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Histoire et société: Quand les anarchistes prédisaient l’échec du « matérialisme historique » marxiste…

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La pauvreté de l’historicisme

 

Robert Graham

 

30 janvier 2016

 

url de l’article original:

http://robertgraham.wordpress.com/2016/01/30/the-poverty-of-historicism/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le groupe Impulso est demeuré fidèle à une vue essentiellement marxiste d’un développement progressiste historique, le point de vue que Dwight MacDonald a argumenté avoir été littéralement explosé par les attaques nucléaires sur Hiroshima et Nagasaki. Plus personne ne peut maintenant prétendre que “du mal présent surgira le bien futur”, a écrit MacDonald, quand “pour la première fois dans l’histoire, l’humanité fait face à la possibilité que sa propre activité pourrait bien résulter en non seulement la destruction de quelques personnes et quelques parties du monde, mais de tout le monde et de toute la planète.

Le groupe Impulso s’est accroché à la vision que comme résultat d’un processus historique objectif, la classe des travailleurs, des prolétaires a développé des “intérêts incessants et unitaires”, les appelant à remplir son “rôle historique” d’abolition du capitalisme. Que la classe travailleuse ait des intérêts unitaires est un concept qui a été critiqué par d’autres anarchistes depuis au moins l’époque de Bakounine, qui avait argumenté contre Marx que les ouvriers citadins “qui gagnent plus et vivent plus confortablement que tous les autres travailleurs”, en vertu de leur”bien-être relatif et de leur position semi-bourgeoise” formaient uns sorte “d’aristocratie du travail.. malheureusement trop saturés profondément de tous les préjudices politiques et sociaux et de toutes les aspirations étriquées et prétentieuses de la bourgeoisie” (1872:294)

MacDonald fit référence à “l’échec des masses européennes de se passionner pour les slogans et les programmes socialistes” dans l’après-guerre, suggérant que “l’homme de la rue se sent aussi impuissant et manipulé vis à vis de l’organisation de masse du socialisme que par ses employeurs capitalistes et leurs institutions sociales et légales.” Pour Louis Mercier Vega (1914-1977), la stratification sociale au sein de la “classe ouvrière” rend nécessaire “de parler de plusieurs classes ouvrières”, chacune ayant des intérêts conflictuels comme par exemple les “différences de salaire”, qui “font qu’il est plus difficile d’acquérir une conscience de classe, encourageant ainsi la collusion entre la gestion privée ou étatique et les segments privilégiés des salariés à plus haut salaire. Elles accentuent plutôt qu’elles ne diminuent la tendance de maintenir une réduction du sous-prolétariat qui sera exposé lors de difficultés économiques accrues et les bloquera avec d’autres dans des arrangements complexes et régulateurs où la docilité et la diligence envers le haut se reflète dans les niveaux de salaire.

Le groupe Impulso a accepté implicitement la vision marxiste des étapes historiques du développement que d’autres anarchistes depuis Bakounine ont aussi défié et questionné. Même avant le conflit qui émergea entre Marx et Bakounine lors de la 1ère Internationale, un des points de désaccord entre Marx et Proudhon fut de savoir si une forme anarchiste de socialisme pouvait être établie avant que le capitalisme n’ait créé la technologie qui produirait l’abondance de biens soi-disant nécessaires pour subvenir à la société socialiste d’après Marx en 1847.

Les anarchistes firent la promotion de révolutions paysannes dans bien des circonstances, plutôt que d’attendre que le développement du prolétariat urbain n’arrive à maturité comme suggéré par la vision marxiste de l’histoire.

Gustav Landauer rejetait l’idée de “l’artifice du développement historique par lequel et par nécessité historique, la classe ouvrière, d’une manière ou d’une autre, est appelée par la Providence à prendre sur elle-même son rôle de classe dirigeante du moment présent.

Pour Landauer, “le miracle que le matérialisme et le mécanisme assument est qu’… un socialisme adulte provienne non pas des débuts enfantins du socialisme, mais de l’énorme corps déformé du capitalisme, ce miracle ne se produira pas, et bientôt les gens n’y croiront plus.

Huang Lingshuang et Rudolf Rocker formulèrent plus tard une critique similaire de la théorie marxiste de l’histoire.

Grève de la faim (fin) en Palestine occupée… Al Qiq le Bobby Sands de la lutte politique palestinienne ?…

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Parler de grève de la faim en prison en acte ultime de résistance doit évoquer celle, épique, des membres de l’IRA croupissant dans les geôles coloniales et particulièrement celle de Bobby Sands et de ses compagnons de lutte, décédés en 1981 pour récupérer leur statut de prisonnier politique. Nous plaçons en section commentaire un documentaire sur Bobby Sands, et sa grève de la faim terminale ainsi que celle de ses compagnons de détention.

