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JO sport propagande et réalité… Sotchi et la honte de l’occident…

Posted in actualité, ingérence et etats-unis, média et propagande, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, sport with tags , , , , , , on 14 février 2014 by Résistance 71

Certes les JO d’hiver comme d’été sont devenus des pompes à fric et des vitrines de la société marchande du spectacle pathétique, mais le lynchage organisé propagandiste du concert des merdias occidentaux en l’occurence contre la Russie et Poutine, a atteint des sommets encore jamais égalés.

Le grand cirque est complet… et on est loin, très loin de l’esprit « mousquetaires » de P. de Coubertin, qui peut en être surpris ?

— Résistance 71 —

 

Les cinq cercles de glace

 

Manlio Dinucci

 

12 février 2014

 

url de l’article en français:

http://www.voltairenet.org/article182153.html

 

Les Jeux Olympiques sont toujours l’occasion pour le pays hôte de se présenter au reste du monde. Mais à Sotchi, comme à Pékin, ce devait être l’inverse : une opportunité pour l’Occident de présenter sa vision du pays hôte à ses téléspectateurs. C’est pourquoi, la grande majorité des articles et émissions consacrés aux Jeux, en Europe et en Amérique du Nord, ne sont pas informatifs, mais tentent par tous les moyens de dénigrer « la Russie du tsar Poutine ».

Des vents de guerre froide soufflent sur les Olympiades hivernales de Sochi, ou plutôt sur les « Olympiades du tsar Poutine » comme les appellent à l’unisson les médias occidentaux. Les splendides prestations des athlètes du monde entier, qui se sont préparés pendant des années pour les jeux, passent au deuxième plan ou bien sont ignorées, sauf si c’est un athlète national qui gagne.

Tandis que s’assombrissent les Olympiades, fruit d’un travail collectif colossal, on fournit des informations détaillées sur l’élimination des chiens errants à Sochi et sur le fait qu’à la cérémonie d’ouverture un des cinq anneaux olympiques ne s’est pas éclairé, en gardant l’apparence d’un flocon de neige (funeste présage, auraient dit les antiques). En même temps est lancée l’alarme à un attentat terroriste qui pourrait bouleverser les Olympiades, après ceux qui ont eu lieu ponctuellement à Volgograd.

À Washington, où on s’y entend en terrorisme, on a exprimé sa préoccupation pour un possible attentat à Sochi en décidant d’intervenir militairement : le Mount Whitney, navire amiral de la Sixième flotte, a levé l’ancre de Gaète (Latium) pour entrer en mer Noire avec la frégate Taylor. Se tenant prêts à évacuer de Sochi les athlètes et les spectateurs étasuniens, les deux navires de guerre, flanqués d’unités géorgiennes, s’exercent en attendant aux limites des eaux territoriales russes.

Barack Obama, David Cameron et François Hollande, vaillants défenseurs des droits humains par lesquels ils motivent leurs guerres et les massacres y afférant, ont fait comprendre qu’ils ne sont pas allés aux Olympiades parce qu’en Russie la propagande gay est interdite ; et Enrico Letta (président du Conseil italien, NdT) a promis de réaffirmer à Sochi la contrariété de l’Italie face à toute norme discriminatoire à l’égard des gays. Il l’a déclaré quelques jours seulement après avoir fait officiellement les louanges à Dubaï de « la position humanitaire des Émirats » et avoir exprimé des appréciations analogues à l’égard des autres monarchies du Golfe, dont les codes pénaux punissent les rapports consentis entre adultes de même sexe de dix ans de prison et, en Arabie saoudite, de flagellation ou de lapidation. Ces mêmes monarchies, si appréciées par Obama et par les autres leaders occidentaux, se préparent maintenant à soumettre les immigrés à de non mieux précisés « tests médicaux » pour éviter que des homosexuels n’entrent dans les pays du Golfe.

La sortie d’Obama, de Letta et d’autres leaders aux côtés des gays en Russie est donc totalement instrumentale. Comme l’est l’accusation contre Moscou d’avoir trop dépensé pour les Olympiades et de vouloir les utiliser à des fins de propagande nationale, ce que font tous les pays qui les accueillent, à cause du mécanisme même de cet événement international qui devrait être profondément revu. Ces accusations, tout en ayant une base de vérité, ont un but bien précis : alimenter dans l’opinion publique un nouveau climat de guerre froide, correspondant à la stratégie USA/Otan qui rencontre à Moscou une opposition croissante. Si Eltsine était encore au pouvoir en Russie, disposé à toute concession aux USA et à l’Occident, personne ne définirait Sochi comme « Les Olympiades du tsar Eltsine ».

Selon un incontestable jugement de ceux qui à Washington établissent la note en conduite des gouvernants, Eltsine est inscrit dans la liste des « gentils », tandis que Poutine va dans celle des « méchants ». La liste où est choisi, chaque fois que c’est nécessaire, « l’ennemi numéro un » (comme l’ont été Saddam Hussein, Slobodan Milosevic et Mouamar el-Kadhafi), qui sert à justifier l’escalade militaire jusqu’à la guerre. La cible sur laquelle, chaque fois que c’est nécessaire, se concentrent les attaques politiques et médiatiques, en rendant ses défauts gigantesques pour cacher ceux bien plus gros de celui qui s’érige en tuteur des droits humains.

