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Résistance au colonialisme: Analyser, comprendre, penser, agir… Ensemble ! (MNN)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, canada USA états coloniaux, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 6 novembre 2018 by Résistance 71


19-23 Nov. Atelier discussion
Grande Loi de la Paix

En accord avec l’appel du Chiapas pour la formation d’un Réseau de Résistance et de Rébellion International et parce que:

L’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie et de l’action coloniales, se tenant debout, main dans la main avec les peuples autochtones de tous les continents pour instaurer l’harmonie de la société des sociétés sur terre. Il n’y a pas de solutions au sein du système, n’y en a jamais eu et n’y en aura jamais !

~ Résistance 71 ~

 

Réunion de l’unification à Grand Oswego du 19 au 23 novembre 2018

 

Mohawk Nation News

 

3 novembre 2018

 

url de l’article: original:

http://mohawknationnews.com/blog/2018/11/03/grand-oswego-unity-gathering-nov-19-23-18/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Te-ka-ri-wa-iena-wakon. Appel à tous les onkwehonwe (peuples natifs), frères, sœurs, amis, alliés, nos familles, jeunes et vieux. 

Venez et apprenez. Parlons de Kaianerekowa, la Grande Loi de la Paix et de tekeni teohateh (wampum deux rangés). Ouvrons nos esprits de façon à ce qu’ensemble nous parvenions à une entente mutuelle. Parlons d’unité et de droit humain.

C’est une réunion populaire. L’invitation est offerte à toutes et tous, incluant les chefs, les mères de clans et les conseils de bande. Nous avons des cerveaux pour prendre les bonnes décisions. Nous sommes chacun te-wa-ta-tawi, nous nous soutenons et avons le droit de nous réunir et de discuter de ce que bon nous semble. La nature a fait de nous des gens libres. Personne ne peut nous dicter quoi que ce soit. C’est une république, géré par le peuple. La démocratie est règle mafieuse.

Ayons l’esprit ouvert et écoutons-nous les uns les autres. D’après Kaianerekowa, nous ne pouvons pas faire attention aux rumeurs ni aux ouï-dires concernant cette réunion et nos affaires. La Grande Loi de la Paix nous montre comment parvenir à une compréhension et un accord. Venez voir par vous-mêmes. Posez des questions. Dites quelque chose. Nous voulons entendre ce que vous pensez et avez à dire.

Il n’y a qu’une seule version de la voie naturelle. Kaianerekowa nous enseigne de ne pas avoir peur de l’inconnu, mais au contraire d’examiner toute chose.

Nous sommes un peuple calme qui s’assoit, écoute ce que les uns et les autres ont à dire et qui participe. Ce n’est pas parce que nous avons des opinions différentes que nous devons être ennemis. La voix de tous doit être entendue afin de pouvoir contribuer au bien-être de tous. Nous devons étudier la pensée des uns et des autres pour parvenir à une compréhension et un accord. Plus on acquiert de connaissance et meilleures seront les décisions que nous prendrons ensemble.

Ceci constitue notre responsabilité envers nos enfants. Mettons fin à la confusion. Quiconque a des idées et qui désire aider est le ou la bienvenue. La jeunesse est bienvenue, on doit l’entendre car c’est elle qui perpétue les traditions. Les différents peuvent être surmontés et résolus en utilisant une pensée claire.

= = =

Qui est le migrant ?

 

Mohawk Nation News

 

5 novembre 2018

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2018/11/04/whos-the-migrant/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Nos frères et sœurs du sud ne sont pas des ouvriers agricoles migrant… Ce sont des ouvriers agricoles travaillant pour un migrant ! Nuance… Ils viennent pour faire une honnête journée de travail pour un salaire quotidien honnête. Ils ont tous les droits de visiter leurs familles où que ce soit sur l’île de la Grande Tortue sans entrave. Les lignes de démarcation fictives et illusoires de l’homme blanc ne sont que des frontières économiques qui n’ont absolument rien à faire avec nous. La nature nous a liés ensemble en tant que peuple avec toute la vie sur l’île de la Grande Tortue.

Les envahisseurs continuent leur planification de nous voler et de nous tuer. Ils utilisent toujours les mêmes vieilles tactiques d’envahir de tuer, de réduire en esclavage, de voler, d’humilier et d’éradiquer le peuple originel de ce continent. Les pays coloniaux entrepreneuriaux envoient des escadrons de la mort, terrorisent les gens, mettent des gangsters au pouvoir et font des victimes des peuples natifs originaux.

