Archive pour AIM désobéissance civile

Résistance à l’empire colonial: « Opération Chaos »… Quand la CIA espionnait l’American Indian Movement…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 23 janvier 2016 by Résistance 71

“Entre 1972 et 1976, l’Indian Health Service (IHS) ou Service de Santé pour Indiens a stérilisé 42% des femmes autochtones en âge d’avoir des enfants. Le programme de stérilisation a affecté pratiquement toutes les femmes indiennes fertiles qui se rendaient ou furent emmenés dans un hôptial du IHS. Les femmes enceintes qui venaient accoucher furent trompées et obligées de signer des décharges de responsabilité. Lorsqu’elles sortaient d’anesthésie, elle avaient subi une ligature des trompes. Mème les femmes qui étaient hospitalisées pour des appendicites ou des maux de gorge étaient menacées d’avoir leurs enfants enlevés et placés par l’État ou de perdre leurs services sociaux si elles refusaient de se faire stériliser…”

~ Russell Means, 1995 ~

“En 1979, une révolution se produisit en Iran. A cause de la conférence de Genève et de nos liens amicaux avec l’OLP (Organisation de Libération de la Palestine), L’American Indian Movement avait une grande crédibilité dans cette partie du monde. Tout comme l’OLP, nous étions vitalement intéressés à récupérer notre pays, notre terre et notre souveraineté.”

~ Russell Means, 1995 ~

 

Quand “l’Opération Chaos” ciblait l’American Indian Movement (AIM)

 

Russell Means a dit que les nations indiennes “vivent dans le ventre du monstre et ce monstre est les Etats-Unis.”

 

Brenda Norrell

Censored News

 

19 janvier 2016

 

url de l’article original:

http://bsnorrell.blogspot.jp/2016/01/operation-chaos-targeted-american.html

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

En 1967, le président Lyndon Johnson créa l’Opération Chaos afin d’espionner les militants de l’American Indian Movement (AIM), les Black Panthers, les mouvements étudiants et les mouvements pacifistes contre la guerre du Vietnam.

Cette opération de la CIA rassembla des documents sur quelques 7200 citoyens américains, traçant leurs contacts avec de soi-disants “dissidents” d’autres pays.

Bien que pas mal de choses aient été divulguées au sujet du programme de contre-espionnage (COINTELPRO), bien peu a été écrit sur l’Opération Chaos. Il n’y a qu’une mention de cette opération espionnant les membres de l’AIM sur Wikileaks et le document n’est pas disponible en ligne.

Quoi qu’il en soit, d’autres documents sur internet révèlent le but de l’Opétation Chaos, un projet de renseignement secret hautement classifié de la CIA.

Les agents ciblèrent l’interaction des activistes américains avec des gens d’autres pays, les déclarant suspicieux et que les troubles sociaux se propageant aux Etats-Unis avaient pour origine l’étranger. Mais en fin de compte, les agents découvrirent que bien des troubles avaient pour origine les Etats-Unis, incluant le mouvement contre la guerre du Vietnam.

Les agents furent séparés des autres agents de la CIA et la première cible furent les mouvements pacifistes et les mouvements afro-américains ; puis l’AIM et les occupants de Wounded Knee furent ciblés.

Le rapport ci-dessous révèle comment la CIA a excédé son autorité en espionnant domestiquement ses citoyens au cours de cette Opération Chaos dans les années 1960 et 1970. (NdT: La loi américaine interdit à la CIA d’intervenir sur le sol américain. Elle ne peut légalement pas agir contre des citoyens américains intra muros.)

