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Nouvel Ordre Mondial: Chine, OGM, Syngenta… Syngenta/Chine + Monsanto/USA contre nous, les peuples du monde…

Posted in actualité, altermondialisme, écologie & climat, économie, chine colonialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, OGM et nécro-agriculure, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, sciences et technologies, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 18 juillet 2016 by Résistance 71

le Monstre Syngenta de la Chine soutenu par la Russie est aussi dangereux que le Monstre Monsanto des Etats-Unis

par Vive les semences libres et bio

18 juillet 2016

En réponse aux appels sur les sites révolutionnaires altermondialistes qui appelle à construire une nouvelle europe avec la russie pour se sauver des OGMS et des brevets des semences des lobbys. Non cela ne va rien changer pour les peuples! C’est juste tomber de Charybde en Scylla!

Pourquoi ?
Parce que vous aurez juste du TAFTA Chinois OGM à la place du TAFTA US OGM !

Syngenta acheté par la Chine est devenu plus fort que Monsanto!
Maintenant Monsanto fait monter les enchères à Bayer pour se faire acheter aussi!

La Russie est soumise à la Chine, l’empire du milieu.
Et cet article russe validé par le Kremlin le prouve !
https://fr.sputniknews.com/sci_tech/201602081021580142-chine-nourriture-syngenta/

À Enregistrer et à faire partager massivement!

Le fait que le KREMLIN lui-même qui valide tous les articles de sputnik news autorise des articles russes pro-OGM montrent que la Russie n’a pas une position 100 % contre les OGMS.

Le Kremlin ne s’est-il pas donné pour mission de contre-informer les fausses informations des USA sur les OGMS ? Alors pourquoi autoriser des articles le représentant qui vantent les OGMS ?

le grand titre choisi pour l’article est https://fr.sputniknews.com/sci_tech/201602081021580142-chine-nourriture-syngenta/: Comment nourrir 1.7milliards habitants ?

Et la réponse est quoi dans l’article russe? La Chine a résolu son problème grâce aux OGMS et en achetant la multinationale Syngenta Suisse pour 43 milliards d’euros, le frère jumeau de Monsanto américain qui fait du lobbying à Bruxelles pour imposer ses pesticides néonicotinoides qui tuent les abeilles, ses brevets sur toutes les semences du vivant, les plantes transgéniques,etc.

Syngenta est connu pour faire la loi à Bruxelles et à Washington pour imposer ses pesticides néonicotinoides néfastes pour les abeilles et privatiser les semences.

Le sénat du gouvernement Français sous sa pression a accepté les pesticides néonicotinoides

http://www.natura-sciences.com/agriculture/neonicotinoides-senat819.html

ET Washington aussi :
https://www.organicconsumers.org/old_articles/foodsafety/syngenta110104.php

la Chine a fait de nombreux partenariat avec Monsanto, Bayer, et Dupont Corporation.
http://www.novethic.fr/empreinte-terre/agriculture/isr-rse/la-chine-controle-t-elle-ses-ogm-135819.html

« Le lobby des producteurs de pesticides néonicotinoïdes (tueurs d’abeilles), qui compte parmi ses membres Bayer, Monsanto, BASF, Dow, DuPont et Syngenta. »
http://www.journaldelenvironnement.net/article/comment-le-lobby-des-pesticides-se-bat-pour-les-neonicotinoides,34147

« Pékin espère que les projets de Syngenta permettront d’augmenter la productivité de l’agriculture nationale, appelée à nourrir la population croissante en plus des importations alimentaires. »
source russe https://fr.sputniknews.com/sci_tech/201602081021580142-chine-nourriture-syngenta/

Pourquoi l’article russe ne dit-il pas, Pékin, tu espères pour rien, les OGMS ne sont pas la solution pour nourrir ton peuple?

Ainsi Cela montre que la position de la Russie ne sera pas éternellement anti-OGM.
Si la Russie était anti-OGM, elle aurait uniquement reporté l’achat de Syngenta et des OGMS, sans faire aucun commentaire du pourquoi ni comment Pékin l’a acheté.

Pourquoi ajouter dans votre article russe validé par le Kremlin, parce que c’est la solution que Pékin a trouvé pour nourrir sa gigantesque population?

Pourquoi ajouter cela?

Parce que vous essayez d’influencer le peuple russe ou plus tard le peuple eurasiatique en disant, voyez Pékin l’a fait, il a résolu à nourrir sa population de 1.7 milliards d’habitants avec les OGMS de Syngenta, alors pourquoi pas nous, on pourrait aussi essayer les OGMS de Syngenta?

« La Chine vient d’acquérir la société suisse Syngenta, l’un des leaders mondiaux des pesticides et des plantes génétiquement modifiées, pour la somme astronomique de 46 milliards de dollars. Cet achat, réalisé via l’entreprise publique China National Chemical Corp est le plus grand de toute l’histoire de la Chine. »https://fr.sputniknews.com/sci_tech/201602081021580142-chine-nourriture-syngenta/

Donc, l’article russe, Loin de critiquer la Chine sur le fait qu’elle compte éduquer de force son peuple à bouffer des OGMS, l’article russe au contraire, remet sans cesse un parallèle suggestif sur la population qu’elle a à nourrir, et sur l’avancée de la Chine sur les OGMS grâce à son achat du monstre Syngenta qui fait trembler tous les paysans de la Terre.

« Par ailleurs, les Chinois se méfient beaucoup des produits OGM. La Chine achète ce type de cultures à l’étranger (la grande majorité du maïs et du soja en provenance des USA est génétiquement modifié). Pour dissiper les craintes, les autorités ont même organisé une campagne de soutien aux OGM: le président Xi Jinping a appelé à développer activement ces technologies en Chine pour « empêcher la domination de compagnies étrangères sur ce marché ». Selon les informations disponibles, Pékin investira près de 3 milliards de dollars dans la recherche OGM entre 2006 et 2020. »
https://fr.sputniknews.com/sci_tech/201602081021580142-chine-nourriture-syngenta/

Si la Russie était vraiment 100 % anti-OGM, elle aurait condamné l’achat de Syngenta par la Chine, vu que la Russie elle-même a bannit les entreprises d’OGMs sur son territoire et le fait que celle-ci se lance sur les OGMS pour nourrir sa population grandissante.

Hors il n’en est rien. Et le titre lui-même indique que la Russie est d’accord sur la Chine que les OGMS sont nécessaires pour nourrir une population trop nombreuse.

Le fait que le peuple Russe ait gagné sur son gouvernement à bannir les OGMS, n’est donc que provisoire.

Pékin laisse pour l’instant la Russie libre de bannir les OGMS.

Et cela dans l’unique but d’attirer tous les européens qui ont peur des OGMS et du TAFTA en Europe !

Une stratégie de maître ! Et tout le monde n’y voit que du feu !

Le but de Pékin est que la Russie et l’Europe s’unissent pour faire un marché encore plus grand pour Syngenta, le roi du brevets de semences et des OGMS qui flique les paysans du monde entier, et leurs réclament des droits sur chaque semence qu’ils utilisent même bio !

Cet article est donc un clin d’oeil à Pékin pour lui dire :

J’ai peut-être interdit les OGMS sur mon territoire pour l’instant, mais dès que j’aurai attrapé le marché européen, et que le marché europe-Russe aura un marché libre (comme le TAFTA) avec la Chine, on autorisera les OGMS, pour que votre multinationale Syngenta continue à faire des profits.

L’ambition de la Chine en achetant Syngenta est d’être le banquier des semences agricoles mondiales.

Tous les agriculteurs devront payer des taxes à la Chine via Syngenta pour cultiver leurs légumes et fruits bio dans leur jardin privé ou public.

Il est donc important que les peuples Russe et Européens se réveillent.

Ce n’est pas en joignant leurs gouvernements qu’ils arriveront à combattre contre la dictature des OGMS.

C’est ce que le Nouvel Ordre Mondial veut.
Réunir tout, pour tout mieux contrôler.

Georges Soros l’a dit : C’est la Chine qui prendra la place des Etats-Unis dans le Nouvel Ordre Mondial. Les Etats-Unis ne servent plus à rien avec leur dollar défaillant, maintenant, ils doivent laisser leur place à la Chine.
https://fonzibrain.wordpress.com/2010/11/18/soros-la-chine-dirigera-le-nouvel-ordre-mondial/

« Adoubement de la Chine au sein du Nouvel Ordre Mondial par le FMI »
https://resistance71.wordpress.com/2015/12/04/adoubement-de-la-chine-au-sein-du-nouvel-ordre-mondial-par-le-fmi/

La Russie sera comme l’Europe, une sous-nation obéissant à la Chine !
Le but est que seule la Chine ait un droit de veto à l’ONU !

La Chine occupe déjà des postes de clé dans toutes les institutions mondiales!
http://reinformation.tv/nouvel-ordre-mondial-domine-chine-communiste/

L’Eurasie des nations sera soumise à l’ONU de la Chine, comme l’Europe est soumise à Bruxelles des Etats-Unis actuellement.

Les sous-nations de l’Eurasie seront obligés de tous se mettre d’accord pour s’opposer à une proposition de l’ONU.
Et cela est impossible !

Nous nous dirigeons vers une dictature complète de l’ONU qui aura le même pouvoir que Bruxelles a actuellement sur nos vies !

Nous devons sortir de l’Europe, et les nations doivent rester indépendantes les unes des autres, avec avec chacun un pouvoir de veto à l’ONU.

Nous ne devons nous laisser avoir ni par une Europe américaine, ni par une Europe Russe.
Les deux nous conduiront à la même dictature totalitaire.

Pour l’instant, la Chine-Russie essaye d’attirer tous les mécontents de l’Europe américaine, et leur faire miroiter le rêve eurasiatique. C’est pour cela que la Russie a banni provisoirement les OGMS de son territoire.

Comme dans la souricière, un fromage moelleux pour attirer la souris !

Mais la Chine qui commande tout est pro-OGM. Son achat du monstre Syngenta en lui-même le prouve. Et elle ne laissera pas longtemps la Russie être anti-OGM.
Elle attend juste que son partenaire Russe s’aggrandisse avec l’annexion de l’Europe, comme cela
elle va pouvoir aggrandir son marché économique.

Ne pas oublier que les multinationales dirigent les gouvernements !
Syngenta, acheté par l’élite chinoise qui occupe les plus hauts postes du gouvernement en Chine, ne laissera jamais l’Eurasie bannir les OGMS et les brevets des semences !

