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Résistance au colonialisme: L’Australie botte en touche la question de la domination en rapport avec la doctrine chrétienne de la découverte (Steven Newcomb)

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Rejoignez le mouvement pour la répudiation des bulles papales colonialistes, plus nous mettrons de pression sur la hiérarchie cléricale jusqu’au Vatican et plus ces diktats papaux auront de chance d’être répudiés.

— Résistance 71 ~

 

La réponse de l’Australie à la doctrine de la découverte

Éviter l’affaire de la domination qui réside au sein de la doctrine de la découverte

 

Steven Newcomb

 

17 mars 2017

 

url de l’article original:

https://indiancountrymedianetwork.com/news/opinions/australias-response-doctrine-discovery/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

A lire: le livre de Steven Newcomb (larges extraits traduits par nos soins) en version PDF: « Païens en terre promise, décoder la doctrine chretienne de la découverte » (2008)

 

En 2012, au Forum Permanent sur les Problèmes Indigènes de l’ONU, Kate Gumley, alors chef de la délégation australienne, avait fait un discours intitulé: ”La doctrine de la découverte”. Le premier paragraphe de ce document illustre très bien comment le gouvernement australien bottait subtilement en touche le problème de la domination. “Le point clef de l’agenda de la discussion de cet après-midi est la doctrine de la découverte, un concept de droit public international qui a reçu l’attention de ce forum parce qu’il adresse directement la question de la conquête légale [de la terre] durant la période de la colonisation [sic].” (NdT: autant d’hypocrisie et d’aplomb mensonger est à peine croyable, mais c’est comme çà qu’ils s’en sortent…)

Les hauts-fonctionnaires du gouvernement australien qui ont écrit cette déclaration n’ont pas identifié la question que les représentants des peuples indigènes soulevaient en appelant à la focalisation sur la soi-disant “doctrine de la découverte”. Ce que l’état australien a cadré comme étant une “conquête légale” n’est, en fait, rien d’autre que l’affirmation par des gouvernements d’état de la possession d’un “droit de domination” sur nos peuples et nations originels.

Si on nous en avait donné l’opportunité, nous aurions pu demander au gouvernement australien: Est-ce que les envahisseurs ont le droit de dominer d’autres nations sur leurs propres terres et territoires ? Sur quel cadre de référence ou standard de jugement pourrions-nous répondre à cette question ? Sommes-nous obligés par une quelconque loyauté que nous aurions contracté envers nos envahisseurs et leurs descendants de répondre à de telles questions uniquement du point de vue de leur façon de voir ou standards de jugement invasifs ?
Malheureusement, le Forum Permanent des Affaires Indigènes de l’ONU ne se prête pas à un dialogue étendu ou spécifique avec les représentants des gouvernements de quelque état que ce soit, comme l’Australie par exemple. Si j’avais pu entrer dans un tel dialogue avec les délégués du gouvernement australien au sujet de leur intervention, je leur aurais demandé dans quel contexte plaçaient-ils les mots de “conquête” et de “légal” et de quel point de vue ?

Prenez par exemple l’idée de “conquête” comme une affirmation de “victoire” dans le contexte d’une invasion illégale des terres et territoires d’une nation originelle donnée, sur le continent de l’Australie. Au moment de l’invasion, la nation originelle de cet endroit vivait son propre mode de vie, dans son propre pays, dans cette partie du monde bien précise, sans déranger personne. Le but des envahisseurs est de se saisir de ce pays, de cette terre et de contrôler ou de tuer la nation envahie en lui faisant la guerre. Les descendants actuels de ces envahisseurs appellent le système de domination qui en a résulté une “conquête légale”.

En réalité, l’invasion étrangère et ce qui en a découlé est illégitime. Les descendants actuels des envahisseurs tentent de cadrer la “domination” comme étant quelque chose de “légal”. Ils font cela dans un effort de rendre l’invasion et tout l’après celle-ci à l’échelle inter-générationnel, acceptable du point du vue des colonisateurs. Une tactique des envahisseurs et de leurs descendants est de ne juger ou d’évaluer les résultats politiques ou autres que de leur propre perspective. Tout comme les chrétiens fondamentalistes considèrent que leur religion est la seule et unique religion qui vaille ; les envahisseurs et leurs descendants considèrent maintenant leur “avis” sur la “légalité” de l’affaire comme étant le seul, unique et valable “avis” sur la “légalité” en question.

Le philosophe du droit Steven I. Winter fait remarquer que chaque catégorie et chaque doctrine, incluant la “doctrine de la découverte”, “repose sur une image mentale des formes d’association humaine qui sont justes ou réalistes” dans une situation donnée. Aussi loin qu’est concerné l’image mentale des descendants des envahisseurs européens, l’invasion européenne chrétienne et son résultat de domination est à la fois juste et réaliste car fondée sur le christianisme et la bible. Les nations originelles envahies sont étiquetées n’avoir aucun droit fondamental de contester ou de défier le système de domination qui en a résulté.

En maintenant à l’écart les cadres d’interprétation des nations originelles, il devient alors possible pour les envahisseurs et leurs descendants de s’adresser aux Nations-Unies, avec l’identité politique d’un état de domination et de prétendre que ce système de domination qui a émergé en tant que résultat de l’invasion génocidaire de cette terre par leurs ancêtres est une “conquête légale”. Ceci est une partie de la façon dont le gouvernement australien (NdT: quelque soit sa couleur politique, c’est toujours la même chose…) déguise et masque cette image de l’invasion et son résultat en utilisant des euphémismes (des mots sonnant bien pour exprimer de terribles actions) comme par exemple “la légalité de l’installation européenne” (c’est à dire l’invasion, la domination, l’extermination et la déshumanisation) et “travailler en vue d’un futur réconcilié.

Parler de “futurr réconcilié” est un futur dans lequel ceux qui ont été envahis et dominés pendant des générations se seront “réconciliés avec eux-mêmes” afin de vivre de manière permanente sous le système de domination imposé, dans ce cas-ci sous ce qui est appelé “L’État australien”. La construction et la manifestation de ce système de domination est ce que le gouverneent australien étiquette du doux euphémisme de “conquête légale”, affirmant et clâmant ainsi le résultat de domination comme étant un résultat valide et légal.

