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Résistance au colonialisme: Disparitions, assassinats de femmes indigènes au Canada et la China Connection du gaz naturel et de l’immobilier…

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A lire « Meurtre par décret, le crime de génocide au Canada », contre rapport de la Commission Vérité & Réconciliation

Dossier TICEE / TIDC

« Le bouclier du lanceur d’alerte »

 

Personnes disparues fausses enquêtes et la China connection

Un profit à quel prix ?

 

Kevin Annett

 

19 mai 2017

 

Source: http://kevinannett.com/2017/05/18/missing-people-fake-inquiries-and-the-china-connection-what-price-this-profit/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

“Nos femmes et nos enfants sont portés disparus depuis des siècles. Cela s’appelle un génocide.” – Wilf Price, Haida Nation, 2011

”Traduire en justice quelqu’un d’ici [guerre du Vietnam] pour meurtre, c’est comme distribuer des contredenses pour excès de vitesse aux 500 Miles d’Indianapolis….” – Captain Willard, Apocalypse Now

Marion Buller* a sûrement l’habitude d’être prise pour un symbole je suppose, mais même sa moue devant les caméras de télévision ne pouvait pas masquer la peur dans ses yeux cette dernière semaine. Un journaliste canadien inhabituellement provocateur venait juste de lui demander pourquoi après près de deux ans, son enquête, ayant coûté 64 millions de dollars au contribuable, sur les “femmes indigènes disparues et assassinées”, se devait toujours de découvrir un simple cadavre ou une piste sérieuse.

(*) Note de Résistance 71: Marion Buller de la nation Cree, est juge fédérale canadienne et directrice de la commission d’enquête nationale sur les femmes indigènes disparues. En tant que juge fédérale, elle fait partie de l’establishment et rend des comptes à l’état canadien…

Et bien, nous ne sommes pas supposés le faire”, aurait-elle pu répondre si elle avait quelques grammes d’honnêteté, si elle n’avait d’abord pas appris au sujet de l’affaire en siégeant comme juge aborigène sur la côte ouest canadienne, un terrain des plus importants dans les meurtres d’Indiens. Mais Marion est une joueuse initiée et elle a dit au journaliste que bon, vous savez, toutes ces choses, çà prend du temps.

Faire un écran de fumée pour un crime est sans aucun doute une activité à plein temps, spécifiquement lorsque les criminels ne coopèrent pas avec la couverture. Les gendarmes de la GRC (NdT: police montée canadienne) et leurs assassins sous contrat ne se sont bizarremernt pas bousculés au portillon. Toutes aussi silencieuses demeurent les entreprises en ressources naturelles chinoises qui financent les assassinats et le nettoyage ethnique de la partie nord de la province de Colombie Britannique, le cœur de la terre aborigène. Bien entendu, Marion Buller ne demandent rien à tous ces gens, de manière présumée parce qu’elle ne voit pas d’un bon œil d’établir sa résidence permanente dans le fin fond de Burrard Inlet. (NdT: une zone très reculée, en guise de mutation disciplinaire…)

La vie n’est jamais bien rose pour un larbin soudoyé.

En vérité, les assassins sont très occupés en ce moment à garder Pékin satisfaite. L’investissement direct de la Chine dans les ressources naturelles de la Colombie Britannique et dans ses infrastructures a plus que quadruplé depuis 2002 et les trois plus grosses entreprises pétrolières chinoises (PetroChina, Sinepec et Nexen) ont jusqu’au printemps 2020 pour signer des contrats afin de sécuriser l’énorme réserve de gaz naturel et sa liquéfaction (LNG) en CB. Bien malheureusement pour les diables d’étrangers, il n’y a pas 10% des membres des nations indigènes qui occupent ces territoires qui ont montré une volonté de faire ce types d’affaires. Et la Chine, comme nous le savons, a une façon particulière de gérer toute opposition (NdT: comme les Yanks et la GB ou toute puissance coloniale du reste…)

Irene Mack, une journaliste free lance près de Smithers, a passé des années à documenter où les indigènes sont portés disparus. D’apès ses recherches, la plus grosse concentration de ces disparitions se touve dans les régions riches en gaz naturel soumis à liquéfaction.