Faut pas rêver. Empêcher le TAFTA c’est dans le refus populaire du peuple qu’il se fera.

Jamais un pays capitaliste à genoux devant ses intérêts privés et multinationales ne pourra vous sauver !

Un autre article validé par le Kremlin montre que la Russie a des scientifiques qui pourraient faire valider les OGMS :
« Sergueï Kiselev, biologiste, professeur et chercheur principal à l’Institut de la génétique générale de l’Académie russe des sciences, dans un entretien accordé à Sputnik.

Selon l’interlocuteur de Sputnik, les OGM représentent un moyen accéléré et dirigé de modification génétique pour résoudre certaines tâches. Dans le même temps, ce moyen est capable de garantir une certaine sécurité. Dans cette situation, il est très important que cela se passe de façon contrôlée.

« Quand nous insérons un gène précis dans un organisme génétiquement modifié, un gène qui rend une tomate ou une pastèque carrée, mieux une pastèque carrée, le gène la rend non ronde, mais carrée, c’est-à-dire, économise du temps, de la place pour l’emballage, et ainsi baisse les coûts de transport. (…) De même pour les tomates, quand nous insérons un gène spécifique qui ne les laisse pas pourrir. Qu’est-ce qu’il y a de mal à cela? Rien », souligne le biologiste. »
source russe https://fr.sputniknews.com/sci_tech/201606231026107520-ogm-polemique-commentaire/

Un centre de recherche d’OGM d’international qui comprend des scientifiques Russes et une entreprise de recherche collaboratrice chinoise entre autres veulent tester leur riz OGM en Asie du Sud-Est
l’article est lui aussi validé par le Kremlin donc de source russe, pas une seule condamnation des OGMS dans l’article ! :

Comment un article russe peut reporter une telle news sans y émettre aucune critique ?
Encore une preuve que la Russie n’est pas 100 % anti-OGM !

l’institut internationale de recherche sur le riz (IRRI) est fondé par Rockfeller et est investit par Bill Gates.
Il comprend des rechercheurs scientifiques russes, chinois, indiens, et les bases de cet institut se situe dans l’Asie du Sud Est.
https://en.wikipedia.org/wiki/International_Rice_Research_Institute
« Les chercheurs espèrent que les nouvelles variétés sauront résister à tous ces problèmes. « On va pouvoir obtenir les propriétés qu’on veut dans le riz, en termes de résistance à la sécheresse et aux maladies, de rendement », dit Nikolaï Alexandrov, bio-analyste russe de l’IRRI.
Les scientifiques évoquent une seconde « révolution verte ». »
source russe https://fr.sputniknews.com/societe/201602151021758301-riz-recherche-genetique/

A noter que le gouvernement Russe a banni pour l’instant les OGMS et Monsanto et compagnie, ce qui ne l’empêche pas de faire des articles de louanges sur le fait que la Chine ait acheté Syngenta jumeau de Monsanto et ne l’empêche pas d’autoriser la recherche scientifique sur les OGMS, ce qui peut permettre à des tas de pro-OGMs d’en profiter pour créer de nouvelles études scientifiques qui pourraient permettre l’utilisation à nouveau d’OGM en disant qu’ils ont réussi à créer une plante ou un fruit transgénique non nuisible à l’être humain.
« Seules les recherches scientifiques sur les OGM seront autorisées »
https://fr.sputniknews.com/russie/201607041026393059-ogm-russie-poutine/

Tout comme ce chercheur Russe ici qui essaye déjà de faire accepter les OGMS par le gouvernement russe et dont l’article est validé par le Kremlin.
Encore une preuve que le Kremlin essaye progressivement de faire changer d’avis sa population sur les OGMS en rapportant ces propos de scientifiques russes pro-OGMS dans ses articles.
https://fr.sputniknews.com/sci_tech/201606231026107520-ogm-polemique-commentaire/

signé Vive les semences libres et bio

Canada et colonialisme: Chine et police canadienne impliquées dans la disparition de familles autochtones en Colombie Britannique…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, écologie & climat, économie, CIA et traffic de drogue, colonialisme, crise mondiale, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 8 juillet 2016 by Résistance 71

Mise à jour du 8 juillet: Info à connecter avec cet article: Le Brexit a été piloté par la City de Londres /Couronne en connexion avec la finance chinoise, voir ici.

Une enquête indépendante sur la disparition de personnes découvre de nouvelles et surprenantes preuves, un tribunal de droit coutumier va se réunir à Vancouver

TIDC

1er juillet 2016

url de l’article original:

http://itccs.org/2016/07/01/a-special-mid-year-update-july-1-2016/

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Note de Résistance 71: Ceci est une traduction partielle de l’article original partagé en plusieurs rapports d’information.

A lire pour plus d’information: « Meurtre par décret: crime de génocide au Canada »

Vancouver: Après trois mois d’investigations, l’enquête indépendante connue sous le nom de Tribunal International pour les Disparus du Canada ou TIDC a publié un impressionnant rapport intérimaire. Basé sur plus de 100 entretiens/témoignages, le rapport du TIDC affirme que le nombre de femmes et d’enfants disparus sur la côte ouest du Canada est “bien plus important que préalablement suspecté… C’est un très grand nombre, probablement de plusieurs milliers.

Voici un extrait du résumé du rapport:

“Des enquêtes de police ayant eu lieu préalablement ont été délibérément redirigées pour focaliser seulement sur certaines femmes aborigènes de localités définies rapportées disparues au cours des mois, et souvent des années. Mais lorsqu’on fait le total des gens disparus sans se préoccuper de temps écoulé ou de l’endroit où ces personnes ont disparu, alors la vision que l’on a est celle de centaines et de centaines de familles essentiellement aborigènes qui ont disparu, se sont littéralement vaporisées sans laisser de traces et ce à un ratio constant au travers de toute la province de la Colombie Britannique et spécifiquement des villes côtières et dans le nord de la province.”

L’implication active de gendarmes de la GRC (police montée canadienne), des polices locales, d’officiels du gouvernement et de juges dans ces disparitions est aussi confirmé dans le rapport du TIDC.

“Tous les niveaux de gouvernement et de l’infrastructure légale en Colombie Britannique sont impliqués dans ces disparitions, des assistants sociaux locaux et médecins qui ciblent, criminalisent, mettent abusivement sous médicaments (NdT: psychotropes) et transportent les enfants autochtones hors de leur famille et foyer, aux juges qui ordonnent les arrestations a posteriori des parents de ces enfants, ordres exécutés par des équipes de choc (NdT: de nettoyage…) de la GRC et de leurs contractants privés, qui disposent, “s’occupent”, des familles aborigènes ciblées. La nomination récente d’Ed John, un trafiquant d’enfants déjà condamné, au poste de conseiller spécial du gouvernement provincial pour l’adoption des natifs, est un exemple supplémentaire de l’institutionnalisation de ce système criminel intra muros… Il devient de plus en plus évident que Mr John a été placé à ce poste afin de fournir une protection gouvernementale au commerce croissant des enfants autochtones au travers du réseau d’adoption dans des familles d’acceuil blanches et aussi afin de minimiser officiellement le nombre d’acheteurs d’enfants depuis l’étranger.”

Une équipe d’enquête spéciale du TIDC opérant dans la région de Terrace et de Powell River en Colombie Britannique, a aussi découvert que des entreprises chinoises ayant des connexions avec l’armée sont impliquées dans les disparitions aborigènes, ceci faisant partie intégrante d’un “programme de nettoyage ethnique” en liaison avec la colonisation par des (nouveaux) colons chinois de la côte ouest du Canada.

Sino Bright, une entreprise chinoise qui sponsorise des écoles privées off shore en Chine et au Canada et qui est une grande promotrice de l’escalade d’une immigration chinoise au Canada, est en train d’établir une vaste opération commerciale dans la ville côtière de Powell River, ville qui a été et est toujours historiquement, un point chaud sur la carte des disparitions de personnes autochtones, du trafic d’enfants et de l’importation de drogues en provenance d’Asie.

(lire ici le témoignange de Dagmar Stephens, http://itccs.org/2011/02/02/memorandum-on-the-organized-disappearance-torture-exploitation-and-murder-of-women-and-children-on-canada-s-west-coast-a-summary-from-eyewitnesses/ ; voir aussi: http://www.theglobeandmail.com/news/british-columbia/chinese-private-school-could-open-campus-in-bc/article29795750/ )

Le chef de l’exécutif de Sino Bright, Quan Ouyang, est lié à des généraux chinois impliqués dans le commerce d’organes humains en Chine, commerce géré par l’armée, ainsi que des disparitions de masse dans les groupes minoritaires ciblés en Chine comme les musulmans Ouïghours. Le leader militaire chinois Xi Jin Ping et plusieurs “généraux hauts-placés” sont des associés d’affaires de Quan Ouyang.

D’après un témoin membre de la GRC interrogé par l’équipe du TIDC:

“Juste l’année dernière, une équipe du FBI fouinait aux alentours de Powell River, à la recherche d’une équipe de tueurs en série qui avait frappé autour de la ville de Seattle (NdT: état de Washington aux USA, limitrophe à la Colombie Britannique) et qui était liée à des gangs asiatiques. Alors, d’un seul coup, le FBI a fait machine arrière toute. L’un d’entre eux à fait la remarque à mon officier qu’il y avait une pression diplomatique sur eux pour qu’ils arrêtent de trop regarder dans la zone de Powell River. Le dernier groupe de flics qui a essayé de fouiller dans ce qui se passe dans cette ville ont tous été retrouvés morts dans une chambre de motel. La drogue est un motif, c’est sûr, les triades chinoises et les yakuzas japonais utilisent l’endroit pour faire venir leurs cargos par mer, tout le monde le sait. Mais il y a quelque chose de plus gros que çà qui a même fait reculer le FBI.”

Les investissements chinois au Canada et spécifiquement en Colombie Britannique, ont augmenté 15 fois entre 2004 et 2014, la somme investie est maintenant de plus de 13 milliards de dollars. La vaste majorité de ces investissements est concentrée dans l’extraction minière, l’industrie du bois et les industries énergétiques ; les matières premières sont très souvent situées sur des terres ancestrales aborigènes, occupées par des bandes autochtones. L’influence chinoise se développe dans bien d’autres secteurs.

