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Résistance et renouveau politique: La 6ème déclaration zapatiste de la forêt de Lacandone (2005)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, économie, colonialisme, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, philosophie, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 16 mai 2015 by Résistance 71

La 6ème déclaration de la forêt/jungle de Lacandone est un texte important, fondateur et inspirateur à adapter culturellement dans nos sociétés. Changer de paradigme politique implique nécessairement d’avoir une vision claire de l’histoire et une vision politique sur ce qui doit être fait ainsi que d’articuler les moyens pour y parvenir. Si le mouvement zapatiste existe toujours plus que jamais depuis plus de 20 ans au Mexique, c’est parce que leur vision politique l’a rendu incorruptible. Nous publions ce texte essentiel en deux parties. Les suiveurs de cette déclaration sont appelés les « compas de la sixième » (compas de la sixte).

— Résistance 71 —

 

ARMÉE ZAPATISTE DE LIBÉRATION NATIONALE. MEXIQUE

SIXIÈME DÉCLARATION DE LA FORÊT LACANDONE

Juin 2005

Source:
http://cspcl.ouvaton.org/spip.php?article204

1ère partie
2ème partie

Voici notre parole simple qui voudrait arriver au cœur des gens comme nous, humbles et simples, mais, tout comme nous aussi, rebelles et dignes. Voici notre parole simple pour raconter le chemin que nous avons parcouru et où nous en sommes aujourd’hui ; pour expliquer comment nous voyons le monde et notre pays ; pour dire ce que nous pensons faire et comment nous pensons le faire, et pour inviter d’autres à faire le chemin avec nous dans quelque chose de très grand qui s’appelle le Mexique et dans quelque chose de plus grand encore que l’on nomme le monde. Voici notre parole simple pour faire savoir à tous les cœurs honnêtes et nobles ce que nous voulons au Mexique et dans le monde. Voici notre parole simple, parce que c’est notre volonté d’appeler ceux qui sont comme nous et de nous unir à eux, partout où ils vivent et où ils luttent.

  1. CE QUE NOUS SOMMES

Nous sommes les zapatistes de l’EZLN. On nous appelle aussi les « néozapatistes ». Bien, alors nous, les zapatistes de l’EZLN, nous avons pris les armes en janvier 1994 parce que nous avons trouvé qu’il y en avait assez de tout ce mal que faisaient les puissants, qui ne font que nous humilier, nous voler, nous jeter en prison et nous tuer, sans que rien de ce que l’on puisse dire ne change rien. C’est pour cela que nous avons dit « ¡Ya basta ! » Ça suffit, maintenant ! Pour dire que nous ne permettrons plus qu’ils nous diminuent et nous traitent pire que des animaux. Et alors nous avons aussi dit que nous voulions la démocratie, la liberté et la justice pour tous les Mexicains, même si nous nous sommes surtout occupés des peuples indiens. Parce qu’il se trouve que nous autres de l’EZLN nous sommes presque tous des indigènes d’ici, du Chiapas, mais que nous ne voulons pas lutter uniquement pour notre propre bien ou uniquement pour le bien des indigènes du Chiapas ou uniquement pour les peuples indiens du Mexique : nous voulons lutter tous ensemble avec tous les gens humbles et simples comme nous et qui sont dans le besoin et subissent l’exploitation et le vol de la part des riches et de leur mauvais gouvernement, ici dans notre Mexique et dans d’autres pays du monde.

Et alors, notre petite histoire, c’est que nous en avons eu assez de l’exploitation que nous faisaient subir les puissants et que nous nous sommes organisés pour nous défendre et pour nous battre pour la justice. Au début, nous n’étions pas beaucoup, quelques-uns seulement à aller d’un côté et de l’autre, à parler et à écouter d’autres comme nous. Nous avons fait ça pendant de nombreuses années et nous l’avons fait en secret, sans faire de bruit. C’est-à-dire que nous avons rassemblé nos forces en silence. Nous avons passé dix ans comme ça et après nous avons grandi et vite nous avons été des milliers. Alors nous nous sommes bien préparés, avec la politique et avec des armes, et, soudainement, quand les riches étaient en pleine fête de nouvel an, nous sommes tombés sur leurs villes et nous avons réussi à les prendre, et nous leur avons montré bien clairement que nous étions là, qu’ils allaient devoir tenir compte de nous. Et alors les riches ont eu une grosse frayeur et ils nous ont envoyé leurs grandes armées pour en finir avec nous. Ils ont fait comme ils font toujours quand les exploités se rebellent, ils envoient quelqu’un en finir avec eux. Mais ils n’ont pas pu le faire avec nous, parce que nous nous sommes très bien préparés avant la guerre et nous nous sommes faits forts dans nos montagnes. Et leurs soldats nous cherchaient partout et nous jetaient leurs bombes et nous tiraient dessus. Et ils ont même commencé à se dire qu’il fallait tuer une fois pour toutes tous les indigènes parce qu’il n’y avait pas moyen de savoir qui était zapatiste et qui ne l’était pas. Et nous à courir et à nous battre, à combattre et à courir, comme l’avaient fait nos ancêtres avant nous. Sans nous rendre, sans nous faire céder, sans nous vaincre.

Et voilà que les gens des villes sont sortis dans les rues et ont commencé à demander en criant que la guerre s’arrête. Et alors nous avons arrêté notre guerre et nous les avons écoutés, ces frères et ces sœurs de la ville qui nous disaient d’essayer d’arriver à un arrangement, c’est-à-dire à un accord avec ceux du mauvais gouvernement pour trouver une solution sans massacre. Et alors nous avons fait ce que nous disaient les gens, parce que ces gens, c’est ce que nous appelons « le peuple », c’est-à-dire le peuple mexicain. Alors nous avons mis de côté le feu et nous avons fait parler la parole.

Et voilà que ceux du gouvernement ont dit qu’ils allaient bien se comporter et allaient dialoguer et faire des accords et les respecter. Et nous, nous avons dit que c’était bien, d’accord, mais nous avons aussi pensé que c’était bien aussi de connaître ces gens qui étaient descendus dans la rue pour arrêter la guerre. Alors, tout en dialoguant avec ceux du mauvais gouvernement, nous avons aussi parlé avec ces personnes et nous avons vu que la plupart étaient des gens humbles et simples comme nous, et que nous comprenions bien pourquoi nous luttions tous les deux, c’est-à-dire eux et nous. Alors nous avons appelé ces gens « société civile », parce que la plupart n’appartenaient pas à des partis politiques et que c’était des gens du commun, comme nous, des gens humbles et simples.

Mais ceux du mauvais gouvernement ne voulaient pas d’un bon arrangement, ce n’était qu’une de leurs feintes de dire qu’ils allaient parler et trouver un accord. Pendant ce temps-là, ils se préparaient à nous attaquer pour nous éliminer définitivement. Et alors plusieurs fois ils nous ont attaqués, mais sans arriver à nous vaincre parce que nous avons su bien résister et que beaucoup de gens dans le monde entier se sont mobilisés. Et alors ceux du mauvais gouvernement se sont dit que le problème, c’était que beaucoup de gens voyaient ce qui se passait avec l’EZLN et alors ils ont décidé de commencer à faire comme s’il ne se passait rien. Et pendant ce temps-là, ils nous encerclaient, c’est-à-dire qu’ils nous mettaient le siège, et ils ont commencé à attendre que les gens, comme nos montagnes sont isolées, oublient parce que le territoire zapatiste est loin. Et régulièrement ceux du mauvais gouvernement essayaient leurs trucs et essayaient de nous tromper ou de nous attaquer, comme en février 1995 quand une grande quantité de troupes a voulu nous repousser mais n’est pas parvenu à nous vaincre. Parce que nous n’étions pas seuls, comme ils l’ont dit après coup, et que beaucoup de gens nous ont soutenus et que nous avons bien résisté.

Alors, ceux du mauvais gouvernement ont dû passer des accords avec l’EZLN et ces accords, ce sont les « Accords de San Andrés », parce que « San Andrés » est le nom de la commune où ont été signés ces accords. Et dans ces pourparlers nous n’étions pas tout seuls à parler avec ceux du mauvais gouvernement, nous avions invité beaucoup de gens et d’organisations qui étaient ou sont engagés dans la lutte pour les peuples indiens du Mexique. Et tous avaient leur mot à dire et tous ensemble nous nous sommes mis d’accord sur ce que nous allions dire à ceux du mauvais gouvernement. C’est comme ça que s’est passé le dialogue, il n’y avait pas que les zapatistes tout seuls d’un côté et ceux du mauvais gouvernement de l’autre, avec les zapatistes il y avait les peuples indiens du Mexique et ceux qui les soutiennent. Et alors dans ces accords ceux du mauvais gouvernement ont dit qu’ils allaient reconnaître les droits des peuples indiens du Mexique et respecter leur culture, et qu’ils allaient le mettre dans une loi dans la Constitution. Mais après avoir signé, ceux du mauvais gouvernement ont fait comme s’ils avaient oublié et beaucoup d’années ont passé et les accords ne sont toujours pas respectés. Au contraire, le gouvernement a attaqué les indigènes pour leur faire abandonner la lutte, comme le 22 décembre 1997. Ce jour-là, Zedillo a fait tuer 45 hommes, femmes, anciens et enfants, dans le hameau du Chiapas qui s’appelle ACTEAL. Un tel crime ne s’oublie pas facilement, mais c’est aussi une preuve de comment ceux du mauvais gouvernement n’hésitent pas un instant à attaquer et à assassiner ceux qui se rebellent contre l’injustice. Et pendant tout ce temps-là, les zapatistes s’obstinaient par tous les moyens à faire respecter les accords et à résister dans les montagnes du Sud-Est mexicain. Et alors nous avons commencé à parler avec d’autres peuples indiens du Mexique et avec les organisations qu’ils avaient et nous avons passé un accord avec eux pour lutter tous ensemble pour la même chose, pour la reconnaissance des droits et de la culture indigènes. Et là aussi, beaucoup de gens du monde entier nous ont soutenus, et des personnes très respectées dont la parole est très grande parce que ce sont de grands intellectuels, de grands artistes et de grands scientifiques du Mexique et du monde entier. Nous avons aussi fait des rencontres internationales, c’est-à-dire que nous nous sommes réunis pour discuter avec des gens venus d’Amérique, d’Asie, d’Europe, d’Afrique et d’Océanie, et que nous avons pu connaître leurs luttes et leur façon de faire, et nous les avons appelées des rencontres « intergalactiques » pour rigoler mais aussi parce que nous avions invité les gens des autres planètes, mais on dirait qu’ils ne sont pas venus ou alors qu’ils sont venus mais qu’ils ne l’ont pas montré.

