Archive pour canada colonialisme

Solution au marasme mondial: L’arrêt du colonialisme nord-américain sur les terres volées…

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Homme blanc au visage noir

 

Mohawk Nation News

 

9 Octobre 2013

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2013/10/09/white-man-with-black-face/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Des promesses, des promesses ! Nous, peuples indigènes, savons ce que c’est que de recevoir une “mauvaise médecine” de la part de ceux qui “parlent avec la langue fourchue” ! Le 2 Octobre le ministère de la santé et des services humains a dit au congrès que quiconque “légalement présent” aux Etats-Unis qualifierait pour les services de l’Obamacare même s’ils ne sont pas citoyens, ce qui incluent les étudiants étrangers, les voyageurs, les immigrants enregistrés et la plupart des étrangers illégaux et non-citoyens.

La demande en ligne pour s’enregistrer pour les services de l’Obamacare redirige les demandeurs vers un registre pour voter. Beaucoup d’abus peuvent se passer. Des millions de gens de l’étranger peuvent secrètement voter dans des élections américaines.

Aucun de ces gens ne sont des citoyens légaux de Onowara:geh, ou île de la grande tortue. Ils sont tous des “Honey Boo Boo” illégaux qui vinrent de partout dans le monde pour squatter et piller la place. Ces voleurs sont maintenant en train de dire à tout le monde qui est ou n’est pas “légal”. Ceci n’est qu’une autre manipulation pour toujours voler plus de ressources des nations indigènes afin de créer une dictature plus avant.

Une cible d’au moins 21,3 millions d’électeurs est mise en danger. Ils peuvent émettre un vote de blocage et contrôler la présidence. S’ils ne signent pas ils seront punis, mis à l’amende ou en prison.

La règle entrepreneuriale des 51% va mettre encore plus de pouvoir dans les mains des entreprises et des oligarques pour gérer le gouvernement et prendre un contrôle complet de la trésorerie et des finances. Bientôt un état d’urgence sera créé. Les états modernes sont déjà gérés par des Emergency Managers qui ne répondent qu’aux entreprises (de Wall Street). Les banquiers dissolvent les chartes d’entreprises des villes et autres entités, comme Detroit et achètent tous les biens et possessions pour des queues de cerises.

Toute la richesse américaine est produite du vol de l’extraction des ressources indigènes, ici et autour du monde.

Obama doit financer ses supporteurs minés par la pauvreté. Le système privé de la banque de la réserve fédérale crée de la fausse monnaie, la prête et charge des intérêt sur l’opération. Quand un pays refuse d’utiliser le dollar US comme monnaie d’échange de base, ce pays est envahi, détruit et des hommes, femmes et enfants innocents y sont massacrés.

Les deux partis politiques et le président travaillent ensemble pour établir et renforcer ce monopole des banquiers internationaux. Le contrôle permanent des cordelettes de la bourse est le but, dans le monde entier. Les peuple endoctrinés sont conditionnés pour accepter tout cela.

Les gens devront dire: NON ! Récemment, les femmes Lakota (Sioux) et nos supporteurs se sont dressés contre des groupes racistes suprémacistes blancs à Leith dans l’état du Nord-Dakota. Ils les ont poursuivi parce que tout le monde sait qui sont les véritables légataires de la terre.

Mettre quelqu’un au dessus de l’autre viole la base même de la Grande Loi de la Paix. Kasatstensera kowa so oiera, le grand pouvoir de la nature, fait que tout le monde est égal et a une voix.

NdT: Ci-dessous le lien de l’article des Lakota s’opposant aux groupes d’extrêmes droites blancs locaux à Leith. Un drapeau nazi fut saisi lors de la débandade des suprémacistes WASP (White Anglo Saxon Protestants) et montré aux caméras. Le parti nazi est légal aux Etats-Unis, affaire choquante déjà révélée dans le film culte de John Landis en 1978 “Blues Brothers”. Choquante, mais pas surprenante pour qui connaît l’histoire du financement du nazisme de 1930 à 1944 (cf notre dossier sur « Wall Street et la montée d’Hitler » du professeur Antony Sutton…) :

http://bsnorrell.blogspot.ca/2013/09/american-indians-protect-treaty.html

Résistance politique: Comprendre l’idéologie du génocide pour mieux rejeter le colonialisme qui vérole la planète…

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Très complémentaire de notre traduction de l’Introduction du livre de Kevin Annett « A découvert: génocide au Canada passé et présent »

Il est vital pour un changement de paradigme que nous comprenions les tenants et aboutissements du colonialisme d’hier et d’aujourd’hui et d7en rejeter l’idéologie, il en va de notre survie tout simplement.

— Résistance 71 —

 

Pas finale !

 

Mohawk Nation News

 

19 Septembre 2013

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2013/09/19/not-final/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Ce programme de sysématiquement nous assassiner fut mis en application lorsque les envahisseurs venus d’Europe mirent les pieds sur nos côtes. Plus de 100 millions d’entre nous (NdT: depuis 1492 en Amérique du sud, centrale, du nord et dans les Caraïbes) ont été massacrés. Cela continue jusqu’à aujourd’hui. En 1920, Duncan Campbell Scott (NdT: Haut commissaire aux affaires indiennes) mit en place la “solution finale” du “problème indien” sous forme de politique: “Je veux me débarasser du problème indien… Notre objectif est de continuer jusqu’à ce qu’il n’y ait plus un seul Indien au Canada qui n’ait pas été absorbé dans le corps politique et qu’il n’y ait plus de question indienne.” La Canada nazi tente toujours d’exécuter systématiquement son plan de notre extermination totale, de nous, de nos communautés et de nos identités. La raison en est de pouvoir faire le braquage total de l’hémisphère occidental à leur profit. Nous avons toujours résisté à ces sales prédateurs !

Des milliers ont été tués par des escadrons de la mort et dans des pogroms de masse. Nous sommes sur leur chemin. Les “leaders” de l’entreprise guerrière connue sous les noms de Canada et Etats-Unis ont planifié depuis longtemps de tuer les autochtones d’une manière ou d’une autre. Un jour ces conseils de bandes / tribus entrepreneuriaux et leurs “injuns” vendus, corrompus qui aident à entretenir le génocide, seront amenés devant leur peuple. Ces traîtres répondront devant nous de leur traîtrise.

Les banquiers ont créé l’entreprise Canada et la grille de contrôle indigène par le conseil de bande afin de mettre en pratique la théorie du génocide. Le meurtre est le but final. La violence l’effet à long-terme. Des comptes d’apothicaires sont faits sur chaque aspect de notre existence et archivés dans les archives nationales et le bureau des affairs indiennes. Voler notre terre, mettre nos enfants dans des camps de la mort “pensionnats”, nous faire vivre dans des conditions du tiers monde, le coût de la résistance autochtone et l’utilisation de la force, tout est calculé. On ment aux masses.

Le leader de l’Allemagne nazie Adolf Hitler a copié le programme de Scott pour sa “solution finale de la question juive”. Le génocide dans l’hémisphère occidental continue. Le meurtre de masse et l’incarcération de notre peuple se pratiquent toujours dans de nouvelles prisons privées. Les accords et les traités pour vivre pacifiquement avec nous en accord avec la Grande Loi de la Paix et la ceinture Wampum à deux rangées, sont violés en permanence. Tous les colons sont des occupants illégaux de l’Ile de la Grande Tortue.

Nous continuons à demander à ces entreprises étrangères de nous montrer la preuve qu’elles possèdent en droit quoi que ce soit. Nous sommes les titulaires naturels de tout ce qui est au dessus et en dessous de la surface de notre Terre-Mère. Quelques personnes frustrées pensent que la seule place qui reste est la lune.

Sivert Hoyem sing: Sivert Hoyem: “Moon Landing”. ”For now I’ve had enough from you/I’m done and so are you/Go see what you can do/While the universe is expanding/The silence is commanding ..”

 

Dean Neu, Richard Therrien. Accounting for Genocide: Canada’s Bureaucratic Assault on Aboriginal People. Halifax: Fernwood Publishing, 2003. vi + 194 pp. $19.95 (paper), ISBN 978-1-55266-103-1.“Accounting for Genocide”

“Final Solution of the Indian Problem”.

Résistance politique: Les mouvements de résistance indigènes du Canada et des Etats-Unis se lient…

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… Rejoignons-les ! Brisons ces mêmes chaînes idéologiques colonialistes qui lient les peuples occidentaux et les peuples colonisés (ou néo-colonisés..). En ce qui concerne le continent des Amériques, il s’agit toujours d’une colonisation pure et simple, même si différente de celle qui eut lieu en Afrique et en Asie et qui s’est métamorphosée en ingérence néo-colonialiste. Pour l’un les colons sont toujours sur place, comme ceux qui oppriment la Palestine, pour les autres les colons sont « retournés chez eux », en laissant une dépendance économico-politique menant à un neo-colonialisme de facto.

Nous sommes tous des colonisés !…

— Résistance 71 —

 

Les autochtones sont menacés par le présent et non par le passé

 

Andrew Gavin Marshall

 

13 Août 2013

 

url de l’article:

http://andrewgavinmarshall.com/2013/08/13/aboriginals-threatened-by-present-not-past/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Dans un article récent publié dans le quotidien La Province, la pigiste Naomi Lakritz a écrit que les peuples indigènes devaient laisser tomber le “manteau de la victimisation” et prendre “leur responsabilité individuelle”.

L’idée essentielle, comme Lakritz élabora avec moi dans un échange de courriels, était que les peuples indigènes devaient “aller de l’avant” et arrêter de “se prélasser dans le passé”.

Comment les gens peuvent-ils “aller de l’avant” avec l’histoire, si l’histoire elle-même n’est pas allée de l’avant avec eux ? Les peuples aborigènes insistent sur leur histoire afin que nous puissions apprendre la notre. Nos histoires sont entremêlées et l’ont été depuis que les premiers colons sont arrivés d’Europe sur ce continent.

