Archive pour anticolonialisme amérique du sud

Résistance au colonialisme: Au sujet des frontières fictives (Mohawk Nation News)

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Pas de frontières

 

Mohawk Nation News

 

2 novembre 2018

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2018/11/02/no-borders/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Nos parents natifs du sud disent au monde qu’il n’y a pas de frontières. Nous avons un droit naturel de traverser notre terre, la terre de la grande tortue, le continent des Amériques dans son entièreté. Nous disons toujours “Nous ne traversons pas des frontières [illégales], les frontières nous traversent.” Ces frontières colonialies, entrepreneuriales du nord et du sud du continent sont le fait d’un contrôle illégal par des étrangers envahisseurs. Les Hopi, Rotishonn’onwe (Iroquois) et les Aztèques se rencontrent chaque année en conseil à la source du fleuve Mississippi. Kaianerekowa (la Grande Loi de la Paix) et Tekeni Tewatahineh (l’accord du wampum deux rangées) est fait pour tous nos peuples naturels.

Les peuples natifs de l’Amérique centrale et du Sud sont-ils trompés pour aller à la frontière américano-mexicaine pour y être brutalisés ? Le président américain Trump, un immigrant, ne veut pas d’eux aux Etats-Unis parce qu’ils ne sont pas blancs. Il essaie de retirer de l’endroit les peuples natifs bronzés pour purifier leur colonie raciste blanche et continuer de volet et de piller nos terres, de nous déposséder, en toute impunité. Personne ne peut nous déconnecter de nos terres et des autres peuples de là où la Nature nous a placé. L’armée américaine fera tout ce qui est en son pouvoir pour nous empêcher de passer et de repasser librement.

Les Américains, Canadiens, Mexicains sont des entités corporatrices, entrepreneuriales coloniales artificielles, pas des races. Ce sont des états et des citoyens de papier, venus ici pour violer la terre et réduire les peuples originels en esclavage. Il n’y a aucune langue américaine, canadienne, mexicaine. Ces squaters n’ont aucune langue ni aucune terre. Ces voleurs nous ont envahi, assassiné, créé des boutiques et ces lignes absolument imaginaires appelées “frontières” pour diviser le butin entre eux.

Cette proposition de mur frontalier ne vaut rien pour les vrais peuples naturels de la terre ou toute vie sur l’âIle de la Grande Tortue.

La terre, toute vie et les peuples naturels sont UN. Nos droits [naturels] supplantent les lois fictives des envahisseurs, qui n’ont rien à faire ici. Nous leur avons permis d’utiliser la terre sur la profondeur d’un soc de charrue pour les aider à temporairement se nourrir. Ours Fou Anderson leur a dit: “Quelque soit votre nationalité, c’est là où réside votre foyer.” Ils ne sont pas onkwehonwe (NdT: peuple natif de l’Île de la Grande Tortue).

Rien ne peut être vendu ou acheté. Tout ce qui est sur, sous ou au-dessus de la terre ainsi que nous-mêmes, fait partie de la nature. Ils devaient demander la permission pour creuser des fondations de maisons et des puits.

On nous a terrorisé et assassiné à cause de la demande de drogue et pour nos ressources aux Etats-Unis. Les envahisseurs ont pour projet de décimer la forêt amazonienne. ron-ton-hi-saks, nos frères et sœurs natifs vont survivre sur notre terre. Les entreprises vont cesser de faire de nos vies des chaos innommables. Avant l’invasion, il n’y avait aucune famine et nous vivions de manière plaisante.

Trump veut contrôler le continent. Il appelle les peuples natifs en provenance d’Amérique centrale et du Sud “des criminels et des envahisseurs”.