Mais rien à faire, ceux du mauvais gouvernement ne respectaient pas les accords, alors nous avons décidé de parler avec beaucoup de Mexicains pour avoir leur soutien. Alors d’abord, en 1997, nous avons organisé une marche jusqu’à Mexico qui s’est appelée la « Marche des 1 111″, parce qu’il y avait un compañero et une compañera pour chaque village zapatiste, mais le gouvernement n’a pas réagi. Après, en 1999, nous avons organisé dans tout le pays une consultation et on a pu voir que la majorité était d’accord avec les exigences des peuples indiens, mais ceux du mauvais gouvernement n’ont pas non plus réagi. Et en dernier, en 2001, nous avons organisé ce qui s’est appelé la « Marche pour la dignité indigène » qui a reçu le soutien de millions de Mexicains et de gens d’autres pays et qui est même arrivée là où sont les députés et les sénateurs, c’est-à-dire au Congrès de l’Union, pour exiger la reconnaissance des indigènes mexicains.

Mais pas moyen, les hommes politiques du parti du PRI, du parti du PAN et du parti du PRD se sont mis d’accord entre eux pour ne pas reconnaître les droits et la culture indigènes. Ça s’est passé en avril 2001 et à cette occasion les hommes politiques ont montré clairement qu’ils n’ont pas un gramme de décence et que ce sont des crapules qui ne pensent qu’à gagner de l’argent malhonnête, en mauvais gouvernants qu’ils sont. Il ne faudra surtout pas l’oublier, parce que vous verrez qu’ils seront capables de dire qu’ils vont reconnaître les droits indigènes, mais ce n’est qu’un mensonge qu’ils emploieront pour que l’on vote pour eux, parce qu’ils ont déjà eu leur chance et qu’ils n’ont pas tenu parole.

Alors, à ce moment-là, nous avons compris que le dialogue et la négociation avec ceux du mauvais gouvernement du Mexique n’avaient servi à rien. C’est-à-dire que ce n’est pas la peine de discuter avec les hommes politiques, parce que ni leur cœur ni leurs paroles ne sont droits, ils sont tordus et ils ne font que mentir en disant qu’ils vont respecter des accords. Et ce jour-là, quand les hommes politiques du PRI, du PAN et du PRD ont approuvé une loi qui ne vaut rien, ils ont tué et enterré le dialogue et ils ont montré clairement que ça ne leur fait rien de faire des accords et de signer, parce qu’ils n’ont pas de parole. Alors nous n’avons plus cherché à avoir de contact avec les pouvoirs fédéraux parce que nous avons compris que le dialogue et la négociation avaient échoué à cause de ces partis politiques. Nous avons compris que pour eux, le sang, la mort, la souffrance, les mobilisations, les consultations, les efforts, les déclarations nationales et internationales, les rencontres, les accords, les signatures, les engagements, rien ne compte. La classe politique n’a donc pas seulement claqué la porte, une fois de plus, aux nez des peuples indiens, elle a aussi frappé un coup mortel à une solution pacifique, dialoguée et négociée à la guerre. Et il ne faut pas croire qu’elle respectera les accords qu’elle passera avec qui que ce soit d’autre. Il suffit de voir ce qui nous est arrivé pour comprendre la leçon.

Alors, après avoir vu tout ça se passer, nous nous sommes mis à penser avec notre cœur à ce que nous allions pouvoir faire. Et la première chose que nous avons vue, c’est que notre cœur n’est plus le même qu’avant, quand nous avons commencé notre lutte, mais qu’il est plus grand parce que nous avons pénétré dans le cœur de beaucoup de gens bons. Et nous avons aussi vu que notre cœur est un peu plus meurtri, un peu plus blessé qu’avant. Ce n’est pas à cause de la tromperie de ceux du mauvais gouvernement, c’est parce que quand nous avons touché le cœur de ces autres gens, nous avons aussi touché leur douleur. Comme si nous nous étions regardés dans un miroir.

  1. OÙ NOUS EN SOMMES MAINTENANT

Alors, en zapatistes que nous sommes, nous avons pensé qu’il ne suffisait pas de cesser de dialoguer avec le gouvernement, mais qu’il fallait poursuivre notre lutte malgré ces parasites jean-foutre que sont les hommes politiques. L’EZLN a donc décidé d’appliquer, tout seul et de son côté (« unilatéralement » quoi, comme on dit, parce que c’est seulement d’un côté), les Accords de San Andrés en ce qui concerne les droits et la culture indigènes. Pendant quatre ans, de la mi-2001 à la mi-2005, nous nous sommes consacrés à ça, et à d’autres choses que nous vous raconterons aussi.

Bien. Alors, allons-y d’abord avec les communes autonomes rebelles zapatistes, la forme d’organisation que les communautés ont choisie pour gouverner et se gouverner, pour être plus fortes. Cette forme de gouvernement autonome n’a pas été miraculeusement inventée par l’EZLN, elle vient de plusieurs siècles de résistance indigène et de l’expérience zapatiste et c’est un peu l’auto-organisation des communautés. C’est-à-dire que ce n’est pas comme si quelqu’un de l’extérieur venait gouverner, ce sont les villages eux-mêmes qui décident, parmi eux, qui gouverne et comment, et ceux qui n’obéissent pas sont renvoyés. Si la personne qui commande n’obéit pas à la communauté, on la blâme, elle perd son mandat d’autorité et une autre prend sa place.

Mais nous nous sommes rendu compte que les communes autonomes n’étaient pas toutes sur le même plan. Il y en avait qui allaient plus loin et bénéficiaient de plus de soutien de la société civile, et d’autres qui étaient plus délaissées. Il fallait donc encore s’organiser pour qu’il y ait plus d’égalité. Et nous avons aussi pu constater que l’EZLN, avec son côté politico-militaire, intervenait dans les décisions qui revenaient aux autorités démocratiques « civiles », comme on dit. Le problème était que la partie politico-militaire de l’EZLN n’est pas démocratique, parce que c’est une armée, et nous avons trouvé que ce n’était pas correct que le militaire soit en haut et le démocratique en bas, parce qu’il ne faut pas que ce qui est démocratique se décide militairement, sinon le contraire : c’est-à-dire en haut le politico-démocratique qui commande et en bas le militaire qui obéit. Et peut-être même que c’est encore mieux rien en haut et tout bien plat, sans militaire, et c’est pour ça que les zapatistes s’étaient faits soldats, pour qu’il n’y ait pas de soldats. Alors, pour essayer de résoudre ce problème, nous avons commencé à séparer ce qui est politico-militaire de ce qui concerne les formes d’organisation autonomes et démocratiques des communautés zapatistes. Comme ça, les actions et les décisions qu’effectuait et prenait avant l’EZLN ont été passées petit à petit aux autorités démocratiquement élues dans les villages. Ça a l’air tout simple quand on le dit mais, dans la pratique, c’est beaucoup plus difficile. Parce que, pendant des années, nous nous sommes préparés à faire la guerre et puis, après, il y a eu la guerre elle-même, et on finit par s’habituer à l’organisation politico-militaire. Mais même si ça a été difficile, c’est ce que nous avons fait, parce que ce que nous disons nous le faisons. Sinon, à quoi servirait de dire quelque chose, si après on ne le fait pas.

C’est comme ça que nous avons créé les conseils de bon gouvernement, en août 2003, et avec eux nous avons continué notre propre apprentissage et appris à exercer le « commander en obéissant ».

Depuis, et jusqu’à la mi-2005, la direction de l’EZLN n’est plus intervenue avec ses ordres dans les affaires des civils, mais elle a accompagné et appuyé les autorités démocratiquement élues par les communautés, sans oublier de vérifier que l’on informe correctement la société civile mexicaine et internationale des aides reçues et de ce à quoi elles ont servi. Et maintenant, nous passons le travail de vigilance du bon gouvernement aux bases de soutien zapatistes, avec des mandats temporaires et rotatifs, pour que tous et toutes apprennent et puissent effectuer ce travail. Parce que, nous autres, nous pensons qu’un peuple qui ne contrôle pas ses dirigeants est condamné à être leur esclave et que nous luttons pour être libres, par pour changer de maître tous les six ans.

