Archive pour affaire dieudonné terrorisme d’état

Affaire Dieudonné (suite… et fin pour l’heure en ce qui nous concerne): Recul, mesure et intelligence…

Posted in actualité, France et colonialisme, guerres imperialistes, média et propagande, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique française, presse et média, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 17 janvier 2014 by Résistance 71

Mesure, recul et intelligence émanent de cet excellent article / analyse de cette « affaire d’État Dieudonné », publié dans le Quotidien d’Oran. Nous désirons relayer cet article car il représente, et de loin à notre sens, ce que nous avons lu de plus intelligent sur toute « l’affaire »…

Rideau (provisoire) donc sur le saltimbanque quenelleur…

— Résistance 71 —

 

Dieudonné ou David contre Goliath

 

par Djamel Labidi

 

16 janvier 2014

 

url de l’article original:

http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5192870

 

En France, une campagne d’une violence inouïe a été menée contre l’humoriste Dieudonné. Tout le pouvoir d’Etat, tous les médias français, les partis politiques de droite comme de gauche se sont mobilisés, acharnés, contre un seul homme. Dieudonné avait toujours affirmé qu’il menait son combat contre «le système» et que ce système était une réalité. «Le système» vient d’en donner lui-même la preuve.

Sur les plateaux de chaines de télé françaises, pas un seul débat contradictoire. Pas une seule voix pour dire qu’il faut au moins donner la parole à l’accusé, qu’il n’est pas bon pour la vérité qu’il n’y aitqu’un seul son de cloche, et qu’il faut un minimum de débat démocratique. On assiste, en direct, à un véritable lynchage médiatique. Le seul point de vue différent toléré est celui consistant à douter de l’efficacité de la méthode d’interdiction du spectacle de Dieudonné, et encore faut-il, avant, montrer patte blanche, reconnaître que Dieudonné est « antisémite » et « raciste », et faire assaut d’injures à son égard. « Abject », ignoble » « infect » « lâche », tel est le lexique employé sur les médias concernant Dieudonné.

La violence de la campagne est si grande qu’elle va effrayer,tétaniser ceux qui ont la velléité de s’yopposer. Ainsi, le 10 janvier, sur France 2(émission « Ce soir ou jamais), le président de la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) demandera à tous les participants au débat de ne plus employer le mot humoriste en parlant de Dieudonné. Puis, parlant d’une autre personne, il dira qu’elle est « un pseudo écrivain ». Un des participants au débat essaie alors de lui faire remarquer qu’il n’est pas qualifié pour en décider, et qu’il s’agit là d’une dérive dangereuse mais sa remarque est sitimide, sa voix si faible qu’il n’est pas entendu.

La campagne contre Dieudonné révèle la dérive totalitaire du système médiatique français aussi bien dans le contenu de l’information que dans les méthodes.La connivence entre le monde politique et le monde médiatique s’affiche au grand jour, sans qu’on se soucie même de sauver les apparences. Sur les plateaux de télé, journalistes et hommes politiques renchérissent les uns sur les autres dans une entente parfaite. La pensée est unique. La campagne est monolithique. Cela devient de la pure propagande. Les mêmes thèmes, et même les mêmes mots sont utilisés aussi bien par les responsables politiques que par les animateurs des chaines et émissions d’informations: « Dieudonné n’est plus un humoriste » »c’est un antisémite, un raciste » « ses spectacles sont des meetings politiques » »ce sont des entreprises de la haine « etc. La ministre de la culture françaisevient, elle-même, le proclamer, sur toutes les chaines sans se soucier des exigences de sa fonction et des précédents sinistres qu’évoquecette intervention du pouvoir dans le domaine de la culture. Des extraits de vidéos, toujours les mêmes, sont passés en boucle sur les chaines télé. Ce ne sont même pas des extraits du spectacle, « Le mur », mis en cause, mais des extraits de vidéo internet d’interventions de Dieudonné sur son site. Rien n’est dit de la grande variété de sujets qu’abordent les sketchs de Dieudonné. Tout doit laisser penser qu’il a une obsession: les juifs. Mais personne, sur les plateaux pour s’étonner de ces procédés. D’ailleurs, comme cela apparaîtra vite,fait notable: pas un de ceux qui s’acharnent sur Dieudonné, Crif(Conseil représentatif des institutions juives de France), Licra, hommes politiques, députés, journalistes, n’a même vu un seul des spectacles de Dieudonné. Il semblerait même que ce soit le cas du Conseil d’Etat lorsqu’il a statué.

Taubira et Anelka

Répétés, assenés, les mensonges tiennent lieu de vérités et servent ensuite de base à d’autres accusations contre Dieudonné. Les extraits de vidéo à charge contre Dieudonné ont été soigneusement choisis et retirés de leur contexte. Sur l’un d’eux, on entend Dieudonné direque « la vérité est intrinsèquement antisémite ». La phrase est présentée au premier degré alors que Dieudonné veut dire tout simplement là, que, dans le contexte du système régnant en France, toute vérité qu’il énonce est systématiquement qualifiée de discours antisémite par ses détracteurs.Sur une chaîne d’informations, on va affirmer que Dieudonné s’est attaqué »comme par hasard uniquement à des artistes juifs », ici, en l’occurrence Gad Elmaleh, Patrick Timsit, Patrick Bruel, Arthur et son ancien partenaire Elie Semoun. La chaîne oublie simplement de préciser que ce sont eux qui se sont attaqués soudainement, l’un après l’autre,à lui dans une campagne qui s’annonçait déjà et qu’il n’a fait que leur répondre. Sur la chaînefrançaise d’information Itélé, dans une présentation de Dieudonné, on signale  » qu’il a fait le salut nazi dans une émission de télévision ». On omet de préciser que ce geste accompagnait un jeu de mots « Isra-Heil ! » qu’il avait fait pour résumerle fait que les méthodes d’Israël contre les palestiniens lui rappelaient les méthodes nazis. Le public du plateau de télé (France 3, émission « on ne peut pas plaire à tout le monde », 1er décembre 2003) avait alors bien ri de ce sketch mais le spectacle avait déclenché de vives réactions officielles, y compris du Premier ministre de l’époque, Jean Pierre Raffarin et du CSA français (Conseil supérieur de l’audiovisuel). C’est depuis ce jour qu’il avait été frappé d’ostracisme dans les médias français. Cela fait plus de 10 ans…

Il reste de tout cela une impression très forte de manipulation de l’opinion. Jusqu’aux sondages réalisés qui donnent eux-mêmes l’impression de participer à la manipulation tant ils sont contradictoires. Le 30 Décembre, deux sondages (journaux « Le Point » et « Le Progrès ») donnent plus de 70% d’opinions contre l’interdiction des spectacles de Dieudonné. Mais ils sont 52% à être, soudainement, en faveur de l’interdiction, dans un sondage du CSA publié le 8 janvier 2014. Il devient difficile de vérifier la véracité d’un sondage, dés lors que la crédibilité du sondeur n’est pas soumise à la réalité des faits, comme c’est le cas par exemple pour la prévision du résultat d’élections.

Les méthodes sont elles aussi totalitaires. Elles visent à avilir l’adversaire, à ternir son image. Dieudonné est présenté » comme un petit entrepreneur faisant commerce de l’antisémitisme », que « ce qu’il fait, il le fait pour le fric », que »l’antisémitisme est pour lui une entreprise juteuse ». Dans des insinuations, à connotation raciste, on laisse entendre que Dieudonné Mbala Mbala « prépare sa retraite au Cameroun » et « aurait blanchi » de l’argent dans ce but. Comme dans toute pression totalitaire, celui qui veut rester neutre ou se tait, en devient lui-même suspect. Il va en être ainsi de la ministre de la justice française, Mme Taubira, qui va se voir reprocher, dans les médias, son silence. Ceux qui expriment leur sympathie pour Dieudonné sont menacés de sanction ouvertement dans les médias, comme le fait la ministre de la jeunesse et des sports pour le joueur de football Anelka, et beaucoup préfèrent se taire par peur pour leur carrière.

La Quenelle

Et puis, il y a l’aboutissement final de toute vision totalitaire: le délireparanoïaque. Le geste de protestation, de provocation et de dérision de Dieudonné,  » la quenelle », est qualifié de « salut nazi inversé ». Dieudonné, en quittant le Zénith de Nantes, où son spectacle vient d’être interdit, fait de loin, à son public, un petit geste d’adieu rapide et affectueux de la main. Mais son bras est levé et l’animateur de l’émission de 22h d' » Itélé  » ( » Itélé « , émission d’information de 22h de Olivier Galzi, 10 janvier) y voit « un geste ambigu », un « salut nazi ». « L’information » va être reprise immédiatement en boucle par les médias.

Il y a donc dérive totalitaire lorsque ces deux pouvoirs se confondent, celui politique et celui de la presse, plus généralement des médias.Un autre aspect de cette dérive, c’est lorsque le pouvoir politique s’approprie le pouvoir judiciaire. La campagne contre Dieudonné va être émaillée de tels empiétements. Les contradictions entre l’arrêt du tribunal administratif de Nantes avec celui du Conseil d’Etat, l’un autorisant le spectacle, l’autre l’interdisant, comme les contradictions avec toute la jurisprudence précédente sur la liberté d’expression, donnent la mesure évidente des énormes pressions politiques qui se sont exercées sur les instances judiciaires. L’opération anti Dieudonné se dessine dans la deuxième semaine de Décembre dans la grande presse écrite et télévisée française, « Le Monde « ,  » Le Figaro « , « BFM TV », »France 2″ etc…Elle est centrée contre le signe de ralliement de Dieudonné, « la quenelle ». Pourquoi celle-ci ? En réalité, ce qui inquiète c’est la large diffusion dans la jeunesse, dans tous les milieux, et surtout dans les corps constitués, l’armée, la police, de ce geste que Dieudonné qualifie conne un geste antisystème. C’est Alain Jacubowicz, président de la Licra, qui, le premier s’était alarmé, dans une lettre écrite le 9 Septembre 2013 au Ministre de la Défense français « avec copie au ministre de l’intérieurfrançais « Manuel Valls », de la reprise de ce geste par des soldats. Et c’est d’ailleurs lui, dans la même lettre, quidéfinit alors, de façon hallucinante, ce geste comme « correspondant au salut nazi inversé signifiant la sodomisation des victimes de la Shoah ».

Le 11 Décembre 2013, le journal « Le Monde » consacre un long article à « la Quenelle ». Le 13 Décembre, la chaine d’information française BFMTV publie un reportage: » le succès tabou et inquiétant de Dieudonné ». Immédiatement Dieudonné annonce qu’il va porter plainte pour diffamation contre les médias participant à cette campagne ainsi que contre Manuel Valls qui multiplie les interventions publiques contre lui. Le 27 Décembre, en pleine « trêve des confiseurs », le ministre de l’Intérieur, celui qui, on s’en souvient, était revenu, selon la boutade de François Hollande, « sain et sauf d’Algérie », annonce qu’il  » étudie les moyens d’interdire les spectacles de Dieudonné ».

Les 2 et 3 Janvier, étrange coïncidence, Arno Klarsfeld, annonce que lui et sa famille vont manifester contre le spectacle de Dieudonné au Zénith de Nantes et appelle « les non juifs » aussi à le faire.L’argumentaire du « risques de trouble à l’ordre public » est mis en place. Les Klarsfeld n’iront jamais manifester à Nantes, ni les » non juifs » d’ailleurs. L’arrêté pris par le préfet de Nantes d’interdiction du spectacle permettra à la famille Klarsfeld, selon le fils, « d’annuler la manifestation de Nantes ». Arno David Emmanuel Klarsfeld est le fils de Serge et Beate Klarsfeld, un couple rendu célèbre par son opiniâtreté dans « la chasse aux nazis ». Il est franco-israélien. Il a pris la nationalité israélienne à 37 ans, en 2002, et s’est engagé dans l’armée israélienne (unité des gardes frontières), sur laquelle il a fait un long reportage apologétique. Il est avocat. Mais surtout,il est, par nomination de l’ex Président Nicolas Sarkozy et depuis 2010, membre du Conseil d’Etat, la plus haute instance judiciaire administrative française. Or, on va retrouver,aussi bien dans la circulaire de Manuel Valls ordonnant aux préfets d’interdire le spectacle de Dieudonné que dans les arrêts du Conseil d’Etat entérinant ces interdictions,exactement les deux principaux arguments développés ouvertement par Arno Klarsfeld sur les plateaux de télé, ceux « d’atteinte à la dignité humaine » et de « risques de trouble pour l’ordre public.

