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Dialogue sur la nécessité de la révolution…

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Bernard Lazare (1896)

 

Le Bourgeois — Et vous croyez en la révolution ?

Moi — J’y crois, comme vous en fait.

Bourgeois —Moi ? Vous plaisantez ! Une révolution est-elle possible à notre époque ? Les forces armées, la sagesse des prolétaires, résolue à obtenir légalement une amélioration de leur condition… La volonté des républicains, qui ont déjà tant fait pour les travailleurs, marchent résolument sur le chemin des réformes sociales: toutes ces garanties ne vous sont-elles pas suffisantes ?

Moi —Pas plus pour moi que pour vous. Je connais votre raisonnement et je sais combien vous voudriez y croire. Vous êtes comme ces malades qui calculent leurs chances d’échapper à une maladie et calment leurs peurs en maintenant l’espoir. Vous pouvez faire ce que vous voulez, mais vous ne pourrez pas éviter une révolution.

Le Bourgeois — Mais pourquoi ?

Moi —Parce que c’est une issue fatale et parce que dans la société contemporaine, tout y mène, tout y conduit. Vous, un bourgeois, un actionnaire de grand magasin, de grande entreprise, vous en êtes un des acteurs, tout comme le travailleur syndiqué, tout comme le chômeur, dont les rangs augmentent alors que les rangs des propriétaires s’amenuisent. La situation est telle qu’à partir de maintenant, le capital, comme le travail, est un agent de la révolution.

Le Bourgeois —Ne pensez-vous pas que des réformes intelligentes pourraient stopper le mouvement ?

Moi —Qu’appelez-vous réformes ? Qu’appelez-vous des réformes intelligentes ? Ce sont des mots utilisés par les ministres dans les banquets. Pensez-vous sérieusement que de nouvelles lois fiscales, des impôts progressifs, de nouveaux moyens de taxer l’héritage, les lois de la retraite assurant au travailleur épuisé 100 Francs par an maximum lorsqu’il atteint 70 ans, pourront stopper notre marche ? Vous êtes tellement imprudents ! Vous admettez que rien n’est pour le mieux dans le meilleur des mondes. Par cette admission, vous justifiez tout, parce que le monde entier n’est pas obligé d’accepter votre définition de ce qui est le mieux. Quelle force supplémentaire auriez-vous si vous affirmiez que les relations entre le capital et le travail sont justes et bonnes et qu’aucune autre ne puisse exister. Au contraire, vous reconnaissez que les autres relations peuvent être conçues entre ces deux pouvoirs et vous espérez vous sauver en maintenant la subordination du travail au capital. Vous me faites vraiment pitié.

Le Bourgeois — Nous ne sommes pas encore morts.

Moi —Non, mais vous êtes malades et ce qui rend votre cas bien pire est que vous êtes conscient de votre maladie. Chaque matin au lever, vous pouvez vous rendre compte des progrès de votre jaunisse et vous n’avez aucun pouvoir pour la soigner.

Le Bourgeois —Nous prenez-vous pour des gens incapables de nous défendre ?

Moi —Bien sûr que non. Vous avez déjà donné bien des exemples satisfaisants de votre férocité. C’est seulement que, et voyez dans quelle mesure ce que j’avance est vrai, le jour où vous vous défendrez, vous donnerez le signal de la révolution et si vous ne vous défendez pas, c’est la révolution qui viendra vous réveiller. Vous êtes coincés dans une effrayante impasse. Si vous cédez quelque chose aux pauvres, vous reconnaissez la légitimité de leurs demandes et vous les encouragez à pousser les choses à l’extrême. Si vous ne leur accordez rien, vous légitimez toutes les demandes et tous les évènements. Si vous limitez, vous vous trouverez confrontés à d’autres difficultés.

Le Bourgeois — Nous ne serons donc pas soutenus ?

Moi —Bien sûr ! Vous avez toujours de vieilles forteresses, l’armée, le judiciaire, l’administration, mais tout cela s’effondrera à un certain moment. Vous avez des machines qui semblent marcher et qui s’arrêteront d’elles-mêmes. Le jour où le travailleur arrêtera de se battre avec des boules de papier, le jour où il arrêtera d’envoyer à l’assemblée des clowns et des hésitants, le jour où il dira à ceux qui clâment le représenter: Tout ou rien… Ce jour là vous serez en danger.

