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Gilets Jaunes et lutte sociale syndicale… Une lecture de la situation

Posted in actualité, altermondialisme, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, Social & Retraite, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 14 décembre 2019 by Résistance 71

 

Les syndicats face aux Gilets Jaunes

 

Louis Alexandre

 

Janvier 2019

 

Source: https://rebellion-sre.fr/les-syndicats-face-aux-gilets-jaunes/

 

Depuis les années 1990, nous vivons une transformation sociale sans précédente. Le glissement progressif vers le modèle libéral mondialisé a transformé les structures de l’économie et les équilibres sociaux. Cela a eu une répercutions directe sur l’environnement syndical ; la baisse régulière des effectifs des grandes centrales et de la participation aux élections professionnelles donne une idée du naufrage. Avec un des taux de syndicalisation les plus bas d’Europe (à peine 11% des employés sont syndiqués selon les sources officielles), les syndicats ne représentent plus une large majorité de travailleurs précaires et en voie « d’uberisation ». A peine 1% des intérimaires et 2% des CDD sont syndiqués, alors que 20 % des fonctionnaires le sont (cette forte représentativité est largement due aux enseignants qui utilisent les syndicats de manière très pratique dans leur évolution de carrière). Le gros des bataillons se regroupant dans le public ou les grandes entreprises, on ne les retrouve pas forcément sur les terrains sociaux chauds.

Les directions syndicales ont compris cette faiblesse et cherchent désormais à maintenir leur rôle de « partenaires sociaux représentatifs ». Le repli sur la cogestion des organismes de la protection sociale garantie par le système paritaire (État, patronats et syndicats étant représentés dans la direction des principales administrations de l’aide sociale) est pour eux le moyen de conserver cette armada de « permanents » et de « détachés » qui offrent des troupes mobilisables alors que les effectifs décroissent. Ce rôle de partenaire s’incarne dans le renforcement des négociations collectives au niveau de l’entreprise voulu dans le cadre de la réforme du Code du Travail. On demande d’avantage l’avis des syndicats, même si on a bien l’intention de ne surtout pas le suivre. Cette démocratie dans l’entreprise est clairement aux mains du patronat qui s’en sert juste pour valider au niveau de la forme ses pires plans sociaux.

La « base » des principaux syndicats doit faire face à une situation paradoxale dans la plupart des récents conflits. Alors que la combativité des travailleurs est forte, elle doit convaincre les directions de la suivre et de la soutenir. Jamais la rupture n’a été aussi profonde entre le sommet des syndicats et la masse des syndicalistes du quotidien. On constate même que les conflits se durcissent quand la présence syndicale est la moins forte. Les syndicats bureaucratiques mettent l’accent sur le maintien des acquis sociaux et non pas sur la conquête de nouveaux droits mais surtout ne proposent pas de sortir du système économique actuel. Ils ont eu d’ailleurs des positions défaitistes voire ont totalement capitulé dans de nombreuses conflits. ArcelorMittal ou Whirlpool à Amiens sont des cas d’école : leurs incapacité à résister a conduit à leur échec dans la mobilisation.

« Touchez pas au grisbi » !

Cela est triste à dire, mais les directions des principaux syndicats sont devenues des partenaire de la restructuration capitaliste dans sa phase mondialiste. Quand le mouvement des Gilets Jaunes apparaît, il est tout immédiatement considéré comme un trouble-fête dans le subtil jeu de donnant-donnant entre les partenaires du « gâteau social ». Même ceux qui ne ramassent que les miettes veulent les garder à tous prix. « Touchez pas au grisbi » est le cri du cœur des dirigeants syndicaux aux gilets jaunes !

Alors que de nombreux syndiqués de « base » se retrouvaient naturellement sur les ronds-points sans afficher leurs couleurs, les directions se sont acharnées à faire passer le mouvement naissant pour une émanation fasciste de l’extrême droite. Les appels à la vigilance de SUD ou de la direction de la CGT étaient d’une bêtise inégalée. Alors que la CFDT, ralliée depuis longtemps au gouvernement, proposait ses services et se voyer congédiée, le monde syndical voyait le monopole de l’expression populaire lui échapper.

La CGT a beaucoup perdu dans cette affaire en crédibilité. Les Gilets Jaunes « inorganisés » ont réussi là où une centrale centenaire à totalement échoué.* Ils incarnent l’opposition extra-parlementaire et populaire à un gouvernement la plus forte de l’histoire contemporaine française, alors que la mobilisation contre la Loi Travail ou la réforme du code du travail avaient été des échecs.

(*) Note de R71: Sachant que ces centrales syndicales, dont la CGT est le fer de lance, sont là pour arrondir les angles et ont abdiqué toute velléité de révolution sociale depuis 1945, on ne peut pas parler d’échec, mais au contraire de succès… pour le système. Ces centrales remplissent leur mission foie jaune de faire perdurer le consensus du statu quo oligarchique. Leurs cadres bouffent de longue date au râtelier du système et trouvent la soupe somme toute assez bonne pour leur pomme… Tout cela bien entendu au détriment de la base, du travailleur et de la travailleuse du quotidien qui voient leurs vies s’éroder dans le chantage permanent à l’emploi aliéné au sein d’une dictature étatico-marchande omniprésente.

La défiance des travailleurs est naturelle envers les syndicats et le refus des « gilets jaunes » de trouver un terrain d’action commun est sans appel pour beaucoup. Les gens ont la mémoire longue dans de nombreux endroits. Après avoir participé à la désintégration de l’économie française (fin des mines, des chantiers navals et de la sidérurgie « made in France »), les syndicats refusent de s’engager dans la vraie lutte pour la dignité du travail représentée par la France des Gilets Jaunes. Toutes les tentatives de récupération du mouvement par les directions syndicales doivent être combattues.