(http://www.bcbusiness.ca/finance/how-chinese-investment-is-changing-in-bc)

D’après le résumé du rapport du TIDC:

“Notre recherche indique que des forces globales économiques et politiques très puissantes sont en train d’éliminer les populations indigènes locales en Colombie Britannique et ce avec la même intensité que durant le génocide historique ayant eut lieu au Canada au faîte de l’installation coloniale entre 1880 et 1920. La seule différence aujourd’hui est que le colonialisme trans-pacifique est maintenant derrière le génocide, aidé en cela par les gouvernements canadiens (provinciaux et fédéral) et leurs polices.”

Sur la base du rapport du TIDC un tribunal de droit coutumier va se réunir à Vancouver à l’automne 2016, celui-ci cherchera à mettre en accusation des officiels de haut-niveau de l’état, hauts-fonctionnaires, de la police, de l’armée et des officiels entrepreneuriaux à la fois au Canada et en Chine pour des crimes contre l’humanité qui sont continuellement découverts et documentés par le TIDC.

Le travail du TIDC continue. Le tribunal peut être contacté à: disappearedofcanada@gmail.com . Pour plus d’information sur les preuves du tribunal : Murder by Decree: The Crime of Genocide in Canada (2016), at www.murderbydecree.com .

Réflexion politique sur un nouveau paradigme avec Cornelius Castoriadis et Murray Bookchin

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, économie, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 7 juillet 2016 by Résistance 71

La démocratie directe et l’écologie: Bookchin et Castoriadis

 

Yavor Tarinski

 

url de l’article

https://robertgraham.wordpress.com/2016/06/25/direct-democracy-ecology-castoriadis-and-bookchin/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

A lire également: « L’appel au socialisme » de Gustav Landauer, un raisonnement pour l’avènement de la Société des sociétés.

La charte de la Fédération Socialiste (Gustav Landauer 1908)

 

“La menace principale pour la nature et les Hommes aujourd’hui provient de la centralisation et de la monopolisation du pouvoir et des moyens de contrôle.” ~Vandana Shiva ~

De nos jours on nous rabâche constamment depuis le haut de la pyramide que nous n’avons pas le choix, que nous devons nous conformer au statu quo. Les institutions dominantes du pouvoir font tout ce qu’elles peuvent pour nous convaincre que la solution à nos problèmes sociaux et environnmentaux se trouvent dans les mêmes politiques qui les ont créé en première instance. Le fameux “TINA” (There Is No Alternative thatchérien) continue de dominer le narratif et le discours de masse ; la culture consumériste généralisée, en combinaison avec la crise de représentation de longue date, infectent l’imaginaire des gens et le contaminent avec un certain cynisme, un conformisme généralisé et une grande apathie.

Mais des sens d’une autre façon de penser et de vivre essaient de percer la passivité du moment et sa logique. Un nouveau sens qui va bien au-delà du discours capitaliste bureaucratique contemporain, offrant de nouvelles raisons et valeurs pour naviguer la vie sociétale et nous diriger hors de la destruction générée par une croissance économique constante et une apathie des plus cyniques.

Avec la disastisfaction populaire grandissante concernant l’ordre actuel des choses, nous pouvons distinguer deux sens qui offrent une cassure radicale avec la norme actuelle:

D’un côté, il y a un intérêt croissant pour la participation politique et la démocratie directe. De nos jours, il est devenue presqu’impensable de penser à des troubles populaires en dehors du cadre général de la démocratie: d’abord, la demande réside presque toujours dans l’implication toujours plus citoyenne d’une forme ou d’une autre, puis la façon d’organiser la lutte populaire depuis longtemps a surpassé le centralisme des organisations politiques traditionnelles, insistant au contraire sur la collaboration et l’auto-organisation.

D’un autre côté, l’écologie émerge comme une préoccupation majeure et comme une réponse au modèle politico-économique fondé sur la croissance qui est responsable d’une crise tangible de l’environnemnt. Ceci s’exprime sous la forme de luttes populaires contre les projets capitalistes extra-activistes, dangereux pour l’environnement, la santé publique et l’autonomie locale. Ceci prend aussi la forme d’une résistance à la culture consumériste, ce qui pousse de nouvelles théories inovatives comme celle impliquant la décroissance.

Parmi le spectre divers de penseurs qui dévelopent de nos jours ces nouveaux sens, on peut distinguer Cornelius Castoriadis et Murray Bookchin comme deux des plus influents. Tous deux ont émergé de la gauche et par leur pensée tout autant que par leur militantisme , ont réussi à dépasser les dogmes idéologiques et à développer leurs propres projets politiques , incorporant et avançant plus avant sur le chemin de la démocratie directe et de l’écologie. Il n’est pas du tout surprenant qu’ils aient tous deux collaboré avec le journal “Society & Nature”, puis plus tard avec son successeur “Democracy & Nature”, et ce jusqu’en 1996, lorsqu’un conflit érupta entre les deux penseurs. [http://www.democracynature.org/vol3/biehl_bookchin.htm].

De nos jours, leurs héritages respectifs sont portés par les mouvements sociaux et par les luttes qui placent ces deux sens au cœur de leur politique et de leurs activités. La pensée de Castoriadis a été revitalisée par le soulèvement populaire en Europe de ces dernières années, spécifiquement avec ce qui fut appeléle “mouvement des places” (alias mouvement des “Indignados”), qui fut piloté non pas par des idéologies “pures” mais par la passion pour l’action politique et l’esprit critique, tandis que le projet de Bookchin est de nouveau partiellement mis en application au travers du mouvement de libération kurde au cœur du Moyen-Orient, ce le plus notoirement dans la province syrienne du Rojava, influençant le mouvement à un tel degré que celui-ci (le PKK) a complètement abandonné son orientation de départ marxiste-léniniste.

On doit noter que la cible de ce texte n’est pas d’établir une comparaison analytique profonde entre les travaux de Castoriadis et de Bookchin, mais plutôt est un effort de souligner ces deux éléments de leur pensée qui sont si spécifiquement actuels dans notre conjoncture et qui sont chargés d’un énorme potentiel de changement.

La démocratie directe

Castoriadis et Bookchin ont tous deux vu un grand potentiel libérateur dans la démocratie directe et l’ont placé au cœur même de leurs projets politiques respectifs. Ils ont développé une grande partie de leur pensée et de leurs écrits à ce sujet, développant cette notion au-delà des cadres conventionnels des idéologies traditionnelles. En contraste définitif avec les visions de la gauche autoritaire (étatique), ne faisant pas confiance à la société et appelant ainsi à son assujettissement à des mécanismes hiérarchiques et extra-sociaux d’un côté, et de l’autre, avec de telles visions rejetant toute forme de lois, de droit ou d’institutions, les deux penseurs ont proposé l’établissement de structures et d’institutions qui permettraient l’interaction publique directe tout en maintenant la cohésion sociale au travers du flot horizontal du pouvoir.

D’après Castoriadis, la majorité des sociétés humaines furent établies sur une base d’hétéronomie, qu’il décrit comme une situation dans laquelle les règles de la société sont établies par une source extra-sociale (comme un parti politique, un dieu, une nécessité historique, etc…). Les institutions des société hétéronomes sont conçues comme évidentes par elles-mêmes et en cela ne peuvent pas être remises en cause, elles sont en l’occurence incompatibles avec une interaction populaire. Pour lui, l’organisation structurelle du monde occidental, tout en étant généralement caractérisé comme étant “démocratique”, est en fait une oligarchie libérale comportant quelques libertés pour les peuples, mais dont la gestion générale de la vie sociale se trouve entre les mains d’une toute petite élite (Castoriadis, 1989).

Pour Castoriadis, la démocratie est un élément essentiel de l’autonomie individuelle et sociale (le peuple doit établir ses propres règles et institutions), ce qui est à l’opposé de l‘hétéronomie. Ce qu’il appelle le projet autonome implique un style de démocratie directe et d’auto-institutionalisation par la société, qui consiste en un amalgame de citoyens conscients, qui comprennent qu’ils sont en charge de leur propre destinée et que celle-ci ne dépend en rien d’une quelconque force extra-sociale ou métaphysique (Castoriadis, 1992). Ainsi, c’est dans les mains de la société même que repose le plus grand pouvoir qui soit: celui de se donner les lois et les institutions sous lesquelles vivre.

Castoriadis dérive sa compréhension de la démocratie du sens classique du terme, originaire de l’Athène antique (demos/peuple, kratos/pouvoir). Sur cette base, il constate que les régimes libéraux actuels ne sont pas démocratiques car ils sont fondés sur l’élection de représentants et non pas sur la participation directe des citoyens. D’après lui, la démocratie ne peut être que directe et elle est ainsi incompatible avec la bureaucratie, l’expertisme en tout genre, l’inégalité économique et autres caractéristiques de notre système politique moderne (Castoriadis, 1989).

A un niveau plus concret, il suggéra l’établissement d’unités territoriales ayant des populations de l’ordre de 100 000 personnes qui s’auto-géreraient au travers d’assemblées générales (AG). Pour la coordination entre les différentes unités, il a proposé la formation de conseils et de comités auxquels les corps décisionnaires locaux enverraient des délégués temporaires et révocables (Castoriadis 2013: pages 42-43) ; de façon à ce que le pouvoir demeure dans les mains des peuples, permettant la coordination non-étatique sur une bien plus grande échelle.

Note de Résistance 71: Nous sommes très proche de cette approche organisationnelle de la société, que nous pensons être la seule solution viable sur le long terme. Resterait à résoudre en pratique le problème de l’égalité économique qui passe à notre avis par l’abolition de l’argent et du salariat ainsi que de la propriété privée à but lucratif (chacun garde ses possessions pourvu que cela ne puisse pas exploiter autrui). Tout comme l’État ne dusparaîtra pas “dans le temps”, la propriété privée et l’échange monnétaire ne le feront pas non plus, il faut s’en débarrasser dans la foulée des institutions étatiques et ce non pas par un processus violent de mis à bas (révolution), mais par la constitution et la croissance d’une société parallèle rendant obsolète toutes les lois et institutions actuelles étatiques et corporatistes, un progressisme sociétal menant à l’avènement de la société des sociétés organique…

Pour Bookchin aussi, la caractérisation du système politique actuel comme étant une démocratie fut une erreur, un oxymore. Il nous rappelle qu’il y a juste deux cents ans, le terme de “démocratie” était étiqueté par les dirigeants comme étant un système de la “règle de la foule”, un prélude au chaos, tandis que de nos jours il est utilisé pour masquer un régime représentatif, qui dans son essence même est une oligarchie républicaine depuis qu’une petite clique de personnes choisies dirige la très vaste majorité sans pouvoir (Bookchin, 1996).

