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A pelles d’air et à pelles à la vie… tout simplement… Une Chronique de Rien

Posted in actualité, coronavirus CoV19, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, santé et vaccins, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , on 16 juin 2021 by Résistance 71

 

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Résistance 71

 

16 juin 2021

 

Superbe texte et réflexions de RIEN sur un futur proche aussi aléatoire que certain… si on laisse faire les raclures du pouvoir et du capital.
Il est temps de se prendre par la main et de bouger efficacement.
Dans l’esprit de Cheval Fou

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Analyse du livre de J. Baschet « Basculements, mondes émergents, possibles, désirables » (Pierre Bance)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 11 juin 2021 by Résistance 71

La société des sociétés se construira hors État, hors marchandise, hors argent et hors salariat ou ne sera pas. L’État et le capitalisme sont au bout du rouleau certes, mais se métamorphosent une énième fois, fusionnent en ce que leur oligarchie appelle le “Nouvel Ordre Mondial”, fusion supranationale des mega-entreprises et des états en une entité dictatoriale technotronique et transhumaniste supra-élitiste.
L’antidote à ce cauchemar dystopique est la société des sociétés de notre humanité réalisée au sein de la diversité de notre complémentarité, hors antagonisme et en harmonie avec la simple loi naturelle.
Tout part de l’individu qui dit NON ! à tout et en tout et se ligue avec ses semblables à la racine humaine profonde du refus d’obtempérer. L’individu comprend, refuse, agit en se liguant, rayonnant ainsi de l’individu au collectif. Nous avons mis sous cet article d’analyse de livre, quelques textes qui pourront aider à la réalisation individuelle et collective de la seule société future viable pour l’humanité, quelque soit le nom qu’on lui donne.
~ Résistance 71 ~

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1871, 1921, 1936, 1956, 1968…
Vive Commune Universelle de notre humanité réalisée !

Basculer d’accord mais du bon côté

Pierre Bance

Mai 2021

Source:
http://www.autrefutur.net/Basculer-d-accord-mais-du-bon-cote

Jérôme Baschet n’aime pas l’idée d’effondrement « inéluctable et fatal », chère à la collapsologie, parce qu’elle n’a d’autre perspective que la résignation. Il préfère parler de « basculements », titre de son dernier livre. Certes les basculements portent une part d’incertitude mais ils n’écartent aucune hypothèse émancipatrice ‒ « le champ des possibles ».

La crise du Covid-19 ne se terminera pas par le basculement final. L’État-nation pourrait même s’en trouver ragaillardi, sollicité par les citoyens pour renforcer le service public de santé, sollicité par le capital pour rétablir l’ordre sanitaire qu’ils ont ensemble contribué à désorganiser. Il ne faudrait cependant pas s’arrêter à cette impression, déclare Jérôme Baschet, car, parallèlement, cette crise « a mis en évidence les hésitations, les louvoiements et les défaillances des gouvernements plutôt que leur toute puissance » (p. 24). Il y a donc des raisons d’espérer. La crise peut servir d’appui « pour porter la réflexion jusque vers l’après-capitalisme » (p. 17). Le Léviathan aurait des bases pourries et si le capitalisme est désorganisé par un virus, c’est peut-être un autre des signes annonçant qu’il est en bout de course, sans toutefois sous-estimer sa capacité de réaction, d’adaptation. Ainsi Baschet réfléchit-il au sens de la promotion d’un capitalisme vert et numérisé, nouvelle image de sa modernité. Ce leurre néolibéral qui permettra de saper la contestation écologique tout en évitant le seul effondrement certain s’il persévère dans sa dynamique de domination et de d’accumulation : l’extinction de l’humanité. Quels que soient les scénarios que le capitalisme empruntera – continuer comme aujourd’hui, se verdir ou adhérer au modèle autoritaire chinois ‒, ses méfaits chaque jour constatés, ses crises à répétition ne peuvent que favoriser des réactions antisystémiques et nourrir l’espérance en des « mondes émergents » et des « possibles désirables » (sous-titre du livre). Comment et lesquels ? C’est à cette question que l’auteur tente de répondre dans ce livre servi par d’impressionnantes connaissances et une plume agile.

Si l’on veut en finir avec la domination étatique et le productivisme capitaliste afin de respecter la nature, promouvoir la liberté et l’égalité des différentes communautés humaines, ce monde émancipé sera fondé sur l’autonomie communale, l’équilibration des contraires et la fédération des « espaces libérés ». Voilà un programme ‒ un parti pris ‒ sur lequel s’accordent de plus en plus de personnes même si les voies pour y parvenir sont multiples et peuvent se combiner, du grand soir insurrectionnel aux luttes interstitielles, en passant par l’action institutionnelle (sociale-démocrate).

Encore faudra-t-il renoncer aux références philosophiques et éthiques de nos sociétés. « On ne peut espérer sortir du capitalisme, écrit Jérôme Baschet, sans récuser une modernité qui a pour principaux fondements le naturalisme, l’individualisme et l’universalisme ‒ à quoi il faudrait ajouter la vision d’une histoire linéaire, identifiée au mouvement unique et illimité du Progrès » (p. 175). C’est un préalable qui fera déjà problème, à commencer par son rejet de l’universalisme. Pour Baschet, ce rejet n’est pas négociable si l’on veut que, sur la terre, des mondes multiples s’entrelacent dans des existences communales et se fondent dans « une condition planétaire vécue dans son hétérogénéité constitutive » (p. 178).

L’auto-administration et ses instituions

Les grandes lignes du modèle de société communaliste que propose Jérôme Baschet sont connues : assemblée communale souveraine, mandat précis et révocable des délégués, rotation des responsabilités, fédération « postlocale » pour les questions relevant de plusieurs unités territoriales. Il ne pousse pas plus loin la question de l’organisation, considérant qu’il appartiendra aux assemblées concernées de la mettre en place. Certainement sous-estime-t-il l’importance d’avoir posé la règle préalablement à « l’événement ». Pourtant, tout en disant qu’une constitution n’est pas nécessaire, au paragraphe suivant, il en écrit un morceau sur les conditions de la délégation (p. 112). Si le projet révolutionnaire ne prévoit pas les institutions de l’auto-administration [1] et leur fonctionnement, si ce n’est dans le détail tout au moins dans leurs principes politiques et juridiques, s’il s’en remet à la spontanéité du moment révolutionnaire ou aux fragiles fédérations d’alternatives mises en place en régime capitaliste, il y a fort à parier que l’État reprendra le dessus militairement ou, encore mieux, par des élections, comme en 1968. Si l’appareil d’État est affaibli au point de n’être plus en mesure de réagir, l’absence d’institutions capables d’agir immédiatement laissera le champ libre à quelque parti ou quelque leader charismatique pour s’approprier la révolution et rétablir un État sous leur domination.

De même, une fois l’installation révolutionnaire réussie, si comme le dit Jérôme Baschet chacun doit participer à la décision politique, n’en va-t-il pas autrement pour son exécution. Sont nécessaires des instances administratives stables qui n’ont pas seulement « un rôle spécial d’initiative et d’impulsion » (p. 121), mais qui exercent une autorité de compétence sous le contrôle des assemblées locales ou fédérales mandantes pour que ne se constitue pas une bureaucratie « d’intelligents ».

L’auteur, bien sûr, n’ignore pas tout cela mais se méfie de toute règle, tout « programme contraire à l’esprit de l’autonomie » (p. 119) telle qu’il la conçoit : « la reconnaissance d’une capacité partagée qui récuse toute suspicion d’incompétence ou d’ignorance » (p. 125). Il n’est pas non plus naïf : « Les discordances sont inévitables, comme les manquements au faire-commun ; et, en cas d’infraction aux règles collectivement assumées, des décisions visant à réparer le tort commis doivent être prises par les instances de justice communale » (p. 165), une justice du consensus, ajoutera-t-on.

L’autogestion de la production

Jérôme Baschet est plus à l’aise avec la question économique. Il conduit une critique serrée de la nature productiviste du capitalisme, puis envisage le « démantèlement de l’actuel système productif-destructif » (p. 83). Pour ce, il recense les secteurs qui pourraient être rationnalisés voire supprimés vu leur inutilité ou leur nuisance et conclut que « ce qu’il est pertinent de produire n’est rien d’autre que ce qui est défini comme tel par les collectifs concernés » (p. 88, voir aussi p. 103). La formule est belle, mais recouvre nombre de difficultés pratiques et juridiques pour lesquelles il vaudrait mieux envisager des procédures dès aujourd’hui. Ainsi de « la disparition des principales formes de propriété des moyens de production », du remplacement de la propriété privée par l’usage (p. 88), ou de la question de la planification que Baschet rejette au nom des mauvais souvenirs du socialisme réel qui ne le fut guère (p. 87). Peut-on envisager le fédéralisme sans planification, avancer à l’aveuglette ?

Il aborde aussi un sujet qui intéressera particulièrement les lecteurs des Chroniques Noir et Rouge : la production relève-t-elle de l’assemblée des producteurs ou de l’assemblée des citoyens de la commune ? Elle revient à la commune ou à l’instance « supralocale » compétente, répond Baschet. Si cela est vrai pour le choix de ce que l’on produit, le comment-on-le-fait doit rester aux mains des travailleurs ‒ encore un mot qui relève des catégories du capitalisme. Ce sont eux, par exemple, qui sont en mesure de mieux rompre avec la division du travail, d’édicter les normes du point de vue des exigences écologiques.

Pour résumer, il s’agira, le moment venu, de « relocaliser et réduire drastiquement la production, retrouver le sens des proportions, réencastrer les décisions productives dans les choix de vie » (p. 103). Du Bookchin.

Bookchin justement

Après avoir écarté l’option étatique pour enclencher la transformation révolutionnaire et souligné la nécessité pour les expériences alternatives de s’organiser en réseau pour sortir de « leur impuissance, sinon [de] leur insignifiance » (p. 183, voir aussi p. 197), Jérôme Baschet se rapproche, en partie, des propositions de Murray Bookchin. Il adhère à la stratégie de marginalisation de l’État par l’autonomie communale, en l’associant avec des actions de blocages (grèves, occupations, barrages routiers, boycottages par les consommateurs, etc.). Cependant, Baschet critique Bookchin sur certains points. Il lui reproche de ne pas prendre en compte la diversité culturelle, ce qui est vrai et ce grief lui est souvent opposé. Il lui reproche aussi, mais c’est moins convaincant parce que réducteur [2], « de faire d’une politique municipale alternative le levier exclusif de la sortie du capitalisme » (p. 198). Il aurait aussi pu parler du « progrès » chez Bookchin, objet de discussions, parfois de disputes, dans le monde de l’écologie sociale.

Pendant que l’on débat des mérites des théories de Bookchin, les révolutionnaires du Rojava qui s’en revendiquent au travers du confédéralisme démocratique, mesurent concrètement combien il est difficile d’abattre l’État pour mettre en place une démocratie directe. Plus qu’au Chiapas [3], dont on rappelle que Jérôme Baschet est l’un des meilleurs connaisseurs, c’est en Syrie du Nord que le discours alternatif et les théories autonomiste se confrontent au réel sur une grande échelle et dans des conditions géopolitiques dantesques. Les reculs, les échecs, les tergiversations que les ennemis de l’Administration autonome démocratique ne manquent pas de relever, peuvent, en effet, décourager, faire douter. Il faut alors prendre les oiseaux de mauvais augure à contrepied. L’analyse de chaque défaillance doit être une source d’avancée dans la compréhension du processus révolutionnaire au même titre que l’œuvre constructive de la révolution comme, simple exemple, l’application systématique du principe d’égalité [4]. Avancées qui, quel que soit le sort de cette révolution, contribueront à imaginer des réponses aux problèmes sous-jacents aux thèses de Baschet. Car il serait périlleux, le jour venu, de décider dans l’urgence, voire la panique, faute d’anticipation.

* * *

Pour conclure, Jérôme Baschet propose, sans écarter d’autres pistes, une hypothèse de basculement qui « allie stratégies interstitielles antagoniques et stratégies non étatiques de rupture – les deux interagissant dans une dynamique de crise structurelle » (p. 217). Qu’on soit ou non d’accord avec cela, ou d’autres de ses analyses adjacentes, on remerciera Baschet d’avoir alimenté la dynamique réflexive vers l’après-capitalisme et, du coup, de nous pousser à aller plus loin encore pour penser le projet d’un autre futur, pour le faire partager au plus grand nombre. Autant dire qu’il reste du travail contre-et-au-delà, comme dirait John Holloway [5].

Pierre Bance

(article paru dans les Chroniques Noir et Rouge N°5)

Jérôme Baschet, « Basculements. Mondes émergents, possibles désirables », 

La Découverte, 2021, 254 pages dont 18 pages de bibliographie, 15 € –

[1] Voir, Floréal M. Romero, Agir ici et maintenant. Penser l’écologie sociale de Murray Bookchin, Éditions du commun, 2019, 272 pages, 16 €

[2] Voir, Floréal M. Romero, Agir ici et maintenant. Penser l’écologie sociale de Murray Bookchin, Éditions du commun, 2019, 272 pages, 16 €

[3] Pierre Bance, « Rojava et Chiapas, deux lueurs d’émancipation dans un monde halluciné », Autre futur.net, 22 mars 2017 (http://www.autrefutur.net/Rojava-et-Chiapas-deux-lueurs-d-emancipation-dans-un-monde-hallucine).

[4] Pierre Bance, La Fascinante Démocratie du Rojava. Le Contrat social de la Fédération de la Syrie du Nord, Éditions Noir et Rouge, 2020, 600 pages. Voir cette revue, n° 2, mai-juin 2020, page 7.

[5] « Le mouvement vers l’autodétermination est un mouvement contre cette société basée sur la négation de l’autodétermination, et c’est en même temps une projection au-delà de cette société – une projection permettant de rêver, de parler, d’agir » (John Holloway, « Douze thèses pour l’anti-pouvoir », Contretemps, n° 6, « Changer le monde sans prendre le pouvoir ? Nouveaux libertaires, nouveaux communistes », février 2003, article page 38 ; également sur le site Europe solidaire sans frontière (www.europe-solidaire.org/spip.php?article4498).

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Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

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« L’essentiel de Résistance 71, 2010-2021 » mise à jour (PDF)

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9 juin 2921

Merci à Jo pour cette mise à jour :

Lessentiel-de-resistance71-de-2010-a-2021-maj-6-21

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Génocide au Canada : la programmation institutionnelle du nettoyage ethnique, des « réserves » aux pensionnats camps de la mort (Mohawk Nation News)

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Police montée dans sa routinière fonction génocidaire…

« Le boulot des ‘Mounties’ [de la GRC] fut de nettoyer les plaines et les prairies des peuples indigènes. Au bout du compte, ils déplacèrent les peuples indigènes vers des ‘réserves’, ce de gré ou de force. »
~ Steve Hewitt, professeur d’histoire, université de Birmingham, auteur de 3 ouvrages sur l’histoire de la Gendarmerie Royale du Canada ou « Police Montée » ~

« La GRC fut créée afin de contrôler les peuples indigènes. » ~Jane Gerster, Global News Canada, 15 juin 2019 ~

Le massacre de masse des enfants indigènes par le Canada

Mohawk Nation News

2 juin 2021

url de l’article original :
https://mohawknationnews.com/blog/2021/06/01/canadas-mass-murder-of-indigenous-children-audio/

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Nous parlons pour ceux qui ne le peuvent pas, ceux du passé, du présent et du futur, le peuple originel de l’Île de la Grande Tortue, du début des temps à la fin des temps. La nature / création, nous a mis ici sur cette planète pour agir comme gardiens et comme agents d’entretien et non pas comme propriétaires. Aucune partie de l’Île de la Grande Tortue ne peut être achetée, accaparée ou vendue à quiconque. Elle appartient aux non-nés. Chaque onkwehonweh (membre du peuple natif) est le seul souverain responsable de tout le territoire de l’Île de la Grande Tortue. Le Canada ou les Etats-Unis (NdT: ou le Mexique ou toute autre entité politique coloniale sur le continent) n’ont aucun titre valide de quelque propriété que ce soit de quelque partie que ce soit de cette terre.