En 1920, Duncan Campbell, le vice-ministre canadien des affaires indiennes déclara: “ Je veux me débarrasser du problème indien.” Le programme “d’assimilation” (ou “génocide culturel”) fut largement mis en place par le biais des “pensionnats” pour indiens.

Cinquante ans plus tard, notre gouvernement a utilisé des enfants indiens comme rats de laboratoire, expérimentant sur eux au sujet d’idées nutritionnelles et médicamenteuses.

Les communautés indigènes du pays manquent d’accès à l’eau potable et ce de manière bien plus importante que le reste de la population canadienne. Elles ont bien plus de problèmes d’insécurité alimentaire, de chômage, de mauvais logement, de pauvreté, de mortalité enfantine, d’abus de substances diverses, d’addictions et de suicides et constituent de plus, un pourcentage bien plus important de la population carcérale et ce de manière complètement disproportionnée.

Plus tôt cette année, le gouvernement Harper a annoncé “une énorme augmentation dans les projets concernant les ressources naturelles canadiennes”, et ce dans la décennie à venir et pour un montant potentiel de 600 milliards de dollars.

La vaste majorité de ces projets se passeront “sur ou tout près” des terres autochtones (comme si la terre n’avait pas été au préalable complètement colonisée…)

Les lois tous azimuts d’Harper ont réduit la protection des lacs de 40 000 à 97 et des rivières de 2,5 millions à juste 63, traçant ainsi la route à l’exploitation entrepreneuriale de l’environnement et sa dégradation. Que ce soit à côté d’une mine de diamants de DeBeers (Afrique du Sud) à Attawapiskat ou près des sites de sables bitumeux d’Alberta, les communautés autochtones sont directement exposées à la dévastation de l’environnement et aux coûts sanitaires de nos “projets de développement”.

C’est dans ce contexte qu’à la fin 2012, les peuples indigènes du Canada ont lancé le mouvement Idle No More, prenant la responsabilité non seulement de leurs droits en tant que natifs, mais aussi de la protection de l’environnement, connectant avec les peuples autochtones des Etats-Unis afin de s’opposer aux projets de pipelines et autres si destructeurs de l’environnement et ce au moyen de manifestations pacifiques, de barrages routiers et de campagnes de responsabilité publique.

Le gouvernement canadien passe des lois tout azimut au bénéfice de larges entreprises qui exploitent les ressources naturellles, ce qui précipite la dégradation environnementale, poussant non seulement le Canada, mais aussi l’espèce humaine dans son entièreté, vers l’inévitable extinction à laquelle doit faire face tout organisme auto-destructeur.

Au lieu de dire aux peuples autochtones “d’arrêter de blâmer le passé” et de prendre “leurs responsabilités”, peut-être que le reste du Canada devrait arrêter d’ignorer la passé et de prendre en charge le présent de façon à nous assurer que nous ayons un futur et ce pas seulement en tant que nation, mais aussi simplement en tant qu’espèce biologique. Peut-être est-il temps pour le reste du Canada de devenir finalement Idle No More (“Plus jamais en sourdine”)…

— Andrew Gavin Marshall est un chercheur et écrivain à Montréal.

Démonter le colonialisme ensemble, pierre par pierre…

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Une analyse d’Andrew Gavin Marshall à laquelle nous adhérons à 100%. Prendre conscience de notre histoire coloniale, du mal que nous avons causé au monde et prendre la main tendue par les populations natives que nous avons opprimées et que nous continuons à opprimer par notre impérialisme de tous les instants, pour lutter ensemble, solidairement contre l’oligarchie, qui nous l’avons dit ici même à maintes reprises (1 et 2), nous opprime de la même manière, mais pas (encore) avec la même intensité que les nations occupées (Amériques) ou toujours sous influence (Afrique, Asie).

Union, compassion, solidarité, égalité pour une liberté universelle ! C’est la seule voie pour un futur progressiste !

— Résistance 71 —

 

Un bref message aux Canadiens: Faites-vous une raison !

 

Andrew Gavin Marshall

 

1er Août 2013

 

url de l’article original:

 

http://andrewgavinmarshall.com/2013/08/01/a-brief-message-for-canadians-get-over-it/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 –

 

Canadiens ! Ayez honte de cet article paru dans un quotidien qui produit sa diarrhée pour “le débat public” de ce pays: une diatribe haineuse, ignorante, arrogante, idiote et raciste, qui demande aux peuples indigènes “de se faire une raison”, se référant au racisme d’état, au génocide et à l’impérialisme, qui ont toujours lieu aujourd’hui.

Naomi Lakritz a écrit un papier dans le quotidien du Calgary Herald le 31 Juillet, disant que les peuples des nations premières “doivent arrêter de blâmer le passé” pour les circonstances dans lesquelles ils vivent aujourd’hui, parce qu’ils “n’ont personne d’autre à blâmer qu’eux-mêmes”. Les nations autochtones, suggère Lakritz, doivent arrêter de porter le “manteau de la victimisation” et au lieu de cela “commencer à entrevoir le concept de la responsabilité individuelle”. En d’autres termes: “Faites-vous une raison !”

Non, au lieu que les Canadiens reconnaissent leur histoire en tant que nation, la destruction violente, l’exploitation, la domination, le meurtre et la discrimination, exercés contre les peuples indigènes de la terre que nous avons envahie et occupée, cette “journaliste” pense donc que les peuples autochtones devraient “arrêter de blâmer leur histoire”.

Ils ne blâment pas leur histoire: ils ne font que pointer vers leur histoire afin que nous puissions mieux apprendre la notre. Nous avons une histoire “commune” et elle nous a mené au présent. Si nous, Canadiens, avions de fait regardé notre histoire et tracé son évolution jusqu’au moment présent, nous aurions compris que notre histoire “coloniale” s’est maintenant transformée dans le présent de l’état-capitaliste moderne et impérialiste. Nos injustices historiques, imposées aux peuples indigènes, ont une incarnation moderne: le système de domination, d’exploitation, de ségrégation, de discrimination et oui… de génocide, continue aujourd’hui. (mettre ici le lien de la traduc de son dernier article)

Si nous apprenions tout cela, nous voudrins sans doute changer les choses. Nous pourrions développer cette choses appelée “compassion”, qui peut mener à quelque chose appelée “solidarité”. Ce sont des caractéristiques très humaines, et je comprends qu’elles puissent être un défi au sein d’une société grandement déshumanisée ; mais rappelez-vous, nous avons une histoire commune et nous partageons le présent. Nos histoires sont étroitement imbriquées et inter-dépendantes, ainsi le sont nos futurs respectifs.

Nous pourrions faire attention au fait que les peuples autochtones, non seulement au Canada, mais dans le monde entier, se révoltent contre la destruction rampante et accélérée de leur environnement, qui mènera l’espèce humaine à l’extinction. Les peuples natifs sont au front de la lutte mondiale contre l’extinction de l’espèce humaine et de la conservation de l’environnement sur la terre où nous vivons. Si nous regardons tout cela, nous pourrions en fait les rejoindre en ce combat.

Au lieu de cela, nous lisons des articles de presse comme ce tout-à l’égoût sus-mentionné, un avortement intellectuel, publié dans le Calgary Herald, the Province, le Victoria Times-Colonsit et le Edmonton Journal. Intéressant au passage de noter que les deux provinces de Colombie Britannique et d’Alberta où les peuples autochtones sont fermement engagés contre la destruction de l’environnement, sont les mêmes provinces où cet “article” a été publié dans la presse écrite de masse, diffusée dans les quatre plus grands centres par leur population (NdT: Vancouver et Victoria pour la Colombie Britannique, Calgary et Edmonton pour Alberta, Alberta qui est LA province de l’exploitation des sables bitumeux et où les compagnies pétrolières font leurs choux gras…)… juste au cas où vous voudriez avoir une “bonne” idée.

Les médias propriétés des entreprises du Canada ne voudraient pas cela n’est-ce pas ? Pas lorsque les entreprises qui possèdent toutes ces agences médiatiques, journaux et autres, comme la plus grande entreprise de journaux du Canada, Postmedia Network, a un comité directeur qui se gorge des bénéfices et du pouvoir rapportés par la destruction même de l’environnement, siégeant dans de multiples comités directeurs de banques et d’entreprises d’énergie et pétrolières.

Prenons par exemple Jane Peverett, qui siège au comité directeur de Postmedia Network, Jane siège également aux comités directeurs de la banque CIBC, de l’entreprise Northwest Natural Gas et Encana, une entreprise majeure de distribution d’énergie. Aussi récemment qu’en Novembre dernier, un groupe autochtone de Colombie Britannique agissait contre la construction d’un pipeline important, pipeline en partie propriété d’Encana.

Je ne reporte pas le blâme sur Jane pour cet article, je pense que l’auteur est à blâmer. Mais Jane et ses compatriotes qui s’assoient dans les comités directeurs du système médiatique le plus hautement concentré du canada, maintiennent et utiisent une influence suffisante sur l’institution médiatique qui fait la promotion d’articles comme celui-ci et qui contribue à forger “l’opinion publique”, alors que tout ce qu’il fait n’est que la promotion de l’ignorance, de la propagande, de la passivité et qu’il protège les intérêts des puissants qui en sont les propriétaires. C’est une fonction institutionnelle. Jane n’est qu’un rouage d’un système plus complexe, tandis que Naomi Lakritz n’a que peu de connaissance.

C’est de la propagande institutionnelle. Tout comme la discrimination, l’exploitation, la domination et la destruction des peuples autochtones sont institutionnelles à notre société. Pour une population qui lutte couramment contre les ravages infligés à l’environnement par les prédateurs économiques, sans parler de leur survie, leur dire de “se faire une raison”, est une autre manière de leur dire: “”mourrez” et parce que la lutte est contre l’extinction de notre espèce si nous continuons sur ce chemin, dire “faites vous une raison” c’est aussi dire: “nous allons tous mourir, mais je ne veux rien faire contre… et vous ne devriez pas non plus.”

