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Résistance au colonialisme: Manifestations avant et pendant Australia Day du 26 janvier… Appel des Guerriers de la Résistance Aborigène

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 3 janvier 2018 by Résistance 71

“Jusque dans les années 1830, les officiels britanniques à la fois en Angleterre et sur place dans les colonies [australiennes] écrivaient au sujet des Aborigènes comme étant des ennemis étrangers… Un colon de Tasmanie plus tard écrivit que ‘les Aborigènes sont les propriétaires originels de la terre et les vrais possesseurs de l’île. Les colons britanniques leur ont pris leurs terres par la force, les ont persécutés, et sacrifiés. Nous sommes en guerre contre eux: ils nous regardent comme des ennemis, des envahisseurs et des oppresseurs, des persécuteurs ; ils résistent à notre invasion…”
~ Henry Reynolds, professeur d’histoire université de Tasmanie ~

 

 

Australie: Les Guerriers de la Résistance Aborigène appellent à un mouvement de résistance de 7 jours menant au jour de l’invasion

Date: du 20 au 26 janvier 2018

 

Warriors for Aboriginal Resistance (WAR), Australie

 

30 décembre 2017

 

Source: 

https://warriorpublications.wordpress.com/2017/12/30/australia-warriors-of-the-aboriginal-resistance-war-call-for-7-days-of-resistance-in-the-lead-up-to-invasion-day-jan-20th-26th/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les Warriors of the Aboriginal Resistance (WAR) invitent tout le monde à participer à un mouvement de 7 jours de résistance qui commencera le 20 janvier pour se terminer le 26 janvier 2018. Les Warriors of the Aboriginal Resistance seront les hôtes d’une série d’évènements dans la semaine qui précèdera les manifestions du “Jour de l’Invasion” dans un bon nombre de villes, de régions et d’endroits plus isolés à travers le pays (Australie).

WAR encourage les foules participantes à créer des activités locales pour maximiser la participation de la communauté et du partage de l’information en fabriquant des banderoles, des pancartes, des T-shirts, des autocollants, des instruments de percussion, des boomerangs et des lances pour les danses traditionnelles, la cuisine de nourriture traditionnelle, des activités de tissage, de chants en langue aborigène, organisation de repas avec les anciens et des temps pour raconter les histoires ancestrales, la peinture du drapeau dans les espaces publics, des drapeaux, cérémonies avec les familles et la communauté. WAR demande à tous et toutes de participer aux Stolenwealth Games (NdT: jeu de mot en contraste avec les Commonwealth Games entre nations de l’ex-empire britannique mais toujours sous contrôle de la City de Londres…) de mars 2018. Nous sommes en train de lever des fonds pour l’organisation des transports par bus et pour payer les dépenses de voyage pour les membres de la communauté qui veulent se rendre aux manifestations. WAR ne soutient aucune activité dont le résultat serait l’emprisonnement.

#7daysofresistance #stolenwealth #invasionday

7 jours de résistance fut une initiative proposée par les Warriors of the Aboriginal Resistance en 2016 pour encourager le public à être pro-actif dans le temps menant au jour de l’invasion chaque année (NdT: qui est pour les colons bien entendu “Australia Day”…) Ces 7 jours de résistance ont reçu un succès quant à l’activation de la communauté pour prendre part à des activités créatrices afin de protester contre les célébrations coloniales du 26 janvier. La ville de Melbourne a vu trois conseils locaux voter en faveur de rendre honneur aux peuples aborigènes en ne célébrant pas ce jour et de plus à recevoir le conseil des propriétaires traditionnels de la terre et de la communauté indigène au sens plus large afin de trouver des façons plus appropriées de se souvenir de ceux qui ont combattu dans les guerres pionnières (NdT: frontier wars en anglais)

Le jour national de deuil a été un moment national d’inspiration pour les actions de la communauté emmenée par des activistes aborigènes importants le 26 janvier 1938 sur Elizabeth Street à Sydney, NSW. La résistance aborigène a été la fondation de l’existence aborigène, car nous n’aurions pas pu survivre si nous n’avions pas honoré les guerres pionnières et tous ceux des nôtres qui y trouvèrent la mort. Les Stolenwealth Games seront le thème principal pour la manifestation du 26 janvier 2018 afin de contester les célébrations dans le monde de ce que la “couronne” appelle le “Commonwealth”.

http://koorihistory.com/1938-day-of-mourning/

http://treatyrepublic.net/content/australias-dirty-little-colonial-wars

– Pour se débarrasser de plus de célébrations du 26 janvier

– Pour changer créativement l’environnement pour résister au 26 janvier

– Pour éveiller sur l’histoire du génocide en Australie

– Pour promouvoir la manifestation des Stolenwealth Games de mars 2018

 

Résistance au colonialisme: Fête nationale australienne… La conscience politique anti-coloniale est en marche !…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, canada USA états coloniaux, colonialisme, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 27 janvier 2017 by Résistance 71

L’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie et de l’action coloniales, se tenant debouts, main dans la main avec les peuples autochtones de tous les continents pour instaurer l’harmonie de la société des sociétés sur terre. Il n’y a pas de solutions au sein du système, n’y en a jamais eu et n’y en aura jamais !

~ Résistance 71 ~

« Pourquoi ne nous a t’on rien dit ? Pourquoi tant de personnes posent-elles toujours cette même question, sur eux-mêmes, sur moi, sur leur éducation, leur héritage, sur la totalité de la société australienne ? »
~ Henry Reynolds, professeur d’histoire et maître de recherche à l’université de Tasmanie ~

 

Des milliers de manifestants en Australie contre les célébrations d’Australia Day

 

Lucy Mae Beers, Ollie Gillman et Max Margan,

 

26 janvier 2017

 

url de l’article:

https://warriorpublications.wordpress.com/2017/01/26/australia-thousands-march-against-invasion-day-celebrations/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Une bagarre s’est déclanchée entre la police et des milliers de manifestants contre le “jour de l’invasion” de l’Australie, après qu’un homme ait voulu mettre le feu à un drapeau.

Les manifestants, enroulés dans des drapeaux aborigènes, ont marché dans Ultimo à Sydney le jour de la fête nationale australienne, étiquetant l’arrivée de la première flotte (anglaise) en 1788 un “jour de meurtre”.

Des vidéos choquantes montrent un policier attrapant un manifesrant autour de la taille en le poussant ensuite au sol alors qu’un autre policier lui saute sur le visage tandis que de la fumée les entoure.