Apostille de la traductrice pour la version française

Les commentateurs des télévisions publiques françaises – envoyés spéciaux à Sochi et correspondant permanent en Russie- ont donné vendredi soir, 7 février, lors de la cérémonie d’ouverture des Olympiades d’hiver de Sochi, une leçon de journalisme indépendant. Bien aidés par un « spécialiste de la Russie » en studio à Paris, Vladimir Fédorovski. 
Dès le départ et tout au long de l’émission, ils ont annoncé que V. Poutine allait profiter de cette cérémonie en mondovision pour faire un grand discours de propagande, présenté par nos analystes comme le véritable clou du spectacle. 
Spectacle dans lequel, nous prévenaient-ils au fur et à mesure des découvertes qu’ils firent avec nous –entendez : on nous a tout caché-, « il y a ce qu’on dit et ce qu’on ne dit pas » (alors que dans nos médias on nous dit tout, et plutôt trois fois qu’une, comme on le verra dans le reportage) ; mais nos experts en poutinologie sont là pour nous décoder le dit et le non-dit. 
Exemples : les ballets et tableaux mettent en scène des danseurs (ou figurants) hommes et femmes et enfants tous ensemble ? C’est pour nous dire « qu’en Russie, un couple c’est un homme plus une femme, plus des enfants (sic) ». 
Et nous présente-t-on un superbe Lac des Cygnes de Tchaïkovski, avec évocation des ballets de Diaghilev ? Non, ça n’est pas un hommage à la tradition musicale et chorégraphique russe : c’est pour nous prouver, subliminalement, que la Russie de Poutine n’est pas homophobe puisque les organisateurs ont sélectionné dans le programme deux personnalités connues pour leur homosexualité… 
Avant le début de la cérémonie, quelques questions insistantes aux athlètes français à qui on demande si « c’est vraiment prêt ? » (les installations) et s’ils ne sont « pas trop surveillés ? » etc. ; non, les athlètes interviewés à ce moment-là disent que ça a l’air tout bien prêt, il y en a même qui trouvent que c’est beau etc. et que s’ils sont surveillés, en tous cas, ils ne s’en aperçoivent pas. On ne les interviewera plus, ceux-là. 
Vladimir Fédorovski est en direct de Paris : « diplomate » russe passé à l’ouest après la perestroika, « écrivain français » comme il se définit lui-même dans sa fiche wikipedia, annonce d’entrée que le spectacle sera une évocation de la Russie « surtout de Raspoutine… à Poutine ! » : un début tout en finesse diplomatique. 
Passons sur « Eltsine, le premier président de la Russie vraiment libre », « l’entourage de Poutine [qui] s’est rempli les poches avec ces jeux » et quelques autres remarques sur la corruption russe puisque Fédorovski n’était pas là, pour ne prendre que des exemples très récents. 
Fédorovski avait été invité pour commenter la cérémonie d’ouverture des Olympiades de Sochi ; donc, logiquement, il nous parle du « coup d’État d’octobre [1917, qui] a causé 25 millions de morts » ; il ajuste un peu plus tard avec : « 25 millions de morts dus à Staline…Lénine et Trotski […] mais enfin ça n’empêche pas que 80 % des Russes regrettent [actuellement] l’époque soviétique ». 
Enfin pendant les tableaux et ballets sur la période de l’industrialisation de l’URSS, et pour la troisième fois au cas où ça nous aurait échappé : « le stakhanovisme… lié à Staline le génie du diable, il a tué 25 millions de gens ». 
Ceux qui, comme moi, croyaient que 25 millions de Soviétiques —soldats de l’Armée rouge et peuples de l’Union soviétique— ont été assassinés par le Troisième Reich, en résistant à l’invasion nazie pendant les 4 années de la Grande guerre patriotique, ont pu comprendre, vendredi soir, leur grossière erreur ; grâce à l’écrivain Vladimir Fédorovski, dont on ira voir la liste des ouvrages historiographiques sur sa fiche wikipedia. 
Les remarques sur le plateau vont atteindre une telle emphase qu’un des commentateurs présents à Sochi finit par déclarer à l’antenne : « il faut changer de conversation : toutes les nations organisatrices profitent des JO pour faire leur propagande ». 
Pour conclure, enfin, le discours de V. Poutine (traduction intégrale) : « Je déclare ouverts les 22èmes Jeux Olympiques d’hiver de Sochi »… L’intervention du président Poutine a eu au moins un effet positif : elle nous a débarrassés pendant quelques instants des commentaires de nos spécialistes. Dépités. 
Спасибо !

Manlio Dinucci

Traduction 
Marie-Ange Patrizio

Source 
Il Manifesto (Italie)

Résistance politique: Quand la discrimination en sport devient une source de désobéissance civile… Le cas de l’équipe nationale iroquoise de Lacrosse…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, sport, terrorisme d'état with tags , , , , , , , on 26 mai 2013 by Résistance 71

Lacrosse (Tewaraton)

 

Mohawk Nation News

 

25 Mai 2013

 

url de l’article:

http://mohawknationnews.com/blog/2013/05/25/tewaraton/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le sport d’équipe de Lacrosse (Tewaraton) fut créé avant même que les humains ne foulent la terre mère du pied. Le premier match fut joué entre les créatures ailées et celles à quatre pattes. A la fin, les créatures ailées gagnèrent parce qu’elles comprirent que chaque esprit est important pour la totalité, aussi petit soit-il. Quand une décision finale dans un processus de consensus ne peut pas être atteinte, le jeu de la création (Lacrosse) est joué pour résoudre le problème et remplace la guerre.

Haudenosauneee Lacrosse (NdT: La fédération iroquoise de Lacrosse dont l’équipe nationale, une des toutes meilleures du monde est l’équipe des Iroquois Nationals) a utilisé le passeport Haudenosaunee (de la confédération iroquoise) légalement depuis 1990. En 2010, l’agence des frontières du gouvernement britannique refusa d’accepter le passeport tout à fait légal Haudenosaunee et les titres de voyage officiels afférents. Étant légalement souveraine, Haudenosaunee doit entrer en compétition en tant que nation. A cette occasion, l’Allemagne prît la place des Iroquois dans le top 6 des équipes mondiales.

