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Fukushima le désastre oublié: 600 tonnes de corium en fusion s’enfoncent inexorablement dans le sol…

Posted in actualité, altermondialisme, écologie & climat, désinformation, N.O.M, politique et lobbyisme, politique et social, santé, sciences, sciences et technologies, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 9 juin 2016 by Résistance 71

Recette pour un désastre:

  • Prenez un pays situé sur le « cercle du feu » pacifique, zone volcanique et tectonique hyper-active du monde et
  • Construisez-y des centrales nucléaires à qui mieux-mieux tout en ne maîtrisant pas la technologie avenante.
  • Secouez bien avec un séisme de 8 ou 9.0
  • Arrosez d’un bon tsunami
  • Laissez mariner à feu doux pendant les 800 millions d’années à venir
  • Dégustez avec les générations futures 

~ Résistance 71 ~

 

Fukushima bien pire qu’un désastre

Robert Hunziker

7 juin 2016

url de l’article original:

http://www.counterpunch.org/2016/06/07/fukushima-worse-than-a-disaster/

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les désastres peuvent être nettoyés.

Naohiro Masuda, le patron de la décommission de la centrale nucléaire de TEPCO à Fukushima Daiichi a finalement publiquement “officiellement” annoncé que 600 tonnes de combustible nucléaire fondu ou corium (NdT: en anglais le cœur du réacteur où se trouve le combustible nucléaire en fusion s’appelle “core”), manquent à l’appel (Epoch Times du 24 Mai 2016).

Bon qu’est-ce qu’on fait ?

D’après Gregory Jaczko, ancien patron de la Commission de Régulation Nucléaire des Etats-Unis (CRN), il est fort peu probable que le combustible en question soit jamais récupéré: “Personne ne sait vraiment où il se trouve et ce combustible est extrêmement radioactif et le restera pendant très très longtemps”.

Une grosse partie du problème est que personne n’a jamais fait l’expérience d’une fusion totale comme cela se passe à Fukushima, qui est maintenant de l’ordre de 100%, le combustible nucléaire possiblement en train de s’enfoncer dans le sol, mais personne ne le sait pour certain.

A partir de maintenant, tout n’est que voyage dans la Twilight Zone…

La fission absolument incontrôlable de l’assemblage de combustible nucléaire fondu continue quelque part dans les sous-bassements de ce qu’il reste de la centrale. Il est très important de le trouver dès que possible.”, reconnaît Masuda, admettant au passage que le Japon “ne possède pas encore la technologie pour extraire ce combustible d’uranium fondu actif”, (600t du combustible fondu de Fukushima n’ont toujours pas été retrouvées, révèle le patron de l’opération de nettoyage, RT, 24 mai 2016)

La fission nucléaire se produit lorsque des atomes se divisent en de plus petits atomes. Dans le cas des bombes nucléaires, la fission doit se produire extrêmement rapidement afin de charger et de déclencher une grosse explosion, tandis que dans le cas d’un réacteur nucléaire, la fission doit se produire très lentement afin de produire de la chaleur, celle-ci à son tour est utilisée pour faire chauffer de l’eau jusqu’à ébulition, la vapeur qui se dégage est récupérée pour faire tourner une turbine qui produit de l’électricité.

On peut éventuellement faire bouillir de l’eau en frottant l’un contre l’autre deux bâtons, mais la société moderne n’a pas la patience, ce qui fait accepter les risques inhérents de toute technique allant au-delà du frottement de deux bâtons. Bienvenus dans notre monde de transformation.

Même si l’équipe de nettoyage de Masuda trouve les 600t manquantes, qui sont de toute façon bien trop radioactives pour permettre une inspection ni même d’inspecter la zone immédiate, ils auront alors besoin de construire, de l’air du temps, la technologie pour les sortir de là et ensuite ? Tout n’est que supputation. C’est ce à quoi la société moderne en est réduit… Supputer. Oublions le frottement de deux bâtons pour produire de la chaleur et construisons de monstrueux Léviathans pour des milliards de dollars afin de faire bouillir la flotte et quand çà se passe mal, supputer ce qu’on fera. Qu’est-ce qui ne va pas avec ce plan ? Et bien dans un premier temps, personne ne sait ce qu’il faut faire quand l’enfer nucléaire se déchaîne.

Ils n’ont pas la technologie pour extraire le combustible !… Rien que çà !…

En 1986, des équipes d’ouvriers russes ont trouvé le corium fondu de la centrale nucléaire de Tchernobyl dans les plus bas niveaux de la centrale. Tout en “grillant 30 ouvriers” dans le processus, ils l’ont contenu de manière juste suffisante pour empêcher qu’il ne s’enfonce dans le sol, peut-être…

Pendant le travail de circonscription à Tchernobyl, une caméra robot bricolée avait réussi à prendre le monstre en photo, le noyau combustible en fusion, affublé du sobriquet de “patte d’éléphant”. Trente ans plus tard, la “patte d’éléphant” est toujours aussi mortelle.

Si on veut comparer ou mettre en contraste Tchernobyl et Fukushima, des radiations extrêmes zappent et détruisent tout robot entrant ne serait-ce que dans le vaisseau de circonscription du combustible de Fukushima. C’est un peu comme les Daleks dans Dr Who.

Trente ans plus tard, Tchernobyl semble avoir trouvé une solution à la menace de la patte d’éléphant sur la société, quant à Fukushima, ils doivent d’abord localiser les 600t de machin en fusion hautement radioactives (NdT: ils cherchent depuis maintenant plus de 5 ans !…). Ceci est peut-être déjà une mission impossible, et après ?

Trente ans après l’accident nucléaire de Tchernobyl, il y a toujours une menace radioactive signifiante en provenance des restes s’effritant du réacteur no4 ; mais une superstructure inovatrice valant 1,5 milliard d’euros est en train d’être construite pour empêcher plus de fuites, donnant ainsi une élégante solution d’ingénierie à un des plus énormes désastres connu de l’humanité”, Claire Corkhill, Ph.D, université de Sheffield New Tomb Will Make Chernobyl Site Safe for 100 Years, Phys.Org, 22 avril 2016.

De fait, on est en train de remplacer le vieux sarcophage de Tchernobyl qui s’effritait par un énorme cadre en acier tout nouveau: “Grâce au sarcophage, jusqu’à 80% du matériel de combustible radioactif demeurant après la fusion totale du réacteur a pu rester dans celui-ci. S’il devait s’effondrer, une partie du corium fondu, qui a la substance d’une lave, pourrait être éjectée dans la zone entourant la zone dans un gigantesque nuage de poussière radioactive mélangé à une mixture de vapeurs et de toutes petites particules toutes aussi radioactives, le tout partant au gré des vents. Les substances clefs de la mixture sont l’iode-131, substance liée au cancer de la thyroïde et le césium-137, qui peut être absorbé par le corps avec des effets allant de la maladie des radiations à la mort en fonction de la quantité inhalée ou ingérée,” Ibid.

La patte d’éléphant pourrait bien être le détritus le plus dangereux au monde”, (Le merdier bouillant de Tchernobyl, “La patte d’éléphant” est toujours mortelle, Nautilus, Science Connect, 4 décembre 2013). C’est un blob massif hyper radioactif qui ne mourra pas ou ne s’éteindra pas. Ceci pourrait être un script pour Dr Who ! Intrinsèquement, il existe la vulnérabilité et les risques d’utiliser l’énergie nucléaire ou alternativement, utiliser l’énergie solaire ou du vent. Celle-ci n’est pas radioactive et elle est toujours plus rapide que frotter deux bouts de bois l’un contre l’autre.

Fukushima, c’est trois fois Tchernobyl, peut-être plus ! Mais à Fukushima existe la distincte possibilité que le corium chauffé à blanc ait déjà commencé à s’enfoncer dans le sol. Après çà, laissez aller votre imagination parce que personne n’a une quelconque idée de comment çà va se terminer, si çà se termine un jour !

Mais Einstein lui savait. Voici un des ses célèbres citations: “L’énergie de l’atome a tout changé sauf nos modes de raisonnement, ainsi nous dérivons vers des catastrophes sans précédents.

Nous y voilà !

Gregory Jackzo, l’ancien patron de la CRN se pose la question de la sécurité de l’énergie nucléaire: “Vous devez maintenant accepter le fait que dans toutes centrales nucléaires, où qu’elles soient dans le monde, vous pouvez avoir ce genre d’accident catastrophique et vous pouvez fuiter une quantité assez importante de radiations, vous laissant devant une bonne décennie de nettoyage après coup.” (Epoch Times)

En extrapolant de quelques années dans le futur la question demeure: Où sera le corium fondu chauffé à blanc à l’heure des JO de Tokyo en 2020?

Personne ne le sait ni ne peut le savoir !

Et pourtant, le premier ministre japonais Abe a dit au comité de sélection olympique que Fukushima “était sous contrôle” !

Ce débat lui colle aux basques depuis son discours du 7 septembre 2015 devant le CIO, lorsqu’il a déclaré que le désastre nucléaire “était sous contrôle« . Le jour suivant, Tokyo gagna le droit d’héberger les JO d’été de 2020 “,” (Tsuyoshi Inajjma and Yuriy Humber, Abe Olympic Speech On Fukushima Contradicts Nuclear Plant Design, Bloomberg, Oct. 23, 2013).

Les autorités françaises sont en train d’enquêter sur la possibilité de pots-de-vin pour une somme de 2 million de dollars versés à une entreprise liée au fils de l’ancien patron du sport mondial Lamine Diack et des connexions présumées avec la proposition couronnée de succès du Japon pour héberger les JO”, ,” (Tokyo Olympics Bid Questioned as Prosecutors Probe $2M Payouts, The Financial Times, May 12, 2016).

Le Japon a obtenu le droit d’héberger les jeux de 2020 avec une offre de dépense de 5 milliards de dollars, ce qui est suspicieusement une toute petite somme. En contraste, la proposition d’Istanboul était de 20 milliards de dollars, ce qui parait bien plus réaliste pour un tel évènement mondial.

A jongler autant, on peut se demander si la tristement célèbre loi d’Abe sur le secret va se mettre en branle, y a t’il un moyen quelconque pour mettre des bâtons dans les roues de l’enquête ? Après tout, la loi permet à n’importe quel politicien japonais de mettre quelqu’un derrière les barreaux pour 10 ans pour avoir trahi des secrets d’état, ce qui correspond à tout ce que l’accusateur désire être “secret”. Après tout, à première vue, entre Fukushima et les JO, bien des choses secrètes pourraient bien se trâmer en coulisses.

La loi japonaise sur le secret d’état et sur la protection de secrets spécifiquement désignés, loi no108 de 2013 est passée sur les talons de la fusion du réacteur de Fukushima ; cette loi est très similaire à la Public Peace and Order Controls du Japon pendant la seconde guerre mondiale. D’après la loi No108, l’acte en soi de “fuiter” est sujet à la mise en accusation, quelque soit la fuite, le comment et le pourquoi, de manière absolue, si quelqu’un “fuite”… hop au trou !

Susumu Murakoshi, le président du barreau nippon objecte: “La loi devrait être abolie parce qu’elle met en danger la démocratie et le droit du peuple de savoir et d’être informé”, la loi sur les secrets d’Abe diminue la démocratie japonaise, Japan Times, 13 décembre 2014.

Le Japan Times doit vérifier la définition de démocratie.