Ceci est indéniable lorsque vous mettez toutes ces affaires sur une carte. Les trois plus gros gazoducs pour le LNG courent directement le long de “l’autoroute des larmes” (NdT: le surnom d’un tronçon de 700km de l’autoroute 16 reliant Prince George à Prince Rupert en Colombie Britannique), d’ouest en est au travers des zones les plus denses en disparitions et assassinats. La Pacific Northern Gas Company, Prince Rupert Gas Transportation et la West Coast GasTransportation, relient les ports côtiers à Tumbler Creek et Fort St. John. Tout ceci à travers des terres qui sont toujours traditionnellement occupées par des groupes indigènes qui ont résisté à la signature de contrats avec ces entreprises.

Et pour citer le politicien local blanc de la région de Terrace:

“Nous avons dit aux gendarmes de la police montée depuis des années que les disparitions des familles natives sont des assassinats ciblés effectués par des professionnels. Dans la région de Carrier-Sekani, il est de notoriété publique que quiconque parle des accords d’arrières-salles des entreprises avec les Chinois se voit offrir un voyage aller-simple pour le lac. Mais j’ai arrêté de parler avec les gendarmes lorsque j’ai réalisé que c’était eux qui emmenaient les gens au lac.”

De manière importante, une des premières femmes indigènes assassinées qui fit la une des journaux, Wendy Poole de Moberley Lake, était la fille de l’activiste politique local, le chef Art Napolean, qui mena la lutte pour arrêter la rédition de ses terres Saulteaux Cree aux multinationales. Le corps de Wendy Poole fut retrouvé coupé en morceaux, certains parties de son corps et certains organes manquant. La GRC a refusé d’enquêter sur sa mort.

Les organes de Wendy manquaient pour une bonne raison. En effet, l’assaut qui l’a tuée pour le profit implique également l’armée chinoise: de manière spécifique, les mêmes généraux qui organisent et gèrent l’industrie du trafic d’organes de la Chine, ont exterminé de grandes portions des peuples indigènes propres à la Chine, comme par exemple les Ouïghours musulmans.

Un de ces officiers les plus notoires, l’ancien chef de la sécurité chinoise le général Zhou Yongkang* est un des actionnaires principaux du conglomérat des centaines d’hôpitaux gérés par l’armée à travers la Chine, où les prisonniers et les dissidents politiques sont tués et leurs organes moissonnés pour être transplantés chez des receveurs payant. Ce même consortium hospitalier investit maintenant lourdement en Colombie Britannique, dans les maisons de retraite et les industries de la santé, investissements menés par le grand groupe financier de Pékin: Anbang Insurance Group.

(*) Note de Résistance 71: Zhou Yongkang, ancien tsar de la sécurité nationale chinoise a été condamné en juin 2015 à la prison à vie (il a aujourd’hui 75 ans), pour corruption et divulgation de secrets d’état…

La maison-mère / holding de toute cette opération, Cedar Tree Investments, possède de grands secteurs du centre-ville de Vancouver et est décrite par un journaliste d’affaire comme “une opération à peine voilée de triade (mafia chinoise) qui s’empare de l’immobilier et de l’industrie du gaz naturel liquéfié partout dans la province et principalement dans le nord.

Dire que les gouvernements de la Colombie Britannique et fédéral canadien sont les porte-manteaux de ces conglomérats criminels, ne fait que sous estimer la chose. Le premier ministre Justin Trudeau a tout récemment levé les restrictions sur la prise en compte de l’investissement chinois dans le domaine de la santé et de l’assurance maladie, tandis que Pékin gère des “groupes de conseil spéciaux” directement depuis le bureau de la première ministre de CB Christy Clark. Clark est même moquée par un lobbyiste chinois, pour être, non sans justesse, “notre chef de bureau local”.