Si des entreprises (coloniales) privées comme le sont le Canada et les Etats-Unis (NdT: et tous les “états” du continent américain, nord et sud) n’arrêtent pas de faire la guerre, ils vont continuer d’essayer d’exterminer nos enfants et nous ! Le charnier contenant les restes de 215 enfants indigènes, certains aussi jeunes que 3 ans, a été découvert le 28 mai 2021 derrière ce “camp de la mort” connu, que fut le pensionnat pour Indiens de Kamloops en Colombie Britannique. Les leaders de l’entreprise coloniale comme Trudeau, Biden et autres sont responsables. Ils ne peuvent en rien négocier leur chemin hors de ces crimes prémédités ! Ils doivent être tenus pour responsables par un tribunal criminel impartial et devant l’opinion publique mondiale. Des excuses verbales sont absolument inacceptables ! Ils ne peuvent pas acheter le pardon avec des réparations financières en provenance de notre propre fond fiduciaire indien !

Trudeau admet qu’ils ont tort et qu’ils sont coupables, que ces assassins vont être réhabilités par leur processus de réconciliation. NON ! Vous devez être jugés par la loi de la terre, Kaianerekowa, la Grande Loi de la Paix et Teiohateh, le Wampum Deux Rangées, qui ont été mis en place depuis l’origine.

L’occident et ses bénéficiaires parlent de paix tant qu’ils ne perdent rien de ce qu’ils ont volé.

Il a été prouvé qu’ils ont assassiné nos peuples. Ils ont ouvertement admis leurs atrocités en parlant pour leurs gouvernements et le peuple qu’ils représentent. Nous sommes ici depuis des temps immémoriaux. Il n’y a aucun statut de limite sous leur loi ou les nôtres. (NdT: en fait si… il en existe dans la loi coloniale fondée et édictée sur la doctrine chrétienne de la découverte et les bulles pontificales Dum Versitas, 1452, Romanus Pontifex, 1455 et Inter Caetera, 1493…)

S’ils ne quittent pas immédiatement l’Île de la Grande Tortue et pour toujours, ils doivent dissoudre [l’entité coloniale] Canada ce qui automatiquement dissoudra la législature, le judiciaire et l’exécutif. La règle vient des peuples originels de la terre. Pour le génocide qu’ils ont commis et en accord avec Kaianerekowa, les gouvernements (coloniaux) du Canada et des Etats-Unis devraient être annihilés. Les étrangers étaient les bienvenus comme visiteurs et comme invités. Ils ont commis le pire des maux. Ils ne sont pas les bienvenus ici.

purification

Ils doivent être traînés devant la Cour International de Justice de La Haye bien que les USA ne soient pas signataires du traité l’ayant mis en place, ils peuvent néanmoins y être poursuivis pour crimes contre l’humanité. Des entreprises privées (coloniales) se faisant passer pour des pays ne sont en rien des “gouvernements”. Elles ne sont que des entreprises commerciales coloniales qui glorifient la guerre.

Pour ce génocide nous concernant, ils sont aussi coupables que l’étaient les nazis qui furent condamnés à Nüremberg après la seconde guerre mondiale. Quelle aurait été la réaction si tous ces enfants assassinés avaient été blancs ? Les colons avaient besoin d’aide pour travailler les fermes établies sur nos terres volées. Beaucoup d’enfants blancs y furent menés pour y être des servants. Ils étaient tous blancs et c’était facile pour eux de se sauver. Les esclaves noirs eux étaient facilement reconnaissables.

Quoi qu’il en soit, ils ont travaillé ensemble pour voler les richesses de l’Île de la Tortue tout en nous génocidant. Ce fut une exécution horrible et méthodique de nos enfants. Les gouvernements ont tous les documents sur leurs victimes. L’agenda caché était d’amener le plus possible d’enfants dans les pensionnats, de les tuer, de ne pas rapporter les morts et de continuer à collecter l’argent pour “l’entretien” de centaines et centaines d’enfants indiens, de fait déjà morts. Leurs assassinats furent tenus secrets. Ils les ont juste tués et leur ont donné des noms de blancs pour leurs archives.

Les sauvages enseignants psychopathes étaient les escadrons de la mort. La Gendarmerie Royale du Canada (GRC / RCMP) kidnappait les enfants, les amenait dans les pensionnats et les délivrait pour qu’ils servent de cobayes à des expériences. L’Institut Smithsonien de Washington DC a plus d’ossements indiens en archives que d’Indiens vivant aujourd’hui. Ce fut une atrocité perpétrée par des humains sur des humains, par des adultes sadiques contre des enfants et des nourrissons innocents. Plus de 150 millions de natifs du continent des Amériques furent exterminés, décimés, emprisonnés et/ou torturés dans ce qui constitue le plus grand holocauste de l’histoire de l’humanité !

Les Etats-Unis se vantent au sujet des armes qu’ils fabriquent pour maintenir leur puissance impérialiste et ont des “laboratoires de guerre” dans des universités comme dans celle de McGill à Montréal au Québec afin de mettre au point des armes de destruction massive. C’est la définition même du mal.

Quelle raison avaient le Canada et les Etats-Unis pour assassiner ces enfants ? Nous étions un obstacle à leur vol total de l’Île de la Grande Tortue. Ils ont essayé de tous nous exterminer ainsi personne ne pourrait clamer souveraineté sur la terre à part eux. Il n’y aurait alors plus personne pour les exposer et exposer leurs crimes. Mais nous avons survécu aux pires de ces atrocités. Nous savons ce qu’est l’horreur. Les Etats-Unis et le Canada continuent à ce jour de vouloir tuer tous les témoins oculaires de ces crimes, mais ils ont échoué. En résultat, le monde sait maintenant quelles crimes et atrocités ont été commis. Si le génocide planifié par les Etats-Unis et le Canada avait réussi, toutes ces horribles atrocités auraient été définitivement cachées au monde pour toujours.

Un tel génocide est incompréhensible à un esprit rationnel. Un “désolé” et une poignée de dollars ne veulent rien dire. Les enfants ont supplié pour de l’aide. Ils ont pleuré, hurlé. Certains se sont enfuis. La plupart son morts de faim. Ils désobéirent. Ils refusèrent d’accepter les ordres. Ils furent menacés par les religieux et autres. Notre nature profonde est de lutter pour la survie. Le Canada et les Etats-Unis ont commis des crimes si calculés et si dévastateurs. Les peuples du monde ne peuvent pas les ignorer. Le Canada a même développé les stratégies d’holocauste et d’apartheid qui furent utilisées par les nazis, l’Afrique du Sud et Israël.

Rappelez-vous qu’il n’y a aucune limite de statut sous Kaianerekowa et les lois corporatrices privées édifiant les pays. Le 1% a créé les entreprises coloniales comme une fiction pour remplacer les humains et éviter toute responsabilité dans les maux et crimes commis. Pour voler l’Île de la Grande Tortue, ils devaient nous anéantir. La corporation (coloniale, œuvrant pour la “couronne” / City de Londres) de l’entité du gouvernement du Canada est terminée, rincée et doit être dissoute.

Le premier ministre Trudeau a été sommé de faire baisser les drapeaux à mi-mât, admettant ainsi leurs crimes horribles. Quoi qu’il en soit, tous ces gens doivent quitter l’Île de la Grande Tortue immédiatement.

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5 textes pour comprendre et éradiquer le colonialisme

« Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte », Steven Newcomb, 2008

« Comprendre le système de l’oppression coloniale par mieux le démonter », Steven Newcomb

« Comprendre le système de l’oppression coloniale pour mieux le démonter », Peter d’Errico

« Effondrer le colonialisme », Résistance 71

« Nous sommes tous des colonisés ! », Résistance 71

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Force coloniale vs Force de la Nature
(photo Oka 1990)

Humanité en rébellion vers la société des sociétés : Instructions pour une insurrection (Internationale Situationniste 1960)

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IS

Il est important de noter que ce court texte fut écrit il y a 61 ans, 8 ans avant mai 68 et 7 ans avant que Guy Debord n’écrive et ne publie sa “Société du spectacle” (1967)… Texte collectif toujours d’actualité aujourd’hui parce que de fait, rien n’a changé, nous sommes toujours et encore dans la récupération réformiste systémique qui ne fait qu’entretenir le consensus du statu quo oligarchique. Si l’IS s’est auto-dissoute au début des années 70, elle est toujours bien vivante et son esprit plane sans cesse au dessus de l’intention (r)évolutionnaire que nous devons réactiver par la pensée critique et l’action juste qui en découle immanquablement.
Il n’y a pas de solutions au sein du système et ne saurait y en avoir.
A bas l’État ! A bas la marchandise ! A bas l’argent ! A bas le salariat !
Le reste n’est que pisser dans un violon !
~ Résistance 71 ~

“Avec les mouvements dada et surréaliste, l’Internationale Situationniste se réfère au mouvement ouvrier anti-autoritaire, à la pensée de Marx, de Bakounine, à celle de Rosa Luxembourg et Henri Lefebvre, mais surtout au communisme des conseils.”
~ Pascal Dumontier, historien de l’IS ~

IS1

Instructions pour une insurrection

Internationale Situationiste

1960

Il paraît ridicule de parler de révolution, essentiellement parce que le mouvement révolutionnaire organisé a disparu depuis longtemps des pays modernes où les possibilités de transformation sociale décisive sont concentrées. Mais toutes les alternatives sont encore plus ridicules, car elles impliquent d’accepter l’ordre établi existant d’une manière ou d’une autre. Si le mot “révolutionnaire” a été neutralisé au point d’être utilisé en terme publicitaire pour décrire le moindre changement dans une production de commodité toujours changeante, c’est parce que les possibilités d’un changement central désirable ne sont plus exprimées nulle part. Aujourd’hui, le projet révolutionnaire se tient comme accusé devant le tribunal de l’histoire, accusé d’avoir échoué, d’avoir simplement engendré une autre forme d’aliénation. Ceci revient à reconnaître que la société dominante a prouvé qu’elle pouvait se défendre, a tous niveaux de la réalité, de manière bien meilleure que les révolutionnaires l’avaient envisagé. Ceci ne veut pour autant pas dire qu’elle soit devenu plus tolérable. Le fait est que la révolution se doit d’être réinventée.

Ceci pose un nombre de problèmes conséquents qui doivent être résolus théoriquement et pratiquement dans les prochaines années. Nous pouvons ici mentionner brièvement quelques points qu’il est urgent de comprendre et de résoudre.

De toutes les tendances au regroupement des minorités variées de travailleurs qui sont apparues ces dernières années au sein de mouvements en Europe, seul le courant le plus radical vaut la peine d’être conservé : celui se concentrant sur les conseils ouvriers. Nous ne devons pas non plus ignorer le fait qu’un certain nombre d’éléments confusionnistes cherchent à s’insinuer dans ce débat (voir les récents accords de journaux de la “gauche” philosophico-sociologique de différents pays).

La plus grande difficulté à laquelle doivent faire face les groupes qui recherchent un nouveau type d’organisation révolutionnaire est celle d’établir un nouveau type de relations humaines au sein de l’organisation elle-même. Les forces de la société exercent une pression constante contre un tel effort. Mais à moins que ceci ne soit accomplit au moyen de méthodes que l’on doit encore expérimenter, nous ne pourrons jamais sortir de la politique spécialisée. La demande de participation de la part de tous souvent dégénère en un simple idéal abstrait, alors qu’en fait cela est une nécessité pratique absolue pour le développement d’une véritable nouvelle organisation et pour l’organisation d’une véritable société nouvelle. Même si les militants ne sont plus de simples rouages appliquants des décisions prises pour eux par les maîtres de l’organisation, ils courent toujours le risque de n’être que de simples spectateurs de ceux parmi eux qui sont le plus politiquement qualifiés, conçus en tant que spécialisation. Ainsi, la passivité relationnelle du vieux monde se reproduit.

La créativité des gens et leur participation ne peuvent être éveillées que par un projet collectif qui se préoccupe explicitement de tous les aspects de l’expérience vécue. La seule manière de “motiver et de faire bouger les masses” est de mettre en évidence le contraste pathétique entre les constructions potentielles de la vie et la pauvreté présente de celle-ci. Sans une critique de la vie quotidienne, une organisation révolutionnaire demeure une entité séparée, aussi conventionnelle et ultimement aussi passive que ces camps de vacances qui sont le terrain spécialisé du loisir moderne. Des sociologues comme Henri Raymond dans son étude de Palinuro, ont montré comment dans de tels endroits le mécanisme spectaculaire recrée, au niveau ludique, les relations dominantes de la société en tant que telle.

Puis en arrive à naïvement louer la “multiplicité des contacts humains” par exemple, sans voir que la simple augmentation quantitative de ces contacts ne fait que les laisser tout aussi insipides et inauthentiques qu’ils le sont ailleurs. Même dans le plus libertaire et anti-hiérarchique des groupes révolutionnaires, la communication entre les personnes n’est en rien garantie par un programme politique partagé. Bien entendu, les sociologues soutiennent les efforts de réforme de la vie quotidienne, d’organiser une compensation de celle-ci dans le temps de congés. Mais le projet révolutionnaire ne peut pas accepter la notion traditionnelle de jeu, d’un jeu limité dans l’espace, dans le temps et dans sa profondeur qualitative.

Le jeu révolutionnaire, la création de la vie, est opposé à tout souvenir des jeux passés. Pour fournir une rupture de 3 semaines du type de vie menée durant 49 semaines de travail, les villages vacances du Club Med tirent sur une idéologie polynésienne douteuse, un peu comme la révolution française se présentant sous le déguisement de la Rome républicaine ou comme les révolutionnaires d’aujourd’hui qui se définissent principalement en accord avec comment ils intègrent le bolchévisme ou tout autre style idéologique dans leur rôle de militant. La révolution de la vie quotidienne ne peut pas tirer sa poésie du passé, mais seulement du futur.

L’expérience du loisir vide produit par le capitalisme moderne a fourni une correction critique à la notion marxienne de l’extension du temps de loisir : il est maintenant clair que la liberté totale de temps demande d’abord une transformation du travail et l’appropriation de ce travail en vue de buts et sous des conditions, qui sont différentes de celles du travail forcé qui ont prévalu jusqu’à présent (voir l’activité des groupes qui publient Socialisme et Barbarie en France, Solidarity en Angleterre et Alternative en Belgique). Mais ceux qui mettent toute l’emphase sur la nécessité de changer le travail lui-même, de le rationaliser et d’y intéresser les gens et qui ne font aucune attention au contenu libre de la vie (comme le développement d’un pouvoir créatif matériellement équipé au delà des catégories traditionnelles du temps de travail et du temps de repos / loisir), courent le risque de fournir une couverture idéologique pour une harmonisation du système de production actuel dans la direction d’une plus grande efficacité et profitabilité sans avoir jamais questionné l’expérience de cette production ou la nécessité même de ce type de vie. La construction libre de tout l’espace-temps de la vie individuelle est une demande qui devra être défendue contre toutes sortes de rêves d’harmonie dans les esprits de ces aspirants gérants de la réorganisation sociale.

Les différents moments de l’activité situationniste jusqu’à maintenant ne peuvent être compris que dans la perspective de la réapparition de la révolution qui sera à la fois sociale et culturelle et dont le champ d’action sera dès le départ plus large que pendant ses actions préalables. L’Internationale Situationniste ne veut pas recruter des disciples ou des partisans, mais rapprocher des gens capables de se dévouer à cette tache dans les années à venir, par tous les moyens et sans se soucier des étiquettes. Ce qui veut dire que nous devons rejeter non seulement les vestiges de l’activité artistique spécialisée, mais aussi ceux de la politique spécialisée et particulièrement le masochisme post-chrétien si caractéristique de tant d’intellectuels de ce domaine.