Tant que nous n’exposerons pas de manière explicite le “système de domination des états”, ce système continuera de détruire des écosystèmes entiers et créera les problèmes que nous avons besoin de résoudre une fois pour toute. Reproduire un système destructeur au nom de la “réconciliation” avec ce même système n’est en aucun cas une recette du succès pour une réelle cicatrisation. Ceci ne fait que créer ce que Gregory Bateson appelait “le double lien” (baisés si on le fait, baisés si on le fait pas). Ce n’est pas suffisant de dire ce en quoi nous sommes en faveur. Nous devons mettre en contraste ce pour quoi nous sommes en faveur avec ce pour quoi nous ne sommes pas d’accord. Le contraste crée une vision plus profonde et révèle le double lien.

Dans le bouquin de James C. Scott: “La domination et l’art de la résistance” (1990), l’auteur (NdT: anthropologue de renom auteur de “Zomia”) cite Barrington Moore pour avoir dit: “Une tâche culturelle principale à laquelle doit faire face un groupe opprimé est de fragiliser ou de faire exploser la justification de la strate dominante.” Quelle est la justification pour la domination de nos nations originelles ? Dans la loi fédérale américaine sur les Indiens, comme ceci est graphiquement illustré de nos jours avec l’affaire de Standing Rock et du DAPL, c’est un empire fondé sur le christianisme qui possède(rait) une destinée manifeste de subjuguer la terre et de dominer tous les êtres vivants pour son profit.

Il est grand temps de rejeter ces systèmes de domination comme étant non seulement invalides mais également humainement inadmissibles en refusant d’accepter ce concept, de ne plus les accepter comme “conquête légale”.

Non au DAPL! Mni Wiconi. L’eau est la vie !

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Résistance au colonialisme: Fête nationale australienne… La conscience politique anti-coloniale est en marche !…

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L’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie et de l’action coloniales, se tenant debouts, main dans la main avec les peuples autochtones de tous les continents pour instaurer l’harmonie de la société des sociétés sur terre. Il n’y a pas de solutions au sein du système, n’y en a jamais eu et n’y en aura jamais !

~ Résistance 71 ~

« Pourquoi ne nous a t’on rien dit ? Pourquoi tant de personnes posent-elles toujours cette même question, sur eux-mêmes, sur moi, sur leur éducation, leur héritage, sur la totalité de la société australienne ? »
~ Henry Reynolds, professeur d’histoire et maître de recherche à l’université de Tasmanie ~

 

Des milliers de manifestants en Australie contre les célébrations d’Australia Day

 

Lucy Mae Beers, Ollie Gillman et Max Margan,

 

26 janvier 2017

 

url de l’article:

https://warriorpublications.wordpress.com/2017/01/26/australia-thousands-march-against-invasion-day-celebrations/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Une bagarre s’est déclanchée entre la police et des milliers de manifestants contre le “jour de l’invasion” de l’Australie, après qu’un homme ait voulu mettre le feu à un drapeau.

Les manifestants, enroulés dans des drapeaux aborigènes, ont marché dans Ultimo à Sydney le jour de la fête nationale australienne, étiquetant l’arrivée de la première flotte (anglaise) en 1788 un “jour de meurtre”.

Des vidéos choquantes montrent un policier attrapant un manifesrant autour de la taille en le poussant ensuite au sol alors qu’un autre policier lui saute sur le visage tandis que de la fumée les entoure.

D’autres manifestants brandissaient de longs bâtons et certains furent vus essayant de disperser la fumée avec des vêtements.

Un manifestant fut arrêté après avoir soi-disant voulu mettre le feu à un drapeau (australien), la police utilisant un petit extincteur pour éteindre un petit feu.

La police a dit qu’elle interrogeait un jeune de 20 ans en relation avec un “incident isolé dans ce qui fut autrement une manifestation très pacifique”. Un policier a été blessé dans une échauffourée et a été conduit à l’hôpital d’après la chaîne ABC News.

La première ministre de la province de Nouvelle-Galles du Sud (NSW), Gladys Berejiklian a dénoncé la violence en disant qu’elle était “déçue” du déroulement de la journée.

“Nous sommes en démocratie et tout le monde a le droit de manifester, mais aujourd’hui est au sujet de célébrer ce qui nous rassemble et je pense que la plupart des gens sont très déçus de ce qu’ils ont vu aujourd’hui.” A t’elle dit. “Ce n’est pas acceptable de faire cela en un jour comme aujourd’hui, mais quoi qu’il en soit, vous êtes libres d’exprimer vos points de vue.”

Avant que la manifestation ne tourne à la violence, la foule, avec beaucoup de personnes arborant le drapeau aborigène, se rassemblèrent à Redfern où ils écoutèrent des discours dénonçant la célébration de la fête national australienne que beaucoup d’indigènes voient comme “le jour de l’invasion”.
Quelques milliers de personnes, criant des solgans tels que: “Toujours été et sera toujours une terre aborigène”, ont défilé dans le centre ville de Sydney.

“C’est une disgrâce nationale que d’avoir un jour de congé le jour de cette fête nationale, un jour qui a marqué le début du génocide”, a dit l’organisateur Dave Bell à la foule présente.

“Il y a énormément de tristesse attachée à ce jour néfaste. Asseyons-nous ensemble et trouvons une journée qui nous aidera à aller de l’avant dans la célébration.”
Le sénateur écologiste lee Rhiannon a twitté que 10 000 personnes prirent part à la manifestation, mais la police n’a reconnu que “quelques milliers”.

Un homme torse nu a rejoint les manifestant avec l’inscription “Rien à foutre de la fierté australienne” (“Fuck Aussie Pride”) en travers de son dos.

Tout comme les manifestants à Sydney, environ 3000 manifestants se sont rassemblés devant le parlement de Melbourne avant que la foule ne grossisse, rassemblant toujours plus de gens alors que la manifestation se déplaçait sur le même parcours que la parade de la fête nationale avait emprunté une demie-heure plus tôt.

“On ne célèbre pas le 11 septembre, on ne célèbre pas Hiroshima, c’est vraiment stupide de célébrer ce jour”, a dit Michael Planske durant la manifestation.

Les gens ont aussi marché pour protester contre la fête nationale australienne dans les villes de Hobart, Brisbane, attirant d’énormes foules.

A Canberra, quelques centaines de manifestants ont marché de la tente de l’ambassade aborigène aux portes du parlement en criant: “Toujours été, sera toujours terre aborigène”.

Puis ils ont fait in sit-in d’une heure devant les portes du bâtiment, demandant qu’un traité soit établi aors qu’une ligne de défense policière s’était formée pour interdire l’accès au bâtiment.