Lorsque j’ai appris il y a plus de 40 ans comment des gens disparaissaient facilement à Vancouver, un journaliste au sage phrasé de la télévision du nom de Jack Webster m’avait averti en ces termes : “Ne voua attendez jamais à finir par savoir qui est responsable de tout cela parce que personne ne veut que vous le sachiez,” Jack aurait même pu ajouter “spécifiquement les riches qui en sont responsables.”

Le général Zhou Yongklang et ses amis n’ont pas besoin d’avoir peur. Le tout dernier blanchiment du Canada sur ses propres crimes de génocide, crime de guerre domestiques connus sous le vocable de l’enquête fédérale sur les femmes disparues s’assure qu’aucun nom ne soit jamais divulgué et qu’aucune fosse commune ne soit jamais découverte. Et les Canadiens, avec leur talent si péculier à la négligence malsaine quant à l’analyse de leur propre malfaisance, donnent leur aval habituel à toute cette mascarade.

Après tout, les affaires sont les affaires.

See this background report on the Disappeared of B.C.:

http://itccs.org/2011/02/02/memorandum-on-the-organized-disappearance-torture-exploitation-and-murder-of-women-and-children-on-canada-s-west-coast-a-summary-from-eyewitnes

Colonialisme et génocide au Canada: Le nettoyage éthnique continuerait-il ?…

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Enlèvement, viol, torture, assassinat de milliers de jeune femmes et filles autochtones au Canada depuis le début des années 1990 met le gouvernement colonial canadien sur la scellette  car en effet, non seulement celui-ci refuse les demandes d’enquête sérieuse émanant des communautés indiennes et non-indiennes sur ces affaires, mais il est maintenant avéré que dans bien des cas, les policiers et membres influents de la société sont impliqués en réseau dans ce qui est devenu un des plus gros scandales secouant le Canada.

Donner justice à ces femmes et leurs familles est une priorité, mais au-delà, la légitimité même du gouvernement colonial et prouvé génocidaire du Canada est totalement remise en cause. Nous l’avons dit et le répétons, tant pour le Canada que pour le pays du goulag levant (ex-USA), le seul moyen de mettre fin à l’empire est de leu retirer ce sans quoi il n’est plus rien: son territoire ! L’empire américano-sioniste repose sur des terres volées, usurpées. Lui retirer sa légitimité territoriale usurpée le fera de facto s’effondrer. La bataille est légale et juridique, en dehors des tribunaux coloniaux protecteurs des criminels, mais elle est réelle et parfaitement gagnable. Les Mohawks et d’autres nations le savent. Ils ont besoin de nous, pour en fait sauver le monde, ni plus ni moins…

Cette interview de l’activiste Mohawk Shawn Brant sur La Voix de la Russie nous éclaire plus sur le fond du problème côté victime et non pas côté colon… Nuance, grosse nuance…

— Résistance 71 —

 

Shawn Brant parle au sujet des femmes et jeunes filles indigènes portées disparues et assassinées

 

Mohawk Nation News

 

16 mai 2014

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71~

 

Les assassinats de milliers de femmes et jeunes filles autochtones font partie d’une stratégie du génocide continue afin de nous contrôler nous, les survivants. Des gamines aussi jeunes que 10 ans sont enlevées et forcées à la prostitution, à l’esclavage sexuel puis sont assassinées. Les forces d’occupation de ce pays les kidnappent, violent, trafiquent et les tuent finalement. Le Canada refusant d’enquêter sérieusement sur ces crimes commet un génocide et un acte de guerre envers nous.

Les femmes autochtones (comme toute femme) sont les génitrices de la communauté. Elles sont détruites dans un dessein d’épuration ethnique. Des conditions de vie du tiers monde sont mises en place pour forcer nos filles à se sauver de chez elles. Celles qui retournent doivent ramener avec elles le chaos social et la maladie (MST, SIDA etc…)

Amnesty International rapporte que l’abus sexuel et le meurtre racistes sont une stratégie militaire. Les troupes et la police des États agissent en toute impunité. Des civils femmes et enfants sont attaqués pour éliminer, perpétuer le nettoyage ethnique et social.

