Archive pour autogestion et expropriation

Résistance politique: quoi de neuf sur le front… national ?

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, démocratie participative, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 17 novembre 2017 by Résistance 71

La seule grève valide et efficace dont la simple perspective fait trembler l’oligarchie dans ses loques: La grève générale illimitée et expropriatrice… Tout le reste n’est que pisser dans un violon. Le but de cette grève doit être le changement radical de société pour parvenir enfin à la société des sociétés, finalité émancipatrice de l’humanité.

~ Résistance 71 ~

A lire et diffuser sans modération:

Manifeste de la societe des societes

L’anarchie pour la jeunesse

Errico_Malatesta_écrits_choisis

Exemple_de_charte_confederale_Bakounine

La Morale Anarchiste de Kropotkine)

petit_precis_sur_la_societe_et_letat

Appel au Socialisme (PDF)

 

Le capital décide, l’État exécute

 

Groupe Anarchiste Salvador Ségui

 

14 novembre 2017

 

Source: https://salvador-segui.org/2017/11/14/16-novembre-loi-travail/ 

 

 

Si d’aucuns n’y ont pas cru pendant les élections, il est aujourd’hui plus difficile de nier que la politique de ce gouvernement est une politique de classe. De la bourgeoisie, par la bourgeoisie, pour la bourgeoisie. Depuis cet été, les mesures proposées et votées s’attaquent aux plus fragiles (hausse de la CSG et baisse des APL, facilitation des licenciements, précarisation des relations de travail) et sont favorables aux plus riches (baisse de l’ISF). De plus, la systématisation du gouvernement par ordonnance, parfaitement légale, émaille quelque peu le vernis démocratique de la République.

Non content de creuser les inégalités et d’étaler son mépris – sous le principe très paternaliste que ceux qui ont le pouvoir l’auraient acquis de par leurs qualités naturellement supérieures, ce qui leur donnerait à la fois le droit de le garder au détriment des autres, mais également le devoir de l’exercer (au détriment des autres) –, Macron se moque ouvertement de ses administrés, « qui ne sont rien », sinon « des fainéants et des cyniques », ceux qui « foutent le bordel ».

Mais ce qui est encore plus caractéristique de cette dynamique de fond, c’est l’attaque simultanée et intraitable de toutes les solidarités, sur la lancée des politiques des gouvernements précédents.

C’est l’individualisation et la mise en concurrence des carrières professionnelles et des droits des travailleurs à travers la casse du Code du travail, laissant le salarié seul dans un un rapport très inégal face à son employeur. C’est l’affaiblissement des derniers garde-fous contre la délinquance patronale (conseils de prud’hommes, DS, DP, CHSCT, etc.). C’est l’attaque financière et morale des services publics (éducation, santé, transports). C’est une vision élitiste de l’éducation, au service des intérêts capitalistes. C’est la baisse des prestations sociales et la culpabilisation de ceux qui en bénéficient, quand ce n’est pas leur suppression pure et simple. C’est la mise en péril des associations, par la baisse des financements publics et la fin des contrats aidés, alors même que l’action sociale de proximité se décharge de l’État vers les associations. C’est la remise en question du droit syndical, en réduisant les possibilités de contestation et en ne laissant la place qu’à des structures d’accompagnement. C’est l’exacerbation d’un patriotisme nationaliste et militariste.

C’est, enfin, la criminalisation des mouvements sociaux de protestation, que ce soient les grèves, les manifestations ou les dénonciations de violences policières, où des militants sont jugés et condamnés très lourdement sous des prétextes mis en scène. Par ailleurs, la récente loi « sécurité intérieure et lutte contre le terrorisme » vient appuyer la répression policière, dont les exactions jouissent au contraire d’une relative impunité.

La seule réponse que nous pouvons opposer est de renforcer nos liens, à la base, et sans attendre une aide providentielle de l’État ou du sort.

