Archive pour autogestion et démocratie

Analyse politique: Quand des marxistes entendent raison…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société libertaire, syndicalisme et anarchisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 11 novembre 2014 by Résistance 71

Certains marxistes évoluent et finissent par (re)venir aux concepts libertaires et autogestionnaires de la 1ère Internationale, celle qui vit le conflit entre Bakounine et Marx scinder les deux mouvements. Les Zapatistes du Chiapas au Mexique, le PKK parti ouvrier kurde en lutte pour la survie des communes libres de Rojava et de Kobané contre l’armée mercenaire de la CIA qu’est l’EI, étaient d’obédience marxiste et n’ont pu fonctionner efficacement sur une base populaire qu’en embrassant le concept anti-autoritaire de l’association libre…

Oui, l’espoir renaît ! Oui marxistes, revenez dans le giron du peuple libre pour la libération finale ! C’est ensemble, unis, que nous vaincrons l’oligarchie dégénérée et criminelle qui nous mène au chaos total. Cela réchauffe le cœur que de lire l’article de Tarik Bouafia ci-dessous…

— Résistance 71 —

 

Démocratie disent-ils

 

Tarik Bouafia

 

11 Novembre 2014

 

url de l’article original:

http://www.michelcollon.info/Democratie-disent-ils.html?lang=fr

 

Selon la célèbre phrase d’Abraham Lincoln, la démocratie se définit comme le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple. Il semble pourtant que, dans les pays occidentaux censés être des exemples de démocratie, cette définition soit restée lettre morte. En effet, aujourd’hui plus que jamais, le pouvoir est détenu par une petite oligarchie politico-médiatico-financière, ces fameux 1% qui se sont arrogés le droit de décider du destin de peuples entiers, faisant de la démocratie un leurre.

Dans son célèbre ouvrage « Le Contrat Social », Rousseau écrit (1) : « La souveraineté ne peut être représentée par la même raison qu’elle ne peut être aliénée : elle consiste essentiellement dans la volonté générale et la volonté ne se représente point (…). Les députés du peuple ne sont donc ni ne peuvent être ses représentants, ils ne sont que ses commissaires, ils ne peuvent rien conclure définitivement, toute loi que le peuple n’a pas ratifiée est nulle, ce n’est pas une loi. »

Cet appel à la participation du peuple dans les affaires de l’État ainsi que le rejet de la démocratie parlementaire ne semblent pas être la norme dans nos systèmes supposés démocratiques. En effet, la gestion des affaires publiques est aujourd’hui réservée à une petite caste de politiciens presque tous professionnels, passés pour la plupart d’entre eux dans les écoles de formation idéologique et politique que sont Science Po (2) ou l’ENA en France, Harvard aux États-Unis… Ces derniers « s’affrontent » dans les théâtres des parlements.

Enfermée dans un tel carcan parlementaire, la politique cesse d’être l’affaire de tous pour devenir l’affaire de quelques-uns. Un petit groupe de ministres, de députés, de sénateurs, soudés autour d’un même ordre socio-économique donne à travers débats et discussions l’impression qu’il existe réellement dans nos pays de véritables clivages partisans et en définitive une véritable démocratie. A l’intérieur comme à l’extérieur des lieux de pouvoir, la démocratie est mise en scène soigneusement et ressemble à une comédie dramatique qui, tous les quatre ou cinq ans selon les pays, voit disparaître des acteurs politiques, aussitôt remplacés par de nouveaux qui ne feront que perpétuer voire aggraver la gouvernance de leurs prédécesseurs. Et c’est ainsi que cette masse homogène de gérants du système qui se succèdent et se croisent se gardent bien de laisser paraître une quelconque ressemblance ou tout point de similitude sous peine de ternir leur prétendue « opposition de fond » ou leur « idéologie inconciliable ».

Les partis politiques dominants qui entretiennent le bipartisme s’opposent par médias interposés et se rencontrent face à face dans des simulacres de débats contradictoires mis en scène minutieusement par les médias. Ils se « combattent » agréablement, seuls les moyens d’appliquer leur politique sont débattus, le fond, lui, reste intact et fait consensus. Ils jouent le jeu de l’alternance, tout en conservant l’ordre établi. Le système tente à chaque élection de présenter de nouveaux visages, des hommes et femmes plus frais, plus modernes, plus dynamiques, plus rassembleurs, des personnalités qui incarneraient le renouveau, un renouveau d’acteurs, en somme. Un casting politique qui, tout compte fait, produit le même ordre, établit les mêmes règles voire les aggrave, modifie la forme et consolide le fond, enrichit les plus riches et appauvrit les pauvres, se soumet toujours un peu plus face à la puissance du capital et des pauvres entrepreneurs, ces fameux créateurs d’emplois sans qui nous ne serions rien, pris en otage par un « État obèse », prédateur, obligé de réduire ses dépenses publiques, de mener des politiques d’austérité et de payer sa dette car on le sait : l’État « a trop longtemps vécu au dessus de ses moyens ».

Il faut être réaliste, nous dit-on, on ne plus continuer à dépenser autant pour les services publics. Le réalisme ? Le mot préféré du personnel politique qui nous le répète à chaque interview, à chaque chronique, à chaque débat, un mot dont le but est de faire accepter par le peuple les politiques anti-sociales qu’on lui impose. Être réaliste, c’est en définitive accepter l’ordre naturel des choses, c’est être poussé à la résignation, au découragement, à l’idée bien ancrée « qu’il n’y a pas d’alternative ».