Quel rôle pour les syndicats maintenant ?

Que faire des syndicats dans le contexte actuel ? Peuvent-ils nous être utiles dans l’extension du mouvement radical né des Gilets Jaunes ? Devons-nous reprendre en main les syndicats par la base ? Organiser des coordinations ou des conseils en dehors ? Imposer l’autonomie des luttes ?

Désolé, nous n’avons pas de réponse miracle ou dogmatique pour vous. Mais nous pensons qu’une forme combinée des différents modes d’action va naturellement s’imposer sur le terrain. Que les bases syndicales vont rejoindre naturellement les combats des Gilets Jaunes.

Nous refusons toutes formes d’entrisme à Rébellion depuis l’origine, mais nous constatons que des voix « radicales » s’affirment à la base des grandes centrales pour contester l’étatisme des directions. Certaines sont orientées par des tendances très politiques ( les lambertistes du POI ou la France Insoumise par exemple), mais elles permettent à d’authentiques tenants d’un syndicalisme de combat de s’exprimer. La bureaucratie syndicale étant bien faite, elles auront du mal à se faire entendre dans les appareils verrouillés, mais risquent d’être entendues à leur niveau professionnel. Si elles savent s’adresser aussi aux éléments extérieurs à leur milieu, l’impact de ces voix sera surement un des éléments d’appui des Gilets Jaunes. Amis syndiqués (et vous êtes nombreux parmi nos lecteurs), soutenez-les pour faire bouger les lignes.

Les coordinations et les conseils ouvriers, impliquent un cadre précis qui a relativement disparu (les grands bassins industriels du XXème siècle) mais ce principe de démocratie populaire directe est bon. Il trouve son sens s’il converge en dehors de l’entreprise et touche tous les aspects de la vie.

A l’échelle de la France Périphérique, les conflits sociaux doivent devenir horizontaux. Il n’y a rien à attendre des directions syndicales, mais tout de ses voisins ou collègues d’autres secteurs. Les Gilets Jaunes sont la preuve de la réussite d’une action de solidarité et d’entraide enracinée dans un « terroir ». Les zones ravagées par les plans sociaux doivent s’unir et résister. C’est la convergence des luttes au niveau du peuple qui doit entrainer une sécession de vastes territoires du cadre du système. L’auto-organisation et l’union des luttes est le scénario que craint le plus le gouvernement. Faisons en sorte qu’il se réalise partout.

= = =

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 

France et terrorisme d’État en marche: « Le dissident Gilet Jaune est bien un résistant… »

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, gilets jaunes, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, Social & Retraite, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 11 décembre 2019 by Résistance 71

 


« L’État est la négation de l’humanité. » Bakounine

 

Criminaliser les Gilets Jaunes en France : le terrorisme d’état en marche ?

 

Jean-Yves Jézéquel

 

1er décembre 2019

Source:

https://www.mondialisation.ca/criminaliser-les-gilets-jaunes-en-france-le-terrorisme-detat-en-marche/5639402

 

L’actualité des Gilets jaunes nous oblige à parler de terrorisme d’État, car celui-ci est directement en cause puisqu’il a été révélé brutalement par le comportement de Didier Lallement, Préfet de Police de Paris, nommé récemment à ce poste par les tyrans de la macronie, puisque son prédécesseur démissionné de force se montrait trop respectueux du droit constitutionnel. Ce haut fonctionnaire de l’État français républicain a manifestement et délibérément confirmé le 16 novembre dernier, Place d’Italie, le terrorisme d’État en marche, en répondant à une dame pacifique qui se disait Gilet jaune. Cet aveu du Préfet de police de Paris, retourné sur les lieux du crime pour y constater son efficacité, a été filmé et diffusé sur Internet: on ne peut donc pas le contester. Lallement affirme clairement et sans honte: « Nous ne sommes pas dans le même camp, Madame! » Il représente pourtant théoriquement la « République Française » et il était donc tenu à un devoir de neutralité, même si personnellement il est opposé aux revendications plus que légitimes d’au moins 70% de la population de ce pays. Certes, il est évident que Lallement fait partie des bobos et des nantis du système, grassement payé par les impôts de ce peuple qu’il place dans un « camp adverse »! On peut dores et déjà se dire que ce comportement relève d’une forme de délire!

Avant d’en faire une analyse un peu plus détaillée, rappelons que le terrorisme d’État consiste en une pratique de la terreur par un État dit de « Droit », sur sa propre population, comme méthode de gouvernement. La terreur permet au pouvoir en place de briser, à force de mesures extrêmes, arbitraires, illégales, anticonstitutionnelles, violentes, et de sidération collective, ceux qui lui résistent. Inutile d’insister sur le fait que le recours à la terreur rend d’office illégitime tout pouvoir qui se révèle ainsi être intrinsèquement pervers et que le devoir des citoyens est de renverser un tel pouvoir.

Le phénomène de sidération a la particularité de créer dans l’individu sidéré un morcellement. Cette situation psychique est qualifiée de « psychotique » par les psychologues. Quand l’État nous sidère par sa pratique avérée de la terreur, c’est la santé mentale qui nous est ouvertement interdite et la pathologie est en même temps décrétée, anachroniquement et paradoxalement, comme la «normalité»! 