D’autres manifestants brandissaient de longs bâtons et certains furent vus essayant de disperser la fumée avec des vêtements.

Un manifestant fut arrêté après avoir soi-disant voulu mettre le feu à un drapeau (australien), la police utilisant un petit extincteur pour éteindre un petit feu.

La police a dit qu’elle interrogeait un jeune de 20 ans en relation avec un “incident isolé dans ce qui fut autrement une manifestation très pacifique”. Un policier a été blessé dans une échauffourée et a été conduit à l’hôpital d’après la chaîne ABC News.

La première ministre de la province de Nouvelle-Galles du Sud (NSW), Gladys Berejiklian a dénoncé la violence en disant qu’elle était “déçue” du déroulement de la journée.

“Nous sommes en démocratie et tout le monde a le droit de manifester, mais aujourd’hui est au sujet de célébrer ce qui nous rassemble et je pense que la plupart des gens sont très déçus de ce qu’ils ont vu aujourd’hui.” A t’elle dit. “Ce n’est pas acceptable de faire cela en un jour comme aujourd’hui, mais quoi qu’il en soit, vous êtes libres d’exprimer vos points de vue.”

Avant que la manifestation ne tourne à la violence, la foule, avec beaucoup de personnes arborant le drapeau aborigène, se rassemblèrent à Redfern où ils écoutèrent des discours dénonçant la célébration de la fête national australienne que beaucoup d’indigènes voient comme “le jour de l’invasion”.
Quelques milliers de personnes, criant des solgans tels que: “Toujours été et sera toujours une terre aborigène”, ont défilé dans le centre ville de Sydney.

“C’est une disgrâce nationale que d’avoir un jour de congé le jour de cette fête nationale, un jour qui a marqué le début du génocide”, a dit l’organisateur Dave Bell à la foule présente.

“Il y a énormément de tristesse attachée à ce jour néfaste. Asseyons-nous ensemble et trouvons une journée qui nous aidera à aller de l’avant dans la célébration.”
Le sénateur écologiste lee Rhiannon a twitté que 10 000 personnes prirent part à la manifestation, mais la police n’a reconnu que “quelques milliers”.

Un homme torse nu a rejoint les manifestant avec l’inscription “Rien à foutre de la fierté australienne” (“Fuck Aussie Pride”) en travers de son dos.

Tout comme les manifestants à Sydney, environ 3000 manifestants se sont rassemblés devant le parlement de Melbourne avant que la foule ne grossisse, rassemblant toujours plus de gens alors que la manifestation se déplaçait sur le même parcours que la parade de la fête nationale avait emprunté une demie-heure plus tôt.

“On ne célèbre pas le 11 septembre, on ne célèbre pas Hiroshima, c’est vraiment stupide de célébrer ce jour”, a dit Michael Planske durant la manifestation.

Les gens ont aussi marché pour protester contre la fête nationale australienne dans les villes de Hobart, Brisbane, attirant d’énormes foules.

A Canberra, quelques centaines de manifestants ont marché de la tente de l’ambassade aborigène aux portes du parlement en criant: “Toujours été, sera toujours terre aborigène”.

Puis ils ont fait in sit-in d’une heure devant les portes du bâtiment, demandant qu’un traité soit établi aors qu’une ligne de défense policière s’était formée pour interdire l’accès au bâtiment.

“Que voulons-nous ? Un traité. Qu’avons-nous eu ? Que dalle”, entonnèrent-ils.

Occident, colonialisme et génocide passé et présent: L’Australie et la continuité ethnocidaire coloniale (John Pilger)

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L’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux s’émancipant de l’idéologie colonialiste et se tenant la main dans la main avec les peuples autochtones du monde pour un retour planétaire à la société humaine naturelle, égalitaire, solidaire, anti-autoritiare et anti-étatique. La connexion des peuples occidentaux avec les luttes indigènes d’auto-détermination sera le salut de l’humanité. Parce que nous sommes tous des colonisés !…

— Résistance 71 —

 

Famine en Australie: le sale secret d’Utopia

 

John Pilger

 

11 Avril 2016

 

url de l’article original:

http://johnpilger.com/articles/starvation-in-australia-utopia-s-dirty-secret

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

J’ai reçu un coup de téléphone de Rosalie Kunoth-Monks l’autre jour. Rosalie est une ancienne du peuple Arrernte-Alyawarra qui vit sur Utopia, une vaste région dans le “cœur rouge” de l’Australie. La ville la plus proche est Alice Spring (Territoire du Nord), plus de 300km au travers un très ancien paysage de spinifex et de nuages de poussière rouge tourbillonnants. Les premiers Européens qui vinrent ici, peut-être rendus fous par la chaleur, ont imaginé une Utopia blanche dont ils n’avaient aucun droit pour ce faire ; car c’est un endroit sacré, la patrie, la terre ancestrale de la plus vieille présence continuelle humaine sur la planète Terre.

Rosalie était sous stress, défiante et éloquente. Sa distinction caractéristique de quelqu’un qui n’a pas peur de parler, de l’ouvrir dans une société si souvent sourde aux cris et aux angoisses de son peuple premier, son unicité singulière, sont bien mérités. Elle apparaît dans mon film documentaire “Utopia” (2013) avec une description très intense d’un peuple ignoré, mis à l’écart: “On ne veut pas de nous dans notre propre pays.” Elle a décrit l’héritage d’un génocide : un mot que l’australie politique craint et fuit.

Il y a une semaine, Rosalie et sa fille Ngaria ont alerté que les gens meurent de faim sur Utopia. Elles ont dit que les anciens du peuple indigène des terres ancestrales n’ont reçu aucune nourriture d’un programme pour les personnes âgées du gouvernement australien et géré, administré par le conseil régional. “Un vieux monsieur en phase terminale de maladie de Parkinson a reçu deux paquets de viande hâchée et du pain blanc”, a dit Ngaria, “La vieille dame qui vit près de chez lui n’a elle rien reçu”. Appelant pour des largages de vivres, Rosalie dit: “La communauté entière, incluant des enfants et les anciens n’ont souvent rien à manger quotidiennement.” Elle et sa fille Ngaria et leur communauté ont fait à manger et distribué de la nourriture du mieux possible.

