Archive pour barbouzes DGSE syrie

État profond, géopolitique et Nouvel Ordre Mondial: La France, la DGSE et leur protection des services terroristes… Du GIA à Daesh ~ 2ème partie ~

Posted in actualité, colonialisme, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 18 décembre 2015 by Résistance 71

Interview JeanLoup Izambert (2ème partie) : « Si le DRS avait 
été écouté il n’y aurait pas eu d’attentats à Paris »

Algérie Patriotique

17 décembre 2015

Sources:

http://www.algeriepatriotique.com/article/interview-jean-loup-izambert-si-le-drs-avait-ete-ecoute-il-ny-aurait-pas-eu-dattentats-paris

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article6654

1ère partie

Algeriepatriotique : Vous dites que les services secrets américains veulent déstabiliser l’Algérie et que l’un de leurs principaux collaborateurs est Anouar Haddam, réfugié aux Etats-Unis. Sur quoi vous basez-vous pour affirmer cela ?

Jean-Loup Izambert : Tout d’abord, Anouar Haddam est l’un des contacts privilégiés de l’administration étasunienne dans les pays du Maghreb. Issu d’une famille de notables, formé dans les universités étasuniennes, il est très proche d’Ali Benhadj, le cofondateur du FIS – avec Abassi Madani – et l’un des propagandistes de la « lutte armée ». Je rappelle qu’Anouar Haddam qui pose aujourd’hui en costume-cravate depuis Washington fut aussi le porte-parole du GIA qui a plongé l’Algérie dans un bain de sang. Washington lui attribua un quasi-statut diplomatique qui, selon un haut fonctionnaire, lui permet de « camper littéralement au département d’Etat et dans les bureaux des membres du Congrès ». Faisant référence à un rapport de cent vingt pages édité en 1995 par la Rand Corporation – un centre de recherches officieux de la CIA – et rédigé par Graham E. Fuller sur l’intérêt de promouvoir les mouvements islamistes dans les pays arabes, mon confrère journaliste Richard Labévière donne un éclairage inattendu sur le dirigeant du FIS dans son investigation publiée sous le titre « Les dollars de la terreur » : « A travers l’exemple algérien, Fuller se prononce sur la « nature » de l’islamisme, « conflit de basse intensité » par excellence, dont la configuration correspond aux priorités du Pentagone (…) Se félicitant de voir les islamistes algériens privilégier l’apprentissage de la langue anglaise par opposition au français, Fuller insiste principalement sur les enjeux économiques indiquant notamment que « le FIS accueillerait avec plaisir tout investissement privé américain en Algérie et entreprendrait des relations commerciales avec les Etats-Unis ». (…) Selon plusieurs notes d’orientation, la CIA considère que le FIS et le Refah turc ne sont pas hostiles à un engagement accru de l’Otan en Méditerranée. » L’essentiel des perspectives ouvertes par ce rapport sont le fruit de rencontres et discussions que Fuller et d’autres membres de la CIA ont régulièrement menées avec Anouar Haddam, président de la délégation parlementaire du FIS à l’étranger, exilé aux Etats-Unis depuis 1992. (…)