Changement de paradigme: La révolution anarchiste kurde en Turquie et au Rojava syrien…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, colonialisme, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et social, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 3 juin 2016 by Résistance 71

« Cette société sera composée d’une multitude d’associations, unies entre elles pour tout ce qui réclame un effort commun : fé- dérations de producteurs pour tous les genres de production, agri- cole, industrielle, intellectuelle, artistique, communes pour la consommation, se chargeant de pourvoir à tout ce qui concerne le logement, l’éclairage, le chauffage, l’alimentation, les institutions sanitaires, etc. ; fédérations des communes entre elles, et fédéra- tions des communes avec les groupes de production ; enfin, des groupes plus étendus encore, englobant tout un pays ou même plusieurs pays, et composés de personnes qui travailleront en commun à la satisfaction de ces besoins économiques, intellec- tuels et artistiques, qui ne sont pas limités à un territoire détermi- né. »
~ Pierre Kropotkine ~

“Ces dernières décennies, le peuple kurde a non seulement lutté pour la reconnaissance de son existence par les puissances politiques dominantes, mais aussi pour la libération de sa société de la poigne féodale. Ainsi, cela n’a aucun sens de remplacer les vieilles chaînes par de nouvelles ni même de renforcer la répression. Sans opposition contre la modernité capitaliste il n’y aura aucune place pour la libération des peuples. Voilà pourquoi la création d’un état-nation kurde n’est pas une option pour moi ou le PKK.

L’appel à un état-nation kurde séparé résulte des intérêts de la classe dirigeante ou des intérêts de la bourgeoisie, mais ne reflète en rien les intérêts du peuple car un autre état ne serait que la création d’une injustice supplémentaire et viendrait handicaper plus avant le droit à la liberté.
La solution pour la question kurde de ce fait, a besoin d’être trouvée dans une approche qui va affaiblir la modernité capitaliste ou la repousser. Il y a des raisons historiques, sociales et conjoncturelles, comme le fait que la nation kurde est éclatée dans quatre pays différents (NdT: la Turquie, la Syrie, l’Irak et l’Iran), ce qui rend absolument indispensable une solution démocratique embrassant tout le peuple. De plus il est notoire que le Moyen-Orient fait l’objet d’un grand déficit en démocratie. De fait un projet démocratique kurde fera avancer la démocratisation du Moyen-Orient de manière générale.
Appelons ce projet démocratique le confédéralisme démocratique.”
~ Abdullah Ocalan, 2011 ~

A lire: Manifeste pour un Confédéralisme Démocratique

 

Le Kurdistan comme société anarchiste

Logan Glitterbomb

30 Avril 2016

url de l’article original:

https://c4ss.org/content/44788

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Lorsqu’on regarde l’histoire pour des exemples d’établissement de sociétés anarchistes, nous pensons souvent aux anarchistes espagnols de Catalogne de 1936, ou aux efforts de l’armée zapatiste au Mexique. Ceci est un exemple de groupes utilisant des tactiques de conflits révolutionnaires armés contre l’État et le capitalisme dans une tentative d’établir une société autonome sans État ici et maintenant. Tandis que la Catalogne (et l’Espagne) anarchiste fut éventuellement écrasée par des forces extérieures, les Zapatistes du Mexique continuent leur lutte, tout en utilisant des méthodes différentes qu’auparavant.

Note de Résistance 71: Il faut ici constater une chose: il ne suffit pas de comprendre et d’analyser seulement des mouvements anarchistes “modernes”, mais aussi d’analyser ce que l’anthropologie politique a appelé les “sociétés primitives” ou sociétés originelles, qui au-delà du temps et des continents, des sociétés amérindiennes, aux sociétés aborigènes d’Australie, en passant par les sociétés celtiques européennes et traditionnelles africaines, et pour finir avec les sociétés de Zomia en Asie du Sud-Est (couvrant les hauts plateaux du Laos, de la Thaïlande, de la Birmanie et quelques provinces chinoises) étaient et sont toutes non seulement des sociétés sans État, mais comme l’a si bien analysé l’anthropologue Pierre Clastres, des sociétés contre l’État qu’elles refusent, tout comme Marcel Mauss en 1925 avait déterminé que ces sociétés étaient aussi contre l’économie et fonctionnaient essentiellement sur le principe ritualisé du don et de la destruction de la richesse accumulée ou perçue comme telle.
Ce qu’il est donc essentiel de comprendre est que ce que nous appelons “anarchie”, mode de fonctionnement de la société sans autorité et sans pouvoir centralisé, n’est non seulement pas nouveau, mais a été le mode de fonctionnement des sociétés humaines pendant des millénaires, avant l’apparition du cancer politico-social qu’est l’État. Nos ancêtres ne l’appelaient simplement pas “anarchie” voilà tout.

Et puis il y a le Partiya Karkerên Kurdistanê (Le Parti des Travailleurs du Kurdistan mieux connu sous son sigle de PKK). Anciennement un parti politique marxiste-léniniste qui s’est battu pour établir un état kurde indépendant appelé le Kurdistan, ce parti sous le leadership d’Abdullah Ocalan, a changé de plateforme politique et de stratégie. Depuis qu’Ocalan est emprisonné en Turquie, il a correspondu avec l’anarchiste américain Murray Bookchin et fut profondément influencé par sa philosophie du municipalisme libertaire. Il a appelé le PKK à adopter la plateforme du Confédéralisme Démocratique et a abandonné sa revendication pour la création d’un état kurde, se faisant en lieu et place l’avocat d’une société sans État.

Le Confédéralisme Démocratique est une structure politique consistant en une confédération de communautés autonomes et indépendantes travaillant ensemble de manière donc confédérée sur la base de la démocratie participatrice directe au niveau local, mettant en place une écologie sociale et un féminisme anarchiste. D’après Ocalan: “le confédéralisme démocratique est ouvert vers d’autres groupes et factions politiques. Il est flexible, multi-culturel, anti-monopole et orienté sur la décision consensuelle.” Ces communautés autonomes sont construites sur les valeurs communalistes et les ressources qui sont partagées entre tous, rendant ainsi l’impôt et la redistribution forcée des ressources, biens et richesses inutiles et obsolètes.

Ils se concentrent sur la création de leur propre système, ignorant totalement l’État dans leur processus de prise de décisions. Ils ne voient aucune nécessité révolutionnaire ni aucune viabilité dans un renversement armé de l’État mais se font au lieu de cela les avocats d’une évacuation pacifique et d’une dissolution graduelle de l’État alors que les communautés locales construisent leur propre système politique pour le remplacer. Néanmoins, ils reconnaissant que l’État et d’autres groupes vont riposter au moyen de la violence et que l’auto-défense est une nécessité. C’est pourquoi les communautés maintiennent un certain nombre de milices populaires décentralisées telles les Yekîneyên Parastina Gel‎ (Les Unités de Protection Populaires, plus connues sous leur sigle d’YPG) et les Yekîneyên Parastina Jin (Unités de Protection Féminines ou YPJ qui terrorisent les terroristes de l’EIIL dans le nord de la Syrie…). Ces efforts sont financés par les communautés au moyen d’évènements culturels, de concerts, de fêtes, de levées de fonds et de commerces indépendants, rendant ce modèle un véritable modèle d’agorisme fonctionnel.

Le modèle de milices YPG/YPJ a remporté énormément de succès jusqu’ici, brisant les lignes de l’EI/Daesh pour sauver des milliers de personnes du peuple Yazidi, un peuple souvent haï et condamné comme des “adorateurs de satan” par l’essentiel de la communauté musulmane, lorsqu’ils furent encerclés sur le Mont Sinjar dans le nord de l’Irak. Egalement, malgré de nombreuses pertes, ces milices populaires défendirent avec succès la ville de Kobané au Rojava syrien lorsque l’EIIL lança un assaut total sur la ville utilisant des chars, des missiles et même des drones. (NdT: d’où vient cet équipement sophistiqué aux mains de l‘EI ? Des Américains via la Turquie, avec une instruction et logistique franco-saudo-israélo-américano-britannique…)

Cette philosophie et ces actions de groupes ont déjà inspiré d’autres à travers le monde pour aider dans la lutte et des socialistes, communalistes, anarchistes, libertaires sont en train de converger vers la zone pour aider le combat du PKK. Les milices populaires YPG et YPJ sont en ce moment en train de se battre pour sécuriser et maintenir une confédération démocratique autonome kurde contre le gouvernement turc et l’EIIL et espèrent pouvoir répandre la philosophie appliquée bien au-delà d’un Kurdistan indépendant sans État. Le PKK a l’espoir que des révolutions de travailleurs unis en confédérations démocratiques se répandront à travers le monde de la même façon que la révolution marxiste-léniniste (NdT: fausse “révolution” renforçant les pouvoirs autoritaires étatiques et de marché. Lénine, comme Marx n’a jamais remis en cause le système de “marché”, il n’a fait qu’instaurer un capitalisme d’État totalitaire et super centralisé, alors même que le premier soviet créé à St Petersbourg en 1905, le fut sur un mode anarchiste. Le “pouvoir aux soviets” que Lénine a trahi dès 1918, était le pouvoir aux conseils ouvriers appelant au confédéralisme… Ocalan s’en est rendu compte et a changé de cap pour embrasser la seule voie populaire et égalitaire possible: la confédération des communes libres qu’il a appelé le Confédéralisme Démocratique) le fit dans le passé. Mais cette fois-ci, ils pensent y parvenir par des moyens bien plus anarchistes. Ce qui se déroule devant nos yeux est une REVOLUTION ANARCHISTE.

Note de Résistance 71: Cet excellent texte nous fait si chaud au cœur. Nous avons tenté d’informer au mieux depuis quelques années maintenant sur la révolution anarchiste en cours au Rojava syrien et dans une partie de la Turquie, mais il faut aussi comprendre certaines choses afin de ne pas se réjouir trop vite.

Le peuple kurde est disséminé un peu de la même façon que le sont les Iroquois en Amérique du Nord. Les Kurdes, qui ont habités cette région du monde depuis des temps immémoriaux, à l’instar des Iroquois, se retrouvent séparés et “parqués” dans les frontières de “nations” dont ils n’ont que faire et dont ils ne sont en rien responsables de leur création, à savoir: la Turquie, la Syrie, l’Irak et l’Iran. De ce fait il n’y a pas d’unité kurde, pire même, il y a antagonisme là où il ne devrait pas y en avoir, résultat de la classique stratégie du “diviser pour mieux régner” mise en place par toutes les nations envahisseuses et occupant les sols.

Ainsi, les Kurdes d’Irak sont-ils payés par les Américains et contrôlent la région pétrolière du nord de l’Irak de manière mafieuse. Le mouvement anarchiste du PKK n’a d’influence pour l’heure qu’en Turquie et dans la région nord de la Syrie appelée le Rojava. A l’heure où nous écrivons ces lignes, il y a un plan mis en place d’infiltration et de division des forces kurdes de cette région. Il y a déjà des infiltrés et des traîtres à la cause qui travaillent au grand jour pour que le Confédéralisme Démocratique ne puisse pas continuer. Il est dans l’intérêt des états tels que la Turquie bien sûr, mais aussi la Syrie, les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne pour qu’une telle expérience ne soit jamais un succès. Rappelons-nous de l’Espagne de 1936, la révolution sociale espagnole a été écrasée dans un bain de sang pour préserver avant tout les intérêts des états, ainsi les anarchistes espagnols ont dû lutter non seulement contre les fascistes de Franco aidés par l’Allemagnae nazie et l’Italie fasciste, mais aussi dès 1937 contre les infiltrations du NKVD soviétique dont le pouvoir stalinien voulait éliminer anarchistes et marxistes anti-staliniens représentés en Espagne par les POUM, le tout dans la feinte ignorance de “démocraties” comme la France et le Royaume-Uni, la France fermant ses frontières et parquant les réfugiés espagnols dans des camps en 1939 et durant la première partie de la guerre.

Le Confédéralisme Démocratique kurde est menacé de subir le même sort ! Défendons-le déjà en le faisant plus connaître.