“Que voulons-nous ? Un traité. Qu’avons-nous eu ? Que dalle”, entonnèrent-ils.

Colonialisme, génocide et apartheid… La face cachée de l’Australie (John Pilger)

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Utopia

Documentaire de John Pilger (2013)

Source: http://johnpilger.com/videos/utopia 

En 1985, Pilger sort son premier grand documentaire sur son pays natal l’Australie, il y relate les conditions coloniales génocidaires décimant les communautés aborigènes.

2012-13, 27 ans plus tard, Pilger refait un documentaire sur le même sujet: rien n’a changé.

De la « guerre oubliée » au tourisme de luxe dans un camps de la mort reconverti en hôtel en passant par l’hypocrisie criminelle et génocidaire politicarde à la botte des intérêts miniers et du gros business transnational, Pilger nous invite à découvrir l’Australie, la vraie, celle de l’apartheid, du génocide, de l’ethnocide et du racisme colonial institutionnalisé. L’auteur de ces lignes a vécu en Australie et a été témoin en bien des occasions de la perversion coloniale noyée dans l’insouciance consumériste affligeante.

A voir donc en section commentaire: « Utopia » (version anglaise), remarquable documentaire coup de poing de John Pilger, un des tous derniers grands reporters héroïques.

Résistance 71

27 Mai 2016

Occident, colonialisme et génocide passé et présent: L’Australie et la continuité ethnocidaire coloniale (John Pilger)

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L’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux s’émancipant de l’idéologie colonialiste et se tenant la main dans la main avec les peuples autochtones du monde pour un retour planétaire à la société humaine naturelle, égalitaire, solidaire, anti-autoritiare et anti-étatique. La connexion des peuples occidentaux avec les luttes indigènes d’auto-détermination sera le salut de l’humanité. Parce que nous sommes tous des colonisés !…

— Résistance 71 —

 

Famine en Australie: le sale secret d’Utopia

 

John Pilger

 

11 Avril 2016

 

url de l’article original:

http://johnpilger.com/articles/starvation-in-australia-utopia-s-dirty-secret

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

J’ai reçu un coup de téléphone de Rosalie Kunoth-Monks l’autre jour. Rosalie est une ancienne du peuple Arrernte-Alyawarra qui vit sur Utopia, une vaste région dans le “cœur rouge” de l’Australie. La ville la plus proche est Alice Spring (Territoire du Nord), plus de 300km au travers un très ancien paysage de spinifex et de nuages de poussière rouge tourbillonnants. Les premiers Européens qui vinrent ici, peut-être rendus fous par la chaleur, ont imaginé une Utopia blanche dont ils n’avaient aucun droit pour ce faire ; car c’est un endroit sacré, la patrie, la terre ancestrale de la plus vieille présence continuelle humaine sur la planète Terre.

Rosalie était sous stress, défiante et éloquente. Sa distinction caractéristique de quelqu’un qui n’a pas peur de parler, de l’ouvrir dans une société si souvent sourde aux cris et aux angoisses de son peuple premier, son unicité singulière, sont bien mérités. Elle apparaît dans mon film documentaire “Utopia” (2013) avec une description très intense d’un peuple ignoré, mis à l’écart: “On ne veut pas de nous dans notre propre pays.” Elle a décrit l’héritage d’un génocide : un mot que l’australie politique craint et fuit.

Il y a une semaine, Rosalie et sa fille Ngaria ont alerté que les gens meurent de faim sur Utopia. Elles ont dit que les anciens du peuple indigène des terres ancestrales n’ont reçu aucune nourriture d’un programme pour les personnes âgées du gouvernement australien et géré, administré par le conseil régional. “Un vieux monsieur en phase terminale de maladie de Parkinson a reçu deux paquets de viande hâchée et du pain blanc”, a dit Ngaria, “La vieille dame qui vit près de chez lui n’a elle rien reçu”. Appelant pour des largages de vivres, Rosalie dit: “La communauté entière, incluant des enfants et les anciens n’ont souvent rien à manger quotidiennement.” Elle et sa fille Ngaria et leur communauté ont fait à manger et distribué de la nourriture du mieux possible.

Ceci n’est pas rare. Il y a quatre ans, je me suis rendu dans le cœur rouge et y ait rencontré la Dr. Janelle Trees, une médecin généraliste dont les patients aborigènes vivent à quelques kilomètres de stations balnéaires pour touristes ayant des suites à 1000 dollars la nuit à proximité de Uluru (Ayer Rock). Elle m’a dit: “La malnutrition est très commune. J’ai voulu donner à un patient un anti-inflammatoire pour une infection qui serait anticipable si les conditions de vie étaient meilleures, mais je n’ai pas pu lui administrer parce qu’elle n’avait pas assez de nourriture nécessaire pour pouvoir ingérer les tablettes en toute sécurité. Je sens parfois que je gère des situations médicales au sein de la classe laborieuse anglaise au début de la 1ère révolution industrielle.

Il y a de l’amiante dans beaucoup des maisons aborigènes et quand quelqu’un a une fibre d’amiante dans les poumons et développe un mésothélioma, le gouvernement s’en moque. Lorsque les enfants ont des infections chroniques et terminent dans ces statistiques incroyables concernant les peuples indigènes mourant de maladie rénale et vulnérables à des ratio battants tous les records du monde pour les maladies cardiaques rhumatismales, rien n’est fait. Je me pose la question: pourquoi ?

Quand Rosalie m’a appelé d’Utopia, elle a dit: “Ce n’est pas tant la famine physique qui importe que le traumatisme subi par mon peuple, des communautés dans leur entièreté. On nous trompe tout le temps. L’Australie blanche met en place des organisations et des structures qui prétendent nous aider, mais ce n’est qu’une prétention, rien de plus. Si nous nous y opposons, c’est un crime. Le simple fait d’appartenir est un crime. Le suicide est rampant. (elle me donne alors des détails de la souffrance de sa famille). Ils sont là pour assassiner nos valeurs, pour briser notre mode de vie traditionnel jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien de nous”. (NdT: ethnocide, débouchant sur le génocide, modus operandi classique)

Le conseil régional de Barkly dit que son programme pour les personnes âgées fonctionne et proteste que le conseil est “le plus pauvre des trois tiers du gouvernement et est très dépendant des gouvernements des Territoire du Nord et fédéral pour son financement afin de rendre ces services au fin fond de la brousse.” Barbara Shaw, la présidente du conseil, est d’accord pour dire que “c’est totalement inacceptable que des gens doivent être affamés dans un pays si riche et développé que l’Australie” et que “cela est écœurant et mal que des indigènes expérimentent une telle pauvreté.”

