Archive pour autogestion et commune

Développons la résistance politique et sociale: Foire à l’autogestion de Toulouse… Visions sur la construction du contre-pouvoir autogestionnaire…

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Foire à l’autogestion de Toulouse, du 29 avril au 5 mai 2013

 

Alternative Libertaire

 

Le 23 Mars 2013

 

url: http://www.alternativelibertaire.org/spip.php?article5276

 

Après Montreuil l’année dernière (et encore cette année), à Toulouse d’organiser sa Foire à l’Autogestion. Moments de rencontres de débats, de retour sur expériences, avec comme point central l’autogestion.

 

Ce sera au parc des sports du Bazacle et à Utopia. Débats, ateliers, musique, théâtre, animations, espace foire, librairie, restauration et buvette… Le programme détaillé est sur www.bazaraubazacle.org

Entrée libre et participation libre et nécessaire pour les spectacles.

LUNDI 29 AVRIL :

A L’UTOPIA : 20h projection de LIP, l’imagination au pouvoir. Débat animé par Roland Mérieux et des syndicalistes toulousains.

Il y a quarante ans, déjà, les ouvrières et ouvriers de l’entreprise LIP furent confrontés à la fermeture de leur usine. Loin de baisser les bras ils-elles décident de relever le défit autogestionnaire. Passant de l’autogestion des luttes à celle de la mise en pratique économique au travers d’une coopérative ouvrière, les LIP ont ouvert la voie vers une mise en mouvement qui fait écho actuellement. En effet, aujourd’hui encore, les ouvriers de certaines entreprises victime de la gestion libérale de l’économie, se posent la question, de gérer par eux même leur outil de travail et pour certains passent à l’acte !

MERCREDI 1er MAI

10H – 13H : MANIF (animée par la BATUCASOL)

Repas

A partir de 14h : Espace d’échanges et de savoirs avec tenue de stands associatifs, syndicats, librairie, expos et réparation vélos avec Vélorution

15H – 17H : « Histoire de l’autogestion et mouvements populaires » Table ronde

Après midi : Foot auto-géré avec la FSGT (Fédération Sportive Gymnique du Travail) Apportez vos équipements de sport pour rejoindre les équipes sur place.

17H-19H : Atelier : Auto-gestion et Éducation : L’éducation est un enjeu central. Au travers des bourses du travail, des université populaires ou de pédagogie émancipatrices, de nombreuses expérimentations éclosent partout dans le monde. Nous vous proposons de discuter éducation avec Gilbert Dalgalian, auteur de « Reconstruire l’éducation ou le désir d’apprendre ». Il abordera plus particulièrement la question du statut de l’élève, l’adaptation des structures éducatives aux enfants, la nécessité de repenser l’évaluation.

17h – 19h : Atelier : Projection de 2 films sur des expériences d’autogestion au Portugal (SCOP autogérées) avec débat. Escola veut dire école en Portugais, détourné en ES.COL.A ou Espace Collectif Autogéré, ce court métrage témoigne de l’expérience de la Fontinha, une école publique de Porto abandonnée, puis occupée et ré-ouverte au quartier et à ses habitants, jusqu’à son évacuation par les autorités. Suite à cette éviction et en solidarité avec la Fontinha, l’immeuble municipal de la rue de São Lazaro à Lisbonne, abandonné depuis 12 ans, est occupé le 25 avril 2012 et auto géré en assemblées ouvertes au public durant 1 mois. Si un bâtiment occupé peut déranger beaucoup de monde, 5000 abandonnés, comme à Lisbonne ou à Porto, en dérangent bien plus. Dans un pays acculé par la crise et ses misères sociales, où les pouvoirs publics laissent pourrir leur patrimoine par manque de moyen mais aussi pour satisfaire les gros bailleurs et maintenir pression foncière, la réappropriation de ces toits et de leur autogestion par tout un chacun est plus que jamais d’actualité.

Animation avec Sylviane Blanquart autour de l’orgue de barbarie (chant de lutte)

Repas

19h30 Musique de rue avec Brancaleone

Théâtre de la Brique Rouge, soirée : « Ta Limania Xena » musiques populaires de Grèce avec projection documentaire « Grèce générale » et petit débat.

