Archive pour anarchisme contre darwinisme social

Darwinisme et biologie sociale…. Rétablir la réalité avec une pensée critique sur l’évolution de l’Homme (Kropotkine et Darwin)

Posted in actualité, documentaire, média et propagande, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 17 septembre 2018 by Résistance 71

Pensée critique sur l’évolution de l’homme et le darwinisme

Pierre Kropotkine

Tirées d’écrits de Pierre Kropotkine publiés en Angleterre entre 1910 et 1915 sur sa pensée de l’évolution humaine et du darwinisme. Ces écrits furent publiés dans “the “Nineteenth Century and After”.

Nous avons traduits ces extraits d’une compilation réalisée par George Woodcock en 1995 dans la seconde partie de son livre “Evolution and Environment” chez Pierre Kropotkine. (éditions Black Rose Books). Dans ce recueil de pensées, Kropotkine analyse la pensée de Darwin sur l’évolution de l’Homme et la sélection naturelle et se lamente que bien des biologistes et socio-biologistes ne peuvent pas le démarquer du malthusianisme latent alors même qu’il avait reconnu que son hypothèse sur la survie du plus apte fondé sur la compétition naturelle, n’avait pas la validité escomptée. Laissons-lui la parole, celle de la voie du milieu dans laquelle Kropotkine excellait.

~ Résistance 71 ~ septembre 2018 ~

[…] Il n’y a pas le moindre doute sur le fait que l’hésitation de bien des biologistes à reconnaître la sociabilité et l’entraide comme une caractéristique fondamentale de la vie animale est due à la contradiction qu’ils voient entre une telle reconnaissance et la dure lutte pour la survie énoncée par Malthus, qu’ils considèrent comme le fondement même de la théorie darwinienne de l’évolution ; alors même qu’on leur rappelle que Darwin lui-même dans son second ouvrage “La filiation de l’Homme”, avait reconnu la valeur dominante de la sociabilité et des sentiments de “sympathie” dans la préservation des espèces ; ils ne peuvent pas réconcilier cette assertion avec la partie que Darwin et Wallace assignaient à la lutte individuelle malthusienne pour des avantages individuels dans leur théorie de la sélection naturelle.

[…] Darwin savait parfaitement que que sa sélection naturelle n’était qu’une HYPOTHESE et que pour être acceptée comme théorie, elle devait passer deux tests: sa capacité à expliquer un grand nombre de faits, incluant les cas difficiles et une certaine preuve à montrer que les processus auxquels elle faisait appel se produisent vraiment dans la Nature. Ainsi, quand on étudie son travail et sa correspondance, on est frappé par le mal de chien qu’il s’est donné pour tester la valeur de la sélection naturelle comme hypothèse capable d’expliquer la plus grande variété imaginable de faits biologiques et les problèmes les plus complexes rencontrés par l’évolution.

[…] Cette lettre [réponse de Darwin au biologiste George Lewes], écrite en 1868, est très instructive. Elle montre que Darwin distinguait déjà deux parties différentes dans le processus d’adaptation. Les facteurs extérieurs, par leur action directe sur une plante, produisent les commencements d’organes adaptés, des épines élémentaires, dues à l’avortement des lobes des feuilles.

[…] Une lettre de Darwin au géologue Moritz Wagner en 1868 est importante sous un autre aspect. Dans cette lettre il admettait franchement qu’il avait sous-estimé le facteur lamarckien, l’action directe de l’environnement:

A mon avis, la plus grande erreur que j’ai commise a été de ne pas envisager un poids suffisant de l’action directe de l’environnement comme par exemple la nourriture, le climat etc, indépendamment de la sélection naturelle. Des modifications ainsi causées qui ne sont ni à l’avantage ni au désavantage de l’organisme modifié, seraient spécifiquement favorisées, comme je peux le voir maintenant au travers de vos observations importantes, par l’isolation dans une endroit restreint où seuls quelques individus des espèces vivaient dans des conditions pratiquement uniformes. Lorsque j’ai écrit “L’origine de l’espèce” et quelques années après, Je n’ai pu trouver que de minces preuves pour une action directe de l’environnement alors que maintenant il y a un très vaste corps de preuves et votre cas de Saturna est un des plus remarquables qu’il m’ait été donné d’entendre (dans “Vie et correspondance”)

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De la filiation de l’Homme (extraits), Charles Darwin, seconde édition 1874

Sur le concept de coopération, de sympathie et d’entraide

Chapitre V.

“[…] Les hommes primitifs, ou nos ancêtres simio-humains, n’ont pu devenir sociables qu’après avoir acquis les sentiments instinctifs qui poussent certains autres animaux à vivre en société ; ils possédaient, sans aucun doute, ces mêmes dispositions générales. Ils devaient ressentir quelque chagrin lorsqu’ils étaient séparés de leurs camarades pour lesquels ils avaient de l’affection ; ils devaient s’avertir mutuellement du danger et s’entr’aider en cas d’attaque ou de défense. Ces sentiments impliquent un certain degré de sympathie, de fidélité et de courage. Personne ne peut contester l’importance qu’ont, pour les animaux inférieurs, ces diverses qualités sociales ; or il est probable que, de même que les animaux, les ancêtres de l’homme en sont redevables à la sélection naturelle jointe à l’habitude héréditaire.

[…] Et d’abord, à mesure qu’augmentent la raison et la prévoyance des membres de la tribu, chacun apprend bientôt par expérience que, s’il aide ses semblables, ceux-ci l’aideront à leur tour. Ce mobile peu élevé pourrait déjà faire prendre à l’individu l’habitude d’aider ses semblables. Or la pratique habituelle des actes bienveillants fortifie certainement le sentiment de la sympathie, laquelle imprime la première impulsion à lu bonne action. En outre, les habitudes observées pendant beaucoup de générations tendent probablement à devenir héréditaires. […] “

De la conclusion de la seconde édition de “La filiation de l’Homme” de Charles Darwin, 1874:

“Le développement des qualités morales est un problème plus intéressant et plus difficile. Leur base se trouve dans les instincts sociaux, expression qui comprend les liens de la famille. Ces instincts ont une nature fort complexe, et, chez les animaux inférieurs, ils déterminent des tendances spéciales vers certains actes définis ; mais les plus importants de ces instincts sont pour nous l’amour et le sentiment spécial de la sympathie. Les animaux doués d’instincts sociaux se plaisent dans la société les uns des autres, s’avertissent du danger, et se défendent ou s’entr’aident d’une foule de manières. Ces instincts ne s’étendent pas à tous les individus de l’espèce, mais seulement à ceux de la même tribu. Comme ils sont fort avantageux à l’espèce, il est probable qu’ils ont été acquis par sélection naturelle.

