Archive pour australie politique enlévement enfants aborigènes

Résistance au colonialisme: 26 Janvier… Australia Day pour le grand silence de la honte coloniale… (John Pilger)

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 25 janvier 2016 by Résistance 71

On ne le répètera jamais assez: Le pays du goulag levant (ex-USA) et son satellite du Canada ne sont pas les seuls exemples passés et actuels de pays toujours ACTIVEMENT colonialistes. Nous avons déjà mentionné l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Ici, John Pilger nous (re)fait réfléchir sur l’ignominie coloniale toujours silencieuse de son pays: l’Australie. Les pays sus-mentionnés ainsi que tous les pays du Commonwealth (soi-disantes ex-colonies britanniques toujours pour la plupart sous le joug de la « couronne »/city de Londres) sont toujours des pays colons qui sont LEGALEMENT dépourvus de territoire puisque la terre qu’ils OCCUPENT a été volé aux nations originellement habitant ces contrées au prix d’un génocide de leurs populations.

Pour pouvoir combattre le plus grand fléau de l’histoire de l’humanité: le colonialisme occidental (au fondement religieux chrétien) et changer de paradigme politique pour tous, encore faut-il comprendre les tenants de l’affaire. Ceci n’est pas de « l’histoire ancienne », çà se passe toujours aujourd’hui en 2016. Vaincre le colonialisme, son idéologie, sa pratique, véhiculées, facilitées et protégée par son garde-chiourme: l’État, ces deux fléaux de l’humanité, brandis par l’oligarchie parasite, nous devons comprendre l’histoire, admettre nos erreurs, nos crimes contre l’humanité et nous émanciper de cette spirale mortifère qui nous fait tourner toujours plus vite autour du trou de vidange de la baignoire à infamie qui se vide inexorablement.

Nous devons nous tenir debout, émancipés, côte à côte avec nos frères des nations des cinq continents pour enfin lier les liens de solidarité, d’entr’aide mutuelle, de compassion et de coopération qui nous mèneront ensemble à la création d’une société des sociétés d’associations volontaires, juste, égalitaire, non-coercitive et universelle, fondée de la loi naturelle et l’essence même de la nature humaine: l’entr’aide.

— Résistance 71 —

 

Le jour de l’Australie pour les secrets, les drapeaux et les lâches

 

John Pilger

 

21 janvier 2016

 

url de l’article original:

http://johnpilger.com/articles/australias-day-for-secrets-flags-and-cowards

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le 26 janvier, un des jours les plus tristes de l’histoire de l’humanité va être célébré en Australie. Ce sera “un jour des familles”, disent les journaux de la presse de Ruppert Murdoch. Des drapeaux seront mis aux coins des rues et sur des chapeaux rigolos. Les gens répèteront sans cesse combien il sont fiers (d’être Australiens).

Pour beaucoup, ce sera soulagement et gratitude. Dans l’espace de mon temps de vie, l’Australie non-indigène a changé pour passer d’une société anglo-irlandaise à une des plus ethniquement diverses sur terre. Ceux que nous avions l’habitude d’appeler “les nouveaux Australiens”, souvent choisissaient le 26 Janvier, jour d’ Australia Day, pour prêter serment en tant que citoyens (NdT: j’ai personnellement assisté à une de ces cérémonies en plein-air dans les années 1990…). Ces cérémonies peuvent être émouvantes (NdT: je confirme..). Regardez les visages de ces gens du Moyen-Orient et comprenez pourquoi ils serrent leur nouveau drapeau.

C’était au lever du soleil, un de ces 26 janvier il y a bien des années, lorsque je me tenais avec des indigènes et des Australiens non-indigènes et que nous jetions des couronnes de fleurs dans le port de Sydney (Sydney Harbour). Nous étions descendus sur une de ces parfaites petites criques de sable où d’autres se tinrent comme des silhouettes, regardant les navires de la “première flotte” britannique jeter l’ancre le 26 Janvier 1788. Ce fut le moment où la seule île continent de la planète fut prise à ses habitants ; l’euphémisme utilisé fut “établie” (NdT: pour colonisée). Ce fut, écrivit Henry Reynolds, un des seuls honnêtes historiens australiens qui soit, un des plus grand vol de territoire de l’histoire du monde. Il décrivit le massacre qui s’en suivit comme “un murmure dans nos cœurs”.

