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Ingérence occidentale en Afrique: Boko Haram du Nigéria enfant de la CIA ?

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 4 mars 2015 by Résistance 71

Boko Haram: Une opération de la CIA pour diviser et régner en Afrique ?

 

Julie Lévesque

 

3 Mars 2015

 

url de l’article en français:

http://www.mondialisation.ca/boko-haram-une-operation-secrete-de-la-cia-pour-diviser-et-regner-en-afrique/5434617

 

Le but de la présence militaire étasunienne en Afrique est bien documenté : contrer l’influence chinoise et contrôler des endroits stratégiques et des ressources naturelles, y compris les réserves de pétrole. Cela a été confirmé il y a plus de 8 ans par le département d’État étasunien :

En 2007, le conseiller du département d’État étasunien, le Dr J. Peter Pham a commenté les objectifs stratégiques d’AFRICOM : « protéger l’accès aux hydrocarbures et autres ressources stratégiques abondantes en Afrique, une tâche qui consiste à protéger la vulnérabilité de ces richesses naturelles et à s’assurer qu’aucune autre tierce partie intéressée, comme la Chine, l’Inde, le Japon ou la Russie, n’obtienne des monopoles ou des traitements préférentiels ». (Nile Bowie,.US AFRICOM Commander Calls for “Huge” Military Campaign in West Africa, Global Research, 11 avril 2012)

Au début février, « de passage au Centre d’études stratégiques et internationales à Washington, D.C., le chef d’AFRICOM, le général David Rodriguez, a appelé à une campagne de « contre-insurrection » de grande envergure menée par les États-Unis contre des groupes en Afrique de l’Ouest ».

Le chef du Commandement des opérations spéciales des États-Unis (SOCOM), le général Joseph Votel, a fait des remarques similaires la semaine dernière à l’Académie West Point de l’Armée étasunienne, affirmant que les équipes de commandos étasuniens doivent se préparer à de nouveaux déploiements contre Boko Haram et l’État islamique. (Thomas Gaist, US AFRICOM Commander Calls for “Huge” Military Campaign in West Africa, World Socialist Web Site, 2 février 2015)

Mark P. Fancher a souligné l’hypocrisie et « l’arrogance impérialiste » des pays occidentaux, qui « malgré la condamnation universelle du colonialisme », sont toujours prêts « à déclarer publiquement (sans excuses) leurs plans d’expansion et de coordination de leur présence militaire en Afrique » (Marc P. Fancher, Arrogant Western Military Coordination and the New/Old Threat to Africa, Black Agenda Report, le 4 février 2015)

Plus de troupes en provenance du Bénin, du Cameroun, du Niger, du Nigeria et du Tchad sont maintenant déployées pour lutter contre Boko Haram.

Cette nouvelle guerre contre une autre entité terroriste obscure en Afrique n’est pas sans rappeler la campagne de propagande ratée de Kony 2012, drapée dans des idéaux humanitaires. Elle est utilisée comme un écran de fumée pour éviter d’aborder la question des victimes de la guerre contre le terrorisme et les causes réelles du terrorisme, et afin de justifier une autre invasion militaire. Il est vrai que Boko Haram fait des victimes, mais le but de l’intervention occidentale en Afrique n’est pas de venir à leur secours.

Le conflit le plus meurtrier dans le monde depuis la Seconde Guerre mondiale, celui qui fait toujours rage, se passe au Congo et l’élite occidentale et leurs médias ne s’en préoccupent pas. Cela démontre que les interventions militaires ne sont pas destinées à sauver des vies.

Pour comprendre pourquoi les médias se concentrent sur Boko Haram, nous avons besoin de savoir qui est derrière cette organisation. Quel est le contexte sous-jacent et quels intérêts sont servis?

Boko Haram : une autre opération clandestine des États-Unis?

Boko Haram est basé dans le nord du Nigeria, le pays le plus peuplé et la plus grande économie d’Afrique. Le Nigeria est le plus grand producteur de pétrole du continent et détient 3,4 % des réserves mondiales de pétrole brut.

En mai 2014, African Renaissance News a publié un reportage détaillé sur Boko Haram et la possibilité que l’organisation soit une autre opération secrète de la CIA visant à prendre le contrôle du Nigeria :

[L]e plus grand prix pour l’AFRICOM, qui vise à implanter une Pax Americana en Afrique, serait de réussir dans le pays africain le plus stratégique, le Nigeria. C’est là qu’entre en perspective la question de Boko Haram qui fait rage actuellement et la prédiction de l’Intelligence Council des États-Unis sur la désintégration du Nigeria en 2015, dont on a beaucoup parlé […] (Atheling P Reginald Mavengira, Humanitarian Intervention” in Nigeria: Is the Boko Haram Insurgency Another CIA Covert Operation? Wikileaks, African Renaissance News, 8 mai 2014)

Dans les années 1970 et 1980, le Nigeria a aidé plusieurs pays africains « défiant ainsi clairement les intérêts des États-Unis et de leurs alliés occidentaux, une opposition ayant entraîné à l’époque un recul des initiatives occidentales en Afrique ». (Ibid.)

