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Résistance au colonialisme: Manifestations avant et pendant Australia Day du 26 janvier… Appel des Guerriers de la Résistance Aborigène

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 3 janvier 2018 by Résistance 71

“Jusque dans les années 1830, les officiels britanniques à la fois en Angleterre et sur place dans les colonies [australiennes] écrivaient au sujet des Aborigènes comme étant des ennemis étrangers… Un colon de Tasmanie plus tard écrivit que ‘les Aborigènes sont les propriétaires originels de la terre et les vrais possesseurs de l’île. Les colons britanniques leur ont pris leurs terres par la force, les ont persécutés, et sacrifiés. Nous sommes en guerre contre eux: ils nous regardent comme des ennemis, des envahisseurs et des oppresseurs, des persécuteurs ; ils résistent à notre invasion…”
~ Henry Reynolds, professeur d’histoire université de Tasmanie ~

 

 

Australie: Les Guerriers de la Résistance Aborigène appellent à un mouvement de résistance de 7 jours menant au jour de l’invasion

Date: du 20 au 26 janvier 2018

 

Warriors for Aboriginal Resistance (WAR), Australie

 

30 décembre 2017

 

Source: 

https://warriorpublications.wordpress.com/2017/12/30/australia-warriors-of-the-aboriginal-resistance-war-call-for-7-days-of-resistance-in-the-lead-up-to-invasion-day-jan-20th-26th/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les Warriors of the Aboriginal Resistance (WAR) invitent tout le monde à participer à un mouvement de 7 jours de résistance qui commencera le 20 janvier pour se terminer le 26 janvier 2018. Les Warriors of the Aboriginal Resistance seront les hôtes d’une série d’évènements dans la semaine qui précèdera les manifestions du “Jour de l’Invasion” dans un bon nombre de villes, de régions et d’endroits plus isolés à travers le pays (Australie).

WAR encourage les foules participantes à créer des activités locales pour maximiser la participation de la communauté et du partage de l’information en fabriquant des banderoles, des pancartes, des T-shirts, des autocollants, des instruments de percussion, des boomerangs et des lances pour les danses traditionnelles, la cuisine de nourriture traditionnelle, des activités de tissage, de chants en langue aborigène, organisation de repas avec les anciens et des temps pour raconter les histoires ancestrales, la peinture du drapeau dans les espaces publics, des drapeaux, cérémonies avec les familles et la communauté. WAR demande à tous et toutes de participer aux Stolenwealth Games (NdT: jeu de mot en contraste avec les Commonwealth Games entre nations de l’ex-empire britannique mais toujours sous contrôle de la City de Londres…) de mars 2018. Nous sommes en train de lever des fonds pour l’organisation des transports par bus et pour payer les dépenses de voyage pour les membres de la communauté qui veulent se rendre aux manifestations. WAR ne soutient aucune activité dont le résultat serait l’emprisonnement.

#7daysofresistance #stolenwealth #invasionday

7 jours de résistance fut une initiative proposée par les Warriors of the Aboriginal Resistance en 2016 pour encourager le public à être pro-actif dans le temps menant au jour de l’invasion chaque année (NdT: qui est pour les colons bien entendu “Australia Day”…) Ces 7 jours de résistance ont reçu un succès quant à l’activation de la communauté pour prendre part à des activités créatrices afin de protester contre les célébrations coloniales du 26 janvier. La ville de Melbourne a vu trois conseils locaux voter en faveur de rendre honneur aux peuples aborigènes en ne célébrant pas ce jour et de plus à recevoir le conseil des propriétaires traditionnels de la terre et de la communauté indigène au sens plus large afin de trouver des façons plus appropriées de se souvenir de ceux qui ont combattu dans les guerres pionnières (NdT: frontier wars en anglais)

Le jour national de deuil a été un moment national d’inspiration pour les actions de la communauté emmenée par des activistes aborigènes importants le 26 janvier 1938 sur Elizabeth Street à Sydney, NSW. La résistance aborigène a été la fondation de l’existence aborigène, car nous n’aurions pas pu survivre si nous n’avions pas honoré les guerres pionnières et tous ceux des nôtres qui y trouvèrent la mort. Les Stolenwealth Games seront le thème principal pour la manifestation du 26 janvier 2018 afin de contester les célébrations dans le monde de ce que la “couronne” appelle le “Commonwealth”.

http://koorihistory.com/1938-day-of-mourning/

http://treatyrepublic.net/content/australias-dirty-little-colonial-wars

– Pour se débarrasser de plus de célébrations du 26 janvier

– Pour changer créativement l’environnement pour résister au 26 janvier

– Pour éveiller sur l’histoire du génocide en Australie

– Pour promouvoir la manifestation des Stolenwealth Games de mars 2018

 

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Résistance au colonialisme: Fête nationale australienne… La conscience politique anti-coloniale est en marche !…

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L’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie et de l’action coloniales, se tenant debouts, main dans la main avec les peuples autochtones de tous les continents pour instaurer l’harmonie de la société des sociétés sur terre. Il n’y a pas de solutions au sein du système, n’y en a jamais eu et n’y en aura jamais !

~ Résistance 71 ~

« Pourquoi ne nous a t’on rien dit ? Pourquoi tant de personnes posent-elles toujours cette même question, sur eux-mêmes, sur moi, sur leur éducation, leur héritage, sur la totalité de la société australienne ? »
~ Henry Reynolds, professeur d’histoire et maître de recherche à l’université de Tasmanie ~

 

Des milliers de manifestants en Australie contre les célébrations d’Australia Day

 

Lucy Mae Beers, Ollie Gillman et Max Margan,

 

26 janvier 2017

 

url de l’article:

https://warriorpublications.wordpress.com/2017/01/26/australia-thousands-march-against-invasion-day-celebrations/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Une bagarre s’est déclanchée entre la police et des milliers de manifestants contre le “jour de l’invasion” de l’Australie, après qu’un homme ait voulu mettre le feu à un drapeau.

Les manifestants, enroulés dans des drapeaux aborigènes, ont marché dans Ultimo à Sydney le jour de la fête nationale australienne, étiquetant l’arrivée de la première flotte (anglaise) en 1788 un “jour de meurtre”.

Des vidéos choquantes montrent un policier attrapant un manifesrant autour de la taille en le poussant ensuite au sol alors qu’un autre policier lui saute sur le visage tandis que de la fumée les entoure.

D’autres manifestants brandissaient de longs bâtons et certains furent vus essayant de disperser la fumée avec des vêtements.

Un manifestant fut arrêté après avoir soi-disant voulu mettre le feu à un drapeau (australien), la police utilisant un petit extincteur pour éteindre un petit feu.

La police a dit qu’elle interrogeait un jeune de 20 ans en relation avec un “incident isolé dans ce qui fut autrement une manifestation très pacifique”. Un policier a été blessé dans une échauffourée et a été conduit à l’hôpital d’après la chaîne ABC News.

La première ministre de la province de Nouvelle-Galles du Sud (NSW), Gladys Berejiklian a dénoncé la violence en disant qu’elle était “déçue” du déroulement de la journée.

“Nous sommes en démocratie et tout le monde a le droit de manifester, mais aujourd’hui est au sujet de célébrer ce qui nous rassemble et je pense que la plupart des gens sont très déçus de ce qu’ils ont vu aujourd’hui.” A t’elle dit. “Ce n’est pas acceptable de faire cela en un jour comme aujourd’hui, mais quoi qu’il en soit, vous êtes libres d’exprimer vos points de vue.”

Avant que la manifestation ne tourne à la violence, la foule, avec beaucoup de personnes arborant le drapeau aborigène, se rassemblèrent à Redfern où ils écoutèrent des discours dénonçant la célébration de la fête national australienne que beaucoup d’indigènes voient comme “le jour de l’invasion”.
Quelques milliers de personnes, criant des solgans tels que: “Toujours été et sera toujours une terre aborigène”, ont défilé dans le centre ville de Sydney.

“C’est une disgrâce nationale que d’avoir un jour de congé le jour de cette fête nationale, un jour qui a marqué le début du génocide”, a dit l’organisateur Dave Bell à la foule présente.

“Il y a énormément de tristesse attachée à ce jour néfaste. Asseyons-nous ensemble et trouvons une journée qui nous aidera à aller de l’avant dans la célébration.”
Le sénateur écologiste lee Rhiannon a twitté que 10 000 personnes prirent part à la manifestation, mais la police n’a reconnu que “quelques milliers”.