Nos frères et sœurs de l’intérieur de l’entité commerciale des Etats-Unis pourraient aller à la rencontre de nos frères et sœurs à la frontière factice avec le Mexique et les aider à traverser sur cette terre coloniale appelée “Etats-Unis d’Amérique”, habitée par des intrus connus sous le vocable d’immigrants. Les lois corporatrices artificielles ne peuvent pas empêcher le véritable peuple naturel placé ici par la nature/création (NdT au sens amérindien ici pas au sens biblico-chrétien..) d’exercer son droit de naissance, celui de pouvoir traverser quelque partie que ce soit de notre terre-mère.

A la dite frontière canado-américaine, leurs familles du nord pourront les rencontrer et leur faire traverser cette ligne imaginaire et les faire entrer sur cette terre native connue récemment sous le nom de “colonie du Canada”. Les envahisseurs sont devenus riches du massacre de notre peuple et du vol de notre terre et de nos ressources, au Canada, aux Etats-Unis, au Mexique, au Guatémala, au Honduras, au Salvador, au Nicaragua, au Panama et à travers tout le continent occidental des Amériques. Nous avons un droit en regard de tout ce qu’ils ont fait de notre terre et de nos ressources, comme la nourriture, l’habitation, la santé, le système éducatif, les boulots. Toutes ces richesses qu’ils affirment être leurs nous appartiennent en fait. Les migrants sont venus ici sans rien, avec juste des rats et des maladies.

Si les envahisseurs refusent de vivre selon la règle de Kaianerekowa, la Grande Loi de la Paix, ils doivent partir. Ceux qui évoluent sur l’Île de la Grande Tortue ont une obligation de se tenir à nos côtés pour que nous exercions notre droit de naissance.

Le président Trump ne va pas faire abattre ceux des natifs lançant des pierres à l’armée qui protège les dictateurs. Les peuples du monde entier doivent défier ces tyrans qui ont créé des frontières artificielles et leurs lois factices de l’économie disant donnez-nous-tout-ce-que-vous-avez-ou-on vous-bute. Ce n’est que contrôle et fric, un prétexte pour l’état policier.

Qui va payer pour le mur frontalier ?

Les frontières n’existent pas pour nous !

Lectures complémentaires:

Peau_Noire_Masques_Blancs.Frantz_Fanon

Chiapas-Feu-et-Parole-dun-Peuple-qui-Dirige-et-dun-Gouvernement-qui-Obeit

Aime_Cesaire_Discours_sur_le_colonialisme

Ricardo_Flores_Magon_Textes_Choisis_1910-1916

Marshall-Sahlins-La-nature-humaine-une-illusion-occidentale-2008

James-C-Scott-Contre-le-Grain-une-histoire-profonde-des-premiers-etats

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

Manifeste pour la Société des Sociétés

Abdullah-Ocalan-Confederalisme-democratique

David Graber Fragments Anthropologiques pour Changer l’histoire de l’humanité

L’anarchisme-africain-histoire-dun-mouvement-par-sam-mbah-et-ie-igariwey

Comprendre-le-systeme-legal-de-loppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-peter-derrico1

Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

Effondrer le colonialisme

40ans_Hommage_Pierre_Clastres

Meurtre par décret le crime de génocide au Canada

Un_manifeste_indigène_taiaiake_alfred

6ème_déclaration_forêt.lacandon

kaianerekowa Grande Loi de la Paix

La Grande Loi du Changement (Taiaiake Alfred)

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Résistance au colonialisme: un peu d’histoire amérindienne… et analyse d’une complaisance littéraire…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 3 février 2016 by Résistance 71

L’article que nous avons traduit ci-dessous est intéressant à nos yeux à deux titres:
1- Il éclaire sur une période pas ou très peu connue du début de l’histoire coloniale de l’Amérique du Nord…
2- Il éclaire également sur une méthodologie narrative qu’on peut légitimement soupçonner de complaisante avec le système colonial toujours en place. En effet, l’auteure tout en dénonçant des malversations coloniales, sème également une sémantique de soumission à l’état colonial toujours en place aux Etats-Unis et au Canada. Nous avons commenté trois exemples distincts dans l’article. Ceci a t’il été fait à dessein ou est-ce le résultat involontaire d’un conditionnement social ? Difficile à dire à la lecture, donnons à l’auteure le bénéfice du doute… Si c’est volontaire, alors ceci peut-être considéré comme un bel exemple de « dissidence contrôlée » dans ce domaine particulier.