Le Nigeria exerce son influence dans la région grâce au leadership du Groupe de contrôle de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (ECOMOG, droite), une armée composée de soldats de divers pays africains et mise en place par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Le groupe est intervenu dans la guerre civile au Liberia dans les années 90. Le Liberia a été fondé en 1821 par les États-Unis et a été dirigé par des Américano-Libériens pendant plus d’un siècle.

Les puissances occidentales, en premier lieu les États-Unis, ne sont évidemment pas prêtes à laisser les Africains avoir une armée multinationale dans laquelle ils ne détiennent pas de rôle de premier plan. L’ACRI, qui devint plus tard l’AFRICOM, a été formé en 2000 pour contenir l’influence du Nigeria et contrer l’ECOMOG, évitant ainsi l’émergence d’une force militaire africaine dirigée par des Africains.

Selon les documents de Wikileaks mentionnés dans l’article de Mavengira ci-dessus, l’ambassade étasunienne au Nigeria constitue :

une base d’opérations pour des actes de subversion de grande envergure et à grande portée contre le Nigeria, notamment l’écoute des communications du gouvernement nigérian, l’espionnage financier d’éminents Nigérians, le soutien et le financement de groupes subversifs, d’insurgés, de propagande de discorde entre les groupes disparates du Nigeria et l’utilisation de chantage relié aux visas afin de contraindre et d’amener des Nigérians de haut rang à agir en faveur des intérêts étasuniens. (Mavengira, op. cit., c’est l’auteure qui souligne)

Mavengira fait partie de la GreenWhite Coalition, un « groupe de défense citoyen bénévole composé de Nigérians de tous les groupes ethniques et de toutes les convictions religieuses ». Il écrit que le but ultime des opérations clandestines étasuniennes dans son pays consiste « à éliminer le Nigeria comme potentiel rival stratégique des États-Unis sur le continent africain ». (Ibid.)

Une enquête sur la secte Boko Haram par la Coalition GreenWhite a révélé que la « campagne de Boko Haram est une opération secrète organisée de la Central Intelligence Agency (CIA) étasunienne coordonnée par l’ambassade étasunienne au Nigeria ». Les États-Unis ont déjà utilisé leurs ambassades pour des opérations secrètes. L’ambassade de Benghazi s’est révélée être la base d’une opération secrète de trafic d’armes pour les mercenaires luttant contre Bachar Al-Assad en Syrie. Quant à l’ambassade en Ukraine, une vidéo de novembre 2013 a émergé récemment montrant un parlementaire ukrainien l’exposant comme le point central d’une autre opération clandestine destinée à fomenter des troubles civils et à renverser le gouvernement démocratiquement élu.

L’enquête de GreenWhite Coalition sur Boko Haram révèle un plan en trois étapes du National Intelligence Council des États-Unis visant à « pakistaniser » le Nigeria, internationaliser la crise et diviser le pays en vertu d’un mandat et d’une force d’occupation de l’ONU. Le plan « prédit » la désintégration du Nigeria pour 2015. Il convient de citer l’enquête en détail :

L’ensemble du rapport du [National Intelligence Council] est en réalité une déclaration d’intentions codée sur la façon dont les États-Unis prévoient éventuellement démanteler le Nigeria grâce à des complots de déstabilisation […]

Étape 1: Pakistaniser le Nigeria

Vu la réalité existentielle du fléau de Boko Haram, la vague d’attentats et d’attaques sur les bâtiments publics sont susceptibles de dégénérer dans les mois à venir.

Le but est d’exacerber les tensions et la suspicion mutuelle entre les adeptes des deux religions au Nigeria et de les mener à la violence interconfessionnelle […]

Étape 2: L’internationalisation de la crise

Les États-Unis, l’Union européenne et les Nations Unies appellerons à l’arrêt des violences. […] Pour créer de l’effet, il y aura une couverture importante des médias internationaux sur la crise du Nigeria avec de soi-disant experts pour discuter de toutes les ramifications. Ces experts s’efforceront de créer l’impression que seule une intervention étrangère bienveillante pourrait résoudre la crise.

Étape 3: La grande division en vertu d’un mandat de l’ONU

L’on proposera d’abord l’intervention d’une force internationale de maintien de la paix afin de séparer les groupes belligérants et/ou un mandat de l’ONU assignant différentes parties du Nigeria à des puissances occupantes. Bien sûr, les États-Unis et leurs alliés, guidés par des purs intérêts économiques, auront préalablement discuté dans les coulisses des zones à occuper […] (Ibid., c’est l’auteure qui souligne)

En 2012, le Nile Bowie écrivait:

Le Nigerian Tribune a rapporté que Boko Haram reçoit du financement de différents groupes de l’Arabie saoudite et du Royaume-Uni, en particulier du Fonds fiduciaire Al-Muntada, dont le siège est au Royaume-Uni et à la Société islamique mondiale de l’Arabie saoudite [8]. Lors d’une entrevue menée par Al-Jazeera avec Abou Mousab Abdel Wadoud, le chef d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) stipule que des organisations dont le siège est en Algérie ont fourni des armes au mouvement Boko Haram au Nigeria « pour défendre les musulmans au Nigeria et arrêter les avancées d’une minorité de croisés » [9] .