Un homme torse nu a rejoint les manifestant avec l’inscription “Rien à foutre de la fierté australienne” (“Fuck Aussie Pride”) en travers de son dos.

Tout comme les manifestants à Sydney, environ 3000 manifestants se sont rassemblés devant le parlement de Melbourne avant que la foule ne grossisse, rassemblant toujours plus de gens alors que la manifestation se déplaçait sur le même parcours que la parade de la fête nationale avait emprunté une demie-heure plus tôt.

“On ne célèbre pas le 11 septembre, on ne célèbre pas Hiroshima, c’est vraiment stupide de célébrer ce jour”, a dit Michael Planske durant la manifestation.

Les gens ont aussi marché pour protester contre la fête nationale australienne dans les villes de Hobart, Brisbane, attirant d’énormes foules.

A Canberra, quelques centaines de manifestants ont marché de la tente de l’ambassade aborigène aux portes du parlement en criant: “Toujours été, sera toujours terre aborigène”.

Puis ils ont fait in sit-in d’une heure devant les portes du bâtiment, demandant qu’un traité soit établi aors qu’une ligne de défense policière s’était formée pour interdire l’accès au bâtiment.

“Que voulons-nous ? Un traité. Qu’avons-nous eu ? Que dalle”, entonnèrent-ils.

Résistance au colonialisme: Pour l’université de Nouvelle-Galles du Sud, Cook a « envahi et colonisé » l’Australie…

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“Pourquoi ne nous a t’on rien dit ? Pourquoi les mêmes questions refont-elles inlassablement surface comme si beaucoup de gens, en des temps différents, en des endroits différents, lisaient en fait le même script ? Pourquoi tant de gens posent-ils les mêmes questions sur eux-mêmes, sur moi, sur leur éducation, leur héritage, sur la totalité de la société australienne ?”

~ Henry Reynolds, 1999 ~

 

Une université australienne (université de Nouvelle-Galles du Sud) dit que les Anglais ont envahi l’Australie au XVIIIème siècle

Press TV

31 Mars 2016

url de l’article original:

http://www.presstv.ir/Detail/2016/03/31/458399/Australia-university-guidelines-Captain-Cook/

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Une université australienne de renom a défendu sa décision de conseiller à ses étudiants d’utiliser le terme “d’envahi” plutôt que celui “d’établi” pour décrire l’arrivée des Britanniques dans le pays au XVIIIème siècle.

L’Université de Nouvelle-Galles du Sud (UNSW) a maintenu sa décision d’utiliser aussi le mot “d’occupée” et de “colonisée” en ce qui concerne l’appropriation de la terre après avoir été accusée de “réécrire l’histoire”.

Il est fortement conseillé aux étudiants de l’UNSW de ne pas dire que James Cook a “découvert” l’Australie, faisant remarquer que les peuples aborigènes et les insulaires du détroit de Torrès vivaient là bien longtemps avant l’arrivée de Cook.

Décrire l’arrivée des Européens comme un ‘établissement’ est une tentative de voir l’histoire australienne depuis les côtes de l’Angleterre plutôt que depuis les côtes de l‘Australie elle-même.” expliquent les recommandations.

Le capitaine Cook est arrivé: il était donc impossible pour Cook d’être la toute première personne à ‘découvrir’ l’Australie. La plupart des Aborigènes natifs du continent trouvent offensant l’utilisation du mot ‘découverte’ “ est-il dit dans les recommandations.

Les étudiants sont aussi avisés d’utiliser le terme “peuple aborigène” plutôt que le terme “Aborigènes”.

Ces recommandations ont déclenché la colère de plusieurs commentateurs, le quotidien australien du Daily Telegraph menant la meute des critiques imprimant en manchette de sa Une: “L’Université de Nouvelle-Galles du Sud réécrit les livres d’histoire pour dire que Cook a envahi l’Australie”. L’université a balayé les accusations qui disent qu’elle essaie de “dicter” le langage à utiliser par ses étudiants.

Le guide de recommandations n’impose aucunement quel langage doit être utilisé. Il utilise plutôt un format de démonstration de ce qui est approprié ou pas en donnant de multiples exemples,” a dit l’université.

Reconnaître le pouvoir du langage utilisé, le guide de la terminologie est fait pour être une ressource dans l’assistance aux personnels et aux étudiants de décrire correctement les peuples australiens indigènes dans leur histoire et leur culture”, explique la déclaration.

L’université est décidée à donner à tous nos étudiants une expérience d’enseignement inclusive et positive en respectant et en apprenant aux sujets des peuples indigènes, ceci fait partie de cela.

Une politicienne australienne de tout premier rang a pris position pour l’UNSW et ses recommandations, disant qu’elle soutenait toutes les universités à enseigner “la vérité”.

Depuis des années, les écoles et institutions australiennes n’ont pas dit la vérité au sujet de la manière dont fut établie l’Australie”, a dit Mercredi dernier la premier ministre de la province du Queensland Annastacia Palaszczuk.

Beaucoup d’indigènes du continent ont perdu la vie, ils furent massacrés et la vérité doit toujours être dite”, a t’elle dit. Il y avait déjà plus de 250 nations de peuples aborigènes vivant sur la côte Est de ce qui est aujourd’hui l’Australie lorsque Cook a pris possession de la terre pour le compte de la couronne et de l’empire britannique en 1770.

On refusa plus tard à ces peuples leurs droits à la terre, à leur citoyenneté et un statut d’égalité durant le processus de la colonisation et de la confiscation des terres.

Environ 500 000 personnes de la population actuelle de 22 millions de l’Australie, clâment un héritage et des valeurs culturelles aborigènes.

Amnesty International a critiqué le gouvernement australien pour ce qu’il décrit comme étant une politique raciale discriminatoire envers les peuples aborigènes.

Les communautés indigènes sont considérées comme étant les plus désavantagées en Australie, souffrant d’un bien plus haut taux d’incarcération, de chômage, de détresses sanitaires, médicales et de mortalité infantile que le reste de la population.

Résistance au colonialisme: La complicité de l’Australie, satellite de l’empire yankee dans le génocide indonésien au Timor Oriental (John Pilger)

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Le viol du Timor Oriental: “çà a l’air marrant !”

 

John Pilger

 

25 Février 2016

 

url de l’article original:

http://johnpilger.com/articles/the-rape-of-east-timor-sounds-like-fun-

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Des documents secrets trouvés aux archives nationales australiennes donnent un aperçu sur le comment un des plus grands crimes du XXème siècle fut accompli et comment il fut maquillé, escamoté. Ils aident aussi à mieux comprendre comment et par qui le monde est dirigé.

Les documents se réfèrent au Timor Oriental, connu maintenant sous le nom de Timor Leste, et furent écrits par des diplomates australiens en fonction à l’ambassade australienne de Jakarta. La date était de Novembre 1976, moins d’un an après que le général dictateur indonésien Suharto ait saisi la colonie portugaise d’alors qu’était l’île de Timor.

La terreur qui s’en suivit n’a que très peu de parallèles, pas même Pol Pot au Cambodge n’a réussi à tuer proportionnellement, autant de Cambodgiens que Suharto et ses potes généraux ne l’ont fait au Timor oriental. Sur une population d’un million de personnes, un tiers furent exterminées.

Ceci représente le second holocauste dont Suharto est responsable. Une décennie plus tôt, en 1965, Suharto arracha le pouvoir en Indonésie (NdT: en renversant le pouvoir de gauche de Sukarno, (cf le film de l’Australien Peter Weir “L’année de tous les dangers”, 1982, Mel Gibson et la remarquable Linda Hunt) dans un bain de sang qui coûta la vie à plus d’un million de personnes. La CIA rapporta: “En termes de personnes tuées, les massacres font partie des pires massacres de masse du XXème siècle.

Ceci fut accueilli dans la presse occidentale comme “un rayon de lumière en Asie” (Time). Le correspondant de la BBC en Asie du Sud-Est, Roland Challis, décrivit plus tard comment les massacres furent escamotés pour devenir un triomphe de la complicité et du silence des médias. La ligne éditoriale officielle était que “Suharto avait sauvé l’Indonésie d’une prise en main communiste.”.

