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Guerres impérialistes au Moyen-Orient: Israël-Arabie Saoudite… de la fausse rivalité à la complicité avérée

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, guerre iran, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 14 février 2017 by Résistance 71

“Israël n’est pas le projet, c’est un outil exécutif dans le projet de l’hégémonie américano-occidentale dans notre région, il assume un rôle exécutif au service de ce projet.  C’est pour cela qu’ils le défendent partout dans toutes les instances, – dont le Conseil de sécurité, où le veto est interdit-, en lui fournissant l’aide financière, militaire et économique et sont prêts à combattre à ses côtés le cas échéant.”
~ S. Hassan Nasrallah (2015) ~

A lire notre dossier sur les falsifications de l’histoire biblique et les origines judaïques de la culture takfirie (Dr. Ashraf Ezzat)

~ Résistance 71 ~

 

L’imposition d’états artificiels au Moyen-Orient le cas de l’Arabie Saoudite et d’Israël

 

Alexander Azadgan

 

10 février 2017

 

Source:

http://arretsurinfo.ch/limposition-detats-artificiels-au-moyen-orient-le-cas-de-larabie-saoudite-et-disrael/

 

Les idéologies décrépites du wahhabisme saoudien et du sionisme israélien sont d’une importance immense, sinon centrale, pour analyser le fiasco actuel du Moyen-Orient et le climat international général maléfique. Comme prévu, ces deux idéologies corrosives sont largement ignorées dans les grands médias occidentaux, puisque ces deux nations artificiellement créées sont considérées comme des alliées de Washington.

Il s’agit d’une histoire passionnante, quoique assez sinistre, qui s’étend de la Première Guerre mondiale, la création des États d’Israël, de Jordanie, d’Irak, de Libye, de Syrie, d’Arabie saoudite (et de tous les émirats du Golfe) sans parler de Lawrence d’Arabie, jusqu’à la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, à la guerre par procuration imposée en Syrie (qui a également commencé en 2011) et la montée des sauvages d’ISIS, entre autres régressions géopolitiques. C’est une histoire de manipulation à long terme, d’endoctrinement insidieux, et de travaux mythiques de littérature diaboliquement secrets.

Ces deux idéologies – le wahhabisme dans l’islam et le sionisme dans le judaïsme – peuvent se présenter comme des entités non apparentées en surface. Mais elles ne le sont pas, comme je vais l’explorer dans cet article. Ces deux doctrines malveillantes pourraient être considérées comme étant en grande partie responsables de l’essentiel des malheurs au Moyen-Orient aujourd’hui, situation qui ne concerne pas seulement le Moyen-Orient, mais comme nous l’avons vu depuis le 11 septembre 2001 et à un rythme accéléré depuis 2011, qui affecte les États-Unis, l’Europe, l’Eurasie, et très probablement le monde entier !
Ces deux philosophies religieuses / politiques sont responsables de décennies de violences, de guerres, de souffrances et de manipulations. On peut démontrer qu’elles sont les deux faces d’une même pièce. Elles peuvent toutes deux remonter à la même époque approximative – il y a environ cent ans, pendant les événements de la Première Guerre mondiale.

Quel est l’héritage du sionisme et du wahhabisme dans le monde ? Et quelle est la vérité sur leurs origines ? Pour commencer, voici une histoire abrégée des origines d’abord du sionisme, puis du wahhabisme pour ceux d’entre vous qui n’en seraient pas familiers.

La Déclaration Balfour et les origines du sionisme

 
« Sionisme » est un terme compliqué à définir d’une certaine manière, d’autant plus à cause de l’ampleur exagérée de la désinformation. Il y a le sionisme politique, qui vise à servir les intérêts de l’État d’Israël. Il y a le sionisme religieux, qui se réfère à l’intérêt juif [ou chrétien] en Israël en termes d’accomplissement de la « prophétie biblique » ou « volonté divine ». Ces deux écoles du sionisme pourraient dans certains cas être entièrement séparées. Les gens peuvent être des sionistes politiques sans être des sionistes religieux ou vice-versa. Un exemple de ceci serait les organisations évangéliques américaines de droite qui sont en fait des sionistes endurcis pour l’accomplissement des textes bibliques – tels qu’ils les interprètent.
 Le sionisme est tout aussi évangélique chrétien que juif. Mais c’est un fait que le but du sionisme à l’origine était la restauration d’une patrie juive dans ce qui a été la Palestine pendant deux mille ans ; un objectif qui a été accompli de manière globale en 1948 à l’ombre de l’Holocauste, bien qu’il ait ses racines comme mouvement international à partir de la Première Guerre mondiale. Depuis, le sionisme peut être considéré comme un mouvement politique visant à promouvoir les intérêts [nationaux et internationaux] de cette nation artificiellement créée et à assurer la sécurité et la protection de ce soi-disant État d’Israël.

De nombreux commentateurs anti-sionistes lient aussi le sionisme – tant religieux que politique – avec le concept d’un agenda juif mondial secret pour contrôler le monde. On pense que le sionisme, sous sa forme dominante, est originaire de Theodor Herzl en 1896, journaliste juif austro-hongrois, dramaturge et militant politique. À partir de la fin de 1895, Herzl écrivait Der Judenstaat ou État des Juifs. Il a soutenu que la seule solution à la « question  juive » en Europe était la création d’un État pour le peuple juif. Les sentiments anti-juifs étaient si répandus à travers l’Europe que Herzl vit la création d’un sanctuaire national pour les juifs comme la seule solution à long terme. Et c’est ainsi que le sionisme est né, ou du moins c’est la version dominante des événements. D’autres chercheurs contestent cette notion et proposent des arguments d’une origine beaucoup plus ancienne. Bien sûr, si nous parlons du sionisme religieux par opposition au sionisme politique, alors l’origine est beaucoup plus ancienne et beaucoup plus mystérieuse. L’idée que la terre d’Israël (hébreu : אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל Erets Israël) avait toujours appartenu aux Juifs ou qu’elle avait été promise aux « Enfants d’Israël » par leur Dieu biblique, un mythe ancien et faux, au mieux. Bien sûr, cette folie profonde n’a pas de base solide pour la construction des nations du XXe siècle, que nous le pensions et que nous l’espérions.

Ce sont les puissances coloniales de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, en particulier la Grande-Bretagne, qui ont activement poursuivi l’agenda sioniste sous la direction de puissants et riches juifs britanniques tels que Lord Rothschild, aboutissant à la célèbre Déclaration Balfour. Les Britanniques ont fait des promesses grandioses en temps de guerre (pendant la Première Guerre mondiale) pour créer une « patrie juive » en Palestine. Bien que l’immigration juive massive en Palestine ait commencé après la Première Guerre mondiale, ce n’est qu’après la Seconde Guerre mondiale et l’Holocauste que l’ordre du jour a été pleinement respecté.

Une autre pierre angulaire du folklore sioniste est le livre fabuleux [un faux, NdT], Les Protocoles des Sages de Sion, dans lequel beaucoup voyaient avec crainte un plan d’ensemble pour une prise de contrôle sioniste mondiale. Nous reviendrons sur ce point plus loin dans cet article.

Malgré les actions officielles de la Grande-Bretagne, ni l’opinion publique ni l’opinion du gouvernement n’ont été unanimes dans leur soutien à l’engagement excessif de la Grande-Bretagne dans la promotion de l’agenda sioniste. Winston Churchill, dans un télégraphe de 1922, est supposé avoir écrit « un mouvement croissant d’hostilité contre la politique sioniste en Palestine », ajoutant : « Il est de plus en plus difficile de répondre à l’argument selon lequel il est injuste de demander au contribuable britannique, déjà submergé par la fiscalité, de supporter le coût de l’imposition à la Palestine d’une politique impopulaire. » Cette désapprobation du sionisme politique a continué pendant toutes les décennies suivantes et est encore plus répandue et véhémente aujourd’hui qu’il y a un siècle !

Mahatma Gandhi a écrit en 1938 : « La Palestine appartient aux Arabes dans le même sens que l’Angleterre appartient aux Anglais ou la France aux Français. Il est injuste et inhumain d’imposer les Juifs aux Arabes […] La Palestine de la conception biblique n’est pas un domaine géographique. »

Et contrairement à l’opinion propagée par certains que l’antisionisme est de l’« anti-sémitisme », des orateurs juifs ont, à diverses reprises, également parlé ouvertement contre l’agenda sioniste. Parmi eux, Rabbi Elmer Berger a publié le livre “Le dilemme juif”, dans lequel il soutenait que l’assimilation juive était encore la meilleure solution pour les juifs dans le monde moderne, plutôt que la ségrégation et la mentalité de siège de l’État sioniste. Dans l’analyse de Rabbi Berger, le sionisme lui-même se complaisait simplement dans les croyances raciales dominantes sur les juifs et même en jouait.

