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Résister au colonialisme… résister à l’état policier… (Mohawk Nation News)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, canada USA états coloniaux, colonialisme, démocratie participative, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, pédagogie libération, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 16 juillet 2017 by Résistance 71

“Regardez et comprenez, car quand ils en auront fini avec nous… ce sera votre tour !”
~ Membre du conseil des femmes mohawk s’adressant à des Québecois venus aux nouvelles lors de la crise d’Oka, 1990 ~

« Lorsque je me promène dans l’Amérique profonde et que je vois la masse des blancs, ils ne se sentent pas opprimés, ils se sentent impuissants. C’est là que nous pouvons mesurer l’étendu du génocide psychologique qu’ils ont déjà infligé à leur propre peuple. »
~ John Trudell ~

Kahnasetake, 270 ans de résistance, reportage à voir et diffuser sans modération (VOSTF)

 

 

Mohawk contre état policier

 

Mohawk Nation News

 

14 juillet 2017

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2017/07/14/mohawk-v-police-state/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

A lire en complément: 

“Un manifeste indigène”, Pr. Taiaiake Alfred (Mohawk, clan de l’ours) et la Grande Loi de la Paix, Kaianerekowa, que nous avons intégralement traduite en français il y a quelques années.

 

Il y a des milliers de communautés onkwe’onweh, les véritables peuples naturels de ce sous-continent nord-américain. Tout cela est notre terre. Les voleurs de terre lorgnent dessus. On nous dépeint comme des sauvages et des terroristes vivant sur des propriétés que nous n’utilisons ni ne développons. Les colons établis veulent nous virer ou nous assassiner afin de nous retirer du chemin du plus grand profit.

Toute véritable vie sur notre terre immémoriale représente notre héritage. La création (nature) a fait cette terre pour nous, nos non-nés et toute la nature. Nous avons accepté en premier la grande loi de la paix et nous avons été d’accord pour la diffuser dans le monde entier.

Il y a 27 ans (NdT: Oka, Kahnasetake,1990), nous avons vu la distance que l’ennemi était prêt à aller pour saisir notre terre. Ils voulaient savoir le niveau de résistance auquel ils auraient à faire face dans cette escroquerie foncière de “développement”.

Ce test fut Oka. Le Canada supposa qu’il pourrait stopper cette révolte au moyen de leurs tactiques militaires. Ils ont vu que nous ne nous serions jamais rendus. Onowa’regeh, l’île de la grande tortue ne peut jamais être volée. elle est soumise à une occupation illégale. Nous n’avons jamais laissé, abandonné un pouce de terrain, jamais.

Ellen Gabriel de Kanehsatake (NdT: qui fut la porte-parole des Mohawks pendant toute la crise d’Oka), a brillamment expliqué que le Canada a peur du Québec, que toujours plus de politiciens et de voleurs de terres ont des penchants séparatistes. Ils ont l’intention de voler frauduleusement chaque pouce de notre terre et nous laisser sans territoires. Les Canadiens français ne peuvent que se séparer de leur contre-partie et corps politique anglais, mais pas de nous, pas de notre terre. Trudeau soutient les séparatistes car ceux-ci l’ont élu.

Tout le véritable peuple originel de l’île de la grande tortue va se tenir ensemble, debout sous la constitution de la paix (kaianerekowa). Les 6 nations (iroquoises) et tous leurs alliés sont prêts à faire leur devoir en accord avec notre loi.

Nous résisterons aux va t’en guerre. Comme l’a dit John Trudell: “Nous ne sommes militants parce que nous n’avons pas inventé le fusil pour tuer les gens… La loi entrepreneuriale (coloniale) est utilisée comme une balle pour nous détruire.”

Résistance au colonialisme: nous sommes tous des palestiniens, nous sommes tous des colonisés… (avec John Pilger)

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John Pilger de retour à son meilleur niveau… Cela fait plaisir de le traduire de nouveau.

Pilger part de l’affaire de la Palestine pour condamner le colonialisme sioniste (ou autre), nous partons de la condamnation du colonialisme existant toujours (Canada, USA, Australie etc…) et y incluons bien entendu la Palestine et le sionisme.

Pilger nous dit en conclusion: “[…] si nous comprenons qu’ils sont nous et que nous sommes eux.”

Nous disons depuis 2013 que “Nous sommes tous des colonisés”… Une fois de plus, on arrive aux mêmes conclusions par des voies différentes…

Il nous semble que sur bien des sujets s’opère une convergence de la dissidence sur l’universel. Tout ceci est de très bon augure car cela veut dire que les violons commencent à s’accorder au-delà du temps et de l’espace.

~ Résistance 71 ~

 

La Palestine est toujours le problème

 

John Pilger

 

11 juillet 2017

 

Source: http://www.informationclearinghouse.info/47416.htm

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Lorsque je suis allé pour la première fois en Palestine, alors jeune journaliste dans les années 1960, je suis resté dans un kibboutz. Les gens que j’y rencontrais étaient de durs travailleurs, à l’esprit fort et s’appelaient eux-même des socialistes. Je les aimais bien.

Un soir, au dîner, je me suis enquéris de ces silhouettes de gens que l’on apercevait dans le lointain, au-delà de notre périmètre.

“Ce sont des Arabes, des nomades.” me disait-on. Ces mots étaient presque crachés. Israël, disaient-ils, à savoir la Palestine, avait été essentiellement une étendue déserte et une des grandes entreprises et succès sionistes avait été de rendre le désert vert. Ils me donnèrent en exemple leurs récoltes d’oranges de Jaffa, qui étaient exportées dans le monde entier. Quel triomphe sur la nature désavantageuse et la négligence humaine.

Ce fut le tout premier mensonge. La plupart des orangeraies et des vignobles appartenaient à des Palestiniens qui avaient travaillé la terre et exporté oranges et raisins vers l’Europe depuis le XVIIIème siècle. L’ancienne ville palestinienne de Jaffa était connue par ses anciens habitants locaux comme l””endroit des oranges tristes”. Sur le kibboutz, le mot “Palestinien” n’était jamais utilisé. Pourquoi, demandais-je. La réponse fut un lourd silence gêné.

Dans tout le monde colonisé, la véritable souveraineté des peuples indigènes est crainte par ceux qui ne peuvent jamais vraiment complètement masquer le fait et le crime, qu’ils vivent sur des terres volées. 

(Note de R71: L’oligarchie a réussi à faire croire depuis les “luttes d’indépendance” dans le monde après la seconde guerre mondiale, que nous vivons dans un “monde post-colonial”, ce qui est un mensonge et une falsification éhontés. Israël en l’occurence mais aussi les Etats-Unis, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et essentiellement tous les pays du Commomwealth britannique, vivent toujours sous le joug colonial avec des colons génocidaires installés et prêts à tout pour maintenir leurs privilèges, surtout celui du profit émanant des terres volées aux nations autochtones originelles et naturelles aux endroits…)

Nier aux gens leur humanité est l’étape suivante, comme les juifs ne le savent que trop bien. Violer la dignité d’un peuple, sa culture et sa fièreté s’ensuit de manière aussi logique que la violence.

A Ramallah, après l’invasion de la Cisjordanie par feu Ariel Sharon en 2002, je marchais dans les rues jonchées de véhicules écrasés et bordées de maisons détruites, j’allais au centre culturel palestinien. Jusque ce matin là, les soldats israéliens y avaient campé.

J’y fut accueilli par sa directrice Liana Badr, une romancière, dont les manuscrits originaux jonchaient le sol, déchirés. Le disque dur de l’ordinateur contenant sa fiction et une bibliothèque de pièces de théâtre et de poésie avait été saisi par les soldats israéliens. Pratiquement tout avait été démoli, vandalisé.

Pas un seul livre n’avait survécu intact, pas une seule K7 d’une des collections les plus originales du cinéma palestinien n’avait survécu au désastre.

Les soldats avaient uriné et déféqué sur les sols, sur les bureaux, sur les tapisseries et les œuvres d’art. Ils avaient badigeonné des excréments sur des peintures d’enfants et y avaient écrit, à la merde, “Born to Kill” / “Nés pour tuer”.

Liana Badr avait les larmes aux yeux, mais elle était droite et dit alors: “on le refera”.

Ce qui enrage ceux qui colonisent et occupent, volent et oppriment, vandalisent et violent, c’est le refus total des victimes de se plier et d’obéir. Et ceci est le tribut que nous devons tous payer aux Palestiniens. Ils refusent d’être asservis, ils refusent d’obéir. Ils continuent. Ils attendent l’heure de se battre de nouveau et ils le font alors même que ceux qui les gouvernent collaborent avec leurs oppresseurs.

Au milieu des bombardements israéliens de Gaza en 2014, le journaliste palestinien Mohamed Omer n’a jamais cessé de rapporté les évènements. Lui et sa famille furent touchés, il a dû faire la queue des heures durant pour avoir de l’eau et de la nourriture et a dû les transporter au travers des ruines et des décombres. Lorsque je l’avais au téléphone, je pouvais entendre les bombes exploser juste derrière sa porte. Il refusa d’obéir.