Le Bourgeois — Nous émigrerons.

Moi —Non, parce que la révolution sera aussi à Coblence. C’est ce qui est sérieux: la révolution sociale sera européenne. Une révolution politique est localisée, une révolution économique devient générale.

Le Bourgeois — Vous êtes pessimiste.

Moi —Pessimiste pour vous c’est sûr, mais optimiste pour les autres.

Le Bourgeois — Même si cela était, nous aurons toujours notre bonne vieille armée.

Moi — Vous ne l’aurez pas toujours.

Le Bourgeois — Pourquoi ?

Moi — Parce que ce que vous appelez l’état de paix armée ne peut pas durer indéfiniment et indépendememnt de toute solution trouvée à ce problème, la révolution est inévitable. Si vous persistez à préserver des armées permanentes, ce sera soit la banqueroute, soit la révolution. Si vous faites la guerre, ce sera la révolution dans le pays vaincu et elle s’étendra pour toucher les nations victorieuses. A moins bien sûr qu’au moment de la déclaration de guerre, les prolétaires des deux pays y répondent en décrétant une grève générale ou détruisent des deux côtês les voies de chemin de fer et ce sera alors toujours une révolution. Si vous licenciez les armées permanentes vous libérerez immédiatement quelques centaines de milliers de travailleurs. Vous gonflerez fatalement la masse toujours croissante des chômeurs, mais vous l’augmenterez de manière si soudaine, vous empirerez tant le niveau de misère, vous amènerez une telle baisse brutale des salaires, car vous voudrez toujours profiter plus de l’excès de bras au travail, ce sera toujours une révolution.

Le Bourgeois —Vous me faites perdre espoir ! Dites-moi ce qui devrait être fait ?

Moi — Faites la révolution avec nous !

Anarchie, véritable expression de l’ordre politique et social…

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“Les anarchistes sont tellement férus d’ordre qu’ils n’en supportent aucune caricature” (Antonin Artaud)

 

L’anarchie c’est l’ordre

 

Anselme Bellegarrigue

 

L’Anarchie, Journal de l’Ordre, Avril 1850)

 

Si je me préoccupais du sens communément attaché à certains mots, une erreur vulgaire ayant fait d’anarchie le synonyme de guerre civile, j’aurais horreur du titre que j’ai placé en tête de cette publication, car j’ai horreur de la guerre civile.

Je m’honore et je me flatte tout à la fois de n’avoir jamais fait partie d’un groupe de conspirateurs ni d’un bataillon révolutionnaire; je m’en honore et je m’en flatte, parce que cela me sert à établir, d’un côté, que j’ai été assez honnête pour ne pas duper le peuple, et, de l’autre, que j’ai été assez habile pour ne pas me laisser duper par les ambitieux. J’ai regardé passer, je ne dirai pas sans émotion, mais au moins puis-je dire avec le plus grand calme, les fanatiques et les charlatans, prenant en pitié les uns et méprisant souverainement les autres. Et quand, ayant dressé mon enthousiasme à ne bondir que dans l’étroite circonscription d’un syllogisme, j’ai voulu, après des luttes sanglantes, additionner la somme de bien-être que m’avait rapportée chaque cadavre, j’ai trouvé zéro au total; or, zéro c’est néant.

J’ai horreur du néant; j’ai donc horreur de la guerre civile.

Que si j’ai écrit ANARCHIE sur le frontispice de ce journal, ce ne peut être, par conséquent, pour laisser à ce mot la signification que lui ont donné, fort à tort, ainsi que je l’expliquerais tout à l’heure, les sectes gouvernementalistes, mais pour lui restituer, tout au contraire, le droit étymologique que lui concèdent les démocraties.

L’anarchie est le néant des gouvernements. Les gouvernements, dont nous sommes les pupilles, n’ont naturellement trouvé rien de mieux à faire qu’à nous élever dans la crainte et l’horreur du principe de leur destruction. Mais comme, à son tour, les gouvernements sont le néant des individus ou du peuple, il est rationnel que le peuple, devenu clairvoyant à l’endroit des vérités essentielles, reporte sur son néant propre toute l’horreur qu’il avait d’abord ressentie pour le néant de ses instituteurs.