En 1975, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution qui qualifiait le sionisme de « forme de racisme et de discrimination raciale ». Plus contemporainement, en 2010, l’ancien journaliste de la BBC et de ITN, Alan Hart, a publié le livre “Sionisme : Le vrai ennemi des juifs” alors que le célèbre athée en chef Richard Dawkins a déclaré dans une interview (parlant du sionisme et du lobby juif aux États-Unis) : « Si les athées pouvaient atteindre une petite fraction de cette influence, le monde serait un meilleur endroit. »
 Ce n’est qu’une fraction de l’opposition déclarée au sionisme par des gens respectables et de bonne réputation. Je m’y réfère ici pour illustrer le fait que l’anti-sionisme n’est pas seulement une excuse des soi-disant « anti-sémites » et que nous devrions garder à l’esprit le nombre considérable de juifs qui s’opposent également sévèrement au sionisme.

Même les plus ardents partisans sionistes ne peuvent pas nier l’influence du sionisme politique, de même que les nombreuses actions et politiques assumées de leur État sioniste, qui outre l’oppression du peuple palestinien à long terme, a contribué massivement à la polarisation du Moyen-Orient et à la croissance du radicalisme djihadiste.

Outre l’effet destructeur et toxique que la création du régime sioniste a eu au départ (en Palestine elle-même, mais aussi vis-à-vis de ses effets de juxtaposition sur le Liban, la Syrie et d’autres voisins), un effet de division et destructeur a également continué jusqu’à aujourd’hui à l’extérieur des frontières du Moyen-Orient. Il est tout à fait démonstratif, par exemple, qu’un plan américano-israélien de longue date pour le réaménagement de la carte du Moyen-Orient ait été mené ces dernières années, renversant des gouvernements indépendants et des nations stables et recherchant finalement la balkanisation et l’asservissement de l’Irak, de la Syrie, de la Libye, etc., avec comme but ultime maléfique de soumettre l’Iran, qui est leur principale cible.

Le prétendu Plan sioniste pour le Moyen-Orient, aussi connu sous le nom de Plan Yinon, était la vaste stratégie conçue pour assurer la supériorité régionale sioniste via la reconfiguration radicale de l’environnement géopolitique d’Israël par la balkanisation des nations arabes [et non-arabes] en États plus petits et plus faibles. La stratégie Clean Break revient également à la même chose. Ce que nous avons vu jusqu’ici en Irak, en Syrie, en Libye, et même au Yémen peut être clairement compris comme le jeu de cette stratégie sioniste soutenue par les États-Unis. Il est particulièrement pertinent de noter que l’Irak, la Syrie et la Libye étaient trois des États nationalistes arabes les plus stables, modernes, laïques, indépendants et non sectaires, mais sont maintenant tous trois effondrés, géo-sectaires, des friches attendant d’être sculptées en petits morceaux.

En explorant le projet du Grand Israël, il est peu question du sionisme comme étant une imposition toxique et problématique sur la région et peut-être sur le monde plus vaste, d’autant plus que le régime sioniste a été soutenu, armé et défendu agressivement par ses mécènes occidentaux, en particulier Washington. Ces jours-ci, nous sommes tous choqués par l’engagement de l’administration Obama de $ 38 milliards envers ce régime maléfique et monstrueux.

On peut dire quelque chose de semblable de l’influence du wahhabisme dans la région. Le wahhabisme, à l’instar du sionisme, n’est pas une secte religieuse ancienne de plusieurs siècles, mais une idéologie relativement nouvelle, politiquement opportuniste mais barbare.

Les origines modernes du wahhabisme peuvent être tracées dans Najd (la région centrale géographique de l’Arabie saoudite d’aujourd’hui) et au prédicateur du XVIIIe siècle Muhammad Ibn Abd Al-Wahhab (1703-1792) qui prétendait « purifier » l’islam en le rendant à ce qu’il croyait être les principes originaux de cette religion. Loin d’être considéré comme une interprétation légitime de l’Islam, Al-Wahhab s’était même opposé à son propre père et son frère pour ses croyances fondamentalistes et fanatiques. Mais le mouvement a gagné une préséance incontestée dans la plus grande partie de la péninsule arabique à travers une alliance entre Muhammad Ibn Abd Al-Wahhab et la maison de Muhammad Ibn Saud, qui a fourni le pouvoir politique et financier aux idéologies d’Al-Wahhab pour leur donner la proéminence.

Finalement, cette alliance a donné naissance au Royaume d’Arabie Saoudite. Après l’effondrement de l’Empire ottoman turc après la Première Guerre mondiale, les Saouds ont pris le contrôle du Hijaz et de la péninsule arabique et une nation a été fondée sur les principes fanatiques d’Al-Wahhab – devenant la forme dominante de l’Islam sur le lieu de naissance de cette religion.

Mon premier intérêt pour ce domaine de l’histoire arabe a commencé il y a 20 ans par le film épique de David Lean, Lawrence d’Arabie, avec Peter O’Toole. Par amour pour ce film de 1963, j’ai lu pour la première fois le livre de TE Lawrence, Les Sept Piliers de la Sagesse, et j’ai lu plusieurs livres sur les exploits de TE Lawrence et la Révolte arabe pendant la Première Guerre mondiale, ainsi que sur les Accords Sykes-Picot (référencés par l’ISIS d’aujourd’hui dans son « manifeste ») et les actions des gouvernements coloniaux britannique et français en ce qui concerne l’après-guerre du Moyen-Orient.

La mise en place de la Maison des Saoud en tant que « famille royale » et l’établissement du Royaume d’Arabie saoudite se sont produits malgré le fait que des accords avaient été conclus pendant la guerre pour endosser et soutenir non pas les Saoudiens, mais les Hachémites. Ce sont les Arabes hachémites, non les Saoudiens, qui ont lancé la révolte arabe contre les Turcs ottomans et qui ont été les plus impliqués dans la campagne. Pourtant, c’est la faction saoudienne fanatique (et certains disent hérétique) inspirée par le wahhabisme qui a gagné le pouvoir réel après la guerre.

La raison pour laquelle je fais référence à cette histoire est de souligner que le Royaume saoudien d’inspiration wahhabite n’était pas le seul, ni même le plus légitime, à revendiquer cette position immensément privilégiée et extrêmement puissante dans la région. En fait, ce pouvoir a été usurpé comme les sionistes ont usurpé le leur en Palestine.

Et quel a été l’héritage de cette Arabie saoudite inspirée par le wahhabisme et son influence ? Eh bien, l’influence sur l’Arabie elle-même et une grande partie de la région environnante est incontestable, mis à part le fait que les doctrines wahhabites ont exercé une influence majeure sur l’extrémisme, le djihadisme et le terrorisme jusqu’à l’ISIS d’aujourd’hui – l’incarnation même du wahhabisme en dehors de la péninsule arabique. Oussama Ben Laden lui-même était un wahhabite. Presque tous les extrémistes du djihadisme, y compris d’autres groupes takfiristes (comme les salafistes), suivent une idéologie essentiellement wahhabite.
 Un takfiri, soit-dit en passant, est un musulman sunnite qui accuse un autre musulman (ou un adepte d’une autre foi d’Abraham) d’apostasie. L’accusation elle-même est appelée « takfir » (en arabe), dérivée du mot « kafir », qui signifie non-croyant en arabe, et est décrite comme « celui qui est, ou prétend être un ».

Quoi qu’il en soit, ce dogme pseudo-islamique malfaisant a été disséminé méthodiquement dans le monde islamique pendant des décennies, grâce aux fonds souverains saoudiens, le financement de l’éducation et de la littérature religieuse fanatique dans les universités et les mosquées partout en Égypte et en Irak, au Pakistan et en Indonésie. Ce qui est pire, c’est que cette diffusion de propagande inspirée par le wahhabisme, financée par l’Arabie saoudite, s’est étendue depuis longtemps au-delà du Moyen-Orient et dans les sociétés occidentales, en particulier les communautés musulmanes au Royaume-Uni, en France et aux Pays-Bas.

Une étude récente menée sur deux ans par le Dr Denis MacEoin, professeur d’études islamiques à l’Université de Fès, a découvert un magot de littérature maligne dans plus d’un quart des mosquées britanniques.

Tout cela avait été publié et distribué par des organismes liés au gouvernement du Royaume d’Arabie saoudite.

Les dépliants, les DVD, les sites web et les revues sont pleins d’énoncés archaïques et extrémistes disant, par exemple, que les homosexuels devraient être brûlés, lapidés ou jetés des montagnes ou de grands édifices, ainsi que les adultères et les apostats (ceux qui essaient de changer leur religion). Les femmes sont représentées comme étant inférieures intellectuellement et ont besoin d’« être battues quand elles transgressent », tandis que les enfants de plus de 10 ans doivent être battus s’ils ne prient pas. La moitié de la littérature est écrite en anglais, suggérant qu’elle s’adresse aux jeunes musulmans britanniques qui ne parlent pas nécessairement l’arabe ou l’ourdou. Le matériel, ouvertement disponible dans de nombreuses mosquées, conseille vivement aux musulmans britanniques de se séparer des non-musulmans qui sont considérés comme inférieurs.