Ces politiciens carriéristes ne sont en fait que dans des postures et des démonstrations quasi théâtrales qui ne visent qu’à une chose : donner le sentiment aux peuples qu’ils vivent réellement dans des États démocratiques. Les figurants du système politique mettent constamment en exergue le « pluralisme démocratique », ils mettent l’accent sur les nombreuses « tendances » politiques qu’ils représentent. Des tendances oui, c’est le mot approprié pour décrire ce système qui est tout sauf démocratique. Pluralisme ? Oui, un « pluralisme des nuances », selon Alain Badiou. Et cette escroquerie intellectuelle qu’est la démocratie parlementaire continue à jouir encore aujourd’hui d’un crédit rarement remis en question. Elle constitue le dernier tabou. Et pour cause, tout se passe comme si nous vivions réellement en démocratie : nous votons, nous pouvons nous exprimer librement, nous « choisissons » nos partis, nos médias…

La démocratie se résume dans les pays occidentaux à glisser un bulletin dans l’urne et à attendre patiemment que les choses se passent. En procédant au vote, les soi-disant citoyens délèguent à ceux qui se présentent comme les représentants du peuple tout leur pouvoir, toute leur puissance souveraine. Car une fois élu, le « représentant » est libre de faire ce qu’il veut, de voter ce qu’il veut, il n’est soumis à aucun contrôle et ne peut être destitué par le peuple. Une fois élu, les promesses faites durant la campagne électorale devront s’incliner face à la réalité.

L’impuissance dominera donc et le cours des choses pourra reprendre son chemin. Nous savons qu’existe dans nos États un puissant consensus idéologique qui tend à enfermer les peuples dans la dictature de la pensée unique. Étant donné que l’expérience soviétique a failli et que le système capitaliste est toujours debout, il n’y a aucune place pour le doute : l’économie de marché et la démocratie parlementaire constituent la fin de l’histoire. Et plaider pour une remise en cause de ces instruments de domination serait « utopique », « irresponsable ». La finance, le néolibéralisme, la « libre entreprise », le système « représentatif » sont devenues les dogmes du XXIème siècle, aller à l’encontre de ces derniers constituerait un blasphème fait à l’encontre de la sacro-sainte doxa libérale.

Une autre idée bien ancrée dans nos sociétés tend à nous faire croire que le pouvoir politique serait le pouvoir suprême et que tout émanerait de lui. Mais les hommes et femmes politiques ne sont ils pas eux mêmes soumis à un autre pouvoir ? Le pouvoir politique est-il vraiment indépendant ? La réalité, c’est que l’État et dans une plus large mesure les partis dominants ne sont en fait que les défenseurs et les garants politiques et institutionnels de la classe économique dominante.

Déjà Karl Marx, en analysant les pouvoirs politiques français et anglais au XIXème siècle constata que les États n’étaient que les « fondés de pouvoirs du capital ». Car en effet, derrière les discours prônant la défense de l’intérêt général et collectif, c’est l’intérêt d’une petite poignée d’industriels, de financiers, de banquiers, de rentiers qui est savamment servi par le pouvoir politique. Les États, dans le système capitaliste et notamment dans les pays occidentaux, jouent en quelque sorte le rôle de zone tampon afin de protéger le pouvoir économique. L’hyper importance accordé au pouvoir parlementaire et surtout exécutif tend à diriger la colère des peuples vers les politiques, qui ne sont en fait que les serviteurs et les laquais du pouvoir économique et financier.

Aux États-Unis par exemple, pays du capitalisme roi, les sommes versées par les multinationales, les banques, les milieux d’affaires aux candidats pour financer leur campagne atteignent des milliards de dollars. En 1996, après quatre ans de gouvernance médiocre, Bill Clinton chercha des fonds afin de financer sa campagne électorale. Il se tourna donc vers des banquiers qu’il invita à prendre le café à la Maison Blanche(3).

Le deal était simple : en échange de millions de dollars, le président sortant s’engageait à mettre fin à la loi Glass-Steagall promulguée en 1933 en pleine crise financière par le président Roosevelt. Cette loi avait pour but d’interdire aux banques de dépôts de risquer l’argent de leurs clients. Fraîchement élu grâce aux généreux dons de ses amis banquiers, le président Clinton s’empressa de faire abroger la loi au Congrès, composé en majorité de Républicains. Encore un exemple qui montre que le pluralisme tant vanté cache en réalité un implacable monisme idéologique et politique des partis dominants.

Les candidats à la Maison Blanche, à l’Élysée, au 10 Downing Street, véritables pantins des puissances de l’argent symbolisent la vassalisation toujours plus indigne et honteuse des pouvoirs publics au pouvoir privé du profit. Pas étonnant qu’après avoir reçu des milliards de dollars de financement, les chef d’États renvoient l’ascenseur à leurs bienfaiteurs à coup d’exonérations fiscales, de baisse voire d’abrogation de l’impôt sur la fortune, de baisse du « coût du travail », de déclenchement de guerres afin de satisfaire les lobbies de l’armement comme ce fut le cas avec les nouvelles croisades lancées par George Bush fils contre l’« axe du mal ». Car, comme le remarquait très justement le candidat Républicain John Mc Cain, lobbyiste pour le secteur financier et ami des néo-nazis de Svoboda ukrainien ; « les pauvres ne font pas de donations ». Ils n’ont donc rien à attendre des pouvoirs en place.

Toujours aux États-Unis, 50% des anciens sénateurs deviennent des lobbyistes au service de grandes entreprises (4). En Angleterre, où le secteur financier compte pour 30% dans le Produit Intérieur Brut (PIB), sur les vingt neuf membres du cabinet de David Cameron, on compte dix-huit millionnaires (5). Peut-on croire alors un seul instant que des personnes de la haute société, de la classe dominante, aussi riches que puissantes vont s’atteler à l’établissement du bien commun et à la défense de l’intérêt général ?

En 1956, le sociologue états-unien Charles W.Mills publia l’Elite au pouvoir, un livre qui suscita beaucoup de controverses à l’époque. Et pour cause, il mettait en lumière l’accaparement du pouvoir par une étroite minorité composé de chefs d’entreprises, de patrons de presse, de hauts fonctionnaires dans des sociétés où le pouvoir était supposé se trouver dans les mains des citoyens.