Les Iroquois Nationals ont créé une énorme surprise en battant Team USA en Juillet 2012. En Janvier 2013, une décision fut prise de refuser à l’équipe des Iroquois Nationals une position dans la division supérieure pour les championnats du monde qui se dérouleront en 2014 à Denver (Colorado, USA), qui se situe sur Onowaregeh ou Great Turtle Island (NdT: ce qui est aujourd’hui les Etats-Unis, le Canada et le Mexique), pour la simple raison que l’accès à l’Angleterre leur fut refusé en 2010. Cette décision a été l’objet d’un appel à la Fédération Internationale de Lacrosse, qui l’a maintenue. Un second appel va être lancé devant l’assemblée générale. Une majorité des 2/3 doit être obtenue afin de renverser la décision initiale.

Ceci est une violation flagrante de nos droits. Les colonisateurs états-uniens et canadiens (NdT: Les nations iroquoises sont réparties aujourd’hui de chaque côté de la frontière, une partie des Iroquois se trouve aux Etats-Unis, essentiellement dans l’état de New York ; l’autre partie au Canada, essentiellement au Québec et en Ontario. Ceci n’a aucune importance en fait car les Iroquois possèdent leur propre nationalité et passeport en toute légalité, reconnus par l’ONU) veulent nous contrôler. L’armée est en charge du système de renseignement global de collecte de renseignements par identification et a accès à l’informaton nous concernant tout aussi bien que celle concernant n’importe qui d’autre.

Présentement, ces barjots du contrôle n’ont aucun droit légal d’obtenir nos informations personnelles. Quand nous traversons la frontière, nous leur disons notre nom et notre nation, c’est tout. Quand nous accepterons de laisser les entités corporatrices américaines et canadiennes d’émettre des cartes d’identité à notre encontre, ils auront accès à toutes les données sur nos ordinateurs, nos portables, no réseaux, nos informations financières, cartes de crédit, nos propriétés, nos relations familiales etc, etc…

Avec ces informations, les Etats-Unis et le Canada peuvent gérer, contrôler et influencer les politiques génocidaires à notre encontre. Nous avons tous les droits d’y résister. Nous devons être contenus tandis que les colons corporatistes pillent nos terres et nos ressources. Nous sommes les cibles d’injustices, de discrimination de notre dignité et n’avons pas une qualité de vie équivalente parce que nous sommes les tenants de Great Turtle Island.

Comme chantait John Lennon et le groupe Plastic Ono:

Le pouvoir au peuple, le pouvoir au peuple, le pouvoir au peuple, c’est çà ! dites que vous voulez une révolution, nous devrions nous y mettre de suite. Pendant que vous vous levez et allez dans la rue, chantant…”

power to the people!

*  *  *

Note du traducteur:

Pour ceux qui ne connaissent pas le sport de Lacrosse, il s’agit d’un des sports d’équipe de contact les plus rapides et spectaculaires qui soit… Appelé “le jeu le plus rapide sur deux jambes”. Lacrosse est officiellement le sport national au Canada, même si le hockey sur glace a la plus grosse audience. Lacrosse devient de plus en plus populaire en Europe et au Japon.

A voir: Tous les clips sont courts de l’ordre de 3 à 7 minutes…

http://www.youtube.com/watch?v=mJJmnnsKDNk

http://www.youtube.com/watch?v=oKQZqT5oRwQ

http://www.youtube.com/watch?v=lojmKihQBgQ

çà c’est Lacrosse: “This is Lacrosse”…

http://www.youtube.com/watch?v=S7oQtIkVohw

Nouvel Ordre Mondial: Les Jeux Olympiques orwelliens sont en marche…

Posted in actualité, crise mondiale, média et propagande, résistance politique, sport, terrorisme d'état with tags , , , , , on 26 juillet 2012 by Résistance 71

C’est par la psychose et la peur que le Nouvel Ordre Mondial s’instaurera. Pour l’empêcher, il faut commencer par cesser d’avoir peur ! A plus forte raison d’une peur artificielle, totalement fabriquée.

Il suffit de dire non. L’équipe de Résistance 71 boycotte à 100% les JO, mascarade mercantile de la société du spectacle, grande messe de l’ineptie du contrôle psychopathe…

— Résistance 71 —

 

Les JO en état de siège

 

Roman Mamonov

 

Le 26 Juillet 2012

 

url de l’article original:

http://french.ruvr.ru/2012_07_26/JO-2012-Londres-securite/

 

 

Les JO d’été s’ouvrent ce vendredi à Londres. Avant même de commencer, ils sont entrés dans l’histoire pour les mesures de sécurité et les scandales les touchant. La tentative d’engager des structures de sécurité privées a échoué, l’armée britannique a fait du parc Olympique une vraie région fortifiée avec des blindés, l’aviation et même un porte-avions.

Il reste moins de 24 heures avant l’ouverture de l’Olympiade. Dans les aéroports londonien l’afflux est énorme – des centaines de milliers de supporters arrivent afin de suivre leurs compétitions préférées. Les autorités britanniques ne cachent pas qu’en fait un état de siège est décrété à Londres. La ministre de l’Intérieur Theresa May a reconnu que l’opération pour assurer la sécurité des JO était « la plus importante et difficile depuis la Seconde guerre mondiale ».

Un premier signal d’alarme a sonné lorsqu’on a appris les problèmes de la compagnie G4S, choisie (pour des raisons d’économie) comme principal fournisseur de services de sécurité lors des JO. Il s’est avéré que la compagnie a pris des engagements sans qu’ils soient étayés par suffisamment d’effectifs. Elle n’a pas réussi tout simplement à engagé assez de personnel.

