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Colonialisme, génocide et apartheid… La face cachée de l’Australie (John Pilger)

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Utopia

Documentaire de John Pilger (2013)

Source: http://johnpilger.com/videos/utopia 

En 1985, Pilger sort son premier grand documentaire sur son pays natal l’Australie, il y relate les conditions coloniales génocidaires décimant les communautés aborigènes.

2012-13, 27 ans plus tard, Pilger refait un documentaire sur le même sujet: rien n’a changé.

De la « guerre oubliée » au tourisme de luxe dans un camps de la mort reconverti en hôtel en passant par l’hypocrisie criminelle et génocidaire politicarde à la botte des intérêts miniers et du gros business transnational, Pilger nous invite à découvrir l’Australie, la vraie, celle de l’apartheid, du génocide, de l’ethnocide et du racisme colonial institutionnalisé. L’auteur de ces lignes a vécu en Australie et a été témoin en bien des occasions de la perversion coloniale noyée dans l’insouciance consumériste affligeante.

A voir donc en section commentaire: « Utopia » (version anglaise), remarquable documentaire coup de poing de John Pilger, un des tous derniers grands reporters héroïques.

Résistance 71

27 Mai 2016

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Résistance politique: « Jour de Survie » aborigène en Australie, appel à l’action directe de John Pilger contre l’apartheid australien…

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En vieillisant John Pilger prend de plus en plus les allures militantes d’un Howard Zinn.
Pilger boucle la boucle, Australien exilé en GB pour une carrière journalistique d’enquête d’exception, il a réalisé trois documentaires sur l’ignominie coloniale de son pays, l’Australie, le dernier en date “Utopia” fut projeté sur les écrans en 2014. Sa carrière l’a amené à réaliser des documentaires exceptionnels (que l’on peut voir sur son site internet gratuitement http://johnpilger.com ) sur la guerre du Vietnam, le Cambodge post Khmer Rouge (Pilger fut le premier journaliste à entrer au Cambodge après sa libération par les troupes vietnamiennes et à rapporter de l’horreur intra muros, cf son remarquable documentaire: “Cambodia Year Zero” et deux autres qui s’ensuivirent), la guerre génocidaire au Timor Oriental et bien d’autres.
Au crépuscule de sa carrière et de sa vie, il revient aux origines, son Australie natale et le toujours vivace problème de son idéologie raciste et colonialiste. Pilger sera t’il un fédérateur du mouvement aborigène ? Fera t’il le lien entre le colonialisme australien et ceux des Etats-Unis, du Canada et de la plus proche Nouvelle-Zélande ? Le monde a besoin maintenant d’un mouvement fédérateur de résistance native et non-native, active, au colonialisme incessant de l’occident et de sa société anglo-saxonne aujourd’hui toujours plus dominante et oppressive que jamais. Souhaitons-le, espérons-le. Il aura toujours plus de notre soutien, parce que l’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie colonialiste qui les oppriment à un degré moindre et qui se tiendront côte à côte, main dans la main, avec leurs frères autochtones de tous les continents pour mettre en place, enfin, une “société des sociétés » égalitaire, non-coercitive, anti-autoritaire et autogérée. Cet appel au véritable socialisme anti-capitaliste et anti-étatique, en retour à l’esprit originel sociétal humain (la véritable “nation”), est la voie du futur pour une humanité émancipée et libre.

~ Résistance 71 ~

“Au XIXème siècle, nous avons dû aller au-delà nos propres limites constitutionnelles pour mettre fin à l’esclavage.”

“Notre époque a besoin de l’esprit de Tom Paine, de Frederick Douglass, de celui d’Henry David Thoreau et d’Eugene Debs.
Laissez l’État se soucier de son pouvoir. La marque dans l’histoire de notre gouvernement, de fait de tous les gouvernements, est une marque de violence, de cruauté, de ruguosité, d’intrusion. Nous, membres de la nation, ferions mieux d’augmenter notre propre pouvoir, parce que nous sommes simplement les défenseurs les plus dépendants de notre propre liberté.”
~ Howard Zinn ~

“’L’État est au citoyen ce que le maître est à l’esclave.”
~ Socrate ~

 

Jour de survie ou les sombres secrets de l’Australie et sa politique malhonnête

“L’Australie est une version de L’Afrique du Sud de l’apartheid… Demandez à un noir sud-africain qui a regardé derrière la façade…”

John Pilger

26 janvier 2016

url de l’article (avec vidéo du discours):

http://www.informationclearinghouse.info/article44052.htm

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le 26 janvier 2016, John Pilger a parlé lors d’une manifestation devant l’hôtel de ville de Sydney au sujet de la signification cachée du “Jour de Survie”.

Vidéo du speech de Pilger que nous mettrons aussi en section commentaire:

http://vimeo.com/153153967 durée: 6min40

 

Pourquoi sommes-nous ici ? Pourquoi faisons-nous ceci tous les 26 janvier, année après année ? Bien sûr nous savons pourquoi, le peuple indigène dit à l’Australie: “Regarde, nous sommes toujours là ! Nous avons survécu aux massacres et au cynisme. Nous avons suvécu !”

Mais est-ce suffisant, je me le demande ? Est-ce que la survie sans l’action est vraiment suffisante ?

Les sources du pouvoir en Australie, spécifiquement le pouvoir politique et médiatique, tirent à la fois confort et leurre de l’idée même du “Jour de Survie”.

Oui, oui, disent-ils, nous comprenons bien. Nous avons une place pour vous sur la grande façade australienne, juste à côté de Qantas, d’Anzac et de Fair Go. Leur leurre est que tant que le peuple indigène a un rôle factice dans le grand théâtre d’Australia Day, alors tout va bien. Tant qu’il y a un peu de danse et de cérémonie de fumer sur Harbour Bridge, alors tout va bien.

Les sociétés comme l’Australie, avec leurs sombres secrets et politique malhonnête, se nourissent d’image et de symbole. Elles admirent leur propre image de patriotisme stupide, irraisonnée, tout en admirant secrètement leur capacité de réduire au silence et de détourner le mécontentement, la dissidence ainsi que de contrôler, de phagocyter les gens pour que rien ne change jamais. C’est un système raffiné de division. Comment fonctionne t’il ?

Prenez par exemple l’idée de “réconciliation”. Pas mal, mais qu’est-ce que cela veut dire ? Qui a t’il à réconcilier entre l’oppression et la souffrance, la pauvreté et le privilège ? Est-ce que cela inclut la justice ? Bien sûr que non ! La réconciliation n’est que pour faire se sentir bien la majorité en faisant quelques gestes symboliques et autres discours tout aussi symboliques. Rien de plus.

Est-ce acceptable pour nous aujourd’hui ?

Est-ce que ceci est acceptable pour ceux d’entre nous qui savent que l’Australie est une version de l’apartheid sud-africain ? Demandez à un Africain du Sud noir qui a regardé derrière les façades…

Est-ce que l’idée du Jour de Survie est suffisante pour les jeunes-hommes indigènes qui meurent avant l’âge de 40 ans ?

Est-ce suffisant pour ceux qui succombent à la terrible détresse et à la violence en prison et en détention policière ?

Est-ce suffisant pour cette jeune femme indigène de 22 ans d’Australie de l’Ouest, son nom était Mlle Dhu, qui est morte en détention et qui fut moquée par les policiers alors qu’elle baignait dans son propre vomi ?..

Est-ce suffisant pour les enfants qui deviennent sourds et aveugles à cause de maladies de la pauvreté ?

Est-ce suffisant pour les centaines de familles à qui on donne l’assaut au petit matin pour leur voler leurs enfants ?

Les banderoles pour l’Australia Day sur George Street dans Sydney nous le disent aussi: Relaxez-vous, amusez-vous, réfléchissez. Personnellement, je rajouterai une autre banderole sur fond rouge sang où il serait inscrit la chose suivante: “Aucun pays depuis l’Afrique du Sud de l’apartheid n’a été plus condamné par l’ONU pour son racisme que l’Australie.” Il est temps, grand temps de faire tomber les façades. L’image est un mensonge. Aucune autre nation coloniale n’a fait si peu de chose pour venir à termes avec son peuple indigène. Aucune nation coloniale n’a fait si peu pour faire tomber la mentalité coloniale qui nous emprisonne toutes et tous dans le passé.

Ce que je trouve de particulièrement tragique est cette peur cachée, non dite instillée dans la toute petite classe indigène éduquée.Cette peur dit qu’à moins qu’ils n’agitent le drapeau (australien), même défensivement, ils seront largués du bus des privilèges blancs en rase campagne. Jusqu’à ce qu’un traité moral et légal ne soit signé avec les nations premières de ce pays, il n’y aura jamais que quelques poches de privilèges et aucune justice en quoi que ce soit.

Par traité, je veux dire une série historique de lois qui rende au peuple indigène son pouvoir sur sa propre vie et ses communautés et un partage de droit de la vaste richesse de l’Australie… Un traité qui inscrive l’obligation légale pour l’éducation, le logement et la couverture sociale et de santé.

Ceci se produira seulement si chaque jour n’est pas seulement un “Jour de Survie”, mais un jour d’action ; d’action directe. De ce type d’action directe qui horrifie les médias qui gardent le système du diviser pour mieux régner.