[…]

Le désir d’aider les membres de leur communauté d’une manière générale, mais, plus ordinairement, le désir de réaliser certains actes définis, entraîne les animaux sociables. L’homme obéit à ce même désir général d’aider ses semblables, mais il n’a que peu ou point d’instincts spéciaux. Il diffère aussi des animaux inférieurs, en ce qu’il peut exprimer ses désirs par des paroles qui deviennent l’intermédiaire entre l’aide requise et accordée. Le motif qui le porte à secourir ses semblables se trouve aussi fort modifié chez l’homme ; ce n’est plus seulement une impulsion instinctive aveugle, c’est une impulsion que vient fortement influencer la louange ou le blâme de ses semblables. L’appréciation de la louange et du blâme, ainsi que leur dispense, repose sur la sympathie, sentiment qui, ainsi que nous l’avons vu, est un des éléments les plus importants des instincts sociaux.

[…]

Néanmoins les bases ou l’origine du sens moral reposent dans les instincts sociaux, y compris la sympathie, instincts que la sélection naturelle a sans doute primitivement développés chez l’homme, comme chez les animaux inférieurs.

Voici ce que disait Nietzsche du darwinisme dans son « Crépuscule des idoles », 1888:

« Pour ce qui en est de la fameuse « Lutte pour la Vie », elle me semble provisoirement plutôt affirmée que démontrée. Elle se présente, mais comme exception ; l’aspect général de la vie n’est point l’indigence, la famine, tout au contraire la richesse, l’opulence, l’absurde prodigalité même, — où il y a lutte, c’est pour la puissance… Il ne faut pas confondre Malthus avec la nature. — En admettant cependant que cette lutte existe — et elle se présente en effet, — elle se termine malheureusement d’une façon contraire à celle que désirerait l’école de Darwin, à celle que l’on oserait peut-être désirer avec elle : je veux dire au détriment des forts, des privilégiés, des exceptions heureuses. Les espèces ne croissent point dans la perfection : les faibles finissent toujours par se rendre maîtres des forts — c’est parce qu’ils ont le grand nombre, ils sont aussi plus rusés… Darwin a oublié l’esprit (— cela est bien anglais !), les faibles ont plus d’esprit… »

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Lectures complémentaires:

Manifeste pour la Société des Sociétés

David Graber Fragments Anthropologiques pour Changer l’histoire de l’humanité

Entraide_Facteur_de_L’evolution_Kropotkine

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

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Les quatre piliers de la résistance au Nouvel Ordre Mondial…

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“Soyez le changement que vous voulez pour le monde.”

~ Mahatma Gandhi ~

 

Les quatre piliers d’une résistance collective efficace au Nouvel Ordre Mondial

 

Résistance 71

 

3 Juillet 2014

 

Nous n’allons pas ici revenir sur les détails du comment nous en sommes arrivés à cette conclusion, car depuis maintenant plus de quatre ans, nous publions, analysons, réfléchissons sur le comment et le pourquoi notre société en est arrivée là où elle en est aujourd’hui.

Nous suggérons à tous nos nombreux lecteurs (que nous remercions au passage de leur fidélité et de leur volonté de comprendre avant d’agir) de lire ou de relire plus avant la nombreuse documentation socio-politique de nos archives (plus de 2500 articles, traductions et analyses essayistes depuis 2010) que vous trouverez sur la page d’accueuil en haut à droite sous la rubrique “pages”. En ce qui concerne les articles originaux de Résistance 71, sont archivés sur la page “articles résistance 71”. Vous y trouverez au fil de la lecture les éléments qui nous ont permis d’arriver à cette ébauche de stratégie collective afin de rendre au peuple une égalité, une solidarité (fraternité) sans lesquelles la liberté n’est pas possible.

Nous l’avions dit dès janvier de cette année, s’il est toujours bien sûr important de continuer à fouiller l’information non dite, de divulguer les turpitudes de l’empire dans sa quête incessante d’instauration de son Nouvel Ordre Mondial fasciste transnational, il est aussi devenu plus important de réellement commencer à penser solution alternative. Il est bien beau de dire que la dissidence gronde, monte et amplifie, mais au bout du compte, lorsqu’on regarde le paysage médiatique alternatif qu’il soit francophone ou anglophone et que l’on observe ce que propose comme solution la “dissidence” au Nouvel Ordre Mondial, que trouve t’on ? Essentiellement les sempiternelles inepties de la classique voie conformiste de la “réforme” ou de ce que l’on pourrait appeler la “radicalité encadrée”. Quelles sont-elles ? Les classiques du genre:

  • Réformons de l’intérieur. C’est à dire, votons pour d’autres Bozo pour remplacer les clowns Kiri déjà en poste. Vous savez… voter pour ces honnêtes politiciens (antinomie absolue) qui croient “vraiment” au changement par les urnes ? Ceux qui amènent toujours tant de changement à l’aristocratie… Pas d’erreur ici, la “république” est conçue comme une aristocratie, relisez l’inénarable Platon.
  • Passons par les extrêmes: droite ou gauche mon colonel ? c’est du kif. On ressort Marx, Lénine et Trotsky (ces bons vieux agents de Wall Street et de la City de Londres) des placards, et le système relance en parallèle le bon vieux nationalisme patriotique crétin d’extrême droite, histoire de continuer à jeter de l’huile sur le feu politico-social et à maintenir la division politique et sociale sans laquelle les oligarques seraient déjà passés à la trappe depuis bien longtemps.
  • Un peu plus nouveau tout en demeurant pathétique: la résurgence catho-monarchiste, ramenons le roitelet Dagobert et sa floppée de curetons, sentez-vous ce parfum fétide montant des cachots inquisitoriaux ? Ce sera comme maintenant en fait, mais avec ce petit côté rétro féodal sans le préfixe “néo” que le N.O.M veut appliquer à sa société post-industrielle tout aussi féodale…
  • Mettons l’ultra-libéralisme forcené à la barre, celui cher à l’école “économique de Vienne” (Friedriech Hayek et Carl Menger), celui prôné par le mouvement dit “libertarien”, qu’il ne faut pas confondre avec libertaire qui veut dire anarchiste. Libertaire c’est nous… Libertarien, ce sont ceux qui disent sans rire: aux chiottes le gouvernement et l’état (jusque là on est d’accord), c’est maintenant que çà se gâte: et… accrochez-vous bien… laissons faire les marchés. Ces braves bêtes s’auto-régulent comme des grands, s’ajustent et la libre-entreprise capitaliste gérée par les “lois naturelles du marché” va nous mener à la réalisation du bonheur sur terre. La ligne de gens comme Alex Jones au pays du goulag levant, pour qui la solution au marasme oligarchique actuel qu’il a si bien dénoncé et analysé depuis plus de 15 ans, c’est de voter Ron Paul le libertarien, qui est en retraite mais a mis son fils à sa place, qui pédale pour… le parti républicain, comme son père avant lui. Bref… Votons une fois de plus pour le “politicien honnête et visionnaire”… Dude ! T’as rien d’autre en stock ??
  • Réécrivons citoyennement la constitution. De loin l’approche la plus positive que nous ayons vu, mais qui à notre sens ne pourrait fonctionner qu’en tant que texte fondateur d’une confédération de communes libres. Sans abandonner l’État, coercitif et anti-réformiste par essence et par construction, une telle initiative est vouée à l’échec, car l’État ne validera jamais une réécriture citoyenne de la constitution, c’est l’évidence même. Il faut d’abord sortir de l’État, pour ce faire une seule solution: le détruire, car il ne laissera rien lui faire de l’ombre… N’oublions jamais que l’État n’est que l’outil coercitif de l’oligarchie, qui avec le temps est devenu le gardien du statu quo.