« Les hommes des sphères supérieures sont impliqués dans un ensemble de « bandes » qui se recoupent et de « cliques » unies entre elles par des liens compliqués » écrivait-il. Cette description de la classe dominante semble bien convenir au rendez-vous que se donne un mercredi de chaque mois l’élite française, dans le très sélect dîner du Siècle. Ce dernier regroupe le gratin des 1% français. Selon son fondateur, Georges Bérard Quélin, collaborateur puis résistant, le dîner du Siècle a pour objectif de bâtir « un pont entre deux mondes qui s’ignorent trop en France (politiques, hauts fonctionnaires, journalistes, industriels, banquiers) ». « On va au dîner du Siècle pour le pouvoir » affirmera même M.Jean-Louis Buffa, conseiller auprès de la banque Lazard et ancien président de Saint-Gobain, grande entreprise française coté au CAC40(6).

La présence de représentants politiques au sein de l’institution élitiste bourgeoise est également très importante. On y trouve des personnalités de droite comme l’ancien président Nicolas Sarkozy, l’ancien premier ministre François Fillon, et l’ennemi proclamé des voleurs de pains au chocolat, Jean-François Copé. L’autre droite, représentée par le Parti Socialiste et Martine Aubry a également sa place dans les salons cossus du dîner. « J’aime beaucoup le Siècle ; J’ai cessé d’y aller lorsque je suis devenue ministre en 1997. C’était très intéressant. Je me retrouvais à table avec des gens extrêmement différents (…) L’initiative peut être perçue comme totalement élitiste, mais cela reste un vrai lieu de rencontre. J’y ai beaucoup appris. Car, pour moi, la vraie intelligence, c’est d’essayer de comprendre des gens qui ont une logique différente ». disait-elle. Logique différente ? Vraiment ? Allons, la tromperie a assez duré ! Il est temps de renvoyer les partis sociaux démocrates, notamment le parti socialiste français qui se réclame être de gauche, à ce qu’ils sont vraiment, c’est à dire une « droite complexée » selon les termes de l’économiste Frédéric Lordon.

Les partis sociaux-démocrates ont souvent fait pire en termes économiques que leurs homologues de la « droite décomplexée. » C’est le cas par exemple du chancelier allemand et chef du parti social-démocrate (SPD), Gerard Schroeder qui a littéralement détruit les derniers vestiges de l’État social allemand à travers la libéralisation du marché du travail, la baisse voire la disparition des allocations pour les chômeurs qui refusaient un emploi, l’instauration de jobs à 1 euro de l’heure… Autant de mesures qui ont provoqué une précarisation croissante de la population ainsi qu’un accroissement important des inégalités. Dans le fameux modèle allemand, tant vanté par les partis sociaux démocrates et conservateurs européens ainsi que par les médias dominants, les 10% les plus riches s’accaparent 53% de la richesse du pays. Plus de 16% de la population allemande vit sous le seuil de pauvreté.

En France, même son de cloche, le virage néolibéral pris par le président Mitterand en 1983 a marqué le début du ralliement idéologique et politique aux politiques impulsées par Margaret Thatcher et Ronald Reagan. Désengagement progressif de l’État dans les affaires économiques, privatisations à outrance, financiarisation croissante de l’économie, perte de souveraineté monétaire… En quittant le gouvernement en 1986, Laurent Fabius, alors premier ministre autoproclamé socialiste déclarera : « Nous faisons le sale boulot que la droite n’ose pas faire ». En effet, les partis dits de gauche n’ont été et continuent de n’être en réalité que les secondes mains de la domination bourgeoise. Des partis teintés d’un discours social et progressiste, même si on remarquera que ce discours évoluera jusqu’à ce que Lionel Jospin, alors candidat à l’élection présidentielle annoncera solennellement que son « programme n’est pas socialiste » ou encore « L’État ne peut pas tout ».

Les partis d’extrême droite, eux, qui se présentent comme des recours face aux politiques imposées par les institutions financières internationales, constituent en réalité des recours qui serait utilisés par les tenants de l’économie en cas de danger ultime ou de risque d’explosion du système. L’idéologie des droites extrêmes, de plus en plus teintée d’un discours social pris à la gauche, substitue de fait la nation à la classe sociale. Alors que l’anticapitalisme trouve ses racines dans la lutte des classes, l’idéologie nationaliste, elle, incorpore une dimension raciale dans la question sociale. Les discours anti-élites des partis comme le Front national sont en effet toujours accompagnés d’une stigmatisation et d’une accusation criminelle de l’immigré, de « l’assisté », des jeunes des banlieues, de l’islam… Les élites n’ont donc rien à craindre des partis d’extrême droite, xénophobes et racistes, qui ne déclencheront qu’une « révolution passive » selon les termes utilisés par le théoricien marxiste italien Antonio Gramsci, c’est à dire une révolution sans révolution. Un simple changement de personnel politique, qui ne remettrait absolument pas en cause les bases économiques du capitalisme ni la propriété privée des moyens de production. Quant aux partis de la « vraie » gauche, ceux qui réclament une rupture avec l’ordre politico-économique établi, ils ne sont que très peu audibles car très rarement invités sur les plateaux de télévision.

Nous le voyons bien, le système politique qui domine dans les pays occidentaux est un système totalement verrouillé, cadenassé qui ne laisse que des miettes à la pensée émancipatrice et alternative. La classe dominante, consciente de ses intérêts et des moyens pour parvenir à ses fins dispose de nombreux leviers d’asservissement comme les médias pour légitimer des politiques destructrices qui vont à l’encontre des peuples. Il est donc aujourd’hui urgent de remettre la démocratie au centre du jeu et de la renvoyer à ce qu’elle est vraiment dans les pays occidentaux, c’est à dire un instrument de domination politique et idéologique utilisé par la classe possédante à des fins d’assujettissement des citoyens. Dans un moment de crise institutionnelle, politique et économique sans précédent dans nos pays, il est essentiel de revenir au sens premier des mots et de leur rendre leur véritable signification, leurs lettres de noblesse. Car les mots démocratie, citoyenneté, politique sont aujourd’hui monopolisés et accaparés par ceux qui en sont les fossoyeurs. Monopolisés par les professionnels de la politique à des fins électorales.