Quand les européens (NdT: chrétiens, n’oublions que tout ceci à l’origine a à voir avec la “doctrine chrétienne de la découverte”…) ont voulu peupler le continent des Amériques, ils vidèrent leurs prisons, leurs asiles de fous, prirent les pauvres et les prostituées des bas-fonds et les y envoyèrent. Les envahisseurs et leur culture du viol sont les criminels et les intrus. L’Amérique blanche travaille rudement à oublier ses origines malfaisantes et tente de garder ce secret au placard.

Trump est un nazi suprémaciste blanc. Lui et son régime n’ont rien à faire ici. 


Vraie carte Amérique du Nord

LISEZ KAIENEREKOWA, LA GRANDE LOI DE LA PAIX:

KAIANEREKOWA: La racine du mot “société” est “amitié” et “compagnonnage”. Ce concept est la base de Kaianerekowa, la Grande Paix, la constitution de rotinoshonni’onwe (la confédération des 5 nations iroquoises originelles). La Grande Paix est un mode de vie qui nous fut fournie comme nous l’avons conçu. Elle nous éclaire sur notre relation avec l’univers.

Note de Résistance 71: Nous avons traduit il y a quelques années les 117 wampums de Kaianerekowa en français que nous avons republié en version PDF (réalisée par Jo de JBL1960). Voici ce texte du XIIème siècle, fondateur d’unité politique, le plus ancien au monde avec la première charte politique islandaise.

kaianerekowa Grande Loi de la Paix

 


« Ceux qui portent le fardeau de la paix »

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Résistance politique au colonialisme: Evo Moralès présente la facture à l’empire…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 3 juin 2014 by Résistance 71

Avec des mots à peine différents, Morales exprime en fait la même chose que ses frères amérindiens du nord. La guerre coloniale de 500 ans et son génocide touchent à leur fin. N’oublions jamais que la dette (le plus souvent odieuse, partout…) est l’arme de destruction massive de l’oligarchie contre les peuples, à plus forte raison les peuples colonisés…

Nous l’avons dit et le redirons sans cesse: L’avenir de l’humanité passe par le colon occidental idéologiquement libéré se tenant aux côtés de ses frères autochtones colonisés et émancipés et ceci sur tous les continents. On y arrive, pas à pas… Être du bon côté de l’histoire pour un européen/occidental, c’est soutenir les luttes autochtones, partout et répudier la fange idéologique colonialiste occidentale.

— Résistance 71 —

 

Discours d’Evo Morales le 30 juin 2013

Source:

http://tunisitri.wordpress.com/2014/05/30/morales-reclame-le-remboursement-de-185-mille-kilos-dor-et-de-16-millions-de-kilos-dargent/

 

“Me voici, Evo Morales, venu rencontrer ceux qui célèbrent la rencontre.
Me voici, descendant de ceux qui ont peuplé l’Amérique il y a quarante mille ans, venu rencontrer ceux qui l’ont découverte il y a seulement cinq cents ans. Aussi, nous nous rencontrons tous. Nous savons ce que nous sommes, cela suffit. Nous n’aurons jamais rien d’autre.

Le frère douanier européen me demande un papier écrit et un visa pour pouvoir découvrir ceux qui m’ont découvert.
Le frère usurier européen me demande le paiement d’une dette contractée par des Judas, que je n’ai jamais autorisés à me vendre.
Le frère avocaillon européen m’explique que toute dette se paie avec des intérêts, même s’il s’agit de vendre des êtres humains et des pays entiers sans leur consentement.
Je les découvre peu à peu.

Je peux également réclamer des paiements, avec intérêts. Il figure dans les Archives des Indes, papier sur papier, reçu sur reçu et signature sur signature, qu’entre 1503 et 1660, 185 mille kilos d’or et 16 millions de kilos d’argent provenant d’Amérique sont arrivés à San Lucas de Barrameda.
Un pillage ? Je ne le crois pas ! Ce serait penser que les frères chrétiens ont manqué au Septième Commandement.
Une spoliation ? Que Tanatzin me garde d’imaginer que les européens, comme Caïn, tuent et renient le sang de leur frère !
Un génocide ? Ce serait donner du crédit aux calomniateurs, tel Bartolomé de las Casas, qui perçoivent la découverte comme la destruction des Indes, ou aux radicaux comme Arturo Uslar Pietri, qui affirme que le début du capitalisme et l’actuelle civilisation européenne sont dus à ce flot de métaux précieux.

