Archive pour anthropologie politique histoire alain guillerm société celtique

Société celtique, société gauloise: société contre l’État (version PDF à télécharger)

Posted in actualité, altermondialisme, guerres imperialistes, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 23 février 2017 by Résistance 71

En août 2015, nous sous sommes posés la question de l’origine de la société européenne (et française) et nous avions inroduit le livre de l’historien Alain Guillerm “Le défi celtique” de la façon suivante:

“Cette préoccupation politico-anthropologique nous a été dictée par le cheminement de notre recherche sur les solutions potentielles au marasme ambiant de nos sociétés occidentales, viciées et perverties par la doctrine suprématiste forcenée dominante depuis le XVème siècle (certains diront depuis l’ère de la première croisade à la fin du XIème siècle…) et sa mise en application globale par le truchement du colonialisme fondé sur l’hégémonie culturelle judéo-chrétienne engloutissant le monde. Nous avons identifié l’État et ses institutions, quelle qu’en soit la forme adoptée, comme outil du maintien de la division politique de la société à des fins de contrôle oligarchique des sociétés et au travers de l’étude des recherches d’anthroplogues, sociologues et d’historiens réputés comme (liste non exhaustive): Pierre Clastres, Marshall Sahlins, Robert Jaulin, David Stannard, Charles Mann, Taiaiake Alfred, Russell Means, Pierre Kropotkine, Sam Mbah, I.E. Igariwey et maintenant Alain Guillerm, que la société humaine a vécu de fait des millénaires sans structures étatiques, sans division politique de la société et que contrairement au dogme enseigné dans les deux grands courants anthropologiques “classiques” du structuralisme évolutionniste et du marxisme, l’État n’est non seulement pas la finalité de l’histoire, le sommet de l’évolution de la société humaine, son stade ultime de “maturation”, mais qu’il en serait au contraire une entrave, une anomalie, une certaine perversion le rendant en rien inéluctable aux société humaines sur cette planète. […] “

suite de l’introduction:

https://resistance71.wordpress.com/2015/08/15/societe-contre-letat-societe-celtique-et-gauloise-introduction-au-defi-celtique-dalain-guillerm/

Nous avions alors compilé et analysé l’excellent livre de Guillerm. Jo, de JBL1960 nous en a fait un excellent PDF en regroupant les différentes parties publiées sur un document unique que nous vous proposons aujourd’hui dans sa version finale:

 

le_defi_celtique_aguillerm

(Version PDF)

 

 

Publicités

Société contre l’État: Société celtique et gauloise, le « Défi Celtique » d’Alain Guillerm ~ Conclusion de Résistance 71 ~

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 20 septembre 2015 by Résistance 71

“Le fait est que la tyrannie n’est pas un feu qui doit ou peut être éteint. Ce n’est pas un mal externe. C’est un défaut interne. Le feu de la tyrannie ne peut pas être combattu de l’extérieur avec de l’eau, c’est la source qui doit être éliminée. Les gens qui le nourrissent doivent arrêter de le faire. Ce qu’ils y sacrifient doit-être gardé pour eux-mêmes… Les humains ne doivent pas être unis par la domination, mais comme des frères, sans domination: an-archie. Si nous manquons aujourd’hui de conscience, le leitmotiv doit demeurer: sans domination…”

~ Gustav Landauer ~

 

Société celtique société contre l’État: à l’origine de la culture européenne

 

“Le Défi Celtique” d’Alain Guillerm, 1986 (larges extraits)

 

Compilés par Résistance 71

 

20 Août 2015

 

Introduction

1ère partie: Les Celtes contre l’État

2ème partie: Les Celtes après l’État

3ème partie: La société celtique

Conclusion de Résistance 71

 

Cette excellente étude d’Alain Guillerm sur la société celtique vient un peu “boucler la boucle” en quelque sorte, de notre analyse sur les sociétés primitives (une fois de plus le terme est pris ici dans un contexte anthropologique provenant de la racine latine du mot “primus, primere” voulant dire “premier, originel”) que nous avons menée concernant ces sociétés sur les cinq continents.