Ceci n’est pas rare. Il y a quatre ans, je me suis rendu dans le cœur rouge et y ait rencontré la Dr. Janelle Trees, une médecin généraliste dont les patients aborigènes vivent à quelques kilomètres de stations balnéaires pour touristes ayant des suites à 1000 dollars la nuit à proximité de Uluru (Ayer Rock). Elle m’a dit: “La malnutrition est très commune. J’ai voulu donner à un patient un anti-inflammatoire pour une infection qui serait anticipable si les conditions de vie étaient meilleures, mais je n’ai pas pu lui administrer parce qu’elle n’avait pas assez de nourriture nécessaire pour pouvoir ingérer les tablettes en toute sécurité. Je sens parfois que je gère des situations médicales au sein de la classe laborieuse anglaise au début de la 1ère révolution industrielle.

Il y a de l’amiante dans beaucoup des maisons aborigènes et quand quelqu’un a une fibre d’amiante dans les poumons et développe un mésothélioma, le gouvernement s’en moque. Lorsque les enfants ont des infections chroniques et terminent dans ces statistiques incroyables concernant les peuples indigènes mourant de maladie rénale et vulnérables à des ratio battants tous les records du monde pour les maladies cardiaques rhumatismales, rien n’est fait. Je me pose la question: pourquoi ?

Quand Rosalie m’a appelé d’Utopia, elle a dit: “Ce n’est pas tant la famine physique qui importe que le traumatisme subi par mon peuple, des communautés dans leur entièreté. On nous trompe tout le temps. L’Australie blanche met en place des organisations et des structures qui prétendent nous aider, mais ce n’est qu’une prétention, rien de plus. Si nous nous y opposons, c’est un crime. Le simple fait d’appartenir est un crime. Le suicide est rampant. (elle me donne alors des détails de la souffrance de sa famille). Ils sont là pour assassiner nos valeurs, pour briser notre mode de vie traditionnel jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien de nous”. (NdT: ethnocide, débouchant sur le génocide, modus operandi classique)

Le conseil régional de Barkly dit que son programme pour les personnes âgées fonctionne et proteste que le conseil est “le plus pauvre des trois tiers du gouvernement et est très dépendant des gouvernements des Territoire du Nord et fédéral pour son financement afin de rendre ces services au fin fond de la brousse.” Barbara Shaw, la présidente du conseil, est d’accord pour dire que “c’est totalement inacceptable que des gens doivent être affamés dans un pays si riche et développé que l’Australie” et que “cela est écœurant et mal que des indigènes expérimentent une telle pauvreté.”

La famine et la pauvreté et la division souvent semées parmi les peuples indigènes eux-mêmes alors qu’ils essaient d’identifier ceux responsables, proviennent en grande partie d’un épisode extraordinaire connu sous le nom de “l’intervention”. Ceci est le sale secret de l’Australie.

En 2007, le premier ministre australien d’alors John Howard, envoya l’armée dans les communautés aborigènes du Territoire du Nord pour “sauver les enfants” qui, comme l’affirmait son ministre des affaires aborigènes Mal Brough, étaient harcelés et abusés par des gangs pédophiles en “nombres impensables”.

Exposée par la suite comme une vaste fraude par la Commission Australienne sur le Crime, la police de l’état du Territoire du Nord et un rapport dythirambique de pédiâtres, cette “intervention” permit néanmoins au gouvernement de détruire bien des vestiges de l’auto-détermination du Territoire du Nord, la seule partie de l’Australie où les peuples aborigènes avaient gagné des droits territoriaux fédéralement régulés. Ici, ils avaient administré leur patrie avec la dignité de l’auto-détermination et en connexion avec la terre et leur culture et, comme Amnesty International le rapporta, une baisse de plus de 40% du taux de mortalité. La distribution de la nourriture ne fut jamais un problème.

C’est cette “vie traditionnelle” qui est un anathème à une industrie blanche parasitique de fonctionnaires, de contractants, d’avocats et de consultants qui contrôle et souvent profite grassement de l’Australie aborigène, ne serait-ce qu’indirectement au travers des structures corporatrices imposées aux organisations indigènes. Les terres ancestrales reculées sont vues comme une menace idéologique, car elles expriment un communalisme en porte-à-faux avec le néo-conservatisme qui régit l’Australie et demande “l’assimilation”.

C’est comme si l’existence persistante d’un peuple qui a survécu et résisté à maintenant plus de deux siècles de massacre colonial et de vol manifeste, demeure un spectre sur l’Australie blanche: une réminiscence de ceux à qui la terre appartient vraiment.

Note de Résistance 71: Replacez cette judicieuse remarque de Pilger dans le contexte des Etats-Unis, du Canada, de la Nouvelle-Zélande, d’Israël et des pays d’Amérique latine. Le même schéma se répète partout… Il est la clef de compréhension des solutions du futur: un peuple occidental émancipé se tenant la main dans a main avec les peuples indigènes du monde pour la construction de la société juste, équitable, solidaire et donc libre de tous pour tous, entre nous qui partageons cette même planète…

Je connais ces communautés et leur peuple qui m’ont montré les conditions qui leur étaient imposées. Beaucoup se sont vus refuser l’eau courante, l’assainissement des eaux et l’électricité. Que les conditions nutritives de base rejoignent maintenant cette liste n’est en rien surprenant.

D’après un rapport de richesse globale émanant de la banque du Crédit Suisse, l’Australie est l’endroit le plus riche de la planète. Les politiciens de Canberra en sont parmi ses plus riches citoyens ; ils adorent suspendre de l’art aborigène sur les murs blancs de leurs bureaux et dans leur parlement moderne. Leur dotation auto-générée est légendaire. La dernière ministre en date du parti travailliste (NdT: équivalent PS en France) pour les Affaires Aborigènes, Jenny Macklin, a fait refaire son bureau au frais du contribuable australien pour la modique somme de 331 144 A$ (225 000 Euros). Durant son ministère, le nombre d’Aborigènes vivant dans la pauvreté et dans des bidonvilles a augmenté de près du tiers.

Quand le professeur James Anaya, le très respecté rapporteur de l’ONU pour les droits des peuples indigènes, décrivit “l’intervention” australienne comme étant raciste, le porte-parole de l’opposition sur les affaires indigènes, Tony Abbott, a dit à Anaya “d’aller se faire voir aileurs” et de ne pas toujours “juste écouter la vieille brigade des victimes”. Abbott fut promu premier ministre de l’Australie, il fut évincé l’an dernier.

