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1936-2016… La révolution sociale espagnole a 80 ans et ne demande qu’à revivre… partout…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, économie, démocratie participative, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 7 mars 2016 by Résistance 71

Nous reprenons ici un excellent article de synthèse historique sur la révolution sociale espagnole de 1936-39 appelée dans les livres d’histoire “la guerre civile espagnole” ou la “guerre d’Espagne”.

Nous tenons à préciser ici que “Le Monde Libertaire” a fait peau neuve en ligne et que la nouvelle mouture représente un progrès notoire par rapport à l’ancienne version grâce à une interface de qualité et très facile à naviguer. Excellente information et de bonnes archives.

Félicitations donc pour ce nouvel effort de diffusion anarchiste et longue vie au nouveau “Monde Libertaire” électronique !

~ Résistance 71 ~

 

1936 2016

IL Y A QUATRE-VINGTS ANS, LA RÉVOLUTION ESPAGNOLE

 

R.B

 

2 mars 2016

 

url de l’article original:

http://www.monde-libertaire.fr/?article=1936-2016

 

Le 19 juillet 1936 eut lieu en Espagne un soulèvement populaire qui mit un coup d’arrêt à un coup d’État fasciste dirigé par le général Franco. La confédération nationale du travail (CNT), d’orientation anarcho-syndicaliste, et l’Union générale du travail, d’orientation socialiste, chacune forte respectivement de 1,5 million et de 1,4 million de membres, appellent à la grève générale du 19 au 23 juillet dans toute l’Espagne, en réponse à la fois au soulèvement militaire et à l’inaction de l’État républicain lui-même.

Les syndicats vont s’organiser se procurer des armes après avoir pris d’assaut les casernes, les dépôts d’armes des forces de l’ordre, qu’elles soient restées fidèles au gouvernement républicain ou non. En Catalogne comme dans d’autres régions espagnoles le prolétariat prend les armes, attaque les casernes où se sont réfugiés les partisans du soulèvement militaire, élève des barricades dans les rues et procède à l’arrestation des insurgés et de suspects.

L’année 2016 marquera donc le quatre-vingtième anniversaire de cet événement, sur lequel le monde libertaire aura l’occasion de revenir.

L’héritage espagnol

Le mouvement ouvrier espagnol commença à s’organiser sous l’impulsion des militants bakouniniens de la Première internationale vers 1866. La tendance révolutionnaire de l’AIT s’y développa à tel point que la fédération régionale ibérique devint, en affiliés, la force prépondérante de l’organisation internationale.

Lorsque survint le coup d’État fasciste en juillet 1936, le mouvement ouvrier révolutionnaire avait donc 70 ans d’expérience au sein du peuple espagnol. Une révolution ouvrière et paysanne répondit au coup d’État de Franco en prenant en main l’ensemble de l’économie, agriculture comprise, dans les zones qui n’étaient pas occupées par les fascistes, c’est-à-dire la moitié du pays.

Au lendemain du coup d’État, des centaines de milliers de travailleurs sont descendus dans la rue, ont pris d’assaut les casernes, distribué les armes, déjouant ainsi les plans des militaires fascistes et limitant leur déferlement sur l’Espagne. Après trois ans d’une guerre acharnée, ces militaires ne purent vaincre qu’avec l’appui militaire direct de l’Allemagne de Hitler, de l’Italie de Mussolini, le sabotage de Staline et des communistes espagnols et la non-ingérence des démocraties occidentales.

Malgré cela, l’anarcho-syndicalisme espagnol parvint à organiser presque instantanément la production industrielle et agricole socialisée dans les régions où il était implanté et qui ne tombèrent pas aux mains des franquistes, essentiellement : le Levant, la Catalogne (un des principaux centres industriels avec le Nord-Ouest) et l’Aragon où, sur une population de 433 000 habitants, dans la zone républicaine, il y eut 200 000 paysans regroupés dans des collectivités agricoles.

L’Espagne de 1936 est le seul exemple historique du prolétariat réussissant à s’opposer les armes à la main au fascisme et parvenant à organiser la production économique sur des bases libertaires. C’est par des années d’expérience de la lutte au sein de la CNT que le prolétariat a pu être matériellement et idéologiquement prêt à faire face à cette situation. Les militants anarcho-syndicalistes espagnols n’avaient cessé de rappeler aux travailleurs et aux paysans qu’ils devaient un jour se battre pour défendre leurs intérêts et la cause du socialisme, et qu’ils devaient pour cela s’organiser dans leurs syndicats. La doctrine de l’anarcho-syndicalisme espagnol ne se limitait pas à promouvoir l’idée de grève générale : pendant des décennies le mouvement a expliqué qu’il faudrait prendre en mains, immédiatement, l’ensemble de la production ; qu’il fallait se préparer à cette éventualité et que l’organisation la mieux adaptée à cette tâche était l’organisation syndicale, puisque sa structure même épousait la structure de l’économie. Ce programme était en parfaite cohérence avec les positions développées par les libertaires dans l’Association internationale des travailleurs.

Par comparaison, le parti bolchevik en Russie a mis des années pour réorganiser la production [note] , tandis qu’en Espagne cette réorganisation s’est faite en très peu de temps. On évoquera avec raison la différence de contexte, mais cette différence consiste essentiellement en un constat : en Espagne une approche pragmatique, 70 ans de préparation à la reprise en main de la production ; en Russie une approche idéologique, une conception exclusivement centralisée de l’action.

En Espagne, ce n’est que parce que les militants de la CNT ont réussi à organiser rapidement la production sur des bases collectivistes et libertaires que l’effort de guerre a pu être soutenu pendant près de trois années – quels que soient par ailleurs les avatars militaires de cette guerre. Sans l’organisation de masse d’un million et demi d’adhérents que constituait la CNT, le fascisme se serait installé dans toute l’Espagne en juillet 1936.

Aucune des forces politiques démocratiques ou de la gauche espagnole n’aurait été en mesure de s’opposer à Franco. Une victoire immédiate du fascisme en Espagne, en l’absence du mouvement anarcho-syndicaliste, aurait sans doute lourdement pesé sur l’issue de la guerre mondiale qui a suivi. Franco aurait peut-être rejoint l’Axe, ce qui aurait complètement modifié le rapport des forces en Europe. Or, si en 1939 le mouvement ouvrier espagnol est battu, il reste encore à l’intérieur du pays des forces clandestines organisées.

Défaite militaire et répression

La défaite militaire de la révolution espagnole s’explique par la convergence de plusieurs facteurs :

  • L’intervention militaire directe et immédiate des Allemands et des Italiens ;
  • L’aide conditionnelle de l’URSS : payer rubis sur l’ongle le peu de matériel militaire livré, qui ne devait être utilisé que par les forces sous contrôle communiste. Le Parti communiste espagnol était extrêmement minoritaire et peu implanté dans la classe ouvrière ; il fallait donc payer une seconde fois, politiquement, en parachutant à des postes clés les hommes du parti. En conséquence, le PCE devint une force politique gonflée artificiellement, monopolisant et utilisant souvent d’une manière désastreuse un matériel de guerre – pas toujours en état de marche – payé par le peuple espagnol.
  • La non-intervention des démocraties occidentales, dont le symbole est resté Léon Blum, qui sacrifiaient le peuple espagnol pour éviter une guerre mondiale, qui eut lieu quand même, et surtout pour éviter la victoire d’une révolution.
  • À ces trois points on peut en ajouter un quatrième, les tentatives permanentes de sabotage de la révolution par les démocrates espagnols eux-mêmes.

Comme on peut le deviner, de nombreux débats eurent lieu sur les causes de la défaite du mouvement ouvrier espagnol et la victoire du franquisme.