Alors à tous ces Canadiens qui pensent que l’article a présenté un “argument raisonnable” (et je sais que vous existez), et à tous ces Canadiens qui pensent que les autochtones devraient “arrêter de blâmer l’histoire”, prenez de la graine de votre propre conseil: faites-vous une raison. Apprenez votre histoire, connaissez le monde dans lequel vous vivez, trouvez vos frères et vos sœurs et rejoignez-les dans la lutte pour sauvegarder notre espèce et la planète sur laquelle nous vivons.

Quand nous en arrivons à avoir des gens comme cette Naomi Lakritz du Calgary Herald qui rabaisse le débat public, ou plutôt maintient ce débat dans les profondeurs abyssales, il devient vraiment temps que nous nous projetions au delà de tout cela. Naomi Lakritz pense également que le joint est “une drogue dangereuse” et que sa légalisation est une “très mauvaise idée” (parce qu’une fois de plus, faites-vous une raison sur l’histoire, n’apprenez rien, restez ignare! ) et qui (surprise, surprise…) a des problèmes avec les immigrants et, cerise sur la gâteau: veut que ceux-ci “laissent leur histoire à la maison” quand ils viennent au Canada… la nation sans histoire apparemment…

Les tentatives détraquées de Lakritz afin de soutenir le statu quo sur les sujets d’injustices ne peuvent pas être laissées à ce niveau de débat dans un pays qui porte le titre de “pays le mieux éduqué au monde”. Il serait grand temps de commencer à le faire sentir. Il est temps alors d’arrêter d’écouter les Lakritz et consorts, autres “rebelles contre la rationalité” et de COMMENCER à sérieusement écouter les nations indigènes, qui ont beaucoup de choses qu’ils essaient de nous enseigner au sujet de notre pays et qui nous montrent certaines façons qui aideront à le changer pour le mieux.

Ceci n’est que notre destin en tant que peuple, espèce et la planète sur laquelle nous vivons… Tout ceci est en grand danger… Faites-vous une raison !

 

Résistance politique: L’Iran défenseur des droits indigènes au Canada

Posted in actualité, altermondialisme, militantisme alternatif, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 4 juillet 2013 by Résistance 71

L’Iran défendra les droits des peuples indigènes canadiens

 

16 Octobre 2012

 

url de l’article original:

http://www.presstv.ir/detail/2012/10/16/267040/iran-to-defend-native-canadian-rights/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le secrétaire iranien du Haut Conseil au Droits de l’Homme dit que la République Islamique défendra les droits

des peuples aborigènes du Canada de la même manière qu’elle soutient tous les peuples opprimés à travers le monde.

Mohamed Javad Larijani a fait ces remarques au cours d’une réunion avec le leader des peuples indigènes du Canada Terry Nelson en visite à Téhéran.

Larijani a noté que les peuples aborigènes canadiens ont été marginalisés plutôt que considérés comme la richesse culturelle du pays.

“De la même manière que nous défendons les droits des peuples au Bahrein, en Irak, en Afghanistan et en Palestine dans les organisations internationales, nous défendrons également de manière acharnée la population indigène du Canada”, a t’il ajouté.

“Larijani qui est aussi le conseiller principal du ministre de la justice iranien Sadeq Amoli Larijani, a dit que “malheureusement, le Canada a exploité et a même commis un génocide contre les peuples aborigènes plutôt que d’investir dans le trésor de leur richesse cuturelle et de civilisation.”

Pour sa part, Nelson a félicité et remercié le gouvernemernt iranien pour son soutien aux peuples natifs du Canada.

L’activiste a dit qu’Ottawa a refusé à la jeunesse indigène les droits fondamentaux de citoyenneté en les maintenant dans la pauvreté et en ne les autorisant pas à suivre un enseignement universitaire.

Nelson a montré du doigt le nombre croissant de femmes natives et de filles qui disparaissent dans le pays d’Amérique du Nord, disant “Nous avons une liste de 600 femmes indigènes portées disparues ces dernières années au Canada, dont nous ne savons même pas si elles ont été assassinées ou utilisées comme esclaves sexuels.”

L’ONU a condamné véhémentement les statistiques du Canada concernant les droits des enfants, accusant Ottawa de discrimination systématique contres les natifs et les immigrants.

D’après certains rapports, le Canada a forcé des milliers d’enfants indigènes dans des pensionnats où ils furent abusés sexuellement, psychologiquement et physiquement.

 

Nouvel Ordre Mondial: Despotisme et servage à tous les niveaux… Demandez le programme !

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Monsanto un combat planétaire

 

10 Juin 2013

 

Georges Stanechy

 

url de l’article original:

http://stanechy.over-blog.com/monsanto-un-combat-planétaire

 

« Rien ne caractérise mieux les mouvements totalitaires que la rapidité surprenante avec laquelle on les oublie et la facilité surprenante avec laquelle on les remplace. »

Hannah Arendt (1)

 

Nouvelles flambées…

Violences policières, sur fond de nuages de gaz lacrymogènes, incendies, canons à eau, sirènes, et hurlements…

Manifestations à Istanbul et dans plusieurs villes de Turquie, après celles de Stockholm et autres agglomérations suédoises. Similaires à celles de Lisbonne, d’Athènes, de Madrid, de Rome, de Milan, de Francfort ou de Watford (UK)… Sans oublier celles de France, passées, présentes et à venir. Rares sont les pays épargnés par ce phénomène. Ceux d’Occident étant les plus atteints.

La voix des peuples obligée d’emprunter rues et boulevards pour se faire entendre de leurs oligarchies.

Despotisme et servage

Signes, symptômes évidents que le despotisme est partout. Malgré ses déguisements en « démocraties » plus virtuelles que vertueuses, « républiques » vampirisées par leurs notables ou nomenklaturas, monarchies parlementaires « pipolisées ». Constat : les ploutocraties se développent à la vitesse des mauvaises herbes… Ce que ne peuvent accepter des citoyens, lucides, solidaires et épris de justice.

Le déclencheur de ces émeutes, partant de la capitale pour s’étendre au reste du pays, restant le même. Une révolte devant l’excès d’avidité, de rapacité, des castes au pouvoir. Devant le mépris ressenti, vécu, aussi, à l’égard de leurs concitoyens ; ne serait-ce que par l’indifférence témoignée quant à leur avis, l’avis de la majorité, leur sort et ceux de leurs proches. Au point de massacrer l’environnement, la nature, le cadre de vie de la collectivité. Par définition ou essence : un « bien collectif ». Pour le bénéfice d’une poignée. Dans l’injustice sociale, économique, environnementale,

Le cas d’Istanbul en est caricatural… Vouloir raser des dizaines d’arbres d’un parc en plein cœur de la capitale, dernier poumon de la ville, haut lieu historique et mémoire des grands évènements de cette nation, pour édifier galeries marchandes et centres commerciaux. Sur un terrain municipal, évidemment bradé à prix ridicule. Au bénéfice des promoteurs et organisateurs de l’arnaque…

Astuces, pratiques mafieuses, maintes fois décrites, notamment par les auteurs américains sur ce qui s’est passé dans les viles de leurs Etats fédérés. De Tom Wolfe à James Ellroy, et tant d’autres. Les romanciers européens moins courageux (quant aux journalistes…), ne l’écrivent pas : c’est encore pire. Une encyclopédie est à rédiger sur toutes les manipulations utilisées dans la création des centres commerciaux à la périphérie des villes. Sur des terrains agricoles achetés deux sous et reconverties en zones marchandes, sources de rapides et mirobolants enrichissements pour les organisateurs de l’embrouille…

Des mafias BCBG, certes. On ne tue pas avec des mitraillettes ou en attaquant des convoyeurs de fonds. Quoique… Certains ministres, empêcheurs de tourner en rond, se retrouvent parfois « noyés » dans une flaque d’eau, ou « suicidés » de deux balles dans la tête. Mais les armes sont, avant tout, « administratives », forgées dans « La Loi ». Affutées dans le secret des décisions de corps « constitués » ou « élus » : arrêtés municipaux, expropriations sans concertation avec les “victimes”, etc.

Istanbul ?… Le maire était un infatigable partisan de l’éradication du parc de la ville. Normal, il est milliardaire et possède des chaînes de magasins. Alors, des galeries marchandes à gogo, de quoi rêver… Le constructeur de ce pharaonique projet ?… Le gendre d’Erdogan lui-même. Comme chacun sait, on ne peut rien refuser au gendre d’un premier ministre. Alors, des arbres… (2)

Encore et toujours, l’éternelle lutte entre les prédateurs et leurs proies, les parasites et ceux qu’ils rongent jusqu’à l’épuisement. Entre les ploutocrates et leurs serfs, astreints à subir leurs désirs comme étant la réalité…

Le racket biotechnologique

Nombreuses actuellement : prises de conscience, revendications, protestations, mobilisations se développent à grande échelle. Notamment dans les pays dits “riches”. Dans la censure médiatique, inévitablement. Dès lors qu’il ne s’agit plus de diaboliser un Etat, avec son “régime” et sa religion, qui afficherait des velléités d’indépendance économique et politique par rapport aux diktats de l’Occident.

Occultant, par exemple, les colossales, permanentes manifestations aux USA dites du « contre le 1% ». Le peuple américain dénonçant depuis des mois les politiques antisociales de leur gouvernement au service du 1% des super-riches spoliant 99 % du reste du la population. Ou encore celles continuelles, depuis d’interminables semaines, des amérindiens des réserves au Canada, accablés de mesures racistes, discriminatoires, volés de leurs terres ancestrales au riche sous-sol, acculées à la pauvreté permanente. Quel est le JT qui, en Europe, les a évoquées, ne serait-ce que 10 secondes ?…

Ou encore celles immenses qui se sont déroulées, en cette fin de mois de mai, dans le monde : 436 villes, 52 Etats. (3)

Rien qu’aux Etats-Unis de l’Alaska à la Floride ! Des milliers, des centaines de milliers de personnes. Calmement, en famille… Connaissez-vous un média, autre qu’alternatif, nord-américain ou européen les ayant mentionnées ?… (4)

Impressionnantes, ces manifestations avaient pour cible la sinistrement célèbre firme de produits chimiques, internationalement connue : Monsanto. Sujet tabou pour nos médias de la presse et de l’audiovisuel rongés de corruption. On ne bouscule pas une des “vaches sacrées” de nos ploutocraties !…

Mais, pour des citoyens vigilants quant à la santé de l’Humanité, à la protection de l’environnement de notre planète et à la garantie de sa survie, Monsanto représente un des plus graves dangers d’empoisonnement et destruction de la vie sur notre Terre. Entretenus, par tous les moyens, dans l’implacable rapacité de richissimes et irresponsables « affairistes-spéculateurs », inconscients ou indifférents quant à l’enjeu sanitaire et alimentaire. Pour les générations actuelles et futures.