Nous n’affirmons pas que nous développons un nouveau programme révolutionnaire tous seuls par nous-mêmes ; nous disons que ce programme, dans le processus de formation, va un jour s’opposer dans la pratique à la réalité dominante et que nous participerons à cette opposition. Quoi qu’il nous arrive à titre individuel, le nouveau mouvement révolutionnaire ne se formera pas sans prendre en compte ce que nous avons recherché ensemble et qui pourrait se résumer comme le passage de la vieille théorie de la révolution permanente limitée à une théorie de la révolution permanente généralisée.

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L’IS sur Résistance 71 :

“La société du spectacle”, Guy Debord, 1967 (PDF)

Raoul Vaneigem

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

communarde

Supercherie COVID19 et dictature sanitaire… Mettre au pas la France, casser le Gaulois Réfractaire pour assujettir le vieux monde (Résistance 71)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, coronavirus CoV19, crise mondiale, gilets jaunes, guerres hégémoniques, média et propagande, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, santé et vaccins, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies, société des sociétés, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , on 26 mai 2021 by Résistance 71

Brennus_VaeVictis
Brennos humilie Rome…

Casser le Gaulois Réfractaire pour assujettir le vieux monde

Résistance 71

26 mai 2021

Ce qui se passe aujourd’hui en France est sans précédent dans le monde occidental. La répression effrénée menée par l’État et ses institutions médiatiques, politiques, et scientifiques contre les réfractaires à l’ineptie des mesures “sanitaires” prises pour gérer cette “crise coronavirus” à grand renfort de falsification scientifique et de complicité propagandiste médiatique, a atteint un niveau stratosphérique encore jamais vu. Bien sûr les campagnes de propagande font rages ailleurs en Europe et outre-Atlantique, mais il y a aujourd’hui, par exemple, en mai 2021, 22 états des Etats-Unis qui fonctionnent de nouveau sans aucune restriction sanitaire, plus de masques, plus de “distanciation sociale”, pas d’injections transgéniques encore moins  rendues obligatoires. La Russie fait de même depuis des mois, certains états européens comme la Suède et la Hollande n’ont pas confiné et très peu injecté et s’en portent bien mieux…

Alors pourquoi, pourquoi la France a t’elle viré à fond les manivelles dans la dictature sanitaire, la répression et les privations de libertés systémiques ?

La réponse est simple : Si la clique des oligarques aux manettes de cette supercherie criminelle planétaire à la “pandémie COVID19” en bande organisée pour des raisons à la fois de bénéfices financiers, d’assise de pouvoir et d’assouvissement des dogmes de la religion néo-malthusienne eugéniste, parvient à casser les reins des sempiternels Gaulois Réfractaires, de cette France profonde communarde (qui fête cette année, les 150 ans d’une révolte réprimée dans un bain de sang par la république assassine), toujours prompte à se rebeller ; s’ils parviennent à briser, étouffer cet esprit communard éternel se ravivant épisodiquement au fil des siècles des Jacqueries paysannes du moyen-âge aux Gilets Jaunes en passant par la France des sections (1790-93), des révolutions de 1830 et 1848, de la Commune de 1871 et de mai 1968 (le vrai mai 68, celui des grèves sauvages et de la masse prolétarienne s’organisant avant que ce ne soit brisé par la dilution bobo des intellos trotsko-maoïstes estudiantins…), alors cette clique criminelle pourra faire passer la pilule du passage au Nouvel Ordre Mondial sous couverture “sanitaire” au reste de l’Europe et au reste du monde. La clef de tout cela demeure le “vieux monde” et ses rebelles historiques. Brisez-les et on brisera le reste.

Il ne faut pas chercher plus loin le déchaînement coercitif qui s’abat sur le peuple français depuis un peu plus d’un an. C’est un travail de sape, une guerre psychologique d’usure et Macron, ce larbin de la haute finance, parfait exécuteur psychopathe, a été mis en place à ce seul dessein. 

La question est : quand assez est-il assez ? Que faut-il pour que ça bouge vraiment, non pas dans un sens usuel réformiste de bas étage, cataplasme sur jambe de bois, mais de manière radicale, c’est à dire en remontant aux racines profondes du mal et en s’y adressant de manière particulière et effective ?

On apprend ce 25 mai que l’académie de médecine française, ce nid de corrompus et de collabos à Big Pharma et aux méga-profits générés par de multiples conflits d’intérêt, “préconise de rendre le vaccin obligatoire pour bon nombre de professions ainsi que pour les enfants et les adolescents”… Un peu fort de café pour une maladie qui ne tue que 0,03% des gens qui en sont infectés (99,97% en guérissant donc !… chiffres révisés récents de l’OMS) et pour laquelle les responsables sanitaires ont sciemment négligé, depuis le départ, les traitements efficaces disponibles pour ne considérer que la seule vaccination chimérique (OGM) de la population française et mondiale, ce à grand renfort de propagande des merdias complices de ce crime contre l’humanité en bande organisée et de bidouillage systématique des chiffres, fondant les analyses sur des extrapolations usuelles de modèles informatiques négligeant les observations empiriques pourtant si vitales en science et en médecine (ce n’est pas le Pr. Raoult qui nous contredira…).

Slog1

Les questions sont donc aujourd’hui : Le Gaulois Réfractaire livre t’il sa dernière bataille ? Celle-ci est-elle perdue d’avance faute de combattants ? Le Gaulois Réfractaire va t’il se laisser piquer avec cette merde transgénique à ARNm, hydrogel, nanoparticules de labos Big Pharma, outil de la dépopulation mondiale planifiée et bénéficiaires de profits faramineux ? Va t’il obéir et se laisser piquouzer tous les 6 mois pour maintenir valide son Ausweis de “pass sanitaire” orwellien, le maintenant dans cette nouvelle normalité de l’esclavage post-moderne ? Va t’il laisser piquer sa progéniture, tant qu’il en a encore et qu’il n’est pas encore stérilisé, ce qui ne saurait plus tarder au train où vont les choses ?… Le Gaulois Réfractaire va t’il oublier son rôle, son obligation historique ? Quand assez est-il vraiment assez ? Quand va t’il enfin agir radicalement, en allant à la racine des choses au lieu de râler stérilement pour finir par se coucher devant l’autorité usurpatrice autant agressive que goguenarde et condescendante. Quand va t’il revêtir de nouveau son Gilet Jaune et reprendre les affaires là où elles furent délaissées, le tout de manière plus efficace en changeant profondément de stratégie générale et de tactiques de terrain ?

Maintenant, la Gauloise Réfractaire va t’elle se laisser piquer, se laisser stériliser, laisser ses enfants se faire piquer, se faire stériliser, jeunes, aller à l’abattoir de l’injection fatale à court ou moyen terme sans moufeter ? Quand les femmes, véritables piliers fondateurs de toute société, reprendront-elles le flambeau ancestral du pouvoir décisionnaire collectif ? Ce sont les mères et les compagnes qui connaissent le prix du combat, du sang et des larmes ; elles seules savent quand l’heure est venue. Y a t’il encore suffisamment d’instinct maternel chez les femelles tendant à suivre le modèle des harpies d’un système mortifère dénaturant.

Cette crise virale fabriquée, issue de laboratoires militaires de l’empire anglo-américano-sioniste, est la guerre que l’oligarchie a déclenché contre l’humanité. Nous devons la traiter comme telle. L’heure n’est plus à tergiverser avec les guignols du pouvoir coercitif, l’heure est au retrait des gants et à nous lever, une fois de plus, pour notre survie et au-delà, notre émancipation finale. Nous devons arrêter d’acquiescer, nous devons réapprendre à dire non ! haut et fort, portant haut l’héritage de nos ancêtres celtes et communards, à nous solidariser, à refuser de nous laisser artificiellement diviser, à accepter cette nouvelle division factice qui se met en place entre les soi-disants “vaccinés”, victimes de leur crédulité et de leur confiance en une autorité inique et usurpatrice et les “non-vaccinés”, représentant toujours quelques 70% de la population française aujourd’hui et qui rejettent viscéralement l’horreur transgénique qu’on veut nous imposer à nous et aux générations futures, ce qui est pire.

Solidarité Union Persévérance Réflexion Action, devenons ensemble, des S.U.P.R.A résistants contre toutes les impostures du monde marchand et étatique, contre cette vaste entreprise criminelle exploiteuse et répressive dont le seul désir est de nous réduire en une nouvelle forme d’esclavage pour servir son “élite” auto-proclamée dans ce Nouvel Ordre Mondial suprafasciste transnational en cours de métamorphose ultime. Le monstre se tue dans l’œuf car une fois éclos, il est souvent trop tard.

Ce dont nous avons besoin maintenant n’est pas d’une révolution, qui par essence nous ramène toujours au point de départ, mais d’une (r)évolution, qui nous fasse prendre la tangente hors du cercle vicieux et nous mène sur le chemin de la société des sociétés, émancipée de la division et réconciliée avec la complémentarité de sa diversité si bénéfique pourvu qu’on la mette réellement en pratique.

Résoudre la crise COVID radicalement, c’est la prendre à sa racine, qui n’est en rien sanitaire ou médicale mais en tous points politiques. Résoudre cette crise durablement, définitivement, c’est résoudre notre problème de parasitose qui nous affaiblit depuis des siècles. Gaulois Réfractaires, une fois de plus, l’heure est venue ! L’heure du combat arrive, mais pour vaincre, il faut connaître son ennemi et se connaître soi-même… Ci-dessous quelques pistes pour nous aider.

Dans l’esprit de Cheval Fou

Vive la Résistance !

Vive la Commune Universelle de notre humanité enfin réalisée !

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

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Gauloise réfractaire 

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Gaulois penseur… donc réfractaire

150 ans : En hommage aux 30 000 Communards assassinés par l’état français dans la semaine du 21 au 28 mai 1871 : « Révolte et révolution » (Albert Camus, 1951)

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Ceci est le texte intégral retranscrit par nos soins de la 6ème et dernière partie du chapitre “La révolte historique” de “L’homme révolté” (1951) d’Albert Camus, qui est composé de trois grands chapitres : “La révolte métaphysique”, “La révolte historique” et “Révolte et art”. Nous pensons que cet écrit possède plus que jamais sans doute, une résonance d’une grande actualité, comme tout l’ouvrage du reste que nous tenons pour une des plus grandes réflexions sur la condition humaine jamais écrite. De fait, la contribution de l’occident à la conscience universelle humaine tient en trois ouvrages à notre sens clefs et uniques dans leur portée philosophico-socio-politique, dans l’ordre chronologique :

“”Les possédés”, Fiodor Dostoïevski, 1871, “Ainsi parlait Zarathoustra”, Friedrich Nietzsche, 1883 et “L’homme révolté” d’Albert Camus, 1951.

“La révolte est, dans l’homme, le refus d’être traité en chose et d’être réduit à la simple histoire. Elle est l’affirmation d’une nature commune à tous les hommes, qui échappe au monde, la puissance.” (Albert Camus)

AC1

Révolte et révolution

Albert Camus

Transcription Résistance 71 pour le cent-cinquantenaire de la Commune de Paris 1871-2021 et de la semaine sanglante du 21 au 28 mai 1871

22 Mai 2021

NdR71 : Nous publions et dédions ce texte lumineux de Camus, à la mémoire des communards tombés durant la semaine sanglante de la Commune de Paris du 21 au 28 mai 1871 et à toutes celles et ceux qui furent déportés, “empontonnés” suite à l’évènement, ainsi qu’à tous ceux qui font vivre éternellement l’esprit communard au fil du temps, comme les Gilets Jaunes, derniers communards en date. L’ère n’est plus à la révolte et la révolution mais à la révolte et à l’évolution nous faisant emprunter le chemin vers notre humanité enfin réalisée, celui de la Société des Sociétés… Pensez également que Camus écrivait cela il y a 70 ans cette année… L’heure de la mise en pratique a sonné. La crise fabriquée SRAS-CoV-2 / COVID-19 est une preuve supplémentaire, s’il en fallait encore une, démontrant que tout ce que sait faire l’État, c’est terroriser les peuples pour mieux les réprimer et les contrôler, ce à plus forte raison dans sa version capitalisto-républicaine.

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La révolution des principes tue Dieu dans la personne de son représentant. La révolution du XXème siècle tue ce qui reste de Dieu dans les principes eux-mêmes, et consacre le nihilisme historique. Quelles que soient ensuite les voies empruntées par ce nihilisme, dès l’instant où il veut créer dans le siècle, hors de toute règle morale, il bâtit le temple de César. Choisir l’histoire, et elle seule, c’est choisir le nihilisme contre les enseignements de la révolte elle-même. Ceux qui se ruent dans l’histoire au nom de l’irrationnel, criant qu’elle n’a aucun sens, rencontrent la servitude et la terreur et débouchent dans l’univers concentrationnaire. Ceux qui s’y lancent en prêchant sa rationalité absolue rencontrent servitude et terreur et débouchent dans l’univers concentrationnaire. La fascisme veut instaurer l’avènement du surhomme nietzschéen. Il découvre aussitôt que Dieu, s’il existe, est peut-être ceci ou cela, mais d’abord le maître de la mort. Si l’homme veut se faire Dieu, il s’arroge le droit de vie ou de mort sur les autres. Fabricant de cadavres, et de sous-hommes, il est sous-homme lui-même et non pas Dieu, mais serviteur ignoble de la mort. La résolution rationnelle veut, de son côté, réaliser l’homme total de Marx. La logique de l’histoire, à partir du moment où elle est acceptée totalement, la même, peu à peu, contre sa passion la plus haute, à mutiler l’homme de plus en plus et à se transformer elle-même en crime objectif. Il n’est pas juste d’identifier les fins du fascisme et du communisme russe. Le premier figure l’exaltation du bourreau par le bourreau, lui-même. Le second, plus dramatique, l’exaltation du bourreau par les victimes. Le premier n’a jamais rêvé de libérer tout l’homme, mais seulement d’en libérer quelques uns en subjuguant les autres. Le second, dans son principe le plus profond, vise à libérer tous les hommes en les asservissant tous, provisoirement. Il faut lui reconnaître la grandeur de l’intention. Mais il est juste, au contraire, d’identifier leurs moyens avec le cynisme politique qu’ils ont puisé tous deux à la même source : le nihilisme moral. Tout s’est passé comme si les descendants de Stirner et de Nietzsche utilisaient les descendantes de Kaliayev et de Proudhon. Les nihilistes aujourd’hui sont sur les trônes. Les pensées qui prétendent mener notre monde au nom de la révolution sont devenues en réalité des idéologies de consentement, non de révolte. Voilà pourquoi notre temps est celui des techniques privées et publiques d’anéantissement.

La révolution obéissant au nihilisme, s’est retournée en effet contre ses origines révoltées. L’homme qui haïssait la mort et le dieu de la mort, qui désespérait de la survivance personnelle, a voulu se délivrer dans l’immortalité de l’espèce. Mais tant que le groupe ne domine pas le monde, tant que l’espèce n’y règne pas, il faut encore mourir. Le temps presse alors, la persuasion demande le loisir, l’amitié une construction sans fin : la terreur reste dans le plus court chemin de l’immortalité. Mais ces extrêmes perversions crient en même temps, la nostalgie de la valeur révoltée primitive. La révolution contemporaine qui prétend nier toute valeur est déjà, en elle-même, un jugement de valeur. L’homme par elle, veut régner. Mais pourquoi régner si rien n’a de sens ? Pourquoi l’immortalité si la face de la vie est affreuse ? Il n’y a pas de pensée absolument nihiliste sinon, peut-être, dans le suicide, pas plus qu’il n’y a de matérialisme absolu. La destruction de l’homme affirme encore l’homme. La terreur et les camps de concentration sont les moyens extrêmes que l’homme utilise pour échapper à la solitude. La soif d’unité doit se réaliser, même dans la fosse commune. S’ils tuent des hommes, c’est qu’ils refusent la condition mortelle et veulent l’immortalité pour tous. Is se tuent alors d’une certaine manière. Mais ils prouvent en même temps qu’ils ne peuvent se passer de l’homme, ils assouvissent une affreuse faim de fraternité. “La créature doit avoir une joie, et quand elle n’a pas de joie, il lui faut une créature.” Ceux qui refusent la souffrance d’être et de mourir veulent alors dominer. “La solitude c’est le pouvoir”, dit Sade. Le pouvoir aujourd’hui, pour des milliers de solitaires, parce qu’il signifie la souffrance de l’autre, avoue le besoin de l’autre. La terreur est l’hommage que des haineux solitaires finissent par rendre à la fraternité des hommes.