Ce ne sont pas des informations nouvelles, bien sûr. Les journalistes d’investigation ont découvert des documents similaires à de nombreuses reprises, alors que les gens qui ont grandi au sein des communautés musulmanes susmentionnées sont conscients de ces idées et de cette littérature depuis longtemps. La littérature wahhabite financée par l’Arabie saoudite peut être citée comme une influence majeure (mais non la seule influence) sur l’endoctrinement de jeunes hommes britanniques aliénés de la société dominante et pour la séduction de jeunes hommes dans des organisations extrémistes comme al-Qaïda et ISIS / Daesh dans le monde entier. Pire encore, dans des endroits comme le Pakistan où, contrairement au Royaume-Uni, la plupart des jeunes hommes n’ont pas le privilège d’avoir accès à un haut niveau d’éducation ou à des sources fiables d’information publique, mais ont beaucoup accès aux écoles religieuses (madrasa) et aux mosquées, qui enseignent en utilisant ces références fanatiques financées par l’Arabie saoudite.

Il s’agit en effet d’un point clé : la littérature financée par l’Arabie saoudite a toujours ciblé les régions les plus pauvres du monde musulman, comme le Pakistan, la Somalie, l’Afghanistan, le Bangladesh, le Nigeria, l’Indonésie, etc., où il n’y a pratiquement aucune infrastructure éducative formelle. Dans ces cas, la richesse saoudienne est en mesure de payer pour la construction ou l’entretien des écoles ou des mosquées – mais à condition que leur interprétation de l’islam soit centrée sur le wahhabisme et qu’elle soit enseignée et distribuée. Grâce à ce processus qui a eu lieu pendant de nombreuses années, des milliers de jeunes influençables ont grandi sur cette interprétation extrémiste de l’islam, car ils y sont forcés, faute d’accès à une éducation ou à des informations plus sophistiquées. Globalement, ils n’ont rien de mieux.

Il est intéressant de constater que cette sorte d’endoctrinement centré sur le wahhabisme était traditionnellement moins répandu dans des pays arabes plus développés ou sophistiqués comme la Libye d’avant-guerre, la Syrie d’avant-guerre, les parties wahhabites du Liban, ou l’Irak d’avant-guerre. Cela s’explique en partie par le caractère fort, laïque et indépendant des sociétés qui, au moins au niveau de l’État, étaient plus investies dans le sentiment de fierté nationale et d’identité culturelle qu’elles ne l’étaient dans le fondamentalisme religieux. En effet, dans des pays comme la Syrie et la Libye, l’État a entrepris une longue campagne pour réprimer l’extrémisme religieux, de toute sorte.

Cela a toutefois changé de façon spectaculaire depuis l’invasion et l’occupation illégale de l’Irak en 2003, le complot de l’OTAN en Libye et la guerre sanglante qui a été imposée à la Syrie depuis 2011. Par conséquent, tous ces pays sont maintenant infestés d’extrémismes religieux aux mœurs barbares. Le soi-disant « État islamique », alias ISIS ou ISIL ou Daesh qui a été infiltré en Syrie et en Irak, est essentiellement un mouvement a 100% idéologiquement coulé dans la doctrine wahhabite de l’Arabie saoudite. ISIS par essence est une Arabie saoudite sans ambassade ! Ce lien est encore aggravé par le fait que les armes et le financement saoudiens et qataris sont en grande partie derrière ces sauvages wahhabites et salafistes, que les guerres en Syrie et en Libye sont largement financées par les Saoudiens et les Qataris et que l’émergence d’ISIS est en grande partie une conséquence de cela. Il a été rapporté, par exemple, que les prédicateurs wahhabites d’Arabie saoudite étaient fréquemment à Alep, en Syrie, prêchant aux djihadistes sauvages armés de mener une « guerre sainte » contre l’État syrien à tout prix.

Pourtant, alors que des pays comme l’Afghanistan et l’Irak étaient soumis à une invasion (et le second à une déstabilisation presque totale) et que le renversement des gouvernements de Syrie et de Libye (deux pays qui avaient peu ou pas d’influence sur la croissance de la mondialisation du djihadisme) ont été ouvertement encouragés et aidés par les grands gouvernements occidentaux et de l’Arabie saoudite – sans doute en partie à cause de leur richesse et de leur valeur pour Washington et ses alliés –, ces derniers n’ont jamais été soumis à une quelconque menace ou vu leurs activités cyniques de dissémination méthodique des doctrines extrémistes à travers le monde musulman examinées minutieusement.

Première Guerre mondiale, wahhabites, hachémites et Lawrence d’Arabie 

Pour en revenir à la Première Guerre mondiale, il est bon de rappeler que les Saouds n’étaient pas nécessairement censés être les dirigeants de l’Arabie. Le Hachémite, Hussein bin Ali, était le chérif et l’émir de la Mecque de 1908 à 1917. La révolte arabe de la Première Guerre mondiale comprenait des tribus trans-jordaniennes, ainsi que d’autres tribus des régions de Hijaz et du Levant, se battant contre l’Empire turc au côté de la Grande-Bretagne et de ses alliés. La révolte a été lancée par les Hachémites et dirigée par le chérif Hussein de La Mecque, pas par les Saouds ou les wahhabites. Elle a été soutenue par la Grande-Bretagne et ses autres alliés de la Première Guerre mondiale, qui ont utilisé l’élan des nationalistes arabes qui voulaient l’indépendance pour poursuivre un effort de guerre plus large contre l’Allemagne et ses alliés.
La chronique définitive de la révolte a été écrite par T. E. Lawrence qui, en tant que jeune officier de l’armée britannique, a joué un rôle clé d’agent de liaison pendant la révolte. Il a publié sa chronique en 1922 sous le titre, Les Sept Piliers de la Sagesse. Lawrence lui-même est bien sûr l’une des figures les plus fascinantes et emblématiques du XXe siècle. Alors que Les sept piliers de la sagesse peuvent être questionnés pour leur précision à certains égards, même ses détracteurs et ses ennemis n’ont pas pu réfuter le rôle vital joué par les Hachémites dans la révolte. C’est un fait historique que le gouvernement britannique de l’époque a promis aux Arabes hachémites beaucoup plus qu’il ne lui a livré après la guerre.

En septembre 1918, les partisans de la révolte arabe à Damas ont déclaré un gouvernement fidèle au « Chérif de La Mecque ». Hussein avait été déclaré « Roi des Arabes » par une poignée de chefs religieux et d’autres notables à La Mecque. Après l’abolition du califat turc, Hussein se déclara calife, roi des Hejaz, et roi de tous les Arabes, Malik bilad-al-Arab, en arabe.

Cependant, Hussein a été évincé et chassé de l’Arabie par les Saouds, un clan rival avec lequel les Hachémites avaient déjà une mauvaise histoire, ayant précédemment combattu contre eux en raison de différences religieuses radicales, principalement sur les doctrines fanatiques d’Al-Wahhab. Bien que les Britanniques aient soutenu [et utilisé] Hussein dès le début de la révolte arabe, ils ont décidé de ne pas aider Hussein à repousser les attaques des Saouds, qui ont finalement saisi les principales villes de La Mecque, Médine et Djeddah. Ainsi a disparu l’espoir d’une Arabie gouvernée par les Hachémites, bien que Hussein ait continué à employer le titre de « Calife » même dans son exil.

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, les Arabes se sont retrouvés libérés de siècles de domination ottomane, mais ont été soumis à la domination coloniale de la France et de la Grande-Bretagne, malgré les promesses des Britanniques pendant la guerre. Lorsque les mandats coloniaux furent terminés, les fils de Hussein furent faits rois de la Trans-Jordanie, plus tard simplement appelé Jordanie, ainsi que de la Syrie et de l’Irak. Cependant, la monarchie en Syrie a été de courte durée, et par la suite Faisal, fils de Hussein, a présidé l’État nouvellement établi en Irak. Mais ce n’étaient que des offrandes conciliantes par rapport à ce qui avait été initialement prévu et désiré par les Hachémites. Ce sont les Saouds qui ont été les vrais gagnants, installés dans un royaume puissant qui a duré jusqu’à ce jour et qui ne montre pas le moindre signe d’affaiblissement.

Les Mémoires de M. Hempher et Les Protocoles des Sages de Sion 

Il n’est pas exagéré de prétendre que le sionisme et le wahhabisme ont été des forces dévotes et destructrices dans la région du Moyen-Orient et au-delà. Le sionisme a mené à la situation interminable et à l’humiliation du peuple palestinien, tout en veillant à ce que l’État moderne d’Israël soit perçu de manière entièrement négative. En fait, tous les sondages indiquent qu’Israël est la nation la moins populaire sur terre ! Pendant ce temps, le wahhabisme a inspiré une quantité incommensurable d’extrémisme, un terrorisme de la pire forme, l’endoctrinement et la polarisation toxique de nombreuses sociétés arabes.