Les Australiens originels sont la plus vieille présence humaine. Pour les envahisseurs européens (NdT: et chrétiens ne l’oublions pas, ceci est lié encore et toujours à la doctrine de la découverte…), ils n’existaient pas parce que leur continent avait été déclaré terra nullius: terre vide. Pour justifier de cette fiction, un meurtre de masse fut ordonné. En 1838, le journal du Sydney Monitor rapporta: “Il a été résolu d’exterminer toute la race noire dans ce quartier.” Ceci faisait référence au peuple Darug qui vivait le long de la grande Hawkesbury River, pas très loin de Sydney. Avec une toute remarquable ingéniosité et sans armes à feu, ils combattirent et résistèrent de manière épique, ce qui demeure toujours aujourd’hui un quasi secret national. Sur une terre où fleurissent de partout les cénotaphes à la gloire des colons australiens morts dans des guerres impérialistes, personne ne se lève pour ces valeureux guerriers qui se sont battus et sont tombés en défendant l’Australie.

Cette vérité n’a pas sa place dans la conscience australienne. Parmi les nations coloniales à populations indigènes, mise à part une “excuse” facile en 2008, seule l’Australie a refusé d’accepter sa honte passée coloniale (NdT: et toujours présente, car comme les Etats-Unis, le Canada et la Nouvelle-Zélande, l’Australie est toujours en 2016 un pays COLONIAL et à ce titre comme l’empire nord-américain, ne possède aucune terre et est un “pays” fondé sur le vol et le génocide…). Un film d’Hollywood, Soldier Blue, en 1970, a fameusement inversé les stéréotypes raciaux et donné aux Américains un regard éclair sur le génocide dans leur propre “établissement” (colonial) mythique. Près d’un demi-siècle plus tard, il est tput à fait juste de dire qu’un film équivalent ne serait jamais fait en Australie.

En 2014, lorsque mon propre film-documentaire “Utopia”, qui raconte l’histoire du génocide australien, a cherché un distributeur local, Je fus conseillé par une des lumières de ce business: “Jamais on ne pourra distribuer ceci. Les audiences ne l’accepteront jamais.”

Il a eu tort, jusqu’à un certain point. Lorsqu’Utopia fut présenté à Sydney quelques jours avant le 26 janvier, à la belle étoile, sur un terrain vague dans une zone aborigène de la ville connue sous le nom de The Block, plus de 4000 personnes vinrent, la vaste majorité non-indigène. Beaucoup voyagèrent depuis l’autre côté du continent. Les leaders indigènes qui apparaissent dans le film se tinrent devant l’éran et parlèrent dans la “langue”… la leur. Rien de semblable ne s’était jamais produit auparavant, et pourtant, il n’y avait aucun représentant de la presse. Pour la plus vaste communauté blanche du pays, ceci ne se passait pas. L’Australie est une Murdochratie, dominée par l’éthique d’un homme qui changea de nationalité pour le Fox News Network des Etats-Unis.

La vedette du football australien (AFL) indigène Adam Goodes écrivit émotivement au Sydney Morning Herald pour demander que “le silence soit brisé”. “Imaginez”, écivit-il. “regarder un film qui dit la vérité au sujet de terribles injustices commises envers votre peuple, un film qui révèle que les Européens et les gouvernements qui ont dirigé notre pays, ont violé, massacré et volé notre peuple pour leur seul profit. Imaginez maintenant ce qui peut être ressenti lorsque le peuple qui a bénéficié le plus de ces viols, de ces meurtres et de ce vol, le peuple au nom de qui ceci fut perpétré, se tourne avec dégoût lorsque quelqu’un expose les faits.

Goodes lui-même a déjà brisé ce silence lorsqu’il se dressa contre les abus racistes qui lui furent lancés ainsi qu’à d’autres athlètes aborigènes. Cet homme courageux et plein de talent, qui a pris sa retraite du football australien l’an dernier comme s’il était sous un lourd nuage avec, écrivit un commentateur sportif “la nation sportive divisée à son sujet”. En Australie, il est respectable d’être divisé en s’opposant au racisme.