La famine et la pauvreté et la division souvent semées parmi les peuples indigènes eux-mêmes alors qu’ils essaient d’identifier ceux responsables, proviennent en grande partie d’un épisode extraordinaire connu sous le nom de “l’intervention”. Ceci est le sale secret de l’Australie.

En 2007, le premier ministre australien d’alors John Howard, envoya l’armée dans les communautés aborigènes du Territoire du Nord pour “sauver les enfants” qui, comme l’affirmait son ministre des affaires aborigènes Mal Brough, étaient harcelés et abusés par des gangs pédophiles en “nombres impensables”.

Exposée par la suite comme une vaste fraude par la Commission Australienne sur le Crime, la police de l’état du Territoire du Nord et un rapport dythirambique de pédiâtres, cette “intervention” permit néanmoins au gouvernement de détruire bien des vestiges de l’auto-détermination du Territoire du Nord, la seule partie de l’Australie où les peuples aborigènes avaient gagné des droits territoriaux fédéralement régulés. Ici, ils avaient administré leur patrie avec la dignité de l’auto-détermination et en connexion avec la terre et leur culture et, comme Amnesty International le rapporta, une baisse de plus de 40% du taux de mortalité. La distribution de la nourriture ne fut jamais un problème.

C’est cette “vie traditionnelle” qui est un anathème à une industrie blanche parasitique de fonctionnaires, de contractants, d’avocats et de consultants qui contrôle et souvent profite grassement de l’Australie aborigène, ne serait-ce qu’indirectement au travers des structures corporatrices imposées aux organisations indigènes. Les terres ancestrales reculées sont vues comme une menace idéologique, car elles expriment un communalisme en porte-à-faux avec le néo-conservatisme qui régit l’Australie et demande “l’assimilation”.

C’est comme si l’existence persistante d’un peuple qui a survécu et résisté à maintenant plus de deux siècles de massacre colonial et de vol manifeste, demeure un spectre sur l’Australie blanche: une réminiscence de ceux à qui la terre appartient vraiment.

Note de Résistance 71: Replacez cette judicieuse remarque de Pilger dans le contexte des Etats-Unis, du Canada, de la Nouvelle-Zélande, d’Israël et des pays d’Amérique latine. Le même schéma se répète partout… Il est la clef de compréhension des solutions du futur: un peuple occidental émancipé se tenant la main dans a main avec les peuples indigènes du monde pour la construction de la société juste, équitable, solidaire et donc libre de tous pour tous, entre nous qui partageons cette même planète…

Je connais ces communautés et leur peuple qui m’ont montré les conditions qui leur étaient imposées. Beaucoup se sont vus refuser l’eau courante, l’assainissement des eaux et l’électricité. Que les conditions nutritives de base rejoignent maintenant cette liste n’est en rien surprenant.

D’après un rapport de richesse globale émanant de la banque du Crédit Suisse, l’Australie est l’endroit le plus riche de la planète. Les politiciens de Canberra en sont parmi ses plus riches citoyens ; ils adorent suspendre de l’art aborigène sur les murs blancs de leurs bureaux et dans leur parlement moderne. Leur dotation auto-générée est légendaire. La dernière ministre en date du parti travailliste (NdT: équivalent PS en France) pour les Affaires Aborigènes, Jenny Macklin, a fait refaire son bureau au frais du contribuable australien pour la modique somme de 331 144 A$ (225 000 Euros). Durant son ministère, le nombre d’Aborigènes vivant dans la pauvreté et dans des bidonvilles a augmenté de près du tiers.

Quand le professeur James Anaya, le très respecté rapporteur de l’ONU pour les droits des peuples indigènes, décrivit “l’intervention” australienne comme étant raciste, le porte-parole de l’opposition sur les affaires indigènes, Tony Abbott, a dit à Anaya “d’aller se faire voir aileurs” et de ne pas toujours “juste écouter la vieille brigade des victimes”. Abbott fut promu premier ministre de l’Australie, il fut évincé l’an dernier.

Lorsque j’ai commencé à filmer l’Australie indigène il y a quelques trente années, une campagne mondiale avait lieu pour mettre fin au régime d’apartheid en Afrique du Sud. Ayant rapporté depuis l’Afrtique du Sud, je fus frappé par la similarité entre la suprématie blanche et la complaisance, le sentiment de défense et l’indifférence des gens que se voyaient eux-mêmes comme libéraux. Par exemple, l’incarcération des noirs en Australie et bien plus importante per capita que celles des noirs en Afrique du Sud de l’apartheid. Les indigènes ici vont en prison, sont tabassés et meurent en détention de manière très routinière. Dans les communautés désespérées, de jeunes enfants, parfois aussi jeunes que 10 ans, se suicident.

Et pourtant, pas encore d’opprobe internationale, pas de boycotts, n’ont perturbé la surface de l’Australie “la chanceuse”. Comme l’appel de Rosalie nous le rappelle, cette surface se doit d’être pulvérisée sans plus de délai.

Résistance au colonialisme: Pour l’université de Nouvelle-Galles du Sud, Cook a « envahi et colonisé » l’Australie…

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“Pourquoi ne nous a t’on rien dit ? Pourquoi les mêmes questions refont-elles inlassablement surface comme si beaucoup de gens, en des temps différents, en des endroits différents, lisaient en fait le même script ? Pourquoi tant de gens posent-ils les mêmes questions sur eux-mêmes, sur moi, sur leur éducation, leur héritage, sur la totalité de la société australienne ?”

~ Henry Reynolds, 1999 ~

 

Une université australienne (université de Nouvelle-Galles du Sud) dit que les Anglais ont envahi l’Australie au XVIIIème siècle

Press TV

31 Mars 2016

url de l’article original:

http://www.presstv.ir/Detail/2016/03/31/458399/Australia-university-guidelines-Captain-Cook/

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Une université australienne de renom a défendu sa décision de conseiller à ses étudiants d’utiliser le terme “d’envahi” plutôt que celui “d’établi” pour décrire l’arrivée des Britanniques dans le pays au XVIIIème siècle.

L’Université de Nouvelle-Galles du Sud (UNSW) a maintenu sa décision d’utiliser aussi le mot “d’occupée” et de “colonisée” en ce qui concerne l’appropriation de la terre après avoir été accusée de “réécrire l’histoire”.

