Archive pour autogestion politique et sociale

Résistance politique: Analyse et parties de solutions au marasme politico-économique ambiant… 1ère partie

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 7 octobre 2013 by Résistance 71

En savoir plus sur un projet moderne de société autogestionnaire devient de plus en plus vital. Créer un contre-pouvoir autogestionnaire véritable devient une évidence, tant le fait de dire « q’il n’y a pas de solutions au sein du système » n’a jamais autant été d’actualité, il suffit de regarder le monde dans lequel nous vivons et l’analyser pendant cinq minutes, pas plus….

Le capitalisme privé ou d’état n’est en aucun cas « la fin de l’Histoire », mais juste un passage néfaste obligé (malheureusement…) pour une compréhension globale des avantages universels d’une société libre autogérée et fonctionnant sur la large base de communes confédérées.

Ci-dessous la première partie d’un excellent texte d’analyse de la situation. L’emphase textuelle est de notre cru et n’apparaît pas dans le texte original.

— Résistance 71 —

 

Nationalisation, privatisation, socialisation, autogestion : le droit de propriété en question (1ère partie)

Un article paru dans « Les Cahiers d’alter » d’août 2013

 

Catherine Lebrun & Christian Maheux (SUD et Solidaires)

 

url de l’article:

http://www.alternativelibertaire.org/spip.php?article5490

 

1ère Partie

2ème Partie

 

Nationalisation, privatisation, socialisation, autogestion… Le syndicalisme ne peut pas faire l’économie d’approfondir ces questions car elles sont au cœur de tout projet de transformation sociale radicale.

Au-delà des positions de principe de lutte contre le système capitaliste, les réponses et les stratégies alternatives à construire doivent prendre la mesure de l’évolution du capitalisme et des conditions concrètes dans lesquelles se mènent la lutte des classes. Elles reposent sur la nécessaire articulation entre revendications immédiates et changements structurels, entre revendications et construction du rapport de force pour les faire aboutir, entre projet alternatif et formes d’action (démocratie ouvrière, démocratie dans les luttes, grèves de masse, grèves reconductible, autonomie des mouvements sociaux, conséquences politiques concrètes des luttes, etc.)

Le présent texte ne prétend à nulle exhaustivité, il n’entend pas fixer une quelconque ligne politique en dehors des cadres de débats et décisions de notre organisation syndicale. C’est une contribution, dont l’objectif est de relancer la réflexion et les échanges sur ces sujets. Elle est basée sur les acquis historiques [1] du mouvement ouvrier, l’analyse de la société dans laquelle nous vivons, la prise en compte des rapports de forces nécessaires à une organisation différente de la société qui passe par une rupture avec le capitalisme. C’est un, très partiel et modeste, outil pour les militant-es qui veulent renouer avec ce nécessaire travail, individuel et collectif, d’élaboration d’une stratégie émancipatrice.

Les auteurs : Catherine Lebrun, issue de SUD-Emploi, et Christian Mahieux, issu de SUD-Rail, sont membres du bureau national de Solidaires.

Nationalisation, socialisation, autogestion, ces concepts ont imprégné des années de débats au sein du mouvement syndical. Ce ne sont pas des discussions « dans le vide » ; des expériences ont été menées, des bilans ont été tirés. La gestion des outils de production [2] directement par celles et ceux qui travaillent est possible. C’est un premier point important car il rappelle que des alternatives sont possibles, en vrai, pas seulement sous forme de slogans.

Réapproprions-nous notre histoire, ne nous laissons pas imposer la vision de la classe dominante dont un des objectifs est de nous conduire à accepter comme fait acquis que « le capitalisme est la fin de l’histoire » [3] !

Dans le cadre du système capitaliste, la gestion directe d’entreprises ou services est possible comme le montrent quelques expérience ; mais pas l’autogestion, car il s’agit là d’un projet de transformation sociale de la société dans son ensemble, avec des modifications fondamentales en termes de pouvoir de décision, de rapports entre classes sociales, de notions de hiérarchie et de responsabilité, etc. Il nous faut donc construire notre réflexion en intégrant cette nécessaire rupture avec le système capitaliste. Là encore, pour que ce soit utile, nous devons retrouver et inventer des revendications, des formes d’action, des organisations, des slogans, des exemples de luttes, qui rendent crédibles aux yeux de nos collègues ces changements fondamentaux.

A travers certaines résistances et luttes sociales actuelles, est parfois posée la question de l’organisation du travail dans toutes ses dimensions : qui décide dans l’entreprise et dans chaque collectif de travail ? Que produire ? Dans quelles conditions ? Quelle utilité sociale ? Ce ne sont que des interrogations, rarement des tentatives concrètes, nullement un mouvement de fond. Mais n’est-ce pas à nous de créer les conditions pour que celui-ci existe ?

Réponses alternatives, mouvement de masse, changements concrets

Le bilan des politiques de nationalisation et de privatisation menées depuis cinquante ans et les leçons à tirer des luttes pour une appropriation sociale collective, sont autant de repères pour ébaucher des réponses alternatives destinées à construire un mouvement de masse permettant la rupture avec le système capitaliste.

Les crises économiques et financières successives et leurs conséquences sociales dévastatrices ont mis à jour l’impasse du capitalisme financier, phase actuelle de ce système économique. Elles renforcent la nécessité d’une utopie transformatrice. Mais les effets du néo-libéralisme en termes de chômage de masse, de précarisation, d’individualisation de la relation salariale handicapent toute velléité de dynamique d’émancipation, sans oublier le bilan désastreux des expériences du « socialisme » dit réel, par exemple dans les ex-pays de l’est qui pèse encore dans l’inconscient collectif.

Dans ce contexte contradictoire et paradoxal, le syndicalisme ne peut pas se limiter à la défense des intérêts immédiats des travailleurs-euses mais se doit d’élaborer un projet de transformation sociale à la hauteur des bouleversements du capitalisme contemporain et conforme à notre volonté d’émancipation des travailleurs et des travailleuses.

Trop de forces syndicales, hexagonales et mondiales, ont abandonné cette tâche essentielle et ne visent plus qu’à aménager, voire à accompagner les effets du libéralisme. Rien d’étonnant par conséquent que leurs stratégies et leurs revendications ne visent plus à remettre en cause le système ni à esquisser les contours d’une autre organisation sociale.

Créer les conditions de nouveaux rapports de force idéologiques et sociaux implique de se battre sur des orientations syndicales inversant la logique même du système d’exploitation capitaliste et faisant le lien avec la situation et les revendications quotidiennes des salarié-es, chômeurs-ses, jeunes en formation et retraité-es.

Entre autres problématiques auxquelles travaille, encore insuffisamment, l’Union syndicale Solidaires, citons la répartition des richesses, la socialisation des moyens de production, la transition écologique, les inégalités femmes/hommes, les formes d ‘organisation sociales et les processus de décision sur les choix économiques et sociaux que porte notamment la thématique de l’autogestion.

Du passé, avant de faire table rase, tirons les enseignements !

La question de la propriété est toujours révélatrice de l’état des rapports de force entre les classes sociales, et de l’état du débat social et politique du moment. Sans retracer des siècles de débat sur cette question, reprenons quelques périodes charnières, parmi les plus récentes.

Suite à la crise de 1929, le débat sur les nationalisations refait surface en Europe entre les partisans d’une politique de nationalisation des infrastructures et des secteurs clefs de l’économie et ceux préconisant un régime d’économie mixte où le régime de propriété capitaliste reste dominant. En France, un clivage existe dans le mouvement syndical (notamment entre CGT et CGTU puis dans la CGT réunifiée) entre les « réformistes » et les « syndicalistes révolutionnaires », ces derniers considérant qu’étatiser une partie de l’économie sans rompre avec le régime du profit et les inégalités de classe, est un leurre. La nationalisation des chemins de fer par la création de la SNCF en 1937 illustre cette situation, puisqu’il s’agit avant tout d’éponger les dettes des grands actionnaires des compagnies privées, sans toucher aux profits accumulés depuis des dizaines d’années, et en les indemnisant très généreusement : « socialiser les pertes, privatiser les profits », est une revendication patronale ancienne…

A l’échelle internationale, les collectivisations en Espagne, entre 1936 et 1938, sont une expérience particulièrement intéressante ; sans les mythifier, elles montrent que « c’est possible » à grande échelle, sans recours aux nationalisations étatiques mais en fédérant des initiatives mises en œuvre à la base. Plusieurs millions de personnes participèrent à des réalisations sans précédent : les collectivités agricoles d’Aragon et la socialisation d’entreprises et des services publics en Catalogne par exemple, se sont faites sans recours à l’État. Celles et ceux qui produisaient se sont emparé-es des usines, des bureaux, des champs. Ils et elles ont géré directement la production, sa répartition, les échanges, mais aussi les moyens à mettre en commun pour l’éducation, la santé, etc. Dans certaines collectivités, un salaire unique a été mis en place, dans d’autres l’argent était aboli au profit de bons d’échange, non capitalisables et utiles pour la seule satisfaction des besoins familiaux,… Bien entendu, le contexte politique, économique et social [4] de l’Espagne de 1936 n’est pas celui de notre monde contemporain, mais ces expériences méritent toute notre attention.

Le débat sur le pouvoir, et en fait sur l’autogestion, a traversé le mouvement ouvrier dans tous les pays et dans des périodes bien différentes. On sait ce qu’il advint de la révolution russe de 1917 et ce que furent les régimes autoritaires des pays dits « communistes ». Mais, en Russie, de 1917 au début des années 20, la remise en cause du pouvoir des conseils ouvriers (les soviets [5]) a été contestée y compris au sein du parti bolchevik au pouvoir [6].

En 1945, après la seconde guerre mondiale, où tout est à reconstruire et afin d’écarter toute velléité de remise en cause du système, nombre de gouvernements européens mettent en place des politiques dites keynésiennes [7] fondées sur un interventionnisme étatique fort. En France, dans le cadre du Conseil national de la résistance (CNR) regroupant les courants politiques de droite et de gauche, le projet était « le retour à la nation de tous les grands moyens de production monopolisée, fruit du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques » ; le préambule de la constitution de 1946 reprend ces principes. Une grande partie du patronat ne s’y oppose pas, non seulement parce que les actionnaires indemnisé-es pourront investir dans des secteurs plus juteux à court terme, mais aussi parce que les lourds investissements assumés par l’État seront profitables au développement du capitalisme. De surcroît, la gestion des secteurs nationalisés n’étant pas sous contrôle ouvrier [8], le changement juridique de la propriété ne remet en cause, ni la logique de rentabilité, ni le pouvoir de décision et de gestion des dirigeant-es. Rien d’étonnant, comme le disait le sociologue Bourdieu, tant la porosité entre « la noblesse d’état » technocratique [9] et les pouvoirs économiques, contredit la notion « d’État garant de l’intérêt général ».

