Archive pour Australie génocide Aborigènes

Résistance au colonialisme: Réécriture raciste de l’histoire par le premier ministre australien…

Posted in actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 15 novembre 2014 by Résistance 71

Nous parlons souvent ici du colonialisme toujours actif et des gouvernements coloniaux au pays du goulag levant (ex-USA) et au Canada ainsi qu’en Israël, mais nous avons aussi mentionné le colonialisme génocidaire australien. L’illustration ici de l’outrageant racisme d’un suprémaciste colon, premier sinistre australien et idiot patenté de son état.

— Résistance 71 —

 

“Cru et basique”: Le premier ministre australien compare la nation à la lune avant la colonisation britannique

 

RT

 

14 Novembre 2015

 

url de l’article original:

http://rt.com/news/205687-abbott-indigenous-people-bush/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le premier ministre australien Tony Abbott a causé une explosion de colère sur la toile après avoir déclaré qu’avant la colonisation britannique de 1788, la pays “n’était rien que des buissons”, oubliant apparemment les peuples indigènes du pays.

Lorsque nous regardons cette ville glorieuse, lorsque nous constatons son développement extraordinaire, il est dur de penser qu’en 1788 il n’y avait rien à part des buissons et que les marins et les détenus (NdT: l’Australie a été peuplée en premier lieu par les forçats déportés par la Grande-Bretagne…) ont dû penser qu’ils étaient arrivés presque sur la lune.” A t’il dit dans une réunion de petit-déjeuner avec le premier ministre britannique David Cameron à Sydney.

Tout a dû sembler si extraordinairement cru et basique,” a t’il dit. Vendredi, des manifestants aborigènes contre le G20 se sont rassemblés pour protester contre le nombre de morts des leurs entre les mains de la police.

Un des manifestants a dit à Buzzfeed: “Il rigole non ? Ne réalise t’il pas à quel point cela nous offense ?

L’attitude d’Abbott est le genre de connerie qui mène à la situation que nous avons en ce moment. Vous venez de constater pourquoi nous sommes rassemblés ici aujourd’hui”, a dit un autre manifestant.

Les médias sociaux ont exprimé leur incrédulité concernant sa capacité apparente à oublier l’histoire aborigène du pays. “Waouh, simplement Waouh!” écrit une personne sur Twitter.

Le commentaire “rien que des buissons” de Tony Abbott est une illustration de la valeur qu’il place sur les droits des peuples indigènes et sur l’environnement”, ajoute un autre.

Notre premier ministre vient juste de réécrire l’histoire de l’Australie”, dit une troisième personne.

Ce n’est pas la première fois qu’Abbott a fait ce genre ce commentaires. En Août, lançant un projet sur les 100 plus grands moments de l’histoire de l’Australie au musée national, Abbott déclara que “l’arrivée de la première flotte (britannique) a été le moment le plus important de l’histoire de ce continent.

Ce fut le moment où ce continent entra dans le monde moderne”, avait-il dit.

En réponse au commentaire d’Abbott, le directeur du panel de conseil du premier ministre, Warren Mundine, a dit à ce moment là: “Ce fut aussi un grand moment désastreux pour le peuple indigène.

Depuis 1788, il y a eu un grand déclin de la population (des premières nations). L’enlèvement forcé des enfants aborigènes à leurs parents en bien des endroits a depuis été appelé du terme de la “génération volée”.

La destinée de la population aborigène en Australie a incité des universitaires tel Dirk Moses, à explorer le sujet dans le cadre d’études sur le génocide.

Résistance au colonialisme occidental: Une vision australienne (John Pilger)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, santé, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 25 septembre 2014 by Résistance 71

Nous avons souvent mentionné sur ce blog que considérer que nous vivons dans « un monde post-colonial » comme le veut la doxa élitiste colonialiste occidentale est au mieux naïf, au pire complice des exactions commises envers les peuples indigènes du monde entier. Nous ne vivons en aucun cas dans un monde « post-colonial » mais dans un monde où l’empire anglo-américain plus que jamais hégémonique, est toujours fondé sur un colonialisme actif , dont les racines se trouvent dans les bulles papales Romanus Pontifex (1455) et Inter Caetera (1493). Si cela est une évidence pour le pays du goulag levant (ex-USA) et son satellite qu’est l’entreprise commerciale « Canada », on oublie par trop souvent le cas de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande. 