Il est fortement conseillé aux étudiants de l’UNSW de ne pas dire que James Cook a “découvert” l’Australie, faisant remarquer que les peuples aborigènes et les insulaires du détroit de Torrès vivaient là bien longtemps avant l’arrivée de Cook.

Décrire l’arrivée des Européens comme un ‘établissement’ est une tentative de voir l’histoire australienne depuis les côtes de l’Angleterre plutôt que depuis les côtes de l‘Australie elle-même.” expliquent les recommandations.

Le capitaine Cook est arrivé: il était donc impossible pour Cook d’être la toute première personne à ‘découvrir’ l’Australie. La plupart des Aborigènes natifs du continent trouvent offensant l’utilisation du mot ‘découverte’ “ est-il dit dans les recommandations.

Les étudiants sont aussi avisés d’utiliser le terme “peuple aborigène” plutôt que le terme “Aborigènes”.

Ces recommandations ont déclenché la colère de plusieurs commentateurs, le quotidien australien du Daily Telegraph menant la meute des critiques imprimant en manchette de sa Une: “L’Université de Nouvelle-Galles du Sud réécrit les livres d’histoire pour dire que Cook a envahi l’Australie”. L’université a balayé les accusations qui disent qu’elle essaie de “dicter” le langage à utiliser par ses étudiants.

Le guide de recommandations n’impose aucunement quel langage doit être utilisé. Il utilise plutôt un format de démonstration de ce qui est approprié ou pas en donnant de multiples exemples,” a dit l’université.

Reconnaître le pouvoir du langage utilisé, le guide de la terminologie est fait pour être une ressource dans l’assistance aux personnels et aux étudiants de décrire correctement les peuples australiens indigènes dans leur histoire et leur culture”, explique la déclaration.

L’université est décidée à donner à tous nos étudiants une expérience d’enseignement inclusive et positive en respectant et en apprenant aux sujets des peuples indigènes, ceci fait partie de cela.

Une politicienne australienne de tout premier rang a pris position pour l’UNSW et ses recommandations, disant qu’elle soutenait toutes les universités à enseigner “la vérité”.

Depuis des années, les écoles et institutions australiennes n’ont pas dit la vérité au sujet de la manière dont fut établie l’Australie”, a dit Mercredi dernier la premier ministre de la province du Queensland Annastacia Palaszczuk.

Beaucoup d’indigènes du continent ont perdu la vie, ils furent massacrés et la vérité doit toujours être dite”, a t’elle dit. Il y avait déjà plus de 250 nations de peuples aborigènes vivant sur la côte Est de ce qui est aujourd’hui l’Australie lorsque Cook a pris possession de la terre pour le compte de la couronne et de l’empire britannique en 1770.

On refusa plus tard à ces peuples leurs droits à la terre, à leur citoyenneté et un statut d’égalité durant le processus de la colonisation et de la confiscation des terres.

Environ 500 000 personnes de la population actuelle de 22 millions de l’Australie, clâment un héritage et des valeurs culturelles aborigènes.

Amnesty International a critiqué le gouvernement australien pour ce qu’il décrit comme étant une politique raciale discriminatoire envers les peuples aborigènes.

Les communautés indigènes sont considérées comme étant les plus désavantagées en Australie, souffrant d’un bien plus haut taux d’incarcération, de chômage, de détresses sanitaires, médicales et de mortalité infantile que le reste de la population.

Colonialisme au XXIème siècle: Le cas « oublié » du grand silence australien… (John Pilger)

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Le pays secret fait une nouvelle fois la guerre à son propre peuple

 

John Pilger

 

22 Avril 2015

 

url de l’article original:

http://johnpilger.com/articles/the-secret-country-again-wages-war-on-its-own-people

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

L’Australie a une nouvelle fois déclaré la guerre à son peuple indigène, ce qui nous rappelle la brutalité qui amena une condamnation universelle de l’apartheid en Afrique du Sud. Les peuples aborigènes doivent être expulsés de leurs terres ancestrales où leurs communautés ont vécu des millénaires. En Australie de l’Ouest, là où les compagnies minières font des milliards de dollars de bénéfices en exploitant la terre aborigène, le gouvernement de cet état dit qu’il ne peut plus “soutenir” plus longtemps les terres ancestrales aborigènes.

Des populations vulnérables, à qui on refuse déjà les services de base que la très vaste majorité des Australiens considèrent comme acquis, ont été mises en demeure et averties qu’elles allaient être dépossédées sans aucune consultation préalable et qu’elles seraient virées de leurs terres à la pointe du fusil. Et une fois de plus, les leaders aborigènes ont averti d’une “nouvelle génération de personnes déplacées” et d’un “génocide culturel” (NdT: appelé ethnocide par l’anthropologue politique français Robert Jaulin).

Le mot génocide est un mpt que les Australiens détestent entendre. Le génocide se passe dans d’autres pays, pas dans ce pays si “chanceux” où la richesse par habitant est la seconde de cette planète. Lorsque l’expression “acte de génocide” fut utilisée en 1997 dans le rapport qui fit date “Bringing Them Home”, rapport qui révéla que des milliers d’enfants aborigènes furent enlevés de leurs communautés par des institutions blanches et furent systématiquement violentés ; une campagne massive de déni fut lancée par une clique de l’extrême droite se regroupant autour du premier ministre d’alors John Howard. Cela incluait ceux qui s’appelaient eux-mêmes le groupe des Galatiens, puis Quadrant, puis la Bennelong Society ; la presse de Rupert Murdoch fut leur porte-voix.

La Génération Volée est quelque chose de bien exagéré, disaient-ils, si tant est que cela se soit même produit. L’Australie coloniale était un endroit bénin, il n’y a pas eu de massacres. Les premiers Australiens soit furent victimes de leur propre infériorité culturelle ou ils étaient les nobles sauvages. Des euphémismes utiles furent utilisés.

Le gouvernement du premier ministre actuel Tony Abbott, un conservateur zélé, a ranimé cet assaut sur un peuple qui représente l’unicité singulière de l’Australie. Peu de temps arès être arrivé en fonction, le gouvernement Abbott a coupé 534 millions de dollars des programmes sociaux indigènes, incluant 160 millions du budget de la santé aborigène et 13,4 millions de l’aide légale indigène.