  1. Les démocrates affirment que si le mouvement ouvrier ne s’était pas soulevé, le front populaire aurait obtenu l’appui des démocraties occidentales. En réalité, l’expérience de Munich montre que si le mouvement ouvrier ne s’était pas soulevé, Franco aurait occupé instantanément toute l’Espagne et il est douteux que dans le contexte de l’époque quiconque serait intervenu pour le déloger.
  1. Les socialistes et les communistes de tous les pays affirment que la défaite militaire était imputable à l’incapacité organisatrice, à l’indiscipline congénitale des anarcho-syndicalistes. La réalité est tout autre. Les anarcho-syndicalistes se montrèrent au contraire de remarquables organisateurs. Ils mirent en application un principe simple, c’est qu’une révolution prolétarienne doit améliorer immédiatement les conditions de vie de la population. Cela se passa aussi bien dans l’agriculture, où même les petits propriétaires adhérèrent aux collectivités agricoles parce que l’entraide leur facilitait le travail, que dans l’industrie : après la victoire fasciste, Franco fit détruire des usines parce que les améliorations qui y avaient été apportées étaient la démonstration de l’esprit inventif des travailleurs et de leurs organisations.
  1. La direction de la CNT, qui était passée à deux millions d’adhérents au cours de la guerre, estimait qu’une victoire armée sur les fascistes était la seule condition permettant de consolider les premiers acquis révolutionnaires et de les étendre par la suite. Elle participa donc à la création de divisions militarisées pour faire face aux exigences de la situation et fournissait en tant qu’organisation de masse de la classe ouvrière et paysanne le plus fort contingent en hommes, avec l’Union générale des travailleurs, l’organisation syndicale de tendance socialiste. Ce choix fit l’objet de nombreuses critiques au sein même du mouvement libertaire.

La CNT maintint cette ligne malgré les provocations et les trahisons des communistes et de certains secteurs républicains et socialistes coalisés pour détruire les réalisations autogestionnaires. Ainsi, une brigade communiste, dirigée par Lister, dit « le boucher d’Albacete », parcourut-elle l’Aragon pour détruire les collectivités agraires avant d’être finalement battue par les anarchistes. Des militants du parti communiste catalan, le PSUC, déclarèrent à Ilya Ehrenburg en 1936 : « Plutôt les fascistes que les anarchistes » [note] .

  1. Un autre type de critique vient de l’extrême gauche, trotskiste en particulier : les libertaires espagnols auraient dû prendre le pouvoir, mener une guerre révolutionnaire et soulever la classe ouvrière résidant dans la zone tenue par les franquistes. Ils déclarent également qu’il fallait, pendant la Seconde guerre mondiale, appeler les prolétaires allemands à se soulever contre Hitler. Concernant l’Allemagne, nous serions tenté de dire qu’à partir du moment où on en arrive à appeler le prolétariat à se soulever contre un dictateur, c’est qu’il a déjà pris le pouvoir et qu’il est donc trop tard ; c’est avant, que le prolétariat aurait dû se soulever. Cela pose évidemment la question de la responsabilité du mouvement socialiste allemand. L’argument vaut également pour l’Italie mussolinienne.

Les libertaires espagnols se sont posé le problème du soulèvement en zone franquiste. Il y eut même des tentatives de guérilla, mais dans l’ensemble cela se limita à des actions de renseignement et de sabotage. Les franquistes avaient eux aussi anticipé cette éventualité : ils mirent en place une solution nette, brutale, une « solution finale » consistant à éliminer massivement et systématiquement tous les militants et les sympathisants, instaurant sur le reste de la classe ouvrière une terreur policière totale. Tous les hommes et les femmes susceptibles de soutenir une guérilla en zone franquiste ont disparu dans les toutes premières semaines… et avec eux toute tentative de soulèvement dans ces zones.

En avril 1939, à la fin de la guerre civile espagnole, les vaincus furent essentiellement les travailleurs, les militants des organisations ouvrières de la CNT et de l’UGT qui avaient empêché par les armes le triomphe immédiat du fascisme, qui formèrent leurs milices et leurs colonnes pour tenir les fronts militaires face à l’armée franquiste et qui réalisèrent dans le domaine socio-économique des expériences les plus riches qu’il soit pour l’avenir d’une société émancipée.

Pourtant, pour la classe ouvrière espagnole, la guerre ne se termina pas le 1er avril 1939. Elle se poursuivit par l’emprisonnement de milliers de femmes et d’hommes dans des camps de concentration où s’entassaient jusqu’à 2 millions de personnes. Parmi les plus connus de ces camps : Albatera, Los Almendros, Santa Eulalia del Campo, San Marcos de Leon. Après le démantèlement progressif des camps de concentration, 300 000 Espagnols sont détenus dans les prisons ; 300 000 autres sont en liberté surveillée. Un demi-million d’Espagnols prirent le chemin de l’exil, les uns pour l’Afrique du Nord, d’autres pour l’Amérique et la plus grande partie pour la France, où ils furent parqués de nouveau, par les autorités françaises, dans des camps de concentration : certains furent transférés dans les camps d’extermination nazis : 8 000 moururent à Mauthausen, 40 000 furent retournés à Franco par Vichy. Le journaliste anglais A.V. Philips estime que de mars 1939 à mars 1940 environ 100 000 personnes furent exécutées. Un historien américain, Charles Folft, écrit qu’entre 1939 et 1944 furent fusillées 190 684 personnes, chiffre obtenu par un correspondant de l’Associated Press auprès d’un fonctionnaire du ministère de la justice franquiste. L’exécution de 430 professeurs d’université et de 6 000 instituteurs correspond à la liquidation physique de 50 % du corps enseignant. A ces chiffres, il faut ajouter la répression exercée par Franco entre 1936 et 1939 dans la partie de l’Espagne occupée par les fascistes. Lorsque, en 1944, Russes et Américains décidèrent le statu quo pour l’Espagne en récompense de sa neutralité pendant la guerre, une nouvelle vague de répression s’abattit.

Réorganisation

Le choix de la neutralité fait par Franco se révèle – de son point de vue, naturellement – judicieux a posteriori lorsqu’on examine le travail de réorganisation fait par la CNT et, dans une moindre mesure, par l’UGT, de 1939 à 1950. Les militants qui sont restés en Espagne entreprennent de reconstruire leur organisation dans la clandestinité. Juste avant la fin de la guerre, après la campagne de Catalogne, dans Barcelone occupée, restent des militants de la CNT qui, dans la clandestinité, conservent une continuité organique à divers syndicats : transport, bâtiment, métallurgie, arts graphiques, spectacle. De façon plus précaire, la continuité organique se maintient également dans la région Nord, en Aragon, dans les Asturies.

Dans la zone Centre-Sud, qui tombe la dernière, la réorganisation de la CNT se fait dans les camps de concentration eux-mêmes. Le rapide enfoncement de ce front et son caractère central, géographiquement, ne permet pas un exode massif comme en Catalogne. Les camps sont remplis de travailleurs et de militants ouvriers. A Albatera (Alicante) sont détenus 17 000 hommes provenant presque tous de la 25e et de la 28e division républicaine, c’est-à-dire deux colonnes formées de travailleurs anarcho-syndicalistes appartenant à la CNT. Parmi eux se trouvent plusieurs comités régionaux de la CNT.

C’est dans un climat d’exécutions quotidiennes et des plus sauvages vengeances que les travailleurs comprennent qu’ils doivent maintenir leur organisation. Ainsi fut nommé dans ce camp le premier Comité national de la CNT d’après-guerre et dont la première mission fut de sauver les compagnons les plus menacés. Dès cette époque sont constitués et agissent en Catalogne 14 syndicats clandestins de la CNT. Barcelone compte 30 000 adhérents.

En 1940 tombe à Valence le premier Comité national de la CNT dans le camp d’Albatera. Tous les membres du comité national sont fusillés. En huit ans, plus de dix comités nationaux se succèdent. Détruits l’un après l’autre, reconstruits l’un après l’autre.

Plusieurs journaux clandestins de la CNT sont publiés. À Barcelone il y a le traditionnel Solidaridad obrera (Solidarité ouvrière) en tant qu’organe du Comité régional, ainsi que des organes par industrie tels que El Martillo de la fédération de la métallurgie. En Aragon, Cultura y Accion tire jusqu’à 10 000 exemplaires. À Valence il y a Fragua social. Les Asturies, le Pays Basque et Madrid éditent leur CNT Regional. À Madrid également s’édite Fraternidad en alliance avec l’UGT et Castilla libre.

Pendant que le gouvernement franquiste recrute pour la Division Azul en 1941, à la Maestranza de Ingenieros de Cadix les travailleurs militarisés font une grève revendicative – la première après la défaite – animée et soutenue par des militants de la CNT.