Pendant les quatre dernières années, l’EZLN a aussi passé aux conseils de bon gouvernement et aux communes rebelles autonomes les aides et les contacts au Mexique et dans le monde entier que nous avons obtenus tout au long des années de guerre et de résistance. Mais, en même temps, l’EZLN a aussi mis en place un réseau d’aide économique et politique qui permette aux communautés zapatistes d’avancer avec moins de difficultés dans la construction de leur autonomie et d’améliorer leurs conditions de vie. Ce n’est pas encore assez, mais c’est beaucoup plus que ce qu’il y avait avant notre soulèvement, en janvier 1994. Si vous prenez une de ces études que font les gouvernements, vous verrez que les seules communautés indigènes qui ont amélioré leurs conditions de vie, c’est-à-dire la santé, l’éducation, l’alimentation, le logement, ce sont celles qui sont en « territoire zapatiste », comme nous disons pour parler de là où sont nos villages. Tout ça a été possible grâce aux progrès effectués dans les communautés zapatistes et grâce au très grand soutien que nous avons reçu de personnes bonnes et nobles, « les sociétés civiles », comme nous les appelons, et de leurs organisations, du monde entier. C’est comme si toutes ces personnes avaient fait du « Un autre monde est possible » une réalité, mais dans les faits, pas dans des discours.

Et alors les communautés ont beaucoup avancé. Maintenant, il y a toujours plus de compañeros, hommes et femmes, qui apprennent à être gouvernement. Et, même si c’est petit à petit, il y a de plus en plus de femmes qui ont ces responsabilités. Mais on manque encore beaucoup de respect envers ces compañeras et il faut qu’elles participent plus aux responsabilités de la lutte. Et puis, avec les conseils de bon gouvernement, la coordination entre les communes autonomes s’est aussi beaucoup améliorée, et aussi la résolution de problèmes avec d’autres organisations et avec les autorités « officielles ». Et puis les projets dans les communautés aussi se sont beaucoup améliorés, et la répartition des projets et des aides de la société civile du monde entier : la santé et l’éducation ont été beaucoup améliorées, même s’il y a encore beaucoup de chemin à faire avant d’arriver à ce qu’il devrait y avoir ; pareil avec le logement et l’alimentation, et dans certaines zones le problème de la terre va beaucoup mieux parce qu’on a réparti les terres récupérées aux grands propriétaires, mais il y a des zones où on manque terriblement de terres à cultiver. Et puis le soutien de la société civile mexicaine et internationale s’est beaucoup amélioré, parce que, avant, les gens allaient là où ça leur plaisait le plus, mais maintenant les conseils de bon gouvernement les orientent vers les endroits où il y en a le plus besoin. Pour les mêmes raisons, partout il y a toujours plus de compañeros, hommes et femmes, qui apprennent à entrer en contact avec des personnes venues d’ailleurs au Mexique et dans le monde. Ils apprennent à respecter et à exiger le respect, ils apprennent qu’il y a de nombreux mondes et que tous ont leur place, leur temps et leur façon de faire, et qu’il faut tous et toutes se respecter mutuellement.

Alors nous, les zapatistes de l’EZLN, nous avons consacré tout ce temps à notre force principale : aux communautés qui nous appuient. Et il faut dire que la situation s’est bien améliorée un peu, comme quoi on ne peut pas dire que l’organisation et la lutte zapatiste n’ont servi à rien mais plutôt que, même si on en finit avec nous, notre lutte aura bel et bien servi à quelque chose.

Mais il n’y a pas que les communautés zapatistes qui ont progressé. L’EZLN aussi. Parce que ce qui s’est passé pendant tout ce temps, c’est que de nouvelles générations ont renouvelé toute notre organisation. Un peu comme si elles lui avaient redonné des forces. Les commandants et les commandantes, qui étaient déjà majeurs au début de notre soulèvement, en 1994, possèdent maintenant la sagesse de ce qu’ils ont appris dans une guerre et dans un dialogue de douze ans avec des milliers de femmes et d’hommes du monde entier. Les membres du CCRI, la direction politico-organisationnelle zapatiste, conseillent et orientent les nouvelles personnes qui entrent dans notre lutte et celles qui vont occuper des postes de dirigeant. Il y a déjà longtemps que « les comités » (comme nous appelons ceux du CCRI) préparent toute une nouvelle génération de commandants et de commandantes pour qu’ils apprennent les tâches de direction et d’organisation et commencent, après une période d’instruction et d’essai, à les assumer. Et il se trouve aussi que nos insurgés et insurgées, nos miliciens et miliciennes, nos responsables locaux et régionaux et nos bases de soutien, qui étaient jeunes quand nous avons pris les armes, sont devenus des femmes et des hommes, des combattants vétérans et des leaders naturels dans leurs unités et dans leurs communautés. Et ceux qui n’étaient que des enfants ce fameux 1er janvier 1994 sont maintenant des jeunes qui ont grandi dans la résistance et qui ont été formés dans la digne rébellion menée par leurs aînés au long de ces douze années de guerre. Ces jeunes ont une formation politique, technique et culturelle que n’avaient pas ceux et celles qui ont commencé le mouvement zapatiste. Ces jeunes viennent grossir aujourd’hui, et toujours plus, aussi bien nos troupes que les postes de direction de notre organisation. Et puis, finalement, nous avons tous pu assister aux tromperies de la classe politique mexicaine et aux ravages destructeurs qu’ils ont perpétrés dans notre patrie. Et nous avons vu les grandes injustices et les massacres que produit la mondialisation néolibérale dans le monde entier. Mais nous parlerons de cela plus tard.

L’EZLN a donc résisté de cette manière à douze ans de guerre et d’attaques militaires, politiques, idéologiques et économiques, à douze ans de siège, de harcèlement et de persécutions, et ils n’ont pas pu nous vaincre, nous ne nous sommes pas rendus ou vendus et nous avons avancé. Des compañeros d’autres lieux sont entrés dans notre lutte et, au lieu de nous affaiblir au long de tant d’années, nous sommes devenus plus forts. Bien sûr, il y a des problèmes qui peuvent se résoudre simplement en séparant plus le politico-militaire du civil-démocratique. Mais il y a certaines choses plus importantes, comme le sont les exigences pour lesquelles nous luttons, qui n’ont pas encore été entièrement satisfaites.

C’est notre pensée et ce que nous éprouvons dans notre cœur qui nous font dire que nous en sommes arrivés à un seuil limite et qu’il se peut même que nous perdions tout ce que nous avons, si nous en restons là et si nous ne faisons rien pour avancer encore. Alors, l’heure est venue de prendre à nouveau des risques et de faire un pas dangereux mais qui en vaut la peine. Et peut-être qu’unis à d’autres secteurs sociaux qui ont les mêmes manques que nous il deviendra possible d’obtenir ce dont nous avons besoin et que nous méritons d’avoir. Un nouveau pas en avant dans la lutte indigène n’est possible que si les indigènes s’unissent aux ouvriers, aux paysans, aux étudiants, aux professeurs, aux employés, c’est-à-dire aux travailleurs des villes et des campagnes.

III. DE COMMENT NOUS VOYONS LE MONDE

Nous allons vous expliquer maintenant comment nous voyons ce qui se passe dans le monde, nous autres, les zapatistes. D’abord, nous voyons que c’est le capitalisme qui est le plus fort aujourd’hui. Le capitalisme est un système social, autrement dit la façon dont sont organisées les choses et les personnes, et qui possède et qui ne possède pas, qui commande et qui obéit. Dans le capitalisme, il y a des gens qui ont de l’argent, autrement dit du capital, et des usines et des magasins et des champs et plein de choses, et il y en a d’autres qui n’ont rien à part leur force et leur savoir pour travailler ; et dans le capitalisme commandent ceux qui ont l’argent et les choses, tandis qu’obéissent ceux qui n’ont rien d’autre que leur force de travail.

Alors, le capitalisme ça veut dire qu’il y a un groupe réduit de personnes qui possèdent de grandes richesses. Et pas parce qu’ils auraient gagné un prix ou qu’ils auraient trouvé un trésor ou qu’ils auraient hérité de leur famille, mais parce qu’ils obtiennent ces richesses en exploitant le travail de beaucoup d’autres. Autrement dit, le capitalisme repose sur l’exploitation des travailleurs, un peu comme s’il les pressait comme des citrons pour en tirer tous les profits possibles. Tout ça se fait avec beaucoup d’injustice parce qu’on ne paye pas aux travailleurs correctement leur travail, sinon qu’on leur donne juste un salaire suffisant pour qu’ils puissent manger et se reposer un peu et que le jour suivant ils retournent au presse-citron, à la campagne comme en ville.

Mais le capitalisme fabrique aussi sa richesse en spoliant, autrement dit par le vol, parce qu’il enlève à d’autres ce qu’il convoite, comme des terres et des richesses naturelles, par exemple. C’est-à-dire que le capitalisme est un système où les voleurs sont libres et admirés et donnés en exemple.

Et en plus d’exploiter et de spolier, le capitalisme réprime, parce qu’il jette en prison et tue ceux qui se rebellent contre l’injustice.

