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Le peuple américain se réveille et défie la dictature sanitaire et les vaccins chimériques

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, coronavirus CoV19, crise mondiale, guerres hégémoniques, politique et social, résistance politique, santé et vaccins, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 7 avril 2021 by Résistance 71

 

 

 

Les vraies raisons pour lesquelles des millions d’Américains vont défier les obligations autour de la COVID et des vaccins

 

Brandon Smith

 

Mars 2021

 

Source de l’article en français:
https://lesakerfrancophone.fr/les-vraies-raisons-pour-lesquelles-des-millions-damericains-vont-defier-les-obligations-autour-de-la-covid-19-et-des-vaccins

 

Je soupçonne qu’une grande partie du public est au moins partiellement consciente lorsqu’elle est poussée ou attirée dans une façon spécifique de penser. Nous avons certainement eu assez d’expériences avec des institutions qui ont essayé de gérer nos pensées au fil des ans. Les gouvernements et les grands médias en particulier ont fait de la fabrication du consentement du public leur priorité absolue. C’est à cela qu’ils consacrent la majeure partie de leur temps, de leur argent et de leur énergie. Toutes les autres questions sont secondaires.

Les médias ne rapportent pas objectivement les faits et les preuves, ils déforment l’information pour planter un récit élaboré dans l’esprit de leurs téléspectateurs. Mais le public n’est pas aussi stupide qu’il semble le croire. C’est probablement la raison pour laquelle la confiance dans les médias a chuté de 46 % au cours des dix dernières années, atteignant cette année un niveau historiquement bas de 27 %.

À l’exception des pics de la saison pré-électorale, les grands médias, de CNN à Fox, en passant par CBS et MSNBC, sont confrontés à des chiffres d’audience désastreux, avec seulement 2 à 3 millions de téléspectateurs aux heures de grande écoute. Il y a de nombreux commentateurs sur YouTube qui ont une plus grande audience que cela. Et si vous passez au crible les bribes de vidéos des médias « main stream » dit MSM sur YouTube, vous trouverez peu de visites et une majorité de personnes ne visitent leurs chaînes uniquement que pour se moquer d’eux.

Les MSM s’efforcent maintenant d’expliquer l’effondrement de son empire, tout en débattant des moyens de se sauver de l’oubli. Le pouvoir du « quatrième pouvoir » n’est qu’une façade, une illusion créée par la fumée et les miroirs. En résumé : Personne (sauf peut-être les gauchistes extrêmes) n’aime les médias corporatifs ou les journalistes et propagandistes activistes.

On pourrait penser que les magnats des médias et les journalistes l’auraient compris depuis le temps. Je veux dire, s’ils acceptaient cette réalité, ils ne se battraient pas autant avec l’idée que personne ne les écoute lorsqu’il s’agit des obligations autour de la Covid-19 et des vaccins. Pourtant, les journalistes s’en plaignent sans cesse ces derniers temps.

En fait, la moitié des reportages que je vois ces jours-ci ne sont pas des analyses factuelles des événements, mais des journalistes corporatifs qui interviewent d’autres journalistes de ces mêmes médias et se plaignent les uns les autres de ce que les Américains sont « trop ignorants » ou « trop conspirationnistes » pour comprendre que les journalistes sont les grands prêtres oints de l’information.

En fait, je trouve cette situation fascinante en tant qu’observateur de l’oligarchie et bien versé dans les mécanismes de la propagande. Le récit fondamental de la culture de contrôle est qu’il y a des « experts » que l’establishment choisit, et puis il y a tous les autres. Les « experts » sont censés pontifier et dicter leur conduite, tandis que tous les autres sont censés se taire, écouter et obéir.

Les élitistes des médias se voient dans le rôle des « experts » et le public dans celui des acolytes dévoués, un fidèle troupeau de moutons. Mais que se passe-t-il lorsque tout le monde commence à ignorer les bergers ?

L’autre jour, je suis tombé sur cette interview révélatrice diffusée par CBS News, concernant un sondage réalisé auprès des Américains, qui montre qu’au moins 30 % d’entre eux refuseront catégoriquement de se faire vacciner contre la Covid-19. L’interview est, pour une raison ou une autre, réalisée par un autre journaliste de The Atlantic qui ne semble pas avoir de références médicales et qui ne comprend pas les données relatives à la Covid-19.

Il convient de noter tout de suite que la discussion elle-même n’aborde jamais les faits réels concernant le virus, la pandémie, les confinements, les mandats ou les vaccins. L’establishment ne cesse de nous dire « d’écouter la science », mais ensuite ils rejettent la science quand elle n’est pas en accord avec leur agenda. Quand les médias dominants vont-t-ils enfin reconnaître des faits comme ceux-ci :

1) Selon de nombreuses études officielles, dont une étude de l’American College of Physicians, le ratio de fatalité de l’infection (ou taux de mortalité) de la Covid-19 n’est que de 0,26% pour toute personne ne vivant pas dans une maison de retraite. Cela signifie que 99,7 % des personnes qui ne sont pas en maison de retraite survivront au virus si elles le contractent.

2) Les patients des maisons de retraite représentent plus de 40 % de tous les décès dus au Covid aux États-Unis. Il s’agit principalement de personnes qui étaient déjà malades et souffraient de multiples pathologies préexistantes lorsqu’elles ont contracté la Covid-19.

3) Les données hospitalières du gouvernement fédéral provenant du ministère de la santé et des services sociaux indiquent que la capacité des lits d’hôpitaux est amplement suffisante aux États-Unis et que c’est le cas depuis l’année dernière. Les patients Covid n’occupent qu’environ 13% des lits d’hospitalisation au niveau national. Les informations diffusées dans les médias sur la surcapacité des hôpitaux due à la Covid-19 sont donc inexactes ou carrément mensongères.

4) Des études internationales, dont une étude danoise publiée par l’American College of Physicians, ont prouvé que le port de masques ne fait AUCUNE différence significative dans la propagation ou le taux d’infection de la Covid-19. Il est intéressant de noter que les États américains où le port du masque est le plus imposé ont également enregistré les taux d’infection les plus élevés.

5) En mars 2020, le chef du NIAID, le Dr Anthony Fauci, a déclaré ceci à propos du port du masque lors d’une interview dans l’émission 60 Minutes :

« À l’heure actuelle, aux États-Unis, les gens ne devraient pas se promener avec des masques…. il n’y a aucune raison de se promener avec un masque. Lorsque vous êtes au milieu d’une épidémie, porter un masque pourrait faire en sorte que les gens se sentent un peu mieux, et il pourrait même bloquer une gouttelette, mais il ne fournit pas la protection parfaite que les gens imaginent, et souvent il y a des conséquences involontaires – les gens continuent à tripoter les masques et ils se touchent le visage. »

6) Sur Twitter, en février 2020, le Surgeon General américain s’est exprimé sur le port de masque :

« Sérieusement, arrêtez d’acheter des masques ! Ils ne sont PAS efficaces pour empêcher le grand public d’attraper le #Coronavirus, mais si les prestataires de soins de santé ne peuvent pas les obtenir pour soigner les patients malades, cela les met en danger, ainsi que nos communautés ! »

Le Surgeon General et Fauci ont par la suite changé d’avis sur le port du masque lorsqu’il ne convenait plus au récit de contrôle, et sont maintenant de fervents partisans de l’application du port obligatoire du masque. Les données scientifiques continuent de montrer que le port du masque n’empêche en rien la propagation de la Covid-19.

7) Les vaccins Covid de Pfizer et Moderna sont fabriqués à l’aide d’une toute nouvelle technologie qui a fait l’objet de tests limités. Le NIAID a effectué des tests minimaux sur des souris, mais ces souris n’étaient PAS d’un type normalement susceptible de contracter la Covid-19 comme le sont les humains. Ces tests étaient totalement inadéquats, mais les vaccins à ARNm ont tout de même été autorisés à être utilisés par les humains.

8) Les nouveaux vaccins ne contiennent pas le virus qui déclenche la Covid-19, comme le ferait un vaccin classique. Au lieu de cela, les chercheurs de Moderna et de Pfizer ont utilisé une nouvelle technique pour fabriquer de l’ARN messager (ARNm), qui est similaire à l’ARNm présent dans le SARS-Cov-2. En théorie, l’ARNm artificiel agira comme des instructions qui inciteront les cellules humaines à fabriquer une protéine présente à la surface du virus. Cette protéine devrait théoriquement déclencher une réponse immunitaire protectrice. L’ensemble des efforts déployés pour le vaccin de la Covid-19 a été essentiellement un raccourci géant. Ce n’est pas un avantage, car les effets à long terme de tout vaccin, d’un an à cinq ans, puis à dix ans, devraient être compris avant qu’il ne soit injecté à des êtres humains.

9) Plusieurs professionnels de l’industrie médicale, dont l’ancien vice-président de Pfizer, ont signé une pétition mettant en garde contre les nouveaux vaccins à ARNm. Ils affirment que des tests beaucoup plus poussés sont nécessaires avant d’exposer les humains, et ils préviennent que les vaccins peuvent provoquer de graves réactions auto-immunes, voire l’infertilité.

10) De nombreux sondages montrent également qu’au moins 30 à 50 % des professionnels de la santé, y compris les infirmières et les médecins, prévoient également de refuser les vaccins. Ces personnes risquent de perdre leur emploi, mais elles n’accepteront pas pour autant le vaccin. C’est dire à quel point les vaccins à ARNm peuvent être potentiellement dangereux ; la santé à long terme est plus importante que les risques à court terme.

Lorsque tous ces faits sont pris en compte, ainsi que de nombreux autres que je n’ai pas la place de mentionner ici, il n’est pas si farfelu que des millions d’Américains soient sceptiques à l’égard des obligations médicales et de la vaccination par rapport à la Covid-19.

Pourquoi devrions-nous nous inquiéter de nous faire vacciner contre un virus auquel 99,7% de la population survivra sans difficulté ? Pourquoi devrions-nous autoriser les fermetures économiques, les passeports médicaux ou la recherche invasive des contacts, et encore moins une pandémie à laquelle moins de 0,3 % de la population est sensible ? En outre, pourquoi devrions-nous nous porter volontaires pour être les cobayes d’une nouvelle technologie vaccinale sans savoir quelles en seront les conséquences à long terme ?

