Archive pour Al CIAda syrie

Guerre impérialiste en Syrie: Al CIAda-Al Nousra se réorganise en Syrie sous l’égide du MI6 britannique…

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Réorganisation d’Al Qaïda en Syrie

 

Réseau Voltaire

 

29 janvier 2017

 

url de l’article:

http://www.voltairenet.org/article195103.html

 

Suite à la rencontre d’Astana au cours de laquelle le point de vue de la Turquie s’est rapproché de ceux de la Russie et de l’Iran, et de la rencontre de Moscou au cours de laquelle l’opposition pro-turque a discuté avec l’opposition républicaine, une guerre intestine se développe entre les groupes armés.

Dans ce contexte, Al-Qaïda a réorganisé ses forces et annoncé la création d’Hay’at Tahrir al-Sham (l’Assemblée pour la Libération du Levant).

Cette nouvelle dénomination regroupe Jabhat Fath al Sham (anciennement Front Al-Nousra), Harakat Nour Al-Din Al-Zanki (CIA), Liwa Al-Haqq, Ansar Al-Din et Jaysh Al-Sunnah (également lié à la CIA).

L’opération est soutenue par le MI6 qui a composé le logo de la nouvelle organisation (photo).

La nouvelle entité comprend diverses personnalités issues du Mouvement islamique des hommes libres du Sham (« Ahrar al-Cham »), sans que l’on sache pour le moment si ce groupe s’est scindé ou si ces personnalités annoncent son prochain ralliement. 
 le Saoudien cheikh Abdullah al-Muhaysini (l’ancien chef des « modérés » d’Alep-Est qui y présidait le Tribunal de la Charia), 
 Abu Yusuf Muhajir (ancien porte-parole militaire), 
 Abou Saleh Tahan (ancien n°2 de l’organisation).

Ahrar al-Cham est/était un groupe terroriste financé par l’Arabie saoudite et dont les relations sont déterminées par le Royaume-Uni. Son ministre des Affaires étrangères, Labib al-Nahhas, est un Britannique membre du MI6. Il circule librement en Europe et a publié il y a un an et demi une tribune libre dans le Washington Post.

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Résistance au Nouvel Ordre Mondial: Al Qaïda ce croquemitaine créé par la CIA

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La CIA l’Arabie saoudite et l’histoire inavouable d’al-Qaïda

 

Par Maxime Chaix

 

11 septembre 2016

 

url de l’article original:

http://maximechaix.info/?p=3605

 

Quinze ans après le 11-Septembre, alors que le Congrès vient d’autoriser les citoyens américains à poursuivre l’Arabie saoudite pour son rôle présumé dans ces attentats, la « guerre contre le terrorisme » lancée peu après l’effondrement des Tours jumelles ne trouve pas de conclusion. Dans ce contexte, un nombre croissant d’experts désignent le militarisme occidental dans le « Grand Moyen-Orient » comme un facteur majeur d’amplification de la menace terroriste. Or, une attention bien moindre a été accordée aux politiques clandestines de la CIA, des services secrets saoudiens et de leurs alliés, qui sont pourtant à l’origine de ce fléau. En effet, tout observateur avisé est au courant du rôle central de ces agences dans la création et l’essor d’al-Qaïda, depuis la campagne antisoviétique des années 1980 en Afghanistan jusqu’au soutien des groupes armés qui tentent de renverser Bachar el-Assad en Syrie. Plongée dans une période trouble et mécomprise de l’histoire récente des services spéciaux américains et de leurs principaux partenaires.

Après le scandale du Watergate, le Congrès impose à la CIA de sévères restrictions légales et budgétaires. En réponse, des officiers de l’Agence créent un réseau alternatif appelé le Safari Club, du nom d’une luxueuse résidence de vacances au Kenya où ses membres se réunissent. Comme l’a expliqué l’ancien diplomate canadien Peter Dale Scott dans son dernier ouvrage, L’État profond américain, « durant les années 1970, d’importants officiers actifs ou retraités de la CIA (…) étaient mécontents des réductions budgétaires menées sous le Président Carter par Stansfield Turner, le directeur de l’Agence. En réponse, ils organisèrent un réseau alternatif que l’on appelle le Safari Club. Supervisé par les directeurs des services secrets français, égyptiens, saoudiens, marocains et iraniens (alors sujets du Shah), le Safari Club était secondé à Washington par un “réseau privé de renseignement”, selon Joseph Trento. Ce réseau regroupait alors des officiers de l’Agence tels que Theodore Shackley et Thomas Clines, qui avaient été marginalisés ou renvoyés par le directeur de la CIA Stansfield Turner. Comme le prince [et ancien chef des services secrets saoudiens] Turki ben Fayçal l’expliquera plus tard, l’objectif du Safari Club n’était pas seulement l’échange de renseignements, mais également la conduite d’opérations clandestines que la CIA ne pouvait plus mener directement en raison du scandale du Watergate et des réformes qui s’ensuivirent. » Ainsi fut mise en place une sorte de « deuxième CIA » hostile au Président Carter, mais favorable à celui qui allait lui succéder, l’ancien gouverneur Ronald Reagan – un farouche opposant à l’apaisement entre les États-Unis et l’URSS.

 

Années 1980 : la BCCI, la « deuxième CIA » et la création de la future al-Qaïda

 

À cette époque, le Safari Club a besoin d’un réseau de banques pour financer ses opérations anticommunistes. Avec la bénédiction du directeur de la CIA George Bush sénior, le chef des services secrets saoudiens Kamal Adham transforme la banque BCCI en une véritable blanchisserie internationale d’argent sale. Toujours selon Peter Dale Scott, « dans les années 1980, le directeur de la CIA William Casey prit des décisions cruciales dans la conduite de la guerre secrète en Afghanistan. Toutefois, celles-ci furent élaborées hors du cadre bureaucratique de l’Agence, ayant été préparées avec les directeurs des services de renseignement saoudiens – d’abord Kamal Adham puis le prince Turki ben Fayçal. Parmi ces décisions, nous pouvons citer la création d’une légion étrangère chargée d’aider les moudjahidines afghans à combattre les Soviétiques. En clair, il s’agit de la mise en place d’un réseau de soutien opérationnel connu sous le nom d’al-Qaïda depuis la fin de cette guerre entre l’URSS et l’Afghanistan. Casey mit au point les détails de ce plan avec les deux chefs des services secrets saoudiens, ainsi qu’avec le directeur de la Bank of Credit and Commerce International (BCCI), la banque pakistano-saoudienne dont Kamal Adham et Turki ben Fayçal étaient tous deux actionnaires. Ce faisant, Casey dirigeait alors une deuxième Agence, ou une CIA hors canaux, construisant avec les Saoudiens la future al-Qaïda au Pakistan, alors que la hiérarchie officielle de l’Agence à Langley “pensait que c’était imprudent”. »

Massivement cofinancée par les pétrodollars des Saoud – dont ceux puisés dans les caisses noires des contrats d’armements gérées par leur ambassadeur à Washington, le prince Bandar ben Sultan –, l’opération de soutien au jihad afghan débouchera sur le renforcement des seigneurs de guerre extrémistes et des trafiquants d’opium et d’héroïne dans les années 1980. Dans un précédent ouvrage, qui avait été recommandé par le général d’armée (2S) Bernard Norlain lorsqu’il dirigeait la Revue Défense Nationale, Peter Dale Scott expliqua qu’« en mai 1979, [les services secrets pakistanais de l’ISI mirent] la CIA en contact avec Gulbuddin Hekmatyar, le seigneur de guerre afghan qui bénéficiait certainement du plus faible soutien dans son pays. [Islamiste radical,] Hekmatyar était aussi le plus important trafiquant de drogue moudjahidine, et le seul à avoir développé un complexe de six laboratoires de transformation de l’héroïne dans le Baloutchistan, une région du Pakistan contrôlée par l’ISI. Cette décision prise par l’ISI et la CIA discrédite l’habituelle rhétorique américaine selon laquelle les États-Unis aidaient le mouvement de libération afghan. En fait, ils soutenaient les intérêts pakistanais (et saoudiens) dans un pays face auquel le Pakistan ne se sentait pas en sécurité. Comme le déclara en 1994 un dirigeant afghan à Tim Weiner, un journaliste du New York Times, “nous n’avons pas choisi ces chefs de guerre. Les États-Unis ont créé Hekmatyar en lui fournissant des armes. À présent, nous souhaitons que Washington les lâche et leur impose de ne plus nous tuer, afin de nous protéger de ces gens.” » Finalement, au début de l’année 2002, Hekmatyar appellera à la « guerre sainte » contre les États-Unis depuis son lieu d’exil dans la capitale iranienne, avant de s’installer au Pakistan pour organiser des opérations anti-occidentales en Afghanistan.