Dans un système dominé par la dictature de la pensée unique, par les média-mensonges et les manipulations quotidiennes, par l’idée que l’austérité et le néolibéralisme sont les seules possibilités envisageables pour le futur, par l’idée que le capitalisme et son corollaire la démocratie représentative sont les seules structures économiques et politiques possibles pour l’humanité, il est primordial de penser et d’imaginer un système où la démocratie prenne tout son sens en tant que pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple et non pouvoir d’une élite.

Citoyenneté comme exercice direct et commun de la puissance souveraine par l’intérêt du peuple porté vers la chose publique. Politique comme la libre association de citoyens en vue de gérer et d’organiser la vie dans la cité et non ces batailles mesquines entre politiciens carriéristes. Penser, réfléchir, analyser sont aujourd’hui devenus des efforts considérables tant les messages de propagande véhiculés par les médias dominants aux mains, on le sait, de grands industriels et de banquiers sont puissants et poussent nombre de gens à la résignation dans une ambiance de morosité. Mais il serait vain de réclamer une plus grande participation des citoyens dans les affaires publiques de demain sans remettre fondamentalement en cause le système économique dominant. En somme, pas de démocratie politique sans démocratie économique. Pas de véritable démocratie sans bouleversement puis effondrement du capitalisme. Car comme le disait Marx : « la domination politique du producteur ne peut coexister avec la pérennisation de son esclavage social. »(7)

 

(1)Jean-Jacques Rousseau, Du Contrat Social, Livre III

(2)Science Po, Laminoir des élites françaises, Manière de Voir, Avril-Mai 2012

(3)Serge Halimi, Le gouvernement des banques, Le Monde Diplomatique, Juin 2010

(4)Ibid

(5)Tony Wood, Enfin, le Royaume-Uni défie l’ombre de Thatcher, Manière de voir Août-Septembre 2014

(6)Ibid

(7)Karl Marx, La Guerre civile en France, III

Publicités

N’oubliez pas le week-end prochain…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire with tags , , , , , , , , , , , , , , on 3 juin 2013 by Résistance 71

Foire à l’autogestion 8 et 9 Juin à la parole errante… Allons-y nombreux !

 

Rendez-vous à la 2e édition de la Foire à l’autogestion les 8 et 9 juin 2013 à La Parole errante – La Maison de l’arbre 9, rue François Debergue 93100 Montreuil

Débattre, se rencontrer et vivre l’autogestion !

 

Visionnez ces petits clips vidéos de 30 à 50 secondes… Truculents et suggestifs !

 

« On a beau fouiller les quatre saisons, on a rien trover de plus poétique que l’autogestion ! »

 

http://www.autrefutur.net/On-a-beau-fouiller-les-quatre

Résistance politique ici et maintenant…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, démocratie participative, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, Social & Retraite, société libertaire, syndicalisme et anarchisme with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 10 mai 2013 by Résistance 71

De la résistance à l’autogestion, le 14 mai à Paris

 Alternative Libertaire

 

3 Mai 2013

 

url de l’article:

http://www.alternativelibertaire.org/spip.php?article5325

 

Pendant combien de temps va-t-on encore continuer à nous prendre pour des imbéciles ?

Quand on entend qu’il faut se serrer la ceinture et accepter l’austérité alors que les riches continuent de s’enrichir et que, depuis 20 ans, les actionnaires n’ont pas cessé de s’engraisser sur le dos des travailleurs-euses…

Quand on sait que la fraude fiscale représente entre 60 et 90 milliards d’euros et qu’on voit éclater au grand jour les magouilles et les scandales où se croisent les hommes politiques et les plus grosses fortunes…

Quand on nous promet le changement et qu’en même temps on continue à pourchasser les Rroms, à faire la chasse aux immigré-es, à laisser faire les patrons qui licencient à tour de bras…

Quand on voit un gouvernement soi-disant de « gauche » inscrire dans la loi l’une des pires attaques contre les droits des travailleurs-euses : le fameux « Accord national interprofessionnel » imposé par le MEDEF et une CFDT complice…

Face à cela, l’alternative est simple. Soit on s’écrase et on subit l’exploitation patronale, en laissant la rue aux parades réactionnaires et aux milices fascistes. Soit on se bouge pour répondre à l’austérité par la solidarité, pour lutter contre la loi du plus riche et résister à l’offensive capitaliste avec, en ligne de mire, la reprise en main de l’économie et la transformation de la société.

Parce que nous sommes persuadé-es qu’on ne peut pas attendre un changement venu « d’en haut », parce que nous croyons que c’est par nos résistances et par nos luttes que nous pourrons renverser le rapport de force actuel, parce que nous pensons que c’est par en bas que se construira une société réellement démocratique et égalitaire, nous vous invitons à venir discuter et débattre avec nous le mardi 14 mai, à 20h, au local d’Alternative libertaire.

Meeting le 14 mai, 20h, au 92, rue d’Aubervilliers, Paris 19e (métro Stalingrad, Riquet ou Marx-Dormoy)

 

Et ensuite…

Ne ratez pas la 2e Foire à l’autogestion à Montreuil, les 8-9 juin

Forums, débats, ateliers pratiques, stands, guinguette, cinéma, théâtre, espace enfants…

Une centaine de structures participantes.

www.foire-autogestion.org

*  *  *  *  *  *  *  *  *

Programme de la Foire à l’Autogestion 2013:

 

Samedi 8 juin

Lieu : la Parole errante à Montreuil (9 rue François-Debergue, métro Croix-de-Chavaux).

Stands, buvette, restauration, animation musicale avec Johnny Montreuil, cycle cinéma, vidéos, ateliers, débats… Une centaine de structures participantes.

