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Espagne 37 : forfaiture et trahison de la révolution sociale, Staline et le parti communiste étranglent la révolution…

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La révolution espagnole étranglée par Staline

 

Karel Bosco

 

11 septembre 2017

 

Source:

https://lecourrier.ch/2017/09/11/la-revolution-espagnole-etranglee-par-staline/

 

En 1937, en pleine guerre contre les forces franquistes, le Parti communiste espagnol, fort de l’appui soviétique, attaquait d’autres composantes de gauche – la CNT anarcho-syndicaliste et le POUM léniniste antistalinien. Une offensive qui a signé l’amorce du démantèlement des collectivités libertaires de Catalogne et d’Aragon. Eclairage de Karel Bosco.

Barcelone est occupée par les troupes franquistes le 26 janvier 1939, Madrid-la-Courageuse le 28 mars. La terrible Guerre civile espagnole s’achève dans le fracas des armes – 600 000 à un million de morts. Mais elle va se poursuivre dans le silence. Déjà en 1939 ont été enfermées en camps de concentration 700 000 personnes, dont le travail forcé visera à redresser la situation économique catastrophique de la péninsule saccagée, puis à construire usines, casernes, prisons, barrages, aéroports et lignes ferroviaires, sans parler de l’exploitation de l’étain, du fer, du charbon. Entre 1939 et 1944, près de 200 000 personnes sont assassinées par les escadrons franquistes, sans compter les prisonniers morts de froid, de faim, d’épuisement et de maladies, ni ceux qui ont succombé sous les tortures ou qui ont préféré se suicider. En 1948, 20 mineurs du bassin asturien sont jetés dans un puits, attachés les uns aux autres et brûlés vifs par des unités de police. Entre 1947 et 1949, c’est la terreur de masse qui brise les ultimes résistances paysannes.

Ce système concentrationnaire et totalitaire devait durer jusqu’à la mort de son chef, en 1975, et les aménagements de surface – ainsi dans le domaine du tourisme – ne changèrent rien à sa nature criminelle, «lointain héritage de l’Etat-Eglise inquisitorial, esclavagiste et génocidaire du dénommé Siècle d’Or» (César Lorenzo).

Les divisions tragiques du camp républicain

Si Franco a écrasé la République et massacré tant de paysans et d’ouvriers, ce fut grâce à la complicité tacite des Etats européens, dont l’Angleterre – qui entraîna la France dans la désastreuse politique de «non-intervention» – et surtout grâce à l’appui militaire de Mussolini et d’Hitler. Mais on ne peut plus passer sous silence aujourd’hui les tragiques divisions qui minèrent et affaiblirent le camp républicain. Il s’agit d’un chapitre de l’histoire de la Guerre civile que les militants des gauches révolutionnaires ont gardé au cœur comme une flèche empoisonnée et que des historiens, d’abord peu nombreux, ont cherché à éclairer. Le grand public ne l’a vraiment découvert qu’à travers le film de Ken Loach, Land and Freedom (1995), libre adaptation du témoignage de l’écrivain engagé George Orwell, Hommage à la Catalogne (1938).

Trois ans avant le film de Loach, un téléfilm espagnol de haute qualité – diffusé en France par Arte – avait déjà jeté une lumière crue sur cet arrière-fond sordide: Opération Nikolaï, de Maria D. Genovés et Llibert Ferri. Une manière rigoureuse de confirmer ce qu’avaient rapporté Julian Gorkin, du Parti ouvrier d’unification marxiste (POUM), dans son livre rageur de 1941, Canibales Politicos: Hitler y Stalin en España, publié à Mexico, ou encore José Peirats dans la somme qu’il avait consacrée à la Confédération nationale du travail (CNT) en 1951-1953 – 1200 pages!

En 1961, les historiens Broué et Témime proposaient une première et monumentale synthèse en langue française, La Révolution et la Guerre d’Espagne (Ed. De Minuit). Depuis la mort de Franco, le retour difficile de l’Espagne à la démocratie et l’ouverture partielle des archives du KGB en Russie ainsi que celles des partis communistes en Occident, quantité d’études ont été publiées, notamment Le POUM: Révolution dans la guerre d’Espagne de Wilebaldo Solano, un ouvrage militant (Ed. Syllepse, 2002) et le très substantiel Mouvement anarchiste en Espagne – Pouvoir et révolution sociale de César M. Lorenzo (Ed. Libertaires, 2006).

En 1969, dans Le vif du sujet, Edgar Morin avait mis en évidence les arêtes de la problématique, sans détours ni litotes: «La guerre d’Espagne continue à être perçue comme épopée et non comme tragédie (…). Il y eut tragédie dès 1936, et la suite fut le pourrissement de cette tragédie. L’alternative franquisme-république continue à masquer des contradictions qui ont pourtant éclaté dans le sang. (…) A l’intérieur de la république, avant même [le putsch de Franco], le conflit entre la révolution et l’ordre bourgeois avait éclaté. Dans ce conflit, le stalinisme devait intervenir de plus en plus efficacement comme le tiers excluant, tuant la révolution et faisant progresser sa révolution sous le couvert de l’ordre. Il y eut une montée révolutionnaire culminant au partage des terres et des biens en Aragon [et en Catalogne] (…). Et ce furent les républicains, et non Franco, qui la brisèrent, et ce fut dans cette répression que se scella la belle et bonne alliance entre bourgeois républicains et communistes staliniens. L’actuelle mythologie antifasciste se fonde sur l’anéantissement des communes [libertaires] d’Aragon et de Catalogne».

Des soi-disant contre-révolutionnaires soumis à la question

Il faut approfondir. Lorsque la révolution sociale éclate en Espagne en 1936, suite à la victoire électorale des forces de gauche rassemblées dans le Frente popular, et que le coup d’Etat de Franco va fracasser dans les conditions que l’on sait, les visages du changement et du renouveau sont multiples: les anarcho-syndicalistes de la CNT – près d’un million de militants –; les socialistes divisés en une aile réformiste et une aile radicale; le POUM léniniste mais violemment antistalinien et distant de Trotsky; les divers courants républicains de gauche; les militants des autonomies basque et catalane; le Parti communiste espagnol, encore très minoritaire.

