Archive pour canada colonialisme génocide

Petit cours d’histoire de France en passant par le Québec sur fond d’indépendance écossaise… une vision Mohawk…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 18 septembre 2014 by Résistance 71

Le Haggis contre la Poutine

 

Mohawk Nations News

 

17 Septembre 2014

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2014/09/17/haggis-vs-poutine/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Guswentha / Traité Wampum Deux Rangées

 

Les Québecois se rassemblent pour observer le referendum sur la séparation de l’Écosse d’avec la Grande-Bretagne. Ils veulent se séparer du Canada. Mais il y a une grosse différence. Les Écossais sont indigènes à leur terre et ont été colonisés par l’Angleterre. Ils votent pour retirer ce singe de leur dos. Les Québecois sont des immigrants français que les natifs ont laissé s’installer sur l’Île de la Grande Tortue. Ils veulent déclarer leur souveraineté et essayer de mettre en place une nouvelle entreprise commerciale sur notre terre ! Lisez: MNN. “Real Referendum”.

Les Écossais veulent à juste titre leur identité en se libérant de l’empire banquier romain du Vatican (City de Londres) ; ils veulent reconquérir leur souveraineté et se reconnecter avec leur histoire fondé sur le système des clans qui les connecte à la terre. Pour faire cela, les Québecois devront retourner en France. Le Canada et les Etats-Unis dépendent de bulles papales du XVème siècle comme celles édictant la doctrine chrétienne de la découverte, Terra Nullius et autres qui sont essentiellement de la fiction pseudo-légale pour maintenir leur poigne sur la terre d’Onowaregeh ou Île de la Grande Tortue.

Les Québecois ont quitté la France pour se libérer de la tyrannie de l’empire romain (la papauté) et pour recommencer de rien sur notre terre. Quelques immigrants ont appris nos façons et se sont bien entendus avec nous, comme la “cour du bois”. Les autres furent assimilés par l’élites corporatrices au travers du mandat de leur règle des 51% de majorité.

En 1689, les colons français ont voulu nous tuer tous de façon à pouvoir revendiquer nos terres comme étant les leurs. Notre réponse est historiquement connue comme le “massacre de Lachine”. Nous avons éliminé ce camp colonial. Les Français voulurent la paix. Le 25 Juin 1701, ils furent d’accord de vivre en paix sous les auspices de Guswentha ou le Traité Wampum Deux Rangées. Ils violent continuellement cet accord.

Les Québecois pourraient voter pour se séparer de l’entreprise Canada, qui est une entreprise commerciale fondée sur les lois de l’amirauté. Puis ils pourraient essayer de renouveler leur accord Guswentha pour vivre en paix avec nous. Ils ont grand besoin d’une cérémonie de codoléances pour que cela leur rappelle qu’ils sont en terre indienne. Pour rester, ils devront accepter de vivre sous Kaianereko:wa, la Grande Loi de la Paix (NdT: constitution de la confédération iroquoise), la loi de l’Île de la Grande Tortue.

Est-ce que l’histoire se répète ?

Comme les Écossais qui veulent retrouver leur véritable identité, les Québecois doivent retourner à leurs racines en France. Autrement ils vont demeurer colériques, désillusionnés et jamais en paix. Comme les Etats-Unis et le Canada, ils n’ont jamais honoré leur parole envers nous. Ils doivent arrêter de mordre la main qui les nourrit. Eux et le monde savent comment ils ont pris de nous tout ce qu’ils ont.

Ils ne peuvent pas se séparer de notre terre. Même s’ils nous exterminaient tous, cette terre ne leur appartiendrait toujours pas. Même dans la mort, elle est nôtre. Les Québecois ne peuvent pas obtenir une quelconque souveraineté ici. Nous sommes les souverains. La séparation veut dire partir. Ils nous ont montré à maintes reprises qu’ils ne respectent pas nos lois ou les accords passés de longue date avec nous. Voilà pourquoi leur rêve de souveraineté ne se réalisera jamais !

Stompin Tom discute des Écossais et des Québecois au sujet de cuisine: “There was a guy from PEI they used to call ‘Potatoe’. He met this young Leamington Ontario tomato. But he had eyes for other girls and she was a little mushy. So he said, ‘Let’s get wed, there’s no sense in being fussy’. Big size French fries, how they love tomatoes. So dress them up with Heinz Ketchup. Ketchup loves potatoes. Ketchup loves potatoes”.

Publicités

Résistance au fléau de l’humanité: Solutions anti-coloniales pour une décolonisation de l’empire ~ 2ème partie ~ (Taiaike Alfred)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 10 septembre 2014 by Résistance 71

La grande loi du changement

 

Solutions anti-coloniales pour une décolonisation de l’empire

 

Taiaiake Alfred Ph.D
Professeur de Sciences Politiques à l’université de Victoria, BC, Canada, membre du clan de l’ours de la nation Mohawk

 

Extraits du livre “Wasase, voies indigènes d’action et de liberté” (2005, seconde édition 2009)

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

= = =

 

“Pour les Indiens, normes et lois sont inhérentes à l’ordre naturel et ne sont pas imposées de l’extérieur. L’État est un concept totalement étranger…”
~ Len Sawatsky ~

 

“Les chasseurs-cueilleurs avaient la liberté de s’occuper de leurs familles et de leurs proches, de vivre selon la loi naturelle, sans conflit. Il n’y a pas de conflit dans la loi naturelle ; le mal n’existe pas.”

~ Russell Means ~

 

-[]-[]-<I>-[]-[]-

 

1ère partie

2ème partie

 

Vieilles racines sur Terre        

 

Un aspect très important de la “motivation” est la dédication au but ultime de toute politique et de toute action: la réalisation de la paix. Du point de vue de la perspective philosophique d’Onkwehonwe, la politique et les mouvements sociaux sont parties intégrantes d’un bien plus grand champ d’action de lutte qui génère des relations sensées qui réfléchissent l’impératif fondamental indigène de rechercher la vie et l’harmonie par dessus toutes les formes de mort et de destruction. Dans les différentes cultures Onkwehonwe, les objectifs de la vie humaine sont définis comme la volonté de rechercher à comprendre les enseignements spirituels de base et de façonner sa vie afin de personnifier ces valeurs qui émergent du respect de ces principes fondamentaux tels que l’honneur, l’éthique du courage, l’inter-dépendance, le besoin de partager, l’humilité, la nécessité du respect, la liberté et l’inévitabilité de la lutte. Ces principes et valeurs Onkwehonwe sont le cadre de la paix et ils sont enracinés dans la vision de la loi naturelle mondiale partagée par tous les peuples autochtones. Les philosophies qui émergent de ces éléments sont les véritables voies pour la réaffirmaion d’une coexistence pacifique. Ces Onkwehonweneha sont les véritables visions alternatives aux visions capitaliste, communiste, aborigéniste et toutes autres façons de penser et de se comporter qui ont émergées des cultures européennes et par extension, euro-américaines.

La spiritualité et la culture de nos ancêtres sont préservées par des gens qui ont consacré leurs vies à maintenir les voies anciennes, la connaissance des cérémonies qui a donné à nos ancêtres un tel pouvoir, existent toujours dans nos communautés. Le défi qui se présente à nous, est celui de nous avancer sur le chemin de ces enseignements et de marcher sur ces chemins autochtones.

Ce qui est le plus important est ce qui se trouve ici, dans mon cœur”, nous dit Oren Lyons, gardien de la tradition de la nation iroquoise Onondaga.

Ce qui nous amène à une des questions les plus vivides dans la communauté Onkwehonwe aujourd’hui: Devez-vous parler une langue indigène pour vraiment être un indigène ?