Fait amplement documenté, les membres d’Al-Qaïda (AQMI) et du Groupe islamique combattant en Libye (GICL) ont combattu aux côtés des rebelles libyens et reçu directement des pays de l’OTAN des armes [10] et du soutien logistique [11] durant le conflit libyen en 2011 […]

Pour l’administration Obama, l’appui clandestin à des organisations terroristes dans le but d’atteindre ses objectifs de politique étrangère semble être la condition préalable au commandement des opérations à l’étranger. Boko Haram existe comme une division séparée de l’appareil de déstabilisation étasunien, visant à briser le pays le plus peuplé d’Afrique et le plus grand marché potentiel. (Nile Bowie, CIA Covert Ops in Nigeria: Fertile Ground for US Sponsored Balkanization, Global Research, le 11 avril 2012)

Des reportages indiquent également que certains commandants nigérians sont possiblement impliqués dans le financement de l’insurrection.

Selon le reportage, un soldat nigérian dans l’État de Borno a confirmé que Boko Haram a attaqué Gamboru Ngala en leur présence, mais que leur commandant leur a demandé de ne pas repousser l’attaque. Le soldat a dit au Service Hausa de la BBC que des hélicoptères planaient dans le ciel tandis que les attaques étaient en cours. Trois cents personnes ont été tuées, des maisons et un marché brûlés tandis que les soldats regardaient, ayant reçu l’ordre de ne pas prêter assistance à ceux qui étaient attaqués. Le soldat a déclaré que l’insurrection de Boko Haram prendra fin lorsque les officiers supérieurs de l’armée cesseront de l’alimenter.

Lors des enlèvements de filles de Chibok, un soldat a affirmé en entrevue à SaharaReporters,

« Nous avons reçu l’ordre d’arrêter les véhicules transportant les filles, mais dès le début de la mission, nous avons reçu l’ordre contraire, soit de nous retirer. Je peux vous assurer que personne ne nous a demandé de chercher quiconque. »

Certains soldats soupçonnent leurs commandants de révéler les opérations militaires à la secte Boko Haram. (Audu Liberty Oseni, Who is Protecting Boko Haram. Is the Nigerian Government involved in a Conspiracy?, africanexecutive.com, 28 mai 2014)

Ces commandants auraient-ils été contraints par des éléments de l’ambassade étasunienne, tel que le suggère l’enquête de Greewhite Coalition citée auparavant?

Boko Haram: Le prochain chapitre dans la frauduleuse, coûteuse, destructrice et meurtrière guerre au terrorisme?

Il a été clairement démontré que la soi-disant guerre contre le terrorisme a fait croître le terrorisme. Nick Turse explique :

[Dix] ans après que Washington eut commencé à verser l’argent des contribuables dans la lutte contre le terrorisme et les efforts de stabilisation à travers l’Afrique, et que ses forces eurent commencé à exploiter le Camp Lemonnier [Djibouti], le continent a connu de profonds changements, mais pas ceux recherchés par les États-Unis. L’université de Berny Sèbe de Birmingham cite en exemple la Libye post-révolutionnaire, l’effondrement du Mali, la montée de Boko Haram au Nigeria, le coup d’État en République centrafricaine, et la violence dans la région des Grands Lacs de l’Afrique comme preuve de la volatilité croissante. « Le continent est certainement plus instable aujourd’hui qu’il ne l’était au début des années 2000, lorsque les États-Unis ont commencé à intervenir plus directement. » (Nick Turse, The Terror Diaspora: The U.S. Military and Obama’s Scramble for Africa, Tom Dispatch, 18 juin, 2013)

Que veulent les États-Unis en Afrique?

Lorsqu’il est question d’interventions à l’étranger, des décennies d’histoire ont démontré que les objectifs déclarés de l’armée étasunienne et ses véritables intentions ne sont jamais les mêmes. L’intention réelle ne consiste jamais à sauver des humains, mais plutôt à sauver des profits et à gagner du pouvoir. Les interventions des États-Unis et de l’OTAN ne sauvent pas, elles tuent.

Celles menées depuis le début du siècle ont tué des centaines de milliers, si ce n’est plus d’un million d’innocents. Difficile de dire combien, car l’OTAN ne veut pas vraiment savoir combien de civils elle tue. Comme le notait The Guardian en août 2011, il n’y avait « pas de projet international de grande envergure consacré au bilan des décès dans le conflit en Libye », à part durant une brève période.

En février 2014, « on estimait qu’au moins 21 000 civils [étaient] décédés de mort violente en raison de la guerre » en Afghanistan selon Cost of War. En ce qui concerne l’Irak, en mai 2014 on comptait « au moins 133 000 civils tués, victimes de violence directe depuis l’invasion ».