Mais le nihilisme, s’il n’est pas, essaie d’être et cela suffit à déserter le monde. Cette fureur a donné à notre temps son visage repoussant. La terre de l’humanisme est devenue cette Europe, terre inhumaine. Mais ce temps est le nôtre, et comment le renier ? Si notre histoire est notre enfer, nous ne saurions en détourner la face. Cette horreur ne peut être éludée, mais assumée pour être dépassée, par ceux-là même qui l’ont vécue dans la lucidité, non par ceux qui, l’ayant provoquée, se croient en droit de prononcer le jugement. Une telle plante n’a pu jaillir en effet que sur un épais terreau d’iniquités accumulées. Dans l’extrémité d’une lutte à mort où la folie du siècle mêle indistinctement les hommes, l’ennemi reste le frère ennemi. Même dénoncé dans ses erreurs, il ne peut être ni méprisé, ni haï : le malheur est aujourd’hui la patrie commune, le seul royaume terrestre qui ait répondu à la promesse.

La nostalgie du repos et de la paix doit elle-même être repoussée ; elle coïncide avec l’acceptation de l’iniquité. Ceux qui pleurent après les sociétés heureuses qu’ils rencontrent dans l’histoire avouent ce qu’ils désirent : non pas l’allègement de la misère, mais son silence. Que ce temps soit loué au contraire où la misère crie et retarde le sommeil des rassasiés Maistre parlait déjà du “sermon terrible que la révolution prêchait aux rois.” Elle le prêche aujourd’hui, et de façon plus urgente encore, aux élite déshonorées de ce temps. Il faut attendre ce sermon. Dans toute parole et dans tout acte, fut-il criminel, gît la promesse d’une valeur qu’il nous faut chercher et mettre au jour. L’avenir ne peut se prévoir et il se peut que la renaissance soit impossible. Quoique la dialectique historique soit fausse et criminelle, le monde, après tout, peut se réaliser dans le crime, suivant une idée fausse. Simplement, cette sorte de résignation est refusée ici : il faut parier pour la renaissance.

Il ne nous reste plus d’ailleurs qu’à renaître ou à mourir. Si nous sommes à ce moment où la révolte parvient à sa contradiction la plus extrême en se niant elle-même, elle est alors contrainte de périr avec le monde qu’elle a suscité ou de retrouver une fidélité et un nouvel élan. Avant d’aller plus loin, il faut au moins mettre en clair cette contradiction. Elle n’est pas bien définie lorsqu’on dit, comme nos existentialistes par exemple (soumis eux aussi, pour le moment, à l’historisme et à ses contradictions), qu’il y a progrès de la révolte à la révolution et que le révolté n’est rien s’il n’est pas révolutionnaire. La contradiction est, en réalité, plus serrée. Le révolutionnaire est en même temps révolté ou alors il n’est plus révolutionnaire, mais policier et fonctionnaire qui se tourne contre la révolte. Mais s’il est révolté, il finit par se dresser contre la révolution. Si bien qu’il n’y a pas de progrès d’une attitude à l’autre, mais simultanéité et contradictions sans cesse croissante. Tout révolutionnaire finit en oppresseur ou en hérétique. Dans l’univers purement historique qu’elles ont choisi, révolte et révolution débouchent dans le même dilemme : ou la police ou la folie.

A ce niveau, la seule histoire n’offre donc aucune fécondité. Elle n’est pas source de valeur, mais encore de nihilisme. Peut-on créer du moins la valeur contre l’histoire sur le seul plan de la réflexion éternelle ? Cela revient à ratifier l’injustice historique et la misère des hommes. La calomnie de ce monde ramène au nihilisme que Nietzsche a défini. La pensée qui se forme avec la seule histoire, comme celle qui se tourne contre toute histoire, enlèvent à l’homme le moyen ou la raison de vivre. La première le pousse à l’extrême déchéance du “pourquoi vivre”, la seconde au “comment vivre”. L’histoire nécessaire, non suffisante, n’est donc qu’une cause occasionnelle. Elle n’est pas absence de valeur, ni la valeur elle-même, ni même le matériau de la valeur. Elle est l’occasion, parmi d’autres, où l’homme peut éprouver l’existence encore confuse d’une valeur qui lui sert à juger l’histoire. La révolte elle-même nous en fait la promesse.

La révolution absolue supposait en effet l’absolue plasticité de la nature humaine, sa réduction possible à l’état de force historique. Mais la révolte est, dans l’homme, le refus d’être traité en chose et d’être réduit à la simple histoire. Elle est l’affirmation d’une nature commune à tous les hommes, qui échappe au monde, la puissance. L’histoire, certainement, est l’une des limites de l’homme, en ce sens le révolutionnaire a raison. Mais l’homme, dans sa révolte, pose à son tour une limite à l’histoire. A cette limite naît la promesse d’une valeur. C’est la naissance de cette valeur que la révolution césarienne combat aujourd’hui implacablement, parce qu’elle figure sa vraie défaite et l’obligation pour elle de renoncer à ses principes. En 1950, et provisoirement, le sort du monde ne se joue pas, comme il paraît, dans la lutte entre la production bourgeoise et la production révolutionnaire ; leurs fins seront les mêmes. Elle se joue entre les forces de la révolte et celles de la révolution césarienne. La révolution triomphante dit faire la preuve, par ses polices, ses procès et ses excommunications, qu’il n’y a pas de nature humaine. La révolte humiliée par ses contradictions, ses souffrances, ses défaites renouvelées et sa fierté inlassable, doit donner son contenu de douleur et d’espoir à cette nature.

“Je me révolte, donc nous sommes” disait l’esclave. La révolte métaphysique ajoutait alors le “nous sommes seuls”, dont nous vivons encore aujourd’hui. Mais si nous sommes seuls sous le ciel vide, si donc il faut mourir à jamais, comment pouvons-nous être réellement ? La révolte métaphysique tentait alors de faire de l’être avec du paraître. Après quoi les pensées purement historiques sont venues dire qu’être, c’était faire. Nous n’étions pas, mais devions être par tous les moyens. Notre révolution est une tentative pour conquérir un être neuf, par le faire, hors de toute règle morale. C’est pourquoi elle se condamne à ne vivre que pour l’histoire, et dans la terreur. L’homme n’est rien selon elle, s’il n’obtient pas dans l’histoire, de gré ou de force, le consentement unanime. A ce point précis, la limite est dépassée, la révolte est trahie, d’abord et logiquement assassinée ensuite, car elle n’a jamais affirmé dans son mouvement le plus pur que l’existence d’une limite, justement, et l’être divisé que nous sommes : elle n’est pas à l’origine la négation totale de tout être. Au contraire, elle dit en même temps oui et non. Elle est le refus d’une part de l’existence au nom d’une autre part qu’elle exalte. Plus cette exaltation est profonde, plus implacable est le refus. ensuite, lorsque sans le vertige et la fureur, la révolte passe au tout ou rien, à la négation de tout être et de toute nature humaine, elle se renie à cet endroit. La négation totale justifie seule le projet d’une totalité à conquérir. Mais l’affirmation d’une limite, d’une dignité et d’une beauté communes aux hommes, n’entraîne que la nécessité d’étendre cette valeur à tous et à tout et de marcher vers l’unité sans renier les origines. En ce sens, la révolte est l’unité, la revendication de la révolution historique : la totalité. La première part du non appuyé sur un oui, la seconde part de la négation absolue et se condamne à toutes les servitudes pour fabriquer un oui rejeté à l’extrémité des temps L’une est créatrice, l’autre nihiliste. La première est vouée à créer pour être de plus en plus, la seconde forcée de produire pour nier de mieux en mieux. La révolution historique s’oblige à faire toujours dans l’espoir, sans cesse déçu, d’être un jour. Même le consentement unanime ne suffira pas à créer l’être. “Obéissez!” disait Frédéric le Grand à ses sujets. Mais en mourant : “je suis las de régner sur des esclaves.” Pour échapper à cet absurde destin, la révolution est et sera condamnée à renoncer à ses propres principes, au nihilisme et à la valeur purement historique, pour retrouver la source créatrice de la révolte. La révolution pour être créatrice ne peut se passer d’une règle, morale ou métaphysique, qui équilibre le délire historique. Elle n’a sans doute qu’un mépris justifié pour la morale formelle et mystificatrice qu’elle trouve dans la société bourgeoise. Mais sa folie a été d’étendre ce mépris à toute revendication morale. A ses origines mêmes et dans ses élans les plus profonds, se trouve une règle qui n’est pas formelle et qui pourtant, peut lui servir de guide. La révolte, en effet, lui dit et lui dira de plus en plus haut qu’il faut essayer de faire, non pour commencer d’être un jour, aux yeux d’un monde réduit au consentement, mais en fonction de cet être obscur qui se découvre déjà dans le mouvement d’insurrection. Cette règle n’est ni formelle ni soumis à l’histoire, c’est ce que nous pourrons préciser en la découvrant à l’état pur, dans la création artistique. Notons seulement, auparavant, qu’au “je me révolte donc nous sommes”, au “Nous sommes seuls”, de la révolte métaphysique, la révolte au prise avec l’histoire ajoute qu’au lieu de tuer et mourir pour produire l’être que nous ne sommes pas, nous avons à vivre et faire vivre pour créer ce que nous sommes.

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“Deviens ce que tu es.” (Friedrich Nietzsche)

Albert Camus sur Résistance 71

CHEVAL FOU
Dans l’esprit de Cheval Fou…

21 mai 1871, il y a 150 ans débutait la semaine sanglante qui écrasait la Commune : 30 000 communards furent sommairement exécutés par la république… « L’hécatombe » de Louise Michel

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La Commune de Paris 1871-2021

La semaine sanglante: 21-28 mai 1871

Résistance 71

Mai 2021

Extraits de la 4ème partie de “La Commune, histoire et souvenirs” de Louise Michel (1898) : L’hécatombe

Note de R71: Il est impossible de parler de l’expérience (r)évolutionnaire de la Commune de Paris en 1871, sans parler de la sauvage répression qui s’en suivit. Sans rappeler aussi, que le carnage qui eut lieu ne fut pas perpétré par un dictateur autocrate sanguinaire, mais par le bras armé d’une toute jeune république dite “modérée”, montrant par là même que les concepts de “démocratie” et de “dictature” ne sont en fait que des degrés différents de la même organisation sociale, celle de l’État oppresseur qui, depuis la révolution bourgeoise de 1789 et la 1ère révolution industrielle de 1810, n’est plus qu’un outil répressif du capital en voie de croissance métamorphique jusqu’à sa déchéance finale.

Si les chiffres sont toujours discutés (on parle de plus de 30 000 morts voire de 100 000), ce qui n’est pas sujet à discussion est la sauvagerie avec laquelle la bourgeoisie se vengea de l’affront causé par ce petit peuple à sa suprématie politique et marchande, sous le commandement du très royaliste Adolphe Thiers, patron d’un gouvernement républicain ayant fui à Versailles et qualifié depuis lors de l’infâme vocable de gouvernement “versaillais”. Si la répression fut des plus sanglantes, elle fut néanmoins absolument incapable d’éradiquer cet esprit communard vivant en chacun de nous. Laissons la place à une de ses incarnations les plus flamboyantes : Louise Michel, qui participa, survécut, demanda sa mise à mort lors de son procès, pour finalement être déportée en Nouvelle-Calédonie, et qui demeura un flambeau anarchiste le reste de sa vie. Elle raconte.

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vive_la_commune!
21 mai 2021 , plus que jamais… VIVE LA COMMUNE !

L’hécatombe 

(extraits tirés du livre “La Commune, histoire et souvenirs”)

Louise Michel

1898

1. La lutte dans Paris, l’égorgement

[…] L’égorgement commençait en silence. Assi, allant du côté de la Muette, vit dans la rue Beethoven des hommes qui, couchés à terre, semblaient dormir. La nuit étant claire, il reconnaît des fédérés et s’approche pour les réveiller, son cheval glisse dans une mare de sang. Les dormeurs étaient des morts, tout un poste égorgé.

“L’officiel” de Versailles n’avait-il pas donné la marche pour la tuerie, on s’en souvient :

“Pas de prisonniers ! Si dans le tas, il se trouve un honnête homme réellement entraîné de force, vous le verrez bien dans ce monde là. Un honnête homme se distingue par son auréole ; accordez aux braves soldats la liberté de venger leurs camarades en faisant sur le théâtre et dans la rage même de l’action ce que le lendemain ils ne voudraient pas faire de sang-froid.”

Tout était là. On persuada aux soldats qu’ils avaient à venger leurs camarades : à ceux qui arrivaient, délivrés de la captivité de la Prusse, on disait que la Commune s’entendait avec les Prussiens, et les crédules s’abreuvèrent de sang dans leur rage.

Afin que comme au 18 mars, l’armée ne levât pas la crosse en l’air, on gorgea les soldats d’alcool mêlé, suivant l’ancienne recette, avec de la poudre et surtout entonné de mensonges ; à l’histoire trop vieille du mobile scié entre deux planches, on avait joint je ne sais quel autre conte aussi invraisemblable

Paris, cette ville maudite qui rêvait le bonheur de tous, où les bandits du comité central et de la Commune, les monstres du Comité de Salut Public et de la sûreté n’aspiraient qu’à donner leur vie pour le salut de tous, ne pouvaient pas être compris par l’égoïsme bourgeois plus féroce encore que l’égoïsme féodal ; la race bourgeoise ne fut grande qu’un demi-siècle à peine, après 89. Delescluze, Dijon furent les derniers grands bourgeois semblables aux conventionnels.

[…] Drapeau rouge en tête, les femmes étaient passées, elles avaient leur barricade place Blanche : il y avait là Elisabeth Dmihef, Madame Lemel, Malvina Poulain, Blanche Lefebvre, Excoffons, André Léo était à celles des Batignolles. Plus de 10 000 femmes aux jours de mai, éparses ou ensemble, combattirent pour la liberté. J’étais à la barricade qui barrait l’entrée de la chaussée Clignancourt, devant le delta…

[…] Tout quartier pris par Versailles était changé en abattoir. La rage du sang était si grande que les Versaillais tuèrent de leurs propres agents allant à leur rencontre.

[…] Le sang coulait à flot dans tous les arrondissements pris par Versailles. Par places, les soldats lassés de carnage s’arrêtaient comme des fauves repus.

Sans les représailles, la tuerie eûtété plus large encore. Seule le décret sur les otages empêcha Gallifet, Vinoy et les autres, d’opérer l’égorgement complet des habitants de Paris.

Un commencement d’exécution de ce décret fit retirer aux pelotons d’exécution des prisonniers qu’à coups de crosse de fusil on poussait au mur, où par tas restaient les morts et les mourants.

Nous avons rencontré en Calédonie quelques-uns de ces réchappés de la mort.

Rochefort raconte ainsi ce qui lui fut dit par un compagnon de route, ou plutôt de cage, dans les antipodes ; il racontait ceci :

On venait d’exécuter une quinzaine de prisonniers, son tour était venu, il avait été collé au mur, un mouchoir sur les yeux, car ces supplicieurs y mettaient parfois les formes. Il attendait les douze balles qui devaient lui revenir et commençait à trouver le temps long. Tout à coup, un sergent vint lui retirer le bandeau fatal, tout en criant aux hommes du peloton d’exécution : Demi-tour à gauche.

Qu’y a t’il ? demande le patient.

Il y a répondit d’un ton plein de regret le lieutenant chargé de commander le feu, que la Commune vient de décréter qu’elle aussi fusillerait les prisonniers si nous continuions à fusiller les vôtres et que le gouvernement interdit maintenant les exécutions sommaires.

C’est ainsi que trente fédérés furent en même temps que celui-là rendus à la vie, mais non à la liberté, car on les envoya sur les pontons d’où mon camarade de geôle partit en même temps que moi pour la Nouvelle-Calédonie.