Les reportages de Mohamed, illustrés d’images horribles, étaient un modèle de journalisme professionnel qui faisait honte aux reportages indulgents des soi-disant grands médias britanniques en GB et aux USA. La notion d’objectivité de la BBC, amplifier les mythes et les mensonges de l’autorité, pratique dont elle est très fière, est quotidiennement couverte de honte par les reportages de journalistes comme Mohamed Omer.

Durant plus de 40 ans, j’ai enregistré le refus du peuple de Palestine de courber l’échine devant ses agresseurs et ses oppresseurs: Israël, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l’Union Européenne.

Depuis 2008, seule la GB a donné des licences d’exportation d’armes vers Israël ainsi que des missiles, des drones et des fusils de tireur d’élite pour une valeur de 434 millions de Livres.

Ceux qui se sont dressés contre cela, sans armes, ceux qui ont refuser d’obéir, sont des Palestiniens que j’ai eu le privilège de connaître:

Mon ami, feu Mohamed Jarella, qui travaillait pour l’UNRWA ; c’est lui qui me montra pour la première fois en 1967, un camp de réfugiés palestiniens. C’était un froid jour d’hiver et les élèves de l’école tremblaient de froid. “Un jour” disait-il, “un jour…”

Moustapha Barghouti, dont l’éloquence demeure intacte, qui décrivit la tolérance qui existait en Palestine entre les juifs, les musulmans et les chrétiens, jusqu’à ce que, me dit-il, “les sionistes voulurent un état aux dépends des Palestiniens.”

La Dr Mona el-Farra, médecin de Gaza, dont la passion fut de lever des fonds pour la chirurgie esthétique des enfants qui avaient été défigurés par les balles et les éclats de projectiles israéliens. Son hôpital fut pulvérisé par des bombes israéliennes en 2014.

Le Dr Khalid Dahlan, psychiâtre, dont les séminaires à Gaza pour les enfants rendus quasiment fous par la violence israélienne, étaient des oasis de civilisation.

Mort d’un nouveau-né

Fatima et Nasser sont un couple dont la maison se situait dans un village près de Jérusalem désigné “Zone A et B”, ce qui veut dire que cette zone de terre avait été déclarée “pour les juifs seulement”. Leurs parents vécurent là, ainsi que leurs grands-parents. Aujourd’hui, des bulldozers tracent des routes pour seulement les juifs, protégées par des lois uniquement pour juifs.

Il était juste après minuit lorsque Fatima commença ses contractions pour son accouchement, celui de son second enfant. Le bébé était prématuré et lorsqu’ils arrivèrent à un contrôle routier avec l’hôpital en vue, le jeune soldat israélien leur dit qu’ils avaient besoin d’un autre document pour pouvoir passer. Fatima saignait abondamment. Le soldat rit et imita ses gémissements et leur dit alors “retournez chez vous.” Le bébé naquit là, dans un camion. Bientôt il devint bleu de froid et, sans soins, mourut. Son nom était Sultan.

Pour les Palestiniens, ceci sera une histoire tout à fait routinière. La question est: pourquoi ces histoires ne sont-elles pas familières à Londres et Washington, Bruxelles et Sydney ? En Syrie, une cause libérale récente, une cause pour George Clooney, est grassement rémunérée en GB et aux Etats-Unis, bien que les bénéficiaires en soient les soi-disants rebelles, dominés par des djihadistes fanatiques, le produit de l’invasion de l’Afghanistan et de l’Irak et de la destruction de la Libye moderne.

Et pourtant, la plus longue occupation et résistance des temps modernes n’est pas reconnue. Lorsque soudainement l’ONU remue l’affaire et définit Israël comme un état d’apartheid (NdT: ce qu’il n’est pas… L’Af’sud était un état d’apartheid, ségrégationniste, pas Israël, Israël est un état exclusif se voulant génocidaire: pas de cohabitation avec l’autochtone, soit il part sans espoir de retour, soit il est tué…), comme elle l’a fait cette année et il y a une levée de boucliers, pas contre l’état raciste en question, mais contre l’ONU qui a osé briser l’omerta.

“La Palestine”, disait Nelson Mandela, “est le plus grand problème moral de notre époque.” Pourquoi cette vérité est-elle supprimée ? jour après jour, mois après mois, année après année ?…

Pour Israël, l’état d’apartheid, coupable de crimes contre l’humanité et de plus de violations de la loi internationale que n’importe quel autre état, le silence persiste parmi ceux qui savent et dont le boulot est de maintenir le cap et l’ardoise propre.

Pour Israël, tant de journalisme est intimidé et contrôlé par un groupe de pensée qui demande le silence sur la Palestine tandis que le journalisme honorable lui, est passé dans la dissidence: métaphore sous-terraine….

Un seul mot “conflit”, permet ce silence. “Le conflit arabo-israélien”, récite les robots en lisant leur télé-prompteur. Lorsqu’un ancien journaliste de la BBC, un homme qui connaît la vérité, se réfère à “deux narratifs”, la contorsion morale est achevée.

Il n’y a pas de conflit, pas deux narratifs avec leur point d’équilibre moral. Il y a une occupation militaire forcée par une puissance dotée de l’arme nucléaire et soutenue par l’armée la plus puissante du monde ; il y en en plus une injustice de dimension épique.

Le mot “occupation” est peut-être banni, effacé du dictionnaire ; mais la mémoire de la vérité historique ne peut pas être bannie: celle de l’expulsion systémique des Palestiniens de leur terre ancestrale. Les Israéliens appelèrent cela le “Plan D” en 1948. L’historien israélien Benny Morris décrit comment David Ben-Gourion, le premier premier ministre d’Israël, a reçu cette question d’un de ses généraux: “Que doit-on faire des Arabes ?”

Le premier ministre, écrivit Morris: “balaya vigoureusement l’air de sa main.” “Expulsez-les !” déclara t’il.

Soixante-dix ans plus tard, ce crime est totalement supprimé de la culture intellectuelle et politique de l’occident. Ou alors c’est sujet à débat, à peine controversif. Des journalistes grassement payés acceptent avidement les voyages du gouvernement, l’hospitalité ou la flatterie, ils sont truculents dans leurs protestions d’indépendance. Le terme “d’idiots utiles” a été créé spécifiquemement pour eux.

Accepter des récompenses

En 2011, je fus frappé par la facilité avec laquelle un des romanciers les plus en vue de Grande-Bretagne, Ian McEwan, un homme baignant dans le flot de la lumière bourgeoise, a accepté le prix de littérature de la ville de Jérusalem dans l’état d’apartheid.

McEwan se serait-il rendu à Sun City dans l’Afrique du Sud de l’apartheid ? Ils y donnaient également des récompenses, tous frais payés. McEwan a justifié son action par des mots hypocrites au sujet de l’indépendance de la “société civile”.

La propagande du type de celle délivrée par McEwan, contenant la conventionnelle frappe sur la main de ses hôtes satisfaits, est une arme de l’oppresseur en Palestine. Mielleuse, elle insinue presque tout ce qu’on veut de nos jours.

Comprendre et détruire la propagande culturelle et d’état est aujourd’hui notre tâche la plus critique. On nous pousse à marche forcée vers une seconde guerre froide dont le but éventuel est de subjuguer et de balkaniser la Russie et d’intimider la Chine.

Lorsque Trump et Poutine ont parlé à huis-clos pendant plus de deux heures en marge de la réunion du G20 à Hambourg, apparemment sur le besoin de ne pas aller en guerre l’un contre l’autre, les objecteurs les plus vociférateurs furent ceux-là même qui ont mené la charge du libéralisme, comme cet écrivain politique sioniste du quotidien du Guardian de Londres.

“Pas étonnant que Poutine souriait à Hambourg”, écrivit Jonathan Freedland, “il sait qu’il a réussi dans son objectif principal: il a rendu l’Amérique de nouveau faible.” Méchant Poutine…

Ces propagandistes n’ont jamais vu ni connu la guerre mais ils adorent le jeu impérialiste de la guerre. Ce que Ian McEwan appelle la “société civile” est devenue une riche source de propagande affiliée.

Ainsi lorsqu’Israël est rappelé à l’ordre par les gouvernements et les ONG de “respecter les droits de l’Homme” en Palestine, rien ne se passe, parce qu’ils savent tous qu’il n’y a rien à craindre, rien ne va changer.

Prenez un terme souvent utilisé par les gardiens de cette “société civile”, les “droits de l’Homme”. Comme tout autre noble concept de “démocratie”, les “droits de l’Homme” se sont retrouvés vidés de leur substance et de leur objectif.

Tout comme le “processus de paix” et la “feuille de route”, les droits de l’Homme en Palestine ont été détournés par les gouvernements occidentaux et les ONG entrepreneuriales qu’ils financent (NdT: indirectement, mais il faut toujours suivre le fric pour savoir qui se cache derrière telle ou telle association ou ONG…) et qui affirme une chimérique autorité morale.

Ainsi, lorsqu’Israël est appelé par les gouvernements et les ONG à “respecter les droits de l’Homme” en Palestine, rien ne se passe, parce qu’ils savent tous très bien qu’il n’y a rien à craindre, rien ne va changer.