Ce qui se passe au Rojava et en Turquie avec le PKK est d’une IMPORTANCE CAPITALE pour la suite des évènements. Soutenir le PKK et Ocalan aujourd’hui dont la représentante officielle est Asya Abdullah, dont le but n’est pas (plus) de créer un état kurde, mais un confédéralisme démocratique autonome et anti-étatique, ce que quelqu’un comme Thierry Meyssan par exemple, refuse malheureusement de rapporter, puisque pédalant pour les forces étatiques…

A lire sur le sujet pour en savoir plus des turpitudes politiques de l’occident contre les Kurdes, même s’il est important de lire ce que nous avons écrit ci-dessus pour pouvoir aussi désamorcer l’analyse propagandiste conservatrice de Thierry Meyssan sur le sujet:

http://www.voltairenet.org/article192023.html

Et pendant ce temps là dans les communautés zapatistes…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, colonialisme, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 14 mai 2016 by Résistance 71

ARMÉE ZAPATISTE DE LIBÉRATION NATIONALE.

Mexique.

12 Mai 2016

url de l’article en français:

http://enlacezapatista.ezln.org.mx/2016/05/12/et-dans-les-communautes-zapatistes/?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+EnlaceZapatista+%28Enlace+Zapatista%29

Aux Compañer@s de la Sexta:

A qui de droit:

Compañeroas, compañeros et compañeras:

Maintenant nous allons vous parler un peu de comment vont les communautés zapatistes où résistent et luttent les bases de soutien.

Ce que nous allons vous relater maintenant vient des rapports des propres compañeras et compañeros zapatistes, responsables dans les villages, responsables de commissions (par exemple santé, éducation, jeunes etc.), autorités autonomes et responsables organisateurs. Mais avec les Comp@s du Comité nous l’avons vérifié pour voir si ce ne sont pas des mensonges, ou s’ils ne les changent pas pour que ça paraisse bien et cacher ce qui ne va pas. Le travail de ces écrits, ce n’est pas de dire des mensonges à nos comp@s de la Sexta, ni à ceux qui soutiennent et sont solidaires. Ni à vous, ni à eux, ni à elles, ni à personne d’autre.

Si nous n’avançons pas correctement, nous le disons clairement, non pas pour que vous vous sentiez plus tristes que vous ne l’êtes à cause de tout ce qui se passe là-bas, dans vos géographies et dans vos calendriers. Nous le disons car c’est notre manière de vous rendre des comptes, c’est-à-dire de vous informer, et que vous sachiez si nous prenons le chemin que nous vous avions dit, ou bien si en fait nous sommes passés à autre chose, peut-être en répétant les mêmes vices que nous critiquons.

Mais si nous avançons correctement, et bien nous voulons aussi que vous le sachiez, pour qu’ainsi vous vous réjouissiez avec le cœur collectif que nous sommes.

Comment savons-nous si nous avançons correctement ou non ? Et bien pour nous, femmes et hommes zapatistes, c’est très simple : les peuples parlent, les peuples commandent, les peuples font, les peuples défont. Au moment où quelqu’un prend le mauvais chemin, rapidement le collectif lui donne comme qui dirait sa remontée de bretelles, et ou il se corrige, ou il prend la porte de sortie.

C’est ça notre autonomie : le chemin c’est le nôtre, c’est nous qui le prenons, nous qui faisons les bons choix, nous qui nous trompons, nous qui nous corrigeons.

En résumé nous vous disons la vérité, car vous devez en avoir vraiment marre des mensonges et en être lassés. Et bien qu’elle fasse parfois mal, la vérité soulage toujours.

C’est à dire que nous ne voulons pas faire comme les mauvais gouvernements qui se sont beaucoup maquillé ces derniers jours, soit-disant pour faire plaisir au visiteur de passage, pour qu’il ne voit pas ce qu’il se passe en bas[1]. Mais ce maquillage n’a servi qu’à démontrer combien les gouvernements sont faux. Vous croyez vraiment que n’importe qui de modérément intelligent ne verrait pas la réalité? Qu’il se manifeste ou pas par rapport à cette réalité, et la forme avec laquelle il le fait, c’est autre chose, et c’est son problème.

Bon, en un peu de mots. Ce que nous vous racontons maintenant vient en complément de ce qui a déjà été expliqué dans les livres de la Petite École Zapatiste. Si vous n’avez pas assisté à la Petite École Zapatiste, que ce soit en communauté ou extra-muros, ou bien si vous ne connaissez pas ce que disent les livres de texte, et bien nous vous recommandons de les lire. Á l’intérieur, vous allez apprendre comment s’est déroulé le processus de construction de l’autonomie.

Ce qu’il se passe là, c’est nouveau, ce sont des nouvelles choses qui apparaissent, c’est à dire que ça n’existait pas il y a un ou deux ans :

  • La croissance zapatiste se maintient. Il y a de plus en plus de jeunes hommes et jeunes filles qui rentrent.
  • Pour ce qui est de la santé, les compañeras et les compañeros sont sur le bon chemin. Ce qu’on voit, c’est que dans leurs cliniques autonomes il y a moins de personnes qui arrivent car le travail de prévention a beaucoup augmenté, grâce aussi au suivi que procurent les promoteurs de santé autonome. C’est à dire que les gens sont moins malades. Dans les cliniques zapatistes autonomes, ceux qui arrivent de plus en plus fréquemment ce sont les gens des partis politiques.
  • Pour ce qui est de l’éducation, pour l’éducation primaire c’est pareil. Mais maintenant il y a une nouvelle exigence des communautés: le collège et le lycée. Dans certaines zones il y a un collège, mais pas partout. Maintenant, il y a des jeunes hommes et des jeunes femmes qui demandent l’éducation supérieure. Ils ne veulent pas des ateliers, mais des études supérieures dans les Sciences et dans les Arts. Mais pas des études selon le mode capitaliste des universités institutionnelles, mais des études selon notre mode. Sur ce point on a encore beaucoup à faire.
  • Pour ce qui est de l’économie, sans vous raconter ce qui existe déjà et qui se maintient en termes de travaux collectifs et individuels (milpa, haricot, plants de café, volaille, banane, mouton, bétail, boutique, miel d’abeille, potager, achat et vente de bétail, et autres types de produits), ce qu’on a constaté c’est que leur production a augmenté, ce qui a amélioré l’alimentation et la santé, surtout chez les jeunes et les enfants.
  • Dans certaines zones les promoteurs de santé autonome sont déjà en train de se former en échographie, en étude de laboratoire, en consultation générale, en odontologie et en gynécologie. De plus des campagnes de santé préventive sont réalisées dans les régions. Dans une zone, avec les bénéfices obtenus par le travail collectif, du bétail, du matériel de laboratoire et des appareils d’échographie ont déjà pu être acquis. Ils ont déjà des compañeros et compañeras formés à l’usage de ces appareils, produit de l’enseignement réciproque entre promoteurs de santé d’un caracol à l’autre, c’est-à-dire qu’ils se sont donnés des cours entre eux -mêmes. Et une autre clinique-hôpital est déjà en construction, pour qu’à partir de maintenant on puisse y faire de petites chirurgies, comme cela se fait déjà à la Realidad ou à Oventik.
  • Pour ce qui est du travail de la terre, les collectifs de milpa [culture de maïs et de plantes associées] et de bétail se sont beaucoup développés. Avec les bénéfices, en plus de se procurer des appareils et des médicaments pour les cliniques, ils se sont acheté un tracteur.
  • Pour le commerce, les épiceries coopératives ont obtenu leur indépendance économique, et ont maintenu des prix bas pour les familles zapatistes. Cela c’est possible car il n’y a personne qui s’enrichit sur la hausse des produits de consommation de base.
  • Dans les boutiques autonomes, il n’y pas de vêtements de marques exclusives ni les dernières modes pour s’habiller, mais il ne manque ni les naguas [jupes traditionnelles], habits, blouses, pantalons, chemises, chaussures (la majorité fabriquées dans les cordonneries autonomes), ni de ce que chacun utilise pour couvrir ses parties intimes.
  • Dans les collectifs de production et de commerce, ce sont les compañeras qui ont le plus avancé. Il y a quelques années, une quantité résultant du travail collectif de la comandancia, des comités et des insurgé-e-s, (oui, nous aussi nous travaillons pour produire et obtenir de l’argent), a été destinée à chaque municipalité autonome, pour que les compañeras bases de soutien la travaillent en collectif dans ce qui serait décidé par elles-mêmes.

Et il se trouve qu’elles s’en sont sorties meilleures administratrices que les hommes, car dans une municipalité les compañeras ont non seulement mis en place avec succès un collectif de bétail, mais maintenant elles sont tellement avancées qu’elles mettent leurs vaches «à partager» dans d’autres villages avec des collectifs de femmes («à partager» disent les zapatistes, quand ce qui a été obtenu se partage en deux, et que cette moitié est donnée à une autre «partie » ).

  • Il s’est passé la même chose avec les épiceries coopératives: elles en sont déjà à faire des prêts aux autres collectifs de région ou aux villages, et même à des compañeras
  • Toutes les municipalités autonomes effectuent un travail collectif de milpa, et d’autres ont du bétail. Toutes les régions ont un travail collectif qui donne des bénéfices. Par exemple, lors de la dernière célébration, les régions ont coopéré pour la vache qu’ils ont mangé durant la fête et pour les musiciens.
  • La grande majorité des villages effectuent des travaux collectifs. Dans certains villages, les hommes ne travaillent pas en collectif mais les compañeras si, et il y a des villages où se sont 2 collectifs, un collectif de compañeros et un collectif de compañeras. Individuellement tous luttent pour aller bien, et ils ont réussi à aller de l’avant et s’en sortir. Tant les milicien-e-s que les insurgé-e-s travaillent dans des collectifs de production pour subvenir à leurs besoins et soutenir les villages.
  • Dans le caracol d’Oventik, il ont déjà une tortilleria Nous ne savons pas combien coûte actuellement le kilo de tortilla dans vos géographies, mais à Oventik il est à 10 pesos le kilo. Et elles sont de maïs, pas de farine industrielle. Les transports publics font même des voyages spéciaux pour aller y acheter leurs tortillas. Dans la zone de Los Altos au Chiapas, là oú se trouve le caracol d’Oventik, on ne produit pas de maïs. Le maïs est produit dans les régions de la Selva et est commercialisé entre les collectifs de zone, pour que les familles zapatistes aient du maïs à bon prix et sans intermédiaires. Pour ça, on utilise des camions qui ont été donnés aux Conseils de Bon Gouvernement par des personnes bien attentionnées dont on ne va pas dire le nom, mais elles et nous savons de qui il s’agit.
  • Dans beaucoup de villages zapatistes, environ 50% travaille en collectif, et le reste en individuel. Dans d’autres, la majorité travaille en individuel. Bien que l’on promeuve le travaille collectif, le travail individuel qui n’exploite pas d’autres individus est respecté. Tant dans le travail collectif que dans le travail individuel, non seulement ils se maintiennent, mais en plus ils progressent.
  • Suivant chaque endroit, c’est comme cela que s’organisent les travaux collectifs. Il y a des collectifs dans les villages, et dans certains, il y a des collectifs d’hommes, des collectifs de femmes et des collectifs de jeunes. Il y a des collectifs de région ou de commune. Il y a des collectifs de zone ou de Conseil de Bon Gouvernement. Quand un collectif est plus avancé, il soutient les autres collectifs qui sont plus en retard. Ou bien, comme dans certaines régions, le travail collectif de production alimentaire est destiné aux internats qui existent pour les écoles secondaires autonomes.

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Tout ce que nous vous racontons sur ces avancées ne vient pas du commandement zapatiste, c’est-à-dire que ce n’est pas sorti de la tête de quelques-uns, mais provient des réunions de partage entre les villages eux-mêmes.