Les exécutions sommaires reprirent après le triomphe de Versailles, les soldats eurent comme des bouchers, les bras rouges de sang : le gouvernement n’avait plus rien à craindre.

On verra combien, du côté de la Commune, le nombre des exécutions fut infime devant les 35 000 officiellement avoués, qui sont plutôt 100 000 de plus.

[…] La vengeance des déshérités ! Elle est plus grande que la terre elle-même.

Les légendes les plus folles coururent sur les “pétroleuses” ; il n’y a pas eu de pétroleuses ; les femmes se battirent comme des lionnes, mais je ne vis que moi criant le feu ! le feu devant ces monstres !

Non pas des combattantes mais de malheureuses mères de famille, qui dans les quartiers envahis se croyaient protégées par quelques ustensiles, faisant voir qu’elles allaient chercher de la nourriture pour leurs petits (une boîte au lait par exemple), elles étaient regardées comme “incendiaires”, porteuses de pétrole et collées au mur ! Ils les attendirent longtemps leurs petits !…

Quelques enfants, sur les bras des mères, étaient fusillés avec elles, les trottoirs étaient bordés de cadavres.

[…] La plupart, cherchant à donner des gages à Versailles, indiquaient dans les quartiers envahis les partisans de la Commune, faisant fusiller ceux à qui ils en voulaient.

Les coups sourds des canons, le crépitement des balles, les plaintes du tocsin, le dôme de fumée traversé de langues de flammes disaient que l’agonie de Paris n’était pas terminée et que Paris ne se rendrait pas.

Tous les incendies d’alors ne furent pas le fait de la Commune, certains propriétaires ou commerçants, afin d’être richement indemnisés de bâtisses ou de marchandises dont ils ne savaient que faire, y mirent le feu.

D’autres incendies furent allumés par les bombes incendiaires de Versailles.

Celui du ministère des finances fut, à l’aide de faux, attribué à Ferré, qui ne l’eût pas nié s’il l’eût fait : il gênait la défense.

[…] La chasse aux fédérés étaient largement engagée, on égorgeait dans les ambulances ; un médecin, le Dr Faneau, qui ne voulut pas livrer ses blessés, fut lui-même passé par les armes… Quelle scène !

[…] Les mitrailleuses moulent dans les casernes. On tue comme à la chasse, c’est une boucherie humaine ; ceux qui, mal tués, restent debout ou courent contre les murs, sont abattus à loisir.

Alors on se souvient des otages, des prêtres ; 34 agents de Versailles et de l’empire sont fusillés. Il y a dans l’autre poids de la balance, des milliers de cadavres. Le temps est passé où la Commune disait : Il n’y a pas de drapeau pour les veuves et les orphelins, la Commune vient d’envoyer du pain à 74 femmes de ceux qui nous fusillent.

Les portes du Père-Lachaise, où se sont réfugiés des fédérés pour les derniers combats, sont battues en brèche par les canons.

La Commune n’a plus de munition, elle ira jusqu’à la dernière cartouche.

La poignée de braves du Père-Lachaise se bat à travers les tombes contre une armée, dans les fosses, dans les caveaux au sabre. à la baïonnette, à coups de crosses de fusil ; les plus nombreux, les mieux armés, l’armée qui garda sa force pour Paris assomme, égorge les plus braves.

Au grand mur blanc qui donne sur la rue du Repos, ceux qui restent de cette poignée héroïque sont fusillés à l’instant. Ils tombent en criant : Vive la Commune !

Là comme partout, des décharges successives achèvent ceux que les premières ont épargnés ; quelques-uns achèvent de mourir sous les tas de cadavres ou sous la terre.

Une autre pognée, ceux des dernières heures, ceints de l’écharpe rouge, s’en vont vers la barricade de la rue Fontaine-au-Roi ; d’autres membres de la Commune et du comité central viennent se joindre à ceux-là et dans cette nuit de mort majorité et minorité se tendent la main.

Sur la barricade flotte un immense drapeau rouge. Il y a là les deux Ferré, Théophile et Hippolyte, J.B Clément, Cambon, un garibaldien, Varlin, Vermorel, Champy.

La barricade de la rue St Maur vient de mourir, celle de la rue Fontaine-au-Roi s’entête, crachant la mitraille à la face sanglante de Versailles.

On sent la bande furieuse des loups qui s’approchent, il n’y a plus à la Commune qu’une parcelle de Paris, de la rue du faubourg du Temple au boulevard de Belle-ville.

Rue Ramponneau, un seul combattant à une barricade arrêta un instant Versailles.

Les seuls encore debout, en ce moment où se tait le canon du Père-Lachaise, sont ceux de la rue Fontaine-au-Roi.

Ils n’ont plus pour longtemps de mitraille, celle de Versailles tonne sur eux.

Au moment où vont partir leurs derniers coups, une jeune fille venant de la barricade de la rue St-Maur arrive, leur offrant ses services, ils voulaient l’éloigner de cet endroit de mort, elle resta malgré eux.

Quelques instants après, la barricade, jetant en une formidable explosion tout ce qui lui restait de mitraille mourut dans cette décharge énorme, que nous entendîmes de Satory, ceux qui étaient prisonniers ; à l’ambulancière de la dernière barricade et de la dernière heure, Jean-Baptiste Clément dédia longtemps après la chanson des Cerises. Personne ne la revit.

J’aimerai toujours le temps des cerises

C’est de ce temps-là, que je garde au cœur,

Une plaie ouverte.

Et, dame fortune en m’étant offerte,

Ne saurait jamais calmer ma douleur,

J’aimerai toujours le temps des cerises,

Et le souvenir que je garde au cœur.

J.B Clément

La Commune était morte, ensevelissant avec elle des milliers de h´´ros inconnus.

[…]

Ce dimanche-là, du côté de la rue de La Fayette, fut arrêté Varlin : on lui lia les mains et son nom ayant attiré l’attention, il se trouva bientôt entouré par la foule étrange des mauvais jours.

On le mit au milieu d’un piquet de soldats pour le conduire à la Butte, qui était l’abattoir.

La foule grossissait, non pas celle que nous connaissions, houleuse, impressionnable, généreuse, mais la foule des défaites, qui vient acclamer les vainqueurs et insulter les vaincus, la foule du vae victis éternel.

La Commune était à terre, cette foule, elle aidait aux égorgements.

On allait d’abord fusiller Varlin près d’un mur, au pied des Buttes, mais une vois s’´´cria : il faut le promener encore, d’autres criaient, “Allons rue des Rosiers”.

Les soldats et l’officier obéirent, Varlin, toujours les mains liées, gravit les Buttes, sous l’insulte, les cris, les coups, il y avait environ deux mille de ces misérables. Il marchait sans faiblir, la tête haute, le fusil d’un soldat partit sans commandement et termina son supplice, les autres suivirent. Les soldats se précipitèrent pour l’achever. Il était mort.

Tout la Paris réactionnaire et badaud, celui qui se cache aux heures terribles, n’ayant plus rien à craindre, vint voir le cadavre de Varlin.

Mac-Mahon, secouant sans cesse les 800 et quelques cadavres qu’avait fait la Commune, légalisait, aux yeux des aveugles, la terreur et la mort.

[…]

2. La curé froide

“Paris sanglant, au clair de lune,
Rêve sur la fosse commune.”
Victor Hugo

Au chenil, les soirs de chasse, après la curée chaude, sur le corps pantelant de la bête égorgée, les valets de meute jettent aux chiens du pain trempé de sang. Ainsi fut offerte, par les bourgeois de Versailles, la curée froide aux égorgeurs.

D’abord, la tuerie en masse avait eu lieu quartier par quartier à l’entrée de l’armée régulière, puis la chasse aux fédérés, dans les maisons, dans les ambulances, partout. On chassait dans les catacombes avec des chiens et des flambeaux ; il en fut de même dans les carrières d’Amérique, mais la peur s’en mêla. Des soldats de Versailles, égarés dans les catacombes, avaient pensé périr.

[…] Les officiers de Versailles, maîtres absolus de la vie des prisonniers, en disposaient à leur gré.

Les mitrailleuses étaient moins employées qu’aux premiers jours ; il y avait maintenant, quand le nombre de ceux qu’on voulait tuer dépassait dix, des abattoirs commodes, les casemates des forts qu’on fermait, une fois les cadavres entassés, le bois de Boulogne, ce qui en même temps procurait une promenade.

Mais tout étant plein de morts, l’odeur de cette immense sépulture attirait sur la ville morte l’essaim horrible des mouches des charniers ; les vainqueurs, craignant la peste, suspendirent les exécutions.

La mort n’y perdait rien  les prisonniers entassés à l’Orangerie, dans les caves, à Versailles, à Satory, sans linge pour les blessés, nourris plus mal que des animaux, furent bientôt décimés par la fièvre et l’épuisement.

Quelques-uns, apercevant leurs femmes et leurs enfants à travers les grilles, devenaient subitement fous.

D’autre part, les enfants, les femmes et les vieux, cherchaient à travers les fosses communes, essayant de reconnaître les leurs dans les charretées de cadavres incessamment versées.

[…] Il y avait dans les premiers temps je ne sais quelle promesse de 500 francs de récompense pour indiquer le refuge d’un membre de la Commune ou du comité central ; cela courait en France et à l’étranger. Tous ceux qui se sentaient capables de vendre un proscrit étaient invités.

La lettre suivante fut adressée de Versailles, dès le 20 mai, aux agents des gouvernements à l’étranger par le gouvernement de Versailles.

Monsieur,

L’œuvre abominable des scélérats qui succombent sous l’héroïque effort de notre armée ne peut être confondue avec aucun acte politique, elle constitue une série de forfaits prévus et punis par les lois de tous les peuples civilisés. 

L’assassinat, le vol, l’incendie, systématiquement ordonnés, préparés avec une infernale habileté, ne doivent permettre à leurs complices d’autre refuge que celui de l’expiation légale.

Aucune nation ne peut couvrir d’immunité et sur le sol de toutes, leur présence serait une honte et un péril. Si donc vous apprenez qu’un individu compromis dans l’attentat de Paris a franchi la frontière de la nation près de laquelle vous êtes accrédité, je vois invite à solliciter des autorités locales son arrestation immédiate et à m’en donner de suite avis pour que je régularise cette situation par une demande d’extradition.” signé: Jules Favre

L’Angleterre pour toute réponse reçut les proscrits de la Commune ; les gouvernements espagnol et belge envoyèrent seuls leur adhésion à Versailles.

[…]

Nous avons dit que le chiffre de 35 000, adopté officiellement pour les victimes de la répression de Versailles, ne peut être pris comme réel. [il est bien supérieur]

[…]

Versailles capitale

Oui, Versailles est la capitale,
Ville corrompue et fatale,
C’est elle qui tient le flambeau,
Satory lui fait sentinelle,
Et les bandits la trouvent belle,
Avec un liceul pour manteau,
Versailles, vieille courtisane,
Sous sa robe que le temps fane,
Tient la république au berceau,
Couverte de lèpre et de crime.
Elle souille ce nom sublime,
En l’abritant sous son drapeau.
Il leur faut de hautes bastilles,
Pleines de soldats et de filles,
Pour se croire puissants et forts,
Tandis que sous leur poids immonde,
La ville où bat le cœur du monde,
Paris, dort du sommeil des morts,
Malgré vous le peuple héroïque,
Fera grande la République ;
On n’arrête pas le progrès,
C’est l’heure où tombent les couronnes,
Comme à la fin des froids automnes,
Tombent les feuilles des forêts.
Louise Michel
Prison de Versailles, octobre 1871.

[…]

Comme s’étaient amoncelés les cadavres, on entassait les condamnations ; après le délire du sang, il y avait le délire des jugements. Versailles crut faire avec la terreur le silence éternel.

Des écrivains furent condamnés à mort pour des articles de journaux : ainsi Maroteau, condamné à mort pour des articles dans “La Montagne”.

La profession de foi de ce journal n’était que l’exact compte rendu des faits.

[…] Maroteau avait écrit dans le premier numéro de “La Montagne” : “J’ai fait le serment de Rousseau et de Marat : mourir s’il le faut, mais dire la vérité.” Cette vérité était qu’il était impossible dans les circonstances horribles créées par Versailles d’écrire comme d’agir autrement.

[…]

La dernière exécution à Satory eut lieu le 22 janvier 1873 : Philippe, membre de la Commune, Benot et Decendre, pour avoir participé à a défense de Paris par l’incendie des Tuileries.

ils tombèrent en criant : Vive la révolution sociale ! vive la Commune !

En septembre [1872] avaient été fusillés pour faits semblables, Lolive, Demvelle, et Deschamps : A bas les lâches ! crièrent-ils en tombant. Vive la république universelle !

Comme elle paraissait belle debout au poteau où l’on mourait pour elle.

Satory pendant ces deux ans but du sang pour que la terre en fût arrosée.

La Commune était morte, mais la révolution vivait. Cette incessante éclosion de tous les progrès, dans lesquels à chaque époque a évolué l’humanité, compose d’âge en âge, une forme nouvelle.

[…]

= = =

Extrait d’un appendice des mémoires de L. Michel, texte écrit par le Groupe de la Commune Révolutionnaire à Londres en juin 1874 :

Texte écrit et diffusé il y a donc 147 ans… Jugez plutôt de son incroyable actualité. Où en sommes-nous aujourd’hui ?… (Résistance 71)

“Dans la grande bataille engagée entre la bourgeoisie et le prolétariat, entre la société actuelle et la Revolution, les deux camps sont bien distincts, il n’y a de confusion possible que pour l’imbécilité ou la trahison.

D’un côté tous les partis bourgeois : légitimistes, orléanistes, bonapartistes, républicains, conservateurs ou radicaux ; de l’autre, le parti de la Commune, le parti de la révolution, l’ancien monde contre le nouveau.

Déjà la vie a quitté plusieurs de ces formes du passé et les variété monarchiques se résolvent, en fin de compte, dans l’immonde bonapartisme. Quant aux partis qui, sous le nom de république conservatrice ou radicale, voudraient immobiliser la société dans l’exploitation continue du peuple par la bourgeoisie, directement, sans intermédiaire royal, radicaux ou conservateurs, ils diffèrent plus par l’étiquette que par le contenu ; plutôt que des idées différentes, ils représentent les étapes que parcourra la bourgeoisie, avant de rencontrer dans la victoire du peuple, sa ruine définitive.

Feignant à croire en la duperie du suffrage universel, ils voudraient faire accepter au peuple ce mode d’escamotage périodique de la révolution ; ils voudraient voir le parti de la révolution, entrant dans l’ordre légal de la société bourgeoise, par là même cesser d’être, et la minorité révolutionnaire abdiquer devant l’opinion moyenne et falsifiée de majorités soumises à toutes les influences de l’ignorance et du privilège.

Les radicaux [libéraux] seront les derniers défenseurs du monde bourgeois mourant ; autour d’eux seront ralliés tous les représentants du passé, pour livrer la lutte dernière contre la Révolution. La fin des radicaux sera la fin de la bourgeoisie.

A peine sortis des massacres de la Commune, rappelons à ceux qui seraient tentés d’oublier que la gauche versaillaise, non moins que la droite, a commandé le massacre de Paris et que l’armée des massacreurs à reçu les félicitations des uns comme celles des autres. Versaillais de droite et Versaillais de gauche doivent être égaux devant la haine du peuple, car contre lui, toujours, radicaux et jésuites sont d’accord.

Il ne peut donc y avoir d’erreur et tout compromis, toute alliance avec les radicaux doivent être réputés trahison.

Plus près de nous, errant entre les deux camps, ou même égarés dans nos rangs, nous trouvons des hommes dont l’amitié, plus funeste que l’inimitié, ajournerait indéfiniment la victoire du peuple s’il suivait leurs conseils, s’il devenait dupe de leurs illusions.

Limitant plus ou moins les moyens de combat à ceux de la lutte économique, ils prêchent à des degrés divers l’abstention de la lutte armée, de la lutte politique.