Pour le temps de l’Olympiade les autorités ont laissé de côté leur conflit avec le propriétaire de G4S, la priorité étant accordée à la tâche de sécuriser le déroulement des compétitions sportives. Mais après, certains vont sûrement répondre. Ce contrat non honoré va coûter au contribuable britannique au moins 200 millions de £. Les autorités ont dû envoyer d’urgence de tous les coins du pays des renforts de police et de soldats. Voici ce qu’a dit à ce sujet la ministre de l’Intérieur Theresa May.

La compagnie G4S n’a pas honoré ses engagements, mais nous avons les meilleures militaires du monde. Des unités qui veulent, peuvent et sont prêtes à venir en aide à tout moment, où le pays aura besoin de leur professionnalisme.

Tout le pathos du discours ministériel rime pourtant mal avec une réalité dure. Avec les militaires on bouche simplement des trous dans le système de sécurité des JO. Un contingent de 18.500 soldats est déployé à Londres, deux fois plus important que celui de la Grande-Bretagne en Afghanistan, lieu des hostilités.

Certes, la plupart de ces problèmes ne sera pas connus des supporters. Mais cela va certainement marquer l’atmosphère des Jeux, leur sécurité. On sait qu’après l’attentat suicide à Bourgas, visant les touristes israéliens, Tel-Aviv n’a pas exclu la répétition d’un tel scénario à Londres. Sans dire que les services spéciaux britanniques arrêtent régulièrement leurs propres terroristes qui préparaient des attentas à accomplir au moment des JO.

Grande messe de la société du spectacle, les Jeux Olympiques et le sport de haut niveau sont-ils solubles dans l’anarchisme ? Témoignage d’un athlète français de haut niveau…

Posted in actualité, autogestion, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, société libertaire, sport with tags , , , , , on 14 juillet 2012 by Résistance 71

Anarchie, sport et compétition : interview d’un camarade sportif de haut niveau

 

Le Monde Libertaire (28 Juin-11 Juillet 2012)

 

url de l’article original:

http://www.monde-libertaire.fr/cultures/15835-anarchie-sport-et-competition-interview-dun-camarade-sportif-de-haut-niveau

 

Avec la sortie du livre Éloge de la passe 1, la question du rapport des libertaires au sport se pose à nouveau. Nous avons voulu aller plus loin en nous entretenant avec un camarade militant anarchiste, judoka de haut niveau (qui souhaite rester anonyme, pour d’évidentes raisons). La compétition reste assez mal vue chez les libertaires, comment, lui, la voit-il, comment la vit-il ?

 

Le Monde libertaire : Peux-tu te présenter, politiquement et sportivement ?

Le Judoka : Sportivement, j’ai commencé le judo à 4 ans, je n’ai donc pas choisi. En revanche j’ai choisi de m’y investir et de faire une carrière de haut niveau. Politiquement, je suis issu d’un milieu social relativement aisé et totalement dépolitisé. Pour aller en section sport-étude, je suis entré dans un lycée modeste, loin de ma famille. Là bas, j’ai pris conscience des inégalités de notre société. C’est le constat de cette situation qui m’a conduit à me politiser. Après m’être approché des milieux militants parisiens et avoir pris connaissance du fonctionnement de différentes organisations, je me suis naturellement tourné vers le milieu libertaire.

Le Monde libertaire : Tu es libertaire et sportif de haut niveau, qui plus est dans un sport de combat. Comment gères-tu la contradiction entre l’idée d’écraser son ennemi et les valeurs libertaires ?

Le Judoka : Tout est dans la conception que l’on a de la compétition. L’idéologie dominante conçoit la compétition comme une simple hiérarchisation d’individus. Les premiers méritent les honneurs, les derniers méritent le mépris. C’est, à peu de chose près, l’essence même du libéralisme économique. Cette conception de la compétition est invivable pour moi. J’ai choisi de la concevoir d’une manière différente. Lors de la confrontation, je ne suis pas motivé par le fait de battre mon adversaire ou de l’écraser en lui montrant qui est le plus fort, mais par ma propre progression. Je m’efforce de me concentrer sur mon évolution personnelle. Je vois l’adversaire comme quelqu’un qui me permet de progresser et de grandir humainement. Quand le sauteur en hauteur se bat pour franchir une barre, moi je combats un adversaire. Il n’est pas là pour me faire du mal ou me détruire, mais pour m’offrir une opposition qui va me permettre d’avancer. Moi, en retour, je m’efforce d’être à mon meilleur niveau pour lui permettre d’évoluer. Et, au même titre qu’il serait absurde que le sauteur ait de l’animosité envers la barre qu’il doit franchir, il est absurde que j’en aie pour mon adversaire. Au moins parce que, sans lui, il n’y a pas de combat possible… En bref, la finalité n’est pas la victoire mais la progression. Qui plus est, gagner reste relatif. Une bonne journée, de la chance, les autres qui font des erreurs… Tout ça peut déboucher sur une médaille. En revanche, la progression personnelle (autant mentale que physique), la recherche permanente du geste juste, la rigueur dans l’entraînement, tout cela est une sorte de quête permanente et une aventure humaine épanouissante.

Le Monde libertaire : A-t-il été facile de résoudre ce conflit intérieur ?

Le Judoka : Non. Il est difficile de s’émanciper de l’idéologie dominante. Il y avait un vrai conflit en moi. Mes actes en tant que judoka étaient en contradiction avec mes convictions politiques. J’ai été forcé de changer la vision que j’avais de mon sport pour retrouver un équilibre. D’ailleurs, je pense qu’il y a là un réel enjeu éducatif. Transmettre une conception différente du sport et de la compétition me semble très important dans l’optique d’un changement de société. D’une certaine manière, le sport peut même être un vecteur permettant de véhiculer nos idées. L’ouvrage Éloge de la passe en est un exemple concret.

Le Monde libertaire : La Fédération anarchiste informelle a annoncé qu’elle ferait tout pour saboter les Jeux Olympiques, qu’en penses-tu, toi qui as déjà participé aux JO ?