John Pilger nous rappelle ici l’ignominie coloniale également pratiquée « DownUnder » à l’encontre des peuples indigènes victime de la doctrine du « Terra Nullus »… La salut de l’humanité passe par les peuples occidentaux libérés de l’idéologie coloniale les accablant tout autant et se tenant debout, la main dans la main avec leurs frères autochtones des cinq continents ! C’est devenu une évidence.

— Résistance 71 —

 

Guerre, grand cirque et injustice en Australie

 

John PIlger

 

19 Septembre 2014

 

url de l’article:

http://johnpilger.com/articles/war-circus-and-injustice-down-under

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Il y a des moments où la farce et la caricature vivante consumme presque le cynisme et le manque total de confiance en la vie quotidienne des dirigeants australiens. Sur toutes les manchettes de journaux se trouve la photo d’un Tony Abbot (NdT: premier ministre australien) résolu, se tenant avec des enfants indigènes à Arnhem Land, dans le lointain et isolé nord du pays. “Politique intérieure aujourd’hui, concentration sur la guerre demain” nous dit la légende.

Rappelant un anthropologue d’antan, le premier ministre se saisit de la tête d’un enfant indigène qui essaie de lui serrer la main. Il est aux anges, comme s’il ne pouvait pas croire au succès de cette double opération de relation publique: “gérer la nation” depuis une tente de savane sur la Gove Peninsula tout en “menant la nation à la guerre”. Comme dans toute “télé réalité” qui se respecte, il est entouré de caméras et de spectateurs frénétiques, qui alertent la nation de ses actions réfléchies et décisives.

Mais attendez un peu. Le chef de tous les Australiens doit s’envoler vers le sud pour dire au revoir au SAS, sur le départ pour sa dernière mission héroïque depuis son orgie sanguinaire d’Afghanistan. “Poursuivre le mal absolu” est une phrase bien sûr familière, un rôle historique de mercenariat est indiscible, cette fois-ci soutenant le tout dernier régime sectaire installé par les Etats-Unis à Baghdad et des anciens “terroristes” kurdes re-étiquetés, qui gardent maintenant les puits et champs pétroliers de Chevron, Exxon-Mobil, Marathon Oil, Hunt Oil et al.

Aucun débat parlementaire n’est autorisé ; aucune invitation fabriquée d’étrangers en détresse n’est nécessaire, comme ce fut le cas pour le Vietnam. La vitesse d’exécution est l’essence même de la chose. Quid des services de renseignement américains insistant qu’il n’y a aucune menace de l’État Islamique aux Etats-Unis ni même de manière présumée en Australie, la vérité pourrait mettre en péril la mission si on perd du temps. Si le spectacle médiatique et policier “anti-terreur” de cette semaine sur les arrestations au sujet d’un “complot contre Sydney” n’arrive pas à exciter les suspicions de la nation, alors rien ne le fera. Que l’acte de guerre irresponsable d’un Abbott impopulaire prouvera à un moment donné que les Australiens seront moins sécures, devrait aussi faire partie des manchettes de journaux. Rappelez-vous le choc en retour des guerres de Bush et de Blair.

Qu’en est-il des décapitations ? Pendant les 21 mois qui se sont écoulés entre la capture de James Foley et son exécution, il y a eu 113 personnes qui ont été décapitées en Arabie Saoudite, un des alliés les plus proche d’Obama et d’Abbott dans leur entreprise “morale et idéaliste”. De fait, la guéguerre d’Abbott aura sûrememt droit à sa petite plaque commémorative à l’Australian War Memorial aux côtés de toutes les invasions colonialistes reconnues dans ce grand sanctuaire du nationalisme blanc, sauf bien sûr, l’invasion coloniale de l’Australie elle-même durant laquelle la décapitation des défenseurs australiens indigènes n’était pas considérée comme mal absolu.