Ce qui intéresse le plus le capitalisme, ce sont les marchandises, parce que, quand on les achète et on les vend, elles donnent du profit. Alors, le capitalisme transforme tout en marchandise : il transforme en marchandise les personnes, la nature, la culture, l’histoire, la conscience, tout. Pour le capitalisme, tout doit pouvoir s’acheter et se vendre. Et il dissimule tout derrière la marchandise pour qu’on ne voie pas l’exploitation qui l’a rendu possible. Et alors les marchandises s’achètent et se vendent dans un marché, et il se trouve que ce marché ne sert pas seulement pour acheter et pour vendre, mais aussi pour dissimuler l’exploitation des travailleurs. Par exemple, sur le marché, on voit le café déjà joliment empaqueté dans sa boîte ou dans son paquet, mais on ne voit pas le paysan qui a souffert pour récolter ce café et on ne voit pas non plus le coyote qui lui a payé à un prix ridicule son travail et on ne voit pas non plus les travailleurs dans les grands ateliers qui passent leur vie à empaqueter ce café. Ou alors on voit un appareil pour écouter de la musique, de la cumbia, des rancheras ou des corridos ou ce qu’on veut, et on trouve que c’est un très bon appareil parce que le son est très bon, mais on ne voit pas l’ouvrière de l’atelier qui a passé un nombre incroyable d’heures à fixer des câbles et à monter cet appareil et qui a touché un salaire de misère pour le faire, on ne voit pas qu’elle vit loin de son travail et tout ce qu’elle doit dépenser pour le transport, sans compter qu’elle risque en plus de se faire enlever, d’être violée ou assassinée, comme ça arrive à Ciudad Juárez, au Mexique.

Autrement dit, sur le marché on voit des marchandises, mais on ne voit pas l’exploitation avec laquelle elles ont été faites. Et alors le capitalisme a besoin de beaucoup de marchés… Ou d’un marché très grand, un marché mondial.

Et alors il se trouve que le capitalisme d’aujourd’hui n’est plus le même qu’avant, où les riches se contentaient d’exploiter les travailleurs chacun dans leurs pays, mais qu’il en est maintenant à un stade qui s’appelle « globalisation néolibérale ». La globalisation en question, ça veut dire que maintenant les capitalistes ne dominent plus seulement les travailleurs dans un pays ou dans plusieurs pays, mais qu’ils essayent de dominer tout dans le monde entier. Et alors le monde, la planète Terre autrement dit, on dit aussi que c’est le « globe terrestre », c’est pour ça qu’on dit « globalisation », la mondialisation, autrement dit le monde entier.

Et le néolibéralisme, eh bien, c’est l’idée selon laquelle le capitalisme est libre de dominer le monde entier et qu’il n’y a rien à dire et qu’on n’a plus qu’à se résigner et à l’admettre et à la fermer, autrement dit à ne pas se rebeller. Alors, le néolibéralisme c’est comme la théorie, le plan, de la mondialisation capitaliste. Et le néolibéralisme a des plans économiques, politiques, militaires et culturels. Dans tous ces plans, il ne s’agit de rien d’autre que de dominer le monde entier. Et ceux qui n’obéissent pas, on les réprime ou on les isole pour les empêcher de donner leurs idées de rébellion aux autres.

Alors, dans la mondialisation néolibérale, les grands capitalistes qui vivent dans des pays puissants, comme les États-Unis, par exemple, veulent que le monde entier devienne une énorme usine où produire des marchandises et une sorte d’énorme marché. Un marché mondial, un marché pour acheter et vendre tout ce qu’il y a dans le monde et pour dissimuler toute l’exploitation du monde entier. Alors les capitalistes mondialisés s’installent partout, autrement dit dans tous les pays, pour faire leurs grands négoces, c’est-à-dire leur grande exploitation. Et alors ils ne respectent rien et s’installent comme ils veulent. C’est comme qui dirait une conquête des autres pays. C’est pour ça que nous, les zapatistes, nous disons que la mondialisation néolibérale est une guerre de conquête du monde entier, une guerre mondiale, une guerre entreprise par le capitalisme pour dominer mondialement. Et alors cette conquête se fait parfois avec des armées qui envahissent un pays par la force et qui s’en emparent. Mais parfois cette conquête se fait avec l’économie, c’est-à-dire que les capitalistes mettent leur argent dans un autre pays ou bien lui prêtent de l’argent à condition qu’il fasse tout ce qu’ils lui disent de faire. Ils s’installent même dans d’autres pays avec les idées : autrement dit, la culture capitaliste, c’est la culture de la marchandise, du profit, du marché.

Alors celui qui fait cette conquête, le capitalisme, fait bien comme il veut, c’est-à-dire qu’il détruit ce qui ne lui plaît pas et élimine ce qui le gêne. Par exemple, ceux qui ne produisent ni n’achètent ni ne vendent des marchandises le gênent. Ou ceux qui se rebellent contre cet ordre mondial. Et ceux qui ne servent pas, il les méprise. C’est pour ça que les indigènes constituent un obstacle à la mondialisation néolibérale et c’est pour ça qu’on les méprise et qu’on veut les éliminer. Le capitalisme néolibéral enlève aussi les lois qui l’empêchent d’exploiter tranquillement et de faire beaucoup de profits. Par exemple, il impose que tout puisse s’acheter et se vendre, mais comme c’est le capitalisme qui a l’argent, il achète tout.

Alors, le capitalisme détruit les pays qu’il envahit avec la mondialisation néolibérale, mais il veut aussi arranger tout ou tout refaire à sa manière, autrement dit d’une manière qui lui convienne et sans être gêné par rien ni personne. Alors la mondialisation néolibérale, capitaliste détruit donc ce qu’il y a dans ces pays : elle détruit leur culture, leur système économique et leur système politique, et elle détruit même le type de rapports que les gens qui vivent dans ce pays ont entre eux. Autrement dit, tout ce qui fait d’un pays un pays est ravagé.

Alors, la mondialisation néolibérale veut détruire les nations du monde et veut qu’il n’y ait plus qu’une seule nation ou pays : le pays de l’argent, le pays du capital. Le capitalisme cherche donc à faire que tout soit comme lui veut que ce soit. Et tout ce qui est différent, ça ne lui plaît pas et il le persécute, il l’attaque, il l’isole dans un coin et fait comme si ça n’existait pas.

Alors, comme qui dirait en résumé, le capitalisme de la mondialisation néolibérale se fonde sur l’exploitation, sur la dépossession, sur le mépris et sur la répression de ceux qui ne se laissent pas faire. Autrement dit, pareil qu’avant mais maintenant globalement, mondialement.

Mais tout ne marche pas comme sur des roulettes dans la mondialisation néolibérale, parce que les exploités de chacun des pays ne veulent pas l’accepter et qu’ils ne se résignent pas à courber l’échine, mais se rebellent, et que ceux qui sont de trop et gênent résistent et ne se laissent pas éliminer. Et alors nous voyons que dans le monde entier ceux qui sont dans un sale pétrin opposent une résistance pour ne pas se laisser faire ; autrement dit, ils se rebellent, et pas seulement dans un pays mais dans plein d’endroits. Autrement dit, de la même façon qu’il y a une mondialisation néolibérale, il y a aussi une mondialisation de la rébellion.

Dans cette mondialisation de la rébellion, il n’y a pas que les travailleurs de la campagne et des villes, mais il y aussi d’autres gens, femmes et hommes, qui sont très souvent persécutés et méprisés parce qu’ils ne se laissent pas non plus dominer : les femmes, les jeunes, les indigènes, les homosexuels, les lesbiennes, les transsexuels, les migrants et beaucoup d’autres que nous ne verrons pas tant qu’ils n’auront pas hurlé que ça suffit qu’on les méprise et qu’ils ne se seront pas révoltés. Et alors nous les verrons, nous les entendrons et nous apprendrons à les connaître.

Et alors nous, nous voyons que tous ces groupes de gens luttent contre le néolibéralisme, autrement dit contre le plan de la mondialisation capitaliste, et qu’ils se battent pour l’humanité.

Et tout ça fait que nous éprouvons une grande inquiétude devant la stupidité des néolibéralistes qui veulent détruire l’humanité tout entière avec leurs guerres et leur exploitation, mais nous éprouvons en même temps une grande satisfaction en voyant que partout surgissent des résistances et des rébellions ; un peu comme la nôtre qui est un peu petite mais qui est toujours là. Et nous voyons tout cela dans le monde entier et notre cœur sait que nous ne sommes pas seuls.

A suivre…

Lutte contre le colonialisme: Longue Marche sur Rome et la révocation des bulles pontificales de la doctrine chrétienne de la découverte…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, colonialisme, démocratie participative, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 6 mai 2015 by Résistance 71

Nous avions mentionné ceci dans notre récent article: “Vatican et colonialisme: Introduction au mouvement de la Longue Marche sur Rome”.

Plus d’info ci-dessous.

A lire et diffuser sans aucune modération…

Notre page sur l’abolition de l’empire et le mouvement de la révocation des bulles papales de la découverte chrétienne: Mettez la pression sur la hiérarchie éclésiastque en faisant retirer votre nom du registre des baptêmes !

— Résistance 71 —

 

La Longue Marche sur Rome 2016

 

LMR

 

Mai 2015

 

Source: http://longmarchtorome.com/

 

~Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Diffusez la nouvelle au sujet de la Longue Marche sur Rome du printemps 2016 et criez, dénoncez de vive voix le mensonge qui dit qu’une personne peut-être considérée comme moins qu’humaine simplement parce qu’elle ne prie pas sur le même autel que des personnes d’autres territoires.

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Nous allons entreprendre cette longue marche sur Rome en mémoire des millions et millions de personnes indigènes du monde qui ont souffert et sont mortes dans des guerres depuis plus de 500 ans et dont la relocalisation, déportation forcée, les maladies et la conquête ont été justifiées par deux édits, bulles pontificaux, l’une émise par le pape Nicolas V en 1455, Romanus Pontifex et l’autre par le pape Alexandre VI (NdT: Borgia) en 1493, Inter Caetera.

