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Yankland brise la trève en Syrie, l’ONU fourgue des armes à l’EIIL… Le piège russe se referme t’il sur l’empire ?…

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Simulacre de paix

 

Thierry Meyssan

 

20 septembre 2016

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article193324.html

 Article connexe: « La Russie va t’elle se rendre ? » (Paul Craig Roberts)

Alors que le cessez-le-feu en Syrie, conclu par le secrétaire d’État états-unien et son homologue russe, semblait tenir —hormis la tentative israélienne du premier jour—, le Pentagone a attaqué pour la seconde fois l’Armée arabe syrienne. Il assure qu’il s’agit d’une erreur, mais la réaction de l’ambassadrice à l’Onu laisse au contraire penser à l’exécution d’un plan. À quoi joue Washington ?

En négociant un cessez-le-feu avec les États-Unis, la Russie savait qu’ils ne le respecteraient pas plus que les précédents. Mais Moscou espérait avancer sur la voie de la reconnaissance d’un monde multipolaire. Washington, de son côté, mettait en avant la fin de la présidence Obama pour justifier souscrire à un accord de la dernière chance.

Laissons de côté la tentative israélienne de profiter de la trêve pour attaquer Damas et le Golan. Tel-Aviv a dû essuyer des tirs de missiles de nouvelle génération, a perdu un avion et doit en réparer un second. Il semble que la Syrie soit désormais en mesure de contester la domination aérienne régionale d’Israël.

Laissons également de côté les chefs d’État et de gouvernement européens qui ont applaudi cet accord sans en connaître le contenu et se sont ainsi couverts de ridicule.

Venons en au fait : en définitive, le convoi humanitaire de l’Onu a été bourré d’armes et de munitions. Il attend toujours à la frontière turque, officiellement parce que la route n’est pas sûre, officieusement parce que la Syrie demande à pouvoir le fouiller avant de le laisser passer. Cette manière de faire des Nations unies correspond aux révélations du chef de l’antiterrorisme turc, Ahmet Sait Yayla, qui vient de faire défection : le Pentagone et la Turquie utilisent les convois humanitaires pour armer les jihadistes.

Puis, le Pentagone a attaqué une position statique syrienne à Deir ez-Zor. Il s’est arrêté lorsque la Russie l’a prévenu de sa « méprise ». Et il a laissé les jihadistes poursuivre l’attaque sur la voie qu’il leur avait ouverte.

Au plan stratégique, empêcher l’armée arabe syrienne de libérer l’ensemble du gouvernorat de Deir ez-Zor, c’est maintenir Daesh dans son rôle d’obstacle sur la route Damas-Bagdad-Téhéran. Par le passé, le Pentagone avait laissé Daesh s’installer à Palmyre, l’étape historique de la « route de la soie ». Aujourd’hui, la route est toujours coupée côté irakien par les jihadistes, mais pourrait être contournée par Deir ez-Zor si les Irakiens libèrent Mossoul.

D’un point de vue états-unien, l’accord était uniquement un moyen de gagner du temps, d’approvisionner les jihadistes et de reprendre la guerre. Renversant la situation au plan diplomatique, la Russie a convoqué une réunion d’urgence du Conseil de sécurité, provoquant l’affolement à Washington. En effet, cette période ne correspond pas uniquement à la fin du mandat Obama, mais aussi à la tenue de l’Assemblée générale des Nations unies.

Manifestement inquiète, l’ambassadrice US au Conseil de sécurité, Samantha Power, a quitté la salle du Conseil en pleine séance pour s’adresser aux journalistes. Elle espérait ainsi que les premières dépêches d’agence ne traiteraient que le point de vue états-unien. Elle a donc ironisé sur la « mise en scène » russe autour de ce qui ne serait qu’un simple « incident » de tir (62 morts et une centaine de blessés !). Puis, elle s’est lancée dans une diatribe sur les crimes autrement plus graves du régime de Damas. Alerté de la manipulation, l’ambassadeur russe, Vitali Tchourkine, a alors quitté à son tour la salle du conseil pour venir donner son point de vue. Prudents, les journalistes, auxquels la Chambre britannique des Communes vient de rappeler les mensonges de Madame Power à propos des supposés crimes de Mouamar Kadhafi, ont rendu compte des deux interventions.