~ Résistance 71 ~

 

Histoire amérindienne: Jour de commémoration, le massacre des Péquots se produisit en 1637

 

Alysa Landry

 

26 Mai 2014

url de l’article original:
http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/05/26/native-history-its-memorial-day-1637-pequot-massacre-happened-155017

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Cette date fait partie de l’histoire amérindienne: le 26 Mai 1637, une force anglaise puritaine renforcée par quelques alliés autochtones, a massacré un campement Péquot dans le Connecticut, tuant quelques 500 hommes, femmes et enfants, brûlant complètement leur village.

L’attaque juste avant l’aube sur le fort Mystique marqua la toute première défaite des Péquots, a éclairé Kevin McBride, professeur d’anthropologie de l’université du Connecticut et directeur de recherche au Mashantucket Pequot Museum and Research Center.

Le massacre marqua également un tournant dans la guerre des Péquots, une guerre de trois ans pour la conquête des terres traditionnelles de la nation, environ 400 km2 dans la partie sud-est de ce qui est aujourdhui le Connecticut et le tout premier conflit important entre les colons et les Indiens natifs de la Nouvelle-Angleterre.

“Pendant les huit premiers mois de la guerre des Péquots, ceux-ci ne perdirent jamais une bataille contre les Anglais”, a dit McBride. “Les Péquots étaient tactiquement bien supérieurs et ce même sans armes à feu. Les Anglais n’arrivaient pas à les comprendre. Jusqu’au massacre de Mystique, les Péquots avaient gagné chaque engagement.”

Le sud-est du Connecticut fut la terre originelle de quelques 8 000 Péquots résidant dans 15 à 20 villages. En réponse à l’arrivée des Hollandais en 1611, la nation Péquot créa une confédération de douzaines de tribus afin de contrôler le commerce des fourrures et renforcer leur pouvoir politique et économique (NdT: cette remarque de l’auteure est typiquement ethno-eurocentrique dans la mesure où les nations amérindiennes n’avaient cure du “pouvoir” qui était dilué dans le peuple et était exercé collectivement dans des sociétés à la chefferie sans pouvoir. Si l’échange était pratiqué, ces sociétés refusaient le concept de “surplus” et refusait toute base “économique” à leur société, non pas parce qu’ils ne “savaient pas”, mais parce qu’ils ne le voulaient pas… nuance… l’arrivée des colons génocidaires blancs changea la donne pour ces sociétés contre l’État, pour reprendre l’expression de l’anthropologue politique Pierre Clastres. Nous nous devions de faire ici cette note qui s’imposait à notre sens pour mieux comprendre l’affaire et son narratif…).

Jusqu’à l’arrivée des Anglais dans les années 1630, les Hollandais et les Péquots contrôlaient le commerce des fourrures de la région. Avec l’addition des colons et commerçants anglais, un déséquilibre se créa. La guerre des Péquots éclata lorsque des nations sous la subjugation des Péquots s’allièrent avec les Anglais. (NdT: Là encore, l’auteure entre en contradiction avec elle-même avec cette déclaration qui impliquerait que les Péquots coercitivement “subjuguèrent”, dominèrent les autres nations autochtones voisines dans une “alliance” donc forcée, alors qu’elle vient juste de dire qu’ils formèrent une confédération, qui par définition est une association LIBRE et non coercitive de quelque manière que ce soit. Personne ne peut être forcé contre son gré dans une véritable confédération…)

Les affaires se compliquèrent lorsque les Péquots tuèrent plusieurs colons et commerçants anglais, a dit McBride. Les Anglais demandèrent que les meurtriers leur soient livrés, la guerre commença lorsque les Péquots refusèrent.

McBride a appelé les Péquots une “société complexe” et la guerre des Péquots est un des évènements le plus controversé et significatif de l’histoire coloniale. L’attaque sur le fort Mystique, qui fut le premier de trois massacres qui se produisirent durant la guerre, changea la façon dont les forces autochtones regardèrent la technique de la guerre (contre les colons).