JEUDI 2 MAI

A l’Utopia

à 20h30, projection de « Les Femmes de la Bruckman » en Argentine. Débat animé par Maxime Quijoux auteur du livre « Néo libéralisme et autogestion, l’expérience Argentine », éditions IHEAL et Guillaume de Gracia, auteur du livre L’Horizon Argentin aux éditions de la CNT. Le Chaos économique, social et institutionnel qu’a connu l’Argentine, en 2000, a donné cours à l’initiative autogestionnaire à partir « d’entreprises récupérées » par des travailleurs et travailleuses. Ce phénomène ne s’est pas cantonné qu’à ces entreprises mais a touché des pans entiers de la société Argentine qui aurait pu déboucher sur le développement d’une société alternative au système libéral défaillant. Pourtant après 6 mois d’expérience autogestionnaire et un mot d’ordre populaire « que se vayan todos » destiné aux élites corrompues, celles-ci sont revenues aux commandes du pays. Que pourrait-on tirer de cet échec ? Retrouvez Maxime Quijoux sur les ondes de radio Mon Païs dans l’émission « fréquences latines » le 1er mai entre 20h et 22h.

Au Bazacle

17h-19h : Atelier : Grands projets inutiles (film Notre Dame des landes)

Repas

Festival débattons dans les rues : Soirée de lancement du festival Débattons dans les rues

Festival expérimental d’éducation populaire désobéissante et festive et pis aussi avec de l’humour. Ce festival qui dure une dizaine de jours aura lieu fin mai sur Toulouse. Pendant la soirée : des concerts, de la bouffe, à boire et surtout, toutes les infos sur le festival …

VENDREDI 3 MAI

A partir de 14h : Espace d’échanges et de savoirs avec tenue de stands associatifs, syndicats, bouquins, expos et réparation vélos avec Vélorution

17h-19h : Atelier : Logement et autogestion animé par des militants des squats, associations et syndicats. Situation du logement en France et en particulier sur Toulouse. La Dynamique des luttes des squats sur la ville ces dernières années. Présentation du livre de Florence Bouillon : « le squat problème social ou lieu d’émancipation ? »

17h-19h : Atelier : Santé et autogestion. Faire de l’autogestion entre professionnels de santé est une chose, mais prolonger cette dynamique à destination des accueillis en est une autre !

Repas

21h : Cie le Périscope « Les Forains »

Musique festive : Sale Pierrot ou Ca peut plaire à ta mère

SAMEDI 4 MAI

10h – 13h : Atelier pratique d’autodéfense par et pour les femmes afin d’élargir nos capacité d’action face aux agressions rencontrées dans les espaces publics, privés et professionnels.

11h -14h : atelier Médias et politique

Repas

A partir de 14h : Espace d’échanges et de savoirs avec tenue de stands associatifs, syndicats, bouquins, expos et réparation vélos avec Vélorution

14h- 16h : Atelier : Auto-organisation dans les luttes des Femmes

14h-16h : Atelier : Les coopératives / Communautés aux Etats Unis. Les Etats Unis sont plus connus comme le champion du système capitaliste que pour ses alternatives collectives autogérées. Pourtant, dès leur naissance, des utopistes socialistes ont tenté d’édifier des espaces autogérés. A la fin du 19ième et au début du 20ième, ce sont des éléments socialistes et libertaires du prolétariat de ce pays qui ont construit des communautés autogérées, intégrant l’activité économique, l’éducation et le logement dans un même espace. Qu’en est-il à l’heure actuelle ? Débat présenté par Ronald Creagh, auteur de Utopies américaines, expériences libertaires du XIXe siècle à nos jours.

14h-16h : Atelier : La Coopérative intégrale : Un modèle d’autogestion et auto-organisation locale pour l’actuelle époque de transition et de sortie du capitalisme. Principes de base et historique. Etat des lieux en Catalogne et reste de l’Espagne, à Nantes et Toulouse. Quels sont les acteurs qui participent aux différents projets ? De quelle façon le modèle s’adapte-t-il aux conditions locales ?

15H : spectacle Jeune Public de 3 à 10 ans (marionnettes) « Anatole a disparu » par la Cie « Des mains et des pieds »

Après midi musique de rue avec Brancaleone

Après midi : Atelier cirque jeune public, parade, animation avec Arts Maniacs

16H – 18H : Atelier : Les SCOPS en région à partir de 3 expériences concrètes : Net Sol Eco (nettoyage à la Reynerie), Les Verreries d’Albi et Epurnature (épuration des eaux,..) avec 2 Diaporamas

16H-18H : Atelier : Municipalités : pouvoir ou contre pouvoir, entre élu-e-s et action citoyenne, quelle pratique autogestionnaire ?