Monsanto : au cœur d’un combat planétaire. Quels que soient continents et pays… (5)

Y’a Bon Pesticide !…

Doublé d’une lutte acharnée contre la collusion entre l’agrochimie et les politiciens professionnels, assistés des médias transformés en vecteurs de propagande. Imposant au reste des populations lois et textes au seul profit des actionnaires de ces groupes industriels. Spécialisés dans la fabrication, la vente de produits toxiques ou issus de la manipulation génétique. Dont la dangerosité, ou dans le meilleur des cas « l’incertitude de leur dangerosité », sont prouvées. Tant les pesticides et herbicides que les semences génétiquement modifiées.

Le nom de Monsanto étant mêlé de longue date aux catastrophes ou ravages contre la santé humaine et animale engendrées par les produits chimiques ou les manipulations génétiques, aux conséquences à terme mal maîtrisées : PCB, dioxine, agent orange, hormone de croissance bovine. Sans oublier son best seller, l’herbicide le plus vendu dans le monde, à l’extrême toxicité dénoncée sous toutes les latitudes : le Roundup. (6) A présent, OGM et PGM…

L’instrumentalisation des institutions et législations « démocratiques » décuplée par une incessante désinformation, détermine une authentique confiscation du « pouvoir citoyen ». Cette anesthésie de l’expression, du respect des intérêts et de la volonté de la majorité d’une collectivité aboutit à l’instauration d’une autocratie, d’un nouveau totalitarisme.

Les imposantes manifestations à l’encontre de Monsanto en sont l’éclatant refus. Se voulant aussi une dénonciation de la corruption, morale ou financière, ou les deux à la fois, des représentants « élus » d’un peuple qui ne retrouve pas la défense de ses intérêts dans leurs décisions. Et, en est même choqué.

Dont le vote récent, par le Congrès des Etats-Unis, d’une loi sur la généralisation de l’utilisation des OGM au profit du chimiste : le « Monsanto Protection Act ». Accordant à ce géant une protection législative hors du commun, notamment lors d’éventuels contentieux. La vente ou la distribution de ses produits ne pourront être suspendues, en effet, par des actions devant des tribunaux, quelles que soient les expertises contradictoires, demandées ou ordonnées.

Ce type de législation complaisante rend l’exposition au danger chimique des populations encore plus préoccupant. De plus, il illustre tragiquement la faiblesse du pouvoir politique, pour ne pas dire la “complicité”, face à ces géants aux poches bourrées de milliards. Préférant mettre en danger leurs citoyens et les générations futures. Le niveau de corruption atteint traduit une faillite des  » valeurs et mécanismes démocratiques » actuels.

Certaines de ces dérives sont publiques, parmi toute une série : un des sénateurs corédacteur de la loi a reçu des milliers de dollars de Monsanto pour financer ses campagnes électorales ; ou encore, un membre de la Cour Suprême statuant sur la constitutionnalité de la loi, Clarence Thomas, a été un des avocats du groupe… (7)

Abus et cynismes, justifiant la mobilisation des associations et de tous les citoyens engagés dans la protection de la nature, de la santé et de l’alimentation. Et, dans le même élan, pour la “réforme” des institutions démocratiques…

En Europe, en France, nos propres parlements, et autres organisations représentatives chargées d’assurer la protection des populations, ne résistent pas davantage à ces « pressions » que leurs équivalents nord-américains. Comme le rappelle le chercheur Jacques Testart :

« L’Agence européenne de sécurité alimentaire (AESA ou EFSA en anglais) qui règne sur la culture ou l’importation des PGM (Plantes Génétiquement Modifiées) dans l’Union Européenne en délivrant des avis à la Commission. […] En une quinzaine d’années l’EFSA a donné son feu vert à plusieurs dizaines de PGM, sans en refuser aucune ». (8)

S’ajoute une dimension excessivement nocive de l’action de ces chimistes à l’encontre de nos collectivités et de l’économie planétaire : celle de planifier, organiser, le contrôle absolu et irrévocable de l’alimentation mondiale par le biais des semences. Ce qu’occultent, une fois de plus, nos politiciens et médias soudés dans la même omerta :

« … les multinationales ne souhaitent que maximiser leurs profits en s’appropriant les semences, en couplant leurs plantes brevetées avec des i intrants chimiques obligatoires, en réduisant le travail intelligent du paysan à des pratiques stéréotypées, et finalement en visant le contrôle de l’alimentation mondiale. » (9)

Mainmise sur le patrimoine génétique alimentaire mondial dans un racket à la Al Capone par une poignée de multinationales :

« … les grandes firmes (Monsanto, Bayer, Syngenta, BASF, DuPont) déposent des containers de brevets sur les gènes dépistés dans les plantes naturelles, celles sélectionnées depuis 10 000 ans par les paysans, dans le but de les inclure dans les plantes transgéniques, lesquelles seront payantes. » (10)

Poussant leurs prétentions tous azimuts, une des grandes spécialités de Monsanto, jusqu’à essayer d’imposer le droit des brevets sur des jambons de porcs nourris avec des PGM (Plantes Génétiquement Modifiées) !… No Limit… (11)

Du pareil au même…

Complicité des Autorités Sanitaires et du Charity Business

Ces groupes chimistes, devenus des apprentis sorciers de la manipulation génétique, en interaction avec l’agro-industrie, imposent effectivement une expansion quasiment incessante de leurs intérêts exclusifs. Au détriment de la santé de l’Humanité et de l’équilibre de l’écosystème de notre Planète.

Bénéficiant, comme nous le savons tous, de la complicité traditionnelle, grassement et discrètement rémunérée, des politiciens et médias. Mais encore plus grave, du fait de son effet accélérateur, du soutien aveugle du « monde scientifique », de plus en plus gangréné au niveau de son expression qui devrait être irréprochable : les « autorités sanitaires », sous toutes leurs formes.

Pire ! Ces métastases du cynisme irresponsable s’étendent, à présent, aux associations caritatives. Que les anglophones ont la lucidité de qualifier pour ce qu’elles sont devenues dans leur réalité quotidienne : le « Charity Business« .

i) « Mandarins – – Inquisiteurs »

Malgré les perpétuels obstacles qu’on leur oppose, des chercheurs déterminés à exercer loyalement leurs disciplines, soucieux de préserver la sécurité sanitaire de nos collectivités, essayent d’alerter opinions et responsables politiques. Dénonçant les inadmissibles manquements à l’éthique et au respect élémentaire de toute recherche, expertise et contrôle, scientifiques portant sur les pratiques et produits potentiellement dangereux.

Jacques Testart, dans un témoignage accablant, rappelle que L’Agence Européenne de Sécurité Alimentaire (AESA) a ainsi autorisé le maïs transgénique élaboré par Monsanto – le MON 810 – dans des conditions scientifiques dénuées de tout fondement sérieux, fiable et honnête. Ou encore, fondé ses décisions sur un maïs génétiquement modifié le « Smart Stax« , particulièrement redoutable par ses implications à terme (fabriquant 6 insecticides et tolérant 2 herbicides !), d’après une simple étude de 42 jours sur le poulet… (12)

Cette « agence européenne » multipliant les réticences pour améliorer les tests d’évaluation, rendre publiques les études et leurs méthodologies, ignorant les impacts socio-économiques sur les milieux agricoles. S’efforçant, au contraire, d’alléger ces contraintes de « sérieux scientifique » aux conséquences pourtant incalculables pour la protection de la santé et de la sécurité des populations, du monde animal et de l’environnement. (13)

La France, évidemment, n’échappe pas à cette spirale. Loin de là ! Donnant l’exemple des pratiques inquisitoriales d’un autre siècle. Pourchassant, dans l’étalage d’un obscurantisme moyenâgeux, le blasphème et l’hérésie. S’acharnant sur ceux qui contestent les « dogmes » par leur esprit critique, leur conscience professionnelle.

Terrible témoignage : une publication scientifique par un groupe de chercheurs de Caen éditée en septembre 2012 dans une revue spécialisée internationale « Food and Chemical Toxicology« , qui aurait dû être considérée avec fierté par la communauté scientifique française, a été l’objet d’une véritable « chasse à l’homme ». (14)

Cette étude d’une qualité exceptionnelle avait le tort, il est vrai, d’exposer les résultats de travaux de recherches de 2 ans sur des rats consommant du maïs transgénique (NK 603 de Monsanto) ou du Roundup (l’herbicide que ce maïs tolère grâce à sa modification génétique). Malgré la farouche opposition du fabricant de coopérer à l’étude : refus de procurer des semences transgéniques, de communiquer ses propres études, etc. Prouvant, dans une impeccable rigueur méthodologique, les ravages de ces produits pour les organismes vivants.

Ce qu’on a appelé « l’Affaire Séranili », provoquant un déchaînement des lobbies des groupes chimiques et des mandarins du monde scientifique à leur solde : campagnes de « décrédibilisation » dans tous les médias contre ces chercheurs, diffamations, menaces personnelles en tous genres, jusqu’à vouloir intimider l’éditeur…

Beaucoup de chercheurs scrupuleux et courageux sont ainsi à intervalles réguliers, médiatiquement et académiquement, « assassinés ». Citons quelques uns d’entre eux, tombés au champ d’honneur en Europe et ailleurs (15) :

=> Arpad Puztai, exclu de l’Institut Roswell (Aberdeen – Ecosse) : Toxicité d’une pomme de terre GM sur la structure intestinale des rats (1998).