Par son intermédiaire, plusieurs contrats importants ont été signés entre des financiers algériens et des firmes américaines, notamment dans le secteur de l’agroalimentaire. » De plus, alors que le réfugié Haddam rencontre régulièrement ses interlocuteurs de la CIA, celui-ci assure également des liaisons avec des groupes terroristes. Richard Labévière rapporte ainsi qu’« Anouar Haddam connaît aussi l’aile « internationaliste » du FIS qui, avec l’aide des vétérans algériens de la « guerre sainte » d’Afghanistan, lanceront les premières attaques revendiquées par les Groupes islamistes armés (GIA) à l’automne 1994. Selon plusieurs sources autorisées, Anouar Haddam assure la liaison entre le FIS et le GIA, et c’est par son intermédiaire que ces derniers auraient reçu les consignes d’épargner l’infrastructure énergétique et la main-d’œuvre américaine opérant en Algérie ». C’est la raison pour laquelle je m’interroge sur le fait de savoir si Anouar Haddam est le représentant de groupes terroristes auprès de la CIA ou l’envoyé de la CIA auprès des mêmes groupes armés qui combattent « le grand Satan » en… l’épargnant ! Par ailleurs, il faut dire également que dès la période d’interdiction du FIS, début mars 1992, Haddam et quelques autres vont se réfugier chez leur « employeur », aux Etats-Unis, et bénéficier également de protections du gouvernement français, y compris pour se livrer à des activités politiques en France contre la République algérienne. A la même époque, le ministre français Kouchner se plaignait officiellement des conditions de détention des assassins du FIS et de ses groupes armés emprisonnés en Algérie.
Et toujours à la même époque, des fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères s’efforçaient de favoriser l’accès des islamistes aux médias officiels français. Je reviendrai du reste sur cet aspect des relations franco-terroristes dans le tome 2 de 56qui sera publié avec le sous-titre Mensonges et crimes d’Etat.Anouar Haddam, qui se donne aujourd’hui des allures de grand démocrate, déclarait en 1995, depuis les Etats-Unis qui l’hébergent, « soutenir fermement la lutte armée en Algérie (…) comme un moyen ». Depuis, à chaque fois qu’une élection est organisée en Algérie, il sort de son exil doré, tantôt pour annoncer qu’il a créé un parti pour la justice et le développement, tantôt pour se présenter comme le dirigeant d’une prétendue « opposition démocratique ». Washington lui accorde un rôle de guignol et le remet en scène à chaque campagne électorale pour distraire les Algériens. Mais rien n’effacera le sang des crimes qu’il a soutenus contre le peuple algérien.

Vous parlez d’un plan des Frères musulmans adopté dans tous les pays du Maghreb et dont l’objectif était de déstabiliser les pays de cette région, mais que ce plan a échoué en Algérie. Pourquoi a-t-il échoué ?

Le plan de prise de pouvoir des Frères musulmans appliqué à tous les pays du Maghreb repose sur la terreur et la fabrication de « martyrs » par des assassinats planifiés. J’en décris les principales étapes dans 56et sa mise en application avec le soutien des services occidentaux et des dictatures du Golfe. Celui-ci a échoué en Algérie principalement grâce à trois facteurs : la grande mobilisation du peuple algérien dans toutes les principales villes contre le terrorisme, la loyauté de l’armée à la République algérienne et l’efficacité du Département du renseignement et de la sécurité (DRS), très certainement le plus moderne des services de renseignement des pays du Maghreb. 
A ce sujet, je dois rappeler qu’en octobre dernier, le DRS a transmis une liste de plusieurs noms de « radicaux » français d’origine algérienne et maghrébine qui sont en contact avec les combattants algériens de l’Etat Islamique. Il a également recueilli des informations très précieuses sur les plans de l’organisation terroriste et ses relais dans plusieurs pays d’Europe occidentale. Les renseignements recueillis par les agents du DRS ont également permis d’établir une liste nominative des « frères » originaires de France, dont des jeunes issus des banlieues, qui arrivent dans les aéroports algériens pour rallier ensuite des centres de formation « théologique » du courant salafiste. En pistant leurs filières, ils ont constaté que ceux-ci retournent en France après avoir amélioré leur arabe et leur connaissance de la religion. Plusieurs d’entre eux ont été repérés par le DRS en Syrie ou à la frontière turco-syrienne.