Le Judoka : Je crois qu’il est important de bien définir ce que sont les Jeux Olympiques aujourd’hui. Il y a deux aspects : l’aspect sportif et l’aspect politico-économique. En effet, au-delà des compétitions sportives, les Jeux Olympiques constituent un moment privilégié que beaucoup de leaders politiques utilisent pour déplacer leurs pions sur l’échiquier diplomatique. La période des jeux sera aussi l’occasion pour beaucoup d’individus indifférents au côté noble du sport, de venir faire du fric. À l’inverse, pour la plupart des sportifs, les Jeux Olympiques constituent un aboutissement. Il serait assez mal venu, je pense, de saboter un événement sportif pendant les Jeux Olympiques. D’une part, parce qu’on briserait les espoirs d’athlètes n’ayant aucune responsabilité dans la dérive commerciale de l’événement et, d’autre part, parce qu’un sabotage se heurterait à une incompréhension. En revanche, je soutiendrai toute dénonciation de l’aspect politico-économique des Jeux Olympiques. Ce qui, pour le coup, aurait un réel sens politique. Encore une fois, à nous de militer pour nous réapproprier le sport.

Le Monde libertaire : Au-delà de cela, le sport est assez souvent mis au ban du milieu libertaire, qui le valorise rarement.

Le Judoka : C’est vrai et je pense que c’est un tort. Je pense qu’il est aussi important de se cultiver physiquement qu’intellectuellement. La pratique du sport permet de découvrir des sensations, des états d’esprit qui sont difficiles à atteindre autrement. Le dépassement de soi dans l’effort physique offre une satisfaction particulière, qui permet de grandir humainement. Le sport permet également de progresser mentalement. La concentration, la persévérance, la détermination se développent pendant cette pratique. Et, qui plus est, en tant que militant révolutionnaire, je pense qu’il faut être capable de tenir le coup face à d’éventuels opposants. De façon un peu plus concrète, c’est peut-être bête à dire, mais courir vite après une action qui a mal tourné, c’est autant d’heures de garde à vue en moins, être solide face à trois nazis c’est autant de nuits à l’hosto en moins, etc. Il ne s’agit pas de faire l’éloge du virilisme et je ne dis pas que notre militantisme devrait être centré sur l’entraînement physique comme chez les fachos. Mais je pense que ce serait une erreur de continuer à négliger comme nous le faisons aujourd’hui la culture physique.

Le Monde libertaire : Dans les sports de combat, surtout dans le sport japonais, il y a une culture de la soumission au sensei (maître) assez puissante, comment vois-tu ça ?

Le Judoka : Comme leur nom l’indique, les arts martiaux sont les arts de Mars, dieu de la Guerre. Ils étaient donc pratiqués par des militaires. Les pratiques militaires d’ordre, de discipline et de soumission au chef se retrouvent d’une certaine façon dans nos pratiques aujourd’hui. Mais à moindre niveau évidemment. C’est évident, mais en grande partie c’est un folklore qui n’est pas primordial. Quant à la soumission au sensei, c’est encore une question de conception. On pourrait définir ce terme par « celui qui était là avant moi, qui est garant du savoir, de l’expérience, d’une technique ou d’un savoir-faire ». De ce point de vue-là, le sensei n’est pas un grand prédicateur qui abreuve ses élèves de vérités, mais plutôt un outil que les pratiquants vont utiliser pour progresser. Je conçois l’entraîneur comme mon égal et, d’une certaine façon, notre rencontre humaine lui apprend autant à lui qu’à moi. Et, par exemple, mon entraîneur m’a dirigé vers d’autres entraîneurs qui m’aident à développer mon propre judo, il m’aide aussi à trouver par moi-même un moyen de surmonter mes difficultés.

Le Monde libertaire : As-tu quelque chose à dire en conclusion ?

Le Judoka : Le problème n’est pas le sport en lui-même, mais sa récupération par le capitalisme. De même que le souci dans « école bourgeoise » ce n’est pas le premier mot mais le second, dans « sport capitaliste » c’est le capitalisme qui est à abolir ! La compétition et le sport en général sont des outils. Ils peuvent être formateurs ou destructeurs. À partir de là, il ne tient qu’à nous d’en conceptualiser la pratique et d’en faire des instruments nous permettant de nous épanouir. Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain !

 

Propos recueillies par Bali du groupe Regard noir de la Fédération anarchiste

Sport et action sociale

Posted in politique et social, santé, sport with tags , , , on 28 juin 2010 by Résistance 71

Article paru sur « Le Monde Libertaire », été 2006

Deux vues sur le problème du sport et de l’action sociale.

L’école, le travail, la télévision sont chargés d’instiller au sein du peuple : le sexisme, l’élitisme, le nationalisme, le racisme, la soumission au chef… bref, ces institutions seraient la quintessence du fascisme rampant.
Et pourtant, si l’école -aujourd’hui- est un outil de formatage, elle sera –demain- libératrice. Le travail débarrassé du salariat et des logiques hiérarchiques et productivistes sera utile et nécessaire dans une société libertaire. La télévision est un simple medium, ce n’est pas qui conçoit son contenu. Il en est ainsi d’autres activités humaines : la culture, l’information, l’économie… Pourtant, pour une partie du mouvement libertaire français (1), le sport ferait exception à cette règle de bon sens.

Quoi qu’en disent des camarades, le sport (collectif) n’est pas né avec le capitalisme, sa codification est antérieure. La société égyptienne, le sous-continent indien proposait déjà des sports codifiés et non des jeux. Le sport spectacle et abrutissant -pour les masses- régnait déjà à Rome, sans parler des olympiades grecques.

Je ne prétends pas que le sport est par essence libertaire, mais que c’est une activité humaine qui a été développée par toutes les civilisations et donc, révélatrice de l’état des rapports humains au sein de ces sociétés (2). Ce n’est pas le sport qui créée le sexisme, mais le sexisme qui s’empare du sport comme des livres scolaires, de la télé, etc.