18H30 : spectacle « Les Usines sur les planches ». Ce spectacle NH3 a été créé à partir de textes poétiques écrits par des salariés de AZF,SNPE, auxquels se sont rajoutés ceux des SANOFI, MOLEX et dernièrement JOB et AIR France.

Repas

Musique festive : Sale Pierrot ou Ca peut plaire à ta mère

DIMANCHE 5 MAI

A partir de 14h : Espace d’échanges et de savoirs avec tenue de stands associatifs, syndicats, bouquins, expos et réparation vélos avec Vélorution

15h Table ronde : autogestion des luttes, quelles convergences ? avec la participation de travailleurs de Molex, Freescale, Sanofi, Job, de la Fonderie de Fumel, de la santé, des intermittents et précaires,…….

Après midi : Atelier cirque jeune public, parade, animation avec Arts Maniacs

Restauration

18h Apéro concert avec la fanfare les Belles gambettes

PENDANT LES 4 JOURS

Tenue d’une buvette auto-gérée (permettra de financer l’opération).

Nous proposons 2 types de restauration : 
 Cuisine nomade Caracol : bio végétarienne (dispose d’une charrette cuisine) Prix libres 
 Cuisine de Jako. Il avait assuré le Bazar de l’an dernier

Voici ci-dessous les signataires du Bazar au Bazacle et de la Foire à l’autogestion :

Bazar au Bazacle : CMCAS EDGDF, Théâtre de la Brique Rouge, Théâtre du Roseau, Cie Lazzi Théâtre, Cie Arts Maniacs, Cie Jeux de Mômes, Droit au Logement (DAL), ATTAC, SUD culture Solidaires, TV Bruits, Radio FMR, Solidaires 31, Batucasol.

Le Collectif Foire à l’autogestion : Les Alternatifs, Alternative libertaire, Association pour l’Autogestion, Comités syndicalistes révolutionnaires, Coordination des Groupes Anarchistes, Fase, Fédération anarchiste, ETM 31, le Maquis, Mouvement des Objecteurs de Croissance, Nouveau Parti Anticapitaliste.

Avec la participation cette année : des Compagnies le Périscope, Des mains et des pieds, des groupes Ta Limania Xena, les Sales Pierrot, les « Ca peut plaire à ta mère », Artistes en liberté, Batucasol, Brancaleone Featuring Rita Macedo, la Fanfare des Belles gambettes, des Collectifs GPS (Groupement pour la défense du travail social), Collectif « Grève des femmes » 31, Fédération Sportive Gymnique du Travail, Faire Face, CREA, Clandé, Chapelle, Myris, le GAF, Vélorution, NH3 les usines sur les planches, Collectif 31 Notre Dame Des Landes, des salarié-es des SCOP (Net Sol Eco, Verreries d’Albi, Case Santé, Imprimerie 34, Avanti Popolo, Epurnature) et de Molex, Freescale, Sanofi, ex-Job,la Fonderie de Fumel….les cuisines de Caracol et de Jako, des librairies…, Théatre itinérant de la cabane et son chapiteau, d’Utopia.

Émancipation sociale: L’autogestion est la voie de la sagesse…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, démocratie participative, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, société libertaire with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 1 décembre 2012 by Résistance 71

Excellente présentation du Groupe Louise Michel, qui reconfirme s’il en était besoin, que l’autogestion dans les communes libres fédérées est la voie du futur pour une société égalitaire et donc libre. Sans égalité (sociale et politique), ni fraternité (entr’aide mutuelle, compassion et coopération), aucune liberté n’est possible, jamais !

Voici ce que dit Proudhon dans son ouvrage à redécouvrir de 1863: « Du principe fédératif »: « Voilà tout le système, dans la confédération, les unités qui conforment le corps politique ne sont pas des individus, citoyens ou sujets; ce sont des groupes, donnés a priori par la nature et dont la taille moyenne ne dépasse pas celle d’une population rassemblée sur un territoire de quelques centaines de kilomètres carré. Ces groupes sont eux-mêmes de petits états, organisés démocratiquement sous la protection fédérale et dont les unités sont les citoyens. »

En conclusion de ce fascinant petit livre, Proudhon, visionnaire, nous dit ceci (en 1863 ne l’oublions pas !…):

