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Résistance politique: État sioniste et ingérence politique, une dénonciation israélienne…

Posted in actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 18 janvier 2017 by Résistance 71

Les opérations noires d’Israël contre les gouvernements étrangers sont immorales et paranoïaques

 

Yossi Melman

 

10 janvier 2017

 

url de l’article en français:

http://arretsurinfo.ch/les-operations-noires-disrael-contre-les-gouvernements-etrangers-sont-immorales-et-paranoiaques/

 

L’état d’esprit dominant au sein du gouvernement israélien est que le « monde est contre nous ». Mais laisser des gens comme Shai Masot calomnier des politiques étrangers ne peut que mal tourner.

Lorsqu’on a appris qu’un responsable d’ambassade israélienne conspirait pour « faire partir » des députés, le principal suspect fut le ministère israélien des Affaires stratégiques. Ces derniers mois, ce ministère a été chargé de combattre ce que le gouvernement israélien de droite considère comme des responsables et des politiques « anti-Israéliens » dans le monde entier.

Toutefois, il s’est avéré que le responsable qui a été filmé, Shai Masot, était en fait employé par le ministère israélien des Affaires étrangères.

C’est d’autant plus embarrassant : le ministère des Affaires étrangères est considéré comme un îlot de valeurs libérales, de modération et de raison dans la mer en pleine expansion des gens de droite contrôlant la bureaucratie israélienne.

Masot n’est pas un diplomate. Il a servi en tant que major dans la marine israélienne puis a été transféré dans l’unité de liaison de l’armée israélienne avec l’Autorité palestinienne.

Là-bas, il était chargé d’un département international, responsable des fonctionnaires et des diplomates étrangers visitant Gaza et les postes-frontières israéliens qui y conduisaient.

Il y a sept ans, il a quitté l’armée et a commencé à travailler pour Miri Regev, alors députée de droite et aujourd’hui véhémente et provocante ministre de la Culture et des Sports.

Il y a trois ans, Masot a déménagé à Londres et fut embauché à titre non diplomatique comme assistant d’Ethan Naeh, chargé d’affaires et numéro deux de l’ambassade. Dans le langage bureaucratique israélien, un tel poste est connu sous le nom de « travailleur local israélien ».

Toutes les missions diplomatiques israéliennes dans le monde emploient des centaines de travailleurs ayant un statut similaire en plus du millier de diplomates qualifiés et formés qui jouissent d’une immunité diplomatique complète.

Masot a été surpris en train de parler en octobre dernier à Maria Strizzolo, une fonctionnaire qui fut l’assistante d’un ministre conservateur. La conversation ciblait spécifiquement Alan Duncan, le ministre adjoint aux Affaires étrangères britannique, en raison de son opposition à la construction de colonies israéliennes.

L’ambassadeur israélien, Mark Regev, s’est excusé auprès de Duncan vendredi et a précisé que « l’ambassade considérait ces propos totalement inacceptables ».

Cependant, on ne sait pas précisément si Masot était à l’initiative de cette réunion et si les idées qu’il a exprimées étaient les siennes ou si son patron était au courant et approuvait.

En raison de la violation du protocole diplomatique, le ministère israélien des Affaires étrangères a décidé de mettre fin à son contrat de travail.

Néanmoins, la réaction rapide et chirurgicale ne peut cacher le fait que le comportement de Masot semble représenter quelque chose qui pénètre de plus en plus profondément dans de nombreuses parties du gouvernement et de la fonction publique israéliens.

« Travail secret, sous les radars »

Il existe un état d’esprit dominant qui répand largement l’idée paranoïaque que « le monde entier est contre nous » et la tendance à assimiler l’opposition à l’occupation israélienne de la Cisjordanie palestinienne et sa politique de colonisation à de l’« antisémitisme ».

Ces notions sont particulièrement exprimées par Netanyahou, qui a récemment riposté contre les Nations unies qui ont soutenu une résolution du Conseil de sécurité dénonçant les colonies.

Netanyahou a ordonné le rappel des ambassadeurs israéliens de certains de ces États, a annulé une visite du Premier ministre ukrainien et a arrêté le financement israélien partiel de l’ONU ainsi qu’un projet d’irrigation en Afrique.

La même attitude préside la décision de Netanyahou de confier au ministre de la Sécurité intérieure, Gilad Erdan, la direction du ministère des Affaires stratégiques et la lutte contre les « anti-Israéliens ».

À cette fin, le gouvernement a alloué un budget de près de 50 millions de dollars – dont la moitié consacrée aux « opérations ».

Pour remplir sa mission, le ministère des Affaires stratégiques a désigné comme directrice générale l’ancien général de brigade Sima Vaknin-Gil, ancienne directrice de la censure de l’establishment de la défense. Elle a recruté d’anciens agents des renseignements pour travailler pour le ministère et a déclaré à la Knesset que « notre travail doit être secret et sous les radars ».

L’objectif principal du ministère des Affaires stratégiques est le BDS – la campagne internationale lancée il y a dix ans par un activiste palestinien pour le « boycott, [le] désinvestissement et [la] sanction » d’Israël mais, au vu de l’incident diplomatique londonien, il semble qu’il agit plus largement contre quiconque serait défini par le gouvernement israélien comme un « anti-Israélien ».

Certains Israéliens, moi y compris, ont mise en garde il y a plusieurs mois le gouvernement contre l’idée même de mener « opérations noires », ce qui inclurait des campagnes de diffamation contre des fonctionnaires, des diplomates, des politiques ou des militants étrangers.

De telles actions ne sont pas seulement immorales et opposées à l’étiquette diplomatique, elles portent également atteinte à la souveraineté des gouvernements étrangers et elles peuvent aussi se retourner contre Israël et lui causer plus d’ennuis vis-à-vis de la communauté internationale.

 

Yossi Melman | 9 janvier 2017

Yossi Melman est un commentateur spécialiste de la sécurité et du renseignement israéliens. Il est co–auteur de Spies Against Armageddon.

Résistance au colonialisme: Red-X et la fin de l’entreprise coloniale USA/Canada (Mohawk Nation News)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, canada USA états coloniaux, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 17 janvier 2017 by Résistance 71

“L’histoire serait une belle chose, si seulement elle était vraie.”
~ Léon Tolstoï ~

“Savons-nous où nous allons ? Oui.
Savons-nous ce qui nous attend ? Oui.
Cela en vaut-il la peine ? Oui.”

“Planter l’arbre de demain, voilà ce que nous voulons.
L’arbre de demain est un espace où chacun se trouve, où tout le monde respecte tout le monde et où la fausse lumière perd sa dernière bataille. Si vous insistez, je vous dirais donc que c’est un endroit ayant la démocratie, la justice et la liberté, voilà ce qu’est cet arbre de demain…”
~ Subcommandante Insurgente Marcos, EZLN ~

 

Red X prédit le dernier président des Etats Unis

 

Mohawk Nation News

 

15 janvier 2017

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2017/01/15/red-x-last-u-s-president/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Red-X, le grand visionnaire de la 5ème dimension est apparu pour illuminer les gardiens de la porte orientale (NdT: en accord avec Kaia’nere:kowa, la Grande Loi de la Paix, la nation Mohawk, qui est la gardienne de la porte orientale des territoires de la confédération iroquoise, la nation Seneca étant la gardienne de la porte occidentale, ces deux nations ont donc des prérogatives spéciales au sein de la confédération).

Red-X a dit que la grande confusion et le désordre qui sont en cours aux Etats-Unis, sont dûs à la décision de qui sera le nouveau PDG de la corporation coloniale USA ou America Inc. un empire criminel propriété des banquiers de la “couronne” / City de Londres. Nous connaissons les dangers et les faiblesses de cet ennemi qui essaie de flotter autour de nous comme un fantôme.
Red-X prévoit qu’Obama ou Trump sera le tout dernier président de cette entité coloniale. Les Etats-Unis ne remplissent pas les qualifications pour être appelés “un pays”. Ils n’ont pas de terre (NdT: Nous l’avons dit ici même à maintes reprises: Un empire sans terre est un empire à terre! Pour la toute première fois dans l’histoire de l’humanité, un empire est sis sur une terre totalement usurpée, volée à grand renfort d’ethnocide et de génocide, depuis le XVIème siècle en ce qui concerne le sous-continent nord-américain, mieux connu sous son nom natif d’île de la Grande Tortue ou Onowa’regeh et qui englobe ce que sont aujourd’hui par usurpation totale, les USA, le Canada et le Mexique…), celle-ci appartient dans sa totalité aux peuples et nations originelles de la terre ; ils n’ont de plus aucun langage si ce n’est la langue étrangère qu’ils parlent, et en provenance d’Europe.

Le président/PDG de l’entrprise coloniale est élu tous les 4 ans. La corporation USA est enregistrée au Vatican, avec des actionnaires et des investisseurs parties prenantes pour engranger des bénéfices. Cette entité fait frauduleusement du commerce et de l’échange sur le marché des commodités en utilisant des terres et des ressources naturelles volées en garanties de ses transactions.
Ce pseudo-état criminel a mis en place une occupation militaire totalement illégale de la terre.

Les actionnaires veulent un autre PDG. Pour en changer, une corporation doit se dissoudre et tous ses biens et ressources volés doivent retourner à leurs propriétaires légitimes, Onk’we:onweh ou le peuple natif d’Ono’ware:geh.

Red-X s’est gratté le menton et a dit: “espèce de menteurs, tricheurs, voleurs, déguerpissez de notre terre ou vous allez mourir.”

L’empire du crime des Etats-Unis, ses escadrons de la mort et ses portes-flingues seront arrêtés. Ils ne veulent pas vivre en accord avec Kaia’nere:kowa, la Grande Loi de la Paix. Ils nient l’ordre naturel des choses. Ils n’ont cure de l’intérêt général de tout le monde.