Ceci nous ramène au spectacle d’Arnhem Land. Abbott dit que la raison pour laquelle lui et les médias ont campé là-bas est qu’il pouvait consulter les “chefs” indigènes et “avoir une meilleure compréhension des besoins des gens vivant et travaillant dans ces zones.”

L’Australie est inondée de la connaissance des “besoins” de ses premières nations. Chaque semaine, semble t’il, une autre étude vient s’ajouter au torrent d’information existant au sujet de l’appauvrissement imposé et de la discrimination raciale vicieuse et éhontée se produisant contre le peuple indigène: L’apartheid sans en porter le nom. Les faits, qui ne peuvent plus être pirouettés, doivent être ancrés dans la conscience nationale si pas dans celle du premier ministre. L’Australie a un ratio d’incarcération de sa population indigène bien supérieur à celui de l’Afrique du Sud du temps de l’apartheid. Les décès en détention se produisent comme au son des tambours, les maladies de l’ère de Dickens sont légion, incluant pour ceux qui vivent au sein du boum économique minier qui fait engranger des milliards de dollars par semaine. Des maladies cardiaques rhumatiques tuent des indigènes trentenaires et quarantenaires et leurs enfants deviennent sourds et souffent de trachoma, maladie parasitaire qui les rend aveugles.

Lorsqu’alors qu’il était un ministre de la santé fantômatique en 2009, Abbott fut rappelé à l’ordre par le rapporteur des Nations-Unies sur les peuples indigènes, disant que l’”intervention” frauduleuse du gouvernement Howard était raciste, il rétorqua alors au professeur James Anaya d’aller se “faire voir” et “d’arrêter d’écouter la brigade des vieilles victimes”. Le très distingué Anaya revenait juste d’Utopia (NdT: territoire indigène du nord de l’Australie), une vaste région du nord où j’ai filmé la preuve du racisme et de la privation forcée qui l’ont choqué lui et des millions de spectateurs dans le monde entier. “La sous-alimentation est très commune”, m’a dit un médecin généraliste du centre de l’Australie.

Aujourd’hui, alors qu’Abbott pose pour les photographes avec des enfants d’Arnhem Land, les enfants d’Utopia n’ont pas accès à l’eau potable. Pendant 10 semaines, des communautés entières n’ont eu aucune eau courante. Un nouveau puit aménagé coûterait juste 35 000 $. L’impétigo et toujours plus de trachoma en sont le résultat. (par comparaison, considérez que la dernière ministre des affaires indigènes d’un gouvernement socialiste, Jenny Macklin, a dépensé 331 144 $ pour réaménager son bureau de Canberra).

En 2012, Olga Havnen, une officielle vétéran du gouvernement de la province du Northern Territory, a révélé que 80 millions de dollars ont été dépensés sur la surveillance des familles et sur le retrait des enfants indigènes de leur environnement familial, comparés aux 500 000 dollars aloués pour le soutien des familles appauvries. Sa mise en garde contre l’émergence d’une seconde génération perdue a eu pour résultat son limogeage. Cette demaine à Sydney, Amnesty et un groupe connu sous le nom des Grands-mères contre le retrait des enfants ont présenté plus de preuves du fait que le nombre d’enfants indigènes enlevés à leur famille, souvent de manière violente, est bien plus important aujourd’hui qu’à n’importe quel autre moment de l’histoire coloniale de l’Australie.

Will Tony Abbott, l’ami auto-proclamé du peuple indigène s’interpose t’il pour défendre ces familles ? Bien au contraire, dans son budget fédéral du mois de Mai, Abbott a coupé 536 millions de dollars pour les “besoins” du peuple indigène pour les cinq prochaines années, un quart de cet argent était aloué au système de santé. Bien loin d’être un “ami” des indigènes, le gouvernement Abbott continue le vol des terres indigènes avec une supercherie à la confiance appelée la “location sur 99 ans”. En retour d’abandonner leur terres, l’essence même de l’aboriginalité, les communautés vont recevoir des bribes de loyers, que le gouvernement prendra des royalties sur l’extraction minière en territoires indigènes. Peut-être que seulement en Australie peut avoir lieu une telle politique du mensonge, de la mascarade et de la tromperie.