Même si la Covid-19 représentait un danger légitime, aucune crise ne justifie que l’on abandonne nos libertés civiles pour y répondre.

Le récit de base de l’establishment est le suivant : « La Covid-19 est une menace existentielle pour le public, par conséquent, nous sommes justifiés de priver les gens de leurs libertés, de leur économie et de leur vie privée. C’est pour le plus grand bien du plus grand nombre. La vaccination est infaillible et ne peut être remise en question. Les « experts » sont infaillibles et ne peuvent être remis en question. Ce n’est pas votre corps et ce n’est pas votre choix. Votre corps est la propriété du gouvernement et si vous ne prenez pas volontairement des injections de n’importe quel cocktail expérimental que nous vous donnons, alors nous continuerons à éroder vos libertés jusqu’à ce que vous cédiez et vous soumettiez. Puis, une fois que vous vous serez soumis, vos libertés ne vous seront cependant pas rendues ».

Ce n’est pas vraiment un argument convaincant pour beaucoup de gens.

Les médias comme CBS mentionnent rarement la question générale du contrôle et de l’oppression liés à la réponse à la pandémie, tout comme ils n’abordent jamais les faits qui vont à l’encontre de leur message. Ce qu’ils feront, c’est déformer la situation afin d’obtenir la conformité. Le journaliste de The Atlantic l’admet dans l’interview ci-dessus, affirmant que les médias, en particulier, doivent modifier leur message pour mieux inciter les gens à se faire vacciner. En d’autres termes, les gens sont plus faciles à manipuler lorsqu’ils sont amenés à penser qu’il y a plus à gagner en se soumettant qu’en se rebellant.

Le système de passeport médical est la personnification de la fausse incitation. Les médias présentent l’idée que personne ne sera « forcé » de prendre les vaccins ; mais ce qu’ils ne mentionnent pas, c’est que sans le vaccin, ils n’obtiendront pas de passeport médical, et sans passeport médical, ils seront coupés de l’économie normale. Vous pouvez ne pas être vacciné, mais vous serez puni par la pauvreté et l’absence d’accès jusqu’à ce que vous cédiez.

Ma question est la suivante : pourquoi se soucient-ils tant du fait que les gens ne veulent pas ou ne font pas confiance au vaccin ? Pourquoi sont-ils si obsédés ? Si le cocktail d’ARNm fonctionne réellement et ne constitue pas un danger pour la santé, alors ils devraient être parfaitement à l’abri de l’infection. L’idée que les personnes qui refusent sont un danger pour les autres est absurde.

Si l’on commence à parler de « mutations » potentielles qui contournent les protections vaccinales, alors pourquoi prendre un vaccin ? Si les mutations sont réellement une menace et ne sont pas entravées par les vaccins actuels, alors prendre un vaccin maintenant est inutile.

Et, pourquoi ces tentatives constantes de division du public ? CBS et The Atlantic utilisent un stratagème évident pour affirmer que les Américains noirs et bruns ont des raisons différentes de refuser d’obtempérer par rapport aux conservateurs apparemment blancs. Pourquoi supposent-ils que les noirs et les bruns ne sont pas conservateurs ou que nous n’avons pas de nombreux intérêts en commun ? Cela n’est jamais expliqué ou soutenu.

Enfin, comme toujours, les médias cherchent à faire passer pour des « fous du complot » tous ceux qui ne sont pas d’accord avec l’ordre du jour dominant, présentant des arguments fallacieux tout en ignorant tous les arguments légitimes en faveur de la liberté. La RÉALITÉ de la conspiration existe, et aucun de ces journalistes ne survivrait à un débat sur un pied d’égalité avec ceux d’entre nous qui font partie des médias alternatifs lorsqu’il s’agit de la Covid-19 et des vaccins.

La mentalité de harcèlement des médias et du gouvernement à l’égard des personnes sceptiques sur les restrictions de la Covid-19 et des vaccins est troublante. Ils agissent davantage comme des ex-copines délaissées de psychopathes que comme des personnes soucieuses de sauver des vies. Cela me faire dire qu’ils ont peur. Leur programme est incertain, et ils ont des doutes. C’est une bonne chose.

Au fond, la Covid-19 est un non-sujet qui a été gonflé en une crise aux proportions épiques par le biais de la narration et de la vérification sélective des faits. Des millions de personnes dans le monde meurent chaque année d’une myriade de maladies, dont certaines sont aussi infectieuses que la Covid-19. Nous n’arrêtons pas nos vies, ne portons pas de couches sur nos visages, ne nous injectons pas de cocktails non testés modifiant les cellules et ne sacrifions pas nos libertés pour autant. La vie, la liberté et la poursuite du bonheur continuent. Ceux qui souhaitent nous priver de notre autodétermination dans ces domaines sont la vraie menace pas la Covid-19.

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Lecture complémentaire :

Notre page « Coronavirus, guerre contre l’humanité »

Notre page « COVID-19 du mythe aux stats et des stats au scandale »

 

Errico Malatesta : Capitalisme et irréconciliable contradiction…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, sciences et technologies, syndicalisme et anarchisme, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , on 6 avril 2021 by Résistance 71

Nous avons traduit et publié bon nombre de texte d’Errico Malatesta depuis quelques années sur Résistance 71. Ce texte ci-dessous est remarquable dans sa justesse d’analyse et son actualité… 121 ans plus tard. Serait-ce un signe une fois de plus que rien n’a vraiment changé depuis ?…

Malatesta (1853-1932) rejoignit la 1ère Internationale en 1871 à l’âge de 18 ans. En 1872, il rencontra Bakounine et rejoignit l’Internationale Anarchiste du congrès de St Imier. Malatesta fut longtemps un adepte de la “propagande par le fait”, c’est à dire un avocat de l’insurrection armée, mais il changea d’avis avec le temps. Il fut un des leaders anarchistes qui refusa d’accepter la 1ère guerre mondiale, argumentant que tout cela n’était qu’un accord des riches pour faire s’entretuer les pauvres au nom de leur profit et de leur richesse. Mécanicien et électricien de formation, il milita et aida à l’organisation de la lutte ouvrière dans l’optique de l’établissement de la société anarchiste dans bon nombre de pays, en Italie, son pays d’où il dût s’exiler pendant 35 ans, en Belgique, en France, en Suisse, aux Etats-Unis et en Argentine. Il passa 12 années de sa vie en prison et fut condamné 3 fois à mort.

Errico Malatesta est une des grandes figures historiques de l’anarchisme, grand organisateur et fédérateur de volonté. Il maniait le verbe et l’action avec la même efficacité. Ce n’est pas un hasard si nous le sortons du “placard” à intervalles réguliers. Quand on parle de complémentarité osmotique, il est intéressant de lire et de puiser dans les écrits et la pensée de Proudhon, Kropotkine, Bakounine, Landauer et Malatesta, le meilleur de chacun d’entre eux se cristallisera dans la société des sociétés que nous sommes déjà en train de construire, pour beaucoup sans même le savoir…

~ Résistance 71 ~

L’irréconciliable contradiction

Errico Malatesta

Mars 1900

Traduit de l’anglais par Résistance 71

Avril 2021

Ils écrivent depuis Bari en Italie :

Notre ville subit une bien triste crise. La fabrique de tonneaux, qui fut autrefois une industrie flamboyante, est de plus en plus sur le déclin. La cause de ce déclin réside dans l’introduction de nouveaux tarifs pour le transport ferrovier, qui permet le retour de tonneaux vides à un très bas prix, ce qui occasionne un déclin dans la consommation de tonneaux. Il y a quelques temps, les maîtres d’œuvre de la fabrication des tonneaux demandèrent que les prix de transport des tonneaux vides soient augmentés. Dimanche dernier, devant la préfecture, ils ont rencontré les autorités pour leur demander de les aider. Un comité de 12 membres de la corporations des tonneliers, accompagnés d’un inspecteur de la sécurité publique, fut reçu par le préfet, qui a promis de résoudre cette affaire.

Comment diable le préfet va t’il résoudre cela ?

En donnant l’ordre aux compagnies ferrovières d’augmenter encore le prix de transport des tonneaux vides ? Comment cela se peut-il, si les capitalistes sont ceux qui possèdent les chemins de fer, ceux qui commandent aux préfets et qui sont les maîtres de ceux-ci !

Et puis, augmenter le prix du retour des tonneaux vides fera immanquablement augmenter le prix du vin.

Si les consommateurs de vin en venaient à se retourner contre le préfet, leur promettrait-il ces choses aussi ?

Ce pauvre préfet doit se sentir dans la position de dieu tout puissant à qui une personne demande de la pluie et une autre le beau temps. Et il n’est même pas omnipotent !…

Mais nous nous préoccupons en vain de la position des préfets, qui savent parfaitement bien comment se sortir de tels meli-melos… en faisant des promesses à tout le monde et n’en tenant aucune !

Ce sont ces pauvres travailleurs qui méritent bien plus notre considération car, ignorants de la cause initiale de leurs problèmes, se laissent berner et moquer d’eux au point qu’ils se laissent escorter à la préfecture par un inspecteur de la sécurité publique et espèrent que les autorités vont s’occuper de leur fardeau.

Ce cas des tonneliers de Bari est un cas typique, qui montre on ne peut plus clairement la totale absurdité de la société capitaliste.

Dans ces cas similaires, il ne peut pas y avoir d’autre cure que l’abolition du capitalisme et la transformation radicale du système de production. Et chaque corps de métier, chaque forme d’activité humaine doit, tôt ou tard, se retrouver dans le même dilemme, ce qui est déjà abondamment étendu dû au fait de la surabondance de travail.

Les associations ne sont d’aucun secours, ni ne le sont les grèves, ni les coopératives ni toute autre forme de résistance dans le système.

A chaque fois qu’on n’a pas besoin du travail d’un ouvrier, celui-ci ne peut pas imposer quelque sorte d’accord que ce soit : il doit mourir de faim, plus ou moins lentement, plus ou moins convulsivement, mais il doit mourir de faim… à moins qu’il puisse se libérer du système en cours.