Ces bulles pontificales sont les “modèles écrits” pour cet Age de la Découverte, car elles donnaient aux explorateurs le droit absolu d’:

“… envahir, de traquer, de capturer, de vaincre et de subjuguer tous les Sarrazins, et autres païens et les autres ennemis du christ où qu’ils soient” et de “réduire leurs personnes en esclavage perpétuel.

De manière incroyable, aucune de ces deux bulles pontificales n’a été officiellement révoquée jusqu’à ce jour.

Tout en marchant le long de l’ancienne Via Francigena vers Rome, nous honnorerons le courage, la sagesse et l’esprit de nos ancêtres, qui pendant 500 ans ont maintenu en vie les lois traditionnelles et la culture qui ont gouvernées les modes de vie des peuples indigènes depuis des temps immémoriaux.

Lorsque nous arriverons sur la place St Pierre du Vatican, nous en appelerons en premier lieu à nos ancêtres et pétitionnerons de nos esprits, cœurs et âmes le pape François 1er pour qu’il nous rejoigne et dénonce haut et fort ce mensonge qui veuille qu’une personne soit considérée moins qu’humaine purement parce qu’elle ne célèbre pas au même autel que d’autres personnes d’une autre terre.

Itinéraire:

PARIS

La procession solennelle

L’avant-garde des Nations Indigènes traversera la Seine à Paris par le Pont Neuf en direction du palais du Louvre, où le roi François 1er résidait en 1535.

Hommage à Donnacona

Au Palais du Louvre, les nations iroquoises mèneront la commémoration de l’enlèvement par l’explorateur Jacques Cartier du chef iroquois Donnacona en 1535 et son exhibition comme un animal devant la cour du roi François 1er dans l’aile sud du Louvre.

Via Francigena

Les marcheurs qui auront entendu le cri de dénonciation du mensonge et qui seront arrivés sur les côtes de l’Europe feront leurs premiers pas le long de cette très ancienne route de pélerinage vers Rome.

La Via Francigena est une très ancienne route de pélerinage qui va de Canterbury (Angleterre) à Rome. Les pèlerins ont marché sur cette route depuis le 4ème siècle.

Les Coyotes

Une sélection de coureurs indigènes va courir sous forme de relais depuis Paris, suivant la Via Francigena au travers des Alpes et du col du Grand Saint Bernard, puis vers Sienne au sud.

Le rassemblement des nations

A Lago di Bolsena, les nations indigènes du monde se rassembleront et participeront à une cérémonie sacrée, se rappelant d’abord la tragédie qui les lie tous, puis en célébrant leurs civilisations multi-facettes ; elles se prépareront enfin pour la marche finale sur Rome.

Les Sept Collines de Rome

La Longue Marche sur Rome convergera sur le Vatican des sept directions correspondant aux sept collines de Rome, le point culminant étant l’arrivée finale sur la place St Pierre.

La Procession Finale

En représentation officielle des nations indigènes du monde, une délégation demandera une audience formelle avec le pape François 1er et formulera la requête officielle que le pape révoque les bulles pontificales de la découverte.

Note Importante : Toute information ayant trait aux dates, endroits et participants publiée sur la page “itinerary” du site internet de la Longue Marche sur Rome jusqu’à Janvier 2016 est sujette à modification à l’entière discrétion des directeurs de la marche. Ceci sera motivé par des facteurs d’autorisations, de sécurité, de financement, de communication et autres facteurs de planification liés à la Longue Marche sur Rome. Veuillez rester informés en suivant sur notre site les changements possibles et les conditions de participation à la Longue Marche sur Rome.

Contact: longmarchtorome.info@gmail.com

Résolution de l’Assemblée des Premières Nations

Assemblée spéciale des Chefs

December 9, 10 & 11,2014, WINNIPEG, MB Resolution no. 4612014

TITRE: Soutien à la révocation des bulle pontificales de la découverte

OBJET: Réconciliation


PROPOSE PAR: Chief Shane Gottfriedson, Kamloops Indian Band, BC


SECONDE PAR: Bernd Christmas, Proxy, Indian lsland First Nation, NB


DECISION: consensus unanime

Où il fut dit:

  1. Les personnes des nations premières et leurs descendants ont souffert des effets de la colonisation aux mains de gouvernements successifs depuis bien avant que le Canada ait été établi sur la base de la fausse doctrine de la découverte, une doctrine qui doit-être révoquée afin que la cicatrisation et la compréhension puissent enfin commencer entre les nations premières et le Canada.

Ainsi qu’il soit dit que les chefs en assemblée:

  1. Se résolvent à embrasser, soutenir et à encourager la participation de leurs peuples à la Longue Marche sur Rome, un pélerinage des peuples indigènes du monde afin de présenter au pape François 1er une pétition demandant expressément la révocation des deux bulles pontificales Romanus Pontifex (1455) et Inter Caetera (1493), autrement connues sous le vocable de bulles pontificales de la découverte, pour les raisons suivantes:
  • a. Elles furent le “modèle écrit” pour la conquête du Nouveau Monde.
  • b, Elles fournirent une justification morale pour la mise en esclavage et la conquête des peuples indigènes dans le monde entier.
  • c. Elles demeurent un processus constant de violation de la loi contemporaine internationale sur les droits de l’Homme.
  • d, D’autres communautés couramment en lutte pour sauver leurs terres, sont menacées par des idéologies modernes de l’inégalité, profondément ancrées dans les bulles pontificales de la découverte.

Copie certifiée conforme de la résolution adoptée en ce jour du 11 Décembre 2014 à Winnipeg, province du Manitoba

Perry Bellegarde, chef national

Source: http://longmarchtorome.com/assembly-of-first-nations-resolution/

Résistance au colonialisme: La position réitérée du Grand Conseil Haudenosaunee (Iroquois) sur la gouvernance étatique coloniale…

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Rejoignez le mouvement pour la répudiation des bulles papales colonialistes, plus nous mettrons de pression sur la hiérarchie cléricale jusqu’au Vatican et plus ces diktats papaux auront de chance à être répudiés.

— Résistance 71 ~

 

Le Grand Conseil Haudenosaunee réitère sa position sur les conseils élus (coloniaux)

 

Chef Sidney Hill, Tadodaho*, Onondaga nation

 

22 mai 2013

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2013/05/22/haudenosaunee-grand-council-reiterates-position-elected-councils

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

(*) Tadodaho est le Grand Chef Onondaga, et grand chef de la Confédération Iroquoise, le gardien du feu de la confédération, du feu du grand conseil qui brûle à Onondaga depuis plus de 900 ans. La nation Onondaga est la gardienne du feu du conseil de la Confédération Iroquoise. Elle est au centre de la “longue maison des nations” gardée à l’Est par la nation Mohawk et à l’Ouest par la nation Seneca.
Rappel:
Les chefs n’ont aucun pouvoir et ne sont que les représentants des décisions des conseils de clans de chaque nation, de véritables représentants de décisions populaires prise de manière unanime et non pas à la majorité. La règle de la majorité impose la division politique sur laquelle pousse la tyrannie. Seule l’unanimité des décisions et une chefferie sans pouvoir possèdent une validité unificatrice…

Nous avons énormément à apprendre des nations autochtones des Amériques, d’Océanie et des sociétés traditionnelles en général. Faisons-le, unissons-nous pour vivre mieux et en paix !…

~ Résistance 71 ~

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Salutations des chefs, mères de clans, et des peuples Haudenosaunee, Confédération des Six Nationss Iroquoises, peuples de la Longue Maison.

Le Grand Conseil des Chefs de la confédération désire prendre le temps de rappeler à ses citoyens de la position Haudenosaunee en ce qui concerne les conseils de bandes (Canada) et de tribus (USA) dont les élections nous sont imposées et le remède que nous proposons afin de standardiser la gouvernance au sein de la confédération Haudenosaunee.

Dès le moment où les conseils élus furent imposés dans nos communautés, leur intention principale fut d’abolir la force et le caractère national de nos gouvernements traditionnels et d’assister à la mise sous franchise et à l’assimilation d’Haudenosaunee dans la fabrique nationale (et coloniale) du Canada et des Etats-Unis. Il a depuis toujours été la position de la confédération Haudenosaunee de dire que l’existence des conseils élus que ce soit au Canada ou aux Etats-Unis, se fait en dehors du cercle Wampum. Personne ni aucune nation ne peut amener dans le cercle une autre forme de gouvernance sans l’accord total du Grand Conseil (NdT: qui n’est que la représentation des décisions des peuples de la confédération)

Le cercle Wampum trace la ligne entre les conseils traditionnels et les conseils élus ; celle-ci est claire et distincte: les conseils traditionnels sont les gouvernement originaux des communautés Haudenosaunee/nations iroquoises qui s’occupent des affaires nationales, tandis que les conseils élus émanent d’un système imposé par la loi indienne au Canada (Indian Act) et la loi fédérale indienne (aux Etats-Unis) et ce pour l’administration des politiques coloniales de chaque communauté. Ces dernières années néanmoins, ces conseils élus ont commencé à commander les différents symboles, philosophies et le caractère national de la confédération Haudenosaunee, se représentant ainsi de manière fausse envers des agences externes et limitant par là-même l’importance Haudenosaunee en tant que système de gouvernance indigène originel.