Tout comme Castoriadis, Bookchin a fondé sa compréhension de la démocratie sur l’expérience politique de l’Athène antique ; c’est une des raisons pour lesquelles il plaça tant d’attention sur le rôle de la ville (Bookchin, 1964). Il décrit le comment avec la montée de l’étatisme, les citoyens actifs, profondément et moralement impliqués dans leurs villes, furent remplacés par des consommateurs passifs assujettis à la règle parlementaire, dont le temps libre est utilisé à errer dans les galeries marchandes et les grands magazins.

Après bien des années d’implication dans différents mouvements politiques (NdT: Bookchin fut membre des jeunesses communistes américaines, il fut un marxiste-léniniste militant, avant de prendre une orientation anarchiste devant la réalité des choses…) avant de développer son propre projet olitique qu’il appela le communalisme. Fondé sur la démocratie directe, il tourne essentiellement autour de la question du pouvoir, rejetant les pratiques de fuite en avant. Le Communalisme se focalise au contraire sur un centre de pouvoir qui pourrait être soumis à la volonté du peuple, le conseil municipal, au travers duquel on peut créer et coordonner les assemblées locales. Il a insisté sur le caractère antagoniste envers l’appareil d’état que possèdent ces institutions et la possibilité pour celles-ci de devenir les sources exclusives de pouvoir dans leurs villages, leurs villes et leurs agglomérations.

Les municipalités démocratisées, suggéra Bookchin, se confédéreraient les unes les autres et enverraient des délégués révocables aux assemblées populaires et aux conseils confédéraux, défiant ainsi le besoin d’un pouvoir centralisé étatique. Ce modèle tout à fait concret que Bookchin nomma le Municipalisme Libertaire (Bookchin 1996), a influencé grandement le leader kurde de la lutte sociale de libération Abdullah Ocalan et son PKK (NdT: qui depuis la fin des années 1990 a abandonné sa ligne politique marxiste, pour une ligne politique de Confédéralisme Démocratique inspiré de Bookchin, ce système est en place au Rojava syrien depuis 2005)

Une caractéristique remarquable de la vision de Bookchin sur la démocratie directe dans son communalisme, fut l’élément du vote majoritaire qu’il considérait comme étant le seul moyen équitable pour un grand nombre de personnes de prendre des décisions (Bookchin 2002). D’après lui, le consensus, par lequel une simple personne peut mettre un veto sur chaque décision prise, représente un danger pour le démantèlement de la société. Mais, d’après lui, tous les membres de la société possèdent la connaissance et la mémoire, donc la collectivité sociale n’a aucun intérêt à brimer des “minorités” du moment et de les priver de leurs droits. Pour lui, les vues de la minorité sont une source potentielle de nouvelles visions et de vérités, qui sont de grandes sources de créativité et de progrès pour la société dans son ensemble. (NdT: Nous ne sommes ici pas d’accord avec Bookchin, considérant la “règle de la majorité” comme une règle dictatoriale d’imposition imposant de facto une division de la société. Nous pensons que sur un très grand nombre de points politiques et sociaux, il y aurait un consensus décisionaire unanime et que seuls quelques points nécessiteraient plus de débat mais finiraient le plus souvent par enporter à terme une unanimité consensuelle. La règle de la majorité triomphante est la recette qui entretient la division de la société sur laquelle surfe les “leaders” d’une oligarchie en place ou à venir…)

Ecologie

L’écologie a joué un rôle majeur dans la pensée de ces deux grands philosophes. Les deux ayant une vision en contraste marqué avec celle des environnementalistes de leur époque (et d’aujourd’hui…). A l’encontre de la compréhension généralisée de la nature comme étant une commodité, comme quelque chose de séparé de la société, Castoriadis et Bookchin la percevait comme en relation directe avec la vie sociale, les relations et les valeurs, l’incorporant ainsi dans leurs projets politiques respectifs.

Castoriadis argumente que l’écologie est, par essence, une affaire politique. C’est au sujet de choix politiques de mettre en place certaines limites et objectifs dans la relation entre l’humanité et la nature (Castoriadis, 1993). Cela n’a rien à voir avec la science, car cette dernière est au sujet de l’exploration des possibilités et de fournir des réponses à des questions spécifiques, elle n’est pas concernée par l’auto-limitation. Quoi qu’il en soit, Castoriadis insiste grandement sur le fait que les ressources de la science soient mobilisées pour explorer la nature et notre impact sur elle, néanmoins il reste ferme sur ce que le choix à faire au bout du compte est par essence un choix politique.

Ainsi, les solutions qui devraient être données à toute crise environnementale et écologique devraient être politiques. Castoriadis demeure très critique en ce qui concerne les partis politiques verts et le système parlemantaire en général, dans la mesure où au travers des processus électoraux, cela pousse à “libérer” le peuple de la politique, l’incite en fait à quitter la politique, pour laisser le décisionnaire entre les mains de “représentants” professionnels. Ceci a pour résultat que les gens voient la nature de manière dépolitisée, seulement en tant que commodité et c’est pour cela que la plupart des mouvements écologiques contemporains ne traitent quasiment exclusivement ces questions au sujet de l’environnement que de manière détachée des affaires politiques et sociales.

Suivant cette ligne de pensée, ce n’est donc pas une surprise de savoir que Castoriadis demeure très critique envers les rares occasions où les partis politiques écolos/verts en viennent à des propositions politiques pour résoudre la crise de l’environnement (Castoriadis 1981). C’est ainsi parce que dans la plupart des cas, bien que leurs propositions politiques tournent autour de plus de participation populaire, par exemple des partis écolos qui ont proposé une rotation de leurs députés, plus de referendums, etc… sont toujours engoncés dans les âffres du régime parlementaire (NdT: et donc du lobbyisme rampant..). En tant qu’avocat de la démocratie directe, Castoriadis croit que de simples éléments, intégrés dans un système représentatif, y perdront leur sens.

De manière similaire, Bookchin relie également la sphère écologique avec celle du politico-social en général. Pour lui, pratiquement tous les problèmes écologiques actuels résultent de problèmes profondément enracinés dans l’ordre social, c’est pour cela qu’il parla d’écologie sociale (Bookchin, 1993). Les crises écologiques ne peuvent pas être comprises et encore moins résolues si elles ne sont pas reliées à la société, car de fait, les conflits économiques, culturels et autres en son sein, ont été la source de sérieuses disfonctionnements écologiques.

Bookchin, tout comme Castoriadis, est fortment en désaccord avec les environnementalistes qui ont recherché à déconnecter l’écologie de la politique et de la société, l’identifiant au lieu de cela à la préservation de la vie sauvage, de la nature ou d’une écologie profondément marquée par la malthusianisme, etc (Bookchin, 1988). Il a insisté sur l’impact sur la nature qu’a eu et a toujours notre société capitaliste hiérarchisée par ses grands projets extra-activistes à grande échelle motivés par le seul profit, ainsi rendant la chose très claire: on ne peut pas sauver la planète sans résoudre nos problèmes politico-sociaux.

Pour Murray Bookchin la mentalité hiérarchique et l’inégalité économique qui ont pénétré notre société sont les sources principales de l’idée même que l’Homme devrait dominer la nature. Partant, la lutte écologique ne peut avoir aucun espoir de succès à moins qu’elle ne s’intègre dans un projet politique holistique qui mette au défi la source même de la crise socio-environnementale actuelle, c’est à dire de défier la hiérarchie et l’inégalité (Bookchin, 1993).

Conclusion

Malgré les différences et les désaccords entre les deux hommes, Castoriadis et Bookchin ont bien des points en commun, spécifiquement la façon dont ils envisionnaient la démocratie directe et l’écologie. Leurs contributions dans ces domaines a fourni un sol très fertile pour une avancée théorique et pratique. Ce n’est pas par hasard que dans une période où les questions de démocratie et d’écologie attirent une attention accrue, que nous entendons encore plus parler de ces deux philosophes.

Ces concepts prouvent être d’un grand intérêt pour un nombre croissant de gens dans un âge de privations continues de nos droits, du remplacement féroce du citoyen par le consommateur décérébré, les inégalités économiques croissantes et la dévastation sans précédent de notre monde naturel. La démocratie directe et l’écologie contiennent les germes d’un autre monde possible. Elles paraissent être les deux meilleures significations que la base de la société a pu créer et articuler comme un substitut potentiel à celles complètement pourries de la hiérarchie et de la commodification des choses qui continuent à dominer et à détruire notre monde aujourd’hui plus que jamais.

Résistance politico-économique: Anarchie et vision économique…

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L’économie de l’anarchie

Robert Graham

15 juin 2016

url de l’article original:

https://robertgraham.wordpress.com/2016/06/15/the-economics-of-anarchy/

~ Traduit de l’angais par Résistance 71 ~

Dans la “sphère” économique, Murray Bookchin est devenu l’avocat du “contrôle municipal” de l’économie par des assemblées de communauté, abolissant ainsi “l’économie” en tant que sphère sociale distincte en l’absorbant dans la sphère politique, une inversion de l’argument préalable de Proudhon disant que “les institutions politiques doivent se perdre dans l’organisation industrielle”. Afin d’éviter qu’un tel contrôle au niveau de la communauté ne dégénère en un système de villes-états en concurrence les unes avec les autres, il se fit l’avocat de l’anarcho-communisme au sein de chaque communauté par l’abolition de la propriété privée et la distribution en accord avec les besoins de chacun et le fédéralisme entre les communautés. Bookchin affirmait que “L’alternative syndicaliste” du contrôle ouvrier “re-privatise l’économie en des collectifs autogérés”, ouvrant ainsi la voie “de leur dégénérescence en des formes traditionnelles de propriété privée.”

A cela, la plupart des anarcho-syndicalistes répondraient que l’autogestion ouvrière ne serait pas basée sur un modèle de simple conseil ouvrier d’usine, mais inclurait également une autogestion communale, de consommateurs, de commerce (ou vocationnelle) et des organisations d’industrie et de service formant un réseau complexe de groupes imbriqués les uns dans les autres et au sein duquel les conseils d’usines seraient incapables de se reconstruire comme firmes autonomes privées opérant pour leur seul profit, particulièrement quand l’économie dans son entièreté serait organisée le longs de lignes anarcho-communistes.