Nous pouvons regarder l’évolution de l’influence du wahhabisme dans le monde, jusqu’au stade actuel, et légitimement l’appeler un cancer. Mais qu’en est-il de ses racines ? Étant donné la vision répandue de la conspiration sioniste derrière la Déclaration de Balfour et tout de ce qui s’est passé depuis, est-il possible que le wahhabisme, qui a commencé à prendre de l’ampleur à peu près à la même époque, ait été quelque chose de beaucoup plus important que ce qu’il a semblé être – même à l’époque ?

Est-il possible que le wahhabisme ne soit pas seulement le produit d’un prédicateur rustique sorti du désert de la péninsule arabe, mais quelque chose de beaucoup plus cynique ?

Le livre, Les mémoires de M. Hempher, un espion britannique au Moyen-Orient ou Les confessions d’un espion britannique, a été considéré par certains comme un document fabriqué ; un document censé être l’histoire d’un agent britannique du XVIIIe siècle, Hempher, et de son rôle instrumental dans la création du wahhabisme dans le cadre d’une conspiration pour corrompre et finalement détruire l’islam. Ce livre est apparu en 1888 en turc. Il a été décrit comme une variation anglophobe du livre, Les Protocoles des Sages de Sion.

La plupart des chercheurs au sujet des conspirations connaissent le livre infâme Les protocoles des Sages de Sion, qui a été considéré comme le modèle de la conspiration juive mondiale. Les protocoles des Sages de Sion, comme Les confessions d’un espion britannique, ont longtemps été rejetés par certaines sources traditionnelles comme une contrefaçon ou un canular. Mais est-ce vraiment le cas ?
 Les Protocoles ont été largement traduits et diffusés et sont toujours considérés comme factuels et historiques dans une grande partie du monde musulman, informant sur l’essentiel de la vision prédominante au Moyen-Orient des juifs et des sionistes. Ceux qui réfutent la validité du livre le citent comme une cause contribuant massivement à la haine des juifs dans presque toutes les sociétés musulmanes et au-delà. Malheureusement, les nazis, comme beaucoup dans les sociétés musulmanes d’aujourd’hui, étaient intempérants, incapables de séparer le sionisme, en tant que force politique globaliste corrosive, des juifs en tant que peuple.

La réalité est que si Les Protocoles des Sages de Sion devaient se révéler être un élément historique légitime, le sionisme qu’il représente n’est pas plus représentatif des juifs en tant que peuple que le wahhabisme ne l’est de la communauté musulmane globale – c’est-à-dire que seul un pourcentage relativement faible des musulmans dans le monde sont des wahhabites, et de même pour la communauté juive et le sionisme. Mais les conspirations du genre dont nous parlons fonctionnent à un niveau insidieux, souvent inaperçu. C’est-à-dire que le nombre de musulmans et le nombre de juifs inconsciemment soumis au wahhabisme et au sionisme sont respectivement beaucoup plus élevés.

Mais qu’en est-il des Confessions d’un espion britannique ? Est-ce une simple coïncidence que ces deux idéologies politiques, toutes deux de la même époque, qui ont toutes deux assuré la toxicité à long terme du Moyen-Orient, ont aussi produit des livres qui révèlent leurs véritables origines et leurs ordres du jour – mais qui ont été plus tard rejetés par les commentateurs des médias traditionnels comme des faux ?

Les Confessions d’un espion britannique disent-elles la vérité ? Le wahhabisme a-t-il été fondé par des organismes extérieurs comme un plan à long terme pour corrompre l’islam ? Est-ce juste une coïncidence que ce soit exactement ce que le wahhabisme semble avoir fait au cours d’un siècle – corrompre la grande religion islamique au point où elle est maintenant largement considérée par beaucoup de non-musulmans [ainsi que de musulmans non pratiquants] comme une source de mal dans le monde ?

Et Les Protocoles des Sages de Sion ? Est-ce une simple coïncidence que les protocoles qui sont décrits dans ce document se situent parfaitement dans les réalités observées du sionisme mondial actuel sur stéroïdes ?

Retour à l’islam, rappelons-nous que cette religion n’a pas toujours été considérée avec le genre de stigmate qu’elle a maintenant, mais plutôt l’inverse. Les sociétés islamiques ont été historiquement perçues comme ayant été intellectuellement et même scientifiquement éclairées à une époque où le christianisme occidental était caractérisé par une arrière-pensée superstitieuse, les inquisitions, la torture, les persécutions de masse, les bûchers d’exécution et des doctrines et proclamations absolument ridicules. Les récits historiques racontent la brutalité des croisés chrétiens occidentaux et la noblesse comparée de Saladin et des armées musulmanes. Le monde islamique a eu son illumination longtemps avant l’Occident chrétien en dépit d’avoir été une religion plus jeune. À une époque où les Européens brûlaient des « sorcières », les villes islamiques classiques d’Ispahan, de Damas, de Bagdad et du Caire étaient des centres d’apprentissage et de philosophie.

La lente dégradation et la polarisation des sociétés islamiques est un phénomène qui ne s’est produit que depuis une centaine d’années, car la croissance du wahhabisme semble avoir agi comme un virus à action lente avec une longue période d’incubation. Et ce n’est que dans les 10 à 15 dernières années que l’influence des doctrines wahhabites est devenue une question internationale de premier plan.

En ce qui concerne le livre, Les Confessions d’un espion britannique, est-il un canular ? Peut-être que oui, peut-être que non. Mais on pourrait se demander pourquoi un tel faux document – pour calomnier une secte religieuse alors mineure qui ne devait avoir une grande pertinence qu’un siècle plus tard – aurait être créé ? Il en va de même pour Les Protocoles des Sages de Sion.

9/11, une tentative pour détruire le véritable islam 

Pourquoi les alliés occidentaux du roi Hussein n’ont-ils pas aidé les Hachémites lorsqu’ils ont été chassés d’Arabie par les Saouds après la Première Guerre mondiale ? Et pourquoi, depuis des décennies, les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France et les autres puissances mondiales n’ont-elles pas vu de problème dans le financement par les Saoudiens de la littérature et des idéologies extrémistes ? Et pourtant, nous semblons plus que désireux de nous précipiter quand il y a une chance de renverser un leader séculier comme Kadhafi en Libye ou Assad en Syrie, deux dictatures non démocratiques, peut-être, mais deux sociétés relativement idylliques par rapport à l’Arabie saoudite – mais plus maintenant, malheureusement – et qui n’étaient pas un facteur important dans l’endoctrinement des esprits jeunes, frustrés, en colère et impressionnables à travers le monde musulman. Quelle est la source de cette politique étrangère si profondément incohérente ?

Pourquoi les Saoudiens n’ont-ils pas été mis en cause lorsque 15 des 19 prétendus pirates de l’air du 11 septembre ont été identifiés comme originaires d’Arabie saoudite et non d’Irak ? Ou étaient-ils censés être 15 patsies, une ressource précieuse que Washington pourrait faire fructifier en tant qu’atout, par exemple avec « les 28 pages manquantes de rapport sur le 9/11 », dont nous avons tous entendu beaucoup parler ces derniers temps, afin d’obtenir un avantage géopolitique sur les Saoudiens, et figurativement tirer le tapis sous leurs pieds comme ils l’ont fait avec l’Égypte de Moubarak en 2011 ? La liste des questions curieuses va croissant sans cesse. Sans trop divaguer et pour ne pas compliquer une question déjà très complexe, il faut garder à l’esprit qu’une des théories du complot les plus en vue du 9/11 est celle de Phillip Marshall, qui conclut que les attaques du WTC étaient un complot américano-israélo-saoudien, pas une simple opération d’al-Qaïda. Deux caractéristiques centrales et récurrentes de la plupart des recherches sur le complot du 11 septembre sont la participation possible d’agences saoudiennes et l’implication éventuelle du Mossad israélien en collusion avec un large éventail d’agences américaines.

Cela dit, quand on regarde l’histoire du Moyen-Orient, il devient de plus en plus difficile de ne pas se demander si les divisions, la toxicité générale, les guerres et les scénarios apocalyptiques qui atteignent ici leur apogée au début du XXIe siècle ont été orchestrés depuis bien longtemps dans une histoire qui a toujours été destinée à atteindre le point où nous sommes. C’est le point de vue de beaucoup sur Les Protocoles des Sages de Sion – à savoir que le soi-disant « faux » document a effectivement rendu cela beaucoup plus clair.

Plus on étudie l’histoire, plus on se demande si la vérité sur le wahhabisme et ses origines pourrait ne pas être seulement un récit similaire, mais une opération concordante, avec ces deux idéologies – wahhabisme et sionisme – qui travaillent main dans la main pour créer l’environnement toxique que nous avons aujourd’hui dans la région.

Il est également intéressant de noter que la conspiration qui perle des Confessions d’un espion britannique – à juste titre ou à tort – jouit d’un haut niveau de crédibilité dans certaines parties du Moyen-Orient, en particulier en Irak, où ce livre est considéré par beaucoup comme aussi légitime que Les Protocoles des Sages de Sion.