Remarquez le silence de l’UE, qui s’accommode parfaitement d’Israël tout en refusant de maintenir ses engagements au peuple de Gaza, comme par exemple maintenir ouverte la ligne de vie de Raffah, une mesure dont elle a accepté d’être un partenaire prépondérant au cours du processus d’arrêt des combats en 2014. Un port pour Gaza, dont le projet fut accepté par Bruxelles en 2014, a été abandonné.

La commission des Nations-Unies à laquelle j’ai fait référence s’appelle la Commission Economique et Sociale pour l’Asie Occidentale, a décrit Israël comme et je cite: “fabriqué pour le but principal” de la discrimination raciale. Des millions de gens comprennent cela. Ce que les gouvernements de Londres, Washington, Bruxelles et Tel Aviv ne peuvent pas contrôler est que l’humanité de la rue est en train de changer comme peut-être jamais auparavant.

Un monde en mouvement

Les gens, partout, remuent et sont de plus en plus conscients, de mon point de vue, que jamais auparavant. Certains sont déjà en révolte ouverte. L’atrocité de l’incendie de la tour Grenfell à Londres a rapproché les communautés dans un vibrant mouvement de quasi résistance nationale.

Grâce à une campagne populaire, le judiciaire examine aujourd’hui les preuves pouvant mener à une possible inculpation pour crimes de guerre de Tony Blair. Même si cela échoue, c’est un développement crucial qui met à bas une barrière de plus entre le public et sa reconnaissance de la nature vorace et prédatrice des crimes du pouvoir d’état, le dédain systémique pour l’humanité commis en Irak, en Palestine et dans l’évènement de la tour Grenfell. Ce sont des points qui ne demandent qu’à être connectés. Pour la plus grande partie de ce XXIème siècle, la fraude du pouvoir corporatiste posant comme la démocratie était directement dépendante de la propagande de distraction: largement fondé sur un culte du “moi-je”, du narcissisme créé pour désorienter notre sens et capacité de voir, regarder et considérer l’autre, d’agir ensemble pour la justice sociale et l’internationalisme.

Les notions de classe, genre et race furent écartelées. Le personnel devint le politique et le média le message. La promotion du privilège bourgeois fut présenté comme la “politique progressiste”. Ce ne l’était pas. Ne l’a jamais été. Ce n’est que la promotion du privilège et du pouvoir.

Parmi la jeunesse, l’internationalisme a trouvé une vaste nouvelle audience. Regardez le soutien à Jeremy Corbyn et le sort réservé au grand cirque du G20 à Hambourg. En comprenant la vérité et les impératifs de l’internationalisme et en rejetant le colonialisme, nous comprenons la lutte pour la Palestine,

Mandela l’a dit de cette façon là: “Nous savons tous parfaitement bien que notre liberté est incomplète sans la liberté des Palestiniens”.

Au cœur du Moyen-Orient règne cette injustice historique en Palestine. Jusqu’à ce que celle-ci ne soit résolue et que les Palestiniens aient retrouvé leur terre et leur liberté et que les Israéliens soient les égaux des Palestiniens devant la loi, il n’y aura pas de paix dans la région et peut-être nulle part ailleurs. (NdT: ce que Pilger ignore ici est le fait que cela est fait pour cela, le but est la guerre et donc le chaos perpétuels, la division et la manipulation pour toujours plus de contrôle de la même clique sur le plus grand nombre…)

Ce que disait Mandela est que a liberté elle-même est précaire tandis que des gouvernements puissants peuvent simplement nier les autres, les terroriser, les emprisonner et les tuer, en notre nom. Israël comprend certainement la menace du fait qu’un jour, il devra être normal.

C’est pourquoi son ambassadeur en GB est Mark Regev, bien connu des journalistes comme étant un pro de la propagande et pourquoi “l’énorme bluff” des accusations d’antisémitisme, comme l’appelle l’historien israélien Illan Pappe, fut permis de déformer le parti travailliste et d’affaiblir la position de leader de Jeremy Corbyn. Le fait est que cela a échoué.

Tout bouge vite maintenant. La remarquable campagne du BDS (Boycott, Disinvestment and Sancions) est un succès, jour après jour, des villes, des syndicats et des corps étudiants la reconnaissent et l’endorsent. La tentative du gouvernement britannique de restreindre les conseils locaux d’endorser la campagne BDS a échoué devant les tribunaux.

Tout ceci n’est pas vain. Lorsque les Palestiniens se lèveront encore, comme ils le feront, ils ne seront peut-être pas couronnés de succès au début, mais ils le seront éventuellement si nous comprenons qu’ils sont nous et que nous sommes eux.

Résistance au colonialisme: La dictature de la pensée occidentale à l’origine des lois coloniales toujours en vigueur (Steven Newcomb)

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A lire, la version PDF de « Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte »
(Steven Newcomb, 2009, traduction de larges extraits par Résistance 71)

Pour mieux comprendre la notion de pouvoir et de justice dans le paradigme autochtone: « Un manifeste indigène » (Taiaiake Alfred)

 

L’esprit de l’homme blanc est à l’origine de la soi-disante loi fédérale indienne

 

Steven Newcomb

 

28 juin 2017

 

url de l’article original:

https://indiancountrymedianetwork.com/news/opinions/mind-white-man-origin-us-federal-indian-law/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

“Remonter à l’origine de la loi fédérale indienne est une tâche difficile.” – Felix S. Cohen

La loi est un pur produit de l’esprit humain.” – Steven L. Winter

Les concepts et les idées qui constituent la loi fédérale indienne américaine sont issus de là où toutes les idées ont leur origine, dans l’esprit humain. Mais pas n’importe quels humains ont créé ces concepts. Nos ancêtres indigènes n’ont pas créé les idées appelées aujourd’hui la “loi fédérale indienne”. Les descendants des colons européens créèrent les idées que vous lirez si vous prenez par exemple The Handbook of Federal Indian Law, de Felix Cohen. Je ne vois pas très bien pourquoi Cohen a eu des difficultés a comprendre un point clef: l’origine de la loi fédérale indienne est l’esprit de l’homme blanc.

L’esprit occidental, celui de l’homme blanc, a créé les idées qui ont été utilisées et continuent de l’être pour opprimer nos nations originelles. Lorsque les colonisateurs ont envahi nos territoires traditionnels, ils avaient avec eux des penseurs dont le boulot était de planifier et de comploter. Il y a eu de tels penseurs au cours des siècles. Ces esprits brillants étaient formés dès leur plus jeune âge à penser aux meilleurs moyens et pratiques pour phagocyter nos terres et territoires et pour imposer sur nos peuples et nations un vocabulaire limité et des idées qui créeraient un système de réalité dominatrice qui serait utilisé pour dominer et contraindre nos nations. Nous vivons aujourd’hui avec le résultat de cet héritage destructeur.

Nos ancêtres n’avaient pas le bénéfice de connaître en détail  la mentalité des colonisateurs. La plupart de nos ancêtres n’ont pas eu le bénéfice de pouvoir aller lire les archives des colons et, basés sur cette étude, de formuler des arguments en anglais, en français ou en espagnol/portugais, qui pourraient être utilisés pour identifier et fondamentalement défier les grands silences des colonisateurs et leurs assomptions les plus profondément cachées.

Lorsque les membres de nos familles furent forcés, enfants, dans les pensionnats blancs de la domination, la pédagogie du contrôle était faite “pour tuer l’Indien et sauver l’humain en lui”. On leur a appris à imiter et à embrasser le schéma mental du “dieu bénit l’Amérique” du colonisateur plutôt que de défier ces schémas dominateurs. “L’Indien” qui était désigné pour mourir était celui qui avait le plus de chance de défier ces schémas de l’agenda colonisateur de l’homme blanc. Ainsi, le système impérialiste américain de domination voulait dévorer nos ancêtres pendant leur enfance en les forçant dans les entrailles de l’empire (les rendant ainsi colon-isé), de façon à ce qu’ils puissent être “assimilés” (digérés) dans le corps politique de l’empire et finir par vivre tranquillement dans le corps de l’empire, captifs, si on peut dire, du “ventre” de la bête.

Enfants, nos ancêtres furent forcés à incorporer les pensionnats pour Indiens dans un effort de retirer tout ce qui pourrait maintenir nos nations ensemble. Nos nations devaient être et furent démantelées en suivant les coutures. Pour la plupart, nos nations n’étaient même pas référées comme étant des nations ; au lieu de cela, on apprît à nos ancêtres de se référer à la notion de “tribu” au lieu de nation  ou à un bas-ordre de “nations tribales”. Après quelques générations, ce vocabulaire dénaturant est devenu une partie imbriquée de la fabrique même de notre existence colonisée. Nos langues, que nos ancêtres firent évoluer au cours des millénaires devaient être étouffées, suffoquées. Ceci devait se faire en ne laissant pas nos ancêtres “respirer un mot” de leur langue maternelle durant leur enfance. Un système de punition vicieux et psychologiquement endommageant tout autant que ridicule fut mis en place et appliqué à tous ces enfants qui voulaient continuer à parler leur langue maternelle, ce qui était de fait la chose la plus naturelle du monde à faire. Le plan tordu des colonisateurs était de s’assurer que nous ne serions plus capables de parler les mots, de penser ou de connaître les enseignements de nos ancêtres. Dans la plus grande des mesures, ce programme fut un succès, il n’a échoué qu’en quelques circonstances.