La vaste majorité Onkwehonwe ne parle pas les langues ancestrales et la fluidité dans les langues natives parmi les populations autochtones de l’Île de la Grande Tortue est en sérieux déclin de manière générale. Ceci est un fait indéniable. Ces gens ne sont-ils donc pas Onkwehonwe ? (NdT: le professeur Taiaiake Alfred parle et communique en Mohawk mais ne le parle pas couramment de son propre aveu, il y travaille néanmoins et veille à ce que ses enfants soient multilingues, incluant leurs langues natives paternelle et maternelle). Pour le dire d’une manière différente: parler une langue native est-il la caractéristique définitive pour être Onkwehonwe ? Le colonialisme a tout fait pour que nous perdions nos langues et pour nous déculturer et nous forcer à nous “assimiler” dans la culture euro-américaine, en ce sens, la langue est la preuve prima facie de l’indigénisme, mais:

  • Les façons de voir le monde et de construire des systèmes de valeurs ne sont pas uniquement contenues dans les langages parlés…
  • Les langues sont en évolution constante. Nos ancêtres ne s’exprimaient pas de la même façon qu’aujourd’hui même dans la langue native (NdT: il en va de même du français et de toute autre langue vivante, le français d’aujourd’hui est bien différent de celui du XVème siècle)
  • Si la langue est tellement une caractéristique de la culture Onkwehonwe, comment alors expliquer que ceux d’entre nous qui ont volontairement œuvré avec les colonisateurs, qui ont signé des traités “abandonnant” des millions de km2 de nos terres ancestrales aux colons et qui ont fait la guerre à leurs propres frères et sœurs, qui ont travaillé avec l’envahisseur pour décimer la terre et piller les ressources pour le profit, étaient tous des gens unilingues, parlant les langues autochtones ?

[…]

La perte du langage est un indicateur de stress social et apparaît dans le contexte d’une certaine matrice politico-économique. La domination d’une langue sur une autre est une manifestation simple de la domination politique, sociale et économique d’un groupe sur un autre; ceci explique la domination globale de la langue anglaise, associé avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni et qui domine une myriade d’autres langues dans le monde.

[…]

La domination de la pensée européenne réfléchie dans son hégémonie sur les autres langues européennes peut et doit être mise au défi et le schéma doit être inversé si nous sommes sérieux sur notre objectif de réaffirmer l’existence des identités Onkwehonwe face à l’homogénisation de la culture impérialo-capitaliste… Ainsi, l’impérialisme est de manière inhérente un processus d’homogénisation culturelle et politique. Il s’ensuit donc qu’agir contre l’empire en régénérant la culture au travers de la renaissance des langues autochtones devient nécessairement anti-impérialiste (NdT: Il en va de même en France par exemple avec le Breton, le Provençal, le Basque, le Corse, le Catalan, la Langue d’Oc, le Picard etc…).

De fait, reconquérir la faculté de s’exprimer dans nos langues ancestrales Onkwehonwe pour réorganiser et recadrer nos existences est peut-être l’action la plus radicale et la plus subversive que puisse faire un guerrier Onkwehonwe.

Au delà de tout cela, au delà des langues utilisées pour exprimer des perspectives culturelles, des croyances et des valeurs, nous devons considérer l’importance des histoires (traditionnelles), des cérémonies et des rituels pour la régénération des existences autochtones authentiques.

[…]

Quelles sont les bases de ce système spirituel Onkwehonwe de croyances et de philosophie ? Elles sont simples, comme précédemment dit: inter-dépendance, cycles de changement, équilibre, lutte et enracinement. Il n’y a rien d’unique dans les enseignements de la Lodge, de la Longue Maison ou Hogan ou au travers de l’utilisation du tabac et de l’herbe fine. Du monde entier, les chants et danses indigènes nous disent les mêmes choses. Où que ce soit, les gens étant toujours connectés avec la terre et vivant en harmonie avec la nature, les enseignements sont les mêmes. Les cérémonies font plus que nous connecter à une tradition particulière ou une communauté, elles nous connectent avec la Terre et à notre véritable existence naturelle en tant qu’êtres humains.

[…]

Dans toutes nos nations maintenant, il y a une jeunesse qui commence sa vie d’activiste politique dans une position bien plus forte que les générations précédentes. Cette jeunesse parle sa langue autochtone, elle connaît son histoire, elle est éduquée à la fois dans les valeurs traditionnelles et les valeurs euro-américaines, lui donnant une connaissance des deux systèmes et de plus en plus cette jeunesse se libère de l’acool et de la drogue qui furent un problème destructeur pour les générations précédentes. Cette jeunesse mue de sa peau coloniale et se dédie de plus en plus à une lutte anti-impérialiste.

Note des traducteurs: S’ensuit ici dans le livre le transcript d’un entretien que le professeur Alfred a eu avec quelques jeunes autochtones (Brandon, Mika, Chris, Shana et Marilyn).

Voici quelques extraits lumineux de la conversation:

Brandon: “…La raison principale pour laquelle les autochtones boivent c’est parce qu’ils ont des problèmes qu’ils n’arrivent pas à gérer. J’ai tant de membres de ma famille qui ne peuvent pas en sortir. Ils ne peuvent pas juste sortir de la réserve. Quand je vois ces gens dans la rue, cela me motive d’autant plus de faire quelque chose de ma vie.”

Mika: “Je pense que pour nous libérer, nous devons nous lier avec les autres indigènes dans le monde entier, parce que nous devons faire face aux mêmes sortes de problèmes tels que le racisme et les problèmes liés à la terre. Nous devons analyser ce qu’ils font et travailler avec eux, parce que vous ne pouvez pas le faire en tant que nation, vous devez le faire de manière globale et gérer la situation ensemble. Cela rend plus fort.”

Chris: “L’auto-gouvernance ou de quelque manière qu’on veuille l’appeler, ne doit pas être financée par le gouvernement fédéral et ne doit pas répondre à une personne plus élevée, qui est une personne non-autochtone. Nous devons avoir quelque chose d’organisé par nous-mêmes, par nos propres gens. Nos gens éduqués doivent cogiter quelque chose avant que nous puissions bouger vers une auto-gouvernance, une auto-gestion. Ce qu’il se passe maintenant, est que nous demandons au gouvernement blanc de nous le donner. C’est nul, parce que dès lors nous leur devons des comptes. C’est pas vraiment ce que nous voulons he ?”

Shana: “Il y a une véritable poussée de la base pour la souveraineté, la liberté et l’émancipation du gouverneent qui nous opprime… Il se doit d’y avoir des gens qui retournent vers les communautés pour essayer de faire la différence, pour se renforcer de nouveau…”

Marilyn: “Les gens doivent apprendre à vivre sans la loi sur les Indiens (Indian Act). La dépendance en cette loi est bien trop grande. Beaucoup trop pensent que “c’est de là que proviennent nos droits…” C’est ce genre de chose qui perpétue la dépendance envers le gouvernement canadien. Nous avons des droits parce que nous sommes ici, point barre. Nous sommes sur ces terres depuis bien plus longtemps que quiconque d’autre. Nous devrions commencer par nous débarrasser de l’Indian Act et ensuite nous allier à travers le pays afin de ne plus agir en entités séparées. C’est la clef pour faire les demandes et de ne plus avoir à suivre leurs règles.”

Voilà l’esprit de la nouvelle génération Onkwehonwe. Claire d’esprit et vraiment, vraiment intelligente. Ils sont impatients, non pas seulement à l’encontre de la société coloniale blanche, mais aussi de leur propre leadership et de leurs organisations. Ils savent quelles sont les priorités et ils ne prendront aucun non-sens pour réponse. Le défi est de combiner l’énergie et la force de cette jeune génération avec la sagesse collective des personnes plus âgées qui ont la culture, la connaissance et l’expérience stratégique et tactique.