Si la confédération syndicale semble aujourd’hui l’organisation de classe la plus indiquée pour parvenir à un rapport de force susceptible de défendre les acquis sociaux et en obtenir de nouveaux, par la construction d’une grève généralisée et reconductible, encore faut-il que les syndicats se ressaisissent des principes de la charte d’Amiens : d’une part l’indépendance vis-à-vis des organisations politiques, d’autre part le double objectif d’amélioration immédiate des conditions de travail et d’ouverture à des perspectives révolutionnaires d’expropriation capitaliste et d’autogestion, sans quoi nous nous condamnerions à subir sans fin les attaques d’une classe dirigeante.

Par ailleurs, les axes et les collectifs de luttes sont multiples. La faiblesse dont ils font preuve à cause de leur éclatement, ainsi que la force dont ils font preuve malgré cet éclatement, doit nous pousser aujourd’hui à reconsidérer et confronter nos pratiques militantes pour œuvrer ensemble à la construction d’un mouvement social conséquent et cohérent, pour l’émancipation de toutes et tous.

Groupe anarchiste Salvador-Seguí

Paris, le 14 novembre 2017

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Résistance politique: Lutte sociale et gestion directe…

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Qu’est-ce que la gestion directe ?

 

Fédération Anarchiste

 

10 Avril 2015

 

url de l’article:

http://www.monde-libertaire.fr/autogestion/17719-quest-ce-que-la-gestion-directe#comment-1272

 

En 1981, la « gauche » porteuse d’espoir d’amélioration des conditions d’existence s’emparait des commandes de l’État. Cette expérience a fait la preuve de l’efficacité du clan des politiciens à laisser le chômage et les inégalités se développer. Belles promesses et projets généreux ont été rangés aux oubliettes du « réalisme » socialiste.
Face à la déception et à la grogne, tous les gouvernements tentent de nous faire croire que notre avenir de travailleurs est lié au sauvetage de l’économie des profiteurs. Mais qui peut avaler cela ?
Les dirigeants syndicaux peut-être, qui bradent leur indépendance, trompent leurs mandataires, dévoient leurs syndicats au nom de la « solidarité nationale » entre exploiteurs et exploités, et tous ceux qui prêchent encore les bienfaits de l’austérité aux travailleurs désabusés.
Le revirement brutal de ceux qui, hier encore, mangeaient à la gamelle gouvernementale n’y changera rien. Le monde politique traditionnel est à bout de souffle.

Attention

Plus vite que nous le pensons, nous aurons à choisir. Dans la plupart des pays occidentaux, nous assistons au même phénomène. Au gré des élections, gauche et droite se succèdent sans que de véritables solutions soient apportées. Partout, le patronat durcit ses positions, les travailleurs paient la « crise » de leurs maîtres. Combien de temps encore ce jeu d’alternance durera-t-il avant qu’une droite totalitaire ou une gauche « musclée » balaie les derniers semblants de démocratie ?
Oublier l’histoire, c’est se condamner à la revivre. Devrons-nous attendre, en moutons résignés, l’avènement d’une dictature souhaitée par certains aujourd’hui, ou choisirons-nous la voie de la responsabilité et de l’égalité ?

La lutte pour la gestion directe

Que personne ne décide à notre place ! Organisons la solidarité et l’entraide entre les travailleurs contre les patrons et bureaucrates.
Préparons-nous à remplacer l’État, institution parasite et étouffante, par une organisation fédéraliste des différents secteurs de la société.
Demain, gérons nous-mêmes, directement, notre travail et nos cités. Supprimons les inégalités économiques et sociales.
Après l’échec à l’Ouest et à l’Est de toutes les doctrines autoritaires (démocratiques ou dictatoriales), luttons pour une société libertaire ; débarrassons-nous des patrons et des politiciens.

Les principes

Les principes de l’économie libertaire tels que les anarchistes les conçoivent sont clairs. Ils supposent : le fédéralisme, agent de coordination en remplacement de l’État, agent de coercition du système capitaliste ; l’abolition d’un système économique basé sur le profit, la plus-value et l’accumulation du capital ; la collectivisation des moyens de production et d’échanges ; l’égalité économique et sociale.
La limitation de l’autorité aux accords librement passés entre les participants à l’élaboration d’une économie directement gérée par les travailleurs.
Nous nous démarquons de cette autogestion mise à la mode par les chrétiens progressistes et les marxistes modernistes dont les thèses débouchent toujours sur des projets clairement cogestionnaires.
L’utilisation du terme gestion directe, pour définir notre proposition, semble plus appropriée.