Avec le retour des militants à partir de 1944, le plus haut niveau d’organisation clandestine sera atteint au cours des années 1944 à 1948. En 1947, la CNT a 60 000 cotisants à Barcelone – une seule localité en compte 6 000. Solidaridad obrera, édité en petit format, est tiré à 50 000 exemplaires distribués dans toute l’Espagne par l’intermédiaire des travailleurs affilés au syndicat ferroviaire clandestin. Les réseaux de la CNT s’étendent jusqu’aux prisons où on réussit à tenir des réunions et des assemblées.

Les premières grandes grèves de l’après-guerre ont lieu dans le textile à Barcelone (1945-1946). En Biscaye une grève générale éclate le 1er mai 1947. On assiste à une grande diffusion de propagande à Barcelone. La situation finit par inquiéter la bourgeoisie. Après 1946, une fois passée la crainte pour les franquistes d’être entraînés dans la chute du nazisme et du fascisme mussolinien, le régime se sent assez fort pour lancer une deuxième vague de répression. La police et les phalangistes s’attaquent aux syndicats clandestins. Vingt comités nationaux de la CNT vont tomber. Sept comités nationaux se retrouveront simultanément à la prison d’Ocana. Les organisations de coordination nationale sont démantelées, les militants arrêtés. L’organisation confédérale, qui eut toujours une vocation de syndicat de masse, doit resserrer les rangs, se structurer au niveau de groupes plus restreints.

Les historiens, libéraux comme marxistes, situent la renaissance des luttes ouvrières en Espagne vers 1962, lorsque réapparaît une présence communiste. Faut-il s’étonner que le titanesque effort de réorganisation opéré par la CNT à partir de 1939 soit systématiquement ignoré ?

Crime colonialiste: Assassinat de Berta Cáceres, leader indigène au Honduras… (suite)

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Le jour où Berta Caceres fut assassinée

 

Grahame Russell

 

4 Mars 2016

 

url de l’article:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2016/03/04/day-berta-caceres-was-assassinated

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Berta Caceres, une grande femme de la nation Lenca à l’Ouest du Honduras, a été assassinée aux petites heures du 3 Mars 2016, dans son lit.

Elle a été assassinée à cause de qui elle est, à cause de ce qu’elle vivait, de ce pour quoi elle se souleva et combattit sa vie durant.

Pour prendre sa vie, des sicarios (tueurs à gage) sont entrés par effraction dans sa maison de La Esperanza, Intibuca au Honduras et l’ont abattu dans l’obscurité du petit matin en ce 3 Mars 2016.

Elle était mère de quatre enfants, grand-miere, sœur et fille.

Et, pour tous ceux qui la connaissaient, apprirent d’elle, puisèrent de la force en elle, du courage et de la sagesse, la suivirent dans ses luttes, elle fut une compañera.

Qui l’a tué ?

Elle a été assassiné par tous ces gens et ces institutions politiques, économiques dont la veulerie et les intérêts furent l’objet de ses combats. Berta a vécu contre toutes les injustices, toutes les inégalités, toutes les discriminations, toutes les destructions de la Terre-Mère.

Elle a été assassinée …

par 500 ans d’impérialisme européen raciste, violent, dépossédant.

par 200 ans d’interventions militaires américaines, d’exploitation, de corruption et de totale impunité,

par des générations de gouvernement hondurien violent et exploiteur, raciste, sexiste, tous mis en place tout le temps par la “communauté internationale”, c’est à dire les Etats-Unis, le Canada, les corporations mondialistes, le FMI, la Banque Mondiale, l’IDB…

Berta fut assassinée …

par les sbires du patriarcat,

par des siècles de racisme contre les peuples indigènes et afro-descendants du Honduras et des Amériques,

par les accords de “libre-échange” des Amériques conçus pour la veulerie et imposés par la violence,

par l’avarice inhérente et sans fin des corporations mondialistes et de ses investisseurs, soutenus en permanence par la richesse et la puissance de nations riches et “démocratiques” (bon nombre membres du club exclusif et détesté du G8), qui exploitent, répriment et dénigrent le “tiers monde”, qui créent, développent et se moquent des “républiques bananières”,

par le FMI, la Banque Mondiale et les institutions créées et dominées par ces mêmes nations riches, puissantes et si “démocratiques”.

Berta a été assassinée …

par des entreprises et des investisseurs transnationaux qui conçoivent le monde, ses forêts et la terre, ses ressources naturelles, ses rivières, ses eaux et son air, ses peuples et toutes ses formes de vie, comme des objets exploitables, jetables et volent, tuent et détruisent puissamment dans le seul but d’engranger leurs centaines de millions et leurs milliards,

Par les tristement célèbres monopoles des bananes (United Fruits Company, etc..) et des barons des chemins de fer des XIXème et XXème siècles ; par les producteurs d’African Palm (l’entreprise Dinant financée par la Banque Mondiale) et la cane à sucre pour les consommateurs du monde des “énergies vertes” (ethanol et bio-carburants) ; par les exploitants de maquiladora sweatshop et du travail à très, très bon marché (Gildan Inc. etc..). par les entreprises hydro-électriques (DESA Aqua Zarca etc…) profitant honteusement des rivières et sources d’eau privatisées, par les enclaves touristiques exclusives (de luxe) opérées par le Canadien Randy “roi du porno” Jorgensen, expulsant violemment les peuples indigènes Garifuna de leurs terres ancestrales et communales de la côte nord hondurienne, par les compagnies minières comme GoldCorp Inc., etc… qui éventrent la terre pour les profiteurs de l’or, empoisonnant les eaux de la vallée Siria et les sang des résidents locaux.

Berta a été assassinée …

Par la “guerre contre la drogue”, créée, financée et armée par les Etats-Unis et qui a amené des situations violentes, injustes, corrompues au Honduras (et aussi au Guatemala, au Mexique etc..) et les a empiré, tout en consolidant la consommation de drogues aux Etats-Unis, tout en augmentant les profits des marchants d’armes et en transférant toujours plus de l’argent des contribuables vers le complexe militaro-industriel et de la sécurité.

Plus récement, Berta a été assassiné …

Par le coup d’état militaire de Juin 2009 au Honduras, fomenté par les Etats-Unis et le Canada, qui renversa un gouvernement élu et ramena au pouvoir les mêmes élites qui ont dominé et abusé pendant si longtemps du Honduras ; qui une fois de retour au pouvoir, prirent tout ce qui est cité ci-dessus en en empirant les effets, qui ont utilisé la répression comme outil de terrorisme sociétal et de contrôle, embauchant des tueurs à gage (sicarios) pour cibler et tuer des centaines de personnes après le coup d’état, des gens comme Berta.

Les Etats-Unis et le Canada ont aidé dans l’assassinat de Berta. Sept ans après le coup, le Honduras possède le plus grand ratio au monde de meurtre per capita et parmi les plus hauts taux de répression, de meurtres de femmes, de journalistes, de corruption et d’impunité dans les Amériques. Ignorant tout ceci, les Etats-Unis et le Canada signent des accords de “libres-échanges” et promeuvent l’expansion des extractions minières, du tourisme, des sweatships, des monopoles bananiers, des entreprises et des investissements.

Berta a été assassinée par tous ces gens, institutions et intérêts, parce que, comme tout le monde pourra vous le dire, de tous ceux qui l’ont connu, appris d’elle, reçu de la force, du courage et de la sagesse, la suivirent, tout ceci représente ce pour quoi elle a combattu toute sa vie.

Pour quoi a t’elle vécu, s’est-elle battue ?

Pour vous, pour moi, pour tout le monde.

Pour vos droits et les miens.

Pour tous les droits humains, collectifs et individuels, de tous le monde, de tous les peuples, de tous les pays.

Pour toutes les formes de vie et pour la Terre-Mère, la terre, ses champs et ses forêts, l’air et l’eau et toutes les formes de vie sur cette planète précieuse et solitaire.

Berta a vécu, s’est dressée et s’est battue parce qu’un autre monde est nécessaire et possible.

Que faire ?

Je suis désespérément désolé pour les enfants de Berta, sa mère, ses frères et sœurs, sa famille et ses amis à La Esperanza et pour le Honduras et les Amériques. Mon cœur aujourd’hui est une nouvelle fois brisé par cet ordre mondial humain dans lequel nous vivons.

Autant une partie de moi-même meurt avec Berta, autant une énorme part de cette femme continue de vivre.