Red-X nous a rappelé: “les guerriers de la 5ème dimension accélèrent leurs actions pour assister le peuple originel à mettre en pratique ses instrictions originelles. Ils ne permettront plus d’autre destruction.”

Nous devons mettre un terme à la guerre contre la vérité.

Le peuple est Kaia’ner:kowa, la Grande Loi de la Paix. Le serpent sera tué. Pas par la violence ; mais par la transformation des esprits, de façon à ce que la vérité absolue pénètre tous les esprits et toutes les consciences (NdT: mettons cette dernière phrase en parallèle avec ce qu disait Gustav Landauer lorsqu’il disait que l’État changera pour disparaître lorsque les gens changeront d’attitude à son égard et entrerons en confédération des associations libres, formant librement la société des sociétés… Au-delà des différences culturo-géographiques, ce principe est universel à l’humain et à sa société…).

L’ennemi déposera ses armes de destruction massive et partira.
Red-X a dit qu’une fis que le gouvernement colonial, les commandants militaires, les oligarques et tous leus mignons seront partis, il n’y aura plus de chaos, de fausse histoire ou de fausses nouvelles. Tous ceux qui demeureront en cette contrée vivront “sur le chemin rouge” (NdT: en accord avec le Wampum Deux Rangées, guswenta, accepté puis bafoué fin XVIIème siècle par les Hollandais puis par les Français et les Anglais en 1701 suite à la “Grande Paix de Montréal”)

Puis, le profond Red-X chevaucha son grand aigle argenté, salua et s’en alla vers l’Ouest, vers là où le soleil ne se couche jamais.

Appel à la résistance du sein de l’empire: « Soyons ingouvernables !… »

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Les jours d’après élection et les jours avant la révolution

 

Anarchist Resistance New York City

 

2 janvier 2017

 

url de l’article original:

https://robertgraham.wordpress.com/2017/01/02/anarchist-resistance-after-the-elections-before-the-revolution/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Aujourd’hui, beaucoup de radicaux politiques se demandent comment ils vont bien pouvoir se réveiller avec la présidence de Trump. Mais notre question en fait est de savoir ce que cela veut dire pour la gauche dans ce pays (USA) ? Des mythes paralysant ont maintenant été pulvérisés et cette situation pourrait bien, avec un bon travail, avec passion et une pensée critique claire, mener à une stratégie d’action et un bien plus grand changement politique que voter pour le statu quo. Le changement dont nous parlons est générationnel et aura un bien plus grand effet que tout un chapelet d’élections, aussi répugnantes soient-elles.

Ceux qui voient la grandeur de l’Amérique comme étant misogyne, nativiste, anti-urbaine et racialement, sexuellement et religieusement homogène, mènent un combat d’arrière-garde contre le futur, combat qu’ils ne peuvent en aucun cas espérer gagner.

D’abord, ces dernières élections ont bousculé le mythe, diffusé durant la période du mouvement Occupy Wall Street, que la division principale de ce pays se situe entre les 99% et le 1%. La victoire de Trump démontre que le problème est bien plus profond que cela et que cela ne se réduit pas à une fonction intégrale économique simpliste et incorrecte: les 99% doivent sûrement gagner contre le 1%. Beaucoup des membres de ces soi-disants 99% ont voté pour le milliardaire Trump, tandis que l’autre moitié soutenait une démocrate de Wall Street pro libre-marché. Oui il y a bien un conflit entre les riches et les pauvres, mais ceci n’a jamais constitué la seule division dans ce pays. Ceux qui voient la grandeur de l’Amérique comme étant misogyne, nativiste, anti-urbaine et racialement, sexuellement et religieusement homogène, mènes un combat d’arrière-garde contre le futur qu’ils ne peuvent en aucun cas espérer gagner. Ceci ne veut pas dire qu’ils vons céder la place tranquillement et sans occasionner de grands dommages, mais ceci est dans la nature des idéologies moribondes.

Ce qui est déprimant, c’est que cette rhétorique désespérée a capturé l’imagination de beaucoup de ceux qui ont vraiment soufferts une véritable humiliation et une grande douleur sous le néo-libéralisme du 1%. La tragédie est que l’échec et le rejet du néo-libéralisme a mené les laissés-pour-compte de se retrancher dans cette idéologie de l’échec et de l’oppression qu’est le paléo-conservatisme, avec sa litanie de xénophobie, d’isoloationnisme et d’anti-intellectualisme. Ceci a créé un nouvel alignement politique désespéré que rejette toutes choses qui puissent restaurer le respect et le mode de vie de ses adhérents.

De ce point de vue, la politique électorale américaine n’a rien été d’autre qu’une horde de zombies aux visions du monde défuntes combinées avec une idéologie oppressive et dangereuse rampant dans les états bleus (démocrates) et rouges (républicains). Aucun président ne peut renverser la réalité démographique qui veut que ce pays va continuer à s’urbaniser, va devenir toujours plus ethniquement divers et que la fabrication mythologique du travail du passé demeurera morte et enterrée. Ces réalités sont la véritable roue de l’histoire, les morts laisseront la place aux vivants, le passé au futur et aucune élection ne peut changer tout çà.

Le second mythe qui a été pulvérisé est celui qui veule que la politique électorale est une arène valide pour un changement populiste de gauche.
Que ce soit Syriza ou Trump, Podemos ou Hillary, au bout du compte, la gauche doit et devra confronter les pouvoirs oppresseurs de l’État et du capitalisme, dont aucun des deux ne peut être subverti par des jeux électoraux. Ceci ne veut pas dire qu’il n’y aurait pas de différences entre une administration Trump et une administration Bernie Sanders, mais plutôt que cette dernière ne servirait qu’à faire caler la confrontation inévitable. La politique électorale tient sa promesse de l’avancée socio-politique lente et progressive, mais la véritable évolution ne provient que d’un changement radical d’environnement politique et ceci ne peut se faire qu’au travers de la révolution sociale.

Une révolution n’est pas un évènement qui se passe d’un seul coup, soudainement, mais c’est quelque chose qui est minutieusement préparé, construit et éventuellement mis en place par ceux qui sont alignés sur le futur. Tout gouvernement, qu’il soit libéral ou conservateur, va combattre de manière semblable contre toute menance envers l’État ou la structure de pouvoir capitaliste. Ainsi, si nous recherchons une confrontation promettant un changement substantiel et irreversible de la société, il importe peu si le régime en place est libéral ou conservateur. Les gouvernements libéraux et conservateurs sont équitablement réactionnaires et résistants à tout changement politique subséquent ; ceci parce que leur existence même dépend du gel du présent et de l’obscurcissement du mieux possible de tous futurs possibles.

Nous avons vu ceci se dérouler récemment en Espagne, en Grèce, au Royaume-Uni et dans bien d’autres pays. C’est toujours le même paradigme: la structure politique refuse de vraiment changer et continue le cycle sans fin de ramper entre libéralisme et conservatisme. Cette impulsion aveugle et brutale vers l’auto-préservation n’est pas seulement trouvée dans les régime de droite. A la fois des régimes de droite et de gauche ont utilisé la mise en place de mesures totalitaires, de prisons, de police secrète, d’instillation de la peur, de la guerre, de l’oppression économique afin de maintenir le statu quo oligarchique. Pour avoir un futur, nous devons rejeter tous les appareils d’oppression de l’État et ceci inclut bien évidemment la politique électorale et son mode opératoire de la division et des fausses promesses de changement et d’espoir, qui ne font en fait que servir mieux l’oligarchie en place.

Le troisième mythe est que le gouvernement ait jamais été notre gouvernement. Il n’est que l’outil de l’État (NdT: lui-même un outil de maintien de la division politique originelle ayant établi la relation contre-nature de dominant/dominé…), il est maintenant une force d’occupation, tout comme il le fut auparavant. Toutes les forces d’occupation du XXème siècle se sont accouplées d’une obéissance générée avec une bonne dose de peur et de répression. Nous avons toujours compris cette formule et avons toujoues lutté contre. La victoire de Trump néanmoins, augmente la sensation d’urgence à mettre bas le masque de l’obéissance, ne gâchons pas cette opportunité. Le gouvernement n’a jamais été notre protecteur et maintenant ceux qui sont coincés dans le piège de la “démocratie représentative” vont peut-être aussi s’en apercevoir…

Sans ces mythes, quels chemins nous sont ouverts dans les sombres jours à venir ? La situation a changé et va continuer de changer pendant ces quatre longues prochaines années. Ce ne sera pas facile, en grande partie parce que la “gauche” actuelle est petite et manque de cette maturité utile pour mitiger et contrer bien des attaques à venir. Des attaques sur les femmes, le LGBTQ, les immigrants, les dissidents politiques et bien d’autres. Tout ceci existe depuis trop longtemps et ce ne sera pas différent dans les années à venir. La victoire de Trump n’a fait qu’augmenter le nombre de petits caïds qui vont faire régner la terreur et le nombre de gens qui ont peur.

On doit prendre notre courage à deux mains, prêts ou pas, et agir contre ces caïds de cours d’écoles. Nous avons besoin non seulement d’audace, mais aussi d’imagination, notre théâtre d’action doit aller au-delà de l’opposition symbolique infiltrable à la réalité vécue quotidiennement, de ses luttes contre l’oppression. Nos actions doivent être franches et directes comme celles des anarchistes grecs qui squattèrent un hôtel pour héberger des immigrants ou la gauche activiste allemande qui ferma physiquement et redirigea une station radio néo-fasciste. Nous devons prendre un espace dans l’Amérique de Trump et soutenir les autres pour parler, agir et aimer dans leur propre voisinage sans avoir peur. Nous devons continuer à exposer la brutalité systémique contre ceux que la police cible racialement.