10 h : Ouverture de la Foire à l’autogestion

10 h-19 h : Espaces permanents

● Village du logiciel libre, avec les associations Parinux, la coopérative Cliss XXI (Liévin)…
● Espace enfants avec, cette année : la construction collective d’une cabane proliférante
● Répar’Café sur le thème du petit électroménager : apprenez à réparer vous-mêmes, plutôt que de dépendre du SAV de Darty !
● Atelier Récup’ : apprenez à recycler utilement (et artistiquement) les objets de la vie quotidienne (quelques exemples ici). 
● Atelier d’écriture collective d’un scénario de jeu. Ou comment mettre en place une activité de loisir imaginatif autogérée à travers l’exemple de l’écriture de scénarios. Organisé par la Mare aux diables sur son stand, 20 participant-e-s max. S’inscrire ici.
● Atelier d’autoréparation de vélo, avec l’association Cyclofficine (Ivry-sur-Seine), accueil auto-réparation air-huile, avec mise à disposition de l’outillage de base pour apprendre à réparer soi-même sa bicyclette. Toute la philosophie Do it yourself tient sur deux roues !
● Atelier vidéo : venez avec votre caméra (même un simple appareil photo numérique) et apprenez les bases du cadre vidéo avec Holistic Productions ; 5 à 8 participant-e-s max. S’inscrire ici.

11 h-13 h : forum « Éducation et pédagogie alternative »

Comment sortir de l’école de la reproduction sociale ? L’éducation : au service de qui ? de quoi ? Pour quels savoirs et quels programmes ?

Débat avec :

● Charlotte Nordmann, auteure de La Fabrique de l’impuissance (éd. Amsterdam, 2008) ;
● Un intervenant du Lycée autogéré de Paris

11 h-13 h : Atelier : Créer son propre fanzine

Par Bernard (Autre Futur) ; max. 10 participant-e-s. S’inscrire ici.

12 h-14 h : Débat : Retour critique sur l’autogestion yougoslave (1950-1990)

L’expérience ambiguë de « l’autogestion socialiste » en Yougoslavie a, dans les années 1960 et 1970, fait couler beaucoup d’encre dans les courants anticapitalistes cherchant une alternative au modèle soviétique. De par les rapports conflictuels qu’elle a révélé avec l’État et avec l’économie de marché, l’expérience de l’autogestion yougoslave n’a pas fini de nous apporter d’utiles enseignements.

● Catherine Samary (auteure de Le marché contre l’autogestion, l’expérience yougoslave, La Brèche, 1988) ;
● Vladimir Fisera (auteur de Prague, la révolution des conseils ouvriers, Seghers, 1978).

11 h-14 h : ciné-débat : Douce France, la saga du mouvement beur, de Mogniss Abdallah et Ken Fero, 77 min, IM’Média, 1993.

Synopsis : Des affrontements des Minguettes à la Marche pour l’égalité et contre le racisme de 1983, de Rock against Police à la lutte contre la double peine, de la lutte des ouvriers arabes dans l’usine Talbot-Poissy au mouvement étudiant de 1986 et aux lois Pasqua… Ce documentaire retrace les temps forts du « mouvement beur » des années 1980. Trente ans après la marche de 1983, ce film est l’occasion d’en faire un état des lieux, de revisiter les mémoires d’un certain nombre d’acteurs et d’exposer la diversité des options prises dans la lutte contre le racisme. Voir des extraits.

Projection suivie d’un débat avec :

● Mogniss Abdallah, coréalisateur du film ;
● Éric Louis, participant à Convergence 84, la « deuxième Marche », en 1984.

14 h-17 h : Atelier : Initiation à l’autodéfense féministe

Un stage axé sur la prévention des situations d’agression et la mise en pratique de défenses physiques simples. Possibilité d’adapter le contenu du stage à la demande des participantes.

Organisé par Irène (AL Orléans) ; max. 20 participantes (non mixte). Pas de tenue de sport nécessaire. S’inscrire ici.

14 h-16 h : Forum : « Auto-organisation et lutte des travailleurs migrants »

Avec, entre autres :

● Bernard Gilles (bureau confédéral CNT-SO) ;
un-e militant-e du syndicat du Nettoyage CNT-SO, qui évoquera la défense des droits des migrants et ses difficultés propres (barrière du langage, racisme…) ;
● Michael Hoare (Comité pour l’avenir des foyers), qui nous parlera de l’enjeu de la rénovation des foyers de travailleurs migrants, et de la lutte des résidents pour le maintien d’espaces de solidarité collective ;
● un délégué du Foyer de travailleurs migrants du Centenaire, qui évoquera l’expérience de ce foyer montreuillois autogéré de facto.

14 h-16 h : Débat : la noblesse des biffins, c’est le recyclage

Traqués par la mairie de Paris, les biffins (chiffonniers) s’auto-organisent contre la misère. Débat avec :

l’Association des marchés économiques locaux individuels et organisés du recyclage (Amelior), qui fédère 200 biffins en région parisienne.

15 h-17 h : Présentation du livre Syndicalistes et libertaires. Une histoire de l’UTCL (1974-1991)

Raconter l’action de l’Union des travailleurs communistes libertaires (UTCL) dans le syndicalisme des années 1970-1980, c’est raconter la période de « l’insubordination ouvrière » de l’après Mai 68, la lutte contre le recentrage de la CFDT, l’émergence des gauches syndicales, l’irruption des coordinations de grévistes, la formation des SUD… A travers les pratiques du petit groupe d’ouvriers turbulents qui formait l’UTCL, on s’interrogera sur la portée révolutionnaire du syndicalisme d’action directe. Débat avec :

Théo Rival (AL Orléans), auteur du livre ;
● plusieurs anciennes et anciens de l’UTCL.

16 h-18 h : Débat : le logement alternatif, c’est possible. L’exemple du Mietshaüser Syndikat

En Allemagne, il existe une tradition de lieux alternatifs et ouverts dans lesquels s’épanouit une culture alternative. Ces Hausprojekte, terme que l’on pourrait traduire en français par « maisons autogérées », sont à la fois des lieux de vie et d’activités collectives et politiques. Pour renforcer leur indépendance, une structure associative basée à Fribourg, le Mietshaüser Syndikat a imaginé un montage juridique et financier original qui fait sortir de manière définitive les bâtiments du marché immobilier spéculatif. En France, cette initiative a inspiré la création du CLIP, qui se bat pour la propriété d’usage, contre la propriété marchande. Débat avec :

un-e représentant-e du Mietshaüser Syndikat ; 
● un-e représentant-e du CLIP.