Que faire ? Faire ce que Berta ferait, ce qu’elle a toujours fait. Vivre, se dresser et lutter ensemble. Se tenir la main. Se faire des acolades (abrazos). Communiquer et connecter avec les nombreuses victimes de l’ordre mondial. Et toujours vivre, se dresser et lutter contre toutes les injustices et les inégalités, toutes les discriminations, toutes les activités de destruction industrielles de la planète, de notre Terre-Mère, parce qu’un autre monde est nécessaire et tout à fait possible.

Merci Berta. Tu nous manquera grandement. Tu es aussi si aimée et respectée.

(J’ai rencontré Berta en 1998. Rights Action a soutenu COPINH et le travail de Berta et sa lutte depuis ce temps là. Berta et sa famille son devenus des amis proches au fil du temps. Grahame Russell)

Crime colonialiste: Assassinat de Berta Cáceres, leader indigène au Honduras…

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Les escadrons de la mort de la CIA, bras armé de Wall Street, sont-ils dans le coup ? Il y a fort à parier que oui…

— Résistance 71 —

 

Assassinat de Berta Cáceres au Honduras

 

La Voie du Jaguar

 

3 Mars 2016

 

url de l’article:

http://www.lavoiedujaguar.net/Honduras-assassinat-de-Berta

 

Berta Cáceres, coordinatrice du Consejo Cívico de Organizaciones Populares e Indígenas de Honduras (Conseil civique des organisations populaires et indigènes du Honduras, Copinh), a été assassinée cette nuit dans sa propre maison à La Esperanza, Intibucá (Honduras). En raison des nombreuses menaces dont elle était l’objet, la Commission interaméricaine des droits humains (CIDH) avait recommandé qu’elle bénéficie de mesures de protection, recommandations que le gouvernement hondurien a systématiquement ignorées.

Berta Cáceres était une figure emblématique des luttes populaires et des peuples indigènes du Honduras, contre la spoliation de leurs droits et de leurs territoires. Comme mouvement populaire, le Copinh avait mobilisé toutes ses forces pour dénoncer le coup d’État de 2009 et avait joué un rôle particulièrement important dans la résistance contre les grands projets d’infrastructures qui menacent les territoires et les ressources des peuples indigènes et paysans du Honduras. À ce titre, Berta a joué un rôle de premier plan, au niveau national et dans de nombreux forums internationaux pour dénoncer les programmes internationaux qui sous couvert de la défense de l’environnement organisent la marchandisation des ressources naturelles et de la nature.

Ces dernières années, Berta et le Copinh avaient mené une lutte infatigable contre la construction du barrage d’Agua Zarca qui représentait une menace pour les rivières et menaçait de spolier plusieurs communautés indigènes lenca. Au prix d’une occupation, pendant de longs mois, du lieu prévu pour la construction qui avait coûté plusieurs morts parmi les membres du Copinh, les entreprises avaient dû reculer… mais c’était pour mieux sauter. Depuis peu, les bulldozers prétendaient reprendre leur danse infernale et mener le projet à terme en amont de la rivière. Berta et le Copinh avaient immédiatement annoncé la reprise de la mobilisation.

Le mouvement social hondurien et mésoaméricain mais aussi les féministes, anticapitalistes, écologistes et tou•te•s les défenseur•e•s de la justice sociale ont perdu en cette nuit obscure, une de leur meilleure porte-parole.

Pour la mort de Berta, ni pardon ni oubli !

Pour sa mémoire, pour la justice,
joignons notre douleur et notre rage à celle du Copinh
et du mouvement populaire hondurien.

A lire sur Résistance 71: « Le jour où Berta Caceres fut assassinée »

Résistance au colonialisme: Dévastation pétrolière au Pérou…

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En Amazonie péruvienne des milliers de barils de pétrole se déversent dans les rivières des communautés indigènes

Survival

24 Février 2016

url de l’article original:

http://www.survivalfrance.org/actu/11151

En deux mois, deux fuites de pétrole ont affecté des communautés indigènes d’Amazonie péruvienne.

Ces fuites sont le résultat d’un manque d’entretien des oléoducs, dont la responsabilité revient à la compagnie pétrolière péruvienne PetroPerú. L’une d’entre elles a provoqué le déversement de l’équivalent de 2 000 barils de pétrole dans les rivières, affectant des communautés indigènes telles que les Achuar, les Shapra, les Wampi et les Awajún.

Elles ont engendré des conséquences graves pour l’écosystème local, menaçant la santé et la sécurité des communautés. Ces dernières dépendent des rivières pour subvenir à leurs besoins et ne peuvent plus en consommer le poisson ni s’approvisionner en eau.

Nettoyer les nappes de pétrole relève de la responsabilité de PetroPerú. Pourtant, la compagnie pétrolière et le gouvernement péruvien ont tardé à réagir et les communautés ont été obligées d’entamer elles-mêmes les opérations de nettoyage. Des images montrent que des enfants ont été impliqués dans ce dangereux

processus sans même porter d’équipement de protection.

Cette catastrophe environnementale est la dernière d’une longue série de fuites de gaz et de pétrole dans la région. Plus de 70% des terres de l’Amazonie péruvienne ont été concédées par le gouvernement à des compagnies pétrolières. Nombre de ces concessions sont situées sur des territoires où vivent des peuples indigènes. Ces projets entraînent non seulement l’ouverture de zones autrefois isolées à des étrangers tels que des exploitants forestiers et des colons, mais détruit également l’écosystème dans lequel vivent ces communautés.

AIDESEP, l’organisation nationale des Indiens d’Amazonie péruvienne, a dénoncé la situation et l’inertie du gouvernement. Elle a appelé ‘l’opinion publique internationale, les médias, les ONG et la société civile à prêter attention à ce désastre environnemental car il met en danger la vie de milliers de personnes qui vivent dans la région et sont traditionnellement laissées pour compte’.

Escroquerie du réchauffement climatique anthropique: Bidouillage et falsification des données… La grande saga du mensonge climatique continue !

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Dites au monde que 2015 est l’année la plus chaude depuis… 2010 !

 

JoAnne Nova

 

22 janvier 2016

 

url de l’article original:

http://joannenova.com.au/2016/01/hottest-shattering-year-since-the-last-one-five-reasons-it-was-not-hot-and-not-relevant/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Note de R71: Chaque point mentionné dans l’article ci-dessous a ses graphes propres. Consultez-les sur l’article original en anglais.

Tout le cinéma fait au sujet de points décimaux contestés dans des sets de données de températures hautememt ajustés de facteurs inutiles ne fait que montrer Ô combien non-scientifique est le débat public. Ce n’était probablement pas l’année la plus chaude de ces 150 dernières et même si cela était, quelle importance ? Cela ne nous dit rien sur la cause. (vous rappelez-vous lorsque la corrélation de cause à effet avait encore une importance pour un scientifique ?). Les forces naturelles comme le soleil et les nuages peuvent provoquer également des années chaudes. Même si elle était la “plus chaude” d’un court segment à bruits de fond, le monde a été plus chaud auparavant (et la vie sur terre resplendissait…) et les modèles (informatiques) du climat sont toujours faux. Si le CO2 était un gros facteur d’influence du climat, 2015 aurait dû être bien plus chaude.

  1. Ce n’était pas l’année la plus chaude. Les satellites ont une bien meilleure et plus vaste couverture de données, pratiquement sur la planète entière (au lieu de parkings, de pistes de décollages et comme les thermomètres de surface dûment sélectionnés). Les satellites disent que 1998 et 2010 furent plus chaudes. En tout cas, ces pinaillements sur des différences de “bruits de fond” ne sont juste que les signes que la route ne mène plus nulle part, ce qui est important est la tendance sur le long terme et les prédictions des modèles climatiques informatiques. (si les modèles fonctionnaient, les “scientifiques” n’auraient pas besoin d’aller faire un futile gala pour la galerie eh ?)
  2. 2015 fut un échec pour les alarmistes – pas assez chaude… Comparé à 1998, les modèles climatiques reconnus et utilisés par le GIEC disent tous que ce devrait être bien plus chaud que cela ne le fut. Nous avons eu un autre El Niño en 2015 et depuis 1998, les humains ont émis plus d’un tiers de toutes les émissions de CO2 de leur histoire dans l’atmosphère et pourtant 2015 fut plus fraîche que 1998 et 2010. Le CO2 ne pilote pas le climat.
  3. Il a fait bien plus chaud avant et pendant des milliers d’années, C’est normal. Même si 2015 avait été l’année la plus chaude des archives modernes (qui ont commencé en 1850), le monde a été plus chaud à plusieurs reprises ces 10 000 dernières années. L’Antarctique n’a pas fondu. La Grande Barrière de Corail a survécu ainsi que les ours polaires et les pingouins. Un climat chaud n’est pas une apocalypse et ce ne fut pas causé par le CO2.