Mais par dessus tout, n’ayez pas peur. L’action directe est la seule raison pour laquelle nous avons encore quelques libertés en Australie, Lisez le rendu du verdict du procès de Lionel Murphy par la haute cour, ce grand juriste et réformateur, qui en 1982 a dit que le peuple aborigène avait tous les droits de se défendre et de lutter en retour. Murphy cita Oscar Wilde disant que sans ce qu’il appelait “l’agitation”, l’action directe, “il n’y aurait aucune avancée vers la civilisation.” Il est de votre ressort de décider comment vous allez agir ; mais vous devez le faire. Il n’y a plus d’alternative maintenant. (NdT: ici John Pilger, grand ennemi du thatchérisme, joue avec l’expression qui a rendu tristement célèbre Margaret Thatcher: “There Is No Alternative”, qui fut traduit par l’acronyme TINA)

Une chose est certaine: peu importe le nombre de drapeaux qui seront agités aujourd’hui, jusqu’à ce que l’Australie Indigène puisse reprendre sa nationalité, le reste d’entre nous ne pourra jamais affirmer la sienne.

Résistance au colonialisme: 26 Janvier… Australia Day pour le grand silence de la honte coloniale… (John Pilger)

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On ne le répètera jamais assez: Le pays du goulag levant (ex-USA) et son satellite du Canada ne sont pas les seuls exemples passés et actuels de pays toujours ACTIVEMENT colonialistes. Nous avons déjà mentionné l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Ici, John Pilger nous (re)fait réfléchir sur l’ignominie coloniale toujours silencieuse de son pays: l’Australie. Les pays sus-mentionnés ainsi que tous les pays du Commonwealth (soi-disantes ex-colonies britanniques toujours pour la plupart sous le joug de la « couronne »/city de Londres) sont toujours des pays colons qui sont LEGALEMENT dépourvus de territoire puisque la terre qu’ils OCCUPENT a été volé aux nations originellement habitant ces contrées au prix d’un génocide de leurs populations.

Pour pouvoir combattre le plus grand fléau de l’histoire de l’humanité: le colonialisme occidental (au fondement religieux chrétien) et changer de paradigme politique pour tous, encore faut-il comprendre les tenants de l’affaire. Ceci n’est pas de « l’histoire ancienne », çà se passe toujours aujourd’hui en 2016. Vaincre le colonialisme, son idéologie, sa pratique, véhiculées, facilitées et protégée par son garde-chiourme: l’État, ces deux fléaux de l’humanité, brandis par l’oligarchie parasite, nous devons comprendre l’histoire, admettre nos erreurs, nos crimes contre l’humanité et nous émanciper de cette spirale mortifère qui nous fait tourner toujours plus vite autour du trou de vidange de la baignoire à infamie qui se vide inexorablement.

Nous devons nous tenir debout, émancipés, côte à côte avec nos frères des nations des cinq continents pour enfin lier les liens de solidarité, d’entr’aide mutuelle, de compassion et de coopération qui nous mèneront ensemble à la création d’une société des sociétés d’associations volontaires, juste, égalitaire, non-coercitive et universelle, fondée de la loi naturelle et l’essence même de la nature humaine: l’entr’aide.

— Résistance 71 —

 

Le jour de l’Australie pour les secrets, les drapeaux et les lâches

 

John Pilger

 

21 janvier 2016

 

url de l’article original:

http://johnpilger.com/articles/australias-day-for-secrets-flags-and-cowards

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le 26 janvier, un des jours les plus tristes de l’histoire de l’humanité va être célébré en Australie. Ce sera “un jour des familles”, disent les journaux de la presse de Ruppert Murdoch. Des drapeaux seront mis aux coins des rues et sur des chapeaux rigolos. Les gens répèteront sans cesse combien il sont fiers (d’être Australiens).

Pour beaucoup, ce sera soulagement et gratitude. Dans l’espace de mon temps de vie, l’Australie non-indigène a changé pour passer d’une société anglo-irlandaise à une des plus ethniquement diverses sur terre. Ceux que nous avions l’habitude d’appeler “les nouveaux Australiens”, souvent choisissaient le 26 Janvier, jour d’ Australia Day, pour prêter serment en tant que citoyens (NdT: j’ai personnellement assisté à une de ces cérémonies en plein-air dans les années 1990…). Ces cérémonies peuvent être émouvantes (NdT: je confirme..). Regardez les visages de ces gens du Moyen-Orient et comprenez pourquoi ils serrent leur nouveau drapeau.

C’était au lever du soleil, un de ces 26 janvier il y a bien des années, lorsque je me tenais avec des indigènes et des Australiens non-indigènes et que nous jetions des couronnes de fleurs dans le port de Sydney (Sydney Harbour). Nous étions descendus sur une de ces parfaites petites criques de sable où d’autres se tinrent comme des silhouettes, regardant les navires de la “première flotte” britannique jeter l’ancre le 26 Janvier 1788. Ce fut le moment où la seule île continent de la planète fut prise à ses habitants ; l’euphémisme utilisé fut “établie” (NdT: pour colonisée). Ce fut, écrivit Henry Reynolds, un des seuls honnêtes historiens australiens qui soit, un des plus grand vol de territoire de l’histoire du monde. Il décrivit le massacre qui s’en suivit comme “un murmure dans nos cœurs”.

Les Australiens originels sont la plus vieille présence humaine. Pour les envahisseurs européens (NdT: et chrétiens ne l’oublions pas, ceci est lié encore et toujours à la doctrine de la découverte…), ils n’existaient pas parce que leur continent avait été déclaré terra nullius: terre vide. Pour justifier de cette fiction, un meurtre de masse fut ordonné. En 1838, le journal du Sydney Monitor rapporta: “Il a été résolu d’exterminer toute la race noire dans ce quartier.” Ceci faisait référence au peuple Darug qui vivait le long de la grande Hawkesbury River, pas très loin de Sydney. Avec une toute remarquable ingéniosité et sans armes à feu, ils combattirent et résistèrent de manière épique, ce qui demeure toujours aujourd’hui un quasi secret national. Sur une terre où fleurissent de partout les cénotaphes à la gloire des colons australiens morts dans des guerres impérialistes, personne ne se lève pour ces valeureux guerriers qui se sont battus et sont tombés en défendant l’Australie.

Cette vérité n’a pas sa place dans la conscience australienne. Parmi les nations coloniales à populations indigènes, mise à part une “excuse” facile en 2008, seule l’Australie a refusé d’accepter sa honte passée coloniale (NdT: et toujours présente, car comme les Etats-Unis, le Canada et la Nouvelle-Zélande, l’Australie est toujours en 2016 un pays COLONIAL et à ce titre comme l’empire nord-américain, ne possède aucune terre et est un “pays” fondé sur le vol et le génocide…). Un film d’Hollywood, Soldier Blue, en 1970, a fameusement inversé les stéréotypes raciaux et donné aux Américains un regard éclair sur le génocide dans leur propre “établissement” (colonial) mythique. Près d’un demi-siècle plus tard, il est tput à fait juste de dire qu’un film équivalent ne serait jamais fait en Australie.

En 2014, lorsque mon propre film-documentaire “Utopia”, qui raconte l’histoire du génocide australien, a cherché un distributeur local, Je fus conseillé par une des lumières de ce business: “Jamais on ne pourra distribuer ceci. Les audiences ne l’accepteront jamais.”

Il a eu tort, jusqu’à un certain point. Lorsqu’Utopia fut présenté à Sydney quelques jours avant le 26 janvier, à la belle étoile, sur un terrain vague dans une zone aborigène de la ville connue sous le nom de The Block, plus de 4000 personnes vinrent, la vaste majorité non-indigène. Beaucoup voyagèrent depuis l’autre côté du continent. Les leaders indigènes qui apparaissent dans le film se tinrent devant l’éran et parlèrent dans la “langue”… la leur. Rien de semblable ne s’était jamais produit auparavant, et pourtant, il n’y avait aucun représentant de la presse. Pour la plus vaste communauté blanche du pays, ceci ne se passait pas. L’Australie est une Murdochratie, dominée par l’éthique d’un homme qui changea de nationalité pour le Fox News Network des Etats-Unis.

La vedette du football australien (AFL) indigène Adam Goodes écrivit émotivement au Sydney Morning Herald pour demander que “le silence soit brisé”. “Imaginez”, écivit-il. “regarder un film qui dit la vérité au sujet de terribles injustices commises envers votre peuple, un film qui révèle que les Européens et les gouvernements qui ont dirigé notre pays, ont violé, massacré et volé notre peuple pour leur seul profit. Imaginez maintenant ce qui peut être ressenti lorsque le peuple qui a bénéficié le plus de ces viols, de ces meurtres et de ce vol, le peuple au nom de qui ceci fut perpétré, se tourne avec dégoût lorsque quelqu’un expose les faits.

Goodes lui-même a déjà brisé ce silence lorsqu’il se dressa contre les abus racistes qui lui furent lancés ainsi qu’à d’autres athlètes aborigènes. Cet homme courageux et plein de talent, qui a pris sa retraite du football australien l’an dernier comme s’il était sous un lourd nuage avec, écrivit un commentateur sportif “la nation sportive divisée à son sujet”. En Australie, il est respectable d’être divisé en s’opposant au racisme.