Dans le rapport publié en 2014 ‘Overcoming Indigenous Disadvantage Key Indicators‘, la dévastation est rendue claire et nette. Le nombre de personnes aborigènes hospitalisées pour tentatives de suicide a grandement augmenté, tout comme le nombre de suicides perpétrés de plus en plus jeune dans cette population, parfois touchant des enfants aussi jeunes que 11 ans. Les indicateurs montrent un peuple considérablement appauvri, traumatisé et abandonné. Lisez l’exposé classique sur l’apartheid sud-africain, “The disgarded People” de Cosmas Desmond, qui m’a dit qu’il pourrait en écrire un semblable sur l’Australie.

Ayant insulté les indigènes australiens en déclarant lors d’un petit-déjeuner au G20 en compagnie du premier britannique David Cameron, qu’il “n’y avait rien sur ce continent si ce n’est des buissons” avant l’arrivée de l’homme blanc, Abbott annonça que son gouvernement n’allait plus honorer l’engagement pris il y a longtemps, au sujet des terres ancestrales aborigènes. Il fit remarquer sarcatisquement que “ce n’est pas le boulot des contribuables que de financer les choix de style de vie.

L’arme utilisée par Abbott et son état raciste ainsi que ses contre-parties territoriales est la dépossession par l’abus de pouvoir et la propagande, la coercition et le chantage, comme leur demande de location pour 99 ans de terres indigènes dans les Territoires du Nord (Darwin) en échange des services de base: un vol de terre qui ne dit pas son nom. Le ministre des affaires indigènes, Nigel Scullion, refute cela en clâmant que “ceci est au sujet de communautés et de ce que les communautés veulent.” En fait, il n’y a eu aucune véritable consultation, seulement la co-option de quelques-unes.

Les gouvernements conservateur et travailliste ont déjà retiré le programme national pour l’emploi, le CDEP, des terres natives, mettant ainsi fin à toute opportunité d’emploi et ils ont fait interdire tout investissement dans l’infrastructure des territoires comme pour le logement, les groupes électrogènes, l’assainissement. Les économies faites sont infimes.

La raison en est une doctrime extrême qui évoque les campagnes punitives du début du XXème siècle, celles de la “protection en chef des Aborigènes”, avec le fanatique A.O. Neville qui décréta que les premiers Australiens “s’assimilent” jusqu’à l’extinction. Influencé par le même mouvement eugéniste qui inspira les nazis, les “lois de protection” de la province du Queensland furent un modèle pour l’apartheid sud-africain. Aujourd’hui, les mêmes dogme et racisme sont tissés dans l’anthropologie, la politique, la bureaucratie et les médias. “Nous sommes civilisés, ils ne le sont pas”, écrivit l’historien australien acclamé de tous Russel Ward, il y a de cela deux générations. L’esprit demeure identique.

J’ai fait des reportages sur les communautés aborigènes depuis les années 1960, j’ai observé une routine saisonnière qui veut que l’élite australienne interrompt ses mauvais traitements et sa négligence “normaux” sur les peuples des nations premières pour les attaquer de manière directe. Ceci se produit généralement à l’approche des élections ou si les sondages d’opinion d’un premier ministre sont bas. Botter le cul des noirs est populaire, bien que saisir des terres riches en minerais ait un objectif plus prosaïque. Engorger les gens dans les bidonvilles des centres économiques de la nation satisfait le besoin d’ingénierie sociale des racistes.

La dernière attaque frontale subie fut en 2007 lorsque le premier ministre Howard envoya l’armée dans des communautés aborigènes des Territoires du Nord pour “sauver des enfants” qui, avait alors dit le ministre des affaires aborigènes, Mal Brough, étaient victimes de gangs pédophiles en “nombre impensable”.

Connue sous le vocable de “L’intervention”, les médias y prirent une part prépondérante. En 2006, le programme des affaires courantes de la TV nationale, l’émission “Lateline” de la chaîne ABC (NdT: Australian Broadcasting Corporation, l’équivalent australienne de la BBC) diffuse un entretien sensationnel avec un homme dont le visage est caché. Décrit comme étant un “jeune travailleur” qui a vécu dans la communauté aborigène de Mutitjulu, il fit une série d’allégations évocatrices. Exposé par la suite comme un officiel expérimenté du gouvernement qui rapportait directement auprès du ministre, ses affirmations furent discréditées par l’Australian Crime Commission, la poiice de l’état des Territoires du Nord et un rapport sans appel de pédiâtres commissionnés. La communauté n’a jamais reçu quelque excuse que ce soit.

L’intervention” de 2007 a permis au gouvernement fédéral de détruire bien des vestiges d’auto-détermination des Territoires du Nord, la seule partie d’Australie où le peuple aborigène a gagné des droits à la terre régis par la loi fédérale. Ici, ils administrèrent leurs terres ancestrales avec la dignité de l’auto-détermination et une connexion avec la terre et la culture menant comme Amnesty le rapporta, à une diminution de 40% du taux de mortalité.

C’est cette “vie traditionnelle” qui est anathème à une industrie parasite de fonctionnaires, de contractants, d’avocats, de consultants qui contrôlent et le plus souvent profitent de l’Australie aborigène, même indirectement au travers les structures corporatrices imposées aux organisations aborigènes (NdT: comme cela l’est également en Amérique du Nord et du Sud). Les terres ancestrales sont vues comme une menace, car elles expriment un communalisme en total porte-à-faux avec le néo-conservatisme qui régit l’Australie. C’est comme si l’existence continue d’un peuple qui a survécu et résisté à plus de deux siècles de colonialisme massacrant et de vol, demeurait un spectre errant sur l’Australie blanche: une réminiscence d’à qui appartient vraiment la terre.

L’attaque politique courante a été lancée par l’état/province le plus riche, l’Australie de l’Ouest. En Octobre dernier, le premier ministre de l’état, Colin Barnett, a annoncé que son gouvernement n’avait plus les moyens du budget de 90 millions de dollars pour assurer les services municipaux de base des 282 territoires aborigènes répertoriés, services incluant la distribution d’eau, d’électricité, l’assainissement, les écoles, l’entretien des routes, la collecte des ordures ménagères. Ceci est l’équivalent d’informer les banlieues blanches de Perth que leurs arroseurs de pelouse et leurs chasses d’eau ne pourraient plus fonctionner et qu’ils devaient déménager et que s’ils refusaient, la police les expulserait manu-militari.