Tandis que les trumpettistes débitent leurs théories conspiratrices, nous redoublerons d’efforts sur la réalité. Oui, nous serons piétinés, nous perdrons quelques batailles, mais il y a trop en jeu pour rester sur la touche à attendre “une prochaine fois”. Il n’y a pas de mythique cavalerie pour venir nous sauver, pas de tribunaux, pas de grille du congrès, pas de pétitions, pas de médias; il est maintenant clair que le seul moyen est l’action directe depuis la base. Le temps est venu de nous demander: voulons-nous vraiment nous tenir aux côtés de tous ceux qui sont malmenés et ce même si cela peut nous coûter en matière de notre propre sécurité ? Cela vaut-il la peine de nous tenir côte à côte avec ceux qui sont ciblés, appeurés, démotivés, sachant qu’il y a des risques ? Cette fois-ci nous ne pouvons pas nous voiler la face. Grâce à Trump les risques seront certes plus grands mais aussi plus grande seront les récompenses.

On peut se planquer dans un coin ou on peut se dresser et faire de nouveaux camarades avec qui nous grossirons la résistance. Nous devons devenir INGOUVERNABLES pour les forces d’occupation et ne devons pas bouger d’un iota concernant notre soutien à ceux qui se sentent ciblés. C’est ainsi que naît la résistance et c’est ainsi que se forge la victoire…

Les “libéraux” ont promis de protéger tout le monde avec rien d’autre qu’un bulletin de vote et maintenant ils se sont faits botter le cul et sont en débâcle complète sur tous les fronts. Ils nous demandent de passivement accepter quelques soient les injustices que Trump et son équipe ont planifié pour nous, nos voisins, nos amis, nos collègues de boulot et pour ces camarades que nous n’avons pas encore rencontrés. Nous n’avons jamais cru en le fait de cacher qui nous sommes, ce que nous sommes ni à être honteux de nos aspirations libératrices.

Nous connaissons parfaitement le pouvoir de la solidarité. On s’en est remis à elle pendant des générations et nous savons que c’est une manière plus forte, bien plus honnête de nous protéger et d’assurer notre futur. Le temps est venu de nous redresser, de faire front et de défendre les communautés que les “libéraux” ont abandonné à leur triste sort sans s’occuper d’eux, tout en leur demandant bien sûr de revenir (aux urnes) dans quatre ans… Quatre ans, c’est bien trop long pour se morfondre dans la peur et pour regarder de l’autre côté. N’ayons pas (plus) peur, ne faisons aucune concession, nous savons que notre travail a commencé et que le futur arrive.

Réflexion politique: L’individu, la société et l’État (Emma Goldman)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 14 janvier 2017 by Résistance 71

Suite à notre discussion avec Hervé Hum d’Agoravox, nous republions en dédicace ce texte rare mais Ô combien dense et d’actualité datant de 1940. Il s’agit du texte d’une des toutes dernières apparitions publiques d’Emma Goldman à Chicago en 1940, très peu de temps avant sa mort.

Nous avons publié ce texte en novembre 2011, voici ce que nous en disions alors pour l’introduire:

“Nous reproduisons ici un texte de l’activiste anarchiste et féministe américaine Emma Goldman (1869-1940) qui fut publié en 1940, à la fin de sa vie.

Ce texte essentiel pose les véritables problèmes, toujours non résolus, qui altèrent la relation de l’individu, de la société et de l’état. L’évidence historique de ce qui est avancé ici ainsi que l’analyse de l’individu dans sa relation avec la société (et inversement) en fait toujours un texte d’une actualité brûlante 71 ans plus tard…

Emma Goldman comme beaucoup de penseurs anarchistes étaient une visionnaire, qui par sa compréhension aigüe de la subjugation de la nature humaine et de la société par une idéologie oligarchique et oppressive, a montré sa vie durant le chemin vers l’émancipation et la liberté.

A lire, méditer et diffuser sans modération…”

L’emphase en caractère gras est ajoutée, elle n’apparaît pas dans le texte original.

— Résistance 71 —

 

L’individu la société et l’État

 

Emma Goldman

 

Discours au Forum de la Free Society
Chicago, 1940

 

Le doute règne dans l’esprit des hommes car notre civilisation tremble sur ses bases. Les institutions actuelles n’inspirent plus confiance et les gens intelligents comprennent que l’industrialisation capitaliste va à l’encontre des buts mêmes qu’elle est censée poursuivre.

Le monde ne sait comment s’en sortir. Le parlementarisme et la démocratie périclitent et certains croient trouver un salut en optant pour le fascisme ou d’autres formes de gouvernements «forts».

Du combat idéologique mondial sortiront des solutions aux problèmes sociaux urgents qui se posent actuellement (crises économiques, chômage, guerre, désarmement, relations internationales, etc.). Or, c’est de ces solutions que dépendent le bien-être de l’individu et le destin de la société humaine.

L’État, le gouvernement avec ses fonctions et ses pouvoirs, devient ainsi le centre d’intérêt de l’homme qui réfléchit. Les développements politiques qui ont eu lieu dans toutes les nations civilisées nous amènent à nous poser ces questions: voulons-nous d’un gouvernement fort ?

Devons nous préférer la démocratie et le parlementarisme ? Le fascisme, sous une forme ou sous une autre, la dictature qu’elle soit monarchique, bourgeoise ou prolétarienne offrent-ils des solutions aux maux ou aux difficultés qui assaillent notre société ?

En d’autres termes, parviendrons-nous à effacer les tares de la démocratie à l’aide d’un système encore plus démocrate, ou bien devrons-nous trancher le noeud gordien du gouvernement populaire par l’épée de la dictature ?

Ma réponse est : ni l’un ni l’autre. Je suis contre la dictature et le fascisme, je suis opposée aux régimes parlementaires et au soi-disant démocraties politiques.

C’est avec raison qu’on a parlé du nazisme comme d’une attaque contre la civilisation. On pourrait dire la même chose de toutes les formes de dictature, d’oppression et de coercition. Car qu’est-ce que la civilisation ? Tout progrès a été essentiellement marqué par l’extension des libertés de l’individu au dépens de l’autorité extérieure tant en ce qui concerne son existence physique que politique ou économique. Dans le monde physique, l’homme a progressé jusqu’à maîtriser les forces de la nature et les utiliser à son propre profit. L’homme primitif accomplit ses premiers pas sur la route du progrès lorsqu’il parvient à faire jaillir le feu, triomphant ainsi de l’homme, à retenir le vent et à capter l’eau.

Quel rôle l’autorité ou le gouvernement ont-ils joué dans cet effort d’amélioration, d’invention et de découverte ? Aucun, ou plutôt aucun qui soit positif. C’est toujours l’individu qui accomplit le miracle, généralement en dépit des interdictions, des persécutions et de l’intervention de l’autorité, tant humaine que divine.

De même dans le domaine politique, le progrès consiste à s’éloigner de plus en plus de l’autorité du chef de tribu, de clan, du prince et du roi, du gouvernement et de l’État. Économiquement, le progrès signifie plus de bien-être pour un nombre sans cesse croissant. Et culturellement, il est le résultat de tout ce qui s’accomplit par ailleurs, indépendance politique, intellectuelle et psychique de plus en plus grande.

Dans ces perspectives, les problèmes de relation entre l’homme et l’État revêtent une signification tout à fait nouvelle. Il n’est plus question de savoir si la dictature est préférable à la démocratie, si le fascisme italien est supérieur ou non à l’hitlérisme. Une question beaucoup plus vitale se pose alors à nous : le gouvernement politique, l’État est-il profitable à l’humanité et quelle est son influence sur l’individu ?

L’individu est la véritable réalité de la vie, un univers en soi. Il n’existe pas en fonction de l’État, ou de cette abstraction qu’on appelle «société» ou «nation», et qui n’est autre qu’un rassemblement d’individus. L’homme a toujours été, est nécessairement la seule source, le seul moteur d’évolution et de progrès. La civilisation est le résultat d’un combat continuel de l’individu ou des groupements d’individus contre l’État et même — contre la «société», c’est-à-dire contre la majorité hypnotisée par l’État et soumise à son culte. Les plus grandes batailles que l’homme ait jamais livrées l’ont été contre des obstacles et des handicaps artificiels qu’il s’est lui-même imposés et qui paralysent son développement. La pensée humaine a toujours été faussée par les traditions, les coutumes, l’éducation trompeuse et inique, dispensées pour servir les intérêts de ceux qui détiennent le pouvoir et jouissent de privilèges; autrement dit, par l’État et les classes possédantes. Ce conflit incessant a dominé l’histoire de l’humanité.

On peut dire que l’individualité, c’est la conscience de l’individu d’être ce qu’il est, et de vivre cette différence. C’est un aspect inhérent à tout être humain et un facteur de développement. L’État et les institutions sociales se font et se défont, tandis que l’individualité demeure et persiste. L’essence même de l’individualité, c’est l’expression, le sens de la dignité et de l’indépendance, voilà son terrain de prédilection. L’individualité, ce n’est pas cet ensemble de réflexes impersonnels et machinaux que l’État considère comme un «individu». L’individu n’est pas seulement le résultat de l’hérédité et de l’environnement, de la cause et de l’effet. C’est cela, mais aussi beaucoup plus. L’homme vivant ne peut pas être défini; il est source de toute vie et de toutes valeurs, il n’est pas une partie de ceci ou de cela ; c’est un tout, un tout individuel, un tout qui évolue et se développe, mais qui reste cependant un tout constant.