[…]

Il y a une logique dans l’injustice contenue dans l’analyse complète de l’histoire, de l’économie et de la politique que nous appelons “colonialisme”. Il y a aussi une logique à parvenir à la justice. C’est la logique de parvenir à vaincre l’intention génocidaire de l’impérialisme avec la persévérance et la survie continue de nos nations autochtones, outre-passant sa destruction culturelle avec nos existences sociales et culturelles revitalisées et en nous opposant à son imposition d’une isolation affaiblissante, en rétablissant des connexions cruciales qui renforcent et alimentent nos peuples.

En termes concrets, cela veut dire que les gens doivent parvenir au partage d’une véritable préoccupation du futur de nos nations, en dehors du fait du penser comment l’idée de la nation de leur peuple promeut leurs propres intérêts personnels et doivent construire une vision alternative qui peut offrir un échappatoire à la guerre interminable qui a empoisonnée les relations et les psychées des deux côtés de la division entre les peuples Onkwehonwe et colons… Les différents chemins existant pour la réconciliation du colonialisme échouent sur bien des fronts, de manière plus importante, comme moyen de résoudre de manière satisfaisante les injustices du colonialisme dans les cœurs et esprits des jeunes générations des leaders Onkwehonwe.

[…]

Les colons vont devoir grandir au-delà de leur arrogance culturelle et apprendre à devenir pluralistes dans leur vision du monde. Pour Onkwehonwe, cela veut dire générer une capacité de gouvernance, une auto-suffisance économique et des réformes sociales internes.

Un espace intellectuel et social doit être créé pour la paix. Dans la Grande Loi de la Paix rotinoshonni (des 6 nations iroquoises), Kaianereko:wa, il y a une référence à l”espace nettoyé” entre le village et la forêt, entre la maison et la famille, la sécurité et l’espace dangereux de la liberté. Avant qu’aucun accord ou réconciliation ne puisse se produire, il doit y avoir une connexion entre les gens, il doit y avoir une démonstration de respect et l’amour doit être généré. Alors et seulement alors, peuvent les “problèmes et intérêts” respectifs être discutés et sincèrement résolus. Voilà ce que veut dire une promesse de coexistence.

[…]

Nous devons dépasser les contraintes et limites éthiques de l’héritage judéo-chrétien de l’empire, qui nous ont mis sur un chemin d’auto-centralisation et de compétition violente entre les peuples divisés au sujet de la folie de leur propre “supériorité”. Nous devons en tant que race, espèce unique (humaine), reconnaître et transcender l’éthique primitive qui est devenue si destructrice alors qu’elle a fusionné avec les moyens technologiques de domination et d’armement avancé des empires modernes. Nous devons aller dans un sens qui va accepter l’inter-dépendance de tous les peuples et de tous les êtres. Existant en dehors de l’empire, les spiritualités autochtones peuvent devenir les fondations des cultures de responsabilité universelle et de respect dont on a besoin pour parvenir à une coexistence pacifique et assurer notre survie sur Terre…

Reconnaître que la violence est la fondation même du pouvoir de l’État et que cette violence est implicitement exprimée au travers de toutes les institutions, nous devons reconnaître que la paix sociale n’est pas une situation bénigne.

[…]

Onkwehonwe qui raisonne au sein du cadre de la mentalité dominante et voit au travers de l’objectif de leurs cultures colonisées sont rendus incapables de se défendre eux-mêmes de l’annihilation. Sans briser les psychologies de l’impérialisme et la mentalité coloniale, l’organisation de toute résistance est futile !

[…]

Si le pouvoir légal et politique que l’État et les colons possèdent sur Onkwehonwe est fondé sur la complicité, alors la première question que devrait avoir un peuple recherchant sa liberté est la suivante: “L’État est-il capable et a t’il la volonté d’utiliser la violence pour mettre en application des lois et des politiques existantes, au delà de l’intimidation de quelques individus et de petits groupes isolés ?” Si l’État est confronté à une large action collective, un mouvemement de grande amplitude, intensif et coordonné, de la part des peuples autochtones pour que ceux-ci réoccupent leurs terres et reprennent leurs droits et libertés, la réponse sera ‘non’.” L’objectif politique devrait être de forcer une crise politico-sociale sur deux fronts:

  • La disjonction entre la conscience politique de la société coloniale et les réalités du pouvoir d’État
  • Le conflit moral entre les identités contemporaines des colons et le renouvellement forcé du besoin de l’utilisation d’une violence colonisatrice explicite. Le conflit psychologique résidant entre la perception par les colons de vivre dans une société paisible, sécure, stable et démocratique et les scènes de violence de la répression ouverte des peuples autochtones.

[…]

Le seul espoir pour les peuples indigènes de survivre comme nations est dans le pouvoir de mouvements en dehors des structures politiques établies et au delà des chemins donnés par la loi d’état et les politiques gouvernentales (NdT: Ce qu’Alfred appelle “l’anarcho-indigénisme”). Ces temps appellent pour une génération de nouveau pouvoir par de nouveaux moyens. L’un de ceux-ci est de parvenir à gagner un pouvoir économique et ainsi les moyens de base pour influencer la loi et la politique. Un autre, à moins d’avoir accès immédiat à la terre et de pouvoir générer un pouvoir économique, est de nous réorganiser nous-mêmes pour forcer un changement au travers du pouvoir de manifestation de notre volonté collective de (sur)vivre. L’homme blanc a fait les règles depuis un bon moment: assimilez-vous ou auto-détruisez-vous. Il est plus que temps de changer les règles du jeu.

[…]

La décolonisation, pour résumer, est le processus de découvrir la vérité dans un monde créé du mensonge… Dans une réalité coloniale, notre lutte prend forme avec toutes les formes existantes de pouvoir politique et dans ce combat, nous amenons notre seule véritable arme: la puissance de la vérité…

A terme, le mouvement zapatiste du Mexique, que je tiens comme le mouvement Onkwehonwe le plus efficace et commandable, est illustratif de ma vision de transformation et de régénération. Ce mouvement zapatista a commencé en 1984, lorsque six personnes furent impliquées dans la mission stratégique de protéger les populations autochtones du Chiapas dans le sud du Mexique. Ils organisèrent la protection des populations Maya contre la répression des milices métisses qui servaient les intérêts des grand propriétaires terriens. Les Zapatistes essayèrent d’organiser leur résistance sur des principes marxistes mais échouèrent. Ce ne fut pas avant d’avoir mélangé ces idées étrangères avec un mouvement catholique appelé la “théologie de la libération” (NdT: qui vit le jour en pratique dans les années 1970 au moment de la répression généralisée anti-gauche radicale en Amérique du sud sous l’égide de l’opération Condor de la CIA) et des idées culturelles indigènes, qu’un nouveau mouvement, capable de s’attirer le soutien des populations Maya du sud du Mexique, vit le jour. Ce nouveau mouvement était pragmatique et enraciné, il reconnaissait le besoin absolu de fonder les luttes indigènes sur les vérités autochtones articulés de manière indigène dans les langues locales. Il fut aussi signifiant que les populations Maya du Chiapas furent éveillées par un leader charismatique (NdT: Le Subcommandante Insurgente Marcos qui n’a jamais été un chef, tout au plus un porte-parole, sans aucun pouvoir exécutif. Il a agi en “chef de guerre” traditionnel).

L’interaction de ces deux facteurs, les racines culturelles autochtones et la réénergisation par un leader extérieur, a mené à ce qui est le seul mouvement d’ampleur a succès de résurgence indigène, de liberté et de changements politico-sociaux de ces trente dernières années.

Plutôt que de se décider a détruire ou remplacer l’État ou d’éjecter les colons, le but final devrait être formulé comme celui de la réalisation en termes positifs de la création d’une nouvelle société. Ceci est la libération par la transformation.