 

Années 1990 : les pétrodollars saoudiens financent les talibans et al-Qaïda… avec l’appui des services américains

 

Dans les années 1990, les pétrodollars saoudiens et le discret soutien de la CIA, du MI6 et de l’ISI favoriseront l’émergence des talibans. En effet, d’après le chercheur et journaliste britannique Nafeez Ahmed, qui fut un consultant dans les enquêtes officielles sur les attentats du 11-Septembre et du 7-Juillet, « à partir de 1994 environ et jusqu’au 11-Septembre, les services de renseignement militaire américains [1] ainsi que la Grande-Bretagne, l’Arabie saoudite et le Pakistan, ont secrètement fourni des armes et des fonds aux talibans, qui abritaient al-Qaïda. En 1997, Amnesty International a déploré l’existence de “liens politiques étroits” entre la milice talibane en place, qui venait de conquérir Kaboul, et les États-Unis. (…) Sous la tutelle américaine, l’Arabie saoudite continuait de financer [l]es madrasas. Les manuels rédigés par le gouvernement américain afin d’endoctriner les enfants afghans avec l’idéologie du jihad violent pendant la guerre froide furent alors approuvés par les talibans. Ils furent intégrés au programme de base du système scolaire afghan et largement utilisés dans les madrasas militantes pakistanaises financées par l’Arabie saoudite et l’ISI (…) avec le soutien des États-Unis. »

 

Dans un monde où, pour citer le général de Gaulle, « les États n’ont pas d’amis [mais] que des intérêts », Nafeez Ahmed explique ces politiques clandestines de soutien aux talibans par le fait que « les administrations Clinton et Bush espéraient se servir [de ces extrémistes] pour établir un régime fantoche dans le pays, à la manière de leur bienfaiteur saoudien. L’espoir vain et manifestement infondé était qu’un gouvernement taliban assure la stabilité nécessaire pour installer un pipeline trans-afghan (TAPI) acheminant le gaz d’Asie centrale vers l’Asie du Sud, tout en longeant la Russie, la Chine et l’Iran. Ces espoirs ont été anéantis trois mois avant le 11-Septembre, lorsque les talibans ont rejeté les propositions américaines. Le projet TAPI a ensuite été bloqué en raison du contrôle intransigeant de Kandahar et de Quetta par les talibans ; toutefois, ce projet est désormais en cours de finalisation », mais visiblement sans la participation des supermajors occidentales. Rappelons alors que la multinationale californienne UNOCAL, qui a été absorbée par ChevronTexaco en 2005, négociait ce projet avec les talibans entre 1997 et le printemps 2001, avec le soutien du gouvernement des États-Unis. Or, le régime du mollah Omar protégeait Oussama ben Laden et ses hommes à cette époque.

 

Toujours dans les années 1990, les politiques clandestines de la CIA et de ses alliés britanniques, saoudiens et pakistanais favoriseront l’essor global d’al-Qaïda – une réalité documentée mais largement ignorée dans le monde occidental. Dans ce même article, Nafeez Ahmed rappelle que, « comme l’historien britannique Mark Curtis le décrit minutieusement dans son livre sensationnel, Secret Affairs: Britain’s Collusion with Radical Islam, les gouvernements des États-Unis et du Royaume-Uni ont continué de soutenir secrètement des réseaux affiliés à al-Qaïda en Asie centrale et dans les Balkans après la guerre froide, et ce pour les mêmes raisons que précédemment, à savoir la lutte contre l’influence russe, et désormais chinoise, afin d’étendre l’hégémonie américaine sur l’économie capitaliste mondiale. L’Arabie saoudite, première plateforme pétrolière du monde, est restée l’intermédiaire de cette stratégie anglo-américaine irréfléchie. »

 

Après les attentats contre les Tours jumelles et le Pentagone, la CIA durcira sa politique antiterroriste en détenant arbitrairement, en torturant et en liquidant des membres présumés ou avérés du réseau de Ben Laden dans le cadre de la « guerre globale contre le terrorisme ». Pourtant, « vers le milieu [des années 2000], l’administration Bush décida d’utiliser l’Arabie saoudite pour transmettre des millions de dollars à des jihadistes affiliés à al-Qaïda, à des extrémistes salafistes et à des islamistes des Frères musulmans. L’idée était de renforcer ces groupes à travers le Proche-Orient et l’Asie centrale, dans l’objectif de contrer et de refouler l’influence géopolitique de l’Iran chiite et de la Syrie. En 2007, [le grand reporter] Seymour Hersh lui-même rapporta en détail le déploiement de cette stratégie dans le New Yorker, citant un certain nombre de sources gouvernementales issues des milieux de la défense et du renseignement aux États-Unis et en Arabie saoudite. » Ainsi, l’administration Bush revendiquait alors une « guerre contre le terrorisme » tout en soutenant des groupes jihadistes par l’entremise des services saoudiens – une politique de guerre par procuration qui trouve ses origines en Afghanistan dans les années 1980, et qui sera imposée à la Syrie trois décennies plus tard.

 

Années 2010 : la CIA coordonne l’effort de guerre anti-Assad des pétromonarchies et de la Turquie

 

En janvier 2016, quarante ans après la création du Safari Club, le New York Times révéla que l’Arabie saoudite avait été « de loin » le principal financeur de la guerre secrète de la CIA en Syrie, baptisée « opération Timber Sycamore ». Ce journal cita le rôle majeur du prince Bandar ben Sultan dans celle-ci – alors qu’il dirigeait les services saoudiens entre juillet 2012 et avril 2014 –, tout en reconnaissant que cette opération de « plusieurs milliards de dollars » annuels avait conduit au renforcement des groupes jihadistes en Syrie, avec la complicité de la CIA. Selon le Times, « les efforts saoudiens [en Syrie] furent dirigés par le flamboyant prince Bandar ben Sultan, (…) qui demanda aux espions du royaume d’acheter des milliers [de mitrailleuses] AK-47 et des millions de munitions en Europe de l’Est pour les rebelles. La CIA a facilité certains [sic] de ces achats d’armements pour les Saoudiens, dont un vaste deal avec la Croatie en 2012. Durant l’été de cette même année, ces opérations semblaient être hors de contrôle à la frontière entre la Turquie et la Syrie, les nations du Golfe transmettant de l’argent et des armes à des factions rebelles – y compris à des groupes dont les hauts responsables américains craignaient qu’ils soient liés à des organisations extrémistes comme al-Qaïda. »

 

En réalité, malgré ces craintes à Washington, la CIA coordonnait clandestinement depuis le mois de janvier 2012 au moins deux réseaux d’approvisionnement en armes financés par les pétromonarchies du Golfe et la Turquie : une série de livraisons aériennes depuis les Balkans, qui a récemment fait l’objet d’une enquête approfondie du BIRN et de l’OCCRP confirmant le rôle central de la CIA dans ce trafic d’armes illégal ; et une autre voie d’approvisionnement maritime depuis la Libye, selon les révélations jamais démenties du journaliste d’investigation Seymour Hersh.