Comprenez la façon dont les températures ont augmenté et ont chuté au Gröenland (voir le graphique sur l’article original). Les températures actuelles sont probablement similaires à la période chaude médiévale. Les pointes ici ne représentent que le Groënland, pas le monde entier, et ce qui se passe maintenant n’est pas du tout inhabituel.

  1. Où sont la cause et l’effet ? La dernière fournée de réchauffement climatique a commencé bien avant que le CO2 ait commencé à augmenter. Aucun des scientifiques ne peut expliquer pourquoi le réchauffement climatique a commencé près de 200 ans avant la première centrale électrique à charbon. Soit le charbon affecte le continuum de l’espace-temps, ou peut-être lisent-ils mal dans le marc de café ?
  2. Comme nous sommes dans une projection de réchauffement de 300 ans, il est inévitable que les données “les plus chaudes” en archives seront battues. Durant la seconde guerre mondiale nous aurions pu avoir les mêmes manchettes. Si vous étiez au monde de 1938 à 1948, vous auriez pu entendre parler d’environ cinq de ces records battus.
  3. Brisés? Quel sorte de scientifique est brisé parce que ce fut 1/10 de degré plus chaud que le dernier record ajusté, homogénéisé de zone moyenne ? Ils devraient être brisés de ne toujours pas pouvoir expliquer la pause dans le réchauffement, la période chaude médiévale (NdT: celle qui fut éliminée du fameux graphe tronqué de la “crosse de hockey”…), le petit âge glacier ou le hot spot manquant (inexistant).

Le professeur du MIT Richard Linzen dit que ces affirmations d’”année la plus chaude” sont une “pirouette sur du vent”

Thanks to Climate Depot:

“Et la preuve que l’incertitude est de l’ordre de 1/10 de degré est les ajustements qui sont en train d’être effectués. Si vous pouvez ajuster la température de 2/10 de degré, cela veut dire qu’il n’y avait pas de certitude à 2/10 de degré”, a t’il ajouté.

“Les 70% de la surface de la planète sont constitués d’océans, nous ne pouvons pas mesurer très bien ces températures. Elles peuvent être fausses de la moitié d’un degré, d’un quart de degré. Même 2/10 de degré de changement serait peu mais 2/100 est ridicule. Quiconque commence à croasser au sujet de ces chiffres montre qu’ils pirouettent le truc sur rien du tout.”

Les choses que les médias ne nous dirons pas

 Joe Bast, Heartland Institute

Bast:

“La grande nouvelle ne dit rien de l’enquête en cours du congrès sur la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration), prouvant que la NOAA a falsifié ses données de températures. Aucune mention que les données de station de surface ne sont actuellement pas globales et sont connues pour exagérer la tendance au réchauffement. Elle sont contredites par les véritables données satellites globales, qui sont à leur tout validée par les données recueillies par les ballon sondes. Dire que “l’archivage des données fiables globales a commencé en 1880”, met le début de la collection des données juste à la fin du petit âge glaciaire, n’est-ce pas bien utile ? James Taylor de Heartland Institute a essayé d’immuniser la presse du virus en provenance de la NOAA avec un article la semaine dernière dans le magazine Forbes.com “2015 n’était même pas de près la plus chaude année en archive.”

Prise de position politique en faveur des nations amérindiennes et indigènes à Hollywood… Leonardo DiCaprio est-il sur les traces de Marlon Brando ?

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Revenant… L’esprit Brando pour la cause amérindienne et indigène revient-il à Hollywood ?

 

Résistance 71

 

13 Janvier 2016

 

L’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux libérés de l’idéologie colonialiste et se tenant côte à côte avec les peuples indigènes des autres continents pour un changement de paradigme politique global et la réalisation de la société des sociétés non étatique, anti-autoritaire et égalitaire.

Voici la traduction par nos soins de la transcription de la fin du discours de remerciement de l’acteur Leonardo DiCaprio après qu’il ait reçu le Golden Globe pour sa performance dans le film “Revenant”. Les nations amérindiennes et indigènes du monde ont-elles trouvé un nouveau porte-parole à Hollywood ? La place laissée vacante par le regretté Marlon Brando en ce domaine activiste est toujours chaude mais il est vrai que les chaussures à enfiler sont toujours bien trop grandes pour les petites pointures étriquées et narcissiques de ce monde du grand Barnum de la fiction cinématographique… DiCaprio a le talent, aura t’il l’aura d’un porte-flambeau, pourrait-il mieux faire que Brando ?

L’avenir le dira… Surtout: pourra t’il agir sans ruiner sa carrière ? Et si le choix se pose: que choisira t’il, l’altruisme et la justice ou l’égocentrisme narcissique ?

Alors… Courage et conviction politique ou posture de relation publique ? Il en coûte de vouloir défier le grand business, Brando l’avait fait avec talent, sarcasme et truculence. Mr DiCaprio, faites-nous l’honneur de faire souffler le vent de la contestation sur l’insipidité d’un star system décadent. DiCaprio (ou celui/celle qui lui écrit ses discours) a placé cette remarque politique à la fin de sa déclaration, c’est à dire là où elle sera le mieux remémorée en suivant la règle pédagogique fondamentale qui dit que l’on se rappelle toujours mieux de ce qu’on a appris (ou entendu) en dernier… Une question intéressante: Les discours sont-ils soumis a priori, les organisateurs étaient-ils au courant qu’il allait faire cette remarque de fin ? Ont-ils mis la musique de transition pour noyer le message ? Allez savoir… En tous les cas, bel effort de DiCaprio devant des millions de téléspectateurs… Merci à lui de l’avoir dit.

“Finalement, je désire partager cette récompense avec le peuple des premières nations représentées dans ce film et toutes les communautés indigènes du monde. Il est termps que nous reconnaissions votre histoire et que nous protégions vos terres indigènes des intérêts entrepreneuriaux et des gens qui veulent les exploiter. Il est temps que nous entendions votre voix et que nous protégions cette planète pour les générations futures.”

 Leonardo DiCaprio

Vidéo du discours: Le remerciement et la posture politique de DiCaprio se produit à la fin (à 3’25, traduction ci-dessus par nos soins):

http://www.youtube.com/watch?v=g6XaypWjMpY

Résistance politique: Puissant message d’union de l’EZLN (Chiapas, Mexique)

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Ceci constitue un des textes les plus politiquement puissants que nous ayons traduit ces derniers mois, il rassemble quasiment point par point ce que nous pensons sur la méthodologie du changement de paradigme politique. Les Zapatistes du sud-est mexicain l’ont fait. Ils nous appellent, nous les peuples du monde, à faire de même et à nous unir, ce que nous avons dit sans relâche ici même.

L’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie colonialiste, se tenant côte à côte avec leurs frères des peuples et nations originels des cinq continents, pour lancer et façonner la société des sociétés, les confédérations d’associations libres autonomes, hors état et hors capitalisme, entités criminelles, parasites et totalement obsolètes.

Il suffit de dire NON ! ASSEZ !… ¡YA BASTA!

Imprimez ce texte, passez-le sous word, pdf, diffusez-le sans aucune modération. Rares sont les déclaration d’une telle puissance politique aujourd’hui. Merci de diffuser.

— Résistance 71–

 

Paroles de l’EZLN en ce 22ème anniversaire du commencement de la guerre contre l’oubli

1er janvier 2016

url de l’article original:

http://enlacezapatista.ezln.org.mx/2016/01/01/palabras-del-ezln-en-el-22-aniversario-del-inicio-de-la-guerra-contra-el-olvido/

~ Traduit de l’espagnol par Résistance 71 ~

Bonne soirée, bonjour compañero et compañera bases de soutien de l’Armée Zapatiste de Liberation Nationale (EZLN), compañero/as miliciens et miliciennes, rebelles, responsables régionaux et locaux, autorités des trois niveaux de gouvernement autonome, compañero/as promoteurs des différentes zones de travail, compañeros et compañeras du sixième (appel) international et à tous ceux présents.