« Ainsi, la réduction et la péréquation de l’impôt ne peuvent pas être obtenues sous un pouvoir à haute pression, puisque pour réduire et égaliser l’impôt, il faudrait commencer par le décentraliser ; ainsi la dette publique ne se liquidera jamais, elle augmentera toujours plus ou moins rapidement aussi bien sous une république unitaire que sous une monarchie bourgeoise ; ainsi le débouché extérieur, qui devrait apporter à la nation un surcroît de richesse, est annulé par la restriction du marché intérieur, restriction causée par l’énormité des taxes; ainsi les valeurs, prix et salaires ne se régulariseront jamais dans un milieu antagonique où la spéculation, le trafic et la boutique, la banque et l’usure l’emportent de plus en plus sur le travail. Ainsi enfin, l’association ouvrière restera une utopie, tant que le gouvernement n’aura pas compris que les services publics ne doivent être ni exécutés par lui-même, ni convertis en entreprises privées et anonymes, mais confiés à forfait et par baux à terme à des compagnies d’ouvriers solidaires et responsables. Fini l’immixtion du pouvoir dans le travail et les affaires, plus d’encouragements au commerce et à l’industrie, plus de subventions, plus de concessions, plus de prêts et d’emprunts, plus de pots-de-vins, plus d’actions de jouissances ou industrielles, plus d’agiotage: de quel système pouvez-vous attendre de pareilles réformes si ce n’est du système fédératif ? »

La gestion directe des communes est partie prenante d’un système fédératif ou quelque soit le nom qu’on lui donne. C’est l’avenir incontestable de l’humanité, commençons ensemble à bâtir une société égalitaire et libre…

— Résistance 71 —

 

Gestion directe de nos communes

Pour que personne ne décide à notre place

 

Groupe Louise Michel de la Fédération Anarchiste

 

L’alternance politicienne entre la droite et la gauche, avec leurs alliés de tout le spectre de la « démocratie » parlementaire, nous a clairement démontré combien les politicards font preuve d’efficacité, lorsqu’il s’agit de favoriser les profiteurs qui s’engraissent sur notre dos.

Au nom d’une gestion réaliste de notre vie commune, ils nous imposent une économie de plus en plus libérale où la société est cogérée par les « décideurs » : représentants des multinationales, du patronat, leaders d’opinions, responsables des partis dit politiques et de certains syndicats. Ceux-ci tiennent bien serrées dans leurs mains les rênes de l’économie, gèrent le capital, et cherchent à travers la « politique » à contrôler totalement notre existence. On veut nous faire croire que ce mode de gestion est le seul possible et qu’à défaut de pouvoir lutter contre le capitalisme, il faut se contenter de le gérer le mieux possible.

Attention !

La globalisation croissante de l’économie est en train de dissoudre les intérêts des populations locales dans ceux des cartels financiers internationaux. Cette concentration du pouvoir économique mondial s’accompagne d’une centralisation du pouvoir politique qui amène de fait une nouvelle forme de totalitarisme qui, si nous n’y prenons garde, risque de balayer à terme toute forme de démocratie ! Oublier l’histoire, c’est se condamner à la revivre. Devrons-nous attendre en moutons résignés l’avènement d’une dictature souhaitée par certains aujourd’hui, ou choisirons-nous la voie de la responsabilité et de l’égalité ?

La lutte pour la gestion directe

Que personne ne décide à notre place ! Organisons la solidarité et l’entraide entre les habitants de nos communes contre les affairistes. Préparons-nous à remplacer l’État, institution parasite et étouffante, par une organisation fédéraliste des différents secteurs de la société. Demain, gérons nous-mêmes, directement, nos cités et notre travail. Supprimons les inégalités sociales et économiques.

Après l’échec à l’Ouest, à l’Est, au Sud et au Nord de toutes les doctrines autoritaires (coloniales, démocratiques, dictatoriales ou théocratiques), luttons pour une société libertaire ; débarrassons-nous des gouvernants et des patrons.

Les principes

Les principes de gestion directe communale telle que les libertaires la conçoivent sont clairs.

Ils supposent :

 

• Le fédéralisme, agent de coordination en remplacement de l’État, qui est un agent de coercition du système capitaliste.

• Des assemblées générales souveraines.

• Le mandatement impératif des délégués.

• La révocabilité des délégués élus.

• Des Comités de quartier et par thèmes transversaux (culture, éducation, transports…)

• Une socialisation des services avec des décisions prises par un collège comprenant :

– Les usagers de ce service.