A cause de l’héritage de ces pensionnats de la domination, le cliché de “devoir obtenir une éducation” ne veut jamais dire d’avoir besoin d’apprendre le langage et le système de connaissance traditionnel de nos propres nations pré-américaines. Cela veut dire “vous devez obtenir une éducation d’homme blanc” en apprenant à penser de la même manière que dans le système occidental des colonisateurs, en adhérant au système de la domination fédérale sur les Indiens (érigée en “loi”). Personne n’a encore expliqué comment maîtriser et maintenir le système de domination des idées utilisé contre nos nations, est supposé les libérer.

Aujourd’hui, malgré tout ce qui s’est passé, nous avons le bénéfice de la connaissance interne [du système de domination]. Nous avons l’avantage de pouvoir lire et analyser les archives historiques de la structure de l’argumentaire de l’homme blanc ainsi que de ses processus mentaux. Nous avons la capacité d’utiliser la théorie cognitive, qui explique les opérations de l’esprit humain, d’examiner les concepts et les idées qui font et constituent le système de domination de la loi fédérale indienne américaine qui a été et continue d’être utilisé contre nos peuples et nations originels.

Le système fédéral indien de la domination des Etats-Unis assume que nos nations et nos peuples sont sujets, doivent obéir à l’esprit de l’homme blanc ; mais si nous demandons “sur quelle base assumez-vous que nos nations doivent être sujettes à l’esprit de l’homme blanc ?” La réponse qui revient en boucle est : “sur la base de l’esprit de l’homme blanc.Comment nous sommes-nous donc retrouvés dans cet imbroglio dans lequel nous nous trouvons aujourd’hui ? Simple. L’esprit de l’homme blanc a été capable de construire des idées et des arguments qui ont été utilisés pour donner l’impression [l’illusion] que nos nations sont de droit, sujettes à l’esprit (NdT: et donc à la domination) de l’homme blanc. Si nous ne faisons aucun effort pour défier ce raisonnement, alors nous nous sommes simplement résignés à notre propre destinée de dominés.

Si nous nous laissons mentalement conditionner à vivre nos vies selon le schéma conceptuel de l’homme blanc, nous continuerons à être mentalement emprisonné dans ce système conceptuel, qui continuera à être appelé “la loi”. Notre rechignement à défier les activités mentales de l’homme blanc a eu pour résultat que nous traitions les idées prévalantes de l’homme blanc comme “loi”. C’est “leur loi”. Alors que nos peuples et nations commencèrent à utiliser l’anglais comme langue principale de communication avec dans le même temps nos propres langues qui étaient réprimées et effacées au sein des pensionnats pour Indiens, nous internalisions dans nos esprits les assomptions très dominatrices qui sont toujours utilisées aujourd’hui pour dénaturer et retirer leur pouvoir à nos nations.

Nous avons besoin d’une approche différente et d’un genre différent de conversation au sujet du système de la loi fédérale indienne de domination, une approche qui questionne et défie la plus basique des assomptions qui dit que nos peuples et nations sont sujets à l’esprit de l’homme blanc par le simple fait que celui-ci a pensé de telle façon et parce qu’il l’a affirmé sur la base de la doctrine chrétienne de la découverte et de la domination.

Guerre impérialiste au MO: Israël et la Turquie vont profiter de la partition de la Syrie…

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La partition de la Syrie semble être en marche. Les réunions à huis-clos ces dernières semaines ont été bon train. Il est plus que probable que certains ont été vendus, d’autres achetés et qu’un nouveau Yalta a peut-être eu lieu on va avoir lieu… Les Yanks ont établi des bases aériennes dans le nord de la Syrie, l’entité sioniste renforce son annexion du Golan, on devrait revoir apparaître sous peu le projet de gazoduc… Vous savez, ce projet refusé par la Syrie en 2009 et qui déclencha cette guerre par procuration en 2011… Les oligarques s’arrangent entre eux derrière le rideau.

~ Résistance 71 ~

 

La paix en Syrie au profit d’Israël et de la Turquie ?

 

Thierry Meyssan

 

11 juillet 2017

 

url de l’article original: http://www.voltairenet.org/article197064.html

 

Alors que l’on s’approche de la fin de la guerre contre la Syrie, aucun des buts initiaux des Anglo-Saxons n’a été totalement atteint : non seulement les Frères musulmans n’ont pas triomphé lors des printemps arabes, mais ils semblent perdants dans l’ensemble de la région, hormis au Qatar et en Turquie ; si la Syrie est largement détruite, la société syrienne et son modèle multi-confessionnel ont résisté ; enfin la route de la soie devrait être rétablie. Quoi qu’il en soit, Israël et le Turquie sont sur le point de tirer les marrons du feux et de sortir à leur manière eux aussi vainqueurs de la guerre.

Chacun prévoyait que la crise opposant l’Arabie saoudite au Qatar allait faciliter la résurgence de l’axe Riyad-Damas-Le Caire qui avait dominé la vie politique du monde arabe jusqu’au « printemps arabe ». Il n’en a rien été.

Peut-être le prince Mohammad ben Salmane espère toujours vaincre au Yémen et estime donc inutile de se rapprocher de la Syrie. Ou les Saoudiens, qui conduisirent jadis la révolte arabe contre les Ottomans, considèrent aujourd’hui comme trop dangereux de prendre le parti de la Syrie contre la Turquie. Il est vrai que, lors des négociations de Crans-Montana la semaine dernière, l’Onu, le FMI et l’Union européenne ont soutenu l’occupation, pourtant illégale au regard du droit international, de Chypre-Nord par l’armée turque. À l’évidence, bien qu’il soit devenu de bon ton en Occident de cracher sur la dictature d’Erdoğan, l’Otan soutient sans réserve le déploiement militaire turc à Chypre, en Syrie, en Irak et au Qatar.

« La Nature ayant horreur du vide », c’est le Qatar qui a établi des contacts avec Damas. Pour le président Bachar el-Assad c’est une prise moins significative que l’Arabie saoudite, mais une prise quand même. C’est un État de moins dans la guerre contre son pays dans laquelle ne restent en réalité, outre des multinationales US, que le Royaume-Uni, la Turquie et Israël.

La rencontre entre les présidents Vladimir Poutine et Donald Trump, lors du G20 de Hambourg le 7 juillet 2017, a semble-t-il, renversé la table ! La réunion prévue pour une demi-heure a duré plus de quatre fois plus longtemps contraignant d’autres chefs d’État et de gouvernement étrangers à faire antichambre en attendant leur tour. Bien que l’on ignore ce que les deux présidents et leurs ministres des Affaires étrangères ont décidé, on sait ce qu’ils ont négocié.

Israël, l’Égypte et les Émirats arabes unis ont proposé de terminer la guerre contre la Syrie en actant la victoire de Tel-Aviv sur la Résistance palestinienne. Celle-ci est aujourd’hui divisée entre le Fatah qui gouverne à Ramallah et le Hamas à Gaza.

Or, le Fatah de Mahmoud Abbas a progressivement sombré dans la corruption et collabore ouvertement avec Israël. Tandis que le Hamas, créé par les Frères musulmans sous les auspices des services secrets israéliens pour affaiblir le Fatah, s’est discrédité d’abord par ses actions terroristes contre des civils, puis par son invraisemblable comportement durant la guerre contre la Syrie. De fait, seuls la Turquie et l’Iran persistent à soutenir le Hamas qui répugne la totalité des autres États. Sans honte, le Hamas qui s’était déjà allié au Mossad et à Al-Qaïda pour massacrer les dirigeants du FPLP au camp syrien de Yarmouk en 2012 [1], a imploré à nouveau le pardon de Tel-Aviv.

D’où ce plan ahurissant de réunir les deux principales factions palestiniennes, d’évincer le vieux Mahmoud Abbas (82 ans), de reconnaître un État palestinien fantoche et de placer à sa tête… le général Mohammed Dahlan.

Mohammed Dahlan, c’est ce leader du Fatah qui devint secrètement un agent israélien, lutta sauvagement contre le Hamas, puis empoisonna Yasser Arafat [2]. Démasqué, il fut exclu du Fatah, s’enfuit au Monténégro, et fut condamné par contumace. Il résidait ces dernières années aux Émirats arabes unis où il gérait une fortune de 120 millions de dollars détournés de l’Autorité palestinienne. Il devrait être accueilli à Gaza par ses ennemis historiques du Hamas, dont le nouveau « Premier ministre » Yahya Sinwar qui se trouve être un de ses amis d’enfance. Oubliant le passé, on lui confierait pour commencer la lutte contre l’Armée de l’islam, c’est-à-dire la branche palestinienne de Daesh.