De plus, le progrès a la tendance à rendre le travail de plus en plus de personnes inutile.

Ceci est l’ultime et irréconciliable contradiction entre le capitalisme et le progrès. Tous deux empêchent un véritable progrès, glorifiant les castes actuelles, abolissant la concurrence entre les capitalistes, interdisant tout développement de production, toute nouvelle machine, toute application scientifique nouvelle et réduisant les ouvriers au statut d’animaux domestiques auxquels leurs maîtres donnent une pitance rationnée, en bref, un régime tel que celui mis en place par les jésuites au Paraguay. Pour en sortir, nous devons détruire le capitalisme et organiser la production non pas pour le profit du petit nombre, mais pour le plus grand bien-être de tous.

La requête des tonneliers de Bari pour augmenter le tarif de transport des tonneaux vides afin que les marchands de vin trouvent plus faciles de les brûler après usage plutôt que de les renvoyer, est la même chose que de demander aux tonneliers de n’envoyer que 10 tonneaux sur 100 qu’ils fabriquent sur le marché et de détruire les 90 autres avant qu’ils ne soient utilisés.

Est-il possible de faire cela ? Bien sûr que non, et pourtant la structure actuelle de la société est si absurde que cela rendrait bénéfique une telle mesure.

Quand des gens meurent de faim parce qu’il y a trop de choses ou parce que c’est trop facile de le produire ou parce que c’est trop durable, la destruction peut apparaître et bizarrement être plus utile que la production. Un grand incendie ou un tremblement de terre peuvent être une aubaine, amenant du travail et du pain aux sans emplois. [NdT: à noter que toutes les grandes crises modernes se sont “résolues” au sein du système par de non moins grandes guerres, détruisant beaucoup et tuant des millions de gens. Guerre et reconstruction sont faites par les mêmes entités qui profitent de tout et les banques qui les financent plus encore, le contrôle est mis d’amont en aval de toute crise, le plus souvent planifiée, rien ou si peu n’arrive par hasard…]

Mais la destruction de richesse n’est pas la manière dont les travailleurs pourront s’émanciper. Et par bonheur, le temps est passé, du moins dans les pays les plus avancés, durant lequel les ouvriers pensaient pouvoir arrêter le progrès et mettre autant d’énergie à briser les machines que cela aurait demander pour les contrôler.

Nous ne devons pas nous battre contre le progrès, mais au contraire le diriger pour qu’il profite vraiment à tout le monde.

Pour que cela se produise, il faut que les travailleurs prennent possession du capital, de toute la richesse sociale de façon à ce que ce soit dans leur intérêt de voir une abondance de produits et une production demandant le moins d’effort possible.

Voilà pourquoi il est nécessaire de faire une révolution [sociale]

L’organisation du travail, les syndicats, les grèves et toute sorte de résistance peuvent à un certain point de l’évolution capitaliste améliorer les conditions de travail et de vie des travailleurs ou empêcher que ces conditions ne se détériorent ; elles peuvent bien servir à entraîner les travailleurs à la lutte ; ils sont toujours en de bonnes mains, un bon moyen de promotion des idées ; mais ils sont sans espoir et impuissants à résoudre la question sociale. Tout cela doit donc être utilisé de façon à aider à préparer les esprits et le muscle pour la révolution, pour l’expropriation.

Quiconque ne voit pas et ne comprend pas cela en est réduit à aller mendier devant les préfets… et d’en être la risée.

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Lecture complémentaire : Nous conseillons tout particulièrement cette compilation d’écrits de Malatesta qui sont d’une justesse et d’une actualité (hélas !) sans bornes…

Errico Malatesta, écrits choisis

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie


1ère action directe : dire NON !

Léon Tolstoï, socialisme spirituel et esprit de société, textes choisis (PDF compilation)

Posted in actualité, altermondialisme, crise mondiale, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , on 5 avril 2021 by Résistance 71

D’un commun accord avec Jo, nous avons décidé de publier ce PDF compilation de textes choisis par nos soins du grand écrivain, essayiste et philosophe russe de renommée internationale, Léon Tolstoï en ce lundi de Pâques 2021. Nous le faisons comme symbole d’une main tendue vers cette unité de résistance que nous devons maintenant plus que jamais développer si nous voulons sortir de la dictature technotronique planétaire qui nous menace toujours un peu plus de jour en jour et de ses psychopathes aux manettes.
Nous l’avons dit à maintes reprises, nous sommes absolument contre tous les dogmes religieux quels qu’ils soient car n’étant que de la mythologie exploitant la grande faiblesse humaine par excellence : la peur de la finitude, mais sommes aussi convaincus de l’existence spirituelle dans laquelle est ancrée notre humanité en osmose avec la Nature. A ce titre, Léon Tolstoï et Simone Weil sont les deux penseurs et écrivains qui viennent directement à l’esprit pour soutenir cette thèse.
Vous trouvez donc ci-dessous une compilation faite par nos soins de textes d’une actualité frappante écrits par Tolstoï à la toute fin XIXème et début XXème siècles dans une mise en page sobre et incitante de Jo.
L’heure n’est plus à la division mais à l’Union pour notre émancipation finale.
A bas l’État ! A bas la marchandise ! A bas l’argent ! A bas le salariat !
Vive la Commune Universelle de notre humanité enfin réalisée en sa spiritualité ontologique de l’être organique pensant !
Bonne lecture !
Résistance 71
4 avril 2021

L’introduction de la compilation PDF

Léon Tolstoï: penseur, écrivain, essayiste russe (1828-1910), né comte Lev Nicolaïevitch Tolstoï. Écrivain mondialement célèbre à la fois pour sa littérature épique et profondément réflexive sur la nature humaine, il est l’auteur de deux des romans les plus lus et les plus traduits de l’histoire de la littérature: “Guerre et Paix” et “Anna Karénine”. Tolstoï fut un écrivain prolifique qui écrivit plus de nouvelles et d’essais que de longs romans. Plusieurs fois nominés pour les prix Nobel de littérature et de la paix, il n’en fut jamais honoré. 

Tolstoï fut un fervent avocat de la résistance non-violente à tout système oppresseur, y compris celui de l’église, qu’il analysa comme trahison des enseignements du christ, et eut un impact considérable (et controversé) dans sa relecture et interprétation des évangiles du Nouveau Testament à tel point qu’il fut dit de lui qu’il a établi une forme “d’anarcho-christianisme”. Son écrit : “Le royaume de dieu est en vous” en fut un clair exemple et une grande réussite spirituelle. Nous avons mis quelques uns de ses textes à cet effet ci-dessous. Socialisant par nature, il refusa de reconnaître toute forme de socialisme autoritaire et de parti qui fleurissait de son temps. Tolstoï, à l’instar du prince Pierre Kropotkine, délaissa les fastes de la vie de privilégié qu’il avait de naissance en Russie tsariste, pour se lancer sur le chemin d’un anarchisme spirituel. Il fut en contact par correspondance avec Gandhi et bien d’autres personnalités qui recherchaient ses conseils. Sa correspondance fut très abondante et bien conservée. Il écrivit : “La vérité est que l’État est une conspiration faite non seulement pour exploiter les citoyens, mais aussi pour les corrompre. De la sorte, je ne servirai jamais aucun gouvernement où que ce soit.”

En mars 1861, il visita Pierre-Joseph Proudhon alors en exil à Bruxelles et les deux hommes sympathisèrent grandement. Ils discutèrent longuement d’éducation et de l’importance de la presse et de l’information écrite (Proudhon était typographe de profession). Il rencontra également Victor Hugo en 1860.

Tolstoï, par sa relecture des évangiles, a remis la spiritualité chrétienne sur son chemin de radicalité, celui de la non-violence, de la compassion, de l’entraide et de l’aversion du monde marchand et de la décrépitude matérialiste, chemin et message tant dévoyés par toutes les églises dogmatiques de l’adoration et de la soumission aux “vicaires” du christ sur terre et seuls soi-disants détenteurs de la “vérité”. Un auteur et philosophe à redécouvrir en ces temps de déchéance et d’effondrement total.

~ Résistance 71 ~

Léon Tolstoï, textes choisis par Résistance 71 (PDF)
Leon_Tolstoi_Textes_Choisis

Lectures complémentaires :

Pierre Kropotkine « L’entraide, un facteur de l’évolution »

Pierre Kroptkine « La conquête du pain »

Gustav Landauer « Appel au socialisme »

Résistance 71 « Du chemin de la société vers son humanité réalisée »

Guerre biologique et génétique contre l’humanité… Boycott de l’inoculation mortelle !

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, coronavirus CoV19, crise mondiale, guerres hégémoniques, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, OGM et nécro-agriculure, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, santé et vaccins, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies, technologie et totalitarisme, Uncategorized, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 5 avril 2021 by Résistance 71

Boycott de la vaccination génétique !

Résistance 71

5 avril 2021

Stats OMS : taux de mortalité du SRAS-CoV-2 donnant le COVID-19 = 0,03%. De ces gens, la plupart décèdent de nombreux facteurs de co-mortalité et non pas du virus per se. La grippe saisonnière (dont vous remarquerez qu’elle n’existe plus… Hop ! disparue la bougresse, Bébert corona a le monopole…) fait plus de morts chaque année que le COVID-19. Regardez les stats de 2017 par exemple, grand cru classé de la grippe saisonnière par la grande faucheuse.
Donc, 99,97% des gens touchés par le virus survivent et récupèrent. Et les guignols à la solde de Big Pharma et des instances financières qui nous gouvernent veulent vacciner la population mondiale avec une merde génétique de « vaccins » OGM non seulement déjà inefficaces face aux variants (mutants) existants, mais qui auront aussi des conséquences dramatiques dans le futur sur les personnes « vaccinées », sans compter les multiples effets secondaires, parfois mortels, de ces cocktails chimico-génétiques non testés déjà éprouvés par un grand nombre des piquouzés.
Il suffit de regarder les statistiques « des décès COVID » dans les pays les plus vaccinés au monde: le Chili, Israël et les USA pour constater que le nombre de morts « COVID » a drastiquement augmenté après le début des campagnes de « vaccination ». La France est à moins de 10% de vaccination.. C’est encore 10% de trop !