Lorsque j’ai commencé à filmer l’Australie indigène il y a quelques trente années, une campagne mondiale avait lieu pour mettre fin au régime d’apartheid en Afrique du Sud. Ayant rapporté depuis l’Afrtique du Sud, je fus frappé par la similarité entre la suprématie blanche et la complaisance, le sentiment de défense et l’indifférence des gens que se voyaient eux-mêmes comme libéraux. Par exemple, l’incarcération des noirs en Australie et bien plus importante per capita que celles des noirs en Afrique du Sud de l’apartheid. Les indigènes ici vont en prison, sont tabassés et meurent en détention de manière très routinière. Dans les communautés désespérées, de jeunes enfants, parfois aussi jeunes que 10 ans, se suicident.

Et pourtant, pas encore d’opprobe internationale, pas de boycotts, n’ont perturbé la surface de l’Australie “la chanceuse”. Comme l’appel de Rosalie nous le rappelle, cette surface se doit d’être pulvérisée sans plus de délai.

Résistance politique: « Jour de Survie » aborigène en Australie, appel à l’action directe de John Pilger contre l’apartheid australien…

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En vieillisant John Pilger prend de plus en plus les allures militantes d’un Howard Zinn.
Pilger boucle la boucle, Australien exilé en GB pour une carrière journalistique d’enquête d’exception, il a réalisé trois documentaires sur l’ignominie coloniale de son pays, l’Australie, le dernier en date “Utopia” fut projeté sur les écrans en 2014. Sa carrière l’a amené à réaliser des documentaires exceptionnels (que l’on peut voir sur son site internet gratuitement http://johnpilger.com ) sur la guerre du Vietnam, le Cambodge post Khmer Rouge (Pilger fut le premier journaliste à entrer au Cambodge après sa libération par les troupes vietnamiennes et à rapporter de l’horreur intra muros, cf son remarquable documentaire: “Cambodia Year Zero” et deux autres qui s’ensuivirent), la guerre génocidaire au Timor Oriental et bien d’autres.
Au crépuscule de sa carrière et de sa vie, il revient aux origines, son Australie natale et le toujours vivace problème de son idéologie raciste et colonialiste. Pilger sera t’il un fédérateur du mouvement aborigène ? Fera t’il le lien entre le colonialisme australien et ceux des Etats-Unis, du Canada et de la plus proche Nouvelle-Zélande ? Le monde a besoin maintenant d’un mouvement fédérateur de résistance native et non-native, active, au colonialisme incessant de l’occident et de sa société anglo-saxonne aujourd’hui toujours plus dominante et oppressive que jamais. Souhaitons-le, espérons-le. Il aura toujours plus de notre soutien, parce que l’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie colonialiste qui les oppriment à un degré moindre et qui se tiendront côte à côte, main dans la main, avec leurs frères autochtones de tous les continents pour mettre en place, enfin, une “société des sociétés » égalitaire, non-coercitive, anti-autoritaire et autogérée. Cet appel au véritable socialisme anti-capitaliste et anti-étatique, en retour à l’esprit originel sociétal humain (la véritable “nation”), est la voie du futur pour une humanité émancipée et libre.

~ Résistance 71 ~

“Au XIXème siècle, nous avons dû aller au-delà nos propres limites constitutionnelles pour mettre fin à l’esclavage.”

“Notre époque a besoin de l’esprit de Tom Paine, de Frederick Douglass, de celui d’Henry David Thoreau et d’Eugene Debs.
Laissez l’État se soucier de son pouvoir. La marque dans l’histoire de notre gouvernement, de fait de tous les gouvernements, est une marque de violence, de cruauté, de ruguosité, d’intrusion. Nous, membres de la nation, ferions mieux d’augmenter notre propre pouvoir, parce que nous sommes simplement les défenseurs les plus dépendants de notre propre liberté.”
~ Howard Zinn ~

“’L’État est au citoyen ce que le maître est à l’esclave.”
~ Socrate ~

 

Jour de survie ou les sombres secrets de l’Australie et sa politique malhonnête

“L’Australie est une version de L’Afrique du Sud de l’apartheid… Demandez à un noir sud-africain qui a regardé derrière la façade…”

John Pilger

26 janvier 2016

url de l’article (avec vidéo du discours):

http://www.informationclearinghouse.info/article44052.htm

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le 26 janvier 2016, John Pilger a parlé lors d’une manifestation devant l’hôtel de ville de Sydney au sujet de la signification cachée du “Jour de Survie”.

Vidéo du speech de Pilger que nous mettrons aussi en section commentaire:

http://vimeo.com/153153967 durée: 6min40

 

Pourquoi sommes-nous ici ? Pourquoi faisons-nous ceci tous les 26 janvier, année après année ? Bien sûr nous savons pourquoi, le peuple indigène dit à l’Australie: “Regarde, nous sommes toujours là ! Nous avons survécu aux massacres et au cynisme. Nous avons suvécu !”

Mais est-ce suffisant, je me le demande ? Est-ce que la survie sans l’action est vraiment suffisante ?

Les sources du pouvoir en Australie, spécifiquement le pouvoir politique et médiatique, tirent à la fois confort et leurre de l’idée même du “Jour de Survie”.

Oui, oui, disent-ils, nous comprenons bien. Nous avons une place pour vous sur la grande façade australienne, juste à côté de Qantas, d’Anzac et de Fair Go. Leur leurre est que tant que le peuple indigène a un rôle factice dans le grand théâtre d’Australia Day, alors tout va bien. Tant qu’il y a un peu de danse et de cérémonie de fumer sur Harbour Bridge, alors tout va bien.

Les sociétés comme l’Australie, avec leurs sombres secrets et politique malhonnête, se nourissent d’image et de symbole. Elles admirent leur propre image de patriotisme stupide, irraisonnée, tout en admirant secrètement leur capacité de réduire au silence et de détourner le mécontentement, la dissidence ainsi que de contrôler, de phagocyter les gens pour que rien ne change jamais. C’est un système raffiné de division. Comment fonctionne t’il ?

Prenez par exemple l’idée de “réconciliation”. Pas mal, mais qu’est-ce que cela veut dire ? Qui a t’il à réconcilier entre l’oppression et la souffrance, la pauvreté et le privilège ? Est-ce que cela inclut la justice ? Bien sûr que non ! La réconciliation n’est que pour faire se sentir bien la majorité en faisant quelques gestes symboliques et autres discours tout aussi symboliques. Rien de plus.

Est-ce acceptable pour nous aujourd’hui ?

Est-ce que ceci est acceptable pour ceux d’entre nous qui savent que l’Australie est une version de l’apartheid sud-africain ? Demandez à un Africain du Sud noir qui a regardé derrière les façades…

Est-ce que l’idée du Jour de Survie est suffisante pour les jeunes-hommes indigènes qui meurent avant l’âge de 40 ans ?