L’anarchie est un vieux mot, mais ce mot exprime pour nous une idée moderne, ou plutôt un intérêt moderne, car l’idée est la fille de l’intérêt. L’histoire a appelé anarchique l’état d’un peuple au sein duquel se trouvaient plusieurs gouvernements en compétition, mais autre chose est l’état d’un peuple qui, voulant être gouverné, manque de gouvernement précisément parce qu’il en a trop, et autre chose l’état d’un peuple qui, voulant se gouverner lui-même, manque de gouvernement précisément parce qu’il n’en veut plus. L’anarchie antique a été effectivement la guerre civile et, cela, non parce qu’elle exprimait l’absence, mais bien la pluralité des gouvernements, la compétition, la lutte des races gubernatives.

La notion moderne de la vérité sociale absolue ou de la démocratie pure a ouvert toute une série de connaissances ou d’intérêts qui renversent radicalement les termes de l’équation traditionnelle. Ainsi, l’anarchie, qui au point de vue relatif ou monarchique signifie guerre civile, n’est rien de moins, en thèse absolue ou démocratique, que l’expression vraie de l’ordre social.

En effet :

Qui dit anarchie, dit négation du gouvernement;
Qui dit négation du gouvernement, dit affirmation du peuple;
Qui dit affirmation du peuple, dit liberté individuelle;
Qui dit liberté individuelle, dit souveraineté de chacun;
Qui dit souveraineté de chacun, dit égalité;
Qui dit égalité, dit solidarité ou fraternité;
Qui dit fraternité, dit ordre social;
Donc qui dit anarchie, dit ordre social.

Au contraire:

Qui dit gouvernement, dit négation du peuple;
Qui dit négation du peuple, dit affirmation de l’autorité politique;
Qui dit affirmation de l’autorité politique, dit dépendance individuelle;
Oui dit dépendance individuelle, dit suprématie de caste;
Qui dit suprématie de caste, dit inégalité;
Qui dit inégalité, dit antagonisme;
Qui dit antagonisme, dit guerre civile;
Donc qui dit gouvernement, dit guerre civile.

Je ne sais si ce que je viens de dire est ou nouveau, ou excentrique, ou effrayant. Je ne le sais ni ne m’occupe de le savoir.

Ce que je sais c’est que je puis mettre hardiment mes arguments en jeu contre toute la prose du gouvernementalisme blanc et rouge passé, présent et futur. La vérité est que, sur ce terrain, qui est celui d’un homme libre, étranger à l’ambition, ardent au travail, dédaigneux du commandement, rebelle à la soumission, je défis tous les arguments du fonctionnarisme, tous les logiciens de l’émargement et tous les folliculaires de l’impôt monarchique ou républicain, qu’il s’appelle d’ailleurs progressif, proportionnel, foncier, capitaliste, rentier ou consommateur.

Oui, l’anarchie c’est l’ordre; car, le gouvernement c’est la guerre civile.

Quand mon intelligence pénètre au-delà des misérables détails sur lesquels s’appuie la polémique quotidienne, je trouve que les guerres intestines qui ont, de tout temps, décimé l’humanité se rattachent à cette cause unique, c’est-à-dire le renversement ou la conservation du gouvernement.

En thèse politique, s’égorger a toujours signifié se dévouer à la durée ou à l’avènement d’un gouvernement. Montrez-moi un endroit où l’on s’assassine en masse et en plein vent, je vous ferais voir un gouvernement à la tête du carnage. Si vous cherchez à vous expliquer la guerre civile autrement que par un gouvernement qui veut venir et un gouvernement qui ne veut pas s’en aller, vous perdrez votre temps: vous ne trouverez rien.

La raison est simple
Un gouvernement est fondé. À l’instant même où le gouvernement est fondé il a ses créatures, et, par suite, ses partisans; et au même moment où il a ses partisans, il a aussi ses adversaires. Or, le germe de la guerre civile est fécondé par ce seul fait, car vous ne pouvez point faire que le gouvernement, investi de la toute puissance, agisse à l’égard de ses adversaires comme à l’égard de ses partisans. Vous ne pouvez point faire que les faveurs dont il dispose soient également réparties entre ses amis et ses ennemis. Vous ne pouvez point faire que ceux-là ne soient choyés, que ceux-ci ne soient persécutés. Vous ne pouvez donc point faire que, de cette inégalité, ne surgisse tôt ou tard un conflit entre le parti des privilégiés et le parti des opprimés. En d’autres termes, un gouvernement étant donné, vous ne pouvez pas éviter la faveur qui fonde le privilège, qui provoque la division, qui crée l’antagonisme, qui détermine la guerre civile.