Organisons le BOYCOTT de cette sauvagerie imbécile que sont les mesures de cette dictature sanitaire, PsyOp de la fabrication du consentement et de la mise en esclavage de l’humanité sous contrôle de mesures dictatoriales technotroniques à grand renfort d’OGM, de malnutrition, de nanotechnologie et de bains d’ondes mortifères 5G forcées sur les populations abasourdies et ne sachant plus que faire, oscillant sans cesse d’information en contre-information.

L’humanité est en guerre contre ses « élites » auto-proclamées, la 3ème guerre mondiale est cette guerre qui est en train de passer du stade de guerre larvée à celui de guerre ouverte. Ils sont 0,00001% de l’humanité mais possèdent et noyautent tout par le pouvoir acquis grâce à la corruption inhérente de ce système étatico-capitaliste fabriqué et contre-nature. Nous sommes 99,99999% de l’humanité, dépossédés et fourvoyés, mais nous avons le nombre de notre côté et surtout, plus nous avançons dans le contrôle dictatorial, moins nous avons à perdre et au contraire absolument TOUT à gagner à lâcher prise, foutre ce système et ses commanditaires par dessus bord et nous émanciper totalement de la dictature des institutions du petit nombre et de la marchandise en mouvement.

Qu’on se le dise !…

Simple et percutant, petit PDF de RIEN du tout à diffuser au grand large :
003-pour-cent

Lectures complémentaires :

Notre page « Coronavirus, guerre contre l’humanité »

En mai 2020, nous publiions ceci: L’affaire du SRAS-CoV-2 virus OGM

COVID-19 du mythe aux statistiques

COVID-19 des statistiques au scandale

COVID-19 et la fraude des tests PCR

COVID-19 5 questions à poser à ceux de votre entourage qui veulent se faire piquouzer

COVID-19 Non à l’inoculation !

COVID-19 Déclaration de responsabilité civile à faire signet au médecin ou personnel piquouzeur

Note d’expertise sur les vaccins ayant recours aux OGM

Dictature sanitaire et technotronique : liste (non exhaustive) de vidéos de médecins et scientifiques anti-vaccination

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, coronavirus CoV19, crise mondiale, média et propagande, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, santé et vaccins, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 4 avril 2021 by Résistance 71

Liste non-exhaustive de vidéos de médecins anti-vaccins

Anonyme

4 avril 2021

Note de Résistance 71 : Certaines de ces vidéos ont sans doute déjà été censurées, nous invitons les lecteurs à sauvegarder celles qui peuvent encore l’être pour futur référence, la guerre de l’info et la censure font rage. Ce blog en est une victime parmi des centaines d’autres. Si l’internet permet de toucher une plus vaste audience, rien ne remplace le contact de proximité et la dissémination de l’information de bouche à oreille, sous le manteau ou au grand jour… Il est IMPOSSIBLE de faire taire à 100% une dissidence, tout pouvoir autoritaire, toute coercition la plus soft soit-elle contient en elle-même sa résistance. Il ne fait aucun doute pour nous que la voix de la raison prévaudra en tout et avec elle, l’humanité dans sa forme achevée émancipée de la dictature étatico-marchande et sa énième mutation en cette entité de gouvernance mondiale supranationale nommée « Nouvel Ordre Mondial » par l’oligarchie en place.
Messieurs/dames de la pourriture et de la dégénérescence marchande, rendez-vous, vous êtes cernés !

1. Dr. Nancy Banks – http://bit.ly/1Ip0aIm

2. Dr. Russell Blaylock – http://bit.ly/1BXxQZL

3. Dr. Shiv Chopra – http://bit.ly/1gdgh1s

4. Dr. Sherri Tenpenny – http://bit.ly/1MPVbjx

5. Dr. Suzanne Humphries – http://bit.ly/17sKDbf

6. Dr. Larry Palevsky – http://bit.ly/1LLEjf6

7. Dr. Toni Bark – http://bit.ly/1CYM9RB

8. Dr. Andrew Wakefield – http://bit.ly/1MuyNzo

9. Dr. Meryl Nass – http://bit.ly/1DGzJsc

10. Dr. Raymond Obomsawin – http://bit.ly/1G9ZXYl

11. Dr. Ghislaine Lanctot – http://bit.ly/1MrVeUL

12. Dr. Robert Rowen – http://bit.ly/1SIELeF

13. Dr. David Ayoub – http://bit.ly/1SIELve

14. Dr. Boyd Haley PhD – http://bit.ly/1KsdVby

15. Dr. Rashid Buttar – http://bit.ly/1gWOkL6

16. Dr. Roby Mitchell – http://bit.ly/1gdgEZU

17. Dr. Ken Stoller – http://bit.ly/1MPVqLI

18. Dr. Mayer Eisenstein – http://bit.ly/1LLEqHH

19. Dr. Frank Engley, PhD – http://bit.ly/1OHbLDI

20. Dr. David Davis – http://bit.ly/1gdgJwo

21. Dr Tetyana Obukhanych – http://bit.ly/16Z7k6J

22. Dr. Harold E Buttram – http://bit.ly/1Kru6Df

23. Dr. Kelly Brogan – http://bit.ly/1D31pfQ

24. Dr. RC Tent – http://bit.ly/1MPVwmu

25. Dr. Rebecca Carley – http://bit.ly/K49F4d

26. Dr. Andrew Moulden – http://bit.ly/1fwzKJu

27. Dr. Jack Wolfson – http://bit.ly/1wtPHRA

28. Dr. Michael Elice – http://bit.ly/1KsdpKA

29. Dr. Terry Wahls – http://bit.ly/1gWOBhd

30. Dr. Stephanie Seneff – http://bit.ly/1OtWxAY

31. Dr. Paul Thomas – http://bit.ly/1DpeXPf

32. Many doctors talking at once – http://bit.ly/1MPVHOv

33. Dr. Richard Moskowitz – censored

34. Dr. Jane Orient – http://bit.ly/1MXX7pb

35. Dr. Richard Deth – http://bit.ly/1GQDL10

36. Dr. Lucija Tomljenovic – http://bit.ly/1eqiPr5

37. Dr Chris Shaw – http://bit.ly/1IlGiBp

38. Dr. Susan McCreadie – http://bit.ly/1CqqN83

39. Dr. Mary Ann Block – http://bit.ly/1OHcyU

40. Dr. David Brownstein – http://bit.ly/1EaHl9A

41. Dr. Jayne Donegan – http://bit.ly/1wOk4Zz

42. Dr. Troy Ross – censored

43. Dr. Philip Incao – http://bit.ly/1ghE7sS

44. Dr. Joseph Mercola – http://bit.ly/18dE38I

45. Dr. Jeff Bradstreet – http://bit.ly/1MaX0cC

46. Dr. Robert Mendelson – http://bit.ly/1JpAEQr

47. Dr Theresa Deisher https://m.youtube.com/watch?feature=youtu.be&v=6Bc6WX33SuE

48. Dr. Sam Eggertsen-7a4dd71dafbb1404bfd494dae3fe02fd-b-mail-icon_video-link.gifhttps://m.youtube.com/watch?v=8LB-3xkeDAE

Lire notre page « Coronavirus, guerre contre l’humanité »

Apprenez plus sur la dictature technotronique sur Résistance 71

Discours de défense de Louise Michel devant la cour d’assise de la Seine le 22 juin 1883 et l’origine du drapeau noir anarchiste…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, documentaire, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 3 avril 2021 by Résistance 71

Discours de défense prononcé devant la cour d’assise de la Seine

Louise Michel

22 juin 1883

« Il y a quelque chose de plus important, dans ce procès, que l’enlèvement de quelques morceaux de pain. Il s’agit d’une idée qu’on poursuit, il s’agit des théories anarchistes qu’on veut à tout prix condamner.

On insiste sur la fameuse brochure : « A l’armée ! » à laquelle le ministère public semble s’être appliqué à faire une publicité à laquelle on ne s’attendait guère.

On a agi autrement durement envers nous en 1871.

J’ai vu les généraux fusilleurs ; j’ai vu M. de Gallifet faire tuer, sans jugement, deux négociants de Montmartre qui n’avaient jamais été partisans de la Commune ; j’ai vu massacrer des prisonniers, parce qu’ils osaient se plaindre. On a tué les femmes et les enfants ; on a traqué les fédérés comme des bêtes fauves ; j’ai vu des coins de rue remplis de cadavres. Ne vous étonnez pas si vos poursuites nous émeuvent peu.

Ah, certes, monsieur l’avocat général, vous trouvez étrange qu’une femme ose prendre la défense du drapeau noir. Pourquoi avons-nous abrité la manifestation sous le drapeau noir ? Parce que ce drapeau est le drapeau des grèves et qu’il indique que l’ouvrier n’a pas de pain.

Si notre manifestation n’avait pas dû être pacifique, nous aurions pris le drapeau rouge ; il est maintenant cloué au Père-Lachaise, au-dessus de la tombe de nos morts. Quand nous l’arborerons nous saurons nous défendre.

Nous n’avons pas fait appel à l’Internationale morte parce qu’on n’a pu en réunir les tronçons et parce que l’Internationale est un pouvoir occulte et qu’il est temps que le peuple se montre au grand jour.

On parlait tout à l’heure de soldats tirant sur les chefs : Eh bien ! à Sedan, si les soldats avaient tiré sur les chefs, pensez-vous que c’eût été un crime ? L’honneur au moins eût été sauf. Tandis qu’on a observé cette vieille discipline militaire, et on a laissé passer M. Bonaparte, qui allait livrer la France à l’étranger.

Mais je ne poursuis pas Bonaparte ou les Orléans ; je ne poursuis que l’idée.

J’aime mieux voir Gautier, Kropotkine et Bernard dans les prisons qu’au ministère. Là ils servent l’idée socialiste, tandis que dans les grandeurs on est pris par le vertige et on oublie tout.