La gestion directe, pour quoi faire ?

La participation à la gestion d’une entreprise n’a d’intérêt, pour un travailleur, que si elle transforme ses conditions d’existence. Gérer une entreprise en commun, alors que cette entreprise conserve ses structures de classes, consisterait, pour les travailleurs, à gérer leur propre misère, leur propre exploitation. Ce qui confère à l’entreprise ses structures de classes, ce sont : la propriété privée de l’entreprise ; l’appropriation par le capital d’une plus-value que le travail de tous a créée ; les différences de rémunérations ; le maintien d’une autorité qui excède le cadre de la tâche à accomplir ; les privilèges de l’encadrement.
Demain, si dans l’entreprise autogérée, il reste des différences économiques, il se reconstituera une nouvelle classe dirigeante qui défendra, par tous les moyens, ses privilèges.
Les anarchistes pensent contrairement aux marxistes avec leur période intermédiaire, qu’il faut supprimer immédiatement tous les privilèges de classe sans exception.
Les travailleurs se demandent ce qu’ils peuvent gagner à la gestion de l’outil de production. Ils pèsent les avantages et les inconvénients qui en résulteront pour eux, et dont le principal est la responsabilité : c’est celui qui le fait le plus réfléchir, car celle qu’ils assureront sur le lieu de travail engagera celle de leur condition économique.
Nous touchons ici au problème humain, celui de l’homme devant la responsabilité, celui de la quiétude qui résulte d’une certaine servilité, surtout lorsqu’elle s’assortit de conditions d’existence économiques et morales acceptables. Mais une autre série de questions se pose au monde du travail. Elles ont trait à la maîtrise des moyens technologiques et des modalités de gestion. Quelles seront les conditions de production et de distribution ? Il est possible d’avancer deux raisons solides qui peuvent nous convaincre que les salariés auraient avantage à gérer la production. La première, c’est qu’ils répartiraient mieux le fruit de leur travail, ce qui est une raison purement économique, matérielle. La deuxième raison est que cette prise en main concourt à l’épanouissement individuel. Mais pour que la gestion directe se traduise en actes, il faut que l’homme se débarrasse des coutumes consacrées par les siècles, il faut qu’il s’émancipe des préjugés.
La production devra être conditionnée par les besoins et non par le profit. La gestion directe implique, de fait, l’abolition du salariat et reste sous-tendue par une gestion globale et rigoureuse du système productif.
Il est important de souligner que si l’égalité économique est une condition nécessaire à la suppression des classes, elle n’est pas suffisante ; la suppression de l’État doit l’accompagner sous peine de voir se recréer une classe dominante.
Cette société sans classe et sans État que nous proposons justifie la prise en main, par les travailleurs, des moyens de production et d’échange, par la population entière la prise en main de la distribution des affaires communales, régionales nationales et internationales par une organisation fédérale adaptée à toutes les situations. Bien évidemment, la gestion directe dépasse ici le cadre strict de l’économie et se généralise à tous les domaines de la vie (cadre et conditions de vie, culture, etc.). Le but du fédéralisme libertaire est de coordonner, d’organiser la vie en société en supprimant tout pouvoir. C’est pour cela que les théoriciens anarchistes, et, à leur suite ceux qui se réclament de l’anarchisme, ont toujours justifié la nécessité de l’organisation.