Document et historique de l’Opération Chaos: http://www.aarclibrary.org/publib/church/rockcomm/pdf/RockComm_Chap11_CHAOS.pdf

L’AIM fut le point de focalisation de l’espionnage du gouvernement US avant la prise et le siège de Wounded Knee (1973)

Les Amérindiens impliqués dans le mouvement pacifiste anti-guerre du Vietnam furent ciblés pour espionnage durant la période des années 1960 et 1970. Les Etats-Unis mirent en place des opérations domestiques, comme ce fut révélé lorsque le gouvernement US cibla entre autre la chanteuse folk Buffy Sainte Marie. Il y eut aussi des opérations à l’étranger, qui focalisèrent sur l’AIM et le voyage en Europe.

Durant un entretien au Dine’ College, Buffy Sainte Marie a dit que le président Johnson l’avait alors mise hors du circuit de la musique à cause de sa position contre la guerre du Viertnam et de sa chanson “Universal Soldier” http://bsnorrell.tripod.com/id99.html

Les câbles de correspondance américains révèle que le ministère des affaires étrangères US se concentrait sur l’espionnage en particulier de Russell Means.

Le gouvernement prit note et envoya un câble lorsque Russell Means, activiste Lakota, avait dit qu’une délégation d’Europe de l’Est planifiait “de gaver le président Carter comme une oie avec les droits de l’Homme”.

https://wikileaks.org/plusd/cables/1977STATE226024_c.html

Means avait promis d’exposer en Europe l’affaire du génocide des Amérindiens et recherchait un soutien pour “l’occupation étrangère” qui persistait sur le territoire d’Amérique du Nord et du continent. Les Etats-Unis étaient aussi préoccupés par le fait que la délégation de l’AIM en Europe en 1977 utiliserait des passeports de la confédération iroquoise, d’après le câble de l’agence d’espionnage.

Un document de Wikileaks montre qu’après le siège de Wounded Knee, l’AIM planifiait une convention sur les traités indiens près de Mobridge dans le Dakota du Sud en 1974. Les Etats-Unis étaient préoccupés que la Bolivie et le Mexique y participent. “Le gouvernement des Etats-Unis jugerait inappropriée la participation à cet évènement de la part de gouvernements étrangers.” Les Etats-Unis continuèrent d’essayer de savoir qui allait participer.

https://wikileaks.org/plusd/cables/1974STATE101850_b.html

Le gouvernement des Etats-Unis surveillait Russell Means comme montré ci-dessous:

https://wikileaks.org/plusd/cables/1977STATE237305_c.html

La relation de l’AIM avec la Libye créa aussi une alarme et des accusations du ministère des affaires étrangères US, comme révélé dans les câbles de l’époque.

Plus tôt, en 1973, la Confédération Haudenosaunee des 6 Nations Iroquoises avait engagé l’ONU et avait répondu à la requête en provenance de Wounded Knee pour être les médiateurs de paix dans le processus d’occupation.

Ces mots sonnent particulièrement vrais aujourd’hui alors que les médias présentent une version totalement biaisée de la véritable histoire de la Palestine.

NdT: remarque d’autant plus intéressante, que dans les années 1970-80, beaucoup d’argent fut dépensé pour envoyer des délégations amérindiennes (pas l’AIM bien sûr) des conseils de tribus et de bandes, US et canadiens, dépendants des gouvernements coloniaux, en Israël, où on leur bourra le crâne de l’idée suivante: “Vous les Indiens êtes des peuples comme nous en terre promise…” ce qui faisait le lien faussement et artificiellement entre la lutte autochtone amérindienne et le sionisme. Bien des universitaires de l’époque dont Vine Deloria Jr, furent retournés pour soutenir Israël alors qu’il est bien évident que si comparaison il y a, les nations et peuples premiers des Amériques sont les Palestiniens et non pas les envahisseurs coloniaux sionistes. La confusion a régné longtemps dans bien des esprits militants… C’était le but. L’AIM était plus proche du FPLP et de l’OLP, ce qui inquiétait le gouvernement US…