Note de Résistance 71: Il est une fois de plus stupéfiant de constater qu’à la fois Bookchin, mais aussi ici l’auteur de ces lignes Robert Graham, éludent un concept fondamental: celui du monde agricole ! Ceci est en phase avec le vieux réflexe marxiste du “prolétariat, de la classe ouvrière, seule classe révolutionnaire”, cataloguant de facto les paysans sous le label de “réactionnaires”, sans comprendre que sans la terre et ceux qui la cultivent, personne ne bouffe, pas même les révolutionaires à terme… En observant la situation politico-économique actuelle, il est évident que la classe agricole occidentale, brimée et ruinée par la dette, est entrée dans un stade pré-révolutionnaire avancé. Les paysans sont les alliés naturels des ouvriers, ils sont, nous sommes tous, le peuple ! Ils sont et représentent la terre nourricière! Même si le système capitaliste et ses modes de gestion mortifères les a obligé à détruire le patrimoine nourricier, il est encore bien temps d’en sortir…

John Crump et Adam Buick ont insisté sur le fait que vendre “en tant qu’acte d’échange… ne peut se faire qu’entre deux propriétaires distincts. Pourtant des propriétaires séparés de parties du produit social sont précisément ce qui ne voudrait et ne pourrait pas exister dans une société anarchiste. Avec le remplacement de l’échange par la propriété commune ce qui se passerait est que la richesse cesserait de prendre la forme de la valeur d’échange, de façon à ce que toutes les expressions de cette relation sociale péculière à une économie d’échange, caractérisée par l’argent et le prix, disparaîtrait automatiquement.” Les anarchistes continuent de débattre quel type d’économie serait compatible avec leur vision d’une société libre.

Kevin Carson, mettant à jour les idées “mutualistes” de Proudhon et de Benjamin Tucker, argumente lui pour une transition graduelle vers une société sans État au travers de la création “d’une infrastructure sociale alternative”, comme par exemple “des coopératives de producteurs et de consommateurs, des Systèmes d’Echange et de Commerce Locaux (SECL), des banques mutualistes, des syndicats ouvriers, des associations de propriétaires/locataires, des associations de voisinages (non affiliées à toute forme de police que ce soit), des programmes de surveillance anti-crime et anti-flic, des tribunaux volontaires pour un arbitrage de litiges civils, une agriculture soutenue par la communauté (NdT: Ah! Enfin!…), etc..Pour Carson, “le mutualisme veut dire construire le genre de société que nous voulons ici et maintenant, fondée sur l’organisation depuis sa base pour la coopération et l’association volontaires par l’entre aide mutuelle, plutôt que d’attendre la révolution.”

A l’encontre de la plupart des anarchistes, Carson se fait l’avocat de la rétention des relations de marché parce que quand “des firmes et des gens s’auto-employant échangent par le moyen du marché plutôt que par des relations fédérales, il n’y a pas d’organisation qui leur soit supérieure. Plutôt que des décisions prises par des organisations permanentes, qui serviront immanquablement de bases de pouvoir pour les managers et les “experts”, des décisions seront prises par la ‘main invisible’ du marché.” (NdT: ceci correspond à l’idéologie de ce que les anglo-saxons ont appelé le “libertarianisme”, les “libertariens” ne sont pas des libertaires/anarchistes, ils croient en cette ‘main invisible du marché’, sorte de nouvelle religion économique qu’on retrouve dans l’école économique de Vienne et de Von Hayek, en fait branche ultra-libérale du capitalisme, qui n’a rien d’anarchiste, mais qui a infiltré les milieux tendance libertaires anglo-saxons depuis plusieurs années. Certains se sont affublés du sobriquet antinomique, accrochez-vous… “d’anarcho-capitaliste”… jusqu’où ira t’on ?…)

John Crump et Adam Buick argumentent ainsi contre la dépendance aux mécanismes du marché et nient qu’il puisse y avoir une transition graduelle du capitalisme à l’anarcho-communisme. Dans une société anarchiste communiste, “les ressources et le travail seraient aloués… par décisions conscientes, et non pas au travers d’opération de lois économiques agissant avec la même force coercitive que les lois, comme celle de “la main invisivle du marché’. Une évolution graduelle d’une société de classes à une société sans classes est impossible parce qu’à un moment donné il devra y avoir une rupture qui privera la classe dirigeante de l’état capitaliste, qu’elle soit ou non bien intentionnée, du contrôle exclusif sur les moyens de production.”

Luciano Lanza argumente qu’il y a des façons de tempérer la dépendance aux mécanismes de marché, par exemple en faisant partager les bénéfices entre les entreprises. Mais pour lui le point essentiel est de bouger au-delà de la “logique de marché”, de cette société où “le marché capitaliste définit chaque aspect de la coexistence sociale”, et vers une société où pour citer Cornelius Castoriadis “l’économie a été restaurée à sa place d’auxiliaire de la vie humaine plutôt que son but ultime.” Comme le dit aussi George Benello: “le but est une société organisée de telle manière que les activités de base pour vivre sont faites par des organisations dont le style et la structure sont le miroir des valeurs que l’on recherche.”

Parce que “cette vision est une vision totale plutôt que centrée sur des problèmes spécifiques, des projets différents et multiples renforceront cette vision: écoles coopératrices, crèches, unions de communautés, journaux, médias et plus tard l’entreprise.” Alors que ces projets prolifèrent, la société devient plus “densément et intensément organisée dans un mode intégrateur au sein duquel les activités de base de la vie s’imbriquent entre elles”, de façon à ce qui “se défend n’est pas simplement un set de but politiques discrets, mais un mode de vie dans sa totalité.” Ceci est un autre exemple de la “politique préfigurative” que les anarchistes ont soutenu et pratiqué deuis au moins le temps de Proudhon et qui est une fois de plus venue à l’avant dans la foulée des mouvements pour une “justice globale” contre le néo-libéralisme vers la fin du XXème siècle.

= = =

A lire en complément: notre dossier Gustav Landauer sur la société des sociétés organique

Pétrole et géopolitique: Dégonflage de la théorie propagandiste du « pic pétrolier »…

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Thierry Meyssan revient ici sur un point important de l’équation géopolitique pétrolière, celui de la fameuse théorie fumeuse du “pic pétrolier de Hubbert”. Il impute la chute de cette “croyance” fabriquée à la chute du prix du pétrole alors qu’en fait la raison de l’idiotie de cette théorie propagandiste est purememt scientifique à la base, même si une exploitation géopolitique en a émergé: le véritable nœud de l’affaire réside, comme nous l’avons dit ici il y a bien des années (juin 2011), dans le fait que le pétrole (tout hydrocarbure plus lourd que le méthane de fait…) n’est pas une substance “fossile”, mais une substance abiotique, non biologique, créée depuis les matériaux primordiaux de la planète dans le manteau terrestre. Le pétrole et le gaz naturel sont abiotiques et sont inépuisables à l’échelle humaine. En fait nous nageons littéralement de cette saloperie responsable de tant de pertes en vies humaines. Le “pic pétrolier” est une théorie de contrôle par la scarcité et l’outil d’une politique spéculative, qui vraisemblablement touche à sa fin. Que va sortir l’oligarchie de son chapeau en remplacement ?…

Encore un petit effort Thierry, tu y es presque…

A lire pour mieux comprendre: « L’origine abiotique profonde du pétrole: le pic pétrolier est un dogme spéculatif »

« Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le pétrole (abiotique)… »

— Résistance 71 —

 

La baisse des prix du pétrole renverse l’échiquier géopolitique

 

Thierry Meyssan

 

13 juin 2016

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article192232.html

 

La baisse des prix du pétrole a démenti la théorie du « pic de Hubbert ». Il ne devrait pas y avoir de pénurie énergétique dans le siècle à venir. La baisse des prix a probablement aussi commencé le démantèlement de la théorie de « l’origine humaine du réchauffement climatique ». Elle a privé de toute rentabilité les sources d’énergie alternatives et les investissements dans les hydrocarbures de schistes et les forages en eaux profondes. Renversant l’échiquier géo-politique, elle est susceptible de rappeler les militaires US au Proche-Orient et de contraindre le Pentagone à abandonner définitivement la théorie du « chaos constructeur ».

En deux ans, le marché mondial des sources d’énergie a été bouleversé. D’abord, l’offre et la demande ont considérablement changé, puis les flux commerciaux, enfin les prix qui se sont écroulés. Ces changements radicaux remettent en cause tous les principes de la géo-politique du pétrole.

Le mythe de la pénurie

Le ralentissement de l’économie des pays occidentaux et celui de certains pays émergents s’est traduit par une baisse de la demande, tandis que la croissance continue en Asie l’a, au contraire, augmentée. En définitive, la demande globale poursuit son lent développement. Côté offre, non seulement aucun État producteur n’a vu ses capacités s’effondrer, mais certains ont pu l’augmenter comme la Chine, qui amasse désormais d’importantes réserves stratégiques. De sorte qu’au total, le marché est très excédentaire.

Ce premier constat contredit ce qui était la doxa des milieux scientifiques et professionnels durant les années 2000 : la production mondiale s’approchait de son pic, le monde allait connaître une période de pénurie au cours de laquelle certains États allaient s’effondrer et des guerres de ressources éclater. Dès son retour à la Maison-Blanche, en janvier 2001, le vice-président Dick Cheney avait formé un groupe de travail sur le développement de la politique nationale de l’énergie (National Energy Policy Development — NEPD), qualifié de « société secrète » par le Washington Post [1]. Dans une ambiance ultra-sécurisée, les conseillers de la présidence auditionnèrent les patrons des grandes entreprises du secteur, les scientifiques les plus reconnus, et les patrons des services de Renseignement. Ils arrivèrent à la conclusion que le temps pressait et que le Pentagone devait garantir la survie de l’économie états-unienne en s’emparant sans attendre des ressources du « Moyen-Orient élargi ». On ignore qui participa exactement à ce groupe de travail, sur quelles données il travailla, et les étapes de sa réflexion. Tous ses documents internes ont été détruits afin que nul ne connaisse les statistiques auxquelles il avait eu accès.