Dans sa note à la DGSE, le DRS avait notamment signalé les agissements suspects d’Omar Ismaïl Mostefaï, l’un des kamikazes français du Bataclan. La radicalisation de cet individu avait été signalée par les services algériens lors de ses séjours répétés en Algérie auprès de sa famille. Dans la note qu’il avait transmise à la DGSE, le DRS avait également alerté ses homologues français sur un fort risque d’attentats terroristes dans la région parisienne au niveau des « centres abritant de grands rassemblements de foule ». La DGSE n’a visiblement pas tenu compte de ces informations qui auraient permis d’éviter les attentats. De même, en 2013, une alerte des services secrets syriens avait été refusée par le Premier ministre Manuel Valls, au prétexte qu’elle venait de Damas. Cela étant dit, l’Etat algérien doit se moderniser, donner toute sa place à la citoyenneté, développer et moderniser ses infrastructures publiques par des financements importants. C’est, à mon avis, une impérieuse nécessité pour que la jeunesse algérienne s’engage dans les secteurs décisifs de la santé, de l’éducation, de la recherche et du développement économique. Cette bataille pour l’emploi et la modernité redonnera ses couleurs à la révolution algérienne et éradiquera les racines du terrorisme que les Occidentaux nourrissent. 
L’Algérie dispose des moyens humains et financiers pour aller de l’avant et jouer un rôle moteur sur le continent africain et bien au-delà. N’en a-t-elle pas déjà donné l’exemple dans le passé, dans les années soixante-dix, sous la direction de Houari Boumediene ?

Vous êtes le seul journaliste à avoir pu accéder au meeting de l’ex-FIS à Paris en mars 1992. Pouvez-vous apporter quelques éclairages sur cette période ? Quelles étaient les relations cachées de ce parti extrémiste ? Ses bailleurs de fonds, etc.

Comme vous le savez, la chambre administrative de la cour d’Alger a prononcé le 4 mars 1992 la dissolution du FIS. Ses principaux dirigeants, arrêtés, doivent alors répondre de différents crimes et de conspiration armée contre l’Etat. De 1992 à 2000, des criminels de cette organisation et de celles qui lui sont proches, soutenus par l’Arabie Saoudite et le Qatar, assassinent plus de cent mille personnes (militaires, fonctionnaires, intellectuels, militants communistes, journalistes, syndicalistes, artistes, femmes). Près d’un million d’autres seront victimes de leurs exactions. Pourtant, ce même mois de mars, Anouar Haddam et Saïd Hilali, deux des principaux dirigeants du FIS, se rendent en France sans aucune difficulté avec l’objectif d’établir des contacts avec des parlementaires et les médias. Anouar Haddam présidera même le premier meeting organisé en Europe par l’association Fraternité algérienne en France (FAF) alors dirigée par Djaffar El-Houari. Moussa Kraouche, le porte-parole du FIS en France, sera l’un des organisateurs de cette réunion. Cette manifestation se déroule le 29 mars 1992 dans les locaux de la cité universitaire d’Antony, dans les Hauts-de-Seine, en région parisienne. Des représentants du mouvement des Frères musulmans tunisiens, dont plusieurs sont recherchés par Interpol et soustraits par les autorités françaises aux demandes d’arrestation de l’organisation internationale de la police criminelle, y participeront également comme invités.

 