Similairement, Abbott semble soutenir une réforme constitutionnelle qui “reconnaîtra” le peuple indigène dans un referendum proposé. La campagne “Reconnaissance” consiste en des gestes familiers et remise de récompense, promus par une campagne de relation publique “autour de laquelle la nation peut se rassembler”, d’après le journal du Sydney Morning Herald, voulant dire que la majorité ou ceux que cela intéresse, peuvent avoir le sentiment qu’ils font quelque chose tout en ne faisant rien.

Durant toutes les années de mes reportages et de mes documentaires sur l’Australie indigène, un “besoin” m’a toujours paru essentiel. Un traité. Par cela je veux dire une charte des droits effective et cohérente des droits indigènes: droits sur la terre, droits sur les ressources, droits sur la santé, droits sur l’éducation, droits sur le logement et bien plus. Aucune des soi-disantes “avancées” de ces dernières années, comme le Native Title, n’a donné les droits et les services accordés à presque tous les Australiens et que ceux-ci considèrent comme acquis.

Comme le dit si bien la leader Arrente/Amatjere Rosalie Kunoth-Monks: “Nous n’avons JAMAIS cédé la propriété de cette terre. Ceci demeure notre terre et nous devons négocier un traité légal avec ceux qui s’en sont emparés.” La vaste majorité si ce n’est pas tous les indigènes sont d’accord avec elle et une campagne pour l’obtention d’un traité, bien qu’ignorée par les médias, est en train de gagner un sérieux momentum, spécifiquement parmi la jeunesse indigène éduquée qui n’est pas représentée par des leaders corrompus et vendus au système, disant à la société blanche ce qu’elle désire entendre. Que l’Australie possède un premier ministre qui a décrit ce pays comme étant “inhabité” jusqu’à ce que les Britanniques n’y arrivent, ne fait qu’indiquer l’urgence d’une véritable réforme, de la fin du paternalisme et de la mise en action d’un traité négocié entre partenaires EGAUX. Car tant que nous, qui sommes arrivés bien plus tard, ne redonnons pas aux premiers Australiens leur nationalité, nous ne pourrons jamais clâmer la nôtre.

Résistance au colonialisme: En Australie les mesures génocidaires et ethnocidaires continuent…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 27 mars 2014 by Résistance 71

Nous avons soulevé le problème de l’ethnocide/génocide des peuples autochtones en Amérique du Nord et avons mentionné la similarité d’actions en Australie. John Pilger remet cette ignominie sous les feux de la rampe. Pilger a été un dénonciateur de longue date de la politique génocidaire de son pays, depuis son documentaire en 1985 « Secret Country: First Australians Fight Back », Il a été sans relâche un supporteur de l’anti-colonialisme et des peuples aborigènes. Son dernier documentaire en date « Utopia » ramène le sujet du génocide australien à l’ordre du jour.

Tout cela bien sûr sous couvert de la doctrine chrétienne de la découverte qui est au cœur du colonialisme occidental depuis plus de 500 ans. L’Australie, tout comme les Etats-Unis, le Canada et la Nouvelle-Zélande, sont des entités commerciales de la City de LOndres et de sa « couronne »/Banque d’Angleterre et ne sont pas des nations légales. Leur domination repose sur une doctrine religieuse raciste à laquelle il faut mettre fin. C’est LA solution pour faire chuter sans espoir de retour l’empire anglo-américain actuel qui repose sur l’usurpation, le vol et le génocide de nations indigènes sur deux continents.

— Résistance 71 —

 

Une fois de plus, l’Australie vole ses enfants aborigènes

 

John Pilger

 

21 mars 2014

 

url de l’article original:

 

http://johnpilger.com/articles/once-again-australia-is-stealing-its-indigenous-children

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

L’enregistrement atteint un climax. Il y a la voix d’un enfant qui hurle alors qu’il est arraché à sa mère, qui supplie: “Il n’y a rien d’anormal avec mon bébé, pourquoi nous faites-vous tout cela ? J’aurais été pendue il y a des années n’est-ce pas ? Parce qu’en tant qu’Aborigène australien, vous êtes coupable avant d’être prouvé innocent.” La grand-mère de l’enfant demande à savoir pourquoi “le vol de nos enfants se produit-il de nouveau ?”. Un fonctionnaire des services sociaux dit: “Je l’emmène, mon pote”.