 

Ainsi, le New York Times confirma indirectement les propos de la parlementaire américaine Tulsi Gabbard. Trois semaines avant les attentats du 13-Novembre, elle avait dénoncé sur CNN le soutien clandestin d’al-Qaïda par la CIA sur le front syrien, critiquant le fait que l’Agence avait pour objectif de renverser Bachar el-Assad en soutenant des rebelles loin d’être aussi modérés qu’ils nous avaient été décrits jusqu’alors. Comme elle l’affirma durant cet entretien, « les États-Unis et la CIA doivent stopper cette guerre illégale et contreproductive pour renverser le gouvernement syrien d’Assad et doivent rester focalisés sur le combat contre notre ennemi réel, les groupes islamistes extrémistes. Car actuellement, nous voyons pourquoi cela est contreproductif : en œuvrant (…) pour renverser le gouvernement syrien d’Assad, nous [sommes] en train de renforcer nos ennemis, les islamistes extrémistes. »

 

Avant de donner de plus amples détails sur cette politique clandestine et ses conséquences, elle rappela qu’« il n’y pas eu de vote au Congrès pour autoriser l’usage de la force, pour autoriser une guerre visant à renverser un gouvernement souverain. Depuis que j’ai siégé [à la Chambre des Représentants], il n’y a eu aucun vote, y compris avant que je sois élue [en 2013]. Donc le peuple américain n’a pas eu l’opportunité de s’exprimer, d’approuver ou de désapprouver une telle guerre. Par conséquent, elle est illégale. » Il est fort probable que le caractère illicite de ces opérations explique pourquoi le Président Obama, l’ancienne secrétaire d’État Hillary Clinton et d’autres hauts responsables américains ont systématiquement occulté le rôle majeur de la CIA dans le conflit en Syrie, comme l’a récemment souligné le professeur à l’université Columbia Jeffrey D. Sachs.

 

Lors de cette interview sur CNN, Tulsi Gabbard expliqua également que cette guerre secrète « est contreproductive car actuellement, des armements américains vont dans les mains de nos ennemis, al-Qaïda et ces autres groupes, des groupes islamistes extrémistes qui sont nos ennemis jurés. Ce sont des groupes qui nous ont attaqués le 11-Septembre, et nous étions censés chercher à les vaincre, mais pourtant nous les soutenons avec ces armes pour renverser le gouvernement syrien. (…) Je ne veux pas que le gouvernement des États-Unis fournisse des armes à al-Qaïda, à des islamistes extrémistes, à nos ennemis. Je pense que c’est un concept très simple : vous ne pouvez vaincre vos ennemis si, en même temps, vous les armez et vous les aidez ! C’est absolument insensé pour moi. (…) Nous en avons discuté [avec des responsables de la Maison-Blanche,] à la fois durant des auditions [parlementaires] et à d’autres occasions, et je pense qu’il est important que les citoyens des États-Unis se lèvent et disent : “Regardez, nous ne voulons pas aller [en Syrie] et faire ce qui s’est passé avec Saddam Hussein, faire ce qui s’est passé en Libye avec Kadhafi, car ce sont des pays qui ont sombré dans le chaos et qui ont été conquis par des terroristes islamistes à cause des actions des États-Unis et d’autres [pays].” »

 

Interrogé quelques semaines après ces déclarations, [2] Nafeez Ahmed souligna que « la représentante Gabbard est une femme politique de premier plan au sein du Parti Démocrate », dont elle assurait la vice-présidence avant de rejoindre l’équipe de campagne de Bernie Sanders. Ce bon connaisseur des arcanes de Washington ajouta qu’elle dispose d’un « accès à des informations gouvernementales confidentielles relatives aux politiques étrangères et militaires des États-Unis, puisqu’elle siège dans deux importantes commissions parlementaires : la Commission de la Chambre des Représentants sur les Forces armées et celle concernant les Affaires étrangères. De ce fait, ses critiques visant les politiques clandestines de l’administration Obama en Syrie sont à prendre très au sérieux. »

 

Surpris que les déclarations de Tulsi Gabbard n’aient pas suscité d’indignation nationale aux États-Unis, Nafeez Ahmed ajouta que « son témoignage sur CNN, loin d’être une “théorie du complot” infondée, confirme le soutien de la CIA en faveur de groupes affiliés à al-Qaïda en Syrie – qui s’opère principalement par l’entremise de nos partenaires régionaux tels que les États du Golfe et la Turquie. » Ces actions clandestines étant aujourd’hui de notoriété publique, elles soulèvent des questions dérangeantes sur la façon dont les intérêts géostratégiques court-termistes des États-Unis et de leurs alliés continuent de menacer la sécurité nationale de nos démocraties, et de déstabiliser un nombre croissant de pays. Finalement, moins d’une semaine après les attentats du 13-Novembre, Tulsi Gabbard déposa une proposition de loi, dont le but est de « stopper immédiatement la guerre illégale et contreproductive visant à renverser le gouvernement syrien d’el-Assad », cette initiative n’ayant toujours pas été débattue ni votée à la Chambre des Représentants.

 

Comment les opérations de la CIA et de leurs alliés saoudiens échappent au contrôle du Congrès

 

L’article du New York Times cité précédemment souligna aussi l’importance des chefs de station de la CIA en Arabie saoudite, qui y sont décrits comme étant « le véritable lien » entre Washington et Riyad depuis plusieurs décennies. Le Times fit remonter les origines de cette relation opaque et fusionnelle à la création du Safari Club. En mobilisant des fonds étrangers dans les années 1980, ce réseau a permis de financer les opérations clandestines de la CIA en Angola, au Nicaragua et en Afghanistan tout en échappant à la supervision du Congrès américain. Un tel système de financement sera adopté dès 2012 dans la guerre en Syrie, cette institution ne pouvant contrôler ce que le Washington Post a décrit en 2015 comme un « vaste effort [anti-Assad] de plusieurs milliards de dollars impliquant [la CIA,] l’Arabie saoudite, le Qatar [,] la Turquie » et leurs alliés, à travers l’« une des plus grandes opérations clandestines » de l’Agence. Conformément à la doctrine du « déni plausible », les financements extérieurs qu’elle mobilise ne sont pas soumis à la supervision du Congrès, qui ne peut exercer son contrôle sur les activités et les budgets des services spéciaux étrangers. Il en résulte que les États-Unis peuvent aisément rejeter la faute de l’essor des groupes extrémistes en Syrie sur leurs alliés du Proche-Orient, alors que la CIA soutient activement leurs opérations depuis les « MOC » (Military Operations Centers), des bases secrètes en Turquie et en Jordanie depuis lesquelles ont été livrées des milliers de tonnes d’armement aux milices anti-Assad, y compris les plus extrémistes.

 

Si les politiques imposées depuis quarante ans par les maîtres-espions américains et saoudiens recèlent encore bien des secrets, il ne fait plus de doute qu’elles ont grandement favorisé la création et l’internationalisation des réseaux jihadistes qui menacent dorénavant la paix mondiale. Comme l’avait expliqué Yves Bonnet, l’ancien responsable « de la Direction de la surveillance du territoire (DST) (…), la CIA et l’Arabie saoudite ont créé de toutes pièces le terrorisme messianique dont se réclament Al-Qaïda et Daesh. » Et pour citer à nouveau Nafeez Ahmed, « les réseaux moudjahidines afghans ont été formés et financés sous la supervision de la CIA, du MI6 et du Pentagone. Les États du Golfe ont apporté des sommes d’argent considérables, tandis que l’Inter-Services Intelligence (ISI) pakistanais a assuré la liaison sur le terrain avec les réseaux militants coordonnés par [Abdullah] Azzam, [Oussama] ben Laden et [leurs complices]. L’administration Reagan a par exemple fourni 2 milliards de dollars aux moudjahidines afghans, complétés par un apport de 2 milliards de dollars de l’Arabie saoudite. »

 

Après avoir rappelé ces faits bien connus, Nafeez Ahmed remet en cause une idée fausse qui a été continuellement reprise par une grande majorité d’experts et de journalistes occidentaux depuis le 11-Septembre : « Selon la croyance populaire, cette configuration désastreuse d’une collaboration entre l’Occident et le monde musulman dans le financement des extrémistes islamistes aurait pris fin avec l’effondrement de l’Union soviétique. Comme je l’ai expliqué lors d’un témoignage au Congrès un an après la sortie du rapport de la Commission du 11-Septembre, cette croyance populaire est erronée. (…) Un rapport classifié des services de renseignement américains, révélé par le journaliste Gerald Posner, a confirmé que les États-Unis étaient pleinement conscients du fait qu’un accord secret avait été conclu en avril 1991 entre l’Arabie saoudite et Ben Laden, alors en résidence surveillée. Selon cet accord, Ben Laden était autorisé à quitter le royaume avec ses financements et partisans et à continuer de recevoir un soutien financier de la famille royale saoudienne à la seule condition qu’il s’abstienne de cibler et de déstabiliser le royaume d’Arabie saoudite lui-même. Loin d’être des observateurs distants de cet accord secret, les États-Unis et la Grande-Bretagne y ont participé activement. »

Dans le dernier livre de Peter Dale Scott, cet accord d’avril 1991 entre Ben Laden et la famille royale saoudienne est corroboré en citant le livre lauréat du prix Pulitzer de Lawrence Wright sur al-Qaïda et le 11-Septembre. D’après d’autres sources crédibles, cette entente aurait été renouvelée en 1995, selon Anthony Summers, puis en 1998, selon Ahmed Babeeb. Parallèlement, d’après l’ancien diplomate et officier consulaire américain à Djeddah Michael Springmann, « la CIA transféra [des moudjahidines ayant combattu en] Afghanistan vers les Balkans, l’Irak, la Libye et la Syrie en leur accordant des visas US illégaux » – affirmant avoir découvert que le consulat dans lequel il travaillait était en fait une « base de la CIA ».