Prenant la parole à cette réunion publique, Anouar Haddam a appelé à « renverser tous les régimes du Maghreb (…) le FIS s’est donné pour cible le pouvoir en place ». Le ministre de l’Intérieur est alors le « socialiste » Philippe Marchand. Trois ans plus tard, le 30 janvier 1995, depuis les Etats-Unis qui l’hébergent, Anouar Haddam apporte médiatiquement son soutien à la « lutte armée ». Ce jour-là, à Alger, boulevard Amirouche, un attentat à la voiture piégée visant le commissariat central fait trente-huit morts et près de trois cents blessés. Cet attentat est le premier d’une longue série avec des voitures piégées ciblant plusieurs quartiers d’Alger et qui feront des dizaines de morts et de blessés. Exception faite de la période où Charles Pasqua fut ministre de l’Intérieur (de mars 1993 à mai 1995), les principaux soutiens des groupes criminels agissant au Maghreb et dans les pays arabes laïcs furent les présidents Mitterrand, Sarkozy et Hollande et les ministres de l’Intérieur, de la Justice et de la Défense du gouvernement Fillon et de tous les gouvernements « socialistes ». Dans le tome 2 de 56,je nommerai les principaux d’entre eux impliqués dans ces protections comme dans le soutien logistique et militaire des groupes criminels qui répandent la terreur dans les républiques laïques arabes. Bien évidemment, ils sont nombreux, mais 56 d’entre eux, dirigeants et hauts fonctionnaires du renseignement civil et militaire, sont plus particulièrement concernés par ces relations franco-terroristes pour la période des années quatre-vingt-dix à ce jour. Ces relations suivies avec des dirigeants du FIS comme avec ceux d’autres organisations des Frères musulmans ont conduit la France en pleine illégalité internationale avec un président et plusieurs ministres coupables de crime d’agression, de crime de guerre et de crime contre l’humanité.

Jean-Loup Izambert 
16. décembre 2015

Interview réalisée par Mohamed El-Ghazi

Ingérence française en Syrie: la mort du journaliste Jacquier ne serait pas une « bavure »…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, média et propagande, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique française, presse et média, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 17 janvier 2012 by Résistance 71

Les Russes en ont manifestement assez des turpitudes de l’Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord et consorts. Ils font relayer l’info de leur service de renseignement par leur média. Contrairement à la Libye, rien ne sera facile pour les criminels impérialistes en Syrie, car les Russes sont impliqués contre l’OTAN terroriste et impérialiste. Tout se passe par proxy et les Russes ne lâcheront vraisemblablement plus rien désormais. Qui aurait pu prédire il y a 20 ans, à la désintégration induite par la haute finance internationale de l’URSS, que la Russie deviendrait un des plus solides garant de la paix au XXIème siècle par son refus de plier aux diktats de l’hégémonie anglo-américaine et sa volonté de maintenir un monde multipolaire, concept totalement hérétique aux yeux de l’establishment politico-financier occidental??

Pour les oligarques occidentaux, cela est aussi sûrement une surprise, en tout cas, une chose imprévue dans la génèse de leur délire dictatorial et eugéniste du Nouvel Ordre Mondial. C’est pourquoi Poutine est devenu l’homme à abattre (politiquement d’abord et si possible…) pour les impérialistes fascistes occidentaux.

— Résistance 71 —

Le fiasco des barbouzes français à Homs

La mort en Syrie du journaliste Gilles Jacquier

 

par Boris V.

 

Le 16 Janvier 2012,

 

url de l’article original en français:

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=V.20120116&articleId=28683

 

Alors que Paris accuse Damas d’avoir organisé l’assassinat du journaliste de France-Télévisions Gilles Jacquier à Homs, Pierre Tolstoï vient de présenter une toute autre version des faits lors d’une émission spéciale de la première chaîne de télévision russe. Selon l’enquête conduite sur place par son équipe, M. Jacquier commandait sous couverture de presse une opération des services secrets militaires français qui a tourné au fiasco. Les accusations françaises ne sont qu’un moyen pour masquer la responsabilité de Paris dans les actions terroristes entreprises pour déstabiliser la Syrie.

Le journaliste français Gilles Jacquier a été tué lors d’un reportage à Homs, le mercredi 11 janvier. Il était venu couvrir les événements en Syrie pour le magazine « Envoyé spécial. »

Persuadé qu’il n’y avait pas de groupes terroristes, mais une révolution réprimée dans le sang, il avait refusé la protection des services de sécurité et ne portait ni casque, ni gilet pare-balles. Avec des collègues qui partageaient ses convictions, ils avaient loué trois minibus et trouvé des fixeurs, c’est-à-dire des locaux capables de les aider à se repérer, à prendre des rendez-vous, et leur servant de traducteurs.