Ce plan, s’il devait être mis en œuvre marquerait la liquidation définitive de la Résistance palestinienne, après 70 ans de lutte.

C’est dans ce contexte que l’on doit comprendre l’annonce d’un accord Poutine-Trump sur trois régions au Sud de la Syrie. Des troupes US seraient autorisées à s’y déployer, prétendument pour y maintenir la paix, en réalité pour créer une zone démilitarisée entre le Golan syrien et le reste du pays. Les troupes iraniennes ne seraient pas autorisées à s’approcher d’Israël. De la sorte, le Golan, occupé illégalement par Israël depuis quarante ans, serait considéré de facto comme annexé même si le mot ne serait pas prononcé. Des conseils locaux des villages seraient élus en octobre 2018 conformément à la loi israélienne. La Russie ne dirait rien et les États-Unis oublieraient quant à eux leur obsession criméenne.

La paix pourrait être conclue dans le reste de la Syrie à l’exception de la zone prise par des Kurdes à Daesh et de celle contrôlée par les Turcs. Washington et Moscou laisseraient ces derniers régler leurs compte avec ces Kurdes, c’est-à-dire les massacrer. Exactement comme Henry Kissinger soutint les Kurdes irakiens contre Saddam Hussein avant de les abandonner du jour au lendemain avec leur rêve de Kurdistan. En définitive, l’armée turque resterait occuper Al-Bab, comme elle occupe déjà Chypre-Nord et Baachiqa en Irak.

Les Palestiniens et les Kurdes payeraient leur erreur d’avoir combattu pour un pays en dehors de leur territoire (en Jordanie et au Liban au lieu de la Palestine pour les premiers, en Irak et en Syrie au lieu du Kurdistan pour les seconds [3]).

Israël et la Turquie seraient les deux seuls États à profiter de six ans de guerre contre le Peuple syrien.

[1] « Des agents du Mossad dans l’unité d’Al-Qaida qui a attaqué le camp de Yarmouk », Réseau Voltaire, 31 décembre 2012.

[2] « Les circonstances politiques de la mort de Yasser Arafat », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 11 novembre 2010.

[3] « Les projets de Kurdistan », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 septembre 2016.

Critique radicale pour changement de paradigme (Francis Cousin)

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Nous relayons ici la vidéo d’une longue discussion des plus intéressantes avec Francis Cousin. Il est pour nous très instructif de voir qu’il est possible de parvenir aux mêmes conclusions sur un sujet d’analyse politico-social radicale et sur une vision commune de changement de paradigme et sous quelle forme, en y arrivant par des chemins somme toute assez différents. Lui, par la voie plus classique des philosophes pré-socratiques (Héraclite, Parménide) puis Hegel et Marx (qu’il aide à découvrir sous un autre angle, même s’il passe sous silence au fil de ses discussions, le sectarisme du penseur tout en occultant la partie de son œuvre sans doute la plus critiquable à savoir celle du « Manifeste » ouvrant la voie au goulag bolchévique…). Nous sommes parvenus à des conclusions similaires par la voie anarchiste, bien que nous ayons en commun avec Cousin une analyse de la société au travers du prisme radical du situationnisme et de l’universel et visionnaire Guy Debord. Pour Cousin comme pour nous, pas de solutions dans le système absolument irréformable.  Soit on laisse le capital aller au bout du bout du banc et tout détruire, soit le tsunami de la révolution sociale casse tout (État, marché, argent) et rétablit la communauté organique  et son communisme primordial.

Excellent entretien qui passe un paquet de sujets en revue. A voir et à diffuser sans modération.

Résistance 71

 

Vidéo, durée: 1h09

 

Changement de paradigme politique: L’anarchie dans l’évolution socialiste (Pierre Kropotkine) ~ 2ème partie ~

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L’ANARCHIE

Dans l’Évolution Socialiste

2ème Édition

 

Pierre Kropotkine

 

Prix : 10 centimes

PARIS

Au bureau de la Révolte

140, rue Mouffetard, 14ème

1892

1ère partie

2ème partie

Avons-nous besoin, en effet, d’un gouvernement pour instruire nos enfants ? que le travailleur ait seulement le loisir de s’instruire, — et vous verrez comme partout surgiront, de par la libre initiative des parents, des personnes aimant la pédagogie, des milliers de sociétés d’instruction, d’écoles de tout genre, rivalisant entre elles pour la supériorité de l’enseignement. Si nous n’étions pas écrasés d’impôts et exploités par nos patrons comme nous le sommes, ne saurions-nous pas le faire infiniment mieux nous-mêmes ? Les grands centres prendraient l’initiative du progrès et prêcheraient d’exemple ; et le progrès réalisé — personne de vous n’en doute — serait incomparablement supérieur à ce que nous parvenons à obtenir de nos ministères.

L’État est-il nécessaire même pour défendre un territoire ? Si des brigands armés viennent attaquer un peuple libre, ce peuple armé, bien outillé, n’est-il pas le rempart le plus sûr à opposer aux agresseurs étrangers ? Les armées permanentes sont toujours battues par les envahisseurs, et — l’histoire est là pour le dire — si on parvient à les repousser, ce n’est jamais que par un soulèvement populaire.

Excellente machine pour protéger le monopole, le gouvernement a-t-il su nous protéger contre les quelques individus qui parmi nous seraient enclins à mal faire ? En créant la misère, n’augmente-t-il pas le nombre de crimes, au lieu de les diminuer ? En créant les prisons, où des populations entières d’hommes et d’enfants viennent s’engouffrer pour en sortir infiniment pires que le jour où ils y sont entrés, l’État n’entretient-il pas, aux frais des contribuables, des pépinières de vices ?

En nous obligeant à nous décharger sur d’autres du soin de nos affaires, ne crée-t-il pas le vice le plus terrible des sociétés, — l’indifférence en matière publique ?

Et d’autre part, si nous analysons tous les grands progrès de notre siècle, — notre trafic international, nos découvertes industrielles, nos voies de communication, — est-ce que à l’État ou à l’initiative privée que nous les devons ?

Voici le réseau de chemins de fer qui couvre l’Europe. À Madrid, par exemple, vous prenez un billet direct pour Pétersbourg. Vous roulez sur des routes qui ont été construites par des millions de travailleurs mis en mouvement par des vingtaines de compagnies ; des locomotives espagnoles, françaises, bavaroises, russes, viendront s’atteler à votre wagon. Vous roulez sans perdre nulle part vingt minutes, et les deux cents francs que vous avez payés à Madrid se répartiront équitablement, à un sou près, entre les compagnies qui ont contribué à votre voyage.

Eh bien, cette ligne de Madrid à Petersbourg s’est construite par petits tronçons isolés qui ont été reliés peu à peu. Les trains directs sont le résultat d’une entente entre vingt compagnies différentes. Je sais qu’il y a eu des froissements au début, que des compagnies, poussées par un égoïsme mal compris, ne voulaient pas s’entendre avec les autres. Mais je vous demande : Qu’est-ce qui valait mieux ? Subir ces quelques froissements, ou bien attendre qu’un Bismarck, un Napoléon ou un Tchinghiz Khan eût conquis l’Europe, tracé les lignes au compas et ordonné la marche des trains ? Nous en serions encore aux voyages en diligence.

Le réseau de vos chemins de fer est l’œuvre de l’esprit humain procédant du simple au composé, par les efforts spontanés des intéressés ! et c’est ainsi que se sont faites toutes les grandes entreprises de notre siècle. Nous payons, il est vrai, trop cher les gérants de ces entreprises. Raison excellente pour supprimer leurs rentes ; mais non pour confier la gérance des chemins de fer de l’Europe à un gouvernement européen.

Quels milliers d’exemples ne pourrait-on pas citer à l’appui de cette même idée ! Prenez toutes les grandes entreprises : le canal de Suez, la navigation transatlantique, le télégraphe qui relie les deux Amériques. Prenez enfin cette organisation du commerce qui fait qu’en vous levant vous êtes sûrs de trouver le pain chez le boulanger — si vous avez de quoi le payer, ce qui n’arrive pas toujours aujourd’hui, — la viande chez le boucher et tout ce qu’il vous faut dans les magasins. Est-ce l’œuvre de l’État ? Certainement, aujourd’hui nous payons abominablement cher les intermédiaires. Eh bien, raison de plus pour les supprimer ; mais non pas de croire qu’il faille confier au gouvernement le soin de pourvoir à notre nourriture et à notre vêtement.