Ceci s’est produit envers une famille aborigène dans la cambrousse de Nouvelle-Galles du Sud. Cela se passe à travers l’Australie dans un énorme abus scandaleux des droits de l’Homme, abus largement ignoré et non dit, qui évoque la tristement célèbre période de la “Génération Perdue” du siècle dernier. Jusqu’aux années 1970, des milliers d’enfants métis furent volés à leurs mères par les fonctionnaires des services sociaux. Ces enfants furent donnés à des institutions pour en faire de la main d’œuvre à très bon marché ou des esclaves, beaucoup d’entre eux furent battus et violés.

Décrite par un Protecteur en Chef des Aborigènes, la politique connue pour être assimilatrice, était aussi connue pour être le tristement célèbre “lavage génétique de la couleur”. Elle fut influencée par le même mouvement eugéniste qui inspira les nazis (NdT: En provenance directe des Etats-Unis avec la Fondation Eugéniste des Rockefeller, qui fit envoyé des scientifiques américains et des fonds au Kaiser Willhem Institute afin d’aider aux programmes eugénistes allemands dans les années 1930). En 1997, un rapport référence intitulé “Ramenez-les à la maison”, dévoila qu’au moins 50 000 enfants et leurs mères endurèrent “l’humiliation, la dégradation et la brutalité sans nom de l’acte de la séparation forcée… Le produit de politiques calculées et voulues de l’état australien.” Le rapport appela ceci, génocide.

A part le nom, l’assimilation demeure la politique du gouvernement australien. Des euphémismes tels que “réconciliation” et “meilleurs futurs” couvrent des mesures d’ingénierie sociale similaires couplé à un racisme de longue haleine tout autant qu’insidieux au sein de l’élite politique, de la bureaucratie et plus largement, de la société australienne. Lorsqu’en 2008, le premier ministre Kevin Rudd présenta ses excuses à la Génération Perdue, il ajouta: “Je veux être franc et direct à ce sujet. Il n’y aura aucune compensation”. Le quotidien du Sydney Morning Herald félicita Rudd  de cette “fine manœuvre” qui “clarifia une politique endommagée qui répond aux besoins émotionnels de certains de ses supporteurs, mais ne change rien.”

Aujourd’hui, le vol des enfants aborigènes, incluant celui des bébés pris de la table d’accouchement, est bien plus généralisé qu’à aucun moment durant le dernier siècle écoulé. Depuis juin de l’an dernier, 14 000 bébés aborigènes ont été “enlevés”. Ceci représente un chiffre cinq fois plus élevés que lorsque le rapport “Ramenez-les à la Maison” fut écrit. Plus du tiers de tous les enfants retirés sont Aborigènes, et ce d’un chiffre d’une population qui ne représente que 3% de la population australienne. A cette vitesse, cette saisie de masse d’enfants aborigènes résultera en une génération volée de plus de 3300 enfants volés rien que pour la province de Northern Territories.

Pat (pas son vrai nom) est la mère dont l’angoisse fut enregistrée secrètement au téléphone alors que 4 fonctionnaires des services sociaux et 6 policiers arrivaient chez elle. Sur l’enregistrement, un fonctionnaire affirme qu’ils ne sont venus que pour faire une “évaluation”. Mais deux des policiers qui connaissaient Pat lui dirent qu’ils ne voyaient aucun risque pour l’enfant mais lui dirent aussi “de vite se sauver”. Pat s’enfuit, son jeune enfant dans ses bras, mais l’enfant d’un an fut éventuellement pris sans qu’on ne lui en donne une quelconque raison. Le lendemain matin, un policier retourna pour s’excuser et pour lui dire que son enfant n’aurait jamais dû être pris. Pat n’a aucune idée de l’endroit où se trouve son fils à l’heure actuelle.