=> Ignacio Chappela, suspendu de l’université de Berkeley (Californie) : Contamination des maïs rustiques mexicains par du maïs GM (2001).

=> Manuela Malatesta, exclue de l’université d’Urbino (Italie), à la suite d’une étude de 2 ans démontrant l’altération des foies de rats nourris de soja OGM (2002).

Qu’en est-il de la défense de nos pays et populations, aux budgets militaires et sécuritaires colossaux (plus d’une cinquantaine de milliards d’euros annuels, rien qu’en France…) en augmentation constante et sans contrepartie en recettes ?… Gouvernements, quels que soient les partis au pouvoir, incapables d’imposer un minimum de contrôles, d’exercer la moindre vigilance, dès lors qu’il s’agit de protéger la santé humaine, animale et environnementale.

ii) “Philanthropes – Spéculateurs”

Le financement partiel de la recherche publique par des groupes privés, de fait un “noyautage”, renforce cette mainmise non seulement sur les orientations de la recherche fondamentale mais, encore plus désastreux, anesthésie complètement l’indépendance des autorités de contrôle sanitaire. Dont les membres, issus du monde académique, se retrouvent en catimini : juges et parties…

Cette double éradication, de l’indépendance de la recherche publique et du pouvoir de décision des autorités sanitaires, représente un des plus pressants et graves dangers posés à nos collectivités.

Apparaissent ainsi, dans le silence de la désinformation : tomates au goût infect, tiges de maïs cassant sous le vent, fibres de coton se délitant dès leur récolte, prunes aux pulpes indécollables de leurs noyaux, melons explosant à l’approche de leur maturité, vaches sans queues, saumons aux têtes monstrueuses, proliférations des cas de diabète chez les bovins ou les porcs. Stérilités et mortalités précoces en augmentation exponentielle…

Malgré tous ces signaux d’alerte, avertissements et témoignages, inconscients du danger d’autres acteurs se ruent dans cette nouvelle chasse au trésor que représentent les fabuleuses marges et marchés “captifs” des pesticides et manipulations génétiques : les associations caritatives ou philanthropiques. Emblématique du niveau d’irresponsabilité atteint par nos nomenklaturas déboussolées de voracité…

Et non des moindres, car on y trouve les plus grands noms du “Charity Business”. Le plus renommé et le plus richement doté, même : La Fondation Bill et Melinda Gates. Adossée à la fortune du principal actionnaire-fondateur de Microsoft…

Pensez-vous que cette fondation au statut fiscal privilégié applique le code de cette nouvelle éthique du monde des affaires qu’on nomme “Investissement Socialement Responsable” (SRI en anglais) ?… Pas du tout. Aux antipodes de ce nouvel apostolat !

En août 2010, la Fondation Bill et Melinda Gates a acquis 500 000 actions de la société Monsanto. Nom associé pourtant aux pires crimes de guerre commis dans l’histoire de l’Humanité, à l’encontre des populations civiles du Vietnam par l’épandage massif de son produit phare : “l’agent orange”… (16)

Pour rire de cette farce, associations et militants de la défense des libertés brocardaient ce mariage caricatural, sous la bénédiction de la “Libre Concurrence” et du “Dieu Marché”, entre 90 % du marché des logiciels informatiques et 90 % du marché mondial des semences transgéniques et des semences commerciales du monde…

Trajectoire logique pour cette fondation qui s’est manifestée, avec ténacité, par ses innombrables financements à destination des recherches transgéniques en faveur d’universités et centres d’études. Du plus modeste : 1,6 million de dollars aux chercheurs de l’Etat de Washington pour développer des variétés de blé OGM résistant à la sécheresse. Au plus plantureux : 26,8 millions de dollars à l’université Cornell (Etat de New York) pour des recherches sur le blé transgénique.

En passant par le plus sophistiqué, genre usine à gaz propice aux « fuites organisées » : création d’un fonds de 880 millions de dollars pour créer un programme mondial sur l’agriculture et la sécurité alimentaire, “Global Agriculture and Food Security Program”. Géré par la Banque Mondiale pour prendre en compte le “problème de la faim et de la pauvreté dans le monde”.

Ou s’associant à d’autres associations « philanthropiques ». Mentionnons celle, en 2006, avec la Fondation Rockefeller « fervent promoteur des OGM à destination des populations pauvres ». Créant l’Alliance for a Green Revolution in Africa (Agra), “Alliance pour la révolution verte en Afrique”, finançant la distribution des semences OGM et produits chimiques vendus par Monsanto, DuPont et Syngenta, aux “populations pauvres”… (17)

Certaines de ces « populations pauvres » regroupées dans des associations de lutte contre ces manœuvres d’empoisonnement collectif protestent énergiquement, malgré le silence complice de leurs politiciens. Notamment au Kenya :

Agra est un poison pour nos systèmes de production et moyens de subsistance. Sous la bannière philanthropique du développement agricole, l’Agra finira par ronger le peu qui reste de l’agriculture durable en Afrique.” (18)

Face à ces rouleaux compresseurs, comment lutter ?…

Où se trouvent « Démocratie » et « Droits de l’Homme », valeurs fondamentales de nos contrées nous dit-on, dans ces comportements, pratiques, mentalités et combines ?… Excluant tout débat public et recherche publique, en mesure de garantir l’indépendance des décisions politiques impliquant le droit à la santé de la Personne et le respect de son Environnement naturel ?…

En France, comme ailleurs, qu’en est-il de notre libre arbitre, de notre “souveraineté”, ce droit imprescriptible d’autodétermination ?…

En fait, après l’abandon de notre souveraineté diplomatique, militaire, économique, financière, sociale, constatons lucidement la fin de notre : “souveraineté alimentaire et sanitaire”.

Le système mafieux instauré par les actionnaires de l’agrochimie, dissimulant leur rapacité prédatrice sous les vocables sanctificateurs “mondialisation” et « lutte contre la faim dans le Monde« , régentant nos institutions politiques par la corruption, ne cesse d’élargir l’emprise du totalitarisme dont nous sommes devenus les adeptes serviles et analphabètes.

Totalitarisme jusque dans nos assiettes, notre métabolisme. Bientôt, dans notre ADN…

« Laissez faire ! – Pas d’entraves à la liberté d’entreprendre ! – Gloire à l’Autorégulation ! », scande dans nos médias le chœur des dévots illuminés du « Dieu Marché » !

Si, nous, citoyens de cette Planète, ne prenons pas à la gorge ce servage oligarchique, ne maîtrisons pas dans une poigne d’acier ce despotisme affairiste,

Si nous n’imposons pas, dans une authentique “laïcité”, la séparation de l’Etat et de cette nouvelle religion, ou fanatisme radical, à prétention scientifique,

Si nous n’agissons pas, prostrés dans la béatitude consommatrice, tête méticuleusement vidée pour la pub, nous finirons, dans une “nouvelle civilisation”, certes.

Mais…

En vaches folles.

 

1. Hannah Arendt, Le Système Totalitaire, Le Seuil, 1972.

2. Pepe Escobar, Erdogan risks the « must go » path, Asia Times, 3 juin 2013, http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/MID-01-030613.html

3. Challenging Monsanto : Over two million march the streets of 436 cities, 52 countries, [Manifestations contre Monsanto : Plus de 2 millions de marcheurs dans les rues de 436 villes, de 52 pays], RT, 24 mai 2013, http://rt.com/news/monsanto-gmo-protests-world-721/ & http://on.rt.com/7def4c

4. From Alaska to Florida: Americans take to streets against Monsanto and GMOs, [De l’Alaska à la Floride : Les Américains manifestent dans les rues contre Monsanto et les OGM], RT, 25 mai 2013, http://on.rt.com/hbbzf7

5. Marie-Monique Robin, Le Monde selon Monsanto – De la dioxine aux OGM, une multinationale qui vous veut du bien, Editions La Découverte/ARTE Editions, 2008. Ouvrage dont je recommande vivement la lecture !

6. Marie-Monique Robin, Op. Cit., pp. 80 – 100.

7. Challenging Monsanto, Op. Cit.

8. Jacques Testart, A qui profitent les OGM ?, CNRS Editions, 2013, p. 19 & 20.

9. Jacques Testart, Op. Cit., p. 71.

10. Jacques Testart, Op. Cit., p. 25.

11. Jacques Testart, Op. Cit. p. 17.

12. Jacques Testart, Op. Cit.

13. Cf. l’analyse critique de Frédéric Jacquemart, Expertise des OGM : l’évaluation tourne le dos à la science, inf’OGM/GIET, 2012, cité par Jacques Testart, Op. Cit., p. 20.

14. Séralini, ouvrage collectif, « Long term toxicity of a Roundup herbicide and a Roundup-tolerant genetically modified maize », Food and Chemical Toxicology, septembre 2012, p.39.

15. Marie-Monique Robin et Jacques Testart, Op. Cit.

16. Eva Lacoste, Le mariage Gates et Monsanto : attention, danger pour le planète, “Golias Hebdo”, n° 160, semaine du 25 novembre au 1er décembre 2010, http://www.votresante.org/suite.php?dateedit=1291049997

17. Eva Lacoste, Op. Cit.

18. Eva Lacoste, Op. Cit.

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Résistance politique: Venir à terme avec notre culture colonialiste ou la transcendance libératrice ~ 2ème partie ~

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 4 juin 2013 by Résistance 71

Nous avons traduit de larges extraits d’une des recherches essentielles du professeur de science politique de l’université de Victoria (BC, Canada) Taiaiake Alfred, publiée en 1999 sous le titre: « Peace, Power & Righteousness, an indigenous manifesto » et réédité en 2009, que nous publions ici en deux parties.