En ce jour d’Australia Day le 26 janvier 2016, le peuple indigène préfère parler de Jour de l’Invasion ou le Jour de Survie, il n’y aura aucune reconnaissance que cette unicité de l’Australie réside en son peuple originel, le tout allant avec une mentalité coloniale infuse qui devrait être un embarras de longue date dans une nation indépendante. Cette mentalité s’exprime de bien des façons, de la prosternation politique sans relâche aux pieds d’Etats-Unis prédateurs en passant par un mépris presque normal pour les Aborigènes d’Australie, un écho de “kaffir”, des abuseurs sud-africains.

L’apartheid est pervasif dans la société australienne (NdT: expérimenté en première main sur place, surtout dans le Queensland et les Territoires du Nord…). Pas très loin de Sydney par avion, le peuple indigène a une espérance de vie des plus courtes. Les hommes meurent souvent avant 45 ans. Ils meurent de maladies remontant au temps de Dickens, comme les maladies cardiaques rhumatiques, les enfants deviennent aveugles de la trachoma et sourds à cause d’otites de l’oreille moyenne, des maladies typiques de la pauvreté. Un médecin m’a dit: “Je voulais donner à une patiente des anti-imflammatoires pour une infection qui aurait été inexistant si les conditions de vie étaient meilleures, mais je n’ai pas pu la traiter parce qu’elle n’avait pas assez de nourriture à manger et ne pouvait pas ingérer les tablettes (sans nourriture). J’ai le sentiment parfois de gérer des conditions similaires que celles de la classe ouvrière anglaise au début de la 1ère révolution industrielle.

Le racisme qui permet cela dans une des sociétés les plus privilégiées de la planète est très profond. Dans les années 1920, un “Protecteur des Aborigènes” supervisa le vol, le kidnapping, d’enfants métis avec pour justificatif de “laver la couleur par le brassage”. Aujourd’hui, un chiffre record d’enfants indigènes sont enlevés de leurs foyers et beaucoup ne revoient jamais leur famille d’origine. Le 11 Février, un groupe qui force le respect appelé “Grandmothers Against Removals” mènera une marche sur le parlement fédéral de Canberra, demandant le retour des enfants volés.

L’Australie est le modèle des gouvernements européens qui cloisonnent leurs frontières auparavant ouvertes tout en facilitant le fascisme, comme en Hongrie. Les réfugiés qui osent faire route par mer vers l’Australie dans des bateaux surchargés en passagers, ont été depuis longtemps traités en criminels, avec les “passeurs” dont la notoriété est pompée hors de proportion par les médias australiens afin de faire diversion sur l’immoralité et les crimes de leur propre gouvernement. Les réfugiés sont parqués derrière du fil de fer barbelé en moyenne pour bien plus d’une année, certains indéfiniment, dans des conditions barbares, qui ont mené certains au suicide, au meurtre, à la maladie mentale. Les enfants ne sont jamais épargnés. Un goulag australien géré par des firmes de sécurité privées sinistres et qui inclut des camps de concentration sur les îles isolées du Pacifique de Manus et Nauru. Les gens n’ont aucune idée de quand ils serot libérés et si même ils le seront un jour.

L’armée australienne, dont les faits d’armes sont le sujet de tomes dénués de toute critique remplissant les pleins rayons des librairies d’aéroports, a joué un rôle important à “refouler les bateaux” des réfugiés fuyant les guerres, comme en Irak, guerre commencée et prolongée par les Américains et leurs mercenaires australiens. Aucune ironie et encore moins de responsabilité, ne sont reconnues dans ce rôle si lâche.

Ce jour de fête nationale de l’Australia Day qui vient, la “fierté des services” sera au balcon. Cette fierté s’étend au département de l’immigration australien qui envoie les gens dans son goulag pour un “service de contrôle au large”, le plus souvent de manière tout à fait arbitraire, laissant ces gens se morfondre, se désespérer et pourrir. La semaine dernière on a annoncé que les hauts fonctionnaires de l’immigration ont dépensé 400 000 dollars pour des médailles qu’ils vont s’attribuer à eux-mêmes pour tant d’héroïsme. Allez, sortez encore plus de drapeaux !…