Est-ce suffisant pour ceux qui succombent à la terrible détresse et à la violence en prison et en détention policière ?

Est-ce suffisant pour cette jeune femme indigène de 22 ans d’Australie de l’Ouest, son nom était Mlle Dhu, qui est morte en détention et qui fut moquée par les policiers alors qu’elle baignait dans son propre vomi ?..

Est-ce suffisant pour les enfants qui deviennent sourds et aveugles à cause de maladies de la pauvreté ?

Est-ce suffisant pour les centaines de familles à qui on donne l’assaut au petit matin pour leur voler leurs enfants ?

Les banderoles pour l’Australia Day sur George Street dans Sydney nous le disent aussi: Relaxez-vous, amusez-vous, réfléchissez. Personnellement, je rajouterai une autre banderole sur fond rouge sang où il serait inscrit la chose suivante: “Aucun pays depuis l’Afrique du Sud de l’apartheid n’a été plus condamné par l’ONU pour son racisme que l’Australie.” Il est temps, grand temps de faire tomber les façades. L’image est un mensonge. Aucune autre nation coloniale n’a fait si peu de chose pour venir à termes avec son peuple indigène. Aucune nation coloniale n’a fait si peu pour faire tomber la mentalité coloniale qui nous emprisonne toutes et tous dans le passé.

Ce que je trouve de particulièrement tragique est cette peur cachée, non dite instillée dans la toute petite classe indigène éduquée.Cette peur dit qu’à moins qu’ils n’agitent le drapeau (australien), même défensivement, ils seront largués du bus des privilèges blancs en rase campagne. Jusqu’à ce qu’un traité moral et légal ne soit signé avec les nations premières de ce pays, il n’y aura jamais que quelques poches de privilèges et aucune justice en quoi que ce soit.

Par traité, je veux dire une série historique de lois qui rende au peuple indigène son pouvoir sur sa propre vie et ses communautés et un partage de droit de la vaste richesse de l’Australie… Un traité qui inscrive l’obligation légale pour l’éducation, le logement et la couverture sociale et de santé.

Ceci se produira seulement si chaque jour n’est pas seulement un “Jour de Survie”, mais un jour d’action ; d’action directe. De ce type d’action directe qui horrifie les médias qui gardent le système du diviser pour mieux régner.

Mais par dessus tout, n’ayez pas peur. L’action directe est la seule raison pour laquelle nous avons encore quelques libertés en Australie, Lisez le rendu du verdict du procès de Lionel Murphy par la haute cour, ce grand juriste et réformateur, qui en 1982 a dit que le peuple aborigène avait tous les droits de se défendre et de lutter en retour. Murphy cita Oscar Wilde disant que sans ce qu’il appelait “l’agitation”, l’action directe, “il n’y aurait aucune avancée vers la civilisation.” Il est de votre ressort de décider comment vous allez agir ; mais vous devez le faire. Il n’y a plus d’alternative maintenant. (NdT: ici John Pilger, grand ennemi du thatchérisme, joue avec l’expression qui a rendu tristement célèbre Margaret Thatcher: “There Is No Alternative”, qui fut traduit par l’acronyme TINA)

Une chose est certaine: peu importe le nombre de drapeaux qui seront agités aujourd’hui, jusqu’à ce que l’Australie Indigène puisse reprendre sa nationalité, le reste d’entre nous ne pourra jamais affirmer la sienne.

Résistance au colonialisme: 26 Janvier… Australia Day pour le grand silence de la honte coloniale… (John Pilger)

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 25 janvier 2016 by Résistance 71

On ne le répètera jamais assez: Le pays du goulag levant (ex-USA) et son satellite du Canada ne sont pas les seuls exemples passés et actuels de pays toujours ACTIVEMENT colonialistes. Nous avons déjà mentionné l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Ici, John Pilger nous (re)fait réfléchir sur l’ignominie coloniale toujours silencieuse de son pays: l’Australie. Les pays sus-mentionnés ainsi que tous les pays du Commonwealth (soi-disantes ex-colonies britanniques toujours pour la plupart sous le joug de la « couronne »/city de Londres) sont toujours des pays colons qui sont LEGALEMENT dépourvus de territoire puisque la terre qu’ils OCCUPENT a été volé aux nations originellement habitant ces contrées au prix d’un génocide de leurs populations.

Pour pouvoir combattre le plus grand fléau de l’histoire de l’humanité: le colonialisme occidental (au fondement religieux chrétien) et changer de paradigme politique pour tous, encore faut-il comprendre les tenants de l’affaire. Ceci n’est pas de « l’histoire ancienne », çà se passe toujours aujourd’hui en 2016. Vaincre le colonialisme, son idéologie, sa pratique, véhiculées, facilitées et protégée par son garde-chiourme: l’État, ces deux fléaux de l’humanité, brandis par l’oligarchie parasite, nous devons comprendre l’histoire, admettre nos erreurs, nos crimes contre l’humanité et nous émanciper de cette spirale mortifère qui nous fait tourner toujours plus vite autour du trou de vidange de la baignoire à infamie qui se vide inexorablement.

Nous devons nous tenir debout, émancipés, côte à côte avec nos frères des nations des cinq continents pour enfin lier les liens de solidarité, d’entr’aide mutuelle, de compassion et de coopération qui nous mèneront ensemble à la création d’une société des sociétés d’associations volontaires, juste, égalitaire, non-coercitive et universelle, fondée de la loi naturelle et l’essence même de la nature humaine: l’entr’aide.

— Résistance 71 —

 

Le jour de l’Australie pour les secrets, les drapeaux et les lâches

 

John Pilger

 

21 janvier 2016

 

url de l’article original:

http://johnpilger.com/articles/australias-day-for-secrets-flags-and-cowards

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le 26 janvier, un des jours les plus tristes de l’histoire de l’humanité va être célébré en Australie. Ce sera “un jour des familles”, disent les journaux de la presse de Ruppert Murdoch. Des drapeaux seront mis aux coins des rues et sur des chapeaux rigolos. Les gens répèteront sans cesse combien il sont fiers (d’être Australiens).

Pour beaucoup, ce sera soulagement et gratitude. Dans l’espace de mon temps de vie, l’Australie non-indigène a changé pour passer d’une société anglo-irlandaise à une des plus ethniquement diverses sur terre. Ceux que nous avions l’habitude d’appeler “les nouveaux Australiens”, souvent choisissaient le 26 Janvier, jour d’ Australia Day, pour prêter serment en tant que citoyens (NdT: j’ai personnellement assisté à une de ces cérémonies en plein-air dans les années 1990…). Ces cérémonies peuvent être émouvantes (NdT: je confirme..). Regardez les visages de ces gens du Moyen-Orient et comprenez pourquoi ils serrent leur nouveau drapeau.