Une fois, elle fut “invitée” par des fonctionnaires d’amener ses enfants dans un bureau “neutre” pour discuter d’un “plan d’attention”. Les portes furent vérouillées et les fonctionnaires se saisirent de ses enfants, l’un des plus jeunes s’aggripant à la ceinture révolver d’un policier. Beaucoup de mère indigènes ne connaissent pas leurs droits. Un tribunal pour enfants très discrets est devenu notoire pour valider les saisies d’enfants.

La plupart des familles aborigènes vivent à la limite. Leur espérance de vie dans des villes proches de Sydney est aussi basse que 37 ans. Les maladies de Dickens sont communes, l’Australie est le seul pays développé qui n’a pas éradiqué la maladie du trachoma, qui rend aveugle les enfants aborigènes.

Pat s’est à la fois courageusement rebellée contre et a aussi obéi à la bureaucratie punitive qui peut enlever un enfant sur juste un ouï-dire. Elle a été acquittée par deux fois de fausses accusations, dont une incluant le “kidnapping” de ses propres enfants. Un psychologue l’a qualifié de parfaitement capable d’être une bonne mère.

Josie Crawshaw, une ex-directrice d’une organisation respectée de soutien aux familles dans la ville de Darwin m’a dit: “Dans les zones reculées, les fonctionnaires y vont en avion très tôt le matin et emmènent les enfant à des milliers de kilomètres de leurs communautés. Il n’y a aucune explication donnée, aucun soutien et l’enfant peut disparaître à tout jamais.”

En 2012, la coordinatrice générale de l’organisation Remote Services des Territoires du Nord, Olga Havnen a été virée lorsqu’elle révèla que près de 80 millions de dollars étaient dépensés à la surveillance et à l’enlèvement des enfants aborigènes, comparés aux seuls 500 000 dollars aloués pour le soutien des mêmes familles appauvries. Elle m’a dit: “Les raisons principales d’enlèvement des enfants à leurs familles sont à cause de problèmes sociaux qui sont directement liés à la pauvreté et à l’inégalité. L’impact sur les familles est simplement horrible parce que s’ils ne sont pas réunis dans les 6 mois, il est fort probable qu’ils ne se reverront plus jamais. Si l’Afrique du Sud faisait cela, il y aurait une protestation internationale.”

Elle et bien d’autres à la longue expérience, avec lesquels j’ai eu des entretiens se sont tous fait l’écho du rapport “Ramenez-les à la Maison”, qui décrivait une “attitude” officielle en Australie à l’encontre des Aborigènes comme étant “moralement déficient”. Un porte-parole de Département des Familles et des Services Communautaires a dit que la majorité des enfants aborigènes enlevés à leurs familles en Nouvelle-Galles du Sud étaient placés chez des suppléants indigènes. D’après les réseaux de soutien aborigènes, ceci n’est qu’un écran de fumée, ceci ne veut pas dire familles d’accueuil et le contrôle par la division est le véritable succès de la bureaucratie.

J’ai rencontré un groupe de grands-mères aborigènes, toutes des survivantes de la première génération volée, toutes ont eu des petit-enfants qui ont été volés. “Nous vivons de nouveau dans la peur” ont-elles toutes dit. David Shoebridge, un député vert ma dit: “La vérité est la suivante, il y a un véritable marché chez les blancs pour ces enfants, spécifiquement les bébés.”

Le parlement de Nouvelle-Galles du Sud va bientôt débattre d’une législation qui va introduire l’adoption forcée et le “gardiennage”. Les enfants de moins de deux ans seront concernés, sans le consentement de la mère, s’ils ont été “enlevés” depuis plus de 6 mois. Pour beaucoup de mères aborigènes comme Pat, cela peut prendre jusqu’à 6 mois pour reprendre contact avec leurs enfants. “Cela met les familles aborigènes manifestement sur la voie de l’échec”, a dit Shoebridge.

 

J’ai demandé pourquoi à Josie Crawshaw. “L’ignorance voulue de l’Australie au sujet de ses nations premières est maintenant devenue une sorte de tolérance qui arrive au point que vous pouvez écraser un groupe entier de l’humanité et cela n’est pas dérangeant.”