L’important travail de recherches, de confrontation d’idées, mené au cours des années 60 dans des organisations ouvrières (y compris syndical, notamment dans la CFTC/CFDT) et la dynamique de Mai 68, mettent l’autogestion au centre de nombreux débats. Avec le recul, certains « exemples » d’alors méritent d’être considérablement rediscutés [10].

C’est dans ce contexte où se mêlent débats théoriques et forte volonté de « changer les choses dès maintenant » que naît le conflit des LIP [11] en 1973 à Besançon. Contre les licenciements, les salarié-es, massivement syndiqué-es, réquisitionnent le stock de montres et s’emparent des plans de fabrication. S’en suit une période novatrice, qui cristallise espoirs et soutien populaire, au cours de laquelle est mis en œuvre le slogan « c’est possible, on produit, on vend, on se paie ».

Les nationalisations de 1982, sous Mitterrand, représenteront 17% du PIB, et toucheront plusieurs dizaines de sociétés industrielles (Compagnie générale d’électricité, Saint-Gobain, Pechiney, Rhône-Poulenc, Thomson-brandt) et financières, mais elles suivront la même logique que les processus antérieurs, avec 47 milliards de francs d’indemnisations pour les actionnaires. Il n’y avait aucune volonté politique de permettre une remise en cause des choix stratégiques de production, du pouvoir de décision et de gestion des salariés-es dans les entreprises.

Les équipes dirigeantes resteront les mêmes notamment dans le secteur bancaire où la course à la spéculation aboutira à une facture salée pour les contribuables (cf. les 100 milliards de dette du Crédit Lyonnais). Le gouvernement PS/PCF est loin même du programme commun de la gauche des années 70 qui préconisait la mise en place de conseils d’ateliers et de services pour un contrôle ouvrier des entreprises. Les libéraux comme les sociaux démocrates utilisent la socialisation des pertes comme une transition avant un retour fructueux au secteur privé. A l’instar des politiques ultralibérales anglo-américaines de Thatcher et Reagan dont la doctrine est la restauration de « l’ordre spontané du Marché », le gouvernement « socialiste » opérera le tournant libéral en 1983.

Les privatisations ne vont pas cesser de s’enchaîner sous les gouvernements de droite comme de gauche, notamment sous le gouvernement Jospin (PS/PCF/Verts, de 1997 à 2002). Le drame de la sidérurgie française privatisée en 1996 est un des symboles. D’autres secteurs verront la participation de l’Etat baisser sans cesse et en bout de course circonscrite à l’énergie, les transports, l’audiovisuel public, les télécommunications, la Poste… souvent de plus en plus partiellement d’ailleurs.

Cette contre révolution conservatrice amorcée dans les années 1980, prendra dans les années 1990 des formes nouvelles de domination de la finance sur l’ensemble de la sphère économique dont la recherche de rentabilité maximum et à court terme, conjuguée avec une concentration croissante des entreprises, abouti à l’extension des privatisations et à une offensive brutale contre les services publics.

Force est de constater que le bilan des privatisations est marqué par un coût social élevé. Les Etats ont souvent bradé les entreprises publiques au secteur privé. Ce dernier, guidé par la recherche du profit immédiat, n’a cure des productions nocives écologiquement et désastreuse socialement pour les salariés-es. Et quand, celui- ci est en faillite, les états renflouent, sans contreparties, et font payer la note aux populations, détruisent le secteur public, comme c’est le cas aujourd’hui avec les politiques d’austérité instaurées en Europe dans la foulée de la crise économique et financière de 2008. Ce ne sont pas les quelques mesures de B.Hamon sur l’économie sociale et solidaires, ni le projet de Hollande sur la possibilité de reprise par les salariés-es d’entreprises bénéficiaires, qui modifieront la domination de la loi du marché et la captation des pouvoirs de décision par une oligarchie minoritaire.

Socialisation, autogestion : une autre voie possible

Les questions que nous devons poser sont celles de la répartition des fruits des richesses produites et de l’organisation de la production (ce qui implique celles sur son contenu, son utilité sociale, ses implications écologiques, etc.)

La nationalisation de tel ou tel secteur, où seule la forme juridique de la propriété change en devenant étatique, ne bouleverse pas la logique du système dans son ensemble. A certains moments, elles peuvent permettre de sauvegarder les intérêts des salariés-es ; mais une véritable transformation sociale du système suppose la socialisation de l’ensemble des moyens de production et d’échange donc la remise en cause de la propriété privée, et du pouvoir par les travailleurs-ses, au sein des entreprises mais aussi plus largement pour « l’administration de la société ». Cela implique également un cadre national de planification des besoins sociaux futurs, des ressources allouées pour les satisfaire, en tenant compte des impératifs écologiques.

L’articulation de ces orientations, à l’échelle nationale et internationale, avec les besoins locaux, ceux des entreprises et des branches, pose la question de l’ensemble de la « chaine démocratique » pour assurer des choix cohérents au profit de la collectivité dans son ensemble.

Au-delà des mots différents (autogestion, collectivisation, socialisation…), ce que nous entendons par autogestion c’est que les classes sociales qui produisent la richesse collective [12], aujourd’hui sans pouvoir, peuvent gérer l’économie (donc les entreprises, les services, etc.) et plus généralement la société. Ceci suppose l’appropriation collective directe des outils de production et des moyens d’échanges. Nous ne voulons par là décrire un modèle idéal pour « après la révolution », mais d’une part « construire par nos luttes d’aujourd’hui la société de demain », d’autre part créer les conditions pour que des luttes faisant bouger réellement les choses se développent.

Ces principes posés, l’évolution du capitalisme et ses effets sur la structuration du salariat, nous obligent à repenser les termes du débat sur ces thématiques. Nous ne sommes plus dans les années 1970 où nous étions face à un capitalisme encore largement patrimonial, familial, avec un pouvoir de décision unique et identifié.

L’internationalisation du capital, les centres de pouvoir opaques et insaisissables, l’interdépendance économique à l’échelle planétaire, la domination des multinationales sur l’ensemble des filières, des petites et moyennes entreprises (PME), et du marché des matières premières, impliquent de redéfinir le contenu des réponses alternatives et les stratégies syndicales et politiques.

La perspective de socialisation des secteurs clefs de l’économie et autogérés par les salariés-es suppose d’anticiper la chaîne de conditions économiques de production et de la repenser au-delà des murs d’une seule entreprise. En d’autres termes, l’autogestion n’est pas concevable en l’organisant entreprise par entreprise, sans prendre en compte les interactions entre de nombreuses entités tout au long de la production d’un produit ou d’un service. C’est sans doute une des raisons qui explique que « l’aventure » autogestionnaire surgisse rarement des luttes d’entreprises, les salariés-es évaluant eux-mêmes les conditions nécessaires à sa réussite. Le caractère outrageusement réformiste de la majorité du mouvement syndical contemporain, que nous évoquions plus haut, est aussi une des explications.

Cela ne veut pas dire que des espaces d’expériences autogestionnaires sont impossibles, même sous des formes inachevées comme les SCOP [13] en France ou plus abouties et plus nombreuses comme par exemple en Argentine (les entreprises « récupérées ») ou la coopératives ouvrière Mondragon au pays basque espagnol, mais dans les tous les cas ce sont dans des secteurs et des créneaux restreints.

Le mode d’organisation en SCOP permet des ruptures importantes avec le schéma dominant dans l’économie capitaliste : sur la propriété, la hiérarchie, la répartition des tâches, etc. Dans un autre registre, mais avec la même aspiration, le développement des AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne) pose les questions des circuits courts entre paysan-nes et consommateurs-trices, de l’inutilité des grands groupes prédateurs de la distribution mais aussi la qualité de la nourriture produite et du soutien à une agriculture non productiviste.

Quant à « l’économie sociale et solidaire », appelée aussi « tiers secteur », si elle traduit parfois une aspiration à sortir des lois du marché, elle n’est pas exempte de contradictions ; la gestion de ces entités, à l’exemple de nombre de Comités d’Entreprise ou d’associations, étant loin d’être en rupture avec le modèle dominant ! Elle se situe aux marges du système et sans vue d’ensemble, perméable à l’instrumentalisation dans un processus de privatisation des services publics, et à la récupération marchande comme le commerce équitable par les grandes chaînes de distribution.

Les expériences qui peuvent être menées à travers des CE (bien peu !) ou des SCOP, aussi utiles et intéressantes soient-elles, ne sont pas l’autogestion au sens d’un projet d’ensemble qui a des conséquences sur toute la société, et remet en cause les rapports entre classes sociales que nous connaissons. Le projet autogestionnaire dont nous nous revendiquons est nécessairement en rupture avec le système capitaliste.

A suivre…

Publicités

Autisme syndical: Lutte des classes ?… Quésaco ?…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et social, politique française, résistance politique, Social & Retraite, société libertaire, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 19 juin 2013 by Résistance 71

Excellente analyse succinte et directe sur la relation État, forces actives du travail, syndicats et entreprises. Le constat est simple: les syndicats foie jaune ne sont plus là pour lutter, mais pour arrondir les angles de façon à profiter des mannes et privilèges offerts aux moutons serviles.

Arrêtons cette mascarade ! Il est plus que temps de reprendre le chemin de la conscience politique. Question simple: Où est l’intérêt commun et qui s’en occupe ? Qui en a même encore simplement conscience ?…

— Résistance 71 —

 

La société que nous préparent le MEDEF et la CFDT

 

Pierre Bance

 

19 Juin 2013

 

url de l’article:

http://www.autrefutur.net/La-societe-que-nous-preparent-le

 

La loi du 14 juin 2013 sur la sécurisation de l’emploi a été validée pour l’essentiel par le Conseil constitutionnel. La loi est une reprise, sans modification majeure, de l’accord national interprofessionnel du 11 janvier 2013. Signé entre le patronat d’un côté, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC de l’autre, cet accord, pour scélérat qu’il soit, ne tombe pas du ciel. Il s’inscrit dans une longue marche visant à réformer le droit du travail pour l’adapter aux contraintes d’une économie mondialisée.