C’était au lever du soleil, un de ces 26 janvier il y a bien des années, lorsque je me tenais avec des indigènes et des Australiens non-indigènes et que nous jetions des couronnes de fleurs dans le port de Sydney (Sydney Harbour). Nous étions descendus sur une de ces parfaites petites criques de sable où d’autres se tinrent comme des silhouettes, regardant les navires de la “première flotte” britannique jeter l’ancre le 26 Janvier 1788. Ce fut le moment où la seule île continent de la planète fut prise à ses habitants ; l’euphémisme utilisé fut “établie” (NdT: pour colonisée). Ce fut, écrivit Henry Reynolds, un des seuls honnêtes historiens australiens qui soit, un des plus grand vol de territoire de l’histoire du monde. Il décrivit le massacre qui s’en suivit comme “un murmure dans nos cœurs”.

Les Australiens originels sont la plus vieille présence humaine. Pour les envahisseurs européens (NdT: et chrétiens ne l’oublions pas, ceci est lié encore et toujours à la doctrine de la découverte…), ils n’existaient pas parce que leur continent avait été déclaré terra nullius: terre vide. Pour justifier de cette fiction, un meurtre de masse fut ordonné. En 1838, le journal du Sydney Monitor rapporta: “Il a été résolu d’exterminer toute la race noire dans ce quartier.” Ceci faisait référence au peuple Darug qui vivait le long de la grande Hawkesbury River, pas très loin de Sydney. Avec une toute remarquable ingéniosité et sans armes à feu, ils combattirent et résistèrent de manière épique, ce qui demeure toujours aujourd’hui un quasi secret national. Sur une terre où fleurissent de partout les cénotaphes à la gloire des colons australiens morts dans des guerres impérialistes, personne ne se lève pour ces valeureux guerriers qui se sont battus et sont tombés en défendant l’Australie.

Cette vérité n’a pas sa place dans la conscience australienne. Parmi les nations coloniales à populations indigènes, mise à part une “excuse” facile en 2008, seule l’Australie a refusé d’accepter sa honte passée coloniale (NdT: et toujours présente, car comme les Etats-Unis, le Canada et la Nouvelle-Zélande, l’Australie est toujours en 2016 un pays COLONIAL et à ce titre comme l’empire nord-américain, ne possède aucune terre et est un “pays” fondé sur le vol et le génocide…). Un film d’Hollywood, Soldier Blue, en 1970, a fameusement inversé les stéréotypes raciaux et donné aux Américains un regard éclair sur le génocide dans leur propre “établissement” (colonial) mythique. Près d’un demi-siècle plus tard, il est tput à fait juste de dire qu’un film équivalent ne serait jamais fait en Australie.

En 2014, lorsque mon propre film-documentaire “Utopia”, qui raconte l’histoire du génocide australien, a cherché un distributeur local, Je fus conseillé par une des lumières de ce business: “Jamais on ne pourra distribuer ceci. Les audiences ne l’accepteront jamais.”

Il a eu tort, jusqu’à un certain point. Lorsqu’Utopia fut présenté à Sydney quelques jours avant le 26 janvier, à la belle étoile, sur un terrain vague dans une zone aborigène de la ville connue sous le nom de The Block, plus de 4000 personnes vinrent, la vaste majorité non-indigène. Beaucoup voyagèrent depuis l’autre côté du continent. Les leaders indigènes qui apparaissent dans le film se tinrent devant l’éran et parlèrent dans la “langue”… la leur. Rien de semblable ne s’était jamais produit auparavant, et pourtant, il n’y avait aucun représentant de la presse. Pour la plus vaste communauté blanche du pays, ceci ne se passait pas. L’Australie est une Murdochratie, dominée par l’éthique d’un homme qui changea de nationalité pour le Fox News Network des Etats-Unis.

La vedette du football australien (AFL) indigène Adam Goodes écrivit émotivement au Sydney Morning Herald pour demander que “le silence soit brisé”. “Imaginez”, écivit-il. “regarder un film qui dit la vérité au sujet de terribles injustices commises envers votre peuple, un film qui révèle que les Européens et les gouvernements qui ont dirigé notre pays, ont violé, massacré et volé notre peuple pour leur seul profit. Imaginez maintenant ce qui peut être ressenti lorsque le peuple qui a bénéficié le plus de ces viols, de ces meurtres et de ce vol, le peuple au nom de qui ceci fut perpétré, se tourne avec dégoût lorsque quelqu’un expose les faits.

Goodes lui-même a déjà brisé ce silence lorsqu’il se dressa contre les abus racistes qui lui furent lancés ainsi qu’à d’autres athlètes aborigènes. Cet homme courageux et plein de talent, qui a pris sa retraite du football australien l’an dernier comme s’il était sous un lourd nuage avec, écrivit un commentateur sportif “la nation sportive divisée à son sujet”. En Australie, il est respectable d’être divisé en s’opposant au racisme.

En ce jour d’Australia Day le 26 janvier 2016, le peuple indigène préfère parler de Jour de l’Invasion ou le Jour de Survie, il n’y aura aucune reconnaissance que cette unicité de l’Australie réside en son peuple originel, le tout allant avec une mentalité coloniale infuse qui devrait être un embarras de longue date dans une nation indépendante. Cette mentalité s’exprime de bien des façons, de la prosternation politique sans relâche aux pieds d’Etats-Unis prédateurs en passant par un mépris presque normal pour les Aborigènes d’Australie, un écho de “kaffir”, des abuseurs sud-africains.

L’apartheid est pervasif dans la société australienne (NdT: expérimenté en première main sur place, surtout dans le Queensland et les Territoires du Nord…). Pas très loin de Sydney par avion, le peuple indigène a une espérance de vie des plus courtes. Les hommes meurent souvent avant 45 ans. Ils meurent de maladies remontant au temps de Dickens, comme les maladies cardiaques rhumatiques, les enfants deviennent aveugles de la trachoma et sourds à cause d’otites de l’oreille moyenne, des maladies typiques de la pauvreté. Un médecin m’a dit: “Je voulais donner à une patiente des anti-imflammatoires pour une infection qui aurait été inexistant si les conditions de vie étaient meilleures, mais je n’ai pas pu la traiter parce qu’elle n’avait pas assez de nourriture à manger et ne pouvait pas ingérer les tablettes (sans nourriture). J’ai le sentiment parfois de gérer des conditions similaires que celles de la classe ouvrière anglaise au début de la 1ère révolution industrielle.