En janvier 1974, le département d’état US s’alarma lorsque des journalistes soviétiques planifièrent de voyager à Minneapolis. Les Etats-Unis les traquèrent pour voir s’ils étaient là pour couvrir le procès de ceux qui avaient occupé Wounded Knee. Une fois de plus le gouvernement US était terrifié que l’AIM puisse gagner un soutien international et par son habilité à le faire. Les Etats-Unis traquèrent aussi les informations diffusées à l’étranger concernant la couverture de l’information sur les problèmes des Indiens et des droits de l’Homme.

https://wikileaks.org/plusd/cables/1974STATE012511_b.html

Un document de Wikileaks vient de Genève en 1977, la déclaration sur la discrimination et les droits indigènes, qui réfère également à la stérilisation des femmes autochtones sans leur consentement. Les câbles de l’époque montrent également que le gouvernement des Etats-Unis traquait les commentaires de Russell Means en regard de la stérilisation des femmes indiennes aux Etats-Unis sans leur consentement.

Lisez plus au sujet de l’espionnage des Indiens aux Etats-Unis et des Premières Nations: http://indigenousresistancejuly2014.blogspot.com/2014/08/texas-spies-ponder-mohawks-stratfor.html

= = =

Note de Résistance 71:

L’AIM envoya un délégué à Téhéran lors du conflit des otages de l’ambassade US sous la présidence Carter. L’Iran avait accepté que l’AIM soit le messager entre les otages américains de l’ambassade et les Etats-Unis. Le délégué de l’AIM fut John Thomas, un ami de Russell Means. Voici ce qu’écrivit Means en 1995 au sujet de cet épisode:

John T. nous servit d’ambassadeur itinérant visitant pour nous le Liban, l’Egypte, l’Iran. Lorsque les gardiens de la révolution islamique prirent l’ambassade US de Téhéran en otage, nous y envoyâmes John T. pour voir ce qu’il pourrait faire. Nous n’avions aucune confiance dans les téléphones, je suis sûr que la CIA et les Iraniens écoutaient chaque conversation téléphonique, il revint donc à New York pour s’entretenir avec Bill et moi…

Publicités

Résistance politique: l’American Indian Movement à l’ONU contre le génocide et l’impérialisme et pour la reconnaissance des droits natifs…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 14 novembre 2012 by Résistance 71

 “Avant de prendre une décision, nous devons considérer les implications de nos actes jusqu’à sept générations dans le futur.” (Proverbe Amérindien)

=  =  =

“Les terres en apparence arides et vides qui furent transformées en réserves indiennes contiennent plus de la moitié des ressources d’uranium connues des Etats-Unis, environ un quart du charbon, 20% du pétrole, gaz naturel, et de larges quantités de cuivre et autres minerais importants. Si les nations indiennes retrouvaient le contrôle de ces ressources naturelles, le gouvernement devrait traiter avec nous sur une base égalitaire. Les Etats-Unis pourraient être forcés de payer pour deux cents ans de mensonges et d’escroqueries comme prix d’accès.” (Russell Means, 1995)

 

AMERICAN INDIAN MOVEMENT GRAND GOVERNING COUNCIL

MINISTRY FOR INFORMATION 
P.O. Box 13521 
Minneapolis MN 55414 
612/ 721-3914 . fax 612/ 721-7826 
Email: aimggc@worldnet.att.net 
Web Address: www.aimovement.org

 

Intervention et remarques au forum permanent des affaires indigènes de l’ONU

 

 

Le 20 Mai 2011

 

url de l’article original:

http://www.aimovement.org/moipr/UNclyde.html

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

10ème session, le 20 Mai 2011, ONU, Agenda New York cas #5 Nee Gon Nway Wee Dung (Clyde H. Bellecourt), directeur exécutif de l’American Indian Movement, Heart of the Earth Inc.