L’individualité ainsi décrite n’a rien de commun avec les diverses conceptions de l’individualisme et surtout pas avec celui que j’appellerai «individualisme de droite, à l’américaine», qui n’est qu’une tentative déguisée de contraindre et de vaincre l’individu dans sa singularité. Ce soi-disant individualisme, que suggère les formules comme «libre entreprise», «american way of life», arrivisme et société libérale, c’est le laisser-faire économique et social ; l’exploitation des masses par les classes dominantes avec l’aide de la fourberie légale; la dégradation spirituelle et l’endoctrinement systématique de l’esprit servile, processus connu sous le nom «d’éducation». Cette forme d’ «individualisme» corrompu et vicié, véritable camisole de force de l’individualité, réduit la vie à une course dégradante aux biens matériels, au prestige social; sa sagesse s’exprime en une phrase: «Chacun pour soi et maudit soit le dernier».

Inévitablement, l’ «individualisme» de droite débouche sur l’esclavage moderne, les distinctions sociales aberrantes et conduit des millions de gens à la soupe populaire. Cet «individualisme»-là, c’est celui des maîtres, tandis que le peuple est enrégimenté dans une caste d’esclaves pour servir une poignée de «surhommes» égocentriques. L’Amérique est, sans doute, le meilleur exemple de cette forme d’individualisme, au nom duquel tyrannie politique et oppression sociale sont élevées au rang de vertus : tandis que la moindre aspiration, la moindre tentative de vie plus libre et plus digne seront immédiatement mises au compte d’un anti-américanisme intolérable et condamnées, toujours au nom de ce même individualisme.

Il fut un temps où l’État n’existait pas. L’homme a vécu dans des conditions naturelles, sans État ni gouvernement organisé. Les gens étaient groupés en petites communautés de quelques familles, cultivant le sol et s’adonnant à l’art et à l’artisanat. L’individu, puis plus tard la famille, était la cellule de base de la vie sociale; chacun était libre et l’égal de son voisin. La société humaine de cette époque n’était pas un État mais une association volontaire où chacun bénéficiait de la protection de tous. Les aînés et les membres les plus expérimentés du groupe en étaient les guides et les conseillers. Ils aidaient à régler les problèmes vitaux, ce qui ne signifie pas gouverner et dominer l’individu. Ce n’est que plus tard qu’on vit apparaître gouvernement politique et État, conséquences du désir des plus forts de prendre l’avantage sur les plus faibles, de quelques-uns contre le plus grand nombre.

L’État ecclésiastique, ou séculier, servit alors à donner une apparence de légalité et de droit aux torts causés par quelques-uns au plus grand nombre. Cette apparence de droit était le moyen le plus commode de gouverner le peuple, car un gouvernement ne peut exister sans le consentement du peuple, consentement véritable, tacite ou simulé. Le constitutionnalisme et la démocratie sont les formes modernes de ce consentement prétendu, inoculé par ce qu’on appelle «éducation», véritable endoctrinement public et privé.

Le peuple consent parce qu’on le persuade de la nécessité de l’autorité ; on lui inculque l’idée que l’homme est mauvais, virulent et trop incompétent pour savoir ce qui est bon pour lui. C’est l’idée fondamentale de tout gouvernement et de toute oppression. Dieu et l’État n’existent et ne sont soutenus que par cette doctrine.

Pourtant l’État n’est rien d’autre qu’un nom, une abstraction. Comme d’autres conceptions du même type, nation, race, humanité, il n’a pas de réalité organique. Appeler l’État un organisme est une tendance maladive à faire d’un mot un fétiche.

Le mot État désigne l’appareil législatif et administratif qui traite certaines affaires humaines, mal la plupart du temps. Il ne contient rien de sacré, de saint ou de mystérieux. L’État n’a pas de conscience, il n’est pas chargé d’une mission morale, pas plus que ne le serait une compagnie commerciale chargée d’exploiter une mine de charbon ou une ligne de chemin de fer.

L’État n’a pas plus de réalité que n’en ont les dieux ou les diables. Ce ne sont que des reflets, des créations de l’esprit humain, car l’homme, l’individu est la seule réalité. L’État n’est que l’ombre de l’homme, l’ombre de son obscurantisme, de son ignorance et de sa peur.

La vie commence et finit avec l’homme, l’individu. Sans lui, pas de race, pas d’humanité, pas d’État. Pas même de société. C’est l’individu qui vit, respire et souffre. Il se développe et progresse en luttant continuellement contre le fétichisme qu’il nourrit à l’égard de ses propres inventions et en particulier de l’État.

L’autorité religieuse a édifié la vie politique à l’image de celle de l’Église. L’autorité de l’État , les «droits» des gouvernants venaient d’en haut ; le pouvoir, comme la foi, était d’origine divine. Les philosophes écrivirent d’épais volumes prouvant la sainteté de l’État, allant parfois jusqu’à lui octroyer l’infaillibilité. Certains répandirent l’opinion démente que l’État est «suprahumain», suprême, que c’est la réalité suprême, «l’absolu».

La recherche était un blasphème, la servitude la plus haute des vertus. Grâce à de tels principes, on en vint à considérer certaines idées comme des évidences sacrées, non que la vérité en eut été démontrée, mais parce qu’on les répétait sans cesse.

Les progrès de la civilisation sont essentiellement caractérisés par une mise en question du «divin» et du «mystère», du prétendu sacré et de la «vérité» éternelle, c’est l’élimination graduelle de l’abstrait auquel se substitue peu à peu le concret. Autrement dit, les faits prennent le pas sur l’imaginaire, le savoir sur l’ignorance, la lumière sur l’obscurité.

Le lent et difficile processus de libération de l’individu ne s’est pas accompli avec l’aide de l’État. Au contraire, c’est en menant un combat ininterrompu et sanglant que l’humanité a conquis le peu de liberté et d’indépendance dont elle dispose, arraché des mains des rois, des tsars et des gouvernements.

Le personnage héroïque de ce long Golgotha est celui de l’Homme. Seul ou uni à d’autres, c’est toujours l’individu qui souffre et combat les oppressions de toute sorte, les puissances qui l’asservissent et le dégradent.

Plus encore, l’esprit de l’homme, de l’individu, est le premier à se rebeller contre l’injustice et l’avilissement; le premier à concevoir l’idée de résistance aux conditions dans lesquelles il se débat. L’individu est le générateur de la pensée libératrice, de même que de l’acte libérateur.

Et cela ne concerne pas seulement le combat politique, mais toute la gamme des efforts humains, en tout temps et sous tous les cieux. C’est toujours l’individu, l’homme avec sa puissance de caractère et sa volonté de liberté qui ouvre la voie du progrès humain et franchit les premiers pas vers un monde meilleur et plus libre ; en sciences, en philosophie, dans le domaine des arts comme dans celui de l’industrie, son génie s’élève vers des sommets, conçoit «l’impossible», matérialise son rêve et communique son enthousiasme à d’autres, qui s’engagent à leur tour dans la mêlée. Dans le domaine social, le prophète, le visionnaire, l’idéaliste qui rêve d’un monde selon son cœur, illumine la route des grandes réalisations.

L’État, le gouvernement, quels qu’en soient la forme, le caractère, qu’il soit autoritaire ou constitutionnel, monarchique ou républicain fasciste, nazi ou bolchevik, est de par sa nature même conservateur, statique, intolérant et opposé au changement. S’il évolue parfois positivement c’est que, soumis à des pressions suffisamment fortes, il est obligé d’opérer le changement qu’on lui impose, pacifiquement parfois, brutalement le plus souvent, c’est-à-dire par les moyens révolutionnaires. De plus, le conservatisme inhérent à l’autorité sous toutes ses formes devient inévitablement réactionnaire. Deux raisons à cela : la première c’est qu’il est naturel pour un gouvernement, non seulement de garder le pouvoir qu’il détient, mais aussi de le renforcer, de l’étendre et de le perpétuer à l’intérieur et à l’extérieur de ses frontières. Plus forte est l’autorité, plus grands l’État et ses pouvoirs, plus intolérable sera pour lui une autorité similaire ou un pouvoir politique parallèle. La psychologie gouvernementale impose une influence et un prestige en constante augmentation, nationalement et internationalement, et il saisira toutes les occasions pour les accroître. Les intérêts financiers et commerciaux soutenant le gouvernement qui les représente et les sert, motivent cette tendance. La raison d’être fondamentale de tous les gouvernements, sur laquelle les historiens des temps passés fermaient volontairement les yeux, est si évidente aujourd’hui que les professeurs eux-mêmes ne peuvent plus l’ignorer.

L’autre facteur, qui astreint les gouvernements à un conservatisme de plus en plus réactionnaire, est la méfiance inhérente qu’il porte à l’individu, la crainte de l’individualité. Notre système politique et social ne tolère pas l’individu avec son besoin constant d’innovation. C’est donc en état de «légitime défense» que le gouvernement opprime, persécute, punit et parfois tue l’individu, aidé en cela par toutes les institutions dont le but est de préserver l’ordre existant. Il a recours à toutes les formes de violence et il est soutenu par le sentiment «d’indignation morale» de la majorité contre l’hérétique, le dissident social, le rebelle politique : cette majorité à qui on a inculqué depuis des siècles le culte de l’État, qu’on a élevée dans la discipline, l’obéissance et la soumission au respect de l’autorité, dont l’écho se fait entendre à la maison, à l’école, à l’église et dans la presse.