“Bien sûr mes sources britanniques savaient ce qu’était le plan des Américains”, me dit-il. “Il y avait des cadavres qui se retrouvaient sur les pelouses du consulat britannique à Surabaya et des navires de guerre britanniques escortaient un navire plein de troupes indonésiennes pour qu’elles puissent prendre part à cet holocauste. Ce n’est que bien plus tard que nous avons appris que l’ambassade américaine fournissait Suharto avec les noms des gens et rayaient les noms des listes une fois qu’ils avaient été éliminés. Il y avait un accord vois-tu. En établissant le régime Suharto, l’implication du FMI, dominé par les Etats-Unis et la Banque Mondiale en faisait partie. C’était çà la donne de l’affaire.”

J’ai interviewé plusieurs survivants des massacres de 1965, incluant le romancier indonésien adulé Pramoedya Ananta Toer, qui fut le témoin d’une épique souffrance “oubliée” en occident parce que Suharto était “notre homme” Alors un second holocauste au Timor Oriental si riche en ressources naturelles et colonie sans défense, était pratiquement inévitable.

En 1994, j’ai filmé clandestinement au Timor Oriental occupé. J’y ai trouvé une terre jonchées de croix et d’une peine et d’un deuil inoubliables. Dans mon film reportage “Mort d’une nation”, il y a une séquence tournée a bord d’un avion australien volant au dessus de la mer de Timor. Deux hommes en costards cravate trinquent au champagne. “Ceci est un moment historique unique, c’est vraiment historique”, balbutie l’un d’eux.

Il s’agit du premier ministre australien d’alors Gareth Evans. L’autre est Ali Alatas, le porte-parole principal de Suharto. Nous sommes en 1989 et ils sont dans un vol symbolique pour célébrer cette donne de piratage appelée un “traité”. Celui-ci permet à l’Australie, à la dictature de Suharto et aux compagnies internationales de pétrole de se partager le butin des ressources en gaz et en pétrole du Timor Oriental.

Grâce à Evans, le premier ministre australien d’alors, Paul Keating, qui voyait Suharto comme un patriarche et un gang qui gérait alors la politique étrangère australienne, l’Australie se distingua grandement comme le seul pays occidental à reconnaître officiellement la conquête génocidaire de Suharto. La récompense dit alors Evans était de “zillions de dollars”.

Des membres de ce gang sont réapparus l’autre jour dans des documents trouvés aux archives natonales par deux chercheurs de l’université Monash de Melbourne, Sarah Niner et Kim McGrath. De leur propre main, les hauts fonctionnaires du ministère des affaires étrangères australien plaisantent sur les rapports de viols, de tortures et d’assassinats des Tomoriens orientaux par les troupes indonésiennes. Dans des anotations manuscrites sur un memorandum décrivant les atrocités commises dans des camps de concentration, un diplomate écrivit: “çà à l’air marrant”. Un autre écrivit: “on dirait que la population s’éclate bien”.

Se référant à un rapport de la résistance indonésienne, Fretilin, qui décrit l’Indonésie comme un envahisseur impuissant, un autre diplomate railla: “Si ‘l’ennemi’ était impuissant comme stipulé, alors comment se fait-il qu’il y ait tant de viols quotidiens dans la population ? Ou est-ce que c’est a cause de çà ?”

Les documents sont une “preuve vivide du manque total d’empathie et de préoccupation pour la violation des droits de l’Homme au Timor Oriental”, dit Sarah Niner. “Les archives révèlent que cette culture de couverture est étroitement liée au besoin du ministère des AE de reconnaître la souveraieneté indonésienne sur le Timor Oriental afin de commencer des négociations au sujet du pétrole de la Mer du Timor.”

Ceci fut une conspiration afin de voler le pétrole et le gaz naturel du Timor Oriental (NdT: comme toute entreprise coloniale qui se respecte, celle-ci se faisant par procuration, temps “modernes” obligent…). Dans des cables diplomatiques fuités en Août 1975, l’ambassadeur australien à Jakarta, Richard Woolcott, écrivit à Canberra: “Il me semble que le ministère/département à l’énergie et aux affaires minières aurait tout à fait intérêt à combler le fossé actuel avec la frontière maritime acceptée et ceci pourrait bien être plus négociable avec l’Indonésie… qu’avec le Portugal ou un Timor indépendant des Portugais.” Woolcott révéla qu’il avait été mis au courant des plans secrets d’invasion indonésiens. Il câbla Canberra pour dire que le gouvernement “devrait assister à une compréhension publique en Australie” et pour contrer une “critique de l’Indonésie”.

En 1993, j’ai inrterviewé C. Philip Liechty, un ancien officier de terrain de la CIA à l’ambassade de Jakarta durant l’invasion du Timor Oriental. Il me dit alors: “Suharto a reçu le feu vert des Etats-Unis pour faire ce qu’il a fait. Nous leur avons fourni tout ce dont ils avaient besoin, des fusils d’assaut M16 et de la logistique militaire américaine… Plus de 200 000 personnes pour la plupart non-combattantes ont été tuées. Quand les atrocités ont commencé à transparaître dans les rapporrts de la CIA, ils ont maquillé l’affaire le plus longtemps possible et lorsqu’ils ne purent plus cacher plus longtemps, elles furent rapportés dans un style complètement asceptisé, très généralisé, ainsi même nos propres sources furent sabotées.

J’ai demandé à Liechty ce qu’il se serait passé si quelqu’un avait parlé. “C’aurait été la fin de votre carrière.” A t’il dit. Il me confia que l’entretien qu’il m’accordait était une façon pour lui de faire amende honorable des “remords qu’il avait.”

Le gang de l’ambassade d’Australie à Jakarta n’apparaît pas avoir souffert de tels états d’âme. Un des gribouilleurs de documents, Cavan Hogue, a dit au Sydney Morning Herald: “Ce n’est pas mon écriture du tout. Si j’ai fait un commentaire de la sorte, étant la tête de lard cynique que je suis, çà aurait sûrement été dans un esprit d’ironie et de sarcasme. C’est au sujet du communiqué de presse [de Fretilin], pas des Timoriens.” Hogue a dit qu’il y a eu des “atrocités des deux côtés”.

Étant un de ceux qui ont rapporté et filmé les preuves matérielles du génocide, je trouve cette dernière remarque spécifiquement profane. La “propagande” de Fretilin dont il se gausse était très juste. Le rapport subséquent de l’ONU au Timor Oriental décrit des milliers de cas d’exécutions sommaires et de violences contre les femmes par les forces spéciales commandos de Suharto, Kopassus, dont un grand nombre fut entraîné en Australie. “Viol, esclavage sexuel et violence sexuelle furent des outils utilisés dans cette campagne créée pour infliger une terreur sans nom, un sentiment d’impuissance et de désespoir chez les supporteurs pro-indépendance.”, dit l’ONU.

Cavan Hogue, le rigolo et “tête de lard cynique”, fut promu ambassadeur et prit sa retraite avec une pension très très généreuse. Richard Wollcott fut nommé patron du département des AE de Canbarra et, depuis sa retraite, a fait bon nombre de conférences en tant qu’ “intellectuel diplomate respecté.”

Les journalistes venaient s’abreuver à l’ambassade australienne de Jakarta, notamment ceux employés par Ruppert Murdoch, qui contrôle près de 70% de la presse de la capitale de l’Australie. Le correspondant de Murdoch en Indonésie était Patrick Walters, qui rapporta que “les résultats économiques de Jakarta au Timor Oriental étaient impressionnants”, tout comme l’était le “généreux développement” de Jakarta dans ce territoire baignant toujours dans le sang. Quant à la résistance timorienne orientale, elle était “sans leaders” et battue. Et de toute façon “ maintenant plus personne n’est arrêté sans des procédures légales adéquates.” (NdT: ce qui veut dire qu’avant elles ne l’étaient pas ?…)

En décembre 1993, un des vétérans de Murdoch, Paul Kelly, alors rédacteur en chef du quotidien “The Australian”, fut nommé par le ministre Evans à l’ Australia-Indonesia Institute, une entité fondée par le gouvernement australien pour prompuvoir les “intérêts communs” de Canbarra et de la dictature de Suharto. Kelly mena un groupe d’éditeurs de presse australiens à Jakarta pour une audience spéciale avec le massacreur en chef. Il y a même une photo de l’un d’entre eux s’inclinant devant lui.

Le Timor Oriental a gagné son indépendance en 1999 par le courage et le sang de ses gens du commun. La petite et fragile démocratie fut de suite sujette à des campagnes d’agression constantes de la part du gouvernement australien qui chercha à le manœuvrer hors de sa propriété légale de son gaz et son pétrole du fond de la mer. Pour y parvenir, l’Australie refusa de reconnaître la jurisdiction de la Cour Pénale Internationale et la loi de la mer (loi de l’amirauté) et changea de manière unilatérale la frontière maritime en sa propre faveur.