La révolution, en Catalogne et en Aragon, dans une certaine mesure en Estrémadure et en Andalousie, c’est, sous l’égide la CNT mais pas d’elle seule, le partage des terres et la socialisation des outils de production, celle-ci étant particulièrement visible à Barcelone, promue «capitale du prolétariat mondial», où les ouvriers gèrent eux-mêmes leurs entreprises, non sans difficultés. Sur le plan militaire, Staline apporte le soutien de la Russie soviétique, salué avec émotion et enthousiasme par le peuple qui doit affronter les armées de Franco, bien entraînées, bien équipées et parfois fanatisées.

Un soutien qui se paie: 500 000 kilos de lingots d’or – les deux tiers des réserves de la Banque d’Espagne – sont «mis en sûreté» en URSS par le gouvernement républicain (et ils ne seront jamais restitués): Madrid était déjà assiégée, il est vrai, toutefois Barcelone ou Valence auraient pu abriter ce trésor, mais elles étaient sous le contrôle d’une CNT fort mal vue des autorités.

Fort de l’aide soviétique, le PC espagnol monte en puissance et passe à l’offensive en 1937. Sa volonté de mettre la main sur la centrale téléphonique de Barcelone, lieu stratégique occupé par les anarchistes, débouche sur un affrontement armé entre ses militants et ceux de la CNT et du POUM, qui coûtera la vie à 500 personnes. Un affrontement qui s’étendra à l’ensemble de la Catalogne et de l’Aragon, où les troupes «marteau et faucille» s’activeront à liquider les communes paysannes, qui assurent pourtant le ravitaillement des zones républicaines. Et cela alors que les milices révolutionnaires et que les volontaires des 70 nations engagés dans les Brigades internationales sont au feu face à la barbarie franquiste…

Non contents de détruire, les dirigeants du PC salissent et insultent, sur les conseils des agents du NKVD – la police secrète soviétique – infiltrés dans l’administration républicaine: les militants de la CNT et plus encore ceux du POUM, haïs de Staline, sont accusés de complicité active avec Franco, avec Hitler. Les tchekas, culs-de-basse-fosse du NKVD en Espagne, se remplissent de soi-disant contre-révolutionnaires soumis à la question. Andrès (Andreu) Nin du POUM, la figure la plus respectée et la plus prestigieuse de la révolution espagnole, est kidnappé, torturé et assassiné par les nervis staliniens, entre autres par le Hongrois Erno Gerö – ce qu’a révélé le téléfilm Opération Nikolaï.

La révolution est écrasée, la liberté recule partout en Espagne, les armés franquistes progressent inexorablement. Staline se retire sur la pointe des pieds – il a d’autres soucis, d’ordre diplomatique. Valence, Barcelone, Madrid tombent. La tentative de constituer une première «démocratie populaire» de style soviétique sur sol étranger a échoué. Et c’est tout un peuple qui a été massacré, et qui va subir le martyre durant près de quarante ans.

Pour une autre image du futur humain

Il est évident que l’histoire de la Guerre civile espagnole ne se réduit pas à cette seule tragédie, ni que l’engagement d’une bonne partie des militants du PC ne se limite aux pratiques criminelles de ses dirigeants sous influence, mais il est inconcevable de négliger, pire, d’oublier ces événements et leur profonde signification politique à l’heure où la mondialisation meurtrière des économies nous met au défi de penser et de développer une alternative solidaire et démocratique à caractère écologique et socialiste. L’expérience, même brève, même cassée, des communes libertaires et des usines autogérées de Catalogne et d’Aragon n’est pas un passé qui n’intéresserait que des universitaires. Elle peut être une des images possibles du futur humain.

Les efforts et les sacrifices inouïs qui furent ceux du peuple russe et de son armée durant la Seconde Guerre mondiale, et qui contribuèrent plus que largement à libérer l’Europe de l’hydre nazie, ne changèrent rien aux pratiques staliniennes une fois la victoire acquise: tortures et procès truqués dans les Etats satellisés par l’URSS – Bulgarie, Hongrie, Tchécoslovaquie notamment –, au cours desquels sont liquidés de vieux militants, des résistants à l’occupant allemand, des anciens combattants de la Guerre d’Espagne. Et la répression, sinon le feu, pour la classe ouvrière quand elle n’est plus docile: à Berlin-Est et dans les grandes villes de l’Allemagne communiste en 1953; en Hongrie en 1956 – face aux conseils d’usines –; en Tchécoslovaquie en 1968 – toujours face aux conseils d’usines –; en Pologne en 1970 – les forces armées tirent sur les ouvriers de la Baltique. Certaines bonnes leçons avaient été retenues: à Budapest, le 25 octobre 1956, le peuple défilait pacifiquement devant l’immeuble de la radio; sur l’ordre du secrétaire du Parti, les agents de la police secrète ouvrent le feu, précipitant la violence. Le secrétaire? Erno Gerö, l’assassin d’Andrès Nin.

* Historien, Genève.

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Lecture complémentaires :

3ème guerre mondiale ou révolution sociale ?