Le fait de criminaliser un comportement, celui des Gilets jaunes, jugé arbitrairement et implicitement par Lallement, comme « non conventionnel », selon les termes de la loi Valls sur le terrorisme, ne peut avoir pour but que d’installer la «légitimité» d’un « non-sens » et ainsi, de  prolonger indéfiniment l’effet de sidération. Le spectacle insensé de la violence policière organisée à la Place d’Italie le 16 novembre dernier, a gravé et laissé dans la « conscience collective », (obligatoirement morcelée des citoyens qui ont assisté, à cette occasion, à une surenchère de la toute-puissance accordée à une police qu’il est formellement interdit de critiquer, ceux-ci étant dans le « bon camp » et le peuple opprimé dans le « mauvais camp »), une énorme sidération des citoyens pétrifiés devant la toute puissance de la répression policière, bénéficiant d’une absolue impunité! 

Lallement a organisé le spectacle de la brutalité terroriste du Pouvoir, afin de nous donner «à voir», ce qu’il en coûte à tout citoyen ne se terrant pas dans le silence muet de la sidération face à la toute-puissance de l’État terroriste! Moi, l’État, j’ai le pouvoir arbitraire de maltraiter ou de massacrer n’importe qui sans l’avis d’un juge qui de toute façon est lui aussi dans le même «camp»! Tous les citoyens de ce pays qui protestent, sont placés d’office dans la même situation que celle de «terroristes», de « foule haineuse », de gens qui « ne sont rien » ou qui «menacent la République». Nulle preuve du désastre ultralibéral n’est nécessaire; nulle légitimité constitutionnelle à protester n’est nécessaire: l’État est tout puissant et s’autorise à réprimer, à brutaliser, à intimider, à dissuader les revendications. Ceux qui ne se soumettent pas à la toute puissance de l’État terroriste sont dans un « autre camp »!

En observant le traitement judiciaire odieux qui est fait contre les Gilets jaunes, avec la complicité d’une magistrature collabo, le citoyen spectateur passe d’une image qu’il voit sur ses écrans de télévision à une image qu’il ne voit pas, celle de l’invisibilité du choc de la lutte du «  camp du bien » contre « le camp du mal ». Puis, grâce à la mise en scène spectaculaire de Lallement sur la place d’Italie, le mal est identifié à l’image des Gilets jaunes. La personnification du mal est un soulagement extraordinaire offert par le Pouvoir aux citoyens bobos partisans macroniens qui peuvent désormais clairement « choisir leur camp »: celui de la complète complicité avec le terrorisme d’État ou celui de l’option du terrorisme contre l’État! 

C’est l’artifice rhétorique habituel du Pouvoir qui gère son «management de la terreur», dans le but de provoquer une sidération des citoyens et de les conditionner pour «la fabrique du consentement». C’est l’absurdité du discours officiel qui fait qu’on ne peut pas le contester. 

La sidération pétrifie. Nous voyons tous que quelque chose n’est pas net et profondément incohérent dans ce discours officiel de Lallement et de ceux qu’il représente, mais cette faille qui apparaît dans le discours a pour but de nous «morceler». 

Le psittacisme journalistique, quant à lui, a une force incantatoire et le compte rendu en boucle des violences des «casseurs» assimilés aux Gilets jaunes, compte rendu quasi jubilatoire pratiqué par les supports médiatiques officiels, est une exhibition qui s’impose à tous les citoyens. En réalité, il n’y a pas de représentation possible des faits; c’est chaque fois une exhibition, impliquant une manipulation, et c’est par cela que l’effet de sidération est garanti. La sidération vient de l’impossibilité pour chacun d’entre nous de déchiffrer le réel; elle ne vient pas en soi de la violence exhibée elle-même. 

Le citoyen ainsi «morcelé» à son insu, ne peut retrouver son «unité individuelle» que par une surenchère dans ses paroles d’adhésion à ce qui lui a été assené. Ensuite, une fusion identification s’opère avec le Pouvoir qui a montré, nommé, déclaré les faits. «Le bon camp de la légitimité étatique», comme la fusion entre les surveillants et les surveillés, peut se mettre en place. Le Pouvoir a les mains libres pour décréter une dictature devenue parfaitement «légitime» dans son discours. Des gens bien intentionnés (les bobos macroniens et profiteurs d’en haut) vont s’étonner que la police ne tire pas encore à balles réelles sur ce peuple qui appartient à «un autre camp» incompatible avec le leur!

(Cf., les BHL et autres Luc Ferry) Si quelqu’un ose montrer les failles dans le discours du Pouvoir, alors apparaît la psychose qui a pour effet immédiat de supprimer tout mécanisme de défense. Le Pouvoir peut abolir l’État de Droit, installer une authentique dictature et peut déclarer tout ce qu’il veut, jusqu’à rejeter la vie privée hors des libertés fondamentales. Le citoyen voit se dresser des sens interdits partout, il est piégé, nassé; il n’a plus les moyens de se défendre, sauf s’il en vient à prendre les armes! C’est ainsi que la guerre civile est préparée et programmée par les charlatans de l’irresponsabilité politique dont Lallement est un brillant serviteur. 