Le droit du travail est le reflet de la lutte des classes. Quand les travailleurs avancent l’État et le patronat concèdent des améliorations aux conditions de travail. Quand ils reculent, parce que les conditions économiques sont peu favorables et les syndicats peu combatifs, les employeurs reprennent ce qu’ils avaient lâché.

Jusqu’en 1981, globalement, le droit du travail s’était amélioré, fruit d’un siècle de luttes ouvrières. Avec l’arrivée au pouvoir des socialistes, et dans un contexte de « crises » économiques, les choses vont changer. En la personne de la CFDT, patronat et sociaux-libéraux vont trouver un partenaire syndical qui accepte de collaborer pour construire un autre modèle de société qui n’est pas sans rappeler les systèmes corporatistes ou, si l’on veut être moderne, une version possible de projet libertarien. Patronat et syndicats réformistes adaptent le droit du travail à ce qu’ils considèrent comme les impératifs de l’économie de marché mondialisée, sous le regard bienveillant de l’État maintenu à ses strictes fonctions régaliennes : faire respecter l’ordre social par sa justice, et encore le moins possible ; par la force, si besoin.

C’est la thèse développée par Pierre Bance dans l’article ci-dessous, version actualisée de celle parue dans Le Monde libertaire, n° 1707 du 23 au 29 mai 2013.

À l’origine, l’État se construit par la force, Dieu la légitime, le droit la sert. Celui qui possède les moyens de la contrainte physique impose son État par la violence pour son profit. Celui qui possède la puissance financière achète la violence qui lui permettra de contrôler l’État pour étendre son pouvoir et grossir son capital [1]. L’inégalité et l’injustice entre les tenants du pouvoir, les forts, les riches, leurs protégés et ceux qui les subissent, les exploités, les faibles, les pauvres se révélèrent, au cours des siècles, de plus en plus insupportables avec le progrès des sciences et des techniques, avec les idées nouvelles. Les plus intelligents des exploiteurs comprirent qu’il fallait donner une autre légitimité au pouvoir d’État que la désignation divine. 
Á partir de la Révolution française, se construisit la démocratie inspirée de l’enseignement des philosophes des Lumières. Les révolutionnaires de 1789 décrétèrent que la légitimité du gouvernement de l’État ne viendrait plus de la violence expropriatrice des chefs barbares, du Dieu des rois et empereurs. Elle viendra du peuple. On entrait dans la modernité. La nouvelle puissance politique et économique, la bourgeoisie, conçut en moins d’un siècle cette merveille de l’exploitation paisible qu’est la démocratie parlementaire qu’Alain Badiou appelle le capitalo-parlementarisme [2]. Elle permet à la classe dominante de conserver la propriété des moyens de production et de contrôler le pouvoir tout en laissant croire à une égalité entre tous les citoyens. Le principe électoral est la base de cette illusion. Chacun imagine avoir sa part dans la conduite du pays alors que, quel que soit le gouvernement, l’État joue un rôle régulateur au profit de la propriété ; il veille à ce que certains exploiteurs n’aillent pas trop loin pour éviter des désordres ; il anticipe ou répond à la grogne des exploités pour désamorcer leur révolte. Le droit du travail, agissant sur la relation primaire du capitalisme, l’exploitation du travailleur salarié [3], le plus dangereux pour l’ordre établi, est l’exemple approprié pour comprendre l’enjeu et le mécanisme de la régulation démocratique.

Le droit du travail accessoire du droit des affaires

Quand les travailleurs sont en situation de force, l’État oblige le capital, s’il ne le comprend pas lui-même, à leur concéder des droits ou des avantages ; quand les travailleurs sont en situation de faiblesse, l’État laisse les exploiteurs les leur reprendre ou les limiter. Ce mouvement alternatif est inhérent à la lutte des classes et s’articule avec les fluctuations de l’économie. Quand cette dernière est en expansion, le patronat est disposé à partager pour éviter la confrontation sociale et si celle-ci se produit, il cède. Quand elle est en récession, du fait des dysfonctionnements de sa propre machine, le capital est prompt à inverser la tendance, invoquant la nécessité de réformer pour le bien commun, de restreindre dans l’intérêt général, de faire preuve de réalisme pour revenir à la prospérité.

En 1945, et les années qui suivent, la classe ouvrière, aguerrie dans la Résistance, bien organisée dans ses syndicats, est en mesure de mener une révolution, au moins une insurrection. Pour éviter l’une ou l’autre, l’État lui concède des droits importants : institution des comités d’entreprise et relance des délégués du personnel, statut « avantageux » des salariés des entreprises nationalisées, installation de la sécurité sociale et participation des syndicats à sa gestion, nouvelle loi sur les conventions collectives renforçant le rôle des syndicats par la représentativité, etc.

On pourrait aussi prendre pour exemple l’après-Mai 68 avec la loi sur les délégués syndicaux et la section syndicale d’entreprise, la mensualisation, le développement de la formation professionnelle, la loi de 1973 sur la cause réelle et sérieuse du licenciement, etc.

Á chaque situation comparable, l’État fait ainsi d’une pierre deux coups : en améliorant le sort des salariés, il désamorce la contestation tout en renforçant son emprise sur les organisations ouvrières enserrées dans un filet juridique les contraignant à collaborer au système d’exploitation.

Après la victoire socialiste de 1981, les lois Auroux de 1982, du nom du ministre du travail Jean Auroux, accordent de nouveaux droits non négligeables sur la représentation du personnel, la négociation collective, la durée du travail, la limitation des contrats à durée déterminée et du recours à l’intérim… Dans la foulée sont aussi votées la retraite à 60 ans et la cinquième semaine de congés payés. Mais, parallèlement, ces lois promeuvent des idées consensuelles telles que la « démocratie économique », les travailleurs « citoyens de l’entreprise », l’« entreprise citoyenne » qui préparent, perfidement, la déconstruction du droit du travail. Avant même le « tournant de la rigueur » de 1983, la première pierre en est posée par la loi du 13 novembre 1982 qui permet aux accords d’entreprise de déroger, en moins favorable, à des dispositions législatives et réglementaires lorsque lesdites dispositions l’autorisent. Les socialistes et la fraction éclairée du patronat s’étaient entendus pour, d’un côté, accorder des droits indispensables à la crédibilité des premiers, de l’autre, pour moderniser le droit du travail dans le sens voulu par la mondialisation de l’économie [4]. Le virus d’une remise en cause radicale de cent ans d’avancées sociales était instillé par une gauche phagocytée par les sociaux-chrétiens venus de la Confédération française démocratique du travail (CFDT).

Les choses se dégradent au long des années. La précarité de l’emploi pénètre le droit du travail par de multiples fissures légales et conventionnelles dont les plus significatives furent les lois Aubry de juin 1998 et janvier 2000 sur les 35 heures hebdomadaires, échangeant une réduction de la durée du travail contre sa flexibilité et la modération salariale ; cette réduction qui n’était pas une revendication première, fut un mauvais deal dont les salariés ne perçurent pas le vice sur le coup [5]. De retour au pouvoir en 2002, la droite pouvait parfaire le travail et accentuer le repli des droits des travailleurs. Notamment, les lois Fillon du 4 mai 2004 et Sarkozy-Fillon du 20 août 2008 étendent les cas où les accords d’entreprise peuvent déroger à la loi et leur permettent de contenir des dispositions moins favorables que la convention de branche. Pris dans un complexe jeu politique, les syndicats ne bougent pas voire encouragent le repli comme la CFDT approuvant la réforme scélérate des retraites en 2003 ce qui lui vaudra de perdre quelques dizaines de milliers d’adhérents [6]. Le programme de la gauche en 2012 n’a pas à son ordre du jour d’améliorations des droits sociaux. Tout occupé à leur faire accepter les fermetures d’entreprises, le gouvernement socialiste abandonne les travailleurs en rase campagne invoquant une énième crise plutôt que leur impuissance devant les multinationales. Pendant ce temps, la droite se droitise, l’extrême-droite prospère, les organisations syndicales sont bâillonnées par leurs bureaucraties politiciennes, surtout… s’affaiblit la conscience de classe. Le capitalisme oblige les ouvriers au recul : ils acceptent le développement de la flexibilité et de la précarisation, ils concèdent des retours en arrière sur les salaires, la durée du travail, la productivité, sous la menace de fermeture, de chantage aux délocalisations. L’État accompagne le mouvement et le prolonge avec la législation nécessaire en allongeant l’âge des départs en retraite et la durée de cotisation, en diminuant l’indemnisation du chômage comme les remboursements de l’assurance maladie. Les travailleurs fragilisés, menacés ne négocient plus le maintien de l’emploi mais les conditions de sa suppression quelquefois après des luttes dures, souvent désespérées.

L’ANI, comme une résurgence corporatiste

Désormais, la négociation sociale intègre la logique patronale des fatalités économiques telles les contraintes de la compétitivité internationale et la nécessité de délocaliser donc, l’impérative obligation de licencier. L’œuvre dévastatrice s’accélère avec l’accord national interprofessionnel (ANI) sur la compétitivité et la sécurisation de l’emploi du 11 janvier 2013 signé entre le Medef, la Confédération générale des petites et moyennes entreprises et l’Union professionnelle artisanale d’un côté, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC, de l’autre ; accord entériné, sans modification majeure, par la loi du 14 juin 2013 relative à la sécurisation de l’emploi [7]. Objet d’un recours de parlementaires UMP pour non-conformité à la Constitution de certaines de ses dispositions, la loi a été validée par le Conseil constitutionnel [8]. Après cette validation, le ministre du Travail, Michel Sapin, a déclaré : « la loi sur la sécurisation de l’emploi fera date dans l’histoire de nos relations sociales, elle contribuera à renforcer notre compétitivité et donc l’emploi en France, tout en s’inscrivant dans la filiation des lois améliorant les droits de salariés » [9]. Oui, Monsieur le ministre socialiste, elle fera date, mais non pour ce que vous dites…

Ce texte était initialement intitulé : projet de loi pour un « nouveau modèle économique et social au service de la compétitivité des entreprises et de la sécurisation de l’emploi ». La sobriété nouvelle de son titre n’en a pas modifié le contenu [10]. Reste la quadrature du cercle : être au service de la compétitivité des entreprises en préservant l’emploi des travailleurs. Reste ce qui paraît le plus probable : construire un nouveau modèle économique et social. D’inspiration néo-libérale, celui-ci tend à remettre l’élaboration de la norme aux partenaires sociaux, de préférence au niveau de l’entreprise qui serait le mieux adapté. La mission régulatrice de l’État est circonscrite au minimum, avec la tentation de limiter son rôle à homologuer ce qui a été négocié, sa justice se chargeant seulement de le garantir. Ainsi, voit-on que la crise, selon un schéma éprouvé, sert l’adaptation du capital aux nouvelles données économiques. S’agissant du droit social, base juridique de l’exploitation, un système, à visée quasi libertarienne, se met en place ; il repose sur trois principaux piliers :

  • Cogestion de la précarisation. L’entreprise doit être gérée par l’employeur avec des syndicats qui adhèrent à cette idée folle de préserver l’emploi en le précarisant [11]. Les accords signés dérogeront de plus en plus largement à la loi et se soustrairont de plus en plus à l’appréciation du juge déclaré incompétent en matière économique, voire hostile au marché. Renaît le mythe du juge rouge.
  • Fait majoritaire. Les accords signés par des syndicats représentant une majorité de salariés, voire moins, s’imposeront à tous les salariés lesquels ne pourront plus opposer les clauses plus favorables de leur contrat de travail et seront légitimement licenciés s’ils rejettent les dispositions conventionnelles [12]. Peut-être, à l’avenir, pourront-ils ne pas être licenciés mais considérés comme démissionnaires au nom de leur liberté individuelle.
  • Privatisation de la protection sociale. Petit à petit le patronat reprend en main la gestion et le contrôle de la protection sociale avec pour objectif de la privatiser ne laissant qu’une sécurité sociale résiduelle, une aide médicale pour ceux qui n’ont rien.