Le racisme qui permet cela dans une des sociétés les plus privilégiées de la planète est très profond. Dans les années 1920, un “Protecteur des Aborigènes” supervisa le vol, le kidnapping, d’enfants métis avec pour justificatif de “laver la couleur par le brassage”. Aujourd’hui, un chiffre record d’enfants indigènes sont enlevés de leurs foyers et beaucoup ne revoient jamais leur famille d’origine. Le 11 Février, un groupe qui force le respect appelé “Grandmothers Against Removals” mènera une marche sur le parlement fédéral de Canberra, demandant le retour des enfants volés.

L’Australie est le modèle des gouvernements européens qui cloisonnent leurs frontières auparavant ouvertes tout en facilitant le fascisme, comme en Hongrie. Les réfugiés qui osent faire route par mer vers l’Australie dans des bateaux surchargés en passagers, ont été depuis longtemps traités en criminels, avec les “passeurs” dont la notoriété est pompée hors de proportion par les médias australiens afin de faire diversion sur l’immoralité et les crimes de leur propre gouvernement. Les réfugiés sont parqués derrière du fil de fer barbelé en moyenne pour bien plus d’une année, certains indéfiniment, dans des conditions barbares, qui ont mené certains au suicide, au meurtre, à la maladie mentale. Les enfants ne sont jamais épargnés. Un goulag australien géré par des firmes de sécurité privées sinistres et qui inclut des camps de concentration sur les îles isolées du Pacifique de Manus et Nauru. Les gens n’ont aucune idée de quand ils serot libérés et si même ils le seront un jour.

L’armée australienne, dont les faits d’armes sont le sujet de tomes dénués de toute critique remplissant les pleins rayons des librairies d’aéroports, a joué un rôle important à “refouler les bateaux” des réfugiés fuyant les guerres, comme en Irak, guerre commencée et prolongée par les Américains et leurs mercenaires australiens. Aucune ironie et encore moins de responsabilité, ne sont reconnues dans ce rôle si lâche.

Ce jour de fête nationale de l’Australia Day qui vient, la “fierté des services” sera au balcon. Cette fierté s’étend au département de l’immigration australien qui envoie les gens dans son goulag pour un “service de contrôle au large”, le plus souvent de manière tout à fait arbitraire, laissant ces gens se morfondre, se désespérer et pourrir. La semaine dernière on a annoncé que les hauts fonctionnaires de l’immigration ont dépensé 400 000 dollars pour des médailles qu’ils vont s’attribuer à eux-mêmes pour tant d’héroïsme. Allez, sortez encore plus de drapeaux !…

Résistance au colonialisme: Aborigènes d’Australie et la loi de la terre…

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Nous avons dit ici à maintes reprises que ce que nous expliquons au sujet de la racine coloniale du continent américain est aussi valide en ce qui concerne le continent de l’Océanie, en voici un exemple australo-aborigène… Les peuples et nations aborigènes d’Australie en lutte contre le terrorisme depuis 1788 !

— Résistance 71 ~

 

La loi aborigène doit être au-dessus de la loi des blancs car “notre loi est la loi de cette terre”.

Sovereign Union Media Release

 

4 December 2013

 

Déclaration de: Pangarte Rosalie Kunoth-Monks and Ghillar Michael Anderson, porte-paroles en chef de la Sovereign Union:

Source: http://nationalunitygovernment.org/content/aboriginal-law-must-sit-top-whitemans-law-because-our-law-law-land

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

La réunion de l’union souveraine des nations de Canberra des 23 et 24 novembre 2013 a mis plus que jamais la barre au plus haut pour l’agenda politique de la lutte aborigène.
Nos discussions avec les anciens Lawman Murray George of Pitjantjatara/Yankunytjatjara Nation (APY Lands) et Senior Lawman Harry Nelson, Alyewarre Nation ainsi que Lawman Ray Loy of the Atnatjere Nation ont confirmé que le mouvement de souveraineté aborigène a sa génèse et sa fondation au sein de l’ancienne loi aborigène.

Ceci fut confirmé lorsque l’ancien Lawman Harry Nelson présenta à l’assemblée des nations son plus sacré symbole légal qu’il amena de son pays, lorsque ceci était uni avec le symbole sacré de la nation Euahlayi.

Ceci souleva la fièreté et la dignité de tous ceux présents et créa une période spirituelle et émotionnelle dans l’histoire ; période qui fut profondément ressentie par tous ceux qui étaient présents. Ce fut une grande montée spirituelle.

Comme l’avait dit Murray George au début, la loi aborigène doit se situer au dessus de la loi blanche, parce que notre loi est la loi de cette terre.

Le fait que deux anciens symboles sacrés étaient disposés à la vue de tous donna un caractère d’autorité absolue aux discussions et aux décisions qui furent prises.

L’aspect le plus poignant de cette grande réunion des nations fut le fait que tout ceci se produisit dans le vieux parlement de Canberra, dans la vieille chambre des députés, là même où quelques unes des loi les plus oppressives contre nos nations et nos peuples furent débattues et votées, permettant à l’Australie de ne pas avoir à répondre ni même d’être inquiétée du crime de génocide.

Le fait que nous avons maintenant amené notre loi dans le tout premier bâtiment du parlement du Commonwealth change radicalement la façon dont nous allons procéder dorénavant.

Il est signifiant que ces symboles sacrés fussent rendus public, parce que la décision de la haute cour de Mabo* a dit que les droits de propriété des terres aborigènes, c’est à dire la terre native, vient de la loi aborigène et non pas du droit commun. La haute cour l’a décrite comme “sui generis”, ce qui veut dire “unique” en son genre.

Ce retournement de situation s’est maintenant produit, ce que les avocats colons blancs détestent admettre, ce qui veut dire que la loi aborigène, en regard du titre de propriété de la terre, souffre du titre foncier de la couronne. En d’autres termes, la Couronne (NdT: lire toujours la City de Londres et sa banque d’Angleterre…) a une racine encombrante de la propriété parce que le titre aborigène de propriété est le titre radical ultime.