Voline : La révolution inconnue (1917-1921)

Kropotkine : La morale anarchiste

Résistance 71 : Du chemin de la société vers son humanité réalisée

 


Réseau de Résistance et de Rébellion International

 

Révolution sociale: Analyse sur les collectifs dans l’Espagne révolutionnaire et anarchiste des années 1930 (Gaston Leval)

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« L’anarcho-communisme est l’organisation de la société sans État et sans relations capitalistes à la propriété. Il ne sera pas nécessaire d’inventer des formes artificielles d’organisation sociale pour établir le communisme anarchiste. La nouvelle société émergera « de la coquille de l’ancienne ». Les éléments de la société future sont déjà plantés dans leur ordre existentiel. Ce sont les syndicats et les communes libres, qui sont des institutions anciennes, profondément ancrées de manière populaire et non-étatiste ; spontanément organisées, incluant les villes et les villages à la fois en zone urbaine et en zone rurale. La commune libre est aussi le parfait outil pour gérer les problèmes socio-économiques dans les communautés anarchistes rurales. Au sein des communes libres, se trouve un espace pour les associations libres d’artisans, de cultivateurs, d’éleveurs et autres groupes voulant demeurer indépendants ou former leur propre association… »
~ Isaac Puente ~

A voir: « Histoire de l’anarchie » (documentaire)

A lire (Gustav Landauer): Appel au Socialisme (PDF)

 

Principes et enseignements dans les collectivisations de l’Espagne libertaire

Gastton Leval (1963)

1. Le principe juridique des collectivités était entièrement  » nouveau  » Ce n’était ni le syndicat ni la mairie au sens traditionnel du mot et non plus la commune du Moyen-âge. Toutefois, elles étaient plus proches de l’esprit communal que de l’esprit syndical. Les collectivités auraient pu souvent s’appeler  » communauté « , comme c’est le cas pour celle de Binefar et constituaient vraiment un tout dans lequel les groupes professionnels et corporatifs, les services publics, les échanges, les fonctions municipales, restaient subordonnées, dépendant de l’ensemble, tout en jouissant de l’autonomie dans leurs structure, dans leur fonctionnement interne, dans l’application de leurs buts particuliers.

2. Malgré leur détermination, les collectivités étaient pratiquement des organisations libertaires communistes, qui appliquaient la règle  » de chacun selon ses forces, à chacun selon ses besoin « , soit par la quantité de ressources matérielles assurées à chacun là où l’argent était aboli, soit au moyen du salaire familial là où l’argent a été maintenu. La méthode technique différait, mais le principe moral et les résultats pratiques étaient les mêmes. Cette pratique était en effet sans exception dans les collectivités agraires ; peu fréquente au contraire dans les collectivisations et socialisations industrielles, la vie de la ville étant plus complexe et le sentiment de sociabilité moins profond.

3. La solidarité portée à un degré extrême était la règle générale des collectivités agraires. Non seulement le droit de tous à la vie était assuré, mais dans les fédérations mères s’établissaient toujours plus le principe de l’appui mutuel avec le fonds commun dont jouissaient les villages moins favorisés par la nature. A Castellon, on établit dans ce but la Caisse de compensation. Dans le domaine industriel, cette pratique semble avoir commencé à Hospitalet, dans les Chemins-de-fer catalans et plus tard elle fut appliquée à Alcoy. Elle aurait été plus générale si l’arbitrage avec les autres partis n’avait pas empêché de socialiser ouvertement dès les premiers jours.

4. Une conquête d’une énorme importance a été le droit de la femme à la vie, quelques fussent ses fonctions sociales. Dans la moitié des collectivités agraires, le salaire qui lui était attribué était inférieur à celui de l’homme, dans l’autre moitié équivalent; la différence s’expliquait en tenant compte que la femme célibataire vit rarement seule.

5. De même les enfants ont vu leur droit reconnu spontanément: non comme une aumône accordée par l’Etat, mais bien comme l’exercice d’un droit que nul ne pensait à nier. En même temps, les écoles leur ont été ouvertes jusqu’à l4 ou l5 ans: seule façon d’éviter que les parents ne les envoient travailler avant l’âge, et pour rendre l’instruction réellement générale.

6. Dans toutes les collectivités agraires d’Aragon, de Catalogne, du Levant, de Castille, d’Andalousie et d’Estrémadure, il y a eu pour règle spontanée de constituer des groupes de travailleurs presque toujours fixés dans des zones précises et qui se partageaient les cultures ou les terres. Egalement spontanée a été la réunion des délégués élus par ces groupes avec le délégué local de l’agriculture dans le but d’orienter le travail général.

7. En plus de ces réunions et d’autres analogues des groupes spécialisés, des réunions de la collectivité avaient lieu sous forme spontanée également (assemblées hebdomadaires, bi-mensuelles ou mensuelles). On s’y prononçait sur l’activité des conseillers nommés par elles, sur les cas spéciaux et les difficultés imprévus. Tous les habitants, hommes et femmes et qu’ils fussent ou non producteurs de biens de consommation, intervenaient et déterminaient les accords pris. Souvent même les  » individualistes  » pouvaient se prononcer et voter.

8. Dans la collectivisation de la terre, les modifications les plus importantes ont été : l’augmentation du machinisme et de l’irrigation, l’extension de la polyculture, la plantation d’arbres de toutes espèces. Dans l’élevage des bestiaux : la sélection et la multiplication des espèces, leur adaptation aux conditions du milieu, du climat, de l’alimentation, etc., et la construction sur une vaste échelle d’étables, de porcheries et de bergeries collectives.

9. On étendait continuellement l’harmonie dans la production et la coordination des échanges, de même que l’unité dans le système de répartition. L’unification communale se complétait avec l’unification régionale, d’où la Fédération nationale était élue. A la base, la  » commune  » organisait l’échange. Exceptionnellement la commune isolée la pratiquait, mais sur autorisation de la fédération qui prenait note des échanges et pouvait les interrompre s’ils causaient un préjudice à l’économie générale. Cela arriva pour une collectivité isolée de Castille, qui ne vendait pas le blé pour son compte mais envoyait le client à l’office du blé à Madrid. En Aragon, la Fédération des collectivités, fondée en janvier l937, et dont la résidence centrale se trouvait à Caspe, commença à coordonner les échanges entre toutes les communes de la région, ainsi qu’à appliquer l’appui mutuel. La tendance à l’unité s’était faite plus claire avec l’adoption d’une carte de  » producteur  » unique, et d’une carte de  » consommateur  » également unique, qui impliquait la suppression de toutes les monnaies, locales ou non, suivant la résolution prise au congrès constitutif de février l937. La coordination des échanges avec les autres régions et de la vente à l’extérieur s’améliorait toujours davantage. Dans le cas de bénéfices dus aux différences de change, ou à l’obtention de prix supérieurs aux prix de base déjà excédentaires, la Fédération régionale les employait pour aider les collectivités les plus pauvres. La solidarité dépassait le circuit communal.