17 h-19 h : ciné-débat : Le Champ commun, ensemble on va plus loin, de Marie-Josée Desbois, 26 min, 2012.

Synopsis : La toute jeune coopérative Le Champ commun a ouvert en 2010 une épicerie et un bar-café-concert à Augan (Morbihan). Fort de 96 associés, un groupe de 8 salariés travaille pour créer une alimentation générale de qualité et un lieu de rencontre et de culture en milieu rural. Leur devise : « Tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin ».

Projection suivie d’un débat sur l’auto-organisation de circuits de production, de transformation et de distribution alternatifs, avec :

● Consom’Solidaires,
● la coopérative Le Champ commun,
● la coopérative Minga,
● l’association Andines,
● la coopérative TerraUna.

17 h-19 h : forum « Lutte contre les licenciements et reprise des entreprises »

Avec, entre autres :

● Gérard Cazorla (CGT-Fralib), qui évoquera la lutte des salarié-e-s de l’usine de Gémenos pour la reprise de la production ;
● Laurent Lacoste (Solidaires-Industrie), qui évoquera la campagne pour le droit de veto des CE sur les licenciements collectifs ;
● Une militante d’une entreprise en lutte pour la reprise par ses salarié-e-s ;
● Yannis Androulidakis (revue grecque Rocinante), qui parlera de la « proto-autogestion » dans les entreprises récupérées en Grèce.

18 h-20 h : débat : Le sport (collectif) pour populariser les pratiques autogestionnaires

Avec :

● Nicolas Kssis, militant à la Fédération sportive et gymnique du travail (FSGT) et rédacteur à So Foot ;
● Wally Rosell, auteur d’Éloge de la passe, changer le sport pour changer le monde, Éditions libertaires, 2012.

Au terme du débat, rendez-vous sera donné pour une mise en pratique le lendemain matin, avec un match de foot à 7.

21h-22h : Théâtre : Side in/Side out, avec Tom Nanty (compagnie Un jour aux rives)

A la sortie de sa performance de dragking, Tom retrouve le calme de sa loge. Une voix le renvoie aux galères quotidiennes de sa situation de banlieusard. Tom nous fait alors partager ses réflexions sur les inégalités sociales, les travers de l’urbanisme et l’élitisme culturel, pendant qu’il se change après son spectacle et poursuit la transition d’homme en femme. Un dossier sur le spectacle ici. Suivre l’événement sur les réseaux sociaux ici.

Dimanche 9 juin

Lieu : la Parole errante à Montreuil (9 rue François-Debergue, métro Croix-de-Chavaux).

Stands, buvette, animation musicale, vidéos, ateliers, débats… Une centaine de structures participantes.

9 h : match de football à 7

Rendez-vous à 9 heures, « à la fraîche », sur le terrain de foot de proximité Espoir, dans la cité de l’Espoir, à 5 minutes à pieds du site de la Foire à l’autogestion.

Le football à 7 est une version non compétitive du football, davantage fondée sur le jeu, avec équipes mixtes (hommes-femmes, jeunes-vieux…), qui se joue en 2 x 25 minutes, éventuellement même auto-arbitré.

● L’encadrement sera assuré par Nicolas Kssis (FSGT) Wally Rosell (FA).

10 h : ouverture de la Foire à la Parole errante

10 h-19 h : Espaces permanents

● Village du logiciel libre, avec les associations Parinux, la coopérative Cliss XXI (Liévin)…
● Espace enfants avec, cette année : la construction collective d’une cabane proliférante
● Répar’Café sur le thème du petit électroménager : apprenez à réparer vous-mêmes, plutôt que de dépendre du SAV de Darty !
● Atelier Récup’ : apprenez à recycler utilement (et artistiquement) les objets de la vie quotidienne (quelques exemples ici). 
● Atelier d’écriture collective d’un scénario de jeu. Ou comment mettre en place une activité de loisir imaginatif autogérée à travers l’exemple de l’écriture de scénarios. Organisé par la Mare aux diables sur son stand, 20 participant-e-s max. S’inscrire ici.
● Atelier d’autoréparation de vélo, avec l’association Cyclofficine (Ivry-sur-Seine), accueil auto-réparation air-huile, avec mise à disposition de l’outillage de base pour apprendre à réparer soi-même sa bicyclette. Toute la philosophie Do it yourself tient sur deux roues !
● Atelier vidéo : venez avec votre caméra (même un simple appareil photo numérique) et apprenez les bases du cadre vidéo avec Holistic Productions ; 5 à 8 participant-e-s max. S’inscrire ici.

11 h-12 h : L’expérience du Centre autogéré Espace noir, de Saint-Imier (Suisse)

La pratique du centre socio-culturel Espace noir de Saint-Imier, dans le Jura Suisse historique. Nous verrons comment les principes de socialisation du pouvoir, de l’information, de la communication et d’autres principes liés au savoir, à la culture d’entreprise, à la constitution de réseaux, sont appliqués au quotidien par un centre autogéré.

● Par Yves Deconinck (formateur), qui prépare un livre sur cette initiative.

11 h-13 h : forum « Luttes rurales et défense des terres agricoles péri-urbaines »

La« zone à défendre » de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) est devenue emblématique du slogan « Résister, c’est créer ». Mais ce n’est pas le seul endroit où l’on s’oppose à la destruction des terres agricoles pour de grands projets inutiles. On peut également citer la résistance au projet Europa City, porté par Auchan à Gonesse (Val-d’Oise) ou à la ferme des Bouillons à Mont-Saint-Aignan (Seine-Maritime). Un forum organisé par les Amis de la Confédération paysanne, avec :

Blaise Martin, Collectif pour le Triangle de Gonesse (www.cptg.fr) ; 
Rémy Querbouet, Alternatifs, Collectif d’opposants NDDL ;
un-e représentant-e de la ferme des Bouillons à Mont-Saint-Aignan.