En ce jour d’Australia Day le 26 janvier 2016, le peuple indigène préfère parler de Jour de l’Invasion ou le Jour de Survie, il n’y aura aucune reconnaissance que cette unicité de l’Australie réside en son peuple originel, le tout allant avec une mentalité coloniale infuse qui devrait être un embarras de longue date dans une nation indépendante. Cette mentalité s’exprime de bien des façons, de la prosternation politique sans relâche aux pieds d’Etats-Unis prédateurs en passant par un mépris presque normal pour les Aborigènes d’Australie, un écho de “kaffir”, des abuseurs sud-africains.

L’apartheid est pervasif dans la société australienne (NdT: expérimenté en première main sur place, surtout dans le Queensland et les Territoires du Nord…). Pas très loin de Sydney par avion, le peuple indigène a une espérance de vie des plus courtes. Les hommes meurent souvent avant 45 ans. Ils meurent de maladies remontant au temps de Dickens, comme les maladies cardiaques rhumatiques, les enfants deviennent aveugles de la trachoma et sourds à cause d’otites de l’oreille moyenne, des maladies typiques de la pauvreté. Un médecin m’a dit: “Je voulais donner à une patiente des anti-imflammatoires pour une infection qui aurait été inexistant si les conditions de vie étaient meilleures, mais je n’ai pas pu la traiter parce qu’elle n’avait pas assez de nourriture à manger et ne pouvait pas ingérer les tablettes (sans nourriture). J’ai le sentiment parfois de gérer des conditions similaires que celles de la classe ouvrière anglaise au début de la 1ère révolution industrielle.

Le racisme qui permet cela dans une des sociétés les plus privilégiées de la planète est très profond. Dans les années 1920, un “Protecteur des Aborigènes” supervisa le vol, le kidnapping, d’enfants métis avec pour justificatif de “laver la couleur par le brassage”. Aujourd’hui, un chiffre record d’enfants indigènes sont enlevés de leurs foyers et beaucoup ne revoient jamais leur famille d’origine. Le 11 Février, un groupe qui force le respect appelé “Grandmothers Against Removals” mènera une marche sur le parlement fédéral de Canberra, demandant le retour des enfants volés.

L’Australie est le modèle des gouvernements européens qui cloisonnent leurs frontières auparavant ouvertes tout en facilitant le fascisme, comme en Hongrie. Les réfugiés qui osent faire route par mer vers l’Australie dans des bateaux surchargés en passagers, ont été depuis longtemps traités en criminels, avec les “passeurs” dont la notoriété est pompée hors de proportion par les médias australiens afin de faire diversion sur l’immoralité et les crimes de leur propre gouvernement. Les réfugiés sont parqués derrière du fil de fer barbelé en moyenne pour bien plus d’une année, certains indéfiniment, dans des conditions barbares, qui ont mené certains au suicide, au meurtre, à la maladie mentale. Les enfants ne sont jamais épargnés. Un goulag australien géré par des firmes de sécurité privées sinistres et qui inclut des camps de concentration sur les îles isolées du Pacifique de Manus et Nauru. Les gens n’ont aucune idée de quand ils serot libérés et si même ils le seront un jour.

L’armée australienne, dont les faits d’armes sont le sujet de tomes dénués de toute critique remplissant les pleins rayons des librairies d’aéroports, a joué un rôle important à “refouler les bateaux” des réfugiés fuyant les guerres, comme en Irak, guerre commencée et prolongée par les Américains et leurs mercenaires australiens. Aucune ironie et encore moins de responsabilité, ne sont reconnues dans ce rôle si lâche.

Ce jour de fête nationale de l’Australia Day qui vient, la “fierté des services” sera au balcon. Cette fierté s’étend au département de l’immigration australien qui envoie les gens dans son goulag pour un “service de contrôle au large”, le plus souvent de manière tout à fait arbitraire, laissant ces gens se morfondre, se désespérer et pourrir. La semaine dernière on a annoncé que les hauts fonctionnaires de l’immigration ont dépensé 400 000 dollars pour des médailles qu’ils vont s’attribuer à eux-mêmes pour tant d’héroïsme. Allez, sortez encore plus de drapeaux !…

Colonialisme au XXIème siècle: Le cas « oublié » du grand silence australien… (John Pilger)

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Le pays secret fait une nouvelle fois la guerre à son propre peuple

 

John Pilger

 

22 Avril 2015

 

url de l’article original:

http://johnpilger.com/articles/the-secret-country-again-wages-war-on-its-own-people

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

L’Australie a une nouvelle fois déclaré la guerre à son peuple indigène, ce qui nous rappelle la brutalité qui amena une condamnation universelle de l’apartheid en Afrique du Sud. Les peuples aborigènes doivent être expulsés de leurs terres ancestrales où leurs communautés ont vécu des millénaires. En Australie de l’Ouest, là où les compagnies minières font des milliards de dollars de bénéfices en exploitant la terre aborigène, le gouvernement de cet état dit qu’il ne peut plus “soutenir” plus longtemps les terres ancestrales aborigènes.

Des populations vulnérables, à qui on refuse déjà les services de base que la très vaste majorité des Australiens considèrent comme acquis, ont été mises en demeure et averties qu’elles allaient être dépossédées sans aucune consultation préalable et qu’elles seraient virées de leurs terres à la pointe du fusil. Et une fois de plus, les leaders aborigènes ont averti d’une “nouvelle génération de personnes déplacées” et d’un “génocide culturel” (NdT: appelé ethnocide par l’anthropologue politique français Robert Jaulin).

Le mot génocide est un mpt que les Australiens détestent entendre. Le génocide se passe dans d’autres pays, pas dans ce pays si “chanceux” où la richesse par habitant est la seconde de cette planète. Lorsque l’expression “acte de génocide” fut utilisée en 1997 dans le rapport qui fit date “Bringing Them Home”, rapport qui révéla que des milliers d’enfants aborigènes furent enlevés de leurs communautés par des institutions blanches et furent systématiquement violentés ; une campagne massive de déni fut lancée par une clique de l’extrême droite se regroupant autour du premier ministre d’alors John Howard. Cela incluait ceux qui s’appelaient eux-mêmes le groupe des Galatiens, puis Quadrant, puis la Bennelong Society ; la presse de Rupert Murdoch fut leur porte-voix.

La Génération Volée est quelque chose de bien exagéré, disaient-ils, si tant est que cela se soit même produit. L’Australie coloniale était un endroit bénin, il n’y a pas eu de massacres. Les premiers Australiens soit furent victimes de leur propre infériorité culturelle ou ils étaient les nobles sauvages. Des euphémismes utiles furent utilisés.

Le gouvernement du premier ministre actuel Tony Abbott, un conservateur zélé, a ranimé cet assaut sur un peuple qui représente l’unicité singulière de l’Australie. Peu de temps arès être arrivé en fonction, le gouvernement Abbott a coupé 534 millions de dollars des programmes sociaux indigènes, incluant 160 millions du budget de la santé aborigène et 13,4 millions de l’aide légale indigène.

Dans le rapport publié en 2014 ‘Overcoming Indigenous Disadvantage Key Indicators‘, la dévastation est rendue claire et nette. Le nombre de personnes aborigènes hospitalisées pour tentatives de suicide a grandement augmenté, tout comme le nombre de suicides perpétrés de plus en plus jeune dans cette population, parfois touchant des enfants aussi jeunes que 11 ans. Les indicateurs montrent un peuple considérablement appauvri, traumatisé et abandonné. Lisez l’exposé classique sur l’apartheid sud-africain, “The disgarded People” de Cosmas Desmond, qui m’a dit qu’il pourrait en écrire un semblable sur l’Australie.

Ayant insulté les indigènes australiens en déclarant lors d’un petit-déjeuner au G20 en compagnie du premier britannique David Cameron, qu’il “n’y avait rien sur ce continent si ce n’est des buissons” avant l’arrivée de l’homme blanc, Abbott annonça que son gouvernement n’allait plus honorer l’engagement pris il y a longtemps, au sujet des terres ancestrales aborigènes. Il fit remarquer sarcatisquement que “ce n’est pas le boulot des contribuables que de financer les choix de style de vie.

L’arme utilisée par Abbott et son état raciste ainsi que ses contre-parties territoriales est la dépossession par l’abus de pouvoir et la propagande, la coercition et le chantage, comme leur demande de location pour 99 ans de terres indigènes dans les Territoires du Nord (Darwin) en échange des services de base: un vol de terre qui ne dit pas son nom. Le ministre des affaires indigènes, Nigel Scullion, refute cela en clâmant que “ceci est au sujet de communautés et de ce que les communautés veulent.” En fait, il n’y a eu aucune véritable consultation, seulement la co-option de quelques-unes.

Les gouvernements conservateur et travailliste ont déjà retiré le programme national pour l’emploi, le CDEP, des terres natives, mettant ainsi fin à toute opportunité d’emploi et ils ont fait interdire tout investissement dans l’infrastructure des territoires comme pour le logement, les groupes électrogènes, l’assainissement. Les économies faites sont infimes.