Tous ensemble avaient demandé à rencontrer des représentants alaouites avant de se rendre dans les quartiers insurgés de Bab Amr et Bab Sbah. Arrivés à l’hôtel As-Safir, ils avaient rencontré par hasard un capitaine qui leur proposa de les accompagner avec son détachement jusqu’au quartier alaouite de Najha où les attendait une assistante du gouverneur de Homs.

Avec son aide, les journalistes purent rencontrer des personnalités et interroger les passants. A 14h45, la représentante du gouverneur leur avait demandé de quitter les lieux au plus vite, le cessez-le-feu de facto prenant fin chaque jour à 15h précises.

Cependant, les journalistes de la radio télévision belge flamande (VRT) s’étant aventurés plus loin chez des particuliers jusque dans le quartier d’Akrama, le groupe fut lent à se mouvoir. Des membres de l’association des victimes du terrorisme qui avaient prévu de manifester devant un car affrété par le ministère de l’Information pour une quarantaine de journalistes anglo-saxons, mais qui ne les avaient pas trouvés, se sentirent utiles en scandant des slogans pour le président Bachar à la vue de quelques caméras.

A 15h, comme chaque jour, la bataille d’Homs reprit. Un projectile explosa sur la terrasse d’un immeuble, détruisant un réservoir de mazout. Un second projectile tomba sur une école, puis un troisième sur les manifestants pro-Assad, tuant deux d’entre eux. Les journalistes montèrent sur la terrasse pour filmer les dégâts. Il y eut une accalmie. Gilles Jacquier, pensa que les tirs étaient finis et descendit avec son cadreur pour aller filmer les cadavres des manifestants. Arrivé dans l’embrasure de la porte, il fut tué avec six militants pro-Assad par une quatrième explosion qui le projeta sur sa fixeuse qui le suivait. La jeune femme fut blessée aux jambes.

Dans la confusion générale, le mort et la blessée furent évacués dans des voitures vers des hôpitaux. Ce seul incident fit 9 morts au total et 25 blessés. La bataille de Homs se poursuivi avec de nombreux autres incidents durant la soirée et la nuit.

Au premier abord, tout est clair : Gilles Jacquier est mort par hasard. Il se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment. Surtout ses convictions sur la nature des événements en Syrie lui faisaient croire qu’il ne devait craindre que les forces gouvernementales et qu’il ne courrait aucun risque en dehors de manifestations anti-régime. Il avait donc refusé une escorte, il n’avait pas pris de casque et de gilet pare-balles, et il n’a pas respecté l’heure fatidique de fin du cessez-le-feu. En définitive, il n’a pas su évaluer la situation car il a été victime de l’écart entre la propagande de ses collègues et la réalité qu’il niait.

Dans ces conditions, on ne comprend pas très bien pourquoi, après une première réaction courtoise, la France, qui avait légitimement exigé une enquête sur les circonstances de la mort de son ressortissant, a subitement insinué que Gilles Jacquier avait été assassiné par les Syriens et a refusé que l’autopsie ait lieu sur place en présence de ses experts. Ces accusations ont été publiquement explicitées par un des journalistes qui accompagnait Jacquier, Jacques Duplessy.

Pour la presse française, les faits ne sont pas si évidents qu’il y paraît : un doute persiste sur l’identification des projectiles mortels. Selon la plupart des reporters, il s’agissait de tirs de mortiers. L’armée syrienne confirme que cette arme est quotidiennement utilisée par les terroristes à Homs. Mais selon certains témoins, c’était des roquettes tirées depuis un lance-roquette portatif, et la télévision privée syrienne Ad-Dounia a montré des ailettes de roquette. Des forums se passionnent sur ce sujet, non sans arrières-pensées. En France, les anti-Assad croient au mortier et accusent l’armée syrienne d’avoir tiré. Tandis que les pro-Assad croient à la roquette et accusent les terroristes. En définitive, ce détail ne prouve rien : certes l’armée syrienne utilise des mortiers, mais pas de ce calibre, et les groupes armés utilisent des lance-roquette, mais rien n’empêche chaque camp de varier son armement.