Il est également intéressant de noter que tant que Washington est considéré comme un soutien d’Israël, il est également perçu comme soutenant durablement le régime saoudien, au grand déplaisir d’autres nations et de leurs dirigeants dans la région comme Kadhafi, Assad et le chef suprême iranien l’Ayatollah Khamenei, etc. L’État sioniste d’Israël et le Royaume wahhabite d’Arabie saoudite pourraient être considérés – et sont considérés par beaucoup au Moyen-Orient – comme des États artificiels imposés à la région et maintenus en place par les puissances occidentales – principalement Washington – à des fins à long terme que Dieu-seul-connait. Tout comme Israël est armé jusqu’aux dents par ses patrons occidentaux, il en est de même du régime saoudien, qui est actuellement en train de décimer la petite nation du Yémen dans une guerre illégale et en utilisant presque entièrement de l’armement britannique ou américain – sans un mot de condamnation des gouvernements occidentaux.

La perception est souvent inéluctable que les principaux gouvernements occidentaux marchent au rythme de l’État saoudien, tout autant qu’avec Israël. Et tout ceci malgré le rôle de longue date de l’Arabie saoudite comme source principale du terrorisme djihadiste.

Il est de plus en plus évident que les États wahhabite et sioniste ont des intérêts communs et travaillent main dans la main à bien des égards. Cela peut être vu par exemple dans leur politique anti-iranienne partagée et leur implication commune dans le soutien à la guerre extrémiste d’ISIS contre le gouvernement syrien.
 Dans le numéro du 14 septembre 2016 du magazine Politico, le néocon Zalmay Khalilzad (ancien ambassadeur des États-Unis en Afghanistan, en Irak, aux Nations Unies et maintenant l’homme de paille du lobby saoudien à Washington) a déclaré : « Israël et l’Arabie saoudite partagent une perception similaire de la menace à l’égard de l’Iran, et cette vieille hostilité ne doit pas empêcher une plus grande coopération entre les deux États à l’avenir. Les Saoudiens ont déclaré avec une franchise inhabituelle qu’ils ne considèrent pas Israël comme un ennemi et que le royaume ne fait aucun plan de contingence militaire dirigé contre Israël… »

Le XXe siècle et la malveillance du wahhabisme dans le monde islamique 

L’influence destructrice et hégémonique du sionisme a été décrite et commentée dans tous les sens pendant de nombreuses décennies. Mais les doctrines wahhabites peuvent maintenant clairement être considérées comme étant derrière la plupart des mouvements extrémistes et fous du djihadisme, y compris al-Qaïda et maintenant ISIS. Il serait impossible de calculer combien d’esprits et combien de jeunes hommes, à travers le monde, ont été endoctrinés par les influences wahhabites.

Encore une fois, pour citer l’ancien ambassadeur Khalilzad (du numéro du 14 septembre 2016 du magazine Politico) :

« Une fois, au cours de réunions avec le roi Salman, le prince héritier Nayef, le sous-ministre Mohammad Bin Salman et plusieurs ministres, un haut fonctionnaire saoudien a admis : « Nous vous avons trompés » . Il m’a expliqué que les Saoudiens ont soutenu l’extrémisme islamique depuis le début des années 1960, comme un contre-pied au nassérisme – l’idéologie politique socialiste issue de la pensée égyptienne de Gamal Abdel Nasser – qui menaçait l’Arabie saoudite et allait mener à la guerre entre les deux pays le long de la frontière du Yémen. Cette tactique leur a permis de contenir avec succès le nassérisme, et les Saoudiens ont conclu que l’islamisme pouvait être un outil puissant dans un cadre plus large. »

Le wahhabisme saoudien n’est pas seulement une mauvaise interprétation intolérante et barbare de l’islam. C’est un culte de la mort en soi avec une méthodologie politique très judicieuse et expéditive. Le sionisme, qui est souvent utilisé pour endoctriner les jeunes juifs [et beaucoup de stupides évangélistes américains dits « chrétiens »], a un point de vue essentiellement extrémiste, délirant, intransigeant, qui traite de la supériorité raciale et du « droit divin » sur une terre qui n’est PAS à eux, sur un pays qu’ils n’ont JAMAIS eu en garde, si ce n’est pour une courte période, tâche dont ils se sont montrés complètement indignes, à la suite de laquelle a commencé leur expulsion et la diaspora.

L’influence du wahhabisme, tout comme celle du sionisme, sont largement invisibles à ceux qui observent superficiellement les événements de l’extérieur et peuvent presque être considérées comme un endoctrinement furtif. Bien que personne n’ait jamais nié l’existence du wahhabisme ou sa prévalence en Arabie saoudite, ce n’est que depuis quelques années que l’étendue du matériel wahhabite circulant autour du monde musulman a commencé à être compris. Alors que l’influence religieuse saoudienne ne peut être citée comme la seule force derrière la montée du fanatisme et de l’extrémisme au Moyen-Orient et au-delà dans une grande partie du monde islamique, elle en est un facteur central, avec la politique étrangère américaine et l’État sioniste d’Israël. Et si tous ces facteurs devaient être considérés comme opérant de concert les uns avec les autres et considérés comme un seul, alors il serait évidemment le principal moteur des événements terribles dans cette partie du monde.

Même si vous vouliez citer d’autres facteurs de causalité – par exemple, les populations opprimées par diverses dictatures – on pourrait affirmer que ces dictatures ont été historiquement soutenues par l’influence saoudienne ou américaine (ou les deux) à un moment ou à un autre – sauf celle de Kadhafi – et regardez comment cela s’est fini pour lui. Si l’on regarde les événements historiques du soi-disant « printemps arabe » ou mieux le chaos arabe, certains ont tendance à oublier que Bahreïn, par exemple, a eu ses propres protestations populaires avec des civils demandant des droits et des libertés fondamentaux. Ces protestations ont été écrasées et n’ont reçu aucun appui ni aucune action de solidarité de Washington ou d’autres puissances occidentales. Pourtant, les puissances se sont empressées de contribuer au renversement violent et brutal de Kadhafi en Libye et sont maintenant en passe d’essayer de faire de même en Syrie, en faisant payer le prix fort au peuple syrien pauvre et sans défense.

Sans surprise, la Libye de Kadhafi et la Syrie d’Assad étaient deux dictatures sans sympathie ni amour pour les wahhabites saoudiens. Et la même chose peut être dite pour l’Irak de Saddam Hussein, alors que la direction de Bahreïn avait le plein soutien saoudien. Encore plus ridicule, les Saoudiens étaient eux-mêmes « consultés » par les puissances occidentales sur ce qu’il fallait faire à propos du « problème Kadhafi », tout comme ils étaient principalement « consultés » sur ce qu’ils devaient faire à propos d’Assad et de la Syrie, ou concernant la campagne pour virer Saddam Hussein d’Irak.

Il est curieux qu’avec tous ces régimes qui se sont effondrés ou qui ont été attaqués ailleurs dans la région (même le régime de Moubarak en Égypte), le régime saoudien n’a jamais semblé être le moins du monde en difficulté, en dépit d’être détesté par tant de ses propres citoyens aussi bien que par ses voisins et en dépit d’être encore plus oppressifs que les autres régimes accusés d’être « anti-démocratiques ».

Selon le sociologue Quintan Wiktorowicz, même le terme « wahhabisme » est souvent utilisé par ses adversaires pour désigner l’influence étrangère, en particulier dans les pays où il y a une petite communauté musulmane minoritaire, mais qui ont subi des incursions récentes pour convertir la population locale à cette idéologie. Grâce à cette méthode d’infiltration à long terme, les nations étrangères peuvent être perturbées, les mouvements agités et les régimes endommagés ou même renversés. Mouammar Kadhafi connaissait certainement les wahhabites – et les haïssait avec force. Il a également commis l’erreur d’affronter ouvertement la famille royale saoudienne aux sommets arabes. Encore une fois, notons que ni l’Iran ni la Syrie, ni la Libye de Kadhafi, ni l’Irak de Saddam Hussein n’ont jamais contribué à l’exportation ou à la propagation de l’extrémisme ou du terrorisme contre l’Occident. Mais le wahhabisme saoudien l’a clairement fait et le fait toujours.

Il est toujours difficile pour les chercheurs indépendants de se pencher sur la conspiration internationale qui a été menée contre Kadhafi et le peuple de Libye sans se demander quelle alliance de forces et d’intérêts était vraiment derrière elle et pourquoi. Ce sujet justifie tout un essai en lui-même, mais il devient également difficile de regarder la crise qui a déchiré la Syrie autrefois paisible et ne pas se poser la même question, sans parler de l’Irak et de la montée d’ISIS.