Mais, que dis-je ! Si nous suivons de près le développement de l’esprit humain à notre époque, ne sommes-nous pas frappés surtout pour satisfaire la variété infinie des besoins d’un homme de notre siècle : sociétés pour l’étude, pour le commerce, pour l’agrément et le délassement ; par la multiplicité des sociétés qui se fondent : les unes toutes petites, pour propager la langue universelle ou telle méthode de sténographie, les autres, grandioses, comme celle qui vient de se créer pour la défense des côtes d’Angleterre, pour éviter les tribunaux, et ainsi de suite. Si on voulait cataloguer les millions de sociétés qui existent en Europe, on ferait des volumes, et on verrait qu’il n’y a pas une seule branche de l’activité humaine qu’elles ne visent. L’État lui-même y fait appel dans son attribution la plus importante — la guerre. Il a dit : « Nous nous chargeons de massacrer, mais nous sommes incapables de songer à nos victimes ; faites une société de la Croix-Rouge pour les ramasser sur les champs de bataille et les soigner ! »

Eh bien, citoyennes et citoyens, que d’autres préconisent la caserne industrielle et le couvent du Communisme autoritaire, nous déclarons que la tendance des sociétés est dans une direction opposée. Nous voyons des millions et des millions de groupes se constituant librement pour satisfaire à tous les besoins variés des êtres humains, — groupes formés, les uns, par quartier, par rue, par maison ; les autres se donnant la main à travers les murailles des cités, les frontières, les océans. Tous composés d’êtres humains qui se recherchent librement et après s’être acquittés de leur travail de producteur, s’associent, soit pour consommer, soit pour produire les objets de luxe, soit pour faire marcher la science dans une direction nouvelle.

C’est là tendance du xixe siècle, et nous la suivons ; nous ne demandons qu’à la développer librement, sans entraves de la part des gouvernements.

Liberté à l’individu ! « Prenez des cailloux, disait Fourier, mettez-les dans une boîte et secouez-les ; ils s’arrangeront d’eux-mêmes en une mosaïque que jamais vous ne parviendriez à faire si vous confiiez à quelqu’un le soin de les disposer harmoniquement. »

III

Maintenant, citoyennes et citoyens, laissez-moi passer à la troisième partie de mon sujet, — la plus importante au point de vue de l’avenir.

Il n’y a pas à en douter : les religions s’en vont. Le xixe siècle leur a porté un coup de grâce. Mais les religions, toutes les religions, ont une double composition. Elles contiennent d’abord une cosmogonie primitive, une explication grossière de la nature ; et elles contiennent ensuite un exposé de la morale populaire, née et développée au sein de la masse du peuple.

En jetant par dessus bord les religions, en reléguant dans les archives à titre de curiosité historique, leurs cosmogonies, allons-nous aussi reléguer dans les musées les principes de morale qu’elle contiennent ?

On l’a fait, et nous avons vu toute une génération déclarer que, ne croyant plus aux religions, elle se moquait aussi de la morale et proclamait hautement le « Chacun pour soi » de l’égoïsme bourgeois.

Mais, une société, humaine ou animale, ne peut pas exister sans qu’il s’élabore dans son sein certaines règles et certaines habitudes de morale. La religion peut passer, la morale reste.

Si nous arrivions à considérer que chacun fait bien de mentir, de tromper ses voisins, de les dépouiller s’il le peut (c’est la morale de la bourgeoisie dans ses rapports économiques), nous arriverions à ne plus pouvoir vivre ensemble. Vous m’assurez de votre amitié, — mais ce n’est peut-être que pour mieux me voler. Vous me promettez de faire telle chose, — et c’est encore pour me tromper. Vous vous promettez de transmettre une lettre, et vous me la volez, comme un simple directeur de prison !

Dans ces conditions, la société devient impossible, et tout le monde le sent si bien que la négation des religions n’empêche nullement la morale publique de se maintenir, de se développer, de se poser un but de plus en plus élevé.

Ce fait est si frappant que les philosophes cherchent à l’expliquer par les principes d’utilitarisme ; et récemment Spencer cherchait à baser cette moralité qui existe parmi nous sur les causes physiologiques et les besoins de conservation de la race.

Quant à nous, pour mieux dire ce que nous en pensons, permettez-moi de l’expliquer par un exemple :

Voilà un enfant qui se noie, et quatre hommes sur le rivage qui le voient se débattre dans les flots. L’un d’eux ne bouge pas — c’est un partisan de « Chacun pour soi » de la bourgeoisie commerçante, c’est une brute, — n’en parlons pas !

Un autre fait cette réflexion : « Si je sauve l’enfant, un bon rapport en sera fait à qui de droit dans les cieux, et le Créateur me récompensera en doublant mes troupeaux et mes serfs. » — Et il se jette à l’eau. — Est-ce un homme moral ? Évidemment non ! C’est un bon calculateur, voilà tout.

Un troisième — l’utilitaire, — réfléchit ainsi (ou du moins les philosophes utilitaires le font ainsi raisonner) : « Les jouissances peuvent être classées en deux catégories : les jouissances inférieures et les jouissances supérieures. Sauver quelqu’un, c’est une jouissance supérieure, infiniment plus intense et durable que toutes les autres ; — donc, sauvons l’enfant ! » En admettant que jamais homme ait raisonné ainsi, cet homme ne serait-il pas un terrible égoïste ? et puis, serions-nous jamais sûrs qu’à un moment donné son cerveau de sophiste ne fasse pencher sa volonté du côté des jouissances inférieures, c’est-à-dire du laisser-faire ?

Et voici enfin le quatrième. Dès son enfance, il a été élevé à se sentir un avec tout le reste de l’humanité. Dès l’enfance, il a toujours pensé que les hommes sont solidaires. Il s’est habitué à souffrir quand d’autres souffrent à côté de lui et à se sentir heureux quand tout le monde est heureux ! Dès qu’il a entendu le cri déchirant de la mère, il a sauté à l’eau sans réfléchir, par instinct, pour sauver l’enfant. Et lorsque la mère le remercie, il lui répond : « Mais de quoi donc, chère dame ! je suis si heureux de vous voir heureuse. J’ai agi tout naturellement, je ne pouvais faire autrement ! »

Vos regards me le disent, citoyennes, — voilà l’homme vraiment moral, et les autres ne sont que des égoïstes à côté de lui.

Eh bien, citoyens, toute la morale anarchiste est là. C’est la morale du peuple qui ne cherche pas midi à quatorze heures. Morale sans obligation ni sanction, morale par habitude. Créons les circonstances dans lesquelles l’homme ne soit pas porté à mentir, à tromper, à exploiter les autres ; et le niveau moral de l’humanité, de par la force même des choses, s’élèvera à une hauteur inconnue jusqu’à présent.

Ah, certes, ce n’est pas en enseignant un catéchisme de morale qu’on moralise les hommes. Ce ne sont pas les tribunaux et les prisons qui diminuent le vice ; ils le déversent à flots dans la société. Mais c’est en les mettant dans une situation qui contribue à développer les habitudes sociales et à atténuer celles qui ne le sont pas.

Voilà l’unique moyen de moraliser les hommes. 

Morale passée à l’état de spontanéité, — voilà la vraie morale, la seule qui reste toujours, pendant que les religions et les systèmes philosophiques passent.

Maintenant, citoyennes et citoyens, combinez ces trois éléments, et vous aurez l’Anarchie et sa place dans l’évolution socialiste :

Affranchissement du producteur du joug du capital. Production en commun et consommation libre de tous les produits du travail en commun.

Affranchissement du joug gouvernemental. Libre développement des individus dans les groupes et des groupes dans les fédérations. Organisation libre du simple au composé, selon les besoins et les tendances mutuelles.

Affranchissement de la morale religieuse. Morale libre, sans obligation ni sanction, se développant de la vie même des sociétés et passée à l’état d’habitude.

Ce n’est pas un rêve de penseurs de cabinet. C’est une déduction qui résulte de l’analyse des tendances des sociétés modernes. Le Communisme anarchiste, c’est la synthèse des deux tendances fondamenta les de nos sociétés : tendance vers l’égalité économique, tendance vers la liberté politique.

Tant que le Communisme se présentait sous sa forme autoritaire, qui implique nécessairement un gouvernement armé d’un pouvoir autrement grand que celui qu’il possède aujourd’hui, puisqu’il implique le pouvoir économique en plus du pouvoir politique, — le Communisme ne trouvait pas d’écho. Il a pu passionner un moment le travailleur d’avant 1848 prêt à subir n’importe quel gouvernement tout-puissant pourvu qu’il le fît sortir de la situation terrible qui lui était faite. Mais il laissait froids les vrais amis de la liberté. Aujourd’hui, l’éducation en matière politique a fait un si grand progrès que le gouvernement représentatif, qu’il soit limité à la Commune ou étendu à toute la nation, ne passionne plus les ouvriers des villes.

Le Communisme anarchiste maintient cette conquête, la plus précieuse de toutes — la liberté de l’individu. Il l’étend davantage et lui donne une base solide, — la liberté économique, sans laquelle la liberté politique reste illusoire.

Il ne demande pas à l’individu, après avoir immolé le dieu-maître de l’univers, le dieu-César et le dieu-Parlement, de s’en donner un plus terrible que les précédents, — le dieu-Communauté, d’abdiquer sur son autel son indépendance, sa volonté, ses goûts et de faire le vœu d’ascétisme qu’il faisait jadis devant le dieu crucifié.