Résistance au colonialisme occidental: Une vision australienne (John Pilger)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, santé, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 25 septembre 2014 by Résistance 71

Nous avons souvent mentionné sur ce blog que considérer que nous vivons dans « un monde post-colonial » comme le veut la doxa élitiste colonialiste occidentale est au mieux naïf, au pire complice des exactions commises envers les peuples indigènes du monde entier. Nous ne vivons en aucun cas dans un monde « post-colonial » mais dans un monde où l’empire anglo-américain plus que jamais hégémonique, est toujours fondé sur un colonialisme actif , dont les racines se trouvent dans les bulles papales Romanus Pontifex (1455) et Inter Caetera (1493). Si cela est une évidence pour le pays du goulag levant (ex-USA) et son satellite qu’est l’entreprise commerciale « Canada », on oublie par trop souvent le cas de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande. 

John Pilger nous rappelle ici l’ignominie coloniale également pratiquée « DownUnder » à l’encontre des peuples indigènes victime de la doctrine du « Terra Nullus »… La salut de l’humanité passe par les peuples occidentaux libérés de l’idéologie coloniale les accablant tout autant et se tenant debout, la main dans la main avec leurs frères autochtones des cinq continents ! C’est devenu une évidence.

— Résistance 71 —

 

Guerre, grand cirque et injustice en Australie

 

John PIlger

 

19 Septembre 2014

 

url de l’article:

http://johnpilger.com/articles/war-circus-and-injustice-down-under

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Il y a des moments où la farce et la caricature vivante consumme presque le cynisme et le manque total de confiance en la vie quotidienne des dirigeants australiens. Sur toutes les manchettes de journaux se trouve la photo d’un Tony Abbot (NdT: premier ministre australien) résolu, se tenant avec des enfants indigènes à Arnhem Land, dans le lointain et isolé nord du pays. “Politique intérieure aujourd’hui, concentration sur la guerre demain” nous dit la légende.

Rappelant un anthropologue d’antan, le premier ministre se saisit de la tête d’un enfant indigène qui essaie de lui serrer la main. Il est aux anges, comme s’il ne pouvait pas croire au succès de cette double opération de relation publique: “gérer la nation” depuis une tente de savane sur la Gove Peninsula tout en “menant la nation à la guerre”. Comme dans toute “télé réalité” qui se respecte, il est entouré de caméras et de spectateurs frénétiques, qui alertent la nation de ses actions réfléchies et décisives.

Mais attendez un peu. Le chef de tous les Australiens doit s’envoler vers le sud pour dire au revoir au SAS, sur le départ pour sa dernière mission héroïque depuis son orgie sanguinaire d’Afghanistan. “Poursuivre le mal absolu” est une phrase bien sûr familière, un rôle historique de mercenariat est indiscible, cette fois-ci soutenant le tout dernier régime sectaire installé par les Etats-Unis à Baghdad et des anciens “terroristes” kurdes re-étiquetés, qui gardent maintenant les puits et champs pétroliers de Chevron, Exxon-Mobil, Marathon Oil, Hunt Oil et al.

Aucun débat parlementaire n’est autorisé ; aucune invitation fabriquée d’étrangers en détresse n’est nécessaire, comme ce fut le cas pour le Vietnam. La vitesse d’exécution est l’essence même de la chose. Quid des services de renseignement américains insistant qu’il n’y a aucune menace de l’État Islamique aux Etats-Unis ni même de manière présumée en Australie, la vérité pourrait mettre en péril la mission si on perd du temps. Si le spectacle médiatique et policier “anti-terreur” de cette semaine sur les arrestations au sujet d’un “complot contre Sydney” n’arrive pas à exciter les suspicions de la nation, alors rien ne le fera. Que l’acte de guerre irresponsable d’un Abbott impopulaire prouvera à un moment donné que les Australiens seront moins sécures, devrait aussi faire partie des manchettes de journaux. Rappelez-vous le choc en retour des guerres de Bush et de Blair.