Hommage et respect à tous les Mohamed Al-Qiq et Bobby Sands du monde.

— Résistance 71 —

 

Quand se laisser mourir de faim est un ultime acte de résistance

 

Ramzy Baroud

 

7 Février 2016

 

url de l’article:

http://www.info-palestine.net/spip.php?article15885

 

Le vendredi 29 janvier, le journaliste palestinien Mohammed al-Qiq a franchi les 66 jours de grève de la faim dans les prisons israéliennes. Juste avant qu’il ne soit tombé dans le coma pour la troisième fois, il avait envoyé un jour plus tôt un message public à travers ses avocats, qui résumé à l’essentiel disait : la liberté ou la mort.

Al-Qeq est âgé de 33 ans, marié et père de deux enfants. Des photos de lui circulant en ligne et affichées dans les rues palestiniennes, montrent le visage d’un bel homme, portant des lunettes. La réalité est cependant tout à fait différente. « Il est dans une très mauvaise situation. Il est tombé dans son troisième coma ces derniers jours, et son poids a chuté de 30 kilogrammes, » a dit Ashraf Abu Sneina, l’un des avocats d’al-Qiq, à al-Jazeera. Al-Qiq a été kidnappé et gardé en détention en vertu d’une loi israélienne tristement célèbre appelée la loi de « détention administrative ».

De sinistres prédictions sur la mort imminente d’al-Qiq sont faites chaque jour, avec aucune fin en vue de son martyre. Malheureusement pour cet homme qui a décidé que le seul moyen de défense et de protestation dont il dispose était son corps, il a contre lui l’apartheid israélien, la Croix-Rouge et d’autres groupes internationaux à qui il a fallu de longs délais pour se préoccuper du cas de ce journaliste qui refuse toute alimentaire et traitement médical depuis le 24 novembre 2015.

Al-Qiq travaille pour le réseau saoudien de télévision Almajd, et il a été enlevé à son domicile à Ramallah le 21 novembre. Dans son communiqué, publié plus de 60 jours après qu’il soit entré en grève de la faim, le CICR a décrit la situation comme « critique », indiquant clairement la réalité, à savoir que la vie d’Al-Qiq « est en danger. »

Le 27 janvier, l’Union européenne a également exprimé son point de vue, disant être « particulièrement préoccupée » par la détérioration de la santé d’al-Qiq.

Conformément à sa loi de « détention administrative », Israël retient en détention des prisonniers Palestiniens et arabes sans fournir de raisons et ce depuis que l’État [sioniste] a été fondé en 1948. En fait, cette loi qui est principalement fondée sur des « preuves secrètes » remonte aux mesures d’exception prises par le gouvernement britannique à l’époque du mandat sur la Palestine.

Après qu’Israël ait occupé la Cisjordanie, Gaza et Jérusalem-Est en 1967, il s’activa frénétiquement pour trouver quelque justification légale que ce soit au fait d’emprisonner les gens sans avoir à les soumettre à un procès. Ces efforts ont finalement abouti à la Loi israélienne des autorités de l’état d’urgence en 1979.

Cette loi était une sorte de compromis entre le renseignement intérieur (Shin Bet), l’État et le système judiciaire, dans le but de fournir une façade et un apparent fondement juridique pour ce qui est considéré par le droit international et par la plupart des pays comme parfaitement illégal. Le Shin Bet a donc été autorisé à utiliser toutes les mesures coercitives possibles – y compris la torture physique et psychologique – pour obtenir des aveux « forcés » de prisonniers palestiniens au cours de ces six mois de détention – renouvelables par simple ordonnance du tribunal – sans procès ni accusations.

Khader Adnan, âgé de 37 ans et originaire de Jénine, est resté sous le coup de la détention administrative pendant des années. Le renseignement israélien n’avait aucune charge pour l’inculper, malgré les accusations selon quoi il aurait été un membre important de l’organisation du Jihad islamique. Il a été libéré le 12 juillet 2015. Il a survécu à plusieurs grèves de la faim, et deux particulièrement longues : au début de 2012, sa grève de la faim a duré 66 jours et en mai 2015, une seconde grève a duré 56 jours.

Chaque fois, Adnan a atteint le point où la mort, comme dans le cas d’al-Qiq, était de plus en plus une possibilité réelle. Lorsque nous lui avons demandé ce qui l’avait obligé à suivre cette voie dangereuse à deux reprises, sa réponse a été immédiate : « les arrestations répétées, la sauvagerie de la façon dont je fus arrêté, la brutalité de l’interrogatoire et enfin la détention administrative prolongée » – bien sûr sans procès.