Qu’ont en commun ces quelques exemples principaux que nous avons cité ? Évident non ? Tous, demeurent ancrés dans un système étatique plus ou moins fort ou centralisé, mais néanmoins, aucune de ces “solutions” ne remet en cause la hiérarchie, la pyramide du pouvoir, le consensus du statu quo oligarchique. C’est pourtant cela qu’il faut non seulement briser, mais empêcher qu’il puisse revenir. Comment ?

En attaquant collectivement, de concert ce que nous avons identifié comme les quatre piliers porteurs du système hiérarchique oppresseur et coercitif en place. De ces quatre piliers, deux sont d’ordre socio-politique, deux autres d’ordre économique. Notons brièvement au passage ici que nous n’avons abolument aucune prétention de penser que nous avons raison à 100% et que ce que nous avançons est la seule marche à suivre possible. Ceci n’est qu’une réflexion, une ébauche, résultant de quelques années d’analyse et de pratique. Tout ce qui sera dit à partir de maintenant n’est en rien définitif, est parfaitement discutable, ce n’est qu’un os à ronger…

Les quatre piliers à attaquer par voie d’information et de boycott:

 

  • Les Institutions: “Concluons sans crainte que la formule révolutionnaire ne peut plus être ni législation directe, ni gouvernement direct, ni gouvernement simplifié, elle est: Plus de gouvernement du tout.”
    ~Pierre-Joseph Proudhon~