En 2006, un contrat fut finalement signé, de style mafieux, largement sur les termes de l’Australie. Peu de temps après, le premier ministre Mari Alkitiri, un nationaliste qui s’était rebellé contre Canberra, fut déposé dans ce qui fut appelé une “tentative de coup d’état” faite par des “gens de l’extérieur”. L’armée australienne, qui a des troupes de “maintenance de la paix” au Timor Oriental, avait entraîné ses opposants.

Depuis ces 17 ans d’indépendance du Timor Oriental, le gouvernement australien a pris 5 milliards de dollars de gaz et de pétrole, un argent qui appartient à son pauvre voisin.

L’Australie a été appelée “l’adjoint du shériff” des Etats-Unis dans le Pacifique Sud. Un des hommes portant l’insigne est Gareth Evans, le premier ministre filmé trinquant au champagne pour fêter le vol des ressources naturelles du Timor Oriental. Aujourd’hui, Evans est un zélé qui fait des conférences faisant la promotion d’une variété de va t’en guerre placés sous la bannière de la “Responsabilité de Protéger” ou R2P. En tant que co-chairman de “Global Center” basé à New york, il dirige un groupe de lobbying soutenu par les US qui pousse la “communauté internationale” à attaquer des pays quand “le conseil de sécurité de l’ONU rejette une proposition ou échoue de s’en occuper dans un laps de temps raisonnable.” Le type parfait pour faire le boulot comme disent les Timoriens Orientaux.

Résistance politique: « Jour de Survie » aborigène en Australie, appel à l’action directe de John Pilger contre l’apartheid australien…

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En vieillisant John Pilger prend de plus en plus les allures militantes d’un Howard Zinn.
Pilger boucle la boucle, Australien exilé en GB pour une carrière journalistique d’enquête d’exception, il a réalisé trois documentaires sur l’ignominie coloniale de son pays, l’Australie, le dernier en date “Utopia” fut projeté sur les écrans en 2014. Sa carrière l’a amené à réaliser des documentaires exceptionnels (que l’on peut voir sur son site internet gratuitement http://johnpilger.com ) sur la guerre du Vietnam, le Cambodge post Khmer Rouge (Pilger fut le premier journaliste à entrer au Cambodge après sa libération par les troupes vietnamiennes et à rapporter de l’horreur intra muros, cf son remarquable documentaire: “Cambodia Year Zero” et deux autres qui s’ensuivirent), la guerre génocidaire au Timor Oriental et bien d’autres.
Au crépuscule de sa carrière et de sa vie, il revient aux origines, son Australie natale et le toujours vivace problème de son idéologie raciste et colonialiste. Pilger sera t’il un fédérateur du mouvement aborigène ? Fera t’il le lien entre le colonialisme australien et ceux des Etats-Unis, du Canada et de la plus proche Nouvelle-Zélande ? Le monde a besoin maintenant d’un mouvement fédérateur de résistance native et non-native, active, au colonialisme incessant de l’occident et de sa société anglo-saxonne aujourd’hui toujours plus dominante et oppressive que jamais. Souhaitons-le, espérons-le. Il aura toujours plus de notre soutien, parce que l’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie colonialiste qui les oppriment à un degré moindre et qui se tiendront côte à côte, main dans la main, avec leurs frères autochtones de tous les continents pour mettre en place, enfin, une “société des sociétés » égalitaire, non-coercitive, anti-autoritaire et autogérée. Cet appel au véritable socialisme anti-capitaliste et anti-étatique, en retour à l’esprit originel sociétal humain (la véritable “nation”), est la voie du futur pour une humanité émancipée et libre.

~ Résistance 71 ~

“Au XIXème siècle, nous avons dû aller au-delà nos propres limites constitutionnelles pour mettre fin à l’esclavage.”

“Notre époque a besoin de l’esprit de Tom Paine, de Frederick Douglass, de celui d’Henry David Thoreau et d’Eugene Debs.
Laissez l’État se soucier de son pouvoir. La marque dans l’histoire de notre gouvernement, de fait de tous les gouvernements, est une marque de violence, de cruauté, de ruguosité, d’intrusion. Nous, membres de la nation, ferions mieux d’augmenter notre propre pouvoir, parce que nous sommes simplement les défenseurs les plus dépendants de notre propre liberté.”
~ Howard Zinn ~

“’L’État est au citoyen ce que le maître est à l’esclave.”
~ Socrate ~

 

Jour de survie ou les sombres secrets de l’Australie et sa politique malhonnête

“L’Australie est une version de L’Afrique du Sud de l’apartheid… Demandez à un noir sud-africain qui a regardé derrière la façade…”

John Pilger

26 janvier 2016

url de l’article (avec vidéo du discours):

http://www.informationclearinghouse.info/article44052.htm

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le 26 janvier 2016, John Pilger a parlé lors d’une manifestation devant l’hôtel de ville de Sydney au sujet de la signification cachée du “Jour de Survie”.

Vidéo du speech de Pilger que nous mettrons aussi en section commentaire:

http://vimeo.com/153153967 durée: 6min40

 

Pourquoi sommes-nous ici ? Pourquoi faisons-nous ceci tous les 26 janvier, année après année ? Bien sûr nous savons pourquoi, le peuple indigène dit à l’Australie: “Regarde, nous sommes toujours là ! Nous avons survécu aux massacres et au cynisme. Nous avons suvécu !”

Mais est-ce suffisant, je me le demande ? Est-ce que la survie sans l’action est vraiment suffisante ?

Les sources du pouvoir en Australie, spécifiquement le pouvoir politique et médiatique, tirent à la fois confort et leurre de l’idée même du “Jour de Survie”.

Oui, oui, disent-ils, nous comprenons bien. Nous avons une place pour vous sur la grande façade australienne, juste à côté de Qantas, d’Anzac et de Fair Go. Leur leurre est que tant que le peuple indigène a un rôle factice dans le grand théâtre d’Australia Day, alors tout va bien. Tant qu’il y a un peu de danse et de cérémonie de fumer sur Harbour Bridge, alors tout va bien.

Les sociétés comme l’Australie, avec leurs sombres secrets et politique malhonnête, se nourissent d’image et de symbole. Elles admirent leur propre image de patriotisme stupide, irraisonnée, tout en admirant secrètement leur capacité de réduire au silence et de détourner le mécontentement, la dissidence ainsi que de contrôler, de phagocyter les gens pour que rien ne change jamais. C’est un système raffiné de division. Comment fonctionne t’il ?

Prenez par exemple l’idée de “réconciliation”. Pas mal, mais qu’est-ce que cela veut dire ? Qui a t’il à réconcilier entre l’oppression et la souffrance, la pauvreté et le privilège ? Est-ce que cela inclut la justice ? Bien sûr que non ! La réconciliation n’est que pour faire se sentir bien la majorité en faisant quelques gestes symboliques et autres discours tout aussi symboliques. Rien de plus.

Est-ce acceptable pour nous aujourd’hui ?

Est-ce que ceci est acceptable pour ceux d’entre nous qui savent que l’Australie est une version de l’apartheid sud-africain ? Demandez à un Africain du Sud noir qui a regardé derrière les façades…

Est-ce que l’idée du Jour de Survie est suffisante pour les jeunes-hommes indigènes qui meurent avant l’âge de 40 ans ?

Est-ce suffisant pour ceux qui succombent à la terrible détresse et à la violence en prison et en détention policière ?

Est-ce suffisant pour cette jeune femme indigène de 22 ans d’Australie de l’Ouest, son nom était Mlle Dhu, qui est morte en détention et qui fut moquée par les policiers alors qu’elle baignait dans son propre vomi ?..

Est-ce suffisant pour les enfants qui deviennent sourds et aveugles à cause de maladies de la pauvreté ?

Est-ce suffisant pour les centaines de familles à qui on donne l’assaut au petit matin pour leur voler leurs enfants ?

Les banderoles pour l’Australia Day sur George Street dans Sydney nous le disent aussi: Relaxez-vous, amusez-vous, réfléchissez. Personnellement, je rajouterai une autre banderole sur fond rouge sang où il serait inscrit la chose suivante: “Aucun pays depuis l’Afrique du Sud de l’apartheid n’a été plus condamné par l’ONU pour son racisme que l’Australie.” Il est temps, grand temps de faire tomber les façades. L’image est un mensonge. Aucune autre nation coloniale n’a fait si peu de chose pour venir à termes avec son peuple indigène. Aucune nation coloniale n’a fait si peu pour faire tomber la mentalité coloniale qui nous emprisonne toutes et tous dans le passé.