11 h-14 h : ciné-débat : Lorraine-Cœur d’acier : une radio dans la ville de Jean Serres et Alban Poirier , 72 min, 1982

Créée par la CGT en vue de la grande manifestation des sidérurgistes le 23 mars 1979, Paris Radio LCA ne s’est pas cantonné à l’action syndicaliste. Passées les premières semaines d’antenne, les journalistes Marcel Trillat et Jacques Dupont ont choisi de faire tourner leurs micros. Politiques de tout bord, habitants du bassin, femmes d’ouvriers, travailleurs immigrés et même enfants de la cité de fer ont participé à l’aventure LCA. L’antenne était régulièrement brouillée par les forces de l’ordre mais, pendant plus d’un an de lutte, elles ne sont pas venues à bout des habitants du bassin de Longwy qui faisaient bloc pour défendre la radio… Voir un extrait.

Projection suivie d’un débat avec :

Michel Olmi, sidérurgiste, secrétaire de l’UL-CGT de Longwy de 1974 à 1980 ;
● Daniel Cano, de l’association Minga, de Longwy.

12 h-14 h : Rencontre : Monter une entreprise autogérée

Créer une coopérative de production, c’est bien ; lui appliquer une éthique égalitaire et autogestionnaire, c’est mieux. Partage d’expériences, conseils, échanges, avec les coopératives du réseau REPAS :

● la scierie coopérative Ambiance Bois (Creuse),
● la filature coopérative Ardelaine (Ardèche),
● l’épicerie coopérative Le Champ commun (Morbihan),
● la coopérative de communication La Navette (Creuse),
● la boulangerie coopérative La Conquête du pain (Montreuil),
● et d’autres encore…

14 h-16 h : forum « Féminisme et auto-organisation: enjeux et pratiques d’émancipation  »

Le Planning 93 et la bibliothèque grenobloise Antigone présenteront la façon dont ils articulent en pratique féminisme et autogestion, et les implications politiques, dans les contextes où ils agissent. Cela permettra de lancer le débat, qui occupera l’essentiel de la durée du forum. Avec :

● Corinne Mélis (Planning familial 93) ;
● Cécilia (bibliothèque Antigone, Grenoble) ;
● François (bibliothèque Antigone, Grenoble).

14 h-17 h : Atelier : prendre la parole sans prendre le pouvoir

On explorera les comportements et cadres de pensée qui peuvent entraver la libération de la parole, créer des frustrations, de l’aliénation et favoriser les jeux de pouvoir dans un groupe ; et on verra ceux qui favorisent la coopération, l’entraide, la décrispation sur les enjeux de pouvoir/territoire.

Par Adeline (AL), Pascal (LAP) et Jean-Pierre (FRAP) ; max. 15 participant-e-s. S’inscrire ici.

14 h-17 h : Débat sur les monnaies locales et théâtre de l’Opprimé

Avec Michel Lepesant (MOC Drôme) ;
● Création d’une saynète selon la méthode du théâtre de l’Opprimé.

15 h-17 h : Rencontre : L’autogestion… ça ne marche pas toujours !

Débat organisé par le Syndicat unique du bâtiment et des travaux publics (SUBTP-CNT) de la Région parisienne.

Au printemps 2010, le SUBTP-CNT se lance dans l’aventure coopérative avec ses deux camarades travailleurs-coopérateurs en fondant La Belle équipe, une coopérative ouvrière de production dans tous les corps d’état du bâtiment. Il s’agit d’un outil nouveau pour les camarades qui retroussent leurs manches et souhaitent vivre dignement de leur métier, comme pour le syndicat qui peut mettre en pratique ses discours et ses valeurs. La coopérative est fondée sur des statuts clairs, qui placent le syndicat comme légataire en cas de défaillance d’un membre, et lui interdisent de compter des actionnaires non producteurs en majorité, ce qui limite à un seul en l’espèce. Cette coopérative s’insère dans la vie syndicale avec ses actions de formation aux métiers et à la sécurité sur le chantier, avec le placement de militants licenciés pour fait syndical … et reçoit en retour l’appui juridique, pédagogique, logistique et relationnel du SUBTP-CNT. Cette coopérative est depuis fin 2012 en sommeil.

Le SUBTP-CNT propose, en présence de camarades travailleurs-coopérateurs, une intervention et un retour critique sur les points suivants :
a) Histoire et chronologie du projet de la Belle Équipe ;
b) Activités de la Belle Équipe et relations entre les travailleurs-coopérateurs et le syndicat; rôle du syndicat ;
c) Avancement et évolution de la scop (formation, travail sur les chantiers…) ;
d) Analyses et retours critiques sur la mise en sommeil de la scop ;
e) Perspectives pour la création, le développement et la pérennité de nouvelles coopératives dans le bâtiment.

15 h-18 h : Atelier: Brasser sa bière soi-même

« Pensez global, buvez local ! », « Brasser sa bière, un acte révolutionnaire ! » Démonstration pratique, de façon intermittente, sur trois heures, avec :

● la microbrasserie montreuilloise Zymotic, qui désaltèrera la Foire cette année !

17 h-19 h : forum « Autogestion et projet de société »

Comment concevoir une économie postcapitaliste, placée entre les mains des producteurs et des consommateurs ? Selon quels critères décider de qu’il faut produire et comment le répartir ? Autant de questions qui bouleversent les codes actuels de l’économie et notre système de pensée. On cassera donc les codes pour repenser quelques idées fondamentales avec :

● Anselm Jappe, universitaire, un des théoriciens de la « nouvelle critique de la valeur » ;
● Clément Homs, de la revue Sortir de l’économie.