Quant à la Libye, les médias traditionnels ont d’abord menti à propos du fait que Kadhafi avait initié la violence en attaquant des manifestants pacifiques, un faux compte-rendu destiné à diaboliser Kadhafi et galvaniser l’opinion publique en faveur d’une autre intervention militaire. Comme l’explique le Centre Belfer for Science and International Affairs, « ce sont effectivement les manifestants qui ont initié la violence ».

Alan Kuperman écrit :

Le gouvernement a réagi aux gestes des rebelles en envoyant l’armée, mais n’a jamais intentionnellement ciblé de civils ou eu recours à l’usage excessif et aveugle de la force, comme l’ont affirmé les médias occidentaux […]

Le plus grand malentendu à propos de l’intervention de l’OTAN, c’est qu’elle a sauvé des vies et a bénéficié à la Libye et ses voisins. En réalité, lorsque l’OTAN est intervenue à la mi-mars 2011, Kadhafi avait déjà repris le contrôle de presque toute la Libye, alors que les rebelles se retiraient rapidement vers l’Égypte. Ainsi, le conflit était sur le point de se terminer à peine six semaines après avoir éclaté, avec un bilan d’environ 1 000 morts, incluant les soldats, les rebelles et les civils pris entre deux feux. En intervenant, l’OTAN a permis aux rebelles de résumer leur attaque, prolongeant ainsi la guerre pendant encore sept mois et causant la mort d’au moins 7000 personnes de plus. (Alan Kuperman, Lessons from Libya: How Not to Intervene, Belfer Center for Science and International Affairs, septembre 2013)

Malgré ces chiffres, les médias tenteront encore une fois de nous convaincre que ce dont le monde a le plus besoin en ce moment est de se débarrasser du groupe terroriste Boko Haram et qu’une intervention militaire est la seule solution, même si la soi-disant guerre contre la terreur a en fait accru le terrorisme à l’échelle mondiale. Comme le faisait remarquer Washington’s Blog en 2013, « le terrorisme à l’échelle mondiale a diminué entre 1992 et 2004… mais est monté en flèche depuis 2004 ».

Le Guardian rapportait pour sa part en novembre 2014 :

L’ Index mondial du terrorime (Global Terrorism Index) a enregistré près de 18 000 décès l’an dernier, un bond d’environ 60 % par rapport à l’année précédente. Quatre groupes sont responsables de la majorité de ces décès : le groupe État islamique (EI) en Irak et en Syrie; Boko Haram au Nigeria; les talibans en Afghanistan; et Al-Qaïda dans diverses parties du monde. (Ewen MacAskill, Fivefold increase in terrorism fatalities since 9/11, says report, The Guardian, 18 novembre 2014)

Le Guardian omet toutefois de mentionner, que tous ces groupes, y compris Boko Haram et le groupe État islamique, ont été, d’une manière ou d’une autre, armés, entraînés et financés par l’alliance des États-Unis et de l’OTAN, ainsi que leurs alliés au Moyen-Orient.

Grâce à l’appui clandestin des pays occidentaux, des marchands d’armes et des banquiers qui profitent de la mort et de la destruction, la guerre au terrorisme se porte bien. L’Occident prône des interventions militaires sans fin, feignant d’ignorer les causes réelles du terrorisme et la raison pour laquelle il se répand, cachant son rôle et de ce fait indiquant clairement son réel objectif en Afrique : alimenter le terrorisme pour déstabiliser et détruire des pays, justifiant ainsi l’invasion militaire menant à la conquête des terres les plus riches du continent africain, tout en feignant de sauver le monde de la terreur.

Nouvel Ordre Mondial AFRICOM, Nigéria et escadrons de la mort…

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Boko Haram une bénédiction pour l’impérialisme en Afrique: Les Etats-Unis forment des escadrons de la mort

 

Glen Ford

 

10 Juin 2014

 

url de l’article en français:

http://www.mondialisation.ca/boko-haram-une-benediction-pour-limperialisme-en-afrique-les-etats-unis-forment-des-escadrons-de-la-mort/5386473

 

Militairement, l’Afrique est en train de devenir un continent étasunien. Barack Obama, qui a été le président de tous sauf la première année d’existence de l’AFRICOM, a réussi à intégrer des unités de combat étasuniennes, des bases, à renforcer certains régimes, à équiper et financer les structures militaires de tous les pays africains hormis pour une poignée de pays résistants. Le grand rêve panafricaniste et ancien du président ghanéen Kwame Nkrumah d’une Afrique unie militairement n’a pas été réalisé – face aux appétits des Etatsuniens et des Européens. Sous couvert d’une intervention «humanitaire», Obama a considérablement élargi les projets d’expansion de Bill Clinton et de George Bush en Afrique, de sorte que seulement quelques taches sur la carte de l’Afrique restent en dehors de la sphère des opérations de Washington. L’Érythrée et le Zimbabwe sont les exceptions notables – et, par conséquent, les cibles futures.