C’est ce groupe qui conseilla de mener des guerres contre l’Afghanistan, l’Iran l’Irak, la Syrie, le Liban, la Libye, la Somalie et le Soudan ; un programme qui fut officiellement adopté par le président George W. Bush lors d’une réunion, le 15 septembre 2001, à Camp David.

Je me souviens d’avoir rencontré à Lisbonne, lors d’un congrès de l’AFPO, le secrétaire général du groupe de travail de la Maison-Blanche. Il avait présenté un exposé sur l’étude des réserves annoncées, l’imminence du « pic de Hubbert » et les mesures à prendre pour limiter la consommation d’énergie aux USA. J’avais alors été convaincu —à tort— par son raisonnement et son assurance.

Nous avons constaté avec le temps que cette analyse est complétement fausse et que les cinq premières guerres (contre l’Afghanistan, l’Irak, le Liban, la Libye et la Syrie) ont été de ce point de vue inutiles, même si ce programme se poursuit aujourd’hui. Cette énorme erreur de prospective ne doit pas nous surprendre. Elle est la conséquence de la « pensée de groupe ». Progressivement une idée s’impose au sein d’un groupe que nul n’ose remettre en question au risque de se voir exclure du « cercle de la raison ». C’est la « pensée unique ». Dans ce cas, les conseillers de la Maison-Blanche sont partis et sont restés dans la théorie malthusienne qui domina la culture anglicane du XIXe siècle. Selon elle, la population augmente à un rythme exponentiel, tandis que les ressources ne le font qu’à un rythme arithmétique. À terme, il ne peut pas y avoir de ressources pour tous.

Thomas Malthus entendait s’opposer à la théorie d’Adam Smith selon laquelle, lorsqu’il est libre de toute réglementation, le marché se régule de lui-même. En réalité, le pasteur Malthus trouvait dans sa théorie —non démontrée— la justification de son refus de subvenir aux besoins des innombrables pauvres de sa paroisse. À quoi bon nourrir ces gens si, demain, leurs nombreux enfants mourront de faim ? Le gouvernement de George W. Bush était alors largement WASP et comprenait de nombreuses personnes issues de l’industrie pétrolière, à commencer par le vice-président Cheney, ancien patron de l’équipementier Halliburton.

Si le pétrole est une ressource non renouvelable et qu’il aura donc une fin, rien ne permet de penser que celle-ci est proche. En 2001, on raisonnait en fonction du pétrole de type saoudien que l’on savait raffiner. On ne pensait pas exploitables les réserves du Venezuela par exemple, dont on admet aujourd’hui qu’elles suffisent à pourvoir à l’ensemble des besoins mondiaux pour au moins un siècle.

On observera que la théorie de l’« origine humaine du réchauffement climatique » n’est probablement pas plus sérieuse que celle du pic pétrolier. Elle procède de la même origine malthusienne et a en outre l’avantage d’enrichir ses promoteurs à travers la Bourse des droits d’émission de Chicago [2]. Elle a été popularisée dans le but d’apprendre aux Occidentaux à diminuer leur consommation d’énergie d’origine fossile, donc de se préparer à un monde où le pétrole serait devenu rare et cher.

La fin des prix artificiels

La hausse du prix du baril à 110 dollars a semblé conforter la théorie de l’équipe de Dick Cheney, mais sa chute brutale à 35 dollars montre qu’il n’en est rien. Comme en 2008, cette chute a débuté avec les sanctions européennes contre la Russie qui ont désorganisé les échanges mondiaux, déplacé les capitaux et en définitive crevé la bulle spéculative du pétrole. Cette fois, les prix bas ont été encouragés par les États-Unis qui y ont vu un moyen supplémentaire de couler l’économie russe.

La chute s’est aggravée lorsque l’Arabie saoudite y a trouvé son intérêt. En inondant le marché de ses produits, Riyad maintenait le cours du baril d’Arabian light entre 20 et 30 dollars. De la sorte, il détruisait la rentabilité des investissements dans les sources alternatives d’énergie et garantissait son pouvoir et ses revenus à long terme. Il est parvenu à convaincre ses partenaires de l’OPEC de soutenir cette politique. Les membres du cartel ont pris la décision de sauver leur autorité à long terme quitte à gagner beaucoup moins d’argent durant quelques années.

Par conséquent, la baisse des prix, encouragée par Washington contre Moscou, a fini par l’atteindre lui aussi. Si plus de 250 000 emplois ont été détruits dans les industries de l’énergie en deux ans dans le monde, environ la moitié l’ont été aux États-Unis. 78 % des plateformes pétrolières US ont été fermées. Même si le recul de la production n’est pas aussi spectaculaire, il n’en reste pas moins que les États-Unis ne sont probablement plus indépendants énergétiquement ou ne vont pas tarder à le devenir.

Et ce ne sont pas que les États-Unis : tout le système capitaliste occidental est impacté. En 2015, Total a perdu 2,3 milliards de dollars, ConocoPhillips 4,4 milliards, BP 5,2 milliards, Shell 13 milliards, Exxon 16,2 miliards, Chevron près de 23 milliards.

Cette situation nous renvoie à la « Doctrine Carter » de 1980. À l’époque, Washington s’était donné le droit d’intervenir militairement au Proche-Orient pour garantir son accès au pétrole. Par la suite, le président Reagan avait créé le CentCom pour appliquer cette doctrine. Aujourd’hui on exploite du pétrole un peu partout dans le monde et sous des formes assez différentes. Le fantasme du « pic de Hubbert » s’est dissipé. De sorte que le président Obama a pu ordonner de déplacer les troupes du CentCom vers le PaCom (théorie du « pivot vers l’Asie »). On a pu observer que ce plan a été modifié avec l’accumulation de forces en Europe orientale (EuCom), mais il devra l’être encore si les prix stagnent entre 20 et 30 dollars le baril. Dans ce cas, on cessera d’exploiter certaines formes de pétrole et l’on reviendra vers l’Arabian light. La question du repositionnement des forces au Proche-Orient se pose donc dès à présent.

Si Washington s’engage dans cette voie, il devra probablement également modifier les méthodes du Pentagone. La théorie straussienne du « chaos constructeur », si elle permet de gouverner des territoires immenses avec très peu d’hommes sur le terrain, exige beaucoup de temps pour permettre l’exploitation de vastes ressources, comme on le voit en Afghanistan, en Irak et en Libye. Peut-être faudra-t-il revenir à une politique plus sage, cesser d’organiser le terrorisme, admettre la paix, pour pouvoir commercer avec les États ou ce qu’il en reste.

 

[1] “Energy Task Force Works in Secret”, Dana Milbank & Eric Pianin, Washington Post, April 16th, 2001.

[2] « 1997-2010 : L’écologie financière », par Thierry Meyssan, Оdnako (Russie) , Réseau Voltaire, 26 avril 2010.

Fukushima le désastre oublié: 600 tonnes de corium en fusion s’enfoncent inexorablement dans le sol…

Posted in actualité, altermondialisme, écologie & climat, désinformation, N.O.M, politique et lobbyisme, politique et social, santé, sciences, sciences et technologies, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 9 juin 2016 by Résistance 71

Recette pour un désastre:

  • Prenez un pays situé sur le « cercle du feu » pacifique, zone volcanique et tectonique hyper-active du monde et
  • Construisez-y des centrales nucléaires à qui mieux-mieux tout en ne maîtrisant pas la technologie avenante.
  • Secouez bien avec un séisme de 8 ou 9.0
  • Arrosez d’un bon tsunami
  • Laissez mariner à feu doux pendant les 800 millions d’années à venir
  • Dégustez avec les générations futures 

~ Résistance 71 ~

 

Fukushima bien pire qu’un désastre

Robert Hunziker

7 juin 2016

url de l’article original:

http://www.counterpunch.org/2016/06/07/fukushima-worse-than-a-disaster/

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les désastres peuvent être nettoyés.

Naohiro Masuda, le patron de la décommission de la centrale nucléaire de TEPCO à Fukushima Daiichi a finalement publiquement “officiellement” annoncé que 600 tonnes de combustible nucléaire fondu ou corium (NdT: en anglais le cœur du réacteur où se trouve le combustible nucléaire en fusion s’appelle “core”), manquent à l’appel (Epoch Times du 24 Mai 2016).

Bon qu’est-ce qu’on fait ?

D’après Gregory Jaczko, ancien patron de la Commission de Régulation Nucléaire des Etats-Unis (CRN), il est fort peu probable que le combustible en question soit jamais récupéré: “Personne ne sait vraiment où il se trouve et ce combustible est extrêmement radioactif et le restera pendant très très longtemps”.

Une grosse partie du problème est que personne n’a jamais fait l’expérience d’une fusion totale comme cela se passe à Fukushima, qui est maintenant de l’ordre de 100%, le combustible nucléaire possiblement en train de s’enfoncer dans le sol, mais personne ne le sait pour certain.

A partir de maintenant, tout n’est que voyage dans la Twilight Zone…

La fission absolument incontrôlable de l’assemblage de combustible nucléaire fondu continue quelque part dans les sous-bassements de ce qu’il reste de la centrale. Il est très important de le trouver dès que possible.”, reconnaît Masuda, admettant au passage que le Japon “ne possède pas encore la technologie pour extraire ce combustible d’uranium fondu actif”, (600t du combustible fondu de Fukushima n’ont toujours pas été retrouvées, révèle le patron de l’opération de nettoyage, RT, 24 mai 2016)

La fission nucléaire se produit lorsque des atomes se divisent en de plus petits atomes. Dans le cas des bombes nucléaires, la fission doit se produire extrêmement rapidement afin de charger et de déclencher une grosse explosion, tandis que dans le cas d’un réacteur nucléaire, la fission doit se produire très lentement afin de produire de la chaleur, celle-ci à son tour est utilisée pour faire chauffer de l’eau jusqu’à ébulition, la vapeur qui se dégage est récupérée pour faire tourner une turbine qui produit de l’électricité.

On peut éventuellement faire bouillir de l’eau en frottant l’un contre l’autre deux bâtons, mais la société moderne n’a pas la patience, ce qui fait accepter les risques inhérents de toute technique allant au-delà du frottement de deux bâtons. Bienvenus dans notre monde de transformation.