Le massacre, mené par le capitaine anglais John Mason, fut la première utilisation documentée de “guerre totale” contre les Amérindiens, à savoir que les Anglais massacrèrent tous les Péquots avec lesquels ils vinrent en contact, ne faisant plus aucune distinction entre des hommes armés et des femmes, enfants et personnes âgées sans défense.

“Par quelque standard qu’on étudie l’affaire, ce fut un massacre”, a dit McBride. “Les Anglais y allèrent avec l’intention de tuer tout le monde là-bas, mais ils ne le firent pas pour voler la terre ou pour contrôler le commerce. Ils le firent par peur que les Péquots et leurs alliés natifs n’attaquent les colonies anglaises de toute la région.”

Justifiant sa conduite, la capitaine Mason décara que l’attaque fut un acte de dieu, il écrivit dans sa Brief History of the Pequot War, publiée à titre posthume en 1736:

“Dieu se moqua de ses ennemis et des ennemis de son Peuple et engouffra les Péquots dans une fournaise… Ainsi fut le jugement de dieu parmi les païens, emplissant Mystique de cadavres…”

Le massacre se produisit environ deux heures avant l’aube lorsque 70 soldats anglais et 250 alliés attaquèrent le fort, dit Laurie Lamarre, chercheur au Mashantucket Pequot Museum and Research Center. L’attaque fut inattendue à la fois dans le timing et sa technique, dit-elle.

“C’était le type de guerre anglais et ce fut complètement différent de tout ce qu’ils avaient expérimenté auparavant”, dit-elle. “Les Péquots, la nation a plus forte de la zone, étaient vaincus”.

Mais les Péquots ne furent pas vaincus sans combattre, dit McBride. Les Anglais perdirent environ 50% de leurs hommes au début de la bataille et ne brûlèrent le fort que lorsqu’ils réalisèrent qu’ils perdaient la bataille.

“Le terme massacre prend la connotation de gens sans défense. Ce que les historiens ne réalisent pas, c’est que les Anglais faillirent perdre cette bataille malgré tout. S’ils n’avaient pas brûlé le camp et coincé les Péquots dans les bâtiments, ils auraient perdu cette bataille.”

Les guerriers Péquots, furieux, se lancèrent aussi à la poursuite des Anglais sur 7 ou 8 km durant leur retraite, dit McBride ; mais le campement était dévasté et le massacre marqua un grand tournant dans l’histoire des Péquots et dans l’histoire native.

“Le massacre eut des implications importantes”, explique McBride, “Ce que firent les Anglais envoya un message très fort en pays Indien: nous avons la volonté politique et les moyens militaires pour forcer notre volonté sur vous, Après la guerre des Péquots, commence la politique d’assimilation. Après cette guerre, il n’y eut plus de tentative de diplomatie: les relations avec les Indiens furent fondées sur la menace militaire.

Dans les mois qui suivirent, les Anglais massacrèrent deux autres villages Péquots, les 5 juin et 28 juillet. La plupart des Péquots qui survécurent furent vendus comme esclaves ou s’échappèrent pour rejoindre d’autres nations du sud de la Nouvelle-Angleterre.

Mais les Péquots revinrent et une fois de plus sont redevenus une des nations les plus importantes en Amérique du Nord. Dans les années 1970, plus de 300 ans après la guerre des Péquots, les membres de la nation commencèrent à revenir dans la zone d’origine et à restaurer leur terre et communauté.

Au début des années 1980, la nation reçut une reconnaissance fédérale et peu de temps après lança la première phase du Foxwoods Resort Casino, le second plus grand casino du pays.

Note de Résistance 71: Cette conclusion est pathétique et confirme une certaine connivence, affiliation de l’auteure avec le système fédéral colonial. En clair, elle explique, que malgré le passé, ils sont revenus… Ils ont reçu une “reconnaissance fédérale”, c’est à dire qu’ils existent comme toute nation autochtone, sous les auspices du gouvernement colonial fédéral américain (et canadien dans le cas du Canada…) dont ils sont soi-disant les pupilles, que leur “souveraineté” n’est reconnue que tant qu’elle se soumette au gouvernement et lois fédérales et que dans le fond… Bah ! tout çà est de l’historiette ancienne et que donc les Péquots et tout autre nation autochtone, doivent tourner la page et exister sous le joug fédéral en acceptant la “manne” des casinos accordée ; réduisant ainsi en une conclusion lapidaire le sort et la destinée des nations et peuples originels à n’être plus que des “sujets” soumis, profitant des casinos (et de la vente de cigarettes détaxées), gérés par la mafia des “conseils de tribus” inféodés au Bureau des Affaires Indiennes (BIA) et à la loi et politique fédérale sur les Indiens. Cette conclusion est somme toute insultante pour les Péquots et autres nations et peuples amérindiens.