Compañeras et compañeros, nous sommes ici pour célébrer aujourd’hui le 22ème anniversaire du commencement de la guerre contre l’oubli.

Depuis plus de 500 ans, nous avons enduré la guerre que les puissants de différentes nations, de différentes langues, couleurs et croyances, ont mené contre nous afin de nous annihiler.

Ils voulaient nous tuer, que ce soit en tuant nos corps ou en tuant nos idées.

Mais nous résistons.

En tant que peuples originels, en tant que gardiens de la terre-mère, nous résistons.

Pas seulement ici et pas seulement notre couleur, qui est la couleur de la terre.

De tous les coins de la terre qui ont souffert dans le passé et qui souffrent toujours maintenant, il y a eu et il y a toujours des peuples rebelles et dignes qui ont résisté, qui résistent contre la mort imposée d’en haut.

Le 1er janvier 1994, il y a 22 ans, nous avons rendu public notre “¡Ya Basta!”, “Assez !” que nous avions préparé dans un digne silence pendant une décennie.

En réduisant au silence notre douleur, nous préparions son cri.

Notre parole, à cette époque, vint du feu.

Afin de réveiller ceux qui dormaient.

De faire se lever les morts.

Pour faire revenir à la raison ceux qui s’étaient conformés et qui avaient abandonné.

Pour se rebeller contre l’histoire.

Pour la forcer à dire ce qu’elle avait réduit au silence.

Pour révéler l’histoire de l’exploitation, des meurtres, des dépossessions, du manque de respect en oubliant que cela se cachait derrière l’histoire d’en haut.

Cette histoire de musées, de statues, de livres et de monuments au mensonge.

Avec la mort de notre peuple, avec notre sang, nous avons stupéfié un monde résigné à la défaite.

Ce ne fut pas seulement des mots. Le sang de nos compañeros tombés dans ces 22 années fut ajouté au sang de ceux des années précédentes, des décennies et des siècles.

Nous avons alors dû choisir et nous avons choisi la vie.

C’est pourquoi, alors et maintenant, afin de vivre, nous mourrons.

Notre parole d’alors était aussi simple que notre sang repeignant les murs des rues des villes où ils nous manquent de respect aujourd’hui comme alors.

Et cela continue:

L’étendard de notre lutte fut nos 11 demandes: terre, travail, nourriture, santé, éducation, logement décent, indépendance, démocratie, liberté, justice et paix.

Ces demandes constituèrent ce qui nous fit nous révolter en armes car ce furent ces choses que nous, le peuple originel et la vaste majorité du peuple de ce pays et du monde entier, ont besoin.

De cette manière, nous avons commencé notre lutte contre l’exploitation, contre la marginalisation, l’humiliation, le manque de respect, l’oubli et toutes les injustices que nous avons vécu et qui furent causées par le mauvais système (colonial).

Parce que nous ne sommes utiles aux riches et aux puissants que comme leurs eslcaves afin qu’ils deviennent de plus en plus riches et que nous devenions de plus en plus pauvres.

Après avoir vécu pendant si longtemps sous cette domination et pillage perpétuel nous avons dit:

ASSEZ ! ICI S’ARRETE NOTRE PATIENCE !

Et nous avons vu que nous n’avions pas d’autre choix que de prendre les armes pour tuer ou pour mourir pour une juste cause.

Mais nous ne fûmes pas seuls.

Nous ne le sommes pas non plus maintenant.

Au Mexique et dans le monde, la dignité est descendue dans les rues et a demandé un espace pour la parole.

Nous comprîmes.

Dès ce moment, nous avons changé la forme de notre lutte. Nous étions et sommes toujours une oreille attentive et ouverte sur le monde, parce que depuis le départ nous savions qu’une lutte juste du peuple est pour la vie et non pas pour la mort.

Mais nous avons nos armes à nos côtés, nous ne nous en sommes pas débarrassés, elles seront avec nous jusqu’à la fin.

Parce que nous voyons que là où notre oreille fut un cœur ouvert, le dirigeant a utilisé sa parole mensongère ainsi que son cœur fourbe et ambitieux contre nous.

Nous avons vu que la guerre d’en haut continuait.

Leur plan et objectif furent et est toujours de nous faire la guerre jusqu’à ce qu’ils puissent nous exterminer. C’est pourquoi au lieu de répondre à nos justes demandes, ils préparèrent et préparent, firent et font la guerre avec leurs armes modernes, entraînent et financent les escadrons paramilitaires, donnent et distribuent des miettes de leur butin prenant avantage de la pauvreté et de l’ignorance de certains.

Ces dirigeants d’en haut sont stupides. Ils pensent que ceux qui étaient d’accord pour écouter seraient aussi d’accord pour se vendre, se rendre et abandonner.

Ils ont eu tort alors.

Ils ont tort maintenant.

Parce que, nous, les Zapatistes savons très bien que nous ne sommes pas des mendiants ou des bons-à-rien qui espèrent que tout va simplement s’arranger de soi-même.

Nous sommes un peuple qui a de la dignité, de la détermination et la conscience de combattre pour la véritable liberté et la justice pour tous et ce quelque soit la couleur, la race, le genre, la croyance, le calendrier ou la géographie.

C’est pourquoi notre lutte n’est pas locale, régionale ni même nationale. Elle est universelle.

Parce que les injustices, les crimes, les dépossessions, le manque de respect et l’exploitation sont universels.

Mais aussi telle est la rébellion, la rage, la dignité et le désir profond de toujours faire mieux.

C’est pourquoi nous avons compris qu’il était nécessaire de bâtir notre vie nous-mêmes, avec autonomie.

Sous les menaces majeures, le harcèlement militaire et paramilitaire et les provocations constantes du mauvais gouvernement, nous avons commencé à former notre propre système de gouvernance, notre autonomie, avec notre propre système d’éducation, notre propre système de santé, notre propre communication, notre façon de nous occuper et de travailler avec notre terre-mère, notre propre politique en tant que peuple et notre propre idéologie sur le comment nous voulons vivre en communautés, avec une autre culture.

Là où d’autres espèrent que ceux d’en haut vont résoudre les problèmes de ceux d’en bas, nous les Zapatistes ont commencé à construire notre liberté comme elle est semée, construite, là où elle pousse, c’est à dire, d’ici, d’en bas…

Mais le mauvais gouvernement essaie de détruire et de mettre fin à notre lutte et notre résistance avec une guerre qui change en intensité comme elle change de politique mensongère, avec ses mauvaises idées, ses mensonges, utilisant les médias pour les propager et en donnant des miettes aux communautés indigènes où les zapatistes vivent afin de les diviser et d’acheter la conscience des gens à très bon marché, mettant ainsi en place leur plan de contre-insurrection.

Mais la guerre qui vient d’en haut, compañeras et compañeros, frères et sœurs, est toujours la même: elle n’amène que mort et destruction.

Les idées et les drapeaux peuvent bien changer avec qui est en charge, mais les guerres d’en haut détruisent toujours, tuent toujours, ne sèment jamais rien d’autre que la terreur et le désespoir.

Au milieu de cette guerre, nous avons dû marcher vers ce que nous voulions.

Nous ne pouvions pas nous assoir et attendre la compréhension de ceux qui ne comprennent même pas qu’ils ne comprennent pas.

Nous ne pouvions pas nous assoir et attendre pour que le criminel d’en haut se répudie lui-même et son histoire et se convertisse, repentant, en une bonne personne.

Nous ne pouvions pas nous assoir et attendre pour qu’une très grande liste de promesses qui seront oubliées quelques minutes après avoir été faites, ne se réalisent jamais.

Nous ne pouvions pas attendre pour l’autre, différent, mais avec la même douleur et la même colère, de nous regarder et en nous regardant, de voir.

Nous ne savions pas comment le faire.

Il n’y avait pas de livre, pas de manuel ou de doctrine qui nous ont dit que faire afin de résister et simultanément, de construire quelque chose de nouveau, de meilleur.

Peut-être pas parfait bien sûr, peut-être différent, mais toujours à nous, à notre peuple, les femmes, les hommes, les enfants, les anciens qui, dans leur cœur collectif, couvrent le drapeau noir avec une étoile rouge à cinq branches et les lettres qui leur donnent non seulement un nom, mais aussi un but, une destinée: EZLN.