Comment lutter efficacement contre le colonialisme toujours en vigueur dans des pays comme le Canada ou les Etats-Unis ainsi que contre cette mentalité globaliste néo-coloniale qui perdure dans la société occidentale ? Comment aller au delà, transcender cette hégémonie culturelle de destruction fondamentalement raciste et euro-centriste pour unifier le monde au sein d’un nouveau paradigme de paix et de tolérance.

Plus qu’une analyse, une vision fraîche pour une société universelle égalitaire.

== 1ère partie  ==

— Résistance 71 —

 

“Voici ce que la chrétienté a fait aux nations natives: Ils nous ont dit, tu ne voleras point et pourtant l’église possède plus de terres sur les réserves indiennes que n’importe quelle entité. Ils nous ont divisé ! Les missionnaires sont venus avec la bible dans une main et l’épée dans l’autre. Ils avaient le livre et nous avions la terre; maintenant nous avons le livre et ils ont nos terres.”

~ Clyde Bellecourt, Objiwe, fondateur de l’American Indian Mouvement, AIM ~

« La société primitive est le lieu du refus d’un pouvoir séparé, parce qu’elle-même et non le chef, est le lieu réel du pouvoir. La société primitive sait par nature, que la violence est l’essence du pouvoir. En ce savoir s’enracine le souci de maintenir constamment à l’écart l’un de l’autre le pouvoir et l’institution, le commandement et le chef ; et c’est le champ même de la parole qui assure la démarcation et trace la ligne de partage.
En contraignant le chef à se mouvoir seulement dans l’élément de la parole, c’est à dire dans l’extrême opposé de la violence, la tribu s’assure que toutes les choses restent à leur place, que l’axe du pouvoir se rabat sur le corps exclusif de la société que nul déplacement des forces ne viendra bouleverser l’ordre social. Le devoir de parole du chef, ce flux constant de paroles vides qu’il doit à la tribu, c’est sa dette infinie, la garantie qui interdit à l’homme de parole de devenir homme de pouvoir. »
— Pierre Clastres —

 

Pour une meilleure réfutation du colonialisme: “Paix, Pouvoir et Rectitude, un manifeste indigène” (Seconde édition 2009, extraits)

2ème partie

 

Taiaiake Alfred, Ph.D

 

Professeur de Science Politique à l’université de Victoria, Colombie Britannique, Canada

Kanahwake Mohawk du Québec

 

~ Extraits traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

== 1ère partie ==

 

~ 2ème et dernière partie ~

 

II

 

Sur l’État colonialiste

La souveraineté de l’État dépend de la fabrication de fausses informations qui exclut la voix indigène. L’ignorance et le racisme (littéralement la croyance en la supériorité d’une race sur une autre) sont les principes fondateurs du colonialisme et de l’État colonial, ainsi que des concepts concernant la souveraineté indigène qui ne défient en rien ces principes, mais en fait, servent même à les perpétuer. Affirmer que la légitimité de l’État repose sur la règle de la loi est hypocrite et anti-historique. Il n’y a aucune justification morale pour la souveraineté de l’État. La vérité est que le Canada et les Etats-Unis furent établis seulement parce que les peuples indigènes furent décimés par des maladies venant d’Europe entre autre et furent incapables de prévenir l’immigration massive des populations venues d’Europe.

En permettant aux peuples indigènes une toute petite mesure d’auto-administration et en refusant de prendre une toute petite portion de l’argent dérivé de l’exploitation des territoires indigènes, l’État a créé des incentifs pour l’intégration au sein de son propre cadre souverainiste. Ces communautés qui coopèrent sont les bénéficiaires de la flatterie faussement altruiste qui regarde les peuples indigènes comme autant de restes anachroniques de nations du passé, les descendants de peuples qui furent indépendants et qui par une combinaison de ténacité et de chance ont pu survivre et doivent maintenant être protégés comme minorités. En acceptant de vivre comme objets, de telle communautés co-optées se garantissent un rôle dans la mythologie étatique, par laquelle elles espèrent pouvoir négocier un ensemble de droits limités mais perpétuels. En vérité, le compromis est un véritable marchandage pathétique du principe. La reformulation de la nationalité pour créer des objets historiques qui prêtent une légitimité à l’économie politique de l’état moderne, n’est rien de moins qu’une trahison.

Qu’est-ce que les traditionalistes espèrent protéger ? Qu’ont oublié les co-optés ? Dans les deux cas, la réponse est le cœur même des nations indigènes: Un ensemble de valeurs qui défient la force destructrice et homogénéisante du libéralisme occidental et du capitalisme de libre-échange et ceci honore l’autonomie de la conscience individuelle, de l’autorité non-coercitive et la profonde inter-connexion entre les êtres humains et les autres éléments de la création.

Rien n’est plus en contraste entre les traditions native et occidentale (dominante), que leurs approches philosophiques respectives sur les problèmes fondamentaux du pouvoir et de la nature. Dans les philosophies natives, le pouvoir coule du respect de la nature et de l’ordre naturel. Dans la philosophie occidentale dominante, le pouvoir dérive de la coercition, de la force et de l’artifice, effectivement, d’une aliénation de la nature. […]

C’est le matérialisme de possession intense qui est au cœur des économies occidentales, qui doit être rejeté, pour la bonne raison que ceci contredit les valeurs tradutionnelles qui ont pour but de maintenir un bon et respectueux équilibre entre les gens et entre les humains et la Terre.

La forme de justice sociale distributive promue par l’État aujourd’hui dépend de l’industrie, de son développement et de celui des entreprises qui pourvoient au travail pour les gens et aux revenus pour les institutions gouvernementales. Le plus souvent, spécifiquement sur les territoires indigènes, ces industries et entreprises se concentrent sur l’extraction des ressources naturelles. Les arbres, cailloux, poissons, deviennent des commodités marchandables dont la valeur n’est calculée qu’en terme monétaire sans référence à la connexion spirtituelle entre elles et les peuples natifs. D’un point de vue traditionnel, ceci représente une dévaluation extrême de la nature.

[…] Ainsi, créer une relation post-coloniale légitime veut dire abandonner les notions de supériorité culturelle européenne et d’adopter une attitude de respect mutuel. L’idée qu’il n’y a qu’une seule façon correcte de faire les choses n’est plus tenable. Les valeurs traditionnelles des peuples indigènes menacent directement le monopole du contrôle du pouvoir dont l’État jouit pour l’heure. Certains universitaires ont interprété la violence qui se produit lorsque l’État confronte le traditionalisme indigène, comme étant une réaction étatique naturelle à cette menace sur son monopole.

Sur le cooptage et la méthodologie coloniale

Note du traducteur: Ici nous demandons au lecteur de considérer la chose suivante… Substituer les mots “natifs”, “indigène”, “leader natif ou indigène”, “communauté indigène” dans ce qui suit par des mots plus génériques comme “communes”, “maires”, “leaders politique” etc… Vous vous rendrez sûrement compte que mis à part quelques états de fait très spécifique au cas amérindien, l’oligarchie applique ses méthodes coloniales de la même manière, contre nous, les peuples occidentaux. De fait le dogme colonial et sa perpétration est le fait du petit nombre qui oppresse de la même manière les nations conquises et leurs peuples à la maison, la différence réside essentiellement dans le degré, l’intensité de l’oppression et de sa méthodologie…

Le cooptage de notre leadership politique est un fait subtil, insidieux et indéniable et il a résulté en une perte collective de la capacité à confronter les injustices quotidiennes de la vie native, à la fois les petites et les plus profondes. Politiquement et économiquement, tous les peuples natifs sont dans une position de vulnérabilité face au pouvoir supérieur de l’État. Ceci est la réalité à laquelle nous devons faire face. Les personnes, en tant qu’individus, répondent à cette relation injuste au pouvoir de manière différente: certains résistent, d’autres collaborent. Ceux qui rationalisent et participent activement à leur propre subordination et à la maintenance de la supériorité de l’autre, sont co-optés.

Toujours, lorsque les objectifs de la communauté diffèrent des intérêts qui déterminent la politique de l’État, les leaders de la communauté sont soumis à de grosses pressions et sont incités à coopérer avec le pouvoir d’État. Des pressions politiques, sociales, psychologiques et économiques sont exercées sur les leaders de la communauté afin de les persuader ou les inciter à utiliser les ressources de pouvoir à disposition au sein de la communauté pour servir les intérêts de l’État. Un tel co-optage est difficile à résister pour les natifs à cause de la distance politique et culturelle existant entre les cultures indigène et étatique

[…]

Les stratégies de co-optage sont régulièrement utilisées par des officiels gouvernementaux à tous les niveaux de leur interaction avec les leaders natifs. C’est pourquoi il est important de bien en comprendre les mécanismes.

Quelles méthodes les agents de l’État utilisent-ils pour co-opter les leaders natifs ?

