente est: Bien sûr que non !. Personne ne pourra trouver l’ombre d’une preuve du contraire.

Comme preuve du système de domination-soumission, référez-vous à l’avant-propos de James Crawford du livre d’Anthony Anghie “Imperialism, Sovereignty, and the Making of International Law” (Oxford, 2004). Crawford y fait remarquer que l’histoire des relations entre “civilisations” et “peuples” est celle de relations de “domination” par les “états”. Ceci est une preuve supplémentaire, que la mise en application de la déclaration de l’ONU, du point de vue dominant des états, implique que les états maintiennent leur dominance sur des nations et des peuples étiquettés “indigènes”.

L’article 46 de la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes de l’ONU défend l’ “intégrité territoriale” des états contre les assertions des peuples indigènes. Ce point est critiquement important pour toute discussion du document de clôture de la réunion pléniaire de haut niveau de l’ONU ainsi que pour tout effort dans une tentative de mise en application de la déclaration des Nations-Unies. Le langage tenu dans l’article 46 semble impliquer que personne n’a le droit de questionner “l’intégrité territoriale des états”, mais ce que cela veut vraiment dire est que les états présument que personne et certainement pas les dits peuples indigènes, n’a le droit de questionner la domination de l’état qui est typiquement qualifiée d’”intégrité territoriale”. La forme de domination qui est maintenant nommée “intégrité territoriale des états” pour les Etats-Unis commence avec la doctrine chrétienne de la découverte et de domination et la décision dans le rendu de la cour suprême des Etats-Unis dans l’affaire Johnson contre M’Intosh en 1823.

Le document résultant de la réunion pléniaire de l’ONU divertit l’attention de toute considération sur le statut juridique et légal réel des nations indiennes ou de toute reconnaissance qu’il existe de fait un “niveau de nation” pour les nations indiennes. Le langage du document traite les états comme étant les seules entités politiques de niveau “national”. Ainsi par exemple, le paragraphe 8 du document fait dire aux gouvernements des états: “Nous promettons de coopérer avec les peuples indigènes au travers de leurs propres institutions, de préparer et de mettre en application des plans d’action nationale quand ce sera nécessaire, dévoués à aboutir aux objectifs de la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes de l’ONU.”

La grande majorité des paragraphes dans le document de clôture place le point de focalisation sur les “individus” ou les “personnes” indigènes, comme “les personnes indigènes handicapées”, “personnes indigènes, particulièrement les anciens, les femmes, les enfants, les jeunes-gens et les personnes handicapées” au sein du cadre politique interne et de domestication étatique. La phrase “leurs propres institutions représentatives” a été la méthode par laquelle les gouvernements des états ont pris efficacement à contre-pied toute reconnaissance dans le contexte des Nations-Unies que les “peuples indigènes” aient quelque forme que ce soit de “gouvernements”. Du point de vue des états, seuls ceux-ci ont un “gouvernement” dans le cadre de ce qui est appelé “l’arène internationale”. Les peuples étiquetés “indigènes”, parce qu’ils ne sont supposés exister que sous l’autorité de gouvernements des états, sont évoqués par les états comme n’ayant pour ainsi dire pas d’ “institutions représentatives”.

De par cette analyse produite, la question demeure: Pourquoi certains représentants des peuples nommés “indigènes”, semblent être si enthousiastes au sujet d’un tel document si biaisé que celui de l’ONU, document qui a été développé au nom de la mise en application de la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes de l’ONU ?

Colonialisme et ONU: Contrôler le langage contrôle les gens, jeu sémantique, jeu de domination pour un statu quo colonialiste

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La “bonne domination” des États contre les peuples et les nations appelés “indigènes”

 

Steven Newcomb

 

10 Juin 2014

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/06/10/good-dominance-states-against-nations-peoples-called-indigenous

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Au moment où ceci sera publié, la 13ème session du Forum Permanent sur les Affaires Indigènes de l’ONU (UNFPII) sera terminé. Le “thème spécial” pour cette année était “Les principes de bon gouvernement consistant avec la Déclaration des Nations Unies des Droits des Peuples Indigènes: article 3 à 6 et 46”.

Dans le contexte du système des Nations-Unies, les peuples appelés “indigènes” sont définis en termes de l’établissement il y a plusieurs siècles d’un système global de domination. Ceci est le cadre au sein duquel il faut interpréter de manière précise la phrase “bon gouvernement” dans le thème du Forum Permanent de l’ONU de cette année.

Les peuples étiquetés “indigènes” étaient à l’origine libres sur leurs territoires, quand, comme le dit une définition de l’ONU, “des personnes d’une culture et d’une origine ethnique différentes arrivèrent là-bas venant d’autres endroits du monde”. La définition appelle ces envahisseurs les “nouveaux arrivants”, qui “surclassèrent” les nations originelles et leurs peuples “par conquête, colonisation ou par d’autres moyens” et “les réduisirent au stade de non-dominant ou à une situation coloniale”.

Etant donné la définition ci-dessus des peuples indigènes, le concept de “bon gouvernement” dans ce thème spécial du Forum des Nations-Unies est interprété de manière juste en gardant la réduction politique voulue au départ des nations originellement libres et de leurs peuples à leur dégradation au niveau d’indigènes ou au statut d’indigènes. Au travers de la construction d’un système de réalité de domination d’état, des nations indépendantes et libres ainsi que leurs peuples sont maintenant caractérisées comme ayant été réduites à un sous-ordre d’existence “indigène”.