Le meilleur rempart de l’autorité, c’est l’uniformité : la plus petite divergence d’opinion devient alors le pire des crimes. La mécanisation à grande échelle de la société actuelle entraîne un surcroît d’uniformisation. On la trouve partout présente dans les habitudes, les goûts, le choix des vêtements les pensées, les idées. Mais c’est dans ce qu’on est convenu d’appeler «l’opinion publique» qu’on en trouve le concentré le plus affligeant. Bien peu ont le courage de s’y opposer. Celui qui refuse de s’y soumettre est aussitôt «bizarre, différent, suspect», fauteur de troubles au sein de l’univers stagnant et confortable de la vie moderne. 
Plus encore sans doute que l’autorité constituée, c’est l’uniformité sociale qui accable l’individu. Le fait même qu’il soit «unique, différent» le sépare et le rend étranger à son pays et même à son foyer, — plus parfois que l’expatrié dont les vues coïncident généralement avec celles des «indigènes». Pour un être humain sensible, il n’est pas suffisant de se trouver dans son pays d’origine, pour se sentir chez lui, en dépit de ce que cela suppose de traditions, d’impressions et de souvenirs d’enfance, toutes choses qui nous sont chères. I1 est beaucoup plus essentiel de trouver une certaine atmosphère d’appartenance, d’avoir conscience de «faire corps» avec les gens et l’environnement, pour se sentir chez soi, qu’il s’agisse de relations familiales, de relations de voisinage ou bien de celles qu’on entretient dans la région plus vaste qu’on appelle communément son pays. L’individu capable de s’intéresser au monde entier, ne se sent jamais aussi isolé, aussi incapable de partager les sentiments de son entourage que lorsqu’il se trouve dans son pays d’origine.

Avant la guerre, l’individu avait tout au moins la possibilité d’échapper à l’accablement national et familial. Le monde semblait ouvert à ses recherches, à ses élans, à ses besoins. Aujourd’hui, le monde est une prison et la vie une peine de détention perpétuelle à purger dans la solitude. Cela est encore plus vrai depuis l’avènement de la dictature, celle de droite comme celle de gauche.

Friedrich Nietzsche qualifiait l’État de monstre froid. Comment qualifierait-il la bête hideuse cachée sous le manteau de la dictature moderne ? Non que l’État ait jamais alloué un bien grand champ d’action à l’individu ; mais, les champions de la nouvelle idéologie étatique ne lui accorde même plus le peu dont il disposait. «L’individu n’est rien», estiment-ils. Seule la collectivité compte. Ils ne veulent rien moins que la soumission totale de l’individu pour satisfaire l’appétit insatiable de leur nouveau dieu.

Curieusement, c’est au sein de l’intelligentsia britannique et américaine qu’on trouve les plus farouches avocats de la nouvelle cause. Pour le moment, les voilà entichés de la «dictature du prolétariat». En théorie seulement, bien sûr. Car, en pratique, ils préfèrent encore bénéficier des quelques libertés qu’on leur accorde dans leur pays respectif. Ils vont en Russie pour de courtes visites, ou en tant que courtiers de la «révolution», mais ils se sentent tout de même plus en sûreté chez eux.

D’ailleurs, ce n’est peut-être pas seulement le manque de courage qui retient ces braves Britanniques et ces Américains dans leur propre pays. Ils sentent, peut-être inconsciemment, que l’individu reste le fait fondamental de toute association humaine et que, si opprimé et persécuté qu’il soit, c’est lui qui vaincra à la longue.

Le «génie de l’homme» qui n’est autre qu’une façon différente de qualifier la personnalité et son individualité, se fraie un chemin à travers le labyrinthe des doctrines, à travers les murs épais de la tradition et des coutumes, défiant les tabous, bravant l’autorité. affrontant l’outrage et l’échafaud — pour être parfois comme prophète et martyr par les générations suivantes. Sans ce «génie de l’homme», sans son individualité inhérente et inaltérable, nous en serions encore à parcourir les forêts primitives.

Pierre Kropotkine a montré les résultats fantastiques qu’on peut attendre lorsque cette force qu’est l’individualité humaine œuvre en coopération avec d’autres. Le grand savant et penseur anarchiste a pallié ainsi, biologiquement et sociologiquement, l’insuffisance de la théorie darwinienne sur le combat pour l’existence. Dans son ouvrage remarquable l’Entraide,Kropotkine montre que dans le règne animal aussi bien que dans la société humaine, la coopération — par opposition aux luttes intestines — œuvre dans le sens de la survivance et de l’évolution des espèces. Il démontre que, au contraire de l’État dévastateur et omnipotent, seules l’entraide et la coopération volontaire constituent les principes de base d’une vie libre fondée sur l’individu et l’association.

Pour le moment, l’individu n’est qu’un pion sur l’échiquier de la dictature et entre les mains des fanatiques de «l’individualisme à l’américaine». Les premiers se cherchent une excuse dans le fait qu’ils sont à la poursuite d’un nouvel objectif. Les seconds ne prétendent même pas être des innovateurs. En fait, les zélateurs de cette «philosophie» réactionnaire n’ont rien appris et rien oublié. Ils se contentent de veiller à ce que survive l’idée d’un combat brutal pour l’existence, même si la nécessité de ce combat a complètement disparu. Il est évident qu’on perpétue celui-ci justement parce qu’il est inutile. La soi-disant surproduction n’en est-elle pas la preuve ? La crise économique mondiale n’est-elle pas l’éloquente démonstration que ce combat pour l’existence ne doit sa survie qu’à l’aveuglement des tenants du «chacun pour soi», au risque d’assister à l’autodestruction du système.

L’une des caractéristiques insensées de cette situation, c’est l’absence de relation entre le producteur et l’objet produit. L’ouvrier moyen n’a aucun contact profond avec l’industrie qui l’emploie, il reste étranger au processus de production dont il n’est qu’un rouage. Et comme tel, il est remplaçable à tout moment par d’autres êtres humains tout aussi dépersonnalisés.

Le travailleur qui exerce une profession intellectuelle ou libérale, bien qu’il ait la vague impression d’être plus indépendant, n’est guère mieux loti. Lui non plus n’a pas eu grand choix, ni plus de possibilité de trouver sa propre voie dans sa branche d’activité, que son voisin le travailleur manuel. Ce sont généralement des considérations matérielles, un désir de prestige social qui déterminent l’orientation de l’intellectuel. Vient s’ajouter à cela la tendance à embrasser la carrière paternelle pour devenir instituteur, ingénieur, reprendre le cabinet d’avocat ou de médecin, etc. car la tradition familiale et la routine ne demandent ni gros efforts ni personnalité. En conséquence, la majorité des gens sont mal insérés dans le monde du travail. Les masses poursuivent péniblement leur route, sans chercher plus loin, d’abord parce que leurs facultés sont engourdies par une vie de travail et de routine ; et puis il leur faut bien gagner leur vie. On retrouve la même trame dans les cercles politiques, peut-être avec, plus de force. Il n’y est fait aucune place pour le libre choix, la pensée ou l’activité indépendantes. On n’y rencontre que des marionnettes tout juste bonnes à voter et à payer les contributions.

Les intérêts de l’État et ceux de l’individu sont fondamentalement antagonistes. L’État et les institutions politiques et économiques qu’il a instaurées ne peuvent survivre qu’en façonnant l’individu afin qu’ils servent leurs intérêts ; ils l’élèvent donc dans le respect de la loi et de l’ordre, lui enseignent l’obéissance, la soumission et la foi absolue dans la sagesse et la justice du gouvernement; ils exigent avant tout le sacrifice total de l’individu lorsque l’État en a besoin, en cas de guerre par exemple. L’État juge ses intérêts supérieurs à ceux de la religion et de Dieu. Il punit jusque dans ses scrupules religieux ou moraux l’individu qui refuse de combattre son semblable parce qu’il n’y a pas d’individualité sans liberté et que la liberté est la plus grande menace qui puisse peser sur l’autorité.

Le combat que mène l’individu dans des conditions aussi défavorables — il en va souvent de sa vie — est d’autant plus difficile qu’il ne s’agit pas, pour ses adversaires, de savoir s’il a tort ou raison. Ce n’est ni la valeur ni l’utilité de sa pensée ou de son action qui dresse contre lui les forces de l’État et de «l’opinion publique». Les persécutions contre l’innovateur, le dissident, le protestataire, ont toujours été causées par la crainte que l’infaillibilité de l’autorité constituée ne soit mise en question et son pouvoir sapé.

L’homme ne connaîtra la véritable liberté, individuelle et collective, que lorsqu’il s’affranchira de l’autorité et de sa foi en elle. L’évolution humaine n’est qu’un pénible cheminement dans cette direction. Le développement, ce n’est en soi ni l’invention ni la technique. Rouler à 150 Km à l’heure n’est pas un signe de civilisation. C’est à l’individu, véritable étalon social, que se mesure notre degré de civilisation ; à ses facultés individuelles, à ses possibilités d’être librement ce qu’il est ; de se développer et de progresser sans intervention de l’autorité coercitive et omniprésente.

Socialement parlant, la civilisation et la culture se mesurent au degré de liberté et aux possibilités économiques dont jouit l’individu ; à l’unité et à la coopération sociale et internationale, sans restriction légale ni autre obstacle artificiel ; à l’absence de castes privilégiées ; à une volonté de liberté et de dignité humaine ; en bref, le critère de civilisation, c’est le degré d’émancipation réelle de l’individu.

L’absolutisme politique a été aboli parce que l’homme s’est aperçu, au cours des siècles, que le pouvoir absolu est un mal destructeur. Mais il en va de même de tous les pouvoirs, que ce soit celui des privilèges, de l’argent, du prêtre, du politicien ou de la soi-disant démocratie. Peu importe le caractère spécifique de la coercition s’il revêt la couleur noire du fascisme, le jaune du nazisme ou le rouge prétentieux du bolchevisme. Le pouvoir corrompt et dégrade aussi bien le maître que l’esclave, que ce pouvoir soit aux mains de l’autocrate, du parlement ou du soviet. Mais le pouvoir d’une classe est plus pernicieux encore que celui du dictateur, et rien n’est plus terrible que la tyrannie de la majorité.