Érigeant en théorie la désorganisation des forces populaires, ils semblent en face de la bourgeoisie armée, alors qu’il s’agit de concentrer les efforts pour un combat suprême, ne vouloir qu’organiser la défaite et livrer le peuple désarmé aux coups de ses ennemis.

Ne comprenant pas que la révolution est la marche consciente et voulue de l’humanité vers le but que lui assignent son développement historique et sa nature,  ils mettent les images de leur fantaisie au lieu de la réalité des choses et voudraient substituer au mouvement rapide de la révolution, les lenteurs d’une évolution dont ils se font les prophètes.

Amateurs de demi-mesures, fauteurs de compromis, ils perdent les victoires populaires qu’ils n’ont pu empêcher ; ils épargnent sous prétexte de pitié les vaincus ; ils défendent sous prétextes d’équité les institutions, les interdits d’une société contre lesquels le peuple s’était levé. Ils calomnient les révolutions quand ils ne peuvent plus perdre.

Ils se nomment communalistes.

Au lieu de l’effort révolutionnaire du peuple de Paris pour conquérir le pays entier à la république communeuse, ils voient dans la révolution du 18 mars un soulèvement pour des franchises municipales.

Ils renient les actes de cette révolution qu’ils n’ont pas comprise, pour ménager sans doute les nerfs d’une bourgeoisie dont ils savent si bien épargner la vie et les intérêts. Oubliant qu’une société ne périt que quand elle est frappée aussi bien dans ses monuments, ses symboles, que dans ses institutions et ses défenseurs, ils veulent décharger la Commune de la responsabilité de l’exécution des otages, de la responsabilité des incendies. Ils ignorent, ou feignent d’ignorer, que c’est par la volonté du Peuple et de la Commune, unis jusqu’au dernier moment, qu’ont été frappés les otages, les prêtres, les gendarmes, les bourgeois et allumés les incendies.

Pour nous, nous revendiquons notre part de responsabilité dans ces actes justiciers qui ont frappé les ennemis du Peuple, depuis Clément Thomas et Lecointe jusqu’aux dominicains d’Arcueil ; depuis Bonjean jusqu’aux gendarmes de la rue Haxo ; depuis Darboy jusqu’à Chaudey.

Nous revendiquons notre part de responsabilité dans ces incendies qui détruisaient des instruments d’oppression monarchique et bourgeoise ou protégeaient les combattants.

Comment pourrions-nous feindre la pitié pour les oppresseurs séculaires du peuple, pour les complices de ces hommes qui depuis trois ans célèbrent leur triomphe par la fusillade, la transportation, l’écrasement de tous ceux des nôtres qui ont pu échapper au massacre immédiat ?

Nous voyons encore ces assassinats sans fin, d’hommes, de femmes, d’enfants, des égorgements qui faisaient couler à flots le sang du peuple dans les rues, les casernes, les squares, les hôpitaux, les maisons. Nous voyons les blessés ensevelis avec les morts ; nous voyons Versailles, Satory, les pontons, le bagne, la Nouvelle-Calédonie. Nous voyons Paris, la France, courbés sous la terreur, l’écrasement continu, l’assassinat en permanence.

Communeux de France, Proscrits, unissons nos efforts contre l’ennemi commun ; que chacun, dans la mesure de ses forces, fasse son devoir !”

Le Groupe : La Commune révolutionnaire : Aberlen, Berton, Breuillé, Carné, Jean Clément, F. Cournet, Ch. Dacosta, Delles, A. Derouillis, E. Eudes, H. Gausseron, E. Gois, Léonce Luillier, P. Mallet, Marguerittes, Constant-Martin, A. Gouillé, E. Granger, A. Huguenot, E. Jouanin, Ledrux, A. Moreau, H. Mortier, A. Oldrini, Pichon, A. Pirier, Rysto, B. Sachs, Solignac, Ed. Vaillant, Varlet, Viard.

Londres, juin 1874.

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A lire aussi sur la Commune:

Pierre Kropotkine « La Commune de Paris »

Michel Bakounine « La Commune et la notion d’état »

Louise Michel : De la Commune à la pratique anarchiste

Marre

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De l’antagonisme à la complémentarité : Nietzsche et la tradition anarchiste 3ème partie

Posted in actualité, politique et social, philosophie, documentaire, politique française, militantisme alternatif, autogestion, résistance politique, terrorisme d'état, pédagogie libération, société des sociétés with tags , , on 20 mai 2021 by Résistance 71

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Emma Goldman & Nietzsche

Nous sommes en phase totale avec ce texte présentant l’analyse d’Emma Goldman sur la pensée de Nietzsche, qui, comme l’avait si bien dit Albert Camus : “Nous n’aurons jamais fini de réparer l’injustice qui lui a été faite [à Nietzsche]. On connaît sans doute des philosophies qui ont été traduites et trahies dans l’histoire. Mais jusqu’à Nietzsche et au national socialisme, il était sans exemple qu’une pensée tout entière éclairée par la noblesse et les déchirements d’une âme exceptionnelle ait été illustrée aux yeux du monde par une parade de mensonges et par l’affreux entassement des cadavres concentrationnaires.”
Plus on lit Nietzsche, et plus on trouve une grande continuité de valeurs entre sa pensée et l’anarchie. Nietzsche n’a jamais voulu se laisser enfermer dans ce qu’il voyaient comme un océan de dogmes politiques et religieux engluant la pensée et l’ingéniosité humaine en tout domaine, il a fustigé l’anarchie comme le reste, pour nous forcer à aller au delà et d’entrevoir les “ponts du surhumain”.
Dans la philosophie occidentale, il y a eu les pré-socratiques et Nietzsche, entre les deux, un océan de faux-sens, de tentatives et d’inepties. Depuis Nietzsche… c’est le vide intersidéral.
~ Résistance 71 ~

“L’État, c’est ainsi que s’appelle le plus froid des monstres froids et il ment froidement et le mensonge que voici sort de sa bouche: ‘Moi, l’État, je suis le peuple !’… Là où le peuple existe encore, il ne comprend pas l’État et il le hait comme un mauvais œil et comme un pêché contre les coutumes et les droits… L’État, lui, ment dans tous les idiomes du bien et du mal ; et quoi qu’il dise, il ment et ce qu’il possède il l’a volé. Tout est faux en lui, il mord avec des dents volées, lui qui mord si volontiers. Fausses sont même ses entrailles… ‘Sur Terre il n’est rien de plus grand que moi: je suis le doigt qui crée l’ordre, le doigt de dieu’, voilà ce que hurle ce monstre…”

“L’Église ? répondis-je, c’est une espèce d’État et c’en est l’espèce la plus mensongère. Cependant, tais-toi donc, chien hypocrite, mieux que personne tu connais ta propre espèce !

Tout comme toi, l’État est un chien hypocrite ; tout comme toi il aime à parler par fumée et hurlement afin de faire croire, tout comme toi, qu’en lui parle le ventre des choses. Car il veut à toute force, l’État, être l’animal le plus important sur terre ; et on le croit.”

~ Friedrich Nietzsche (Ainsi parlait Zarathoustra, 1883) ~

“ ‘En un ami, vous devez avoir votre meilleur ennemi’ dit Zarathoustra et Nietzsche prouve certainement être le meilleur ami et le pire ennemi de l’anarchisme.”
~ Max Cafard ~

De l’antagonisme à la complémentarité : Nietzsche et la tradition anarchiste

2ème partie

1ère partie

3ème partie

4ème partie

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“Nietzsche était un anarchiste” : Reconstruire les conférences d’Emma Goldman sur Nietzsche

Leigh Starcross

Extrait du livre “I am not a man, I am dynamite, Friedrich Nietzsche and the anarchist tradition”, 2004

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Mai 2021

Entre 1913 et 1917, Emma Goldman donna toute une série de conférences publiques à travers les Etats-Unis sur le sujet de Nietzsche et de sa philosophie ainsi que de l’importance de ses théories en termes de leur relation avec des sujets anarchistes contemporains. En tout, elle apparut durant cette période dans au moins vingt-trois conférences publiques, de Los Angeles à New York, parlant et discutant de la relation de la pensée de Nietzsche sur des thèmes comme l’athéisme, l’anti-étatisme et (étant donné le contexte de la première guerre mondiale), l’anti-nationalisme et l’anti-militarisme. Il semblerait donc que l’évaluation de Goldman sur Nietzsche soit sujet à archivage public et que nous n’aurions donc qu’à consulter les textes de ces conférences afin de s’assurer de la nature exacte de ses affirmations en ce qui concerne de la pertinence de Nietzsche sur l’anarchisme. Ce n’est malheureusement pas le cas. A cause de raids de police dans les bureaux du journal anarchiste “Mother Earth”, que Goldman co-éditait, tout matériel suspecté d’être séditieux ou d’endommager l’effort de guerre américain fut confisqué. Apparemment, Goldman elle-même (NdT: décédée en 1940) chercha des copies de ses conférences sans succès. Ainsi, les textes écrits de ses conférences furent perdus à la postérité.

Malgré cela, d’autres références existantes rendent possible de rassembler une cohérence de l’aspect fondamental de Nietzsche pour Goldman en termes de la constitution d’une praxis moderne anarchiste, tout autant que la dette quelle lui a reconnue tout en formant sa propre voie. De brèves références à Nietzsche sont éparpillées tout au long de ses essais, mais c’est son autobiographie “Living my Life” (publiée en 1930, bien des années après ses conférences), qui rend limpide l’influence formative de Nietzsche sur Goldman, une de celle qui a provoqué non seulement un élan intellectuel, mais aussi un impact sur sa vie personnelle. Survivants aussi furent des rapports contemporains, fournis aux journaux “Free Society” et “Mother Earth” concernant quelques unes des conférences sur Nietzsche. bien que frustrant dans leur narratif, ces rapports donnent quelques indications sur le contenu général et la teneur de ses conférences sur le sujet.

Lorsque combinés avec ses commentaires sur Nietzsche, à la fois dans son autobiographie et ses essais, ces comptes-rendus aident à fournir les seuls indices subsistants sur ce que Goldman avait à dire sur Nietzsche et sa philosophie dans ses conférences. Ce faisant, nous avons une bonne compréhension sur l’importance que le rôle de la pensée de Nietzsche puisse jouer dans la théorie et la pratique anarchistes, ce qui après tout, était le message que Goldman voulait si intensément faire passer.

Goldman date sa première rencontre avec le travail de Nietzsche à la période de son bref passage à Vienne durant les années 1895 et 1899 alors qu’elle étudiait là-bas pour être infirmière et sage-femme. Hors de ses études, elle visita aussi Londres et Paris où elle fit des conférences et participa à des réunions anarchistes clandestines, développant ainsi une réputation internationale dans le milieu révolutionnaire. C’est ainsi qu’elle rencontra des anarchistes déjà renommés comme Pierre Kropotkine, Louise Michel et Errico Malatesta ; mais son autobiographie rend évident le fait que les auteurs auxquels elle fut introduite durant ses lectures à cette période, Nietzsche étant l’un de ceux-ci, étaient aussi importants pour elle que le fait d’être une anarchiste.

Ceci fut lié à son insistance sur le fait que les choses de nature culturelle, la musique, le théâtre, la littérature, avaient des possibilités équivalentes en termes révolutionnaires que les choses de nature plus politique. Alors qu’elle était en Europe par exemple, à part les réunions anarchistes auxquelles elle participa, elle se rendit à des opéras de Wagner, vit des performances d’Eleonora Duse et se rendit à des conférences de Levy Bruhl et de Sigmund Freud. Elle découvrit aussi les travaux d’Henrik Ibsen, de Gerhardt Hauptmann, de von Hofmannstahl tout aussi bien que Nietzsche. Goldman loue particulièrement ces écrivains pour avoir “jeté leurs anathèmes contre les vieilles valeurs”, une action qu’elle trouvait tout à fait compatible avec l’esprit anarchiste.

De fait, ces noms comme ceux listés ci-dessus étaient parmi les plus en vogue dans l’avant-garde européenne de l’époque. Un intellectuel, écrivain ou artiste, afin de se considérer comme “moderne” et dans le ton du Zeitgeist (NdT: “l’esprit du temps” en allemand…), se devait d’être au fait avec leurs travaux. Nietzsche était embrassé par cette bohême de fin de siècle et particulièrement dans le monde germanophone, comme un grand exemple iconoclaste. Il semblait être un prophète appelant à dégager les débris et le poids d’un passé oppresseur, de sa moralité, de sa religion, de ses conventions et institutions. Et à la fin du XIXème siècle, ceci était associé avec le rejet de l’héritage et des traditions, du vieil ordre mondial, celui du “père” ; ce phénomène demeura jusqu’à la première guerre mondiale, plus notoirement avec les expressionnistes allemands.

En tant qu’anarchiste néanmoins, Goldman était particulière dans ses enthousiasmes et étant donné les deux facteurs additionnels d’être une femme et d’être juive, son intérêt dans Nietzsche est peut-être même remarquable. Quoi qu’il en soit, être culturellement dans son époque la rendit politiquement déphasée comme elle allait s’en rendre compte alors qu’elle essayait de partager son excitement au sujet de Nietzsche (“le plus entreprenant” des “jeunes iconoclastes”), avec l’anarchiste le plus proche d’elle à cette époque, Ed Brady. Elle lui écrivit de manière passionnée au sujet d’un Nietzsche représentant “le nouvel esprit littéraire de l’Europe” vantant “la magie de sa langue, la beauté de sa vision”. Mais “Ed, évidemment ne partagea pas ma ferveur pour le nouvel art… il insista pour que je ne fourvoie pas mes énergies dans de futiles lectures. Je fus très déçue, mais je me consolais de son appréciation de l’esprit révolutionnaire de la nouvelle littérature lorsqu’il avait la chance et l’opportunité d’en lire.

En Amérique, des années plus tard, serait constituait le même espoir de Goldman pour les audiences de ses conférences sur Nietzsche et pour d’autres anarchistes qui, comme Brady, ne pouvait pas comprendre comment la révolution devait être autant culturelle que politique. Pour Brady et leur relation, comme elle le découvrit rapidement, il n’y avait pas d’espoir. Ses idées politiques et littéraires étaient demeuraient “classiques” et comme tant d’autres anarchistes de cette époque, il ne pouvait pas voir ce que l’un avait à voir avec l’autre. Le passage de “Living my Life” qui décrit comment et pourquoi Goldman mit fin à sa relation avec Brady vaut la peine d’être cité parce qu’il illustre parfaitement la force de ses convictions concernant sa position à la fois comme anarchiste et comme “moderniste” :

Ce fut la faute de Nietzsche… Un soir… James Huneker était là ainsi qu’un de nos jeunes amis, P. Yelinek, un peintre de talent. Ils commencèrent à discuter de Nietzsche. Je pris part à la discussion, exprimant mon enthousiasme sur ce grand philosophe-poète et sur l’influence de sont travail sur moi. Huneker fut surpris, ‘je ne savais pas que tu t’intéressais à autre chose que la propagande.’ remarqua t’il.

“C’est parce que tu ne comprends rien à l’anarchie”, répliquais-je, “autrement, tu comprendrais qu’elle embrasse chaque phase de la vie, chaque effort et qu’elle affaiblit les vieilles valeurs désuètes.” Yelinek déclara qu’il était anarchiste parce qu’il était artiste et que toute personne créative se devait d’être anarchiste, car il y avait besoin de sens et de liberté pour leur expression. Huneker insista que l’art n’avait rien à voir avec quelque “-isme” que ce soit. “Nietzsche lui-même en est la preuve.” argumenta t’il. “c’est un aristocrate, son idée est celle du super homme parce qu’il n’a aucune sympathie ni aucune confiance dans la masse des gens.” J’ai fait remarquer que Nietzsche n’était pas un théoricien social mais un poète, un rebelle et un innovateur. Son aristocratie n’était en rien de naissance ou de bourse mais d’esprit. A cet égard, Nietzsche était un anarchiste et tous les vrais anarchistes sont des aristocrates de l’esprit, ai-je dit.