– Les citoyens de la commune.

– Les personnes travaillant à faire fonctionner ce service.

Nous nous démarquons de cette démocratie participative mise à la mode – comme par hasard – à la veille des élections. Chrétiens progressistes, marxistes modernistes, et certains écologistes, ne vous proposent que d’améliorer l’information et la consultation des citoyens sur des décisions qu’ils auront déjà prises. L’utilisation du terme « gestion directe » indique clairement qu’il faut inverser complètement le processus d’élaboration des décisions afin que NOUS restions maîtres de notre avenir.

La gestion directe… Pour quoi faire ?

La participation à la gestion d’une commune n’a d’intérêt pour un citoyen que si elle transforme ses conditions d’existence. Gérer en commun une municipalité, alors que celle-ci conserve ses structures étatiques et les inégalités économiques, consisterait pour les citoyens à gérer eux-mêmes leur propre asservissement, leur propre misère. Ce qui caractérise les structures étatiques ce sont :

• La hiérarchisation des responsabilités et des décisions.

• L’assujettissement de tous à quelques-uns.

• Les inégalités sociales et économiques.

• L’existence d’une classe dirigeante privilégiée.

Demain, si dans la commune gérée directement, il reste des différences économiques ou sociales, il se reconstituera une nouvelle classe dirigeante, qui défendra par tous les moyens ses privilèges. Les anarchistes pensent contrairement aux marxistes avec leur période de transition, qu’il faut supprimer immédiatement tous les privilèges de classe sans exception.

Les citoyens se demandent ce qu’ils peuvent gagner à la gestion directe de leur commune. Ils pèsent les avantages et les inconvénients qui en résulteront pour eux et dont le principal est la responsabilité : c’est celui qui les fait le plus réfléchir car celle qu’ils assureront dans leur commune engagera celle de leurs conditions de vie.

Nous touchons ici au problème humain, celui des hommes et des femmes devant la responsabilité, celui de la quiétude qui résulte d’une certaine servilité, surtout lorsqu’elle s’assortit de conditions d’existence, morales et économiques, acceptables.

Il est possible d’avancer des raisons solides qui peuvent nous convaincre que les citoyens auraient intérêt à gérer eux-mêmes directement leur commune. Il y a la maîtrise de leur cadre de vie, de leur environnement ; une meilleure gestion des services au public, qui plutôt que d’être gérés en fonction de leur rentabilité financière ou électorale, le seraient réellement en fonction de leur utilité sociale déterminée par tous…

Agir au lieu d’élire

Nous ne pouvons pas nous contenter de dénoncer, de critiquer et d’émettre des principes, sans proposer des moyens concrets de mettre ces principes en œuvre.

Au niveau communal, il est possible d’organiser des contre-pouvoirs, en mettant en place des assemblées parallèles de citoyens élaborant des contre-propositions à la gestion municipale. Dès aujourd’hui nous nous battons pour :

• Les transports gratuits pour tous ;

• La gratuité de la santé de proximité ;

• Un accès libre et gratuit à tous les espaces et services culturels (bibliothèque, salles de réunion, de répétition…) ;

• La réquisition des logements vides et leur gestion directe par des représentants des habitants révocables ;

• Le contrôle de tous les projets d’urbanisme par des comités transversaux et de quartiers révocables ;

• Etc.

Nous pouvons aussi investir les réunions publiques des conseils municipaux issus du système électoral par des délégués révocables avec mandats impératifs, faisant valoir la volonté des habitants. Mais nous ne voulons pas reproduire l’erreur qui consisterait à se présenter sur les listes électorales pour se faire élire sans mandats impératifs et sans révocabilité, se serait essayer d’imposer nos principes par le haut.

Anarchistes, nous pensons que le seul pouvoir possible est celui de la base, et l’expérience nous a démontré que même les meilleurs d’entre nous ne peuvent exercer un pouvoir sur les autres sans se faire ronger et anéantir par celui-ci. Le pouvoir est maudit, c’est pourquoi nous sommes anarchistes !