L’Île de la Grande Tortue a connu cela dans le passé, la réminiscence d’un grand mouvement par le chef de guerre Shawnee Tecumseh et son frère, le prophète Tenskwatewa au début du XIXème siècle.

* *NdT: Nous avons émis des idées similaires sur Résistance 71 en disant qu’il n’y avait aucune solution au sein du système quel qu’il soit et que nous devions nous concentrer sur la création d’un contre-pouvoir populaire, sûrement auto-gestonnaire, ignorer l’État et toutes les institutions, qui tomberaient comme un fruit trop mûr une fois le contre-pouvoir en marche. Retirons notre consentement, refusons de servir, organisons le contre-pouvoir entre nous, la main dans la main avec nos frères indigènes du monde entier, libérés du joug colonial, à tout jamais. C’est çà l’émancipation véritable !

En tant que peuples relevant le défi de confronter l’impérialisme, nous devrions nous nourrir de ce qu’a dit Gandhi à la fin de sa vie, lorsqu’il a dit aux gens que pour lui, après tout ce qu’il avait traversé, le bonheur résidait dans “l’effort et non pas dans le résultat”. Ceci est la marque du grand guerrier spirituel et c’est l’esprit que nous devons avoir alors que nous luttons pour régénérer nos peuples, car de tous temps et dans toutes les nations, être un guerrier, c’est vivre une vie de lutte pour la liberté et la dignité.

Il est donc grand temps de chanter nos chants de guerre et de continuer notre voyage.

* * *

Autres parties du livre « Wasase » en français

Notre dossier « Colonialisme et luttes indigènes »

La devise coloniale « diviser pour mieux régner » toujours en œuvre au Canada pour endommager les communautés autochtones résistantes…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, guerres imperialistes, média et propagande, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 27 août 2014 by Résistance 71

Remarquons ici la similitude avec les “lois pénales de 1692” racistes et ségrégationnistes en Ulster … Un des fondements du “diviser pour mieux régner” britannique. Le “Conseil Mohawk” est une entité coloniale, gouvernementale, qui applique la recette de la division au sein de sa communauté et en même temps cherche à s’aliéner, au profit du pouvoir colonial, les non-autochtones ayant embrassé la cause anti-colonialiste. Seul moyen de renverser la vapeur: Dissoudre ces “conseils de bandes/tribus”, qui ne sont que des rouages du pouvoir colonial et retourner à la chefferie traditionnelle sans pouvoir, celui-ci étant dilué dans le peuple.

Ceci est un exemple d’abus que pousse l´état colonial au travers de ses structures afin de diviser et de détruire les communautés colonisées. Que cela se produise dans une communauté iroquoise Mohawk n’est absolument pas surprenant, car les Mohawks sont les fers de lance de toute agitation et rebellion contre le système colonial dans la région depuis le début de l’occupation coloniale. Le mot d’ordre est de simplement les détruire en les divisant et en diluant leur culture si riche.

Le temps de refuser les impositions coloniales comme les conseil de bandes élus, fabrication coloniale pour créer et maintenir la zizanie tout en diluant la tradition ancestrale, arrive à grand pas…

~ Résistance 71 ~

 

Il n’y a pas de contrôle ADN sous l’arbre de la paix

 

Dr. Kahente Horn-Miller

 

12 Août 2014

 

url de l’article original:

http://www.tworowtimes.com/opinions/there-are-no-dna-checkpoints-under-the-tree-of-peace/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Mettez-vous devant une glace. Que voyez-vous ? Que voulez-vous voir ? La couleur de vos yeux, de vos cheveux, de votre peau, les marques sur votre visage, racontent votre histoire, qui vous êtes, d’où vous venez, où vous croyez appartenir. Vous pouvez vous demander: Pourquoi mes yeux sont-ils de cette couleur ? Pourquoi ma peau est-elle de cette couleur ? Pourquoi ai-je ces caractéristiques ? Vous pourriez même vous demander: Pourquoi suis-je ici ?

Depuis le siècle dernier et au-delà, les problèmes indigènes de communautés et d’appartenance ont été colorés de rouge par la fureur qui est montée parmi les gens à cause de l’imposition d’idées telle que celle du “quota sanguin/blood quantum”, promu dans la loi canadienne sur les Indiens (Indian Act). Le quota sanguin est un mécanisme d’idées imposé pour établir la connexion des gens avec les communautés des réserves et permettre à ceux au pouvoir de déterminer qui a accès aux ressources. Ainsi, par essence, l’identité est à propos d’obtenir sa part d’un “gâteau” figuratif.

Il n’y a aucun doute que les conceptions de l’identité indigène ont été affaiblies par plus d’un siècle de politiques coloniales fédérales (NdT: la création officielle de l’entreprise “Canada” déguisée en nation, ne remonte qu’à 1867…). Ces pouvoirs ont diminué le pouvoir des groupes autochtones afin qu’ils ne puissent déterminer leur propre appartenance. L’Indian Act a créé la fiction légale d’une identité “indienne canadienne” avec des catégories ou des “degrés” “d’Indianité”. Infusées par la compréhension étrangère de ce qu’est l’identité, ces politiques ont distancié les peuples indigènes des notions traditionnelles d’appartenance.

Ces derniers jours, j’ai regardé ma communauté imploser alors que ses membres essayaient d’empêcher une femme de construire sa maison. Pourquoi ? Parce que son mari n’est pas autochtone. Ce problème ramène à la surface le pire de notre peuple et les médias sociaux sont brûlants de haine. Caractérisée par certains comme étant une “chasse aux sorcières nazies”, il est difficile de regarder cette débâcle totale et pourtant comme pour un accident, il est difficile de ne pas regarder d’autant plus que ma famille est impliquée et est affectée. Les membres de la communauté soummettent des noms sur une liste d’individus qui vivent avec des non-autochtones sur le territoire (Mohawk) et ma sœur et son partenaire sont seconds sur cette liste.

Cette liste comprend maintenant plus de 200 noms (la population totale est de 9000 habitants). Lorsqu’elle sera complète, des lettres seront envoyées à chacun de ces foyers depuis le Kahnawahke Mohawk Council (KMC) et d’un groupe de membres de la communauté, leur disant essentiellement de partir. En 2010, lorsque le problème fut mis à jour, ceux qui avaient des enfants avaient été exclus de la liste. Cete fois-ci, plus personne n’est immunisé. Les enfants seront les dégâts collatéraux et ceci inclut ma nièce et mon neveu.

Il y a eu glissement du problème. Au premier abord cela concernait le traitement inégal des sexes (en quelque sorte résolu par la loi C-31 et le moratoire sur les mariages mixtes d’avant 1981 qui pouvaient résider dans la communauté). C’est au sujet en ce moment de maintenir le sang Mohawk et la pureté raciale.

Bien que la loi de Kanahwakhe de 2003 sur l’appartenance essaya de sortir du mesurement de l’éligibilité à être membre de la communauté basée sur un quota sanguin, le problème n’a pas disparu pour autant. Il a en fait été camouflé comme “lignée et descendance”, par exemple le nombre d’arrières-grands-parents Kanien’keha:ka (Mohawk) une personne peut-elle prouver. Le concept a été prouvé difficile à appliquer.