Le dissident Gilet jaune est bien un résistant. Dans le «camp» macronien, on va faire entendre que cette classe «haineuse», celle de ceux qui «ne sont rien», ne peut pas avoir raison contre la majesté de la République sacralisée et «innocente» en tant que sacrée. Le dissident contestataire devient donc le «traître» ou le «complotiste», le «récalcitrant», « l’ennemi de la République », « le fainéant » qui ne veut pas « traverser la rue pour trouver un emploi », le « salaud de pauvre » accusé en même temps, dans un amalgame exécrable, « d’antisémitisme », « d’homophobie » et autres injures… Pour le macronien moyen, il faut faire taire impérativement ce divergent par tous les moyens. Tous les «frondeurs» et «résistants» de l’histoire ont été persécutés par les Pouvoirs en place et il n’y a rien d’étonnant à cela puisque le Pouvoir ne s’inquiète que de sa pérennité et de ses intérêts immédiats jamais compatibles avec ceux d’une démocratie. 

Ce management de la terreur, révélé par Lallement et pratiqué par l’État, ne peut que déboucher sur la guerre civile! Les «responsables savent parfaitement ce qu’ils font», c’est pourquoi, nous ne pouvons pas leur pardonner! 

Lallement choisissait la place d’Italie pour autoriser la manifestation du premier anniversaire de la révolte des Gilets jaunes, le 16 novembre dernier.

Cette place avait l’avantage d’être entourée de travaux: on pouvait donc facilement y organiser la casse.

Le maire du 13ème arrondissement protestait vigoureusement mais l’État tout-puissant lui disait de la fermer!

Avant 14h00, heure du début de la manifestation autorisée, des «policiers casseurs» étaient déjà à l’œuvre depuis 10h00 du matin pour dresser des barricades au nez et à la barbe de leurs collègues CRS. 

Le dispositif policier ceinturait la Place d’Italie et laissait faire sans intervenir. 

Des feux étaient allumés et un camion des services de propreté de la ville de Paris arrivait tout naturellement sur la place et déversait devant la police des palettes de bois pour alimenter le feu des barricades: ce fait a été filmé par un témoin et diffusé sur Internet en direct. On était à deux heures du début de la manifestation.

Le monument militaire de la place d’Italie était profané devant la police qui ne bronchait pas.

La police laissait la place se remplir et organisait immédiatement la nasse.

La violence organisée se mettait en route et les télévisions collabos étaient à l’oeuvre pour montrer à quel point ces Gilets jaunes, fêtant l’anniversaire d’une année de lutte et de sacrifices consentis, étaient des ordures à éliminer impitoyablement.

Le gazage était déclenché, puis le concert des grenades GLI F4, des LBD 40 et de toute l’artillerie habituelle était orchestré par Lallement depuis le pupitre de la préfecture de Paris. Puis satisfait du travail accompli, fier de son fascisme transcendant, il allait compter les nombreuses victimes de cette violence policière…

Tout le monde était massacré: Gilets jaunes et journalistes de la presse indépendante, passants, touristes et visiteurs, sans distinction…

Lallement déclarait hypocritement qu’il avait organisé un «canal d’évacuation» avant l’intervention violente des «Forces de l’Ordre» transformées en milices!

A 14h00 il déclarait «interdite» une manifestation qui était autorisée! Les gens qui étaient là étaient nassés, et ne pouvaient en aucun cas savoir que tout à coup la manifestation n’était plus autorisée!

On les verbalisait donc «en veux-tu en voilà»: contraventions de 135 euros, interpellés, arrêtés, menottés, nassés, gazés, massacrés…

Les casseurs étant des gens de la police, comme on l’a relevé, pouvaient se replier tranquillement derrière les rangs de leurs confrères en uniformes pour se protéger de la colère de ceux qui les avaient repérés… Dans la France macronienne, on connaît désormais les BAC Blocs.

Lallement commettait une série d’infractions graves:

Article 223-1 du Code pénal: mise en danger délibéré de la vie d’autrui…

Articles 322-1: complicité de dégradations volontaires de biens publics…

Articles 222-9 à 222-13: Violences volontaires par l’autorité publique…

Article 432-4: Atteinte à la liberté par séquestration arbitraire effectuée par l’autorité publique… Interpellations, gardes à vue illégales, violences sur des gens présents sur les lieux de bonne foi (manifestation autorisée) mais interdite sans préavis sans qu’ils ne puissent le savoir!

Article 432-10: Délit de concussion.  C’est la perception d’argent qui n’est pas dû! Les gens qui ont été verbalisés n’avaient pas à payer ces amendes illégales…

Enfin, seul le Procureur de Paris peut déclencher aujourd’hui une enquête et identifier les responsabilités pénales et disciplinaires. Mais comble d’ironie, le nouveau Procureur de Paris est justement un ami de Macron qui a été placé à ce poste clé et qui a organisé les gardes à vue préventives des Gilets jaunes! La «démocratie» est décidément magnifique et elle est belle à voir en France!

Le Procureur de Paris s’avère être dans « le même camp » que Lallement, comme l’IGPN, comme la magistrature, comme le Parlement, comme le Conseil Constitutionnel… etc. Tout est verrouillé et le pouvoir ne souffre pas d’être partagé: pas de contre-pouvoir, pas d’échappatoire, pas de liberté, pas de fraternité, pas d’égalité de tous devant la loi; seulement le pouvoir absolu d’un côté et la soumission absolue de l’autre… une parfaite dictature.