La coordination sans État

C’est souvent le manque d’organisation structurée qui permet au premier quidam venu d’imposer son autorité et d’être proclamé, suivant les époques : roi, ayatollah ou président. Le fédéralisme libertaire reconnaît, dans toute société, une multitude d’individus et collectivités ayant chacun des aspirations particulières et un rôle propre. C’est pourquoi, l’autonomie la plus large doit être reconnue à chacun, ainsi que la possibilité de s’organiser, de se gérer et de s’administrer comme bon lui semble sans qu’un organe supérieur lui dicte ce qui est bon ou juste. L’autonomie a, bien sûr, ses limites, qui sont le respect de la cohésion de l’ensemble de la société et le non-exercice du pouvoir d’un groupe sur un autre.
Nous voyons donc que contrairement à l’organisation étatique, l’autonomie ou la liberté d’autrui n’est nullement une borne. Mais cette autonomie n’est pas suffisante ; l’entraide est nécessaire. Elle exige de chacun que le contrat librement consenti d’égal à égal remplace la loi édictée et imposée par un seul. Elle exige également que chacun (collectivité et individualité) participe aux décisions communes. Ces différents facteurs combinés transformeraient notre vie de façon radicale en remplaçant le pouvoir de quelques-unes sur tous par une organisation qui, seule, est à même de composer la société sans la paralyser.

La grève expropriatrice gestionnaire

C’est pendant la période où l’État, les directions syndicales et politiques, sont désemparés par un mouvement social de grande ampleur, que l’action décisive est possible. C’est l’instant où, d’une grève revendicatrice, de refus, la grève doit devenir expropriatrice et gestionnaire. Expropriatrice, en refusant de céder les profits aux patrons. Gestionnaire : une fois le patron mis à la porte, il faut continuer la production, trouver les débouchés, repenser une économie dont le moteur n’est plus le profit, mais la satisfaction des besoins.
C’est l’instant de la chance révolutionnaire ; ce qui est rejeté et le but à atteindre doivent être clairement définis. Entre ces deux pôles de la réflexion, quelques idées-forces qui s’inspirent de la conjoncture, et qui varieront avec elle, détermineront les choix. Parce que nous sommes pour la maîtrise totale de l’économie par les travailleurs, nous refusons les systèmes capitalistes, libéral et étatique. Nous voulons établir l’égalité économique et bâtir une organisation de la société débarrassée de l’État.
La grève gestionnaire nous semble, dans l’état de complexité de l’économie moderne, un des moyens les plus efficaces pour arracher aux classes dirigeantes et à l’État les instruments de production et d’échange. C’est donc, à partir des réalités de notre temps que nous poursuivrons notre œuvre de libération sociale, ce qui confère à l’anarchisme son originalité, car, contraire à tous les dogmes, il est une adaptation constante de la proposition théorique aux conditions sociales d’aujourd’hui.

Résistance politique: Autonomie politique et autogestion modernes vues de l’intérieur… Les Caracoles du Chiapas

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Les Caracoles dans l’organisation zapatiste

 

samedi 1er février 2014, par André Aubry (Date de rédaction antérieure : 28 août 2003).

 

url de l’article:

http://www.lavoiedujaguar.net/Les-Caracoles-dans-l-organisation

 

I. La structure de l’EZLN

1. Les zapatistes, ce sont :

★ les insurgés (insurgentes), volontaires femmes et hommes, permanents ; c’est entre elles et eux que sont choisis les cadres militaires de l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) ;

★ les miliciens (milicianos), réservistes envoyés et sélectionnés par les villages, donc seulement en services temporels ou ponctuels ;

★ les bases d’appui des villages (comunidades bases de apoyo), non armées, chargées des grandes actions politiques de l’EZLN et, en cas de conflit armé, de la logistique.

Par exemple :

★ Insurgés et miliciens ont été les combattants du 1er au 12 janvier 1994.

★ Les miliciens ont été ceux qui ont résisté à l’armée à Chavajeval en mai 1998, avec une victime, lors du démantèlement par le gouverneur Albores de la commune autonome San Juan de la Libertad, ex-El Bosque.

★ Avec le support arrière d’insurgés et de miliciens, les bases d’appui (vieillards, femmes, hommes et enfants) furent celles qui repoussèrent l’armée d’Oventik et obligèrent une grande patrouille blindée à rebrousser chemin le 1er janvier 1996 au lendemain de la construction de l’Aguascalientes, et une nouvelle fois le 31 décembre 2000 à Jolnachój parce que ce campement militaire résistait au retrait convenu entre Fox [1] et l’EZLN (actions comparables dans la Selva à Amador Hernández en 1999 et 2000).