Crimes impérialistes: L’Australie pas en reste en bon satellite de l’empire…

Posted in actualité, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 28 octobre 2012 by Résistance 71

Population aborigène australienne et population amérindienne, même combat: en lutte permanente contre le terrorisme d’état colonialiste et sa litanie d’oppression et de crimes incessante !…

— Résistance 71 —

Rendre le monde plus dangereux, le rôle avide de Julia Gillard

John Pilger

Le 25 Octobre 2012

url de l’article original:

http://johnpilger.com/articles/making-the-world-a-more-dangerous-place-the-eager-role-of-julia-gillard

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Le parlement australien pue la cire de parquet. Les sols de bois luisent tellement qu’ils réfléchissent les portraits de genre dessins animés des premiers ministres, des juges à perruques et des vices-rois. Le long des couloirs feutrés et brillants, les murs sont décorés d’art aborigène: une peinture après l’autre comme dans une galerie monolithique, totalement coupés de leur origine, dans une brutale ironie. Le peuple le plus pauvre, le plus malade, le plus incarcérés de la planète donne une façade à ceux qui supervisent le vol de leur terre et son pillage.

L’Australie possède 40% de l’uranium mondial, la totalité en territoire indigène. La première ministre Julia Gillard revient juste d’Inde où elle a vendu de l’uraniun à un gouvernement qui refuse de signer le traité de non prolifération nucléaire (TNP) et dont l’ennemi, le Pakistan est aussi non-signataire du traité. La menace de guerre nucléaire entre ces deux pays est constante. L’uranium est un ingrédient essentiel des armes nucléaires. Le contrat de Gillard à Delhi termine de manière formelle la longue politique du parti travailliste australien de refuser la vente d’uranium aux pays qui refusent de signer le TNP et l’obligation “de poursuivre des négociations de bonne foi sur les mesures effectives en rapport avec la cessation de la course à l’armement nucléaire le plus tôt possible et le désarmement nucléaire.”

Comme les Japonais, les Aborigènes australiens ont fait l’expérience de l’horreur des armes nucléaires. Durant les années 1950, le gouvernement britannique a testé des bombes atomiques à Maralinga dans le sud de l’Australie. La population aborigène ne fut pas consultée et ne reçût que de maigres mises en garde voire aucune et continue de souffrir des effets. Yami Lester était un petit garçon quand il vit le flash nucléaire et en devint aveugle. La lutte permanente du peuple Aborigène pour être reconnu comme étant des êtres humains a été une lutte non seulement pour leur terre, mais aussi pour ce qu’il y a en dessous, dans ses sous-sols. Comme leur statut était à peine plus élevé que celui des moutons jusqu’en 1971, et qu’à l’encontre des moutons ils n’étaient pas comptés, bon nombre de leurs modestes droits fonciers ont été corrompus ou diminués par les gouvernements successifs de Canberra.

En 2007, le premier ministre d’alors, John Howard, utilisa l’armée pour lancer une “intervention d’urgence” dans les communautés aborigènes des Territoires du Nord, riches en ressources naturelles minérales. Des histoires sordides et mensongères de cercles pédophiles furent la couverture pour l’opération, les indigènes furent avertis qu’ils ne recevraient pas les services de base s’ils n’abandonnaient pas le bail de leurs terres. Le ministre des affaires indigènes de Gillard a depuis donné à ce projet le nom orwellien de “Grands futurs”.

La tactique demande de faire en sorte que les gens se rendent dans des “villes high tech” et de refuser aux gens des logements décents ainsi les forçant à vivre à douze ou plus dans une chambre. La relocation des enfants aborigènes a atteint le niveau de la triste époque de la “Génération perdue” du siècle dernier. Beaucoup ne reverront sans doute jamais leur famille.

Dès que “l’intervention” fut commencée, des centaines de titres d’exploitation des terres furent données à des industries pour l’exploration minière et l’exploitation de l’uranium.