Qu’en est-il des décapitations ? Pendant les 21 mois qui se sont écoulés entre la capture de James Foley et son exécution, il y a eu 113 personnes qui ont été décapitées en Arabie Saoudite, un des alliés les plus proche d’Obama et d’Abbott dans leur entreprise “morale et idéaliste”. De fait, la guéguerre d’Abbott aura sûrememt droit à sa petite plaque commémorative à l’Australian War Memorial aux côtés de toutes les invasions colonialistes reconnues dans ce grand sanctuaire du nationalisme blanc, sauf bien sûr, l’invasion coloniale de l’Australie elle-même durant laquelle la décapitation des défenseurs australiens indigènes n’était pas considérée comme mal absolu.

Ceci nous ramène au spectacle d’Arnhem Land. Abbott dit que la raison pour laquelle lui et les médias ont campé là-bas est qu’il pouvait consulter les “chefs” indigènes et “avoir une meilleure compréhension des besoins des gens vivant et travaillant dans ces zones.”

L’Australie est inondée de la connaissance des “besoins” de ses premières nations. Chaque semaine, semble t’il, une autre étude vient s’ajouter au torrent d’information existant au sujet de l’appauvrissement imposé et de la discrimination raciale vicieuse et éhontée se produisant contre le peuple indigène: L’apartheid sans en porter le nom. Les faits, qui ne peuvent plus être pirouettés, doivent être ancrés dans la conscience nationale si pas dans celle du premier ministre. L’Australie a un ratio d’incarcération de sa population indigène bien supérieur à celui de l’Afrique du Sud du temps de l’apartheid. Les décès en détention se produisent comme au son des tambours, les maladies de l’ère de Dickens sont légion, incluant pour ceux qui vivent au sein du boum économique minier qui fait engranger des milliards de dollars par semaine. Des maladies cardiaques rhumatiques tuent des indigènes trentenaires et quarantenaires et leurs enfants deviennent sourds et souffent de trachoma, maladie parasitaire qui les rend aveugles.

Lorsqu’alors qu’il était un ministre de la santé fantômatique en 2009, Abbott fut rappelé à l’ordre par le rapporteur des Nations-Unies sur les peuples indigènes, disant que l’”intervention” frauduleuse du gouvernement Howard était raciste, il rétorqua alors au professeur James Anaya d’aller se “faire voir” et “d’arrêter d’écouter la brigade des vieilles victimes”. Le très distingué Anaya revenait juste d’Utopia (NdT: territoire indigène du nord de l’Australie), une vaste région du nord où j’ai filmé la preuve du racisme et de la privation forcée qui l’ont choqué lui et des millions de spectateurs dans le monde entier. “La sous-alimentation est très commune”, m’a dit un médecin généraliste du centre de l’Australie.

Aujourd’hui, alors qu’Abbott pose pour les photographes avec des enfants d’Arnhem Land, les enfants d’Utopia n’ont pas accès à l’eau potable. Pendant 10 semaines, des communautés entières n’ont eu aucune eau courante. Un nouveau puit aménagé coûterait juste 35 000 $. L’impétigo et toujours plus de trachoma en sont le résultat. (par comparaison, considérez que la dernière ministre des affaires indigènes d’un gouvernement socialiste, Jenny Macklin, a dépensé 331 144 $ pour réaménager son bureau de Canberra).

En 2012, Olga Havnen, une officielle vétéran du gouvernement de la province du Northern Territory, a révélé que 80 millions de dollars ont été dépensés sur la surveillance des familles et sur le retrait des enfants indigènes de leur environnement familial, comparés aux 500 000 dollars aloués pour le soutien des familles appauvries. Sa mise en garde contre l’émergence d’une seconde génération perdue a eu pour résultat son limogeage. Cette demaine à Sydney, Amnesty et un groupe connu sous le nom des Grands-mères contre le retrait des enfants ont présenté plus de preuves du fait que le nombre d’enfants indigènes enlevés à leur famille, souvent de manière violente, est bien plus important aujourd’hui qu’à n’importe quel autre moment de l’histoire coloniale de l’Australie.

Will Tony Abbott, l’ami auto-proclamé du peuple indigène s’interpose t’il pour défendre ces familles ? Bien au contraire, dans son budget fédéral du mois de Mai, Abbott a coupé 536 millions de dollars pour les “besoins” du peuple indigène pour les cinq prochaines années, un quart de cet argent était aloué au système de santé. Bien loin d’être un “ami” des indigènes, le gouvernement Abbott continue le vol des terres indigènes avec une supercherie à la confiance appelée la “location sur 99 ans”. En retour d’abandonner leur terres, l’essence même de l’aboriginalité, les communautés vont recevoir des bribes de loyers, que le gouvernement prendra des royalties sur l’extraction minière en territoires indigènes. Peut-être que seulement en Australie peut avoir lieu une telle politique du mensonge, de la mascarade et de la tromperie.