Il lui dit, au contraire : « Point de société libre, tant que l’individu ne l’est pas ! Ne cherche pas à modifier la société en lui imposant une autorité qui nivellerait tout. Tu échoueras dans cette entreprise comme le Pape et César. — Mais modifie la société en sorte que tes semblables ne soient pas forcément tes ennemis. Abolis les conditions qui permettent à quelques-uns de s’accaparer le fruit du labeur des autres. Et, au lieu de chercher à bâtir la société de haut en bas, du centre à la périphérie, laisse-la se développer librement du simple au composé, par la libre union des groupes libres.

« Cette marche, gênée aujourd’hui, c’est la vraie marche de la société. Ne cherche pas à l’entraver, ne tourne pas le dos au progrès, marche avec lui ! — Alors le sentiment de sociabilité commun aux êtres humains, comme il l’est à tous les animaux vivant en société, pouvant se développer librement lorsque nos semblables cesseront d’être nos ennemis, — nous arriverons à un état de choses où chacun pourra donner libre essor à ses penchants, voire même à ses passions, sans autre contrainte que l’amour et le respect de ceux qui l’entourent. »

Voilà notre idéal. C’est l’idéal caché dans les cœurs des peuples, de tous les peuples.

Nous savons que nous n’arriverons pas à cet idéal sans de fortes secousses.

La fin de ce siècle nous prépare une formidable révolution. Qu’elle parte de la France, de l’Allemagne, de l’Espagne ou de la Russie, elle sera européenne. Elle se répandra avec cette même rapidité que celle de nos aînés, les héros de 1848 ; elle embrasera l’Europe.

La révolution ne se fera pas au nom d’un simple changement de gouvernement. Elle aura un caractère social. Il y aura des commencements d’expropriation, des exploiteurs seront chassés. Que vous le vouliez ou non, — cela se fera, indépendamment de la volonté des individus, et, si l’on touche à la propriété privée on sera forcé d’en arriver au Communisme ; il s’imposera. Mais le Communisme ne peut être ni autoritaire, ni parlementaire. Il sera anarchiste, ou il ne sera pas. La masse populaire ne veut plus se fier à aucun sauveur : elle cherchera à s’organiser elle-même.

Ce n’est pas parce que nous imaginons les hommes meilleurs qu’ils ne sont, que nous parlons Communisme et Anarchie. S’il y avait des anges parmi nous, nous pourrions leur confier le soin de nous organiser. Et encore les cornes leur pousseraient bien vite ! Mais c’est précisément parce que nous prenons les hommes tels qu’ils sont, que nous concluons : « Ne leur confiez pas le soin de vous gouverner. Tel ministre abject serait peut-être un excellent homme si on ne lui avait pas donné le pouvoir. L’unique moyen d’arriver à l’harmonie des intérêts, c’est la société sans exploiteurs, sans gouvernants. » Précisément parce qu’il n’y a pas d’anges parmi les hommes, nous disons : Faites en sorte que chaque homme voit son intérêt dans le intérêts des autres, alors vous n’aurez plus à craindre ses mauvaises passions.

Le Communisme anarchiste étant le résultat inévitable des tendances actuelles, c’est vers cet idéal que nous devons marcher, au lieu de dire : « Oui, l’Anarchie est un excellent idéal », et ensuite de lui tourner le dos.

Et si la prochaine révolution ne parvenait pas à réaliser cet idéal entier, — tout ce qui sera fait dans la direction de l’idéal restera ; tout ce qui sera fait en sens contraire sera condamné à disparaître un jour ou l’autre.

Règle générale. — Une révolution populaire peut être vaincue, mais c’est elle qui donne le mot d’ordre du siècle d’évolution qui lui succède. La France expire sous le talon des alliés en 1815, et c’est la France qui impose à l’Europe l’abolition du servage, le régime représentatif. Le suffrage universel est noyé dans le sang, et c’est le suffrage universel qui devient le mot d’ordre du siècle.

La Commune expire en 1871 dans les mitraillades, et c’est la Commune libre qui est aujourd’hui le mot d’ordre en France.

Et si le communisme anarchiste est vaincu dans la prochaine révolution, après s’être affirmé au grand jour, non-seulement il en restera l’abolition de la propriété privée ; non-seulement le travailleur aura conquis sa vraie place dans la société, non-seulement l’aristocratie foncière et industrielle aura reçu un coup mortel ; mais ce sera le Communisme anarchiste qui deviendra le point de mire de l’évolution du vingtième siècle.

Il résume ce que l’humanité a élaboré de plus beau, de plus durable : le sentiment de la justice, celui de la liberté, la solidarité devenue un besoin pour l’homme. Il garantit la liberté d’évolution de l’individu et de la société. Il triomphera.

Résistance politique: Du réformisme syndical à la révolution sociale (sur une base d’un édito de la CNT-SO)

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Dans le contexte étatico-capitaliste de circonstance, ce que disent ci-dessous les compagnons de la CNT-SO est on ne peut plus juste, et leur action de terrain est hautement respectée, mais voilà… le piège tendu par l’oligarchie est celui de maintenir la lutte syndicale dans le réformisme, dans “l’aménagement” de la misère et de la précarité pour qu’elles deviennent plus “supportables”. Dans ce contexte précis, l’autogestion ne devient que l’autogestion de la même merde capitaliste, simplement laissé aux ouvriers et salariés. Beaucoup (trop) de compagnons tombent dans ce piège.

La seule solution est la révolution sociale, le tsunami qui emporte tout du monde obsolète étatique et capitaliste pour faire place à la société des sociétés, celle des associations libres  et des communes émancipées et confédérées, latente car fondement de l’organisation sociale humaine depuis quelques centaines de milliers d’années. Les compagnons des syndicats peuvent avoir une grande importance, celle de la coordination sur le terrain de la seule grève ayant un sens politique: la grève générale illimitée et expropriatrice !

Tout le reste n’est que réformisme béat et donc à terme… pisser dans un violon !

En bref: mettre un terme à  l’État, au capitalisme, au salariat, à l’économie de marché, à l’argent et au fétichisme de la marchandise en ayant présent à l’esprit en toute circonstance, que la solution n’est pas économique, mais politique. Mettre fin à la relation dominant/dominé, exploiteur/exploité n’est pas un acte économique, mais politique. Il faut abattre la pyramide du pouvoir, celle devenue exogène à la société, sortie de solution du peuple, pour l’y retourner, rediluer le pouvoir dans le(s) peuple(s). éliminer le rapport dominant/dominé, c’est faire en sorte que le pouvoir ne soit plus séparé du corps social, qu’il soit un et total avec le peuple, de là s’ensuivra une responsabilité croissante d’un mode de production qui ne sera plus basé sur l’argent, le profit, la spéculation et l’exploitation, mais sur la juste répartition en fonction des besoins et des capacités de chacun.

~ Résistance 71 ~

Édito : Macron : un gouvernement au service du fric et des patrons !

Confédération Nationale des Travailleurs-Solidarité Ouvrière

Bulletin été 2017

Source: http://www.cnt-so.org/Bulletin-de-la-CNT-Solidarite581

Pierre Gattaz, le patron du MEDEF peut être « sur un nuage », Macron veux passer en force, par ordonnances, d’ici septembre, sa nouvelle réforme du droit du travail qui viendra aggraver les logiques de la loi El Khomri et laminer toujours plus nos droits. D’autres attaques se profilent avec des mesures visant au démantèlement de la protection sociale solidaire et un nouveau coup d’austérité qui touchera durement les services publics et les fonctionnaires.

Les concertations prévues cet été sont bidons, le gouvernement déroule les mesures prévues dans le programme présidentiel de Macron et cherche même à aller plus loin. Les syndicats qui se prêtent à la mascarade du dialogue social avec le gouvernement ont tout faux. Plus que jamais, ce n’est pas de « partenaires sociaux » dont nous avons besoin mais de syndicats forts et combatifs pour nous défendre, gagner de nouveaux droits et porter collectivement le projet d’une autre société ! Tout est question de rapport de force, organisons-nous sans plus tarder !

Dans la bataille sociale à venir, il s’agit d’abord d’identifier et de comprendre les dangers, afin d’argumenter pour mobiliser sur nos lieux de travail et de vie. Avec ce quatre-pages d’analyse, la CNT – Solidarité Ouvrière essaye de forger un outil, au service de la lutte. Bonne lecture !

Macron : un gouvernement au service du fric et des patrons !

La loi El Khomri démultipliée

Plafonnement des indemnités prud’homales

Macron avait déjà introduit un barème indicatif suivant l’ancienneté dans l’entreprise avec sa loi de 2015. Il va plus loin en proposant un plancher et un plafond obligatoire pour les licenciements abusifs. Une nouvelle fois, ce sont les capacités de défense juridiques des salarié.e.s qui sont mises à mal : cette mesure favorisera les licenciements en faisant baisser le montant des réparations financières.

Liberté de négociation locale quasi totale

La loi El Khomri avait déjà inversé la hiérarchie des normes (primauté de la loi sur l’accord de branche puis d’entreprise) mais uniquement sur le temps de travail. Cette fois-ci tout sera directement négociable dans l’entreprise, au-delà du socle minimal du Code du travail. La portée des accords de branches, au nombre considérablement réduit (de 50 à 100 au lieu de 700 environ actuellement), serait limitée aux minimas salariaux et à l’égalité professionnelle. Avec le chantage permanent au licenciement, une faible syndicalisation particulièrement dans les TPE et PME, le rapport de force sera extrêmement défavorable aux salarié.e.s et nos droits tirés vers le bas !