Les ambivalences et les évolutions du droit social se prolongent dans le domaine de la santé, il faut avoir une population bien portante pour bien produire ; de l’éducation qui doit former des corps professionnels compétents et dociles si possible ; du logement pour parquer le bétail salariés ; des transports et des infrastructures dont l’objet principal est de faciliter la circulation des marchandises et l’acheminement de la main-d’œuvre. Entre la rapacité du capital contrariée par ses obligations économiques, sa volonté d’appropriation du commun par la privatisation et la volonté de la population d’améliorer sa vie quotidienne s’établit, au mieux, un consensus qui maintient en place la société capitaliste, et que l’on voudrait provisoire, au pire, une collaboration de classes qui concourt à son adaptation voire à sa transformation. Ce dilemme hante le syndicalisme depuis ses origines mais c’est sa face la plus noire qu’il nous présente aujourd’hui.

Pour que l’on se libère de ces dominations économiques, juridiques et idéologiques, il faut que les syndiqués de la CFDT empêchent la poursuite de la rédaction, par leur centrale et le Medef, de la nouvelle Charte du travail, modèle pour une société corporatiste. Le veulent-ils ? Il faut que les syndiqués de la CGT jettent par-dessus bord cette absurdité de « syndicalisme rassemblé » vide de sens, pour revenir au syndicalisme de lutte des classes, au syndicalisme révolutionnaire. Le peuvent-ils ? Seuls les travailleurs organisés sont en mesure de stopper la fuite en avant de l’alliance du patronat et des sociaux-libéraux, de subvertir la passivité des bureaucraties syndicales par la grève générale.

Texte libre de droits avec mention de l’auteur : Pierre Bance, et de la source : Autrefutur.net, espace d’échanges ouvert à toutes les composantes anti-autoritaires, autogestionnaires et libertaires du mouvement ouvrier et révolutionnaire (www.autrefutur.net).

[1] Pour Norbert Elias, l’État se construit par la force incarnée dans l’armée, la violence légitime, et par la levée des impôts, un racket légitime (La Dynamique de l’Occident [1977], Calmann-Lévy, « Pocket, Agora », 2003, 320 pages).

[2] Pour une lecture militante d’Alain Badiou, voir Pierre Bance, « Badiou cerné par l’anarchisme », Un Autre futur, 2 février 2012 (http://www.autrefutur.net/Badiou-ce…).

[3] Il convient d’ajouter aux travailleurs salariés, les faux indépendants, tous ces travailleurs aux frontières du salariat.

[4] Martine Aubry, alors jeunes conseillère de Jean Auroux, faisait-elle déjà le relai avec le grand patronat chrétien ?

[5] Pour un constat critique, Paul Bouffartigue, Temps de travail et temps de vie. Les nouveaux visages de la disponibilité temporelle, Paris, Presses universitaires de France, « Le travail humain », 2012, 232 pages, voir notamment les pages 64 et suivantes.

[6] Pour Michel Noblecourt dans Le Monde du 20 novembre 2012, les départs dépassèrent les 80 000.

[7] Loi n° 2013-504 du 14 juin 2013, Journal officiel du 16 juin 2013, page 9958. Lors du dernier scrutin à l’Assemblée nationale, le 24 avril, ont voté pour le Parti socialiste, les radicaux de gauche et les centristes ; contre le Front de gauche, quatre socialistes et deux UMP ; se sont abstenus l’UMP, les écologistes et seize socialistes. C’est évidemment par pure inhibition politicienne que la droite n’a pas voté pour.

[8] Décision du Conseil constitutionnel n° 2013-672 DC du 13 juin 2013, Journal officiel du 16 juin 2013, page 9976. Le Conseil constitutionnel a cependant censuré la disposition permettant d’imposer, par une convention de branche, un ou plusieurs organismes chargés d’assurer la couverture complémentaire de tous les salariés de la branche estimant, comme les sénateurs et députés UMP, qu’elle méconnaissait « la liberté contractuelle et la liberté d’entreprendre ».

[9] Communiqué de presse du ministère du Travail du 13 juin 2013 (http://travail-emploi.gouv.fr/actua…).

[10] Sans pouvoir entrer, ici, dans le détail de multiples dispositifs, rappelons quelques points forts du de la loi issu de l’accord : – Mise en place – a minima – d’une mutuelle pour tous les salariés. – Le plan de sauvegarde de l’emploi (plan social assorti de licenciements collectifs) devra faire l’objet d’un accord signé par les syndicats représentant la majorité des salariés à défaut, d’une homologation du plan de l’employeur par l’administration du travail. – Un accord majoritaire pourra proposer une réduction de salaire ou un aménagement du temps de travail contre un maintien dans l’emploi pour une durée maximale de deux ans. En cas de refus individuel, le salarié fera l’objet d’un licenciement économique. – Un accord signé par les syndicats représentant 30 % des salariés pourra autoriser l’employeur à mettre en place une mobilité obligatoire professionnelle ou géographique. Là aussi, en cas de refus, le salarié fera l’objet d’un licenciement économique. Pour un résumé de l’ANI voir La Nouvelle Vie ouvrière du 25 janvier 2013, page 26 ; pour une étude de la loi voir le dossier de La Nouvelle Vie ouvrière du 31 mai 2013, page 19, illustré par Babouse, les titres de chapitre de ce dossier sont éloquents : – Des accords de chantage à l’emploi. – Les salariés contraints à la mobilité. – Temps partiel, une durée minimale mais des dérogations à foison. – L’accès à la justice entravée pour les salariés. – Des contreparties bien modestes pour les salariés. – Les institutions représentatives du personnel fragilisées. – Licenciement, un nouveau plan de sauvegarde de l’emploi.

[11] Employeur qui n’est souvent, même dans les petites et moyennes entreprises, que le gérant d’une multinationale lointaine, d’un fonds spéculatif mystérieux.

[12] Le résultat des élections de représentativité donnant, au niveau national, une majorité à la triplette CFDT-CFTC-CGC, 44,73 %, contre 42,71 % à la CGT et FO qui ne pourront faire opposition à l’ANI, est une heureuse surprise pour le camp de la collaboration (Voir le site du Ministère du travail : http://travail-emploi.gouv.fr/espac…).

N’oubliez pas le week-end prochain…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire with tags , , , , , , , , , , , , , , on 3 juin 2013 by Résistance 71

Foire à l’autogestion 8 et 9 Juin à la parole errante… Allons-y nombreux !

 

Rendez-vous à la 2e édition de la Foire à l’autogestion les 8 et 9 juin 2013 à La Parole errante – La Maison de l’arbre 9, rue François Debergue 93100 Montreuil

Débattre, se rencontrer et vivre l’autogestion !

 

Visionnez ces petits clips vidéos de 30 à 50 secondes… Truculents et suggestifs !

 

« On a beau fouiller les quatre saisons, on a rien trover de plus poétique que l’autogestion ! »

 

http://www.autrefutur.net/On-a-beau-fouiller-les-quatre

Éducation et pédagogie: La Foire à l’Autogestion des 8 et 9 Juin… Apprenons !… Échangeons !…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique with tags , , , , , , , , , , , , , , on 21 mai 2013 by Résistance 71

Entrée libre à la seconde Foire à l’Autogestion !

vendredi 17 mai 2013

 par Foire-Autogestion

 

La Foire à l’autogestion dure deux jours : les 8 et 9 juin, à la Parole errante, 9 rue François-Debergue, à Montreuil, métro Croix-de-Chavaux.

On y attend des dizaines de structures associatives, syndicales, coopératives et politiques, et 1500 à 2000 visiteurs.

L’entrée est libre. Vous donnez ce que vous voulez à l’entrée pour financer l’édition de l’année suivante.

Consultez le programme !

Carte et plan des lieux

Résistance politique ici et maintenant…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, démocratie participative, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, Social & Retraite, société libertaire, syndicalisme et anarchisme with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 10 mai 2013 by Résistance 71

De la résistance à l’autogestion, le 14 mai à Paris

 Alternative Libertaire

 

3 Mai 2013

 

url de l’article:

http://www.alternativelibertaire.org/spip.php?article5325

 

Pendant combien de temps va-t-on encore continuer à nous prendre pour des imbéciles ?

Quand on entend qu’il faut se serrer la ceinture et accepter l’austérité alors que les riches continuent de s’enrichir et que, depuis 20 ans, les actionnaires n’ont pas cessé de s’engraisser sur le dos des travailleurs-euses…

Quand on sait que la fraude fiscale représente entre 60 et 90 milliards d’euros et qu’on voit éclater au grand jour les magouilles et les scandales où se croisent les hommes politiques et les plus grosses fortunes…

Quand on nous promet le changement et qu’en même temps on continue à pourchasser les Rroms, à faire la chasse aux immigré-es, à laisser faire les patrons qui licencient à tour de bras…

Quand on voit un gouvernement soi-disant de « gauche » inscrire dans la loi l’une des pires attaques contre les droits des travailleurs-euses : le fameux « Accord national interprofessionnel » imposé par le MEDEF et une CFDT complice…

Face à cela, l’alternative est simple. Soit on s’écrase et on subit l’exploitation patronale, en laissant la rue aux parades réactionnaires et aux milices fascistes. Soit on se bouge pour répondre à l’austérité par la solidarité, pour lutter contre la loi du plus riche et résister à l’offensive capitaliste avec, en ligne de mire, la reprise en main de l’économie et la transformation de la société.