 

Au vu des éléments étudiés dans cet article, loin d’être la nébuleuse insaisissable qui nous est décrite dans les médias occidentaux, le réseau d’al-Qaïda a été utilisé par les services spéciaux américains et leurs partenaires y compris après la guerre froide, afin de remplir différents objectifs géostratégiques inavouables. Comme nous l’avons analysé, il s’agit de faits corroborés qui nous permettent, quinze ans après le 11-Septembre, de mesurer à quel point ces politiques clandestines de la CIA et de leurs alliés sont hors de contrôle. Les informations montrant que les forces soutenues par l’Agence en Syrie combattent celles qui appuient les opérations du Pentagone sur le terrain en sont une illustration édifiante.

 

La « guerre contre le terrorisme » : une guerre perpétuelle, lucrative (et mondiale ?)

 

Ainsi, une étude approfondie de l’histoire d’al-Qaïda indique que l’essor global du jihad armé découle essentiellement des relations troubles entre les responsables de la CIA et leurs homologues saoudiens, dont le royaume est décrit par de nombreuses sources autorisées comme le principal sponsor des organisations islamistes à travers le monde. Du jihad afghan au takfir syrien, des actions clandestines de la CIA massivement cofinancées par les pétrodollars saoudiens ont donc renforcé la nébuleuse al-Qaïda jusqu’à présent, et ce malgré le 11-Septembre, la mal-nommée « guerre contre le terrorisme », et les récents attentats ayant frappé les populations occidentales. Comme nous l’avons étudié, ces opérations de la CIA ont été bien souvent déléguées aux services saoudiens et à d’autres partenaires étrangers, ce qui explique pourquoi il est si difficile de comprendre le jeu dangereux de l’Agence vis-à-vis du terrorisme islamiste.

Peu traitée dans les médias, l’histoire inavouable d’al-Qaïda doit être expliquée à l’opinion publique car, comme le démontre la tragédie syrienne, les leçons du jihad afghan n’ont visiblement pas été retenues par nos dirigeants. Ainsi, de nouvelles catastrophes liées au terrorisme sont à craindre dans le monde occidental, notamment du fait du retour de Syrie des combattants extrémistes dans leurs pays d’origine. Hélas, dans un contexte de guerre perpétuelle qui génère annuellement des milliards de dollars de profits pour les multinationales de l’énergie, de l’armement, du mercenariat et du renseignement privé, les dirigeants occidentaux ont-ils la volonté de stopper ces interventions et de redéfinir une stratégie proche-orientale moins militarisée, mais certainement plus constructive ? Après quinze années d’une « guerre contre le terrorisme » qui a considérablement amplifié cette menace, qui a favorisé une privatisation massive des opérations militaires, et qui aurait engendré la mort de plus d’un million de personnes rien qu’en Irak, en Afghanistan et au Pakistan, cette question dérangeante mérite d’être posée.

 

Enfin, concernant le casus belli qui a légitimé cette guerre perpétuelle, une interrogation tout aussi perturbante subsiste. En effet, les principaux accusés des attentats du 11-Septembre n’ont toujours pas été jugés par les tribunaux militaires de Guantánamo. Bien que les aveux extirpés sous la torture sont juridiquement irrecevables, il n’en demeure pas moins que le plus grand crime de l’Histoire moderne des États-Unis n’a encore jamais fait l’objet d’un quelconque procès. Or, le Congrès américain vient d’autoriser les familles des victimes de ces événements à poursuivre l’Arabie saoudite en justice pour son rôle présumé dans ces attaques – malgré le veto du Président Obama, qui empêchera la promulgation de cette loi. Dans ce contexte, au vu de la relation fusionnelle entre le royaume des Saoud et la CIA, cette analyse écrite par Jean-Pierre Chevènement en 2004 est encore plus pertinente aujourd’hui : « la propagation du terrorisme islamiste, certes regrettable, fournit aussi un alibi idéal à l’entreprise de recolonisation du Moyen-Orient et de domination mondiale, à l’échelle d’un “nouveau siècle américain”, dans laquelle s’est lancée l’administration de George W. Bush. L’histoire du retournement des milices wahhabites d’Oussama ben Laden contre les États-Unis, qui les avaient soutenus contre l’URSS en Afghanistan, comporte tant de zones d’ombres qu’on peut se demander si la coopération très étroite entre la CIA et les services secrets saoudiens du prince Turki, congédié seulement quinze jours avant le 11-Septembre, n’éclairerait pas utilement les circonstances d’un événement qui a ouvert une page nouvelle dans l’histoire des relations internationales : comme Athéna sortant tout armée de la cuisse de Jupiter, la “Quatrième Guerre mondiale” a été décrétée ce jour-là. » [3]

 

Maxime Chaix

 

Notes

 

[1]. J’ai demandé à Nafeez Ahmed ce qu’il signifiait par « services de renseignement militaire », une expression qu’il emploie fréquemment. En réalité, il fait référence aux branches paramilitaires des services spéciaux agissant dans le cadre d’opérations clandestines, comme celles de la CIA, du MI6, de l’ISI (etc.), et qui sollicitent parfois l’appui des forces spéciales et des services de renseignement militaire.

 

[2]. Je réalisais alors une interview écrite de Nafeez Ahmed, qui n’a jamais vu le jour en raison des attentats du 13-Novembre et de la surcharge de travail que ce drame avait engendrée pour lui et moi.

 

[3]. Hyperlien et accentuation ajoutés.

Guerre impérialiste en Syrie: Les Etats-Unis arment Al Qaïda en Syrie via la Roumanie, la Bulgarie, la Turquie et la Jordanie

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Les Etats-Unis violent le cessez le feu en Syrie et arment Al Qaïda

 

Réseau Voltaire

 

25 Avril 2016

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article191450.html

 

Le 7 avril 2016, Jane’s révélait que la US Navy Military Sealift Command avait lancé, en 2015, deux appels d’offres pour transporter des armes du port roumain de Constanta vers le port jordanien d’Aqaba [1].

Les armes qui ont pu être identifiées ont été fabriquées en Bulgarie, ce qui confirme l’enquête précédente de Balkan Investigative Reporting Network [2] et la notre [3].

L’appel d’offres a été remporté par Transatlantic Lines et effectué par le cargo Geysir (IMO : 7710733).

La première cargaison a quitté la Roumanie le 5 décembre 2015 et a été livrée pour moitié à Taşucu (Turquie), et pour moitié à Aqaba (Jordanie). Elle se composait au total de 117 containers, pour 2 007 tonnes. Soit, outre des Kalachnikov et des mitrailleuses, environ 50 lance-missiles Faktoria, entre 796 et 854 missiles, et 162 tonnes d’explosifs.

Le choix des missiles anti-tanks Faktoria s’explique par leur ressemblance avec ceux qu’utilisent l’Armée arabe syrienne, les 9K111 Fagots ATGW dont ils sont une version améliorée, de sorte que l’on puisse accuser celle-ci de divers crimes qu’elle n’a pas commis.

On vient d’apprendre que la seconde livraison, qui était plus importante que la première, a quitté la Roumanie le 28 mars 2016 et a été livrée le 7 avril, c’est-à-dire le jour de la publication de l’article de Jane’s.