Désormais, la Russie va pousser son avantage diplomatique : les États-Unis ont été pris en flagrant délit de traîtrise. Moscou pourrait donc utiliser l’Assemblée générale pour annoncer sa volonté d’en finir avec les jihadistes. La manipulation US se retournerait contre ceux qui l’ont imaginée. Washington n’aurait plus que deux options : soit s’engager dans une confrontation ouverte dont il ne veut pas, soit accepter que ses protégés perdent la partie.

Résistance à l’empire: L’armée russe en Syrie… vérités et contre-vérités… (Suite)

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Que font réellement les Russes en Syrie ?

 

The Saker

 

13 Septembre 2015

 

url de l’article en français:

http://lesakerfrancophone.net/que-font-reellement-les-russes-en-syrie/

 

Je pense qu’une semaine après que Ynet a révélé l’affaire d’une intervention militaire russe en Syrie, nous pouvons affirmer en toute confiance que c’était là une opération psychologique typiquement anglosioniste destinée à freiner l’implication russe dans la guerre impériale contre la Syrie, qui n’a aucun fondement dans la réalité.

Ou bien est-elle fondée?

Il s’avère qu’il y avait un petit noyau de vérité dans ces histoires. Non, la Russie n’était pas en train d’envoyer «des MiG-31 pour bombarder Daesh» ni d’envoyer un SSNB (sous-marin armé de missiles ballistiques intercontinentaux) sur la côte syrienne. Mais il y a des signes grandissants que la Russie fait deux choses:

1) accroître son implication diplomatique dans le conflit en Syrie

2) livrer certains équipements militaires non spécifiés mais importants à la Syrie

Le second élément est le plus intéressant des deux. Inutile de le dire, comme c’est typique dans ce genre de cas, le contenu effectif de la cargaison que la Russie envoie par air et par mer n’a pas été rendu public, mais nous pouvons spéculer. D’abord, nous savons que la Syrie a besoin d’une grande quantité de pièces de rechange et de réparation de ses équipements. Cette guerre dure depuis quatre ans maintenant et les Syriens ont fait un usage intensif de leur matériel. Ensuite, les Syriens manquent de certains systèmes sur le champ de bataille qui pourraient beaucoup les aider. Par exemple des radars de contrebatterie (des radars qui repèrent de quel endroit tire l’artillerie ennemie) et des systèmes de guerre électronique. En outre, des sources russes disent que la Syrie a besoin de davantage de véhicules blindés pour les transports de troupes.

Nous savons que la Russie et la Syrie ont passé des contrats militaires depuis longtemps et nous savons que la Russie livre actuellement son équipement lourd par mer et les systèmes plus légers par voie aérienne. Tout cela indique-t-il un changement?

Non. Du moins pas pour l’instant.

Alors pourquoi cette panique anglosioniste?

Mon sentiment est qu’une des choses qui les rend aussi nerveux est que les Russes ont apparemment choisi la ville de Lattaquié comme point de livraison. Contrairement à Damas, Lattaquié est un emplacement idéal : elle est sûre mais pas trop éloignée des lignes de front et elle est assez proche de la base russe de Tartous. L’aéroport et le port naval sont également faciles à protéger et à isoler. Il y a déjà des rapports selon lesquels les Russes ont prolongé les pistes et amélioré l’infrastructure de l’aéroport de Lattaquié et qu’on y a observé atterrissage de lourds AN-124 [avion cargo Antonov]. Quant à la marine russe, elle a envoyé des bateaux à l’aéroport de Lattaquié.

En d’autres termes, au lieu de se limiter à Tartous ou d’entrer dans Damas, très exposée, les Russes semblent avoir créé une nouvelle tête de pont au nord du pays, qui pourrait être utilisée pour livrer du matériel, et même des forces, dans la zone de combat du nord du pays.

Cela expliquerait aussi, par ailleurs, les rumeurs paniquées sur les Russes envoyant leurs unités d’infanterie navale de Crimée en Syrie : les troupes d’infanterie navale sont idéales pour protéger une telle base et, tenant compte du fait que les lignes de front ne sont pas très loin, ce serait parfaitement sensé pour les Russes de sécuriser leur tête de pont avec ces unités.