Innover dans la continuité

Déjà les communes révolutionnaires qui nous ont précédées : Paris 1793 et 1871, Goulaï Polie 1917, Kronstadt 1921, Espagne 1936… se basant sur la gestion directe de la commune par ses citoyens, permirent l’éclosion d’idées d’organisation, que se soit sur le ravitaillement, la santé, l’éducation ou l’organisation du travail qui, si elles ont été pour la plupart reprises et accommodées par les dirigeants centralistes, n’ont pu dans le contexte étatiste, atteindre le degré d’efficacité qu’elles avaient dans ces communes. Ne citons entre autres que l’école publique laïque pour tous (Paris 1871), la réquisition et répartition des logements vacants (Kronstadt 1921), les systèmes de santé socialisés accessibles à tous (Espagne 1936)…

Tout cela nous montre que la gestion directe d’une commune, si ce n’est pas une idée nouvelle, c’est le moyen le plus efficace d’une politique dynamique portée vers l’avenir car conçue et appliquée par tous.

 

=  =  =

 

Groupe Louise Michel

dans Le Monde Libertaire

http://www.federation-anarchiste.org/ml/numeros/1228/article_10.html

Oligarchie et Nouvel Ordre Mondial: Sortir du système par l’autogestion…

Posted in actualité, autogestion, démocratie participative, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire with tags , , , , , , , , , , , , on 18 juillet 2011 by Résistance 71

Gestion directe de nos communes

Pour que personne ne décide à notre place

 

Par le Groupe Louise Michel de la Fédération Anarchiste

 

 

L’alternance politicienne entre la droite et la gauche, avec leurs alliés de tout le spectre de la « démocratie » parlementaire, nous a clairement démontré combien les politicards font preuve d’efficacité, lorsqu’il s’agit de favoriser les profiteurs qui s’engraissent sur notre dos.

Au nom d’une gestion réaliste de notre vie commune, ils nous imposent une économie de plus en plus libérale où la société est cogérée par les « décideurs » : représentants des multinationales, du patronat, leaders d’opinions, responsables des partis dit politiques et de certains syndicats. Ceux-ci tiennent bien serrées dans leurs mains les rênes de l’économie, gèrent le capital, et cherchent à travers la « politique » à contrôler totalement notre existence. On veut nous faire croire que ce mode de gestion est le seul possible et qu’à défaut de pouvoir lutter contre le capitalisme, il faut se contenter de le gérer le mieux possible.

Attention !

La globalisation croissante de l’économie est en train de dissoudre les intérêts des populations locales dans ceux des cartels financiers internationaux. Cette concentration du pouvoir économique mondial s’accompagne d’une centralisation du pouvoir politique qui amène de fait une nouvelle forme de totalitarisme qui, si nous n’y prenons garde, risque de balayer à terme toute forme de démocratie ! Oublier l’histoire, c’est se condamner à la revivre. Devrons-nous attendre en moutons résignés l’avènement d’une dictature souhaitée par certains aujourd’hui, ou choisirons-nous la voie de la responsabilité et de l’égalité ?

La lutte pour la gestion directe

Que personne ne décide à notre place ! Organisons la solidarité et l’entraide entre les habitants de nos communes contre les affairistes. Préparons-nous à remplacer l’État, institution parasite et étouffante, par une organisation fédéraliste des différents secteurs de la société. Demain, gérons nous-mêmes, directement, nos cités et notre travail. Supprimons les inégalités sociales et économiques.

Après l’échec à l’Ouest, à l’Est, au Sud et au Nord de toutes les doctrines autoritaires (coloniales, démocratiques, dictatoriales ou théocratiques), luttons pour une société libertaire ; débarrassons-nous des gouvernants et des patrons.

Les principes

Les principes de gestion directe communale telle que les libertaires la conçoivent sont clairs.

Ils supposent :

 

• Le fédéralisme, agent de coordination en remplacement de l’État, qui est un agent de coercition du système capitaliste.

• Des assemblées générales souveraines.

• Le mandatement impératif des délégués.

• La révocabilité des délégués élus.

• Des Comités de quartier et par thèmes transversaux (culture, éducation, transports…)

• Une socialisation des services avec des décisions prises par un collège comprenant :

– Les usagers de ce service.

– Les citoyens de la commune.

– Les personnes travaillant à faire fonctionner ce service.

Nous nous démarquons de cette démocratie participative mise à la mode – comme par hasard – à la veille des élections. Chrétiens progressistes, marxistes modernistes, et certains écologistes, ne vous proposent que d’améliorer l’information et la consultation des citoyens sur des décisions qu’ils auront déjà prises. L’utilisation du terme « gestion directe » indique clairement qu’il faut inverser complètement le processus d’élaboration des décisions afin que NOUS restions maîtres de notre avenir.

La gestion directe… Pour quoi faire ?