10. La concentration industrielle tendait à se généraliser dans toutes les villes. Les petites usines, les ateliers anti-économiques disparurent. Le travail se rationalisa avec un objectif et une forme hautement sociale aussi bien dans les industries d’Alcoy que dans celles d’Hospitalet, dans les transports urbains de Barcelone que dans les collectivités d’Aragon.

11. La socialisation commençait souvent avec la répartition (à Sagorbe, Granollers, et différents villages d’Aragon). Dans certains cas, nos camarades arrachèrent à la municipalité des réformes immédiates (municipalisation des loyers, de la médecine à Elda, Benicarlo, Castellon, Alcaniz, Caspe, etc.)

l2. L’enseignement progressa avec une rapidité jusqu’alors inconnue. L’immense majorité des collectivités et des municipalités plus ou moins socialisées a construit une ou plusieurs écoles. Chacune des collectivités de la Fédération du Levant avait son école au début de l938.

13. Le nombre de collectivités augmentait continuellement. Le mouvement, né avec plus d’élan en Aragon, avait gagné dans les campagnes une partie de la Catalogne, prenant un élan extraordinaire, surtout dans le Levant, et ensuite en Castille, dont les réalisations ont été, selon des témoins responsables, peut-être supérieures à celles du Levant et de l’Aragon. L’Estrémadure et la partie de l’Andalousie que les fascistes tardèrent à conquérir -spécialement la province de Jaen- ont eux aussi leurs collectivités. Chaque région ayant les caractéristiques propres à son agriculture et à son organisation locale.

14. Dans nos enquêtes, j’ai rencontré seulement deux insuccès : celui de Boltana et celui d’Ainsa, au nord de l’Aragon. Le développement du mouvement et les adhésions qu’il recevait peut s’exprimer par ces faits : en février l937 la région d’Angues avait 36 collectivités. Elle en avait 57 en juin de la même année. Nous manquons de chiffres exacts sur le nombre de collectivités créés dans toutes l’Espagne. Me basant sur les statistiques incomplètes du congrès de février en Aragon et sur les notes recueillies durant mon séjour prolongé dans cette région, je peux affirmer qu’il y en avait au moins 400. Celles du Levant étaient de 500 en l938. Nous devons y ajouter celles des autres régions.

15. Les collectivités se sont complétées en certains lieux avec d’autres formes de socialisations. Le commerce se socialisa après mon passage à Caragente. Alcoy vit surgir une coopérative de consomation syndicale de production. D’autres collectivités s’agrandirent : Tomarite, Alcolea, Rubielas de Mora, Clanda, Pina, etc.

l6. Les collectivités n’ont pas été l’œuvre exclusive du mouvement libertaire. Bien qu’elles appliquèrent des principes juridiques nettement anarchistes, elles étaient souvent la création spontanée de personnes éloignées de ce mouvement. La plus grande partie des collectivités de Castille et d’Estrémadure ont été l’œuvre de paysans catholiques et socialistes, inspirés ou non par la propagande de militants anarchistes, isolés. Malgré l’opposition officielle de leur organisation, beaucoup de membres de l’U.G.T. (Union générale des travailleurs) sont entrés dans les collectivités ou les ont organisées et aussi des républicains sincèrement désireux de réaliser la liberté et la justice.

17. Les petits propriétaires étaient respectés. Les cartes de consommateurs faites aussi pour eux, le compte courant qui leur était ouvert, les résolutions prises à leur égard l’attestent. On les empêchait seulement d’avoir plus de terres qu’ils n’en pouvaient cultiver, et d’exercer le commerce individuel. L’adhésion aux collectivités était volontaire ; les  » individualistes  » y adhéraient seulement quand ils étaient persuadés des résultats meilleurs du travail en commun.

18. Les principaux obstacles aux collectivités furent : · La coexistence de couches conservatrices, des partis et des organisations qui les représentaient: républicains de toutes tendances, socialistes de droite et de gauche (Largo Caballero et Prieto), communistes staliniens, souvent poumistes. (Avant d’être expulsé par le gouvernement de la Généralité, le P.O.U.M. ne fut pas réellement un parti révolutionnaire. Il le devint quand il se trouva contraint à l’opposition. En juin l937, un manifeste distribué par la section aragonaise du P.O.U.M. attaquait les collectivités.) L’U.G.T. constituait l’instrument principal utilisé par ces différents politiciens. · l’opposition de certains petits propriétaires (paysans, catalans et pyrénéens). · la crainte manifestée même par quelques membres des collectivités que, la guerre terminée, le gouvernement ne détruise ces organisations. Cette peur fit hésiter même beaucoup de ceux qui n’étaient pas réellement réactionnaires et des petits propriétaires qui, sans cela, se seraient décidés à adhérer aux collectivités. · la lutte active contre les collectivités, qui n’était pas l’action évidemment destructrice des troupes de Franco là où elles arrivaient. Cette lutte contre les collectivités a été conduite à main armée en Castille par les troupes communistes. Dans la région de Valence, il y eut même de vrais combats dans lesquels intervinrent les chars d’assaut. Dans la province de Huesca, la brigade Karl-Marx a persécuté les collectivités. La brigade Macia-Companys a fait de même dans la province de Teruel (mais les deux ont fui toujours le combat contre les fascistes). La première a toujours été inactive pendant que nos troupes luttaient pour prendre Huesca ou d’autres positions importantes. Les troupes marxistes se réservaient pour l’arrière-garde. La seconde abandonna sans lutte Vinel del Rio et d’autres communes de la région carbonifère de Utrillas. Les soldats qui s’enfuirent en chemise devant une petite attaque que d’autres forces continrent sans difficultés furent ensuite des combattants intrépides contre les paysans désarmés des collectivités.