Par conséquent, les États-Unis ont eux-même violé la cessation des combats signée le 12 février 2016. Ils ont profité de la naïveté de la Russie et de la Syrie pour réarmer les groupes jihadistes, exactement comme ils l’avaient fait, début 2012, durant la Mission d’observation de la Ligue arabe, puis durant celle des Nations unies.

Les armes ont été remises par le Pentagone, soit directement, soit via l’armée turque, à des groupes qualifiés de « modérés », c’est-à-dire participant simultanément aux négociations de paix de Genève.

Selon les observateurs sur place, y compris ceux qui sont opposés à la République arabe syrienne, ces groupes qui se coordonnent sur le champ de bataille avec Al-Qaïda, remettent systématiquement la moitié des armes qu’ils reçoivent à l’organisation terroriste internationale. Ce sont donc bien principalement les États-Unis qui arment Al-Qaïda, exactement comme ce sont les États-Unis qui ont principalement armé Daesh, notamment en 2014, en organisant « l’abandon » des armes qu’ils venaient de livrer à l’Armée irakienne.

[1] “US arms shipment to Syrian rebels detailed”, Jeremy Binnie & Neil Gibson, Jane’s, April 7th, 2016.

[2] “War Gains : Bulgarian Arms Add Fuel to Middle East Conflicts”, Maria Petkova, Balkan Investigative Reporting Network, December 21, 2015.

[3] « Comment la Bulgarie a fourni des drogues et des armes à Al-Qaïda et à Daesh », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 janvier 2016.

Géopolitique globale: Comprendre le lien entre l’intervention russe en Syrie, Al CIAda, l’Ukraine et l’implosion programmée de la zone Euro…

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La guerre secrète de la Russie contre la CIA en Syrie

La Russie cible des groupes d’Al Qaïda soutenus par les Etats-Unis, leur “opposition modérée”…

 

Gordon Duff

 

2 Octobre 2015

 

url de l’article original:

http://www.veteranstoday.com/2015/10/02/russias-secret-war-on-the-cia-in-syria/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Ce matin Fox News a rapporté l’intention du Pentagone de formuler une stratégie pour bloquer la campagne de bombardement de la Russie autour de la ville d’Idlib, près de la frontiere de la Syrie avec la Turquie. Des éléments clef américains y sont massacrés, pas des “rebelles modérés”, mais clairement, comme le dit le Pentagone, des djihadistes importants soutenus par les Etats-Unis et combattant le président Assad.

Des leaders militaires d’expérience ainsi que des officiels de la défense américains débattent afin de savoir si la force militaire devrait être employée pour protéger les rebelles syriens soutenus par Washington, qui sont en train d’être attaqués par les raids aériens russes ces derniers jours.

L’agence Associated Press a rapporté vendredi que la question faisait partie d’un débat plus vaste au sein du Pentagone, débat ayant pour sujet le comment le gouvernement et l’administration devraient répondre à ce que le secrétaire de presse de la Maison Blanche Josh Earnest a décrit comme “des opérations militaires sans discrimination contre l’opposition syienne” de la part de la Russie.

Le problème est le suivant: les “éléments” américains en Syrie sont Al Qaïda, le groupe Jabbhat al Nosra, qui contrôle complètement cette région de la Syrie et qui s’étend au-delà en Turquie, car ils ont vaincus ceux que l’on appelle les “rebelles modérés” et une douzaine de groupes en émanant et ce plus tôt en 2015.

La campagne de bombardement des Etats-Unis en Syrie a soigneusement évité Al Nosra. La presse elle-même évite de les mentionner, alors qu’ils sont responsables de plus de morts civiles, estimées à environ 150 000, que les autres groupes terroristes. Il y a une raison à cela. On peut voir Al Nosra ici bombarder des villes syriennes en état de siège en utilisant des obus chimique au gaz sarin.

~ Voir vidéo dans l’article original ~

AQES ou Al Qaïda en Syrie est constitué essentiellement de combattants étrangers recrutés par la CIA, envoyés en Turquie, entraînés par l’Arabie Saoudite et le Qatar avec le soutien logistique permanent du régime islamiste d’Erdogan à Ankara.

L’attaque aérienne russe d’aujourd’hui sur un centre de commandement d’Al Qaïda n’a pas tué beaucoup de leaders d’Al Qaïda mais pas mal d’officiers qataris, saoudiens et turcs, plus d’une douzaine, probablement plus, d’après les unités de reconnaisse syriennes qui évoluent dans la région.

Le poste de commandement a été touché par les attaques d’un Su34 armé de bombes conventionnelles anti-bunkers. Ce centre de commandement, construit par des ingénieurs turcs en 2013, sous environ 12m de roches, 3 ètages en profondeur était capable de soutenir jusqu’à 300 combattants étrangers et leurs commandants turcs.

Le complexe de bunkers touché aujourd’hui n’est pas dissemblable de ces complexes qu’Al Qaïda était supposé avoir en Afghanistan et pour lesquels les Etats-Unis ont envahi ce pays et doivent toujours les y trouver 15 ans plus tard…
La Russie ment vraiment, elle n’est pas honnête, en bombardant Al Nosra et en les étiquetant EIIL. Al Nosra est 10 fois pire que l’EIIL. En profitant de leur artillerie lourde, d’un approvisionnement sans limites en munition de la Turquie, de convois entiers de camions d’armes modernes américaines comprenant des missiles TOW anti-chars and Stinger sol-air, de havres de paix dans des bases en Turquie et un financement sans limites ni fin en provenance du Qatar et de l’Arabie Saoudite, le front Al Nosra s’est engagé dans la massacre sytématique du peuple syrien.

L’intérêt de la Russie dans le front Al Nosra réside dans le partenariat de ce groupe avec les groupes extrémistes en ukraine. Les Djihadistes d’Al Nosra, plus de 3000, servent actuellement en Ukraine et sont responsables de la plupart des violations des accords de Minsk. Le régime de Kiev s’est volontairement rangé du côté d’Al Qaïda (NdT: parce qu’Al Qaïda en réalité est Al CIAda et ce depuis le départ dans les années 1980…) et ce faisant, bénéficie des coffres ouverts et généreux de la CIA, de containers d’argent liquide utilisés pour corrompre le régime de Kiev tout en achetant les gouvernements dans des pays comme la Roumanie, la Georgie, la Bulgarie et l’Azerbaïdjan, qui tous ont fourni des bases pour les groupes terroristes d’Al Qaïda, groupes dont la cible est l’Europe occidentale.

Ceci est “Gladio No2” (NdT: comme nous l’avions dit précédemment, Duff et VT ne font que confirmer ce que nous avions pressenti avec d’autres il y a quelque temps déjà…)

Tous les réfugiés qui affluent vers l’Europe proviennent des zones de Syrie sous contrôle combiné de la Turquie et d’Al Nosra/Al Qaïda. Gladio 2 nous dit-on, dont l’objectif est l’explosion de la zone Euro est de mettre en place des gouvernements d’extrème-droite “néo-nationalistes” à travers l’Europe.

 

Mais une fois de plus, faut pas être sorti de St Cyr pour piger cela non ?

Ingérence occidentale en Syrie: Officiel ! La CIA arme les « rebelles syriens »

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Pont aérien de la CIA pour armer les “rebelles syriens”

 

Manlio Dinucci

 

29 Mars 2013

 

url de l’article:

http://www.voltairenet.org/article178002.html

 

La main droite des États-Unis ne voit pas ce que fait sa main gauche. Alors que le secrétaire d’État John Kerry déclare à qui veut l’entendre que Washington ne livre pas d’armes aux Contras qui attaquent la Syrie, une enquête du New York Times montre qu’au contraire, c’est la CIA qui organise le trafic.

Dans la guerre secrète en Syrie, on découvre désormais les cartes. Après que le centre de Damas a été touché par des projectiles de mortier et des missiles qui ont tué plusieurs civils, le commandant « rebelle » Abou Omar, revendiquant le mérite de l’action, a déclaré au New York Times que « les groupes rebelles autour de Damas ont été renforcés par de nouvelles fournitures d’armes à travers la Jordanie avec l’assistance américaine » [1]. Une enquête de ce même journal confirme ce que nous écrivons depuis longtemps : l’existence d’un réseau international, organisé par la CIA, à travers lequel un flux croissant d’armes arrive aux « rebelles syriens » [2].