Ici, Goldman défend les concepts de Nietzsche et leur importance face à l’incompréhension, comme elle le fera plus tard dans ses essais et ses conférences. La réponse de Brady est l’exemple typique de la résistance avec laquelle elle était devenue familière :

Nietzsche est un fou, un homme à l’esprit malade. Il était voué à la naissance à cette idiotie qui l’a finalement dominé. Il sera oublié dans moins de dix ans tout comme  tous ces pseudos-modernes. Ils ne sont que des contorsions futiles comparés à la grandeur du passé.

Dans sa fureur au sujet de cet incident, Goldman décida de quitter Brady : “Tu es enraciné dans le vieux. Très bien, restes-y ! Mais n’imagine pas un seul instant que tu vas m’y enchaîner. Je vais me libérer même si cela signifie que je doive t’arracher de mon cœur.” De manière évidente, pour Goldman, la tache nietzschéenne de la transmutation de toutes les valeurs était quelque chose qu’elle avait passionnément à cœur. Afin de réaliser un projet à la fois “moderniste” et anarchiste, elle avait la volonté de questionner et / ou de rejeter toute chose l’en empêchant même si cela lui coûtait à titre personnel.

Suivant immédiatement cet épisode, Goldman s’embarqua dans une tournée de conférences arrangée par le cercle anarchiste évoluant autour du journal “Free Society”. A ce titre, elle présenta un discours à Philadelphie en février 1898 intitulé “La base de la moralité”, dans lequel elle citait Nietzsche argumentant contre l’oppression des systèmes moraux et légaux totalisant. Le journal fit un rapport de ses commentaires : “La camarade Goldman a maintenu que toute moralité est dépendante de ce qui est connu à tout moraliste en tant que “conception matérialiste”, c’est à dire, l’ego. Elle a dit être en accord parfait avec Nietzsche et son “Crépuscule des idoles” lorsqu’il écrivit que “notre morale présente est une particularité dégénérée qui a causé un mal indicible.

Citant aussi Kropotkine et Lacassagne, Goldman “refusa à l’église ou à l’État un droit quelconque de cadrer un code moral ou éthique à être utilisé comme base fondamentale de l’action morale.” Cette tactique de placer des références politiques côte à côte avec d’autres littéraires est typique du discours de Goldman et une preuve de sa croyance que l’expression artistique pourrait bien donner une inspiration et une vision révolutionnaires équivalente ou même supérieure que les tracts plus ouvertement politiques.

Dans ses essais postérieurs, Goldman attribua une influence plus profonde à l’art et à la littérature plutôt qu’à la propagande, c’est à dire le discours politique pur et dur. En publiant le mensuel anarchiste “Mother Earth” à partir de 1906, elle espéra fournir en partie un forum de discussion pour la théorie tout en présentant “un art socialement significatif”. Cette attitude trouve sa plus claire expression dans sa préface de 1911 d’”Anarchisme et autres essais”.

Ma grande foi en ce travailleur merveilleux, en la parole dite, n’existe plus. J’ai compris son inefficacité pour éveiller la pensée ou même l’émotion. Graduellement, j’en suis venue à voir que la propagande verbale est au mieux un moyen de secouer les gens de leur léthargie : elle ne laisse aucune impression durable… Il en va tout autrement avec le mode écrit de l’expression humaine… C’est totalement différent avec le mode écrit de l’expression humaine… La relation entre l’écrivain et le lecteur est bien plus intime. Il est vrai que les livres ne sont que ce que nous voulons qu’ils soient, plutôt ce que nous lisons en eux. Que nous puissions le faire démontre l’importance de l’écrit sur l’expression orale.

Pour ces raisons, Emma Goldman réitère continuellement que les modes d’expression choisis par Nietzsche, poétique, littéraire, visionnaire même, sont aussi fondamentalement importants que le contenu qu’ils colportent. Son expression représente une vision importante concernant les limites du discours politique et une qui est toujours signifiante aujourd’hui.

Encore et toujours, dans ses essais et ses conférences, on peut trouver Goldman défendant les concepts nietzschéens de la même manière qu’elle le fit face à Brady et ses préjugés persistants. Elle était très avide de clarifier certaines mauvaises compréhensions au sujet des idées de Nietzsche qui circulaient juste avant la première guerre mondiale et l’entrée en guerre des Etats-Unis (1917), des mauvaises interprétations auxquelles vinrent plus tard s’ajouter celles des nazis, longtemps après que le philosophe ait cessé d’être une force guide parmi les intellectuels et les artistes. Ces mauvaises compréhensions et interprétations concernent essentiellement le concept très connu et controversé de Nietzsche, celui du “surhomme, surhumain”, ainsi que ses idées concernant un type “aristocratique” d’individualisme, que Goldman voyait proche de Stirner. Ainsi, elle exprime sa frustration lorsque confrontée avec de mauvaises lectures et compréhensions ignorantes de Nietzsche :

La tendance la plus commune et la plus frustrante parmi les lecteurs [de Nietzsche] est de retirer une phrase de son contexte et la prendre comme le critère des idées de l’auteur ou de sa personnalité. Friedrich Nietzsche par exemple, est critiqué pour détester les faibles parce qu’il croit au surhomme. Il ne vient pas à l’esprit de ces interprètes superficiels de ce géant de la pensée que la vision même du surhomme appelle aussi à une société qui ne donnera pas naissance à des êtres faiblards ou esclaves.

Elle poursuit en pourfendant “la même attitude étriquée” qui réduit la marque d’individualisme de Stirner à la formule sortie de son contexte “chacun pour soi, le diable prend le dernier”.

De la même manière, en promulguant l’athéisme au lieu du christianisme (ou du judaïsme qu’elle a rejeté plus tôt), Goldman fonde sa position antinomique de l’individualisme de Stirner et de Nietzsche, qui ont dit-elle “pris en compte de trans-évaluer les valeurs morales sociales défuntes du passé.” Les deux philosophes affirme t’elle s’opposaient au christianisme parce que :

Ils ont vu en lui une pernicieuse morale d’esclave, le déni de la vie, le destructeur de tous les éléments qui donnent force et caractère. Vrai, Nietzsche s’est opposé à la morale d’esclave, à son idée inhérente au christianisme pour une morale maîtresse pour les quelques privilégiés. Mais je m’aventure à suggérer que cette idée maîtresse n’avait rien à voir avec la vulgarité de position, de caste ou de richesse. Elle voulait plutôt dire ce qui était la maîtrise des capacités et des possibilités humaines, ce qu’il y a de plus achevé dans l’humain qui l’aiderait à surmonter les vieilles traditions et les valeurs éculées afin qu’il puisse apprendre à devenir le créateur de choses nouvelles et belles.

Ces préoccupations sont réitérées dans la série de conférences suivante de Goldman entre 1913 et 1917. Beaucoup de ses conférences pendant ces années furent spécifiquement sur Nietzsche ou sur des sujets directement liés. Bien que ces textes de conférence n’existent plus, cela apparaît de temps en temps au travers d’expressions qui ont pu être identiquement présentées dans les conférences, bien que les titres furent parfois changés pour une audience particulière ou pour les actualiser. Par exemple, en de multiples occasions, elle s’adressa à son audience sur le sujet de “Nietzsche, la tempête intellectuelle au centre de l’Europe”, “Friedrich Nietzsche, la tempête intellectuelle centre de la grande guerre” ou “Nietzsche et l’empereur allemand”.

Ces conférences, combinées avec ses autres activités anti-conscription et anti-guerre, eurent éventuellement pour résultat, en 1917 (l’année de l’entrée en guerre des Etats-Unis), son arrestation avec Alexandre Berkman sur chef d’inculpation de “conspiration” et d’obstruction à la conscription ; ils furent tous deux déportés vers la Russie nouvellement “communiste”. D’autres choses impliquées dans cette série de conférences furent la signification de la pensée de Nietzsche sur un nombre varié  de préoccupations anarchistes : l’individualisme, l’athéisme, l’anti-étatisme et l’anti-moralisme. Le reste, bien que non directement lié à Nietzsche, voit le désir de Goldman d’avoir une discussion informée sur les questions sociales comme le suffrage des femmes, la contraception, l’amour libre, le temps dans un concept stirno-nietzschéen d’individualisme. Comme elle le dit elle-même : “Mon manque de confiance dans la majorité est dicté par ma confiance dans les potentialités de l’individu. Seul, et lorsque ce dernier devient libre de choisir ses associés pour un but commun, pouvons-nous espérer avoir l’ordre et l’harmonie dans ce monde de chaos et d’inégalité.

Le 25 juillet 1915 à San Francisco, Emma Goldman délivra son discours sur “Friedrich Nietzsche, la tempête intellectuelle centre de la grande guerre”, l’essentiel étant publié dans “Mother Earth”. Il est évident que Goldman fut de nouveau confrontée à de multiples mauvaises interprétations menant à des accusations contre la pensée du philosophe, incluant l’accusation disant que “l’homme qui s’est fait l’avocat de ‘la volonté de puissance’ devrait être tenu pour responsable du carnage se déroulant en Europe.” Le journal “Mother Earth” relate la manière dont Goldman gérait de manière générale ces fausses assertions : “Mlle Goldman fit remarquer que le ’surhomme’ de Nietzsche, s’il émergeait, devra émerger d’une conception révisée des standards actuels… Il a cité “Ainsi parlait Zarathoustra” de Nietzsche pour montrer son attitude envers le modèle débile et uniforme que nous nommons “aristocratie”… Personne ayant entendu Mlle Goldman et son interprétation ne peut mettre Nietzsche sur la liste d’aspiration à courte vue. Elle a clairement expliqué qu’il se tenait à un niveau de profondeur qu’il est difficile aujourd’hui de mesurer et que ceux qui disputent ce fait démontrent clairement qu’ils ne comprennent pas Friedrich Nietzsche.

Goldman fit une remarque similaire dans un essai non daté “La jalousie : causes et cure possible” :

Nietzsche, philosophe par delà le bien et le mal, est maintenant dénoncé comme le perpétrateur de la haine nationale et de la destruction par mitrailleuse, mais seuls les mauvais lecteurs et les mauvais élèves l’interprètent de la sorte. “Par delà le bien et le mal” veut dire au-delà du jugement, de l’accusation, du meurtre etc. Cet écrit ouvre devant nos yeux une vista dont la toile de fond est l’assertion individuelle combinée avec la compréhension de tous les autres qui sont le plus assurément différents de nous.

“Mother Earth” rapporte aussi sur une conférence donnée à Philadelphie en 1915 et intitulée : “Friedrich Nietzsche  l’œil du cyclone intellectuel de l’Europe” dans lequel Goldman prend encore ce sujet à bras le corps. Le journal commente :

En ce moment, Nietzsche donne une excuse à des nations et des individus (qui ne le lisent pas et ne le comprendraient du reste pas s’ils le faisaient) pour toute forme de brutalité sans pitié égoïste et de veulerie sans nom. “Je suis nietzschéen” est avancé au bout de bien des actions égoïstes ; mais pour une interprétation synthétique du véritable Nietzsche et pour un exposé sur sa philosophie, on écoute Emma Goldman en silence.

Que ce sujet soit aussi vu comme un sujet d’expertise de Goldman est aussi bien apparent dans le commentaire du journaliste : “C’est dans cette conférence plus encore que dans les autres que Mlle Goldman nous donne une partie d’elle-même. Il est très rare, si cela arrive même, qu’un conférencier soit plus en harmonie avec son sujet.

Et Goldman était plus que capable d’harmoniser son sujet favori avec n’importe lequel des évènements important du moment, quelques soient les problèmes ou les débats que l’époque mettait en avant. Pourtant, elle ne sautait jamais dans un train en marche. On avait toujours le sens que Goldman maîtrisait son propre agenda et déterminait ses propres priorités en termes de praxis anarchiste. Dans ses conférences et ses essais, on assistait à un savant mélange d’individualisme nietzschéen et de communisme kropotkinien, ce qui rendait sa pensée très distincte. C’est ceci qui lui permet de promouvoir la primauté de l’individu et de son autonomie tout en s’intéressant simultanément aux problèmes sociaux, à ceux des femmes, de l’enfance, de l’éducation, des relations entre les sexes.

Mais c’est son insistance sur le fait que le soi autonome ne doit jamais être sacrifié au profit du collectif qui rend la pensée de Goldman décalée par rapport au communisme ou socialisme ou même un certain type d’anarchisme comme le syndicalisme, qui ne voient que la masse des travailleurs que sous une lumière révolutionnaire. En cela, et comme toujours, Nietzsche fut son exemple : Friedrich Nietzsche appela l’État un monstre froid. Comment aurait-il appelé la bête hideuse vêtue de l’habit de la dictature moderne ? Non pas que le gouvernement ait jamais laissé libre-court à l’individu, mais les champions de la nouvelle idéologie d’état ne lui donne rien de plus. ‘L’individu n’est rien”, déclarent-ils, “seul le collectif compte”. Rien de moins que la capitulation totale de l’individu ne satisfera l’appétit de la nouvelle déité.

Mais Goldman avait aussi du mal à distinguer ce qu’elle nommait “l’individualité” de l’idéologie dominante américaine et son concept chéri “d’individualisme rugueux”. Ce dernier qu’elle rejette comme “n’étant qu’une tentative masquée de réprimer et de vaincre l’individu et son individualité”, une doctrine qui représente “tout l’individualisme pour les maîtres tandis que les gens sont régimentés dans une caste d’esclave pour servir une poignée supermen auto-proclamés.” Un thème similaire aurait bien pu être le sujet de sa conférence donnée à New York en mai 1917 et intitulée “L’État et ses puissants opposants : Friedrich Nietzsche, Max Stirner, Ralph Waldo Emerson, David Thoreau et autres”.

En tant qu’anarchiste qui était simultanément russe (lithuanienne), allemande et femme émigrée juive parlant le yiddish, la pensée de Goldman était clairement intellectuellement, culturellement et linguistiquement distincte de celle du radicalisme américain tel qu’il était pratiqué par des gens comme Benjamin Tucker, l’héritage américain de la contestation et de la dissidence dérivant son caractère d’une combinaison de protestantisme, d’individualisme emeronien et thoreuiste et de démocratie jeffersonienne ; des philosophies et points de vue auxquels l’anarchisme de Goldman ne devait vraiment pas grand chose. Comme d’autres émigrés européens du milieu anarchiste où elle évoluait, elle avait laissé le passé du vieux monde derrière elle, seulement pour se retrouver sans racines dans le nouveau monde. De la même façon, sa philosophie politique avait des origines autres que celles de la tradition radicale de ceux nés aux Etats-Unis. Goldman reformulait le concept du soi de Stirner et le communisme de Kropotkine et les combinait avec le projet nietzschéen de la transmutation de toutes les valeurs, appliquant le mélange résultant à un contexte socio-culturel américain.

Si l’attention combinée de Goldman sur l’individualisme et le social est inhabituel, l’est aussi son intérêt du temporel tout en valorisant l’intemporel, le déphasé. Bien qu’elle partagea un intérêt commun pour Nietzsche avec bon nombre de ses contemporains, elle le fit dans un sens plutôt différent. Pour les intellectuels de cette fin de siècle ou les expressionnistes du début du XXème siècle, par exemple, le surhumain de Nietzsche représentait la supériorité du génie créatif sur les conventions du commun ou l’idéologie bourgeoise. Quelques artistes et écrivains allemands, bien que s’opposant à l’ancien ordre mondial de l’état et de ses institutions décrépites, allèrent même jusqu’à encenser la première guerre mondiale, au début du moins, comme étant une instance de la supposée destruction nietzschéenne de laquelle naîtrait un nouveau monde, libre de toutes contraintes traditionnelles et de l’histoire.