La raison en est une doctrime extrême qui évoque les campagnes punitives du début du XXème siècle, celles de la “protection en chef des Aborigènes”, avec le fanatique A.O. Neville qui décréta que les premiers Australiens “s’assimilent” jusqu’à l’extinction. Influencé par le même mouvement eugéniste qui inspira les nazis, les “lois de protection” de la province du Queensland furent un modèle pour l’apartheid sud-africain. Aujourd’hui, les mêmes dogme et racisme sont tissés dans l’anthropologie, la politique, la bureaucratie et les médias. “Nous sommes civilisés, ils ne le sont pas”, écrivit l’historien australien acclamé de tous Russel Ward, il y a de cela deux générations. L’esprit demeure identique.

J’ai fait des reportages sur les communautés aborigènes depuis les années 1960, j’ai observé une routine saisonnière qui veut que l’élite australienne interrompt ses mauvais traitements et sa négligence “normaux” sur les peuples des nations premières pour les attaquer de manière directe. Ceci se produit généralement à l’approche des élections ou si les sondages d’opinion d’un premier ministre sont bas. Botter le cul des noirs est populaire, bien que saisir des terres riches en minerais ait un objectif plus prosaïque. Engorger les gens dans les bidonvilles des centres économiques de la nation satisfait le besoin d’ingénierie sociale des racistes.

La dernière attaque frontale subie fut en 2007 lorsque le premier ministre Howard envoya l’armée dans des communautés aborigènes des Territoires du Nord pour “sauver des enfants” qui, avait alors dit le ministre des affaires aborigènes, Mal Brough, étaient victimes de gangs pédophiles en “nombre impensable”.

Connue sous le vocable de “L’intervention”, les médias y prirent une part prépondérante. En 2006, le programme des affaires courantes de la TV nationale, l’émission “Lateline” de la chaîne ABC (NdT: Australian Broadcasting Corporation, l’équivalent australienne de la BBC) diffuse un entretien sensationnel avec un homme dont le visage est caché. Décrit comme étant un “jeune travailleur” qui a vécu dans la communauté aborigène de Mutitjulu, il fit une série d’allégations évocatrices. Exposé par la suite comme un officiel expérimenté du gouvernement qui rapportait directement auprès du ministre, ses affirmations furent discréditées par l’Australian Crime Commission, la poiice de l’état des Territoires du Nord et un rapport sans appel de pédiâtres commissionnés. La communauté n’a jamais reçu quelque excuse que ce soit.

L’intervention” de 2007 a permis au gouvernement fédéral de détruire bien des vestiges d’auto-détermination des Territoires du Nord, la seule partie d’Australie où le peuple aborigène a gagné des droits à la terre régis par la loi fédérale. Ici, ils administrèrent leurs terres ancestrales avec la dignité de l’auto-détermination et une connexion avec la terre et la culture menant comme Amnesty le rapporta, à une diminution de 40% du taux de mortalité.

C’est cette “vie traditionnelle” qui est anathème à une industrie parasite de fonctionnaires, de contractants, d’avocats, de consultants qui contrôlent et le plus souvent profitent de l’Australie aborigène, même indirectement au travers les structures corporatrices imposées aux organisations aborigènes (NdT: comme cela l’est également en Amérique du Nord et du Sud). Les terres ancestrales sont vues comme une menace, car elles expriment un communalisme en total porte-à-faux avec le néo-conservatisme qui régit l’Australie. C’est comme si l’existence continue d’un peuple qui a survécu et résisté à plus de deux siècles de colonialisme massacrant et de vol, demeurait un spectre errant sur l’Australie blanche: une réminiscence d’à qui appartient vraiment la terre.

L’attaque politique courante a été lancée par l’état/province le plus riche, l’Australie de l’Ouest. En Octobre dernier, le premier ministre de l’état, Colin Barnett, a annoncé que son gouvernement n’avait plus les moyens du budget de 90 millions de dollars pour assurer les services municipaux de base des 282 territoires aborigènes répertoriés, services incluant la distribution d’eau, d’électricité, l’assainissement, les écoles, l’entretien des routes, la collecte des ordures ménagères. Ceci est l’équivalent d’informer les banlieues blanches de Perth que leurs arroseurs de pelouse et leurs chasses d’eau ne pourraient plus fonctionner et qu’ils devaient déménager et que s’ils refusaient, la police les expulserait manu-militari.

Où devront aller les dépossédés ? Où devront-ils vivre ? En six ans, le gouvernement de Barnett a construit très peu de logement pour les indigènes dans les zones reculées. Dans la région de Kimberley, les SDF aborigènes, mis à part les cas de catastrophes naturelles, sont plus nombreux que partout ailleurs, et ceci dans un état réputé pour sa richesse indécente, ses parcours de golf et ses prisons regorgeant de noirs appauvris. L’Australie de l’Ouest met en prison les Aborigènes en moyenne huit fois plus que ne le faisait l’Afrique du Sud de l’apartheid. Cet état a un des taux d’incarcération juvénile le plus haut au monde, pratiquement tous des indigènes, ceci incluant des enfants maintenus en isolement (QHS) dans des prisons pour adultes, avec leurs mères montant la garde dehors.

En 2013, l’ancien ministre des prisons, Margaret Quirk, m’a dit que l’état “ratissait et entreposait” les prisonniers aborigènes. Lorsque je lui ai demandé ce que cela voulait dire, elle répondit. “On les entrepose”.

En Mars, Barnett a changé de refrain. Il y avait des “preuves émergentes” a t’il dit, “de mauvais traitements aux enfants” dans les territoires. Quelle preuve ? Barnett a dit que des gonorrhées ont été trouvées chez des enfants de moins de 14 ans, puis dit qu’il ne savait pas si cela venait des communautés. Son chef de la police, Karl O’Callaghan y alla aussi de son couplet disant que l’abus sexuel d’enfants était omniprésent. Il cita une étude vieille de 15 ans de l’Australian Institute of Family Studies. Ce qu’il oublia de dire était que ce rapport mettait en évidence la pauvreté comme cause primordiale de la “négligence” et que les cas d’abus sexuels comptaient pour moins de 10% de l’ensemble des cas étudiés.

L’ Australian Institute of Health and Welfare, une agence fédérale, a récemment publié un rapport sur ce qu’il appelle le “Fardeau Fatal” de maladie du tiers monde et de traumatisme, portés par le peuple indigène “résultant de près de 100 000 ans de mortalité dûe à des morts prématurées.” Ce “fardeau fatal” est le produit de la pauvreté extrême imposé par l’Australie de l’Ouest, comme dans le reste de l’Australie et du déni des droits de l’Homme.

Dans la vaste et très riche Australie de l’Ouest de Barnett, une toute petite fraction des revenus générés par l’exploitation minière, du pétrole, du gaz naturel, bénéficie aux communautés aborigènes desquelles le gouvernement a la responsabilité de s’occuper. Dans la ville de Roeburne, au milieu de la région riche en minerais et en plein développement de Pibara, 80% des enfants aborigènes souffrent d’une infection de l’oreille appelée otitis media qui peut causer à terme la surdité.

En 2011, le gouvernement de Barnett a fait preuve de brutalité dans une des communautés d’Oombulgurri ce que les autres communautés peuvent s’attendre a subir. “D’abord le gouvernement a mis un terme aux services”, écrit Tammy Solonec d’Amnesty International, “il ferma les magazins, ainsi les gens ne pouvaient plus acheter de nourriture et de choses essentielles. Il ferma la clinique, pour forcer les malades et les personnes âgées à bouger puis l’école, de façon à ce que les familles avec des enfants soient forcées de partir ou de devoir faire face à ce que leurs enfants leur soient retirés par la force. Le commissariat de police fut le dernier service à être fermé, puis finalement ils coupèrent l’eau et l’éectricité. Finalement les 10 résidents qui restèrent contre vents et marées furent expulsés manu-militari sans pouvoir prendre leurs affaires. Puis les bulldozers sont entrées dans la communauté. Le gouvernement de l’Australie de l’Ouest a littéralement creusé un trou dans le sol et y a enterré les ruines des maisons des gens qui vivaient là ainsi que leurs affaires personnelles.”

En Australie du sud, les gouvernements d’état et fédéral ont lancé une attaque similaire sur 60 communautés indigènes reculées. L’Australie du sud a un Aboriginal Lands Trust établit de longue date, ainsi les gens purent défendre leurs droits, jusqu’à un certain point… Le 12 Avril, le gouvernement fédéral a offert 15 millions de dollars sur 5 ans. Qu’une somme si pathétique soit considérée comme suffisante pour financer de bons services aux dépends des territoires aborigènes de l’état est une indication de la valeur placée sur les vies aborigènes par les politiciens blancs qui dépensent annuellement et sans sourciller quelques 28 milliards de dollars en armement et en budget militaire. Haydn Bromley, directeur de l’ Aboriginal Lands Trust m’a dit: “les 15 millions n’incluent pas la majorité des territoires et cela ne couvrira que le strict minimum, électricité, eau, développement des collectivités, infrastructure ? Oubliez !”