Lors de ces réunions de partage, ils se racontent leurs travaux, leurs avancées, leurs problèmes et  leurs erreurs. De là sortent de nombreuses et de nouvelles idées qu’ils échangent entre eux. En d’autres mots, les compañeros et compañeras s’apprennent les uns les autres.

Et on vous dit bien sûr que nous, en tant que commandants, nous apprenons aussi, et beaucoup, de nos compañeras et compañeros zapatistes.

C’est terrible et merveilleux ce que nous regardons et ce que nous écoutons, ça l’est tellement que nous ne savons pas ce qui va ressortir de toute cette avancée.

Nous ne vous parlons pas pour le moment du réarmement des paramilitaires, de l’augmentation des patrouilles militaires, aériennes et terrestres, et de tout ce que font les mauvais gouvernements pour essayer de nous détruire. Nous ne vous donnons pas plus de détails, parce que nous savons bien que pour vous non plus ce n’est pas facile, que vos résistances et rébellions endurent des agressions tous les jours, à toutes heures et de toutes parts. Et que, quoi qu’il en soit, vous restez rebelles et en résistance.

Mais nous savons que vous savez que tout ce que nous vous racontons se déroule au milieu des agressions, des attaques, des harcèlements, des calomnies et des silences complices. Au milieu d’une guerre, donc.

Et bien que lors des périodes sombres, comme celle qu’on subit en ce moment, surgissent des « commerçants de l’espoir », nous, l@s zapatistes, nous ne nous laissons pas emporter par les balivernes ecclésiales, séculières ou laïques de soi-disant « nouveaux constituants » qui veulent « nous sauver » et qui ont recours aux mêmes vieilles méthodes de coercition qu’ils disent critiquer, et qui mentent sur de soi-disant soutiens de l’EZLN, tandis qu’ils tentent de rééditer l’histoire avec le soutien d’ « avant-gardes » obsolètes, qui ne sont plus depuis longtemps à la hauteur de leur propre héritage.

L’EZLN ne soutien aucune vente de bijoux de pacotille. Nous sommes en 2016, pas en 1521, réveillez-vous.

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Compas de la Sexta, Frères et Sœurs du Congrès National Indigène :

De toutes nos forces, et au milieu de toutes ces turpitudes, nous les femmes et les hommes zapatistes nous nous préparons au pire, pour ce qui arrive.

Nous n’avons pas peur. Pas parce que nous sommes téméraires, mais parce que nous avons confiance en nos compañer@s.

C’est comme si, face à la tempête qui secoue déjà les ciels et les sols du monde, les bases de soutien zapatistes avaient grandi. Que c’est maintenant que brille le plus leur habilité, leur sagesse, leur imagination et leur créativité.

En réalité ce que cherche ces paroles, plus que d’informer ou de rendre des comptes, c’est de vous embrasser, vous tous, vous toutes et touzes, et vous rappeler qu’ici, dans ce recoin du monde, vous avez des compas qui ne vous oublient pas, malgré les distances entre les calendriers et les géographies.

Mais tout ne va pas bien. Pour être clair, il faut vous dire qu’il y a un défaut que nous voyons : les femmes zapatistes sont en train d’avancer plus que les hommes. C’est-à-dire que ça n’avance pas au même rythme.

Le temps où l’homme était le seul à rapporter la paye pour la maison s’estompe de plus en plus. Maintenant, dans certaines zones, les collectifs de femmes donnent du travail aux hommes. Et ils sont nombreux, les foyers zapatistes où la femme est celle qui va donner de l’argent à l’homme pour qu’il s’achète tant sa chemise que son pantalon, son bandana et puis son peigne, pour qu’il soit bien bel homme, lors des prochaines activités que nous annoncerons bientôt.

Parce que, peut-être que nous sommes sales, laids et mauvais, mais en tous cas : nous sommes bien peignés.

Depuis les montagnes du sud-est mexicain.

Sous-commandant Insurgé Moisés. Sous-commandant Insurgé Galeano.

Mexique, février 2016.

Du Carnet de Notes du Chat-Chien :

Fragment de la conversation entre quelques partidistes et quelques zapatistes :

Partidistes : En tant qu’EZLN, vous ne recevez pas de programme du gouvernement comme Procampo, Prospera, Nuevo Amanecer de los Ancianos?

Zapatistes : Non.

Partidistes : En tant qu’organisation, qui les subventionne?

Zapatistes : Nous sommes organisés et nous avons des bases de soutien qui travaillons ensemble et nous gouvernons, et nous avons des travaux collectifs et avec ça nous obtenons des ressources économiques pour soutenir notre résistance.

Partidistes : -Et de quelle manière nous en tant que société civile pouvons-nous nous organiser, et comment pouvez-vous nous conseiller, nous guider et nous enseigner ?

Zapatistes : Faites-vous votre idée de la situation avec les médias libres ou avec le Congrès National Indigène. Nous nous ne sommes pas là pour dire et pour décider comment vous allez vous organiser ni pour donner un nom à votre organisation. Que le peuple pense et décide quoi faire et comment il va s’organiser.

Partidistes : Que devons-nous faire?

Zapatistes:  Notre idée est de faire tomber le système capitaliste.

-*-

Rapport sur la discussion tenue, un matin très tôt du mois de février, entre celui qu’on appelle Sous-commandant Insurgé Moisés et le dénommé SupGaleano :

SupMoy : Le rapport dit qu’il y a des menaces de mort et que le gouvernement veut attaquer les caracoles pour en finir une fois pour toutes avec le zapatisme, que c’est parce qu’ils font mauvaise impression aux gouvernements.

SupGal : …

SupMoy : Qu’ils nous cherchent toi et moi pour nous tuer.

SupGal : « Nous tuer » ? C’est pas plutôt « nous arrêter » ?, « nous capturer » ?

SupMoy: Non, le rapport dit, « pour les tuer ».

SupGal : Ptain d’sa mère, et pourquoi moi ? Ça c’est du racisme-colonialiste-hétéro-patriarcal-eurocentré. Si c’est toi le porte-parole, c’est toi qui prends. Moi je suis que le dernier bastion du machisme zapatiste, et t’as vu qu’on est en franc déclin. En plus, pourquoi la violence ? Avant, ils disaient seulement « arrêter », « convocation », « détention », maintenant « tuer ». Et en plus moi je suis déjà mort plusieurs fois, ils ne me le prennent pas en compte ? C’est bon, qu’ils le classifient et mettent « mission accomplie ». Mais ne change pas de sujet, je te dis qu’il ne faut pas mettre dans le communiqué l’histoire des collectifs de femmes.

SupMoy : Et pourquoi non?

SupGal: Ben parce que si on le dit on va avoir des problèmes avec le genre masculin. Toute une tradition de films de Pedro Infante et de chansons de José Alfredo Jiménez risquent de disparaître. Toi tu es d’accord avec le fait que disparaissent des cultures ancestrales ? Non, n’est-ce pas ?

SupMoy: Ben comme disait le défunt : les dés sont jetés, parce que je l’ai déjà mis.

SupGal: Comment?!! Et la solidarité de genre?

SupMoy : Vaut mieux que tu réfléchisses à quoi faire pour que les hommes se motivent plus et fassent avancer leurs collectifs.

SupGal: Ok, ok, ok. On a besoin de retourner à nos racines, comme on dit. Je vais faire un programme spécial pour Radio Insurgente. Rien de Games of Thrones ni rien de rien ; que des chansons du grand camarade et dirigeant, premier du nom, roi de Garibaldi, père des dragons, et seigneur des sept lieux : Pedro Infante.

SupMoy: Hahahahahaha. Ils ne vont pas te le diffuser. C’est une compañera qui s’occupe de la programmation.

SupGal: P’tain d’sa mère, maudite loi révolutionnaire des femmes! Et de José Alfredo Jiménez?

SupMoy: Uuy ! De lui encore moins.

SupGal: Mmh… Les Bukis alors ?…  Les Téméraires ?… Brindis?… Los Tigres del Norte? Piporro?

La discussion a continué jusqu’à ce que le chat-chien, se faisant les ongles, conclue : ouaf-miaou.

C’était tôt le matin, il faisait très froid et, malgré le fait qu’une ombre se dressait sur la face de la terre, une petite lumière réchauffait le mot « résistance ».

J’atteste sur l’honneur de genre.

Note : Cet écrit a été réalisé sur un logiciel libre de traitement de textes à code source ouvert, avec un système d’exploitation GNU/Linux sous distro UBUNTU 14.04 LTS, sur un ordinateur de la marque très célèbre et très select « La Migaja Z.A. de C.V. de R.L » (note : « Z.A » ce sont les initiales de « Zapatiste Autonome » ; « C.V » de « Coopération Virtuelle » ; « R.L. » de « Rébellion Ludique »), modèle « Deus Ex Machina 6.9 », reconstruit (c’est-à-dire qu’il s’est cassé, mais qu’on l’a remonté comme un casse-tête) au Département de Haute Technologie Alternative Zapatiste (DATAZ, de par ses initiales en espagnol). Ok, ok, ok, au final ça donne une figure géométrique tridimensionnelle que nous appelons « KEKOSAEDRO » -parce que personne ne sait ce que c’est-, et il y a quelques câbles et quelques vis qui nous sont restés dans les mains, mais il marche bien… jusqu’à ce qu’il ne marche plus. « UBUNTU », en langue zoulou, signifie aussi « Je suis parce que nous sommes ». Dîtes « OUI » au logiciel libre. ¡Fuck Microsoft, Apple and so forth (if you know what I mean)! ¡Linux rules!

[1]Référence à la visite du pape François au Chiapas durant le mois de février 2016.

Résistance au colonialisme: La parabole du feu et l’établissement de nouvelles chartes de coopération

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, colonialisme, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 7 mai 2016 by Résistance 71

Comparons le dilemne auquel doivent faire face les nations autochtones amérindiennes avec le notre. Ne sont-ils pas similaires ? En regard des peuples, ne sommes nous pas tous des colonisés ? N’est-ce pas en nous unifiant que nous raviverons nos flammes et ferons coopérer nos feux de connaissance, pour le véritable bien commun à tous ?…

Il n’y a pas de solutions au sein du système, n’y en a jamais eu et n’y en aura jamais. Bien plus de choses nous rassemblent que de choses nous divisent. Pour nous unifier, il sufit d’abord de dire NON ! Puis de nous organiser en annihilant la propagande de la division…

~ Résistance 71 ~

 

Attiser les braises

 

Mohawk Nation News

 

3 Mai 2016

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2016/05/03/fanning-the-embers/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le démocratie entrepreneuriale a bien des piques à sa fourche. Chacune va nous piquer. Tout le monde se retrouve dans un groupe ou un autre dans le paradigme du divisier pour mieux règner. Nous n’utilisons pas la Grande Loi de la Paix, Kaiane’re:kowa, pour nous aider à unifier nos esprits, pour trouver des solutions qui fonctionnent pour tous. Tewatkenion veut dire que nous sommes en concurrence les uns avec les autres pour gagner plutôt que de coopérer en tant qu’égaux.

Le peuple est le feu. En ce moment il n’y a pas de feu, il n’y a que des braises éparses. Nous ne pouvons pas exercer notre droit de naissance et donner de notre voix. Nos longues maisons ont été infiltrées et transformées en églises. Ils suppriment ceux qui les questionnent.

Asontawe’kowa a frappé notre feu de son bâton, éparpillant bûches et braises un peu partout. La poussière a empli l’air et nos yeux, nos oreilles et nos gorges. Nous ne pouvons pas entendre, voir ou dire la vérité. Nous avons un problème pour rassenbler les braises en tant que peuple, tisewatsirarorokeh. Les bûches et les étincelles doivent être rassemblées pour faire renaître la flamme ainsi, nos voix ravivées. nous pourrons nous faire entendre.