Boozhoo, salutations, Madame la présidente, membres du forum, amis et membres de la famille. Mon nom traditionnel spirituel est Nee Gon Nway Wee Dung (NdT: la famille Bellecourt est Objiwe, comme l’est Dennis Banks autre fondateur de l’AIM, seconde nation en population du Canada après les Cree et quatrième nation native américaine derrière les Navajos, Cherokee et Lakota Sioux), ce qui veut dire: Tonnerre avant l’orage. Mon nom colonial est Clyde Bellecourt (NdT: Nom de famille à consonnance française, vraisemblablement en héritage de l’alliance des Objibwe avec les Français au XVIIIème siècle). C’est toujours un grand honneur que de pouvoir parler avec le leadership des peuples indigènes de la planète et des peuples du monde. Permettez-moi de vous donner un historique bref de l’ International Indian Treaty Council (IITC) (NdT: Le Conseil International du Traité Indien) et de ce forum permanent sur les affaires indigènes du conseil économique et social des Nations-Unies. Je suis un des fondateurs et le directeur national pour les Etats-Unis de l’American Indian Movement (AIM) et un des co-fondateurs de l’IITC.

L’AIM fut formé en Juillet 1968 lorsque nous avons senti qu’absolument rien n’était fait pour améliorer les conditions de vie des peuples indiens, qui étaient forcés de vivre sous la domination des Etats-Unis d’Amérique. Absolument aucun des traités qui avaient été signés entre les nations natives et les gouvernements des Etats-Unis n’était respecté et honoré, traités qui nous garantissaient la survie pour nous et nos enfants, le droit de pratiquer notre propre cérémonial spirituel, de parler nos propres langages, de chasser, de pêcher et cultiver et de cueillir et de pratiquer nos formes traditionnelles de gouvernement.

En 1974, neuf mois et demi après la libération de Wounded Knee, le leadership de l’AIM fut menacé de centaines d’années d’emprisonnement pour défendre nos droits issus des traités à Wounded Knee sur la réserve de Pine Ridge de la nation Oglala Lakota (Sioux) dans le Dakota du Sud (NdT: Il convient de dire ici, comme l’a rappelé à maintes reprises un autre grand activiste de l’AIM Russell Means, que la “réserve Oglala de Pine Ridge” est connue administrativement sous le terme de: “Camp de prisonniers de guerre no44”…). Au cours des auditions à la cour fédérale des Etats-Unis, le traité de Fort Laramie de 1868 a été introduit et mentionné chaque jour par le fameux avocat Larry Laventhal, comme part de notre système de défense dans un des plus longs procès de l’histoire criminelle du gouvernement américain impliquant des Indiens. Le juge Fred Nichols refusa de considérer cette pièce légale internationale comme faisant partie de notre défense.

Bien sûr le monde sait aujourd’hui que toutes les accusations furent abandonnées. Le juge Fred Nichols établit que “les rivières de la justice se sont transformées en boue dans mon tribunal au cours de ces neuf mois et demi. Ce ne sont pas les nations indiennes qui sont coupables ici, c’est le gouvernement des Etats-Unis.” Il exprima une rage judiciaire contre la mauvaise conduite du gouvernement, l’utilisation illégale de la force militaire contre nous et les perquisitions et saisies illégales. “Qui croyez-vous être ?” demanda t’il au procureur. “Vous ne pouvez pas utiliser les forces militaires des Etats-Unis n’importe où dans le monde sans l’accord du président ou du congrès”. Il prononça ensuite le non-lieu.

A la suite de ces évènements, l’AIM décida que nous devions former un conseil de traités pour amener notre cas devant la communauté internationale, ou nous ne pourrions jamais survivre en tant que peuples, à cause des tentatives incessantes de nous annihiler, les violations continues des traités, la destruction de nos ressources naturelles et les attaques perpétuelles contre notre façon de vivre traditionnelle, ceci incluant la sauvagerie sans borne depuis un siècle de cette institution qu’est le Federal Indian Boarding Schools (NdT: Programme fédéral de relocation des enfants des nations indigènes et d’insertion forcée par le moyen d’un système d’internats qui a connu les pires abus sur les enfants indiens depuis le XIXème siècle…). La première réunion se tint dans la réserve Sioux de Standing Rock dans l’état du Dakota du Sud. Des délégués et les leaders traditionnels de 96 nations natives assistèrent à cette première réunion historique.