Quant à moi, ce qui me console, c’est que je vois au-dessus de vous, au-dessus des tribunaux se lever l’aurore de la liberté et de l’égalité humaine.

Nous sommes aujourd’hui en pleine misère et nous sommes en République. Mais ce n’est pas là la République. La République que nous voulons, c’est celle où tout le monde travaille, mais aussi où tout le monde peut consommer ce qui est nécessaire à ses besoins…

On nous parle de liberté : il y a la liberté de la tribune avec cinq ans de bagne au bout. Pour la liberté de réunion c’est la même chose. En Angleterre le meeting aurait eu lieu ; en France, on n’a même pas fait les sommations de la loi pour faire retirer la foule qui serait partie sans résistance. Le peuple meurt de faim, et il n’a pas même le droit de dire qu’il meurt de faim. Eh bien, moi, j’ai pris le drapeau noir et j’ai été dire que le peuple était sans travail et sans pain. Voilà mon crime ; vous le jugerez comme vous voudrez.

Vous dites que nous voulons faire une révolution. Mais ce sont les choses qui font les révolutions : c’est le désastre de Sedan qui a fait tomber l’empire, et quelque crime de notre gouvernement amènera aussi une révolution.

Cela est certain. Et peut-être vous-mêmes, à votre tour, vous serez du côté des indignés si votre intérêt est d’y être. Songez-y bien.

S’il y a tant d’anarchistes c’est qu’il y a beaucoup de gens dégoûtés de la triste comédie que depuis tant d’années nous donnent les gouvernements. Je suis ambitieuse pour l’humanité moi je voudrais que tout le monde fût assez artiste, assez poète pour que la vanité humaine disparût. Pour moi, je n’ai plus d’illusion. Et tenez, quand M. l’avocat général parle de ma vanité. Et bien ! j’ai trop d’orgueil même pour être un chef : il faut qu’un chef à des moments donnés, s’abaisse devant ses soldats, et puis, tout chef devient un despote.

Je ne veux pas discuter l’accusation de pillage que l’on me reproche, cela est trop ridicule. Mais, si vous voulez me punir, je commets tous les jours des délits de presse, de parole, etc. Eh bien ! Poursuivez-moi pour ces délits.

En somme, le peuple n’a ni pain ni travail, et nous n’aurons en perspective que la guerre. Et nous, nous voulons la vie en paix de l’humanité par l’union des peuples.

Voilà les crimes que nous avons commis.

Chacun cherche sa route ; nous cherchons la nôtre et nous pensons que le jour où le règne de la liberté et de l’égalité sera arrivé, le genre humain sera heureux ».

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« Plus de drapeau rouge, mouillé du sang de nos soldats. J’arborerai le drapeau noir, portant le deuil de nos morts et de nos illusions »
~ Louise Michel, 18 mars 1883 ~

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Louise Michel ne devint, de son propre aveu, anarchiste que lors de la traversée vers le bagne de Nouvelle-Calédonie où elle fut déportée avec des milliers d’autres communards, elle ne l’était pas encore lors de la Commune.  Elle brandira ainsi le drapeau noir lors d’une révolte de chômeurs à Paris en mars 1883. 

Historiquement, c’est à la fin de 1882 que les anarchistes renoncèrent définitivement au drapeau rouge pour adopter le drapeau noir du deuil et de la révolte. Le drapeau noir sera d’abord arboré à Lyon lors de la révolte des canuts de 1831 et de 1834, mais la toute première apparition d’un drapeau noir fut lors des Trois Glorieuses de la révolution de 1830 lorsqu’un drapeau noir fut accroché à la façade de l’Hôtel de Ville de Paris. La Commune de Paris de 1871 s’est faite sous le drapeau rouge, celui du prolétariat et de la subversion sociale, apparu sur les barricades de 1848, tandis que le drapeau tricolore de la république était dès lors vu par le prolétariat révolutionnaire comme celui des Versaillais et de la réaction bourgeoise et donc comme étendard de l’exploitation, de la domination et de la répression. 

Au bout du compte, tout cela n’est que symbole et signe de ralliement à une cause et au-delà de la cause à une Idée, celle de vivre ensemble, dans l’harmonie et l’amour, sans État, sans marchandise, sans argent et sans salariat. Quand la Commune Universelle de la société des sociétés sera enfin réalisée et que nous aurons ensemble, parachevé notre humanité, il n’y aura plus jamais besoin de quelque drapeau que ce soit…

(Résistance 71)

Louise Michel sur Résistance 71 :

Louise Michel, de la Commune à la pratique anarchiste

Esprit Communard :

1871-2021 : Esprit communard de la Commune aux gilets Jaunes

1871-2021 : Recherche esprit communard désespérément

Pour tout changer, un appel anarchiste

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie


Louise Michel (1830-1905)

Appel à la résistance et l’éveil des consciences de la Voix du Pacifique (vidéo, Tahiti)

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CHEVAL FOU

Resistance 71

2 avril 2021

Nous relayons cette excellente vidéo de La Voix du Pacifique du 31 mars 2021 en provenance de Tahiti: « Appel à la résistance et à l’éveil des consciences ».

Dans l’esprit communard, Gilets Jaunes et de Cheval Fou, gardons présent à l’esprit toutefois qu’il n’y a pas de solution au sein du système et ne saurait y en avoir.

Vidéo Voix du Pacifique (Tahiti), durée : 7min40
https://rumble.com/vf8qx3-urgent-urgent-urgent-.html

GJ_vive_la_commune

Lutte anti-coloniale : La naissance de l’entité sioniste prend sa racine dans l’antisémitisme des pères fondateurs du sionisme (Miko Peled)

Posted in actualité, colonialisme, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , on 2 avril 2021 by Résistance 71

jerusalem

La naissance antisémite de l’état sioniste : une histoire des fondateurs d’Israël et de leur haine envers eux-mêmes

Miko Peled

17 mars 2021

url de l’article original:
https://www.mintpressnews.com/anti-semitic-birth-of-zionism-history-israel-self-hating-jews/276238/

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

JERUSALEM — “Les juifs s’auto-détestant”, avec des termes comme “traîtres, Zhid, Kapo, Nazi et petit juif”, sont des épithètes utilisés par les sionistes pour insulter les personnes juives qui s’opposent ou rejettent le sionisme et son idéologie raciste.

Un épisode récent du rabin Yaakov Shapiro en podcast “Committing High Reason “ rappelle l’histoire de Théodore Hertzl, le fondateur du sionisme et de l’état sioniste et met nouvellement en lumière le terme de “juif s’auto-détestant”.

Committing High Reason [note de R71 : nous ne traduisons pas ce sous-titre car il s’agit d’un jeu de mot avec “High Treason” ou “haute trahison” et perd son sens en français…]

Le rabbin Shapiro source toutes ses affirmations méthodologiquement et quand on apprend ce que Hertzl, qui était lui-même juif, écrivait à propos des juifs, la seule conclusion possible est qu’il était le maître étalon du “juif s’auto-détestant”. Il ne peut y avoir aucun doute quant à sa haine de ses semblables et ne voulait rien d’autre que se dissocier du juif “du commun”. Il n’était de plus pas le seul : d’autres leaders sionistes comme Vladimir Jabotinsky, Chaim Weizmann et autres, étaient ouvertement haineux envers leurs frères juifs.

En 2018, le rabbin Shapiro a publié un livre de 1400 pages intitulé “The Empty Wagon, Zionism’s Journey from Identity Crisis to Identity Theft.” (NdT: qui peut se traduite par : “Le wagon vide : Sionisme, de la crise identitaire à l’usurpation d’identité”). Le livre souligne les vastes différences qui existent entre le judaïsme et son ennemi mortel, le sionisme. Le livre a été écrit pour une audience juive orthodoxe et de fait, chaque maison , foyer juif orthodoxe que j’ai visitée ces deux dernières années avait une copie de cet énorme travail. Bien que le livre assume que le lecteur ait une grande connaissance au sujet du judaïsme, il contient une source sans précédent d’information particulièrement bien référencée de façon à ce que même ceux d’entre nous qui n’ont pas une connaissance profonde du judaïsme, puissent grandement apprendre de sa lecture.

L’information présentée par le rabbin Shapiro dans ce podcast particulier peut aussi être trouvé dans le livre et mène au fait indéniable que le fondateur du sionisme (Théodore Hertzl) et beaucoup de ses contemporains, haïssaient absolument tout au sujet des juifs et du judaïsme et détestaient le fait même d’être juifs. D’après le rabbin Shapiro et bon nombre de rabbins orthodoxes du judaïsme qu’il cite, ce fut leur haine des juifs et non pas leur désir de les sauver de l’antisémitisme qui fut la force dominante derrière la création du sionisme et de l’établissement d’un état sioniste.

Le fondateur du sionisme non seulement pensait que les trolls antisémites des juifs étaient réels, mais il les justifiait également. Il affirma que seulement ces accusations racistes s’appliquaient aux “autres” juifs, ceux qui n’étaient pas séculiers et “éveillés” comme lui.

L’histoire de Hertzl, comme elle est racontée dans les écoles sionistes en Israël et dans le monde, le fait ressembler à un sauveur des juifs, un homme motivé par le désir de bonté et de faire le bien. Quoi qu’il en soit, un regard plus en profondeur sur l’homme et ses motivations révèle qu’il méprisait le peuple juif et voulait se séparer des “juifs du commun” en créant un espace, une existence pour des gens comme lui, juifs de naissance mais qui méprisaient ce que cela voulait dire que d’être juif.

Vladimir Jabotinsky, le père du sionisme d’extrême-droite, aujourd’hui représenté par le parti du Likud en Israël, fut un autre cas de juif “s’auto-détestant”. Il écrivit que “Les juifs sont des gens particulièrement malfaisants et leurs voisins les détestent et ils ont raison.” Un autre leader spirituel sioniste, Uri Zvi Greenberg, a écrit : “Ces juifs détestables sont vomis par tout collectif et état sains pas parce qu’ils sont juifs mais à cause de leur laideur juive.