Que veut dire le terme de “pureté raciale” ? D’où provient ce conflit actuel ? Après plus de 500 ans de colonisation, l’identité indigène a été définie extérieurement. Le statut d’Indiens a été imposé, basé sur la race et ceci est très loin des pratiques non-racistes autochtones. En ce moment, les lois d’appartenance aux bandes (tribus) tendent vers un critère ayant de forts sous-entendus raciaux. Ces pratiques dérivent des politiques coloniales qui sont ramifiées dans la législation courante d’appartenance comme la loi canadienne C-31 et la loi de Kahnawhke sur l’appartenance. Le discours politique et académique actuel et le problème actuel d’éviction mettent en lumière le conflit incessant entre les droits individuels et collectifs. L’incorporation de ce processus de classification d’appartenance diffère des pratiques d’appartenance et de citoyenneté indigènes qui sont traditionnellement flexibles et ne sont pas du tout liées à la couleur de la peau. Laissez-moi expliquer.

Traditionnellement, l’identité reposait sur l’endroit d’où vous veniez. Le peuple Mohawk était désigné comme le peuple du silex: Kanien’kehá:ka. Cela voulait dire que les gens venaient d’un endroit où on trouvait beaucoup de silex. Par contraste, certains disent que l’identité est liée au langage parlé. D’autres disent que c’est aussi au sujet des croyances et des cérémonies. Et pourtant, nous ne pouvons pas tomber d’accord. Nos ancêtres n’ont jamais eu à observer, à examiner ce problème d’identité à un tel degré qu’aujourd’hui. C’était simple. Vous étiez ou n’étiez pas Ongwehonweh (habitants de l’Île de la Grande Tortue, ce qui est aujourd’hui l’Amérique du Nord), peuple originel et ceci n’avait rien à voir avec la pureté de votre sang. La vie et l’appartenance à une communauté étaient une question de survie. Ainsi, l’appartenance aux communautés était étrangère à la couleur de la peau. Elle était daltonienne en quelque sorte.

Mais, comme l’a si bien noté Orenda Boucher-Curotte, universitaire et mère Mohawk dans sa publication sur Facebook en date du 8 Août: “Parce que nous sommes en 2014, ceci veut dire que nous sommes tous au courant que la pureté de la ligne a été recadrée essentiellement sur le quota sanguin et ceci n’est ni plus ni moins qu’une façon de penser coloniale. Il n’y a pas de “pureté raciale” à Kahnawa:ke. Nous sommes TOUS des produits de la colonisation que nous le croyons ou que nous l’ignorons. Nous n’avons fait que renommer ce que le gouvernement canadien nous a forcé à adopter et ce au nom de la protection des ressources.

Nous nous sommes tant éloignés de ce que nous étions initialement, ce qui était une nation construisant et vivant en paix et en harmonie. La colonisation nous a appris à étiqueter si facilement les gens. Nous avons pris si littéralement les frontières humaines de la réserve que nous décrivons beaucoup de choses comme étant “dans la réserve” ou “en dehors de la réserve” et même de “nous et eux”. Et bien, nous ne sommes plus concernés par “nous”.

Il y a longtemps, nos ancêtres trouvèrent des moyens pour survivre l’afflux d’Européens. Au travers de Kaianehreko:wa, la Grande Loi de la Paix, ils autorisèrent les gens “d’autres nations” de venir rejoindre le collectif par l’adoption. Le mot “konkweh’tarakwen” désigne cette idée, ce concept. Traduit littéralement cela veut dire: “une personne qui a été choisie et gardée”. Le quota sanguin ne jouait absolument aucun rôle dans ce concept. La philosophie comprise dans la loi est représentée par un pin albino qui grandit toujours avec ses racines qui se sont disséminées dans toutes les directions.

Ces derniers jours, j’ai souvent entendu “l’histoire n’est pas importante. Nous sommes en 2014, le système de l’adoption ne marchera plus.” Et pourtant, ce sont nos ancêtres qui nous ont donnés ce moyen exceptionnel pour les autres de nous rejoindre. Notre histoire, en d’autres termes, présente l’alternative au déchirement des familles.

Ce qui est aussi important dans l’acceptance des autres est l’invention par nos précurseurs du Wampum Deux Rangées. Bien que bon nombre dans la communauté croient que le nettoyage ethnique adhère à ses principes, cela n’est pas du tout le cas. C’est plutôt au sujet du respect des différences et ce vivre bien, côte à côte.

Ce grand tableau de l’appartenance et de l’identité inclut la colonisation, l’Indian Act et les pensionnats pour Indiens, qui furent tous un danger pour notre survie même. Ce qui se passe à Kanahwa:ke en ce moment, la colère envers les non-autochtones y vivant, est un symptôme de tout ceci.

De la même manière que la colonisation est au sujet du “diviser pour mieux régner”, nous nous disputons maintenant pour savoir qui est plus “Mohawk” que l’autre. En procédant de la sorte, nous ignorons la sagesse de nos ancêtres. De par leurs règles, les gens de l’extérieur étaient adoptés avec plaisir, bien que ce privilège venait avec quelques règles à respecter: le respect et l’apprentissage de la culture Kaienerekowa et de la langue. Beaucoup le firent et restèrent. Leurs descendants sont toujours parmi nous, sous le Grand Arbre de la Paix, il n’y a pas de test ADN.

Si nous pensons notre communauté comme étant une forêt, nous devons nous rappeler que tous les arbres meurent et tombent à un moment donné et pourtant en faisant de la sorte, ils participent à la croissance et au renouveau de la forêt. La vie est cyclique en cela. La mère nature a ses manières de survivre. Et si nous apprenons de par son exemple, nous devons nous rappeler que les feuilles qui sont arrachées de notre arbre familial par ces évictions formeront leurs propres racines et ultimement renouvèleront la forêt. Les arbres auront l’air différents mais continueront de nourrir l’air que nous respirons. Avec ceci à l’esprit, je n’ai aucun doute que nous survivrons. Nous devons juste mettre nos esprits en commun et penser avec paix, gentillesse et garder une large ouverture d’esprit, comme nos ancêtres le faisaient si bien.

Dr. Kahente Horn-Miller est une mère, universitaire de la communauté Mohawk de Kanahwake, près de Montréal, Québec, Canada. Elle est en ce moment New Sun Aboriginal Visiting Scholar at Carleton University in Ottawa, Canada.

Le commencement de la fin pour l’empire… Les Mohawks montrent la voie de la démocratie directe traditionnelle…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 21 mai 2014 by Résistance 71

L’Assemblée des Premières Nations se dissout… Canada Inc. est au bout du rouleau !

 

Mohawk Nation News

 

18 Mai 2014

 

url de l’article:

http://mohawknationnews.com/blog/2014/05/18/afn-inc-dissolving-canada-inc-finished/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71~

 

Lorsque l’entreprise de l’Assemblée des Premières Nations (APN) Inc. se dissout, l’entreprise Canada Inc. se dissout ! Les conseils de bandes et de tribus sont une partie importante de la grille de contrôle de l‘entreprise Canada. Leur but essentiel est d’aider le Canada à perpétrer le programme de génocide et de signer à la vente nos terres et nos ressources. Ils représentent un front pseudo-démocratique qui prétend nous représenter.

Le conflit actuel avec l’APN Inc. se situe entre ceux qui veulent signer l’abandon de notre toujours croissant Indian Trust Fund et d’autoriser l’extraction de nos ressources par leurs marionnettistes ; les autres veulent l’indépendance, la liberté et vivre selon la loi de la terre. Une fois que ces “chefs” auront démissionné, la grille entrepreneurale va disparaître. Le Canada ne peut plus continuer la fraude d’utiliser notre terre et nos ressources comme gages collatéraux afin de faire du fric sur le marché de la bourse.