L’Inquisition

Au milieu de cette campagne contre Dieudonné, ma fille, révoltée, m’envoie un email où elle me dit: « C’est un procès en sorcellerie, ils n’ont plus qu’à le brûler sur un bucher, on se croirait au Moyen âge !  » J’ai été surpris de voir comment la nouvelle génération résumait de façon simple la situation.

Il s’agit bien en effet d’Inquisition. La nouvelle génération est sur Internet. Le nombre de visiteurs du site de Dieudonné, comme de celui de son ami Alain Soral, qui a été d’ailleurs lui aussi l’objet d’accusations de même nature,se compte par centaines de milliers, c’est-à-dire bien plus que les journaux français et même que les médias traditionnels, tels que les chaines téléd’information.Internet échappe jusqu’à présent au contrôle et à l’emprise que l’establishment français a acquis sur les médias traditionnels. La campagne contre Dieudonné a donc été aussi une campagne contre Internet au cours de laquelle ont été réclamées des mesures de contrôle par l’Etat sur « la Toile ». Certains, sur les medias, sont allés jusqu’à faire le parallèle entre les mesures prises sur l’Internet contre les sites pédophiles aux mesures à prendre contre le site de Dieudonné. Dieudonné serait donc le diable. N’est-ce pas là un procès en sorcellerie de quelqu’un, accusé, comme l’avait été Socrate, de pervertir la jeunesse.

C’est un aspect récurent de l’Histoire: le progrès technologique a toujours exigé de nouveaux progrès sociaux en même temps qu’il rencontrait l’hostilité des forces conservatrices et leur peur de perdre le contrôle de la société. L’inquiétude de l’establishment français rappelle celle des institutions religieuses, à la sortie du Moyen Age, lorsque l’invention de l’imprimerie représentait alors le progrès technologique. Le livre imprimé avait représenté un progrès formidable dans la communication et la diffusion des idées. Il avait été interdit alors dans bien des universités au profit du maintien du vieux manuscrit.

Il s’agit aussi d’Inquisition lorsque des personnes investis du pouvoir d’Etat, tels les ministres français de l’Intérieur, de la culture, de la jeunesse et des sports, ou des organisations civiles, telles que la Licra, le Crif, la Ligue de Défense juive décident de quoi on doit rire et de quoi on ne doit pas rire, qui est un humoriste et qui est un « pseudo humoriste », qui est un écrivain et qui est un « pseudo écrivain ». Tour cela s’est fait au nom de la lutte contre l’antisémitisme. Reste à comprendre alors pourquoi un thème aussi légitime peut aboutir à une chasse aux sorcières, et pourquoi c’est précisément sur ce thème que s’est faite la mobilisation de tout « le système » contre un seul homme.

Antisionisme ou antisémitisme

Dieudonné se situe comme antisioniste. La campagne menée contre lui a voulu montrer que l’antisionisme n’était pour lui qu’un masque à son antisémitisme,certains allants jusqu’à affirmer que l’antisionisme est par nature un antisémitisme.

Or la réalité est exactement à l’inverse: c’est le sionisme qui se cache régulièrementderrière l’argument de la lutte contre l’antisémitisme. Le sionisme est arrivé, jusqu’à présent, à s’assurer le soutien de la plus grande partie des juifs dans le monde, et le quasi-monopole de leur représentation en s’appuyant sur le sentiment exacerbé d’appartenance, de solidarité et d’identité qui a suivi l’antisémitisme européen et leurs terribles souffrances de la deuxième guerre mondiale. Mais se faisant, il leur a fait courir le risque de s’isoler au fur et à mesure qu’il apparaissait comme une idéologie nationaliste agressive et qu’il se mettait au service de l’entreprise occidentale de contrôle des richesses énergétiques du Moyen Orient. Beaucoup de juifs, de plus en plus, ressentent ce danger d’isolement et expriment leurs réserves à l’égard du sionisme. Dieudonné avait fait d’ailleurs participer deux rabbins antisionistes à l’un de ses spectacles, ce qui ne lui avait pas été pardonné par certaines organisations juives.

Le sionisme, depuis plus de 60 ans, avec la création de l’Etat d’Israël, s’est donc retrouvé au cœur du système de domination occidentale du Moyen Orient. En faisant la critique du sionisme, Dieudonné faisait celle du système. Celui-ci ne pouvait l’accepter même, et peut être encore moins, sous la forme humoristique. Le rire ou le sourire que fait naître l’humoriste n’est-il pas celui du plaisir que donnent l’esprit critique et la liberté.

Mais l’offensive contre Dieudonné ne pouvait se faire, sur le plan des idées, en prenant le contre pied de sa dénonciation du sionisme. Le terrible isolement moral de celui-ci et de l’Etat d’Israël est apparu dernièrement encore clairement aux funérailles de Nelson Mandela où les dirigeants israéliens ont été les seuls dans le monde à ne pouvoir y assister, pour avoir soutenu jusqu’au bout le régime de l’apartheid en Afrique du Sud. Et tout récemment, les funérailles d’Ariel Sharon, et le peu de sympathies et de résonance qu’elles ont soulevées à l’échelle internationale, comparées à celle, on s’en souvient, de Yasser Arafat, ont confirmé cet isolement.

C’est donc la lutte contre l’antisémitisme qui a servi d’argumentaire à l’opération anti Dieudonné. L’accusation d’antisémitisme offre en effet, l’avantage de pouvoir s’appuyer en France sur une base juridique, la loi Gayssotde 1990, qui est susceptible d’être utilisée pour faire l’amalgame entre antisionisme et antisémitisme.

Cette loi Gayssot veutréprimer »tout acte raciste, antisémite ou xénophobe ». Mais elle a introduit une nouveauté puisqu’elle va plus loin que le cadre juridique classique, celui de répression des actes, pour considérer comme délit aussi toute expression niantdes » crimes contre l’humanitétels que définis par le tribunal militaire international » de Nuremberg en 1945.

C’est la fameuse question du « révisionnisme » concernant les crimes commis contre les juifs pendant la deuxième guerre mondiale.Dans ce domaine délicat de l’expression et de son interprétation forcément arbitraire, car subjective, politique ou idéologique, il y a précisément matière à manipulation comme de qualifier d’antisémitisme le simple fait d’accuser le sionisme d’instrumentaliser, à des fins de domination,les persécutions subies par les juifs.

C’est le procès fait d’ailleurs à Dieudonné. L’argument d’antisémitisme offre aussi l’avantage de faire appel à des ressorts émotionnels et passionnels. Tous ces éléments additionnés peuvent expliquer qu’on puisse arriver à une atmosphère d’interprétations délirantes, d’Inquisition, comme cela a été le cas dans la campagne officielle contre Dieudonné.

Cette atmosphère violente et passionnelle tranchait avec celle du public de Dieudonné, empêché du spectacle de son humoriste favori et qui restait bon enfant.Il réclamait la liberté d’expression. Il était difficile d’y voir la description fantasmatique qu’en donne les médias français.

De tout cela, il reste, au fond, un grand motif d’espoir et de réconfort.

Tel David contre Goliath, Dieudonné a osé affronter « le système » et ses énormes moyens. Mais « le système », en se mobilisant contre Dieudonné, a fourni la preuve qu’un homme seul, sans moyens, par sa seule force morale et celle de son talent, pouvait lui résister. C’est là le secret de l’immense popularité accumulée par Dieudonné depuis 10 ans et qui fait que les gens n’ont jamais voulu le laisser seul.

Saga de l’affaire Dieudonné: La quenelle vue du pays du goulag levant (ex-USA)…

Posted in actualité, altermondialisme, désinformation, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 10 janvier 2014 by Résistance 71

Quenelle: Courage ou salut nazi inversé ?

 

…   Gordon Duff,  et  Press TV, Téhéran

 

2 janvier 2014

 

url de l’article:

http://www.veteranstoday.com/2014/01/04/the-courage-of-the-quenelle/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

[ Note de l’éditeur de “Veteran Today”:  NdT: La voix des anciens combattants des Etats-Unis –

“Chers lecteurs, ceci a été un commentaire très lu sur Press TV la semaine dernière. Ce geste, qui inclut tous les groupes ethniques et religieux est le genre de chose qui terrifie les docteurs pirouettes de l’establishment, car cela peut effacer des années et des années de lavage de cerveau en règle et rendre leurs efforts actuels complètement inopérants.

Nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas largement diffuser un effort qui simplement contourne tous les blocages traditionnels empêchant les gens de gagner le jeu du diviser pour mieux régner que notre ennemi commun élitiste joue contre nous depuis bien trop longtemps. Nous avons le pouvoir entre nos mains de leur dire que nous ne jouons plus leur jeu dorénavant… mais allons nous retrousser nos manches et accepter de faire ce qui doit être fait ?…” Jim W. Dean ]

_________________________________

Il y a un drôle de geste qui balaie l’Europe en ce moment et qui s’appelle “la quenelle”. Dieudonné M’bala M’bala, le très populaire comédien et humoriste français et activiste pour la justice sociale, est crédité de l’avoir créé.

Qu’est-ce que c’est ?

Le journal Haaretz l’appelle “un salut nazi inversé”. Quand je le vois, cela ressemble à quelqu’un brossant quelque fibre inopportune de sa manche. Les sionistes d’Europe sont-ils le groupe politique contre lequel les masses se soulèvent et qui doit être considéré comme des “fibres inopportunes” à brosser dans la poubelle ?

Peut-être est-ce le message que les décennies de haine vociférée à l’encontre des Allemands, que l’endoctrination robotique des Européens dans une histoire questionable, une auto-flagellation et une obéissance d’esclave à une “élite” banquière (bankster) est le cœur véritable du sionisme.

Ceci est le vrai message de la quenelle, une résistance contre l’apartheid en Israël qui légalement ne fut jamais pensé pour être un “état juif” mais plutôt une “patrie” pour des juifs persécutés pendant la guerre. Ne jamais confondre l’un avec l’autre.

Badge honorifique

La quenelle est l’anti-thèse du sionisme. Elle est internationale, inclusive, non-sectaire, ancrée non seulement dans l’humour mais la dédication à la justice sociale qui tourne le dos à la violence. Voyez-vous, les juifs sont victimisés. Peu de non-juifs comprennent et encore moins de juifs le “comprennent” chaque jour qui passe. Les juifs sont la chair nourricière de la “mythologie de la haine”, une industrie de la mythologie fabriquée, qui est la racine depuis plus de 60 ans de conflits et de morts qui se chiffrent maintenant en millions.

Quoi que ce soit qui soit dit, il n’y aurait pas de guerre en Syrie sans le sionisme, pas de “guerre contre le terrorisme”, pas de crise de Suez, pas d’attentats à la bombe tchétchène en Russie. Nous pouvons aller plus loin, il n’y aurait pas de va t’en guerre “tea party” et d’extrémistes aux Etats-Unis sans l’argent sioniste qui les abreuve, pas d’inondation par les drogues et les narcotiques de toute sorte dans les écoles du monde, les maternelles  et plus important encore, pas de crises économiques et monnétaires.

Est-ce ceci une exagération, un argument sur-simplifié ? Si seulement cela était vrai alors la quenelle, étiquetée “geste antisémite” par ceux qui veulent la dénoncer, est un véritable succès. En premier lieu, pourquoi donc les sionistes utilisent-ils toujours le terme de “sémite” ?

Une étude hautement respectée faite à l’université John Hopkins par un groupe d’universitaire emmené par le scientifique israélien le professeur Eran El Haïk a prouvé de manière conclusive que les juifs israéliens sont génétiquement européens. La vaste majorité des juifs, à 97,5% n’ont aucune ADN moyen-orientale de quelque sorte que ce soit et certainement pas sémite. Cela veut-il dire qu’il ne peut pas y avoir de patrie juive ? En fait non. Cela veut-il dire que des colons peuvent simplement arriver, déplacer des résidents eux bien sémites, car les Palestiens sont eux totalement sémites et voler leurs maisons ?