Au cours du long processus historique, l’homme a appris que la division et la lutte mènent à la destruction et que l’unité et la coopération font progresser sa cause, multiplient ses forces et favorisent son bien-être. L’esprit gouvernemental travaille depuis toujours à l’encontre de l’application sociale de cette leçon fondamentale, sauf lorsque l’État y trouve son intérêt. Les principes conservateurs et antisociaux de l’État et de la classe privilégiée qui le soutient, sont responsables de tous les conflits qui dressent les hommes les uns contre les autres. Ils sont de plus en plus nombreux ceux qui commencent à voir clair, sous la surface de l’ordre établi. L’individu se laisse moins aveugler par le clinquant des principes étatiques et les «bienfaits» de «l’individualisme» préconisé par les sociétés dites libérales. Il s’efforce d’atteindre les perspectives plus amples des relations humaines que seule procure la liberté. Car la véritable liberté n’est pas un simple chiffon de papier intitulé «constitution, droit légal ou loi». Ce n’est pas non plus une abstraction dérivée de cette autre irréalité appelée «État». Ce n’est pas l’acte négatif d’être libéré de quelque chose ; car cette liberté-là n’est que la liberté de mourir de faim. La vraie liberté est positive ; c’est la liberté vers quelque chose, la liberté d’être, de faire et les moyens donnés pour cela.

II ne peut alors s’agir d’un don, mais d’un droit naturel de l’homme, de tous les êtres humains.

Ce droit ne peut être accordé ou conféré par aucune loi, aucun gouvernement. Le besoin, le désir ardent s’en fait sentir chez tous les individus. La désobéissance à toutes les formes de coercition en est l’expression instinctive. Rébellion et révolution sont des tentatives plus ou moins conscientes pour se l’octroyer. Ces manifestations individuelles et sociales sont les expressions fondamentales des valeurs humaines. Pour nourrir ces valeurs, la communauté doit comprendre que son appui le plus solide, le plus durable, c’est l’individu. Dans le domaine religieux comme dans le domaine politique, on parle d’abstractions tout en croyant qu’il s’agit de réalités. Mais quand on en vient vraiment à traiter de choses concrètes, il semble que la plupart des gens soient incapables d’y trouver un intérêt vital. C’est peut-être que la réalité est par trop terre-à-terre, trop froide pour éveiller l’âme humaine. Seuls les sujets différents, peu ordinaires, soulèvent l’enthousiasme. Autrement dit, l’Idéal qui fait jaillir l’étincelle de l’imagination et du cœur humain. Il faut quelque idéal pour sortir l’homme de l’inertie et de la monotonie de son existence et transformer le vil esclave en personnage héroïque.

C’est ici qu’intervient évidemment l’opposant marxiste dont le marxisme — dépasse d’ailleurs celui de Marx lui-même. Pour celui-là, l’homme n’est qu’une figurine aux mains de cette toute puissance métaphysique qu’on appelle déterminisme économique, plus vulgairement lutte des classes. La volonté de l’homme, individuelle et collective, sa vie psychique, son orientation intellectuelle, tout cela compte pour bien peu de chose chez notre marxiste et n’affecte en rien ses conceptions de l’histoire humaine.

Aucun étudiant intelligent ne nierait l’importance du facteur économique dans le progrès social et le développement de l’humanité. Mais seul un esprit obtus et obstinément doctrinaire se refusera à voir le rôle important de l’idée, en tant que conception de l’imagination et résultat des aspirations de l’homme.

Il serait vain et sans intérêt de tenter de comparer deux facteurs de l’histoire humaine. Aucun facteur ne peut être considéré, à lui seul, comme le facteur décisif de l’ensemble des comportements individuels et sociaux. Nous sommes trop peu avancés en psychologie humaine, peut-être même n’en saurons-nous jamais assez pour peser et mesurer les valeurs relatives de tel ou tel facteur déterminant du comportement humain. Formuler de tels dogmes, dans leurs connotations sociales, n’est que fanatisme ; pourtant, on verra une certaine utilité dans le fait que cette tentative d’interprétation politico-économique de l’histoire prouve la persistance de la volonté humaine et réfute les arguments des marxistes.

Heureusement, certains marxistes commencent à voir que leur Credo n’est pas toute vérité ; après tout, Marx n’était qu’un être humain, bien trop humain pour être infaillible. Les applications pratiques du déterminisme économique en Russie ouvrent, actuellement, les yeux des marxistes les plus intelligents. On peut voir, en effet, des réajustements s’opérer au niveau des principes marxistes dans les rangs socialistes et même dans les rangs communistes des pays européens. Ils comprennent lentement que leur théorie n’a pas assez tenu compte de l’élément humain, des Menschen ainsi que le souligne un journal socialiste. Aussi important soit-il, le facteur économique n’est cependant pas suffisant pour déterminer à lui seul le destin d’une société. La régénération de l’humanité ne s’accomplira pas sans l’aspiration, la force énergétique d’un idéal.

Cet idéal, pour moi, c’est l’anarchie, qui n’a évidemment rien à voir avec l’interprétation erronée que les adorateurs de l’État et de l’autorité s’entendent à répandre. Cette philosophie jette les bases d’un ordre nouveau fondé sur les énergies libérées de l’individu et l’association volontaire d’individus libres.

De toutes les théories sociales, l’Anarchie est la seule à proclamer que la société doit être au service de l’homme et non l’homme au service de la société. Le seul but légitime de la société est de subvenir aux besoins de l’individu et de l’aider à réaliser ses désirs. Ce n’est qu’alors qu’elle se justifie et participe aux progrès de la civilisation et de la culture. Je sais que les représentants des partis politiques et les hommes qui luttent sauvagement pour le pouvoir me taxeront d’anachronisme incorrigible. Eh bien, j’accepte joyeusement cette accusation. C’est pour moi un réconfort de savoir que leur hystérie manque d’endurance et que leurs louanges ne sont jamais que temporaires.

L’homme aspire à se libérer de toutes les formes d’autorité et de pouvoir et ce ne sont pas les discours fracassants qui l’empêcheront de briser éternellement ses chaînes. Les efforts de l’homme doivent se poursuivre et ils se poursuivront.

L’empire colonial d’Amérique du Nord est-il fondé sur un génocide ou un holocauste ?…

Posted in actualité, canada USA états coloniaux, colonialisme, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 13 janvier 2017 by Résistance 71

Alors pour les Amérindiens génocide ou holocauste ?

Une fois de plus l’Allemagne fait face à son passé alors que les Etats-Unis sont incapables de se regarder dans le miroir de l’histoire

 

Peter d’Errico

 

10 janvier 2017

 

url de l’article original:

https://indiancountrymedianetwork.com/news/opinions/native-american-genocide-holocaust/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Une fois de plus, l’Allemagne va de l’avant pour confronter et compenser ses crimes historiques, cette fois-ci, il s’agit du génocide colonial en Afrique.

L’Allemagne a commencé le processus d’auto-critique nationale après la seconde guerre mondiale, enquêtant sur les atrocités de son passé nazi et créant des programmes éducatifs à très grande échelle. Confronter l’histoire fut compris comme une part nécessaire de l’avancée du pays.

Beaucoup d’autres pays ont fait les efforts de récupérer des traumatismes causés par la violence officielle. L’United States Institute of Peace Truth Commissions Digital Collection contient des profiles de corps d’enquêtes de nations du monde entier, avec des liens référant aux textes législatifs établissant de telles commissions et les rapports de conclusion de chacune d’entre elles ainsi que leurs recommandations.

Une grande mais très notable omission de la liste de ces pays: Les Etats-Unis d’Amérique. Aucune “commission pour la vérité” ni de “mémorial de l’holocauste” n’ont jamais été entrepris par les USA pour reconnaître, sans parler de “dédommager”, la violence historique contre les peuples autochtones de ce qui est autrement connu (anthropologiquement et historiquement) comme le génocide des autochtones américains.

En fait, le gouvernement des Etats-Unis a fait bien plus pour reconnaître son rôle dans les génocides des autres pays, que de reconnaître son propre génocide intra muros. Par exemple, lorsque le Brésil a mis en place sa Commission Nationale sur la Vérité pour enquêter sur la répression menée par les forces de sécurité de l’État entre 1964 et 1985, les US ont été d’accord pour déclassifier tout spécialememt des documents sur le Brésil, identifiant, centralisant et analysant des centaines de documents de la CIA, de la défense et du ministère des AE, toujours frappés du sceau du secret, documents s’étalant sur une période allant de 1960 aux années 1980, et ce lorsque les agences de renseignement et militaires américaines assistèrent le Brésil sur son programe de terrorisme d’état.

L’analyse du rapport final brésilien en 2014 par la National Security Archive (une ONG à but non-lucratif rassemblant des journalistes et des universitaires, basée à Washington D.C) a montré qu’il montrait bien plus d’information au sujet du système de répression étatique brésilien, incluant les noms de ceux ayant commis des atrocités, que les Etats-Unis ne fournirent dans leur rapport sénatorial de 2014 sur la torture officielle des Etats-Unis

En 2009, le président Obama a signé une soi-disant “lettre d’excuses” aux nations indiennes des Etats-Unis, dans une déclaration qui fut enfouie dans le fatras de ce que fut la loi d’autorisation de défense ou Defense Authorization Act (NdT: le DAA qui est le Patriot Act 2.0). Peut-être que cela fut approprié, étant donné que le budget de la “défense” fut ponctionné pendant des années afin que ces fonds servent à perpétrer le génocide des Amérindiens et de confiner ceux qui restaient dans des “réserves” (que les nazis citèrent comme modèles pour leurs propres “camps”) . La cérémonie de la signature d’Obama du document était fermée à la presse ; ceci fut en fait bien plus fait pour enterrer plus avant le passé que pour le confronter. La possibilité de dédommagement ne fut même jamais considérée.