Cet article est assez typique de l’ambivalence de bien des Amérindiens et des non-autochtones qui parfois se font portes-parole, ils assènent quelques coups au système, mais se gardent bien d’en faire trop… L’auteure prend en apparence une position rebelle, mais par son phrasé même, trahit son attitude du politiquement correct. Un cas d’école ! Est-ce volontaire ou le résultat d’un conditionnement social ? Donnons-lui le bénéfice du doute.

Résistance au colonialisme.. Une vision sud-américaine

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Pour réfuter une fois de plus l’ineptie doctrinaire qui veut nous faire croire que nous vivons dans un monde « post-colonial », voici un article écrit par une journaliste américaine d’origine argentine, qui voit l’affaire coloniale des deux côtés de la lorgnette, à la fois en tant que membre de la société dominante coloniale, mais aussi ayant vécu dans les deux Amériques et y voyant les similitudes concernant les problèmes de terres et d’exploitation des nations indigènes. Le dernier article que nous avons traduit de John Pilger quant à lui donne le ton sur le continent de l’Océanie… Un monde « post-colonial » ? Mensonge ! Nous vivons, nous nageons dans le colonialisme. La situation géopolitique actuelle est le résultat d’une hypertrophie coloniale d’un empire mégalomaniaque, à l’instar de tous ses prédécesseurs. Lutter contre le colonialisme est LA priorité absolue des peuples si nous voulons simplement survivre la psychopathie ambiante.

— Résistance 71 —

 

Apprendre la véritable histoire et non pas l’histoire scolaire

 

Jessica Carro

 

11 Septembre 2014

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/09/11/learning-real-history-not-school-history

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Si vous êtes un Américain qui est né et a grandi aux Etats-Unis et que vous lisez cet article, alors on vous a presque sûrement raconté enfant, le même conte de fée concernant la fête “de remerciements” (Thanksgiving) qu’à moi. Nous avons donc connu de manière présumée un difficile réveil à la réalité plus tard dans nos vies lorsqu’on nous a dit la véritable histoire derrière cette fête nationale et non pas cette imbécilité de version américanisée.

Je me rappelle lorsque j’étais en seconde année de primaire, les enseignants concoctaient ces concours d’art. Une année, on nous donna à dessiner ce que nous imaginions que fut le premier dîner de Thanksgiving. Ma première pensée fut de demander à mon père de m’aider pour ce projet ; car voyez-vous, à chaque fois qu’il y avait un concours artistique, il y avait un prix à gagner et certains enfants venaient avec ce genre d’œuvre d’art compliquée qui avait clairement été faite soit par leurs parents ou leurs grand-frère / grande-sœur. Je me suis dit “pas cette fois-ci”, sauf que de retour à la maison, j’ai demandé à mon père qui refusa.

Il me dit alors dans son Argentin Castellano: “No tiene sentido si yo lo hago,” ce qui veut dire: “Cela n’a aucun sens si je le fais pour toi”. Son argument était que je n’avais pas besoin de son aide et que j’étais parfaitement capable de le faire par moi-même. “Así es como vas a aprender.” Ce qui veut dire “Comment apprendrai-je alors ?” me dit-il. Ensuite, il me fit assoir et me raconta ce qui s’est vraiment passé, la véritable histoire de Thanksgiving. “Maintenant pense à la façon dont tu vas rendre ton projet artistique”, a t’il dit.

“Donc, ce que tu es en train de me dire est que vous en Argentine, ne célébrez pas la fête du remerciement”, demandais-je.

“Bien sûr que non” me répondit mon père.

“Et le jour de Christophe Colomb (Colombus Day aux Etats-Unis et au Canada)

“Non plus. Nos célébrons “el dia de San Martin”, la personne la plus importante qui a libéré l’Argentine, le Pérou et le Chili du contrôle espagnol. Ceci est un tout autre sujet que nous discuterons un autre jour.”