Commencée avec les travaux des anthropologues politiques Pierre Clastres, Robert Jaulin et Marshall Sahlins, analysant les sociétés contre l’état des Amériques et d’une partie de la Mélanésie ainsi que de la société d’abondance de l’âge de pierre, nous l’avons continué avec la recherche sur les sociétés traditionnelles africaines des nigérians Sam Mbah et I.E. Igariwey, pour enfin finir avec une relation similaire dans la société originelle profonde européenne, la société celtique au travers donc des 3 parties de l’ouvrage d’Alain Guillerm, que nous venons de publier.

Que pouvons-nous dégager de ces études qui pourrait être bénéfique à la société actuelle, surtout pour son évolution politico-économique?

En étudiant et en partageant cette recherche, nous avons essayé de mettre en évidence une chose fondamentale à notre sens: Une certaine universalité de la société humaine par delà l’espace-temps. En effet, du continent africain au continent européen au continent des Amériques à celui de l’Océanie, nous avons pu constater que la société humaine est essentiellement à l’origine une société non seulement sans état, mais plus précisément contre l’État (cf. Pierre Clastres). Une société qui refuse la centralisation et la division du pouvoir politique, qui refuse de voir le pouvoir politique se séparer de la société en une entité indépendante qui, à terme, mène à la division de la société en un système de dominants et de dominés et à la tyrannie oligarchique dont l’État moderne est la pire des représentations. Ceci représente le terreau de la formation étatique. Pour qu’il y ait État, il faut qu’il y ait une division politique initiale de la société en dominant et dominé à un moment historique donné, la division économique suit, elle est postérieure à la division politique (Clastres).

Les sociétés humaines, pendant des millénaires et sur tous les continents, ont essentiellement vécu, et très bien vécu, dans l’abondance et une certaine égalité, sans État, sans autorité centralisée, sans chefferie autoritaire et séparée de la société. Chefferie et guerriers étaient contrôlés par le pouvoir de la société, qui muselait toute velléité pour un chef de commander, de devenir un tyran. La société possédait ses mécanisme inhérents de contrôle de la chefferie par le biais des conseils populaires, conseils de femmes, danciens etc… Comment et pourquoi l’État est né demeure un mystère anthropologique, ce qui est en revanche établi par les recherches de scientifiques comme Clastres, Sahlins, Jaulin, Mbah, Guillerm et d’autres, est que l’État n’est pas, comme le dogme anthropologique structuraliste évolutionniste le veut, une étape qui se veut ultime de l’évolution de la société humaine, ramenant les sociétés primitives au rang de “sociétés incomplètes en voie de développement”, mais bien plutôt une anomalie, une tare, une sorte de “cancer” historico-anthropologique affectant la société humaine. Les sociétés primitives, originelles des Amériques, d’Afrique, d’Océanie et d’Europe étaient des sociétés parfaitement développées, complètes, autonomes, matures, qui non seulement n’étaient pas à État ou de toute forme de contrôle issus de la division politique de la société, mais le refusait et refusait toute centralisation en préservant leur homogénéité politique du pouvoir dissout dans le peuple, s’autogérant politiquement et économiquement.

Savoir pourquoi et comment l’État s’est développé est au-delà de la portée de cette humble étude, mais la question pourrait aussi être de savoir si ce phénomène étatique est irréversible ? Certains pensent que non. D’autres pensent que oui. La pensée anarchiste dans son ensemble et quelque soit ses tendances, pense que le phénomène étatique n’est pas irréversible, c’est à dire que l’humanité pourrait parfaitement retourner dans une phase de redilution du pouvoir dans le peuple où il est en fait très soluble, qui aurait toujours bien sûr des “leaders”, mais ceux-ci n’auraient plus de pouvoir, la société redevenant politiquement et économiquement égalitaire, autonome, autogérée et anti-autoritaire. Là réside de fait toute l’Idée de la société anarchiste, libertaire.

Il est bien évident que les siècles et les siècles de gouvernance étatique ont laissé des marques profondes sur la psychée et surtout sur le comportement humain. Pourquoi cela serait-il irréversible ? Il semblerait au contraire, que la nature sociétale profonde de l’humanité au-delà des civilisations, soit une nature anti-étatique, faisant de l’État un carcan imposé, façonné pour le bien du plus petit nombre au sein d’une société artificiellement et hiérarchiquement structurée dans sa forme “pyramidale” actuelle.