Les conventions de genève qualifient ceci de crime de guerre. Même l’Union Européenne met maintenant hors-la-loi quiconque ayant des accords financiers avec des entreprises israéliennes ou des personnes vivant sur des terres illégalement volées, pas seulement en Cisjordanie, mais 40% de l’Israël pré-1967 également.

Ceci est la loi, bien que non rapportée. Au lieu de cela, les journaux appellent la quenelle “geste antisémite” mais ne reconnaissent pas ou ne rapportent pas que leurs propres gouvernements ont sanctionné Israël pour des actes d’apartheid contre la véritable population sémite. Voilà pourquoi la “quenelle” est si importante ; c’est une question de justice.

_____________________________

Le terrorisme en tant que politique nationale

Jamais publié, jamais débattu en public, les organisations du renseignement dans le monde sont parfaitement au courant que la plupart des actes terroristes sont mis en scène comme évènements théâtraux afin de pousser en avant les buts économiques d’organisations puissantes quasi-nationales. La plus grosse organisation terroriste au monde est israélienne. L’appeler le “Mossad” est une simplification de mauvais aloi.

Actuellement, cela comprend des factions d’organisations du renseignement de douzaines de nations, l’Arabie Saoudite, la Turquie, la Grande-Bretagne, l’inde et spécifiquement les Etats-Unis. Le Mossad ne fait que gérer ces factions. Ces groupes, tour à tour, soutiennent des révolutions, truquent des élections, font exploser des voitures piégées, s’allouent les services de “tireurs solitaires” et de “kamikazes” ainsi qu’entraînent des groupes terroristes dans trois douzaines de pays.

La semaine dernière, l’Afrique a souffert d’une “décharge” de cette très réelle conspiration. Peu l’ont reconnu, peu ont vu le schéma dessiné, mais cela était bien présent. Est-ce que les “juifs” font tout ceci ? La réponse est non. Les juifs sont des personnes comme toutes les autres. Les rendre différemment, les rendre haïs ou craints est le travail des sionistes. Rapporter l’histoire de ces faits reconnus et bien documentés peut-être fatal.

_______________________________

Nier l’holocauste ?

Comme tous bons parents, j’ai emmené mes enfants à Dachau, deux fois en fait. Je n’ai rien dit. Plus tard il fut admis que Dachau ne fut jamais “un camp de la mort” et les millions d’enfants qui l’ont visités, bus après bus, décennie après décennie, ont été trompés.

Ceci veut aussi dire que les millions de militaires américains qui clâment avoir visité les chambres à gaz de Dachau ont souffert de ce qu’on appelle la “Légionitis américanus”, une maladie qu’on attrappe à rester trop longtemps assis sur un tabouret de bar. J’ai aussi été à Auschwitz, quelque chose que peu (d’entre eux) peuvent dire. Des heures de voiture de Berlin, impliquant la location d’un appartement à Cracovie et continuer à conduire au sud. Auschwitz doit être vu en hiver, quand les jours sont les plus courts.

C’est un endroit morbide. Il y a une histoire là-bas, IG Farben, la Standard Oil (NdT: des Rockefellers), la famille Bush (NdT: le grand-pêre paternel de deubeuliou Bush, Prescott Bush, était un banquier pour les nazis aux Etats-Unis…), les usines de caoutchouc synthétique, une énorme zone industrielle, des camps de travail, une vérité réelle qui n’est dite que morceau par morceau. Vous pouvez sentir la souffrance et la mort. Ce que vous pouvez aussi sentir est quelque chose d’autre qui cloche. Vous voyez, Auschwitz, qui fut à une époque crédité du gazage de millions de juifs n’est plus, officiellement, considéré comme un “camp de la mort”. Y a t’il eu un mal énorme perpétré à cet endroit ? Quiconque en doute est fou. Est-ce que l’histoire, de la façon dont elle est enseignée en Europe, virtuellement à la pointe du fusil, est fausse ?

Si la vérité est justice, alors pourquoi la vérité est-elle un crime ? La réponse est simple, la vérité exposerait quelque chose de monstrueux, bien au-delà de l’holocauste. Si les “game theory warriors” ont raison, on nous fait ingurgiter des absurdités historiques pour nous confondre et nous aveugler.

_______________________________

Une simple vérité

La guerre sioniste contre “la quenelle” est une guerre contre la tolérance et non pas contre la haine. Le sionisme est la définition de la haine. Le sionisme est plus qu’une tête de l’hydre. La mythologie de la victimisation des juifs n’est rien d’autre qu’un outil. Si les “game theory warriors” ont raison, la persécution des Palestiniens est un peu plus qu’un jeu, partie d’une équation complexe, “théorie du chaos”, faits pour créer un environnement fertile à la subjugation humaine.

Alliés malgré tout

Bizarrement, je reçois probablement plus d’attaques “antisémites” que la plupart, bien que je sois une voix principale contre le sionisme et les “bénis oui-oui” likudistes. Il y a néanmoins une vérité très moche que les juifs doivent accepter. On se fout de leur gueule. La “quenelle” est un moyen de démontrer ceci. “N’importe quel idiot peut le voir”. C’est le boulot du sionisme de s’assurer que chaque enfant juif passe chaque moment éveillé dans la terreur d’être transformé en savon ou en abat-jour de lampe, bien que toutes ces choses furent démenties il y a bien longtemps déjà.

Qui voudrait victimiser un enfant de la sorte ? La réponse est simple, des monstres. Pourquoi voudraient-ils faire cela ? La réponse est tout aussi simple: pour l’argent et le pouvoir.

Saga de l’affaire Dieudonné: La quenelle vue du Liban…

Posted in actualité, altermondialisme, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 9 janvier 2014 by Résistance 71

Dans notre prochain article de la saga: La quenelle vue du pays du goulag levant (en cours de traduction..).

Le tribunal administratif de Nantes annule l’interdiction du préfet, le saltimbanque pourra soliloquer sur la scène du Zénith de Nantes… Le sinistre de l’intérieur saisit le Conseil d’État… La pantomime continue: « Attention guignol… Il est derrière !… »

— Résistance 71 —

 

Quenelle de Dieudo: l’humour vert et l’humour rouge

 

Al Manar

 

09 janvier 2014

 

url de l’article original:

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=149202&cid=19&fromval=1&frid=19&seccatid=26&s1=1

 

L’affaire de la quenelle de Dieudonné qui a suscité l’indignation de la classe politique en France, Manuel Valls entre autres, a ressuscité l’ancien débat sur les limites et les lignes rouges à respecter dans l’humour.

On se souvient de la vague de contestation qui avait ravagé le monde musulman suite à la publication des caricatures satiriques contre le prophète Mohammad (S) dans Charlie Hebdo. En Europe comme aux Etats-Unis, c’est la liberté d’expression elle-même qui constitue la ligne rouge à ne pas enfreindre: dura lex, sed lex !

La maxime faussement attribuée à Voltaire :  » Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire » est d’ailleurs maintes fois invoquée dans les débats médiatiques pour illustrer la sacralité de ce droit qui relève des libertés fondamentales intouchables.

Tout est donc permis ! Rire de tout et avec tout le monde ! Jouer aussi avec le feu, et même en cas d’incendie et d’embrasement des esprits et des relations inter-humaines et internationales, on peut rire de cet incident et des dommages collatéraux qu’il a engendrés.

On peut parfois éviter le désastre tragi-comique en fermant par exemple certaines ambassades à l’étranger et en avertissant les expatriés de prendre les mesures nécessaires en prévision de possibles attaques vindicatives ; leur liberté sera menacée et  restreinte mais ça reste un prix anodin devant celui de la liberté d’expression.

Et la quenelle alors

Et la quenelle alors !? – Non ! – Ce n’est pas de l’humour ça ! C’est de l’antisémitisme ! – Pourquoi ? – C’est le salut nazi à l’envers ! – Qui vous a dit ça !? – C’est clair !

On ne peut pas l’interpréter autrement ! – Et comment interprétez-vous donc les caricature contre le prophète Mohammad (S) (…)

Pour les juifs, ce n’est pas pareil ! On ne plaisante pas avec l’Holocauste !

Tant que ce n’est pas dans une chambre à gaz, ce n’est point un génocide

En fait, mon interlocuteur virtuel avait raison ! Pas de plaisanteries au sujet de l’Holocauste ! Ça devient un crime contre l’humanité ! Un crime contre Arte ! N’oubliez jamais !

 

C’est le génocide le plus atroce de l’histoire humaine ! Un génocide inhumain perpétré dans des chambres à gaz ! Mais attention ! Tant que ce n’est pas dans une chambre à gaz, ce n’est point un génocide ! Les massacres barbares de Dir Yassine (1948), de Sabra et Chatila (1982), de Jénine (2002) et les tueries injustifiées lors de la première (1987-1993) et de la seconde Intifada (2000-2003) n’étaient pas des génocides mais … des tests d’insecticides. Après de longues années d’essai, il s’est avéré que l’anti-cafards le plus réussi était le phosphore blanc (ce n’est pas un gaz) !

Ces recherches en matière d’écosphère et de protection de la couche d’ozone ont valu à Peres de recevoir le Prix Nobel de la Paix en 1994. Ariel Sharon, lui, s’est contenté du titre de « L’homme de paix » (2006).

Je le répète donc : pas de plaisanteries au sujet de l’Holocauste ! Aborder un tel sujet c’est comme toucher les quelques cheveux résistants sur la tête d’un chauve ! (de là vient l’expression « chauvinisme »).

En fait, même chauve, la tête d’un juif demeure intouchable (il porte toujours une kippa) !

Tous les Français savent cette vérité et exercent sur eux-mêmes une sorte d’autocensure !

Un islamisme mais pas de juivisme

Il y a d’ailleurs islamisme mais pas de « juivisme » ! On appelle le musulman intégriste un « islamiste » mais le juif intégriste qui tue les enfants palestiniens : « un sioniste » ! Un « hébreu » ! Un « colon » ! Un « fou » (comme Baruch Goldstein qui a tué 29 Palestiniens dont 7 enfants, tous en train de prier à Al aqsa!), un Israélien. Mais jamais un « juif » !

Si c’est le kamikaze palestinien qui attaque cette fois-ci, les victimes (re)deviennent comme par enchantement des juifs ! Des familles juives ! La communauté juive ! Et l’agresseur : un islamiste terroriste !

Dans le journal Tv de France 2 ou de TF 1, on emploie l’expression « les colons juifs » mais c’est pour parler des extraterrestres qui ont fui l’Holocauste martien et qui cherchent à s’installer sur la Terre de leurs aïeux, la Terre sur laquelle ces derniers ont atterri il y a des années-lumière.

Sionistes donc s’il vous plaît ! Et ne parlez jamais de l’Holocauste ! Humour interdit sur ce point ! Sinon vous tombez dans l’antisémitisme ! Le négationnisme ! Le révisionnisme ! Le nazisme ! Et tous les crimismes.

L’antisémitisme c’est uniquement pour les juifs

Demandez maintenant à tous les pro-israéliens si Isra-Hell a commis un seul crime ou un seul génocide ! Eux, ils sont les enfoiristes !

Oui je sais ce que vous allez dire ! Les Arabes sont sémites aussi ! Mais l’antisémitisme c’est uniquement pour les juifs ! Droits d’auteur Messieurs !

Oui, Oui ! Je sais aussi ce que vous allez dire à propos de la deuxième guerre mondiale ! L’Union soviétique a perdu 21 millions d’individus, la Chine 20 millions et l’Allemagne 9 millions ! Et on n’en parle pas comme on parle des victimes juives ! Combien d’ailleurs ! – On dit que c’est à peu près le même nombre des réfugiés palestiniens aujourd’hui !

L’humour vert et l’humour rouge

Mais revenons à nos moutons et à l’humour vert (permis) et l’humour rouge (interdit) ! Il est indéniable que la liberté d’expression est sacrée mais a-t-on le droit, au nom de cette liberté, de représenter un africain noir comme un singe et dire que c’est de l’humour (noir, blanc, jaune ou tout ce qu’on veut !) Ou crier comme un singe pour démoraliser un joueur noir et dire que c’était pour plaisanter et que c’était un geste humoristique !

En outre, peut-on saluer un travail humoristique (provocateur) dont l’objectif est d’ancrer dans les esprits certains stéréotypes dévalorisants sur les Arabes et les Musulmans (des terroristes, des ignares, des obsédés sexuels, des voleurs !!!) ???