La participation à la gestion d’une commune n’a d’intérêt pour un citoyen que si elle transforme ses conditions d’existence. Gérer en commun une municipalité, alors que celle-ci conserve ses structures étatiques et les inégalités économiques, consisterait pour les citoyens à gérer eux-mêmes leur propre asservissement, leur propre misère. Ce qui caractérise les structures étatiques ce sont :

• La hiérarchisation des responsabilités et des décisions.

• L’assujettissement de tous à quelques-uns.

• Les inégalités sociales et économiques.

• L’existence d’une classe dirigeante privilégiée.

Demain, si dans la commune gérée directement, il reste des différences économiques ou sociales, il se reconstituera une nouvelle classe dirigeante, qui défendra par tous les moyens ses privilèges. Les anarchistes pensent contrairement aux marxistes avec leur période de transition, qu’il faut supprimer immédiatement tous les privilèges de classe sans exception.

Les citoyens se demandent ce qu’ils peuvent gagner à la gestion directe de leur commune. Ils pèsent les avantages et les inconvénients qui en résulteront pour eux et dont le principal est la responsabilité : c’est celui qui les fait le plus réfléchir car celle qu’ils assureront dans leur commune engagera celle de leurs conditions de vie.

Nous touchons ici au problème humain, celui des hommes et des femmes devant la responsabilité, celui de la quiétude qui résulte d’une certaine servilité, surtout lorsqu’elle s’assortit de conditions d’existence, morales et économiques, acceptables.

Il est possible d’avancer des raisons solides qui peuvent nous convaincre que les citoyens auraient intérêt à gérer eux-mêmes directement leur commune. Il y a la maîtrise de leur cadre de vie, de leur environnement ; une meilleure gestion des services au public, qui plutôt que d’être gérés en fonction de leur rentabilité financière ou électorale, le seraient réellement en fonction de leur utilité sociale déterminée par tous…

Agir au lieu d’élire

Nous ne pouvons pas nous contenter de dénoncer, de critiquer et d’émettre des principes, sans proposer des moyens concrets de mettre ces principes en œuvre.

Au niveau communal, il est possible d’organiser des contre-pouvoirs, en mettant en place des assemblées parallèles de citoyens élaborant des contre-propositions à la gestion municipale. Dès aujourd’hui nous nous battons pour :

• Les transports gratuits pour tous ;

• La gratuité de la santé de proximité ;

• Un accès libre et gratuit à tous les espaces et services culturels (bibliothèque, salles de réunion, de répétition…) ;

• La réquisition des logements vides et leur gestion directe par des représentants des habitants révocables ;

• Le contrôle de tous les projets d’urbanisme par des comités transversaux et de quartiers révocables ;

• Etc.

Nous pouvons aussi investir les réunions publiques des conseils municipaux issus du système électoral par es délégués révocables avec mandats impératifs, faisant valoir la volonté des habitants. Mais nous ne voulons pas reproduire l’erreur qui consisterait à se présenter sur les listes électorales pour se faire élire sans mandats impératifs et sans révocabilité, se serait essayer d’imposer nos principes par le haut.

Anarchistes, nous pensons que le seul pouvoir possible est celui de la base, et l’expérience nous a démontré que même les meilleurs d’entre nous ne peuvent exercer un pouvoir sur les autres sans se faire ronger et anéantir par celui-ci. Le pouvoir est maudit, c’est pourquoi nous sommes anarchistes !

Innover dans la continuité

Déjà les communes révolutionnaires qui nous ont précédées : Paris 1793 et 1871, Goulaï Polie 1917, Kronstadt 1921, Espagne 1936… se basant sur la gestion directe de la commune par ses citoyens, permirent l’éclosion d’idées d’organisation, que se soit sur le ravitaillement, la santé, l’éducation ou l’organisation du travail qui, si elles ont été pour la plupart reprises et accommodées par les dirigeants centralistes, n’ont pu dans le contexte étatiste, atteindre le degré d’efficacité qu’elles avaient dans ces communes. Ne citons entre autres que l’école publique laïque pour tous (Paris 1871), la réquisition et répartition des logements vacants (Kronstadt 1921), les systèmes de santé socialisés accessibles à tous (Espagne 1936).

Tout cela nous montre que la gestion directe d’une commune, si ce n’est pas une idée nouvelle, c’est le moyen le plus efficace d’une politique dynamique portée vers l’avenir car conçue et appliquée par tous.