19. Dans l’œuvre de création, de transformation et de socialisation qui a été réalisée, le paysan a montré une conscience sociale très supérieure à celle de l’ouvrier des villes. 

Solution politique pour demain: Un exemple de commune fondée sur les associations libres…

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germinal

 

Germinal de la Sierra ville anarchiste

 

Colonne Kropotkine

 

Espagne, libertaire

 

Note de Résistance 71: Nous tenons à préciser que cette description correspond à une expérience espagnole qui a réellement eut lieu dans les années 1930. Ceci néanmoins n’est qu’un exemple de ce qui peut se faire collectivement et n’est en rien un modèle à suivre à la lettre, mais une expérience qui peut être adaptée à notre vie plus moderne. L’argent et le salariat ayant été abolis, nous sommes en présence d’un modèle communal tel que le préconisait Pierre Kropotkine. Tout modèle se doit d’être adaptable et flexible pour être viable.

Le numérotage corespond à celui de la carte sur la photo du dessus.

A lire: Juillet 1936-Juillet 2016, 80ème anniversaire de la révolutions sociale espagnole

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Nous voulons avec cette carte que ton esprit cesse de penser pour un moment au système où nous vivons et entame ainsi avec nous un beau voyage vers cette petite ville anarchiste appelée Germinal de la Sierra. Cette commune libre se forme après avoir fait triompher la Révolution Sociale, menée à bien par le peuple contre l’État, avec toute sa logique. Nous voulons dire que l’émancipation populaire n’est pas arrivée au moyen de la violence, bien qu’il y eut des cas où on est arrivé à la confrontation directe avec la bourgeoisie et ses défenseurs (policier, armée, église, etc….), qui n’ont pas voulu restituer les biens et les terres qu’ils ont volés, et qu’ont sués avec sang et larmes un millier de travailleurs ; cette émancipation n’a eu lieu que parce que le peuple est enfin  préparé, conscientisé et instruit pour mener à bien une nouvelle vie dans laquelle règne la plus haute expression de l’ordre naturel des choses: l’Anarchie. Nous nous fonderons sur le fonctionnement de Germinal de la Sierra, composé  de 5.000 habitants et où on a proclamé le Communisme Libertaire.

Les principes de cette ville sont la solidarité, l’appui mutuel, l’égalité et le respect.

Dans Germinal de la Sierra l’argent a été aboli. Ses habitants ont tous les mêmes droits et les mêmes devoirs, on travaille selon ses forces et on reçoit selon ses besoins. La propriété privée et tout privilège ont été abolis. Nous sommes tous des êtres humains qui ont le droit de jouir de la vie. Nous voulons souligner que les habitants de cette ville sont anarchistes, c’est-à-dire préparées à aimer leurs tâches quotidiennes et sont conscients que tout est pour le bien commun. Toutes les décisions sur le fonctionnement de la commune sont prises en assemblée et chaque habitant depuis sa branche d’activité.

Après avoir lu ce prologue, parcourons Germinal de la Sierra.

1 FÉDÉRATION LOCALE

C’est le siège où se réunissent les délégué-e-s des différentes branches pour voir de façon plénière les affaires qui concernent la commune, ou en séance plénière traiter les accords pris dans leurs assemblées respectives de branche. Les délégué-e-s sont choisi-e-s par chaque assemblée et leur mission est d’expliquer et de défendre les accords pris par leurs compagnons. Les délégué-e-s sont seulement une liaison entre la séance plénière et l’assemblée. Ils ne peuvent décider d’aucun changement dans les accords ; pour cela doivent les communiquer à leur branche et celle-ci, si l’accord est très urgent, convoquera rapidement une assemblée extraordinaire pour ne pas entraver le bon fonctionnement de la commune. La Fédération Locale est aussi le siège du Comité Local.

Celui-ci est nommé par toute la commune, sa fonction est administrative, non exécutive. Sa durée est à temporaire, remplaçé ensuite par un nouveau Comité. Le Comité Local se charge de mener à bien les fonctions confiées par les assemblées de branche et d’être en contact avec les Fédérations Locales des autres communes.

NOTE : Les Comités, sont de tout type (de branche, locaux, régionaux, etc….), ils ne peuvent pas décider par eux-mêmes ni prendre des accords. Leur durée est à court terme et peuvent être révoqués  à tout moment. Les Comités sont seulement un instrument administratif qui exerce les fonctions confiées par leur branche ou par la commune. Tous leurs membres, comme les autres habitants, sont consommateurs-producteurs et accomplissent quotidiennement leurs tâches dans la branche à à laquelle ils appartiennent.

2 HÔPITAL ISAAC PUENTE

Dans toutes les communes libres il y a un hôpital pour donner assistance sanitaire au peuple.

L’hôpital de Germinal de la Sierra est proportionné à l’importance démographique de la commune. Tous les habitants ont droit à l’assistance médicale, à n’importe quelle specialité. Les tâches de l’hôpital sont distribuées en sections. Chaque section a son assemblée propre, les sections marquent le fonctionnement de l’hôpital.

Tout est coordonné depuis l’assemblée générale, où chaque section envoie à ses délégué-e-s avec les propositions de leur section ou pour traiter tout problème qui est apparu. Il y a un Comité d’Administration dans l’hôpital nommé par toutes les sections, lequel se charge d’être en contact avec les autres hôpitaux et d’exercer les fonctions que leur confient les sections (voir note point n. 1).

3 THÉÂTRE/CINÉMA ELISÉE RECLUS

Les représentant-e-s du fonctionnement et du maintien du théâtre et du cinéma appartiennent à une section de la Branche de Spectacles (voir point n. 6 Branche de Spectacles).