Similairement, Abbott semble soutenir une réforme constitutionnelle qui “reconnaîtra” le peuple indigène dans un referendum proposé. La campagne “Reconnaissance” consiste en des gestes familiers et remise de récompense, promus par une campagne de relation publique “autour de laquelle la nation peut se rassembler”, d’après le journal du Sydney Morning Herald, voulant dire que la majorité ou ceux que cela intéresse, peuvent avoir le sentiment qu’ils font quelque chose tout en ne faisant rien.

Durant toutes les années de mes reportages et de mes documentaires sur l’Australie indigène, un “besoin” m’a toujours paru essentiel. Un traité. Par cela je veux dire une charte des droits effective et cohérente des droits indigènes: droits sur la terre, droits sur les ressources, droits sur la santé, droits sur l’éducation, droits sur le logement et bien plus. Aucune des soi-disantes “avancées” de ces dernières années, comme le Native Title, n’a donné les droits et les services accordés à presque tous les Australiens et que ceux-ci considèrent comme acquis.

Comme le dit si bien la leader Arrente/Amatjere Rosalie Kunoth-Monks: “Nous n’avons JAMAIS cédé la propriété de cette terre. Ceci demeure notre terre et nous devons négocier un traité légal avec ceux qui s’en sont emparés.” La vaste majorité si ce n’est pas tous les indigènes sont d’accord avec elle et une campagne pour l’obtention d’un traité, bien qu’ignorée par les médias, est en train de gagner un sérieux momentum, spécifiquement parmi la jeunesse indigène éduquée qui n’est pas représentée par des leaders corrompus et vendus au système, disant à la société blanche ce qu’elle désire entendre. Que l’Australie possède un premier ministre qui a décrit ce pays comme étant “inhabité” jusqu’à ce que les Britanniques n’y arrivent, ne fait qu’indiquer l’urgence d’une véritable réforme, de la fin du paternalisme et de la mise en action d’un traité négocié entre partenaires EGAUX. Car tant que nous, qui sommes arrivés bien plus tard, ne redonnons pas aux premiers Australiens leur nationalité, nous ne pourrons jamais clâmer la nôtre.

Résistance au colonialisme: En Australie les mesures génocidaires et ethnocidaires continuent…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 27 mars 2014 by Résistance 71

Nous avons soulevé le problème de l’ethnocide/génocide des peuples autochtones en Amérique du Nord et avons mentionné la similarité d’actions en Australie. John Pilger remet cette ignominie sous les feux de la rampe. Pilger a été un dénonciateur de longue date de la politique génocidaire de son pays, depuis son documentaire en 1985 « Secret Country: First Australians Fight Back », Il a été sans relâche un supporteur de l’anti-colonialisme et des peuples aborigènes. Son dernier documentaire en date « Utopia » ramène le sujet du génocide australien à l’ordre du jour.

Tout cela bien sûr sous couvert de la doctrine chrétienne de la découverte qui est au cœur du colonialisme occidental depuis plus de 500 ans. L’Australie, tout comme les Etats-Unis, le Canada et la Nouvelle-Zélande, sont des entités commerciales de la City de LOndres et de sa « couronne »/Banque d’Angleterre et ne sont pas des nations légales. Leur domination repose sur une doctrine religieuse raciste à laquelle il faut mettre fin. C’est LA solution pour faire chuter sans espoir de retour l’empire anglo-américain actuel qui repose sur l’usurpation, le vol et le génocide de nations indigènes sur deux continents.