Être Américaine de première génération m’a permis de mettre pas mal de choses en perspective, spécialement en ayant un père comme le mien sur qui je pouvais toujours compter pour m’apprendre la dure vérité des choses. J’ai toujours vu le monde de la perspective d’un étranger, on m’a enseigné comme si j’étais quelqu’un d’un autre pays vivant ici, ce qui en fait est le plus beau cadeau que mes parents aient pu me faire.

Je fus abassourdie et ne pouvait pas comprendre pourquoi on nous enseignait quelque chose de si différent à l’école. Comment ceci pouvait-il même être permis ? Peut-on changer l’histoire de cette façon ? La minimiser ? Vous savez comment c’est quand on est enfant, vous pensez que toutes les règles sont suivies à la lettre et que rien n’est laissé en dehors des histoires qu’on vous raconte. Ah l’ignorance de la jeunesse, si courte, mais pour d’autres, cette ignorance dure toute la vie, pour le meilleur ou pour le pire. Mais revenons à notre concours artistique…

Je pensais donc dessiner les pèlerins avec leurs longs fusils et les indigènes avec des arcs et des flèches se battant pour leur survie, le sang giclant partout, sur la dinde et les patates douces. Je ne gagnerai pas le grand prix avec ce dessin pensais-je.

Je choisîs alors de ne pas le faire, de ne pas entrer dans trop de controverse comme je le faisais souvent en classe d’histoire et je décidais de les dessiner tous assis autour de la table joyeusement. Je pense que je voulais vraiment gagner le prix, j’y mis beaucoup de temps et de cœur, j’y collais même de vrais plumes sur la tête du chef Indien pour donner un effet 3D, soignant l’écriture avant de me coucher, excitée de l’évènement du lendemain.

Bien sûr un petit con est arrivé avec une bande dessinée de style chef-d’œuvre, les Indiens y étaient dessinés avec des corps musclés, scultés, mâchoires viriles, style statues grecques. Bien sûr il emporta le prix à la maison ce jour-là et je demeurais avec le regret de penser que j’aurai dû me dire “Rien à foutre” et dépeindre la vérité. J’ai appris une bonne leçon ce jour là. Bien que Thanksgiving ne soit pas célébré en Amérique du Sud, les peuples indigènes ont enduré le même résultat au travers de l’histoire.

***

A chaque fois qu’on me demandait d’où je venais lorsque j’ai voyagé à travers l’Amérique du Sud, on me rappelait constamment que les gens y étaient aussi des “Américains”. Les gens de là-bas appelle ceci les “Etats-Unis” laissant de côté le “d’Amérique” et ils nous considèrent commes des estadounidenses, c’est à dire des états-uniens et non pas des “Américains”.

Peut-être à cause de mes parents ou peut-être à cause de ma fascination personnelle qui explique ma proximité avec ma culture sud-américaine et le peuple, je me considère plus sud-américaine que quoi que ce soit d’autre. J’ai donc une tendance à voir leur point de vue plus facilement et plus clairement.

Ceci m’a aidé à en venir à la conclusion que ce n’est pas tant notre utilisation égoïste du mot “américain” qui les dérange que le manque d’attention que nous leur accordons. La perspective tiers-mondialiste que nous avons d’eux les fait vraiment grimper aux rideaux, ainsi savoir que peu de choses sont écrites au sujet des peuples indigènes sud-américains vient sans surprise. En tout cas en anglais.

Alors que j’écris ceci, je me souviens de ces enfants adorables, bronzés, à la bouille ronde et aux petits yeux, qui tendaient les mains pour offrir de petits cadeaux faits de laine d’Alpaca en échange pour de la nourriture ou un peu d’argent alors que je marchais dans les rues de Humahuaca Jujuy en Argentine. Tout comme les Indiens natifs de l’Amérique du Nord, les peuples indigènes d’Argentine furent les premières nations de la terre, et pourtant ils sont constament ignorés par leur gouvernement et sont soumis à la violence, à la faim, à la discrimination et à l’extorsion. Ils souffrent d’un manque de ressources, d’éducation, souffrent de la pauvreté, de problèmes de santé et d’un manque de logement parmi d’autres disparités.