 

Source: http://mohawknationnews.com/blog/2014/05/16/shawn-brant-speaks-on-missing-murdered-girls-women/

 

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Le Canada refuse d’enquêter sur les assassinats de milliers de femmes autochtones

 

Entretien avec l’activiste et porte-parole Mohawk Shawn Brant (Tyendinaga, territoire Mohawk) avec la radio La Voix de la Russie

 

14 mai 2014

 

url de l’article original:

http://voiceofrussia.com/2014_05_14/Canada-refuses-to-investigate-thousands-of-murdered-women-Mohawk-spokesman-Shawn-Brant-1600/ avec version audio de l’entretien

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Depuis plus d’une décennie des centaines de jeunes filles et jeunes femmes autochtones innocentes ont disparu au Canada. Des écolières de moins de 11 ans, des adolescentes et des jeunes femmes ont disparu ou ont été retrouvées battues, violées ou mortes dans des décharges publiques, sur les bords de routes et dans des fossés.

Alors que le gouvernement canadien envoie de l’assistance au Nigéria afin de faire action politique en prétendant assister à retrouver les 200 jeunes filles dont il se moque éperdument, il continue d’ignorer et refuse d’enquêter sur les plus de 1425 cas (officiels) de jeunes femmes et jeunes filles disparues et assassinées au Canada. Pourquoi le Canada ignore t’il ces crimes ? Parce que les femmes assassinées sont des femmes autochtones. Nous nous sommes entretenus avec Shawn Brant, un représentant de la nation Mohawk et membre du clan du loup à ce sujet et bien plus…

Bonsoir, vous êtes avec John Robles et vous écoutez un entretien avec Shawn Brant. Il est membre de la nation Mohawk de la confédération iroquoise et du clan du loup ; activiste indien Mohawk et porteparole de la société des guerriers (Warrior Society) du territoire Mohawk de Tyendinaga (NdT: Baie de Quinte, Ontario, à l’Est du lac Ontario, limitrophe territoire Huron, situé à 2 heures et demie de route à L’Est de Toronto)

Robles: Bonsoir, comment allez-vous cher monsieur ?

Brant: Je vais très bien, merci de me recevoir/

Robles: C’est un véritable plaisir que de m’entretenir avec vous. Je désirerais avoir des détails, si vous le pouvez, sur une affaire très sérieuse qui se passe depuis longtemps et qui n’obtient aucune couverture médiatique dans la plupart des médias. Je parle de la disparition de ce qui pourrait-être des miliers de filles, écolières et jeunes femmes autochtones.

Brant: Bien sûr ! C’est un problème qui affecte les femmes et filles au Canada. La Gendarmerie Royale du Canada (NdT: GRC ou RCMP en anglais, la fameuse “police montée” du Canada, qui est l’équivalent du FBI américain, ils travaillent du reste la main dans la main pour le meilleur et surtout pour le pire… La GRC est aujourd’hui de fait une “antenne” locale du FBI) a récemment confirmé les assassinats de quelques 1200 femmes aborigènes depuis les années 1980. 225 autres ont été identifiées comme toujours disparues et présumées mortes. Nous parlons de femmes et de filles à travers le pays.

C’est une crise incessante, une crise dont le gouvernement est parfaitement au courant et une crise qui n’a fait qu’augmenter.

Ces dernières 20 années, le nombre de femmes disparues est certes catastrophique, mais c’est une crise pour laquelle les femmes et filles ont imploré le gouvernement du Canada de rechercher activement, d’enquêter sérieusement, d’avoir la police enquêter, d’avoir des officiels du gouvernement prendre des responsabilités et être déterminés à vouloir savoir ce qu’il se passe dans nos communautés et dans les centres urbains ici au Canada.

L’âge moyen des femmes qui disparaissent est de l’ordre de 20 ans. Environ 10% des 1200 assassinées ont moins de 11 ans.