Parce que nous sommes persuadé-es qu’on ne peut pas attendre un changement venu « d’en haut », parce que nous croyons que c’est par nos résistances et par nos luttes que nous pourrons renverser le rapport de force actuel, parce que nous pensons que c’est par en bas que se construira une société réellement démocratique et égalitaire, nous vous invitons à venir discuter et débattre avec nous le mardi 14 mai, à 20h, au local d’Alternative libertaire.

Meeting le 14 mai, 20h, au 92, rue d’Aubervilliers, Paris 19e (métro Stalingrad, Riquet ou Marx-Dormoy)

 

Et ensuite…

Ne ratez pas la 2e Foire à l’autogestion à Montreuil, les 8-9 juin

Forums, débats, ateliers pratiques, stands, guinguette, cinéma, théâtre, espace enfants…

Une centaine de structures participantes.

www.foire-autogestion.org

*  *  *  *  *  *  *  *  *

Programme de la Foire à l’Autogestion 2013:

 

Samedi 8 juin

Lieu : la Parole errante à Montreuil (9 rue François-Debergue, métro Croix-de-Chavaux).

Stands, buvette, restauration, animation musicale avec Johnny Montreuil, cycle cinéma, vidéos, ateliers, débats… Une centaine de structures participantes.

10 h : Ouverture de la Foire à l’autogestion

10 h-19 h : Espaces permanents

● Village du logiciel libre, avec les associations Parinux, la coopérative Cliss XXI (Liévin)…
● Espace enfants avec, cette année : la construction collective d’une cabane proliférante
● Répar’Café sur le thème du petit électroménager : apprenez à réparer vous-mêmes, plutôt que de dépendre du SAV de Darty !
● Atelier Récup’ : apprenez à recycler utilement (et artistiquement) les objets de la vie quotidienne (quelques exemples ici). 
● Atelier d’écriture collective d’un scénario de jeu. Ou comment mettre en place une activité de loisir imaginatif autogérée à travers l’exemple de l’écriture de scénarios. Organisé par la Mare aux diables sur son stand, 20 participant-e-s max. S’inscrire ici.
● Atelier d’autoréparation de vélo, avec l’association Cyclofficine (Ivry-sur-Seine), accueil auto-réparation air-huile, avec mise à disposition de l’outillage de base pour apprendre à réparer soi-même sa bicyclette. Toute la philosophie Do it yourself tient sur deux roues !
● Atelier vidéo : venez avec votre caméra (même un simple appareil photo numérique) et apprenez les bases du cadre vidéo avec Holistic Productions ; 5 à 8 participant-e-s max. S’inscrire ici.

11 h-13 h : forum « Éducation et pédagogie alternative »

Comment sortir de l’école de la reproduction sociale ? L’éducation : au service de qui ? de quoi ? Pour quels savoirs et quels programmes ?

Débat avec :

● Charlotte Nordmann, auteure de La Fabrique de l’impuissance (éd. Amsterdam, 2008) ;
● Un intervenant du Lycée autogéré de Paris

11 h-13 h : Atelier : Créer son propre fanzine

Par Bernard (Autre Futur) ; max. 10 participant-e-s. S’inscrire ici.

12 h-14 h : Débat : Retour critique sur l’autogestion yougoslave (1950-1990)

L’expérience ambiguë de « l’autogestion socialiste » en Yougoslavie a, dans les années 1960 et 1970, fait couler beaucoup d’encre dans les courants anticapitalistes cherchant une alternative au modèle soviétique. De par les rapports conflictuels qu’elle a révélé avec l’État et avec l’économie de marché, l’expérience de l’autogestion yougoslave n’a pas fini de nous apporter d’utiles enseignements.

● Catherine Samary (auteure de Le marché contre l’autogestion, l’expérience yougoslave, La Brèche, 1988) ;
● Vladimir Fisera (auteur de Prague, la révolution des conseils ouvriers, Seghers, 1978).

11 h-14 h : ciné-débat : Douce France, la saga du mouvement beur, de Mogniss Abdallah et Ken Fero, 77 min, IM’Média, 1993.

Synopsis : Des affrontements des Minguettes à la Marche pour l’égalité et contre le racisme de 1983, de Rock against Police à la lutte contre la double peine, de la lutte des ouvriers arabes dans l’usine Talbot-Poissy au mouvement étudiant de 1986 et aux lois Pasqua… Ce documentaire retrace les temps forts du « mouvement beur » des années 1980. Trente ans après la marche de 1983, ce film est l’occasion d’en faire un état des lieux, de revisiter les mémoires d’un certain nombre d’acteurs et d’exposer la diversité des options prises dans la lutte contre le racisme. Voir des extraits.

Projection suivie d’un débat avec :

● Mogniss Abdallah, coréalisateur du film ;
● Éric Louis, participant à Convergence 84, la « deuxième Marche », en 1984.

14 h-17 h : Atelier : Initiation à l’autodéfense féministe

Un stage axé sur la prévention des situations d’agression et la mise en pratique de défenses physiques simples. Possibilité d’adapter le contenu du stage à la demande des participantes.

Organisé par Irène (AL Orléans) ; max. 20 participantes (non mixte). Pas de tenue de sport nécessaire. S’inscrire ici.

14 h-16 h : Forum : « Auto-organisation et lutte des travailleurs migrants »

Avec, entre autres :

● Bernard Gilles (bureau confédéral CNT-SO) ;
un-e militant-e du syndicat du Nettoyage CNT-SO, qui évoquera la défense des droits des migrants et ses difficultés propres (barrière du langage, racisme…) ;
● Michael Hoare (Comité pour l’avenir des foyers), qui nous parlera de l’enjeu de la rénovation des foyers de travailleurs migrants, et de la lutte des résidents pour le maintien d’espaces de solidarité collective ;
● un délégué du Foyer de travailleurs migrants du Centenaire, qui évoquera l’expérience de ce foyer montreuillois autogéré de facto.

14 h-16 h : Débat : la noblesse des biffins, c’est le recyclage

Traqués par la mairie de Paris, les biffins (chiffonniers) s’auto-organisent contre la misère. Débat avec :

l’Association des marchés économiques locaux individuels et organisés du recyclage (Amelior), qui fédère 200 biffins en région parisienne.

15 h-17 h : Présentation du livre Syndicalistes et libertaires. Une histoire de l’UTCL (1974-1991)

Raconter l’action de l’Union des travailleurs communistes libertaires (UTCL) dans le syndicalisme des années 1970-1980, c’est raconter la période de « l’insubordination ouvrière » de l’après Mai 68, la lutte contre le recentrage de la CFDT, l’émergence des gauches syndicales, l’irruption des coordinations de grévistes, la formation des SUD… A travers les pratiques du petit groupe d’ouvriers turbulents qui formait l’UTCL, on s’interrogera sur la portée révolutionnaire du syndicalisme d’action directe. Débat avec :

Théo Rival (AL Orléans), auteur du livre ;
● plusieurs anciennes et anciens de l’UTCL.

16 h-18 h : Débat : le logement alternatif, c’est possible. L’exemple du Mietshaüser Syndikat

En Allemagne, il existe une tradition de lieux alternatifs et ouverts dans lesquels s’épanouit une culture alternative. Ces Hausprojekte, terme que l’on pourrait traduire en français par « maisons autogérées », sont à la fois des lieux de vie et d’activités collectives et politiques. Pour renforcer leur indépendance, une structure associative basée à Fribourg, le Mietshaüser Syndikat a imaginé un montage juridique et financier original qui fait sortir de manière définitive les bâtiments du marché immobilier spéculatif. En France, cette initiative a inspiré la création du CLIP, qui se bat pour la propriété d’usage, contre la propriété marchande. Débat avec :

un-e représentant-e du Mietshaüser Syndikat ; 
● un-e représentant-e du CLIP.

17 h-19 h : ciné-débat : Le Champ commun, ensemble on va plus loin, de Marie-Josée Desbois, 26 min, 2012.

Synopsis : La toute jeune coopérative Le Champ commun a ouvert en 2010 une épicerie et un bar-café-concert à Augan (Morbihan). Fort de 96 associés, un groupe de 8 salariés travaille pour créer une alimentation générale de qualité et un lieu de rencontre et de culture en milieu rural. Leur devise : « Tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin ».

Projection suivie d’un débat sur l’auto-organisation de circuits de production, de transformation et de distribution alternatifs, avec :

● Consom’Solidaires,
● la coopérative Le Champ commun,
● la coopérative Minga,
● l’association Andines,
● la coopérative TerraUna.

17 h-19 h : forum « Lutte contre les licenciements et reprise des entreprises »

Avec, entre autres :

● Gérard Cazorla (CGT-Fralib), qui évoquera la lutte des salarié-e-s de l’usine de Gémenos pour la reprise de la production ;
● Laurent Lacoste (Solidaires-Industrie), qui évoquera la campagne pour le droit de veto des CE sur les licenciements collectifs ;
● Une militante d’une entreprise en lutte pour la reprise par ses salarié-e-s ;
● Yannis Androulidakis (revue grecque Rocinante), qui parlera de la « proto-autogestion » dans les entreprises récupérées en Grèce.

18 h-20 h : débat : Le sport (collectif) pour populariser les pratiques autogestionnaires

Avec :

● Nicolas Kssis, militant à la Fédération sportive et gymnique du travail (FSGT) et rédacteur à So Foot ;
● Wally Rosell, auteur d’Éloge de la passe, changer le sport pour changer le monde, Éditions libertaires, 2012.

Au terme du débat, rendez-vous sera donné pour une mise en pratique le lendemain matin, avec un match de foot à 7.

21h-22h : Théâtre : Side in/Side out, avec Tom Nanty (compagnie Un jour aux rives)

A la sortie de sa performance de dragking, Tom retrouve le calme de sa loge. Une voix le renvoie aux galères quotidiennes de sa situation de banlieusard. Tom nous fait alors partager ses réflexions sur les inégalités sociales, les travers de l’urbanisme et l’élitisme culturel, pendant qu’il se change après son spectacle et poursuit la transition d’homme en femme. Un dossier sur le spectacle ici. Suivre l’événement sur les réseaux sociaux ici.