Si le feu est éteint, nous n’avons pas de lumière, il est presque impossible de voir. La flamme est le pouvoir du peuple. Le feu unie nos esprits. La lumière va briller fortement lorsque nous aurons décidé de travailler ensemble et de nous aider les uns les autres. Nous devons rassembler la connaissance de tout le peuple et raviver le feu pour le fortifier, ainsi nous verrons tous où sont les problèmes et où sont les solutions.

Le chaos est créé parce que nos esprits sont délibérément influencés depuis l’extérieur de kaiane’re:kowa. Nos ancêtres avaient pensé Kaiane’re:kowa pour aider l’humanité à suivre les instructions originelles pour survivre et coexister entre nous et le monde naturel.

Les créatures rampantes dérangent la paix et l’harmonie. Nous devons maintenir le feu propre en balayant tout objet obstruant nos esprits. Kaiane’re:kowa permet que nous retirions les espions, les traîtres et les conspirateurs vivant au sein de nos vies en provenance du dehors de kaiane’re:kowa.

Nous avons trop de confort, ce qui nous rend impuissants et pacifiés. On dirait que nous attendons le messie sur son cheval de guerre pour arranger nos problèmes. Nous sommes devenus négligents. Seule la vérité attise la flamme. Nous, Onkwe’hon:weh, sommes décidés à remplir nos devoirs de protéger notre droit de naissance et nos enfants.

Joni Mitchell réfléchit sur le dilemne auquel tout le monde doit faire face: “We are stardust. We are golden. And we’ve got to get ourselves Back to the garden”. [Woodstock].

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Nettoyer le pas de porte

 

Mohawk Nation News

 

5 Mai 2016

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2016/05/05/clean-the-house/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Aaron Detlor a organisé la vente de terres des Six Nations à une corporation multinationale tout en faisant croire que les intérêts des gens étaient protégés. En fait il a essayé de nous couper des racines de notre terre-mère. Nous devions être les victimes de saisies, d’impôts et de toutes les obligations municipales afin de nous submerger et de nous détruire dans la dette. Nous devrions en fait l’appeler Aaron Debtlor (NdT: jeu de mot où “debt” en anglais veut dire “dette”…)

Personne ne peut vendre notre Mère. Quiconque a frauduleusement acheté des terrains d’A, Debtlor devrait aller en prison avec lui pour avoir essayé de nous escroquer.

Le journal “Two Row Times” révèle que Debtlor insiste sur le fait que l’Haudenosaunee Development Institute ou HDI n’est pas une entreprise/corporation. Il détient pourtant 50 actions dans “2438543 Ontario Inc.”, une entreprise privée fiduciaire du conseil des chefs de la confédération Haudenosaunee. La véritable solution est la dissolution.

Le 23 avril courant, le HDI a rempli une application avec la province de l’Ontario pour réserver le nom d’ “Haudenosaunee Development Institute”. L’entreprise sera fonctionnalle dans 90 jours en juillet 2016. Le 28 avril 2016, les archives corporatistes montrent que l’entreprise numérotée est toujours active. L’accord de Samsung à Kanekota [à la source de Grand River] a fait placer 250 éoliennes sur notre terre sacrée. Les premières 80 furent normalement saisies par nos femmes et leur conseil, Kohtihon’tia:kwenio en accord avec leurs devoirs et fonctions stipulés dans le wampum 44 de Kaiane’re:kowa.

-[]-Note de Résistance 71: Le Wampum 44 de Kaiane’re:kowa stipule ceci:
44. La ligne de descendance des personnes appartenant aux Cinq Nations se fera par la ligne féminine. Les femmes seront considérées comme les progénitrices de la nation. Elles devront posséder le territoire et la terre. Hommes et femmes devront suivre le statut de la mère.” (traduction Résistance 71) –[]-

Ils ont été avertis que toute éolienne supplémentaire sera notre propriété. Aaron Debtlor fut derrière le “développement” des 250 éoliennes à Kanekota sans jamais en avoir informé quiconque.

Les risques des entreprises commerciale se mettant en cheville avec des INDIENS du système sur les réserves est que “la section 89(1) de la loi sur les Indiens /Indian Act stipule que la propriété d’un INDIEN ou d’une bande (tribu) n’est pas sujette à l’impôt. à la saisie, à la promesse de vente, à l’hypothèque ou à l’exécution.” Seul un autre INDIEN ou autre bande peut saisir la propriété, Debtlor va aller en justice très bientôt pour faire enlever cette protection. Il représente un conjoint non-autochtone d’un “Mohawk” décédé afin de saisir ses biens sur le territoire.

La corporation n’est pas un INDIEN même si son bureau et tous les actionnaires de la société sont des INDIENS sur la réserve.

Toutes les municipalités peuvent dissoudre leurs chartes corporatrices et ne plus être sous le coude et la pression de la jurisdiction de l’amirauté (coloniale). De nouvelles chartes peuvent parfaitement être établies utilisant les instructions originelles de vivre en harmonie avec le monde naturel. D’après Kaiane’re:kowa, les banquiers ne peuvent en aucun cas être des actionnaires privés de toute corporation municipale que ce soit sur Ono’ware:keh (l’Île de la Grande Tortue/amérique du nord)

Nation Mohawk et société organique: « Le processus de la décolonisation a déjà commencé… Le train de la liberté est sur les rails ! »

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“La ré-émergence des sociétés de guerriers parmi les peuples autochtones dans l’ère moderne est un élément de la lutte plus large pour la survie des peuples indigènes d’Amérique du Nord. Les sociétés de guerriers sont un moyen par lequel les peuples indigènes enrtrent en action directe contre la colonisation et l’histoire incessante de leur dépossession. La colonisation a de fait déconnecté les peuples autochtones des sources de leur existence en tant que peuples indigènes. Dans le long processus de la prise de contrôle des nations autochtones, les gouvernements canadiens (fédéral et provinciaux) ainsi que les autres institutions de la société canadienne ont créé une fausse image d’un peuple indigène, image qui correspond aux impératifs de domination, celle du sauvage à la fois vicieux, méchant et noble, l’Indien et maintenant l’Aborigène. Les sociétés du guerriers sont le mieux comprises comme des tentatives d’exprimer une identité autochtone authentique face à ces fausses identités, instrumentalisées par un empire, générées par les Canadiens.”

~ Professeur Taiaiake Alfred, Université de Victoria, 2005 ~

 

L’agenda

 

Mohawk Nation News

 

27 avril 2016

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2016/04/27/the-agenda/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Quand l’avocat du barreau Aaron Detler a été physiquement expulsé des 6 Nations par les hommes comme le stipule Kaia’nere:kowa, cela a signalé le début de la fin du colonialisme. La balle va rouler du camp des Six Nations (confédération iroquoise) vers chaque communauté Onkwe’hon:weh sur Ono’ware:keh et personne ne pourra l’arrêter ! Le colonialisme est une “dictature entrepreneuriale” soutenue par l’armée pour privatiser toute terre et ressources et pour le profit exclusif du plus petit nombre auto-proclamé.
La société doit être basée sur les familles et les communautés qui gèrent toutes les affaires, sur une base égalitaire tout le monde ayant une voix, un mot à dire. Ainsi tout le monde vivra selon les principes des instructions originelles ; ceux qui ne sont pas d’accord devront quitter l’Île de la Grande Tortue (Amérique du Nord).

Notre fond fiduciaire indien, leur arme pour nous matraquer à mort, sera enlevé du contrôle des entrepreneurs. Notre lien à notre terre-mère sera chéri. Notre objectif est un environnement sain et sécure.

Les Etats-Unis, le Canada et autres entreprises coloniales du même acabi seront obsolètes. Les entreprises (nationales et transnationales) qui sont fondées sur notre exploitation et celle de nos ressources seront dissoutes. Toute entreprise adhérera aux instructions originelles. Les entités entrepreneuriales artificielles ne seront plus tolérées ; toutes les affaires commerciales seront transparentes,

Le véritable terroriste nommé [bureau] des “Affaires Indiennes” doit être démantelé. Chaque personne sera libre une fois ceci fait.

Les sélections temporaires d’officiels locaux, l’économie, la finance, la banque, les transports, la sécurité, la sécurité publique et les politiques liées à l’énergie sont tous redevables et doivent répondre aux instructions originelles de notre mère. Aussi loin que tout ceci agit en accord avec sa volonté de survivre et de coexister avec la nature, alors il sera possible aux gens respectueux de rester.

La justice sociale et l’indépendance économique seront basées sur la distribution équitable de tout ce que notre mère produit comme ressources en accord avec les instructions originelles. La science et la technologie doivent bénéficier à vraiment tout le monde, il en va de même pour l’éducation, la santé, l’environnement, la biodiversité, l’industrie, la qualité de vie et la sécurité. Les secteurs financiers incluant les banques et les assurances se conformeront aux instructions originelles.

Nous conduirons toutes relations avec les autres pays. Les colons établis comme Trudeau et Obama ne pourront plus prétendre représenter Onkwe’honweh (peuples autochtones) dans le monde.

Personne ne peut prendre notre terre-mère en propriété. Nous avons été placés ici pour mettre en place et faire respecter les instructions originelles sur notre si belle Istah.

Le processus de décolonisation a commencé, le train de la liberté est sur les rails.
Comme le disent si bien Aerosmith: “All aboard, all aboard. All aboard track 19, for the train to freedom. I said the train kept a’rollin all night long. The train kept a rollin, get along. Train kept a’rollin”. [Train kept a’rollin].

= = =

“L’État avec ses frontières et les nations avec leurs conflits sont des substituts pour un esprit non existant du peuple et de la communauté. L’idée de l’État est une imitation artificielle de l’esprit, une illusion, qui accouple des objectifs qui n’ont rien à voir les uns avec les autres, qui n’ont aucune racines en un tel terreau, comme l’ont les merveilleux intérêts d’un langage et de coutumes communes, les intérêts d’une vie économique (nous avons vu ce qu’est la vie économique aujourd’hui !) avec un certain territoire. L’État, avec sa police, toutes ses frontières et ses institutions régissant la propriété privée, n’existent pour le salut de l’Homme que comme un misérable substitut à l’esprit sociétaire et aux groupes humains ayant un but commun.”

~ Gustav Landauer, 1911 ~

 

Démolir la maison

 

MNN

 

29 Avril 2016

 

url de l’article:

http://mohawknationnews.com/blog/2016/04/28/tear-the-house-down/

 

Traduction Résistance 71

 

La “maison de la torture”, le bureau des Affaires Indiennes, est une organisation criminelle. Déjà en 1969, le gouvernement libéral du Canada avait décidé d’arrêter les Affaires Indiennes en leur retirant leurs obligations, leur budget, protections et responsabilité. Au lieu de nous libérer et de nous rendre toutes nos possessions, nous allions être poussées dans les rues pour y crever, comme durant la désastreuse politique de termination des années 1950 aux Etats-Unis. Notre fond fiduciaire indien est la massue utilisée pour essayer de nous finir.

Avant que la maison ne s’effondre, un décorticage total sous forme d’audit légal doit être effectué au sujet des “Affaires Indiennes” et de son appareil mafieux. Le “don” de cette mafia est le “premier ministre”. Ses porte-flingues sont appelés “provinces”, “ministres”, “juges” et “forces armées”. Ils divisent notre territoire où ils font régner leurs règlements et collectent de l’argent de “protection” (racket sous forme d’imposition). Des serments “de sang” sont faits à leur “queenie” (reinette). Les conseils de bandes (Canada) et de tribus (USA) aspirent à devenir des membres à part entière afin de nous terroriser. Beaucoup d’avocats et de consultant améliorent leurs carrières et font leurs choux gras des fausses enquêtes sur les actes criminels commis par le Canada, comme ce fut si évident avec la Commiission Vérité et Réconciliation (CVR). Tout ceci est fait pour que jamais ne soient résolues ces affaires criminelles.