C’est un fait établi que les Saoudiens et leurs États clients satellites ont financé et orchestré les terroristes ultra-violents d’ISIS en Syrie depuis le début de ce conflit. Et il est évident qu’Israël a également été impliqué dans l’aide aux rebelles syriens. Il est donc tout à fait raisonnable de se demander si un programme sioniste / wahhabiste est joué à l’unisson avec, évidemment, le soutien des néocons à Washington.
 Ce n’est pas, en passant, une tentative de vilipender l’Arabie saoudite ou l’État saoudien – qui peut être confronté au grand danger de l’extrémisme djihadiste – mais plus spécifiquement ses clercs religieux et ses réseaux religieux. On ignore dans quelle mesure ces réseaux sont liés à l’État lui-même. Mais il y a presque certainement un certain degré de collusion impliquant les personnes hautement placées dans l’état.

En conclusion, il est évidemment hors de la portée de cet article de commenter de façon décisive si les Protocoles des Sages de Sion ou les Mémoires de M. Hempher sont des faux du XIXe siècle ou de véritables éléments historiques qui exposent les véritables origines de deux idéologies les plus destructrices et toxiques des XXe et XXIe siècles.

Ce qui peut être observé avec une objectivité absolue, cependant, c’est le rôle substantiel que les deux idéologies ont joué dans la création des conditions dures, quasi-apocalyptiques que nous avons maintenant au Moyen-Orient et ailleurs dans le monde. Une fois que vous vous êtes familiarisé avec l’histoire, vous ne pouvez pas vous empêcher de voir l’amer sectarisme, les guerres, les divisions et le sang d’aujourd’hui sans percevoir les grandes ombres du sionisme et du wahhabisme qui se dressent derrière eux. Et cela avant même de prendre en compte la question de l’islam chiite. Cela est également particulièrement intéressant compte tenu du fait que la politique des États-Unis au cours des dernières années a consisté à aggraver le plus possible un conflit faux et artificiel sunnite-chiite dans la région. L’intelligentsia israélienne est aussi très impliquée dans l’avènement de ce conflit géo-sectaire.

Le sombre tableau est celui d’un cancer social et politique semé à l’aube du XXsiècle et atteignant son niveau le plus mortel au début du XXI: un ordre du jour qui date d’avant la Première Guerre mondiale et qui pourrait provoquer la Troisième guerre mondiale.

Guerre impérialiste en Syrie: Le Liban sera t’il encore muselé par l’Arabie Saoudite au sujet de l’EIIL ?…

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L’armée libanaise détient un émir de Daesh

 

Réseau Voltaire

 

26 novembre 2016

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article194259.html

 

L’armée libanaise a, de sa propre initiative, profité de la situation politique locale pour attaquer le QG de Daesh à Ersal. À l’issue d’une opération coup de poing, elle est parvenue à arrêter vivants l’émir Ahmad Youssef Amoun (photo) et 10 de ses hommes.

C’est la première fois, au plan mondial, qu’un émir de Daesh est arrêté. Blessé lors de l’assaut, il a été hospitalisé, mais devrait rapidement être interrogé.

Fin décembre 2013, l’armée libanaise était identiquement parvenue à arrêter un émir d’Al-Qaïda, Majed al-Majed. Celui-ci avait déposé devant un magistrat militaire révélant les liens entre le prince Bandar ben Sultan et de nombreux responsables politiques arabes. Cependant, un accord était intervenu entre le gouvernement libanais et l’Arabie saoudite. Cette dernière avait alors promis d’offrir 3 milliards de dollar d’armement en échange de la destruction de cette déposition. Majed al-Majed était alors opportunément mort de ses blessures et sa déposition égarée [1]. La promesse saoudienne n’ayant pas été tenue —mais de nombreux bakchichs ayant été versés—, certains responsables politiques libanais cherchent à profiter de l’arrestation d’Ahmad Youssef Amoun pour la relancer.

Dans le cas où l’armée libanaise parviendrait à garder son prisonnier, il pourrait révéler les liens entre l’organisation terroriste, la famille royale saoudienne, celle du président turc Erdoğan et l’ancien directeur de la CIA David Petraeus.

[1] « Le silence et la trahison qui valaient 3 milliards de dollars », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 15 janvier 2014.

L’opération américano-saoudienne en Syrie… Nom de code « Timber Sycamore »…

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L’axe secret USA Arabie Saoudite

 

Manlio Dinucci

 

26 janvier 2016

 

url de l’article en français:
http://francophone.sahartv.ir/infos/chronique-i21481-l’axe_secret_usa_arabie_saoudite_par_manlio_dinucci

 

Nom de code «Timber Sycamore» : ainsi s’appelle l’opération d’armement et entraînement des «rebelles», en Syrie, «autorisée, secrètement, par le Président Obama, en 2013». C’est ce que documente une enquête, publiée dimanche, par le « New York Times ».

Quand elle a été chargée par le président d’effectuer cette opération couverte, «la Cia savait, déjà, qu’elle avait un partenaire disposé à la financer : l’Arabie saoudite». Avec le Qatar, «elle a fourni des armes et divers milliards de dollars, tandis que la Cia a dirigé l’entraînement des rebelles». La fourniture d’armes aux «rebelles», y compris, des «groupes radicaux, comme Al-Qaïda», avait commencé l’été 2012, quand, à travers un réseau, disposé par la Cia, des agents secrets saoudiens avaient acheté, en Croatie, en Europe orientale, des milliers de fusils d’assaut Ak-47, avec des millions de projectiles, et que des Qataris avaient infiltré, en Syrie, à travers la Turquie, des missiles portables chinois, Fn-6, achetés, sur le marché international. Comme la fourniture d’armes arrivait en roue libre, à la fin de 2012, le Directeur de la Cia, David Petraeus, convoquait les alliés, en Jordanie, en leur imposant un contrôle plus étroit, de la part de l’Agence, sur l’ensemble de l’opération. Quelques mois plus tard, au printemps 2013, Obama autorisait la Cia à entraîner les «rebelles», dans une base, en Jordanie, et dans une autre, au Qatar, et à leur fournir des armes, dont des missiles anti-chars Tow. Toujours, avec les milliards du «plus grand contributeur», l’Arabie saoudite. Pas nouvelle, dans ce genre d’opérations. Dans les années 70 et 80, celle-ci aida la Cia, dans une série d’opérations secrètes. En Afrique, notamment, en Angola, où, avec les financements saoudiens, la Cia soutenait les rebelles contre le gouvernement allié de l’URSS. En Afghanistan, où «pour armer les moujahiddines contre les Soviétiques, les Etats-Unis lancèrent une opération, d’un coût annuel de millions de dollars, que les Saoudiens payèrent, dollar par dollar, par un compte de la Cia, dans une banque suisse». Au Nicaragua, quand l’administration Reagan lança le plan secret, pour aider les contras, les Saoudiens financèrent l’opération de la Cia, avec 32 millions de dollars, par l’intermédiaire d’une banque des Iles Caïman. Par ces opérations et quelques autres, secrètes, jusqu’à celle actuelle, en Syrie, s’est cimentée «la longue relation entre les services secrets des Etats-Unis et de l’Arabie saoudite». Malgré le «rapprochement diplomatique» de Washington avec l’Iran, non apprécié, à Riyad, «l’alliance persiste, maintenue à flot, sur une mer d’argent saoudien, et sur la reconnaissance de leur intérêt mutuel». Cela explique pourquoi «les Etats-Unis sont réticents à critiquer l’Arabie saoudite, sur la violation des droits humains, le traitement des femmes et le soutien à l’aile extrémiste de l’Islam, le Wahhabisme, qui inspire de nombreux groupes terroristes», et pourquoi «Obama n’a pas condamné l’Arabie saoudite, pour la décapitation de Cheikh Nimr al-Nimr, le dissident religieux chiite, qui avait défié la famille royale». S’y ajoute le fait, dont le « New York Times » ne parle pas, que le secrétaire d’Etat John Kerry, en visite, à Riyad, le 23 janvier, a réaffirmé, que, «au Yémen, où l’insurrection Houthi menace l’Arabie saoudite, les USA sont aux côtés de leurs amis saoudiens». Les amis, qui, depuis presque un an, massacrent les civils, au Yémen, en bombardant même les hôpitaux, aidés par les USA, qui leur fournissent du renseignement, (c’est-à-dire, en indiquant les objectifs à toucher), des armes, (dont des bombes à fragmentation), et un soutien logistique, (dont l’approvisionnement en vol des chasseurs bombardiers saoudiens). Ces mêmes amis que le Premier ministre Renzi a, officiellement, rencontré, en novembre dernier, à Riyad, en leur garantissant le soutien et les bombes de l’Italie, dans la «lutte commune contre le terrorisme».

Équation impérialiste en Syrie et au Moyen-Orient: CIA + Arabie Saoudite = Al CIAda + EEIL

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Depuis le départ il n’y a pas de « guerre civile » en Syrie, mais une guerre d’invasion par procuration de la légion mercenaire pseudo-djihadiste de la CIA et de ses complices Saoudo-jordano-israélo-turco-qataris. Tout le reste n’est qu’un air de pipeau dans les merdias propagandistes de l’occident criminel colonialiste.