L’Afrique est un territoire occupé. L’Union africaine ne prétend même pas être responsable de ses propres missions de maintien de la paix, qui sont devenues en fait des opportunités pour les forces armées africaines de se faire payer pour faire le job de l’Occident. La Chine et le Brésil peuvent recueillir la part substantielle du commerce avec l’Afrique, mais les hommes disposant des armes à feu sont fidèles à l’AFRICOM – le papa gâteau pour la classe militaire africaine. Les troupes étatsuniennes dorment maintenant dans les casernes africaines. Elles sont les frères d’armes des officiers africains et peuvent déterminer les futurs présidents africains.

Le rythme de la pénétration étatsunienne de l’Afrique de l’Ouest s’est accéléré de façon spectaculaire depuis 2011, quand Obama (Sarkozy et Cameron, ndt) a liquidé le gouvernement libyen de Mouammar Kadhafi, installant un flux de jihadistes et d’armes vers la Syrie et vers le Sud pour déstabiliser les nations du Sahel. Un chaos s’en est suivi – un beau chaos diriez-vous si vous étiez un planificateur militaire des États-Unis à la recherche d’une justification pour des missions de plus en plus importantes. L’agression de l’OTAN contre la Libye a engendré le chaos dans la sous-région subsaharienne qui a justifié l’occupation française et étatsunienne du Mali et du Niger. Les djihadistes d’Afrique du Nord hyperactifs, renforcés par les bombes étatsuniennes (cf. ce qui s’est passé en Libye, ndt), des armes et de l’argent, forment et équipent leurs frères du continent, y compris les éléments de Boko Haram au Nigeria. Les guerriers islamiques de langue yoruba ont légué à l’AFRICOM un cadeau inestimable : près de 300 écolières nécessitant d’être délivrées, prétexte parfait pour une intervention «humanitaire».

Il n’y a pas eu besoin de demander à deux reprises à Obama de “faire quelque chose !“.

Les chefs d’Etat du Nigeria, du Tchad, du Niger, du Bénin et du Cameroun ont été convoqués à Paris (prétendant que c’était leur idée) où ils ont déclaré la “guerre totale ” à Boko Haram, tandis que les «observateurs» des États-Unis, de la France, de la Grande-Bretagne et de l’Union européenne (intervenants dans les affaires internes de l’Afrique depuis des années) regardaient. Le président français François Hollande a déclaré ”qu’un plan d’action mondial et régional” sortirait de la conférence .

Les chefs d’Etat du Nigeria, du Tchad, du Niger, du Bénin et du Cameroun ont été convoqués à Paris où ils ont déclaré la « guerre totale » à Boko Haram.”

Bien sûr, les cinq Etats africains n’ont ni l’argent, ni la formation, ni l’équipement, ni la capacité de collecte de renseignements pour un tel plan. Ce sera un plan euro-étatsunien pour la défense et la sécurité de l’Afrique de l’Ouest – contre d’autres Africains. Immédiatement, les États-Unis ont envoyé 80 soldats au Tchad (pays qui sur le plan militaire a longtemps été un état mercenaire au service de la France) pour ouvrir une nouvelle base de drones, afin de renforcer le parc de drones étatsuniens existants déjà au Niger, au Burkina Faso, en Ethiopie, en Somalie, aux Seychelles, à Djibouti (où il existe une énorme base française et étatsunienne), et les sites de la CIA qui ne doivent pas être divulgués.

Le nouveau groupe de sécurité en Afrique de l’Ouest est devenue une réplique de l’OTAN, une annexe visant à être façonnée par les planificateurs militaires impérialistes pour affronter les ennemis choisis par Washington et Paris.

Quel formidable élan humanitaro-militaire ! Les filles sont absentes depuis un mois, et pourraient ne pas être secourues vivantes, mais cinq pays africains voisins – l’un d’eux étant la plus grande économie du continent – ont déjà été embrigadés dans une alliance militaire dominée par l’OTAN avec d’autres Etats africains subordonnés.

Il est vite apparu que l’AFRICOM avait déjà une relation spéciale avec l’armée nigériane qui n’a été annoncée qu’après l’enlèvement des écolières. AFRICOM va former un bataillon de Rangers du Nigeria dans la contre-insurrection guerrière, ce sera la première fois que ce commandement étatsunien fournira une formation « intégrale » aux Africains à une telle échelle.

Avec le public étatsunien embrigadé dans l’esprit interventionniste de l’opération “Save our girls”, les opérations secrètes sont soudainement devenues publiques. Le New York Times révèle que les Etats-Unis ont organisé un programme secret pour former des bataillons de lutte contre le terrorisme pour le Niger et la Mauritanie. Les forces spéciales des Bérets verts et les tueurs de la Delta Force instruisent des commandos triés sur le volet dans la contre-insurrection au Mali. Une source du Times, laisse clairement entendre que les opérations secrètes sont conçues pour recouvrir la région d’escadrons de la mort formés par les Etats-Unis. Michael Sheehan était jusqu’à l’année dernière en charge des opérations spéciales au Pentagone – Death Squads Central (Centrale des escadrons de la mort) – où il a poussé à plus de formateurs pour des Opérations Spéciales pour les armées africaines. Sheehan détient désormais la “présidence prestigieuse” de la West Point’s Combating Terrorism Center (du Centre de West Point de Lutte contre le Terrorisme). Dans les années 1980, il était le commandant des forces spéciales de l’Amérique latine – ce qui signifiait en langage à peine codé : escadrons de la mort.