    Boycott des institutions tant que faire se peut. Quelles institutions ? Toutes, celles de l’État menant à la désobéissance civile organisée dès que possible, avoir des comités citoyens organisés localement qui se dressent contre toute incartade du système, qui sont légions à l’échelon local d’une ville et qui demandent des comptes en permanence avec suivi et celles des institutions privées comme les banques et tous les parasites avenant.
    Dans le même temps, il convient de mettre en place des structures locales organisées par les citoyens cherchant à en impliquer toujours plus. Le but étant pas à pas, de créer un contre-pouvoir par la solidarité, la communication et l’échange. Ce contre-pouvoir, qui se voudra auto-gestionnaire, égalitaire, non-hiérarchique, devra veiller à remplir des fonctions de bien commun et à ne pas se laisser subvertir, coopter par le système qui avant la répression brutale possible de dernière instance essaiera avant tout de pervertir, de diviser le mouvement. Il est essentiel à ce niveau de fonctionner sans hiérarchie, sans chef, de façon à n’offrir rien ni personne sur quoi s’aggriper. A ce niveau, il est essentiel de se méfier des infiltrations d’agents de l’état et des organisations de “gauche”, surtout trotkistes et de leurs infiltrateurs professionnels, dont le but est toujours le même: instaurer la tactique du diviser pour mieux régner. Ceci se situe sur le plan politico-social local, de loin le plus important. Le changement radical de société doit venir de la base, de nous, avant tout dans un élan individuel et collectif de reprise de contrôle de nos vies, de nos lieux de travail et d’habitation. Arrêtons de croire les fadaises de l’ingénierie sociale oligarchique nous expliquant depuis des générations jusqu’à plus soif que nous ne sommes que des idiots, des incapables, des fainéants, que nous ne pouvons fonctionner que dirigés par une “élite” (auto-proclamée bien évidemment) éclairée qui nous mènera sur le chemin de la lumière et du bonheur sur terre et que sans eux et leurs institutions faites pour notre bien commun, il n’y aura que chaos, mort, maladie et désolation sur terre. Il est vrai que lorsque l’on observe le monde d’aujourd’hui et d’hier… On se demande vraiment pourquoi nous voudrions tant être “livrés à nous-mêmes” ?
  • L’idéologie et la pratique coloniale: “L’infériorisation est le corrélatif indigène de la supériorisation européenne. Ayons le courage de le dire: C’est le raciste qui crée l’infériorisé.” ~ Frantz Fanon ~
    Le colonialisme est le bras expansionniste et hégémonique de l’occident raciste et dominateur depuis le XVème siècle. Il lui sert à piller le monde et à l’asservir pour assoir son hégémonie raciste et eurocentriste sur laquelle règne sans partage une petite clique d’oligarques, les fameux 1%, plus proches en fait de 0,0001% de la population.
    Nous l’avons déjà évoqué à maintes reprises sur ce blog, l’empire anglo-américain sévissant sur le monde depuis le XIXème siècle, dont la dominante actuelle est américaine, repose sur un territoire volé, usurpé depuis l’implantation des premières colonies anglaises (et françaises) sur le “nouveau monde”, particulièrement en Amérique du Nord, au XVII ème siècle. A l’avenant, les satellites impérialistes de la “couronne” (lire la City de Londres et la Banque d’Angleterre) comme le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, sont tous aussi édifiés sur des terres volées et usurpées. Ainsi, priver un empire de son territoire, à plus forte raison si ce territoire est purement fictif car usurpé, résulterait immanquablement son effondrement de facto.
    Est-ce réalisable ? La réponse est oui. Comment ? En soutenant activement les mouvements de résurgence indigène qui fleurissent dans tous les territoires autochtones au pays du goulag levant, au Canada, en Australie en Nouvelle-Zélande, sans oublier bien sûr en Palestine occupée, toute aussi occupée que le sont les terres ancestrales des nations amérindiennes du nord et du sud, des aborigènes d’Australie et des Maoris de Nouvelle-Zélande et leurs cousins ethniques de l’archipel hawaiïen.
    Nous sommes de ceux qui pensent que l’avenir de l’humanité passe par les occidentaux libérés de l’idéologie colonialiste, se tenant côte à côte de leurs frères autochtones pour l’édification d’un monde libre et juste, fondé sur l’égalité et la solidarité inter-ethnique, car nous sommes tous embarqués dans le même navire et il en va de notre intérêt commun à tous de fonctionner fraternellement, sans division politique générant inégalités, troubles et chaos perpétuels comme l’a historiquement prouvé la société hiérarchique étatique occidentale.
    Il y a en ce moment même une grande résurgence autochtone au pays du goulag levant, au Mexique et au Canada. Nous essayons de relayer l’information au mieux afin d’éveiller l’attention. Parlons-en, soutenons-les, ils luttent pour leur autonomie, leurs terres ancestrales, la fin du génocide dont ils sont les victimes depuis 1492.
    La véritable lutte contre le terrorisme commence par là: Les Indiens luttent contre le terrorisme occidental depuis 1492, depuis la venue de Cristobal Colòn, littéralement “le colon porteur de la croix”, le génocidaire dûment mandaté par l’église romaine criminelle et ses laquais royaux.
    Émancipons-nous de l’idéologie colonialiste qui nous opprime aussi à un degré différent certes et tenons-nous debout aux côtés de nos frères autochtones où qu’ils soient. Ils luttent pour la Terre-Mère que nous ne faisons qu’emprunter aux générations futures…
  • Les dogmes de la pseudoscience: “L’unique mission de la science, c’est d’éclairer la route… La science étant appelée désormais à représenter la conscience collective de la société, doit vraiment devenir la propriété collective de tout le monde.” ~ Michel Bakounine ~
    Pour imposer sa volonté hégémonique, l’oligarchie doit pervertir la science, la façonner à son image, celle du mensonge, de la déception, de la veulerie et de la partialité doctrinaire. Alors bien évidemment tous les scientifiques, universitaires et ingénieurs ne font bien évidemment pas partie d’un vaste complot. Beaucoup sont intègres et font leur métier avec passion et objectivité… dans le cadre qui leur a été imparti. Là réside toute l’astuce: il ne sert à rien de corrompre tout le monde, ce ne serait d’ailleurs pas possible, mais corrompre par le haut, corrompre par la source nécessaire à la recherche scientifique, le nerf de la guerre en toute chose dont il faudra se départir à un moment donné: l’argent et corrompre quelques personnes clefs mises en place aux bons endroits stratégiques est suffisant. Les directeurs de laboratoires, les recteurs, directeurs de recherches universitaires, les maisons d’édition qui publient les ouvrages “références”, les journaux et magazines scientifiques, les médias, les commissions “scientifiques” institutionnelles nationales et internationales, etc…
    De quoi parlons-nous ? Qu’est-ce qui a été falsifié ? La réponse facile serait: Tout ! Tenons-nous en à ce qui nous concerne dans le monde d’aujourdhui: les sciences sociales recherches et enseignement (histoire, ethnologie, anthropologie, socio-biologie…), corrompus par les dogmes pervasifs du malthusianisme, du darwinisme-social, de l’histoire tronquée, biaisée, édulcorée ; la médecine: les scandales des vaccins, celui du cancer, comment croire une science dont les cadres formateurs au pays du goulag levant entre autres, dans les écoles de médecine et les écoles de médecine elles-mêmes ont été achetés par la Fondation Rockefeller (versée dans la chimie depuis le départ, tiens, tiens…) dès le début du XXème siècle…
    La génétique: qui est l’activité de remplacement de l’eugénisme après que celui-ci ait eu mauvaise presse après la seconde guerre mondiale et pour cause. Que dire de l’empire du mal et du mensonge Monsanto, Sygenta, DuPont, Dow Chemical, BASF, Bayer, entreprises (dont certaines résultantes du démantèlement de convénience d’I.G Farben après 1945) ?
    La géologie partie intégrante de la science pétrolière et son escroquerie de l’origine biotique, “fossile” du pétrole et du gaz naturel ainsi que de sa résultante induite: le dogme quasi-religieux du “pic pétrolier” de cet ingénieur de la Shell Hubbard datant de 1955…
    Ceci nous amène immanquablement à la nouvelle religion pseudo-scientifique mais véritablement économico-politique: l’escroquerie du réchauffement climatique anthropique, rebaptisé “changement climatique (anthropique)” depuis l’affaire du ClimateGate de Novembre 2009. La falsification de données, le mensonge permanent des entités politique du GIEC et pseudo-scientifique de l’université d’East Anglia, ont fait de la climatologie la risée de la science moderne.
    Faisons sauter les verrous, boycottons et dénonçons ces dogmes d’une science relevant plus de la magie noire et reprenons les rênes pour permettre aux honnêtes scientifiques, chercheurs, ingénieurs et techniciens d’œuvrer pour un véritable progressisme dans un monde bien meilleur.
    Des quelques exemples enumérés ci-dessus, nos lecteurs savent que nous sommes particulièrement sensibles au sujet du pétrole pour la simple et bonne raison qu’il est, avec le contrôle de la nourriture, le cheval de bataille le plus important de l’oligarchie. En effet, si une petite clique de parasites arrivent à contrôler les ressources énergétiques et alimentaires de la planète, que croyez-vous qu’il se passera ? Qu’essaie de faire l’oligarchie depuis plus de 30 ans ? Contrôler la nourriture et les ressources énergétiques planétaires, par les OGM (Organismes Génétiquement Modifiés), la destruction de l’agriculture paysanne partout au profit de l’agro-alimentaire de masse de préférence OGM et de contrôler les ressources énergétiques (pétrole et gaz) par monopole et contrôle des prix par l’astuce du dogme du “pic pétrolier”, qui est une fraude supplémentaire. Le pétrole brut est abiotique et inépuisable à l’échelle humaine. Il est à notre sens des plus important de le faire plus savoir afin de mettre un terme à cette dictature de la rareté d’un produit qui est partout, absolument partout et dont les réserves ne dépendent que des éléments primordiaux inclus à la formation de la Terre il y a plus de 4 milliards d’années. Faire admettre cette vérité scientifique, largement prouvée et documentée, fera chuter les prix, mènera les pétroliers à la banqueroute, forcera les énergies alternatives à sortir des tiroirs et placards, résoudra bien des problèmes de pollution et mettra fin aux guerres permanentes pour le contrôle de cette saloperie, guerres qui ont tuées des millions de personne jusqu’à ce jour.
    Double effet: Retirer la terre usurpée à l’empire et lui retirer dans le même temps sa source la plus importante de revenus et de pouvoir: le pétrole et le gaz… Ouch ! Là on commence à causer sérieusement !
  • La société de consommation et ses piliers économiques:
    “La propagande est de plus en plus utilisée en raison de son efficacité reconnue pour obtenir l’adhésion du grand public… Un stimulus souvent répété finit par créer une habitude, une idée souvent réitérée se traduit par une conviction.” ~ Edward Bernays ~
    La société de consommation est l’arme psychologique la plus subversive jamais inventée par l’Homme. Elle remplit deux objectifs en un: Elle remplit les poches des oligarques et elle réduit en esclavage les populations. Au XXIème siècle, le règle du jeu est celle des monopoles économiques qui achètent le politique (ceci a été mis en place depuis la 1ère révolution industrielle et a été peaufiné depuis). Les monopolistes sont parfaitement identifiables dans tous les domaines. Ce sont eux qu’il faut faire souffrir et attaquer là où çà fait le plus mal: au porte-feuille. Identification des pontes du CAC40 et des leaders des places boursières et boycott tant que faire se peut, dans TOUS LES DOMAINES possible. Il nous faut décider en masse, collectivement de boycotter les grosses boîtes et favoriser le commerce localisé avec les produits les plus locaux possibles. Depuis plusieurs mois par exemple en Espagne, un énorme effort de boycott a été fait contre Coca-Cola, qui a vu ses ventes baisser en Espagne de plus de 48%… çà fait mal et les oligarques le sentent. Généralisons ces pratiques contre les grosses boîtes industrielles et renforçons le contre-pouvoir local en créant la substitution. Très vite les populations s’organisent de manière efficace pour palier à certains manques. On peut parfaitement vivre sans une grande partie de la merdouille offerte par la société de consommation à outrance, on vit même mieux et on recentre les pôles d’intérêts et les priorités. C’est salvateur à terme.
    Ceci nous refait toucher du doigt les éléments de notre pilier #1, ce qui veut dire que… la boucle est bouclée.