Dimanche 9 juin

Lieu : la Parole errante à Montreuil (9 rue François-Debergue, métro Croix-de-Chavaux).

Stands, buvette, animation musicale, vidéos, ateliers, débats… Une centaine de structures participantes.

9 h : match de football à 7

Rendez-vous à 9 heures, « à la fraîche », sur le terrain de foot de proximité Espoir, dans la cité de l’Espoir, à 5 minutes à pieds du site de la Foire à l’autogestion.

Le football à 7 est une version non compétitive du football, davantage fondée sur le jeu, avec équipes mixtes (hommes-femmes, jeunes-vieux…), qui se joue en 2 x 25 minutes, éventuellement même auto-arbitré.

● L’encadrement sera assuré par Nicolas Kssis (FSGT) Wally Rosell (FA).

10 h : ouverture de la Foire à la Parole errante

10 h-19 h : Espaces permanents

● Village du logiciel libre, avec les associations Parinux, la coopérative Cliss XXI (Liévin)…
● Espace enfants avec, cette année : la construction collective d’une cabane proliférante
● Répar’Café sur le thème du petit électroménager : apprenez à réparer vous-mêmes, plutôt que de dépendre du SAV de Darty !
● Atelier Récup’ : apprenez à recycler utilement (et artistiquement) les objets de la vie quotidienne (quelques exemples ici). 
● Atelier d’écriture collective d’un scénario de jeu. Ou comment mettre en place une activité de loisir imaginatif autogérée à travers l’exemple de l’écriture de scénarios. Organisé par la Mare aux diables sur son stand, 20 participant-e-s max. S’inscrire ici.
● Atelier d’autoréparation de vélo, avec l’association Cyclofficine (Ivry-sur-Seine), accueil auto-réparation air-huile, avec mise à disposition de l’outillage de base pour apprendre à réparer soi-même sa bicyclette. Toute la philosophie Do it yourself tient sur deux roues !
● Atelier vidéo : venez avec votre caméra (même un simple appareil photo numérique) et apprenez les bases du cadre vidéo avec Holistic Productions ; 5 à 8 participant-e-s max. S’inscrire ici.

11 h-12 h : L’expérience du Centre autogéré Espace noir, de Saint-Imier (Suisse)

La pratique du centre socio-culturel Espace noir de Saint-Imier, dans le Jura Suisse historique. Nous verrons comment les principes de socialisation du pouvoir, de l’information, de la communication et d’autres principes liés au savoir, à la culture d’entreprise, à la constitution de réseaux, sont appliqués au quotidien par un centre autogéré.

● Par Yves Deconinck (formateur), qui prépare un livre sur cette initiative.

11 h-13 h : forum « Luttes rurales et défense des terres agricoles péri-urbaines »

La« zone à défendre » de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) est devenue emblématique du slogan « Résister, c’est créer ». Mais ce n’est pas le seul endroit où l’on s’oppose à la destruction des terres agricoles pour de grands projets inutiles. On peut également citer la résistance au projet Europa City, porté par Auchan à Gonesse (Val-d’Oise) ou à la ferme des Bouillons à Mont-Saint-Aignan (Seine-Maritime). Un forum organisé par les Amis de la Confédération paysanne, avec :

Blaise Martin, Collectif pour le Triangle de Gonesse (www.cptg.fr) ; 
Rémy Querbouet, Alternatifs, Collectif d’opposants NDDL ;
un-e représentant-e de la ferme des Bouillons à Mont-Saint-Aignan.

11 h-14 h : ciné-débat : Lorraine-Cœur d’acier : une radio dans la ville de Jean Serres et Alban Poirier , 72 min, 1982

Créée par la CGT en vue de la grande manifestation des sidérurgistes le 23 mars 1979, Paris Radio LCA ne s’est pas cantonné à l’action syndicaliste. Passées les premières semaines d’antenne, les journalistes Marcel Trillat et Jacques Dupont ont choisi de faire tourner leurs micros. Politiques de tout bord, habitants du bassin, femmes d’ouvriers, travailleurs immigrés et même enfants de la cité de fer ont participé à l’aventure LCA. L’antenne était régulièrement brouillée par les forces de l’ordre mais, pendant plus d’un an de lutte, elles ne sont pas venues à bout des habitants du bassin de Longwy qui faisaient bloc pour défendre la radio… Voir un extrait.

Projection suivie d’un débat avec :

Michel Olmi, sidérurgiste, secrétaire de l’UL-CGT de Longwy de 1974 à 1980 ;
● Daniel Cano, de l’association Minga, de Longwy.

12 h-14 h : Rencontre : Monter une entreprise autogérée

Créer une coopérative de production, c’est bien ; lui appliquer une éthique égalitaire et autogestionnaire, c’est mieux. Partage d’expériences, conseils, échanges, avec les coopératives du réseau REPAS :

● la scierie coopérative Ambiance Bois (Creuse),
● la filature coopérative Ardelaine (Ardèche),
● l’épicerie coopérative Le Champ commun (Morbihan),
● la coopérative de communication La Navette (Creuse),
● la boulangerie coopérative La Conquête du pain (Montreuil),
● et d’autres encore…

14 h-16 h : forum « Féminisme et auto-organisation: enjeux et pratiques d’émancipation  »

Le Planning 93 et la bibliothèque grenobloise Antigone présenteront la façon dont ils articulent en pratique féminisme et autogestion, et les implications politiques, dans les contextes où ils agissent. Cela permettra de lancer le débat, qui occupera l’essentiel de la durée du forum. Avec :

● Corinne Mélis (Planning familial 93) ;
● Cécilia (bibliothèque Antigone, Grenoble) ;
● François (bibliothèque Antigone, Grenoble).

14 h-17 h : Atelier : prendre la parole sans prendre le pouvoir

On explorera les comportements et cadres de pensée qui peuvent entraver la libération de la parole, créer des frustrations, de l’aliénation et favoriser les jeux de pouvoir dans un groupe ; et on verra ceux qui favorisent la coopération, l’entraide, la décrispation sur les enjeux de pouvoir/territoire.

Par Adeline (AL), Pascal (LAP) et Jean-Pierre (FRAP) ; max. 15 participant-e-s. S’inscrire ici.

14 h-17 h : Débat sur les monnaies locales et théâtre de l’Opprimé

Avec Michel Lepesant (MOC Drôme) ;
● Création d’une saynète selon la méthode du théâtre de l’Opprimé.

15 h-17 h : Rencontre : L’autogestion… ça ne marche pas toujours !

Débat organisé par le Syndicat unique du bâtiment et des travaux publics (SUBTP-CNT) de la Région parisienne.

Au printemps 2010, le SUBTP-CNT se lance dans l’aventure coopérative avec ses deux camarades travailleurs-coopérateurs en fondant La Belle équipe, une coopérative ouvrière de production dans tous les corps d’état du bâtiment. Il s’agit d’un outil nouveau pour les camarades qui retroussent leurs manches et souhaitent vivre dignement de leur métier, comme pour le syndicat qui peut mettre en pratique ses discours et ses valeurs. La coopérative est fondée sur des statuts clairs, qui placent le syndicat comme légataire en cas de défaillance d’un membre, et lui interdisent de compter des actionnaires non producteurs en majorité, ce qui limite à un seul en l’espèce. Cette coopérative s’insère dans la vie syndicale avec ses actions de formation aux métiers et à la sécurité sur le chantier, avec le placement de militants licenciés pour fait syndical … et reçoit en retour l’appui juridique, pédagogique, logistique et relationnel du SUBTP-CNT. Cette coopérative est depuis fin 2012 en sommeil.

Le SUBTP-CNT propose, en présence de camarades travailleurs-coopérateurs, une intervention et un retour critique sur les points suivants :
a) Histoire et chronologie du projet de la Belle Équipe ;
b) Activités de la Belle Équipe et relations entre les travailleurs-coopérateurs et le syndicat; rôle du syndicat ;
c) Avancement et évolution de la scop (formation, travail sur les chantiers…) ;
d) Analyses et retours critiques sur la mise en sommeil de la scop ;
e) Perspectives pour la création, le développement et la pérennité de nouvelles coopératives dans le bâtiment.

15 h-18 h : Atelier: Brasser sa bière soi-même

« Pensez global, buvez local ! », « Brasser sa bière, un acte révolutionnaire ! » Démonstration pratique, de façon intermittente, sur trois heures, avec :

● la microbrasserie montreuilloise Zymotic, qui désaltèrera la Foire cette année !

17 h-19 h : forum « Autogestion et projet de société »

Comment concevoir une économie postcapitaliste, placée entre les mains des producteurs et des consommateurs ? Selon quels critères décider de qu’il faut produire et comment le répartir ? Autant de questions qui bouleversent les codes actuels de l’économie et notre système de pensée. On cassera donc les codes pour repenser quelques idées fondamentales avec :

● Anselm Jappe, universitaire, un des théoriciens de la « nouvelle critique de la valeur » ;
● Clément Homs, de la revue Sortir de l’économie.

 

Développons la résistance politique et sociale: Foire à l’autogestion de Toulouse… Visions sur la construction du contre-pouvoir autogestionnaire…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire, syndicalisme et anarchisme with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 23 mars 2013 by Résistance 71

Foire à l’autogestion de Toulouse, du 29 avril au 5 mai 2013

 

Alternative Libertaire

 

Le 23 Mars 2013

 

url: http://www.alternativelibertaire.org/spip.php?article5276

 

Après Montreuil l’année dernière (et encore cette année), à Toulouse d’organiser sa Foire à l’Autogestion. Moments de rencontres de débats, de retour sur expériences, avec comme point central l’autogestion.

 

Ce sera au parc des sports du Bazacle et à Utopia. Débats, ateliers, musique, théâtre, animations, espace foire, librairie, restauration et buvette… Le programme détaillé est sur www.bazaraubazacle.org

Entrée libre et participation libre et nécessaire pour les spectacles.

LUNDI 29 AVRIL :

A L’UTOPIA : 20h projection de LIP, l’imagination au pouvoir. Débat animé par Roland Mérieux et des syndicalistes toulousains.

Il y a quarante ans, déjà, les ouvrières et ouvriers de l’entreprise LIP furent confrontés à la fermeture de leur usine. Loin de baisser les bras ils-elles décident de relever le défit autogestionnaire. Passant de l’autogestion des luttes à celle de la mise en pratique économique au travers d’une coopérative ouvrière, les LIP ont ouvert la voie vers une mise en mouvement qui fait écho actuellement. En effet, aujourd’hui encore, les ouvriers de certaines entreprises victime de la gestion libérale de l’économie, se posent la question, de gérer par eux même leur outil de travail et pour certains passent à l’acte !