Les sionistes idolâtrent la force physique tandis que le judaïsme orthodoxe la méprise. Dans une conversation que j’ai eue un jour avec un rabbin ultra-orthodoxe, David Feldman de New York, je lui ai posé la question. Je lui ai dit que pour des gens comme moi, élevés dans le sionisme, les juifs orthodoxes avaient l’air faibles, pâles, maladifs et peu attractifs. Le rabbin Feldman me regarda droit dans les yeux et me répondit : “Vous n’avez aucune idée de tout le travail qu’il y a pour maintenir cette apparence. Être juif est une expérience et une existence spirituelles, certainement pas une existence masculine.

Hertzl1

Maushel (ou Moishel)

Dans l’édition du journal sioniste Die Welt du 15 octobre 1897, une publication fondée par Hertzl, celui-ci publia un essai intitulé “Maushe” au sujet d’un juif anti-sioniste. Le point de focus de cet essai était un personnage fictif, un juif que Hertzl appelait “Maushel”, qui était à l’époque un terme péjoratif utilisé par les antisémites pour qualifier les juifs.

Maushel ou Moishel, selon l’accent, est le juif religieux “commun”. L’article fut originellement écrit en allemand avec une version anglaise publiée dans une autre publication sioniste appelée “The Maccabean”. Voici quelques exemples de la manière dont Hertzl décrit les juifs dans son essai :

Maushel est un anti-sioniste. Nous le connaissons bien et en profondeur et nous avons toujours été dégoûté à sa vue.” Hertzl est encore plus écœuré et chagriné d’être obligé de reconnaître que Maushel est en fait “un des nôtres”, bien qu’il n’y ait “absolument  aucune utilité d’en être fier.”, ce qui, se lamente t’il, résulte “d’un mélange durant une sombre époque de notre histoire, d’une basse classe de gens avec notre nation.

Hertzl continue : “Le dégoût que nous avions pour lui était mélangé à la pitié. Nous cherchions à expliquer son apparence misérable et malheureuse. Nous nous sommes dits que nous devions le tolérer, que c’était notre devoir sacré que de le civiliser.” Voulant se dissocier lui-même du juif Maushel, Hertzl dit : “Il est le compagnon terrible des juifs et il leur est si inséparable, qu’on prend toujours l’un pour l’autre.

Hertzl continue avec sa haine ouverte et écrit que Maushel est “l’antithèse d’un être humain, quelque chose d’incroyablement dégradé et d’obstiné… Maushel fait ses sales affaires dans la pauvreté ; Maushel est un misérable mendiant.” Puis, bien tristement, justifiant les attaques antisémites contre les juifs, Hertzl dit : “Maushel fournit toujours les raisons des attaques contre nous.” En d’autres termes, les “véritables” juifs comme Hertzl, sont ciblés par les antisémites à cause de cette personne distante non affiliée que les antisémites confondent et prennent pour un juif.

Plus loin, Hertzl écrit:

Aux yeux de l’antisémite, le juif et Maushel sont liés, alors le sionisme est apparu et le juif et Maushel ont dû définir leur position, et maintenant Maushel a rendu service aux juifs : il s’est séparé de l’union parce qu’il est anti-sioniste.

En d’autres termes, Hertzl affirme que seuls les vrais juifs sont les juifs séculiers sionistes. Il fait ensuite l’amalgame entre antisémitisme et anti-sionisme : “Lorsque les gens disent que les juifs ne soutiennent pas le sionisme, la réponse est non ! Le juif ne peut pas être anti-sioniste, seul Maushel l’est.

Une telle rhétorique est très commune en Israël aujourd’hui, de dire que les véritables juifs sont les sionistes séculiers et les juifs religieux non-sionistes sont dépeints au moyen de termes péjoratifs et dégradants.

Hertzl continue en disant : “C’est bien, soyons délivrés de lui. Ceci est une opportunité de nous purifier de ces éléments dégradants.

La confusion en ce qui concerne l’identité juive et les affirmations que le sionisme fasse partie de l’identité juive est très commune et en fait très inquiétante. Cette profonde incompréhension à la fois du judaïsme et du sionisme peut être clairement retracée au fondateur du sionisme, Théodore Hertzl.

Qu’est-ce qui fait qu’un juif est juif ?

Le grand sage juif, rabbin Sa’adiya Ga’on, dont le nom complet était Sa’id Bin Yousef El-Fayyumi, était une des figures rabbiniques les plus importantes de l’histoire. Né à Fayyum en Egypte supérieure à la fin du IXème siècle, s’en fut étudier à Tabariya en Palestine, qui était un important centre d’étude judaïque ; plus tard, il vécut, travailla et écrivit à Baghdad. Dans ce qui est considéré être son livre le plus important, “Emunot Ve-Deot,” ou “Croyances et opinions”, qu’il écrivit en arabe en utilisant des caractères hébreu, Ga’on écrivit que le peuple d’Israël, donc les juifs, était une nation seulement en vertu de leurs lois religieuses (il utilisa le terme “sharia” en arabe pour lois religieuses). En d’autres termes, un peuple lié par la foi.

D’après Hertzl, les juifs sont une nation parce que, comme il le pense, “Nos ennemis ont fait de nous une unité sans notre consentement ; la détresse nous relie les uns aux autres.” Le premier définit le peuple juif comme un groupe religieux lié par les lois et la foi, le second, comme un groupe indéfini unifié par la haine des non-juifs.

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Une oraison funèbre à Hertzl

L’oraison funèbre de Jabotinsky à Hertzl fut une énorme reconnaissance, une louange voire même une vénération. D’abord publiée sous forme de petit livre à Odessa en Ukraine en 1905, elle était écrite en russe puis fut traduite plus tard en hébreu. Dans celle-ci, Jabotinsky discute de l’héritage de Hertzl, qu’il admirait profondément malgré leurs différences. Dans une section de l’écrit, Jabotinsky loue les superbes caractéristiques d’un Hébreu et les compare à ce qu’il appelle les caractéristiques dégoûtantes d’un juif. Au lieu de dire juif, il utilisa l’horrible terme antisémite dégradant de “Zhid”.

L’oraison commence avec Jabotinsky admettant que personne n’avait jamais vu un véritable Hébreu : “Aucun de nous n’a jamais vu un véritable Hébreu de ses propres yeux” et il continue en disant que le juif que nous voyons aujourd’hui autour de nous n’est pas un Hébreu mais un “Zhid” : “Et aujourd’hui, nous prenons comme point de départ le Zhid et essayons d’imaginer son exact opposé dans nos efforts d’imaginer l’Hébreu”.

Parce que le Zhid est laid, maladif”, écrit le père du parti politique du Likud israélien, “nous donnerons l’image idéale de la beauté masculine hébraïque, la stature, les larges épaules, les mouvements vigoureux”, et Jabotinsky conclut en disant :

Le Zhid est apeuré et opprimé, l’Hébreu fier et indépendant. Le Zhid est dégoûtant pour tout le monde, l’Hébreu devra être charmant pour tous. Le Zhid accepte la soumission, l’Hébreu doit savoir comment commander. Le Zhid aime se cacher des regards étrangers, l’Hébreu possèdera panache et grandeur.

D’après Jabotinsky, Hertzl était le parfait spécimen de cet Hébreu que personne n’avait jamais vu.

Le sionisme… Pour qui ?

Si de fait, Hertzl et les autres leaders du sionisme étaient des juifs “s’auto-détestant” et condescendants envers le “juif du commun”, quelle était leur motivation d’installer le sionisme et de travailler si dur à la fondation d’un état sioniste ?

Dans le premier chapitre de son livre, le rabbin Shapiro cite un des rabbins les plus respecté, rabbin Chaïm Soloveichik, qui vivait en Europe de l’Est à la fin du XIXème siècle. d’après la citation, le rabbin Soloveichik dit que les sionistes voulaient créer un état afin de détruire le judaïsme.

En d’autres termes, les sionistes étaient séculiers et se voyaient comme éveillés et meilleurs que le juif “du commun”. Ils méprisaient les juifs observant la Torah (NdT: rappelons ici que la Torah n’est rien d’autre que le Pentateuque de l’Ancien Testament composé de cinq (penta) livres). Ils voulaient un endroit où les gens les aimeraient, ne vivant pas ni ne ressemblant pas aux juifs “du commun”. et où ils pourraient vivre sans avoir à interagir avec ces juifs croyants et où ils pourraient être comme les autres nations.

L’état d’Israël ne fut pas créé pour le juif “du commun”, celui avec sa longue barbe et ses paillottes dans les cheveux, ceux qui vivent dans des shetl (ghettos) d’Europe. Il ne fut pas non plus créé pour les juifs arabes, mais pour les juifs séculiers européens, qui ne veulent rien d’autre plus que d’être européens.

Dans un livre qui décrit comment les leaders sionistes regardaient les juifs d’Europe, il y a une photo qui montre des juifs sur un marché dans le ghetto de Nalewni à Varsovie. Il y a une citation attribuée à Chaïm Weizmann, leader important du mouvement sioniste et plus tard président de l’état d’Israël. La légende de la photo dit : “Eretz Yisrael (la terre d’Israël ou la Palestine) n’est pas pour ces marchands ambulants de Nalewski à Varsovie.” C’étaient les juifs qu’Hertzl et les autres leaders du sionisme détestaient. Lorsque les victimes du sionisme auront finalement leur heure venue dans les tribunaux, le monde verra alors à quel point les sionistes furent cruels et racistes. Le monde verra qu’Israël, aujourd’hui l’état sioniste, est une parfaite réflexion de ce que furent les premiers sionistes : raciste, violente et emplie de haine.

En Israël aujourd’hui, les juifs ultra-orthodoxes qui s’opposent au sionisme sont méprisés et ridiculisés ; les juifs non-religieux anti-sionistes sont repoussés et les Palestiniens ne sont que des collatéraux dont il faut se débarrasser, c’est le prix à payer pour que la vision de Hertzl et des autres “juifs s’auto-détestant” puisse devenir une réalité.

Miko Peled is MintPress News contributing writer, published author and human rights activist born in Jerusalem. His latest books are”The General’s Son. Journey of an Israeli in Palestine,” and “Injustice, the Story of the Holy Land Foundation Five.”