  • Influencer sur la composition du leadership de la communauté: Dans les systèmes aux racines fragiles en place dans les communautés natives aujourd’hui, les gouvernements promeuvent et soutiennent avec consistance ceux qui posent le moins de problème et de menace envers le statu quo et qui ne défient pas de manière tangible le pouvoir de l’État.
    Pour s’assurer que les communautés natives soient formellement représentées par des leaders co-optés, l’État se fie à quatre tactiques majeures:
    (i) Il légitimise les personnes désirables en leur donnant une reconnaissance formelle ou un statut légal (similairement, au niveau infrastructurel, il promeut le cadre colonial plus que le cadre traditionnel, comme la reconnaissance légale des conseils de “bandes” au Canada, conseils de “tribus” aux Etats-Unis)
    (ii) Il ignore certains individus ou court-circuite leur leadership en faveur de discuter avec des gens plus désirables (similairement, les processus gouvernementaux sont structurés de telle manière, que les communautés natives doivent dépendre de l’expertise et de la représentation de personnes non-indigènes)
    (iii) Il marginalise les personnes indésirables en attirant l’attention sur les inégalités qui existent au sein de la communauté et en étiquetant certains groupes ou perspectives différentes comme étant “extrémistes” et
    (iv) Il divertit l’attention et l’énergie hors de la résolution des problèmes importants et vers la gestion pure et simple des symptômes de la colonisation.
  • Diviser pour mieux régner: Dans ses efforts d’influencer la composition du leadership, l’état joue sur ou amplifie les divisions sociales, politiques et économiques, déjà existentes au sein de la communauté. Il peut ensuite utiliser ces clivages pour empêcher la communauté de parachever ses efforts d’unité et de solidarité, qui sont essentielles pour défier effectivement le pouvoir étatique.
  • Générer la dépendance: Les communautés qui manquent la capacité de base qu’est l’auto-suffisance, ne peuvent pas faire reconnaître fortement leur concept de nation. En gardant ceci à l’esprit, l’État empêche le développement d’une base économique pour les communautés natives et encourage la dépendance envers des forces extérieures. Avec une dépendance quasi complète de fonds transférés de l’état vers les individus et les communes, les communautés natives sont sujettes à la coercition perpétuelle et ne peuvent défier le pouvoir de l’état qu’au risque d’une privation extrême sur le plan économique et social.
  • Incorporer: Focalisant sur la co-optation des leaders individuels, cette stratégie exploite la fallacie très répandue que le système peut être changé de l’intérieur. Ceci tend à manipuler les leaders vers une position où il y a un bon degré de conflit entre leurs positions, valeurs et intérêts et ceux de la communauté. En d’autres termes: l’État travaille à resserrer le fossé entre lui et l’individu et à augmenter le fossé entre l’individu et son chez lui et ce au point où l’identité de la personne est formée non pas seulement par la tension entre le normal et la communauté mais par le processus, les politiques ou les institutions avec lesquelles il s’est associés. Breton décrit le résultat comme suit:
    Les leaders et leurs organisations deviennent partie d’un système inter-organisationnel avec un certain nombre d’intérêts communs. Ils deviennent participants dans une politique dans laquelle des organisations d’une société plus vaste jouent, en toute possibilité, un rôle meneur. En un certain degré, ils deviennent des agents de la politique de l’État.

[…] Le long processus de la colonisation a eu un impact sur notre façon de penser. Les gens sont devenus les outils de leur propre oppression (NdT: concept également énoncé chez le pédagogue critique brésilien Paolo Freire)… Les peuples natifs ne peuvent pas s’effacer du monde qui les entoure. En fait, il est essentiel d’engager la lutte contre la société blanche et de défier l’État à tous les niveaux par tous les moyens possibles.

Note du traducteur: Taiaiake Alfred passe ensuite en revue les caractéristiques nécessaires pour un bon développement de l’autogestion et de la gouvernance autonome. En lisant cette liste, ne pensez pas qu’il s’adresse exclusivement aux Amérindiens, étendez sa pensée à nous, les peuples occidentaux… Le résultat ne serait-il pas le même ?… Que pouvons-nous donc en déduire ?

Les communautés qui s’immergent dans le traditionalisme auto-conscient trouveront qu’en traduisant et en adaptant les concepts traditionnels aux réalités modernes, ils finiront par incarner les caractéristiques mêmes qui constituent l’idéal contemporain d’une nation native forte:

  • Entièreté et diversité: le membres de la communauté sont confiants de savoir qui ils sont et ce qu’ils représentent, ils ont un haut niveau d’implication dans le groupe, haut niveau de solidarité, mais aussi un grand sentiment de tolérance pour ce qui est différent et non central à l’identité de la communauté.
  • Culture partagée: Les membres de la communauté connaissent leurs traditions, les valeurs et les normes qui forment la base de la société, celles-ci sont clairement établies et universellement  acceptées.
  • Communication: Il existe un réseau de communication important au sein de la communauté et les institutions de gouvernement ont clairement établi les couloirs de passage de l’information qui est mise à disposition des gens.
  • Respect et confiance: Les personnes sont motivées à coopérer les unes avec les autres, leur gouvernement et la communauté. Ils font confiance en l’intégrité de chacun et chacune.
  • Entretien du groupe: Fierté d’appartenir à la communauté. Les membres ont établi des limites culturelles claires et œuvrent avec le gouvernement afin que celles-ci ne s’érodent pas.
  • Gouvernement participatoire et basé sur le consensus: Les leaders de la communauté sont responsables et redevables devant tous les autres membres, ils les consultent attentivement et extensivement et fondent leurs décisions sur le principe de consensus général.
  • Pouvoir de la jeunesses: La communauté est motivée à éduquer et à guider sa jeunesse, à l’impliquer dans tous les processus de prises de décisions et de respecter les défis uniques auxquels ils devront faire face.
  • Liens forts sur le monde extérieur: La communauté a des relations politiques, économiques, sociales et culturelles extensives avec les autres communautés et ses leaders cherchent constamment à développer et créer, renforcer le soutien avec les autres communautés indigènes et internationales.

[…] En effet, quel est le bénéfice d’être appelé comme il est de coutume maintenant dans certains provinces du Canada, “nations originales”, “premières nations” ou “nations natives”, lorsque la structure du gouvernement n’est rien d’autre qu’un conseil tribal légitimisé par la loi de l’Indian Act ? La seule valeur de ce jeu de mot est pour l’establishment blanc, qui ne doit pas faire face à un racisme impliqué dans la structure même de leur pays supposé éclairé. Au lieu d’être des Indiens gouvernés par l’état sous l’Indian Act, ils sont maintenant reconnus comme “peuples aborigènes” avec un “droit inhérent” à “l’auto-gouvernement”.

Allez dans une réserve et regardez autour de vous et demandez-vous si les Indiens sont mieux lotis parce que la société blanche s’est libérée de son fardeau terminologique ?

La malhonnêteté intellectuelle est un des éléments essentiels du colonialisme !

Nous devons arrêter de croire aux mensonges qui ont été dits et perpétués par les Euroaméricains pour nornaliser la tempête de ruine qui a été perpétrée sur les autres peuples. Les peuples natifs ont été enveloppés dans ces mensonges ; maintenant, nous sommes prisonniers, otages du statu quo, incapables de bouger. Nous devons nous libérer des mythes de la société blanche et commencer à agir selon nos vérités. Nous devons nous référer et crier ces mots forts et vrais de Luther Ours Debout:

“… Il n’y a pas, j’insiste là-dessus, de problème indien créé par les Indiens eux-mêmes. Chaque problème qui existe aujourd’hui en regard de la population native est dû à l’état d’esprit de l’homme blanc, qui est incapable, du moins réticent, à rechercher la compréhension et parachever l’ajustement nécessaire dans un nouvel environnement dans lequel il vient d’arriver.”

[…]

La solidarité est le pouvoir qui vient de la reconnaissance et du respect de ce que les peuples indigènes ont en commun: la lutte pour l’auto-détermination. Nous soutenons tous notre frère indigène parce que nous comprenons que tous les natifs sont liés dans l’opposition à l’injustice à laquelle nos devons faire face dans nos vies quotidiennes.

[…]

Concernant le leadership, à qui rendons-nous des comptes ?

Il est dans la nature des systèmes politiques traditionnels indigènes que le pouvoir ne soit aucunement centralisé, que l’obéissance à l’autorité ne soit absolument pas coercitive, mais volontaire et que la prise de décision en tout domaine demande le consensus.

[…]

En politique native, il y a deux approches du futur:

  • La recherche de la résurrection d’une forme de nation en tant qu’objectif traditionnel.
  • Tenter de parvenir à une reconnaissance partielle d’un droit à l’auto-gouvernement au sein du confinement légal et structurel de l’État, ce qui constitue un but assimilatoire.

 

C’est la divergence de positions politiques des organisations indigènes variées, qui permet à l’État de manipuler le soi-disant processus de “décolonisation” et ce vers ses propres objectifs.

En cela, le droit historique et moral de la nation indigène, en termes légaux, l’existence du droit indigène d’auto-détermination, gagne la reconnaissance en dehors des communautés natives. Les gens historiquement conscients et bien éduqués réalisent parfaitement le bien-fondé de la position traditionnelle native.

La loi internationale a rendu le colonialisme illégal. Néanmoins, à cause de la domination des états colons dans le système international, ce principe légal n’est appliqué que dans le contexte de relations d’état à état: la forme de colonialisme intérieur pratiqué par le Canada, les Etats-Unis, le Mexique, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et d’autres pays (NdT: comme Israël) ayant de substantielles populations indigènes est exclu.

[…] Les solutions au colonialisme doivent être développées coopérativement et en respect du pricipe d’auto-détermination. Consentir à abaisser ce standard qui donne la primauté au droit colonial, ou accepter des contraintes politiques et/ou économiques, n’est que capituler à la logique tordue du colonialisme.

Pour contraster la perspective co-optée avec une vue fermement ancrée dans la philosophie indigène, considérons les perspectives envisagées par Atsenhaienton de la nation Kanien’kehaka ou peuple de Flint, plus connu sous le nom de nation Mohawk de la confédération iroquoise et membre du clan de l’ours. Il a plus de dix ans d’expérience de travail avec l’ONU sur les processus concernant les nations indigènes, il fut un porte-parole international de la nation Mohawk et est une voix reconnue et respectée sur les problèmes de communautés et de gouvernement traditionnel par Rotinohshonni ou la Confédération Iroquoise:

Il y a une autre part très importante de l’histoire, le système de clan: Le faiseur de paix nous a amené le système de clans, où tous les loups et les ours et les tortues étaient de la même famille. Les ours des Mohawks étaient les frères des ours des Oneidas, des Onondaga, des Senecas et des Cayugas, il y avait un lien de famille non sanguin. C’est ce qui a vaincu l’hostilité à terme et a découragé les guerres, car vous devriez avoir à guerroyer contre vos frères et sœurs. Une fois tous les membres de mêmes clans frères et sœurs à travers les nations, il devint très difficule de faire la guerre l’un contre l’autre. Les gens oublient que cela est une des raisons, et non des moindres, du système de clan. Je pense que le système de clan casse le nationalisme, c’est le nationalisme qui cause les conflits, les Mohawks contre les Oneidas ou contre les Onondagas. Si nous nous asseyons tous dans nos clans et discutons des problèmes, nous nous éloignons du nationalisme qui nous divise. La paix serait parfaitement atteignable et le leadership se focaliserait sur d’autres choses. Il faut parler des problèmes au lieu de prendre position en tant que nation.