L’AFRICOM formera un bataillon de Rangers du Nigeria dans la guerre de contre-insurrection.”

Les Forces spéciales de l’armée des États-Unis ont toujours été des tueurs politiques, fonctionnant le plus souvent avec la CIA. Le Phoenix Program, au Vietnam, qui a tué entre 26 000 et 41 000 personnes et torturé beaucoup d’autres, était un crime de guerre de la CIA allié aux forces spéciales. De 1975 jusque dans les années 80, la CIA et ses forces spéciales ont apporté un soutien technique et des armes à des tueurs pour l’Opération Condor, les escadrons de la mort dirigés par un consortium de juntes militaires en Argentine, au Chili, en Uruguay, au Paraguay, en Bolivie et au Brésil, probablement responsable de 60 000 meurtres. Sheehan a probablement été impliqué dans l’Operation Condor et sa composante d’Amérique centrale, l’Opération Charly, et depuis a perfectionné l’art des assassinats politiques. S’il est chanceux et se sent justifié par les événements en Afrique, alors les escadrons de la mort formés par les Etats-Unis sont sur le point de proliférer dans cette partie du monde.

Il n’y a pas de doute qu’Obama apprécie les Opérations Spéciales, car ces opérations de petites unités de meurtriers dirigés par des tueurs professionnels intervenant de nuit ne s’apparentent par à une guerre – et peuvent, si nécessaire, être imputées à d’autres “terroristes”. Cependant, l’histoire – l’histoire récente – prouve que les États-Unis peuvent parvenir à leurs fins avec des carnages de grande ampleur (et sans limites) en Afrique. En 2006, l’invasion de l’Ethiopie par la Somalie, soutenue par les forces étatsuniennes au sol, dans les airs et par la mer, a donné lieu à l’époque à “la pire crise humanitaire en Afrique”, “pire que le Darfour”, selon les observateurs de l’ONU, avec des centaines de milliers de morts. Les États-Unis ont alors refusé l’aide alimentaire pour affamer les combattants somaliens Shabaab, conduisant à une perte encore plus catastrophique de vies humaines. Mais, la plupart des Etatsuniens ne sont pas conscients de ces crimes contre l’humanité à l’encontre des Africains (“crimes again Black Humanity”).

Les alliés éthiopiens des Etats-Unis ont commis un génocide contre l’ethnie Somali dans la région de l’Ogaden en toute impunité et ont interdit aux médias internationaux l’accès de la région. Les Présidents Clinton, Bush et Obama – chacun d’entre eux aidés par Susan Rice – ont collectivement tué six millions de Congolais depuis 1996. Le plus grand génocide depuis la Seconde Guerre mondiale a été le résultat prémédité du chaos délibérément imposé par les Etats-Unis au Congo (RDC, ndt) riche en minéraux et par ses sbires du Rwanda et de l’Ouganda voisin. Paul Kagame, l’actuel leader du Rwanda, a abattu un avion avec deux présidents à bord en 1994, déclenchant les massacres qui ont amené Kagame au pouvoir et envoyé par la suite le Congo voisin sur la route de l’enfer. Les Etats-Unis célèbrent Kagame comme un héros, bien que le dictateur tribal Tutsi envoie des escadrons de la mort partout dans le monde pour étouffer ceux qui s’opposent à lui.

Les États-Unis peuvent parvenir à leur fin avec des carnages de grande ampleur (illimités) en Afrique.”

Le Président ougandais Yoweri Museveni, un ami des États-Unis depuis l’époque de Ronald Reagan, a commis des actes de génocide contre ses rivaux de la tribu Acholi, les jetant dans des camps de concentration. Joseph Kony a été l’un de ces Acholi, qui apparemment est devenu fou. Depuis des années, Kony n’est plus une menace pour l’Ouganda ou pour tout autre pays de la région, mais le président Obama a utilisé une prétendue observation d’une hypothétique présence de bribes de son Armée de Résistance du Seigneur en RDC pour envoyer 100 Bérets verts en République démocratique du Congo, en Ouganda, au Rwanda, en République centrafricaine et au Soudan du Sud. Le mois dernier, Obama a envoyé 150 soldats et plus de quatre avions pour l’Afrique centrale, affirmant à nouveau que Kony se cachait quelque part.

En fait, les troupes étatsuniennes ont été déployées près du sud Soudan, que les États-Unis, la Grande-Bretagne et Israël ont déstabilisé depuis des décennies dans le but de diviser la nation du Soudan. Le Soudan du Sud est devenu indépendant, mais il est resté instable et est loin d’être une nation, il s’agit plutôt d’un endroit riche en pétrole convoité par les États-Unis. Des dizaines de milliers d’autres personnes sont certains de mourir en combattant dans le Soudan du Sud, mais peu d’Etatsuniens blâmeront leur propre pays.