La distraction actuelle de ces sales secrets nationaux est l’approche de la “célébration” du centenaire de ce désastre militaire edwardien à Gallipoli en 1915 lorsque 8 709 Australiens et 2 779 Néo-Zélandais, les ANZAC, furent envoyées à une mort certaine dans un assaut futile sur une plage de Turquie. Ces dernières années, les gouvernements de Canberra ont promu ce gâchis impérialiste en vies humaines comme une déité historique afin de masquer le militarisme sous-jacent au rôle de l’Australie en tant qu’assistant du shériff américain dans le Pacifique.

Dans les librairies, les rayons “histoire australienne” foisonnent de bouquins opportunistes sur les faits d’arme, les héros et le patriotisme va t’en guerre. D’un seul coup d’un seul, les Aborigènes qui se sont battus pour les hommes blancs sont à la mode, tandis que ceux qui se sont battus contre l’homme blanc en défense de leur terre et nation, l’Australie, tombent en disgrâce. De fait, ils sont officiellement non-humains. Le monument aux morts national, l’Australian War Memorial, refuse de reconnaître leur remarquable résistance à l’invasion britannique. Dans un pays submergé de monuments à la gloire des ANZAC, il n’y a pas un seul monument érigé pour les milliers d’Australiens natifs originels qui se sont battus et sont tombés pour défendre leur terre ancestrale.

Ceci fait partie de ce “grand silence australien”, comme W.E.H Stanner intitula son discours de 1968 dans lequel il décrivait “un culte de l’oubli à l’échelle nationale”. Il y faisait référence au peuple aborigène. Aujourd’hui le silence est omniprésent. A Sydney en ce moment, il y a une exposition à l’Art Gallery of New South Wales: “Le photographe et l’Australie”, dans laquelle le début de l’histoire de ce très ancient continent démarre incroyablement avec le capitaine Cook.

Le même silence couvre une autre résistence de longue haleine et toute aussi épique. Les extraordinaires manifestations des femmes indigènes protestant contre l’enlèvement de leurs enfants et petits-enfants par l’État, pour certains d’entre eux à la pointe du fusil ; ignorées des journalistes et traitées avec condescendance par les politiciens. Toujours plus d’enfants indigènes sont arrachés de leurs communautés et foyers aujourd’hui que durant les pires années de l’époque de la Génération Volée. Un record établi présente 15 000 enfants maintenant détenus et “pris en charge” ; beaucoup sont donnés à des familles blanches et ne retourneront jamais dans leurs communautés.

L’an dernier, le ministre de l’intérieur de l’état de l’Australie de l’Ouest, Liza Harvey, a participé à la représentation de mon film documentaire “Utopia” à Perth, film qui documentait le racisme et la voyouterie de la police à l’encontre des Australiens noirs ainsi que les nombreuses morts de jeunes Aborigènes en détention dans les locaux de police. La ministre a pleuré durant la projection.

Durant ses fonctions au ministère, 50 policiers armés de la ville de Perth ont attaqué un camp de sans abris à Matagarup et en ont expulsé essentiellement de jeunes mère et des grand-mères avec leurs enfants. Les gens de ce camp se décrivant eux-mêmes comme des “réfugiés… cherchant la sécurité dans leur propre pays.” Ils ont demandé l’aide du Haut Commissaire de l’ONU pour les réfugiés.

Les politiciens australiens sont très nerveux avec les Nations-Unies. La réponse d’Abbott a été l’abus verbal. Lorsque le professeur James Anaya, le rapporteur spécial de l’ONU sur les peuples indigènes, a décrit le racisme de “l’Intervention”, Abbott lui a dit “d’aller se faire voir” et “de ne pas écouter la brigade des vieilles victimes”.

La planification de la fermeture des territoires indigènes enfreint l’article 5 de la Convention Internationale pour l’Élimination de la Discrimination Raciale (CIEDR) et la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes (DDPI) de l’ONU. L’Australie s’est engagée à “fournir des mécanismes efficaces pour la prévention de ou la remédiation… pour toute action qui a ou aurait pour but de déposséder les peuples indigènes de leurs terres, de leurs territoires ou de leurs ressources.” Les accords sur les droits économiques, sociaux et culturels sont sans appel. “L’éviction forcée” est contre la loi.

Un mouvement international est en cours. En 2013, la pape François 1er a demandé au monde d’agir contre le racisme et pour “les peuples indigènes qui sont de plus en plus isolés et abandonnés.” (NdT: Comme si le Vatican avait quelque leçon d’anti-racisme à donner alors même que les bulles papales Romanus Pontifex et Inter Caetera de 1455 et 1493, continuent d’être le fondement légal de la loi coloniale sur le sous-continent nord-américain, bulles papales qui instaurèrent la doctrine chrétienne de la “découverte”, l’extermination, la mise en esclavage des “païens et infidèles” et la saisie de leurs terres et biens au nom du pape, vicaire du christ et dictateur en chef… Quelle hypocrisie sans nom, abusant de l’ignorance des gens à ce sujet…)

Ce fut la défiance de l’Afrique du Sud d’un tel principe de base des droits de l’Homme qui déclancha une opprobe internationale et une campagne qui mit alors un terme à l’apartheid.

Prend garde Australie !

Résistance au colonialisme occidental: Une vision australienne (John Pilger)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, santé, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 25 septembre 2014 by Résistance 71

Nous avons souvent mentionné sur ce blog que considérer que nous vivons dans « un monde post-colonial » comme le veut la doxa élitiste colonialiste occidentale est au mieux naïf, au pire complice des exactions commises envers les peuples indigènes du monde entier. Nous ne vivons en aucun cas dans un monde « post-colonial » mais dans un monde où l’empire anglo-américain plus que jamais hégémonique, est toujours fondé sur un colonialisme actif , dont les racines se trouvent dans les bulles papales Romanus Pontifex (1455) et Inter Caetera (1493). Si cela est une évidence pour le pays du goulag levant (ex-USA) et son satellite qu’est l’entreprise commerciale « Canada », on oublie par trop souvent le cas de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande. 

John Pilger nous rappelle ici l’ignominie coloniale également pratiquée « DownUnder » à l’encontre des peuples indigènes victime de la doctrine du « Terra Nullus »… La salut de l’humanité passe par les peuples occidentaux libérés de l’idéologie coloniale les accablant tout autant et se tenant debout, la main dans la main avec leurs frères autochtones des cinq continents ! C’est devenu une évidence.

— Résistance 71 —

 

Guerre, grand cirque et injustice en Australie

 

John PIlger

 

19 Septembre 2014

 

url de l’article:

http://johnpilger.com/articles/war-circus-and-injustice-down-under

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Il y a des moments où la farce et la caricature vivante consumme presque le cynisme et le manque total de confiance en la vie quotidienne des dirigeants australiens. Sur toutes les manchettes de journaux se trouve la photo d’un Tony Abbot (NdT: premier ministre australien) résolu, se tenant avec des enfants indigènes à Arnhem Land, dans le lointain et isolé nord du pays. “Politique intérieure aujourd’hui, concentration sur la guerre demain” nous dit la légende.

Rappelant un anthropologue d’antan, le premier ministre se saisit de la tête d’un enfant indigène qui essaie de lui serrer la main. Il est aux anges, comme s’il ne pouvait pas croire au succès de cette double opération de relation publique: “gérer la nation” depuis une tente de savane sur la Gove Peninsula tout en “menant la nation à la guerre”. Comme dans toute “télé réalité” qui se respecte, il est entouré de caméras et de spectateurs frénétiques, qui alertent la nation de ses actions réfléchies et décisives.

Mais attendez un peu. Le chef de tous les Australiens doit s’envoler vers le sud pour dire au revoir au SAS, sur le départ pour sa dernière mission héroïque depuis son orgie sanguinaire d’Afghanistan. “Poursuivre le mal absolu” est une phrase bien sûr familière, un rôle historique de mercenariat est indiscible, cette fois-ci soutenant le tout dernier régime sectaire installé par les Etats-Unis à Baghdad et des anciens “terroristes” kurdes re-étiquetés, qui gardent maintenant les puits et champs pétroliers de Chevron, Exxon-Mobil, Marathon Oil, Hunt Oil et al.

Aucun débat parlementaire n’est autorisé ; aucune invitation fabriquée d’étrangers en détresse n’est nécessaire, comme ce fut le cas pour le Vietnam. La vitesse d’exécution est l’essence même de la chose. Quid des services de renseignement américains insistant qu’il n’y a aucune menace de l’État Islamique aux Etats-Unis ni même de manière présumée en Australie, la vérité pourrait mettre en péril la mission si on perd du temps. Si le spectacle médiatique et policier “anti-terreur” de cette semaine sur les arrestations au sujet d’un “complot contre Sydney” n’arrive pas à exciter les suspicions de la nation, alors rien ne le fera. Que l’acte de guerre irresponsable d’un Abbott impopulaire prouvera à un moment donné que les Australiens seront moins sécures, devrait aussi faire partie des manchettes de journaux. Rappelez-vous le choc en retour des guerres de Bush et de Blair.