Nous refusons de mendier notre propre fond auprès de Canada Inc. Nous allons nous dresser ensemble pour combattre notre ennemi commun. Le Canada essaie de conserver le contrôle en amenant sur le devant de la scène une entité roue de secours entrepreneuriale de l’APN appelée la “Confédération des Premières Nations”. Elles sont une et même chose et se dissolveront avec l’entreprise Canada. Canada Inc. panique et essaie de créer un conflit et plus de confusion entre les variés “Indiens entrepreneuriaux”. Les chefs prendront la haute position morale et légale en démissionnant et en rejoignant le vrai peuple naturel de l’Île de la Grande Tortue, C’en est fini de l’APN Inc et de Canada Inc. Le véritable peuple ingigène (ongwehonwe) va affirmer notre souveraineté.

New World Son nous avertit: “This world is just an illusion. Yes, it is. Oh Yeah. Babylon is gonna fall, is coming down!”  New World Son. Babylon is gonna fall”.

A lire: Que faire avec l’APN ?  What to do with AFN.

-[]-[]-<I>-[]-[]-

Raviver le feu

Mohawk Nations News

21 Mai 2014

url de l’article:

http://mohawknationnews.com/blog/2014/05/21/rekindle-the-fire/

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

L’entreprise Canada ne peut plus se déguiser comme souveraine au travers de la fantaisie totale de l’Assemblée des Premières Nations (APN). Le conseil des indiens tribaux et de bandes (gouvernemental) et l’APN sont en train de se dissoudre. Nous allons maintenant affirmer notre pouvoir inhérent, individuellement et collectivement. Notre gouvernance traditionnelle a toujours été en attente depuis l’imposition de la loi génocidaire d’avancement sur les Indiens du 25 Octobre 1924. L’existence des entreprises commerciales connues sous les noms de Canada et d’Etats-Unis, n’est exclusivement fondée que sur la base de la doctrine illégale de la découverte chrétienne du Vatican (XVème siècle). Le Canada va essayer frauduleusement de faire venir des gérants tiers pour s’occuper de leurs camps de prisonniers de guerre illégaux étiquetés “réserves pour Indiens”.

Le peuple naturel d’Onowarageh ou de l’Île de la Grande Tortue va rétablir la connexion avec notre terre-mère. Les conseils des peuples seront rétablis dans chaque communauté. Le pouvoir des clans (association de familles) sera réaffirmé de façon à ce que de véritables décisions politiques depuis la base puissent de nouveau être prises. Nous deviendrons un seul esprit sur toutes les affaires qui nous affectent dans chaque communauté. Le peuple devra prêter serment devant le feu ,de maintenir et de servir la loi de la paix et d’aimer notre peuple et toutes nos relations.

Le gouvernement entrepreneurial et ses forces de l’ordre prêtent un serment d’obéissance aveugle à un autocrate étranger (la reine d’Angleterre) et ses héritiers et prédecesseurs. Le devoir principal de l’armée est de préserver et de protéger la trésorerie. Alors que la couronne est coupable du meurtre et du viol de nos enfants, ses membres paieront pour leurs crimes.

Un aigle surveillera depuis le sommet de l’arbre de la paix et signalera de tout danger approchant.

Chaque personne prendra part au débat sur les choses nous affectant tous et toutes. Ceux qui créent des étincelles de colère autour du feu devront partir. Personne ne pourra venir autour du feu avec des objets tranchants, en particulier la langue qui peut-être bien acérée. Le feu devra rester propre de façon à ce qu’aucune poussière ni saleté ne s’y agglutinent.

Karonhiaktajeh [Louis Hall] nous rappelle: “Ceux qui ont accepté la loi de la Grande Paix ont aidé le fondateur à réunir d’autres nations. Les missionnaires admettent qu’ils voyagèrent au travers de l’Amérique et divulguèrent de la propagande contre la confédération iroquoise, spécifiquement contre les Mohawks, parce qu’ils étaient selon leurs mots ‘les plus militants et les mieux organisés’. Les missionnaires ont pensé à tort, qu’ils avaient pu enrayer la grande Loi de la Paix, qui aurait rendu impossible à l’homme blanc de voler l’Amérique.

Wampum 6:

Et le monde connaîtra enfin la paix véritable.

The Doors savent bien comment “allumer le feu”: “The time to hesitate is through. No time to wallow in the mire. Try now, we can only lose”. Doors. “Light my fire”.

 

Colonialisme et génocide au Canada: Le nettoyage éthnique continuerait-il ?…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 17 mai 2014 by Résistance 71

Enlèvement, viol, torture, assassinat de milliers de jeune femmes et filles autochtones au Canada depuis le début des années 1990 met le gouvernement colonial canadien sur la scellette  car en effet, non seulement celui-ci refuse les demandes d’enquête sérieuse émanant des communautés indiennes et non-indiennes sur ces affaires, mais il est maintenant avéré que dans bien des cas, les policiers et membres influents de la société sont impliqués en réseau dans ce qui est devenu un des plus gros scandales secouant le Canada.

Donner justice à ces femmes et leurs familles est une priorité, mais au-delà, la légitimité même du gouvernement colonial et prouvé génocidaire du Canada est totalement remise en cause. Nous l’avons dit et le répétons, tant pour le Canada que pour le pays du goulag levant (ex-USA), le seul moyen de mettre fin à l’empire est de leu retirer ce sans quoi il n’est plus rien: son territoire ! L’empire américano-sioniste repose sur des terres volées, usurpées. Lui retirer sa légitimité territoriale usurpée le fera de facto s’effondrer. La bataille est légale et juridique, en dehors des tribunaux coloniaux protecteurs des criminels, mais elle est réelle et parfaitement gagnable. Les Mohawks et d’autres nations le savent. Ils ont besoin de nous, pour en fait sauver le monde, ni plus ni moins…

Cette interview de l’activiste Mohawk Shawn Brant sur La Voix de la Russie nous éclaire plus sur le fond du problème côté victime et non pas côté colon… Nuance, grosse nuance…

— Résistance 71 —

 

Shawn Brant parle au sujet des femmes et jeunes filles indigènes portées disparues et assassinées

 

Mohawk Nation News

 

16 mai 2014

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71~

 

Les assassinats de milliers de femmes et jeunes filles autochtones font partie d’une stratégie du génocide continue afin de nous contrôler nous, les survivants. Des gamines aussi jeunes que 10 ans sont enlevées et forcées à la prostitution, à l’esclavage sexuel puis sont assassinées. Les forces d’occupation de ce pays les kidnappent, violent, trafiquent et les tuent finalement. Le Canada refusant d’enquêter sérieusement sur ces crimes commet un génocide et un acte de guerre envers nous.

Les femmes autochtones (comme toute femme) sont les génitrices de la communauté. Elles sont détruites dans un dessein d’épuration ethnique. Des conditions de vie du tiers monde sont mises en place pour forcer nos filles à se sauver de chez elles. Celles qui retournent doivent ramener avec elles le chaos social et la maladie (MST, SIDA etc…)

Amnesty International rapporte que l’abus sexuel et le meurtre racistes sont une stratégie militaire. Les troupes et la police des États agissent en toute impunité. Des civils femmes et enfants sont attaqués pour éliminer, perpétuer le nettoyage ethnique et social.

 

Source: http://mohawknationnews.com/blog/2014/05/16/shawn-brant-speaks-on-missing-murdered-girls-women/

 

-[]-[]-<I>-[]-[]-

 

Le Canada refuse d’enquêter sur les assassinats de milliers de femmes autochtones

 

Entretien avec l’activiste et porte-parole Mohawk Shawn Brant (Tyendinaga, territoire Mohawk) avec la radio La Voix de la Russie

 

14 mai 2014

 

url de l’article original:

http://voiceofrussia.com/2014_05_14/Canada-refuses-to-investigate-thousands-of-murdered-women-Mohawk-spokesman-Shawn-Brant-1600/ avec version audio de l’entretien

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Depuis plus d’une décennie des centaines de jeunes filles et jeunes femmes autochtones innocentes ont disparu au Canada. Des écolières de moins de 11 ans, des adolescentes et des jeunes femmes ont disparu ou ont été retrouvées battues, violées ou mortes dans des décharges publiques, sur les bords de routes et dans des fossés.