Depuis des centres opérationnels appropriés, des agents de la CIA pourvoient à l’achat d’armes avec des financements (de l’ordre de milliards de dollars) concédés principalement par l’Arabie saoudite, le Qatar et autres monarchies du Golfe ; ils organisent ensuite le transport des armes en Turquie et Jordanie à travers un pont aérien, puis les font enfin parvenir, à travers la frontière, aux groupes en Syrie, déjà entraînés dans les camps installés à cet effet en territoire turc et jordanien.

Depuis que l’opération a commencé en janvier 2012, au moins 3 500 tonnes d’armes, selon une estimation par défaut, ont ainsi été transportées par pont aérien. Les premiers vols ont été effectués, par des avions militaires de transport C-130, du Qatar en Turquie. Depuis avril 2012 ont été utilisés de gigantesques avions cargos C-17, fournis par le Qatar, qui ont fait la navette entre la base aérienne d’Al-Udeid et celle turque d’Esenboga. Détail non négligeable : la base aérienne qatarie d’Al-Udeid abrite le quartier général avancé de l’US Central Command, avec un personnel de plus de 10 000 militaires, et fonctionne comme hub pour toutes les opérations au Proche-Orient. Dans ses dépôts sont stockés des armes de tous types, y compris certainement aussi celles non made in USA, plus adaptées pour les opérations secrètes. Depuis octobre 2012, des avions jordaniens C-130 ont atterri dans la base turque d’Esenboga, pour charger des armes à transporter à Amman pour les « rebelles syriens ».

En même temps, des avions cargos jordaniens ont commencé à faire la navette avec Zagreb, en transportant à Amman des matériels d’arsenaux croates achetés avec les financements saoudiens. Pour cette opération on utilise de gigantesques avions Iliouchine de la Jordanian International Air Cargo. Depuis le mois de février 2013, aux vols des avions cargos qataris et jordaniens se sont ajoutés des saoudiens, effectués par des C-130 qui atterrissent sur la base turque d’Esenboga.

Malgré les démentis de Zagreb, l’enquête a amplement documenté l’engagement de la Croatie dans ce trafic international d’armes, dirigé par la CIA. Un acte méritoire pour la Croatie qui, pour son rôle dans la désagrégation de la Yougoslavie, a été récompensée par son admission dans l’Otan en 2009. À présent, en participant à l’opération pour la désagrégation de la Syrie, elle acquiert de nouveaux mérites aux yeux de Washington. Et ceci à la veille de son admission dans l’Union européenne, dont elle deviendra le 28e membre en juillet prochain. Elle pourra ainsi joindre sa voix à celle de l’Union européenne qui, tandis qu’elle renforce l’embargo des armes à l’égard du gouvernement syrien, déclare vouloir « atteindre une solution politique qui permette d’arrêter le massacre et autorise la fourniture d’aides humanitaires rapides et efficaces, avec une attention particulière pour les enfants ».

 

[1] Syrian Rebels Hit Central Damascus Square With Mortar Shells, par Anne Barnard, The New York Times, 25 mars 2013.

[2] « Arms Airlift to Syria Rebels Expands, With Aid From C.I.A. », par C. J. Chivers and Eric Schmitt, The New York Times, 24 mars 2013.

 

Traduction 
Marie-Ange Patrizio

Source 
Il Manifesto (Italie)

 

 

Ingérence occidentale en Syrie: L’occident perd pied avec leur propre création d’opposition…

Posted in actualité, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, politique française, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 23 décembre 2012 by Résistance 71

La Russie dit que l’occident perd son influence sur l’opposition syrienne

 

Press TV

 

Le 23 Décembre 2012,

 

url de l’article original:

http://www.presstv.ir/detail/2012/12/23/279624/west-losing-influence-in-syria-russia/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

La Russie dit que l’occident a échoué dans sa tentative d’avoir suffisament de contrôle sur la coalition de l’opposition syrienne nouvellement formée et a mis en garde contre la répétition de l’intervention militaire en Libye.

“Je pense que les sponsors occidentaux de cette coalition sont déjà en train de perdre leur influence sur celle-ci”, a dit le ministre des affaires étrangères russe Sergueï Lavrov à des journalisres à Moscou Samedi.

La coalition nationale syrienne pour des forces révolutionnaires et d’opposition a été introduite en Novembre et a été de suite reconnue par les gouvernements occidentaux et arabes ainsi que par la Turquie, comme étant le seul représentant légitime du peuple syrien.

Lavrov a dit qu’il pensait que l’occident ne désirait pas vraiment intervenir dans le conflit en Syrie et qu’ils “priaient pour que la Russie et la Chine continuent de bloquer la permission pour une intervention externe” dans la nation arabe.

“Parce que si une telle décision est preise, ils devront agir et personne n’est prêt à agir”, a t’il déclaré.

Lavrov a répété l’opposition de Moscou à toute intervention étrangère en Syrie, rappelant les résolutions du conseil de sécurité de l’ONU utilisées comme prétexte pour lancer une attaque militaire contre la Libye en 2011.

 

“Nous sommes convaincus que le conseil de sécurité de l’ONU ne dit pas prendre plus de décisions ambigues après que nos partenaires se soient comportés de façon si abominable au sujet de la résolution au sujet de la  Libye”, a t’il insisté.

L’occident a été critique sur la Russie et la Chine pour avoir utilisé leur pouvoir de veto au conseil de sécurité pour bloquer trois résolutions de sanctions qui visaient à resserrer le nœud coulant autour du cou du gouvernement syrien du président Bachar Al-Assad.

Vendredi, Lavrov a dénoncé les pays occidentaux pour supporter les militants combattant les forces syriennes. “Nos collègues occidentaux ont commencé à diviser les terroristes entre les ‘mauvais’ et les ‘acceptables’. Ceci est très dangereux”, a t’il dit.

La Syrie expérimente des troubles meurtriers depuis Mars 2011. Beaucoup de personnes, incluant un grand nombre de personnels des forces armées et de sécurité ont été tuées dans les violence.

Damas dit que le chaos est orchestré depuis l’extérieur de la nation, tandis que de nombreux rapports indiquent qu’un très grand nombre de militants anti-gouvernementaux opérant en Syrie, sont des étrangers.

Ingérence impérialiste en Syrie: Le grand cirque de l’Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord, esclave de l’empire anglo-américano-sioniste…

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La saga des armes chimiques syriennes: Un désastre humanitaire orchestré par les Etats-Unis et l’OTAN ?

 

Par Michel Chossudovsky

 

Le 17 Décembre 2012,

 

url de l’article original:

http://www.mondialisation.ca/la-saga-des-armes-chimiques-syriennes-un-desastre-orchestre-par-les-etats-unis-et-lotan/5315742

 

Inspiré du discours sur les armes de destruction massive (ADM) de Saddam Hussein, la ruse propagandiste concernant la présumée menace des armes chimiques syriennes se développe depuis plusieurs mois.

D’une même voix et sans preuves, les médias occidentaux suggèrent qu’un président Bachar Al-Assad « désespéré » et « frustré » prévoit utiliser des armes chimiques mortelles contre son propre peuple. La semaine dernière, des représentants étasuniens ont révélé à NBC News que « l’armée syrienne a chargé des bombes de gaz neurotoxiques et attend les derniers ordres d’Al-Assad ».

Les gouvernements occidentaux accusent maintenant la Syrie d’avoir un plan diabolique ordonné par le chef d’État syrien. Entre-temps, l’hyper médiatisation est passée à la vitesse grand V. De faux reportages sur les ADM syriennes sont introduits dans le réseau médiatique, rappelant les mois précédant l’invasion de l’Irak en mars 2003.

Le consensus médiatique qui se développe est que « le régime du chef d’État syrien Bachar Al-Assad semble à son crépuscule » et la « communauté interrnationale » a la responsabilité d’aller secourir le peuple syrien afin de prévenir un désastre humanitaire.

« [L]’Occident craint de plus en plus que la Syrie, dans un ultime geste de désespoir, lance des armes chimiques »

Des reportages récents indiquent que le gouvernement assiégé de la Syrie a commencé à préparer l’utilisation d’armes chimiques [contre le peuple syrien]. Après deux ans de guerre civile et plus de 40 000 morts, les événements en Syrie pourraient atteindre une apogée sanglante. (WBUR, 11 décembre 2012.)