De plus, tandis que l’équipement lourd est généralement envoyé par mer, les Russes peuvent livrer leurs systèmes de défense aérienne par avion cargo : l’AN-124 est plus que capable de transporter des S-300. Ce fait seul pourrait expliquer la panique anglosioniste.

Il semble qu’il se passe la chose suivante : les Russes, apparemment, envoient une quantité limitée mais importante de matériel pour fournir une aide immédiate aux forces syriennes. En faisant ainsi, ils ont aussi créé les conditions pour garder leurs options ouvertes. Ainsi, alors qu’aucune intervention russe massive n’a lieu, quelque chose a vraiment changé dans le conflit syrien.

J’aimerais ajouter ici que tandis que les forces gouvernementales ont perdu récemment la base aérienne d’Idlib au nord du pays (et pas très loin de Lattaquié), toutes mes sources me confirment que les forces syriennes sont dans une bien meilleure position que Daesh et que la guerre se passe très mal pour les takfiris. Les Syriens ont récemment libéré la ville de Zabadani et sont à l’offensive en maints endroits, et s’il est vrai que Daesh contrôle encore beaucoup de terrain, c’est principalement du désert.

Pour résumer ce qui précède, je dirais ceci : les anglosionistes flippent parce que leur guerre contre la Syrie a échoué ; tandis que Daesh a créé le chaos et la terreur dans plusieurs pays, il y a de nombreux signes que les pays sur place sont progressivement de plus en plus déterminés à faire quelque chose. Les États-Unis ont aussi échoué à se débarrasser de Assad, l’afflux massif de réfugiés a déclenché une crise majeure en Europe, et maintenant les Européens voient Assad sous un éclairage radicalement différent. La Russie a clairement décidé de s’engager politiquement avec toutes les puissances régionales, déclassant efficacement les États-Unis, et il y a des indices tout à fait concluants que les Russes maintiennent leurs options ouvertes. Et tandis qu’il n’y a absolument aucune raison de soupçonner que la Russie planifie une intervention militaire de grande envergure dans le conflit, en termes de quantité, il y a des signes que le soutien russe a atteint un nouveau niveau qualitatif.

Il faut souligner deux choses ici :

Premièrement, au niveau politique, il est extrêmememt improbable que la Russie entreprenne unilatéralement une action importante dans cette guerre. Tant que la Syrie est un pays souverain et tant qu’un accord russo-syrien est suffisant pour justifier légalement toute opération militaire convenue par les deux parties, la Russie se donnera les moyens de ne pas agir seule. Cela explique pourquoi le ministre russe des Affaires étrangères Lavrov s’efforce de créer une sorte de coalition.

Deuxièmement, sur un plan militaire, le pays à considérer n’est pas la Russie mais l’Iran. Les Iraniens ont une voie terrestre sûre vers la Syrie (par le nord de l’Irak) et ils disposent du genre de forces combattantes susceptibles d’être engagées avec succès contre Daesh. Il en va de même pour le Hezbollah qui a, et aura à l’avenir, à envoyer ses forces d’élite pour soutenir les Syriens dans des zones stratégiquement vitales. S’il était nécessaire d’engager une opération terrestre importante en soutien des forces syriennes, nous devrions nous attendre à ce que ce soient ces forces qui interviennent, et non les Russes.

Pour conclure, je dirais que ce que nous voyons se mettre en place est du Poutine typique : tandis que les dirigeants occidentaux préfèrent généralement des actions très visibles [et médiatisées, NdT] qui apportent des résultats immédiats (mais à court terme), Poutine préfère laisser ses adversaires s’infliger eux-mêmes le maximum de dommages avant d’intervenir par étapes graduelles et lentes. Le déchaînement de Daesh par les anglosionistes était une sorte de choc et effroi politique qui a presque renversé le gouvernement syrien. Lorsque cette stratégie d’action rapide mais à court terme a échoué, Assad était toujours là, mais Daesh s’était transformé en un monstre, un Golem qui menaçait tout le monde et que personne ne pouvait contrôler. Quant à Assad, il a été progressivement déclassé, passant du statut de nouvel Hitler gazant son propre peuple à celui de quelqu’un qui sera de toute évidence une partie de la solution (quelle que soit la solution qui finira pas émerger).