La théorie du Détroit de Béring tendrait à suggérer que les premiers peuples du continent nord-américain se soient dispersés sur la nouvelle terre et se soient diversifiés en centaines de nations et tribus culturellement distinctes. Ainsi, ces premiers occupants se seraient ensuite déplacés vers le sud, vers l’Amérique centrale et du sud. Que vous soyez d’accord avec cette théorie est votre choix. Quoi qu’il en soit, les Européens sont arrivés sur le continent bien des siècles (millénaires) plus tard, pour s’approprier la terre depuis, comme si elle était la leur. Pour eux, les peuples indigènes n’étaient que des barbares païens, des sauvages, sans aucune forme légale d’ancrage à leur terre ancestrale. (NdT: bon résumé de la vision et de l’imposition ethno/euro-centrique de l’affaire…)

Les populations indigènes de l’Amérique centrale et du sud ont fait face à la même destinée que leurs frères autchtones des Etats-Unis et du Canada il y a bien longtemps et ils continuent de souffrir dans des circonstances similaires aujourd’hui, comme la discrimination et la négligence des gouvernements (coloniaux) en place. Pourtant, nous ne semblons pas insister suffisamment sur la population sud-américaine ici aux Etats-Unis.

J’ai vécu en Argentine pendant plus de 3 ans et pendant que j’y étais, j’ai été témoin de beaucoup de manifestations indigènes au sujet de leur terre ancestrale et de leurs droits humains. Leur drapeau arc-en-ciel carré flottait au vent tandis qu’une personne harranguait la foule des manifestants en parlant dans un mégaphone orné de beaucoup d’autocollants. Des pancartes et banderoles foisonnaient où on pouvait lire de puissants slogans et les noms mal orthographiés des politiciens et des officiels du gouvernement, qui passent leur temps à ignorer leurs nombreuses requêtes.

Une réforme s’est produite en 1994, garantissant tous les titres légaux sur la terre aux peuples aborigènes. Ceci est en fait inscrit dans la constitution argentine. Et pourtant, ces gens continuent de faire face au manque de mise en application de ces lois et de l’inattention généralisée des gouvernements. Malgré ce que stipule la loi, les peuples indigènes sont complètement ignorés, traités comme des étrangers sur leur propres terres.

Une des premières choses que j’ai apprise en Argentine a été qu’en fait personne ne semble suivre les règles et les lois. Ceci vaut pour la très vaste majorité des pays d’Amérique du Sud. La corruption et un manque total de contrôle, font que les gens au pouvoir font exactement ce qu’ils veulent et ils créent leurs propres règles et règlementations au fur et à mesure. De plus, si vous vous faites prendre à faire quelque chose d’illégal, vous pouvez juste payer, acheter qui de droit. Pas de problème, c’est comme ça ici.

Au quotidien, le laxisme peut sembler parfait pour bien s’amuser, pour ceux qui voudrait par exemple tenir une bière à la main sur un trottoir aux Etats-Unis en fumant une cigarette, mais à plus grande échelle, ceci peut avoir de très sérieuses conséquences.

Après la conquête espagnole, le système de propriété foncière qui fut établi ne tint absolument pas compte des peuples indigènes, ce qui les laissa sans aucune protection légale et leurs territoires tombèrent dans les mains des expropriateurs locaux et des autorités. La destruction de leurs terres traditionnelles et de leur source de nourriture étaient une façon de les pousser hors de leurs terres dans des endroits de plus en plus isolés ou dans les villes (pour en faire un sous-prolétariat à exploiter)

C’est assez compliqué lorsque deux systèmes légaux existent dans un seul pays. Tandis que la société pré-existante croit en un système de tradition informelle oral fondé sur la culture et les pratiques coutumières depuis des temps historiques immémoriaux, les conquérants eux, pratiquent un processus bien plus formel et écrit, renforcé par des gouvernements bureaucratiques. Cela vous rappelle t’il quelque chose ?…

Les peuples indigènes croient que la terre est destinée à leur développement par une profonde relation spirituelle et que ceci est absolument non-transférable. Les Européens en revanche, voient la propriété foncière comme une richesse et un profit à faire dans le marché immobilier et de l’occupation commerciale des sols, et la propriété est parfaitement transférable.

Même si le pays a reconnu de manière supposée la présence d’une loi coutumière indigène dans la réforme qui vit le jour en 1994, le pays ne reconnaitra jamais sa multi-ethnicité car il n’y a pas de place pour ce concept dans la psychologie occidentale.

