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Résistance politique au colonialisme moderne: Les associations d’études amérindiennes boycottent Israël…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 4 janvier 2014 by Résistance 71

Nous sommes loin des activistes amérindiens des années 1970 (comme Vine Deloria Jr) qui furent invités en Israël et qui prêchait la similitude du retour sioniste à « la terre ancestrale » avec la lutte indienne pour la souveraineté et le regain des territoires… Quel lavage de cerveau ce fut alors que de toute évidence depuis le départ, la cause des Indiens des Amériques et la cause des Palestiniens sont les mêmes et doivent être considérées comme telles…

Amérindiens et Palestiniens sont des colonisés, opprimés, victimes de crimes contre l’humanité (ethnocide et génocide, nettoyage ethnique). Il serait grand temps que l’occident reconnaisse ces faits. La roue tourne et nous y arrivons pas à pas…

— Résistance 71 —

 

La Native American Studies Association (Association pour l’Étude des Amérindiens) boycotte Israël

 

Dina Gilio-Whitaker

 

29 décembre 2013

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2013/12/29/native-american-studies-association-boycott-israel

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Plus tôt au mois de Décembre L’American Studies Association a fait la une quand elle a voté son soutien au mouvement BDS (Boycoot, Divest and Sanctions) contre Israël, déclenchant ainsi une vaste controverse dans les médias et le monde académique et universitaire. L’encre à peine sèche sur la résolution ASA de la Native American and Indigenous Studies Association (NAISA), suivie par une déclaration similaire de soutien au mouvement BDS de boycott d’Israël. Tous deux suivent le précédent établi par l’Asian American Studies Association (AAAS) en Avril dernier.

La déclaration de la NAISA de soutien affirme que:

NAISA est dédiée à l’enquête universitaire libre avec et par les communautés autochtones. Le conseil de la NAISA conteste les écarts à la liberté d’étude et d’expression contre les intellectuels palestiniens et ceux des territoires occupés et d’Israël à qui on refuse les libertés fondamentales de mouvement, d’expression et de rassemblement que nous soutenons.

En tant que le conseil élu d’une communauté internationale autochtone et d’alliés d’universitaires non-autochtones, d’élèves et d’intellectuels publics qui ont étudiés et résistés la colonisation et la domination des terres indigènes par des états colons et de leurs structures autour du monde, nous protestons véhémentement l’occupation illégale des terres palestiniennes et les structures légales de l’état d’Israël qui font une discrimination systématique des Palestiniens et des autres peuples autochtones.”

Le boycott par les associations académiques fait partie du momentum du mouvement BDS, qui fut établi en 2005 par une campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël (PACBI). Alors que la déclaration de soutien de l’AAAS n’a pas eu beaucoup de retentissement, la déclaration chaudement débattue de l’ASA a reçu des commentaires acrimonieux au travers d’un large panel médiatique incluant Slate Magazine, Fox News, New York Times et le quotidien israélien Haaretz. Malgré que l’ASA et la NAISA firent bien attention de dire que leurs boycotts étaient dirigés contre les institutions et non pas contre les individus israéliens, les groupes pro-israéliens ont attaqué les boycotts de manière prévisible comme étant des attaques antisémites et en fait en contradiction avec la liberté académique.

Le boycott est employé comme un moyen de pression politique contre les gouvernements abusifs et autres entités lorsque les tactiques conventionnelles échouent. Cela peut-être très efficace comme l’a constaté le gouvernement d’apartheid sud-africain avant sa chute en 1990, l’évènement qui a inspiré le mouvement BDS contre l’apartheid d’Israël. L’ASA et particulièrement NAISA sont des associations académiques relativement petites, un fait qui a été souligné par certains, de manière présumée pour discréditer ou diminuer la signifiance de ce boycott. Mais l’échelle et l’intensité de la majorité des écrivains d’opinion semble suggérer l’opposé: la possibilité que (et la peur?…) qui peut-être, juste peut-être, le boycott international d’Israël a des effets mesurables et palpables.

Un journaliste d’Hareetz spécule au sujet “d’une dispute centrée sur Israël à travers les campus universitaires américains” ce qui attirerait plus d’attention sur le mouvement du boycott et le “genre de publicité dont Israël pourrait bien se passer”. Un autre commentateur crédite tout succès que pourrait avoir le boycott du premier ministre d’Israël: “Peut-être que 2014 sera l’année où l’Israël de Netanyahou se rendra si méprisable, si intentionnellement le champion de l’anti-démocratisme que seuls les colons, magnats et les orthodoxes de la droite chrétienne pourront soutenir et que le boycott deviendra simplement une chose naturelle.” Pourtant un autre colonniste israélien écrit au sujet d’un “point de non-retour imminent” où le soutien mondial pour BDS pourra se produire, comme cela s’est produit pour l’Afrique du Sud de l’apartheid.

L’ASA et NAISA sont des entités discrètes avec des objectifs et agendas indépendants, mais elles sont liées. Le champ des études américaines est un mélange de disciplines académiques qui se recoupent fréquemment avec les études amérindiennes et bon nombre d’universitaires autochtones ont les pieds à la fois dans l’étude améridienne et l’étude américaine (comme moi-même). Ce qu’elles ont en commun sont leurs perspectives critiques sur le colonialisme américain.

Les Indiens des Amériques peuvent souvent être entendus comparer leur expérience de la persécution avec celle du peuple juif, mais une telle perspective exhibe un manque de connaissance de l’histoire la plus récente. Israël est habituellement décrit comme étant la terre natale du peuple juif qui a été exilé il y a 2000 ans et sur laquelle ils seraient retournés de plein droit. Mais les conditions de ce retour révèlent une histoire sombre et agonisante pour le peuple qui était déjà là. Ceux-ci sont les gens qui étaient également indigènes à la terre, une histoire de colonialisme des temps modernes, dans laquelle l’expérience des Palestiniens se retrouvant éjectés de leurs terres et nettoyés ethniquement ressemble bien plus à l’expérience des Indiens des Amériques, des Hawaiiens indigènes et des autres peuples indigènes comme au Canada, en Australie et en Nouvelle-Zélande.

Les intellectuels amérindiens et les universitaires reconnaissant ceci expriment leur solidarité au peuple palestinien, non pas contre le peuple juif, mais contre un système injuste de répression et de violations profondes des droits de l’Homme et quand le mouvement BDS aura finalement atteint une masse critique et Israël se retrouve au point de bascule, la question demeure simplement de savoir combien de temps cela va prendre.

Dina Gilio-Whitaker (Colville) est une écrivaine et chercheuse indépendante collaborant avec le Center for WorldIndigenous Studies. Elle est diplômée de l’université du Nouveau-Mexique et possède une maîtrise en études amérindiennes et un DEA en études américaines.