Alors nous avons recherché dans notre histoire ancestrale, dans notre cœur collectif et au travers des hoquets, des faiblesses et des erreurs, nous avons construit ce que nous sommes et ce qui non seulement nous fait continuer à vivre et à résister, mais aussi nous élève dignifiés et rebelles.

Pendant ces 22 années de lutte et de résistance, de rébellion, nous avons continué à construire une autre forme de vie, nous nous sommes gouvernés nous-mêmes en tant que peuple, que collectif que nous sommes, en accord avec les sept principes de diriger en obéissant, construisant un nouveau système et une autre forme de vie en tant que peuples originels.

Un système où le peuple commande et le gouvernement obéit.

Et nous voyons, depuis notre cœur simple, que ceci correspond à la manière la plus saine, parce qu’elle est née et grandit du peuple lui-même. C’est le peuple qui donne ses opinions, discute, pense, analyse, fait des propositions et décide ce qui est le mieux pour tout le monde, suivant en cela l’exemple de nos ancêtres.

Comme nous l’expliquerons plus en détail plus tard, nous voyons bien que la négligence et la pauvreté règnent dans les communautés partidista (les suiveurs de partis politiques) ; elles sont gérées par la fainéantise et le crime, brisant la vie communautaire, déchirée fatalement et irrémédiablement.

Se vendre au mauvais gouvernement n’a non seulement pas résolu leurs problèmes de base, mais leur a donné encore plus d’horreurs à gérer. Là où avant il y avait la faim et la pauvreté, il y avait maintenant la faim, la pauvreté et le désespoir. Les communautés partistada sont devenues des foules de mendiants qui ne travaillent pas, qui ne font qu’attendre le prochain programme d’aide du gouvernement (mexicain), c’est à dire, la prochaine saison électorale.

Ceci ne figure bien sûr pas dans quelque rapport d’état fédéral ou de gouvernement municipal que ce soit, mais c’est la vérité de terrain et peut se voir dans les communautés partidista: celles des paysans fermiers qui ne savent plus comment travailler la terre, vivant dans des blocs de ciment avec des toits en tôles d’aluminium, vides parce qu’on ne peut pas manger le ciment ni le métal, des communautés qui n’existent que pour recevoir l’aumône, les miettes du gouvernement.

Peut-être que dans nos communautés il n’y a pas de maisons en ciment ou de télévisions numériques ou des camions tous neufs, mais nos gens savent très bien comment travailler la terre. La nourriture est sur toutes les tables, les habits qu’ils portent, les médicaments qu’ils utilisent, la connaissance qu’ils acquièrent, la vie qu’ils mènent sont LES LEURS, ainsi que leur connaissance et le produit de leur travail. Cela ne provient de personne d’autre.

Nous pouvons dire ceci sans honte aucune: Les communautés zapatistes ne sont pas seulement mieux qu’elles ne l’étaient il y a 22 ans, mais leur qualité de vie est bien meilleure que dans celles qui se sont vendues aux partis politiques de toutes couleurs et rayures possibles.

Avant, afin de savoir si quelqu’un était zapatiste, il suffisait de chercher un grand mouchoir rouge ou une cagoule noire.

Maintenant, il suffit de voir s’ils travaillent la terre, s’ils s’occupent de leurs cultures. S’Ils étudient les sciences et la technologie, s’ils respectent les femmes que nous sommes, si leur regard est direct et clair, s’ils savent que c’est le collectif qui dirige. S’ils voient le travail du gouvernement autonome zapatiste en rébellion comme un service et non pas comme un business ; si vous leur demandez quelque chose qu’ils ne savent pas, ils vous répondent: “je ne sais pas… encore…” Si lorsque quelqu’un se moque d’eux en disanrt que les Zapatistes n’existent plus ou qu’ils sont peu nombreux, ils répondent: “ne vous inquiétez pas, nous serons plus nombreux, cela prendra un peu de temps, mais nous serons bien plus nombreux” ; si leurs regards observent loin dans les calendriers et les géographies ; s’ils savent que demain se plante aujourd’hui.

Nous reconnaissons bien évidemment qu’il y a encore beaucoup à faire, nous devons nous organiser mieux et nous organiser plus.

C’est pourquoi nous devons faire un encore plus grand effort pour nous préparer à porter plus efficacement et plus extensivement le boulot de nous gouverner nous-mêmes, parce qu’au pire, le sytème capitaliste va revenir nous chercher.

Nous devons savoir comment le confronter. Nous avons déjà 32 ans d’expérience dans la lutte de rébellion et la résistance.

Et nous sommes devenus ce que nous sommes.

Nous sommes l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (NdT: EZLN est l’acronyme espagnol pour Ejercito Zapatista de Liberación Nacional).

C’est ce que nous sommes bien qu’ils ne nous nomment pas.

C’est ce que nous sommes même s’ils nous oublient par le silence et la calomnie.

C’est ce que nous sommes bien qu’ils ne nous voient pas.

C’est ce que nous sommes par nos pas, notre chemin, dans notre origine et dans notre destinée.

Nous regardons ce que nous étions auparavant et ce qui est maintenant.

Une nuit sanglante, pire qu’avant si c’est possible, s’étend au monde.

Le dirigeant n’est pas seulement programmé pour continuer à exploiter, à réprimer, à maltraiter et à déposséder, mais il est déterminé à détruire le monde entier si ce faisant il peut en tirer un profit quelconque, de l’argent, un salaire.

Il est clair que le pire est à venir pour nous tous.

Les multimillonnaires de quelques pays continuent leur objectif de piller les ressources naturelles du monde entier, tout ce qui nous donne la vie comme l’eau, la terre, les forêts, les montagnes, les rivières, l’air et tout ce qu’il y a sous le sol: l’or, le pétrole, le gaz, l’uranium, l’ambre, le soufre, le carbone et autres minéraux et minerais.

Ils ne considèrent pas la terre comme une source de vie, mais comme un business par lequel ils peuvent tout transformer en commodités et donc en argent, et en faisant cela ils vont totalement nous détruire tous.

Le mal et ceux qui le porte ont un nom, une histoire, une origine, un calendrier, une géographie: c’est le système capitaliste.

Aucune importance de quelle couleur ils le peignent, quel nom ils lui donnent, de quelle religion ils le déguisent, quel drapeau ils lèvent… C’est le système capitaliste.

C’est l’exploitation de l’humanité entière et de la totalité du monde que nous habitons.

C’est le manque de respect et le dénigrement pour tout ce qui est différent et ce qui ne se vend pas, n’abandonne pas, ne se laisse pas corrompre.

C’est le système qui persécute, incarcère, assassine.

Il vole.

A la tête de ce sytème, il y a des figures qui émergent, se reproduisent, grandissent et meurent: les sauveurs, les leaders, les caudillos, les candidats, les gouvernements (d’état), les partis politiques qui offrent leurs solutions toutes prêtes.

Ils offrent des recettes, comme une autre commodité, pour résoudre les problèmes.

Peut-être qu’il y a encore quelqu’un quelque part qui croit toujours que d’en haut, là où les problèmes sont créés, viendront aussi les solutions.

Peut-être y a t’il quelqu’un qui croit en des sauveurs locaux, régionaux, nationaux, mondiaux.

Peut-être y a t’il ceux qui espèrent toujours que quelqu’un va faire ce que nous devons faire nous-même.

Ce serait bien n’est-ce pas ?

Tout serait si facile, si confortable, ne demanderait pas beaucoup d’efforts. Cela voudrait dire de lever la main, remplir un papier, choisir un nom, mettre le papier dans l’urne, applaudir, crier des slogans, s’affilier à un parti politique et voter pour en virer un et le remplacert par un autre.

Peut-être, disons-nous, nous les Zapatistes, nous pensons, nous sommes ce que nous sommes.

Ce serait bien si les choses étaient comme çà, mais elles ne le sont pas.

Ce que nous avons appris en tant que Zapatistes, et sans que personne ou quoi que ce soit ne nous le disent, sauf notre propre voie en tant qu’enseignant, est que personne, absolument personne ne va venir nous sauver, nous aider, résoudre nos problèmes, soulager notre douleur ou nous amener la justice dont nous avons besoin et que nous méritons.

Il n’y a que ce que nous faisons nous-mêmes, tout le monde dans son propre calendrier et agenda et géographie, en nom collectif, de par la pensée et l’action de tout à chacun individuellement et collectivement, en accord avec sa propre origine et destinée, qui compte.