Les conseils de bandes et de tribus aspirent à devenir des membres à part entière pour nous terroriser. Une fois que la loi sur les Indiens (Indian Act) et les Affaires Indiennes seront dissoutes, il y aura une relation correcte qui s’établira selon teio’hateh (NdT: wampum deux rangées aussi appelé guswenta). Ils resteront dans leur bateau et ne tireront pas notre canoë.

L’état-major de guerre se situant dans la tour de la terreur à Ottawa doit être fermé. Les colons établis corrigeront les torts commis en vivant en accord avec tous les accords des droits humains que le Canada ne fait que prétendre soutenir internationalement.

Kaia’nere:kowa, nos instructions originelles, gouvernera notre terre et tout ce qui se trouve dessus. On prendra de nouveau soin de notre mère. L’héritage de nos enfants pas encore de ce monde sera restauré et la totalité de l’Île de la Grande Tortue redeviendra de nouveau superbe.

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A lire: Le plus “amérindien” des penseurs anarchistes: Gustav Landauer (1870-1919) et son œuvre phare: “Appel au Socialisme” dont nous avons traduit de très larges extraits:

https://resistance71.wordpress.com/2016/01/27/appel-au-socialisme-pour-la-societe-des-societes-gustav-landauer-1ere-partie/ et suivant…

=> Nous avons traduit la Grande Loi de la Paix (Kaiane’re:kowa) dans son intégralité (117 wampums) en français pour que tous sachent, que tous puissent s’en inspirer pour reconstruire nos sociétés, de la base, ici et maintenant.

~ La Constitution de la Confédération Iroquoise (XIIème siècle) ~

Pour un nouveau paradigme politique et social: Anarchie et écologie

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Le texte ci-dessous n’est pas spécifiquement taillé pour résoudre la crise écologique. En fait la crise écologique actuelle n’est qu’une partie d’une crise qui englobe l’ensemble des sociétés occidentales fondées sur la dictature politico-économique de ce qui est appelé “le marché”, ceci affectant la planète dans son ensemble dans la mesure où l’occident est la société coloniale dominante et oppressante. Ce texte peut et doit aussi s’appliquer avant tout à toute volonté et tentative de changer de paradigme politique.

De toute évidence, ce genre de considération devrait être à l’ordre du jour des mouvements comme “Nuit Debout” avant qu’ils ne soient récupérés, phagocytés par l’appareil politico-étatique, si ce n’est pas déjà fait.
Réfléchir ensemble ne doit pas nous empêcher d’agir ensemble car les palabres sans action ne demeurent que du vent au même titre que les actions sans réflexion politique ne sont que de l’activisme aveugle !

~ Résistance 71 ~

 

Anarchie et écologie

 

Robert Graham

 

20 mars 2016

 

url de l’article:

https://robertgraham.wordpress.com/2016/03/20/anarchy-and-ecology/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les anarchistes ont été de longue date les avocats de communautés décentralisées et d’une technologie durable à l’échelle humaine. Dans les années 1940, Ethel Mannin a établi des connexions entre l’augmentation de la dégradation de l’environnement, les structures de pouvoir existantes et l’inégalité sociale écrivant “qu’aussi longtemps que l’humain continue d’exploiter le sol pour le profit, il sème sa propre destruction, non pas parce que la Nature devient son ennemi, répondant à sa machinerie et sa chimie galopantes par une croissance de l’infertilité, la réponse ultime par l‘étendue désertique, mais parce que son attitude générale envers la vie est totalement désaxée, ses dieux deviennent l’argent et le pouvoir, les guerres, le chômage et le travail inutile deviennent son inévitable portion.Murray Bookchin a étendu cette critique dans les années 1960 argumentant que “la ville moderne… la massive technologie du charbon et de l’acier de la révolution industrielle, les systèmes encore plus rationnalisés de production de masse et les systèmes d’assemblage à la chaîne de l’organisation du travail, la nation centralisée, l’état et son appareil bureaucratique, ont tous atteint leurs limites,” diminuant “non seulement l’esprit humain et la communauté, mais aussi la viabilité de la planète et tout être vivant.

Bookchin était fondamentalement opposé à ces environnementalistes/écologistes qui considéraient les structures de pouvoir existantes pour éviter un effondrement écologique ou une catastrophe. Ceci parce que “la notion que l’Homme soit destiné à dominer la Nature provient de la domination de l’homme par l’homme et la domination du jeune par le plus vieux”. En conséquence, la voie de sortie de la crise écologique ne peut pas venir, se renforcer ou se reposer sur ces structures hiérarchiques de pouvoir qui ont de fait amené cette crise, mais au travers de l’action directe, qui pour Bookchin est “le moyen par lequel chaque individu s’éveille aux pouvoirs cachés en son sein et développe un nouveau sens d’auto-confiance et d’auto-compétence, c’est le moyen par lequel les individus prennent contrôle de la société directement, sans ‘représentants’ qui tendent à usurper non seulement le pouvoir mais aussi la personnalité d’un ‘électorat’ passif et spectateur qui vit dans l’ombre de l’élu.

Dans son Entr’aide mutuelle, facteur de l’évolution, Kropotkine a argumenté que non seulement l’état n’influait aucunement positivement sur le changement social étant donné les intéréts qu’il représente, mais que se fier au pouvoir étatique rend les gens de moins en moins capables de gérer et de diriger leurs propres affaires de manière collective, car “en proportion de la croissance des obligations envers l’État de plus en plus de citoyens sont exemptés de leurs obligations les uns envers les autres.” Comme le dit Michael Taylor “sous le pouvoir de l’État, il n’y a aucune pratique de la coopération et aucune croissance d’un sens de l’interdépendance dont dépend la coopération.

Parce que la crise écologique ne peut être résolue qu’au travers de l’action et de la coopération d’un nombre incalculable de personnes, au lieu de renforcer l’État, les gens devraient écouter l’appel anarchiste pour la décentralisation en recherchant à désagréger “les grandes sociétés en sociétés plus petites, plus gérables” et en résistant “à l’agrandissement des sociétés et la destruction des plus petites,” faisant ainsi la promotion de la coopération et de l’autogestion des activités desquelles dépend ultimement un changement social de grande envergure.

Autrement, comme l’a argumenté Paul Goodman, nous sommes coincés “dans un cercle vicieux, pour le simple exercice d’un pouvoir abstrait, de gestion et de coercition, ce qui tend à gêner et à aliéner, à diminuer la fonctionalité et à diminuer l’énergie… la conséquence de ce processus est de nous mettre en fait dans un état continu d’urgence, ainsi le pouvoir crée son propre besoin.” Pour que l’urgence ou la crise soit correctement résolue, il doit y avoir un profond changement de la structure sociale, incluant de se débarrasser du pouvoir de souveraineté nationale.

Résistance politique: Pour ne pas oublier l’Espagne 1936… Une nouvelle organisation politique et sociale qui fit trembler les instances étatique en Europe

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, économie, démocratie participative, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, syndicalisme et anarchisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 18 avril 2016 by Résistance 71

“Mais heureusement il existe aussi une façon d’imaginer le socialisme tout à fait différente. Ce qui attire le commun des humains au socialisme, ce qui fait qu’ils sont disposés à risquer leur peau pour lui, la “mystique” du socialisme, c’est l’idée même d’égalité ; pour l’immense majorité des gens, le socialisme signifie une société sans classes ou il ne signifie rien du tout. Et c’est à cet égard que les quelques mois passés dans les milices ont été pour moi d’un grand prix. Car les milices espagnoles, tant qu’elles existèrent, furent une sorte de microcosme d’une société sans classe.”

~ George Orwell ~

Souvenons-nous des compagnons espagnols (1936-39) et avant eux des makhnovistes ukrainiens (1918-1923), des révoltés de Kronstadt (1921) du mouvement ouvrier expropriateur italien (1920) tous trahis par les étatistes communistes larbins du système de marché en place et avant eux, des Communards de Paris (1871) trahis et quasi-exterminés par une république dite “modérée”. Ces évènements historiques devraient faire comprendre à tout à chacun que l’État organisé, monarchiste, républicain, fasciste brun ou fasciste rouge, est prêt à tout pour préserver le statu quo oligarchique dont il est le cerbère pour ses maîtres de la haute finance et de la grosses industrie transnationales et que l’intérêt général n’est en AUCUN CAS son objectif politique et social, mais qu’au contraire tout est mis en œuvre pour le maintien des privilèges du plus petit nombre.

¡Ya Basta!

~ Résistance 71 ~

 

Un dimanche de la vie, la révolution espagnole 1936-39

 

Olivier Pinalie

 

Extraits tirés de son livre éponyme, Editions du Monde Libertaire, 2006

 

~ Compilation de Résistance 71, Avril 2016 ~

 

1ère partie “La nouvelle organisation sociale”

2ème partie “La trahison communiste”

 

Passé sous silence

 

La guerre d’Espagne demeure une référence de l’histoire du XXème siècle. Le signe avant-coureur d’une catastrophe, la porte de l’enfer. Répétition du prochain conflit mondial, elle précipite la stratégie militaire vers la guerre totale et l’issue des armes, installe une dictature en Europe pour près de quarante ans,

La guerre civile devient ainsi un combat exemplaire et l’Histoire perpétue le souvenir du sursaut héroïque des combattants républicains refoulant obstinément les troupes fascistes devant Madrid, ¡No Pasaran! Mais cette histoire qui comble nos regrets et nos faiblesses est une fiction idéale. En nous présentant d’abord la guerre civile comme un affrontement entre le république et le fascisme, elle falsifie la réalité, en assimilant ensuite l’antifascisme au sentiment national républicain, elle dévoie le sens de la guerre. La lutte contre Franco, emmenée par les travailleurs, le fut au nom de la révolution sociale.

[…] La révolution est devenue “le détail de” la guerre d’Espagne et cette guerre elle-même, un simple prélude à notre propre histoire (la seconde guerre mondiale), perdant du même coup toute sa complexité. Les livres d’histoire ont consacré la disparition de la révolution, prouvant une fois de plus s’il en était besoin, que l’ambition de la “société du spectacle” est de nous faire oublier toute connaissance objective. Le mépris général pour “l’esprit historique” est une conséquence de ce désastre dont nous pouvons mesurer les effets chaque jour dans nos vies.

[…] Cette illusion rétrospective dissimule mal nos propres lâchetés. L’abandon par la France du Front Populaire de son alliée espagnole et la politique de non-intervention préfigure l’esprit des accords de Munich. Devant l’évidence de l’agression fasciste, l’Europe se tait, feignant de croire à un accord de paix. La guerre d’Espagne ne servit de leçon à personne, sauf pour l’Allemagne et l’Italie.

[…] Le mouvement populaire espagnol qu’inspirent et animent les anarchistes montre alors de telles ressources pour organiser en peu de temps une société nouvelle qu’il dépasse le seuil de l’anecdote pour s’imposer comme une véritable alternative révolutionnaire. Mais cette expérience extraordinaire ne se poursuivra pas au delà de 1938 et ce bref tour de magie palpite désormais comme une éternelle apologie de l’insurrection populaire.

La révolution subit bientôt ce sort singulier d’être anéantie par l’effort de guerre du Front Populaire, c’est à dire par ses propres alliés, plutôt que par l’armée franquiste.