L’AIM détermina que nous ne pourrions jamais survivre en tant que peuples à moins que nous ne puissions faire état de nos griefs devant le monde et d’amener notre cas devant la cour de justice internationale. Le génocide dont nous avons été victimes ne nous a pas permis de prier de notre manière traditionnelle, de parler nos langues ou de pratiquer notre façon de vivre traditionnelle. Ces assauts permanents sur nos cultures continuent d’une manière ou d’une autre jusqu’à aujourd’hui.

En 1975, l’IITC  demanda à l’ONU pour le statut d’ONG et ceci fut accordé en 1977, faisant de l’IITC la première organisation pour les droits indigènes à être reconnue par l’ONU. En Septembre de cette année-là, l’IITC hébergea immédiatement une conférence internationale qui se réunit à Genève. Ceci incluait 282 délégués venant de tout l’Hémisphère occidental, bon nombre des Amériques centrale et du sud, personnes souvent en exil politique. Le forum permanent des peuples indigènes siégeant ici aujourd’hui fut le résultat de cette conférence de Genève et nous atteignirent quelques 370 millions membres de peuples indigènes de part le monde. Comme vous le savez tous, il a fallu trente années de lutte au sein de la structure onusienne pour faire valoir la Declaration of the Rights of the Indigenous People (DRIP) du monde, qui fut finalement adoptée par l’assemblée générale de l’ONU le 13 Septembre 2007.

Mes frères et mes sœurs, la bataille pour protéger la terre continue, quand 70% de toutes les ressources énergétiques de l’Amérique du Nord se trouvent toujours sur le sol indien. De manière la plus importante: l’eau, notre médecine la plus précieuse, est toujours volée par les gouvernements et les industries veules. Nous devons être solidaires pour combattre ces actes monstrueux pour la survie de nos enfants. Nous devons continuer de penser comme nos grands-pères et grands-mères, nos chefs et nos grands leaders avant nous, qui envisionnaient ce que ce serait pour leurs enfants sept générations plus tard.

Pour conclure madame la présidente, nous demandons que le président Barack Obama, en tant que “chef des armées” et son conseil de guerre, reconnaissent et donnent des excuses publiques pour l’attaque continue contre les peuples indiens, pour avoir comparé un de nos plus grands leaders, Géronimo, à un des terroristes notoires connu du monde sous le nom d’Oussama Ben Laden. Il est grand temps pour l’Amérique de se débarrasser de la mentalité du far-west et du mythe que “le seul bon indien est l’indien mort”.

Finalement madame la présidente, ma délégation attend beaucoup du renforcement des relations de cette grande famille qui a été créée et développée à travers le monde et que nos enfants dans sept générations, se rappelleront de nous pour avoir protégé et promis leur héritage légal d’un mode de vie spirituel et traditionnel.

L’esprit de Géronimo vivra en chacun de nous pour toujours !

 

 

Résistance à l’impérialisme et au colonialisme: L’angle officiel du Grand Conseil de l’American Indian Movement (AIM)

Posted in actualité, altermondialisme, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, pédagogie libération, police politique et totalitarisme, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 29 octobre 2012 by Résistance 71

“Les soldats n’ont jamais expliqué au gouvernement quand les Indiens ont été trompés, mais ont rapporté leurs méfaits.” (Géronimo)

=  =  =

Géronimo, Cochise, Sitting Bull, Red Cloud, Crazy Horse, Big Foot, Black Elk… Leonard Peltier, Dennis Banks, Russel Means, Vernon & Clyde Bellecourt, Leonard Crow Dog, Oren Lyons, Splitting the Sky, et bien d’autres… ont perpétué et perpétuent toujours la lutte contre le terrorisme depuis 1492 (Résistance 71)