4 ÉCOLE RATIONALISTE FRANCISCO FERRER Y GUARDIA

La base de la formation de l’être humain est l’éducation. Dans l’École Rationaliste ce qui est principal, en plus d’enseigner à lire, écrire, mathématiques, littérature, etc., est d’apprendre les principes de la commune nommés dans le  prologue. Les élèves préparent des débats sur différents sujets. Ils décident avec les professeurs de la façon dont ils veulent donner les classes. Les Écoles Rationalistes ou Libres sont mixtes.

Un des sujets très important dans l’école est l’éducation sexuelle. Dans l’École Rationaliste il n’y a pas d’examens, ni de prix, ni da punition. On essaie d’en faire sortir des jeunes gens totalement libres, parce qu’il connaissent la liberté absolue comme tu découvres le respect.

NOTE : Pour avoir plus d’information sur le fonctionnement d’une École Rationaliste vous pouvez lire l’oeuvre de Francisco Ferrer y Guardia «l’École Moderne» ou le livre «Paideia École Libre», écrit par Josefa Martín Luengo, appartenant au Paideia collectif.

5 SIÈGE DE LA BRANCHE CONSTRUCTION, MÉTAL ET BOIS

C’est le siège où les branches mentionnées se réunissent en assemblée et aussi leurs sections respectives.

Nous avons déjà nommé le mot section, mais, qu’est-ce qu’une section de branche ? Les sections sont les différents offices qui composent une branche, par exemple : la Branche du Métal est composée  de la section d’électriciens, la section plombiers et égouts, la section de forgerons, etc..

Ceci est un exemple, puisqu’elles sont au service de leur assemblée de section ou branche, qui décident de la manière de fonctionner, toujours en vue d’un meilleur rendement dans la tâche commune. La même chose se produit avec toutes les autres branches.

NOTE : Ce siège est partagé par ces trois branches. Au siège sont les archives et les différents secrétariats de chaque branche, où les comités exercent leurs fonctions et s’occupent des demandes de chaque section. Le siège, peu à peu, est devenu petit pour loger les trois branches et c’est pour cela on a convoqué une assemblée où, assistaient des délégué-e-s de toutes les sections appartenant à ces trois branches, chaque délégué-e apportant l’accord pris par sa section. À la fin de l’assemblée, l’accord pris par toutes les sections concernées a été le suivant : la construction d’un nouveau local où on transférerait la Branche de la Construction et le Métal, en laissant dans l’ancien siège la Branche du Bois. Cet accord a été communiqué à la Fédération Locale, où le Comité Local à son tour l’a envoyé à toutes les branches qui composent la commune et ceux-ci à leurs sections.  Dans la dernière séance plénière locale a été approuvé cet accord par toutes les branches de la commune, lequel est mis en pratique de nos jours (voir point n 41).

6 SIÈGE DE LA BRANCHE HÔTELLERIE ET ALIMENTATION, ET DE LA BRANCHE DE SPECTACLES

Ces deux branches se réunissent dans ce siège. La Branche Hôtellerie et Alimentation a la rôle suivante: il se charge du fonctionnement de l’hyper-magasin, de la cuisine de l’hôpital, du bar-restaurant, du magasin de grains, de la cafeteria de la salle de festivités, et de la cafeteria de l’Auditoire. Un groupe appartenant à une section se charge de l’agriculture écologique.

La Branche de Spectacles se charge de préparer et de coordonner les festivités populaires, les concerts, les pièces de théâtre, les projections de cinéma, etc..

Les heures de travail et les tours sont décidées dans leurs assemblées respectives, on fait de la même façon dans les autres branches.

NOTE : Un groupe appartenant aux Branches de Transports Publics et Sanitaires a formé une compagnie de théâtre et interprète différentes oeuvres. Dans l’école atelier on a formé différents groupes de musique, dans la Branche de l’Enseignement il y a quelques poètes, dans la Branche Paysan-ne-s ,il y a des personnes consacrées à la sculpture, peinture, chant, etc..

Tous ces gens sont consommateurs- producteurs et remplissent quotidiennement les tâches de leur branche, en se consacrant à ces penchants pendant son temps libre. Nous devons tenir compte que le capitalisme a disparu, aboli par la Révolution Sociale. Il n’y a déjà pas d’exploiteurs qui oppriment au peuple pour augmenter leur pouvoir et leur capital, en distribuant seulement de la misère entre les familles ouvrières. Tu vis maintenant dans une nouvelle société où il n’y a de maîtres auxquels obéir, personne n’est propriétaire de personne, mais les gens sont organisées entre eux et travaillent dans l’ensemble pour le bien de tous les êtres humains et de la nature qui nous entoure.

Le chômage, la faim, la misère, le racisme et la xénophobie créés par la propriété privée et par les frontières qui divisent les pays, ont été abolis dans cette société. Ici, dans les ateliers, dans les usines, dans les champs travaillent un maximum travailleur-se-s, chacun selon sa branche, en partageant le travail. Les machines, entre les mains des travailleur-se-s, se chargent des tâches les plus dures et plus risquées.  On travaille ainsi un minimum d’heures et en ayant du temps pour le repos, pour penser, pour lire, écrire, développer ses penchants décrits plus haut, enfin pour jouir des plaisirs de la vie en paix.

7 ATHÉNÉE LIBERTAIRE LOUISE MICHEL

L’Athénée, avec la bibliothèque-librairie et les écoles rationalistes est la principale source de culture. Dans l’Athénée on organise colloques, débats, conférences, etc.. On invite auteurs, philosophes, scientifiques, agriculteurs, constructeurs, écoles rationalistes, etc.., de différents endroits de la Terre appartenant à d’autres communes, lesquels montrent leur façon de fonctionner, en découvrant nouvelles méthodes pour faire avancer et améliorer les moyens d’éducation et de production.