Qu’en est-il des décapitations ? Pendant les 21 mois qui se sont écoulés entre la capture de James Foley et son exécution, il y a eu 113 personnes qui ont été décapitées en Arabie Saoudite, un des alliés les plus proche d’Obama et d’Abbott dans leur entreprise “morale et idéaliste”. De fait, la guéguerre d’Abbott aura sûrememt droit à sa petite plaque commémorative à l’Australian War Memorial aux côtés de toutes les invasions colonialistes reconnues dans ce grand sanctuaire du nationalisme blanc, sauf bien sûr, l’invasion coloniale de l’Australie elle-même durant laquelle la décapitation des défenseurs australiens indigènes n’était pas considérée comme mal absolu.

Ceci nous ramène au spectacle d’Arnhem Land. Abbott dit que la raison pour laquelle lui et les médias ont campé là-bas est qu’il pouvait consulter les “chefs” indigènes et “avoir une meilleure compréhension des besoins des gens vivant et travaillant dans ces zones.”

L’Australie est inondée de la connaissance des “besoins” de ses premières nations. Chaque semaine, semble t’il, une autre étude vient s’ajouter au torrent d’information existant au sujet de l’appauvrissement imposé et de la discrimination raciale vicieuse et éhontée se produisant contre le peuple indigène: L’apartheid sans en porter le nom. Les faits, qui ne peuvent plus être pirouettés, doivent être ancrés dans la conscience nationale si pas dans celle du premier ministre. L’Australie a un ratio d’incarcération de sa population indigène bien supérieur à celui de l’Afrique du Sud du temps de l’apartheid. Les décès en détention se produisent comme au son des tambours, les maladies de l’ère de Dickens sont légion, incluant pour ceux qui vivent au sein du boum économique minier qui fait engranger des milliards de dollars par semaine. Des maladies cardiaques rhumatiques tuent des indigènes trentenaires et quarantenaires et leurs enfants deviennent sourds et souffent de trachoma, maladie parasitaire qui les rend aveugles.

Lorsqu’alors qu’il était un ministre de la santé fantômatique en 2009, Abbott fut rappelé à l’ordre par le rapporteur des Nations-Unies sur les peuples indigènes, disant que l’”intervention” frauduleuse du gouvernement Howard était raciste, il rétorqua alors au professeur James Anaya d’aller se “faire voir” et “d’arrêter d’écouter la brigade des vieilles victimes”. Le très distingué Anaya revenait juste d’Utopia (NdT: territoire indigène du nord de l’Australie), une vaste région du nord où j’ai filmé la preuve du racisme et de la privation forcée qui l’ont choqué lui et des millions de spectateurs dans le monde entier. “La sous-alimentation est très commune”, m’a dit un médecin généraliste du centre de l’Australie.

Aujourd’hui, alors qu’Abbott pose pour les photographes avec des enfants d’Arnhem Land, les enfants d’Utopia n’ont pas accès à l’eau potable. Pendant 10 semaines, des communautés entières n’ont eu aucune eau courante. Un nouveau puit aménagé coûterait juste 35 000 $. L’impétigo et toujours plus de trachoma en sont le résultat. (par comparaison, considérez que la dernière ministre des affaires indigènes d’un gouvernement socialiste, Jenny Macklin, a dépensé 331 144 $ pour réaménager son bureau de Canberra).

En 2012, Olga Havnen, une officielle vétéran du gouvernement de la province du Northern Territory, a révélé que 80 millions de dollars ont été dépensés sur la surveillance des familles et sur le retrait des enfants indigènes de leur environnement familial, comparés aux 500 000 dollars aloués pour le soutien des familles appauvries. Sa mise en garde contre l’émergence d’une seconde génération perdue a eu pour résultat son limogeage. Cette demaine à Sydney, Amnesty et un groupe connu sous le nom des Grands-mères contre le retrait des enfants ont présenté plus de preuves du fait que le nombre d’enfants indigènes enlevés à leur famille, souvent de manière violente, est bien plus important aujourd’hui qu’à n’importe quel autre moment de l’histoire coloniale de l’Australie.

Will Tony Abbott, l’ami auto-proclamé du peuple indigène s’interpose t’il pour défendre ces familles ? Bien au contraire, dans son budget fédéral du mois de Mai, Abbott a coupé 536 millions de dollars pour les “besoins” du peuple indigène pour les cinq prochaines années, un quart de cet argent était aloué au système de santé. Bien loin d’être un “ami” des indigènes, le gouvernement Abbott continue le vol des terres indigènes avec une supercherie à la confiance appelée la “location sur 99 ans”. En retour d’abandonner leur terres, l’essence même de l’aboriginalité, les communautés vont recevoir des bribes de loyers, que le gouvernement prendra des royalties sur l’extraction minière en territoires indigènes. Peut-être que seulement en Australie peut avoir lieu une telle politique du mensonge, de la mascarade et de la tromperie.

Similairement, Abbott semble soutenir une réforme constitutionnelle qui “reconnaîtra” le peuple indigène dans un referendum proposé. La campagne “Reconnaissance” consiste en des gestes familiers et remise de récompense, promus par une campagne de relation publique “autour de laquelle la nation peut se rassembler”, d’après le journal du Sydney Morning Herald, voulant dire que la majorité ou ceux que cela intéresse, peuvent avoir le sentiment qu’ils font quelque chose tout en ne faisant rien.

Durant toutes les années de mes reportages et de mes documentaires sur l’Australie indigène, un “besoin” m’a toujours paru essentiel. Un traité. Par cela je veux dire une charte des droits effective et cohérente des droits indigènes: droits sur la terre, droits sur les ressources, droits sur la santé, droits sur l’éducation, droits sur le logement et bien plus. Aucune des soi-disantes “avancées” de ces dernières années, comme le Native Title, n’a donné les droits et les services accordés à presque tous les Australiens et que ceux-ci considèrent comme acquis.

Comme le dit si bien la leader Arrente/Amatjere Rosalie Kunoth-Monks: “Nous n’avons JAMAIS cédé la propriété de cette terre. Ceci demeure notre terre et nous devons négocier un traité légal avec ceux qui s’en sont emparés.” La vaste majorité si ce n’est pas tous les indigènes sont d’accord avec elle et une campagne pour l’obtention d’un traité, bien qu’ignorée par les médias, est en train de gagner un sérieux momentum, spécifiquement parmi la jeunesse indigène éduquée qui n’est pas représentée par des leaders corrompus et vendus au système, disant à la société blanche ce qu’elle désire entendre. Que l’Australie possède un premier ministre qui a décrit ce pays comme étant “inhabité” jusqu’à ce que les Britanniques n’y arrivent, ne fait qu’indiquer l’urgence d’une véritable réforme, de la fin du paternalisme et de la mise en action d’un traité négocié entre partenaires EGAUX. Car tant que nous, qui sommes arrivés bien plus tard, ne redonnons pas aux premiers Australiens leur nationalité, nous ne pourrons jamais clâmer la nôtre.

Résistance au colonialisme: En Australie les mesures génocidaires et ethnocidaires continuent…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 27 mars 2014 by Résistance 71

Nous avons soulevé le problème de l’ethnocide/génocide des peuples autochtones en Amérique du Nord et avons mentionné la similarité d’actions en Australie. John Pilger remet cette ignominie sous les feux de la rampe. Pilger a été un dénonciateur de longue date de la politique génocidaire de son pays, depuis son documentaire en 1985 « Secret Country: First Australians Fight Back », Il a été sans relâche un supporteur de l’anti-colonialisme et des peuples aborigènes. Son dernier documentaire en date « Utopia » ramène le sujet du génocide australien à l’ordre du jour.

Tout cela bien sûr sous couvert de la doctrine chrétienne de la découverte qui est au cœur du colonialisme occidental depuis plus de 500 ans. L’Australie, tout comme les Etats-Unis, le Canada et la Nouvelle-Zélande, sont des entités commerciales de la City de LOndres et de sa « couronne »/Banque d’Angleterre et ne sont pas des nations légales. Leur domination repose sur une doctrine religieuse raciste à laquelle il faut mettre fin. C’est LA solution pour faire chuter sans espoir de retour l’empire anglo-américain actuel qui repose sur l’usurpation, le vol et le génocide de nations indigènes sur deux continents.

— Résistance 71 —

 

Une fois de plus, l’Australie vole ses enfants aborigènes

 

John Pilger

 

21 mars 2014

 

url de l’article original:

 

http://johnpilger.com/articles/once-again-australia-is-stealing-its-indigenous-children

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

L’enregistrement atteint un climax. Il y a la voix d’un enfant qui hurle alors qu’il est arraché à sa mère, qui supplie: “Il n’y a rien d’anormal avec mon bébé, pourquoi nous faites-vous tout cela ? J’aurais été pendue il y a des années n’est-ce pas ? Parce qu’en tant qu’Aborigène australien, vous êtes coupable avant d’être prouvé innocent.” La grand-mère de l’enfant demande à savoir pourquoi “le vol de nos enfants se produit-il de nouveau ?”. Un fonctionnaire des services sociaux dit: “Je l’emmène, mon pote”.