CONCLUSION

La République révèle enfin son vrai visage et sa réelle nature: un « camp de répression» dans lequel le peuple est parqué pour être dressé non seulement à la soumission mais plus encore, dressé à aimer sa soumission, grâce au mensonge qui a assez duré. Le peuple Français vient de découvrir que le « camp » de la République n’est pas au service des intérêts du bien commun du peuple tout entier, mais au service d’une caste de privilégiés qui ont organisé le dressage du peuple pour l’exploitation et le pillage du peuple. La caste des tyrans du « camp » spécialisé en dressage, ne supporte plus que ce peuple ait encore quelque chose à revendiquer. Elle veut « remettre de l’ordre »: les Maîtres d’un côté (le camp des élites) les esclaves de l’autre (le camp des maltraités, de « ceux qui ne sont rien », de « la foule haineuse »)… 

Pour le moment, nous connaissons le cas de cette pauvre dame qui fermait ses volets à Marseille, visée de sang froid par un tir de LBD 40, et décédée des suites de cette agression criminelle de la police française. Puis un Gilet jaune, filmé levant les bras au ciel, était lui aussi abattu de sang froid par un sniper de la police, sur les Champs Élysées, le samedi 24 novembre 2018 et dont personne n’a jamais plus entendu parler. La scène était captée en direct par le téléphone d’un «étrange témoin» enregistrant à la fois les policiers meurtriers et la victime s’écroulant sur le sol! Pour le moment, la tuerie de masse n’a pas encore été ordonnée, mais tout indique qu’elle ne va pas tarder, peut-être déguisée en attentat islamiste du genre « Promenade des Anglais ». On nous serine depuis un bon moment que «nos compatriotes djihadistes égorgeurs sont de retour de Syrie», comme si le terrain était déjà psychologiquement préparé pour une nouvelle mise en scène du terrorisme d’État et pour la justification de la violence par la confortable opportunité d’un bouc émissaire de service…

Je ne sais pas pourquoi cette histoire du Préfet Lallement s’impose à mon esprit et me renvoie subtilement à celle d’Anders Behring Breivik, ce Norvégien de 32 ans qui avait planifié et réalisé le carnage du 22 juillet 2011 à Oslo et sur l’île d’Utoya: 77 morts par balles et 151 blessés à lui tout seul. Il avait organisé froidement ce massacre pour satisfaire ses convictions idéologiques, dans la pure tradition du conservatisme chrétien, illuminé par sa mission spirituelle de nouveau Templier, incarnant les vraies valeurs de notre « grande culture judéo-chrétienne, paulinienne », exaltée et inspirant la perfection indépassable de l’ultralibéralisme au service d’une élite qui pense résolument, tout comme le Préfet Lallement, qu’elle «sera là pour toujours» (Cf., allocution de Lallement le samedi 16 novembre 2019). Cette élite est persuadée qu’elle verra prochainement en France la fin des Gilets jaunes écrasés par la puissance du terrorisme d’État! La guerre du «camp Lallement», me fait penser à la guerre du «camp Breivik», comme s’il y avait entre ces gens-là un lien mystérieux qui les unissait au-delà de la raison et de la conscience…

Mais qui a déjà entendu dire qu’un Pouvoir, qu’un État, qu’un Empire et ses Légions toute puissantes «auraient été là pour toujours» en ayant eu le dernier mot sur les peuples?! Non Monsieur Lallement, ce cas de figure n’existe pas: «vous n’êtes pas là pour toujours», le Pouvoir «n’est pas là pour toujours», l’État «n’est pas là pour toujours», car le mensonge n’a qu’une durée de vie limitée. En revanche, le peuple lui est assurément là comme il était là avant l’erreur étatique et comme il sera encore là après le jour de sa chute finale, et cela jusqu’à ce que la Terre Mère ait décidé elle même de la fin ultime de l’aventure humaine sur la planète…

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Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 

Paris Place de la République du 2 au 6 décembre 2019: Village Pacifique des pompiers de France en grève… Solidarité !

Posted in actualité, gilets jaunes, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, Social & Retraite, société des sociétés with tags , , , , , , , , , on 29 novembre 2019 by Résistance 71

 

Résistance 71

 

29 novembre 2019

 

Info reçue via courriel par un pompier gréviste

 

Depuis 5 mois, de gronde en grèves, les pompiers de France sont dans les rues.
A partir de lundi 2 décembre jusqu’au vendredi 6, les pompiers de France et de Navarre vont installer un « village pacifique » de protestation  sur la place de la république à Paris. Beaucoup de pompiers de province vont « monter » ou « descendre » à Paris pour l’occasion et se relayer au village et être au contact de la population.
Quand les pompiers en colère sont dans la rue, y a l’feu au lac !…

Solidarité – Union – Persévérance – Réflexion – Action
Ensemble devenons S.U.P.R.A conscients !

 

Texte utile en ces moments Gilets Jaunes : « La synthèse anarchiste » de Voline (format PDF)

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Résistance 71

 

27 novembre 2019

 

Nous avions publié ce texte déjà en 2013 et Jo nous en a fait un très beau pdf pour une meilleure lecture.
Ce texte de 1934 nous est très proche puisque Voline y affirme la nécessité de comprendre et de renoncer aux antagonismes, le plus souvent induits, minant de l’intérieur la cause de la révolution sociale depuis pratiquement sa suggestion et de converger vers une synthèse de lutte politico-sociale, qui seule mène sur le chemin de la vie telle qu’elle doit être vécue, vers une société organique de l’être ayant vaincu tous les pièges et les chants de sirènes de la dictature marchande. Il est plus que jamais important pour nous, gens du commun, aujourd’hui cristallisés dans ce mouvement des racines profondes (radical) qu’est le mouvement des Gilets Jaunes, de comprendre et d’intégrer le fait que toute division nourrit le système étatico-capitaliste et que nous devons impérativement penser et agir (praxis) au-delà de tous les antagonismes et artifices de la division créés par la société marchande et sa dictature de tous les instants.