Alors que le gouvernement canadien envoie de l’assistance au Nigéria afin de faire action politique en prétendant assister à retrouver les 200 jeunes filles dont il se moque éperdument, il continue d’ignorer et refuse d’enquêter sur les plus de 1425 cas (officiels) de jeunes femmes et jeunes filles disparues et assassinées au Canada. Pourquoi le Canada ignore t’il ces crimes ? Parce que les femmes assassinées sont des femmes autochtones. Nous nous sommes entretenus avec Shawn Brant, un représentant de la nation Mohawk et membre du clan du loup à ce sujet et bien plus…

Bonsoir, vous êtes avec John Robles et vous écoutez un entretien avec Shawn Brant. Il est membre de la nation Mohawk de la confédération iroquoise et du clan du loup ; activiste indien Mohawk et porteparole de la société des guerriers (Warrior Society) du territoire Mohawk de Tyendinaga (NdT: Baie de Quinte, Ontario, à l’Est du lac Ontario, limitrophe territoire Huron, situé à 2 heures et demie de route à L’Est de Toronto)

Robles: Bonsoir, comment allez-vous cher monsieur ?

Brant: Je vais très bien, merci de me recevoir/

Robles: C’est un véritable plaisir que de m’entretenir avec vous. Je désirerais avoir des détails, si vous le pouvez, sur une affaire très sérieuse qui se passe depuis longtemps et qui n’obtient aucune couverture médiatique dans la plupart des médias. Je parle de la disparition de ce qui pourrait-être des miliers de filles, écolières et jeunes femmes autochtones.

Brant: Bien sûr ! C’est un problème qui affecte les femmes et filles au Canada. La Gendarmerie Royale du Canada (NdT: GRC ou RCMP en anglais, la fameuse “police montée” du Canada, qui est l’équivalent du FBI américain, ils travaillent du reste la main dans la main pour le meilleur et surtout pour le pire… La GRC est aujourd’hui de fait une “antenne” locale du FBI) a récemment confirmé les assassinats de quelques 1200 femmes aborigènes depuis les années 1980. 225 autres ont été identifiées comme toujours disparues et présumées mortes. Nous parlons de femmes et de filles à travers le pays.

C’est une crise incessante, une crise dont le gouvernement est parfaitement au courant et une crise qui n’a fait qu’augmenter.

Ces dernières 20 années, le nombre de femmes disparues est certes catastrophique, mais c’est une crise pour laquelle les femmes et filles ont imploré le gouvernement du Canada de rechercher activement, d’enquêter sérieusement, d’avoir la police enquêter, d’avoir des officiels du gouvernement prendre des responsabilités et être déterminés à vouloir savoir ce qu’il se passe dans nos communautés et dans les centres urbains ici au Canada.

L’âge moyen des femmes qui disparaissent est de l’ordre de 20 ans. Environ 10% des 1200 assassinées ont moins de 11 ans.

Elles ont été violées, kidnappées, torturées, assassinées. Elles ont été abandonnées dans des poubelles, poussées en dehors de véhicules dans des fossés d’un bout à l’autre de ce pays et le gouvernement a refusé à chaque fois d’enquêter. Ils ont refusé de prendre la responsabilité et à chaque fois que cette affaire est mentionnée en public, ils essaient de convaincre le reste de la société ici au Canada, que ces femmes sont impliquées dans le commerce du sexe et diminuent leur intégrité. Ceci n’est tout simplement pas le cas. Nous avons pris plus récemment une position bien plus militante contre le gouvernement. Il y a eu des fermetures de routes, il y a eu des fermetures et blocages de voies de chemin de fer, il y a eu des attaques contre l’économie canadienne. Le tout dans un effort de voir le gouvernement regarder sérieusement ce problème et de commencer à fournir des réponses.

Robles: J’ai compris que vous avez été impliqué dans la fermeture du chemin de fer canadien. Pouvez-vous parler de cela ?

Brant: Absolument ! Nous avons défié le gouvernement et il y a eu un appel général dans ce pays, à la fois dans les communautés autochtones et dans la communauté non-autochtone, qu’il y avait un besoin urgent de révision et de stratégie nationale et d’une enquête pour apporter des réponses à ce phénomène: la disparition et le meurtre de ces femmes et jeunes filles.

Ainsi, le gouvernement a maintenu sa position de dire qu’il fait tout ce qui est en son pouvoir et que rien de plus ne peut-être fait, ceci est simplement inacceptable.

Donc, ici, dans notre communauté, nous sommes (idéalement) situé entre Toronto et Montréal, sur ce qui constitue la ligne ferrovière principale CN. Il y a plus de marchandises qui passent dans cette zone que n’importe où ailleurs dans le monde par voies ferrovière, routière et fluviale.

Ce que nous avons systématiquement fait est de cibler cette route commerciale et nous avons fermé la ligne principale, ce qui a un impact direct sur l’économie canadienne d’environ 160 millions de dollars par jour.

Nous avons pris cette position que de dire si le gouvernement décide de ne pas améliorer son attitude et de ne pas remplir les demandes sociales les plus basiques qui sont faites par nos peuples pour une intervention et une enquête sérieuse dans cette affaire, qu’alors nous sommes prêts à cibler l’économie du Canada et l’amener sur les genoux si c’est nécessaire, afin d’obtenir justice pour nos femmes et nos filles et c’est ce que nous avons fait. Nous l’avons fait de manière régulière et bien que cela ne transpire pas hors du pays et hors des médias locaux, nous savons que nous avons un impact important sur l’économie canadienne et nous sommes préparés à continuer à le faire.

Robles:? Je ne veux pas être hors-sujet car ce sujet est très sérieux et important et c’est celui sur lequel nous devons nous concentrer, c’est celui qui n’a pas de couverture médiatique, alors qu’il le devrait. Si nous revenons aux femmes maintenant, à votre avis, qui est responsable de tout ceci ? Est-ce un groupe organisé au sein du gouvernement ? Est-ce une continuation du génocide ? Qui est derrière tout ceci ?

Brant: Ceci est la continuation du bon vieil adage des politiques d’apartheid coloniales, cela n’a aucune légitimité ou fondement. Une partie de la politique du Canada est: Afin de maintenir l’exploitation des ressources et le vol de ces ressources de notre terre, ils (NdT: les colons et leur gouvernement colonial) maintiennent un état permanent de tristesse et de désespoir dans nos communautés et ce faisant, ils pensent qu’ils sont capables de nous maintenir dans un tel état de tristesse, que nous serions incapables de nous mobiliser contre l’État et les grandes entreprises qui se sont engagées dans le pillage de nos ressources. Donc, la politique du Canada de ne pas enquêter, de ne pas prêter attention, permet la perpétuation du désespoir qui permet la continuité du vol et du pillage permanents.

Récemment, en novembre dernier, une association internationake: Human Rights Watch, a documenté quelques 50 cas différents qui ont vu la GRC elle-même, la “force de police” du Canada, être engagée dans le kidnapping, l’abus sexuel, la torture de femmes autochtones.

17 de ces policiers ont été identifiés comme s’étant engagés dans ce type de comportements, où la police elle-même enlève femmes et jeunes filles, s’engagent dans des activités d’abus sexuels et ensuite les menace soit de les faire disparaître ou de faire dispaître leur famille si elles venaient à parler.

Ceci a bien été documenté par une agence internationale des droits de l’Homme dans un rapport qui fut mis sur la table de notre parlement en février de cette année. Le gouvernement y a jeté un œil et a dit: “Et bien, s’il y a des plaintes a enregistrer, alors ces femmes doivent venir et porter plainte contre ces policiers spécifiquement incriminés”.