Elles ont été violées, kidnappées, torturées, assassinées. Elles ont été abandonnées dans des poubelles, poussées en dehors de véhicules dans des fossés d’un bout à l’autre de ce pays et le gouvernement a refusé à chaque fois d’enquêter. Ils ont refusé de prendre la responsabilité et à chaque fois que cette affaire est mentionnée en public, ils essaient de convaincre le reste de la société ici au Canada, que ces femmes sont impliquées dans le commerce du sexe et diminuent leur intégrité. Ceci n’est tout simplement pas le cas. Nous avons pris plus récemment une position bien plus militante contre le gouvernement. Il y a eu des fermetures de routes, il y a eu des fermetures et blocages de voies de chemin de fer, il y a eu des attaques contre l’économie canadienne. Le tout dans un effort de voir le gouvernement regarder sérieusement ce problème et de commencer à fournir des réponses.

Robles: J’ai compris que vous avez été impliqué dans la fermeture du chemin de fer canadien. Pouvez-vous parler de cela ?

Brant: Absolument ! Nous avons défié le gouvernement et il y a eu un appel général dans ce pays, à la fois dans les communautés autochtones et dans la communauté non-autochtone, qu’il y avait un besoin urgent de révision et de stratégie nationale et d’une enquête pour apporter des réponses à ce phénomène: la disparition et le meurtre de ces femmes et jeunes filles.

Ainsi, le gouvernement a maintenu sa position de dire qu’il fait tout ce qui est en son pouvoir et que rien de plus ne peut-être fait, ceci est simplement inacceptable.

Donc, ici, dans notre communauté, nous sommes (idéalement) situé entre Toronto et Montréal, sur ce qui constitue la ligne ferrovière principale CN. Il y a plus de marchandises qui passent dans cette zone que n’importe où ailleurs dans le monde par voies ferrovière, routière et fluviale.

Ce que nous avons systématiquement fait est de cibler cette route commerciale et nous avons fermé la ligne principale, ce qui a un impact direct sur l’économie canadienne d’environ 160 millions de dollars par jour.

Nous avons pris cette position que de dire si le gouvernement décide de ne pas améliorer son attitude et de ne pas remplir les demandes sociales les plus basiques qui sont faites par nos peuples pour une intervention et une enquête sérieuse dans cette affaire, qu’alors nous sommes prêts à cibler l’économie du Canada et l’amener sur les genoux si c’est nécessaire, afin d’obtenir justice pour nos femmes et nos filles et c’est ce que nous avons fait. Nous l’avons fait de manière régulière et bien que cela ne transpire pas hors du pays et hors des médias locaux, nous savons que nous avons un impact important sur l’économie canadienne et nous sommes préparés à continuer à le faire.

Robles:? Je ne veux pas être hors-sujet car ce sujet est très sérieux et important et c’est celui sur lequel nous devons nous concentrer, c’est celui qui n’a pas de couverture médiatique, alors qu’il le devrait. Si nous revenons aux femmes maintenant, à votre avis, qui est responsable de tout ceci ? Est-ce un groupe organisé au sein du gouvernement ? Est-ce une continuation du génocide ? Qui est derrière tout ceci ?

Brant: Ceci est la continuation du bon vieil adage des politiques d’apartheid coloniales, cela n’a aucune légitimité ou fondement. Une partie de la politique du Canada est: Afin de maintenir l’exploitation des ressources et le vol de ces ressources de notre terre, ils (NdT: les colons et leur gouvernement colonial) maintiennent un état permanent de tristesse et de désespoir dans nos communautés et ce faisant, ils pensent qu’ils sont capables de nous maintenir dans un tel état de tristesse, que nous serions incapables de nous mobiliser contre l’État et les grandes entreprises qui se sont engagées dans le pillage de nos ressources. Donc, la politique du Canada de ne pas enquêter, de ne pas prêter attention, permet la perpétuation du désespoir qui permet la continuité du vol et du pillage permanents.

Récemment, en novembre dernier, une association internationake: Human Rights Watch, a documenté quelques 50 cas différents qui ont vu la GRC elle-même, la “force de police” du Canada, être engagée dans le kidnapping, l’abus sexuel, la torture de femmes autochtones.

17 de ces policiers ont été identifiés comme s’étant engagés dans ce type de comportements, où la police elle-même enlève femmes et jeunes filles, s’engagent dans des activités d’abus sexuels et ensuite les menace soit de les faire disparaître ou de faire dispaître leur famille si elles venaient à parler.