★ Seules (sans l’appui des insurgés ou miliciens), ces mêmes bases furent, avec la société civile, les agents de la Première Consultation nationale et internationale (août 1995, pour savoir si l’opinion acceptait la transformation de l’EZLN en « force politique » — non parti — autonome, avec 1 300 000 réponses affirmatives), de la marche à Mexico des 1 111 en septembre 1997, de la Seconde Consultation nationale pour le respect des droits des peuples indigènes et pour la fin de la guerre d’extermination, convoquée le 20 novembre 1998 et réalisée en mars 1999 par 5 000 membres des bases d’appui, deux par commune de la République (2 500 hommes et 2 500 femmes) pour faire ratifier les Accords de San Andrés par la population du pays (trois millions de réponses positives dans tout le pays).

2. Ces trois niveaux d’appartenance sont dirigés par l’EZLN

★ Le CCRI (Comité clandestin révolutionnaire indigène, formé par cinq représentations des langues indigènes parlées dans chacun des cinq Caracoles qui leur correspondent), qui est l’instance politique des comandantes et comandantas, un terme non exclusivement militaire puisque le président de la République, par exemple, est le commandant en chef des forces armées).

Son rôle a été par exemple : les dialogues avec le gouvernement (Cathédrale en février 1994, Selva en janvier 1995, dans ces deux cas avec la présence de Marcos), les négociations de San Andrés, d’avril 1995 à février 1996, ou avec les Chambres parlementaires le 28 mars 2001 (conversations auxquelles Marcos n’a pas participé) ; l’organisation de la Marche de la couleur de la terre en février-mars 2001 ; des consultations et marches déjà signalées, celles des Aguascalientes et de la Convention nationale démocratique d’août 1994 à Guadalupe Tepeyac, et la conversion des Aguascalientes en Caracoles.

★ La Comandancia General (CG) de l’EZLN, l’instance militaire que dirige le « sous »-commandant (à cause de sa subordination à l’instance politique antérieure) insurgé Marcos, qui est, par exemple, le dirigeant des insurgés et miliciens mais chargé en outre de la communication interculturelle (les communiqués : une tradition au Mexique qui remonte aux rébellions et insurrections du XVIIIe au XXe siècle, y compris à Zapata).

La création des Caracoles n’a rien changé à cette organisation de l’EZLN.

II. Comment s’organisent les autonomies ?

1. L’autonomie est l’une des principales demandes de l’EZLN et ce, depuis le dialogue de la Cathédrale en 1994. Après son échec, trente-huit communes autonomes furent proclamées dans la clandestinité en décembre 1994.

Selon les Accords de San Andrés, signés par l’EZLN et le gouvernement avec l’aval de la Cocopa [2] et de la Conai [3] le 16 février 1996, cette autonomie se définit :

★ comme « l’exercice du droit des peuples [les indigènes sont les “peuples premiers” du pays selon la Convention 169 de l’OIT] à disposer d’eux-mêmes » (derecho de libre determinación) sur les « territoires » qui ont été leur « habitat traditionnel » ;

★ comme une « autonomie différenciée » (selon les « niveaux » de gouvernement et les compétences — ámbitos — souhaitées) qui, sur le plan local, peut prendre la forme de comunidades (villages ou hameaux) ou de municipios (communes) mais avec un droit d’« association » entre les unes et/ou les autres qui, dans la pratique, convertit le territoire autonome de local en régional. Ce regroupement régional est ce qui a été décidé et promulgué les 8, 9 et 10 août 2003 à Oventik avec la création des Caracoles qui concernent une bonne trentaine de communes autonomes.