Voline, sans doute parce qu’il rallia sur le tard (avant 1914) le mouvement anarchiste alors qu’il participa activement à la création du premier conseil ouvrier (soviet en russe) de St Petersbourg en 1905, est celui qui manifesta le plus de recul sur les faiblesses du mouvement anarchiste et essaya de sensibiliser ses compagnons de lutte sur le besoin d’une « synthèse anarchiste » mettant bas tous les antagonismes et guéguerres de clochers autant futiles que stériles. Ce texte de Voline est d’une actualité poignante et ne peut que nous inciter à plus de réflexion en vue d’une action concertée toujours plus efficace vers notre émancipation finale…

Version PDF
Voline_La_synthese_anarchiste

 

 

Lectures complémentaires:

Voline_La revolution inconnue 3 livres

Murray_Bookchin_Ecoute_Camarade

Nestor Makhno Anarchie dans la Revolution Russe

Murray_Bookchin_Le_municipalisme_libertaire

Guy_Debord_La_societe_du_spectacle

TAZ_Fr

Charles-Macdonald_Anthropologie_de_l’anarchie

Leducation-comme-pratique-de-la-liberte_Paulo_Freire_1965

Patrice Sanchez_Sortir par le Haut !

zenon_pourquoi suis je anarchiste ?

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

 

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 

 

Gilets Jaunes An I : Petit cadeau pour réflexion et action collective…

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Résistance 71

 

17 novembre 2019

 

En ce jour de l’An I du mouvement des Gilets Jaunes, nous vous offrons deux textes d’analyse politique vitaux, mis en page par Jo à notre requête, pour cette occasion, textes permettant sans aucun doute une meilleure compréhension de notre réalité  d’opprimés sous l’État et la dictature marchande.

Le premier est un texte souvent cité mais rarement lu datant de 1967:
« La société du spectacle » de Guy Debord et le second un texte de Murray Bookchin de 1995, « Le municipalisme libertaire », texte devenu fondateur dix ans plus tard pour le mouvement des communes libres en zone autonome du Rojava.

 

Guy_Debord_La_societe_du_spectacle

 

Murray_Bookchin_Le_municipalisme_libertaire

Comme le disait le grand éducateur et penseur critique brésilien Paulo Freire, il ne suffit pas de comprendre notre réalité pour nous adapter et réformer, mais de la comprendre pour l’intégrer et radicalement changer notre société pour l’abolition de la relation dominant / dominé, oppresseur-exploiteur / opprimé-exploité et donc notre émancipation définitive.

Le mouvement des Gilets Jaunes en entrant dans sa seconde année de lutte doit intégrer la compréhension de notre réalité et agir collectivement à la racine profonde des choses, ces deux textes essentiels ci-dessus permettent d’y voir plus clair.

Réflexion – Compréhension – Intégration – Action – Émancipation

Pour une société des sociétés…

Bon Anniversaire à toutes et tous les Gilets Jaunes !

 

Gilets Jaunes An I : 16/11 Des « black blocs » se réfugient derrière la police place d’Italie (Vidéo)

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Résistance 71

 

17 novembre 2019

 

Mise au point du 19/11 sur ce billet

 

Ci-dessous, une video de rue de 3 soi-disants « black bloc » dont un semble blessé, venant se réfugier derrière un cordon de police.

 

 

Il semble donc, et cela est d’une grand logique, que les violences qui ont éclaté en amont du départ de la manif’ déclarée place d’Italie (Paris 13ème), aient été sciemment provoquées par le pouvoir afin de:

  • Faire interdire la manifestation, ce qui fut bien entendu fait..
  • Piéger les Gilets Jaunes sur la place pour toujours plus de répression
  • Tenter de discréditer le mouvement
  • Noircir toujours plus avant la réputation des « anarchistes »
  • Instaurer un climat de peur dès le début du week-end afin de décourager les manifestants de venir dans les rues

Cette pratique est courante dans toutes les polices du monde, elle est omniprésente dans la police française.

Le pouvoir marchand est dans une logique de violence systémique qui ne peut aller que crescendo. La question qui se pose depuis un moment déjà est :

Quel est l’objectif politique ou plutôt, que doit devenir l’objectif politique du mouvement des Gilets Jaunes ?
Qui peut encore croire à rendre ce système plus « vertueux » quand division, coercition, oppression, exploitation, mensonge, tromperie et veulerie en sont les caractéristiques exclusives ?

Dans notre prochain billet : Deux textes fondamentaux en format PDF pour aiguiser notre réflexion et notre action. A suivre…

 


Tout le pouvoir aux ronds-points !

2018-2019: Ce mouvement des Gilets Jaunes qui rend les rues de France jaunes de monde

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Le jaune est mis…

 

Un an de rues de France jaunes de monde

 

Résistance 71

 

15 novembre 2017

 

17 novembre 2018 – 17 novembre 2019… Mouvement des Gilets Jaunes : Un an de lutte sociale, de présence massive de terrain sur les ronds-points, dans les rues, devant les organes de pouvoir et de propagande de France. La résurgence des Gaulois réfractaires qui n’ont pas oublié qu’en chacun de nous sommeille un communard est enfin arrivée et dure.

Beaucoup a déjà été dit et écrit sur le mouvement des Gilets Jaunes avec la litanie habituelle de bonnes choses et d’inepties. Que pouvons-nous en dire le plus succinctement possible ? 