Nous avons aussi appris en tant qe Zapatistes que ceci n’est possible qu’avec organisation.

Nous avons appris qu’il est bon si une personne se mette en colère.

Mais si plusieurs personnes, beaucoup de personnes se mettent en colère, une lumière s’allume dans un coin du monde et sa lueur peut être vue, pour un moment à travers la surface entière de la terre.

Mais nous avons aussi appris que si ces colères s’organisent entre elles… Ah ! Alors nous n’avons pas qu’un flash momentané qui illumine la surface de la terre.

Alors ce que nous avons est un murmure, comme une rumeur, une secousse qui commence gentiment et croît de plus en plus forte.

C’est comme si le monde allait donner naissance à un autre, un meilleur, plus juste, plus démocratique, plus libre, plus humain… ou humana.. ou humanoa.

C’est pourquoi aujourd’hui nous commençons notre parole avec un mot d’un passé déjà lointain, mais qui continue d’être nécessaire, urgent, vital: Nous devons nous organiser, nous préparer à lutter pour changer cette vie, pour créer un autre mode de vie, une autre manière de nous gouvernenr en tant que peuples et êtres humains.

Parce que si nous ne nous organisons pas, nous serons tous réduits en esclavage.

On ne peut rien croire du capitalisme. Absolument rien. Nous avons vécu sous ce système depuis des centaines d’annés et nous avons souffert sous ses quatre roues: l’exploitation, la répression, la dépossession et le mépris. Maintenant, tout ce que nous avons est notre confiance en les uns les autres, en nous-mêmes. Et nous savons comment créer une nouvelle société, un nouveau système de gouvernement, la vie juste et digne que nous désirons tous.

Maintenant plus personne n’est en sécurité de la tempête que l’hydre capitaliste va déchaîner pour détruire nos vies, pas les autochtones, les fermiers paysans, ouvriers, enseignants, femmes au foyer, intellectuels ou travailleurs en général, parce qu’il y a beaucoup de gens qui travaillent pour survivre leur vie quotidienne, certains avec un patron, d’autres sans, mais tous ceux qui sont pris dans l’étreinte du capitalisme.

En d’autre termes, il n’y a pas de rédemption au sein du capitalisme.

Personne ne va nous mener, nous devons nous mener nous-mêmes, penser ensemble au comment nous allons résoudre chaque situation.

Parce que si nous pensons qu’il va y avoir quelqu’un qui va nous guider, et bien nous avons déjà vu comment ils nous mènent ces derniers siècles passés sous le système capitaliste ; cela n’a pas marché pour nous, les pauvres, pas du tout. Cela a marché pour eux, oui, parce qu’ils sont juste là assis et attendent que l’argent leur tombe dans le bec.

Ils ont dit à tout le monde “votez pour moi”, “je vais me battre pour mettre fin à l’exploitation” et dès qu’ils s’installent derrière le burlingue où ils peuvent engranger du fric sans rien faire, ils oublient automatiquement tout ce qu’ils ont dit et commencent à créer encore plus d’exploitation, pour vendre le peu qui reste des richesses de leurs pays. Ces vendus sont des hypocrites parasites et inutiles, des bons à rien.

Voilà pourquoi, compañeros et compañeras, la lutte n’est pas finie, on ne vient juste que de commencer. On ne s’y est mis que seulement depuis 32 ans, 22 ans publiquement.

C’est pourquoi nous devons mieux nous unir, mieux nous organiser afin de construire notre bateau, note maison, c’est à dire notre autonomie. C’est ce qui nous sauvera de la grande tempête capitaliste qui pointe à l’horizon. Nous devons renforcer nos différentes zones de travail et nos tâches collectives.

Nous n’avons pas d’autre chemin possible que celui de nous unir et de nous organiser pour lutter et nous défendre de la grande menace qu’est le système capitaliste. Parce que le capitalisme criminel qui menace toute l’humanité ne respecte absolument personne: il va nous balayer toutes et tous indépendamment de notre race, religion, ou parti politique. Ceci nous a été démontré par bien des années de mauvais gouvernement, de menaces, de persécutions, d’incarcérations, de torture, de “disparitions” et d’assassinats de gens des peuples des campagnes et des villes du monde entier.

Voilà pourquoi nous disons, compañeros, compañeras, enfants, jeunes gens, vous la nouvelle génération êtes le futur de notre peuple, de notre lutte et de notre histoire ; mais vous devez comprendre que vous avez à la fois une tâche et une obligation: celles de suivre les traces de nos premiers compañeros, de nos anciens, de nos parents, grands-parents et de tous ceux qui ont commencé cette lutte.

Ils ont déjà tracé un bout de chemin, maintenant c’est votre travail de le suivre et de garder le cap. Mais nous ne pourrons faire cela qu’en nous organisant génération après génération, en comprenant cette tâche à effectuer et en nous organisant en conséquence pour y parvenir et en continuant tout ceci jusqu’à la fin de notre lutte.

Vous, les jeunes, êtes une part très importante de nos communautés, c’est pour cela que vous devez participer à tous les niveraux de travail de notre organisation et dans tous les domaines de notre autonomie. Laissons chaque génération continuer de nous mener vers notre destinée de démocratie, de liberté et de justice, tout comme nos premiers compañeros et compañeras nous enseignent maintenant.

Compañeros et compañeras, tous, nous sommes sûrs qu’un jour vous parviendrez à ce que nous voulons: tout pour chacun et rien pour nous, c’est à dire notre liberté. Aujhourd’hui, notre lutte est d’avancer pas à pas. Nos armes de lutte sont notre résistance, notre rébellion et notre parole honnête, qu’aucune montagne ni frontière ne peuvent bloquer. Elles vont atteindre les oreilles et les cœurs des frères et des sœurs partout dans le monde !

Chaque jour qui passe, il y a plus de gens qui comprennent que la cause de notre lutte contre la grave situation d’injustice que nous vivons est le système capitaliste dans notre pays et dans le monde entier.

Nous savons également qu’au travers de notre lutte il y a eu et il y aura des menaces, de la répression, des persécutions, de la dépossession, des contradictions et de la moquerie des trois niveaux du mauvais gouvernement. Mais nous devons savoir que le mauvais gouvernement nous hait parce que nous sommes sur la bonne voie, s’il commençait à nous applaudir alors nous saurions que nous avons dévié de notre lutte.

Nous ne devons pas oublier que nous sommes les héritiers de plus de 500 ans de lutte et de résistance, le sang de nos ancêtres coulent dans nos veines, ce sont eux qui nous ont donné l’exemple de la lutte et de la rébellion, le rôle de gardien de notre terre-mère, de laquelle nous sommes nés, sur laquelle nous vivons et à laquelle nous retournerons.

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Compañeros et compañeras Zapatistas

Compañeros et compañeras, compañeroas de la Sixième:

Frères et sœurs:

Ce sont nos premiers mots en ce tout début de nouvelle année.

Plus de paroles et de pensées viendront vers vous.

Petit à petit nous vous montrerons une fois de plus notre regard, notre cœur collectif.

Pour l’heure nous terminerons en vous disant que pour respecter le sang et l’honneur de nos compañeros, il n’est pas suffisant de se souvenir, d’être en deuil, de pleurer, de prier, nous devons plutôt continuer de travailler aux tâches qu’ils nous ont laissé, de créer en pratique le changement que nous voulons tous.

Il n’est pas temps maintenant de battre en retraite, d’être découragés ou fatigués ; nous devons être encore plus fermes dans notre lutte, pour maintenir la parole et l’exemple que nos premiers compañeros nous ont laissés: n’abandonnez pas, ne vous laissez pas acheter, ne pliez pas !

C’est pourquoi, compañeros et compañeras, ce jour important est le temps pour nous de réaffirmer notre volonté dans la lutte, d’aller de l’avant quoi qu’il en coûte et quoi qu’il arrive, sans laisser le système capitalisre détruire ce que nous avons gagné et le peu que nous avons été capables de construire en travaillant pendant ces 22 années: notre liberté !

DEMOCRATIE!

LIBERTE!

JUSTICE!

Depuis les montagnes du sud-est mexicain

Pour le comité clandestin révolutionnaire indigène – Commandement Général de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale

Subcomandante Insurgente Moisés

Subcomandante Insurgente Galeano.

Mexique, le 1er Janvier 2016.

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