Les Arabes et les Musulmans sont l’Ennemi mondial n°1

Au cours de la seconde guerre mondiale, Les médias dans les Etats Unis, l’Union soviétique et l’Allemagne ont malignement exploité toutes les stratégies humoristiques pour animaliser et diaboliser l’ennemi (bien évidemment pour le rapetisser aux yeux de l’opinion publique et justifier son anéantissement), mais aujourd’hui, pourquoi les Arabes et les Musulmans sont désignés à travers certains supports médiatiques comme l’Ennemi mondial n°1 ! Les tenants de la théorie du choc des civilisations connaissent bien la réponse.

Dans des centaines de films américains des années 60 et 70, l’Arabe ou le Musulman n’apparaît souvent pour ne pas dire toujours que comme un pervers idiot à la mentalité préhistorique, riche mais plus sale et plus bête que son chameau (un barbare quoi).

Au cours des années 80 et 90, il a évolué un tout petit peu : il a manié  les armes et il est devenu un terroriste professionnel qui menace la civilisation occidentale.

Avilir un peuple au nom de la liberté d’expression

Dans le documentaire canadien « zone doc : Hollywood et les arabes », Jack Shaheen a judicieusement montré comment Hollywood  a réussi à « avilir un peuple » ! (en revanche, combien de films dévalorisants sur les juifs trouve-t-on dans les archives cinématographiques mondiales!)

Et il faut préciser: Hollywood avilit un peuple au nom de la liberté d’expression ! Et dans un style humoristique authentique ! (www.youtube.com/watch?v=TJ7nwbbIpkc)

C’est ce que continuent à faire aujourd’hui certains médias européens sous couvert de cette prétendue liberté illimitée ! Ils continuent d’une façon trop bête et trop primaire à animaliser et déshumaniser toute une communauté en prétendant tourner en dérision certains faits ou certaines vérités.

L’humour sollicite avant tout l’intelligence et non le regard

Je dis trop bête et trop primaire parce que l’humour (le vrai) sollicite avant tout l’intelligence et non le regard !

C’est en effet l’idée ou le message implicite que recèle l’image ou le discours humoristique (et qui exige une certaine compétence interprétative, ce que les uns appellent tout bonnement l’intelligence) qui importe le plus.

C’est en ce sens qu’il est considéré par les uns comme le signe de supériorité intellectuelle ou de génie. On est impressionné par ces humoristes qui manient les mots comme des magiciens et qui parviennent à nous faire rire et réfléchir en même temps. L’humour est un don ! Point à la ligne !

Dessiner un prophète avec une bombe sur la tête ne fera pas rire même la vache qui rit. Ai-je besoin même d’une seule cellule grise pour comprendre le message transmis ? Et où réside la part d’inventivité dans ces bêtises !

Qui a commencé à jeter les pierres sur le toit d’autrui

(La quenelle de Dieudo est mille fois plus subtile et intelligente ! Pour Valls, c’est un salut nazi ! Pour moi, c’est un geste de résistance, « un bras d’honneur » (double) adressé au système et aux politicards de son acabit !)

Désormais, si vous faites la moindre allusion négative aux juifs, vous êtes taxé immédiatement d’antisémitisme !

Rappelons à ce propos que de tous les stéréotypes attribués aux juifs et qui remontent en réalité au Moyen âge, deux seulement sont tolérés aujourd’hui : le gros nez  et l’amour de l’argent. Les autres ont été légués aux arabes et aux musulmans ! (www.youtube.com/watch?v=k9czNkb9J2I)

Et quand vous parlez aujourd’hui de justice à géométrie variable ou de la logique des deux poids deux mesures, on vous accuse immédiatement d’être raciste et antisémite ! Mais qui a commencé à jeter les pierres sur le toit d’autrui !??

Les alternatives sont claires : ou bien vous acceptez et vous respectez les règles du jeu que vous avez vous-mêmes inventées et imposées aux autres (Patere legem quam ipse fecistiou) ou bien vous les modifiez et vous précisez les lignes rouges infranchissables ou  vous arrêtez carrément le jeu !

La réaction choquante de Valls m’a inspiré cette réflexion

Je n’ai jamais été un fan de Dieudo, mais c’est la réaction inattendue et même choquante de Valls qui m’a inspiré cette réflexion !

Pour conclure, je dirai en pastichant Pierre Desproges qu’on peut rire de tout et avec tout le monde à condition de ne pas tomber dans l’infra-humain !

Moez Lahmédi

Mounadil al Djazaïri

Affaire Dieudonné (nouvelle suite…): Le plan de solution finale contre le saltimbanque…

Posted in actualité, Internet et liberté, média et propagande, militantisme alternatif, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 8 janvier 2014 by Résistance 71

On a bien aimé le ton de cet article…

— Résistance 71 —

 

Dernière minute  Manuel Valls lance Opération Plomb Endurci contre Dieudonné.

 

Viktor DEDAJ

 

7 janvier 2014

 

url de l’article original:

http://www.legrandsoir.info/derniere-minute-manuel-valls-lance-operation-plomb-endurci-contre-dieudonne.html

 

Le rédac’ chef a été formel : « faut causer de Dieudonné ».

Moi : De qui ?
Lui : Fais pas ton mariole, et ponds nous un article homérique.
Moi : Mais on n’a jamais parlé de lui.
Lui : Y’a un commencement à tout.
Moi : Et je dis quoi ?
Lui : On s’en fout. Du moment que tu mets son nom dans le titre, c’est bon pour notre référencement sur Google. Essaie de trouver un titre rigolo.
Moi : Tu veux que je parle de liberté d’expression ?
Lui : Ta gueule.
Moi : De l’antisémitisme, alors ? Parce que j’ai un truc là, sur l’antisémitisme et son instrumentalisation à la fois par le système et certains de ses adversaires et je pourrais…
Lui : Stop. Je m’emmerde déjà. Je veux un truc léger, aérien, pour bien commencer l’année.
Moi : Oui.
Lui : Oui, qui ?
Moi : Oui, Chef.
Lui : Tu vois que tu peux quand je veux ?

Dernière minute : Manuel Valls lance Opération Plomb Endurci contre Dieudonné.

Hé, Dédé, c’est ma tournée !

Manuel Valls n’est pas un homme en colère, mais un homme de colère. La colère, la détermination, c’est son truc, sa marque déposée. Ne dites plus « je suis en colère », parce qu’il risque de vous demander des droits d’auteur. Ne conjuguez plus un verbe suivi de « avec détermination », parce que là, il vous enverra ses avocats. Manuel Valls ne rigole pas : sur pratiquement toutes les photos de lui, il a un regard semi-halluciné, les mâchoires serrées et la tempe légèrement perlée de sueur, genre la solitude du torero au moment de l’estoc final.

De Dieudonné, on dit qu’il est le plus grand humoriste français. Bon, être le plus grand des humoristes français, c’est quand même être le meilleur joueur d’une équipe de foot qui se trouve tout en bas du classement, en dernière division. Je ne critique pas, je dis simplement que les « humoristes français », c’est pas mon truc. Bref, il ne me fait pas rire. Ce dont tout le monde se fiche, moi en premier.

Manuel Valls, ministre de l’Intérieur (détail important), veut interdire les spectacles de Dieudonné pour troubles à l’ordre public et a donc lancé des appels à peine voilés à la provocation de troubles à l’ordre public devant les salles de spectacle. Ben oui, quoi de plus hypnotisant pour un pompier monté sur ressorts qu’un incendie ?

Manuel Valls, ministre de l’Intérieur de la République française (détail important) a récemment affirmé son lien indéfectible avec Israël qui, contrairement aux apparences, n’est pas un DOM-TOM français. Comment un ministre en exercice de la République en arrive-t-il à clamer son attachement pour un pays tiers ? Par un extraordinaire raisonnement politique qui va vous renverser : parce que sa femme est d’origine juive. Et du coup, je me dis que nous avons sacrément de la chance que sa femme ne soit pas nord-Coréenne.

Manuel Valls accuse (il n’est pas le seul) Dieudonné d’être antisémite, ou plutôt de tenir des propos antisémites. Faute impardonnable de la part de Dieudonné qui n’a apparemment pas compris que les propos sur les Roms, le bruit et les odeurs, et les condamnations pour propos racistes sont réservés aux ministres en exercice (même pas démissionnés), pas aux guignols. Ce que Dieudonné a pris pour un exemple venant de haut n’était en réalité qu’une prérogative réservée aux dignitaires du régime.

Hé, Dédé ! Tu nous remets ça ?

Mais il y a plus : Dieudonné a des fréquentations douteuses. Mais là encore, faute impardonnable. Pousser la chansonnette, se taper un gueuleton, verser une petite larme d’émotion, clamer tout son amour pour le chef de l’extrême-droite raciste et ségrégationniste israélienne est une activité réservée aux Présidents de la République, soi-disant de gauche, pas à un comique troupier. Ce que Dieudonné a pris pour un exemple venant de haut n’était en réalité qu’une prérogative réservée au Capo di tutti capi.

Mais il y a plus : Dieudonné est dangereux. Oui, mais dangereux, comment ? Et comment mesurer cette dangerosité ? Par le nombre de ratonnades effectuées contre des militants de la cause palestinienne ? Par le nombre de descentes musclées dans des librairies ? Par la publication de listes de noms et de données privées – comme au bon vieux temps ? Ah non, ça c’est les autres.

Bon, ok, je reformule la chose : Dieudonné est potentiellement dangereux. Aaaah… c’est beaucoup mieux.

Hé, Dédé, à ton avis, Dieudonné, il est plus ou moins dangereux que, disons, BHL, ou les apologistes de crimes de guerre du CRIF ? Hein, qu’esse tu dis ? Ouais !!! tournée générale !

J’écris « Manuel Valls », mais je pourrais aussi bien écrire un truc du genre « la classe médiatico-poltique actuelle », sauf que « Manuel Valls », c’est plus court et que je ne suis pas payé au mot.

J’écris « Dieudonné », mais je pourrais aussi bien écrire « le miroir dans lequel s’observe la classe médiatico-politique actuelle » mais là, j’ai déjà des crampes aux doigts.

En résumé : en ce début d’année 2014 et à quelques mois d’élections, Manuel Valls veut la peau de Dieudonné. Il parait que c’est pour en faire une descente de lit, mais j’attends la confirmation d’une source sûre. Il paraît aussi que le porte-avion Charles de Gaulle serait en route.

Faut-il condamner Dieudonné ? Evidemment. Et à la hauteur précise de sa culpabilité. Comme pour tout un chacun. Ne serait-ce que pour ne pas donner cette pénible impression de faire semblant de parler d’une chose tout en disant en réalité autre chose – car n’oublions pas qu’il y a des yeux qui nous observent et qui voient, et des oreilles qui nous écoutent et qui entendent.

Bref, vous l’aurez compris : en ce début d’année 2014, il est question de Dieudonné (encore), d’antisémitisme (encore), de Manuel Valls (encore), de météo (comme d’hab’) et d’accidents de ski (’tention, ça glisse).

Bonne année et surtout bonne santé à tous.

(« Bonne santé », tiens, ça me fait penser que…)

Allez, Dédé ! Une dernière pour la déroute !

Viktor Dedaj
« J’ai de plus en plus de mal à comprendre (hips) ce qui se passe dans ce pays d’ivrognes »

 

Affaire Dieudonné (suite…): Les conseils d’avocats de la Ligue de Défense Judiciaire des Musulmans…

Posted in actualité, Internet et liberté, média et propagande, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, presse et média, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 7 janvier 2014 by Résistance 71

Vue juridique de l’actualité de l’affaire Dieudonné

 

Ligue de Défense Judiciaire des Musulmans (LDJM)

 

6 Janvier 2014

 

url de l’article:

http://www.lepouvoirmondial.com/archive/2014/01/06/tres-urgent-a-l-attention-des-avocats-de-dieudonne-qui-est-v-5263898.html

 

La polémique concernant l’humoriste Dieudonné M’bala M’bala – dit Dieudonné – ne cesse d’enfler. Le Ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, devrait adresser, dès demain, une circulaire à l’ensemble des préfets dont le but affiché est celui d’interdire les représentations de l’artiste, qui démarre une nouvelle tournée dès jeudi à Nantes. La candidate PS à la mairie de Paris demande – quant à elle – la fermeture du Théâtre parisien de la Main d’Or, tandis que Arno Klarsfeld appelle sciemment au « trouble à l’ordre public » jeudi afin d’empêcher les représentations de l’artiste. 