Au demeurant, s’il s’agit de tirs de mortier, les deux premiers ont permis d’ajuster le tir du troisième et du quatrième pour frapper les manifestants qui étaient leur cible. Mais s’il s’agit de tirs de roquette, il était possible de viser beaucoup précisément et de tuer une personne en particulier. La thèse de l’assassinat devient possible.

L’étude des images et des vidéos montre que les corps des victimes ne sont pas ensanglantés et criblés d’éclats, comme lors de l’explosion d’un obus qui se fragmente. Au contraire, ils sont intacts, le sang coulant selon les cas par le nez ou les oreilles, comme lors de l’explosion d’une roquette thermobarique dont le souffle comprime les organes provoquant des hémorragies internes. De même, les points d’impact sur le trottoir ne portent aucune trace de fragmentation.

Notez que certains témoins parlent, eux de grenades, ce qui ne fait guère avancer notre compréhension puisqu’il existe des grenades à souffle et des grenades à fragmentation. En définitive, seule l’hypothèse de l’arme de souffle (RPG ou grenade) est compatible avec les éléments médicaux- légaux visibles sur les photos et vidéos. Accourus sur les lieux, des enquêteurs syriens et des observateurs de la Ligue arabe ont retrouvé deux queues de mortier de 82mm et une queue de roquette de fabrication israélienne.

Par conséquent, les autorités françaises ont raison d’étudier la possibilité de l’assassinat même s’il s’agit pour elles de se saisir d’un drame pour l’instrumenter et justifier leur ambition de guerre contre la Syrie. Pourtant les diplomates français, s’ils ont pour consigne de chercher la vérité, ont manifestement aussi pour consigne de s’assurer que les Syriens ne la découvrent pas. Ainsi, ils ont empêché toute personne francophone d’approcher la photographe Caroline Poiron, compagne du journaliste Gilles Jacquier, qui veillait sa dépouille toute la nuit. La jeune femme, en état de choc, ne maîtrisait plus son comportement et aurait pu trop parler. Puis, ils ont interdit l’autopsie sur place et ont rapatrié le corps au plus vite. Quelle est donc l’hypothèse que la France veut vérifier pour elle- même, mais cacher au grand public ?

Ici commence notre plongée dans le monde des services spéciaux occidentaux qui conduisent en Syrie une « guerre de basse intensité », comparable à celles organisées dans les années 80 en Amérique centrale ou plus récemment en Libye pour préparer et justifier l’intervention de l’OTAN.

Gilles Jacquier était un reporter apprécié de ses confrères, et récompensé par sa profession (Prix Albert Londres, Prix des correspondants de guerre etc.). Mais il n’était pas que cela….

Dans une lettre à en-tête de France-Télévisions, datée du 1er décembre 2011, les rédactrices en chef du magazine « Envoyé spécial » –l’émission politique la plus regardée du pays– avaient sollicité un visa du ministère syrien de l’Information. Prétendant vouloir vérifier la version syrienne des événements selon laquelle « les soldats de l’armée syrienne sont victimes d’embuscades et de groupes armés qui sévissent dans le pays », elles demandèrent que Jacquier puisse suivre le quotidien des soldats de la 4e division blindée commandée par le général Maher el-Assad (frère du président) et de la 18e division blindée, commandée par le général Wajih Mahmud. Les autorités syrienne furent surprises par l’arrogance des Français : d’une main, ils encadrent les groupes armés qui attaquent les troupes loyalistes, de l’autre ils entendaient infiltrer un agent de renseignement militaire dans leurs troupes pour informer les groupes armés de leurs déplacements. Il ne fut pas donné suite à cette demande.