Comme le montre le carnage au Congo, des populations entières peuvent être rayées de la carte en Afrique sans que la plupart des gens en Occident s’en aperçoivent. Les escadrons de la mort entraînés par les Etats-Unis au Nigeria, au Niger, en Mauritanie et au Mali, et ceux qui traqueront bientôt les victimes au Cameroun et au Bénin, ne se limiteront pas à la chasse à Boko Haram. Les escadrons de la mort sont, par définition, déstabilisant ; ils empoisonnent l’environnement politique et social au-delà de toute limite, comme l’Amérique centrale des années 80 peut en témoigner.

Pourtant, c’est la méthode de conquête préférée de l’impérialisme étatsunien dans le monde non-blanc. C’est ce que les Etatsuniens font réellement, quand les gens demandent à ce qu’ils “fassent quelque chose”.

Résurgence coloniale en Afrique: L’affaire Boko Haram…

Posted in actualité, colonialisme, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, N.O.M with tags , , , , , on 20 mai 2014 by Résistance 71

Question simple: Qu’est-ce que Boko Haram, d’où sortent-ils ? Qui est derrière ?

Quelque chose nous dit que l’AFRICOM a quelque chose à voir là-dedans..

A suivre…

— Résistance 71 —

 

Boko Haram… Un piège à cons

 

Comaguer

 

18 Mai 2014

 

url de l’article:

http://www.cameroonvoice.com/news/article-news-15161.html

 

L’émotion soulevée par l’enlèvement et la séquestration de 200 jeunes filles nigérianes est compréhensible et  légitime.



Mais, quand cette émotion est en quelques heures  instrumentalisée mondialement, elle devient un objet politique de grande magnitude qui mérite d’être analysé rationnellement.

L’émotion planétaire est orchestrée au plus haut niveau : Michelle Obama lance elle-même la campagne aussitôt suivie par ses clones parisiennes : Carla Sarkozy et Valérie Trierweiler. La propagande se décide dans les lieux de pouvoir et le casting se fait directement dans les alcôves présidentielles.

Cette mise en scène intervient au moment même où le premier ministre chinois Li Kexiang est reçu par l’Union Africaine à Addis Abeba et confirme l’intensification des relations économiques  politiques et sociales sino-africaines.

Pendant que Michelle Obama effectue sa prestation, son mari s’occupe lui de la gestion de l’après-émotion. Pas de grand show à la George Bush, le personnage est plus roublard ou plus fourbe, mais la décision quasi immédiate d’envoyer dans le ciel nigérian des drones pour lancer la chasse aux ravisseurs.

Le parallèle avec Septembre 2001 est instructif, la dimension de l’évènement est moindre la réaction l’est aussi mais elle était préconçue comme l’était l’assaut stérile et meurtrier sur l’Afghanistan.

Explication :

La néo-domination de l’Afrique par les puissances impérialistes néocoloniales, Etats-Unis en tête suivis avec un entêtement persistant par le clone américano-sioniste « Hollando-Fabiusien » qui gouverne à Paris, est à l’ordre du jour depuis la percée économique chinoise sur le continent et l’adhésion de l’Afrique du Sud aux BRICS.

Elle s’est concrétisée, comme toutes les options stratégiques des Etats-Unis qui prennent systématiquement et prioritairement la forme d’un projet de domination militaire par la création en 2008 d’Africom commandement militaire US intégré pour l’Afrique (Egypte exclue).

Depuis cette date, sans faire beaucoup de bruit, l’armée US a déployé une activité  régulière et diversifiée sur le continent et le refus de façade des dirigeants africains d’accueillir sur leur territoire le commandement d’Africom qui reste en Allemagne n’a en rien entravé son action.

1-    Création d’une « base lourde ». Par « base lourde » il faut entendre une installation permanente en dur où peuvent stationner des milliers de personnes : militaires, « mercenaires » au sens de personnels contractuels participant à des opérations militaires et personnels civils de service. Telle est la base de Djibouti où progressivement la présence US sous l’appellation de « EAST AFRICA RESPONSE FORCE »  éclipse l’ancienne présence française en recul. De Djibouti peuvent partir des avions de transport (par exemple pour acheminer des soldats français en Centrafrique) des drones (par exemple pour bombarder au Yémen ou en Somalie) des forces spéciales (qui vont partout) et des instructeurs chargés de former ou d’encadrer des forces armées africaines (voir plus loin).

2-    Création de « bases légères » : il s’agit d’installations légères, démontables, discrètes à l’occasion  pouvant accueillir quelques dizaines de soldats mais  bien équipées en matériel , bien ravitaillées, bien connectées aux réseaux de transmission et dotées d’une piste d’atterrissage.  D’après l’enquête conduite par l’essayiste étasunien Nick Turse  de telles bases existent aujourd’hui

Nick Turse prend en compte les forces spéciales qui sont hors statistiques militaires officielles  (lesquelles minimisent les chiffres en ne comptant que les militaires stricto sensu, sans les « mercenaires » et sans les forces spéciales)  et aboutit à un effectif global d’Africom en Afrique plus proche de 10000 hommes que des 1500 affichés par le Pentagone. « Base » ne signifie pas vaste installation mais au moins lieu fixe de casernement, de ravitaillement et de raccordement au réseau de transmission utilisable par des dizaines voire des centaines d’hommes.