=  =  =

 

AMERICAN INDIAN MOVEMENT

GRAND GOVERNING COUNCIL

MINISTRY FOR INFORMATION 
P.O. Box 13521 
Minneapolis MN 55414 
612/ 721-3914 . fax 612/ 721-7826 
Email: aimggc@worldnet.att.net 
Web Address: www.aimovement.org

 

Goyathlay, alias Geronimo

 

Mai 2011

 

url de l’article original:

http://www.aimovement.org/moipr/Geronimo.html

 

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Plus connu sous le nom de Géronimo, Goyathlay, un Chiricahua de la nation Apache est décédé à Fort Sill, dans l’état d’Oklahoma en 1909. Il était un guerrier révéré et un homme sacré. Il fut chassé par l’armée américaine et capturé en 1886. Prisonnier de guerre, il fut forcé de vivre le reste de sa vie sans jamais pouvoir retourner dans sa patrie. Il fut enterré à Fort Sill dans le cimetière des prisonniers de guerre Apaches.

Géronimo n’était pas un terroriste. En 1858, son épouse, son enfant et sa mère furent massacrés par l’armée mexicaine. Géronimo fut un chef de guerre qui combattit contre l’invasion de son pays natal et contre les atrocités haineuses commises contre les nations indigènes. Il était un véritable défenseur à la fois de son pays et de son peuple. Un des plus célèbres guerriers de l’histoire, échappant à la fois aux armées mexicaine et américaine, il refusa d’abandonner. L’armée des Etats-Unis le pourchassa pendant plus de 10 ans, impliquant dans la chasse plus de 5000 soldats et 500 éclaireurs, quand il fut finalement capturé.

Des rapports de presse récents disent que ce que Géronimo fit durant son époque serait appelé actes de terrorisme aujourd’hui, attaquant des colons blancs vivant en territoire Apache. Mais ces déclarations ne reconnaissent en rien le brutal héritage de la colonisation et le génocide à l’encontre des Indiens d’Amérique à travers ce continent. Il n’y a aucune comparaison entre ce que les Etats-Unis ont fait à la nation Apache et autres nations. Il y a des tribus entières indiennes qui n’existent plus aujourd’hui dû à la campagne militaire pour nous exterminer et s’approprier nos territoires. Géronimo fut un héros. Sans lui et d’autres comme lui, nous Indiens d’Amérique, ne serions plus là aujourd’hui.

En tant qu’Amérindiens, nous entendons tout le temps que nous devrions “oublier le passé, que c’est de l’histoire ancienne” et toute ces choses ; mais il est clair que la mentalité coloniale qui a perpétrée les guerres indiennes et dictée la politique fédérale anti-indienne est toujours bien présente aujourd’hui dans le XXIème siècle. L’armée américaine et son commandement ont nommé la mission récente pour tuer l’homme connu sous le nom d’Oussama Ben Laden, “Opération Géronimo”. Mettre au même niveau la mission de chasse et de capture de Ben Laden avec celle de Géronimo envoie indubitablement un message fort disant que les Indiens d’Amérique sont toujours perçus comme des ennemis des Etats-Unis.

La longue histoire de déshumaniser les peuples Indiens et de traiter les nations natives comme ennemies est devenue tellement implantée dans l’idéologie courante américaine, que cela n’est même plus mis en question. La perception coloniale des peuples indigènes comme moins que des ennemis humains, endoctrinement qui fut utilisé pour justifier la domination et la violence, est toujours perpétrée subconsciemment aujourd’hui. Le terroriste au temps de Géronimo n’était pas Géronimo. Le meurtre de masse a été commis par les Etats-Unis. Nous devons nous rappeler que ce ne fut pas Géronimo qui a envahi ce pays. Ce n’est pas Géronimo qui a commis un génocide.