L’Athénée organise des journées culturelles où on invite d’autres communes. Dans ces journées tu peux trouver des expositions et des excursions. L’Athénée est ouvert à toutes les personnes de la commune qui le souhaitent. On s’organise, on a ses assemblées, on a son groupe de travail, etc..

NOTE : L’imagination et le désir d’apprendre sont toujours présents dans Germinal de la Sierra.

8 RIVIÈRE LE SOLEIL

Il naît dans la Montagne d’Esperanto et aboutit la commune de Luz de Mar.

9 BAR – RESTAURANT

La Branche Hôtellerie et Alimentation en a la charge. Deux sections y exercent leur activité : serveurs et cuisiniers.

10 HYPER-MAGASIN

C’est ici où l’on stocke les produits alimentaires et autres ustensiles variés dont les habitants de la commune ont besoin pour leur vie quotidienne.

Tous les aliments et ustensiles sont bien organisés en rangs pour leur meilleure localisation. Les sections qui ont leur tâche dans l’hyper-magasin appartiennent à la Branche Hôtellerie et Alimentation. Ces sections sont les suivantes : fournisseurs, grossistes, boulangers, caissier-ère-s, et un Comité d’Administration.

Les habitants se fournissent à l’hyper-magasin selon leurs besoins. Au passage de ses caisses il est pris note des aliments et des produits qui sortent au moyen d’ordinateurs. Un rapport est établi pour le Comité d’Administration. Celui-ci se charge se réapprovisonner le magasin.

NOTE : Après avoir lu ce dernier texte, tu auras sans doute pensé avec ton éducation capitaliste: «Il y a pas de flics, et je peux  prendre tout ce que je 
veux. Alors, je prends tout.»  Les habitants de de Germinal de la Sierra te repondent : «Et pour quoi faire ?, si tu as besoin d’un kilo de tomates, pourquoi en prendre six ?. Ça va s’abimer a la maison. L’hyper-magasin ouvre tous les jours.»

11 ATELIERS DE MENUISERIE ET DÉRIVÉS

12 ATELIERS de FORGE, GALVANISÉS ET DÉRIVÉS

13 ATELIERS ÉLECTRICITÉ, MÉCANICIEN, PLOMBERIE ET DÉRIVÉS

Fonction des ateliers : C’est là où on effectue les tâches quotidiennes des différentes branches.

Certaines groupes réparent les pièces ou les fabriquent à l’atelier, d’autres, s’activent dans la commune, selon ce qui est décidé par leurs assemblées (par exemple : à la construction de bâtiments, à la réparation d’un pont dans la rivière ou à la réfection de câble téléphonique ou d’éclairage public). Il y a aussi des groupes qui travaillent dehors dans d’autres communes, en aidant à d’autres sections de leur même branche (ceci se produit quand la tâche est très importante et la branche qui doit l’effectuer insuffisante. Alors, des communes les plus proches arrivent des compagnons de la même branche. Voila un bon exemple d’appui mutuel).

Les branches sont toutes connectées entre elles et entièrement coordonnées. Quand elles doivent effectuer une certaine tâche qui incombe à un secteur, à une province ou à une région (par exemple, faire des routes, reboiser des montagnes, faire des ponts, etc..) celles-ci-ci ont leurs séances plénières où chaque délégation porte ses accords et ont le même fonctionnement, comme expliqué dans des points précédents.

14 ÉCOLE ATELIER

Les jeunes, à la fin de l’École Rationaliste, vont à l’École Atelier, où chacun choisit le métier qu’il aime. On peut même en choisir plus d’un. On enseigne ici théorie et pratique. Pour commencer à exercer leur art, on les charge de tâches simples, où peu à peu ils acquièrent de l’expérience. Au fur et à mesure que les jeunes deviennent plus expérimentés, ils sont incorporés aux branches qu’ils ont choisies, où ils terminent totalement l’apprentissage de leur métier.

NOTE : Il y a des métiers qu’on peut pas trouver dans cette commune, ce pourquoi beaucoup de jeunes choisissent d’aller dans d’autres communes où ils peuvent apprendre le métier qu’ils aiment. Certains entre eux restent à vivre là où ils ont été transférés et d’autres, s’ils sont dans une commune proche, font l’aller-retour tous les jours. Ils sont libres de choisir.

15 LOGEMENTS INDÉPENDANTS

Les logements indépendants sont destinées aux habitants plus jeunes ou à ceux qui n’ont pas de compagnon ou de compagne stable, ou n’ont pas formée une famille. Tous les habitants consommateurs-producteurs ont droit à un logement (on inclut ici aussi aux vieux qui, bien qu’ils soient maintenant seulement consommateurs, pendant toute sa vie ont été producteurs). A Germinal de la Sierra, les logements indépendants sont divisés en logements pour deux personnes et en logements pour quatre personnes.

Chaque habitant est libre de choisir où il veut vivre. Les logements de deux habitants sont préparés pour les personnes qui aiment la tranquillité. Les logements pour quatre personnes sont habités, la plupart, par des jeunes. Les logements sont partagés par les deux sexes, ils partagent les tâches : propreté, cuisine, etc..

NOTE : Les jeunes de Germinal de la Sierra, ayant passé les 16 /17 ans, sont libérés de leurs parents, en pouvant partager un logement indépendant. Ainsi le jeune, avec l’éducation reçue et son travail, se forme comme personne responsable, saine et indépendante.

16 LOGEMENTS FAMILIAUX

Dans ces logements, comme son nom l’indique bien, vivent les couples avec leurs enfants. Les citoyens qui habitent dans les logements indépendants, si en formant un couple stable, arrivent à former une famille, déménagent automatiquement vers les logements familiaux.  Les vides qu’ils ont laissés dans ces logements indépendants sont occupés par de nouveaux jeunes qui viennent d’être libérés ou qui viennent d’une autre commune vivre à Germinal. Dans chaque zone urbaine, il y a un Comité d’Administration qui se charge de constater les changements effectués, les logements libres, etc..