Ainsi, il a été dit 20 ans après la réforme que la loi constitutionnelle n’a pas dérivé de garanties légales claires. Afin de mettre fin aux expulsions en rapport aux droits territoriaux, la loi fut étendue jusqu’à 2013. Une étude fut menée par les Territorial Survey of Indigenous Communities, incluant la reconnaissance de terre, l’enregistrement de la propriété immobilière et foncière pour le titre des territoires ancestraux et de la surveillance des sols.

Malheureusement, ceci n’a causé que plus d’agitation à cause d’un manque de participation indigène et de conflits d’intérêts, ainsi la chambre a décidé d’étendre de nouveau la loi jusqu’à 2017. En fait le gouvernement passe son temps à la prolonger. Combien de temps encore va t’il continuer à ignorer ce problème ?

Que ce soit en Amérique du Sud ou du Nord, les peuples indigènes luttent pour gagner l’attention des masses et spécifiquement celle des entités gouvernementales sur des problèmes qui, pour certains, ont leurs racines dans des siècles d’histoire, peu de temps après l’invasion des territoires indigènes…

Jessica Carro a un Master in Arts et de journalisme d’enquête de l’université del Salvador de Buenos Aires en Argentine. Elle travaille comme journaliste indépendante et se spécialise principalemet sur l’Amérique du Sud. Elle vit à Jersey City dans le New jersey.

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Au sujet de la fête traditionnelle de “Thanksgiving” aux Etats-Unis ‘toujours célébrée le 4ème Jeudi du mois de Novembre) et de la fête de la “Journée d’action de grâce” au Canada” (célébrée le second Lundi du mois d’Octobre). La tradition coloniale nous dit que cette fête se célèbre en remerciement pour la dernière moisson et le partage avec les peuples autochtones. L’origine américaine remontant à 1621 en Nouvelle-Angleterre et ses pèlerins puritains.

La vérité mentionnée ici par l’auteure Jessica Caro est que la fête de Thanksgiving eut lieu durant une guerre entre les colons et les Indiens locaux (Pécots et Wampanoags) et que la célébration concernait en fait tout autant des réjouissances après des massacres que les colons perpétraient sur les Indiens.

A ce sujet voici un des récits succint de la vérité historique sur la fête de “Thanksgiving” décrite par Russell Means dans son autobiography “Where White Man Fears to Tread” (1995, page 176):

“La plupart des Américains savent que Massasoit, chef des Wampanoag, avait accueilli les pères pèlerins , et les très rarement mentionnées mères pèlerines, sur les côtes où lui et son peuple vivaient depuis des millénaires. Les Wampanoag ont appris aux colons européens comment faire mieux que survivre sur ce continent en leur montrant qu’on pouvait élever les animaux sauvages, le comment, où et pourquoi des cultures à planter et comment faire récoltes et moissons,comment faire sécher et préserver la nourriture recueuillie… A la mort de Massasoit, il fut remplacé par son fils Metacomet, que les colons appelèrent “le roi Philippe”. En 1675-76, pour montrer leur “gratitude” envers ce que le peuple de Massasoit avait fait pour leurs pères et leurs grand-pères, les puritains fabriquèrent un incident comme prétexte pour désarmer les Wampanoag. Les colons attaquèrent les indigènes avec des mousquets, des épées, des canons et des torches. La plupart des natifs incluant Matacomet furent massacrés. Sa femme et son fils furent vendus comme esclave vers les îles Caraïbes. Son corps fut écartelé, démembré et pendant 25 ans après le massacre, le crâne de Metacomet fut exposé sur une pique au dessus du village des colons blancs. Le véritable héritage des puritains de la Nouvelle-Angleterre est la trahison.
La plupart des Américains croient aujourd’hui que la fête de Thanksgiving célèbre une bonne récolte, mais cela n’est pas le cas. En 1970, les Wampanoag ont retourné une copie de la proclamation de Thanksgiving faite par le gouverneur de cette colonie. Le texte révéla l’horrible vérité: Après qu’une milice des colons s’en revint d’un raid de carnage et de meurtres d’hommes, de femmes et d’enfants dans un village indien, le gouverneur proclama un jour de congé et de festivités pour remercier d’avoir pu massacrer les Indiens. Il encouragea également les autres colonies à faire de même, en d’autres termes, chaque automne, après la rentrée de la moisson, allez tuer des Indiens et célébrer vos actions meurtrières par un festin.”