“Qu’ai-je appris au cours de ma vie ? Que les plus petits actes de résistance à l’autorité, s’ils sont persistants, peuvent mener à de larges mouvements sociaux. Que les personnes du commun sont capables d’actes extraordinaires de courage… Peut-être la chose la plus importante que j’ai apprise fut au sujet de la démocratie. Que la démocratie n’est pas nos gouvernements, nos constitutions, nos structures légales ; que bien trop souvent ceux-ci sont de fait, les ennemis de la démocratie.”
~ Howard Zinn
, “On ne peut pas être neutre dans un train en marche”, autobiographie, 1994 ~ Historien, professeur de science politique, Université de Boston.

Nous l’avons déjà dit sur ce blog: Compagnons ! La balle est dans notre camp. Elle l’est en fait depuis un moment… A nous de jouer, ensemble, à un jeu dont NOUS ferons les règles cette fois, car nous n’avons besoin de personne pour le faire !

Fraternellement vôtre !

 

La mystification par le malthusianisme et le darwinisme-social: Pour une compréhension progressiste de la nature humaine… 3ème et dernière partie…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, résistance politique, science et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 9 juillet 2012 by Résistance 71

« Le Prince de l’évolution » (Lee Alan Dugatkin) 3ème partie

1ère partie

2ème partie

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« La terre ne nous appartient pas, nous ne faisons que l’emprunter à nos enfants »

(Proverbe Lakota Sioux)

« Mitakuye Oyasin » (Nous sommes tous inter-connectés) – Lakota Sioux –

« La machine d’État, dans toutes les sociétés occidentales, devient de plus en plus étatique, c’est à dire qu’elle va devenir de plus en plus autoritaire ; et de plus en plus autoritaire, pendant un bon moment au moins, avec l’accord profond de la majorité, qu’on appelle souvent la majorité silencieuse… La machine étatique va aboutir à une espèce de fascisme, pas un fascisme de parti, mais un fascisme intérieur. »

(Pierre Clastres, pensée visionnaire de 1975, dans un entretien avec l’Anti-Mythes)

*  *  *

Chapitre 6

Nous sommes tous inter-reliés

[…] Les conséquences politiques de l’entr’aide mutuelle s’étendaient bien au-delà de la Révolution Française. Les discussions sur l’entr’aide, sous une forme ou une autre, permirent la plupart des écrits de Kropotkine sur la politique, mais furent particulièrement importantes dans son livre “La conquête du pain” (1892), son pamphlet “La science moderne et l’anarchisme” (1908) et son article “Les bases scientifiques de l’anarchisme” (1887), qui parurent dans la revue XIXème Siècle.

Les racines de l’anarchisme, que Kropotkine définissait comme étant “un système de socialisme non-gouvernemental”, étaient comme rhizomes à l’entr’aide mutuelle. Bien que Pierre pensait sans aucun doute beaucoup de bien des implications philosophiques de l’anarchisme, le concept lui-même n’était pas une abstraction reliée aux lieux d’étude de philosophes. Au lieu de cela, l’anarchie et sa théorie sous-jacente de l’entr’aide mutuelle, trouvaient leur place au sein des sciences naturelles. “Le penseur anarchiste ne recourt pas à des conceptions métaphysiques comme les droits naturels et les devoirs de l’État”, assurait Kropotkine à ses lecteurs. Au contraire, la théorie de l’anarchisme repose sur la science et plus particulièreement sur la science de la biologie évolutionniste. L’Homme était partie intégrante de la Nature et ses instincts sociétaires pouvaient être étudiés de la même manière qu’on étudie les poissons ou les grenouilles. “Il n’y a aucune raison de changer soudainement notre méthode de recherche lorsque nous passons de la fleur à l’humain ou d’une colonie de castors à une ville humaine”, clamait Kropotkine.

Dans les écrits de Darwin, Kropotkine trouva les éléments de cohésion qui reliaient l’entr’aide mutuelle et la politique chez les humains. Dans “La Filiation de l’Homme”, publié douze ans après son “Origine de l’Homme”, Darwin offrait des explications quant au pourquoi quelques communautés humaines florissaient et d’autres échouaient. Et la réponse était: l’entr’aide mutuelle. La lecture de Darwin par Kropotkine impliquait que ces communautés qui incluaient le plus grand nombre d’altruistes florissaient. Voici qui était le véritable Darwin, comme Pierre le comprenait: “Le chapitre consacré par Darwin à ce sujet aurait pu être la base d’une vision bien différente et plus complète, englobante de la nature et du développement des sociétés humaines.”

Les efforts de Kropotkine pour promouvoir un système politique bâti sur l’entr’aide mutuelle représentaient à ses yeux bien plus que la connexion entre ses passions scientifiques et politiques ; il avait le sentiment profond que cela était matière à la survie même de l’espèce humaine […]

[…] De manière conceptuelle, le défi était très direct. Pour parvenir à établir une bonne société, nous devons simplement suivre les règles de la nature: “La voie tracée par la philosophie moderne de l’évolution”, comme Kropotkine aimait l’appeler.

Lorsque les gens comprendront le processus de l’évolution, ils pourront être convaincus des aspects organiques de la société, un organisme qui ne demandait qu’à “trouver le meilleur moyen de combiner les désirs de l’individu avec ceux de la coopération pour le bien-être de l’espèce”.

Si une telle société était étudiée de la façon qu’un scientifique de l’histoire naturelle étudierait, disons un escargot, les observations considéreraient aussi nécessairement la question des parasites. Dans la société humaine, les parasites vinrent d’une forme d’individus qui essayèrent de pomper la société et de coopter toutes les ressources pour eux-même. Bien que ces parasites mirent en danger l’existence même du super-organisme sociétaire, ils fournirent également une cible. Eliminons les parasites en même temps que l’environnement dans lequel ces parasites prolifèrent et le résultat sera une société où règnera suprêmement l’entr’aide mutuelle.

La question pratique devenait alors comment réaliser cela et surtout où commencer ?