Tout d’abord, concernant l’interdiction des spectacles – réunions publiques – souhaitée par le Ministère de l’Intérieur, il s’agit de préciser qu’au point de vue juridique aucune interdiction ne peut être prononcée avant une représentation, car le principe constitutionnel et conventionnel de liberté d’expression prévaut. En outre, les réunions publiques sont régies par la loi du 30 juin 1881 sur la liberté de réunion. Cette loi dispose notamment qu’elles ‘ne peuvent être tenues sur la voie publique’, ‘ni se prolonger au-delà de 23 heures’, mais indique avant tout qu’elles sont ‘libres’. Cette liberté – à savoir la liberté de réunion – est fondamentale en droit français, et n’a pour seule limite que le trouble à l’ordre public, qui doit être dûment justifié. Dans le cas où un arrêté préfectoral ou municipal interdit un spectacle, le Tribunal administratif pourra être saisi en référé afin d’obtenir la suspension de cette mesure (référé-suspension de l’article L521-1 du Code de Justice Administrative), parallèlement à une action au fond en recours pour excès de pouvoir. Le juge estimera si l’interdiction est proportionnée ou non au risque de trouble à l’ordre public.

Ensuite, concernant les déclarations de la candidate PS à la Mairie de Paris, qui souhaite fermer le Théâtre de la Main d’Or, il convient de préciser, très simplement, que ce théâtre est un théâtre privé et, à ce titre, aucune autorité, si tant est municipale, ne saurait disposer des compétences afin d’obtenir la fermeture – du point de vue juridique – de ce théâtre.

Quant à celles d’Arno Klarsfeld, deux éléments, très simples, sont à relever. D’une part, appeler à troubler l’ordre public s’analyse juridiquement comme la provocation à l’attroupement. Le délit d’attroupement est prévu à l’article 431-3 du Code pénal aux termes duquel « Constitue un attroupement tout rassemblement de personnes sur la voie publique ou dans un lieu public susceptible de troubler l’ordre public ». L’article 431-6 du Code pénal prévoit que « La provocation directe à un attroupement armé, manifeste soit par des cris ou discours publics, soit par des écrits affichés ou distribués, soit par tout autre moyen de transmission de l’écrit, de la parole ou de l’image, est punie d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. Lorsque la provocation est suivie d’effet, la peine est portée à sept ans d’emprisonnement et à 100 000 euros d’amende ». Le Procureur de la République pourrait donc se saisir des déclarations d’Arno Klarsfeld, tout autant que le Bâtonnier de l’Ordre des avocats. D’autre part, Arno Klarsfeld étant avocat, inscrit au Barreau de Paris, il est soumis aux règles déontologiques à l’instar de l’ensemble du corps de cette profession. À ce titre, un avocat ne peut – quand bien même cela se ferait hors de son rôle professionnel – appeler les gens à l’émeute ou la rébellion. 

Enfin, afin de conclure, intéressons nous à la loi Gayssot. La loi Gayssot est la désignation courante de la loi française no 90-615 du 13 juillet 1990, « tendant à réprimer tout acte raciste, antisémite ou xénophobe ». L’article 9 de cette loi introduit un article 24 bis dans la loi du 29 juillet 1881 relative à la liberté de la presse. Cet article qualifie de délit la contestation de l’existence des crimes contre l’humanité, tels que définis dans le statut du Tribunal militaire international de Nuremberg, qui ont été commis soit par les membres d’une organisation déclarée criminelle en application de ce statut soit par une personne reconnue coupable de tels crimes. La compatibilité de cette loi avec la liberté d’expression – à portée constitutionnelle (article 11 DDHC) et conventionnelle (article 10 CESDH) est contestable. Cette loi n’a jamais été soumise à un contrôle du Conseil Constitutionnel, ni dans le cadre d’un contrôle a priori, ni dans le cadre d’une Question Prioritaire de Constitutionnalité (QPC) – contrôle a posteriori. Or, la conformité à la Constitution de cette loi est sujet à discussion. Le Conseil Constitutionnel a déclaré, le 28 février 2012, la « loi visant à réprimer la contestation de l’existence des génocides reconnus par la loi » comme contraire à la Constitution. Le fondement de la censure résidait dans l’atteinte que porte en elle-même à la liberté d’expression et de communication l’incrimination de la contestation de l’existence et de la qualification juridique de crimes reconnus et qualifiés comme tel par la loi. 

Dès lors, se pose la question de la constitutionnalité de la loi Gayssot, qui pourrait être tranchée par le biais d’une QPC de Dieudonné…

Karim ACHOUI et Samim BOLAKY
 Président et membre de la LDJM

Ligue de Défense Judiciaire des Musulmans – LDJM 
https://www.facebook.com/LigueDeDefenseJudiciaireDesMusul…

Karim Achoui : « La LDJM est la force judiciaire dont le combat contre l’islamophobieavaitbesoin »
http://oumma.com/20222/karim-achoui-ldjm-judiciaire-dont-…

 

Liberté d’expression et totalitarisme: Affaire Dieudonné… La parole à l’accusé…

Posted in actualité, altermondialisme, média et propagande, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, presse et média, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 5 janvier 2014 by Résistance 71

Tellement facile de réprimer en disant n’importe quoi pourvu que çà soit dans le sens du poil oligarchique… Il faut toujours voir l’autre côté du miroir, ne serait-ce que par honnêteté intellectuelle…

— Résistance 71 —

Dieudonné: “Je veux aller en prison”

 

Olivier Mukuna

 

2 Janvier 2014

 

url de l’article:

http://www.alterinfo.net/Dieudonne-Je-veux-aller-en-prison_a98296.html

 

 

Des médias au gouvernement français, en passant par une partie de l’opinion, on fustige ou nazifie « la quenelle  » … Depuis plus de trois mois, ce geste est reproduit dans toute la France par des citoyens de tous âges et de toutes catégories sociales. Phénomène d’essence subversive ou « bras d’honneur » revisité sur fond de crise et de ravages socioéconomiques ? Manuel Valls et les médias mainstream ne répondront pas à cette question. Obsédé par la loi non écrite du « deux poids deux mesures », le ministre de l’Intérieur français a choisit de s’illustrer dans l’irrationnel en voulant interdire les spectacles de l’inventeur du geste : Dieudonné M’Bala M’Bala.  Humoriste antisioniste franco-camerounais. Provocateur et diabolisé depuis dix ans par les médias et la sphère politique francophones ; condamné en justice à plusieurs reprises pour « antisémitisme  et incitation à la haine raciale » sur plaintes des associations pro-israéliennes ; illégalement interdit de se produire en spectacle à Bruxelles. Depuis 2012, l’artiste controversé, dont la popularité dérange le pouvoir, refuse toute interview à la presse subventionnée . Hors la scène, il s’exprime via son site et ses vidéos dont deux ont été visionnées plus de deux millions de fois . En exclusivité, Dieudonné a accepté de répondre aux questions de FDC.

Femmesdechambre.be : Quel est votre sentiment face à l’agression récente d’un citoyen par un groupe d’individus « anti-quenelles » à Lyon ? 

Dieudonné : J’attends de voir la réponse de la justice face à ces actes criminels et de séquestration. Je m’étonne également de voir que les six coupables présumés ont directement été remis en liberté sous contrôle judiciaire. Je pense rencontrer la semaine prochaine la victime de ces agressions et voir comment l’aider à organiser sa défense. Parce qu’on est tous visés par ces agressions…

FDC : S’appuyant sur un extrait de Complément d’enquête (France 2) diffusé le 19 décembre, le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a annoncé vouloir interdire vos spectacles qu’il qualifie de « réunion publiques »…

D. : Tout d’abord : je pars bientôt en tournée à travers la France. La seule possibilité pour le gouvernement d’interdire mes spectacles, c’est de faire passer une loi … une loi qui porterait peut-être mon nom : bon courage ! Je ne vois pas comment on interdirait à un citoyen de travailler ?! Après le ministre de l’Économie, Pierre Moscovici, qui m’a soumis à une imposition fiscale démentielle et tenté de faire saisir mon bien immobilier, c’est désormais Manuel Valls qui veut m’interdire de travailler. Soit me condamner à une peine de mort sociale! On verra … Soit ils interdisent ma tournée et on fera, comme d’habitude, casser cette interdiction avec un arrêté, à la suite duquel ils devront me rembourser. Avec l’argent public, celui des Français. Je ne crois pas qu’en temps de crise, cette perspective soit très judicieuse…

Le ministre français de l’Intérieur, Manuel Valls étudie « tous les moyens juridiques » pour interdire les spectacles de Dieudonné.

FDC : Valls et les médias vous accusent à nouveau d’antisémitisme pour vous être attaqué, dans votre dernier spectacle, au journaliste Patrick Cohen en évoquant les chambres à gaz

D. : Ici aussi, on attend la nature de la plainte… En réalité, il n’y a pas « d’affaire Cohen ». Juste un énorme bruit médiatique nourri par un amoncellement de mensonges. L’extrait de France 2 sur lequel se base cette histoire est frauduleux. L’objet du « délit » est un vol revendiqué d’images auquel ils font dire ce qu’ils veulent. J’ai confié l’affaire à mes avocats et ne vois pas comment je pourrais être condamné pour ça.

Nicolas Anelka « assume totalement son geste » en solidarité avec l’humoriste et s’estime « ni antisémite, ni raciste ».

FDC : Samedi passé, Nicolas Anelka a fait « une quenelle » après avoir marqué un but en championnat d’Angleterre, provoquant la colère de la ministre française des Sports comme la possibilité d’une sévère sanction à son encontre. Votre réaction ?

D. : Avant cela, il y a eu Jean-Marie Bigard qui a fait une quenelle. Dans un moment où il ne faut pas en faire. Ça m’a touché parce que, comme moi, c’est un laborieux, un agriculteur de l’humour. Mais cela faisait des années que j’attendais notre «Mohammed Ali français ». Le voilà : il s’appelle Nicolas Anelka … Il a dit qu’il avait fait cela par amitié à mon égard. Or, pour moi, Nicolas n’est pas un ami : c’est un frère ! Ce panache est aussi lié à son histoire antillaise. Ses arrières grands-parents doivent être très fiers de lui. Faire ce geste, en ce moment très précis, c’est tout simplement héroïque. Nicolas a toujours été un nègre marron et il a rendu leur fierté à ses ancêtres. C’est notre champion !

FDC : Pensiez-vous que la quenelle prendrait, à la fois, la tournure d’un phénomène populaire et serait désigné par les élites comme un « salut nazi inversé » ?

D. : Non, pas du tout. Au départ, en 2005, c’est un geste dans un sketch… Puis, la définition a évolué (rires) … Glisser une petite quenelle, c’est une sorte de bras d’honneur au système avec une dimension, heu … dans le cul, quoi ; carotte dans le cul. Bon, on parle d’une quenelle, donc c’est un peu mou, moins violent : le truc en lui-même n’est pas très agressif. Puis, il y a une première évolution où j’ai repris le geste durant la campagne de la liste antisioniste aux élections européennes de 2009. Ce n’était pas un signe de ralliement des antisionistes à ce moment-là, mais disons que c’était une virgule supplémentaire dans cette démarche antisioniste. Et puis, selon moi, il y a eu Romain … Je parle de ce jeune garçon de 17 ans atteint d’un cancer qui nous a quitté, il y a un an. Selon moi, c’est lui qui a donné la dimension qu’il fallait à ce geste de la quenelle. Avant de mourir, Romain a été approché par l’association Make a wish (« Fais un vœu », ndlr) censée réaliser le vœu d’enfants très malades. Romain leur a demandé à pouvoir me rencontrer et l’association a refusé. La mère de Romain a donc entrepris la démarche et j’ai rencontré son fils. Le peu de temps où nous avons communiqué ensemble et partagé des moments sur  scène restent gravés dans mon esprit. Lorsqu’il a fait cette quenelle devant le scanner de l’hôpital à l’adresse de l’Institution médicale, pour moi, c’était vraiment le panache. Il a apporté à la quenelle une dimension héroïque. Face à la mort et face à la peur, eh bien : quenelle !

FDC : Ce temps passé avec Romain intervient donc avant « la diffusion virale » de la quenelle, pour reprendre l’expression médicale des médias ?

