Archive pour abolition de l’argent

Résistance politico-sociale: A bas l’État, la marchandise et le salariat !..

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 25 septembre 2018 by Résistance 71

Lectures complémentaires:

Proudhon_Quest_ce_que_la_propriete

La_Conquête_du_Pain_Kropotkine

Manifeste pour la Société des Sociétés

champs-usines-et-ateliers-par-pierre-kropotkine-1910

Manifeste contre le travail*

Un monde sans argent: le communisme

(*) Ce texte (version pdf) se doit d’être lu car il est en relation directe avec le texte présenté ci-dessous. (R71)

 

Pourquoi “l’abolition de l’impératif de croissance” ne peut se faire sans l’abolition de la production de marchandises

 

Norbert Trenkle

 

Septembre 2018

 

Source:

http://www.autrefutur.net/Pourquoi-l-abolition-de-l-imperatif-de-croissance-ne-peut-se-faire-sans-l

 

Si vous croyez en l’économie, l’être humain est essentiellement programmé pour la compétition, la performance et le consumérisme sans fin, et il poursuit avant tout et toujours, ses propres intérêts. Par conséquent, une société qui fonctionne doit toujours être basée sur l’économie de marché et la production de marchandises.

Mais cette idée est fausse. Elle ne naît qu’avec la société capitaliste moderne, qui ainsi se déclare être une nécessité éternelle. Ce n’est que dans le capitalisme que les gens se confrontent en tant que producteurs privés isolés en se rapportant les uns aux autres par le biais de la marchandise, de l’argent et du travail abstrait. Les marchandises et l’argent ne sont pas seulement des moyens techniques pour organiser et faciliter la division sociale du travail. Au contraire, ils créent des contraintes objectives qui dominent la société et rétro-agissent sur les humains comme des contraintes apparemment naturelles. Marx appelle cela le fétichisme de la production marchande.

Une de ces contraintes n’est pas la moindre : la fameuse « croissance obligatoire », qui est vénérée et suivie comme une sorte de dogme religieux dans toute la société. Ce n’est rien d’autre que la manifestation de la dynamique d’accumulation capitaliste dont le seul but est de faire plus d’argent avec de l’argent. Le contenu matériel de la production de richesses est toujours un moyen indifférent pour augmenter la richesse abstraite (exprimée en argent). La destruction écologique qui en résulte devient de plus en plus extrême dans la crise fondamentale en cours du capitalisme. De plus en plus imprudemment, les fondements naturels de la vie sont détruits, afin de maintenir en quelque sorte l’accumulation de capital, même si cela ne fait que retarder l’effondrement économique et social.

La critique radicale de la croissance doit se concentrer sur cette connexion. Une transformation fondamentale de la richesse sociale ne peut être réalisée sans l’abolition de la production de la richesse abstraite (la valeur) et, par conséquent, de la production de marchandises.

D’un autre côté, toutes les idées de réduction de la production marchande et de l’économie de marché à de petits cycles régionaux reviennent à actualiser les contraintes existantes et à les compléter par de nouvelles contraintes moralement sanctionnées. En tout cas, si elles sont concevables dans la pratique, c’est d’une part au mieux, comme une niche de luxe, et d’autre part comme une économie de gestion de la pauvreté dans le processus de crise en cours.

Ils ne représentent donc pas une perspective émancipatrice.

Norbert Trenkle

Extrait de la conférence le 22 juin 2017 à la rencontre Move Utopia à Rahmen.

(Trenkle est co-auteur avec Ernst Lohoff, de La Grande dévalorisation. Pourquoi la spéculation et la dette de l’Etat ne sont pas les causes de la crise, Post-éditions, 2014, ainsi que du “Manifeste contre le travail” du groupe Krisis)

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Résistance économique: L’obsolescence de l’argent et de la hiérarchie sociale…

Posted in actualité, altermondialisme, économie, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et social, résistance politique with tags , , , , , , , on 9 février 2015 by Résistance 71

Abolissons la monnaie !

 

Shūsui Kōtoku

 

Journal Yorozu Choho,

le 9 février 1900

 

url de l’article:

http://salvador-segui.blogspot.jp/2015/02/abolissons-la-monnaie.html

 

Lorsqu’une bactérie pénètre dans le sang d’une personne, la santé de cette personne se détériore graduellement. Il en va de même pour la monnaie que pour les bactéries. Puisque l’argent a un pouvoir sans limite dans le monde, la marche du monde est condamnée a s’avilir de plus en plus. Petit à petit, la moralité est condamnée à être ruinée et la nature humaine à être corrompue. Finalement, la société va vers sa destruction. Il y a des gens qui appellent à l’abolition de la prostitution, s’indignant à propos de la dépravation de la bourgeoisie, prônant la réforme des coutumes populaires, réclamant l’amélioration de la moralité… etc. Pourtant, il me semble que dans des époques comme celles-ci, où l’argent est nécessaire même pour se procurer un ouvrage traitant de moralité ou pour assister à une conférence d’une demi-journée, tous les bavardages sans fin de leurs sermons sont tout à fait futiles.