Que ce soit en référence au traité Wampum Deux Rangées, aux traités, aux relations de nations à nations ou de l’implication subtile que ces conseils élus sont quelque part synonymes de la Confédération Haudenosaunee ou les conseils traditionnels ; cette ambigüité a perpétré une fausse impression et une confusion à la fois de manière externe et interne que les conseils élus seraient actuellement une partie réelle de la confédération Haudenosaunee.

Plus récemment, ces conseils élus se sont aventurés dans l’arène internationale, un domaine peuplé de nations et d’états et ce au travers d’une entité formelle appelée la Caucus Iroquois, le National Congress of American Indians (NCAI), et les United Southern and Eastern Tribes (USET). Depuis 1977, la confédération Haudenosaunee a été la pionnière de la présence indigène aux Nations-Unies et dans d’autres lieux représentatifs internationaux, menant en cela vers la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes de l’ONU, une présence que le Caucus Iroquois, le NCAI et l’USET s’évertuent à supplanter et se perpétuant eux-mêmes comme étant les voix légitimes de nos communautés internationalement et agissent dans l’intérêt de leurs maîtres coloniaux du Canada et des Etats-Unis.

Le Grand Conseil des Chefs sent qu’il ne peut plus rester plus longtemps à acquiescer sur ce sujet et se doit d’insister afin que l’appropriation du caractère national Haudenosaunee cesse. De plus, le Grand Conseil des Chefs doit relayer à ses voisins le fait que le Caucus Iroquois et ses conseils élus tributaires, ainsi que le NCAI et l’USET, ne représentent aucunement la confédératiion Haudenosaunee ni même ses nations membres. Tandis que le Grand Conseil des chefs pense qu’il se doit d’être ferme sur le sujet, notre conseil rappelle aux conseils coloniaux élus le remède Haudenosaunee de standardisation de la gouvernance dans nos communautees sous la Grande loi de la Paix / Kaienere’ko:wa.

En 1991, les chefs Haudenosaunee ont dressé les grandes lignes de leurs prérequis pour commencer un dialogue pertinent sur le comment nous pourrions tous vivre en suivant la principes de Kaianere’ko:wa sous la Longue Maison Haudenosaunee. A ce moment là, les chefs Haudenosaunee ont demandé aux conseils élus de respecter et de reconnaître leur autorité sur huit zones politiques dont ils ont la jurisdiction historique. Bien que nous comprenons qu’à ce moment précis de l’histoire, les Etats-Unis et le Canada ne reconnaissent que la légitimité des conseils élus, nous pensons que ceci ne changera jamais tant que nos peuples acceptent de plein gré l’imposition coloniale. Le Grand Conseil des Chefs demeure ferme et intransigeant sur la nécessité de démontrer la bonne foi et est prêt à commencer le travail nécessaire pour aider à décoloniser les structures politiuques ce chacune de nos communautés.

Ceci représente bien des défis à cause de l’impact personnel que ceci a sur les individus qui ont une connexion sentimentale profonde avec Haudenosaunee et qui veulent l’exprimer de manière à pouvoir aider. Ce qui n’est pas bien compris est qu’en représentant Haudenosaunee au sein des constructions fictives coloniales, cela pousse plus avant l’agenda colonial du Canada et des Etats-Unis. Les systèmes électoraux sont des entités étrangères qui ont colonisés la culture par la malversation et l’appropriation frauduleuse ; plaçant nos enseignements, nos lois et nos symboles au sein de la construction coloniale du système de conseil de bande électoral transformant la décolonisation en une apparence de revitalisation et de transformation culturelles totalement dénuée de sens.

Kaianere’ko:wa est fondée sur l’inclusivité, la coexistence pacitifque et la force par l’unification, liées par des lois qui assurent un processus de prise de décisions consensuel et démocratique (NdT: chefferie sans pouvoir, ne représentant que les peuples, décisions prises à l’unanimité d’après les désirs du peuple exprimés en conseils de clans dans une société matriarcale où les conseils de femmes ont autant de poids que le conseils des hommes et où les femmes sont les détentrices et gardiennes de la terre ancestrale-Wampum 44-). Le Grand Conseil des Chefs ne prend aucun jugement sur le caractère moral ou la sincérité de ceux qui servent actuellement de conseillers (coloniaux), mais nous les encourageons de ramener leurs dons, leur savoir-faire et leur dédication dans le canoë et de revenir à l’ombre du grand arbre de la paix. Liés ensemble par les bons liens de la paix et du pouvoir, nous pouvons être plus forts que jamais.

Da•ne’thoh,

Chief Sidney Hill, Tadodaho, Onondaga Indian Nation

États occidentaux, états totalitaires: Les forces spéciales canadiennes s’entrainent chez les mercenaires de Blackwater/Academi…

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… et des trains entiers de matériel militaire incluant des blindés font route depuis le mois de Février vers l’Ouest du Canada. L’état colonial s’apprête t’il à prendre de force et à protéger les terres indigènes volées où doivent passer les oléoducs ? La nouvelle loi « anti-terrorisme » C-51 criminalise toute dissidence à la pensée unique étatique corporato-fasciste. Les luttes indigènes et de leurs sympathisants deviendront « terroristes ». Le goulag est en marche en Amérique du Nord… Il suffit de regarder la répression sur les étudiants québecois pour comprendre que l’état occidental se totalitarise dans des sociétés dites de « démocraties représentatives libérales ». Comme nous l’avons toujours dit: le totalitarisme n’est qu’une question de degré et le seul bouton du thermostat est dans le burlingue du patron… L’État est totalitaire par essence, sa fonction primordiale est la préservation du statu quo oligarchique créé de longue date.

Ah oui, dans un entretien en Mars 2013, Erik Prince, l’ancien commando de l’armée yankee et fondateur de Blackwater (il n’en est plus le dirigeant maintenant) a déclaré que « Blackwater/Xe/Academi est une extension de la CIA »… Il ne confirme que ce que beaucoup savait déjà…

— Résistance 71 —

 

Les habitants ces héros

 

Mohawk Nation News

 

11 Avril 2015

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2015/04/11/les-habitant-heroes/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les Québecois refusent d’être les victimes du fascisme pur et dur. Les étudiants résistent aux lois oppressives de l’élite corporatiste, aux mesures d’austérité et à l’augmentation du coût de la vie. La réglementation P6 du Québec requiert que les manifestants donnent leur trajet de manifestations ou paient une amende de 640CAD ou vont en prison.

Ils seront emmenés du Québec en bus et internés dans des camps de travaux forcés. D’autres seront éventuellement recrutés pour aller combattre dans les guerres à venir du Canada.

CANSOFCOM (Commandement des Opérations des Forces Spéciales du Canada) est une armée mercenaire privée, anciennement Black Water (NdT: entreprise de mercenaires fondée par un ancien commando marine Erik Prince, aujourd’hui appelée Academi, qui forme les forces commandos de différents pays dans ses camps d’entrainement dans l’état de Caroline du Nord au pays du goulag levant). Le ministère de la défense canadien a dit qu’il les avait employé afin d’économiser de l’argent. JTF2 est la version canadienne de la “Force Delta” américaine, tandis que le Canadian Special Operations Regiment ou CSOR sont les “bérets verts” de l’armée de l’air candienne. Ces deux forces sont sous le commandement du CANSOFCOM.

Le programme de lavage de cerveau d’Harper cible les 10-18 ans, tout comme le fit le programme de la jeunesse hitlérienne. Les garçons sont entraînés pour le service militaire et les filles pour la maternité patriotique. Ils apprennent à suivre les ordres et à ne jamais les questionner. Marcher au pas, exercices avec les baïonnettes, le lancer de grenade, creuser des tranchées, lire des cartes, comment passer sous des fils de fer barbelés ainsi que d’autres tactiques militaires leur sont enseignées. Le tout pour satisfaire les banquiers qui veulent la guerre.

“Les extrémistes aborigènes violents” défenseurs du peuple et de la terre sont ciblés. Le langage employé dans la loi anti-terrorisme C-51 d’Harper pourrait nommer la communauté entière qui fait le choix de l’action directe contre les compagnies pétrolières comme “extrémistes”. Par exemple, les défenseurs de Burnaby Mountain allèrent contre les intérêts de Kinder Morgan. Cette communauté entière de Burnaby pourrait être mise sous le coup de la loi martiale.

Depuis 1701 et la Grande Paix de Montréal, les Québecois ont été d’accord de vivre paisiblement et durablement avec Ongwe’hon:weh sur la base du traité Wampum Deux Rangées ou Teio’ha:the (Guswenta). Ils se sont impliqués pour nous aider à diffuser cette parole de paix dans le monde. Finalement ce sont les étudiants qui le font.

La solution au problème colonial: Après le retrait de la loi indienne (Indian Act), il y aura la solution d’un état. Tout repart à Ongwe’honweh, sous notre loi (Kaianere’ko:wa). Tout le monde peut vivre ici en accord avec la loi naturelle, la durabilité, pour toujours. Dekanawida a dit: “C’est l’affaire de tout le monde d’arrêter l’effusion de sang parmi les êtres humains.”

Kaiane’reko:wa, constitution d ela confédération iroquoise

 

Hitler Youth visits Wales.

Kostowi clad youth under arrest.

Venezuelan ambassador visits Mohawks.

Déclaration de la Confédération Iroquoise (Mars 2015)

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Mohawk Nation News

 

31 mars 2015

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2015/03/31/iroquois-confederacy-statement/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le 29 Mars, l’Haudenosaunee (Confédération Iroquoise) s’est rassemblée à Akwesasne pour discuter des problèmes de terre et territoires. Les clans ont passé une résolution concernant le territoire Kanion’ke:haka/Mohawk connu sous le nom de Seigneurie du Sault St Louis (SSSL). Il y fut aussi discuté des affaires de Kanehsatake, d’Akwesasne d’Owego et de Kanekotah.