NOTE : Dans Germinal de la Sierra les couples sont libres de s’unir comme ils sont libres de se séparer.

17 EXPLOITATION AGRICOLE ÉCOLOGIQUE

Coexistent ici des êtres humains et animaux domestiques. Le traitement que reçoivent les animaux dans ta société est sauvage et irrationnel, on les exploite de la même façon que les êtres humains pour gagner de l’argent et du pouvoir, sans souci de la tristesse, la souffrance, l’agonie et la mort.  A Germinal de la 
Sierra les animaux sont traités avec grande affection, la Nature aussi. D’elle on prend seulement le nécessaire pour l’approvisionnement de la commune. A Germinal de la Sierra leurs habitants ont un régime végétarien, se nourrissant de leurs cultures et des fruits que donne la terre, même si on  ajoute quelques aliments que donnent les animaux, comme le lait, les oeufs, le miel, etc., toujours sans exploiter les animaux, ni leur faire de mal.

18 CHAMPS CULTIVÉS

La Branche Paysans se charge des champs. Ils y ont leurs locaux où ils gardent les machines et leurs outils de travail.

De là on approvisionne le magasin à grains, l’hyper-magasin. On exporte aussi les types d’aliments qui ne sont pas cultivés dans d’autres communes.

19 SERRES

Une section de la Branche Paysans et Paysans se charge de son entretien.

20 SIÈGE DE LA BRANCHE PAYSANS ET PAYSANNES

C’est le siège où se réunit cette branche. C’est celui qui comprend le plus de sections de toute la commune. Les bases de leur fonctionnement sont identiques à celles des autres branches. Dans le siège tu pourras trouver les différents secrétariats et le Comité d’Administration.

21 BIBLIOTHEQUE-LIBRAIRIE FEDERICA MONTSENY

De la bibliothèque-librairie se charge un groupe nommé par l’Athénée. Il est chargé de son organisation et de son entretien.

22 DÉPOT

Une section de la Branche de la Construction se charge de son fonctionnement.

On stocke ici les matériels qui manquent pour mener à bien les tâches des différentes branches.

23 MAGASIN de GRAINS. (Voir les N6)

24 GARAGES (CAMIONS ORDURES ET RECYCLAGE) (Voir les N35)

25 CONTAINERS DE RECYCLAGE

26 PROMENADE FRANCISCO ASCASO

27 PARCS (B. DURRUTI, M. BAKOUNINE, P. KROPOTKINE)

28 PLACE DU 1ER MAI

29 FONTAINES

30 AUDITORIUM ENRICO MALATESTA

Est chargée de son maintien une section de la Branche de Spectacles.

31 CIMETIÈRE- CRÉMATOIRE

Dans Germinal de la Sierra on pratique aucune religion. Ses habitants peuvent librement choisir s’ils veulent être enterrés, incinerés ou tout autre système.

32 JARDINS-POTAGERS

Les jardins fonctionnent de la même façon que les champs cultivés, coordonnés par la Branche Paysans et Paysanes.

33 PISCINES PUBLIQUES Et VILLE SPORTIVE

Ces installations sont au bénéfice de tous les habitants de la commune. À cinq kilomètres de la commune il y a aussi un lac avec une zone verte où beaucoup d’habitants passent leurs heures libres.

34 PÂTURES POUR le BÉTAIL (Branche Paysans et Paysans)

35 SIÈGE TRANSPORTS PUBLICS ET PROPRETÉ PUBLIQUE

C’est le siège où se réunissent en assemblée ces deux branches. La Branche du Transport se charge de coordonner les transferts à d’autres communes, soient personnes, d’aliments ou autres marchandises. Etc. se charge aussi des véhicules pour les excursions, séances plénières, congrès. La Branche de Propreté se charge la propreté urbaine, de containers d’ordures, recyclage, ville sportive et piscines publiques.

36 GARAGES DES TRANSPORTS PUBLICS

Dans les garages sont garés les véhicules de cinq à quatre-vingt passagers, ainsi que ceux de l’hôpital.

NOTE: En ce moment on construit une voie ferrée qui passera par Germinal de la Sierra.

37 SALLE DES FÊTES

C’est l’un des nombreux emplacements où se réunissent les habitants de la commune leurs heures de loisir pour écouter de la musique ou pour danser.

38 DÉLÉGATION ANTI-INCENDIES

Cette branche se charge de coordonner l’extinction d’un feu ainsi que les actions de sauvetage dans toute catastrophe naturelle. Ils donnent aussi des stages où les habitants apprennent à faire face à ces dangers et en cas d’urgence se soutenir les uns les autres pour aider à lutter contre ces fléaux.

39 ATELIERS VÊTEMENT ET CHAUSSURES

Son siège se trouve dans le plus haut étage des ateliers. Dans l’Avenue Teresa Claramunt, qui fait l’angle entre les ateliers vêtement et chaussures et l’hyper-magasin, on trouve divers locaux où les habitants sont approvisionnés des différents types chaussures et vêtements.

40 SALON DE COIFFURE

Comme dans les ateliers vêtement et chaussures, le siège trouve aussi sa place dans le même local, qui est assez vaste.

Par ce local passent les habitants chaque fois qu’ils veuillent une coupe cheveux, coiffure, rasage et autres prestations capillaires. De la même façon que dans les autres branches, les coiffeurs et les coiffeuses marquent leurs tours et leurs heures de travail.

41 BÂTIMENTS EN CONSTRUCTION

Logements et bâtiments de services.

42 STATION-SERVICE

L’entretien et le fonctionnement de la pompe à essence sont du ressort d’une section de la Branche de Transports Publics.

NOTE : Les énergies et les combustibles ne nuisent pas à notre santé ni à notre environnement.

43 USINE DE RECYCLAGE

L’usine n’est pas marquée sur le plan parce qu’elle est aux alentours de la ville, et est coordonnée par toutes les communes de cette region.