Donc, le gouvernement, c’est la guerre civile.

Maintenant s’il suffit d’être, d’une part, le partisan, et, de l’autre, l’adversaire du gouvernement pour déterminer un conflit entre citoyens; s’il est démontré qu’en dehors de l’amour ou de la haine qu’on porte au gouvernement, la guerre civile n’a aucune raison d’exister, cela revient à dire qu’il suffit, pour établir la paix, que les citoyens renoncent, d’une part, à être les partisans, et, de l’autre, à être les adversaires du gouvernement.

Mais, cesser d’attaquer ou de défendre le gouvernement pour impossibiliser la guerre, civile, ce n’est rien de moins que n’en plus tenir compte, le mettre au rebut, le supprimer afin de fonder l’ordre social.

Or, si supprimer le gouvernement c’est, d’un côté, établir l’ordre, c’est, d’un autre côté, fonder l’anarchie; donc, l’ordre et l’anarchie sont parallèle.

Donc, l’anarchie c’est l’ordre.

Avant de passer aux développements qui vont suivre, je prie le lecteur de se prémunir contre la mauvaise impression que pourrait faire sur lui la forme personnelle que j’ai adopté dans le but de faciliter le raisonnement et de précipiter la pensée. Dans cet exposé, MOI signifie bien moins l’écrivain que le lecteur ou l’auditeur, moi c’est L’HOMME.

Source:

http://www.panarchy.org/bellegarrigue/manifesto.html#t49575

Vision politique pour un véritable changement…

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Un  peu plus de grain à moudre pour le votards de dimanche…

— Résistance 71 —

 

Petit plaidoyer pour la démocratie directe

 

CNT-AIT, collection stratégie

Reposté par Résistance 71

Mai 2014

 

Un des soucis majeurs et constants de la bourgeoisie, depuis son accession au pouvoir à la fin du XVIIIème siècle, a été de faire croire au bon peuple que la démocratie représentative parlementaire était le nec plus ultra, le « must » dans le genre organisation sociétale : un aboutissement historique d’une indépassable modernité (l’échec récent et patent des démocraties dites « populaires » venant à point nommé pour corroborer ce discours), le stade ultime et Ô combien sublime d’une lente et douloureuse évolution de l’humanité vers un monde toujours plus juste quoique encore imparfait, mais, sans conteste le meilleur possible.

C’est la démocratie représentative qui permet à la bourgeoisie d’optimiser ses chances de garder le pouvoir pendant encore longtemps : en effet, quel système institutionnel saurait mieux faire passer la défense des intérêts particuliers d’une classe pour ceux de l’ensemble de la société ? Aucun autre assurément !

Faussement démocratiques et réellement oligarchiques, nos républiques demandent en fait à leurs citoyens d’acquiescer à leur assujettissement, à leur aliénation, en choisissant eux-mêmes leurs maîtres : dérisoire liberté qui éclaire chichement ce monde.

Par le truchement magico-virtuel du bulletin, le citoyen est invité à saisir sa chance pour faire entendre sa voix (condamné à un mutisme comateux le reste du temps, il est sommé d’en émerger à intervalle régulier, tous les cinq ou sept ans). La délégation de pouvoir, réalisée par le moyen du vote, n’est pas ressentie comme dépossession, mais au contraire vécue comme participation au pouvoir, alors qu’il s’agit beaucoup plus prosaïquement d’exercer un humble pouvoir/devoir de participation.

Le caractère mensonger de la démocratie représentative

C’est là que réside justement le caractère mensonger de la représentation démocratique. C’est au moment même ou le citoyen— légèrement grisé par l’exercice de son pouvoir participatif — pense parvenir à influer sur la gestion de la société qu’il renonce de fait, à tout contrôle réel sur l’emploi qui va être fait de l’expression de sa volonté. Une fois élu, le parlementaire ou l’édile n’a plus de compte à rendre à ses électeurs durant toute la durée de son mandat. Rapidement l’élu prend conscience de la promotion sociale que lui confère son mandat : il appartient désormais à la hiérarchie, le voilà homme de pouvoir et de privilège, retrouver la place qu’il occupait naguère, au sein du menu peuple, ne lui sourit que fort peu, il s’accrochera désormais avec la ténacité de certains parasites capillaires à sa place de « représentant du peuple ».