D. :  Oui, tout à fait. A l’époque je l’expliquais déjà comme cela : de mon esprit est sortie une expression et la meilleure définition que l’on peut en donner, c’est celle qu’en a donné Romain.

FDC : Il y a plusieurs facteurs d’explication à l’apparition d’un phénomène. Est-ce la crise socioéconomique qui radicalise une partie croissante des citoyens ou l’incompétence moralisatrice des gouvernants actuels qui explique le succès de la quenelle ?

D : Bon, moi, je suis un humoriste … On essaye de politiser à outrance mon discours alors que l’essentiel de mon temps, je le passe à faire rire les autres. Je vais donc essayer de limiter mon analyse à ce que je connais : c’est-à-dire que je prends le pouls de cette société dans les salles de spectacle. Je vois les sujets sur lesquels le public réagit, aime rebondir, les tabous qui sont en train de sauter. Nous sommes dans une société qui se libère d’un poids et, effectivement, la crise pousse l’opinion publique à une sorte d’appétit pour la subversion. Il y a un esprit subversif très vivant en ce moment. Et puis, cette vie qui est difficile, dans le travail, dans  l’économie, fait que les gens ont besoin d’espace, d’oxygène, de sensations de liberté. Je pense que la quenelle leur apporte ça : c’est un acte subversif qui libère. C’est un peu l’émancipation de l’esclave qui veut sortir du jeu.

Au-delà même de la crise économique, je pense que les dirigeants n’avaient pas vu la gravité de la crise de confiance. A partir du moment où vous persistez à jouer un jeu auquel les gens ne veulent plus jouer, ils n’y croient plus. Il faut inventer un autre jeu. La République et la démocratie se sont construites avec le temps. Il a fallu y croire, partager avec un maximum de gens cette utopie qu’était la démocratie. Pour un petit nombre, elle est devenue réalité mais pour beaucoup, elle ne l’a jamais été. Aujourd’hui, ce système est en crise. Personnellement, je pense que la démocratie n’a jamais existé  mais ceux qui en profitent grassement n’arrivent plus à nous faire croire que ce projet est réalisable tel quel …

FDC : Dans le film « Est-il permis de débattre avec Dieudonné ?  » (2009), vous espériez « une révolution » : s’en approche-t-on aujourd’hui ?

D. : Oui, mais cette révolution ne viendra pas de ce système qui est complètement fermé. Prenons simplement le vote électronique que vous avez aussi en Belgique : il faut avoir une foi indestructible dans le ministère de l’Intérieur pour croire en la démocratie, puisque c’est ce ministère qui se charge du dépouillement virtuel. Cela n’a plus aucun sens ! Il faudrait avoir confiance. Or, nous sommes dans une période de doute absolu … Donc, cette histoire de vote électronique, il faut arrêter ça et revenir au moins au dépouillement manuel. Pour que les gens raccrochent un peu… Je pense que malheureusement ce n’est pas l’objectif. L’objectif de ceux qui nous dirigent, c’est de tenir en force ou peut-être ont-ils anticipé ce qui est train de se passer et que, finalement, cette crise sert une sorte de « guerre civile » qui leur profiterait ? En fait, la révolution, c’est Internet ! Lorsque Roger Cukierman (président du Conseil Représentatif des Institutions juives de France, ndlr) essaye de m’interdire de  communiquer sur Internet, on sent bien que c’est par là que ça se passe. C’est par la toile que des millions de gens vont se rassembler et puis vont mener des actions de résistance. La révolution ? Oui, on s’en rapproche… J’ignore si on peut les qualifier de « révolutionnaires », mais on a vu qu’au départ des printemps arabes, il y avait les réseaux sociaux. La France et l’Europe n’échapperont pas à cette libération-là. En tout cas, j’y crois !

FDC : Dans le même film, vous estimiez que « les médias travaillent à leur propre disparition ». Vous persistez aujourd’hui ?

D. : Oui, il n’étaient déjà pas en forme en 2009, mais alors aujourd’hui … Je suis certainement un élément révélateur : il y a quelques années mes vidéos postées sur Youtube faisaient 100.000 ou 200.000 vues ; aujourd’hui, on dépasse le million voire plus de deux millions. En termes de visibilité, je dépasse donc certaines émissions du service public. Ce qui est amusant d’ailleurs, car les responsables de ces émissions viennent désormais me voir pour me proposer de faire des choses (rire).  Encore dernièrement, c’était Complément d’enquête (France 2). Je leur ai répondu ceci : « Venez avec vos caméras et moi, j’aurais les miennes. Vous me posez les questions que vous voulez ; moi, je vous pose les questions que je veux et puis : chacun fait son programme !». Évidemment, ils ont refusé. En conséquence, j’ai décliné toute interview et leur ai interdit l’accès à mon théâtre. Mais les responsables de ce média traditionnel ont quand même envoyé leurs journalistes filmer mon spectacle en cachette. Ils se sont fait passer pour des spectateurs, ont payé leur billet pour mieux voler des images et les recéler. Donc, j’ai mis mes avocats sur le coup et j’ai déposé plainte … Non seulement ces médias de l’ancien système s’effondrent mais en plus, ils sont fiers de leurs méthodes de voyous. Si je faisais la moitié du quart de ce que fait France 2 en volant des images, j’aurais déjà le parquet de Paris sur le dos !

 

A l’instar d’un sondage de l’hebdo Le Point, les résultats du quotidien Le Parisien dégage une nette majorité désapprouvant l’éventuelle interdiction des spectacles de Dieudonné.

FDC : De 2003 à 2012, vous acceptiez les demandes d’interviews des médias traditionnels: désormais, vous refusez de parler aux journalistes français ?

D. : Oui, je n’ai plus aucun intérêt à les aider dans leur entreprise. Mes salles de spectacle sont pleines ; je communique avec des millions de personnes grâce à d’autres réseaux. Pour moi, ils n’existent plus : je n’ai aucune raison de collaborer avec eux. Donc, quand ils viennent me voir, ils passent au guichet comme les autres. C’est 35 € la place ou moins, ça dépend s’ils ont une réduction : à priori, ils ne sont pas encore chômeurs, mais ils pourraient le devenir assez rapidement …

C’est vrai qu’ils n’apprécient pas trop ma façon de voir le journalisme parce que, selon moi, le seul journalisme qui vaille aujourd’hui est celui d’Internet. Il faut évidemment le professionnaliser pour qu’il devienne une activité normale et rentable pour ceux qui fournissent ce travail. C’est en train de se mettre en place même si c’est un peu long. Lorsque cet objectif sera atteint, je pense que ça va libérer beaucoup de journalistes du joug de ces rédacteurs en chef qui ne sont que des marionnettes du système en place.

A l’image de Benoît Duquesne, le rédacteur en chef de Complément d’enquête. Je l’ai eu au téléphone pendant environ 30 minutes, avant la diffusion de son émission (le 19 décembre, ndlr). Il m’a dit qu’il voulait bien m’inviter en plateau. Ce à quoi j’ai répondu : « Tout ce qui est montage ne m’intéresse pas ». Si ce n’est pas en direct, je n’y vais pas ! Ou alors, c’est la réciprocité : ils me filment ; mes caméras les filment et puis chacun fait son émission. Duquesne m’a alors dispensé « une leçon de journalisme, d’honnêteté et d’intégrité ». A la fin, je lui demande quel est mon intérêt de passer dans son émission ? Là, il me répond : « Eh bien, vous passerez dans une émission de qualité. C’est vrai que vous n’avez pas besoin de nous, Dieudonné – j’en suis parfaitement conscient ! -, mais il s’agit quand même d’une émission qui possède une aura de prestige et de sérieux dans sa réalisation » …

Il a donc essayé de se faire le commercial de son imposture. Non seulement, cet homme est un menteur mais il ignore qu’il appartient à un système en train de disparaître. Il est obligé, pour exister, d’envoyer une de ses équipes dans mon théâtre afin de voler des images parce que l’opinion  publique se trouve là ! Elle ne le regarde plus ! En me mentant de manière outrancière au téléphone, en venant chaparder quelques images, l’attitude  de cet homme est hallucinante.

Sans doute que Duquesne a l’impression d’avoir fabriqué un message, d’avoir répondu à une commande, mais comme d’habitude, ça va se retourner contre eux. Sur le propre site de l’émission, la plupart des internautes l’insultent, lui et ses journalistes …  Ils ont tellement quitté le sens de la réalité ; ils sont sur le terrain du mensonge et ne retrouvent plus leur chemin.

Après la représentation de Foxtrot à Saint-Etienne, le quotidien Le Progrès a vu dans ce spectacle « un résultat d’une richesse incontestable, portée par une maîtrise du rythme, des mots et de la scène ».

FDC : En parlant d’insultes : avez-vous des nouvelles de notre compatriote Myriam Leroy ?

D. : Pour ce qui est du spectacle humoristique, le public est derrière moi. Sans publicité, sans promotion, je remplis autant que les stars du système du show-business. Sur un plan purement professionnel, c’est se tirer une balle dans le pied que de m’en mettre une. Alors, la pauvre Myriam Leroy…  La « stagiaire » qu’on envoie au front : je ne lui ai rien demandé. Bon, j’ai tenté d’être le plus délicat possible, même si … je devais lui balancer une petite crotte de nez dans sa face parce qu’elle s’était lâchée. Elle a voulu se frotter au jeu de l’humour et c’est un métier qui est quand même difficile. Cela fait presque trois dizaines d’années que je le pratique et je dois dire qu’elle aurait dû être plus prudente dans son approche. La scène, jouer dans des autocars, dans des champs, pendant des années, c’est une expérience qu’elle n’a pas … Parce qu’elle avait intégré une enseigne, Canal +, elle a cru qu’elle pouvait se permettre un tas de choses : elle a été rattrapée par la réalité ! Elle s’est aperçue qu’elle n’avait pas le niveau nécessaire pour pouvoir amuser sur un sujet qui est drôle, certes, mais il faut aussi avoir le talent pour le mettre en scène. C’était très très lamentable ce qu’elle a pu faire et je crois qu’elle doit le regretter aujourd’hui.

FDC : Estimez-vous être un « pionnier » dans votre secteur : soit un artiste qui, par son travail et Internet, peut vivre de son art sans passer par la médiatisation positive des médias ?

D : Je m’aperçois de cela … Le système avait organisé quelques défenses qui aboutissaient, d’une certaine façon, à une séparation entre le monde du sérieux et celui de la dérision. Il y a d’abord eu Coluche qui a fait un peu trembler le premier monde. De par son investissement dans le champ politique qui a suscité un engouement. Malgré qu’il était complètement encadré par le système, Coluche a eu envie de s’amuser à un moment donné et il leur a fait peur… Après lui, se sont ouvertes les vannes du one-man-show, du spectacle humoristique et d’autres artistes ont pu s’exprimer. La grande différence avec Coluche et Desproges, c’est que je n’aurais pas « leur distanciation ». C’est ce que m’a reproché le dernier juge que j’ai vu. Ce magistrat à qui je faisais visiblement peur me parlait ensuite de « distanciation » (rire). Oui, au plus profond de lui-même, cet homme a peur de ce qui est en train de se passer et, effectivement, certaines personnes ont peur de moi…

Mais pour revenir à votre question, les tenants du système n’avaient pas vu que la sacralité du sérieux allait fondre comme neige au soleil, qu’allait apparaître une expression de la vérité qu’ils ne maîtrisaient absolument pas : l’humour. Drapés dans une posture historique, scientifique, professorale, ils nous expliquent qu’ils ont raison, que ce sont des gens sérieux et que le reste n’est que bouffonnerie. En fait, Ils n’ont pas vu que par la bouffonnerie arrivait l’expression de la vérité. Contre laquelle ils n’ont pas d’armes parce qu’ils ne sont pas drôles et n’arrivent pas à l’être. Souvent , certains disent : « la quenelle, ce n’est pas drôle : c’est vulgaire ! ». Or, d’une part, la vulgarité n’est pas le problème, d’autre part, pour certains comme Romain, la quenelle, c’est quelque chose de fort, de mystique. Contre ça, ils n’ont pas d’armes.