Où devront aller les dépossédés ? Où devront-ils vivre ? En six ans, le gouvernement de Barnett a construit très peu de logement pour les indigènes dans les zones reculées. Dans la région de Kimberley, les SDF aborigènes, mis à part les cas de catastrophes naturelles, sont plus nombreux que partout ailleurs, et ceci dans un état réputé pour sa richesse indécente, ses parcours de golf et ses prisons regorgeant de noirs appauvris. L’Australie de l’Ouest met en prison les Aborigènes en moyenne huit fois plus que ne le faisait l’Afrique du Sud de l’apartheid. Cet état a un des taux d’incarcération juvénile le plus haut au monde, pratiquement tous des indigènes, ceci incluant des enfants maintenus en isolement (QHS) dans des prisons pour adultes, avec leurs mères montant la garde dehors.

En 2013, l’ancien ministre des prisons, Margaret Quirk, m’a dit que l’état “ratissait et entreposait” les prisonniers aborigènes. Lorsque je lui ai demandé ce que cela voulait dire, elle répondit. “On les entrepose”.

En Mars, Barnett a changé de refrain. Il y avait des “preuves émergentes” a t’il dit, “de mauvais traitements aux enfants” dans les territoires. Quelle preuve ? Barnett a dit que des gonorrhées ont été trouvées chez des enfants de moins de 14 ans, puis dit qu’il ne savait pas si cela venait des communautés. Son chef de la police, Karl O’Callaghan y alla aussi de son couplet disant que l’abus sexuel d’enfants était omniprésent. Il cita une étude vieille de 15 ans de l’Australian Institute of Family Studies. Ce qu’il oublia de dire était que ce rapport mettait en évidence la pauvreté comme cause primordiale de la “négligence” et que les cas d’abus sexuels comptaient pour moins de 10% de l’ensemble des cas étudiés.

L’ Australian Institute of Health and Welfare, une agence fédérale, a récemment publié un rapport sur ce qu’il appelle le “Fardeau Fatal” de maladie du tiers monde et de traumatisme, portés par le peuple indigène “résultant de près de 100 000 ans de mortalité dûe à des morts prématurées.” Ce “fardeau fatal” est le produit de la pauvreté extrême imposé par l’Australie de l’Ouest, comme dans le reste de l’Australie et du déni des droits de l’Homme.

Dans la vaste et très riche Australie de l’Ouest de Barnett, une toute petite fraction des revenus générés par l’exploitation minière, du pétrole, du gaz naturel, bénéficie aux communautés aborigènes desquelles le gouvernement a la responsabilité de s’occuper. Dans la ville de Roeburne, au milieu de la région riche en minerais et en plein développement de Pibara, 80% des enfants aborigènes souffrent d’une infection de l’oreille appelée otitis media qui peut causer à terme la surdité.

En 2011, le gouvernement de Barnett a fait preuve de brutalité dans une des communautés d’Oombulgurri ce que les autres communautés peuvent s’attendre a subir. “D’abord le gouvernement a mis un terme aux services”, écrit Tammy Solonec d’Amnesty International, “il ferma les magazins, ainsi les gens ne pouvaient plus acheter de nourriture et de choses essentielles. Il ferma la clinique, pour forcer les malades et les personnes âgées à bouger puis l’école, de façon à ce que les familles avec des enfants soient forcées de partir ou de devoir faire face à ce que leurs enfants leur soient retirés par la force. Le commissariat de police fut le dernier service à être fermé, puis finalement ils coupèrent l’eau et l’éectricité. Finalement les 10 résidents qui restèrent contre vents et marées furent expulsés manu-militari sans pouvoir prendre leurs affaires. Puis les bulldozers sont entrées dans la communauté. Le gouvernement de l’Australie de l’Ouest a littéralement creusé un trou dans le sol et y a enterré les ruines des maisons des gens qui vivaient là ainsi que leurs affaires personnelles.”

En Australie du sud, les gouvernements d’état et fédéral ont lancé une attaque similaire sur 60 communautés indigènes reculées. L’Australie du sud a un Aboriginal Lands Trust établit de longue date, ainsi les gens purent défendre leurs droits, jusqu’à un certain point… Le 12 Avril, le gouvernement fédéral a offert 15 millions de dollars sur 5 ans. Qu’une somme si pathétique soit considérée comme suffisante pour financer de bons services aux dépends des territoires aborigènes de l’état est une indication de la valeur placée sur les vies aborigènes par les politiciens blancs qui dépensent annuellement et sans sourciller quelques 28 milliards de dollars en armement et en budget militaire. Haydn Bromley, directeur de l’ Aboriginal Lands Trust m’a dit: “les 15 millions n’incluent pas la majorité des territoires et cela ne couvrira que le strict minimum, électricité, eau, développement des collectivités, infrastructure ? Oubliez !”

La distraction actuelle de ces sales secrets nationaux est l’approche de la “célébration” du centenaire de ce désastre militaire edwardien à Gallipoli en 1915 lorsque 8 709 Australiens et 2 779 Néo-Zélandais, les ANZAC, furent envoyées à une mort certaine dans un assaut futile sur une plage de Turquie. Ces dernières années, les gouvernements de Canberra ont promu ce gâchis impérialiste en vies humaines comme une déité historique afin de masquer le militarisme sous-jacent au rôle de l’Australie en tant qu’assistant du shériff américain dans le Pacifique.

Dans les librairies, les rayons “histoire australienne” foisonnent de bouquins opportunistes sur les faits d’arme, les héros et le patriotisme va t’en guerre. D’un seul coup d’un seul, les Aborigènes qui se sont battus pour les hommes blancs sont à la mode, tandis que ceux qui se sont battus contre l’homme blanc en défense de leur terre et nation, l’Australie, tombent en disgrâce. De fait, ils sont officiellement non-humains. Le monument aux morts national, l’Australian War Memorial, refuse de reconnaître leur remarquable résistance à l’invasion britannique. Dans un pays submergé de monuments à la gloire des ANZAC, il n’y a pas un seul monument érigé pour les milliers d’Australiens natifs originels qui se sont battus et sont tombés pour défendre leur terre ancestrale.

Ceci fait partie de ce “grand silence australien”, comme W.E.H Stanner intitula son discours de 1968 dans lequel il décrivait “un culte de l’oubli à l’échelle nationale”. Il y faisait référence au peuple aborigène. Aujourd’hui le silence est omniprésent. A Sydney en ce moment, il y a une exposition à l’Art Gallery of New South Wales: “Le photographe et l’Australie”, dans laquelle le début de l’histoire de ce très ancient continent démarre incroyablement avec le capitaine Cook.