— Résistance 71 —

 

Une fois de plus, l’Australie vole ses enfants aborigènes

 

John Pilger

 

21 mars 2014

 

url de l’article original:

 

http://johnpilger.com/articles/once-again-australia-is-stealing-its-indigenous-children

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

L’enregistrement atteint un climax. Il y a la voix d’un enfant qui hurle alors qu’il est arraché à sa mère, qui supplie: “Il n’y a rien d’anormal avec mon bébé, pourquoi nous faites-vous tout cela ? J’aurais été pendue il y a des années n’est-ce pas ? Parce qu’en tant qu’Aborigène australien, vous êtes coupable avant d’être prouvé innocent.” La grand-mère de l’enfant demande à savoir pourquoi “le vol de nos enfants se produit-il de nouveau ?”. Un fonctionnaire des services sociaux dit: “Je l’emmène, mon pote”.

Ceci s’est produit envers une famille aborigène dans la cambrousse de Nouvelle-Galles du Sud. Cela se passe à travers l’Australie dans un énorme abus scandaleux des droits de l’Homme, abus largement ignoré et non dit, qui évoque la tristement célèbre période de la “Génération Perdue” du siècle dernier. Jusqu’aux années 1970, des milliers d’enfants métis furent volés à leurs mères par les fonctionnaires des services sociaux. Ces enfants furent donnés à des institutions pour en faire de la main d’œuvre à très bon marché ou des esclaves, beaucoup d’entre eux furent battus et violés.

Décrite par un Protecteur en Chef des Aborigènes, la politique connue pour être assimilatrice, était aussi connue pour être le tristement célèbre “lavage génétique de la couleur”. Elle fut influencée par le même mouvement eugéniste qui inspira les nazis (NdT: En provenance directe des Etats-Unis avec la Fondation Eugéniste des Rockefeller, qui fit envoyé des scientifiques américains et des fonds au Kaiser Willhem Institute afin d’aider aux programmes eugénistes allemands dans les années 1930). En 1997, un rapport référence intitulé “Ramenez-les à la maison”, dévoila qu’au moins 50 000 enfants et leurs mères endurèrent “l’humiliation, la dégradation et la brutalité sans nom de l’acte de la séparation forcée… Le produit de politiques calculées et voulues de l’état australien.” Le rapport appela ceci, génocide.

A part le nom, l’assimilation demeure la politique du gouvernement australien. Des euphémismes tels que “réconciliation” et “meilleurs futurs” couvrent des mesures d’ingénierie sociale similaires couplé à un racisme de longue haleine tout autant qu’insidieux au sein de l’élite politique, de la bureaucratie et plus largement, de la société australienne. Lorsqu’en 2008, le premier ministre Kevin Rudd présenta ses excuses à la Génération Perdue, il ajouta: “Je veux être franc et direct à ce sujet. Il n’y aura aucune compensation”. Le quotidien du Sydney Morning Herald félicita Rudd  de cette “fine manœuvre” qui “clarifia une politique endommagée qui répond aux besoins émotionnels de certains de ses supporteurs, mais ne change rien.”

Aujourd’hui, le vol des enfants aborigènes, incluant celui des bébés pris de la table d’accouchement, est bien plus généralisé qu’à aucun moment durant le dernier siècle écoulé. Depuis juin de l’an dernier, 14 000 bébés aborigènes ont été “enlevés”. Ceci représente un chiffre cinq fois plus élevés que lorsque le rapport “Ramenez-les à la Maison” fut écrit. Plus du tiers de tous les enfants retirés sont Aborigènes, et ce d’un chiffre d’une population qui ne représente que 3% de la population australienne. A cette vitesse, cette saisie de masse d’enfants aborigènes résultera en une génération volée de plus de 3300 enfants volés rien que pour la province de Northern Territories.

Pat (pas son vrai nom) est la mère dont l’angoisse fut enregistrée secrètement au téléphone alors que 4 fonctionnaires des services sociaux et 6 policiers arrivaient chez elle. Sur l’enregistrement, un fonctionnaire affirme qu’ils ne sont venus que pour faire une “évaluation”. Mais deux des policiers qui connaissaient Pat lui dirent qu’ils ne voyaient aucun risque pour l’enfant mais lui dirent aussi “de vite se sauver”. Pat s’enfuit, son jeune enfant dans ses bras, mais l’enfant d’un an fut éventuellement pris sans qu’on ne lui en donne une quelconque raison. Le lendemain matin, un policier retourna pour s’excuser et pour lui dire que son enfant n’aurait jamais dû être pris. Pat n’a aucune idée de l’endroit où se trouve son fils à l’heure actuelle.