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Lectures complémentaires :

Le mythe biblique

Effondrer le colonialisme (Résistance 71)

Nous sommes tous des colonisés (Résistance 71)

La Bible déterrée (Israël Finkelstein)

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Handala veille…

Lettre de soutien du Mexique au peuple français en lutte (Front des Peuples)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 1 avril 2021 by Résistance 71

Lettre du Mexique pour les manifestations en France contre les violences policières

Front des Peuples en Défense de la Terre et de l’Eau

États de Morelos, Puebla et Tlaxcala, Mexique

31 mars 2021

Source :
https://www.lavoiedujaguar.net/Lettre-du-Mexique-pour-les-manifestations-en-France-contre-les-violences

Compañeras et compañeros,

Recevez un salut combatif des terres de résistance du Mexique. Nous sommes des femmes et des hommes indigènes nahuas habitant sur les versants du volcan Popocatepetl dans les États de Tlaxcala, Puebla et Morelos. Nous sommes les petites-filles et les petits-fils des zapatistes qui ont combattu avec Emiliano Zapata il y a cent ans pour la terre, l’eau et la liberté.

Aujourd’hui, ces acquis gagnés au prix du sang et de la vie de nos grands-mères et grands-pères sont menacés par les politiques extractivistes et les mégaprojets de mort qui s’imposent dans notre pays et dans de nombreuses régions du monde. Dans notre territoire, la dépossession a un nom, il s’agit du Projet intégral Morelos, qui touche plus de 90 villages des États de Tlaxcala, Puebla et Morelos, et qui a pour objectif un processus de méga-industrialisation dans des territoires historiquement agricoles.

Ce projet vise à nous priver de l’eau de la rivière Cuautla qui alimente la vie agricole de milliers d’agriculteurs de l’État de Morelos ; ce projet polluera l’air, la terre et l’eau, et nous obligera à adopter un mode de vie qui n’est pas celui que nous souhaitons, qui n’a rien à voir avec notre façon de vivre et notre relation avec la terre, la nature et les communautés. Ce projet nous expose, les communautés habitant sur les versants du volcan le plus actif de notre pays, au grand risque d’une bombe à retardement que signifie pour nous ce gazoduc. Ce projet considère nos territoires comme de simples marchandises, il a mis à prix nos eaux, nos montagnes, nos terres et même nos propres vies, pour promouvoir les centrales thermoélectriques, les usines et les mines.

C’est pourquoi nous arrêtons depuis presque dix ans tout cet engrenage de dépouillement de nos peuples. Les mauvais gouvernements et leurs patrons, les entreprises, n’ont pas pu nous déposséder. Depuis 2012 ils espéraient démarrer l’opération de leurs projets mais ils n’ont pas réussi jusqu’à présent. Ça n’a pas été facile de les arrêter, nous nous sommes battus avec les lois, l’organisation communautaire et la lutte dans les rues. Pendant ces années, nous avons vécu la répression de trois gouvernements de partis politiques différents, nous avons été emprisonnés, réprimés dans les villes, torturés, menacés, dépouillés de nos radios communautaires et notre frère Samir Flores a été assassiné en 2019. Mais malgré tout cela, malgré la douleur, l’indignation et la fureur que nous ressentons, nous continuons à lutter, nous continuons à défendre nos territoires et l’avenir de nos filles et de nos fils, mais aussi l’avenir en tant que peuples que nous sommes.

Compas, le capitalisme, maître de tous les États-nations, a déclaré la guerre aux populations et au peuple d’en bas. C’est une guerre qui dure depuis des siècles mais qui s’est intensifiée et étendue. Des États qui défendent et génèrent des politiques de mort et d’asservissement de la dignité humaine, qui parlent d’égalité, de droits de l’homme, de justice dans leurs discours, mais qui font tout le contraire dans la réalité et dans l’application de leurs politiques et décisions gouvernementales. Ils utilisent tous les rouages de l’État pour contrôler et dominer les populations, ils perpétuent la haine raciale et de classe, les inégalités économiques et la politique de terreur contre celui qui est différent, pense différemment, a une couleur de peau différente. L’utilisation de la force publique et de la police en toute impunité pour développer cette guerre, pour battre, mutiler, violer, torturer et assassiner, est autorisée par les discours et les lois qui justifient cette violence contre les gens d’en bas, tout en disant « ce n’est pas de la répression, c’est seulement pour maintenir l’ordre ; ce n’est pas un meurtre, la police ne faisait que son travail », et en refusant même le statut de victimes aux personnes qui ont été la cible de cette violence policière.

Les chiens de garde du capitalisme, autrement appelés « police », ont pour seul but de veiller aux intérêts de ce système, de ces mauvais gouvernements ; dire qu’ils sont là pour veiller sur nous c’est un mensonge, nous savons sur quoi ils veillent, nous savons qui protège le monopole de la violence. Dans nos sociétés, nous devons parfois faire davantage attention à la police qu’aux autres risques. Et c’est vrai dans le monde entier, que ce soit au Mexique ou chez vous, en France. Nous sommes tou·te·s confronté·e·s aux mêmes situations avec ces chiens dressés à la haine, à la violence et à l’impunité.

Pour cette raison, compas, vous qui êtes aujourd’hui dans les rues pour exiger que justice soit faite et l’arrêt total de la violence des forces de l’ordre, nous vous adressons notre solidarité, notre courage, notre force et notre espoir. Aucune société ne peut se dire démocratique si elle permet et perpétue cette violence, cette impunité et ce mépris pour les gens d’en bas, pour les travailleurs, pour nous tou·te·s qui ne sommes pas fait·e·s pour les moules de ce qui est normal, acceptable et correct pour le pouvoir.

Nous voulons surtout dire aux familles des victimes de la violence d’État de continuer à avancer, de ne pas se décourager face à tant d’injustice, de mensonges ou d’attaques contre vous, la lutte que vous entreprenez est d’une grande importance pour transformer ce monde, la justice seulement viendra lorsque auront cessé tant d’impunité et de violence. Que votre douleur devienne la force pour continuer, qu’elle soit le cri pour demander justice. La transformation ne viendra pas des gouvernements mais de personnes organisées, avec la dignité et la force de changer ce monde.

Votre lutte et la nôtre sont liées parce que nous luttons pour une vie digne, nous luttons contre la violence de ce système capitaliste, qu’il s’agisse de mégaprojets ou de violence policière, parce que nous croyons qu’il peut y avoir un avenir différent pour nous tous, parce que votre lutte, la nôtre et celle de beaucoup d’autres dans le monde finiront par élargir la fissure qui brisera ce système de mort.

Nous joignons nos voix aux vôtres, nos poings gauches, nos sourires et notre force à vous en ce jour important.

Plus de violence de la part des forces de l’ordre !

Plus de mégaprojets dans le monde !

Vive la dignité rebelle ! Vive les peuples du monde !

Front des peuples en défense de la terre et de l’eau
des États de Morelos, Puebla et Tlaxcala

Source et traduction : CSPCL

25 mars 2021.


¡Viva Zapata!

Association pour un Anarchisme Ontologique : Une (re)lecture du préambule du syndicat I.W.W 1991 ~ 2020

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L’I.W.W (1905), seul syndicat digne d’intérêt

Une interprétation ésotérique du préambule de l’I.W.W. par Hakim Bey et l’Association for Ontological Anarchism

 

AOA

1991

Révisé, mars 2020

Ceux qui pensent connaître nos idéaux politiques, qui savent que nous sommes des individualistes (ou pire des « néo-individualistes ») seront sans nul doute choqués de découvrir notre intérêt pour l’I.W.W. [i] Et ils seront encore plus étonnés d’apprendre que Mark Sullivan [ii] et moi-même avons rejoint la NY Artists et Writers Job Branch de l’I.W.W. en janvier de cette année à la demande pressante de Mel Most [iii]. En fait, nous sommes un peu sous le choc nous-mêmes. « Ne jamais se plaindre, ne jamais expliquer »… mais peut-être que, juste pour cette fois, nous allons un peu adoucir notre règle – d’où l’apologie.

La Mackay Society, dont Mark et moi-même sommes des membres actifs, est dédiée à l’anarchisme de Max Stirner, de Benjamin Tucker et de John Henry Mackay. En outre, je me suis associé avec divers courants du post-situationnisme, du « travail zéro », du néo-dadaïsme, du mouvement « autonomia »[iv] et de l’anarchisme « Type 3 »[v], qui tous sont supposés être des horreurs sans nom pour l’I.W.W. et le syndicalisme en général. D’autres membres de la NY Artists Branch sont également des individualistes ou des anarchistes pacifistes (suivant la ligne de transmission de Julian Beck [vi]) ; un certain malaise s’était déjà fait jour lors de réunions concernant le Préambule de l’I.W.W. ou d’autres textes… ; et donc, hormis faire un geste sentimental en l’honneur de la mémoire de Mel… pourquoi collaborons-nous à l’I.W.W. ?

Primo : où est le problème ? Lorsque j’ai découvert l’anarchisme vers l’âge de 12 ou 13 ans, j’ai voulu devenir un hobo [vii] (une ambition plus modeste que pirate) et les organisateurs Wobbly [viii] me semblaient alors de véritables héros américains. Je le pense toujours.

Secundo : nous qui sommes du « Type 3 », nous aimons montrer notre mépris pour l’idéologie – et même pour notre propre anti-idéologie. La lutte des classes ne nous suffit pas comme explication de la réalité, mais il est évident qu’elle est réelle – nous savons où va notre sympathie. Nous nous opposons à l’idée sociale de « Travail » – mais nous sommes loin de nous opposer aux « travailleurs ». L’aliénation du travail, selon nous, ne peut être totalement expliquée par l’économie du salariat ; elle a également une origine psychologique. Cette double critique jette le concept même et la structure profonde du « monde industriel » dans le creuset de la déconstruction radicale. Cependant, le travail industriel est réel et le contrôle des travailleurs doit être considéré comme une tactique totalement valide en vue de la réalisation des aspects économiques & psychologiques de toute « société nouvelle » hypothétique « au sein de la coquille de l’ancienne ».