L’État est une forme cancéreuse de la société humaine, nocive, menant l’humanité à sa perte et à sa mort clinique. Nous en voyons les effets toxiques aujourd’hui. La cause de cette maladie socio-anthropologique est la division politique de la société, qui créa les premières cellules cancéreuses proto-étatiques. Depuis l’avènement des états-nations occidentaux vers le XVIème siècle, la maladie touchant la société humaine est entrée pas à pas dans sa phase métastatique dont le résultat sera la mort. Comme toute maladie, si on traite non pas ses symptômes mais sa cause profonde, on en guérit rapidement et avec peu de chances de rechute si on suit les protocoles préventifs. Il en va de même avec notre société humaine. Il n’est bien sûr pas question de retourner à l’âge de pierre ou à l’àge du fer si bien maîtrisé par les Celtes, mais de voir et reconnaître la “maladie” de notre société pour ce qu’elle est et de revenir à une société fondamentalement saine, c’est à dire sans cette division politique ni économique donnant lieu à la perpétuation de la relation dominant/dominé, qui nous est artificiellement imposée depuis bien trop longtemps et ce pour l’exclusif bénéfice d’un petit nombre au sommet de a pyramide du pouvoir aujourd’hui devenu économico-politique dans la phase capitaliste de l’État. Une simple introspection nous révèle la nature profonde et naturelle de la société humaine. Nous avons été fourvoyés à dessein et emmenés sur un mauvais chemin aussi anti-naturel que fallacieux et criminel: celui de l’État. Retournons sur le chemin semble t’il naturel de l’humanité, celui de l’égalité, de la liberté, de l’émancipation et de l’autosuffisance harmonieuse coopérative.

Il en va simplement de notre survie et là réside à notre sens, le message révélé de l’étude des sociétés originelles de nos continents.

Il n’est jamais trop tard pour corriger l’erreur, encore faut-il reconnaître quand on baigne dedans… Avoir foi en l’humanité, c’est avoir foi en la capacité de l’Homme de sortir des ornières dans lesquelles ils s’est lui-même embourbé.

“L’État, c’est ainsi que s’appelle le plus froid des monstres froids et il ment froidement et le mensonge que voici sort de sa bouche: ‘Moi, l’État, je suis le peuple !’… Là où le peuple existe encore, il ne comprend pas l’État et il le hait comme un mauvais œil et comme un pêché contre les coutumes et les droits… L’État, lui, ment dans tous les idiomes du bien et du mal ; et quoi qu’il dise, il ment et ce qu’il possède il l’a volé. Tout est faux en lui, il mord avec des dents volées, lui qui mord si volontiers. Fausses sont même ses entrailles… ‘Sur Terre il n’est rien de plus grand que moi: je suis le doigt qui crée l’ordre, le doigt de dieu’, voilà ce que hurle ce monstre…”

~ Friedrich Nietzsche (Ainsi parlait Zarathoustra, 1883) ~

 

= = =

 

Bibliographie (non exhaustive) sur le sujet:

 

– Pierre Clastres:

“Chronique des indiens Guayaki”, 1972

“La Société contre l’État”, 1974

“Recherches d’anthropologie politique”, posthume, 1980

 

– Robert Jaulin:

“La paix blanche”, 1970

 

– Marshall Sahlins:

“Age de Pierre, àge d’abondance”, 1972

“L’illusion occidentale de la nature humaine”, 2008

 

– Sam Mbah & I.E. Igariwey

“African anarchism”, 1997

 

– Alain Guillerm

“L’autogestion généralisée”, 1979

“Le défi celtique”, 1986

 

– Charles C. Mann

“1491”, 2005

 

Sur Résistance 71:

 

Pierre Clastres

Robert Jaulin

Marshall Sahlins

Sam Mbah

Alain Guillerm

 

Société contre l’état: Kaiane’re:kowa, la Grande Loi de la Paix ou constitution de la confédération iroquoise, XIIème siècle.