Pour tous ceux qui résistent à l’Empire, la leçon est claire : la chose la plus difficile est de rester debout après le premier choc infligé par les forces impériales. Si vous pouvez survivre (comme le Donbass et la Syrie l’ont fait), alors le temps joue en votre faveur et la position de l’Empire commencera à faiblir lentement mais sûrement à cause de ses propres contradictions internes. Lorsque ce processus est en cours, vous ne devez pas tomber dans le piège du surengagement, mais occuper graduellement chaque position (politique ou autre) abandonnée par l’Empire dans le processus de désintégration tout en assurant la vôtre à chaque étape du parcours.

C’est beaucoup trop tôt pour un quelconque trimphalisme – Daesh est toujours là, les Ukronazis à Kiev aussi, et l’Empire n’y pas encore tout à fait renoncé. La bonne nouvelle est que le vent a maintenant visiblement tourné et que si la lutte à venir est encore longue, la défaite finale des takfiris et des nazis semble inévitable.

Ingérence occidentale en Syrie: Que penser de l’accord de Genève sur la Syrie (complément de l’article précédent…)

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Article complémentaire du précédent (Résistance 71 )

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Lavrov : « L’accord de Genève n’exige pas le départ de Bachar !”

 

Louis Denghien

 

Le 1er Juillet 2012,

 

url de l’article original:

http://www.infosyrie.fr/actualite/lavrov-laccord-de-geneve-nexige-pas-le-depart-de-bachar/

 

Le document signé samedi 30 juin à Genève n’impose rien ni personne au peuple syrien, il ne pose aucune condition politique préalable au processus de dialogue national, et n’exclue personne de ce processus. Par ailleurs, la Russie et la Chine s’opposeront à tout recours au chapitre 7 de la Charte des Nations-Unies, encore évoqué à Genève par les Occidentaux, et qui prévoit, dans les cas diplomatiques « limite », le recours à la force.

Voilà résumée l’interprétation de l’accord faite, au cours d’une conférence de presse tenue samedi soir, par Sergueï Lavrov, chef de la diplomatie russe et véritable « meneur de jeu » des débats  à Genève. Naturellement, la Chine ne se démarque pas de ses alliés Russes : pour le ministre chinois des Affaires étrangères Yang Jiechi, le plan de transition présenté par Annan et approuvé le 30 juin par le Groupe d’action sur la Syrie « ne peut être que dirigé par les Syriens et doit être acceptable par toutes les parties importantes en Syrie. Des personnes extérieures ne peuvent pas prendre des décisions pour le peuple syrien« .

Hillary, Kofi, Sergueï et Bachar

S’il est une « partie importante » dan le conflit syrien, c’est bien Bachar al-Assad. Hier, Kofi Annan, interrogé sur son sort dans le cadre du processus de transition, s’est tenu dans un prudent flou diplomatique : l’avenir du président « sera l’affaire » des différents participants au dialogue. Certes, Annan a montré le bout de son nez, et de quel côté il penchait, en se fendant d’une petite phrase : « Je doute que les Syriens choisissent des gens ayant du sang sur les mains pour les diriger« .

Hillary Clinton a été moins « prudente » : « Assad doit partir » a-t-elle encore déclaré, dans une nouvelle tentative de faire passer un accord international quasiment dicté, dans ses termes comme dans ses conclusions, par la Russie, comme un succès des États-Unis et de leurs suiveurs européens.