Le Conseil Mohawk de Kahnawake Inc. (CMK Inc.), une entité du gouvernement canadien est entré dans le processus de vendre (d’accepter de l‘argent) illégalement pour environ 2 000 hectares de terre et éventuellement de nous expulser et de nous forcer sur des terres d’autres nations Ongwe’hon:weh. La date butoir est Juin 2015. Ceci n’est rien d’autre qu’un nettoyage ethnique et vendre ce qui ne vous appartient pas s’appelle du vol en terme légal quelque soit la loi.

Ia tihotiianaion veut dire qu’ils n’ont aucune piste sur cette terre. Nos relations avec eux est plus une relation navale que terrestre. Les INDIENS entrepreneuriaux sont sortis de la voie de nos ancêtres et ont suivi le chemin de ranenrakon.

La violation fatale de Kaia’nereh:kowa, la Grande Loi de la Paix, la loi de la terre, est de mettre une valeur marchande sur notre terre-mère et de priver ion’kwanion:sioni, les générations présentes et futures, de notre droit de naissance.

Toute question de terre dans cette région est une affaire des peuples iroquois (NdT: qui sont aujourd’hui répartis entre le Canada Inc. et le pays du goulag levant). Tewa’tha:tawi, nous nous occupons de nous-mêmes et de nos liens avec la terre. Ceci ne peut JAMAIS être perturbé par des entités étrangères et leurs agents pour nous restreindre et semer la division au sein de nos peuples. Ia te ion ki wenna hawi, ils ne sont pas nos porte-paroles.

Notre union fournit une force qui repousse la peur. “Nous nous soudons ensemble”, a dit Dekanawida, “en nous tenant fermement par les bras, teionkwatenentsawakon, si fermement en formant un cercle si fort, que si un arbre s’en venait à tomber dessus, cela ne pourrait pas ébranler le cercle ni le briser. Notre peuple et nos petits-enfants devront demeurer en sécurité dans le cercle, avec paix et bonheur.”

Vous avez eu la capacité vous, ceux du CMK Inc. et vos suiveurs, de faire un choix. Vous avez décidé de suivre les ranenrakon sur leur navire et vous essayez de diriger notre canoë (NdT: allusion au symbole du Wampum Deux Rangées). Notre droit de naissance n’est pas à vendre à l’encontre de celui de l’homme blanc. Toutes les négociations qui mettent nos titres territoriaux en danger doivent cesser. Vous vous êtes aliénés vous-mêmes du cercle de l’union. Vous avez sciemment rompu les liens avec votre mère, onensahotonkoton.

Entreprise/corporation de Canada… Les carottes sont cuites.

 

Haudenosaunee position on band councils.

KKK Canada outlaw state.

WWI through Arab Eyes http://www.aljazeera.com/programmes/specialseries/2014/11/world-war-one-through-arab-eyes-20141114133936678600.html

Résistance politique: Vers la fin du colonialisme… Le chemin n’est peut-être pas si long qu’on le croit…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, économie, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 26 mars 2015 by Résistance 71

Gueule de bois coloniale

 

Mohawk Nation News

 

24 mars 2015

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2015/03/24/colonial-hangover/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Que se passe t’il pour les ploutocrates et leurs suiveurs quand le colonialisme s’arrête ? Une énorme gueule de bois. Après des siècles d’oppression, ces parasites souffrent atrocement de déshydratation, de maux de tête, de vertiges, de fatigue, d’hyper-excitation et d’angoisse. Ils ne peuvent pas vivre sans nous harceler, sans nous pomper le sang et nos vies. Leur fausse matrice s’effondre et ne peut plus les soutenir. Ils ont besoin d’esclaves pacifiés et apeurés pour pouvoir fonctionner. La bête de guerre est hystérique et mène ses guerres coloniales de la dernière chance afin d’essayer de perpétuer leur illusion meurtrière.

L’occident souffre de la gueule de bois du jour d’après. Il ne peut pas vivre sans le colonialisme. Ils n’ont rien sans voler et sans faire trimer les autres pour eux. Ils feront tout pour rester dans l’ancienne donne. La France, l’Angleterre, l’Espagne, la Hollande, le Portugal et l’Allemagne sont les plus gros prédateurs de l’histoire. Ils ont attaqué, pillé, violé Ongwe’hon:weh (peuples naturels et originels). Ils ont tout obtenu au travers de la propagation de la guerre et du chaos dans leur soif perpétuelle de sang. Maintenant la colonie américaine est en train de coloniser l’Europe. La Russie une fois de plus, se trouve au centre de leurs aspirations fascistes. Les oligarques peuvent compter sur un nombre toujours décroissant d’esclaves, qui sont de moins en moins obéissants… Les victimes se rendent compte qu’elles peuvent se protéger en disparaissant, en n’allant plus au travail, en faisant la grève du zèle, en réduisant la productivité, en diminunant sciemment les performances et en dépensant moins.

Quelques complications de ces gueules de bois coloniales proviennent de l’amnésie collective au sujet de leurs tactiques brutales de colonisation. Leurs mécanismes de contrôle disparaissent parce que leurs sous-traitants qui font tout le boulot deviennent inutiles. Les banquiers qui connaissent tous les rouages intérieurs de la matrix disparaissent. Les scientifiques qui développent toutes les armes génocidaires sont éliminés.

La Chine et la Russie ont le vent en poupe, mettant des bâtons dans les roue des plans de l’Occident. Elles ne suivent pas la structure de pouvoir pyramidale de l’occident contrôlé par la Vatican. La Russie se prépare à la guerre nucléaire parce qu’elle a vu le pire des oligarques occientaux au cours de deux guerre mondiales. Nous, les Kanion’ke:haka/Mohawks, remercions le peuple russe pour avoir mis fin aux deux premières guerres mondiales créées par les banquiers. Nia:wenkowa !

Jigosaseh, la mère des nations, avait averti Dekanawida (le faiseur de paix) au sujet de l’homme dangereux qui mange les autres humains et fait obstacle à la paix. Dekanawida a dit que c’était le devoir de tous de mettre fin à tant de malfaisance de façon à ce que les gens puissent se déplacer d’un endroit à un autre sans peur et sans crainte.

 

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Solution économique évidente

 

Mohawk Nation News

 

23 mars 2015

 

Source:

http://mohawknationnews.com/blog/2015/03/23/obvious-economic-solution/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

N’importe quel enfant peut voir la solution. Dekanawida nous avait mis en garde contre le serpent noir cherchant la guerre avec un pays après l’autre. Nous, Ongwe’hon:weh, regardons ce qu’il se passe tandis que nous soignons et cicatrisons nos plaies dans les collines. Les nouvelles d’une attaque nucléaire planifiée des Etats-Unis sur la Russie sont étoufées dans les médias de masse (merdias). Tout le monde en a plus qu’assez des banquiers et de leur bras armé de Washington D.C. Quand les Etats-Unis et leurs alliés criminels de l’OTAN largueront la première bombe, ils peuvent s’attendre à être vaporisés de leurs patries. Les Européens sont de nouveau en accord avec ce qu’il se passe et autorisent que ceci se passe sur leur terre. Ils obéissent aux dirigeants Rothschild de la City de Londres.

La Banque du Canada a perdu son affaire légale pour conspiration avec le FMI, FSB et la BRI pour voler la souveraineté financière et monnétaire du Canada.

Le premier ministre Harper espère faire transiter du pétrole brut dans des oléoducs en provenance de l’Ouest, par voies de chemin de fer et par bateaux. Les raffineries pourraient très bien être construites là où provient le pétrole pour le transformer sur place. Il serait même bien mieux qu’ils laissent ce pétrole dans le sous-sol et développe de vraies sources d’énergie alternatives aux hydrocarbures. Qui se tient vraiment derrière le vol de la propriété des Lubicon Cree ?

L’oléoduc transcanada d’Irving Oil ne pasera pas par Kahnawake ou quelque territoire Kanion’ke:haka (Mohawk) que ce soit. Ils n’extraieront pas cette saloperie de bitumes des sables pour le transférer dans des raffineries à des milliers de kilomètres à travers nos terres, détruisant au passage Ono’ware:geh / Île de la Grande Tortue (Amérique du Nord). Cette ressource naturelle apartient à nos peuples qui s’en occupent pour les générations futures. Le peuple norvégien suit la Grande Loi de la Paix (Kaiane’re:kowa). Leur pétrole appartient à leurs enfants non encore nés. Norway oil fund.

Aucun politicien n’a jamais mentionné pourquoi le pétrole n’est-il pas gardé sur place et la valeur ajoutée sur place. Au lieu de cela, les grandes entreprises énergétiques veulent que le brut soit transporté vers eux, transformé en carburant dans leurs raffineries et ensuite retourné au gens à des prix exhorbitants. Des raffineries peuvent être construites avec des emprunts sans intérêt de la Banque du Canada. Il n’y a plus jamais besoin d’importer du pétrole ou du carburant au Canada, plus jamais.

Dekanawida a dit qu’il y aura un accès commun à toute matière première pour notre peuple. “Nous aurons un plat commun dans lequel nous placerons une queue de castor, nous en auront un droit co-égalitaire. Il n’y aura ni couteau ni objet tranchant près du plat, car cela pourrait provoquer une effusion de sang en coupant quelqu’un.