Du communisme primitif à la démocratie directe

Bien avant l’apparition tragique de l’économie marchande et du travail forcé, bien avant le règne mortifère et destructeur de la bourgeoisie, l’humanité des temps premiers a vécu pendant des dizaines de millier d’années au sein de sociétés sans Etat, sans hiérarchie et où les décisions concernant la vie commune étaient prises par l’assemblée générale des membres de la communauté. Des ethnologues réputés, Pierre Clastres, Jean Malaury ou Marshall Sahlins, pour ne citer qu’eux, se sont penchés sur les civilisations contemporaines de chasseurs- cueilleurs (tribus indiennes d’Amérique du sud ou Inuit d’Amérique du nord) et ont mis en lumière leurs modes de fonctionnement : propriété collective, entre aide et solidarité, « assemblées générales décisionnelles ».

Sans vouloir idéaliser ni magnifier le communisme primitif, qui n’était pas exempt de défauts (inconvénient majeur : le patriarcat est plus présent dans ces sociétés que le matriarcat), il est quand même bon de rappeler que les pratiques de démocratie directe et d’assembléïsme sont issues (par cousinage) de ce très lointain passé.

Cette tradition assembléïste a perduré jusqu’à nos jours, et les rebelles et révolutionnaires de toutes les époques ont cherché à renouer avec cette pratique, tout simplement parce qu’elle est la seule à tourner le dos à toute oppression, la seule possibilité donnée à une communauté de fonctionner sur un mode réellement humain. Communards de 71, révoltés russes de 1905, 1917, 1921, conseillistes allemands et italiens des années 20, libertaires espagnols de 36, hongrois rebelles de 56 et émeutiers de 68, tous ont cherché, avec des fortunes diverses à rester maîtres de leur combat, de leur parole et de leur vie.

Fonctionnement de la démocratie directe

La démocratie directe empêche la confiscation de la parole de tous au profit d’un seul ou de quelques uns : le porte-parole ou le délégué n’est effectivement que le porteur, le vecteur de la parole des autres : l’assemblée qui l’a choisi peut à tout moment le révoquer s’il s’avère que le mandat confié n’est pas respecté.

La délégation dans le « système démocratie directe » n’engendre donc pas de prise de pouvoir : non seulement le mandaté est constamment soumis au contrôle de ses mandants, mais encore sa délégation est limitée dans le temps et dans son objet. Pour éviter toute amorce de création d’un corps de « délégués spécialistes », la démocratie directe veille à ce que chacun puisse être à même de porter à tour de rôle la parole des autres, encourage la prise de responsabilité (alors que la démocratie bourgeoise pousse le citoyen à la décharge et à la déresponsabilisation pour le plus grand bénéfice des oligarques). Chacun, en démocratie directe, est donc responsable de tous et inversement.

La bourgeoisie et toutes les classes dominantes qui l’ont précédée ont toujours cherché à justifier leur oppression en prétendant que les sociétés humaines n’avaient jamais fonctionné sur d’autre mode et que donc elles ne pouvaient échapper à cette damnation de la domination ; l’argument ne tient pas la route, l’humanité a vécu beaucoup plus longtemps sans joug que sous les fers. Elle saura sans nul doute retrouver les chemins de la liberté. Souhaitons simplement que ce soit un peu avant l’an 10 000 cher à notre copain Léo …

Gargamel, du syndicat des fonds des bois.

 

POUR EN SAVOIR PLUS :

-Pierre Clastres, « La société contre l’Etat, recherches d’anthropologie politique », éditions de Minuit, Le Seuil, 1980.

-Jean Malaury, « Les derniers roi de Thulé », collection Terres humaines, Plon, dernière édition 1989.

-Marshall Sallins, « Age de pierre, âge d’abondance », Gallimard, 1976.

Pierre Clastres sur Résistance 71

 

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur les anarchistes dans la révolution russe :

-Alexandre Skirda « Les anarchistes russes, les soviets et la révolution de 1917 », édition de Paris, Max Chaleil, 2000.