— Résistance 71 —

 

La CIA dirige les opérations en Syrie avec l’argent saoudien

 

Al Manar

 

26 janvier 2016

 

url de l’article:

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=281445&cid=13&fromval=1&frid=13&seccatid=15&s1=1

 

Depuis le début de la guerre syrienne l’administration américaine a annoncé deux projets: le premier, parrainé par le Pentagone, ayant pour but de «former et équiper l’opposition modérée afin de faire face à Daesh». Le deuxième sponsoré par la «CIA» .Or,  personne ne pouvait cacher l’échec du programme du Pentagone de former des «rebelles modérés pour combattre Daesh», surtout que les  responsables et les  médias l’ont officiellement arrêté l’an dernier.

Cela dit, un article du «New York Times» , diffusé il y a deux jours, a publié des informations publiées pour la première fois sur le rôle de l’ Arabie Saoudite dans le financement du projet de la «CIA» et celui des  États-Unis dans le commandement des opérations militaires sur le territoire syrien.

«Dès sa création, le projet de la CIA baptisé Tymber Sycamore,  était soutenu par les  Saoudiens»  ont affirmé des  responsables américains qui ont été interrogés par le journal américain sous couvert d’anonymat.

«L’agence a appris qu’elle bénéficiait d’un partenaire prêt à la soutenir » écrit  l’article». Le régime saoudien a joué, comme d’habitude le rôle «de signataires de chèques» sachant que son   financement a de loin dépassé celui des contributions de Qatar et de la Turquie dans ledit projet. Certes, l’administration américaine a tenté  de dissimuler le chiffre exact des sommes en jeu, mais  certains responsables saoudiens ont estimé que le soutien saoudien s’élève à «quelques milliards de dollars».

L’article (de Mark Mazzetti et matt Abozo) considère que le soutien saoudien à la CIA en Syrie s’inscrit dans le cadre de   «la coopération permanente  qui date de dix ans» et mentionne une série de guerres  que la CIA a mené et financé par  l’Arabie Saoudite sans que cette dernière ait un intérêt direct dans ces guerres. L’article énonce les différents chapitres  du rôle de l’Arabie Saoudite dans le financement des   guerres américaines en Angola, en Afghanistan, au Nicaragua et en Syrie. 

Justement, concernant cette dernière avant même l’approbation officielle d’Obama sur la mission de formation  de la CIA,  « l’agence a signé en 2012 «une série de contrats d’armement avec l’Arabie saoudite, dirigée par Bandar bin Sultan au niveau des services de renseignement notamment l’ affaire avec la Croatie», révèle l’article. 

Mais un article du The Times a mis en lumière le rôle premier de Washington dans la gestion de la guerre sur le terrain en Syrie, tandis que d’autres jouent  tels que l’Arabie Saoudite, le Qatar, et la Turquie jouaient le rôle de «banques de financement».

L’article souligne que depuis le début de l’année 2012, et sur plus d’un an, les Américains ont permis à un trafic  «d’argent et d’armes légères venant  du Qatar, de l’Arabie saoudite et d’autres pays du Golfe via  la frontière turque destiné aux combattants en Syrie». A l’époque certains responsables américains ont exprimé «leur préoccupation de voir cet argent et ces armes tomber entre les mains de groupes liés à Al-Qaïda. »

À la fin de 2012 ,  une réunion secrète s’est tenue près de la mer Morte en Jordanie, entre le directeur de la CIA à l’époque, David Petraeus, et des responsables du renseignement des États du Golfe .  A la réunion,  Petraeus a reproché d’un «ton très sévère» les participants le  «manque de coordination avec les agents de la CIA en Jordanie et en Turquie dans la distribution des armes», écrit l’article citant  d’anciens hauts fonctionnaires. 

Quelques mois plus tard, Obama formellement modifié la mission de la CIA en y ajoutant la double mission « de la distribution d’armes aux combattants de l’opposition syrienne». Depuis,  la  CIA s’occupe directement de l’opération de formation, tandis que le renseignement saoudien se contente de fournir l’argent et les armes» poursuit l’article. 

L’agence supervise tout en pratique, au point même de jouer le rôle de médiateur entre les pays qui relèvent de son autorité, comme  par exemple, résoudre le problème de retard de paiement saoudien à la Jordanie , pays d’accueil  des salles d’opération …

L’article du New York Times souligne que «l’alliance entre l’Arabie saoudite et la CIA est encore forte» et que les relations entre le «ministre de l’Intérieur saoudien Mohammed bin Nayef et le directeur de la CIA John O. Brennan sont aussi intimes et ce  depuis que Brennan était responsable de  l’agence à Riyad au cours des années 90.»

«Les Saoudiens et les Américains savent qu’ils sont indispensables l’un à l’autre» en de pareilles circonstances », souligne  l’ancien  chef de l’agence Mike Rogers au Congrés. Alors que pour  les experts  «l’alliance américano-saoudienne se poursuivra , baignée par  l’argent saoudien  et des intérêts particuliers partagés entre les deux parties ».

Guerres impérialistes: L’empire se débarrasse d’un allié encombrant ayant rempli ses fonctions…

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Vers l’effondrement de l’Arabie Saoudite

 

Thierry Meyssan

 

11 Janvier 2016

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article189835.html

 

Alors que les Saoud jouissent des derniers moments de leur dictature, la décapitation du chef de son opposition, Nimr al-Nimr, prive la moitié de la population saoudienne de tout espoir. Pour Thierry Meyssan, la chute du royaume est devenue inévitable. Elle devrait s’accompagner d’une longue période d’extrême violence.

En un an, le nouveau roi d’Arabie, Salmane, 25e fils du fondateur de la dynastie, est parvenu à consolider son autorité personnelle au détriment des autres branches de sa famille, dont le clan du prince Bandar ben Sultan et celui de l’ancien roi Abdallah. Cependant, on ignore ce que Washington a promis aux perdants afin qu’ils n’entreprennent rien pour récupérer leur pouvoir perdu. Quoi qu’il en soit, des lettres anonymes, parues dans la presse britannique, permettent de penser qu’ils n’ont pas abandonné leurs ambitions.

Contraint par ses frères de nommer comme héritier le prince Mohamad ben Nayef, le roi Salmane l’a rapidement isolé et a limité ses compétences au profit de son propre fils, le prince Mohammed ben Salmane, dont l’impulsivité et la brutalité ne sont pas tempérées par le Conseil de famille qui ne se réunit plus. De facto, c’est désormais lui et son père qui gouvernent seuls, en autocrates, sans aucun contre-pouvoir dans un pays qui n’a jamais élu de Parlement et où les partis politiques sont interdits.

Ainsi a-t-on vu le prince Mohammed ben Salmane prendre la présidence du Conseil pour les Affaires économiques et le Développement, imposer une nouvelle direction au Ben Laden Group et s’emparer de l’Aramco. Chaque fois, il s’agit pour lui d’écarter ses cousins et de placer des hommes liges à la tête des grandes sociétés du royaume.

=*=

Le cheikh al-Nimr décrivait ainsi la vie des chiites en Arabie saoudite : « Du moment où vous êtes né, vous êtes entouré par la peur, l’intimidation, la persécution et les abus. Nous sommes nés dans une atmosphère d’intimidation. Nous craignions même les murs. Qui d’entre nous n’est pas familier avec l’intimidation et de l’injustice à laquelle nous avons été soumis dans ce pays ? Je suis âgé de 55 ans, plus d’un demi-siècle. Depuis le jour où je suis né jusqu’à aujourd’hui, je ne me suis jamais senti en sécurité dans ce pays. Vous êtes toujours accusé de quelque chose. Vous êtes toujours sous la menace. Le directeur de la Sûreté de l’État l’a admis devant moi. Il m’a dit quand je fus arrêté : “Vous tous, chiites, vous devriez être tués”. Voilà leur logique. »

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En matière de politique intérieure, le régime ne repose que sur la moitié de la population sunnite ou wahhabite, et discrimine l’autre moitié de la population. Le prince Mohammed ben Salmane a conseillé à son père de faire décapiter le cheikh Nimr Baqir al-Nimr parce qu’il avait osé le défier. En d’autres termes, l’État a condamné à mort et exécuté le principal chef de son opposition dont le seul crime est d’avoir formulé et répété le slogan : « Le despotisme est illégitime ». Le fait que ce leader ait été un cheikh chiite ne fait que renforcer le sentiment d’apartheid des non-sunnites, qui sont interdits d’éducation religieuse, et qui sont tous interdits d’entrée dans la fonction publique. Quant aux non-musulmans, soit un tiers de la population, ils ne sont pas autorisés à pratiquer leur religion et ne peuvent pas espérer recevoir la nationalité saoudienne.