Ceci représente bien sûr exactement le type d’approche erronée sur la philosophie de Nietzsche que Goldman combattit toujours et qui n’est en rien compatible avec l’esprit général de la pensée du philosophe, ni avec l’anarchisme. Ce, parce que Goldman lit Nietzsche, non pas comme quelqu’un ayant pour préoccupation de rester en accord avec le Zeitgeist, ou pour juste rester “moderne”, mais plutôt, en tout premier lieu, en tant qu’anarchiste. C’est ça qui sépare sa lecture de Nietzsche de la grande majorité de ses contemporains, elle remarque du reste :

“Les artistes “arrivés” sont des âmes mortes à l’horizon intellectuel. Les esprits intrépides et sans compromis n’”arrivent” jamais. Leur vie représente une bataille sans fin contre la stupidité et l’ennui de leur temps. Ils doivent demeurer ce que Nietzsche qualifie “déphasés”, parce que tout ce qui pousse pour une nouvelle forme, une nouvelle expression ou de nouvelles valeurs est toujours condamné à être déphasés.

Ainsi, tout en s’engageant avec des tendances contemporaines de contre-culture et adressant des problèmes sociaux et politiques qui étaient très en vogue, les conférences de Goldman sur Nietzsche, dans l’esprit même du philosophe, visent apparemment à délivrer des messages déphasés. Ceci, pour Goldman, représente le but continu de l’anarchisme, une introspection qui permet parfaitement de considérer son affirmation de ce que : “Nietzsche était un anarchiste.”

APPENDIX: La chronologie des conférences d’Emma Goldman sur Nietzsche

1913

April 25, 5 PM: the Women’s Club, and 8 PM: Howe Hall, Denver. Scheduled to present the opening lecture in a series on Nietzsche. 

April 26, 5 PM: Women’s Club, and 8 PM: Normal Hall, Denver. Scheduled to give lecture on Nietzsche. 

April 28, 5 PM Women’s Club, and 8 PM: Howe Hall, Denver. Scheduled to give talk on Nietzsche. 

April 25: Women’s Club, Denver. Scheduled to give lecture on Nietzsche. 

April 30, 5 PM: Women’s Club, 8 PM: Howe Hall, Denver. Scheduled to present a paper on Nietzsche. 

May 1: Women’s Club, Denver. Scheduled to give lecture on Nietzsche. 

June 8: Jefferson Square Hall, San Francisco. “The Anti-Christ Friedrich Nietzsche: Powerful Attack Upon Christianity.” 

June 15: Mammoth Hall, Los Angeles. “Friedrich Nietzsche, The Anti-Governmentalist.” 

July 20: Jefferson Square Hall, San Francisco. “Friedrich Nietzsche, The AntiGovernmentalist.” 

November 23: Harlem Masonic Temple, New York City. “Friedrich Nietzsche, The Anti-Governmentalist.” 

November 30: Harlem Masonic Temple, New York City. “Beyond Good and Evil.” 

December 21: Harlem Masonic Temple, New York City. “The Anti-Christ: Friedrich Nietzsche’s Powerful Attack on Christianity.”

1915

March 21: Harlem Masonic Temple, New York City. “Nietzsche, the Intellectual Storm Center of the Great War.” 

May 30: Marble Hall, Denver. “Friedrich Nietzsche, the Intellectual Storm Center of the European War.” 

July 25: Averill Hall, San Francisco. “Nietzsche, the Intellectual Storm Center of the War.” 

August 3: Turn Hall, Portland, Oregon. “Nietzsche and War.” Date unknown, Philadelphia: “Friedrich Nietzsche, the Intellectual Storm Center of Europe.” 

November 16: Turner Hall, Detroit, Michigan. “Friedrich Nietzsche, the Intellectual Storm Center of the European War.” 

December 2: Fine Arts Theatre, Chicago, Illinois. “Nietzsche and the German Kaiser.”

1916

February 13: Harlem Masonic Temple, New York City. “Nietzsche and the German Kaiser.” 

March 23: Arcade Hall, Washington, D.C. “Nietzsche and the German Kaiser.” 

March 28: Conservatory of Music, Pittsburgh. “Friedrich Nietzsche, the Intellectual Storm Center of the Great War.” 

June 15: Burbank Hall, Los Angeles. “Friedrich Nietzsche and the German Kaiser.” 

July 21: Averill Hall, San Francisco. “Friedrich Nietzsche and the German Kaiser.”

1917

May 20: Harlem Masonic Temple, New York City. “The State and Its Powerful Opponents: Friedrich Nietzsche, Max Stirner, Ralph Waldo Emerson, David Thoreau and Others”; scheduled to give talk on Nietzsche.

Information provided by Emma Goldman Papers Project, University of California at Berkeley.

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“Obéir, non ! Et gouverner ? Jamais !”

~ F. Nietzsche (Le gai savoir #33) ~

Notre page : “Friedrich Nietzsche, l’intégrale en PDF”

“Oui, il a été inventé là une mort pour les multitudes, une mort qui se vante d’être la vie: en vérité un fier service rendu à tous les prédicateurs de mort. J’appelle État le lieu où sont tous ceux qui boivent du poison, qu’ils soient bons ou méchants… État le lieu où le lent suicide de tous s’appelle… la vie.”

“Là où cesse l’État, c’est là que commence l’Homme, celui qui n’est pas superflu : là commence le chant de ce qui est nécessaire, la mélodie unique et irremplaçable. Là où cesse l’État — regardez donc mes frères ! Ne les voyez-vous pas, l’arc-en-ciel et les ponts du surhumain ?”

~ Friedrich Nietzsche, “De la nouvelle idole” ~

“Emma Goldman est nietzschéenne car elle pense que l’individu vaut, par ses potentialités, davantage que les masses. L’affection inconditionnelle qu’elle porte à Nietzsche, ou du moins, à son œuvre, ferait probablement d’elle l’une des chefs de file de l’anarcho-nietzschéisme.”
~ Max Leroy, “Dionysos au drapeau noir”, 2014 ~

Friedrich Nietzsche sur Résistance 71
L’intégrale en PDF

Nous conseillons de lire cette analyse avant même d’entreprendre la lecture de Nietzsche :

Albert Camus : Réflexion sur la philosophie de Nietzsche

et celle du grand spécialiste et traducteur de Nietzsche Georges-Arthur Goldsmidt :

G.A Goldsmidt : Analyse de la philiosophie de Nietzsche et de son « Ainsi parlait Zarathoustra »

Lecture complémentaire :

Du chemin de la société vers son humanité réalisée (Résistance 71)

EG2
Emma Goldman

Science marchande… Pfizer multirécidiviste du mensonge et de la corruption…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, coronavirus CoV19, crise mondiale, désinformation, documentaire, guerres hégémoniques, média et propagande, OGM et nécro-agriculure, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, santé, santé et vaccins, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologie, société des sociétés, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , on 20 mai 2021 by Résistance 71

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Avec la clique associée des Moderna, AstraZeneca, Johnson & Johnson et autres pourritures de la science marchande falsifiée, pas loin derrière dans leurs activités de lobbying et de tromperie généralisée. Ici l’objectif est double, la règle du 2 en 1 :

  • Engranger le fric dans un marché organisé comme un véritable racket international en bande organisée et..
  • Cocher les cases de l’agenda eugéniste de réduction de la population mondiale

Nous devons considérer et admettre une fois pour toute une vérité terrifiante mais bien réelle qui est celle-ci :
L’industrie pharmaceutique, en tant qu’industrie marchande dont le seule fonction est de rémunérer des actionnaires veules et imbéciles, n’a aucun intérêt à guérir les gens de quoi que ce soit. De fait, elle doit les rendre de plus en plus malades pour assurer une rente perpétuelle avant de finit le boulot en achevant les patients criblés de maux dérivés d’effets secondaires souvent dévastateurs. Nous irons même plus loin : cette industrie doit contrôler l’amont et l’aval  des maladies c’est à dire les créer et les « traiter ». Tout n’est que gestion de pathologies servant le double but du profit et de la réduction de la population mondiale selon un dogme néo-malthusianisme bien ancré dans la populace milliardaire « d’élites » auto-proclamées. Ce n’est pas un hasard si l’industrie pharmaceutique n’est en fait qu’une branche de l’industrie chimique… La seconde rend les gens malades dans un environnement de plus en plus toxique et la première, succursale de la seconde, engrange les profits sur une ligne thérapeutique chimérique et lucrative sous la forme d’une rente à vie avant de bien achever les bêtes de somme.
Simple et efficace. Ça l’est d’autant plus que nous les laissons faire, hypnotisés que nous sommes par le miroir aux alouettes de la « science » projeté à grand renfort d’effets de manches de blouse blanche portées par des scientifiques essentiellement (mais pas exclusivement…) véreux, vendus aux dieux du fric et de la gloriole.

Il est temps de sortir de l’hypnose généralisée et de reprendre les affaires médicale (et scientifiques) en main pour redonner à la science sa fonction humaine. La science, en tout domaine, a été détournée au profit de ce double agenda depuis au moins 70 ans, voire plus si l’on considère la récupération de la médecine américaine par l’industrie pétrochimique des Rockefeller entre 1910 et 1916. Si l’on veut en sortir, il faut sortir de la relation toxique état-marchandise-argent-salariat et transformer radicalement notre société pour que surgisse enfin toute notre humanité réalisée.
Tout le reste n’est que pisser dans un violon !

~ Résistance 71 ~

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Nous ne devrions pas accorder notre confiance à des laboratoires pharmaceutiques condamnés et multirécidivistes comme Pfizer

Le média en 442

13 mai 2021

url de l’article orignal:
https://lemediaen442.fr/nous-ne-devrions-pas-accorder-notre-confiance-a-des-laboratoires-pharmaceutiques-condamnes-et-multi-recidivistes-comme-pfizer/

Une chose étonne dans la gestion de la crise sanitaire, c’est le choix de faire appel, avec le minimum de garanties, à des laboratoires pharmaceutiques multi-condamnées pour assurer les solutions médicales ou logistiques. Amendes record pour Pfizer ou Johnson & Johnson, idem pour Mc Kinsey dans des cas de scandales sanitaires de grande ampleur. Et visiblement, rien ne semble affecter la confiance que leur portent les dirigeants, totalement soumis aux conseils et aux conditions des maîtres lobbyistes en chef.

Pfizer

La firme américaine est à l’origine du vaccin à ARN messager, prouesse technologique saluée par tous et devrait, grâce à ce seul produit, engranger 15 milliards de dollars de recettes cette année.

Pfizer s’attend par ailleurs à dégager sur ce produit une marge avant impôt de 25% à 30%, selon un communiqué publié le 2 février.

À Bruxelles, la firme emploie de deux à cinq personnes qui peuvent aller et venir au sein des institutions et dépense environ 900 000 euros en lobbying. Et à Washington, les dépenses en lobbying de la firme se montent à 11 millions de dollars pour 2020.

Connaissez-vous l’affaire du virus synthétique de Pfizer?

En avril 2010, un jury fédéral américain (US District Court de Hartford) a accordé 1,37 million de dollars de dommages-intérêts à une ancienne scientifique de Pfizer, Becky McClain,  une biologiste moléculaire, qui a affirmé avoir été contaminée par un virus génétiquement modifié dans un laboratoire de l’entreprise, puis renvoyée pour avoir soulevé des problèmes de sécurité.

Le jury a jugé que Pfizer avait violé les lois protégeant la liberté d’expression et les lanceurs d’alerte en lançant des représailles à l’encontre de Mme McClain, qui a travaillé pour l’entreprise de 1996 à 2005.

« Lorsque je me suis opposé à Pfizer dans une bataille juridique en tant que lanceuse d’alerte pour la sécurité dans les laboratoires de biotechnologie, l’immense réseau de relations économiques et politiques de Pfizer était son plus puissant défenseur contre moi et contre la santé et la sécurité publiques.»

«Par exemple, la Division de la santé au travail de l’Université de Yale, sans aucune justification pour étayer ses affirmations, a envoyé une lettre à mon médecin indiquant que le lentivirus auquel j’ai été exposé chez Pfizer «est incapable de provoquer des maladies». Quand j’ai découvert cela, j’étais indignée ! Le lentivirus était en effet dangereux; les preuves publiées plus tard sur le lentivirus ont confirmé que ce virus pouvait infecter les humains et qu’il était conçu pour attaquer les gènes humains. J’ai appris plus tard que Pfizer donnait à Yale une somme substantielle.»

«Pfizer a infiltré de nombreuses agences gouvernementales et autres structures de pouvoir pour arrêter tous les lanceurs d’alerte. Le seul espoir que nous ayons est d’amener notre gouvernement à nous accorder le pouvoir de riposter. Cette bataille a besoin de plus de soutien public et j’espère que mon histoire pourra inciter les gens à se joindre à nous dans cette lutte.»

Le jugement a été confirmé en appel en décembre 2012.

Autre scandale de grande ampleur, celui de la trovafloxacine, médicament contre la méningite

Pfizer a été accusé d’avoir pratiqué un essai clinique sur son antibiotique Trovan (trovafloxacine) en 1996 sur plusieurs centaines d’enfants et nourrissons lors d’une épidémie de méningite et de rougeole dans l’Etat nigérian de Kano (nord). Le test de la trovafloxacine, médicament contre la méningite sur 200 enfants avait provoqué la mort de 11 enfants et handicapé de nombreux autres.

Pfizer avait alors affirmé que le Trovan “avait aidé à sauver des vies”.

En juillet 2009, après deux ans de bataille juridique, Pfizer et l’Etat de Kano avaient annoncé un accord à l’amiable de 75 millions de dollar.

Mais les familles des victimes, via le cabinet d’avocats Streamsowers & Kohn, ont rejeté l’offre initiale de dédommagement car les tests ADN menés par Pfizer pour savoir qui avait droit à des compensations n’étaient pas menés de manière indépendante.

Finalement, en 2011, la firme a négocié un accord à l’amiable pour mettre un terme aux poursuites de familles nigérianes qui l’accusaient d’avoir testé son antibiotique sans autorisation sur leurs enfants. Le montant de l’accord n’a jamais été communiqué.

Vous en voulez encore ? Une amende record ?

En 2009, Pfizer a été contraint de verser une amende historique de 2,3 milliards de dollars aux autorités américaines.

Pfizer était poursuivi pour pratiques commerciales abusives concernant un médicament contre l’arthrite retiré du marché pour raison de santé publique, le Bextra et trois autres traitements: le Zyvox (infections bactériennes), le Geodon (troubles bipolaires et schizophrénie) et le Lyrica (troubles nerveux).

Selon les avocats du cabinet Kenney Egan McCafferty & Young : “Pfizer a ciblé des pédiatres et des adolescents pour étendre la commercialisation du Geodon”, alors que “la FDA a validé le Geodon pour une population de 18-65 ans”. “Pfizer a aussi régulièrement versé des commissions à ces médecins pour enfants pour qu’ils fassent des présentations promotionnelles à leurs pairs sur les bienfaits du Geodon”.

La sanction pécuniaire était assortie d’une mesure de surveillance du laboratoire par les autorités américaines pendant cinq années.

Et concernant le vaccin actuel, Pfizer entend bien réaliser des profits records !

Il est “de plus en plus probable” que le vaccin contre le Covid-19 représentera une source régulière de revenus, comme pour la grippe, avait annoncé le PDG Albert Bourla lors d’une conférence, estimant qu’il faudra des rappels réguliers pour maintenir un niveau d’immunité satisfaisant dans l’ensemble de la population et contrer « la menace de nouveaux variants ».

La recherche et le développement ont été en grande partie financés par des fonds publics et l’Union européenne, tout comme les États-membres assument également le risque commercial et le risque financier en cas de vices cachés !

Un haut responsable de la Commission européenne l’a confirmé au journal Le Monde : « Les entreprises avaient une demande très forte de n’être responsables de rien du tout. Elles voulaient le même genre de clause qu’aux Etats-Unis. » Et dans les deux contrats rendus partiellement publics, on peut lire que les Etats membres participants s’engagent « à indemniser et dégager de toute responsabilité » le laboratoire en cas de recours de tiers.

Astra Zeneca, Johnson & Johnson, Mc Kinsey et bien d’autres n’échapperont pas à des rappels utiles de leur passé judiciaire et de leurs activités de lobbying.

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Nos pages : “Coronavirus, guerre contre l’humanité” et “COVID-19 du mythe aux stats et des stats au scandale”

A lire aussi : « Injection COVID Pfizer, la Rolls Royce des poisons ? »

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