Mais ce que les gens ne comprennent pas est que les policiers qui sont impliqués et commettent ces crimes vivent dans les communautés et sont impliqués dans le service d’ordre de ces mêmes communautés où ces femmes vivent. C’est donc une situation où les femmes qui désireraient se présenter pour déposer plainte devraient le faire devant ceux-là même qui les ont violé, ceci est tout simplement impossible. Donc, quand vous me demandez qui est impliqué, directement impliqués dans les actes eux-mêmes, cela inclut le personnel militaire, les forces de police canadiennes et par extension, le gouvernement lui-même qui est au courant de qui a commis ces crimes.

C’est simplement pour cela qu’ils ne veulent pas prendre quelque type d’action que ce soit, parce que cela exposerait non seulement l’hypocrisie du gouvernement, mais aussi sa complicité sur ce qui se passe contre les peuples autochtones et ils ne sont pas prêts à aller sur ce terrain. Nous savons ce qu’il se passe, nous savons qui commet ces crimes, nous n’avons simplement personne vers qui nous tourner qui prendrait des mesures significatives pour changer ou corriger la situation de cette crise dans laquelle nous sommes maintenant impliqués.

Robles: Nous exposons ceci maintenant et peut-être que ceci aura un effet pour la justice, je l’espère, c’est mon souhait et mon espoir.

Brant: Nous ne sommes pas des gens naïfs et comme nous en avons discuté plus tôt, quand nous entendons des leaders dans le monde qui expriment une véritable préoccupation envers leur propre peuple, où qu’ils vivent et offrent et donnent une protection à ces gens, comme la Russie l’a fait en Ukraine et d’autres régions, ceci nous touche réellement.

Nous avons communiqué plus avant, nous n’avons pas un gouvernement qui apporte une protection à son peuple et c’est un soucis, une charge que nous devons porter, nous n’avons pas la protection d’un gouvernement comme les citoyens russes en ont une.

Robles: Avez-vous une opinion sur ce qu’il se passe en Ukraine ?

Brant: J’en ai une absolument oui ! Quand la protection des citoyens devient fondamentale, quand c’est un droit fondamental pour une nation de protéger ses citoyens et ceci se démontre autour du monde, il y a une notion fondamentale de souveraineté et d’intégrité et de justice qui dicte au gouvernement de protéger ses citoyens et a un devoir de les protéger où qu’ils soient, où qu’ils vivent au delà des frontières, de quelque type d’oppression que ce soit, de tout acte d’agression dont ils sont victimes. Nous avons une grande sympathie pour le peuple russe et les ukrainiens russophones. Il est fondamental pour une nation de soutenir ses membres où qu’ils vivent, nous soutenons cela.

Robles: La Russie n’est pas encore intervenue, je veux dire, si vous parlez d’une intervention militaire. Ceci serait une bonne chose pour le gouvernement de junte de l’Ukraine d’écouter maintenant, qu’un gouvernement devrait protéger son peuple. Ici ils sont en train de faire la guerre à leur propre peuple. Ils tuent et massacrent leur propre peuple. Si cela n’est pas maladif, alors je ne sais pas ce qui l’est… Maintenant depuis combien de temps est-ce que cela dure avec la disparition des femmes autochtones ?

Brant: Ce fut identifié pour la première fois en 1994. A cette époque, il y eut 24 femmes que le gouvernement reconnût avoir été tuées. Les activistes autochtones à cette époque parlait plus de 80 femmes que de 24, c’était en 1994.

Depuis ce temps, le chiffre est, d’après un rapport gouvernemental publié vendredi de 1200 femmes autochtones assassinées, c’est le chiffre officiel, mais dans la communauté activiste nous pensons ce chiffre est plus proche de 3100~3150 victimes. Donc ces chiffres, qui ont gonflés avec le temps, ont augmenté sur un courte période en fait, moins de 20 ans.

Et il n’y a pas eu d’intervention qui aurait fait que l’échelle de ces crimes diminue. Ces chiffres ont en fait augmenté exponentiellement chaque année et la variété des attaques a augmenté. Maintenant ils ciblent plus nos petites filles de 6, 7 et 8 ans.

Elles sont prises de la rue, sur le chemin de l’école. Comme je l’ai dit, eles sont violées, elles sont torturées, elles sont assassinées. C’est quelque chose avec laquelle nous devons vivre, quelque chose qui est presque impensable d’imaginer.

Robles:? C’est incroyable à imaginer, vraiment ! C’est incroyable ! 3150 personnes, êtres humains !

Brant: Si vous ramenez ce chiffre en proportion du reste de la population non autochtone du Canada, cela représenterait quelques 70 000 femmes non autochtones qui auraient été enlevées et assassinées. Et nous ne regardons plus ceci simplement comme des cas d’homicides non élucidés, nous regardons ceci comme étant un cas de génocide non dit. Dans les communautés autochtones ici au Canada, nous regardons ceci comme un génocide de fait.

Certains pensent qu’ils ciblent nos jeunes femmes et filles afin que celles-ci ne puissent pas reproduire, qu’elles ne puissent pas contribuer à la démographie des peuples indigènes. Et quand vous regardez ce chiffre, vous contemplez non seulement l’impact que la perte a sur les proches et les familles, mais aussi par extension, le nombre d’enfants que cela aurait généré au sein de familles constituées (par toutes ces femmes), cela peut sans aucun doute être vu comme un génocide direct, une attaque directe sur notre existence même.

Lorsque nous coupons une voie de chemin de fer ou une route, lorsque nous ciblons l’économie du Canada, nous ne voyons pas cela comme simplement une forme de justice, nous en parlons comme étant notre droit, le droit de notre peuple de nous tenir debout pour assurer notre propre existence et la survie de nos peuples. Voilà de quoi nous parlons en fin de compte: de notre droit à l’existence.

Et le gouvernement (canadien) fait tout ce qui est en son pouvoir pous s’assurer que nous ne puissions plus continuer en tant que société, en tant que peuple, que nous nous éteignions.

Ainsi, nous sortons et nous combattons ces batailles dans les rues, et nous combattons contres les infrastructures de ce pays ; mais nous luttons comme moyen de survie et de continuation de notre peuple.

Robles:Je vois. Un gouvernement fondé sur le génocide et rien n’a changé…

Brant: Rien n’a changé, absolument rien.

Robles: Rien n’a changé !! Oui, le chiffre est incroyable. Je pense que s’il y avait ne serait-ce que 10 femmes canadiennes blanches retrouvées mortes, violées dans des décharges publiques, pouvez-vous imaginer le scandale, l’énorme enquête et traque qui en résulterait ?

Brant: Oui. Certaines de ces femmes ont été larguées dans des décharges et la police sait où se trouve les corps, mais ils disent que le coût total pour sortit le corps d’une de ces filles Tanya Nepinak, a été de 17 000 dollars, et ils disent que cela coûte rop cher, que cela n’est pas justifié…

Robles: Ils parlent de combien çà coûte ?!?!?!

Brant:… Pour l’enlever de la décharge publique où elle est à la sortie de Winnipeg. Voilà le genre de discrimination qu’ils nous mettent à dos, la valeur de sa vie… Alors aujourd’hui, elle est dans ce tas d’ordures juste en dehors Winnipeg et le gouvernement dit que le prix que cela coûte pour récupérer son corps ne vaut pas la peine. Voilà le genre de réponse que nous obtenons. Voilà comment le gouvernement traite notre peuple. Voilà comment il répond, même quand il sait le lieu où se trouve un corps, ils ne nous donneront même pas la dignité er la dignité de la famille de récupérer le corps et de le mettre proprement au repos.