La grossièreté, c’est eux. La vraie vulgarité, aujourd’hui, elle est en cols blancs et  cravates. Elle parle bien, avec des mots ampoulés, parfaitement ciselés, mais il n’y a que du caca qui sort de ces idées. C’est-à-dire la supercherie, le mensonge, le vol, l’escroquerie. Ils ont un Dieu : l’argent. Et leur objectif est d’intégrer une sphère, une élite richissime, vivre entre eux tout en continuant à exploiter une partie de la population. Mais ils n’avaient pas anticipé la force du rire : la quenelle est un phénomène qui vient du rire, de la bouffonnerie. Même si c’est « je te la mets dans le cul », la quenelle ne sera jamais plus vulgaire que le discours de François Hollande, de Nicolas Sarkozy ou de ceux d’avant et de ceux d’après. La vraie vulgarité est démasquée par cette vulgarité potache et ils sont piégés.

FDC : Dans votre dernier spectacle, vous déconseillez pourtant à votre fils d’entreprendre une carrière d’humoriste ; vous dites que « l’humour n’a plus d’avenir » et que vous vous « y employez tous les jours » … 

D. : Je pense qu’à un moment donné lorsque le rire se rapproche du soleil de la vérité, eh bien, celui-ci illumine … Je parlais de Coluche, qui a carrément amené l’humour aux élections présidentielles ; moi, dans ce bâton de relais qu’on se donne, j’amène le rire jusqu’aux portes de la raison. C’est-à-dire que « nous » sommes la raison et « le sérieux » n’était pas raisonnable. Ceux qui le représentent n’étaient pas raisonnables, regardez où ils nous ont conduit ; avec leurs règles et leurs dogmes extrêmement sérieux, regardez ce qu’ils ont fait de nous …  Tout se recoupe, notamment lorsqu’on discute avec des gens qui ont la foi, je pense que Jésus comme le Prophète de l’Islam avaient de l’humour. C’était des hommes qui souriaient. Des personnes qui avaient une paix intérieure qui leur permettait d’avoir un sourire permanent sur la vie et sur les gens. Ce sourire est l’origine du rire. Même si le rire est une outrance, une forme un peu excessive du sourire. Quand je dis à mon fils que « c’est bientôt fini », j’estime qu’on va passer du rire au sourire. Et on va enfin, tous ensemble, sourire sur ce qui est vrai et ce qui est faux.

FDC : Depuis dix ans, vous avez connu divers détracteurs, y compris violents, qui vous ont agressé ainsi que certains de vos spectateurs et récemment votre régisseur Jacky. Aujourd’hui, des hackers ont piraté votre site, divulgué l’identité et les coordonnées des abonnés comme des personnes qui vous ont envoyé leurs photos de « quenelles » … Votre sentiment là-dessus ?

D. :  J’ai effectivement eu droit à tout l’éventail des pressions possibles. On s’en est pris à moi verbalement, physiquement, médiatiquement, politiquement, judiciairement et fiscalement. Ici, avec ces hackers, l’idée est de faire peur aux gens qui pourraient adhérer au mouvement de pensées que je sers, qui m’anime et pour lequel je travaille. Je crois qu’ils se trompent. Après m’avoir diabolisé, ils vont tenter de diaboliser les gens qui, comme moi, ont décidé de se libérer. Puisque, sur le terrain du raisonnement, ils n’ont plus aucun argument : ils ressortent les fouets ! En fait, les esclavagistes et leurs sbires retrouvent leur nature. Ils étaient parvenus à nous faire croire que l’esclavage n’existait plus : on étaient devenus de sages consommateurs. Puis, on s’est dit : «  on va rire, quand même ». Ils nous ont répondu : « Non, on ne peut plus rire ! ». Alors, on s’est dit : « la vie ne mérite pas d’être vécue sans le rire » et donc, nous, on va continuer à rire. La quenelle est devenu notre signe de ralliement et on s’évade de notre « champs de cannes à sucre »; à savoir, ce champs de la pensée dans lequel on nous avait enfermé. Alors, évidemment, ils vont rattraper quelques esclaves et les punir. Comme ils m’ont puni. Je leur ai craché à la gueule et continuerai à le faire. D’autres feront pareil, d’autres abandonneront et il y en a qui diront : « pardon, maître ! »…

Même en Suisse, deux pompiers genevois ont fait l’objet d’une enquête pour avoir effectuer « la provoc qui ne passe pas ».

FDC : Que dites-vous à ces citoyens qui ont peur, à ceux qui ont déjà perdu leur travail pour avoir été pris en photo en train de faire « une quenelle » ?

D. : Vous êtes des héros ! Voilà ce que je leur dis. Vous êtes en train d’écrire l’Histoire et cela ne se fait pas sans certaines pressions. Les résistants français ont éprouvé les mêmes techniques de délation et, pour eux, ça pouvait se terminer de façon beaucoup plus dramatique … Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, nous a prévenu de ce qu’il allait mettre en œuvre. On essaye de nous faire croire que nous avons affaire à de petits pirates. Or, un hacker isolé n’a pas accès à France Info et n’y parle pas avec une voix cryptée ! Si les Autorités, notamment le parquet de Paris, faisaient réellement leur travail, ce délinquant serait déjà intercepté pour avoir commis un acte totalement illégal. Le hacking, c’est du cambriolage, du vol de données ! Mais non, on voit que c’est tout le contraire qui se passe … Attendons un petit peu : on va voir si ce hacker ne va pas être invité chez Drucker, se présenter aux élections ou encore devenir ministre de la Communication (rire). En réalité, c’est la politique israélienne qui donne le « la ». On est dans une société qui se cale sur un racisme officiel et revendiqué issu de « la seule démocratie du Moyen-Orient ». On l’a bien vu avec François Hollande qui est allé se prosterner et s’agenouiller là-bas… A partir du moment où Israël définit une « démocratie » plus dure, plus violente, avec un peuple qui doit rester sur cette terre et un autre qui doit disparaître, cela doit s’appliquer ici, en France…

FDC : Vous avez récemment déposé la marque de « la quenelle » et…

D. : Non, c’est une déformation mensongère relayée partout, encore une fois à dessein. A l’origine, la quenelle est un plat traditionnel français. Déposer ce terme n’a donc pas plus de sens que de déposer les mots « crêpes » ou « choucroute ». Par contre, lorsque vous voulez déposer un projet à l’INPI (Institut National de la Propriété Industrielle, ndlr) ce qui est effectivement mon cas, vous avez une liste d’une trentaine de catégories. Notre équipe a déposé deux projets bien précis sous deux de ces catégories. Et si vous ne faites pas ce dépôt vous ne pouvez pas réaliser votre projet… Mais le mot « quenelle » n’ a pas été déposé comme marque : c’est impossible, ça n’a pas sens et ne veut rien dire.

FDC : Dans une de vos vidéos, vous avez affirmé : « La quenelle me dépasse ; elle ne m’appartient plus ». Ensuite, la presse annonce que vous auriez déposé le mot dans un but commercial : aucun démenti de votre part. Beaucoup y ont vu une contradiction sinon un double discours …

D. : Non, non, il y aura une belle surprise… Mais on attend début 2014. Là, vous en saurez plus. Bon, on a déposé les termes « Quenelle + ». Ce sera le titre d’une émission que je vais animer et vous aurez la surprise de découvrir où et sur quel support. Pour le second projet, c’est également très drôle, ça devrait bien fonctionner et plaire à pas mal de gens. Patience : en 2014, vous en saurez plus …

En réalité, autour de ce dépôt, il y a eu une volonté d’essayer de ternir la dynamique de la quenelle. En n’en réduisant les motivations à une question d’argent. Là-dessus, je suis assez à l’aise : si j’avais vraiment voulu gagner beaucoup d’argent, j’aurais fait comme Gad Elmaleh ou Dany Boon

L’argent n’a jamais été le moteur de mon travail. C’est amusant de voir les marchands du temple essayer de me discréditer ou de me salir en parlant d’argent, de leur argent … C’est un problème schizophrénique : Dieudonné est comme eux : « Il aime l’argent !» et à la fois : « Il vaut casser la société et le système !» … Faudrait savoir (rire) ?! Si je voulais être un chef d’entreprise, spéculer au Cac 40 et être un « fou du fric », je serais alors « respectable », me semble-t-il ? Non, si je ne suis pas respectable à leurs yeux – ce que je peux tout à fait comprendre -, c’est justement parce que l’argent n’a aucune valeur pour moi. Attention : je ne suis pas stupide et sais m’en servir ! Mais je n’ai jamais été le serviteur de cette chose.

Le fameux « mur des cons » épinglant des personnalités (dont l’humoriste entouré en rouge) dans le hall du Syndicat de la magistrature de Paris.

FDC : Vous en êtes à six condamnations judiciaires. Le Monde estime que vous ne payerez probablement pas vos amendes, car vous voulez aller en prison : vous confirmez ?

D. : Oui, je veux y aller !  Ces procès n’ont pas de sens de toute façon … Je me souviens d’une phrase d’Alain Jakubowicz (président de la Ligue Internationale Contre le Racisme et l’Antisémitisme, ndlr) qui avait dit  lors d’un de mes procès : « De toute façon, les médias l’ont condamné : la justice devra suivre ! ». Pour lui, c’est clair : ce sont les médias qui jugent et déterminent. La pression qui est mise sur les magistrats est énorme. En outre, tous ceux qui me jugent à Paris appartiennent au Syndicat de la magistrature. Or, l’année dernière, un journaliste a divulgué que dans le hall de ce Syndicat existait un « mur des cons » où, entre autres, il y avait ma photo dessus ! Je suis donc jugé par des personnes qui appartiennent à un Syndicat où ma photo est épinglée sur un « mur des cons » : c’est un peu étonnant en termes d’objectivité et de neutralité…

FDC : Depuis dix ans, vous êtes accusé de racisme anti-juifs : où en êtes-vous aujourd’hui avec le racisme ? Voulez-vous encore le combattre ou seulement en rire ?

D. : Le racisme est aujourd’hui un argument politique. Moi, j’ai une mère bretonne, un père camerounais, une femme blanche et des enfants de toutes les couleurs. Le concept de races m’est quand même particulièrement étranger. Mais d’accord : je peux être considéré comme « raciste » par certaines personnes. Alors, envers qui serais-je « raciste » ? En fait, selon ces gens, je serais plutôt antisémite, j’aurais une haine particulière envers des gens qui seraient adeptes du Judaïsme, je serais donc très critique à l’endroit d’une religion ? C’est vrai que je suis très critique sur la notion de « peuple élu » mais je n’en veux pas aux adeptes de cette religion. Je dis simplement  que je suis très critique sur cette façon de voir : c’est une très mauvaise façon d’avancer ensemble ! Et le communautarisme exacerbé me paraît dangereux. Lorsque ces deux notions mises bout à bout donnent le Crif (Conseil Représentatif des Institutions juives de France, ndlr), on a une France qui … Je pense que c’est important de combattre le communautarisme ! Et si l’on vous considère comme « raciste » parce que vous vous attaquez au communautarisme, eh bien, tant pis ! Ce qui ne signifie pas que je développe des raisonnements fondés sur une crainte des personnes qui ont les yeux plissés, le nez pointu ou les cheveux roux. Non, profondément ! Je ne raisonne pas comme ça.

FDC : Beaucoup – dont votre ex-collaborateur Ahmed Moualek – s’interrogent ou fustigent votre compagnonnage avec Alain Soral, polémiste racialiste : que fait Dieudonné avec Soral ?

D. : Oui, on a fait un bout de chemin ensemble et nous sommes encore côte à côte. C’est une rencontre qui date d’une dizaine d’années. Il ne m’a personnellement jamais déçu et a toujours été un homme de parole, d’honneur. Nous venons d’univers très différents, comme il l’a dit récemment dans une vidéo (BFMTV – ERTV). Nous ne sommes pas « amis » au sens où on va manger chez l’un ou chez l’autre. Néanmoins, nous participons chacun à écrire une page de l’histoire de ce pays…

FDC : Dans cette vidéo , Soral s’estime « Français de souche » et vous qualifie de « Français de branche »: ça ne vous dérange pas ?

D. : Tout se discute et je pense que le soleil passe par les branches… On est complémentaire et ça ne me dérange pas d’être vu comme un Français  de branche.