Une fois, elle fut “invitée” par des fonctionnaires d’amener ses enfants dans un bureau “neutre” pour discuter d’un “plan d’attention”. Les portes furent vérouillées et les fonctionnaires se saisirent de ses enfants, l’un des plus jeunes s’aggripant à la ceinture révolver d’un policier. Beaucoup de mère indigènes ne connaissent pas leurs droits. Un tribunal pour enfants très discrets est devenu notoire pour valider les saisies d’enfants.

La plupart des familles aborigènes vivent à la limite. Leur espérance de vie dans des villes proches de Sydney est aussi basse que 37 ans. Les maladies de Dickens sont communes, l’Australie est le seul pays développé qui n’a pas éradiqué la maladie du trachoma, qui rend aveugle les enfants aborigènes.

Pat s’est à la fois courageusement rebellée contre et a aussi obéi à la bureaucratie punitive qui peut enlever un enfant sur juste un ouï-dire. Elle a été acquittée par deux fois de fausses accusations, dont une incluant le “kidnapping” de ses propres enfants. Un psychologue l’a qualifié de parfaitement capable d’être une bonne mère.

Josie Crawshaw, une ex-directrice d’une organisation respectée de soutien aux familles dans la ville de Darwin m’a dit: “Dans les zones reculées, les fonctionnaires y vont en avion très tôt le matin et emmènent les enfant à des milliers de kilomètres de leurs communautés. Il n’y a aucune explication donnée, aucun soutien et l’enfant peut disparaître à tout jamais.”

En 2012, la coordinatrice générale de l’organisation Remote Services des Territoires du Nord, Olga Havnen a été virée lorsqu’elle révèla que près de 80 millions de dollars étaient dépensés à la surveillance et à l’enlèvement des enfants aborigènes, comparés aux seuls 500 000 dollars aloués pour le soutien des mêmes familles appauvries. Elle m’a dit: “Les raisons principales d’enlèvement des enfants à leurs familles sont à cause de problèmes sociaux qui sont directement liés à la pauvreté et à l’inégalité. L’impact sur les familles est simplement horrible parce que s’ils ne sont pas réunis dans les 6 mois, il est fort probable qu’ils ne se reverront plus jamais. Si l’Afrique du Sud faisait cela, il y aurait une protestation internationale.”

Elle et bien d’autres à la longue expérience, avec lesquels j’ai eu des entretiens se sont tous fait l’écho du rapport “Ramenez-les à la Maison”, qui décrivait une “attitude” officielle en Australie à l’encontre des Aborigènes comme étant “moralement déficient”. Un porte-parole de Département des Familles et des Services Communautaires a dit que la majorité des enfants aborigènes enlevés à leurs familles en Nouvelle-Galles du Sud étaient placés chez des suppléants indigènes. D’après les réseaux de soutien aborigènes, ceci n’est qu’un écran de fumée, ceci ne veut pas dire familles d’accueuil et le contrôle par la division est le véritable succès de la bureaucratie.

J’ai rencontré un groupe de grands-mères aborigènes, toutes des survivantes de la première génération volée, toutes ont eu des petit-enfants qui ont été volés. “Nous vivons de nouveau dans la peur” ont-elles toutes dit. David Shoebridge, un député vert ma dit: “La vérité est la suivante, il y a un véritable marché chez les blancs pour ces enfants, spécifiquement les bébés.”

Le parlement de Nouvelle-Galles du Sud va bientôt débattre d’une législation qui va introduire l’adoption forcée et le “gardiennage”. Les enfants de moins de deux ans seront concernés, sans le consentement de la mère, s’ils ont été “enlevés” depuis plus de 6 mois. Pour beaucoup de mères aborigènes comme Pat, cela peut prendre jusqu’à 6 mois pour reprendre contact avec leurs enfants. “Cela met les familles aborigènes manifestement sur la voie de l’échec”, a dit Shoebridge.

 

J’ai demandé pourquoi à Josie Crawshaw. “L’ignorance voulue de l’Australie au sujet de ses nations premières est maintenant devenue une sorte de tolérance qui arrive au point que vous pouvez écraser un groupe entier de l’humanité et cela n’est pas dérangeant.”