Au plan international, le prince Mohammed et son père le roi Salmane mènent une politique fondée sur les tribus bédouines du royaume. Ce n’est qu’ainsi qu’il est possible de comprendre à la fois la poursuite du financement des Talibans afghans et du Courant du Futur libanais, la répression saoudienne contre la Révolution au Bahreïn, le soutien aux jihadistes en Syrie et en Irak, l’invasion du Yémen. Toujours, les Saoud soutiennent des sunnites —qu’ils considèrent comme les plus proches de leur wahhabisme d’État—, non pas contre les seuls chiites duodécimans, mais d’abord contre les sunnites éclairés, puis contre toutes les autres religions (ismaéliens, zaydites, alévis, alaouites, druzes, sikhs, catholiques, orthodoxes, sabatééns, yazidis, zoroastriens, hindous, etc.). Surtout, dans tous les cas, ils soutiennent exclusivement des leaders issus des grandes tribus sunnites saoudiennes.

Au passage, on notera que l’exécution du cheikh al-Nimr suit l’annonce de la création d’une vaste Coalition anti-terroriste de 34 États autour de Riyad. Sachant que le supplicié, qui a toujours récusé l’usage de la violence, a été condamné à mort pour « terrorisme » (sic), on doit comprendre que cette Coalition est en réalité une alliance sunnite contre les autres religions.

Le prince Mohammed a pris sur lui de lancer la guerre au Yémen, prétendument pour secourir le président Abd Rabbo Mansour Hadi, renversé par une alliance entre les Houthis et l’armée de l’ancien président Ali Abdallah Saleh, en réalité pour s’emparer des champs de pétrole et les exploiter avec Israël. Comme on pouvait le prévoir, la guerre tourne mal et les insurgés lancent des incursions en Arabie saoudite où l’armée se débande, abandonnant son matériel.

L’Arabie saoudite est donc le seul État au monde propriété d’un seul homme, gouverné par cet autocrate et son fils, refusant tout débat idéologique, ne tolérant aucune forme d’opposition, et n’acceptant que la vassalité tribale. Ce qui a été longtemps considéré comme des résidus du passé appelés à s’adapter au monde moderne s’est donc sclérosé jusqu’à devenir l’identité même d’un royaume anachronique.

La chute de la Maison des Saoud pourrait être provoquée par la baisse des cours du pétrole. Incapable de réformer son train de vie, le royaume emprunte à tout va, de sorte que, selon les analystes financiers, il devrait tomber en faillite d’ici deux ans. La vente partielle de l’Aramco pourrait accorder une prolongation à cette agonie, mais elle se fera au prix d’une perte d’autonomie.

La décapitation du cheikh al-Nimr aura été le caprice de trop. La chute est désormais inévitable en Arabie parce qu’il n’y a plus aucun espoir pour ceux qui y vivent. Le pays se trouvera alors précipité dans un mélange de révoltes tribales et de révolutions sociales qui sera bien plus meurtrier que les conflits proche-orientaux précédents.

Loin de s’opposer à cette fin tragique, les protecteurs états-uniens du royaume l’attendent avec impatience. Ils ne cessent de célébrer la « sagesse » du prince Mohammed comme pour l’encourager à plus d’erreurs. Déjà en septembre 2001, le Comité des chefs d’état-major travaillait sur une carte de remodelage du « Moyen-Orient élargi » qui prévoyait la partition du pays en cinq États. Tandis qu’en juillet 2002, Washington envisageait la manière de se débarrasser des Saoud, lors d’une célèbre séance du Defense Policy Board. Désormais, ce n’est plus qu’une question de temps.

À retenir : 
 Les États-Unis sont parvenus à régler la question de la succession du roi Abdallah, mais poussent aujourd’hui l’Arabie saoudite à la faute. Leur objectif est désormais de diviser le pays en cinq.

Le wahhabisme est religion d’État, mais les Saoud s’appuient à l’intérieur et à l’extérieur sur les seules tribus sunnites et tiennent les autres populations en apartheid.

Le roi Salmane (80 ans) laisse l’exercice du pouvoir à l’un de ses enfants, le prince Mohammed (30 ans). Celui-ci s’est emparé des grandes sociétés du pays, a déclaré la guerre au Yémen, et vient de faire exécuter le chef de son opposition, cheikh al-Nimr.

Moyen-Orient: Les soubresauts de la maison sioniste Al Saoud pour mettre le feu à la région… Seul le chaos peut les sauver ainsi que leurs maîtres impérialistes occidentaux

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Les dirigeants saoudiens veulent des conflits sectaires au Moyen Orient

 

Entretien de Press TV avec Kevin Barrett

 

2 Janvier 2016

 

url de l’article original (avec vidéo de l’entretien en anglais):

http://www.presstv.ir/Detail/2016/01/02/444230/Saudi-Arabia-Sheikh-Nimr-alNimr/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Press TV s’est entretenue avec kevin Barrett, l’édituer de Veterans Today, pour lui demander ce qu’il pense de l’exécution d’un haut dignitaire chi’ite saoudien Nimr al-Mimr.

Ce qui suit est une transcription brute de l’entretien

Press TV:  Il semble que l’Arabie Saoudite ne puisse pas tolérer même des moyens pacifiques pour essayer de réformer et d’amener une réforme dans son approche des droits de l’Homme. Qu’en pensez-vous ? Dites-nous la raison pour laquelle vous pensez que tout cela se passe maintenant ?

Barrett: Et bien, je suppose que nous sommes tous choqués et horrifiés par tout ceci, mais nous ne devrions pas être surpris tant que cela. L’Arabie Saoudite est dirigée par une des familles les plus corrompues et des plus despotiques de l’histoire du monde. Ce sont des gens qui n’arrêteront devant rien pour essayer de préserver les milliards et milliards de dollars qu’ils ont volé au peuple d’Arabie et ont déposé pas seulement dans des comptes suisses mais aussi dans le système à pétrodollars occidental. Ils donnent un coup de pouce au système monétaire sioniste qui dirige l’occident pour le cartel criminel (banquier).

Note de Résistance 71: A ce titre, l’oligarchie occidentale pourrait bien qualifier la famille Al Saoud comme suit: “Ce sont des salopards, oui mais ce sont nos salopards !” Comme ce fut déjà dit d’un des dictateurs protégés et mis en place par le département d’état yankee.

Ces gens sont des personnalités du crime organisé et l’appeler l’Arabie Saoudite est une insulte au peuple d’Arabie. Ceci reviendrait à nommer les Etats-Unis après sa famille du crime régnante et les appeler “L’Amérique Bushite”. Ici aux Etats-Unis, malheureusement les médias ne disent pas toute la vérité sur les affaires de l’Arabie Saoudite. Les rapports que nous recevons au sujet de l’exécution du Sheikh Nimr et de 47 autres personnes au total ne mentionnent même pas qu’ils ont été décapités.

On ne nous fournit que de la propagande non-stop au sujet du soi-disant Etat Islamique (EIIL/Daesh) décapitant des gens et nous avons vu en fait beaucoup de vidéos bidons de décapitation produites par… le groupe SITE soi-disant de renseignement et une façade israélienne afin de faire monter la sauce de la haine des Américains contre tous les musulmans. Les Américains sont totalement endoctrinés par leurs médias afin de penser que ces gens qui coupent les têtes sont des représentants de tous les musulmans. Mais alors lorsque les Saoudiens le font, bien sûr ce sont eux qui donnent le ton pour ce soi-disant Etat Islamique, Daesh, qui ne fait que reprendre l’idéologie extrémiste takfirie wahhabite de la famille régnante saoudienne, nous n’en entendons pas parler. Tout cela est maquillé, couvert.

Si vous regardez les infos qui font les unes sur ce sujet, elles ne mentionnent pas, sans parler d’insister sur cet aspect, que l’Arabie Saoudite adore décapiter des gens. La place principale de Ryad est appelée “place coupe-coupe” (NdT: “Chop Chop Square” en anglais) où ils passent leur temps à couper la tête de condamnés et personne aux Etats-Unis ne le sait. Tout ce que nous entendons n’est que la propagande israélienne qui clâme que ce sont les musulmans qui font cela parce que les terroristes de Daesh, sponsorisés par l’Arabie Saoudite du reste, courent partout en décapitant les gens. (NdT: A noter également qu’Israël combat ax côtés de l’Arabie Saoudite au Yémen, des pilotes israéliens volent sur les F-16 et F-15 saoudiens, vendus par les Etats-Unis et bombardent villes et civils dans un des pays les plus pauvres du monde qu’est le Yémen… Les Saoudiens y emploient des mercenaires, des troupes des Emirats Arabes Unis commandées par un ex-général australien)

Il est grand temps pour le monde de se réveiller et de reconnaître que ce régime saoudien doit partir. Ils sont une des véritables têtes du monstre takfiri sioniste qui domine le Moyen-Orient et que ceci devrait maintenant être très clair pour tous les musulmans, pas seulement pour les chi’ites. Je ne suis pas chi’ite. Je suis un musulman d’une école marocaine de l’Islam, qui est classifiée comme sunnite. Mais nous devons tous voir qu’il y a un énorme problème avec cette famille régnante saoudienne et qu’ils sont ceux qui disséminent le souffle sectaire et la guerre civile partout dans la région.