2. Ce changement laisse cependant intacte la structure de base, celle des communes autonomes. Leur siège, qui est en général celui de l’ancienne commune mais avec un autre nom (par exemple, pour San Andrés Larráinzar ce n’est pas Oventik, mais le même village avec son nouveau nom de San Andrés Sakamch’en de los Pobres). Pour l’instant, il en existe une trentaine. Leur travail est celui de la gestion municipale.

3. Outre les niveaux de gouvernement (par exemple municipal), l’autonomie des Accords de San Andrés spécifie des compétences (exécutives, législatives ou judiciaires) qui l’habilitent, par exemple, à se charger de programmes alternatifs en matière d’éducation, de santé, de justice (appelés dans les textes sistemas normativos internos), etc. À ce qui est explicitement mentionné dans les Accords, l’EZLN ajoute des programmes de production agroécologique (sans OGM, respectant la biodiversité et combattant la biopiraterie) et de commercialisation alternative en général de forme coopérative.

Il y avait déjà dans les Aguascalientes des écoles et des cliniques alternatives mais pas toujours bien structurées. Le CCRI a décidé la coordination de l’ensemble de ces activités dans les Caracoles pour les rendre plus efficaces.

4. Cette coordination est le travail du siège des Conseils de bon gouvernement (Casa de la Junta de buen gobierno), inauguré symboliquement à Oventik par environ soixante-dix commandants du CCRI (donc provenant des cinq Caracoles existants) qui ont confirmé en ces nouvelles fonctions les quatorze conseillers d’Oventik (deux pour chacune des communes autonomes représentées actuellement dans ce Caracol, preuve que l’institution de base reste la commune autonome) ainsi que ceux des quatre autres Juntas de buen gobierno.

5. Lors de la construction des communes autonomes, il y eut beaucoup de ratés qui ont mécontenté des alliés de l’EZLN (comme l’ARIC indépendante, par exemple) ou des organisations de solidarité mexicaines ou internationales malmenées, dans leurs membres ou dans la destination des fonds qu’elles apportaient, ou même par des entorses aux droits de l’homme. Donc, en plus de coordonner un développement endogène et autogéré, les Conseils de bon gouvernement fonctionnent aussi comme des assemblées d’arbitrage et de conciliation, de répartition des finances extérieures, non selon les critères des donateurs sinon selon ceux des zapatistes eux-mêmes en l’exercice de leur autogouvernement, en se réservant une retenue locale de dix pour cent destinée, par exemple, à soutenir le collectif d’un village dont les nécessités n’avaient pas encore été prises en compte.

III. Qu’est-ce qui a changé depuis la création des Caracoles ?

1. Les communes autonomes (municipios autónomos), loin d’être relativisées, jouissent de l’appui et des services régionaux des Caracoles qui leur épargnent les bavures de leurs débuts difficiles.

2. Les autonomies sont considérablement renforcées et respectées, des communes autonomes aux Caracoles en passant par les Conseils de bon gouvernement parce que :

★ la CG militaire de l’EZLN se chargera — et elle seule — de répondre militairement aux manœuvres hostiles des paramilitaires qui menacent encore les organismes autonomes ;

★ le CCRI et la CG de l’EZLN ont terminé leur rôle de suppléance et n’interviendront plus dans la marche interne des autonomies.

3. En effet, les comandantes du CCRI ont clairement exprimé que si l’un d’eux a des aspirations aux gouvernements autonomes, il doit renoncer aux charges d’organisation qu’il occupe au sein de la Comandancia de l’EZLN parce qu’il ne peut y avoir d’interférence entre les niveaux de gouvernement (il y aurait donc une espèce de séparation respectueuse des pouvoirs, un peu à l’image du pacte fédéral, officiellement mal respecté bien que consacré par la Constitution mexicaine).

4. Le sous-commandant insurgé Marcos est libéré de la rédaction de communiqués parlant au nom des autonomies mais il en garde la responsabilité pour son instance ; les autonomies n’ont plus le droit de faire intervenir les miliciens pour faire respecter leurs décisions parce que, dorénavant, ces dernières devront être purement politiques et inspirées par la raison, non par la force, compétence exclusive de la CG militaire.