FDC : Lorsque Soral fait cette distinction, il établit aussi une hiérarchisation…

D. : Si, dans son esprit, il y a une hiérarchisation, si c’est plus important d’être « de souche » que « de branche », c’est son problème ! Pour moi, ce n’est pas le cas : nous sommes complémentaires. Mais je dois dire que je suis aussi Camerounais. C’est comme ça. Mon père, mon grand-père et mon arrière-grand-père sont enterrés là-bas. J’ai la moitié de ma famille qui vit au Cameroun; j’aime y aller et m’y sens chez moi. Donc, cela ne me dérange pas de discuter avec des personnes qui me disent que je suis « Français de branche ». J’ai également des racines françaises profondes, bretonnes par ma mère. J’ai aussi des « souches » bretonnes…

FDC : Vous êtes donc Français « de souche » et « de branche » : pourquoi reprenez-vous ces qualificatifs inutiles, sauf pour ceux qui veulent établir une hiérarchie ?

D. : Oui, je suis de souche et de branche. Et je pense que cette expression de Soral amène effectivement un débat. Il serait là, on pourrait en parler…  Je comprends en même temps : l’un de mes deux parents n’est pas Français et ce n’est pas un problème pour moi : c’est une grande richesse ! Sans cela, je n’aurais pas eu accès à ce peuple extraordinaire et merveilleux qu’est le peuple béti dont je suis l’enfant. Alors, quand Soral me qualifie de cette expression, il me rappelle que, oui, je suis : « Evratang enam M’Bala » ! Et ça me fait très plaisir.

FDC : Comment voulez-vous faire croire que vous n’êtes pas raciste en vous associant à un leader d’opinion qui a tenu des propos anti-juifs et négrophobes ?

D : En fait, sur Soral, il est important d’accepter l’idée qu’il est bon de ne plus s’opposer. Que ce soit « la souche » ou « la branche », ce qui compte, c’est l’arbre, c’est la France !  Avec ce que nous avons construit chacun dans notre spécialité, on a rassemblé un spectre plus large. Il est beaucoup plus compliqué de détruire ce que nous avons construit tous les deux que d’anéantir un individu, seul, avec une histoire. Tout est fait pour que chacun reste « chez soi » et il était plus facile de mettre Soral dans la case du « nazi » et moi dans celle de « l’islamo-bamboula ». Notre association nous a rendu plus forts contre cela. Et l’un et l’autre. Et a contribué à rendre plus forte cette révolution qui se met en marche… Il y a des gens qui continueront à penser qu’Alain est un raciste ou un racialiste. Comme du côté de Soral, il y a des personnes qui continueront à penser que je suis anti-blancs. Peu importe. Je crois qu’on a réussi à mettre en marche quelque chose. Dans un combat aussi important, il faut parvenir à faire abstraction de certaines différences et nous, on a réussi à le faire, à montrer que c’était possible.

FDC : Soral est aussi qualifié de « girouette ». Avant-hier, marxiste, hier au FN, antisioniste sur votre liste en 2009, il se dit aujourd’hui « national-socialiste », puis déclare que vous et lui êtes « la France Black-Blancs-Beurs » ; il a récupéré la quenelle durant des années mais veut aujourd’hui labelliser à son compte le « bras d’honneur », un geste « très français sans ambiguïté », pour « ne pas effrayer les juifs honnêtes du quotidien » … Difficile à suivre, non ?

D. : Une aventure est faite de rebondissements, de doutes, d’hésitations, mais on peut juger une personne sur l’entièreté du parcours. Et je pense qu’Alain fait partie de ces rares « Français de souche », comme il dit, à être monté sur la liste antisioniste de manière aussi frontale. Je n’en connais pas d’autres. Il a une histoire, certes, et a eu dans son environnement des gens qui pensent qu’il existe « une race noire inférieure » ; comme j’ai eu aussi dans mon environnement des gens qui pensent que « tous les blancs sont finalement des esclavagistes en puissance ». Or, il faut que tout le monde comprenne bien que notre émancipation, on la réalisera tous ensemble. C’est dans cette division que l’Empire et nos élites existent et perdurent. Il est donc très important de se rassembler. Malgré toutes les différences et les choses qui passent, ce qu’on a réussi à faire avec Alain, c’est quelque chose qui marquera l’Histoire. Parce que ce n’était pas dans le programme. Qu’on puisse se rencontrer, se parler et faire ce qu’on a fait : ce n’était pas écrit et on a réussi à le faire.

En avril 2013, à Rennes, 3000 personnes étaient venues acclamer l’humoriste controversé.

FDC : Que vous inspire le fait que Marine Le Pen (FN) a jugé que la quenelle n’était pas « une chose sérieuse  » ?

D. : Je pense qu’elle répond de manière politique. Elle dirige une entreprise politique, c’est son activité professionnelle. Néanmoins, elle a fait les choses relativement proprement : c’est le « service minimum ». D’ailleurs, ça lui a été reproché, car il est de bon ton de condamner la quenelle, de manière claire et instantanée. Alors, remettre la quenelle dans le champ du burlesque et de l’humour, bon, c’est finalement l’origine du geste. Maintenant, je pourrais lui répondre : « Vous parlez de sérieux, Marine Le Pen, croyez-vous vraiment que les gens pensent que la politique est exercée par des gens sérieux ? Vous prennent-ils au sérieux ? Ou est le sérieux dans la société dans laquelle nous vivons ? ». Nous dire que la quenelle, ça n’est pas sérieux, certes, mais c’est assumé ! Mais vous, Marine Le Pen, votre parti et ce que vous faites,  c’est sérieux ?

FDC : Par contre, avec certaines réserves, Tariq Ramadan soutient le geste qui, selon lui, signifie : « Cessez de nous prendre pour des imbéciles, nous ne nous laisserons ni manipuler ni faire !  »…

D. : Cela ne m’étonne pas. J’ai toujours eu un rapport très fraternel avec Tariq Ramadan. Il y a un lien qui dépasse le champ politique. Chez lui, il y a une compréhension de cette société qui est … Depuis toujours, il fait partie de ces personnes avec qui j’ai un excellent rapport, sans trop se parler, et même si les années passent avant qu’on ne se revoie. J’ai adoré sa définition de la quenelle qui, en même temps, lui correspond bien. Je vous parlais de celle de Romain, celle de Tariq me va. Mais ce n’est même plus à moi d’en juger. La quenelle, effectivement, ne m’appartient plus, de même que cette révolution : j’en suis un serviteur. Contrairement à ce que certains essayent de faire croire avec cette histoire de dépôt de marque, je ne suis pas un gourou ni un leader politique. D’une part, parce que je suis inéligible et, d’autre part, parce que je n’en ai aucune envie : je suis un humoriste !

FDC : Vous êtes inéligible ? Depuis quand et sur base de quel motif ?

D. : C’est tombé en mai dernier : je suis inéligible pour trois ans. On ne peut donc pas me dire que je suis un homme politique : je suis moins qu’un homme politique puisque je suis moins qu’un citoyen : je n’ai plus le droit de me présenter à une élection. Le Conseil constitutionnel a déclaré que je n’avais pas remis les comptes   (de campagne de la liste antisioniste, ndlr) dans le délai autorisé. La réalité, c’est que la personne qui devait remettre les comptes est tombée malade et a été hospitalisée. Celle-ci n’a effectivement pas respecté les délais. L’usage veut qu’avec ce type d’excuse médicale, on accorde une certaine tolérance … Ici, non : c’était pratique de pouvoir se saisir de cet élément pour m’écarter du champ politique pour les trois prochaines années.

Selon Dieudonné, Mamadou Sakho, le buteur de la qualification de l’équipe de France pour le Mondial 2014, a bel et bien été « piégé » … Mais par le service de communication du footballeur.

FDC : Au lendemain de la qualification inattendue de l’équipe de France de foot pour la Coupe du monde 2014, grâce aux 2 buts de Mamadou Sakho devenu « héros national », vous avez diffusé une photo de ce joueur faisant avec vous une quenelle. D’aucuns estiment que vous avez instrumentalisé Sakho et l’avez, quelque part, « mis dans la merde » …

D. : Cette perception, c’est si l’on juge que je devrais prendre en considération le fait que je suis une personne justement diabolisée parce que dangereuse. Or, je ne me considère pas comme ça et Mamadou Sakho est venu amicalement voir mon spectacle – je ne lui ai pas demandé de le faire. Il vient ensuite amicalement me saluer dans ma loge. Et, de manière spontanée, on me demande à faire une photo avec lui et sa compagne. Et hop, on fait une quenelle ! Je ne sais même plus si c’est une idée collective ou si c’est Sakho qui l’a demandé. Mais tout cela s’est déroulé de façon spontanée et sans contraindre qui que ce soit. Comme avec Tony Parker, Teddy Riner et plein d’autres qui sont venus faire des quenelles dans ma loge ! Oui, Sakho est venu me voir et j’ai trouvé que ce n’était pas gênant de diffuser cette photo.

En plus, je viens d’apprendre aujourd’hui même (le 21 décembre 2013, ndlr) que c’est un service de communication qui a écrit « sa réponse » sur twitter : « Je me suis fait piéger ». Donc, ils ont parlé à la place de Mamadou Sakho ! Or, à l’évidence, Sakho ne s’est pas fait piéger et cette réponse est évidemment un problème. Qui dit « piégé » dit que Sakho ne savait pas qu’il faisait une quenelle, après avoir vu mon spectacle où je parle de ça pendant 1h20 …

Bref, si on vient après dans ma loge faire une quenelle avec moi, c’est en toute connaissance de cause. Aujourd’hui, je crois comprendre qu’il a bien été piégé, mais pas par moi : par son service de communication… Je lui souhaite maintenant de devenir un excellent sportif. À la fois sur le plan technique et du jeu – comme c’est le cas actuellement – mais  également dans la vie, sur le plan des valeurs. Il a aussi un rôle à jouer dans l’émancipation de tous ces gens qui réclament justice et vérité. Mais lui plus que d’autres. Parce que cela m’a été rapporté, beaucoup, dans son environnement, lui ont dit : « Mais non, Mamadou, tu ne t’es pas fait piéger : on fait tous la quenelle à la maison ! Et chez toi ? On ne fait pas la quenelle ? ». Ben évidemment, chez Mamadou, à la maison, on fait tous la quenelle, je sais ! (rire). Il faut désormais qu’il devienne plus imperméable aux pressions, tout en restant ce sportif de très haut niveau…

Le 7 novembre 2013, le quotidien belge La Dernière Heure annonçait l’abandon par le parquet de Bruxelles des poursuites contre Dieudonné pour « propos antisémites et incitation à la haine raciale ».

FDC : La dernière fois que vous êtes venu à Bruxelles, il y avait 200 policiers  pour censurer manu militari votre spectacle, sur ordre du Bourgmestre de l’époque, Freddy Thielemans … Où en est le dossier judiciaire ?

D. : Mes avocats belges, Me Courtoy et Me Laquais ont fait un excellent travail ! La dernière étape remarquée de ce dossier fût l’abandon des poursuites contre moi par le parquet de Bruxelles. Mais bien sûr : aucun article en France ! Néanmoins, c’est une affaire qui risque de devenir une affaire d’État. Lorsqu’on va s’apercevoir que l’action de la police était illégale, il va falloir des responsables.  Qui a donné cet ordre illégal ? Comment ? Pourquoi ? Soit les motivations précises de cette action de censure. Pour les Belges, ça va être un débat important et intéressant de société.

FDC : Allez-vous revenir vous produire à Bruxelles ?

D. : On va tout faire pour revenir jouer en 2014 … C’est toujours un problème de censure et de pressions. C’est uniquement ça ! Autrement, je serais déjà revenu jouer depuis longtemps. C’est un des publics que j’adore et c’est à côté de Paris, en plus…

FDC : Au niveau idéologique et politique, avez-vous conscience que vous ne pouvez l’emporter dans le rapport de force avec les lobbies français pro-israéliens (Licra, Crif, AIPAC) et l’État d’Israël ?

D. : Il est clair que, sur papier, le combat pour l’émancipation de l’esclave est un combat perdu d’avance. Mais c’est la raison pour laquelle il doit être mené ! Peu importe : le but, c’est l’état d’esprit dans lequel on accomplit le parcours. Il s’agit de se libérer. Même si la libération intervient quelques générations plus tard. Au moins, on se sera inscrit dans ce chemin-là.

Source: http://www.femmesdechambre.be/dieudonne-je-veux-aller-en-prison/