Non ! Ces 185 mille kilos d’or et ces 16 millions de kilos d’argent doivent être considérés comme le premier de nombreux prêts amiables de l’Amérique, destinés à développer l’Europe. L’inverse supposerait l’existence de crimes de guerre, ce qui permettrait d’exiger non seulement le remboursement immédiat de ces fonds, mais également une indemnisation pour dommages et intérêts.

Moi, Evo Morales, je préfère envisager la moins offensive de ces hypothèses.
Cette exportation de capitaux si fabuleuse n’était autre que le début d’un plan Marshall Tesuma, pour garantir la reconstruction de l’Europe barbare, ruinée par ses déplorables guerres contre les musulmans, créateurs de l’algèbre, la polygamie, le bain quotidien et autres succès de la civilisation.
C’est pourquoi, en célébrant le cinquième Centenaire de l’Emprunt, nous pouvons nous demander : les européens ont-ils fait un usage rationnel, responsable ou au moins productif des fonds si généreusement avancés par le Fonds Amérindien International ?

Nous regrettons de dire que non.
En matière de stratégie, ils les ont dilapidé dans les batailles de Lépante, en Invincibles Armadas, en Troisièmes Reichs et autres formes d’extermination mutuelle, pour finir occupés par les troupes américaines de l’OTAN, comme au Panama, mais sans canal.
En matière de finances, ils se sont montré incapables, après un moratoire de 500 ans, tant de rembourser le capital et ses intérêts, que de s’émanciper des besoins financiers, des matières premières et de l’énergie à bas prix qu’exporte et fournit tout le Tiers-Monde.
Ce déplorable cadre corrobore l’affirmation de Milton Friedman, selon laquelle une économie subventionnée ne peut fonctionner, et nous oblige à vous réclamer, pour votre propre bien, le paiement du capital et les intérêts dont nous avons, si généreusement et durant tous ces siècles, retardé l’encaissement.

En disant cela, qu’il soit clair que nous ne nous abaisserons pas à réclamer à nos frères européens les vils et sanguinaires taux de 20 et jusqu’à 30 % d’intérêts, somme qu’ils arrachent aux peuples du Tiers Monde. Nous nous contenterons d’exiger le remboursement des métaux précieux avancés, plus le modique intérêt fixe de 10 %, accumulé uniquement sur les 300 dernières années, avec 200 ans d’exonération.
Sur cette base, et en appliquant la formule européenne de l’intérêt composé, nous informons nos débiteurs qu’ils nous doivent, en tant que premier paiement de leur dette, l’ensemble de 185 mille kilos d’or et 16 millions de kilos d’argent, élevés à la puissance 300. Autrement dit, un nombre qui, pour être exprimé entièrement, nécessite plus de 300 chiffres et qui dépasse largement le poids de la Terre. Ces masses d’or et d’argent sont bien lourdes. Combien pèseraient-elles, calculées en sang ?
Alléguer que l’Europe, en un demi-millénaire, n’a pu générer de richesses suffisantes pour rembourser ce modique prêt serait admettre son échec financier absolu et/ou la démentielle irrationalité des postulats du capitalisme.
De telles questions métaphysiques ne nous inquiètent évidemment pas, nous, les Amérindiens.
Nous exigeons cependant la signature d’une Lettre d’Intention qui discipline les peuples débiteurs du Vieux Continent et qui les oblige à tenir leur engagement par le biais d’une prompte privatisation ou reconversion de l’Europe, qui leur permettrait de nous la remettre toute entière, à titre de premier versement de la dette historique. »