Si l’on juge une civilisation à la manière dont elle traite ses prisonniers, « on » peut aussi la juger à la manière dont les sports pratiqués. En 2006, ici et maintenant, le sport est visiblement le condensé de toutes les tares et les oppressions de notre société. Il est exploitation, embrigadement et sous-culture spectaculaire.

L’école aussi, c’est pourtant dans les milieux enseignants où l’on trouve le plus de libertaires. Comme je pense que ces compagnon-e-s ne sont pas tous schizophrènes, c’est qu’ils considèrent qu’aujourd’hui et sans attendre la révolution, qu’un « militant-e » peut développer, des pratiques libertaires et libératrices pour les enfants. Mieux encore, le LAP, l’école Bonaventure montrent que des libertaires las de discourir, agissent et construisent une alternative en rupture avec les cadres scolaires officiels.

Liberté des enfants, autogestion du groupe, entraide, etc. pourquoi le sport ne serait-il pas lui aussi, un terrain d’action pour les anarchistes ? Il est généralement « pratiqué » par ceux et celles qui sont, de part leur position sociale, les plus intéressés par une possible révolution sociale. C’est ce qu’avaient compris les éducateurs libertaires du début du XXè siècle (Sébastien Faure) , les Bourses du travail qui sont à l’origine de nombreux clubs sportifs (y compris parmi les plus célèbres) ou encore la CNT en Espagne.

Eloge de la passe

Dans un précédent article, j’affirme que le sport collectif peut être une école de pratiques libertaires. Pour préciser cette thèse, je souhaite parler de la pierre angulaire de tout sport collectif, un acte typiquement anarcho-camusien  : la passe !

Le ballon n’est pas l’attribut d’un pouvoir. Le passeur n’est pas le propriétaire de la balle, il la possède (au sens proudhonien du nom). Le passeur reste maître de son geste. Comme en société libertaire, il est libre de jouer seul. Mais seul, il n’existe pas, il ne peut pas progresser et même tout simplement survivre. C’est le principe de l’entr’aide cher à Pierre Kropotkine.

La passe est un acte altruiste, où la liberté du passeur (je donne le ballon à qui je veux, quand je le sens) est entièrement dépendant de la disponibilité de ses propres co-équipiers.

Cet acte individuel ne prend tout son sens que s’il se met au service du groupe. Passer (donner) le ballon, c’est donc affirmer toute la confiance que l’on a dans ses compagnons et surtout dans l’usage qu’ils feront de ce don pour améliorer la situation du collectif. C’est l’essence même de l’acte militant. Faire une passe, est du même ordre que distribuer un tract ou coller une affiche : le militant a confiance dans ceux et celles qui liront sa prose et qui éventuellement s’en empareront.

La passe est le contraire d’un acte nihiliste, stakhanovisé ou césarien. La passe est un acte créatif. Si la technique est indispensable (comme tout acte artistique), la créativité du passeur en fait un geste unique, jamais les conditions, le contexte dans lequel s’effectue la passe ne sont les mêmes. Contrairement à ce que certains croient, plus le « niveau » des compétitions s’élève ou plus la contrainte de l’équipe adverse est grande, plus la créativité individuelle du joueur est nécessaire à la vie de l’équipe. C’est le geste impossible, le contrôle inattendu, la passe improbable qui libérera ses co-équipiers et fera avancer son équipe. C’est la capacité du joueur à comprendre le contexte du jeu et à se libérer de la technique qui fait du sportif-passeur un individu au sens anarcho-camusien du terme et non un robot, ce que Camus appelle un individualiste altruiste.

Si une bonne affiche, est une affiche fait penser avec les yeux, le sport libertaire doit faire penser avec son corps. L’intelligence en mouvement chère à Albert Camus.

Par manque de place, je ne reviendrais pas sur la vie collective d’une équipe qui comme tout groupe humain se gère de façon libertaire ou autoritaire. Ni sur la parallèle entre certains manifestants et supporters, tant c’est évident (3).

« On » a le droit de préférer : la musique, la lecture, les échecs (un jeu typiquement militariste) au foot ou au rugby, comme « on » a le droit de se définir plus individualiste qu’anarcho-syndicaliste. Personne, n’empêchera les anarchistes qui le souhaitent, d’agir pour débarrasser le sport des tares du système, pour qu’il devienne ce qu’il est essentiellement : une activité permettant aux individus de se réaliser pleinement.

Wally Rosell

Le vrai visage de la coupe du monde de foot

Posted in actualité, économie, politique et social, sport with tags , , , , , on 26 juin 2010 by Résistance 71

CARTON ROUGE ET NOIR POUR LA COUPE DU MONDE

COUPE DU MONDE … FRIC IMMONDE

Juin 2010

(traduction / adaptation d’une déclaration du front Anarchiste Communiste Zabalaza d’Afrique du Sud au sujet de la coupe du monde de foot)

La Coupe du monde 2010 doit être exposée publiquement comme l’imposture absolue qu’elle est. Le Front Anarchiste Communiste Zabalaza (ZACF) condamne fermement l’audace et l’hypocrisie du gouvernement qui la présente cette occasion comme une opportunité unique « une fois seule dans sa vie » pour l’amélioration économique et sociale des personnes vivant en Afrique du Sud (comme sur le reste du continent). Ce qui est clair – à tel point que c’en est éblouissant – ce que cette « l’opportunité » a été et continue d’être celle de la gloutonnerie frénétique de l’élite dirigeante sud-africaine comme du capital national ou global. En fait la Coupe du Monde, si elle a un effet, il est probable que ce seront des conséquences dévastatrices pour les pauvres d’Afrique du Sud et pour la classe ouvrière – processus qui est déjà à l’oeuvre.