[…] En France, alors que les ouvriers apportent un soutien enthousiaste à la révolution espagnole, voilà comment Maurice Thorez, SG du PCF, juge les évènements : “Les anarchistes ne cherchent pas à lutter contre les fascistes, mais à manifester leur animosité contre les communistes et l’URSS. Ils prêchent la collectivisation, ce qui est un crime.” Cette version est mot pour mot conforme à la propagande de l’époque. Le gouvernement républicain et la presse communiste espagnole ont dissimulé une réalité trop exaltante en réduisant la vérité à des informations sommaires, dénonçant la révolution comme un foyer d’idéalistes qui promettent la victoire, ou la discréditant en la présentant comme une série de crimes sordides. Ils ont entrepris dès le début de la guerre de dissimuler puis de réprimer la révolution avant de la faire échouer en se servant de l’organisation militaire comme un prétexte. Ces luttes intestines entre ceux que l’on appelle pudiquement “les républicains” pour ne pas avoir à rappeler la grosse participation anarchiste, vont peser lourdement sur le sort de la guerre.

[…]

L’Espagne libertaire

La transition révolutionnaire n’a pas eu de modèle univoque et si certains villages se sont imposés un système ingénu, les collectivités n’ont jamais tenté de restaurer un passé communautaire ancestral, rétrograde et anti-moderniste.

[…] Les anarchistes espagnols ne sont pas des cadres doctrinaires mais des intellectuels, des paysans et des travailleurs syndiqués, tous impliqués dans la vie sociale. Leurs idées libertaires s’accommodent de la réalité pour développer souvent une réelle efficacité productive. Les structures collectives autogestionnaires varient d’un village à l’autre et si les nouveaux comités recourent à l’expropriation des grands domaines, ils tolèrent néanmoins la co-existence de la petite propriété.

[…]

Le modèle espagnol

A la veille de la guerre civile, la situation en Espagne est difficilement compréhensible pour le reste de l’Europe. C’est un pays souvent mal connu, qu’on considère souvent comme “arriéré”, vivant replié sur ses traditions féodales (la constitution de 1931 étant pourtant une des plus progressistes de son temps, qui donne le droit de vote aux femmes…). L’Espagne est un pays très différent du reste de l’Europe.

[…] L’Espagne vit, de plus, une sorte de bipolarisation sociale qui excite la crise. La classe dirigeante qui représente 1% (ou moins) de la population gère les affaires du pays sans aucune concessions aux travailleurs. La bourgeoisie se trouvant incapable de jouer son rôle historique de lien social, les classes populaires se sont repliées sur leurs propres structures.

[…] Cette opposition radicale aux classes dirigeantes crée une culture propre à la classe ouvrière et détermine le caractère affectif de l’engagement politique des Espagnols. Ils n’ont pas le choix. L’agriculture représente en tant qu’activité économique principale du pays, plus de 50% du revenu national et presque les deux tiers des exportations, avec 70% de la population vivant de la terre (Note de R71: la situation n’est pas si différente en France qui est demeuré un pays essentiellement rural jusqu’aux années 1950-60). La division de la terre est le premier facteur d’inégalité sociale et déséquilibre toute l’économie espagnole.

[…] Le monde rural est totalement soumis aux caciques qui exercent pour le compte des grands propriétaires, une autorité directe sur les paysans. De leur côté, l’administration et la garde civile signalent et répriment toute occupation illégale des terres. Lors des élections, ces hommes de main dissuadent toute opposition ou bien assassinent simplement les récalcitrants. Le système d’inégalité se reproduit, intact.

L’église, recours traditionnel des classes populaires, qui maintenait la cohésion sociale sinon une véritable identité nationale, a perdu peu à peu son ascendant. Alors qu’au début du XIXème siècle, des prêtres conduisaient la guérilla contre l’armée française, moins d’un siècle plus tard, une grande majorité de la bourgeoisie libérale et des classes populaires a perdu la foi. Le courant rationaliste qui marque le reflux du catholicisme dans toute l’Europe et la rigueur du clergé espagnol qui met à l’amende les passants qui ne s’agenouillent pas lors des processions solennelles, ne sont pas les raisons principales de l’athéisme espagnol.

Les autorités ecclésiastiques ont choisi leur camp. L’église est l’un des plus gros propriétaires terriens de l’Espagne (Note de R71: pas qu’en Espagne du reste…). Ses biens représentent une fortune jalousement gardée et discrètement administrée. Elle exerce le monopole sur l’enseignement et ses positions réactionnaires la portent à défendre systématiquement propriétaires, aristocrates et députés conservateurs. Les principaux ordres négligent les œuvres sociales pour investir dans l’industrie et la banque, tandis que dans les paroissses, les prêtres condamnent violemment les mouvements sociaux autant que le réformisme le plus timide.

Lorsque Franco déclenche l’insurrection, l’église prend massivement son parti, jusqu’à soutenir activement les militaires. Des couvents et des monastères sont transformés en arsenaux, on tire même depuis les églises. En fait l’épiscopat espagnol tout entier s’engage dans la guerre, invoquant une véritable condamnation théologique de la République pour exhorter les soldats nationalistes à la guerre sainte et légitimer les massacres de la répression au nom de la foi catholique. (Note de R71: N’oublions pas que l’inquisisition espagnole n’a officiellement cessée que depuis 1834 c’est à dire moins de 100 ans auparavant. Quand les prêtres menaient la guérilla contre les armées napoléoniennes, l’Espagne était toujours sous le pouvoir inquisitorial…). A Palma de Mojorque, l’évêque local bénit les mitrailleuses et les bombardiers italiens avant l’attaque.

[…] Seul le clergé basque, traditionnellement attaché à ses paroisses populaires, reste fidèle à la République. Les prêtres basques enverront même une requête officielle au Saint Siège pour que celui-ci évite de prendre part au conflit. Requête inutile puisqu’en Mars 1939, le pape enverra un télégramme de félicitations à Franco. En Espagne, l’église est bien un appareil d’état et cet État, le peuple espagnol ne le reconnaît plus comme sien.

L’industrie n’échappe pas au monopole des classes dirigeantes. Elle s’est ouverte au capital international. Le roi Alphonse XIII par exemple, sans aucune concertation, mais contre une très large commission et un téléphone en or, octroie la concession d’exploitation des téléphones madrilènes à la International Telefon and Telegraph Company (Note: l’IT&T américaine).

Ce sont en majorité des trusts anglo-saxons qui gèrent l’industrie espagnole. Ce lobby industriel prend fait et cause pour Franco et défendra la politique de non-intervention qui isolera la république durant la guerre. (Note de R71: ce même lobby industrio-financier anglo-saxon finance également Hitler et Mussolini et avait financé Lénine et Trotsky auparavant…)

Le mouvement ouvrier et l’anarcho-syndicalisme

En Octobre 1868, lorsque Fanelli, l’émissaire de Bakounine arrive en Espagne, le peuple espagnol a déjà pris conscience de ce violent antagonisme de classe… Ses propos frappent par leur inovation: “Tout exercice de l’autorité corrompt et toute soumission avilit” dit-il. La pensée de Bakounine trouve un écho familier chez les Espagnols qui subissent une domination sans partage et entretiennent un idéal de liberté absolue. Ils se découvrent une affinité évidente avec les thèses de l’Anarchie et dès l’année suivante, ils créent une section espagnole de l’Internationale dont le tout premier congrès réunit plus de 40 000 personnes. Le mouvement prend un essor rapide et en 1891, les anarchistes espagnols reçoivent l’anarchiste italien Errico Malatesta à Madrid. […] Les mouvements gagnent les campagnes aussi bien que les grands centres industriels Les réactions populaires sont parfois violentes, désordonnées, mais aucune répression ne vient à bout de l’agitation qui traverse le pays.

[…] Le mouvement ouvrier se dessine peu à peu, le parti socialiste est fondé en 1879, suivi en 1888 par la centrale syndicale socialiste de l’U.G.T ou Union General de los Trabajadores (Union Générale des Travailleurs). Le mouvement anarchiste, le plus souvent illégal, existe sous différentes appellations avant le congrès des Beaux-Arts qui créent officiellement la CNT en 1910 (Confederacion Nacional del Trabajo ou Confédération Nationale du Travail). La CNT se définit sur le modèle du syndicalisme français de la charte d’Amiens (1906) qui propose le syndicat comme un moyen de lutte contre l’État et la bourgeoisie ainsi qu’une base structurelle pour l’organisation de la future société révolutionnaire. Mais la CNT se démarque de son modèle français. Il s’agit d’une centrale syndicale dont les structures originales et l’objectif politique, le communisme libertaire, marque la naissance de l’anarcho-syndicalisme. Le communisme libertaire se donne pour but l’organisation d’une société sans classes et le fonctionnement de cette société sur la base du fédéralisme et de la libre et nécessaire association. Ses membres sont des ouvriers et paysans dont aucun des représentants n’est appointé. La CNT vit grâce aux cotisations et aux dons de ses adhérents. En 1924, un groupe d’anarchistes parmi lesquels on reconnait Buenaventura Durutti, attaque la banque de Gijon et s’empare de 650 000 Pesetas. Quant aux fédérations locales les plus démunies, comme celle d’Andalousie, elles sont dispensées de cotisations. La fédération est organisée en groupes locaux où l’on se réunit par affinités ; ainsi nul groupe n’exerce de pression sur ses membres.

[…] Dès le début du mouvement anarchiste en Espagne, les fédédérations andalouses, malgré leur isolement et leur manque de moyens, décident de passer à l’action. Pendant près de 60 ans, ses militants vont harceler le gouvernement sans désarmer. En 1880, le fisc ordonne la saisie de lopins de terre, provoquant une réaction immédiate des paysans. Des incendies ravages les vignobles des grands propriétaires de la région de Xérès. On compte une quinzaine de soulèvement dans toute la province. Une imprimerie clandestine est découverte à Malaga. En 1882, la fédération andalouse recense 300 047 affiliés. Devant la recrudescence de l’action directe, le gouvernement invente alors le complot imaginaire d’une organisation anarchiste fictive, la “Mano Negra”, pour justifier de la répression systématique. (Note de R71: déjà une action typique sous “faux-drapeau” pour justifier de la répression et de la suppression de libertés individuelles au profit de la “sécurité”, mise en danger par l’État lui-même…) Des exécutions ont lieu dans toute l’Andalousie sans parvenir à décourager l’opposition. En 1892, à Jerez de la Frontera, les paysans prennent la ville aux cris de “¡Viva la Anarquia!” Ils sont massacrés par l’armée. Pourtant, ni la vigilance de la police, ni les renforts de troupes ne peuvent empêcher le cycle des grèves de recommencer. L’Andalousie est paralysée par une série de grèves entre 1903 et 1905 puis entre 1917 et 1919.

Les milieux anarcho-syndicalistes portent la contestation à tous les secteurs de l’économie et animent bientôt le mouvement politique le plus puissant d’Espagne. En 1918 plus de 50 villes andalouses possèdent leur propre journal libertaire et la CNT publie 6 quotidiens à Barcelone, Bilbao, Madrid, Saragosse, Valence et Séville. Dans les villes, des écoles libres sont fondées par Francisco Ferrer, qui sera exécuté en 1919.

[…] Les anarchistes deviennent ainsi l’obsession ultime du gouvernement. Sous le règne d’Alphonse XIII (1902-1923) puis sous la dictature de Primo de Rivera (1923-1930), comme sous la république, la CNT devient la cible privilégiée de la répression. La prison devient un moyen de la formation politique des militants. En 1933 il y a plus de 9000 militants anarchistes en prison, ceux-ci forment des comités de défense et d’analyse politique dans les prisons. Dans la lutte contre le gouvernement, la violence atteint son paroxysme dans les années 1920. En effet, le patronat a maintenant recours à des gangs de “pistoleros” pour terroriser les militants syndicaux. A Barcelone, entre 1917 et 1922, on compte 1472 attentats mortels, dont contre 753 ouvriers, 112 policiers, 95 patrons, 52 contre-maîtres. Plusieurs responsables importants de la CNT sont assassinés dont Salvator Segui en 1923.