Le mouvement des Gilets Jaunes est :

  • Unique dans sa longévité
  • Unique dans sa résistance à la cooptation ce qui explique le point #1
  • Unique dans son refus instinctif du moule de communication sociétal
  • Unique dans son rassemblement par delà les scissions politiques induites
  • Unique dans son mode opératoire de communication des ronds-points
  • Unique dans la convergence d’un apolitisme de partis devenu militant
  • Unique dans sa réappropriation de la communication
  • Unique dans sa résilience
  • Unique dans sa capacité d’adaptation

Où est le mouvement à cet instant précis de l’histoire ?

Il nous semble que le mouvement, bien qu’en cours de transformation, se dirige vers toujours plus de dialogue de sourd avec un État et des “pouvoirs publics” autistes et dont les fonctions sont de protéger les privilèges et le système en place. Le fait depuis plusieurs mois, d’accepter l’encadrement et la déclaration / autorisation officielle des manifestations ne fait plus beaucoup avancer les choses et se doit d’être dépassé. On voit certains “leaders” entrer dans divers organes médiatiques, la vigilance est de mise !

Quel avenir ?

Tout dépend en fait des objectifs qu’on se fixe. Ces objectifs ne peuvent être décidés qu’en réunions / assemblées populaires locales. Ce qui a commencé à se faire à l’instigation des Gilets Jaunes de Commercy dans la Meuse très tôt dans le mouvement et a gagné du terrain, surtout dans les provinces. La coordination, pour être efficace, doit dépasser le cadre local et les initiatives des Assemblées des Assemblées ont enclenché un véritable processus de décision populaire et de volonté de reprendre en main l’affaire politique sans passer par des intermédiaires s’avérant toujours corrompus. Ceci doit se généraliser sur l’ensemble du territoire. Que fleurissent les assemblées populaires !

Il est bien entendu que pour la vaste majorité des personnes impliquées, la préoccupation primordiale est les conditions de vie au quotidien. C’est une évidence et personne ne le discutera. Cependant, nous devons comprendre que l’objectif n’est pas et ne doit pas devenir une “amélioration cosmétique” des conditions de notre exploitation et de notre oppression au cours de notre vie quotidienne, mais un changement profond, radical ( étymologiquement: depuis la racine des choses) de la société. Comprendre véritablement notre réalité et œuvrer ensemble pour la transformer positivement dans le sens de l’égalité et de l’harmonie sociale pour toutes et tous.

Pour que ceci se produise, il est indispensable que le plus de personnes comprennent finalement qu’il n’y a pas de solution au sein de ce système marchand étatico-capitaliste, fondé sur la division et la préservation du rapport dominant/dominé induit et en aucun cas inéluctable et qu’ainsi il ne peut pas y avoir de solution au sein du système en place qui, à terme, ne génère que chaos social, exploitation intensifiée, répression de toute dissidence et annihilation de toute volonté de résister afin de préserver coûte que coûte le statu quo oligarchique et son hégémonie culturelle.

Le mouvement des Gilets Jaunes démontre depuis un an que les sans noms, tous autant que nous sommes, avons toujours cette fibre instinctive de la révolte, et ce, à n’en pas douter, à la grande surprise de l’oligarchie et de ses sbires de terrain que sont les politiciens, les médias et autres cerbères futiles, qui nous pensaient anesthésiés dans la ouate chloroformée de la société du spectacle marchand et de sa culture débilitante. Mais que nenni ! La résurgence du peuple s’est activée, il convient maintenant de la transformer en une révolution sociale qui balaiera une fois pour toute les vestiges de cette société mortifère, gérée depuis les burlingues feutrés des cartels industrio-financiers transnationaux.

Notre émancipation finale ne pourra se produire que lorsque nous aurons individuellement et collectivement, par une prise de conscience politique radicale et définitive, compris que nous avons été artificiellement cloitrés dans un carcan politico-social dans sa dimension étatico-capitaliste et que cet état de fait, tout artificiel et construit qu’il est n’est en rien une fatalité et peut parfaitement être déconstruit comme toute création humaine. Pour ce faire, il nous faut lâcher prise des antagonismes, analyser et intégrer toute différence comme une complémentarité qui à terme, en œuvrant ensemble nous unira et nous renforcera. Ceci est la condition sine qua non de notre émancipation combinée avec la mise en place des associations libres gérées localement, régionalement et au niveau de la “nation” révisée dans son concept, par des assemblées populaires seules capables de prendre les décisions pour le bien commun et de les mettre en application par la grâce des membres des associations libres comprenant qu’ils agissent et travaillent non plus de manière aliénée, mais pour la satisfaction de tous.

Le mouvement des Gilets Jaunes a vu émerger publiquement le concept du Referendum d’Initiative Citoyenne ou Populaire (RIC / RIP) qui présente l’intérêt de faire réfléchir les gens collectivement sur des sujets d’ordre politiques et économiques ; son inconvénient étant qu’il soit une revendication demeurant au sein du système étatique qui est au delà de toute réforme et rédemption politique. L’État et les rouages capitalistes du spectacle marchand sont par design des entités construites contre toute velléité de révolution sociale puisque entités de la perpétuation de la division et de l’exploitation du plus grand nombre par le plus petit nombre dans un rapport synthétique dominant / dominé. Néanmoins le concept du RIC / RIP est bon hors de ce contexte, en l’appliquant dans une gestion autonome par assemblées qui pourraient demander l’avis direct du peuple sur des questions référendaires.

Tout ce qui sort du travail de réflexion collectif et qui tend à faire consensus est une bonne chose, mais doit être appliqué en dehors du système existant. Nous devons recréer notre réalité et non pas réformer celle qui a été inventée pour nous et nous laissant pour compte en chemin il y a déjà bien longtemps. 