Mais là encore, l’impitoyable Sergueï a bien mis les points sur le « i » : « Le document (signé à Genève) n’exige pas la démission de Bachar al-Assad. La version initiale du texte contenait une clause impliquant le départ des personnes qui « empêchaient la paix ». Cela est contraire à l’inclusivité (le principe de non exclusion) du processus politique en Syrie, ainsi qu’aux normes de la Charte des Nations-Unies sur la non-ingérence dans les affaires intérieures des États souverains. Cela n’est pas mentionné dans le document adopté aujourd’hui qui stipule que ce sont les Syriens qui doivent décider du sort de leur pays ». C’est clair, net, précis, au point qu’on se demande ce que peuvent encore raisonnablement espérer Hillary C. et ses petites mains Hague et Fabius, sinon  sauver ce qui leur reste de face…

Le CNS au pied du mur

Bref, quoi que proclame Hillary, et quoi qu’insinue Koffi, Bachar n’est pas près de partir : son départ n’a pas été évoqué à Genève, et il sera une « partie plus qu’importante » dans le processus de dialogue national. À supposer que ce dialogue s’engage. Car désormais, la balle est dans le camp des opposants, et le CNS, embourbé dans son jusqu’au boutisme, risque de ne pas être très à l’aise dans les semaines qui vont suivre. Soit il s’assoit enfin, cédant aux pressions  ses « employeurs » occidentaux, turcs et arabes, à la table des négociations, et ce faisant il se coupe de radicaux islamistes et des groupes armés ; soit, comme c’est plus prévisible, il trouve tous les prétextes pour persister dans son option révolutionnaire, et il va devenir embarrassant pour les Occidentaux et la Ligue arabe et, au minimum, il sortira sans bruit du jeu diplomatique, devenant un de ces gouvernements en exil perpétuel comme l’Histoire en a déjà connus, condamné à la sclérose et au rabougrissement.

On y verra bientôt plus clair de ce côté-là : une réunion d’une kyrielle de groupes d’opposition syriens, non CNS, doit bientôt se tenir au Caire sous l’égide de la Ligue arabe, afin de définir une plate-forme commune avec le CNS justement, lequel a beaucoup renâclé à ce premier « dialogue national » avec d’autres opposants. Cela nous promet des échanges intéressants, et certainement des claquement de porte.

Réquisitoire de Lavrov contre les groupes armés

On approche donc de l’heure de vérité pour ce nid de vipères qu’on appelle l’opposition radicale syrienne. Justement, dans sa conférence de presse conclusive, Sergueï Lavrov a eu des mots bien sentis : « Nous avons ce qu’il faut comme preuves que les groupes armés et ceux qui les financent ne respectent pas leurs engagements (vis-à-vis du plan Annan) et se comportent d’une manière telle qu’on ne peut assurer un contexte de sécurité, et par là même (ces groupes) forcent le gouvernement et les forces syriennes à riposter« .

Et Lavrov, décidément très inspiré par le sujet (fondamental, il est vrai) d’ajouter : « Certains groupes armés et les milieux qui les parrainent exercent des provocations dans le but de semer la violence, et il y a à cet égard des faits connus des médias, y compris occidentaux et américains, qui sont arrivés dans plusieurs villes et villages, il y a des attaques contre les bâtiments et les institutions publics et privés, et contre les forces de l »ordre« , ajoutant que nombre de ces agressions avaient un arrière-plan confessionnel. Et il a évidemment pointé le fait que ces gangs recevaient, dans l’illégalité internationale la plus complète, des armes, ce qui de fait les encourageait à persévérer dans leurs pratiques sanglantes. Un certain nombre d’oreilles qataries , séoudiennes et turques (arrêtons-nous là) ont dû siffler.

Le chef de la diplomatie russe a donné du reste un exemple de ces méfaits des bandes radicales relié à l’actualité en cours : il a en effet accusé l’ASL d’entraver à Homs les tentatives du CICR d »évacuer des centaines de civils coincés dans des quartiers encore tenus par les insurgés

Où l’on constate – une énième fois – que le analyses de la Russie coïncident assez largement avec celles de la Syrie légale et réelle. La plupart des participants à la réunion de Genève devraient se retrouver bientôt à New York afin d’appuyer au Conseil de sécurité le plan adopté le 30 juin. Une formalité là encore, et le fait que ce soient les Américains qui aient demandé cette convocation n’empêchera pas que ce sont les Russes qui décideront du contenu de la résolution qui sera alors discutée.

Si la Syrie doit globalement une fière chandelle à la Russie, la Russie, elle, doit à la Syrie d’avoir confirmé son statut de « supergrand », de retour pour de bon sur la scène internationale, pour le plus grand déplaisir de l’empire atlantiste.