En se préparant à accueillir la Coupe du Monde, le gouvernement a dépensé près de 800 millions de rands [soit plus de 85 millions d’euros] (757 millions pour le développement des infrastructures et 30 millions pour des stades qui ne seront plus jamais remplis après). C’est une immense gifle au visage de tous ceux qui vivent dans un pays caractérisé par une extrême pauvreté, avec près de 40% de chômage. Au cours des cinq dernières années, les travailleurs pauvres ont exprimé leur indignation et leur déception face à l’incapacité du gouvernement à corriger les inégalités sociales massives, organisant dans tous le pays plus de 8000 manifestations pour exiger les services de base [eau, électricité, santé, …] et des logements. Cette répartition par l’Etat des dépenses est une preuve supplémentaire du mode de maintenance du modèle raté capitaliste néolibéral et de sa politique économique du « ruissellement » [1], qui n’a fait d’approfondir les inégalités et la pauvreté globalement. En dépit d’affirmations contraires antérieures, le gouvernement a finit par le reconnaître en faisant vole face : il prétend maintenant qu’il n’a jamais été dans son intention que ce projet soit bénéficiaire [2].

L’Afrique du Sud a désespérément besoin d’infrastructures publiques de grande échelle , en particulier dans le domaine du transport public qui est presque entièrement absent dans certaines villes, notamment à Johannesburg. Le « Gautrain », [sorte de RER] qui a été lancé mardi le 8 juin (juste à temps pour le grand événement) est probablement la plus grande ironie ici : dans un pays où la grande majorité des habitants dépend pour ses transport quotidiens de longue distance des taxis/mini-bus privés sans aucune condition de sécurité, le Gautrain offre grande vitesse, transport de luxe pour les touristes et pour ceux qui voyagent entre Johannesburg et Pretoria [distantes seulement de 54 km]… Mais qui peut se l’offrir, quand un simple aller entre l’aéroport et Sandton [ville du cente d’affaire de Johannesburg] vous coute déjà 100 rand [soit plus de 10 euros, le salaire moyen de ceux qui travaillent étant de 570 euros].. La même image se révèle partout : la compagnie des Aéroports d’Afrique du Sud (ACSA) a dépensé plus de 1,6 millions d’euros pour la mise au norme des aéroports, l’Agence nationale des routes sud-africaine, privatisée, (SANRAL) a dépensé plus de 2,3 millions pour un nouveau réseau de routes à péage… Tout cela justifiera la mise en œuvre de mesures d’austérité drastiques pour récupérer les millions dépensés dans ces infrastructures dont la plupart sont d’un intérêt nul pour les africains du sud pauvres [l’écrasante majorité du pays] Partout dans le pays, les municipalités se sont embarquées dans des schémas de rénovation urbaine … accompagné de leurs inséparables programmes de « gentrification » (boboisation), le gouvernement tentant hâtivement de cacher sous le tapis la crue réalité de l’Afrique du Sud. Rien qu’à Johannesburg, ce sont plus de 15 000 personnes sans abri et des enfants des rues qui ont été raflés et jetés dans des « abris » ; au Cap la municipalité a expulsé des milliers de personnes des zones pauvres et des camps de squatters dans le cadre du projet « World Cup vanity » [« rendre la ville coquette pour la coupe du monde »]. La ville de Cape Town a tenté – en vain – d’expulser de leurs maisons les 10 000 résidents du bidonville Joe Slovo afin de les cacher aux yeux des touristes voyageant le long de l’autoroute N2. Ailleurs il ya eu des déportations pour faire place à des stades, à des parkings pour les touristes, ou à des gares [3]. A Soweto, les routes sont embellies le long des itinéraires touristiques et ceux de la FIFA (fédération internationale de foot), tandis que les écoles adjacentes exhibent toujours leurs fenêtres cassées et leurs bâtiments en ruine.

Bien que de nombreux Sud-Africains ne sont toujours pas convaincus, d’autres sont inondées et emportés par le déluge de propagande nationaliste visant à détourner l’attention du cirque qui est la Coupe du Monde. Chaque vendredi a été déclaré « journée du foot », dans lequel la « nation » est encouragée (et les écoliers forcé) à porter le t-shirt des Bafana-Bafana [l’equipe nationale de l’Afrique du sud]. Les voitures sont affublées de drapeaux, les gens apprennent la « diski-danse », qui est régulièrement démontrée dans tous les restaurants touristiques. Il est de rigueur d’acheter les poupées de la mascotte Zakumi. Quiconque ose exprimer un doute sur ce battage est dénigré comme antipatriotique : L’exemple le plus significatif a été l’appel lancé aux grévistes du Syndicat des transports (SATAWU) d’abandonner leurs revendications « dans l’intérêt national » [4]. Dans un contexte où près d’un million d’emplois ont été perdus au cours de la seule dernière année, les déclarations du gouvernement sur la création de plus de 400 000 emplois par la coupe du monde sont vides et insultantes. Les emplois qui ont été créés dans la foulée sont le plus souvent précaires ou en CDD (contrats à durée déterminée), par des travailleurs qui ne sont pas syndiqués et qui sont rémunérés très en dessous du salaire minimum.

En dehors de la répression contre les syndicats, les mouvements sociaux ont reçu la même hostilité de l’État, qui a officieusement mis une interdiction générale de toutes les protestations pendant la durée de l’événement. Jane Duncan, [de l’institut pour la liberté d’expression] a put démontrer que cette politique est à l’œuvre depuis le 1er mars dernier :

Une enquête menée auprés des municipalités accueillant la Coupe du monde a révélé qu’une interdiction générale de tout rassemblement est en cours. Ainsi dans la municipalité de Rustenberg, « les rassemblements sont fermés pour la Coupe du Monde ». La municipalité de Mbombela été informée par la police nationale qu’ils ne permettront aucun rassemblement au cours de la Coupe du Monde. La conseil municipal du Cap a indiqué qu’il continuerait de recevoir les demandes pour l’organisation de marches, mais a indiqué que « cela pourrait être un problème » pendant la période de la Coupe du Monde. Selon Les municipalités de Nelson Mandela Bay et de Ethekwini, la police n’autorisera pas non plus les rassemblements pendant la période de la Coupe du Monde [5].