Kropotkine argumentait que les anarchistes devaient se concentrer sur les sociétés européennes, où il y avait à la fois une abondance de richesses, menant potentiellement à une société prospère et un foyer de parasites capitalistes. Les richesses de la société occidentale, clamait Pierre, étaient accumulées par le biais des mains et du travail de millions de travailleurs sur une longue période de temps. Au début, cela impliqua de construire une infrastructure dans laquelle, “chaque hectare de terrain a son histoire de travaux forcés”, se lamentait Pierre “d’un labeur intolérable de la souffrance des gens. Chaque kilomètre de rail de chemin de fer a reçu sa part de sang humain.” Alors que les temps changeaient, ainsi le fit également la source d’abondance. “Avec la coopération de ces êtres intelligents, les machines modernes, elles-mêmes le fruit de trois ou quatre générations d’inventeurs, pour la plupart inconnus, cent personnes fabriquent de quoi habiller dix mille personnes pour une période de deux ans”, écrivait Kropotkine ; mais les gens dont le travail a généré la richesse, ceux qui ont véritablement construit l’infrastructure et créé les machines, ne partagent que très peu les récompenses qui ont émergées de leur travail. Les parasites économiques ont volé toute la richesse, acheté toute la terre et moyens de production, laissant les travailleurs dans le néant. Les produits et dividendes de la masse ont été usurpés par quelques tricheurs, proclamait Kropotkine. “De quel droit quelqu’un peut-il s’approprier le plus petit morceau de ce tout immense et dire: ceci m’appartient et ne vous appartient pas ?” demandait Pierre. Cette apropriation des plus injuste était anti-naturelle aussi loin que Kropotkine envisionnait les choses. Cela allait à l’encontre des forces évolutionnaires qui font bouger les sociétés vers des actions justes et bonnes pour le bien de tous.

La solution au problème du parasitage économique humain était l’expropriation, la redistribution de la richesse accumulée par le petit nombre au grand nombre. Ceci seulement pourra rétablir l’équilibre naturel  des choses dans l’évolution.

“Ceci ne pourra pas être accompli par des actes parlementaires, mais seulement en prenant possession immédiate et effective de tout ce qui est nécessaire pour assurer le bien-être de toutes et tous, ceci est la seule méthode scientifique de travailler”, écrivait Kropotkine.

Il ne voyait pas la violence comme un moyen nécessaire à cette fin altruiste. Le système capitaliste est un système contre-nature et il est par définition instable et facile à mener à l’extinction. Un mélange de grèves générales et de fermetures, pensait Kropotkine, causeraient la désorganisation complète du système fondé sur l’entreprise privée et le salariat. La société serait forcée de prendre la production en compte elle-même, dans sa totalité et de réorganiser l’ensemble pour suffire aux besoins de tous. Au même moment, les gens prendraient le contrôle de la distribution des biens de consommation et alimentaires, des vêtements, du logement, des transports et des moyens de productions, de distribution et de services. Cela prendrait un certain temps, mais libérée des chaînes de l’économie parasitaire et avec la puissance de la propriété commune, l’entr’aide mutuelle reprendrait ses droits. Le super-organisme résultant de ce processus “ne serait pas cristallisé dans des formes rigides et définitives, mais continuerait à modifier ses aspects parce qu’il sera un organisme vivant et évoluant”, nota Kropotkine

(NdT: Plusieurs exemples se sont déroulés dans l’histoire de ce processus. Le plus marquant ayant été la révolution libertaire espagnole de 1936-39, elle-même le résultat d’une culture anarchiste espagnole qui éduqua les gens dès 1869. Un exemple toujours actif aujourd’hui est la Commune d’Oaxaca au Mexique et le mouvement du Chiapas. Bien évidemment, les médias n’en parlent JAMAIS, il ne faut pas donner de mauvaises idées aux moutons occidentaux…).

Une telle société dans laquelle une journée de 4 ou 5 heures de travail jusqu’à l’âge 45 ou 50 ans, permettrait de produire facilement tout ce qui est nécessaire pour le confort de la société, cette société éduquerait tous ses membres et donneraient le choix de carrière. Les bénéfices évidents de l’entr’aide mutuelle encourageraient les gens a accomplir ce qui est bon pour la communauté, ce qui en retour, serait une justification de l’entr’aide mutuelle […]

[…] Les racines de l’éthique ont émergé de la biologie évolutioniste; pas la biologie du “chien qui mange le chien” promue par les “faux darwinistes” tel Huxley, des idées, pensait Kropotkine, qui menaient les gens à panser que “le mal était la seule leçon que l’Homme pouvait tirer de la nature”. Au lieu de cela, ce fut Darwin lui-même qui écrivit sur l’évolution de l’altruisme humain et ses effets sur les communautés dans son ouvrage “La filiation de l’Homme”, qui donna à Pierre une explication naturaliste de l’éthique. Kropotkine écrivit dans son magnus opus sur le sujet: “Ethique: origine et développement”:

“Etant ainsi nécessaire pour la préservation, le bien-être et le développement progressif de chaque espèce, l’instinct d’entr’aide mutuelle est devenu ce que Darwin a décrit comme ‘un instinct permanent’… il est toujours à l’œuvre dans tout animal social et spécifiquement chez l’Homme.”

L’entr’aide mutuelle, comme tous les traits favorisés par la sélection naturelle, peut-être représenté sous la forme d’un arbre […]

[…] Au cours de l’évolution, les organismes qui agissent de manière éthique seraient favorisés par la sélection naturelle. Kropotkine pensait que les animaux et les humains agissaient pour maximiser le plaisir et le bien-être et minimiser la douleur et la souffrance et parce que l’entr’aide mutuelle était bénéfique aux espèces, la sélection naturelle favoriserait les organismes qui associeraient l’action éthique avec le plaisir et l’absence d’action éthique avec la douleur. “Quand une bande de singes voient un de leur membre tomber des suites d’un tir de chasseur, ces singes obéissent à un sentiment de compassion plus fort que toutes leurs considérations personnelles pour la sécurité”, écrivait Kropotkine… Il nare le même phénomène concernant des fourmis qui se précipitent dans les flammes pour sauver leurs petits camarades. “le monde animal… des insectes à l’humain, sait parfaitement ce qui est bien et ce qui est mal et ce sans consulter une bible ou toute autre philosophy..” expliquait Kropotkine à ses lecteurs.

La science et la politique de Pierre Kropotkine touchaient à tant de problèmes fondamentaux concernant la place de l’humanité dans la nature, cela n’etait pas du tout surprenant de voir que beaucoup de gens voulaient entendre bien plus sur ce qu’il avait à en dire. Ainsi, le temps était venu pour Pierre de prendre son entr’aide mutuelle pour un tour académique. Heureux de parler avec quiconque voudrait l’écouter et discuter avec lui, Kropotkine s’en fut en 1897 pour le premier de ses deux tours académiques aux Etats-Unis.