En outre, en tant qu’individualistes nous avons de bonnes raisons pour apprécier le concept d’union de l’I.W.W. Stirner – contrairement ce que croient ceux qui n’ont jamais lu ses livres – approuvait une « Union des Uniques » (nous préférons cette traduction à celle d’« union des égoïstes »), au sein de laquelle tous les membres pourraient atteindre leurs buts au travers des intérêts communs. Il suggéra que les travailleurs avaient tout à gagner à embrasser cette notion, & que si la classe laborieuse devait s’organiser sur une telle base elle deviendrait imbattable. (Le préjudice fait à Stirner remonte à Marx et à Engels qui le considéraient comme potentiellement plus dangereux encore que Bakounine et qui écrivirent leur plus gros livre pour détruire son influence).

La Mackay Society, cela dit en passant, représente un courant peu connu de la pensée individualiste qui n’a jamais rompu ses liens avec le syndicalisme. Dyer Lum, Ezra et Angela Haywood représentent cette école de pensée ; Jo Labadie, qui écrivit pour le « Liberty » de Tucker, faisait lui-même un lien entre les anarchistes « fil à plomb » américains, les individualistes « philosophiques » et les syndicalistes ou la branche communiste du mouvement ; son influence a atteint la Mackey Society au travers de son fils, Laurance. Tout comme les stirnériens italiens (qui influencèrent notre vieil ami E. Arrigoni), nous soutenons tous les courants antiautoritaires, en dépit de leurs contradictions apparentes. Pourquoi ? Tout simplement, car nous pensons que la réalisation de la liberté personnelle est possible dans l’acte même de se battre pour l’obtenir. De notre point de vue, s’organiser radicalement (jusqu’au point d’insurrection) n’est pas un sacrifice que l’on fait pour le futur ; il s’agit plutôt d’un mode d’auto-libération avec sa propre récompense immédiate – même si cette récompense consiste seulement en fragments et moments de réalisation. Les Wooblies, avec leur mépris pour la « part de gâteau à venir » [ix] (ou comme l’a si bien dit Lewis Carroll, « du jambon demain ou du jambon hier, mais jamais de jambon aujourd’hui »), doivent ressentir la même méfiance envers l’utopie gauchiste qui demande le martyr au nom d’un « lendemain » matérialiste que nous ne vivrons pas assez vieux pour voir.

Dans une récente édition de « Factsheet Five », M. Gunderloy (un autre néo-individualiste de renom) salue le « vent du changement… soufflant sur le Grand Syndicat [x] » démontré par un « article intriguant sur l’Écologisme de l’I.W.W. » dans « The International Worker ». Si l’I.W.W. est compatible avec « Earth First ! »[xi], il doit sûrement être capable d’accepter des pacifistes & des individualistes. Dans l’édition de janvier de « IW », un délégué de San Francisco la conférence de 1989 « Without Borders » comme un « festival de contre-culture anti-laborieuse » — mais il admet que la branche locale a retiré certains bénéfices de cette rencontre. Ce délégué serait sans nul doute surpris d’apprendre que nous, les « néo-individualistes », nous sommes sentis sous-représentés à cette conférence. Le problème c’est que le mouvement anarchiste grandit et que toutes sortes de courants naissent, se croisent, et fleurissent. Aucune tendance antiautoritaire ne devrait être exclue – ou s’exclure – de ce ferment. L’idéologie meurt – le communisme aujourd’hui, le capitalisme peut-être demain – et l’anarchisme est le seul mouvement politique moderne de gauche qui ait une chance d’être pris au sérieux. Nous mettons l’I.W.W. au défit d’élargir ses horizons au-delà de la conscience de classe, tout comme nous mettons au défi les punks (ou les environnementalistes) d’étendre leur conscience de classe, de travail et d’histoire de l’anarchie. Nous sommes tous ensemble et il est grand temps de commencer à nous traiter les uns les autres avec camaraderie.

Le Préambule de l’I.W.W. est quasiment un texte « sacré » — une Écriture. Aucun croyant n’aime trop se plonger dans les Écritures – et nous sommes suffisamment superstitieux pour ne pas désirer déranger les esprits de ces vieux hobos que nous vénérons. Mais les temps changent et les Écritures doivent être réinterprétées. Voilà pourquoi nous suggérons, avec le sourire, une lecture « ésotérique » du texte.

Du point de vue d’un exégète agile, il y a dans le Préambule quelques termes-clés merveilleusement vagues & élastiques. La définition de « classe laborieuse » devrait être étendue afin d’inclure tous ceux qui souffrent de l’aliénation du travail, à la fois psychologique et économique. « La classe patronale » devrait alors comprendre toutes les forces d’opposition à la liberté tant économique que psychologique. « Les bonnes choses de la vie » ne doivent certainement pas être comprises comme de simples biens matériels, mais également comme arts de vie, actions, créations, inspirations, modes de liberté, manières de vivre.

« Un mal fait à un seul, c’est un mal fait à tous » non pas parce que nous faisons partie d’un corps mystique ou d’une église placée sous quelque code moral impérieux ou sous le Saint-Esprit, mais parce que chacun d’entre nous aspire aux « bonnes choses » qui circulent librement parmi les esprits libres, les individus agissant en « union » pour certaines valeurs – valeurs qui commencent à émerger dans l’acte même de les déclarer comme telles, et de déclarer sa volonté à se battre pour elles.

Après tout, pourquoi sommes-nous contre la « faim et le manque » ? Parce que nous sommes des cœurs tendres et des bienfaiteurs ? Ou parce que la faim et le manque (à la fois économique et psychologique) empêchent la pleine réalisation d’une société dans laquelle les bonnes choses circuleraient librement, et donc diminuent ainsi la capacité de chaque individu à obtenir ces choses ?

En tant qu’artistes et écrivains nous apprécions l’image de la bannière portant le slogan révolutionnaire – notre propre « travail » est précisément la création de telles bannières, de tels symboles. Nous ne créons pas d’idoles à adorer ou des slogans gravés dans l’éternité de la pierre – non, nous fabriquons des outils pour la réalisation. Notre branche « produit » le potentiel d’une conscience libre en œuvrant à l’abolition de la perception consensuelle, de l’auto-oppression et de l’oppression de l’autorité. Les salaires de l’aliénation sont la mort de l’esprit humain ; le slogan révolutionnaire est « possession de la terre » – ce qui inclut la possession de soi, de l’imagination, du corps, du pouvoir créatif – cela aussi c’est « la machinerie de la production ».

Préambule à la Constitution de l’I.W.W.

La classe laborieuse et la classe patronale n’ont rien en commun. Il ne peut exister de paix entre elles aussi longtemps que la faim et la misère accablent les millions de travailleurs et que la minorité, constituant la classe patronale, jouit de tous les bons côtés de la vie.

Entre ces deux classes, la lutte doit perdurer jusqu’à ce que les travailleurs du monde s’organisent en tant que classe, prennent possession des moyens de production, abolissent le système du salariat et vivent en harmonie avec la Terre.

Nous pensons que la concentration de la gestion des industries entre des mains de moins en moins nombreuses empêche les syndicats de contrer le pouvoir sans cesse grandissant de la classe patronale. Les syndicats servent un état des affaires qui permet de dresser un groupe de travailleurs contre un autre au sein de la même industrie, aidant ainsi à la défaite des uns et des autres dans la guerre des salaires. En outre, les syndicats aident la classe patronale à renforcer chez les travailleurs l’idée fausse que la classe laborieuse a des intérêts en commun avec ses employeurs.

Ces conditions peuvent être changées et l’intérêt de la classe laborieuse maintenu uniquement par une organisation formée d’une manière telle que tous ses membres dans un secteur de l’industrie en particulier, ou dans toute l’industrie si nécessaire, cessent de travailler lorsqu’une grève ou un lockout est entrepris dans un département – faire du tort à un seul, c’est faire du tort à tous.

En lieu et place du slogan conservateur, « un bon salaire pour un jour de travail juste », nous inscrivons sur nos bannières le slogan révolutionnaire :

« Abolition du salariat ».

C’est la mission historique de la classe laborieuse d’en finir avec le capitalisme. L’armée de la production doit s’organiser, non seulement pour la lutte de tous les jours contre les capitalistes, mais aussi afin de continuer la production lorsque le capitalisme aura été aboli. En nous organisant industriellement, nous formons la structure de la nouvelle société au sein de la coquille de l’ancienne.

NOTES :

[i] L’Industrial Workers of the World est un syndicat international fondé aux États-Unis en 1905 dont le siège actuel se trouve à Cincinnati dans l’Ohio. Ce syndicat vise principalement à mettre fin au salariat.

[ii] Mark Sullivan est le fondateur d’une antenne de la John Henry MacKay Society.

[iii] Mel Most est l’un des organisateurs de l’I.W.W. décédé en 1991.

[iv] Mouvement autonomiste apparu en Allemagne et en Italie dans les années 70.

[v] Terme forgé par Bob Black afin de définir l’amalgame entre anarchisme individualiste et communiste.

[vi] Fondateur avec Judith Malina, du Living Theatre.

[vii] Un hobo est un sans domicile fixe se déplaçant de ville en ville le plus souvent en se cachant dans des trains de marchandises, vivant de travaux manuels saisonniers et d’expédients.

[viii] Wobbly est le nom donné aux membres de l’I.W.W.

[ix] Une des caractéristiques de l’I.W.W. est la création et l’utilisation de la chanson. Ainsi, pour contrecarrer les patrons qui appelaient la fanfare de l’Armée du salut pour couvrir les orateurs des wobblies, Joe Hill composa ainsi « There’ll Be Pie in the Sky When You Die (That’s a Lie) », « Il y aura du gâteau au Ciel quand tu mourras, (c’est un mensonge) ».

[x] Autre nom donné à l’I.W.W.

[xi] « Earth First! » est une organisation radicale écologiste apparue dans le Sud-ouest des États-Unis, et fondée en 1980

Cet article a été modifié le 15 mars 2020

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Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie


Industrial Workers of the World ~ Wobblies ~