Ce que je trouve de particulièrement tragique est cette peur cachée, non dite instillée dans la toute petite classe indigène éduquée.Cette peur dit qu’à moins qu’ils n’agitent le drapeau (australien), même défensivement, ils seront largués du bus des privilèges blancs en rase campagne. Jusqu’à ce qu’un traité moral et légal ne soit signé avec les nations premières de ce pays, il n’y aura jamais que quelques poches de privilèges et aucune justice en quoi que ce soit.

Par traité, je veux dire une série historique de lois qui rende au peuple indigène son pouvoir sur sa propre vie et ses communautés et un partage de droit de la vaste richesse de l’Australie… Un traité qui inscrive l’obligation légale pour l’éducation, le logement et la couverture sociale et de santé.

Ceci se produira seulement si chaque jour n’est pas seulement un “Jour de Survie”, mais un jour d’action ; d’action directe. De ce type d’action directe qui horrifie les médias qui gardent le système du diviser pour mieux régner.

Mais par dessus tout, n’ayez pas peur. L’action directe est la seule raison pour laquelle nous avons encore quelques libertés en Australie, Lisez le rendu du verdict du procès de Lionel Murphy par la haute cour, ce grand juriste et réformateur, qui en 1982 a dit que le peuple aborigène avait tous les droits de se défendre et de lutter en retour. Murphy cita Oscar Wilde disant que sans ce qu’il appelait “l’agitation”, l’action directe, “il n’y aurait aucune avancée vers la civilisation.” Il est de votre ressort de décider comment vous allez agir ; mais vous devez le faire. Il n’y a plus d’alternative maintenant. (NdT: ici John Pilger, grand ennemi du thatchérisme, joue avec l’expression qui a rendu tristement célèbre Margaret Thatcher: “There Is No Alternative”, qui fut traduit par l’acronyme TINA)

Une chose est certaine: peu importe le nombre de drapeaux qui seront agités aujourd’hui, jusqu’à ce que l’Australie Indigène puisse reprendre sa nationalité, le reste d’entre nous ne pourra jamais affirmer la sienne.

Résistance au colonialisme: 26 Janvier… Australia Day pour le grand silence de la honte coloniale… (John Pilger)

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 25 janvier 2016 by Résistance 71

On ne le répètera jamais assez: Le pays du goulag levant (ex-USA) et son satellite du Canada ne sont pas les seuls exemples passés et actuels de pays toujours ACTIVEMENT colonialistes. Nous avons déjà mentionné l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Ici, John Pilger nous (re)fait réfléchir sur l’ignominie coloniale toujours silencieuse de son pays: l’Australie. Les pays sus-mentionnés ainsi que tous les pays du Commonwealth (soi-disantes ex-colonies britanniques toujours pour la plupart sous le joug de la « couronne »/city de Londres) sont toujours des pays colons qui sont LEGALEMENT dépourvus de territoire puisque la terre qu’ils OCCUPENT a été volé aux nations originellement habitant ces contrées au prix d’un génocide de leurs populations.

Pour pouvoir combattre le plus grand fléau de l’histoire de l’humanité: le colonialisme occidental (au fondement religieux chrétien) et changer de paradigme politique pour tous, encore faut-il comprendre les tenants de l’affaire. Ceci n’est pas de « l’histoire ancienne », çà se passe toujours aujourd’hui en 2016. Vaincre le colonialisme, son idéologie, sa pratique, véhiculées, facilitées et protégée par son garde-chiourme: l’État, ces deux fléaux de l’humanité, brandis par l’oligarchie parasite, nous devons comprendre l’histoire, admettre nos erreurs, nos crimes contre l’humanité et nous émanciper de cette spirale mortifère qui nous fait tourner toujours plus vite autour du trou de vidange de la baignoire à infamie qui se vide inexorablement.

Nous devons nous tenir debout, émancipés, côte à côte avec nos frères des nations des cinq continents pour enfin lier les liens de solidarité, d’entr’aide mutuelle, de compassion et de coopération qui nous mèneront ensemble à la création d’une société des sociétés d’associations volontaires, juste, égalitaire, non-coercitive et universelle, fondée de la loi naturelle et l’essence même de la nature humaine: l’entr’aide.

— Résistance 71 —

 

Le jour de l’Australie pour les secrets, les drapeaux et les lâches

 

John Pilger

 

21 janvier 2016

 

url de l’article original:

http://johnpilger.com/articles/australias-day-for-secrets-flags-and-cowards

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le 26 janvier, un des jours les plus tristes de l’histoire de l’humanité va être célébré en Australie. Ce sera “un jour des familles”, disent les journaux de la presse de Ruppert Murdoch. Des drapeaux seront mis aux coins des rues et sur des chapeaux rigolos. Les gens répèteront sans cesse combien il sont fiers (d’être Australiens).

Pour beaucoup, ce sera soulagement et gratitude. Dans l’espace de mon temps de vie, l’Australie non-indigène a changé pour passer d’une société anglo-irlandaise à une des plus ethniquement diverses sur terre. Ceux que nous avions l’habitude d’appeler “les nouveaux Australiens”, souvent choisissaient le 26 Janvier, jour d’ Australia Day, pour prêter serment en tant que citoyens (NdT: j’ai personnellement assisté à une de ces cérémonies en plein-air dans les années 1990…). Ces cérémonies peuvent être émouvantes (NdT: je confirme..). Regardez les visages de ces gens du Moyen-Orient et comprenez pourquoi ils serrent leur nouveau drapeau.

C’était au lever du soleil, un de ces 26 janvier il y a bien des années, lorsque je me tenais avec des indigènes et des Australiens non-indigènes et que nous jetions des couronnes de fleurs dans le port de Sydney (Sydney Harbour). Nous étions descendus sur une de ces parfaites petites criques de sable où d’autres se tinrent comme des silhouettes, regardant les navires de la “première flotte” britannique jeter l’ancre le 26 Janvier 1788. Ce fut le moment où la seule île continent de la planète fut prise à ses habitants ; l’euphémisme utilisé fut “établie” (NdT: pour colonisée). Ce fut, écrivit Henry Reynolds, un des seuls honnêtes historiens australiens qui soit, un des plus grand vol de territoire de l’histoire du monde. Il décrivit le massacre qui s’en suivit comme “un murmure dans nos cœurs”.

Les Australiens originels sont la plus vieille présence humaine. Pour les envahisseurs européens (NdT: et chrétiens ne l’oublions pas, ceci est lié encore et toujours à la doctrine de la découverte…), ils n’existaient pas parce que leur continent avait été déclaré terra nullius: terre vide. Pour justifier de cette fiction, un meurtre de masse fut ordonné. En 1838, le journal du Sydney Monitor rapporta: “Il a été résolu d’exterminer toute la race noire dans ce quartier.” Ceci faisait référence au peuple Darug qui vivait le long de la grande Hawkesbury River, pas très loin de Sydney. Avec une toute remarquable ingéniosité et sans armes à feu, ils combattirent et résistèrent de manière épique, ce qui demeure toujours aujourd’hui un quasi secret national. Sur une terre où fleurissent de partout les cénotaphes à la gloire des colons australiens morts dans des guerres impérialistes, personne ne se lève pour ces valeureux guerriers qui se sont battus et sont tombés en défendant l’Australie.

Cette vérité n’a pas sa place dans la conscience australienne. Parmi les nations coloniales à populations indigènes, mise à part une “excuse” facile en 2008, seule l’Australie a refusé d’accepter sa honte passée coloniale (NdT: et toujours présente, car comme les Etats-Unis, le Canada et la Nouvelle-Zélande, l’Australie est toujours en 2016 un pays COLONIAL et à ce titre comme l’empire nord-américain, ne possède aucune terre et est un “pays” fondé sur le vol et le génocide…). Un film d’Hollywood, Soldier Blue, en 1970, a fameusement inversé les stéréotypes raciaux et donné aux Américains un regard éclair sur le génocide dans leur propre “établissement” (colonial) mythique. Près d’un demi-siècle plus tard, il est tput à fait juste de dire qu’un film équivalent ne serait jamais fait en Australie.

En 2014, lorsque mon propre film-documentaire “Utopia”, qui raconte l’histoire du génocide australien, a cherché un distributeur local, Je fus conseillé par une des lumières de ce business: “Jamais on ne pourra distribuer ceci. Les audiences ne l’accepteront jamais.”