La Syrie (2012) comparée à l’Irak (2003)

Les critiques antiguerre ont abondamment souligné les similitudes avec le subterfuge des ADM irakiennes, qui consistait à accuser le gouvernement de Saddam Hussein de posséder des armes de destruction massive. La menace présumée d’ADM a ensuite été utilisée pour justifier l’invasion de l‘Irak en mars 2003.

Dans la foulée de l’invasion, le stratagème des ADM d’Irak a été reconnu comme pure fabrication, le président George W. Bush et le premier ministre Tony Blair reconnaissant qu’il s’agissait en fait d’une « grave erreur ». Récemment, l’archevêque Desmond Tutu, récipiendaire du prix Nobel de la paix, a réclamé que les menteurs Blair et Bush subissent un procès à la Cour pénale internationale de La Haye.

La saga des ADM syriennes contraste avec celle d’Irak. Le but n’est pas de « justifier » une guerre humanitaire totale contre la Syrie en employant les armes chimiques comme prétexte.

Une évaluation des planifications militaires alliées ainsi que la nature de l’appui des États-Unis et de l’OTAN aux forces de l’opposition suggèrent une approche différente de celle adoptée avec l’Irak (2003) et la Libye (2011).

L’objectif est, en effet, de diaboliser Bachar Al-Assad mais à ce stade-ci le but n’est pas de mener une guerre totale de type « choc et stupeur » contre la Syrie impliquant une véritable campagne aérienne. Dans les conditions actuelles, agir de la sorte serait extrêmement risqué. La Syrie possède un système de défense aérienne sophistiqué, équipé de missiles russes Iskander (voir l’image) ainsi qu’une force terrestre considérable. Une opération militaire occidentale pourrait aussi mener à une réaction de la Russie, détenant une base navale dans la ville portuaire de Tartous au sud de la Syrie.

Par ailleurs, des forces iraniennes du corps des Gardiens de la révolution (GRI) sont sur le terrain en Syrie et des conseillers militaires russes sont impliqués dans la formation de l’armée syrienne.

Récemment, en réponse au déploiement en Turquie de missiles Patriot fabriqués aux États-Unis, la Syrie a reçu la livraison de missiles russes Iskander plus perfectionnés, les Mach 6-7. La Syrie possède déjà les Iskander-E, moins sophistiqués et le système de missiles antiaériens Pechora-2M (voir la vidéo ci-dessous)

Guerre non conventionelle

À ce stade, malgré la supériorité militaire des États-Unis et de l’OTAN, une opération militaire en règle n’est pas envisagée pour les raisons mentionnées ci-dessus.

La guerre non conventionnelle demeure la méthode privilégiée. Des reportages confirment que les opérations militaires menées par l’OTAN consisteraient principalement à appuyer les forces rebelles, leur structure de commandement, leurs systèmes de communication, leur recrutement, leur formation et à leur transférer des armes plus perfectionnées. Une partie de ce projet, dont la formation des rebelles, est accomplie par des entreprises privées de mercenaires.

Il se pourrait que l’on envisage une campagne de bombardements aériens limitée et sélective en appui aux rebelles en utilisant comme prétextel’existence d’armes chimiques syriennesstockées dans des bunkers. Cette opération serait toutefois risquée vu la capacité de défense aérienne de la Syrie.

Un programme militaire coordonné caractérisé par un « appui naval et aérien en plus d’une formation militaire pour l’opposition » était l’ordre du jour d’une récente réunion « semi-secrète » à Londres, présidée par le général Sir David Julian Richards, chef d’état-major de la Défense britannique.

Les chefs militaires de la France, de la Turquie, de la Jordanie, du Qatar, des Émirats arabes unis et des États-Unis ont participé à la réunion de Londres. Aucune autre information n’a été rendue publique. (Voir Felicity Arbuthnot,  Secret Meetings in London Plotting to Wage War on Syria without UN Authorization, Global Research, 11 décembre 2012.)

L’objet de ce rassemblement derrière des portes closes à Londres (rapporté le 10 décembre 2012) était d’appuyer une structure de commandement militaire unifiée des forces d’opposition conçue pour « unir les rangs des insurgés » luttant contre les forces gouvernementales. En pratique, cela nécessitera un nouvel afflux de mercenaires sous la supervision des forces spéciales occidentales, déjà sur le terrain en Syrie.

Orchestration d’un désastre humanitaire?

L’élément formation de la manœuvre des États-Unis et de l’OTAN est crucial. En quoi est-il lié à la question des armes chimiques de la Syrie?

À l’heure actuelle, l’alliance militaire occidentale n’envisage pas de guerre totale en réaction à la possession d’armes chimiques par la Syrie, mais plutôt la nécessité d’entraîner les rebelles de l’opposition à manier des armes chimiques.

Ce programme de formation a été confirmé, a déjà débuté et est implanté avec l’appui d’entreprises privées spécialisées à contrat pour le Pentagone et offrant des services de sécurité et des mercenaires.

« Un représentant et des diplomates étasuniens de haut rang ont déclaré à CNN dimanche que les États-Unis et certains alliés européens emploient des sous-traitants du domaine de la défense pour entraîner les rebelles syriens à sécuriser les réserves d’armes chimiques en Syrie. » ( CNN Report, 9 décembre 2012.)

Un scénario diabolique faisant partie intégrante de la planification militaire se déroule, c’est-à-dire une situation où des terroristes de l’opposition conseillés par des entrepreneurs occidentaux du secteur de la défense sont en possession d’armes chimiques.

Il ne s’agit pas d’un exercice de formation en non-prolifération. Alors que le président Obama affirme « vous serez tenu responsables » si « vous » (en parlant du gouvernement syrien) utilisez des armes chimiques, cette opération clandestine envisage la possession de telles armes par les terroristes appuyés par les États-Unis et l’OTAN, à savoir « nos » agents affiliés à Al-Qaïda, dont le Front Al-Nosra (voir l’image à droite), lequel constitue le groupe de combattant le plus efficace financé par l’Occident et auquel sont intégrés des mercenaires étrangers. Par un retournement de situation, Jabhat Al-Nosra, un « agent du renseignement » parrainé par les États-Unis a récemment été placé sur la liste des organisations terroristes du département d’État.

L’Occident affirme qu’il vole à la rescousse du peuple syrien dont les vies seraient menacées par Bachar Al-Assad. En réalité, non seulement l’alliance militaire occidentale appuie les terroristes, incluant le Front Al-Nosra, il met également des armes chimiques à la disposition de ses forces par procuration, les rebelles de l’« opposition ».

La prochaine étape de ce scénario diabolique est que les terroristes de l’« opposition » recrutés par les États-Unis et l’OTAN pourraient utiliser ces armes chimiques contre des civils ce qui pourrait provoquer un désastre humanitaire à la grandeur du pays.

La question plus générale est donc : qui représente une menace pour le peuple syrien? Le gouvernement syrien de Bachar Al-Assad ou l’alliance militaire États-Unis-OTAN-Israël qui recrute et entraîne des forces terroristes d’« opposition »?

Historique du prétexte des armes chimiques syriennes

La saga des armes chimiques syriennes a été lancée l’été dernier. Au début août, le Pentagone a annoncé qu’il enverrait de « petites équipes des forces d’opérations spéciales » en Syrie dans le but de détruire les ADM syriennes. Ces équipes seraient appuyées par des « frappes aériennes de précision », soit des raids aériens. Aucune attaque aérienne en règle n’était envisagée. Selon le Pentagone, les frappes de précision visaient à « détruire les armes chimiques sans les disperser dans l’air », un engagement risqué…

Ironiquement, au début de ce plan machiavélique, l’incursion et les opérations aériennes des forces spéciales étasuniennes ne ciblaient pas le régime syrien. C’est plutôt le contraire. L’intention déclarée de l’opération était de protéger les civils contre les rebelles de l’« opposition » plutôt que des forces gouvernementales.