La politique contemporaine en Australie est souvent définie par le pouvoir des compagnies minières. Quand l’ancien premier ministre travailliste (NdT: équivalent du PS foie jaune de chez nous…) Kevin Rudd, proposa un impôt sur les profits records des compagnies minières, il fut deposé par une cabale d’arrière-boutique, incluant Gillard, qui réduisit l’impôt. Des câbles diplomatiques fuités par Wikileaks révèlent que deux des comploteurs contre Rudd étaient des informateurs de l’ambassade de Etats-Unis, que Rudd avait mis en colère en ne suivant pas à la lettre les plans des Etats-Unis faits pour encercler la Chine et de rendre disponible l’uranium à la vente pour des clients des Etats-Unis comme l’Inde.

Gillard a depuis retourné la relation australo-américaine à son niveau historique, de la même manière que l’était un pays satellite européen de l’URSS. La veille de l’arrivée d’Obama à Canberra l’an dernier pour déclarer que la Chine était le nouvel ennemi du “monde libre”, Gillard annonça la fin de l’interdiction par son parti sur les ventes d’uranium.

Les obsessions de l’après guerre-froide de Washington demandent aussi les services de l’Australie. Ceci inclut l’intimidation de l’Iran et la destruction de l’indépendance de cette nation, le torpillage du TNP et la prévention de l’établissement de zones non-nucléaires, qui menaceraient la dominance nucléaire dans la région des Etats-Unis et d’Israël. A l’encontre de l’Iran, signataire du TNP et grand supporter d’une zone non-nucléaire au Moyen-Orient, les Etats-Unis et Israël ne veulent pas entendre parler d’inspections. De plus ces deux pays menacent l’Iran d’une guerre, qui d’après les agences de renseignement américaines combinées, ne possède pas d’armement nucléaire.

L’inversion nécessaire de la réalité et la doctrine du double-standard demandent “un processus minutieusement orchestré”, assure un officiel australien à l’ambassade des Etats-Unis, cité par Wikileaks. D’après les câbles américains il y a des “idées australiennes” enthousiastes pour forger une information qui aidera à discréditer Mohamed El Baradei, qui en tant que directeur de l’AIEA de 1997 à 2009, a réfuté répétitivement les accusations américaines disant que l’Iran construit des armes nucléaires. Le directeur du bureau australien du contrôle de l’armement est mis en évidence comme étant un chien de garde américain, mettant en garde contre “la pente savonneuse” où s’engagent les gouvernements qui “exercent un jugement indépendant” sur les affaires nucléaires. Patrick Suckling, un autre officiel australien, a été rapporté dire aux Américains que “l’Australie désirent les sanctions les plus fortes et les plus incapacitantes contre l’Iran”. Les victimes de Sickling sont aujourd’hui des hommes, femmes et enfants ordinaires. Le 5 Octobre, l’alliance australienne contre le nucléaire, qui incorpore des groupes aborigènes à travers tout le pays, s’est rassemblée à Alice Springs. Elle a appelé à un moratoire sur toutes les exploitations et ventes d’uranium. Les femmes aborigènes ont fait une demande très spéciale à Gillard, qui a été élue par les médias blancs récemment comme une héroïne féministe. Aucune réponse n’était attendue.

Le 17 Octobre, tous les ronds de jambes et promesses de servilité à leurs puissant patrons ont fini par payer puisque l’Australie a été intronisée comme membre non-permanent du conseil de sécurité de l’ONU, connu à Canberra comme “la grande table”. Le timing est parfait. Une attaque par l’OTAN sur la Syrie ou l’Iran, ou les deux, n’a jamais été aussi proche. Une guerre mondiale pointe à l’horizon depuis la marque de 50 ans lorsque “le monde s’arrêta”, écrivit l’historien Sheldon Stern. C’était la crise des missiles de Cuba en 1962, lorsque les Etats-Unis et l’URSS furent si proches d’une guerre nucléaire. Des documents maintenant déclassifiés montrent que le président John F. Kennedy avait autorisé “à des avions de l’OTAN, pilotes turcs aux commandes, de décoller à destination de Moscou et de lâcher une bombe”.

L’écho aujourd’hui résonne on ne peut plus clairement.