Il a eu tort, jusqu’à un certain point. Lorsqu’Utopia fut présenté à Sydney quelques jours avant le 26 janvier, à la belle étoile, sur un terrain vague dans une zone aborigène de la ville connue sous le nom de The Block, plus de 4000 personnes vinrent, la vaste majorité non-indigène. Beaucoup voyagèrent depuis l’autre côté du continent. Les leaders indigènes qui apparaissent dans le film se tinrent devant l’éran et parlèrent dans la “langue”… la leur. Rien de semblable ne s’était jamais produit auparavant, et pourtant, il n’y avait aucun représentant de la presse. Pour la plus vaste communauté blanche du pays, ceci ne se passait pas. L’Australie est une Murdochratie, dominée par l’éthique d’un homme qui changea de nationalité pour le Fox News Network des Etats-Unis.

La vedette du football australien (AFL) indigène Adam Goodes écrivit émotivement au Sydney Morning Herald pour demander que “le silence soit brisé”. “Imaginez”, écivit-il. “regarder un film qui dit la vérité au sujet de terribles injustices commises envers votre peuple, un film qui révèle que les Européens et les gouvernements qui ont dirigé notre pays, ont violé, massacré et volé notre peuple pour leur seul profit. Imaginez maintenant ce qui peut être ressenti lorsque le peuple qui a bénéficié le plus de ces viols, de ces meurtres et de ce vol, le peuple au nom de qui ceci fut perpétré, se tourne avec dégoût lorsque quelqu’un expose les faits.

Goodes lui-même a déjà brisé ce silence lorsqu’il se dressa contre les abus racistes qui lui furent lancés ainsi qu’à d’autres athlètes aborigènes. Cet homme courageux et plein de talent, qui a pris sa retraite du football australien l’an dernier comme s’il était sous un lourd nuage avec, écrivit un commentateur sportif “la nation sportive divisée à son sujet”. En Australie, il est respectable d’être divisé en s’opposant au racisme.

En ce jour d’Australia Day le 26 janvier 2016, le peuple indigène préfère parler de Jour de l’Invasion ou le Jour de Survie, il n’y aura aucune reconnaissance que cette unicité de l’Australie réside en son peuple originel, le tout allant avec une mentalité coloniale infuse qui devrait être un embarras de longue date dans une nation indépendante. Cette mentalité s’exprime de bien des façons, de la prosternation politique sans relâche aux pieds d’Etats-Unis prédateurs en passant par un mépris presque normal pour les Aborigènes d’Australie, un écho de “kaffir”, des abuseurs sud-africains.

L’apartheid est pervasif dans la société australienne (NdT: expérimenté en première main sur place, surtout dans le Queensland et les Territoires du Nord…). Pas très loin de Sydney par avion, le peuple indigène a une espérance de vie des plus courtes. Les hommes meurent souvent avant 45 ans. Ils meurent de maladies remontant au temps de Dickens, comme les maladies cardiaques rhumatiques, les enfants deviennent aveugles de la trachoma et sourds à cause d’otites de l’oreille moyenne, des maladies typiques de la pauvreté. Un médecin m’a dit: “Je voulais donner à une patiente des anti-imflammatoires pour une infection qui aurait été inexistant si les conditions de vie étaient meilleures, mais je n’ai pas pu la traiter parce qu’elle n’avait pas assez de nourriture à manger et ne pouvait pas ingérer les tablettes (sans nourriture). J’ai le sentiment parfois de gérer des conditions similaires que celles de la classe ouvrière anglaise au début de la 1ère révolution industrielle.

Le racisme qui permet cela dans une des sociétés les plus privilégiées de la planète est très profond. Dans les années 1920, un “Protecteur des Aborigènes” supervisa le vol, le kidnapping, d’enfants métis avec pour justificatif de “laver la couleur par le brassage”. Aujourd’hui, un chiffre record d’enfants indigènes sont enlevés de leurs foyers et beaucoup ne revoient jamais leur famille d’origine. Le 11 Février, un groupe qui force le respect appelé “Grandmothers Against Removals” mènera une marche sur le parlement fédéral de Canberra, demandant le retour des enfants volés.

L’Australie est le modèle des gouvernements européens qui cloisonnent leurs frontières auparavant ouvertes tout en facilitant le fascisme, comme en Hongrie. Les réfugiés qui osent faire route par mer vers l’Australie dans des bateaux surchargés en passagers, ont été depuis longtemps traités en criminels, avec les “passeurs” dont la notoriété est pompée hors de proportion par les médias australiens afin de faire diversion sur l’immoralité et les crimes de leur propre gouvernement. Les réfugiés sont parqués derrière du fil de fer barbelé en moyenne pour bien plus d’une année, certains indéfiniment, dans des conditions barbares, qui ont mené certains au suicide, au meurtre, à la maladie mentale. Les enfants ne sont jamais épargnés. Un goulag australien géré par des firmes de sécurité privées sinistres et qui inclut des camps de concentration sur les îles isolées du Pacifique de Manus et Nauru. Les gens n’ont aucune idée de quand ils serot libérés et si même ils le seront un jour.

L’armée australienne, dont les faits d’armes sont le sujet de tomes dénués de toute critique remplissant les pleins rayons des librairies d’aéroports, a joué un rôle important à “refouler les bateaux” des réfugiés fuyant les guerres, comme en Irak, guerre commencée et prolongée par les Américains et leurs mercenaires australiens. Aucune ironie et encore moins de responsabilité, ne sont reconnues dans ce rôle si lâche.

Ce jour de fête nationale de l’Australia Day qui vient, la “fierté des services” sera au balcon. Cette fierté s’étend au département de l’immigration australien qui envoie les gens dans son goulag pour un “service de contrôle au large”, le plus souvent de manière tout à fait arbitraire, laissant ces gens se morfondre, se désespérer et pourrir. La semaine dernière on a annoncé que les hauts fonctionnaires de l’immigration ont dépensé 400 000 dollars pour des médailles qu’ils vont s’attribuer à eux-mêmes pour tant d’héroïsme. Allez, sortez encore plus de drapeaux !…

Colonialisme au XXIème siècle: Le cas « oublié » du grand silence australien… (John Pilger)

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Le pays secret fait une nouvelle fois la guerre à son propre peuple

 

John Pilger

 

22 Avril 2015

 

url de l’article original:

http://johnpilger.com/articles/the-secret-country-again-wages-war-on-its-own-people

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

L’Australie a une nouvelle fois déclaré la guerre à son peuple indigène, ce qui nous rappelle la brutalité qui amena une condamnation universelle de l’apartheid en Afrique du Sud. Les peuples aborigènes doivent être expulsés de leurs terres ancestrales où leurs communautés ont vécu des millénaires. En Australie de l’Ouest, là où les compagnies minières font des milliards de dollars de bénéfices en exploitant la terre aborigène, le gouvernement de cet état dit qu’il ne peut plus “soutenir” plus longtemps les terres ancestrales aborigènes.

Des populations vulnérables, à qui on refuse déjà les services de base que la très vaste majorité des Australiens considèrent comme acquis, ont été mises en demeure et averties qu’elles allaient être dépossédées sans aucune consultation préalable et qu’elles seraient virées de leurs terres à la pointe du fusil. Et une fois de plus, les leaders aborigènes ont averti d’une “nouvelle génération de personnes déplacées” et d’un “génocide culturel” (NdT: appelé ethnocide par l’anthropologue politique français Robert Jaulin).

Le mot génocide est un mpt que les Australiens détestent entendre. Le génocide se passe dans d’autres pays, pas dans ce pays si “chanceux” où la richesse par habitant est la seconde de cette planète. Lorsque l’expression “acte de génocide” fut utilisée en 1997 dans le rapport qui fit date “Bringing Them Home”, rapport qui révéla que des milliers d’enfants aborigènes furent enlevés de leurs communautés par des institutions blanches et furent systématiquement violentés ; une campagne massive de déni fut lancée par une clique de l’extrême droite se regroupant autour du premier ministre d’alors John Howard. Cela incluait ceux qui s’appelaient eux-mêmes le groupe des Galatiens, puis Quadrant, puis la Bennelong Society ; la presse de Rupert Murdoch fut leur porte-voix.