Même si l’équipe de nettoyage de Masuda trouve les 600t manquantes, qui sont de toute façon bien trop radioactives pour permettre une inspection ni même d’inspecter la zone immédiate, ils auront alors besoin de construire, de l’air du temps, la technologie pour les sortir de là et ensuite ? Tout n’est que supputation. C’est ce à quoi la société moderne en est réduit… Supputer. Oublions le frottement de deux bâtons pour produire de la chaleur et construisons de monstrueux Léviathans pour des milliards de dollars afin de faire bouillir la flotte et quand çà se passe mal, supputer ce qu’on fera. Qu’est-ce qui ne va pas avec ce plan ? Et bien dans un premier temps, personne ne sait ce qu’il faut faire quand l’enfer nucléaire se déchaîne.

Ils n’ont pas la technologie pour extraire le combustible !… Rien que çà !…

En 1986, des équipes d’ouvriers russes ont trouvé le corium fondu de la centrale nucléaire de Tchernobyl dans les plus bas niveaux de la centrale. Tout en “grillant 30 ouvriers” dans le processus, ils l’ont contenu de manière juste suffisante pour empêcher qu’il ne s’enfonce dans le sol, peut-être…

Pendant le travail de circonscription à Tchernobyl, une caméra robot bricolée avait réussi à prendre le monstre en photo, le noyau combustible en fusion, affublé du sobriquet de “patte d’éléphant”. Trente ans plus tard, la “patte d’éléphant” est toujours aussi mortelle.

Si on veut comparer ou mettre en contraste Tchernobyl et Fukushima, des radiations extrêmes zappent et détruisent tout robot entrant ne serait-ce que dans le vaisseau de circonscription du combustible de Fukushima. C’est un peu comme les Daleks dans Dr Who.

Trente ans plus tard, Tchernobyl semble avoir trouvé une solution à la menace de la patte d’éléphant sur la société, quant à Fukushima, ils doivent d’abord localiser les 600t de machin en fusion hautement radioactives (NdT: ils cherchent depuis maintenant plus de 5 ans !…). Ceci est peut-être déjà une mission impossible, et après ?

Trente ans après l’accident nucléaire de Tchernobyl, il y a toujours une menace radioactive signifiante en provenance des restes s’effritant du réacteur no4 ; mais une superstructure inovatrice valant 1,5 milliard d’euros est en train d’être construite pour empêcher plus de fuites, donnant ainsi une élégante solution d’ingénierie à un des plus énormes désastres connu de l’humanité”, Claire Corkhill, Ph.D, université de Sheffield New Tomb Will Make Chernobyl Site Safe for 100 Years, Phys.Org, 22 avril 2016.

De fait, on est en train de remplacer le vieux sarcophage de Tchernobyl qui s’effritait par un énorme cadre en acier tout nouveau: “Grâce au sarcophage, jusqu’à 80% du matériel de combustible radioactif demeurant après la fusion totale du réacteur a pu rester dans celui-ci. S’il devait s’effondrer, une partie du corium fondu, qui a la substance d’une lave, pourrait être éjectée dans la zone entourant la zone dans un gigantesque nuage de poussière radioactive mélangé à une mixture de vapeurs et de toutes petites particules toutes aussi radioactives, le tout partant au gré des vents. Les substances clefs de la mixture sont l’iode-131, substance liée au cancer de la thyroïde et le césium-137, qui peut être absorbé par le corps avec des effets allant de la maladie des radiations à la mort en fonction de la quantité inhalée ou ingérée,” Ibid.

La patte d’éléphant pourrait bien être le détritus le plus dangereux au monde”, (Le merdier bouillant de Tchernobyl, “La patte d’éléphant” est toujours mortelle, Nautilus, Science Connect, 4 décembre 2013). C’est un blob massif hyper radioactif qui ne mourra pas ou ne s’éteindra pas. Ceci pourrait être un script pour Dr Who ! Intrinsèquement, il existe la vulnérabilité et les risques d’utiliser l’énergie nucléaire ou alternativement, utiliser l’énergie solaire ou du vent. Celle-ci n’est pas radioactive et elle est toujours plus rapide que frotter deux bouts de bois l’un contre l’autre.

Fukushima, c’est trois fois Tchernobyl, peut-être plus ! Mais à Fukushima existe la distincte possibilité que le corium chauffé à blanc ait déjà commencé à s’enfoncer dans le sol. Après çà, laissez aller votre imagination parce que personne n’a une quelconque idée de comment çà va se terminer, si çà se termine un jour !

Mais Einstein lui savait. Voici un des ses célèbres citations: “L’énergie de l’atome a tout changé sauf nos modes de raisonnement, ainsi nous dérivons vers des catastrophes sans précédents.

Nous y voilà !

Gregory Jackzo, l’ancien patron de la CRN se pose la question de la sécurité de l’énergie nucléaire: “Vous devez maintenant accepter le fait que dans toutes centrales nucléaires, où qu’elles soient dans le monde, vous pouvez avoir ce genre d’accident catastrophique et vous pouvez fuiter une quantité assez importante de radiations, vous laissant devant une bonne décennie de nettoyage après coup.” (Epoch Times)

En extrapolant de quelques années dans le futur la question demeure: Où sera le corium fondu chauffé à blanc à l’heure des JO de Tokyo en 2020?

Personne ne le sait ni ne peut le savoir !

Et pourtant, le premier ministre japonais Abe a dit au comité de sélection olympique que Fukushima “était sous contrôle” !

Ce débat lui colle aux basques depuis son discours du 7 septembre 2015 devant le CIO, lorsqu’il a déclaré que le désastre nucléaire “était sous contrôle« . Le jour suivant, Tokyo gagna le droit d’héberger les JO d’été de 2020 “,” (Tsuyoshi Inajjma and Yuriy Humber, Abe Olympic Speech On Fukushima Contradicts Nuclear Plant Design, Bloomberg, Oct. 23, 2013).

Les autorités françaises sont en train d’enquêter sur la possibilité de pots-de-vin pour une somme de 2 million de dollars versés à une entreprise liée au fils de l’ancien patron du sport mondial Lamine Diack et des connexions présumées avec la proposition couronnée de succès du Japon pour héberger les JO”, ,” (Tokyo Olympics Bid Questioned as Prosecutors Probe $2M Payouts, The Financial Times, May 12, 2016).

Le Japon a obtenu le droit d’héberger les jeux de 2020 avec une offre de dépense de 5 milliards de dollars, ce qui est suspicieusement une toute petite somme. En contraste, la proposition d’Istanboul était de 20 milliards de dollars, ce qui parait bien plus réaliste pour un tel évènement mondial.

A jongler autant, on peut se demander si la tristement célèbre loi d’Abe sur le secret va se mettre en branle, y a t’il un moyen quelconque pour mettre des bâtons dans les roues de l’enquête ? Après tout, la loi permet à n’importe quel politicien japonais de mettre quelqu’un derrière les barreaux pour 10 ans pour avoir trahi des secrets d’état, ce qui correspond à tout ce que l’accusateur désire être “secret”. Après tout, à première vue, entre Fukushima et les JO, bien des choses secrètes pourraient bien se trâmer en coulisses.

La loi japonaise sur le secret d’état et sur la protection de secrets spécifiquement désignés, loi no108 de 2013 est passée sur les talons de la fusion du réacteur de Fukushima ; cette loi est très similaire à la Public Peace and Order Controls du Japon pendant la seconde guerre mondiale. D’après la loi No108, l’acte en soi de “fuiter” est sujet à la mise en accusation, quelque soit la fuite, le comment et le pourquoi, de manière absolue, si quelqu’un “fuite”… hop au trou !

Susumu Murakoshi, le président du barreau nippon objecte: “La loi devrait être abolie parce qu’elle met en danger la démocratie et le droit du peuple de savoir et d’être informé”, la loi sur les secrets d’Abe diminue la démocratie japonaise, Japan Times, 13 décembre 2014.

Le Japan Times doit vérifier la définition de démocratie.

Changement de paradigme: La révolution anarchiste kurde en Turquie et au Rojava syrien…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, colonialisme, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et social, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 3 juin 2016 by Résistance 71

« Cette société sera composée d’une multitude d’associations, unies entre elles pour tout ce qui réclame un effort commun : fé- dérations de producteurs pour tous les genres de production, agri- cole, industrielle, intellectuelle, artistique, communes pour la consommation, se chargeant de pourvoir à tout ce qui concerne le logement, l’éclairage, le chauffage, l’alimentation, les institutions sanitaires, etc. ; fédérations des communes entre elles, et fédéra- tions des communes avec les groupes de production ; enfin, des groupes plus étendus encore, englobant tout un pays ou même plusieurs pays, et composés de personnes qui travailleront en commun à la satisfaction de ces besoins économiques, intellec- tuels et artistiques, qui ne sont pas limités à un territoire détermi- né. »
~ Pierre Kropotkine ~

“Ces dernières décennies, le peuple kurde a non seulement lutté pour la reconnaissance de son existence par les puissances politiques dominantes, mais aussi pour la libération de sa société de la poigne féodale. Ainsi, cela n’a aucun sens de remplacer les vieilles chaînes par de nouvelles ni même de renforcer la répression. Sans opposition contre la modernité capitaliste il n’y aura aucune place pour la libération des peuples. Voilà pourquoi la création d’un état-nation kurde n’est pas une option pour moi ou le PKK.

L’appel à un état-nation kurde séparé résulte des intérêts de la classe dirigeante ou des intérêts de la bourgeoisie, mais ne reflète en rien les intérêts du peuple car un autre état ne serait que la création d’une injustice supplémentaire et viendrait handicaper plus avant le droit à la liberté.
La solution pour la question kurde de ce fait, a besoin d’être trouvée dans une approche qui va affaiblir la modernité capitaliste ou la repousser. Il y a des raisons historiques, sociales et conjoncturelles, comme le fait que la nation kurde est éclatée dans quatre pays différents (NdT: la Turquie, la Syrie, l’Irak et l’Iran), ce qui rend absolument indispensable une solution démocratique embrassant tout le peuple. De plus il est notoire que le Moyen-Orient fait l’objet d’un grand déficit en démocratie. De fait un projet démocratique kurde fera avancer la démocratisation du Moyen-Orient de manière générale.
Appelons ce projet démocratique le confédéralisme démocratique.”
~ Abdullah Ocalan, 2011 ~

A lire: Manifeste pour un Confédéralisme Démocratique

 

Le Kurdistan comme société anarchiste

Logan Glitterbomb

30 Avril 2016

url de l’article original:

https://c4ss.org/content/44788

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Lorsqu’on regarde l’histoire pour des exemples d’établissement de sociétés anarchistes, nous pensons souvent aux anarchistes espagnols de Catalogne de 1936, ou aux efforts de l’armée zapatiste au Mexique. Ceci est un exemple de groupes utilisant des tactiques de conflits révolutionnaires armés contre l’État et le capitalisme dans une tentative d’établir une société autonome sans État ici et maintenant. Tandis que la Catalogne (et l’Espagne) anarchiste fut éventuellement écrasée par des forces extérieures, les Zapatistes du Mexique continuent leur lutte, tout en utilisant des méthodes différentes qu’auparavant.