Le même silence couvre une autre résistence de longue haleine et toute aussi épique. Les extraordinaires manifestations des femmes indigènes protestant contre l’enlèvement de leurs enfants et petits-enfants par l’État, pour certains d’entre eux à la pointe du fusil ; ignorées des journalistes et traitées avec condescendance par les politiciens. Toujours plus d’enfants indigènes sont arrachés de leurs communautés et foyers aujourd’hui que durant les pires années de l’époque de la Génération Volée. Un record établi présente 15 000 enfants maintenant détenus et “pris en charge” ; beaucoup sont donnés à des familles blanches et ne retourneront jamais dans leurs communautés.

L’an dernier, le ministre de l’intérieur de l’état de l’Australie de l’Ouest, Liza Harvey, a participé à la représentation de mon film documentaire “Utopia” à Perth, film qui documentait le racisme et la voyouterie de la police à l’encontre des Australiens noirs ainsi que les nombreuses morts de jeunes Aborigènes en détention dans les locaux de police. La ministre a pleuré durant la projection.

Durant ses fonctions au ministère, 50 policiers armés de la ville de Perth ont attaqué un camp de sans abris à Matagarup et en ont expulsé essentiellement de jeunes mère et des grand-mères avec leurs enfants. Les gens de ce camp se décrivant eux-mêmes comme des “réfugiés… cherchant la sécurité dans leur propre pays.” Ils ont demandé l’aide du Haut Commissaire de l’ONU pour les réfugiés.

Les politiciens australiens sont très nerveux avec les Nations-Unies. La réponse d’Abbott a été l’abus verbal. Lorsque le professeur James Anaya, le rapporteur spécial de l’ONU sur les peuples indigènes, a décrit le racisme de “l’Intervention”, Abbott lui a dit “d’aller se faire voir” et “de ne pas écouter la brigade des vieilles victimes”.

La planification de la fermeture des territoires indigènes enfreint l’article 5 de la Convention Internationale pour l’Élimination de la Discrimination Raciale (CIEDR) et la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes (DDPI) de l’ONU. L’Australie s’est engagée à “fournir des mécanismes efficaces pour la prévention de ou la remédiation… pour toute action qui a ou aurait pour but de déposséder les peuples indigènes de leurs terres, de leurs territoires ou de leurs ressources.” Les accords sur les droits économiques, sociaux et culturels sont sans appel. “L’éviction forcée” est contre la loi.

Un mouvement international est en cours. En 2013, la pape François 1er a demandé au monde d’agir contre le racisme et pour “les peuples indigènes qui sont de plus en plus isolés et abandonnés.” (NdT: Comme si le Vatican avait quelque leçon d’anti-racisme à donner alors même que les bulles papales Romanus Pontifex et Inter Caetera de 1455 et 1493, continuent d’être le fondement légal de la loi coloniale sur le sous-continent nord-américain, bulles papales qui instaurèrent la doctrine chrétienne de la “découverte”, l’extermination, la mise en esclavage des “païens et infidèles” et la saisie de leurs terres et biens au nom du pape, vicaire du christ et dictateur en chef… Quelle hypocrisie sans nom, abusant de l’ignorance des gens à ce sujet…)

Ce fut la défiance de l’Afrique du Sud d’un tel principe de base des droits de l’Homme qui déclancha une opprobe internationale et une campagne qui mit alors un terme à l’apartheid.

Prend garde Australie !

Prise d’otages de Sydney: La saine réaction des Australiens…

Posted in actualité, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , on 18 décembre 2014 by Résistance 71

C’est bien de refuser de se laisser diviser plus avant devant une provocation supplémentaire de l’oligarchie pour façonner toujours plus son « clash des civilisations »…

Mais quid des premières nations australiennes ? Allez encore un effort, on va y arriver…

— Résistance 71 —

 

Face à la tragédie de la prise d’otage, les Australiens choisissent la fraternité et la compassion à la méfiance et la haine

 

John Vibes

 

17 décembre 2014

 

url de l’article en français:

http://www.alterinfo.net/Face-a-la-tragedie-de-la-prise-d-otage-les-Australiens-choisissent-la-fraternite-et-la-compassion-a-la-mefiance-et-la_a108838.html

 

Suite à la récente prise d’otage à Sydney en Australie, les médias de masse ne relayaient que les témoignages engendrant la division raciale et ethnique, en s’imaginant qu’il y aurait des affrontements entre musulmans et non-musulmans résultant de cet événement isolé. Cependant, de nombreuses personnes ont réagi intelligemment à cette tragédie en faisant preuve de compassion.

 

Le lendemain de la prise d’otage, nombreux étaient les musulmans qui craignaient de prendre les transports, certains ayant même choisi de se déplacer sans leur tenue religieuse. Fort heureusement, une initiative bienveillante a spontanément vu le jour à travers un hashtag viral visant à rassurer les usagers de transports musulmans. Le phénomène a été déclenché par une certaine Rachael Jacobs, qui se trouvait à bord d’un train lorsqu’elle aperçut une autre femme retirer son hijab, sans doute par crainte d’être agressée.

 

Elle témoigna : « J’ai couru pour la rattraper à la gare. Je lui ai dit : « Remets-le. Je t’accompagne. » C’est alors qu’elle s’est mise à pleurer et à me serrer dans ses bras pendant une minute avant de repartir, seule. »

 

Cet action bienveillante inspira d’autres utilisateurs de Twitter d’en faire de même, et voilà, le hashtag « #illridewithyou » (#jetaccompagne) était né.

 

À travers toute l’Australie, les gens ont posté ce hashtag sur Twitter avec leurs itinéraires et leurs étapes au cours de leurs déplacements, permettant ainsi aux musulmans de trouver en chemin un compagnon de route bienveillant à leur égard.

 

« J’ai vu un tweet qui n’était rien de plus qu’une toute petite bonne action envers une musulmane apeurée dans les transports publics. Cela m’a brisé le cœur, et je trouve que nous en avons besoin davantage dans ce monde. Je ne peux pas affirmer que j’ai planifié tout cela. C’était merveilleux de voir cette action se répandre ! » déclara la twitteuse Tessa Kum à la BBC.

 

Traduction de l’article publié le 16.12.2014 par John Vibes sur :

 

http://www.trueactivist.com/australians-choose-love-and-compassion-instead-of-hate-mistrust-after-hostage-traged/