MERCREDI 1er MAI

10H – 13H : MANIF (animée par la BATUCASOL)

Repas

A partir de 14h : Espace d’échanges et de savoirs avec tenue de stands associatifs, syndicats, librairie, expos et réparation vélos avec Vélorution

15H – 17H : « Histoire de l’autogestion et mouvements populaires » Table ronde

Après midi : Foot auto-géré avec la FSGT (Fédération Sportive Gymnique du Travail) Apportez vos équipements de sport pour rejoindre les équipes sur place.

17H-19H : Atelier : Auto-gestion et Éducation : L’éducation est un enjeu central. Au travers des bourses du travail, des université populaires ou de pédagogie émancipatrices, de nombreuses expérimentations éclosent partout dans le monde. Nous vous proposons de discuter éducation avec Gilbert Dalgalian, auteur de « Reconstruire l’éducation ou le désir d’apprendre ». Il abordera plus particulièrement la question du statut de l’élève, l’adaptation des structures éducatives aux enfants, la nécessité de repenser l’évaluation.

17h – 19h : Atelier : Projection de 2 films sur des expériences d’autogestion au Portugal (SCOP autogérées) avec débat. Escola veut dire école en Portugais, détourné en ES.COL.A ou Espace Collectif Autogéré, ce court métrage témoigne de l’expérience de la Fontinha, une école publique de Porto abandonnée, puis occupée et ré-ouverte au quartier et à ses habitants, jusqu’à son évacuation par les autorités. Suite à cette éviction et en solidarité avec la Fontinha, l’immeuble municipal de la rue de São Lazaro à Lisbonne, abandonné depuis 12 ans, est occupé le 25 avril 2012 et auto géré en assemblées ouvertes au public durant 1 mois. Si un bâtiment occupé peut déranger beaucoup de monde, 5000 abandonnés, comme à Lisbonne ou à Porto, en dérangent bien plus. Dans un pays acculé par la crise et ses misères sociales, où les pouvoirs publics laissent pourrir leur patrimoine par manque de moyen mais aussi pour satisfaire les gros bailleurs et maintenir pression foncière, la réappropriation de ces toits et de leur autogestion par tout un chacun est plus que jamais d’actualité.

Animation avec Sylviane Blanquart autour de l’orgue de barbarie (chant de lutte)

Repas

19h30 Musique de rue avec Brancaleone

Théâtre de la Brique Rouge, soirée : « Ta Limania Xena » musiques populaires de Grèce avec projection documentaire « Grèce générale » et petit débat.

JEUDI 2 MAI

A l’Utopia

à 20h30, projection de « Les Femmes de la Bruckman » en Argentine. Débat animé par Maxime Quijoux auteur du livre « Néo libéralisme et autogestion, l’expérience Argentine », éditions IHEAL et Guillaume de Gracia, auteur du livre L’Horizon Argentin aux éditions de la CNT. Le Chaos économique, social et institutionnel qu’a connu l’Argentine, en 2000, a donné cours à l’initiative autogestionnaire à partir « d’entreprises récupérées » par des travailleurs et travailleuses. Ce phénomène ne s’est pas cantonné qu’à ces entreprises mais a touché des pans entiers de la société Argentine qui aurait pu déboucher sur le développement d’une société alternative au système libéral défaillant. Pourtant après 6 mois d’expérience autogestionnaire et un mot d’ordre populaire « que se vayan todos » destiné aux élites corrompues, celles-ci sont revenues aux commandes du pays. Que pourrait-on tirer de cet échec ? Retrouvez Maxime Quijoux sur les ondes de radio Mon Païs dans l’émission « fréquences latines » le 1er mai entre 20h et 22h.

Au Bazacle

17h-19h : Atelier : Grands projets inutiles (film Notre Dame des landes)

Repas

Festival débattons dans les rues : Soirée de lancement du festival Débattons dans les rues

Festival expérimental d’éducation populaire désobéissante et festive et pis aussi avec de l’humour. Ce festival qui dure une dizaine de jours aura lieu fin mai sur Toulouse. Pendant la soirée : des concerts, de la bouffe, à boire et surtout, toutes les infos sur le festival …

VENDREDI 3 MAI

A partir de 14h : Espace d’échanges et de savoirs avec tenue de stands associatifs, syndicats, bouquins, expos et réparation vélos avec Vélorution

17h-19h : Atelier : Logement et autogestion animé par des militants des squats, associations et syndicats. Situation du logement en France et en particulier sur Toulouse. La Dynamique des luttes des squats sur la ville ces dernières années. Présentation du livre de Florence Bouillon : « le squat problème social ou lieu d’émancipation ? »

17h-19h : Atelier : Santé et autogestion. Faire de l’autogestion entre professionnels de santé est une chose, mais prolonger cette dynamique à destination des accueillis en est une autre !

Repas

21h : Cie le Périscope « Les Forains »

Musique festive : Sale Pierrot ou Ca peut plaire à ta mère

SAMEDI 4 MAI

10h – 13h : Atelier pratique d’autodéfense par et pour les femmes afin d’élargir nos capacité d’action face aux agressions rencontrées dans les espaces publics, privés et professionnels.

11h -14h : atelier Médias et politique

Repas

A partir de 14h : Espace d’échanges et de savoirs avec tenue de stands associatifs, syndicats, bouquins, expos et réparation vélos avec Vélorution

14h- 16h : Atelier : Auto-organisation dans les luttes des Femmes

14h-16h : Atelier : Les coopératives / Communautés aux Etats Unis. Les Etats Unis sont plus connus comme le champion du système capitaliste que pour ses alternatives collectives autogérées. Pourtant, dès leur naissance, des utopistes socialistes ont tenté d’édifier des espaces autogérés. A la fin du 19ième et au début du 20ième, ce sont des éléments socialistes et libertaires du prolétariat de ce pays qui ont construit des communautés autogérées, intégrant l’activité économique, l’éducation et le logement dans un même espace. Qu’en est-il à l’heure actuelle ? Débat présenté par Ronald Creagh, auteur de Utopies américaines, expériences libertaires du XIXe siècle à nos jours.

14h-16h : Atelier : La Coopérative intégrale : Un modèle d’autogestion et auto-organisation locale pour l’actuelle époque de transition et de sortie du capitalisme. Principes de base et historique. Etat des lieux en Catalogne et reste de l’Espagne, à Nantes et Toulouse. Quels sont les acteurs qui participent aux différents projets ? De quelle façon le modèle s’adapte-t-il aux conditions locales ?

15H : spectacle Jeune Public de 3 à 10 ans (marionnettes) « Anatole a disparu » par la Cie « Des mains et des pieds »

Après midi musique de rue avec Brancaleone

Après midi : Atelier cirque jeune public, parade, animation avec Arts Maniacs

16H – 18H : Atelier : Les SCOPS en région à partir de 3 expériences concrètes : Net Sol Eco (nettoyage à la Reynerie), Les Verreries d’Albi et Epurnature (épuration des eaux,..) avec 2 Diaporamas

16H-18H : Atelier : Municipalités : pouvoir ou contre pouvoir, entre élu-e-s et action citoyenne, quelle pratique autogestionnaire ?

18H30 : spectacle « Les Usines sur les planches ». Ce spectacle NH3 a été créé à partir de textes poétiques écrits par des salariés de AZF,SNPE, auxquels se sont rajoutés ceux des SANOFI, MOLEX et dernièrement JOB et AIR France.

Repas

Musique festive : Sale Pierrot ou Ca peut plaire à ta mère

DIMANCHE 5 MAI

A partir de 14h : Espace d’échanges et de savoirs avec tenue de stands associatifs, syndicats, bouquins, expos et réparation vélos avec Vélorution

15h Table ronde : autogestion des luttes, quelles convergences ? avec la participation de travailleurs de Molex, Freescale, Sanofi, Job, de la Fonderie de Fumel, de la santé, des intermittents et précaires,…….

Après midi : Atelier cirque jeune public, parade, animation avec Arts Maniacs

Restauration

18h Apéro concert avec la fanfare les Belles gambettes

PENDANT LES 4 JOURS

Tenue d’une buvette auto-gérée (permettra de financer l’opération).

Nous proposons 2 types de restauration : 
 Cuisine nomade Caracol : bio végétarienne (dispose d’une charrette cuisine) Prix libres 
 Cuisine de Jako. Il avait assuré le Bazar de l’an dernier

Voici ci-dessous les signataires du Bazar au Bazacle et de la Foire à l’autogestion :

Bazar au Bazacle : CMCAS EDGDF, Théâtre de la Brique Rouge, Théâtre du Roseau, Cie Lazzi Théâtre, Cie Arts Maniacs, Cie Jeux de Mômes, Droit au Logement (DAL), ATTAC, SUD culture Solidaires, TV Bruits, Radio FMR, Solidaires 31, Batucasol.

Le Collectif Foire à l’autogestion : Les Alternatifs, Alternative libertaire, Association pour l’Autogestion, Comités syndicalistes révolutionnaires, Coordination des Groupes Anarchistes, Fase, Fédération anarchiste, ETM 31, le Maquis, Mouvement des Objecteurs de Croissance, Nouveau Parti Anticapitaliste.

Avec la participation cette année : des Compagnies le Périscope, Des mains et des pieds, des groupes Ta Limania Xena, les Sales Pierrot, les « Ca peut plaire à ta mère », Artistes en liberté, Batucasol, Brancaleone Featuring Rita Macedo, la Fanfare des Belles gambettes, des Collectifs GPS (Groupement pour la défense du travail social), Collectif « Grève des femmes » 31, Fédération Sportive Gymnique du Travail, Faire Face, CREA, Clandé, Chapelle, Myris, le GAF, Vélorution, NH3 les usines sur les planches, Collectif 31 Notre Dame Des Landes, des salarié-es des SCOP (Net Sol Eco, Verreries d’Albi, Case Santé, Imprimerie 34, Avanti Popolo, Epurnature) et de Molex, Freescale, Sanofi, ex-Job,la Fonderie de Fumel….les cuisines de Caracol et de Jako, des librairies…, Théatre itinérant de la cabane et son chapiteau, d’Utopia.