-       une base aérienne à Ouagadougou

-       deux bases en République centrafricaine  à Obo et Djeme

-       une base au Congo à Dungu

Nick Turse s’intéresse également aux bases de drones qui se trouvent au Niger, en Ethiopie et aux Seychelles et aux postes où sont stationnées les forces spéciales de la Marine installées au Kenya et en Ethiopie qui peuvent être dotés de pistes d’atterrissage pour les gros transporteurs Hercules

3 – Accords de coopération permettant à l’armée US d’utiliser des aéroports civils dans des dizaines de pays africains.

Pour cette activité des accords ont été passés avec les gouvernements du Sénégal, du Maroc, du Nigeria, du mali du Botswana du Ghana de la Tunisie d’Egypte pour utiliser les aéroports internationaux de ces pays : au total la logistique militaire US a porte ouverte dans 29 pays d’Afrique.

4 – Actions de formation d’armées africaines : la création d’Africom a permis de passer d’une période où la formation d’officiers africains se déroulait  dans les écoles militaires aux Etats-Unis même  et gardait donc un caractère élitaire et onéreux à une formation de masse,  de base et à coût allégé directement dans le pays concerné. Ces formations sont organisées et encadrées par des contractuels privés et les militaires sont réservés aux cours et à la mise en pratique. Les formations sont diversifiées. Il peut s’agir de formations au combat  classique, à la recherche de renseignements (espionnage), au maintien de l’ordre, ou aux opérations humanitaires. De cette façon et avec l’aimable complicité des dirigeants africains concernés les militaires US fabriquent des supplétifs pas chers, formés à leurs standards, utilisant des matériels étasuniens, anglophones a minima et dépendants à la fois pour la logistique et les télécommunications des réseaux militaires US.

Sous le label ACOTA Les actions de formation aux opérations de maintien de la paix et aux opérations qualifiées  d’humanitaires ont lieu dans de nombreux pays :

Benin, Botswana, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Djibouti, Ethiopie, Gabon, Ghana, Kenya, Malawi, Mali, Mauritanie, Mozambique, Namibie, Niger, Nigeria, Rwanda, Sénégal, Sierra Leone, Afrique du Sud, Tanzanie, Togo, Ouganda et Zambie.

Les limites entre  la formation à froid et la formation « sur le tas » dans des opérations en cours sont difficiles à tracer. Il semble que la seconde formule soit à l’œuvre au Sénégal, au Tchad, au Congo, et en Ouganda.

Ces actions de formation ont lieu dans des locaux et casernes financés et équipés par les Etats-Unis.

La formation au renseignement militaire  a lieu en Guinée au Niger et au Tchad

Une opération géopolitique de grande envergure

Cette politique de contrôle militaire indirect des pays africains s’était,  dans ses débuts, concentrée sur la bande sahélienne. La destruction de la Lybie, l’alignement ancien du Maroc et le changement de gouvernement en Tunisie lui ont permis d’étendre son influence sur  tout le Maghreb. Cependant les généraux algériens, sans repousser l’aide militaire US  et disposant à la différence de la plupart des généraux africains de budgets confortables, s’efforcent de la maintenir dans les limites d’une coopération pas trop inégalitaire.

Le sud du continent africain où n’existe pas, jusqu’à présent, le prétexte de lutte contre le terrorisme est resté assez à l’abri des ambitions et des missions d’Africom mais Nick Turse sur son site en ligne Tom Dispatchconsidère qu’Africom intervient dans 49 Etats africains sur 55.

La crise des jeunes filles nigérianes vient à point nommé pour permettre à Africom de venir encadrer de plus près ce pays et son armée, une armée nombreuse mais ravagée comme le pays tout entier par une corruption extrême et qui a été incapable de venir à bout depuis 10 ans de Boko Haram et probablement pour en faire la place forte anglophone d’Africom et le cœur du dispositif néocolonial US  remarquablement placé au centre du continent.

L’enjeu est de taille puisqu’il s’agit du pays le plus peuplé d’Afrique – 175 millions d’habitants -, de la première économie  africaine, le PIB nigérian  – environ 500 milliards  $ – venant juste de dépasser le PIB sud-africain. (Un chiffre sur le niveau de développement du Nigeria pourtant gros producteur de pétrole et de gaz : la consommation d’électricité par  tête d’habitant au Nigeria est de 1/100°  de celle des Etats-Unis –  dans sa grande commisération, Michelle Obama aurait aussi pu le dire)   et d’un gros vendeur de pétrole aux Etats-Unis.

Comaguer, Au fil des jours et des lectures : Bulletin n° 269

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Vidéo: La face cachée de l’affaire Boko Haram:

http://www.youtube.com/watch?v=yD0uwrJAmxU