Dans le même temps, depuis 1980, le gouvernement des Etats-Unis a soutenu le Musée Mémorial de l’Holocauste aux Etats-Unis sis au National Mall. Malgré son nom générique, le musée ne focalise pas du tout sur l’holocauste américain, le génocide des peuples et nations autochtones aux Etats-Unis, mais sur les efforts d’extermination des juifs par les nazis…

Les collections de la section recherche du musée contiennent des matériels documentant le génocide des peuples autochtones, comme le livre de Benjamin Madley sur le massacre des peuples natifs de ce que nous appelons la Californie, mais le musée ne possède aucune exhibition de l’holocauste des peuples indigènes par les forces gouvernementales des Etats-Unis. En fait, le musée utilise le mot “holocauste” comme un nom, désignant un évènement historique singulier, plutôt que comme un verbe, désignant une action, un évènement répété, un processus qui s’est produit dans maints endroits et qui continue de se produire. (NdT: Ici d’Errico devrait dire qu’originellement, ceci était prévu, mais que l’AIPAC, lobby sioniste américain, mit d’énormes pressions pour que cela ne se produise pas clâmant que cela “dénaturerait l’holocauste des juifs qui doit demeurer unique”, toujours dans ce souci ultime de gagner la compétition victimaire et justifier en permanence la création de l’état juif, génocidaire à son tour, d’Israël…)

Bizarrement, la restriction mise sur le mot “holocauste” pour préserver l’unicité d’un évènement historique menace de minimiser l’intention avouée du musée de “prévenir le génocide”, parce qu’au plus loin dans l’histoire cet évènement se situe et se situera, et toujours moins de sens il aura pour les générations futures. La meileure chose que ce musée pourrait faire pour l’éducation des citoyens et les leaders du monde, serait de refuser de voir “l’holocauste” être circonscrit à un évènement historique “unique”, et de regarder le processus comme étant en perpétuelle action, un phénomène récurrent dans un monde piloté par de vicieux conflits politiques et religieux et dans lequel les gouvernements le plus souvent ne font qu’agraver la violence.

La convention de l’ONU sur le génocide établie en 1948 stipule:

“Génocide veut dire un des actes suivants commis avec l’intention de détruire, en partie ou en totalité, un groupe national, ethnique, racial ou religieux en:

  • Tuant les membres du groupe
  • Causant de sérieux dommages physiques ou mentaux aux membres du groupe
  • En infligeant délibérément au groupe des conditions de vie calculées pour qu’il en résulte une destruction physique partielle ou totale
  • Imposant des mesures visant à empêcher les naissances au sein du groupe
  • Transférant de force les enfants du groupe vers un autre groupe

Jusqu’à ce jour, certaines personnes ne sont pas d’accord sur le fait d’appeler “génocide” le génocide par les Etats-Unis des peuples amérindiens. Même les universitaires ont des problèmes à reconnaître les archives historiques (NdT: ceci s’appelle de la dissonance cognitive, c’est à dire de refuser de croire une chose même preuves à l’appui, parce que cela dérange le confort social et intellectuel auquel l’individu est habitué ; aussi lié au fait de reconnaître qu’on a pu se tromper durant toutes ces années et ainsi promouvoir un faux narratif…). Par exemple, Gary Anderson a écrit “Le nettoyage etnique et les Indiens”, un livre publié en 2014 constitué de plus de 400 pages, remplies de détails au sujet des principaux acteurs de l’effort états-unien d’éliminer les Indiens et argumentant qu’il ne s’agissait pas d’un génocide !…

Le 29 décembre 1890, les Lakota Miniconjou, campaient avec leur chef Big Foot à Wounded Knee Creek. Ils y furent attaqués par plus de 500 soldats du 7ème de cavalerie (NdT: régiment de Custer), armés de canons Hotchkiss tirant 50 obus à la minute. Le rapport de l’armée fit état de 290 Indiens tués, 90 guerriers et 200 femmes et enfants.

Les archives démontrent sans l’ombre d’un doute que Wounded Knee ne fut en aucun cas un évènement isolé. Si nous ajoutons aux actes de violences la stérilisation forcée des femmes indiennes et le transfert des enfants indiens dans des familles non-autochtones par les agences d’état, alors nous devons en conclure que non seulement l’holocauste américain a bel et bien eu lieu, mais que certains aspects de celui-ci continuent toujours aujourd’hui.

En 2013, Le National Congress of American Indians (NCAI) a passé une résolution en assemblée générale appelant pour l’Institution Smithsonienne américaine de créer un espace au sein du National Museum of the American Indian (NMAI) pour y établir un National American Indian Holocaust Museum (NAIHM)

Cela ne s’est pas produit et devant la susceptibilité des egos américains ainsi que la notion fallacieuse de “l’exceptionnalisme américain”, le NMAI restera sans aucun doute un endroit n’ayant que l’ombre d’une mémoire de l’holocauste. Des plans ont été néanmoins établis, comme ce fut rapporté en janvier 2016 dans le journal du Herald Tribune, qu’un musée de l’Holocauste Nord-Américain serait créé à… Moscou et ce en réponse à la demande du mouvement Idle No More.

Pendant ce temps, l’Allemagne et son ancienne colonie que fut la Namibie, s’empoignent au sujet des conséquences des efforts allemands entre 1904 et 1908 d’exterminer les peuples Herero et Nama dans ce qui était alors appelé la colonie de “L’Allemagne de l’Afrique du Sud-Ouest”. Les leaders Herero et Nama demandent à avoir un rôle dans les négociations car ils ne font aucunement confiance au gouvernement namibien pour les représenter…

Le but des négociations est de déterminer comment l’Allemagne pourra s’excuser et dédommager les peuples pour ses actions. Une chose a dores et déjà été clarifiée par l’envoyé spécial de l’Allemagne: “Ceci sera dûment décrit comme étant un génocide”.

Colonisation des esprits: Infiltration d’agents sionistes dans le mouvement étudiant britannique…

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Et partout en occident. Le colonialisme est aussi une pollution mentale, intellectuelle et culturelle.
~ Résistance 71 ~

 

Comment le lobby sioniste a infiltré des agents dans le mouvement étudiant au Royaume Uni

 

Al Jazeera

 

11 janvier 2017

 

url de l’article en français:

 

http://chroniquepalestine.com/lobby-sioniste-agents-mouvement-etudiant-royaume-uni/

 

L’ambassade d’Israël au Royaume-Uni influence les étudiants et les groupes de jeunesse des principaux partis, révèle l’Unité d’enquête d’Al Jazeera.

Israël influence des groupes d’étudiants, de militants et parlementaires au Royaume-Uni, offrant une assistance financière et stratégique afin de gagner le soutien des jeunes organisateurs et pouvoir ainsi façonner la politique britannique, révèle l’Unité d’enquête d’Al Jazeera.

Pendant six mois, le journaliste Robin (un pseudonyme) a infiltré des groupes pro-israéliens qui tentent de freiner le mouvement puissant et en constant renforcement contre l’occupation illégale des terres palestiniennes.

Il a découvert un lien étroit entre Shai Masot, dont la carte de visite le présente comme un haut responsable politique à l’ambassade israélienne à Londres, et un réseau d’hommes politiques, de militants et de commentateurs en Grande-Bretagne qui manifestent leur sympathie à l’égard d’Israël.

Cet agressif lobbying s’est développé alors que le mouvement de boycott, de désinvestissement et de sanctions (BDS) ne cesse de se renforcer et que le Parti travailliste (ou « Labour », aujourd’hui dans l’opposition) est conduit par Jeremy Corbyn, un défenseur reconnu des droits des Palestiniens.

Le mouvement BDS bénéficie d’un large soutien dans les universités britanniques. En juin 2015, le Syndicat national des étudiants (NUS) a voté pour le boycott.

Un an plus tard, le NUS a élu sa première présidente féminine, qui est aussi d’origine africaine et musulmane : Malia Bouattia, défenseur des droits des Palestiniens.

Contrairement à la NUS, l’Union des étudiants juifs (UJS) qui dispose de 64 représentations dans les universités britanniques, s’oppose fermement au mouvement BDS.

Complot contre la présidente du NUS

L’unité d’enquête d’Al Jazeera a découvert que l’UJS non seulement a reçu de l’argent de l’ambassade d’Israël, mais a également tenté d’influencer les élections pour désigner la présidence du NUS, et même évincer Bouattia après sa victoire.

Michael Rubin, jeune parlementaire et militant pro-israélien qui s’est vanté de travailler « beaucoup avec l’ambassadeur et l’ambassade », a déclaré à Robin que Bouattia était « vraiment mauvaise » et « horrible ».

« Nous faisions campagne pour la personne qui se présentait contre elle parce que nous ne voulions pas qu’elle gagne », a déclaré Rubin, qui était au moment des élections le président du groupe des étudiants du Labour.

Durant la campagne électorale, Richard Brooks, vice-président de NUS, a tenu des réunions « secrètes » avec Russell Langer, directeur de campagne de l’UJS, et Rubin.

« L’objet de nos réunions secrètes était de planifier ce qu’il fallait pour placer des personnes modérées, avec la bonne vision politique, à certains endroits, » a-t-il dit, ajoutant que le groupe travaillait « de façon très soudée ».

Robin a discuté avec Brooks la possibilité d’évincer Bouattia.

« Vous pouvez m’en parler parce que je suis en train de les organiser », a déclaré Brooks, qui avait déjà pris l’initiative inhabituelle de critiquer le président du NUS à la radio nationale.

L’enquête révèle également que l’UJS a offert à Brooks un voyage tous frais payés en Israël, quelque chose qu’il omis de mentionner dans son interview radio.