Ceci a bien été documenté par une agence internationale des droits de l’Homme dans un rapport qui fut mis sur la table de notre parlement en février de cette année. Le gouvernement y a jeté un œil et a dit: “Et bien, s’il y a des plaintes a enregistrer, alors ces femmes doivent venir et porter plainte contre ces policiers spécifiquement incriminés”.

Mais ce que les gens ne comprennent pas est que les policiers qui sont impliqués et commettent ces crimes vivent dans les communautés et sont impliqués dans le service d’ordre de ces mêmes communautés où ces femmes vivent. C’est donc une situation où les femmes qui désireraient se présenter pour déposer plainte devraient le faire devant ceux-là même qui les ont violé, ceci est tout simplement impossible. Donc, quand vous me demandez qui est impliqué, directement impliqués dans les actes eux-mêmes, cela inclut le personnel militaire, les forces de police canadiennes et par extension, le gouvernement lui-même qui est au courant de qui a commis ces crimes.

C’est simplement pour cela qu’ils ne veulent pas prendre quelque type d’action que ce soit, parce que cela exposerait non seulement l’hypocrisie du gouvernement, mais aussi sa complicité sur ce qui se passe contre les peuples autochtones et ils ne sont pas prêts à aller sur ce terrain. Nous savons ce qu’il se passe, nous savons qui commet ces crimes, nous n’avons simplement personne vers qui nous tourner qui prendrait des mesures significatives pour changer ou corriger la situation de cette crise dans laquelle nous sommes maintenant impliqués.

Robles: Nous exposons ceci maintenant et peut-être que ceci aura un effet pour la justice, je l’espère, c’est mon souhait et mon espoir.

Brant: Nous ne sommes pas des gens naïfs et comme nous en avons discuté plus tôt, quand nous entendons des leaders dans le monde qui expriment une véritable préoccupation envers leur propre peuple, où qu’ils vivent et offrent et donnent une protection à ces gens, comme la Russie l’a fait en Ukraine et d’autres régions, ceci nous touche réellement.

Nous avons communiqué plus avant, nous n’avons pas un gouvernement qui apporte une protection à son peuple et c’est un soucis, une charge que nous devons porter, nous n’avons pas la protection d’un gouvernement comme les citoyens russes en ont une.

Robles: Avez-vous une opinion sur ce qu’il se passe en Ukraine ?

Brant: J’en ai une absolument oui ! Quand la protection des citoyens devient fondamentale, quand c’est un droit fondamental pour une nation de protéger ses citoyens et ceci se démontre autour du monde, il y a une notion fondamentale de souveraineté et d’intégrité et de justice qui dicte au gouvernement de protéger ses citoyens et a un devoir de les protéger où qu’ils soient, où qu’ils vivent au delà des frontières, de quelque type d’oppression que ce soit, de tout acte d’agression dont ils sont victimes. Nous avons une grande sympathie pour le peuple russe et les ukrainiens russophones. Il est fondamental pour une nation de soutenir ses membres où qu’ils vivent, nous soutenons cela.

Robles: La Russie n’est pas encore intervenue, je veux dire, si vous parlez d’une intervention militaire. Ceci serait une bonne chose pour le gouvernement de junte de l’Ukraine d’écouter maintenant, qu’un gouvernement devrait protéger son peuple. Ici ils sont en train de faire la guerre à leur propre peuple. Ils tuent et massacrent leur propre peuple. Si cela n’est pas maladif, alors je ne sais pas ce qui l’est… Maintenant depuis combien de temps est-ce que cela dure avec la disparition des femmes autochtones ?

Brant: Ce fut identifié pour la première fois en 1994. A cette époque, il y eut 24 femmes que le gouvernement reconnût avoir été tuées. Les activistes autochtones à cette époque parlait plus de 80 femmes que de 24, c’était en 1994.