La haute cour de Mabo* a confirmé que les Britanniques n’ont jamais eu le titre absolu de propriété à la terre, parce qu’en 1888, le conseil privé (Privy Council, comme au Canada…) confirma dans l’affaire St. Catherines Milling & Lumber Company, que le titre de propriété aborigène est présumé avoir survécu le changement de souveraineté. Bon nombre de nous doivent toujours cmprendre ce que cela signifie vraiment.

Les avocats blancs, qui sont payés par les corps représentants de la loi australienne du titre natif et les conseils fonciers/territoriaux, forcent nos peuples à signer et à abandonner leurs droits inhérents. (NdT: tout comme au pays du goulag levant et au Canada comme nous l’avons sans cesse répété…). Les hommes de loi mettent les demandeurs de titre natif à rude épreuve leur disant que la façon de faire des blancs est la seule qui vaille et forcent notre peuple à signer des documents de fin de droit datant du premier ministre John Howard au travers les Indigenous Land Use Agreements (ILUAs).

Le gouvernement australien, le système légal et tout le développement dans ce pays auront de gros problèmes lorsque le peuple aborigène va se ressaisir, cesser d’avoir peur et retirer son consentement sans réserve du processus et va résister en affirmant sa souveraineté sur les terres et l’eau de ce continent sous la loi aborigène. Toute action par des entreprises minières, des développeurs et des gouvernements qui avanceraient sans l’accord aborigène, auront un dilemme constitutionnel sur les bras qu’ils devront gérer dans le futur, parce que tout accord, toute transaction sans l’engagement aborigène seront nuls et non avenus, car mis en place sans le consentement préalable libre et informé des nations aborigènes.

Les conseils de territoire et les corps entrepreneuriaux constitués représentant le titre natif sont financés par le gouvernement et sont tous en faveur de mettre un terme aux droits et intérêts aborigènes au travers de la formule de la prescription légale, ce sans informer les gens de la perte non nécessaire de leurs droits inhérents.

A titre d’exemple, les avocats qui opèrent dans les corps représentant la loi sur le titre natif et les conseils territoriaux, refusent d’argumenter que sous la loi et la coutume aborigènes, chaque plante native, chaque arbre, chaque pousse, chaque herbe et tous les animaux, poissons etc font partis de notre culture, de notre loi et de notre tradition par totémisme. D’un autre côté la faune et la flore font partie de notre durabilité économique tout en étant utilisé dans notre médecine traditionnelle. Par exemple le gras d’émeu et de goanna ont des propriétés médicinales sacrées ; des racines et plantes sont utilisées pour les cérémonies et pour fumer, tout ceci ayant une grande valeur spirituelle, culturelle et économique sous notre loi. Ainsi ceux qui ont un titre de détention de terre ou une location pastorale à perpétuité pour utiliser la terre ne possèdent pas la flore native ni la faune, car tout ceci est réservé à la couronne comme bien commun (commonwealth) d’état et par la loi territoriale.

Même sans déclarer notre souveraineté continue et notre indépendance, nous avons un droit sur tout ce sur quoi la couronne possède un intérêt et nous devons affirmer nos droits en affirmant que nos droits à la faune et flore natives ne se sont pas éteints avec la loi sur le titre natif. De plus, nos droits aux nappes phréatiques et aux eaux de surface n’ont jamais été terminés sous cette même loi. Sous notre loi, beaucoup de nos esprits sacrés voyagent sous-terre et communiquent avec les nappes phréatiques, ils sortent et traversent la campagne, les déserts à partir des points d’eau.

Ceci est notre loi.

En aucun cas ne laisser l’envahisseur nous dire que nos droits ont été annihilés (NdT: par l’assertion de la souveraineté “supérieure” de la Couronne sur la souveraineté ancestrale aborigène, “sauvage et païenne”… refrain connu sur ce blog du moins)

Sous le titre natif, pour chaque plante, chaque animal qui a été déplacé, même sur les terres pastorales, nous devons être compensés pour l’interférence dans notre loi et notre culture, basé sur notre droit inhérent.

Nos droits inhérents vont bien au-delà de la loi sur le titre natif. Donc, ne signez pas l’abandon de vos droits souverains inhérents avec une ILUA pour une poignée de dollars. Si vous choisissez la voie d’abandonner et de signer vos droits adieu sur ces formulaires administratifs, posez vous la question:

Qui contrôle les bénéfices qui sont supposés découler d’une ILUA ? Demandez-vous, comme vous êtes les propriétaires, possédez-vous et contrôlez-vous les royalties et autres bénéfices, ou sont-ce les corps constitués gouvernementaux gérant la loi sur le titre natif qui en ont le contrôle ?

Sous le régime légal (colonial) du titre natif, la Couronne essaie de vous prendre vos terres, votre eau et les droits inhérents en utilisant la prescription légale, d’une manière fourbe et secrète.

De plus, là où nous possédons déjà la terre sous le titre de propriété australien, comme par exemple dans les Territoires du Nord, les gouvernements successifs australiens essaient de nous confisquer nos terres par la location à 99 ans de notre propre terre ! Notre peuple est rançonné, racketté pour la délivrance de services auxquels tous les Australiens ont automatiquement droit, comme des bâtiments et de l’argent. Ceci est une énorme menace à la sécurité de nos communautés alors que notre peuple craint toujours plus ce que réserve l’agenda de l’assimilation.

Nos droits souverains inhérents sont maintenant en grand danger sous les coups de butoir du régime de la loi australienne du titre natif. Nous avons dit que l’invasion par les Britanniques avait impliqué un grand pillage de nos terres et de nos ressources, mais ce qu’a fait la première flotte britannique en 1788 fait pâle figure en comparaison de ce qui se passe maintenant.

(*) note de Résistance 71:

Décision de la haute cour de Mabo: du nom d’Eddie Mabo, aborigène du détroit de Torrès qui défia le système légal australien et britannique sur l’application de la doctrine du Terra Nullius lors de la “découverte” du continent. Cette longue entreprise légale culmina avec la décision de la haute cour de justice que le 3 Juin 1992, décida en conclusion de l’affaire Mabo et al contre l’état du Queensland, que la doctrine de Terra Nullius ne pouvait pas s’appliquer au continent australien et qu’à ce titre, la souveraineté de la couronne ne primait pas sur la souveraineté des nations et peuples aborigènes.

Eddie Mabo engagea sa lutte en 1981 et décéda en janvier 1992, cinq mois avant ce qui fut son triomphe à tire posthume… La terre australienne est toujours colonisée aujourd’hui, mais les luttes aborigènes sont engagées… Elles se coordonnent de plus en plus avec les luttes amérindiennes.