Cette lutte incessante et dangereuse accuse un peu plus le différend qui oppose les deux tendances de la CNT. Si tous ont accepté d’adhérer à l’AIT anti-autoritaire (Association Internationale des Travailleurs) depuis l’exclusion de Bakounine et des anarchistes de l’Internationale et condamnent la dérive autoritaire du régime stalinien, l’activité intérieure de la Centrale syndicale ne fait plus l’unanimité.

[…] En 1927, des anarchistes espagniols et portugais créent la FAI (Federacion Anarquista Iberica), comme un pendant théorique de la CNT syndicaliste. Cette organisation va très rapidement cristalliser la haine et les fantasmes les plus noirs du gouvernement espagnol et de la bourgeoisie. Mais la CNT reste fidèle à ses principes et c’est sous le sigle combiné de CNT/AIT que les deux organisations continuent la lutte révolutionnaire. Le débat n’en est pas pour autant clos entre les anarchistes. Certains militants de la FAI comme Buenaventura Durutti et Diego Abad de Santillan, remettent en cause le syndicalisme anarchiste. Le syndicat n’est-il pas une forme de “législation de la classe ouvrière” ? Comme tel, le syndicat a donc d’une manière ou d’une autre partie liée avec le pouvoir. Son rôle de médiateur entre les ouvriers et le patronat l’oblige à une conciliation dans les conflits sociaux. Or, cette situation, même si elle peut se retourner parfois à l’avantage des ouvriers, retourne aussi le syndicat en instrument de la domination bourgeoise, car il y perd son objectif révolutionnaire. Durruti critique cet effet pervers normatif du syndicat sans pour auant quitter la CNT où sa personnalité représente pour de nombreux militants, la garantie d’un syndicalisme intransigeant et anti-autoritaire.

[…]

De la république éphémère au Front Populaire

En 1931, des élections portent enfin la république au pouvoir. Mais le nouveau gouvernement ne s’engage que timidement sur la voie des réformes. Les paysans qui espèrent la confiscation des grands domaines et une répartition plus équitable des terres sont déçus. Aucune législation du travail ne vient alléger le sort des ouvriers. Les émeutes et les grèves reprennent, réprimées avec la même brutalité.

[…] En 1934, c’est le soulèvement des mineurs des Asturies. Pendant une semaine la république des travailleurs devient une réalité, mais l’armée intervient et malgré les promesses faites aux insurgés qui se rendent, les mineurs sont exécutés en masse. Un jeune général s’illustre au cours de cette campagne, Francisco Franco Bahamonde. Le martyr de la “commune des Asturies” choquent profondément les Espagnols, renforçant la cohésion des mouvements populaires.

Sur la base du slogsan U.H.P (Unidos Hermanos Proletarios) l’opposition se regroupe en préparation des élections a venir.

[…] En rompant avec sa tradition apolitique, la CNT n’a donné aucune consigne d’abstention à ses militants. La plupart d’entre eux ont voté pour la coalition du Front Populaire sur la promesse d’une libération immédiate des prisonniers politiques. En 1936, La CNT est la première formation politique en Espagne. L’UGT compte 1 447 000 adhérents, le Parti Communiste espagnol ne compte que 133 000 adhérents et la CNT en a 1 577 000 sur une population de 23 millions d’Espagnols à l’époque. Ceci a donné la victoire électorale au Front Populaire.

[…] La démocratie bourgeoise issue des élections va pourtant reproduire les mêmes erreurs que le gouverneent républicain précédent. Elle recrute parmi les travailleurs des leaders réformistes et néglige toujours d’entreprendre des réformes en profondeur de la société espagnole. Rapidement la situation sociale lui échappe complètement et dans un effort désespéré pour enrayer les grèves générales et leur mouvement de fond, elle envoie la police arrêter les grévistes. La grève est déclarée illégale et toutes les maisons des syndicats sont fermées. De son côté la droite conclut que la démocratie est intolérable et prépare le soulèvement militaire.

[…] Le 17 Juillet 1936, le soulèvement annoncé éclate à Melilla au Maroc espagnol. L’armée et les troupes coloniales s’emparent de tous les points stratégiques de la colonie. Quelques heures plus tard alors qu’il est déjà maître du Maroc, Franco fait une déclaration solennelle (Note de R71: le tristement célèbre “Pronunciamento”) à la radio qui est retransmise sur le continent. Il proclame la loi martiale sur tout le territoire espagnol. Le mot de passe de l’insurrection passe très rapidement à travers la péninsule et les garnisons se soulèvent à leur tour.

[…]

La guerre et/ou la révolution

[…] La CNT lance un mot d’ordre de grève générale et contournant la censure, adresse des instructions précises aux militants de toutes les fédérations.

[…] La révolution espagnole excède le sens ordinaire des évènements, car c’est une tentative des travailleurs pour rompre justement avec le sens de l’Histoire, avec la fatalité de l’origine qui condamne le peuple à obéir toujours.

LE DIMANCHE 19 JUILLET 1936, LE PEUPLE EN ARME DECIDE QUE CE DIMANCHE SERA LE DERNIER ET QU’IL DURERA TOUJOURS…

Comme dans un roman de Raymond Queneau où les personnages se rencontrent toujours après la “fin de l’histoire”, le peuple espagnol entend désormais “vivre libre”.

[…] Les anarchistes qui sont peu habitués au jeu politique au sein des structures bureaucratiques dont ils sous-estiment l’importance, n’envisagent pas la prise du pouvoir comme l’exercice d’une domination, mais comme une nécessaire association. La prise de pouvoir ne représente rien en soi sans un consentement et une participation de masse. Il y a donc de leur part, une volonté de rompre avec le pouvoir traditionnel en ouvrant le dialogue, mais aussi un grand manque d’habitude du jeu politique dangereux. Car dans ces circonstances où l’adversaire se présente comme un allié, cette conception anti-totalitaire et fondamentalement démocratique les met à la merci de l’opposition.

Le POUM (Partido Obrero de Unificacion Marxista), né d’une scission de la dissidence communiste d’inspiration trotkiste, a été fondé en 1936 par Andrès Nin et Joaquin Maurin. C’est le seul parti à mettre en garde la classe ouvrière contre la collaboration. Dès le début du conflit, le POUM milite pour une victoire sans concession de la révolution.

[…] L’Espagne se divise en deux blocs géographiques adverses.

[…] L’armée débarque donc en Andalousie où le général Queipo de Llano est déjà maître de Séville. Elle se déploie sur la plus grande partie de la province n’y rencontrant que des paysans armés de fusils de chasse et de fourches qui ne peuvent resister à une telle offensive. Les militaires occupent villes et villages, se livrant à une répression systématique. Les combattants sont exécutés sommairement tandis que l’on traque les militants syndicaux et les sympathisants républicains. Des listes noires, savamment établies avant la guerre, servent à l’épuration.

Georges Bernanos qui séjourne alors à Palma de Majorque (aux îles Baléares) est bouleversé par l’ampleur de la répression. Catholique et monarchiste, il est plutôt favorable au début aux nationalistes, mais il est très vite écœuré par la bonne conscience avec laquelle les militaires franquistes assasinent des innocents. A Palma, des camions militaires attendent les paysans au retour des champs.

Note de R71: Tout comme durant la semaine sanglante de la Commune de Paris de 1871, ou la répression sanguinaire par les bolchéviques de la jeune URSS de l’insurrection de Kronstadt, répression à laquelle Trotski, agent prouvé de Wall Street, participa activement en tant que chef de l’Armée Rouge, les États, quels qu’ils soient, répriment sauvagement ceux qui ont “osé défier” le statu quo oligarchique. Tout comme la torture, les massacres servent autant à punir qu’à tenter de dissuader le peuple de recommencer et pourtant… il recommence et un jour, il n’aura plus à le faire parce que la victoire de la révolution sociale sera établie. Celle-ci ne viendra pas par les armes, mais par l’avènement de la “société des sociétés” organique des associations libres confédérées, qui rendra l’État et ses institutions répressives et archaïques totalement obsolètes.

Comme le disait Victor Hugo: “Rien n’arrête une idée dont l’heure est venue.Jusqu’ici, il n’y a pas eu de “révolution”, il n’y a eu que des brouillons. Il n’y en aura qu’une et ce sera la bonne !

Rien qu’à Séville, un mémoire du collège des avocats cité par Peirats déclare que 9 000 ouvriers ont été victimes de la répression. Dans son fief andalou, Queipo de Llano a radicalisé les nouvelles dispositions répressives prévues par la junte militaire. Les tribunaux d’exception qui continueront de fonctionner pendant toute l’après-guerre appliquent une justice arbitraire et expéditive qui décime l’Espagne.

Arthur Koestler qui sera arrêté lors de la chute de Malaga témoignera de la terreur quotidienne qui règne dans les prisons franquistes.

En 1939, près de 100 000 prisonniers politiques ont déjà été passés par les armes. Le régime franquiste ne se débarrassera d’ailleurs jamais de cette hystérie meurtrière puisqu’en 1974, soit un an avant sa mort, Franco continuait de faire garrotter ses opposants politiques.

[…] De façon tout à fait imprévue, c’est le coup d’état qui a donné l’impulsion décisive, le signal de la révolution espagnole. L’insurection (de l’armée) provoque en effet une prise de conscience d’une partie de la classe ouvrière encore confiante dans le Front Populaire, réuinissant en même temps les conditions favorables à la prise du pouvoir.

[…] L’expérience de la lutte clandestine a permis aux anarchistes de réagir rapidement à l’insurrection en organisant une véritable guérilla urbaine. Grâce à cette structure clandestine, La CNT tenait des informateurs au sein même de l’armée qui ont pu prévenir rapidement les comités de quartiers. Les militants cénétistes ont joué un rôle décisif dans l’organisation rapide de la résistance, dont la mobilité et la détermination a surpris les militaires espagnols.

[…] En Août 1936, un responsable de la CNT, Diego Abad de Satillan échaffaude un plan pour détourner une partie de l’or de la banque d’Espagne, mais devant l’opposition catégorique de la direction, il renonce à son projet. Ce respect de l’institution bancaire nous rappelle un précédent célèbre. En 1871, les ouvriers de la Commune de Paris avaient eux aussi épargné la Banque de France.

[…] La plupart des militaires et de nombreux fonctionnaires de l’administration ont rejoint les rebelles. La police et les institutions sont paralysées. Aristocrates, propriétaires, commerçants, bourgeois se sont enfuis ou se cachent, abandonnant leurs biens. Les capitaux ont déserté l’Espagne et les chancelleries européennes submergent le gouvernement espagnol du Front Populaire de réclamations, exigeant des garanties sur leurs investissements. Le gouvernement a perdu toute autorité.

[…] Il y a bien une imposture délibérée à commémorer la guerre d’Espagne comme une lutte exemplaire contre le fascisme sans évoquer l’idéal de ces hommes et de ces femmes qui ont combattu et sont morts sans distinguer la guerre de la révolution. George Orwell qui a rejoint une colonne du POUM témoigne de cette volonté inouïe de tout changer tout de suite: “On s’était efforcé de réaliser dans les milices une sorte d’ébauche de société sans classes. Bien sûr ce n’était pas l’égalité parfaite, mais je n’avais encore rien vu qui s’en rapprochât autant et que cela fût possible en temps de guerre n’était pas le moins surprenant ; car les milices espagnoles tant qu’elles existèrent, furent une sorte de microcosme de la société sans classes.”

 A suivre…

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