La Génération Volée est quelque chose de bien exagéré, disaient-ils, si tant est que cela se soit même produit. L’Australie coloniale était un endroit bénin, il n’y a pas eu de massacres. Les premiers Australiens soit furent victimes de leur propre infériorité culturelle ou ils étaient les nobles sauvages. Des euphémismes utiles furent utilisés.

Le gouvernement du premier ministre actuel Tony Abbott, un conservateur zélé, a ranimé cet assaut sur un peuple qui représente l’unicité singulière de l’Australie. Peu de temps arès être arrivé en fonction, le gouvernement Abbott a coupé 534 millions de dollars des programmes sociaux indigènes, incluant 160 millions du budget de la santé aborigène et 13,4 millions de l’aide légale indigène.

Dans le rapport publié en 2014 ‘Overcoming Indigenous Disadvantage Key Indicators‘, la dévastation est rendue claire et nette. Le nombre de personnes aborigènes hospitalisées pour tentatives de suicide a grandement augmenté, tout comme le nombre de suicides perpétrés de plus en plus jeune dans cette population, parfois touchant des enfants aussi jeunes que 11 ans. Les indicateurs montrent un peuple considérablement appauvri, traumatisé et abandonné. Lisez l’exposé classique sur l’apartheid sud-africain, “The disgarded People” de Cosmas Desmond, qui m’a dit qu’il pourrait en écrire un semblable sur l’Australie.

Ayant insulté les indigènes australiens en déclarant lors d’un petit-déjeuner au G20 en compagnie du premier britannique David Cameron, qu’il “n’y avait rien sur ce continent si ce n’est des buissons” avant l’arrivée de l’homme blanc, Abbott annonça que son gouvernement n’allait plus honorer l’engagement pris il y a longtemps, au sujet des terres ancestrales aborigènes. Il fit remarquer sarcatisquement que “ce n’est pas le boulot des contribuables que de financer les choix de style de vie.

L’arme utilisée par Abbott et son état raciste ainsi que ses contre-parties territoriales est la dépossession par l’abus de pouvoir et la propagande, la coercition et le chantage, comme leur demande de location pour 99 ans de terres indigènes dans les Territoires du Nord (Darwin) en échange des services de base: un vol de terre qui ne dit pas son nom. Le ministre des affaires indigènes, Nigel Scullion, refute cela en clâmant que “ceci est au sujet de communautés et de ce que les communautés veulent.” En fait, il n’y a eu aucune véritable consultation, seulement la co-option de quelques-unes.

Les gouvernements conservateur et travailliste ont déjà retiré le programme national pour l’emploi, le CDEP, des terres natives, mettant ainsi fin à toute opportunité d’emploi et ils ont fait interdire tout investissement dans l’infrastructure des territoires comme pour le logement, les groupes électrogènes, l’assainissement. Les économies faites sont infimes.

La raison en est une doctrime extrême qui évoque les campagnes punitives du début du XXème siècle, celles de la “protection en chef des Aborigènes”, avec le fanatique A.O. Neville qui décréta que les premiers Australiens “s’assimilent” jusqu’à l’extinction. Influencé par le même mouvement eugéniste qui inspira les nazis, les “lois de protection” de la province du Queensland furent un modèle pour l’apartheid sud-africain. Aujourd’hui, les mêmes dogme et racisme sont tissés dans l’anthropologie, la politique, la bureaucratie et les médias. “Nous sommes civilisés, ils ne le sont pas”, écrivit l’historien australien acclamé de tous Russel Ward, il y a de cela deux générations. L’esprit demeure identique.

J’ai fait des reportages sur les communautés aborigènes depuis les années 1960, j’ai observé une routine saisonnière qui veut que l’élite australienne interrompt ses mauvais traitements et sa négligence “normaux” sur les peuples des nations premières pour les attaquer de manière directe. Ceci se produit généralement à l’approche des élections ou si les sondages d’opinion d’un premier ministre sont bas. Botter le cul des noirs est populaire, bien que saisir des terres riches en minerais ait un objectif plus prosaïque. Engorger les gens dans les bidonvilles des centres économiques de la nation satisfait le besoin d’ingénierie sociale des racistes.

La dernière attaque frontale subie fut en 2007 lorsque le premier ministre Howard envoya l’armée dans des communautés aborigènes des Territoires du Nord pour “sauver des enfants” qui, avait alors dit le ministre des affaires aborigènes, Mal Brough, étaient victimes de gangs pédophiles en “nombre impensable”.

Connue sous le vocable de “L’intervention”, les médias y prirent une part prépondérante. En 2006, le programme des affaires courantes de la TV nationale, l’émission “Lateline” de la chaîne ABC (NdT: Australian Broadcasting Corporation, l’équivalent australienne de la BBC) diffuse un entretien sensationnel avec un homme dont le visage est caché. Décrit comme étant un “jeune travailleur” qui a vécu dans la communauté aborigène de Mutitjulu, il fit une série d’allégations évocatrices. Exposé par la suite comme un officiel expérimenté du gouvernement qui rapportait directement auprès du ministre, ses affirmations furent discréditées par l’Australian Crime Commission, la poiice de l’état des Territoires du Nord et un rapport sans appel de pédiâtres commissionnés. La communauté n’a jamais reçu quelque excuse que ce soit.

L’intervention” de 2007 a permis au gouvernement fédéral de détruire bien des vestiges d’auto-détermination des Territoires du Nord, la seule partie d’Australie où le peuple aborigène a gagné des droits à la terre régis par la loi fédérale. Ici, ils administrèrent leurs terres ancestrales avec la dignité de l’auto-détermination et une connexion avec la terre et la culture menant comme Amnesty le rapporta, à une diminution de 40% du taux de mortalité.

C’est cette “vie traditionnelle” qui est anathème à une industrie parasite de fonctionnaires, de contractants, d’avocats, de consultants qui contrôlent et le plus souvent profitent de l’Australie aborigène, même indirectement au travers les structures corporatrices imposées aux organisations aborigènes (NdT: comme cela l’est également en Amérique du Nord et du Sud). Les terres ancestrales sont vues comme une menace, car elles expriment un communalisme en total porte-à-faux avec le néo-conservatisme qui régit l’Australie. C’est comme si l’existence continue d’un peuple qui a survécu et résisté à plus de deux siècles de colonialisme massacrant et de vol, demeurait un spectre errant sur l’Australie blanche: une réminiscence d’à qui appartient vraiment la terre.

L’attaque politique courante a été lancée par l’état/province le plus riche, l’Australie de l’Ouest. En Octobre dernier, le premier ministre de l’état, Colin Barnett, a annoncé que son gouvernement n’avait plus les moyens du budget de 90 millions de dollars pour assurer les services municipaux de base des 282 territoires aborigènes répertoriés, services incluant la distribution d’eau, d’électricité, l’assainissement, les écoles, l’entretien des routes, la collecte des ordures ménagères. Ceci est l’équivalent d’informer les banlieues blanches de Perth que leurs arroseurs de pelouse et leurs chasses d’eau ne pourraient plus fonctionner et qu’ils devaient déménager et que s’ils refusaient, la police les expulserait manu-militari.

Où devront aller les dépossédés ? Où devront-ils vivre ? En six ans, le gouvernement de Barnett a construit très peu de logement pour les indigènes dans les zones reculées. Dans la région de Kimberley, les SDF aborigènes, mis à part les cas de catastrophes naturelles, sont plus nombreux que partout ailleurs, et ceci dans un état réputé pour sa richesse indécente, ses parcours de golf et ses prisons regorgeant de noirs appauvris. L’Australie de l’Ouest met en prison les Aborigènes en moyenne huit fois plus que ne le faisait l’Afrique du Sud de l’apartheid. Cet état a un des taux d’incarcération juvénile le plus haut au monde, pratiquement tous des indigènes, ceci incluant des enfants maintenus en isolement (QHS) dans des prisons pour adultes, avec leurs mères montant la garde dehors.

En 2013, l’ancien ministre des prisons, Margaret Quirk, m’a dit que l’état “ratissait et entreposait” les prisonniers aborigènes. Lorsque je lui ai demandé ce que cela voulait dire, elle répondit. “On les entrepose”.

En Mars, Barnett a changé de refrain. Il y avait des “preuves émergentes” a t’il dit, “de mauvais traitements aux enfants” dans les territoires. Quelle preuve ? Barnett a dit que des gonorrhées ont été trouvées chez des enfants de moins de 14 ans, puis dit qu’il ne savait pas si cela venait des communautés. Son chef de la police, Karl O’Callaghan y alla aussi de son couplet disant que l’abus sexuel d’enfants était omniprésent. Il cita une étude vieille de 15 ans de l’Australian Institute of Family Studies. Ce qu’il oublia de dire était que ce rapport mettait en évidence la pauvreté comme cause primordiale de la “négligence” et que les cas d’abus sexuels comptaient pour moins de 10% de l’ensemble des cas étudiés.