Résistance politique: Boycott des institutions, démocratie directe, autogestion et révolution sociale…

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Un peu de fraîcheur anarchiste et libertaire pour démarrer l’année du bon pied et ne pas perdre le cap ! La solution à cette vaste escroquerie que sont l’étatisme et le capitalisme (privé et d’état) est le retour du pouvoir au peuple pour qu’il y soit dilué à tout jamais ! 

Il se trouve que le pouvoir est particulièrement soluble dans le peuple, la nature l’a voulu ainsi…

— Résistance 71 —

 

L’anarchie ce n’est pas le bordel !

 

Robert Gil

 

10 janvier 2014

 

url de l’article original:

http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs/lanarchie-ce-nest-pas-le-bordel/

 

Les médias font toujours tout pour amalgamer et confondre l’anarchie avec le désordre, le bordel … alors que c’est exactement le contraire : l’anarchie place l’homme au centre des préoccupations de chacun alors que le capitalisme nie la vie de l’homme et considère celui-ci comme une vulgaire marchandise soumise aux règles de la production, de la concurrence et de la consommation.

L’anarchie c’est la démocratie directe, la forme la plus parfaite de démocratie. C’est en pratiquant la démocratie directe que l’on peut améliorer le bien commun pour l’avantage de tous et ce dans le respect des autres et de la nature. L’anarchie n’est pas le chaos, mais la responsabilité collective.
L’on comprend aisément pourquoi l’anarchie est si violemment caricaturée par le système dominant, et par une partie des sociaux-démocrates qui ne souhaitent plus changer le monde, et acceptent le cadre capitaliste comme seul cadre imaginable. Ils ont abandonné leurs idéaux, notamment le désir d’émancipation par liquidation du capitalisme, que ce soit par révolution ou par réformes.

Le mouvement anarchiste, foncièrement anticapitaliste par essence,  est l’abolition du pouvoir étatique, religieux, économique et politique. Une partie essentielle du mouvement anarchiste, définit la libération collective comme un des moyens de la liberté individuelle, et pense que la compréhension du monde passe par une analyse des classes sociales. Au final l’émancipation de l’humanité doit être la fin de toutes les grandes exploitations et oppressions .Ce socle commun à une partie des anars, des marxistes ou des anticapitaliste explique que les uns et les autres se retrouvent dans des batailles communes, dans un camp commun, même si les oppositions et divergences peuvent parfois être violentes.

Marx pensait-il que le but ultime du communisme était l’anarchie lorsqu’il écrivait : « Tous les socialistes entendent par anarchie ceci : le but du mouvement prolétaire – l’abolition des classes – une fois atteint, le pouvoir d’État disparaît et les fonctions gouvernementales se transforment en de simples fonctions administratives. ». Il est vrai que Marx ne connaissait pas les socialistes d’aujourd’hui, et serait étonné par nos communistes !

Les hommes ne sont-ils pas capable de s’intéresser quotidiennement, hebdomadairement, ou mensuellement à la vie politique ? Ne sont-ils pas capable de définir ensemble, les règles de la vie sociale dans le respect du bien commun et de la chose publique par une démocratie directe ? Ou bien doivent-ils continuer à pratiquer la « démocratie » que l’on connait chez nous ? C’est-à-dire de voter à intervalles fixes pour des professionnels de la politique au service d’intérêts particuliers d’un clan de nantis qui nous considèrent comme la France d’en bas et dont les décisions une fois élus ne tiennent même pas compte de la personne humaine. Bon certes, le phénomène n’est pas nouveau, mais je crois que nous sommes désormais arrivés à un tel point de putréfaction de la société, qu’il y a maintenant une urgente nécessité à dresser d’abord un constat des lieux, un diagnostic sérieux, et établir le constat de décès de la démocratie, qui s’est faite occire par la ploutocratie, au service du capitalisme, qui est notre réalité d’aujourd’hui.

Sinon, en attendant, on peut toujours aller voter et changer autant qu’on veut nos dirigeants ; Tant qu’on ne renversera pas ce système (ploutocrate) lui-même, en anéantissant toutes ces institutions qui le servent si docilement, on n’en sortira pas ! Vive la grève générale expropriatrice, vive la révolution sociale et libertaire, vive l’autogestion, vive l’anarchie.

Alex CAPUCIN