A cet égard, l’action de grève générale reconduisible du 5 décembre à venir pourrait s’avérer être un tremplin adéquat pour enfoncer les coins des assemblées et conseils ouvriers et des travailleurs afin de faire péter les verrous du carcan social, si ces conseils pouvaient se mettre en place à cette occasion. Toutes les factions de lutte radicale depuis le XIXème siècle ont prôné la grève illimitée et expropriatrice comme arme absolue contre le pouvoir du capital. Ceci a déjà été mis en pratique lors des grandes grèves ouvrières du nord de l’Italie en 1920 sous l’impulsion d’anarchistes comme Errico Malatesta. Ceci s’est reproduit en Espagne 36, et dans la révolution des conseils de Budapest en 1956. Le plus grand mouvement récent en France fut la grève sauvage ilimitée ouvrière de 1968 qui déborda le système et ses garde-chiourmes des syndicats, ce fait constitua le véritable “Mai 68”, le mouvement étudiant ne venant que s’y greffer et le pourrir par infiltration des taupes d’usage. 

N’oublions pas qu’avant la révolution russe d’octobre 1917, il y eut les prémisses de 1905 et la création du premier “soviet” ou conseil ouvrier à St Petersbourg par une majorité d’anarchistes. Quand les révolutionnaires clamaient “Tout le pouvoir aux soviets !” cela voulait dire tout le pouvoir aux conseils ouvriers/populaires, cela voulait dire à terme, la fin du système étatique et la reprise du pouvoir par le peuple qui le rediluerait en lui-même pour de nouveau vivre dans une société contre l’État et organisée de la sorte. Lénine et Trotsky furent envoyés pour casser cet anti-système qui fait tant trembler et à juste titre, l’oligarchie transnationale. Ainsi, ce n’est pas un hasard si nous, à Résistance 71, aidons à clamer “Tout le pouvoir aux ronds-points !” depuis très tôt dans le mouvement des Gilets Jaunes.

C’est dans cette formule imagée bien entendu que réside une bonne partie de la solution.

Le mouvement des Gilets Jaunes a aussi vu l’ouverture de Maisons du Peuple dans plusieurs villes et certains repensent le concept de nos anciens, celui des Bourses du Travail. Tout cela va dans le bon sens et se doit de s’étendre.

Enfin, pour reprendre une expression moderne très prisée, pensons que chaque quartier, chaque voisinage, chaque lieu de travail que nous voulons désaliéné, chaque commune (bientôt libre et librement associée…) sont des ZAD… des Zones A Défendre, parce que nous voulons en faire des zones de vie décente et heureuse, de vie collective riche et pleine où nous viv(r)ons sainement, ensemble, par delà tous les antagonismes et conflits de la société marchande caduque et non pas conserver ces mouroirs sociaux actuels, négateurs de nos êtres dans l’avilissement de l’avoir à tout prix pour le seul profit du plus petit nombre.

Les Zapatistes du Chiapas au Mexique ont mis 10 ans de préparation clandestine entre 1984 et 1994 avant de sortir au grand jour et de mettre en action leur révolution sociale qui existe toujours aujourd’hui plus forte que jamais, 25 ans plus tard. Chaque société est différente mais complémentaire, il ne nous faudra pas 10 ans pour mettre en place une nouvelle société si nous savons utiliser à bon escient analyse et conseils fournis par l’histoire.

Il ne tient qu’à nous de dire NON ! Ensemble.

De réfléchir et d’agir ensemble pour l’émancipation de notre société.

Les entités du pouvoir coercitif de la division que sont l’État et son mode de production dit capitaliste ont fait leur temps, n’ont amené que perversion, chaos, guerres, dévastations, exploitation et oppression en un volume bien plus conséquent que les quelques positrons qui en émergèrent. Ils sont au bout du rouleau, ils ne peuvent plus régner que dans la terreur et le massacre généralisé, ils se meurent… Achevons-les et par là-même, mettons fin à notre misère par notre renaissance sociale.

Le pouvoir, la capacité de décider et d’agir pour le bien de tous, c’est NOUS et personne d’autre qui l’avons. Qu’on se le dise une bonne fois pour s’en convaincre définitivement !

Longue vie aux Gilets jaunes !

A bas l’État ! A bas la marchandise ! A bas l’argent ! A bas le salariat !

Vive les communes libres émancipées !

Pour que nos Êtres priment sur leur Avoir…

 

Collectif Résistance 71
Novembre 2019

= = =

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 

Autres textes utiles à intégrer notre réalité pour la transformer depuis la racine :

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Pierre_Kropotkine_La_Commune_de_Paris_PDF

3ri-et-societe-des-societes-du-chiapas-zapatistes-aux-gilets-jaunes-en-passant-par-le-rojava-fevrier-2019

Francis_Cousin Ce n’est qu’un début…

Il y a 50 ans… Mai 68

Chiapas-Feu-et-Parole-dun-Peuple-qui-Dirige-et-dun-Gouvernement-qui-Obeit

Entraide_Facteur_de_L’evolution_Kropotkine

 

Textes des Gilets Jaunes issus des Assemblées des Assemblées:

AdA_Montceau_les_mines_Proposition_axes_travail

AdA_Marche_Jaune

compte-rendu-complet-2e-ada-stnazaire

AssDesAss-2-Appel-pour-un-acte-national-pour-lannulation-des-peines

AssDesAss-2-Appel-pour-des-assemblées-citoyennes

AssDesAss-2-Appel-pour-une-convergence-écologique

Tract_Gilets_Jaunes