 

2012 ou la continuité de l’illusion démocratique… Solutions ? Boycott du vote et autogestion

Posted in actualité, autogestion, économie, crise mondiale, démocratie participative, guerres imperialistes, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 4 janvier 2012 by Résistance 71

2012 année électorale ou la continuité de l’illusion démocratique

 

Par Résistance 71

 

Le 4 Janvier 2012,

 

“La puissance au contraire tranche tout. Nous y avons mis le temps, mais nous avons compris. Par exemple vous avez dû remarquer, notre vieille Europe philiosophe enfin de la bonne façon. Nous ne disons plus comme aux temps naïfs: ‘Je pense ainsi quelles sont vos objections ?’ Nous sommes devenus lucides. Nous avons remplacé le dialogue par le communiqué.

‘Telle est la vérité, disons-nous. Vous pouvez toujours la discuter, cela ne nous intéresse pas. Mais dans quelques années, il y aura la police, qui vous montrera que j’ai raison.”

“La mort est solitaire, la servitude est collective.”

(Albert Camus, La Chute, 1956)

 

Cette année 2012 s’annonce comme l’année de tous les dangers sur le plan international avec la montée des tensions pouvant mener à un conflit majeur, voire mondial où les principaux acteurs de l’empire anglo-américains et ses satellites entreraient en collision avec le club de la multipolarité (Russie-Chine-Iran-Amérique du Sud); ainsi que la mise en place des habitutelles grandes messes du cirque électoral poussant plus avant l’illusion démocratique dans les pays occidentaux.

Ces mascarades démocratiques auront essentiellement lieu au pays du goulag levant (USA) en Novembre prochain et surtout chez nous en France au mois de Mai.

A cet effet, le grand barnum s’est mit en branle et l’oligarchie s’affaire à réactiver la verve électorale des citoyens désabusés et pour cause, par les turpitudes politico-financières des aristocrates en place. Les dernières éditions de la pantalonade pseudo-démocratique ont vu des taux records d’absention en France, en Espagne et ailleurs. Ceci n’est pas suffisant. Il nous faut boycotter complètement cette insukte à l’intelligence humaine que sont les élections et ce mécanisme obsolète de la délégation de pouvoir à une clique oligarchique toujours plus puissante (en apparence du moins).

Nous pourrions disserter longuement sur le sujet pour essayer de convaincre toujours plus de citoyens d’accomplir le seul devoir qui se doit: boycotter l’élection et toute forme de délégation de pouvoir non directement contrôlée et révocable par la base, afin de mettre fin à l’oligarchie de la pseudo-démocratie représentative. Au lieu de cela, nous allons faire un inventaire aussi complet que possible des textes anciens et modernes, écrits pour révéler qu public l’étendue de la supercherie de ce qu’il est communément appelé “la démocratie représentative” devenue depuis un demi-siècle la “social-démocratie” asservie au consensus du statu quo oligarchique.

Nous publierons ces textes périodiquement sous la rubrique: “L’illusion démocratique”. Ces textes, issus de la littérature anarchiste, replaceront l’état et ses institutions dans leur contexte historique et analyseront l’ineptie du concept électoral en ce qu’il représente l’acquiescement à la servitude volontaire aux institutions sous couvert de la délégation parlementaire et présidentielle.

Le marasme dans lequel est plongé le monde actuel n’est en rien une nouveauté. Il n’est que le résultat d’une nouvelle phase de consolidation de la concentration politico-financière en moins de mains possible, le tout ici en vue de l’établissement d’un état fasciste mondial régit par une gouvernance mondiale supranationale, d’un super-état corporatif, correspondant en cela à la définition du fascisme donnée par Mussolini lui-même comme étant la fusion de l’état et des cartels industrio-financiers.

L’illusion démocratique par l’élection arrive à sa fin, l’UE est déjà dirigée de facto par des commissaires (politiques) tous puissants, non élus, sévissant dans des commissions européennes toutes puissantes, également non élues et échappant à tout contrôle populaire. L’assemblée européenne n’est qu’une mascarade qui ne sert qu’à donner un semblant de légitimité aux décisions prises par les sbires des corporations. Il en va de même dans les parlements des pays d’Europe et des Etats-Unis qui ne sont plus que des ramifications des conseils d’administration des grosses corporations de Wall Street, de la City de Londres et des représentants de CAC40 pour la France, promue au rang de république bananière en 2007.

Les citoyens en 2011 se sont pour beaucoup éveillés à ces turpitudes. Il faut maintenant concrétiser la sortie des peuples du système oligarchique qui n’existe que par notre aval tacite ou affirmé et le remplacé par l’autogestion et la démocratie directe par la participation économique et politique directe… C’est la seule solution viable: ne plus déléguer sans contrôle. Jamais plus !

Il n’y a pas de solution au sein du système.

Il faut en sortir sans retour et créer la société correspondant à la véritable nature humaine faite de solidarité, de coopération et de créativité progressiste égalitaire.

En ce tout début d’année 2012, année de tous les dangers, nous suggérons la lecture ou la re-lecture de ces ouvrages essentiels quant à la perception de l’universalité de l’humain et le chemin pour une véritable révolution sociale en dehors de la propagande oligarchique pour un consensus du statu quo esclavagiste (liste bien entendu non-exhaustive mais représentative):

–       “L’homme révolté” Albert Camus

–       “L’entr’aide” Pierre Kropotkine

–       “La conquête du pain” Pierre Kropotkine

–       “Dieu et l’état” Michel Bakounine

–       “L’état dans l‘histoire” Gaston Leval

–       “Discours de la servitude volontaire” Etienne de la Boétie

–       “”Qu’est-ce que la propriété ?” Pierre Joseph Proudhon

–       “Hommage à la Catalogne” George Orwell

–       “Un projet de société communiste libertaire” Alternative Libertaire

–       “L’autogestion” Alternative Libertaire

–       “la pédagogie des opprimés” Paulo Freire

Voter c’est se soumettre, voter c’est acquiescer à l’oligarchie et abdiquer son droit à la révolte !

Lecteurs, lisez les textes que nous publierons sous la rubrique “L’illusion démocratique”. Ils en valent la peine !

Nous concluerons avec ces mots de Sébastien Faure (1919):

“Electeur, vote encore si tu l’oses!…”