Aussi, Gilles Jacquier tenta t-il une autre voie. Il sollicita l’entremise d’une religieuse grecque- catholique au franc-parler, estimée et parfois redoutée par le pouvoir, Mère Agnès-Mariam de la Croix, higoumène du monastère Saint-Jacques de l’Intercis. Elle avait organisé le premier voyage de presse ouvert aux journalistes occidentaux depuis le début des événements afin de montrer le soutien patriotique des Syriens chrétiens à l’administration Assad, et leur crainte de voir les Occidentaux placer au pouvoir des fanatiques takfiristes. La célèbre religieuse, qui dispose d’une double nationalité, espéra que la presse française agirait professionnellement et favoriserait la réconciliation nationale. Elle fit donc le siège du ministère de l’Information jusqu’à obtention d’un visa pour Jacquier et son cadreur.

Les choses s’accélérèrent le 20 décembre, d’autres médias prièrent Mère Agnès-Mariam de leur obtenir la même faveur. Gilles Jacquier, quant à lui, sollicita un autre visa pour sa compagne, la photographe Caroline Poiron, et pour la reporter Flore Olive, représentant toutes deux Paris-Match. Ce devait être au total un groupe de 15 journalistes français, belges, néerlandais et suisses. Selon toute vraisemblance, les Français et le Néerlandais étaient pour la plupart, voire tous, des agents de la DGSE. Le temps pressait pour leur mission.

Ici un petit retour en arrière est indispensable.

Pour affaiblir la Syrie, les groupes armés par l’OTAN entreprennent diverses actions de sabotage. Bien que le centre historique de la rébellion des Frères musulmans soit Hama, et que seuls deux quartiers de Homs les soutiennent, l’OTAN à choisi cette ville pour concentrer ses actions secrètes. En effet, elle est au centre du pays et constitue le principal nœud de communication et d’approvisionnement. Successivement, des « révolutionnaires » ont coupé le pipe-line, puis les ingénieurs canadiens qui dirigeaient la centrale électrique ont été rapatriés à la demande des Etats- Unis. Enfin, cinq ingénieurs iraniens chargé de faire re-fonctionner la centrale ont été enlevés, le 20 décembre 2011.

Des médias ont reçu une revendication d’une mystérieuse brigade contre l’expansion chiite en Syrie. Puis, l’ambassade a confirmé avoir débuté une négociation avec les preneurs d’otages. Restaient à ceux-ci à transmettre une « preuve de vie », par exemple une photographie datable des otages en bonne santé.

Contre toute attente, celle-ci ne fut pas envoyée directement à la République islamique, mais publiée par Paris-Match (édition du 5 janvier). Un photographe du magazine, disait-on, avait pu entrer secrètement en Syrie et réaliser ce cliché. Peut-être les lecteurs français se sont demandés si ce reporter était bien humain pour prendre des photos d’otages sans leur venir en aide. Peu importe, le message était clair : les ingénieurs sont en vie et les preneurs d’otages sont contrôlés par les services français. Aucune réaction officielle, ni d’un côté, ni de l’autre. C’est donc que les négociations se poursuivent.

Arrivés à Damas, les médias français et néerlandais furent logés par les autorités dans des hôtels différents, mais Jacquier les regroupa immédiatement au Fardos Tower Hotel. Le manager de cet établissement n’est autre que Roula Rikbi, la soeur de Bassma Kodmani, porte-parole du Conseil national basé à Paris. L’hôtel sert de cache aux services secrets français.

En résumé, un agent de renseignement militaire, ayant pour compagne une photographe dont une collègue a pu entrer en contact avec les otages, a formé un groupe de « journalistes » ayant une mission liée à ces otages, probablement leur remise par des Français à des Iraniens. Ils se sont rendus à Homs après s’être débarrassés des services de sécurité, mais le chef de mission a été tué avant de pouvoir établir le contact prévu.