Résistance politique: Un exemple d’autogestion.. AureaSocial: centre de santé autogéré à Barcelone

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, santé, société libertaire with tags , , , , , , , , , on 12 juin 2012 by Résistance 71

Ceci n’est pas une « expérience », c’est LA solution à bien des misères physiques et sociales… Le salut de l’humanité est dans cette voie, celle de la solidarité et du regain de notre autonomie d’être vivant, d’humain. La voie étatico-capitaliste n’est que destructrice et mortifère. Du marasme économico-politique mondial présent jaillira une société éveillée et en voie d’émancipation.

Capitalisme privé ou étatique = Mort

Solidarité + Autogestion = Vie

Le choix est vite fait !

 

— Résistance 71 —

 

Catalunya en lluita I  visite dans un centre de santé coopératif et autogéré à Barcelone

 

Par Julien Simard

 

url de l’article original:

http://alterautogestion.blogspot.jp/2012/06/catalunya-en-lluita-i-visite-dans-un.html

 

À Barcelona, les marées de touristes (12 millions en 2011) donnent une façade de centres d’achats à une ville qui est aussi une termitière de luttes sociales depuis au moins 150 ans. Oui, Mango et l’anarchie cohabitent ici.

Rappelons-nous que Barcelone a été quasiment autogérée entre 1936 et 1939, à l’époque de la guerre civile, avant que le linceul du fascisme ne la couvre pour trop longtemps. Mais aujourd’hui, avec le 15-M (le mouvement des indignés espagnols qui a débuté « officiellement » le 15 mai 2011), la ville retrouve une certaine vigueur populaire (l’a-t-elle jamais perdue ?).

Mais le 15-M, ce n’est que le moment où les mouvements sont devenus visibles les uns pour les autres, m’a dit un activiste. Il ne faudrait pas croire que tout commence là, ce serait idiot, ce serait comme dire que Montréal n’a jamais lutté avant les casseroles, même si en vérité de nombreuses personnes ont commencé à assister à des assemblées et à faire partie de collectifs populaires à partir de ces moments d’ébullition, à Barcelona comme à Montréal. Ainsi, plus qu’une complète nouveauté, le 15-M est une cristallisation. En 2012, plus d’un an après l’occupation des Plazas, les assemblées populaires de quartier (au nombre de 23 à Barcelone) [1] se transforment lentement mais sûrement en nouveaux collectifs, en groupes organisés, s’implantant dans des locaux et des espaces autogérés et qui s’ajoutent aux réseaux d’autogestion qui existent déjà et qui perdurent tant bien que mal depuis des décennies.

Mais devant cette démocratie directe, à Barcelone comme à Montréal, les corps policiers aiguisent leurs canines. Le 29 mars dernier (29-M), plus de 8 000 bras armés (si on compte une matraque par policier) ont été déployés dans la ville pour défendre symboliquement et préventivement la rencontre de la Banque centrale européenne qui a eu lieu du 3 au 5 mai. Dans cette opération conjointe entre la police espagnole et le Mosso d’Esquadra (police catalane), plusieurs centaines de personnes ont été arrêtées. Mais, « malgré la stratégie de criminaliser la dissidence sociale, une bonne partie des citoyens ne cède pas à la peur »[2].

C’est ce que j’ai pu rapidement constater.

Dans le but de comprendre un peu plus tout cela, mais surtout comment se passe la lutte au quotidien, j’ai visité un centre de santé autogéré du nom d’AureaSocial (www.aureasocial.org), dans le quartier de la Sagrada Familia. Le centre, fraîchement rénové avec de l’argent dont je n’ai toujours pas compris la provenance, fait partie du réseau de la Cooperativa Integral Catalana, un réseau assez immense de coopératives et collectifs de tous genre. Des coopératives « intégrales » existent aussi dans la plupart des régions d’Espagne. La Cooperativa Integral Catalana peut compter sur des fermes autogérées en campagne, qui permettent d’implanter une « souveraineté alimentaire et agroécologique » comme à Calafou, des entreprises de microcrédit comme la CASX (Cooperative d’Autofinançament Social en Xarxa), des groupes d’éducation « libre » et populaire, des communications et serveurs informatiques, etc… Le site se trouve ici : https://cooperativa.ecoxarxes.cat/. Leur but est clair : « il est de notre devoir de ré-investir la vie publique et que le bien commun, ni étatique ni privé, soit géré par le peuple »[3].

Ultimement, m’a-t-on dit, l’objectif est de s’organiser de façon autonome en-dehors du marché et de l’État, en formant une communauté réseautée capable de répondre à ses propres besoins de logement, de nourriture, de santé, d’éducation, de financement, etc… En somme, réaliser l’autogestion ! Les groupes de travail qui oeuvrent au sein d’ AureaSocial – qui se dédie principalement à la santé, rappelons-le – tentent de lutter tout à la fois contre les reprises de domiciles, l’embourgeoisement des quartiers, le transport à coût exorbitant, la nourriture impossible à se procurer ou les impôts.

Contradictions ? Éparpillement ? AureaSocial cherche à implanter l’ « unification de la médecine », en prenant en compte simultanément les dimensions bio-psycho-sociales-éthico-spirituelles des personnes à soigner. Impossible, donc, de rester aveugle aux contextes de vie des personnes dans une perspective de guérison ou de santé. C’est ce que Samuel, médecin de formation et force unificatrice-organisatrice du groupe, nomme le modèle « holonique » en référence au principe de l’hologramme où chaque partie du tout contient toutes les autres parties.

Ce modèle est à mettre en complète opposition avec médecine « allopathique », la biomédecine des causes et des conséquences, qui ne s’attarde qu’à l’aspect biologique de la santé humaine. « Si on ne comprend pas comment tout est relié, nous ne pourrons pas auto-gérer la santé », me dit-il. Le principe du « tout est dans tout » s’intègre donc à tous les niveaux. Cette « santé publique coopérative » s’inscrit donc de façon très affirmée dans des luttes politiques anti-autoritaires, anti-étatiques et anticapitalistes. En ne réglant pas le problème du capitalisme, on ne règle pas la question de la santé, et vice-versa dans tous les sens de la formule : c’est simple, non ?

« Ce modèle est basé dans la construction et l’action participative comme parties intégrantes du développement humain de l’individu, dans toutes ses dimensions et dans un processus collectif. Cela signifie effectuer un investissement social dans les capacités humaines, principalement en éducation et en santé, avec l’objectif que personnes puissent travailler de façon synergique et créative pour établir une société libre »[4]

La bâtisse de trois étages d’AureaSocial a l’air d’un centre zen du Mile-end ou d’un CHSLD privé, ou une banque, ce qui est très étrange : matériel Ikea, images de fleurs, toilettes puissantes. On se demande comment ils ont pu se payer tout ça. « Rien n’est impossible », me répond M., une activiste du début. Dans les nombreuses salles aux chaises nouveau genre les différents groupes de travail tiennent des ateliers de tous types, des ateliers d’apprentissage, de discussions et d’organisation, mais aussi des séances de thérapie. On y retrouve tout ce qui se situe à « gauche » de la médecine, de l’acupuncture à la thérapie régressive en passant par les techniques de respiration. Le centre abrite également une cuisine communautaire et une terrasse abondamment utilisée pour fumer des cigarettes roulées. Comme quoi, en Catalogne, autogestion de la santé ne veut pas nécessairement dire puritanisme d’habitudes de vie. Petit choc culturel.

J’ai assisté à une journée de formation sur les « facilitadores de salud », les « facilitateurs de santé ». À AureaSocial, tout le monde a le potentiel de devenir thérapeute, d’animer des ateliers ou « soigner ». La vision de la posture thérapeutique ici est très différente de ce que l’on trouve dans les systèmes de santé « traditionnels » ou étatiques comme les CLSC : les gens ici sont animés par le dépassent de la sur-spécialisation, des étiquettes, de la « contamination de la formation » et de la « mission » du thérapeute. Le but est de créer des relations thérapeutiques d’égal à égal, d’humain à humain, dans une perspective d’aider l’autre, quel qu’il soit, à trouver ses propres façons de régler ses problèmes, dans une perspective de construction mutuelle et collective de l’autonomie. Les personnes sont accompagnées dans le processus de « maladie » pour arriver à autogérer progressivement leur santé.

On guérit ici dans la « vertu de ne pas savoir », une posture gage d’humilité et d’horizontalité. De même, pas question de distinguer médecine « orientale » et « occidentale », car le corps est toujours le même, uni dans la rencontre de toutes les perspectives énumérées plus tôt. La personne est une : ni totalement « malade », ni simplement un corps. Comme la santé est un processus qui dépend de la collectivité, elle est à construire à chaque instant.

« On nous apprend sans cesse à diviser », disent-ils. Il faut maintenant penser à unir. C’est là toute la force du paradigme nouveau qui se dessine ici, celui du réseau ou du rhizome comme disaient Deleuze et Guattari, ou encore de la « Otra Salud » comme la font les Zapatistes au Mexique et qui semble beaucoup inspirer les gens d’AureaSocial.

Mais c’est en mangeant avec le groupe que j’ai réalisé l’importance, pour eux, de la nourriture. Cette nourriture produite par les campements autogérés, partagée et réalisée en commun, symbolise la rencontre. Ils n’ont cesse de répéter que la santé passe par l’alimentation, par ailleurs, et surtout la souveraineté alimentaire. Manger devient acte de réappropriation et de création sociale, un moment de complicité, un rituel. Cet espace de mise en commun, aux yeux de certains à qui j’ai parlé, est thérapeutique en soi. On revient encore une fois à cette merveilleuse maxime qui semble s’implanter de plus en plus en pratique, dans les groupes autogérés de par le monde : politics and therapy are one (La politique et la thérapie ne sont qu’une).

Pour finir, une citation du journal Rebel-leu-vos!, voix écrite du mouvement d’autogestion :

« Au-delà de la défense de la santé publique étatique existante, la société, incluant les travailleurs de la santé, doivent comprendre et assumer activement la construction d’un nouveau système de santé qui a pour principe la personne comme sujet et la santé comme droit humain ».

——————————————————————————–

[1] Federació d’associacions de veïns i veïnes de Barcelona (FAVB), Carrer 123. Pocs serveis socials per a tant crisi, Maig 2012.

[2] Ibid.

[3] Dans la revue Rebel-leu-vos…i germinem la llavor de la revolució integral. Voir aussi : http://www.autogestio.cat

[4] Ibid., « Per la nostra salut », p. 8.

http://voir.ca/julien-simard/2012/06/05/catalunya-en-lluita-i-visite-dans-un-systeme-de-sante-cooperatif-et-autogere-a-barcelone/