Même s’il est clair que la constitution d’Afrique du Sud, souvent salué pour son caractère « progressiste » est loin d’être la garantie de liberté et d’égalité que prétend le gouvernement. Cette nouvelle forme de répression est clairement en contradiction avec le droit constitutionnel à la liberté d’expression et de réunion . Toutefois, les mouvements sociaux à Johannesburg, dont le Forum anti-privatisation et plusieurs autres n’ont pas renoncé si facilement. Ils ont obtenu une autorisation pour une marche de manifestation le jour même de l’ouverture, avec l’aide de la l’Institut pour la liberté d’expression (Freedom of Expression Institute). Toutefois, la marche devra se tenir à trois kilomètres du stade où elle n’attirera pas cette sorte d’attention des médias susceptible d’inquiéter le gouvernement.

Non seulement l’état été d’une répression sévère sur les pauvres et sur toute activité ou manifestation anti-Coupe du Monde, le tout sous un déguisement qui dépeint l’Afrique du Sud comme un hôte tendant ses bras grands ouverts en invitation à ceux qui affluent vers ses hôtels haut de gamme, ses chambres d’hôtes et ses salons à cocktails, mais il le fait sous la direction de l’empire criminel légal de Sepp Blatter et ses amis appelé FIFA (admirablement dénommé THIEFA [le club des voleurs en anglais] par le Forum social de Durban). Non seulement ils attendent de la coupe 2010 des retombées de quelques 1,5 millions d’euros, mais ils ont déjà gagné plus de 1 million d’euros rien que des seuls droits de retransmission télé.

Les stades et les zones autour des stades, qui ont été remis à la FIFA pour la durée du tournoi (« des cocons libres d’impôt », instaurant des zones contrôlées et surveillées par la FIFA et exonérés de l’impôt normal et des autres lois étatiques), y compris les routes et les points d’accès, ont été débarrassée de toute personne vendant des produits sans licence de ainsi que de ceux qui essaient de joindre les deux bouts dans les camps de squatters autour des routes de l’aéroport. Ainsi, ceux qui comptaient sur leurs ventes lors de la Coupe du monde pour augmenter leur revenu de survie sont laissés de côté dans le froid « ruissellement » libéral.

La FIFA, en tant que propriétaire exclusif de la marque la Coupe du Monde et de ses produits dérivés, dispose d’une équipe d’une centaine d’avocats qui éclusent le pays pour traquer toute vente non autorisée de ces produits et pour surveiller la commercialisation de la marque. Les produits illégaux sont saisis et les vendeurs sont arrêtés en dépit du fait que la plupart en Afrique du Sud et sur le continent achetent leurs produits dans le secteur du commerce informel. Car très peu ont les 400 rands (40 euros) à craquer pour les T-shirts des équipes et autres engins. Les journalistes ont également été efficace ment bâillonnés, leur accréditation officielle incluant une clause d’agrément qui empêche les organisations de médias de critiquer la FIFA, compromettant ainsi clairement la liberté de la presse [6].

L’ironie majeure de cette histoire c’est que le football était à l’origine le jeu de la classe ouvrière. Aller regarder les matchs dans les stades était une activité bon marché et facilement accessible aux personnes qui choisissaient ainsi de passer 90 minutes en oubliant les corvées quotidiennes de leur vie sous la botte du patron et l’État. Aujourd’hui, le football professionnel et la Coupe du Monde apportera des bénéfices exorbitants pour une petite équipe de l’élite mondiale et nationale (avec des millions de dépenses inutiles surtout dans un moment de crise capitaliste mondiale) qui font payer à leurs clients-spectateurs des milliers de rands, livres, euros, etc à chaque saison pour regarder d’écoeurant footballeurs surpayés tomber et plonger sur des terrains super-entretenus, et qui se chamaillent, par le biais de leurs agents parasitaires, pour savoir si ils sont dignes ou pas de leurs salaires mirobolants. Un jeu qui, à bien des égards, maintient sa beauté esthétique, a perdu son âme ouvrière et a été réduit à une autre série de produits destinés à être exploités.

Bakounine [le fameux révolutionnaire anarchiste] a dit que « les gens vont à l’église pour les mêmes raisons qu’ils vont dans un bistrot : pour s’abrutir, pour oublier leur misère, pour s’imaginer être, pour quelques minutes, ailleurs, libres et heureux. ». Peut-être que nous pouvons dire la même chose du sport, avec ces drapeaux nationalistes agités aveuglement et les beuglement dans les trompes et autres vuvuzela, tellement cela semble plus facile d’oublier que de prendre part au combat contre l’injustice et l’inégalité.

Mais nombreux sont ceux qui continuent le combat, et la classe ouvrière, les pauvres ainsi que leurs organisations ne sont pas aussi malléables aux illusions que le gouvernement voudrait le croire. Des constructions de camps de squatters temporaires aux portes mêmes des stades jusqu’au manifestations massives, des actions de grève générale – autorisée ou non – malgré les sarcasmes, les quolibets et les étiquettes « antipatriotique », la suppression de la liberté d’expression, nous ferons entendre avec défi nos voix pour dénoncer publiquement les inégalités terribles qui caractérisent notre société et les jeux mondiaux qui se jouent au détriment de la vie de ceux sur lesquels sont construits les empires qui seront, en fin de compte, détruits.