Chapitre 7

Un Russe bien préservé

Kropotkine l’éclectique fit le tour de l’Amérique du Nord en 1897 puis de nouveau en 1901. Là-bas, durant des mois et au travers de milliers de kilomètres de voies ferrées, le plus souvent devant des parterres d’audience complets se comptant par milliers, il donna des douzaines de discours sur des sujets tels que: l’entr’aide mutuelle, la géographie, la géologie, la littérature russe et sur la chrétienté. D’autres anarchistes, russes ou autres, tels que Michel Bakounine, Serge Kravchinski et Alexandre Berkman, avaient déjà visité ou immigré en Amérique du Nord, au début du XXème siècle, mais l’impact qu’ils eurent sur les gens au Canada ou aux Etats-Unis fut minimum comparé à la réception qui fut faite à Kropotkine […]

[…] Quatre mois après le second départ de Kropotkine des Etats-Unis, le président William McKinley fut assassiné à l’exposition Panaméricaine des chutes du Niagara dans l’état de New York, par l’anarchiste Léon Czolgosz…

Une vague anti-anarchiste déferla sur les Etats-Unis. Bien qu’absolument aucune preuve n’ait pu être faite là dessus, des rumeurs commencèrent à circuler disant que Kropotkine ainsi qu’Emma Goldman, avaient ourdi le complot de l’assassinat de McKinley lorsque Pierre était à Hull House. Peu de temps après, en réponse directe à l’assassinat du président, le congrès des Etats-Unis passa la loi d’immigration de 1903 qui étendait le banissement d’immigrants pour y inclure “les anarchistes ou toute personne qui croit ou fait état que renverser par force le gouvernement ou l’état des Etats-Unis ou tout gouvernement que ce soit.” Il n’y aura pas de troisième visite en Amériqie du Nord pour Pierre Kropotkine.

Chapitre 8

Le vieux fou

“Du point de vue de la liberté, quel système serait le mieux ? Dans quelle direction doivent bouger les forces du progrès ? Je n’ai pas de doute que le meilleur système serait un système pas très éloigné de ce que propose Kropotkine.” (Bertrand Russel)

De retour à Londres en 1901, Pierre avait du mal à trouver du travail. Il avait du mal à trouver une maison d’édition pour son dernier livre “Idéaux et réalités dans la littérature russe” et de plus il était toujours en convalescence après une crise cardiaque, ce qui limitait sa capacité de travail […]

[…] Kropotkine était aussi frustré du calage du mouvement révolutionnaire anarchiste basé sur l’entr’aide mutuelle. La cause n’était pas aidée par l’augmentation du nombre d’assassinats de leaders politiques aux mains de soi-disants anarchistes. Bien qu’il refusait de condamner publiquement des actes spécifiques de terrorisme si les terroristes faisaient partie d’un groupe oppressé, Kropotkine voyait les actes de violence terroriste comme étant à la fois barbares et contre-productifs à la cause anarchiste. Au lieu de soutenir la faction armée de groupes anarchistes autour du monde, Pierre s’aligna avec les syndicalistes, un groupe unifié similaire à ses yeux aux guildes médiévales qu’il adorait tant.

Les sociétés anarchistes n’avaient pas le vent en poupe, de plus une thérorie rivale gagnait du terrain aux dépends de l’anarchisme biologique de Kropotkine. Bien que l’anarchisme et le marxisme partageaient le même but général d’une distribution équitable des ressources, Pierre détestait l’approche marxiste pour parvenir à ce but. Kropotkine se considérait lui-même comme un véritable communiste, dans le sens de la commune, vue comme un groupe d’individus partageant propriété et revenu communs, avec un corps décisionnaire non-hiérarchique et non pas comme marxiste, ayant une solution centrée sur l’État pour chaque problème, petit ou grand. De petites sociétés, coordonnées, coopératives entr’elles, autonomes, mais connectées, où “chaque région devient son propre producteur et son propre consommateur de biens produits”, sont le seul chemin vers un monde meilleur. Les expériences empiriques de sa vie et sa connaissance de la biologie de l’évolution ainsi que de la philosophie l’avaient convaincu que l’État était une grosse partie du problème et en aucun cas une solution.

Marx tout comme Kropotkine, avait essayé d’enrober sa théorie politique de biologie, mais Pierre ne voulait pas être partie prenante de cela. Kropotkine argumentait que le marxisme était très superficiel en matière biologique, car il ne focalisait que sur les sociétés humaines et leurs dynamiques; ceci était trop étriqué pour être valide. Au lieu de cela, c’était l’anarchie par son concept d’entr’aide mutuelle, qui représentait le seul lien véritable entre la politique et la biologie. “La méthode de recherche anarchiste est celle des sciences exactes, son but est de construire une philosophie synthétique comprenant en une généralisation toute la phénoménologie de la nature”, écrivit Kropotkine. Le marxisme, engoncé dans sa philosophie centrée sur l’État et sa caractéristique biologique étriquée, ne pouvait pas proposer cela. De plus Kropotkine voyait le marxisme comme un culte. “Leur mecque est à Berlin, leur religion catholique est le marxisme, quant au reste… Je m’en fiche”, écrivait-il.

Puis vint la révolte des paysans russes de 1905, comme résultat de la répression du gouvernement tzariste contre les travailleurs qui étaient de plus en plus en grève à St Petersbourg et dans le centre de la Russie, incluant une grève massive à St Petersbourg en Janvier 1905, impliquant quelques 120 ou 150 000 travailleurs. Le “dimanche sanglant” marqua le début de la révolte […]

[…] Bien que le tzar fit quelques concessions en conséquence de la révolution de 1905, dans les deux ans qui s’ensuivirent, le gouvernement russe regagna peu ou prou le contrôle total du pouvoir […]

[…] Pierre avait compris, que même si le gouvernement du tzar était déposé, le cours de ces évènements seul ne mènerait pas nécessairement à une société fondée sur l’entr’aide mutuelle. Pour s’assurer que cela puisse se faire dans le futur, il continua à écrire sur la philosophie et la morale de l’anarchisme, ceci inclua une entrée dans la renommée avec sa définition de l’anarchisme qu’on lui demanda d’écrire dans l’édition de 1910-11 de l’Encyclopedia Britannica: “L’anarchie est le principe ou la théorie de la vie, la conduite sous laquelle la société est conçue sans gouvernement”. Dans les sociétés anarchistes, qui sont une sorte de “vie organique dans les grandes largeurs, l’harmonie est obtenue non pas par la soumission à la loi ou par l’obéissance à une autorité quelconque, mais par les accords libres conclus entre des groupes variés.. pour la satisfaction de la variété infinie de besoins et d’aspirations de l’être civilisé, incluant bien sûr, la satisfaction d’un nombre toujours croissant de besoins dans les domaines scientifique, artistique, littéraire et sociable”, dit Kropitkine à ses lecteurs.

Bien que son entrée pour l’Encyclopedia Britannica ne fut pas à propos de la Russie per se, le message de Pierre au lecteur en ce qui concerne la Russie et la révolution était clair: “les anarchistes reconnaissent, que comme toute évolution de la nature, la lente évolution de la société est suivie de temps en temps par des périodes d’accélération de l’évolution qui sont appelées des révolutions et ils (les anarchistes) pensent que l’ère des révolutions n’est pas encore terminée.” Kropotkine était persuadé que plus de révolutions se produiraient dans son pays natal.