Depuis ce temps, le chiffre est, d’après un rapport gouvernemental publié vendredi de 1200 femmes autochtones assassinées, c’est le chiffre officiel, mais dans la communauté activiste nous pensons ce chiffre est plus proche de 3100~3150 victimes. Donc ces chiffres, qui ont gonflés avec le temps, ont augmenté sur un courte période en fait, moins de 20 ans.

Et il n’y a pas eu d’intervention qui aurait fait que l’échelle de ces crimes diminue. Ces chiffres ont en fait augmenté exponentiellement chaque année et la variété des attaques a augmenté. Maintenant ils ciblent plus nos petites filles de 6, 7 et 8 ans.

Elles sont prises de la rue, sur le chemin de l’école. Comme je l’ai dit, eles sont violées, elles sont torturées, elles sont assassinées. C’est quelque chose avec laquelle nous devons vivre, quelque chose qui est presque impensable d’imaginer.

Robles:? C’est incroyable à imaginer, vraiment ! C’est incroyable ! 3150 personnes, êtres humains !

Brant: Si vous ramenez ce chiffre en proportion du reste de la population non autochtone du Canada, cela représenterait quelques 70 000 femmes non autochtones qui auraient été enlevées et assassinées. Et nous ne regardons plus ceci simplement comme des cas d’homicides non élucidés, nous regardons ceci comme étant un cas de génocide non dit. Dans les communautés autochtones ici au Canada, nous regardons ceci comme un génocide de fait.

Certains pensent qu’ils ciblent nos jeunes femmes et filles afin que celles-ci ne puissent pas reproduire, qu’elles ne puissent pas contribuer à la démographie des peuples indigènes. Et quand vous regardez ce chiffre, vous contemplez non seulement l’impact que la perte a sur les proches et les familles, mais aussi par extension, le nombre d’enfants que cela aurait généré au sein de familles constituées (par toutes ces femmes), cela peut sans aucun doute être vu comme un génocide direct, une attaque directe sur notre existence même.

Lorsque nous coupons une voie de chemin de fer ou une route, lorsque nous ciblons l’économie du Canada, nous ne voyons pas cela comme simplement une forme de justice, nous en parlons comme étant notre droit, le droit de notre peuple de nous tenir debout pour assurer notre propre existence et la survie de nos peuples. Voilà de quoi nous parlons en fin de compte: de notre droit à l’existence.

Et le gouvernement (canadien) fait tout ce qui est en son pouvoir pous s’assurer que nous ne puissions plus continuer en tant que société, en tant que peuple, que nous nous éteignions.

Ainsi, nous sortons et nous combattons ces batailles dans les rues, et nous combattons contres les infrastructures de ce pays ; mais nous luttons comme moyen de survie et de continuation de notre peuple.

Robles:Je vois. Un gouvernement fondé sur le génocide et rien n’a changé…

Brant: Rien n’a changé, absolument rien.

Robles: Rien n’a changé !! Oui, le chiffre est incroyable. Je pense que s’il y avait ne serait-ce que 10 femmes canadiennes blanches retrouvées mortes, violées dans des décharges publiques, pouvez-vous imaginer le scandale, l’énorme enquête et traque qui en résulterait ?

Brant: Oui. Certaines de ces femmes ont été larguées dans des décharges et la police sait où se trouve les corps, mais ils disent que le coût total pour sortit le corps d’une de ces filles Tanya Nepinak, a été de 17 000 dollars, et ils disent que cela coûte rop cher, que cela n’est pas justifié…

Robles: Ils parlent de combien çà coûte ?!?!?!

Brant:… Pour l’enlever de la décharge publique où elle est à la sortie de Winnipeg. Voilà le genre de discrimination qu’ils nous mettent à dos, la valeur de sa vie… Alors aujourd’hui, elle est dans ce tas d’ordures juste en dehors Winnipeg et le gouvernement dit que le prix que cela coûte pour récupérer son corps ne vaut pas la peine. Voilà le genre de réponse que nous obtenons. Voilà comment le gouvernement traite notre peuple. Voilà comment il répond, même quand il sait le lieu où se trouve un corps, ils ne nous donneront même pas la dignité er la dignité de la famille de récupérer le corps et de le mettre proprement au repos.