On comprend que, dans ces conditions, l’ambassadeur de France soit devenu nerveux. Il était en droit d’envisager que Gilles Jacquier ait été assassiné par des membres des groupes armés, inquiets de la dislocation de l’alliance militaire France-Turquie, et jusqu’au-boutistes d’une guerre de l’OTAN. Hostiles à la négociation en cours, ils auraient fait capoter sa conclusion.

L’ambassadeur de France, qui n’avait pas le temps de reconstituer les événements, s’appliqua donc à

empêcher les Syriens de le faire. Contrairement aux normes internationales, il refusa que l’autopsie soit réalisée sur place en présence d’experts français. Les Syriens acceptèrent de déroger à la règle à la condition de réaliser une radiographie. En réalité, ils en profitèrent pour photographier le cadavre sous tous les angles. Selon nos informations, le corps porte la trace d’éclats à la poitrine et de coupures sur le front.

Puis, l’ambassadeur prit dans ses voitures blindées les « journalistes » français et le néerlandais, et la dépouille du défunt. Il partit avec eux accompagné d’une lourde escorte, laissant sur le carreau la Mère supérieure stupéfaite et un journaliste de l’Agence France Presse : le diplomate pressé avait récupéré ses agents et abandonné les civils. Le convoi passa récupérer les effets personnels de chacun à l’hôtel As-Safir de Homs, puis rejoignit l’ambassade à Damas. Le plus vite possible, il arriva à l’aéroport d’où un avion spécial affrété par le ministère français de la Défense évacua les agents vers l’aéroport de Paris-Le Bourget.

Les barbouzes ne feignaient plus de réaliser des reportages en Syrie, ils oubliaient avoir obtenu un allongement de leur visa, ils fuyaient juste avant que les Syriens ne découvrent le pot aux roses de cette opération ratée.

Arrivé à Paris, le corps fut immédiatement transféré à l’institut médico-légal et autopsié avant l’arrivée d’experts mandatés par la Syrie. En violant les procédures pénales, le gouvernement français a invalidé le rapport d’autopsie, qui sera tôt ou tard rejeté par la Justice, et a définitivement écarté la possibilité d’établir la vérité.

Afin d’empêcher les journalistes français (les vrais) de mettre leur nez dans cette affaire, les journalistes (les faux) qui accompagnaient Jacquier ont, une fois revenus en France, multiplié les déclarations contradictoires, mentant de manière éhontée pour créer de la confusion et noyer le poisson. Ainsi, bien que 8 manifestants pro-Assad aient été tués, Jacques Duplessis dénonce « un guet-apens tendu par les autorités syriennes » pour l’éliminer avec ses confrères. Vérification faite, M. Duplessy a longuement travaillé pour une ONG réputée avoir servie de paravent …à la DGSE.

Pour les Iraniens et les Syriens, la mort de Jacquier est une catastrophe. En laissant circuler le groupe d’espions français et en le surveillant discrètement, ils espéraient bien remonter aux ravisseurs et, à la fois, libérer les otages et arrêter les criminels.

Depuis un an, les services secrets militaires français sont placés au service de l’impérialisme états- unien. Ils ont organisé un début de guerre civile en Côte d’Ivoire. Par la suite, ils ont manipulé le séparatisme de la Cyrénaïque pour faire croire à une révolution anti-Kadhafi et s’emparer de la Libye. Maintenant, ils encadrent des repris de justice recrutés par le Qatar et l’Arabie saoudite pour semer la terreur, accuser le gouvernement syrien et menacer de venir le changer.

Il n’est pas sûr que le peuple français apprécierait de savoir que Nicolas Sarkozy a rabaissé son pays au niveau d’un vulgaire preneur d’otages. Et il ne faudra pas s’étonner si un Etat qui pratique le terrorisme chez les autres doive un jour le confronter sur son sol.

Par Boris V.