Avec sa philosophie de l’entr’aide mutuelle comme guide principal, Kropotkin voyait la révolution non-violente comme le chemin vers la société anarchiste. Des gens mourraient sûrement dans une telle révolution, mais la violence à grande échelle ne faisait absolument pas partie de la stratégie de Kropotkine […]

[…] Alors qu’il était en convalescence, Pierre entendit parler de la révolution de Février 1917 en Russie, qui déposa pour de bon le tzar Nicolas II et la dynastie des Romanov. C’était presque trop beau à croire pour Pierre.

La révolution de Février n’avait pas de leader et fut relativement pacifique, menée en partie par des grèves, des manifestations et des soulèvements étudiants. De manière encore plus remarquable, l’armée rejoignit la révolution, ce qui stoppa le pouvoir tzariste […]

[..] Les Kropotkine (NdT: Pierre et son épouse Sophie) arrivèrent à Pétrograde le 30 Mai 1917 et étaient attendus par une foule de plusieurs milliers de personnes qui attendaient leur arrivée, incluant deux officiels du gouvernement: Kerensky et Skobolev. Peu de temps après son retour en Russie, le premier ministre Kerensky offrit à Kropotkine le ministère de l’éducation du gouvernement provisioire russe, mais Pierre refusa, citant son dédain pour l’état et le gouvernement. Bien qu’il refusa toute position officielle, Kropotkine travailla avec Kerensky afin d’essayer de sécuriser des ressources suffisantes pour les necessiteux de la nation. Dès le mois d’Août, les Kropotkine quittèrent Pétrograde pour Moscou. Deux mois plus tard, le rêve de Kropotkine pour une Russie anarchiste s’évanouît pour de bon ; avec la révolution d’Octobre 1917 et la montée en puissance de Lénine et de son gouvernement sous contrôle et complètement centralisé, la Russie se dirigeait maintenant dans la direction opposée de celle que Kropotkine avait travaillé si dur pour.

Après la révolution d’Octobre, Kropotkine et Lénine échangèrent quelques lettres et se rencontrèrent même au moins une fois. Kropotkine en appela à Lénine pour qu’il laisse le peuple russe s’autodiriger, de sécuriser des ressources pour aider les paysans russes qui n’avaient plus assez à manger et de mettre fin aux exécutions des “ennemis de l’État”. Lénine fut cordial dans ses réponses et demandant même à Pierre s’il désirait que son livre sur la Révolution Française soit publiée par les presses d’état, mais il n’honora aucune des requêtes de Kropotkine. En fait, Lénine regardait ses échanges avec Kropotkine comme un moyen de garder quelque soutien de la part des paysans, mais en privé, Lénine était bien moins cordial, écrivant: “Je suis fatigué de ce vieux fou (Kropotkine). Il ne comprend rien à rien en politique et s’impose avec ses conseils, qui pour la plupart sont très stupides.” Trotski lui aussi, faisait peu de cas de Kropotkine, le dégradant comme un “anarchiste suranné”.

En Juin 1918, les Kropotkine s’établirent dans une petite maison dans le village de Dmirrov, à quelques soixante kilomètres au nord de Moscou […]

[…] Le 15 Octobre 1920, le New York Times publia un papier indiquant que “Kropotkine était en train de mourir de faim”… Le 9 Février 1921, le New York Times rapporta que Pierre Kropotkine s’était éteint (NdT: Emma Goldman passa quelque temps avec lui peu avant sa mort). Sa dépouille fut envoyée à Moscou, ses funérailles furent décidées pour le 12 Février. Lénine offrit des funérailles d’État, mais la famille de Kropotkine refusa. Une collecte fut rapidement organisée par des groupes anarchistes pour payer la cérémonie.

Une foule de plusieurs milliers de personnes alla à la rencontre du train qui ramenait le corps de Kropotkine à Moscou. La foule transporta le cercueil au palais du travail où il fut disposé dans le hall des colonnes avant son inhumation.

Épilogue

[…] En plus du fait que Kropotkine fut un des plus célèbres anarchistes politiques de l’histoire, il était une figure très importante en termes de sa science. Il fut la première personne qui proposa que la coopération animale était cruciale pour comprendre les processus de l’évolution. Il mit au défi le principe darwinien dominant qui prétendait que l’évolution n’était que le strict fait de la survie du plus fort. Ceci aurait déjà été assez remarquable si Kropotkine avait fait tout cela dans l’obscurité, mais bien au contraire, à son époque, il était la face publique de ces idées et une des personnes les plus reconnaissable de la planète, dissertant et donnant des conférences sur un nombre incroyable de sujets autour du monde.

Il y a aujourd’hui une sub-discipline à part entière de la biologie qui est dévouée à l’étude de la coopération et de l’altruisme chez les animaux. Ceci n’est pas une mince affaire. E.O. Wilson a nomément dit que comprendre la coopération et l’altruisme dans le règne animal est un des problèmes fondamentaux de l’étude de l’attitude animalière et qu’une insistance à ce sujet peut-être constatée dans les laboratoires de bon nombre de chercheurs qui se spécialisent dans ce domaine aujourd’hui et ce des laboratoires de UCLA à Princeton en passant par les universités du Texas ou d’Helsinki. Le travail de Kropotkine de la fin des années 1880 marque la date de naissance de ce champ de recherche.

Beaucoup des idées qui sont le point de focalisation de recherches dans les laboratoires modernes sur la coopération animalière sont basées sur la permutation d’idées qui ont d’abord été édictées par Pierre Kropotkine. Il y a littéralement des centaines d’articles scientifiques qui sortent chaque année sur la coopération animale, beaucoup dans des revues et magazines importants pour la recherche comme Nature ou Science et autant de ces articles prouvent que Kropotkine était un prophète en son domaine. Il parla de la coopération de divers animaux lorsqu’ils avaient pour tâche de surveiller et d’alerter, aujourd’hui des laboratoires des universités de Cornell et de Cambridge ont quelques douzaines de personnes qui recherchent en ce domaine particulier et tous peuvent remercier Kropotkine d’avoir amener ce sujet à la surface et d’avoir convaincu les gens de son importance.

Il ne fut pas seulement la première personne qui démontra clairement que la coopération était importante parmi les animaux, il fut aussi la première personne à argumenter fortement que comprendre la coopération chez les animaux mettrait en lumière la coopération chez l’humain et de fait permettrait à la science de promouvoir la coopération humaine et peut-être de permettre à notre espèce de se sauver elle-même de son auto-destruction. De nos jours, des anthropologues, des scientifiques de la politique, des économistes, et des psychologues publient des centaines de recherches chaque année sur la coopération humaine, et les chercheurs dans ces domaines commencent seulement à réaliser que beaucoup des sujets qu’il recherchent et étudient de près ont été suggérés et promus en première instance par Pierre Kropotkine.

Fin