Le référendum d’entreprise initié par les patrons

Avec la loi El Khomri, un accord d’entreprise devait être validé par des syndicats représentant au moins 50 % des salarié.e.s ou par une consultation directe des salarié.e.s basé sur un accord minoritaire (30%). Désormais l’employeur pourra lui même convoquer ces « référendums » et disposera d’un moyen de pression supplémentaire. Loin d’un dialogue social apaisé vanté par les macronistes, nous savons bien que la réalité du terrain dans les entreprises, c’est la guerre totale des patrons contre les syndicats qui refusent la collaboration et une pression continuelle sur les salarié.e.s.

Fusion des institutions représentatives des personnels (IRP)

Toutes les entreprises pourront désormais fusionner leurs IRP (délégué.e.s du personnel, CE, CHSCT) en une délégation unique (DUP). Cette fusion vise a réduire le nombre de représentant.e.s donc de salarié.e.s protégé.e.s. Les militant.e.s seront submergé.e.s par les tâches de chaque mandat et auront moins de temps pour l’action syndicale.

Le démantèlement de la protection sociale solidaire

Baisse des cotisations sociales pour les entreprises et indépendants

Nous allons avoir encore droit aux même recettes libérales avec des exonérations massives de cotisations sociales pour les indépendants et les entreprises (baisse de 6% et objectif zéro cotisation pour un salarié au SMIC soit une baisse de 10 %). L’objectif est clairement affiché : « rendre le travail moins cher pour les employeurs », en baissant nos salaires. Rappelons-le, les cotisations sociales ne sont pas des « charges » mais une partie intégrante de nos salaires, socialisés pour nous protéger des aléas de la vie. Les réduire, c’est réduire les salaires (voir le zoom en page 4) !

Basculement du financement de la protection sociale vers l’impôt

Les cotisations sociales maladie et chômage vont être supprimées pour les salarié.e.s et remplacées par une hausse de la CSG. On touche au cœur même de la sécurité sociale , en s’éloignant toujours plus d’un système de répartition solidaire entre salariés pour poursuivre son étatisation. En prélude à sa privatisation ? Dans ce cadre, la hausse des salaires nets, si elle est réelle, est un attrape-nigaud ! Si on assèche les sources de financement de la protection sociale, il faudra bien compenser le manque (le fameux trou !) soit par une baisse des services, des hausses d’impôts ou la privatisation de pans entiers de la protection sociale.

Répression des chômeurs.euses

La possibilité de toucher des allocations après une démission cache un flicage accru des chômeurs.euses avec un renforcement des sanctions (suspension des allocations après deux refus d’offre d’emploi « décent »). Il n’est pas certain que nous ayons la même définition d’un « emploi décent » que Pôle Emploi, là encore il s’agit de faire pression pour tirer nos conditions de travail et nos droits vers le bas.

Retraite à points

La réforme envisagée reste encore floue. Il s’agirait d’évoluer vers un système unique public/privé dit de « comptes notionnels » où chacun alimentera un capital individuel virtuel, revalorisé chaque année selon la croissance des salaires. Le total des droits accumulés serait converti au moment de la retraite en une pension, à l’aide d’un coefficient de conversion fonction de l’âge de départ, de l’année de naissance ou encore de l’espérance de vie de chaque génération. Au regard des conditions spécifiques de carrière, des règles de cotisations actuellement très différentes, notamment entre public et privé, il y a fort à parier que cette réforme fera de nombreux perdants. La possibilité de modifier régulièrement le coefficient de conversion fait aussi peser une lourde incertitude sur le montant réel des pensions à l’arrivée. Ce système incitera globalement à travailler plus vieux puisque plus l’âge de départ sera élevé plus la pension sera importante. De même, pour une espérance de vie supposée plus longue pour une génération, il faudra choisir entre partir plus tard ou avoir une pension moindre. Sauf que le choix sera fait individuellement et non plus en reculant clairement un âge de départ commun à tous, encore un tour de passe-passe macroniste pour rendre indolore une régression !

Casse des services publics et austérité pour financer les riches

Les dépenses publiques sabrées

Macron, c’est la poursuite de l’austérité avec un objectif annoncé de réduction des « dépenses publiques » à 50 % du PIB qui est chiffrée à 60 milliards sur 5 ans mais qui pourrait être bien supérieure (jusqu’à 170 milliards selon certains économistes). Derrière ces chiffres, c’est inévitablement une diminution de la qualité des services publics pour les usager.e.s et une dégradation des conditions de travail pour les fonctionnaires.

120 000 suppressions de postes et des droits amputés

Première conséquence de ces « économies », la suppression programmée de 120 000 postes dans la fonction publique (50 000 pour l’État et 70 000 pour la territoriale). Cela sera un nouveau coup dur pour des services publics déjà très fragilisés par les suppressions massives de la dernière décennie. Le poids sera important pour les collectivités locales qui devront faire avec moins d’agents alors que de nombreuses compétences leur ont été déléguées ces dernières années. Pour compenser, il est bien sûr envisagé de s’attaquer aux statuts (recrutement hors statuts, recours aux contractuels et/ou au privé).

Des sacrifices à sens unique

Le but de cette politique austéritaire est clairement affiché : financer les plus riches et les entreprises. En plus des réductions de cotisations, les entreprises vont bénéficier d’avantages fiscaux : notamment un taux d’imposition des sociétés abaissé à 25%. Macron projette de faire baisser la fiscalité sur les revenus fonciers et les dividendes ou encore de supprimer l’ISF pour le remplacer par un impôt sur la seule fortune immobilière, facilement contournable.

ZOOM : Le salaire socialisé, c’est quoi ?

Un employeur.e fait deux versements, l’un au salarié.e qu’il emploie, le salaire direct, composante individuelle ou salaire net au bas de la feuille de paye, l’autre aux caisses de Sécurité Sociale (chômage, maladie, retraite, etc.) sous forme de cotisations sociales proportionnelles au salaire direct : c’est la composante collective, le salaire indirect ou salaire socialisé.

La cotisation sociale fait donc partie intégrante du salaire. Réduire la cotisation sociale, sous prétexte de soulager les « charges » de l’entreprise, c’est réduire le salaire ! Elle n’est pas un prélèvement ou une charge, ni un impôt, ni une taxe, ni une épargne, ni une assurance mais du salaire ! Salaire lui-même défini en référence à un barème, un tarif négocié au sein des conventions collectives, basé sur une grille de classification et non pas sur les résultats de l’entreprise.

Cette cotisation sociale est répartie entre la part du salarié.e et la part dite patronale. Versée aux caisses, elle est immédiatement transformée en prestations sociales (elle transite en flux direct). Elle établit clairement le fait qu’à chaque instant, c’est le travail productif qui crée la valeur finançant la protection sociale, dont les retraites. C’est donc le salaire socialisé qui, en France, finance la protection sociale.

Le salaire socialisé permet la reconnaissance sociale de toutes les situations des travailleurs.euses et de prendre en compte les aléas de la vie. Qu’ils soient actifs.ves, précaires, chômeurs.euses, retraité.e.s, les salarié.e.s sont reconnus en tant que travailleurs.euses : le/la chômeur.euse indemnisé comme un salarié.e demandeur.euse d’emploi, le.la retraité.e, comme un salarié.e pensionné.e.

Cet aspect est fondamental car il pose comme principes :

  • la solidarité entre les travailleurs.euses
  • il confisque aux représentant.e.s de l’État la gestion d’une partie des revenus des travailleurs.euses : le salaire socialisé. L’État intervient par l’impôt dans une logique d’assistanat, d’aide aux plus pauvres. Grâce à la cotisation, il n’y a pas de « pauvres » mais des « salarié.e.s inactifs.ves », dont le revenu est maintenu.
  • La cotisation est une arme économique au service des travailleurs.euses. Elle permet de financer les retraites, les allocations familiales, les remboursements des frais médicaux de millions de salarié.e.s. Elle est indexée sur le salaire net, et suit donc son évolution.

En tant que révolutionnaires, nous ne nous contenterons pas de maintenir le statu-quo de comptes «  équilibrés » de la Sécu. Les richesses produites dans les entreprises sont le fruit de l’activité des travailleurs.euses, elles doivent donc leur revenir !

Ensemble revendiquons !

  • Refus des nouvelles mesures Macron
  • Abolition des lois Macron de 2015, El Khomry de 2016
  • Retour sur l’ensemble des contre-réformes depuis 1993 sur les retraites et la sécu, gestion directe des caisses par les travailleurs-euses
  • Au delà, il impératif demain de :
  • Travailler moins  : 30h hebdomadaires sans baisse des salaires,
  • Travailler tous : répartir la charge de travail pour faire cesser la précarité et le chômage,
  • Travailler autrement : autogestion et contrôle ouvrier sur les entreprises