Je pense qu’il y a des visions extrêmes du rôle des leaders qui étaient applicables au XVème ou XVIème siècles; mais dans l’ère moderne, avec les télécommunications, téléphones portables, ordinateurs, fax etc, la Confédération doit s’ajuster à une forme plus participatrice de gouvernement qu’auparavant.

Les jeunes gens aujourd’hui au sein de la Confédération ont une vision bien plus claire de la véritable intention de l’auto-détermination. Ils en savent plus au sujet du gouvernement participatoire que la vieille garde, ainsi que le cercle interne des chefs et des clans des mères. Un jour, la nouvelle génération sera en charge et tout cela va changer pour le mieux, parce qu’ils savent qu’il doivent suivre un meilleur chemin. La nouvelle génération voit très bien ce qui ne fonctionne pas et comment le faire fonctionner et ils le feront, parce qu’ils voient également les problèmes liés à l’Indian Act, les systèmes électifs de délégation ainsi que les conseils de bandes et tribaux élus, qui se retrouvent hâpés dans la vie politique commune étatique.

[…]

Une certaine cicatrisation doit s’opérer avant que de pouvoir exercer l’auto-détermination. Nous devons avoir des familles fortes avant d’avoir de fortes communautés, avant d’avoir une nation forte. […] Dans le système issu de l’Europe, la couronne est souveraine, tandis que dans notre système le peuple est souverain. Leur concept de souveraineté est très différent du notre historiquement; en ce sens il y a un lien fondamental entre la lutte de nos peuples et ceux des autres peuples natifs de par le monde. Les luttes sont très similaires (NdT: Le cas palestinien par exemple en dehors du continent américain…), il suffit de changer les noms et c’est la même chose ! Tout le monde combat le colonialisme d’une manière ou d’une autre.”

Les traités modernes: le chemin de l’assimilation ?

Toutes les litigations au sujet de la terre au Canada, incluant celles impliquées dans le processus du traité de Colombie Britannique, proviennent de l’erreur primordiale de ce que le Canada clâme posséder la terre sur laquelle il existe. En fait, là où les populations indigènes n’ont pas abandonné leur propriété, le titre légal à la “couronne”, la terre n’existe pas, c’est une fiction de la loi coloniale canadienne. Accepter et endorser la validité de la possession par la couronne des titres de terre que les populations indigènes n’ont pas abandonnées par traité est accepter les affirmations racistes des siècles précédents, quand les intérêts européens obtenaient automatiquement la priorité sur les droits de peuples supposés “non-civilisés”. Ceux qui n’acceptent pas l’idée que les peuples indigènes possèdent tous leurs territoires traditionnels à moins qu’ils n’aient été abandonnés par traité, sont soit ignorant de la réalité historique ou sont des racistes qui ignorent cette réalité afin d’imposer une hiérarchie du droit fondé sur la “conquête”. Une des raison pour laquelle l’État a pu imposer sa vision raciste, anti-historique est la simple arrogance culturelle. L’État continue de négocier aujourd’hui depuis une position de force fondée sur sa fausse prétention de moralité, de justice et d’autorité.

De fait, le gouvernement canadien (quelque soit le bord politique du moment) assume de manière arrogante les droits de propriété sur l’identité des nations indigènes. Avancé dans le XXIème siècle, la solution finale du Canada pour le problème indien est de forcer les indigènes, qui ont habités cette terre depuis des millénaires, de faire ce qu’aucun peuple au monde n’est obligé de faire: de formaliser une définition d’eux-mêmes pour l’éternité et d’être d’accord sur un nombre de critères pour déterminer le fait d’être membre et qui ne sera sujet à évolution ou changement alors que le groupe doit répondre à un changement de réalités de l’environnement politique et social.

[…]

Nos communautés pour l’heure manquent du rôle culturel solide et bien défini pour les anciens et les enseignants traditionnels qui pourraient aider à la transmission de la connaissance et de la pensée. La formation d’une nouvelle intelligentsia indigène qui comprend l’essence de l’enseignement traditionnel est crucial pour réformer notre politique et notre société.

Les quatre objectifs de base de la bonne gestion d’institutions dans la société moderne:

  • Réforme structurelle: Les gouvernements natifs doivent devenir légitimes au sein de leurs communautés. Le seul moyen d’y parvenir est de rejeter les politiques électorales et de restructurer les gouvernements indigènes pour accommoder la prise de décision traditionnelle, la consultation avec tous les membres de la communauté, incluant les anciens, la jeunesse et les femmes et la mise en place de processus dispute-solution. Dans le même temps, la dépendance de la communauté auprès des conseillers blancs se doit d’être vraiment diminuée en insistant sur la capacitee du gouvernement indigène à s’auto-gérer. Ceci demande un effort soutenu pour éduquer et entraîner les membres des communautés.
  • Réintégration des langues natives: Les langues natives personnifient l’identité des peuples et sont l’élément le plus important de leur culture. Elles doivent être ravivées et protégées comme à la fois des symboles et des sources de nationalité. Ceci peut-être accompli en faisant de la langue la langue officielle de la communauté, celle utilisée par les leaders, celle utilisée pour discuter des politiques à suivre ainsi que la version officielle dans laquelle tous les documents seront écrits. Les communautés doivent faire de l’enseignement de leur langue aux adultes et aux enfants, une priorité absolue.
  • Auto-suffisance économique: Un progrès significatif vers l’auto-détermination ne peut jamais être fait tant que les communautés natives ne sont pas libres économiquement. L’auto-suffisance est impossible sans une base de ressource et des terres adéquates pour bâtir une économie. Pour ce faire, les communautés natives doivent étendre leur base de territoires et gagner un contrôle sur les activités économiques qui prennent place sur leurs territoires de façon à ce qu’elles puissent en bénéficier. De plus les communautés doivent se concentrer sur l’éducation technique et commerciale. Ce n’est qu’en développant nos ressources que nous pourrons nous émanciper du gouvernement colonial et augmenter notre capacité de contribution à la communauté.
  • Relations avec l’état colonial de nation à nation: Un espace politique doit être créé pour faire place à l’auto-détermination. Les communautés natives doivent rejeter l’autorité clâmée par l’état colonial, affirmer leur droit de gouverner leurs propres territoires et leurs peuples et agir en toute capacité pour ce faire. Les communautés doivent être préparées à bouger pour défendre leurs territoires et leur nationalité en temps et en heure, lorsque l’État se retranche dans une position de déni et négocier des nouvelles voies inovantes pour que l’État reconnaisse le principe quand leur acrtivisme crée l’espace du mouvement vers la justice.

Les natifs sont toujours obligés de négocier avec des représentants de l’État qui opèrent dans un style réaliste et adhèrent à trois principes de base qu’il faut toujours garder présent à l’esprit:

(i)  Les affaires humaines sont toujours contingentes

(ii)                  La fin justifie les moyens

(iii)                Le mensonge et la tromperie sont nécessaires

 

La forme bureaucratique a six caractéristiques essentielles:

(i)  La dépendance en des procédures formelles

(ii)                  La hiérarchie

(iii)                La tension entre le protocole et la vie réelle

(iv)                Des délais sans fin

(v)                  La subordination de la parole aux écrits

(vi)                La substitution de la personne bureaucratique pour la véritable personalité et la responsabilité

 

[…] Mettre un point final au colonialisme demande une complète destruction de ses présupposés intellectuels et moraux. A leur place, nous devons établir une bordée de justifications pour l’auto-gouvernement, l’auto-gestion indigènes, qui résonneront avec les meilleures traditions alternatives au sein de la société dominante également.

[…] La décolonisation structurelle et psychologique est un processus intellectuel tout autant que politique, social et spirituel. Nous ne considèrerons pas avoir un blanc représentant nos peuples, initiant une cicatrisation ou nous donner des leçons au sujet de notre spiritualité. Similairement, la revitalisation de nos idées et institutions ne doit pas être sous-traitée par d’autres…

Il n’y a aucun espoir, ni aucun sens, d’attaquer l’État au moyen de la force physique ou à rechercher la paix par des moyens non pacifiques. Les buts qui émanent de nos traditions demandent une approche fondée sur la diminution des fondations morales et intellectuelles du colonialisme et exposant les contradictions internes des États et des sociétés qui promettent la justice et pratiquent l’oppression. Les personnes non-indigènes doivent être amenées à réaliser que leur notion de pouvoir et de son extension sur les peuples indigènes est mauvaise sur quelque standard moral que ce soit. Cette approche promet de grandes choses pour la liberté des peuples indigènes.

[…] A cet effet, il faudra sortir le mouvement politique et intellectuel des croyances et des structures prévalentes. En cela, toute action doit être guidée par quatre principes fondamentaux:

(i)  Diminuer les certitudes intellectuelles du colonialisme

(ii)                  Agir sur l’impératif moral pour le changement

(iii)                Ne pas coopérer avec le colonialisme

(iv)                Résister toute injustice supplémentaire

 

Nous pouvons parvenir à la décolonisation au travers de sacrifice et d’un dur labeur basés sur ces principes, de concert avec la restauration d’une culture politique indigène au sein de nos communautés.

Ces mots constituent un manifeste, un défi, et un appel à l’action. Ne préservez pas la tradition, vivez là !

 

=  =  =

 

Note de Résistance 71:

Ceci correspond à la traduction d’extraits de l’ouvrage de Taiaiake Alfred: “Peace, Power, Righteousness, an indigenous manifesto”, 1999, seconde édition 2009 aux éditions Oxford University Press.

 

Autre ouvrage de l’auteur: “Wasase, indigenous pathways of action and freedom”, 2005, University of Toronto Press.