5. Cependant trois comandantas et plusieurs comandantes du CCRI, depuis leur compétence spécifique, ont proclamé le 9 août 2003 à Oventik les grandes lignes d’action de l’EZLN au niveau global dans la conjoncture, auxquelles les autonomies devront trouver des formes locales ou régionales d’application : le problème de la marginalisation de la femme, celui des jeunes sans travail ou des migrants contraints à chercher aux États-Unis ce que le Mexique est incapable d’offrir, le point de vue critique de l’EZLN sur la classe politique du moment, ses choix au niveau de la solidarité internationale (Pays basque, Palestine, Irak, Argentine, etc.) et la mobilisation pour un grand programme de résistance aux principaux axes néolibéraux officiellement annoncés — l’ALCA (Accord de libre commerce des Amériques) et le PPP (Plan Puebla-Panama) ; cet appel est ironiquement dénommé « Plan Tijuana – La Realidad » (le territoire mexicain de sa frontière nord à celle du sud) pour bien noter la vocation nationale de l’EZLN.

La grande nouveauté est la rupture du silence. L’autonomie se vit désormais hors de la clandestinité, la résistance devient publique et ouverte. Tout se passe comme si l’EZLN suggérait au gouvernement que si ces mesures l’offensent, la solution la plus simple et la moins gênante pour lui serait, enfin, l’application des Accords de San Andrés qui ferait tout rentrer dans la légalité inclue dans leur signature commune.

28 août 2003, 
André Aubry et Eva

Notes

[1] Vicente Fox, dirigeant du Parti d’action nationale (PAN) et président du Mexique de 2000 à 2006 (note de “la voie du jaguar”).

[2] Cocopa, Commission de concorde et pacification, créée en mars 1995 par la Chambre des députés et le Sénat (note de “la voie du jaguar”).

[3] Conai, Commission nationale de médiation, créée en 1994 par des membres de la « société civile », présidée par l’évêque Samuel Ruiz, et autodissoute en juin 1998 (note de “la voie du jaguar”).

Crise économique et pseudo-solution d’austérité… L’autogestion expropriatrice seule solution viable !… !

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire, syndicalisme et anarchisme with tags , , , , , , , , , , , , , , on 19 juillet 2012 by Résistance 71

Face à la crise, la seule solution, à Aulnay comme ailleurs, est l’expropriation des capitalistes !

 

Alternative Libertaire

 

15 Juillet 2012

 

A PSA, les licenciements c’est maintenant !

Les intentions de PSA étaient déjà connues depuis longtemps mais la direction a officialisé jeudi 12 juillet un plan de licenciements massif qui s’accompagne de la fermeture du site d’Aulnay-sous-Bois. Alors que l’entreprise continue de faire des bénéfices et d’engraisser ses actionnaires, ce sont 8000 salarié-es qui vont être sacrifié-es sur l’autel de la « compétitivité », à Aulnay mais aussi sur le site de La Janais, près de Rennes. Au-delà, ce sont des milliers d’emplois qui sont menacés chez les sous-traitants de PSA et autant de familles qui vont plonger un peu plus dans la précarité.

Même si l’industrie automobile n’est pas à l’image de la société écologiquement responsable que nous voulons construire, nous ne pouvons rester les bras croisés quand une entreprise s’apprête à supprimer des emplois et à liquider les outils de production pour servir la soif de profit des capitalistes aux commandes.

Face à cela, seule la lutte des travailleuses et des travailleurs peut imposer la sauvegarde de l’emploi par la reprise en main de l’entreprise sous contrôle des salarié-es. A Aulnay comme ailleurs, la réponse au terrorisme patronal, c’est l’expropriation du capital et la réquisition des machines pour préparer l’autogestion et la reconversion écologique de la production. Les plans de licenciements vont se multiplier, il va donc falloir multiplier les ripostes pour se débarrasser des donneurs d’ordre irresponsables et mettre réellement la production au service de la population.

Face à la crise, la seule solution, à Aulnay comme ailleurs, est l’expropriation des capitalistes !

 

Source: http://www.alternativelibertaire.org/spip.php?article4897