Si vous oubliez le nom des nuages… Vous perdez votre chemin (Russell Means)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, colonialisme, démocratie participative, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 19 mars 2015 by Résistance 71

Pensées et philosophie amérindiennes (extraits)

 

Russell Means

Lakota, Sioux

 

Traduit de l’anglais par Résistance 71

 

Mars 2015

 

Un langage commun

 

Tous les Indiens des plaines et ceux qui vivaient sur les bords des grandes plaines centrales de l’Amérique s’étendant du Canada au nord du centre du Mexique, partageaient le même système de communication basé sur un langage de signes. Cela prend beaucoup de temps pour apprendre un tel langage. C’était un langage universel qui s’étendait du bas Missouri, Texas et Oklahoma et au nord du Mexique où vivaient les Comanches et les Kiowa et ce jusqu’aux plaines bien au nord du Canada, dans la confédération des Pieds-Noirs d’Alberta et à l’Ouest jusqu’aux montagnes rocheuses, incluant la très vaste nation Shoshone qui s’étendait du Nevada à la Californie du Sud jusqu’à l’océan Pacifique.

Les anthropologues ont studieusement ignoré le fait que toutes ces sociétés partageaient un langage universel. Les gens avec lesquels vous partagez une langue sont votre famille étendue. Nous avions donc de la famille en bas jusqu’à l’Oklahoma, le Texas et jusqu’au centre du Mexique. Nous parlions, communiquions, commercions les uns avec les autres, sans faire la guerre. C’est lorsque vous ne prenez pas le temps de communiquer que vous faites la guerre.

Comme déjà mentionné, il n’y a pas de concept de guerre dans les sociétés indigènes, tout comme il n’y a pas de notion du mal. Ce fait est si important et si ignoré qu’il vaut la peine d’être répété. Il n’y a pas d’expérience de quoi que ce soit ressemblant à la guerre qui devint une caractéristique commune dans les cultures patriarcales. Le mot n’est pas dans notre langue et si ce n’est pas dans la langue, vous n’en avez pas le concept, Cela n’existe simplement pas, comment une société peut-elle suivre une pratique dont elle n’a jamais entendu parler ?…

Maudits par le pouvoir de la raison

En 1981, une cinquantaine d’Indiens et de blancs pensant à l’unisson reprirent possession des Collines Noires (NdT: terres sacrées des nations Sioux), qui part traité international appartiennent au peuple Lakota, en y établissant un camp appelé Yellow Thunder Camp. Camper était légal dans les collines, je fus donc capable de vivre là légalement sans briser ma condition de mise en liberté suite à une condamnation ayant suivi des “voies de fait au cours d’une émeute” et l’incendie du tribunal de la ville de Custer dans l’état du Dakota du Sud. Lorsque je fus incarcéré, je fus frappé en prison avec un pic à glace en pleine poitrine par un blanc raciste suprématiste qui fut relâché peu de temps après son geste pour “bonne conduite”. En ce temps là, les Indiens du Dakota étaient souvent appelés “nègres des prairies” et les magazins arboraient de grands écriteaux disant: “Interdit aux chiens et aux Indiens”.

Le camp de Yellow Thunder sur les terres sacrées Lakota, donnait l’opportunité d’apprendre beaucoup sur la vie traditonnelle et la Loi Naturelle. Un jour, j’ai jeté un caillou dans le lac Victoria, qui avait la taille d’un marais à castor et une série de vagues concentriques commencèrent naturellement à se propager du point d’impact sur l’eau. J’eus alors une profonde révélation: si vous voyez le point d’impact comme étant votre cœur, alors le plus proche des cercles peut-être vu comme votre famille, le cercle d’après votre famille par alliance, puis le suivant votre clan, puis votre nation, puis le monde… puis l’univers… jusqu’à l’infini.

De cette façon, j’ai réalisé que mon cœur est connecté et qu’il affecte l’infini, avec ceci en tête, vous comprenez comment il est important d’avoir un cœur pur et sain ! Nos cœurs font partis de l’infini et n’en sont pas séparés.

Les Indiens des Amériques voient toute vie comme la combinaison de sacrifice, de souffrance, de partage, de cadeaux et d’enseignement. Quand nous allons dans la nature chercher de longues perches pour nos tipis, nous remercions l’arbre pour son sacrifice.

Nous apprenons de la force de la rivière que durant les hautes eaux de printemps durant la fonte des neiges, vous ne laissez pas l’eau vous diviser, parce que l’eau est une puissante force et si elle veut vous détruire, elle le fera.

Nous, animaux sur deux pattes, ne sommes pas au sommet de la chaîne alimentaire, nous sommes en bas, parce que de toutes les créatures terrestres, nous sommes la seule dotée de raison. Nous ne connaissons pas les choses nécessaires pour fonctionner par instinct dans la vie, de la façon dont les autres animaux le font. C’est pourquoi nous devons apprendre de toute notre famille (animale), tous les enfants de la Terre-Mère sont nos professeurs.

La réalité inversée de l’héyoka et du patriarcat

Le système entier du monde et la vision du patriarque est Héyoka (celui qui fait tout à l’envers). Le patriarcat est fondé sur la structure pyramidale. Le patriarque est inconfortable où qu’il aille. Il a peur, parce qu’il vit dans la crainte perpétuelle d’être renversé du sommet de la pyramide et les autres essaient constamment de le pousser hors de son perchoir. Au sein de sa famille, sa femme et ses enfants doivent être mis en esclavage afin qu’ils soutiennent sa position de domination et de prominence. Ses enfants sont élevés à sa propre image, pour être des patriarques trônant au sommet de leur pyramide instable.

S’il veut maintenir sa position parmi sa famille, le patriarque doit-être subjugué au niveau suivant de l’autorité, etc, etc jusqu’à la royauté. La structure féodale où personne n’est libre et l’homme du sommet a peur de tout, est le produit naturel du patriarcat. Tout le monde au sein de ce système est un esclave, parce que chaque personne sous le dirigeant ultime est un esclave du pouvoir de tous les patriarques au-dessus d’elle. Même l’homme seul tout en haut de la pyramide est un esclave, il est l’esclave de sa propre terreur, celle d’être renversé du pouvoir.

Dans notre système matriarcal, chacun est libre et personne n’a peur de quoi ou de qui que ce soit. Nous savons qui nous sommes et où nous appartenons. Ceci ne peut jamais nous être enlevé. C’est pourquoi les patriarques ont peiné si longtemps et si durement pour nous détruire, nous et nos cultures dans le monde entier. Nous sommes une terrible menace à leur illusion de pouvoir parce que nous sommes immunisés contre tout cela. Ils peuvent commettre des génocides entiers et éradiquer des cultures indigènes entières encore et encore, mais ils ne réussiront jamais à nous réduire en esclavage. Notre liberté de la peur rend le patriarque plus craintif que jamais.

L’univers

L’univers est notre tabernacle, notre temple. Pour le comprendre, il faut comprendre les étoiles. Toute vie est connectée, les étoiles, incluant notre soleil, sont connectées avec les planètes et les lunes. Les étoiles nous donnent aussi la direction. Lorsque nous faisons attention à ce qui se passe dans le ciel, l’univers nous dit et nous montre des réponses au mystère de la vie.

Par l’observation, nous constatons que toutes les choses voyagent en cercle. Les étoiles tournant nous montrent que l’univers bouge en cercle. La Terre tourne autour du soleil. La lune tourne autour de la Terre, la Terre tourne sur elle-même. Les saisons sur terre et autres rythmes naturels se produisent en cycles, de l’été à l’hiver, de l’aube au crépuscule, la lune se lève et se couche dans un cycle de pleine à nouvelle lune. La lune au cours de ses cycles influe sur l’eau terrestre. La lune contrôle aussi les cycles de purification de la femme. La femme est purifiée naturellement par l’eau.

Le soleil est mâle, la Terre est femelle. La terre va au travers des cycles de naissances et de morts, de purification par l’eau et la femme suit le même schéma. Le soleil donne l’énergie à la terre, ainsi la vie peut-être créée, tout comme l’homme donne sa semence à la femme.

Toute vie commence dans l’eau. L’eau est sacrée et ne peut-être souillée. La Terre et la Femme sont les êtres les plus sacrés, parce qu’elles créent la vie de l’énergie du soleil/homme.

Parce que la femme est plus sacrée que l’homme, elle vit plus longtemps, elle peut mieux supporter la douleur, elle a plus d’endurance et elle a un 6ème sens unique qui ne peut pas être expliqué.

La femme passe par deux changements dans la vie: de petite fille elle fleurit en femme épanouie et après le temps de l’enfantement, elle transitionne à l’état “d’ancienne”. L’homme lui, comme le soleil fonctionne sans changement, du moment où il atteint la virilité, il va, va, va, jusqu’à épuisement de l’énergie. Il n’est jamais naturellement purifié, l’homme est unidimensionnel comparé à la femme. Quoi qu’il en soit, comme la femme, il voyage en cercle dans la vie, de couche-culotte en couche-culotte. Les marées qui montent et descendent au gré de l’influence lunaire et qui sont cycliques à l’infini, sont représentatives de toute vie sur Terre.

Vous les hommes blancs, êtes très arrogants. Vous pensez être responsables de l’extinction de différentes formes de vie, mais avez-vous jamais considéré le fait que peut-être ces formes de vie ne voulaient pas vivre avec vous ?
~ Ancien de la nation Déné (Territoires du Nord-Ouest, Canada)~

 

 

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