Ceci s’est produit envers une famille aborigène dans la cambrousse de Nouvelle-Galles du Sud. Cela se passe à travers l’Australie dans un énorme abus scandaleux des droits de l’Homme, abus largement ignoré et non dit, qui évoque la tristement célèbre période de la “Génération Perdue” du siècle dernier. Jusqu’aux années 1970, des milliers d’enfants métis furent volés à leurs mères par les fonctionnaires des services sociaux. Ces enfants furent donnés à des institutions pour en faire de la main d’œuvre à très bon marché ou des esclaves, beaucoup d’entre eux furent battus et violés.

Décrite par un Protecteur en Chef des Aborigènes, la politique connue pour être assimilatrice, était aussi connue pour être le tristement célèbre “lavage génétique de la couleur”. Elle fut influencée par le même mouvement eugéniste qui inspira les nazis (NdT: En provenance directe des Etats-Unis avec la Fondation Eugéniste des Rockefeller, qui fit envoyé des scientifiques américains et des fonds au Kaiser Willhem Institute afin d’aider aux programmes eugénistes allemands dans les années 1930). En 1997, un rapport référence intitulé “Ramenez-les à la maison”, dévoila qu’au moins 50 000 enfants et leurs mères endurèrent “l’humiliation, la dégradation et la brutalité sans nom de l’acte de la séparation forcée… Le produit de politiques calculées et voulues de l’état australien.” Le rapport appela ceci, génocide.

A part le nom, l’assimilation demeure la politique du gouvernement australien. Des euphémismes tels que “réconciliation” et “meilleurs futurs” couvrent des mesures d’ingénierie sociale similaires couplé à un racisme de longue haleine tout autant qu’insidieux au sein de l’élite politique, de la bureaucratie et plus largement, de la société australienne. Lorsqu’en 2008, le premier ministre Kevin Rudd présenta ses excuses à la Génération Perdue, il ajouta: “Je veux être franc et direct à ce sujet. Il n’y aura aucune compensation”. Le quotidien du Sydney Morning Herald félicita Rudd  de cette “fine manœuvre” qui “clarifia une politique endommagée qui répond aux besoins émotionnels de certains de ses supporteurs, mais ne change rien.”

Aujourd’hui, le vol des enfants aborigènes, incluant celui des bébés pris de la table d’accouchement, est bien plus généralisé qu’à aucun moment durant le dernier siècle écoulé. Depuis juin de l’an dernier, 14 000 bébés aborigènes ont été “enlevés”. Ceci représente un chiffre cinq fois plus élevés que lorsque le rapport “Ramenez-les à la Maison” fut écrit. Plus du tiers de tous les enfants retirés sont Aborigènes, et ce d’un chiffre d’une population qui ne représente que 3% de la population australienne. A cette vitesse, cette saisie de masse d’enfants aborigènes résultera en une génération volée de plus de 3300 enfants volés rien que pour la province de Northern Territories.

Pat (pas son vrai nom) est la mère dont l’angoisse fut enregistrée secrètement au téléphone alors que 4 fonctionnaires des services sociaux et 6 policiers arrivaient chez elle. Sur l’enregistrement, un fonctionnaire affirme qu’ils ne sont venus que pour faire une “évaluation”. Mais deux des policiers qui connaissaient Pat lui dirent qu’ils ne voyaient aucun risque pour l’enfant mais lui dirent aussi “de vite se sauver”. Pat s’enfuit, son jeune enfant dans ses bras, mais l’enfant d’un an fut éventuellement pris sans qu’on ne lui en donne une quelconque raison. Le lendemain matin, un policier retourna pour s’excuser et pour lui dire que son enfant n’aurait jamais dû être pris. Pat n’a aucune idée de l’endroit où se trouve son fils à l’heure actuelle.

Une fois, elle fut “invitée” par des fonctionnaires d’amener ses enfants dans un bureau “neutre” pour discuter d’un “plan d’attention”. Les portes furent vérouillées et les fonctionnaires se saisirent de ses enfants, l’un des plus jeunes s’aggripant à la ceinture révolver d’un policier. Beaucoup de mère indigènes ne connaissent pas leurs droits. Un tribunal pour enfants très discrets est devenu notoire pour valider les saisies d’enfants.

La plupart des familles aborigènes vivent à la limite. Leur espérance de vie dans des villes proches de Sydney est aussi basse que 37 ans. Les maladies de Dickens sont communes, l’Australie est le seul pays développé qui n’a pas éradiqué la maladie du trachoma, qui rend aveugle les enfants aborigènes.

Pat s’est à la fois courageusement rebellée contre et a aussi obéi à la bureaucratie punitive qui peut enlever un enfant sur juste un ouï-dire. Elle a été acquittée par deux fois de fausses accusations, dont une incluant le “kidnapping” de ses propres enfants. Un psychologue l’a qualifié de parfaitement capable d’être une bonne mère.

Josie Crawshaw, une ex-directrice d’une organisation respectée de soutien aux familles dans la ville de Darwin m’a dit: “Dans les zones reculées, les fonctionnaires y vont en avion très tôt le matin et emmènent les enfant à des milliers de kilomètres de leurs communautés. Il n’y a aucune explication donnée, aucun soutien et l’enfant peut disparaître à tout jamais.”

En 2012, la coordinatrice générale de l’organisation Remote Services des Territoires du Nord, Olga Havnen a été virée lorsqu’elle révèla que près de 80 millions de dollars étaient dépensés à la surveillance et à l’enlèvement des enfants aborigènes, comparés aux seuls 500 000 dollars aloués pour le soutien des mêmes familles appauvries. Elle m’a dit: “Les raisons principales d’enlèvement des enfants à leurs familles sont à cause de problèmes sociaux qui sont directement liés à la pauvreté et à l’inégalité. L’impact sur les familles est simplement horrible parce que s’ils ne sont pas réunis dans les 6 mois, il est fort probable qu’ils ne se reverront plus jamais. Si l’Afrique du Sud faisait cela, il y aurait une protestation internationale.”

Elle et bien d’autres à la longue expérience, avec lesquels j’ai eu des entretiens se sont tous fait l’écho du rapport “Ramenez-les à la Maison”, qui décrivait une “attitude” officielle en Australie à l’encontre des Aborigènes comme étant “moralement déficient”. Un porte-parole de Département des Familles et des Services Communautaires a dit que la majorité des enfants aborigènes enlevés à leurs familles en Nouvelle-Galles du Sud étaient placés chez des suppléants indigènes. D’après les réseaux de soutien aborigènes, ceci n’est qu’un écran de fumée, ceci ne veut pas dire familles d’accueuil et le contrôle par la division est le véritable succès de la bureaucratie.

J’ai rencontré un groupe de grands-mères aborigènes, toutes des survivantes de la première génération volée, toutes ont eu des petit-enfants qui ont été volés. “Nous vivons de nouveau dans la peur” ont-elles toutes dit. David Shoebridge, un député vert ma dit: “La vérité est la suivante, il y a un véritable marché chez les blancs pour ces enfants, spécifiquement les bébés.”

Le parlement de Nouvelle-Galles du Sud va bientôt débattre d’une législation qui va introduire l’adoption forcée et le “gardiennage”. Les enfants de moins de deux ans seront concernés, sans le consentement de la mère, s’ils ont été “enlevés” depuis plus de 6 mois. Pour beaucoup de mères aborigènes comme Pat, cela peut prendre jusqu’à 6 mois pour reprendre contact avec leurs enfants. “Cela met les familles aborigènes manifestement sur la voie de l’échec”, a dit Shoebridge.

 

J’ai demandé pourquoi à Josie Crawshaw. “L’ignorance voulue de l’Australie au sujet de ses nations premières est maintenant devenue une sorte de tolérance qui arrive au point que vous pouvez écraser un groupe entier de l’humanité et cela n’est pas dérangeant.”

Hégémonie culturelle et colonialisme: Le passé et le présent brutaux de l’Australie (John Pilger)

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Des Amériques à l’Australie en passant par l’Afrique, le glas sonne pour le colonialisme toujours avéré et son avatar moderne néo-colonialiste. Les DOM-TOM français, les Etats-Unis, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, toutes les dépendances pseudo-indépendantes du Commonwealth britannique inféodées à la « couronne » (à savoir: la Banque d’Angleterre et la City de Londres…), tous ces territoires sont sous contrôle direct ou indirect de leur maison mère et tout cela est en train de toucher à sa fin, sous l’impulsion des peuples indigènes humiliés mais survivants à des siècles de génocide.

John Pilger nous rappelle (ou nous apprend c’est selon…), ce qu’est la véritable histoire de son pays l’Australie. Après un premier documentaire dézingant en 1985 sur la question aborigène, il récidive avec son nouveau documentaire « Utopia » au sujet de l’infâmie coloniale… Quoi d’autre vraiment ? Plus on y pense et plus on se rend compte que toute la situation politico-économique du monde actuel n’est basée que sur une seule et unique chose: l’Idéologie de la suprématie raciste de l’occident sur le reste du monde, avalisée, encouragée par les églises et soutenue par tous les états au fil de l’histoire.