Note de Résistance 71: Il faut ici constater une chose: il ne suffit pas de comprendre et d’analyser seulement des mouvements anarchistes “modernes”, mais aussi d’analyser ce que l’anthropologie politique a appelé les “sociétés primitives” ou sociétés originelles, qui au-delà du temps et des continents, des sociétés amérindiennes, aux sociétés aborigènes d’Australie, en passant par les sociétés celtiques européennes et traditionnelles africaines, et pour finir avec les sociétés de Zomia en Asie du Sud-Est (couvrant les hauts plateaux du Laos, de la Thaïlande, de la Birmanie et quelques provinces chinoises) étaient et sont toutes non seulement des sociétés sans État, mais comme l’a si bien analysé l’anthropologue Pierre Clastres, des sociétés contre l’État qu’elles refusent, tout comme Marcel Mauss en 1925 avait déterminé que ces sociétés étaient aussi contre l’économie et fonctionnaient essentiellement sur le principe ritualisé du don et de la destruction de la richesse accumulée ou perçue comme telle.
Ce qu’il est donc essentiel de comprendre est que ce que nous appelons “anarchie”, mode de fonctionnement de la société sans autorité et sans pouvoir centralisé, n’est non seulement pas nouveau, mais a été le mode de fonctionnement des sociétés humaines pendant des millénaires, avant l’apparition du cancer politico-social qu’est l’État. Nos ancêtres ne l’appelaient simplement pas “anarchie” voilà tout.

Et puis il y a le Partiya Karkerên Kurdistanê (Le Parti des Travailleurs du Kurdistan mieux connu sous son sigle de PKK). Anciennement un parti politique marxiste-léniniste qui s’est battu pour établir un état kurde indépendant appelé le Kurdistan, ce parti sous le leadership d’Abdullah Ocalan, a changé de plateforme politique et de stratégie. Depuis qu’Ocalan est emprisonné en Turquie, il a correspondu avec l’anarchiste américain Murray Bookchin et fut profondément influencé par sa philosophie du municipalisme libertaire. Il a appelé le PKK à adopter la plateforme du Confédéralisme Démocratique et a abandonné sa revendication pour la création d’un état kurde, se faisant en lieu et place l’avocat d’une société sans État.

Le Confédéralisme Démocratique est une structure politique consistant en une confédération de communautés autonomes et indépendantes travaillant ensemble de manière donc confédérée sur la base de la démocratie participatrice directe au niveau local, mettant en place une écologie sociale et un féminisme anarchiste. D’après Ocalan: “le confédéralisme démocratique est ouvert vers d’autres groupes et factions politiques. Il est flexible, multi-culturel, anti-monopole et orienté sur la décision consensuelle.” Ces communautés autonomes sont construites sur les valeurs communalistes et les ressources qui sont partagées entre tous, rendant ainsi l’impôt et la redistribution forcée des ressources, biens et richesses inutiles et obsolètes.

Ils se concentrent sur la création de leur propre système, ignorant totalement l’État dans leur processus de prise de décisions. Ils ne voient aucune nécessité révolutionnaire ni aucune viabilité dans un renversement armé de l’État mais se font au lieu de cela les avocats d’une évacuation pacifique et d’une dissolution graduelle de l’État alors que les communautés locales construisent leur propre système politique pour le remplacer. Néanmoins, ils reconnaissant que l’État et d’autres groupes vont riposter au moyen de la violence et que l’auto-défense est une nécessité. C’est pourquoi les communautés maintiennent un certain nombre de milices populaires décentralisées telles les Yekîneyên Parastina Gel‎ (Les Unités de Protection Populaires, plus connues sous leur sigle d’YPG) et les Yekîneyên Parastina Jin (Unités de Protection Féminines ou YPJ qui terrorisent les terroristes de l’EIIL dans le nord de la Syrie…). Ces efforts sont financés par les communautés au moyen d’évènements culturels, de concerts, de fêtes, de levées de fonds et de commerces indépendants, rendant ce modèle un véritable modèle d’agorisme fonctionnel.

Le modèle de milices YPG/YPJ a remporté énormément de succès jusqu’ici, brisant les lignes de l’EI/Daesh pour sauver des milliers de personnes du peuple Yazidi, un peuple souvent haï et condamné comme des “adorateurs de satan” par l’essentiel de la communauté musulmane, lorsqu’ils furent encerclés sur le Mont Sinjar dans le nord de l’Irak. Egalement, malgré de nombreuses pertes, ces milices populaires défendirent avec succès la ville de Kobané au Rojava syrien lorsque l’EIIL lança un assaut total sur la ville utilisant des chars, des missiles et même des drones. (NdT: d’où vient cet équipement sophistiqué aux mains de l‘EI ? Des Américains via la Turquie, avec une instruction et logistique franco-saudo-israélo-américano-britannique…)

Cette philosophie et ces actions de groupes ont déjà inspiré d’autres à travers le monde pour aider dans la lutte et des socialistes, communalistes, anarchistes, libertaires sont en train de converger vers la zone pour aider le combat du PKK. Les milices populaires YPG et YPJ sont en ce moment en train de se battre pour sécuriser et maintenir une confédération démocratique autonome kurde contre le gouvernement turc et l’EIIL et espèrent pouvoir répandre la philosophie appliquée bien au-delà d’un Kurdistan indépendant sans État. Le PKK a l’espoir que des révolutions de travailleurs unis en confédérations démocratiques se répandront à travers le monde de la même façon que la révolution marxiste-léniniste (NdT: fausse “révolution” renforçant les pouvoirs autoritaires étatiques et de marché. Lénine, comme Marx n’a jamais remis en cause le système de “marché”, il n’a fait qu’instaurer un capitalisme d’État totalitaire et super centralisé, alors même que le premier soviet créé à St Petersbourg en 1905, le fut sur un mode anarchiste. Le “pouvoir aux soviets” que Lénine a trahi dès 1918, était le pouvoir aux conseils ouvriers appelant au confédéralisme… Ocalan s’en est rendu compte et a changé de cap pour embrasser la seule voie populaire et égalitaire possible: la confédération des communes libres qu’il a appelé le Confédéralisme Démocratique) le fit dans le passé. Mais cette fois-ci, ils pensent y parvenir par des moyens bien plus anarchistes. Ce qui se déroule devant nos yeux est une REVOLUTION ANARCHISTE.

Note de Résistance 71: Cet excellent texte nous fait si chaud au cœur. Nous avons tenté d’informer au mieux depuis quelques années maintenant sur la révolution anarchiste en cours au Rojava syrien et dans une partie de la Turquie, mais il faut aussi comprendre certaines choses afin de ne pas se réjouir trop vite.

Le peuple kurde est disséminé un peu de la même façon que le sont les Iroquois en Amérique du Nord. Les Kurdes, qui ont habités cette région du monde depuis des temps immémoriaux, à l’instar des Iroquois, se retrouvent séparés et “parqués” dans les frontières de “nations” dont ils n’ont que faire et dont ils ne sont en rien responsables de leur création, à savoir: la Turquie, la Syrie, l’Irak et l’Iran. De ce fait il n’y a pas d’unité kurde, pire même, il y a antagonisme là où il ne devrait pas y en avoir, résultat de la classique stratégie du “diviser pour mieux régner” mise en place par toutes les nations envahisseuses et occupant les sols.

Ainsi, les Kurdes d’Irak sont-ils payés par les Américains et contrôlent la région pétrolière du nord de l’Irak de manière mafieuse. Le mouvement anarchiste du PKK n’a d’influence pour l’heure qu’en Turquie et dans la région nord de la Syrie appelée le Rojava. A l’heure où nous écrivons ces lignes, il y a un plan mis en place d’infiltration et de division des forces kurdes de cette région. Il y a déjà des infiltrés et des traîtres à la cause qui travaillent au grand jour pour que le Confédéralisme Démocratique ne puisse pas continuer. Il est dans l’intérêt des états tels que la Turquie bien sûr, mais aussi la Syrie, les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne pour qu’une telle expérience ne soit jamais un succès. Rappelons-nous de l’Espagne de 1936, la révolution sociale espagnole a été écrasée dans un bain de sang pour préserver avant tout les intérêts des états, ainsi les anarchistes espagnols ont dû lutter non seulement contre les fascistes de Franco aidés par l’Allemagnae nazie et l’Italie fasciste, mais aussi dès 1937 contre les infiltrations du NKVD soviétique dont le pouvoir stalinien voulait éliminer anarchistes et marxistes anti-staliniens représentés en Espagne par les POUM, le tout dans la feinte ignorance de “démocraties” comme la France et le Royaume-Uni, la France fermant ses frontières et parquant les réfugiés espagnols dans des camps en 1939 et durant la première partie de la guerre.

Le Confédéralisme Démocratique kurde est menacé de subir le même sort ! Défendons-le déjà en le faisant plus connaître.

Ce qui se passe au Rojava et en Turquie avec le PKK est d’une IMPORTANCE CAPITALE pour la suite des évènements. Soutenir le PKK et Ocalan aujourd’hui dont la représentante officielle est Asya Abdullah, dont le but n’est pas (plus) de créer un état kurde, mais un confédéralisme démocratique autonome et anti-étatique, ce que quelqu’un comme Thierry Meyssan par exemple, refuse malheureusement de rapporter, puisque pédalant pour les forces étatiques…

A lire sur le sujet pour en savoir plus des turpitudes politiques de l’occident contre les Kurdes, même s’il est important de lire ce que nous avons écrit ci-dessus pour pouvoir aussi désamorcer l’analyse propagandiste conservatrice de Thierry Meyssan sur le sujet:

http://www.voltairenet.org/article192023.html

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