Personne ne devient prostituée de bon cœur. Personne ne vend son honneur de bon cœur. Tout le monde souhaite réformer les coutumes populaires et tout le monde veut améliorer la moralité. Mais s’il en est autrement, c’est simplement à cause de l’argent. Au lieu de mettre tant d’efforts à faire fonctionner leurs langues et à gratter du papier, les gens devraient s’attaquer prioritairement à la démonstration du pouvoir omnipotent de l’argent. Si l’on ne se débarrasse pas de la monnaie, alors on ne peut pas détruire le pouvoir omnipotent que l’argent exerce sur les autres domaines. Pour le dire autrement, si l’on n’abolit pas le besoin d’argent dans ce monde, il est tout à fait impossible d’améliorer la marche du monde ou la nature humaine.

Quelqu’un qui n’a pas d’argent ne peut pas vivre. C’est ainsi que le monde fonctionne aujourd’hui. Mais même dans la société corrompue actuelle, personne ne pourrait dire que c’est juste et convenable. En réalité, une personne vit d’autre chose que de l’argent. En plus de l’argent, il y a la force et l’honneur. Il y a les droits et il y a les devoirs. Il y a le pain et il y a les vêtements. Mais aujourd’hui, alors que l’argent a un pouvoir illimité, y a-t-il une quelconque place pour la vérité dans le monde ? Est-ce qu’on peut faire ce qui est juste ?

Si on essayait un beau matin, si l’argent était aboli et le besoin d’argent complètement éradiqué, quel noble lieu serait le monde ! Combien paisible ! Combien heureux ! La corruption, les gens qui vendent leurs principes – tout ça disparaîtrait complètement. Le meurtre, le vol et l’adultère seraient grandement réduits également. Il n’y aurait aucun besoin d’appeler à l’abolition de la prostitution, ni de préconiser la réforme des coutumes populaires. D’un seul coup, ce serait comme la Terre pure bouddhiste et le Paradis chrétien.

Il est naturel qu’il y ait un certain nombre d’ascensions et de chutes dans l’histoire mais, si l’argent n’avait pas existé dans les civilisations de l’Inde ancienne, de l’Égypte, de la Grèce et de Rome, je crois qu’il aurait été possible pour elles de se maintenir plusieurs milliers d’années supplémentaires.

Mais dans des périodes comme celles-ci où l’argent a tant de pouvoir, si nous prononçons les mots « Abolition de la monnaie », les gens nous regardent comme si nous étions fous. Mais est-ce de la folie ? Êtes-vous prêt à dire que les socialistes européens modernes qui se répandent partout dans le monde sont tous fous, alors ? – car les socialistes ont l’abolition de la monnaie et la suppression de la propriété privée du capital dans leurs idéaux.

Ils adoptent cette position parce qu’ils veulent voir l’individu – et la société dans son ensemble – vivre d’autre chose que de l’argent. En d’autres termes, ils veulent remplacer la monnaie par la force et l’honneur, par les droits et les devoirs. En effet, la vérité et la droiture se trouvent faire exactement cela. Donc si vous êtes d’accord sur le fait que la vérité et la droiture devraient être réellement mises en pratique, alors pourquoi devriez-vous penser que le socialisme est difficile à réaliser dans la vie réelle ? Le socialisme est loin d’être impossible. C’est juste qu’il n’a jamais été mis en œuvre jusqu’à présent.

Pourquoi les gens qui veulent améliorer la nature humaine et la marche du monde n’arrêtent-ils pas leurs querelles mesquines et ne concentrent-ils pas leurs efforts dans la réalisation du socialisme ? S’ils faisaient cela, ce serait la voie la plus rapide pour réaliser leurs objectifs. Le XIXe siècle fut l’âge du libéralisme, mais le XXe siècle est sur le point de devenir l’âge du socialisme. Toutes les personnes capables ont besoin de s’éveiller à cette nouvelle tendance dans le monde – et à cela seulement.

Shūsui Kōtoku

Yorozu Choho, le 9 février 1900

Traduction de l’anglais par Réflexion Directe, 2014