Changer de paradigme politique, c’est en finir avec ce dogme suranné et criminel. La colonisation est avant tout idéologique. L’oppression s’exerce sur nous les peuples occidentaux de manière plus « feutrée », le degré de coercition n’est pas le même, car au fond il ne s’agit que du degré d’expression et d’application de cette infâmie suprémaciste… Il est évident aujourd’hui que les oligarques ont autant de mépris et de griefs contre nous que contre les populations qu’elles ont conquises au cours de l’histoire.  Comme le disait for justement Howard Zinn, le grand historien américain: « On ne peut pas être neutre dans un train en marche »… Pilger n’est pas neutre non plus… Arrêtons de l’être !

— Résistance 71 —

 

Le passé et présent brutaux sont un autre pays dans l’Australie secrète

 

John Pilger

 

7 Novembre 2013

 

url de l’article:

http://www.informationclearinghouse.info/article36776.htm

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Bande annonce du film de John Pilger “Utopia”, sur les écrans en Grande-Bretagne le 15 Novembre, en Australie en Décembre 2013:

http://www.youtube.com/watch?v=-M-_-DwJg8s

 

Les couloirs du parlement australien sont si blancs que cela vous fait plisser les yeux. Les sons sont feutrés, l’odeur de cire. Les parquets brillent tellement qu’ils réfléchissent les portraits cartoonesques des premiers ministres ainsi que des rangées de peintures aborigènes, suspendues aux murs blancs, leur sang et leur larmes invisibles.

L’Assemblée Nationale australienne siège à Barton, une banlieue de Canberra qui a pris le nom du premier ministre initial de la nation, Edmond Barton, qui mit en place la politique de l’Australie blanche en 1901. “La doctrine de l’égalité de l’Homme”, disait Barton, “n’a jamais eu l’intention de s’appliquer aux non britanniques et aux non-blancs”.

La préoccupation première de Barton était les Chinois, connus sous le vocable de péril jaune; il ne fit aucune mention de la plus ancienne et plus endurante présence humaine sur Terre: les premiers Australiens. Ils n’existaient pas. Leur méticuleuse attention envers ce pays rugueux n’avait aucun intérêt. Leur résistance épique ne s’est jamais produite. De ceux qui luttèrent contre les envahisseurs britanniques de l’Australie, le journal du Sydney Monitor rapporta en 1838: “Il fut résolu d’exterminer toute cette race noire dans ce quart de siècle.” Aujourd’hui, les survivants sont un secret national qui fait honte.

La ville de Wilcannia en Nouvelle Galles du Sud (NSW), s’est distinguée par deux fois. Elle est l’heureuse récipiente de la ville la plus propre d’Australie et ses peuplades indigènes ont l’espérance de vie la plus courte de tout le pays. Ils sont en général morts avant l’âge de 35 ans. Le gouvernement cubain a mis en place un programme d’alphabétisme pour eux, comme ils le font pour les plus pauvres en Afrique. D’après le rapport du Crédit Suisse sur la richesse mondiale, l’Australie est l’endroit le plus riche au monde.

Les politiciens de Canberra sont parmi les citoyens les plus riches au monde. Leur auto-suffisance est légendaire. L’an dernier, la ministre des affaires indigènes Jenny Macklin a fait rénover son bureau pour la modique somme de 331 144 AUD (NdT: environ 300 000 Euros) aux frais du contribuable.

Macklin a récemment déclaré qu’elle avait fait une “énorme différence” au sein du gouvernement. C’est vrai. Pendant son mandat de ministre, le nombre d’aborigènes vivant dans des bidonvilles a augmenté de près d’un tiers et plus de la moitié de l’argent fédéral dépensé pour le logement des indigènes fut empoché par des sous-traitants contractants blancs et une bureaucratie dont elle était responsable. Une maison en ruine typique de la cambrousse d’une communauté indigène doit loger jusqu’à 25 personnes. Les familles, les vieux et les handicapés attendent des années pour des toilettes et salles de bain qui fonctionnent.

En 2009, le professeur James Anaya, le très respecté rapporteur de l’ONU pour les droits des peuples indigènes, avait décrit comme raciste “L’état d’urgence” qui avait privé les communautés indigènes australiennes du peu de droits et de services dont elles bénéficiaient sous prétexte que des gangs pédophiles étaient présents en nombre “impensable”, affirmation qui fut réfutée par la commission australienne sur le crime et la police.

Le porte-parole de l’opposition aux affaires indigènes d’alors, Tony Abbott, avait dit à Anaya d’aller se faire voir et “de ne pas écouter l’éternelle brigade des vieilles victimes”. Abbott est maintenant le premier ministre de l’Australie.

J’ai conduit dans le centre rouge de l’Australie centrale et ai demandé au Dr. Janelle Trees au sujet de la “brigade des vieilles victimes”. Une médecin généraliste dont les patients indigènes vivent à quelques kilomètres des stations balnéaires à 1000 $ la nuit d’hôtels desservant Uluru (Ayers Rock) et elle m’a dit: “Il y a de l’amiante plein les maisons des aborigènes et lorsque quelqu’un a une fibre d’amiante dans les poumons et développe un mésothélioma, le gouvernement s’en fiche. Quand les enfants ont des infections chroniques et s’ajoutent à ces horribles statistiques d’aborigènes mourant de maladies rénales et vulnérables à des records mondiaux de maladies cardiaques rhumatiques, rien n’est fait. Je me demande: pourquoi pas ? La malnutrition est commune. J’ai voulu donner un anti-inflammatoire à une patiente pour une infection qui aurait pu être anticipée si les conditions de vie étaient meilleures, mais je n’ai pas pu la traiter car elle n’avait pas assez à manger pour pouvoir prendre les comprimés en sécurité. J’ai l’impression parfois de gérer les mêmes conditions sanitaires que la classe laborieuse britannique durant la révolution industrielle.”

A Canberra, dans des bureaux ministériels exposant toujours plus d’art des premières nations, on m’a répété à plusieurs reprise à quel point les politicens “étaient fiers” de ce que “nous avons fait pour les Australiens indigènes”. Quand j’ai demandé à Warren Snowdon, le ministre délégué aux affaires de santé indigènes au sein du gouvernement travailliste (NdT: équivalent PS en France), récemment remplacé par le gouvernement conservateur d’Abbott, pourquoi après un quart de siècle représentant les plus pauvres et les plus malades des Australiens, il n’est pas parvenu à une solution, il a dit alors: “Quelle question stupide… Quelle question puérile.”

A la fin de la parade de l’ANZAC à Canberra se dresse le monument commémoratif australien de la guerre, que l’historien Henry Reynolds appelle “le centre sacré du nationalisme blanc”, là on m’a refusé l’autorisation de filmer dans cet endroit public. J’avais commis l’erreur d’exprimer un intérêt dans les guerres de frontière où les indigènes se battirent contre l’invasion britannique sans armes à feu, mais avec ingénuosité et courage, l’épitome pourtant de la “tradition de l’ANZAC”. Et pourtant, dans un pays littéralement couvert de cénotaphes, pas un seul n’est érigé pour commémorer officiellement ceux qui sont tombés en résistant “un des plus grand vol de territoire de l’histoire de l’humanité” écrivit Reynolds dans son ouvrage phare “La guerre oubliée”. Plus d’indigènes australiens moururent en combattant l’envahisseur que les Indiens d’Amérique du nord ou les Maoris de Nouvelle-Zélande. L’état du Queensland fut un abattoir. Un peuple entier devint prisonnier de guerre dans son propre pays, avec les colons demandant leur extermination. L’industrie de l’élevage prospéra grâce aux indigènes réduits quasiment à l’état d’esclaves. L’industrie de l’extraction minière fait un profit aujourd’hui d’un milliard de dollars par semaine en exploitant des terres volées aux peuples indigènes.

Supprimer ces vérités tout en vénérant le rôle servile de l’Australie dans les guerres coloniales de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis, a obtenu un statut culte à Canberra aujourd’hui. Reynolds et les quelques ceux qui questionnent cela ont été diffamés et ostracisés. L’unique peuple aborigène d’Australie est considéré comme Untermensch, sous-homme. Lorsque vous entrez dans le musée national de la guerre, des visages aborigènes sont mis en gargouilles de pierre avec les kangourous, reptiles et autre “faune sauvage locale”.

Quand j’ai commencé à filmer cette Australie secrète il y a plus de 30 ans, une campagne générale mondiale avait lieu pour en finir avec la politique d’apartheid en Afrique du Sud. Ayant fait des reportages en Afrique du Sud, je fus choqué par la similarité de la suprématie blanche et du laxisme et de la défense des libéraux Et pourtant, pas d’opprobe internationale, pas de boycotts, ne venaient perturber la surface de l’Australie la “chanceuse”. Allez voir les gardes de la sécurité privée expulser des aborigènes d’une galerie marchande de la ville d’Alice Springs, conduisez un peu à l’écart des barbecues banlieusards de Cromwell Terrace vers Whitegate Camp, là où les baraques en tôles ondulées n’ont ni eau ni électricité. C’est çà l’apartheid, ou ce que Reynolds appelle: “le murmure dans nos cœurs”.

Le film de John Pilger Utopia, au sujet de l’Australie, sera diffusé dans les cinémas en Grande-Bretagne à partir du 15 Novembre, sur ITV en Décembre et sera sur les écrans en Australie en janvier 2014.