L’ Australian Institute of Health and Welfare, une agence fédérale, a récemment publié un rapport sur ce qu’il appelle le “Fardeau Fatal” de maladie du tiers monde et de traumatisme, portés par le peuple indigène “résultant de près de 100 000 ans de mortalité dûe à des morts prématurées.” Ce “fardeau fatal” est le produit de la pauvreté extrême imposé par l’Australie de l’Ouest, comme dans le reste de l’Australie et du déni des droits de l’Homme.

Dans la vaste et très riche Australie de l’Ouest de Barnett, une toute petite fraction des revenus générés par l’exploitation minière, du pétrole, du gaz naturel, bénéficie aux communautés aborigènes desquelles le gouvernement a la responsabilité de s’occuper. Dans la ville de Roeburne, au milieu de la région riche en minerais et en plein développement de Pibara, 80% des enfants aborigènes souffrent d’une infection de l’oreille appelée otitis media qui peut causer à terme la surdité.

En 2011, le gouvernement de Barnett a fait preuve de brutalité dans une des communautés d’Oombulgurri ce que les autres communautés peuvent s’attendre a subir. “D’abord le gouvernement a mis un terme aux services”, écrit Tammy Solonec d’Amnesty International, “il ferma les magazins, ainsi les gens ne pouvaient plus acheter de nourriture et de choses essentielles. Il ferma la clinique, pour forcer les malades et les personnes âgées à bouger puis l’école, de façon à ce que les familles avec des enfants soient forcées de partir ou de devoir faire face à ce que leurs enfants leur soient retirés par la force. Le commissariat de police fut le dernier service à être fermé, puis finalement ils coupèrent l’eau et l’éectricité. Finalement les 10 résidents qui restèrent contre vents et marées furent expulsés manu-militari sans pouvoir prendre leurs affaires. Puis les bulldozers sont entrées dans la communauté. Le gouvernement de l’Australie de l’Ouest a littéralement creusé un trou dans le sol et y a enterré les ruines des maisons des gens qui vivaient là ainsi que leurs affaires personnelles.”

En Australie du sud, les gouvernements d’état et fédéral ont lancé une attaque similaire sur 60 communautés indigènes reculées. L’Australie du sud a un Aboriginal Lands Trust établit de longue date, ainsi les gens purent défendre leurs droits, jusqu’à un certain point… Le 12 Avril, le gouvernement fédéral a offert 15 millions de dollars sur 5 ans. Qu’une somme si pathétique soit considérée comme suffisante pour financer de bons services aux dépends des territoires aborigènes de l’état est une indication de la valeur placée sur les vies aborigènes par les politiciens blancs qui dépensent annuellement et sans sourciller quelques 28 milliards de dollars en armement et en budget militaire. Haydn Bromley, directeur de l’ Aboriginal Lands Trust m’a dit: “les 15 millions n’incluent pas la majorité des territoires et cela ne couvrira que le strict minimum, électricité, eau, développement des collectivités, infrastructure ? Oubliez !”

La distraction actuelle de ces sales secrets nationaux est l’approche de la “célébration” du centenaire de ce désastre militaire edwardien à Gallipoli en 1915 lorsque 8 709 Australiens et 2 779 Néo-Zélandais, les ANZAC, furent envoyées à une mort certaine dans un assaut futile sur une plage de Turquie. Ces dernières années, les gouvernements de Canberra ont promu ce gâchis impérialiste en vies humaines comme une déité historique afin de masquer le militarisme sous-jacent au rôle de l’Australie en tant qu’assistant du shériff américain dans le Pacifique.

Dans les librairies, les rayons “histoire australienne” foisonnent de bouquins opportunistes sur les faits d’arme, les héros et le patriotisme va t’en guerre. D’un seul coup d’un seul, les Aborigènes qui se sont battus pour les hommes blancs sont à la mode, tandis que ceux qui se sont battus contre l’homme blanc en défense de leur terre et nation, l’Australie, tombent en disgrâce. De fait, ils sont officiellement non-humains. Le monument aux morts national, l’Australian War Memorial, refuse de reconnaître leur remarquable résistance à l’invasion britannique. Dans un pays submergé de monuments à la gloire des ANZAC, il n’y a pas un seul monument érigé pour les milliers d’Australiens natifs originels qui se sont battus et sont tombés pour défendre leur terre ancestrale.

Ceci fait partie de ce “grand silence australien”, comme W.E.H Stanner intitula son discours de 1968 dans lequel il décrivait “un culte de l’oubli à l’échelle nationale”. Il y faisait référence au peuple aborigène. Aujourd’hui le silence est omniprésent. A Sydney en ce moment, il y a une exposition à l’Art Gallery of New South Wales: “Le photographe et l’Australie”, dans laquelle le début de l’histoire de ce très ancient continent démarre incroyablement avec le capitaine Cook.

Le même silence couvre une autre résistence de longue haleine et toute aussi épique. Les extraordinaires manifestations des femmes indigènes protestant contre l’enlèvement de leurs enfants et petits-enfants par l’État, pour certains d’entre eux à la pointe du fusil ; ignorées des journalistes et traitées avec condescendance par les politiciens. Toujours plus d’enfants indigènes sont arrachés de leurs communautés et foyers aujourd’hui que durant les pires années de l’époque de la Génération Volée. Un record établi présente 15 000 enfants maintenant détenus et “pris en charge” ; beaucoup sont donnés à des familles blanches et ne retourneront jamais dans leurs communautés.

L’an dernier, le ministre de l’intérieur de l’état de l’Australie de l’Ouest, Liza Harvey, a participé à la représentation de mon film documentaire “Utopia” à Perth, film qui documentait le racisme et la voyouterie de la police à l’encontre des Australiens noirs ainsi que les nombreuses morts de jeunes Aborigènes en détention dans les locaux de police. La ministre a pleuré durant la projection.

Durant ses fonctions au ministère, 50 policiers armés de la ville de Perth ont attaqué un camp de sans abris à Matagarup et en ont expulsé essentiellement de jeunes mère et des grand-mères avec leurs enfants. Les gens de ce camp se décrivant eux-mêmes comme des “réfugiés… cherchant la sécurité dans leur propre pays.” Ils ont demandé l’aide du Haut Commissaire de l’ONU pour les réfugiés.

Les politiciens australiens sont très nerveux avec les Nations-Unies. La réponse d’Abbott a été l’abus verbal. Lorsque le professeur James Anaya, le rapporteur spécial de l’ONU sur les peuples indigènes, a décrit le racisme de “l’Intervention”, Abbott lui a dit “d’aller se faire voir” et “de ne pas écouter la brigade des vieilles victimes”.

La planification de la fermeture des territoires indigènes enfreint l’article 5 de la Convention Internationale pour l’Élimination de la Discrimination Raciale (CIEDR) et la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes (DDPI) de l’ONU. L’Australie s’est engagée à “fournir des mécanismes efficaces pour la prévention de ou la remédiation… pour toute action qui a ou aurait pour but de déposséder les peuples indigènes de leurs terres, de leurs territoires ou de leurs ressources.” Les accords sur les droits économiques, sociaux et culturels sont sans appel. “L’éviction forcée” est contre la loi.

Un mouvement international est en cours. En 2013, la pape François 1er a demandé au monde d’agir contre le racisme et pour “les peuples indigènes qui sont de plus en plus isolés et abandonnés.” (NdT: Comme si le Vatican avait quelque leçon d’anti-racisme à donner alors même que les bulles papales Romanus Pontifex et Inter Caetera de 1455 et 1493, continuent d’être le fondement légal de la loi coloniale sur le sous-continent nord-américain, bulles papales qui instaurèrent la doctrine chrétienne de la “découverte”, l’extermination, la mise en esclavage des “païens et infidèles” et la saisie de leurs terres et biens au nom du pape, vicaire du christ et dictateur en chef… Quelle hypocrisie sans nom, abusant de l’ignorance des gens à ce sujet…)

Ce fut la défiance de l’Afrique du Sud d’un tel principe de base des droits de l’Homme qui déclancha une opprobe internationale et une campagne qui mit alors un terme à l’apartheid.

Prend garde Australie !