Aucune accusation n’a été portée contre le président Bachar Al-Assad voulant qu’il manigance l’emploi d’armes chimiques contre les civils syriens. Selon le Pentagone, l’opération avait pour but de s’assurer que les ADM syriennes, supposément « laissées sans surveillance » dans des bunkers militaires à travers le pays, ne tombent pas aux mains de rebelles djihadistes combattant les forces gouvernementales :

Les planificateurs du Pentagone se penchent davantage sur la protection ou la destruction de toute réserve syrienne laissée sans surveillance et risquant de tomber aux mains des combattants rebelles ou de milices affiliées à Al-Qaïda au Hezbollah  ou à d’autres groupes de militants. (U.S. has plans in place to secure Syria chemical arms – latimes.com, 22 août 2012.)

Le Pentagone disait en août que ces ADM pouvaient tomber aux mains des combattants de la liberté, « prodémocratie », recrutés et financés par plusieurs proches alliés des États-Unis dont la Turquie, le Qatar et l’Arabie Saoudite, en liaison avec Washington et le quartier général de l’OTAN à Bruxelles.

Au fond, le secrétaire à la Défense Leon Panetta réfutait ses propres mensonges. En août il reconnaissait la menace terroriste et maintenant il accuse Bachar Al-Assad. Washington le reconnaît tacitement, la majorité des combattants de la liberté syriens sont non seulement des mercenaires étrangers, ils appartiennent aussi à des groupes islamistes extrémistes figurant sur la liste des organisations terroristes du département d’État.

Israël est un partenaire de l’OTAN et du Pentagone dans l’opération des armes chimiques syriennes.

Former des terroristes à l’utilisation d’armes chimiques

Si l’administration Obama s’affairait véritablement à empêcher que ces armes chimiques ne tombent « entre de mauvaises mains » (tel que le suggérait le Pentagone en août) pourquoi donc forme-elle désormais les « rebelles de l’opposition », composés surtout de salafistes et de combattants affiliés à Al-Qaïda, afin de prendre le contrôle des réserves gouvernementales d’armes chimiques?

Selon les sources, la formation [sur les armes chimiques] se donne en Jordanie et en Turquie et englobe la surveillance et la protection des réserves ainsi que le traitement du matériel et des sites d’armement. Certains entrepreneurs sont sur le terrain en Syrie et travaillent avec les rebelles pour superviser quelques sites, d’après l’un des représentants officiels.

La nationalité des formateurs n’a pas été divulguée, cependant les représentants ont indiqué qu’il ne fallait pas assumer qu’ils sont tous étasuniens.(CNN, 09 décembre 2012.)

Bien que les reportages ne confirment pas l’identité des sous-traitants du secteur de la défense, les déclarations officielles suggèrent qu’ils sont étroitement liés par contrat au Pentagone :

La décision des États-Unis d’engager des entrepreneurs du domaine de la défense pour apprendre à des rebelles syriens à manier des réserves d’armes chimiques semble dangereusement irresponsable, surtout si l’on considère à quel point Washington a été incapable jusqu’à maintenant de s’assurer que seuls des rebelles laïques fiables, s’ils existent, reçoivent leur aide et les armes fournies par leurs alliés des États arabes du Golfe.

Cela alimente par ailleurs les accusations récentes du ministère syrien des Affaires étrangères selon lesquelles les États-Unis montent un coup contre le régime syrien pour lui reprocher qu’il se bat avec des armes chimiques ou se prépare à la faire.

« Cette nouvelle que font circuler les médias suscite des inquiétudes. Nous craignons sérieusement que certains des pays appuyant le terrorisme et les terroristes fournissent des armes chimiques aux groupes terroristes armés et affirment que c’est le gouvernement syrien qui les a utilisées […] » disait une lettre à l’ONU. (John Glaser, Us Defense Contractors Training Syrian Rebels, Antiwar.com, 10 décembre 2012. Voir également le reportage de CNN, 9 décembre 2012.)

La principale question qui se pose est : quelle est la nature de cette horrible opération clandestine? Cette opération menée par les États-Unis et l’OTAN vise-t-elle à « prévenir » ou « encourager » l’utilisation d’armes chimiques par l’Armée syrienne libre (ALS)?

Le reportage ci-dessus confirme que les États-Unis et l’OTAN montrent à des terroristes comment utiliser des armes chimiques. Est-il nécessaire de manipuler des produits chimiques toxiques dans ce type de formation spécialisée? Autrement dit, par le biais des sous-traitants de la défense, l’alliance militaire occidentale met-elle des armes chimiques à la disposition de terroristes pour les besoins de la formation?

Sachant que l’insurrection syrienne est en grande partie composée de djihadistes et de formations affiliées à Al-Qaïda, ce n’est guère une façon d’« empêcher » l’utilisation d’armes chimiques contre des civils. De plus, de nombreux rebelles de l’« opposition » recevant la formation des armes chimiques ont commis d’innombrables atrocités amplement documentées contre des civils syriens, dont le massacre de Houla.

Des groupes terroristes pourraient avoir recours à des armes chimiques contre la population syrienne […] après avoir pris le contrôle d’une usine de chlore toxique [à Alep] » a déclaré le ministère des Affaires étrangères samedi.  (Press TV, 8 décembre 2012.)

Il convient de noter que les forces de l’opposition n’ont pas besoin de contrôler les réserves gouvernementales pour utiliser des armes chimiques. De telles armes, provenant des réserves occidentales, pourraient facilement être mises à la disposition des firmes impliquées dans les programmes de formation spécialisée sur les armes chimiques.

Inutile de dire que la formation sur les armes chimiques et l’implication de sociétés privées de mercenaires à contrat avec l’OTAN et le Pentagone augmentent les risques. Elles créent les conditions favorables à l’utilisation des armes chimiques par les forces de l’opposition pouvant déclencher un désastre humanitaire national.

La coalition des États-Unis et de l’OTAN a toutefois clarifié lors de sa réunion « semi-secrète » à Londres (rapportée le 10 décembre) qu’elle n’envisage pas de « présence sur le terrain ». Les forces spéciales travailleront avec l’insurrection contre les forces gouvernementales.

En l’absence d’une opération militaire en règle, l’accent est mis sur la guerre non  conventionnelle. Dans ce contexte, l’une des nombreuses « options [diaboliques] sur la table » serait de créer les conditions dans lesquelles des armes chimiques « tombent aux mains » des terroristes, ce qui pourrait provoquer un désastre humanitaire dans toute la Syrie.

Alors que cette option, advenant sa mise en œuvre, ne nécessiterait pas une intervention militaire de États-Unis et de l’OTAN, la catastrophe humanitaire ouvrirait la voie à la chute du gouvernement syrien et à l’objectif longuement convoité de « changement de régime ».

Les modèles libyen ou irakien ne constituent pas des options. Le choix stratégique de l’alliance militaire occidentale indique la mise en scène probable d’une catastrophe humanitaire.

Dans la logique de la propagande de guerre et de la désinformation médiatique, la mort de civils causée par l’utilisation d’armes chimiques serait blâmée sur le président Bachar Al-Assad afin de faire appliquer des mesures subséquentes par l’alliance militaire des États-Unis et de l’OTAN.

Nous ne suggérons pas que cette option se concrétisera inévitablement, mais qu’au programme des États-Unis et de l’OTAN figure l’option des rebelles en possession d’armes chimiques pouvant déclencher un désastre humanitaire.

Comment pouvons-nous nous assurer que cette option épouvantable et diabolique soit éliminée et définitivement enterrée?

Cette question doit être diffusée. L’opinion publique doit se mobiliser contre la guerre menée par les États-Unis, l’OTAN et Israël.

Dénoncez ce déjà vu mensonger sur les ADM.

Opposez-vous au consensus des médias dominants.

Révélez et réfutez les mensonges et fabrications concernant le programme des armes chimiques de la Syrie.

Faites circuler l’information dans le monde entier.

Amenez le débat sur la place publique. Confrontez les criminels haut placés.

 

Article original: The Syria Chemical Weapons Saga: The Staging of a US-NATO Sponsored Humanitarian Disaster?

Traduction: Julie Lévesque pour Mondialisation.ca

 

Michel Chossudovsky est directeur du Centre de recherche sur la mondialisation et professeur émérite de sciences économiques à l’Université d’Ottawa. Il est l’auteur de Guerre et mondialisation, La vérité derrière le 11 septembre et de la Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial (best-seller international publié en plus de 20 langues).