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2012: objectif abstention politique massive !!

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 6 février 2012 by Résistance 71

Lettre ouverte à Stéphane Guyot et François Asselineau, par Vincent Vauclin

 

par dissidenceresistance

 

url de l’article original:

http://la-dissidence.org/2012/02/04/lettre-ouverte-a-stephane-guyot-et-francois-asselineau-par-vincent-vauclin/

Monsieur Asselineau (UPR), Monsieur Guyot (PVB),

 

Depuis plusieurs mois, avec courage et détermination, vous vous êtes lancés dans la course à l’élection présidentielle.

Dans un contexte exceptionnel et déterminant pour notre pays, vous portez tous deux des idées fortes, cohérentes, et sur le fond inattaquable. Que ce soit à propos de la reconnaissance du vote blanc, de la sortie de l’Union Européenne, de l’Euro, de l’OTAN, ou encore de la rupture avec le processus mondialiste d’américanisation, nul ne saurait aujourd’hui vous opposer de quelconques arguments fondés, tant l’état de notre nation révèle la faillite d’un système politique en état de décomposition avancée.

Toutes les énergies, toutes les richesses de la France sont aujourd’hui accaparées par une élite parasitaire et antinationale, qui pille les Français pour le seul profit des institutions bancaires apatrides. Une nouvelle féodalité nous est imposée. Par la tyrannie de la dette, les oligarques sacrifient l’avenir d’une nation pour laquelle ils n’ont que désintérêt et mépris.

Pour maintenir cette domination, cette élite a tout simplement verrouillé les institutions politiques Françaises, de sorte que les candidats aux élections sont nécessairement ceux qui partagent une vision commune, et « politiquement correcte », inscrite dans l’idéologie dominante.

Ce système, dont le principe n’est pas sans rappeler celui de l’Union Soviétique, ne peut subsister qu’à une condition : que les Français le nomment démocratie. Une illusion qui est entretenue périodiquement par des élections où tout est joué d’avance, et où les acteurs politico-médiatiques miment, de plus en plus maladroitement, le rôle qui leur est alloué. Ce spectacle guignolesque démontre à quel point la Vème République a été vidée de sa substance, l’élection présidentielle n’étant aujourd’hui rien d’autre qu’un combat de coqs encartés, aux discours entièrement façonnés par des agences de communication et sponsorisés par les multinationales bancaires et financières.

De ce contexte si particulier nait une question essentielle : celle de la légitimité. La « République Française » n’est pas une république – ne servant plus l’intérêt général – et n’est pas française – puisque totalement inféodée à des intérêts étrangers. Les élections auxquelles nous sommes invités à prendre part ne remplissent qu’une fonction : octroyer à l’édifice de la domination moderne cette onction démocratique qu’est le vote du citoyen.

Les institutions politiques ne sont pas un cadre d’expression neutre, mais un outil à part entière de cette domination. Participer au processus électif, et peu importe ce que l’on glisse dans l’urne, c’est d’ores et déjà cautionner le Système et contribuer à sa pérennité.

Il m’apparaît donc fondamental d’attirer votre attention sur la résistance que vous avez courageusement engagé, mais dont le vecteur – la candidature à l’élection présidentielle – m’apparaît comme une erreur stratégique de premier ordre.

Très clairement, vous êtes parmi les seuls candidats à faire le choix de la vérité, de l’intégrité, de la probité. Vous jouez le jeu et respectez les institutions. Vous posez des questions importantes, et apportez des réponses novatrices, là où d’autres font systématiquement l’inverse.

Vous n’obtiendrez pas les parrainages d’élus nécessaires pour valider votre candidature, pour la simple raison que ce qui motive votre engagement au service de la France et de son Peuple est précisément un motif d’exclusion de ces institutions corrompues. Et cela, vous le constatez vous-même amèrement…

Dans ces conditions, il m’apparaît nécessaire de poser les bonnes questions : la Résistance à cette domination doit elle emprunter la voie de son institution la plus dévoyée ?

Ou doit-elle, à l’inverse, s’incarner dans un mouvement d’abstention massive et active, visant à délégitimer l’oligarchie, en lui ôtant de force le voile démocratique dont elle se pare pour dissimuler sa réalité obscène ?

Très clairement, je soutiens la seconde option. Et aujourd’hui, je vous invite solennellement, et en toute amitié, à faire ce choix cohérent d’une dissidence politique claire et affirmée. Sortir de l’impasse, ce n’est pas emprunter la route qui y mène.

Cessons d’entretenir l’illusion que nous dénonçons, et brusquons l’Histoire en court-circuitant leur processus de domination.

En 2012, osons faire le choix de l’abstention. Et osons le faire ensemble.

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Vincent Vauclin

Coordinateur National de la Dissidence

www.la-dissidence.org