Bien que ce que j’ai écrit ci-dessus exprime précisément une définition donnée par l’ONU des “peuples indigènes”, les états membres de l’ONU considèrent qu’il est très impoli pour nous d’attirer l’attention là-dessus. Tandis que le mot domination est écrit dans la définition de l’ONU du mot “indigène”, les gouvernements des états se sentent inconfortables si et quand nous le stipulons. Pourquoi ? Parce que le mettre en lumière est questionner ce que les états considèrent l’inquestionable légitimité de leur domination sur nos nations et peuples originellement libres et indépendants.

Mettre en avant, montrer les schémas de domination impliqués dans la définition “indigène” de l’ONU et par là-même identifier que le “bon gouvernement” dans ce contexte veut en fait dire “bonne domination”, provoque deux réponses possibles.
Une réponse est d’être marginalisé ou ignoré pour avoir mis en valeur cette connexion ; une autre réponse possible est d’être accusé de s’engager dans une “hyperbole” dans l’utilisation du terme “domination”.

D’après mon énorme dictionnaire Webster non abrégé, une hyperbole est “une exagération extravagante qui représente quelque chose comme étant plus grande ou plus petite, meilleure ou pire, ou plus intense qu’elle ne l’est en réalité…” Imaginez être accusé d’être hyperbolique pour avoir indiqué le schéma de domination impliqué dans la définition du mot “indigène” de l’ONU ? Une réplique pourrait être comme suit: “Ok, bien sûr, la définition de l’ONU pour les ‘peuples indigènes’ est précisément interprétée en terme de domination, mais c’est une sorte de domination qui est juste mineure, minimaliste. Vous essayez d’exagérer les effets de la domination sur ces peuples et nations qui sont obligés de vivre sous celle-ci.

Bien sûr, cette réponse implique qu’il y a eu à ce jour un effort quelconque pour essayer de mesurer les effets négatifs qui résultent de forcer des nations et des peuples de vivre sous domination. Aussi loin que je sache, il n’y a eu aucun effort jusqu’à ce jour pour mesurer les effets de la domination sur des nations et peuples originellement libres. Et pourtant, ces effets sont constamment illustrés par des informations venant de ce qu’il se passe pour les peuples dominés du monde appelés “indigènes”.

Quels exemples de domination pourrions-nous citer ? En premier lieu et avant toute chose, nous pouvons citer les rituels et les cérémonies que les colons pratiquèrent originellement comme base pour affirmer un droit “souverain” de domination et de “dominion/colonisation” sur le sol des nations et peuples originels. Deuxièmement, au nom de “civiliser” les natifs “non-civilisés” (non-dominés), nous pouvons citer l’utilisation de ces affirmations symboliques de “souveraineté” et de “domination” comme la base d’imposer par la force des systèmes politique et légal sur les peuples et nations originels.

D’autres exemples incluent la société dominante prenant en charge les terres et territoires des nations et peuples originels, prenant, saisissant tout ce qui a de la valeur, des terres aux territoires, pour l’enrichissement des colons ; tuant ou emprisonnant les peuples originaux qui résistent au massacre perpétré par le système de domination. Un autre exemple de domination est la destruction des endroits sacrés, cérémonieux et significatifs des nations et peuples originels, chose que ces peuples n’ont pas la capacité d’enrayer.

Deux autres effets de la domination sont la destruction intentionnelle des langues des peuples originels (lingui-cide) par la société dominante, ainsi que le traumatisme infligé aux parents et aux enfants quand la société dominante sépare et emmène les enfants des nations dominées et les institutionalise dans des centres d’endoctrinement de façon à ce que les enfants puissent être socialisés aux valeurs, aux normes et aux façons de faire et de penser de la société dominante (ethnocide). De plus, les statistiques de santé inhérentes à ces centres, nous donne encore un exemple des effets négatifs de la domination (NdT: Plus de 55 000 enfants sont morts dans les pensionnats pour Indiens au Canada seul entre 1824 et 1996…).

Nous avons le choix. Nous pouvons permettre aux sociétés dominantes de continuer à utiliser leur terminologie euphémistique sans être dérangées, pour qu’elles puissent continuer à caractériser (justifier) ce qu’elles ont fait pendant des siècles pour dominer nos nations et nos peuples. Ou bien nous pouvons utiliser le mot “domination” (et son résultat en terme de déshumanisation) pour nommer et identifier précisément le problème qui a besoin d’être résolu. Ensuite, et seulement ensuite, sera t’il possible de poser la question critique: “Comment mettons-nous un terme ou abolissons-nous la domination de nos nations et de nos peuples ?

Quand la domination est phrasée euphémistiquement comme “bon gouvernement” par ceux qui ont un conflit d’intérêt évident pour maintenir la domination sur nos existences, il est de notre responsabilité de dénoncer leur utilisation manipulative du langage. Le simple fait que des schémas de domination puissent être appelés “bon gouvernement” aux Nations-Unies sans que notre peuple ne semble même le noter est un témoignage de la subtilité sémantique à laquelle nous devons faire face quotidiennement.

La sémantique est une interprétation des mots et des symboles. L’auto-détermination sémantique est une partie critique de ce que représente le droit à l’auto-détermination pour les nations et peuples originellement libres appelés “indigènes”. Originellement libres ; nous devons reprendre le contrôle du champ sémantique et ne plus permettre aux sociétés dominantes de continuer à dominer nos existences en étiquetant leurs systèmes de domination de “bon gouvernement”. Nous devons comprendre que la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes (Peuples Dominés) de l’ONU est faite pour renforcer plutôt qu’abolir la domination d’état sur notre existence de nations et peuples originellement libres et que ceci est démontré dans son article 46 qui donne à la domination le nom de couverture, le déguisement d’ “’intégrité territoriale des états”.