Le NUS représente plus de quatre millions d’étudiants.

Parmi les hommes politiques les plus connus qui ont servi comme responsable du NUS se trouvent les travaillistes Jack Straw, ancien secrétaire des Affaires étrangères, et Charles Clarke, un ancien secrétaire du Home Office.

Par ailleurs, Adam Schapira, qui a posé une candidature sans succès à la présidence de l’UJS, a déclaré à notre journaliste infiltré : « L’ambassade d’Israël au Royaume-Uni donne de l’argent à l’UJS. »

Schapira a travaillé auparavant avec le Centre Pinsker, un groupe de réflexion dont le siège est au campus et qui vise à « éduquer intelligemment sur le sionisme et le conflit israélo-arabe ».

Schapira a confirmé à notre journaliste que le puissant lobby américain pro-israélien, l’AIPAC, canalise de l’argent vers les campus britanniques par le biais du Centre Pinsker.

« Des groupes comme l’AIPAC ont donné de l’argent », a-t-il fait savoir.

Ces groupes s’activent durement pour contrer le mouvement BDS qui a pris son modèle sur la campagne de masse pour isoler l’Afrique du Sud pendant l’ère de l’apartheid, et qui vise à faire pression sur Israël par des tactiques d’isolement économique et culturel.

Le Labour en ligne de mire

Tout au long de l’enquête, Robin s’est présenté comme un militant diplômé avec de fortes sympathies pour Israël et désireux d’aider à combattre le mouvement BDS.

Masot, le diplomate de l’ambassade israélienne, a insisté auprès de Robin qu’il était particulièrement important pour lui de construire un réseau de soutien à Israël à tous les niveaux du Parti travailliste, qui, selon lui, était dirigé par le leader « fou » de l’opposition, Jeremy Corbyn.

À un moment donné, il a offert à Robin un emploi de dirigeant dans l’organisation de jeunesse des « Travaillistes amis d’Israël » (LFI).

Dans une discussion à une station de métro, Robin a demandé à Masot : « Avez-vous déjà construit quelque chose, comme un groupe ? »

Masot a répondu: « En Israël et ici … Rien dont je puisse parler, mais oui. C’est bon de laisser ces organisations indépendantes, mais nous les aidons à [se construire] ».

Masot a conseillé à Robin de procéder étape par étape sur la façon de mettre en place un nouveau groupe pro-Israël, et il a offert l’appui de l’ambassade dans la fourniture d’un « orateur intéressant » lors d’événements.

Le diplomate israélien se vante d’avoir eu l’idée de constituer une organisation de jeunesse des « Conservateurs amis d’Israël » (FCI), un groupe fort de 2000 membres mis en place l’an dernier.

LFI et CFI ont été fondées dans les années 1950 et 1970 respectivement.

« [Mais] il n’y a personne qui éduque les gens de la base du parti … En particulier dans le Parti travailliste, tandis que les Conservateurs n’en ont pas besoin », a déclaré Masot à Robin.

Influencer l’opinion

Dans une nouvelle tentative pour influencer l’opposition, Masot a déclaré qu’il était impliqué dans le groupe de la jeunesse de la « Fabian Society », un influent groupe de réflexion du Parti travailliste, et qu’il a « emmené un groupe de ‘Fabians’ en Israël ».

Un « Fabian », Martin Edobor, a plus tard dit à Robin dans un pub de Londres que Masot était « un gars super ».

Edobor a ajouté qu’il avait fait partie d’une délégation en Israël, et a il nié comme « faux » et de la « propagande » un récent article publié dans Haaretz au sujet d’Israël coupant l’approvisionnement en eau dans la Cisjordanie occupée.

Sur son site Internet, la Fabian Society affirme être « un mouvement pluraliste pour créer un espace de débat ouvert » qui croit « dans la lutte contre l’inégalité ».

Plus tard, lors d’une réunion privée dans un hôtel de Londres avec le personnel de l’ambassade israélienne et des partisans britanniques, Masot a présenté Robin à Michael Freeman, responsable des affaires civiles à l’ambassade.

Freeman a expliqué à Robin que l’ambassade était à la recherche de quelqu’un pour « étudier les différents mouvements BDS, sur qui ils sont et ce qu’ils sont », avant que Gilad Erdan, ministre israélien des affaires stratégiques, ait pris la scène comme invité d’honneur.

La tâche principale du ministère d’Erdan est de lutter contre le mouvement BDS dans le monde entier

Selon Yossi Melman, journaliste et écrivain israélien spécialisé dans les affaires de sécurité et de renseignement, le ministère recrute « principalement d’anciens officiers de renseignement ».

Masot, qui est bien impliqué, a ensuite suggéré que Robin contacte Rubin, l’officier parlementaire, pour recueillir des conseils sur la construction d’un nouveau groupe. Rubin a déclaré à notre journaliste infiltré que Joan Ryan, député du Labour et président du LFI, s’entretenait avec Masot « presque tous les jours ».

« Le Parti travailliste n’est pas un bon endroit, pour dire le moins… », a déclaré Rubin, alors qu’il conseillait à Robin de se lier d’amitié avec « des jeunes de par-ci par-là … qui ont de bonnes vues sur Israël ».

En ce qui concerne l’organisation de jeunesse du LFI, Rubin a déclaré: « Je pense que nous devons faire attention à ne pas être considérés comme une ‘sorte d’ambassade israélienne pour la jeunesse’… Nous travaillons très étroitement ensemble, mais c’est juste que nous essayons de conserver au LFI une identité distincte de l’ambassade. Le LFI nous permet de contacter des gens qui ne voudraient pas s’impliquer directement avec l’ambassade. En fin de compte, nous voulons le même objectif qui est d’amener plus de gens à être pro-Israël et à mieux comprendre le conflit. »

Ben White, un chercheur et journaliste qui a écrit sur le conflit israélo-palestinien, a déclaré à Al Jazeera qu’Israël cherche de plus en plus à influencer les hommes politiques britanniques au fur et à mesure que ses craintes à propos du mouvement BDS se renforcent.

« Nous savons que le ministère israélien des Affaires étrangères, et aussi – un fait intéressant – le ministère israélien des affaires stratégiques par lequel cet individu [Masot] parait être employé, sont très concentrés sur la lutte contre ce qu’ils considèrent comme dangereux, avec un accent particulier sur la volonté de contrecarrer et de saper les campagne du mouvement BDS », a déclaré White.

11 janvier 2017 – Al Jazeera – Traduction : Chronique de Palestine

Guerre impérialiste en Syrie: John Kerry reconnaît soutenir et armer l’EIIL/Daesh

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La fourberie et la tromperie permanente de l’État. Ceci n’est pas propre à Yankland, c’est inhérent à l’État, ultime outil de manipulation, de mensonge et de contrôle, qui contient par construction la finalité de ses moyens et inversement…
~ Résistance 71 ~

“L’État, c’est ainsi que s’appelle le plus froid des monstres froids et il ment froidement et le mensonge que voici sort de sa bouche: ‘Moi, l’État, je suis le peuple !’… Là où le peuple existe encore, il ne comprend pas l’État et il le hait comme un mauvais œil et comme un pêché contre les coutumes et les droits… L’État, lui, ment dans tous les idiomes du bien et du mal ; et quoi qu’il dise, il ment et ce qu’il possède il l’a volé. Tout est faux en lui, il mord avec des dents volées, lui qui mord si volontiers. Fausses sont même ses entrailles… ‘Sur Terre il n’est rien de plus grand que moi: je suis le doigt qui crée l’ordre, le doigt de dieu’, voilà ce que hurle ce monstre…”
~ Friedrich Nietzsche (Ainsi parlait Zarathoustra, 1883) ~

 

Preuve audio: John Kerry confirme en privé soutenir et armer Daesh

 

Réseau Voltaire

 

12 janvier 2017

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article194918.html

 

Le New York Times a publié le 30 septembre 2016 des extraits de l’enregistrement audio d’une conversation entre le secrétaire d’État, John Kerry, et des membres de « l’opposition » syrienne. La conversation a eu lieu le 22 septembre 2016, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies. On l’y entend déplorer que le Congrès US refuse d’envoyer des hommes renverser la République arabe syrienne et conseiller aux opposants de se trouver une autre puissance militaire pour faire le travail à leur place et les porter au pouvoir.

Les extraits choisis par le New York Times laissaient comprendre que le département d’État ne pouvait plus soutenir la Coalition nationale de l’opposition et lui demandait de se tourner vers d’autres sponsors.

L’enregistrement complet de 36 minutes a été publié, le 1er janvier 2017, par The Last Refuge [1]. Il modifie totalement le sens de la conversation et atteste par conséquent que le choix des extraits initialement publiés par le New York Times visait en réalité non pas à accuser l’administration Obama, mais à la protéger.

Dans l’enregistrement complet, on entend le secrétaire d’État 
 confirmer que le but stratégique de la guerre menée depuis 2011 par l’administration Obama contre la République arabe syrienne est de renverser le régime. 
 confirmer que l’administration Obama espérait que Daesh serait en mesure de renverser à sa place la République arabe syrienne. 
 confirmer que l’administration Obama a approvisionné Daesh en armes pour qu’il renverse la République arabe syrienne.

Cet enregistrement met fin au mythe de la prétendue révolution syrienne aussi bien qu’à celui de la lutte de l’Occident contre Daesh. Il permet de mieux comprendre les tensions au sein de l’administration Obama et la démission du général Michael Flynn. En droit international, le soutien à Daesh viole plusieurs résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies et constitue un crime contre l’Humanité.

[1] “Absolutely Stunning – Leaked Audio of Secretary Kerry Reveals President Obama Intentionally Allowed Rise of ISIS…”, The Last Refuge (The Conservative Tree House), January 1, 2017.