Les détentions administratives sont comme des trous noirs juridiques. Elles ne permettent aucune échappatoire et le prisonnier ne dispose d’aucun droit, mais donnent du temps aux tortionnaires de briser le moral du prisonnier, de le forcer à renoncer, et même à admettre sous la torture des choses qu’il n’a jamais commises. « C’est notre seul et dernier choix », dit Mohammed Allan, âgé de 33 ans et originaire de Naplouse, qui a suivi une grève de la faim si longues que celle-ci a produit des lésions cérébrales et a failli lui coûter la vie.

« Quand vous sentez que toutes les portes sont fermées, et que vous vous tenez là humilié et seul, sachant à l’avance que le système judiciaire est une mascarade, on se retrouve sans aucune autre option qu’une grève de la faim, » dit-il.

« D’abord, je fis part de mes intentions clairement en refusant trois repas à la file l’un de l’autre, et en envoyant une note écrite par le Dover (prisonnier parlant hébreu qui sert de porte-parole pour un quartier de la prison). Puis, la souffrance commence. C’est comme une guerre psychologique entre les autorités de la prison, L’État et les institutions contre un seul individu » qui – raconte Allan – dure de 50 à 60 jours.

« Presque instantanément un gréviste de la faim est jeté dans l’isolement, se voit refuser le droit à un matelas et à une couverture et à d’autres nécessités de base. Seulement au bout de six semaines environ, les autorités pénitentiaires israéliennes acceptent de parler aux avocats représentant les grévistes de la faim pour discuter de diverses propositions. Mais dans ce laps de temps, le prisonnier est laissé entièrement nu, séparé des autres prisonniers et soumis à une campagne ininterrompue d’intimidation et de menaces. La torture mentale est bien pire que la faim », dit Allan.

« Vous ne pouvez même plus aller aux toilettes ; vous ne pouvez pas tenir debout sans aide et vous êtes même trop faible pour essuyer le vomi qui jaillit involontairement hors de votre bouche et se répand dans votre barbe et sur votre poitrine. »

Allan a failli mourir en prison, et en dépit d’une ordonnance de la cour qui a permis aux autorités pénitentiaires de le gaver (une pratique considérée au niveau internationale comme une forme de torture), les médecins de l’hôpital Soroka ont refusé de suivre cette voie. À la mi-août 2015, Allan a été mis sous perfusion quand il a perdu conscience. Sa très grave malnutrition a entraîné des dommages cérébraux.

Un troisième gréviste de la faim ensuite libéré, Ayman Sharawneh, originaire de Dura près d’Hébron – mais qui a été expulsé à Gaza – parle des grèves de la faim comme de la « dernière balle » dans un combat pour la liberté qui peut conduire à la mort. Sharawneh, comme Adnan et d’autres à qui nous avons parlé, était amer à propos de l’absence d’un soutien adéquat, alors qu’il était mourant en prison.

« Toutes les organisations, palestiniennes ou internationales, font généralement défaut, » dit-il. « Ils finissent par passer à l’action alors que le prisonnier a déjà connu de nombreux jours de torture. »

Deux ans et 8 mois après qu’il ait été expulsé vers la bande de Gaza, il éprouve toujours une sévère douleur dans tout son corps, en particulier au niveau des reins.

En suivant cette grève de la faim prolongée, dit-il : « Je commençais à perdre mes cheveux, à souffrir de nausées constantes et de vives douleurs dans mes intestins, à vomir un liquide jaune, puis sombre, et finalement je ne pouvais plus rien voir. J’ai eu un mal de tête atroce et je commençais à souffrir de crevasses partout sur peau et sur tout le corps ».

Sharawneh est d’accord avec Adnan que les « grèves de la faim individuelles » ne doivent pas être comprises comme un acte auto-centré. « Mohammed al-Qiq n’est pas en grève pour lui-même », dit Adnan. « Il est en grève au nom de tous les prisonniers politiques », dont le nombre est estimé par le groupe Addameer de défense des droits des prisonniers, à près de 7000.

Selon Adnan, la question de la grève de la faim ne doit pas être considérée comme une bataille dans les prisons israéliennes, mais comme faisant partie intégrante de la lutte du peuple palestinien contre l’occupation militaire.

Alors que les trois anciens prisonniers ont affirmé leur solidarité avec al-Qiq, ils ont appelé à une plus grande aide pour le journaliste en grève de la faim et pour des milliers comme lui, dont beaucoup sont également détenus indéfiniment sous le régime de la détention administrative.

La liste des Palestiniens grévistes faim connus, dépasse al-Qiq, Adnan, Allan et Sharawneh et comprend beaucoup d’autres, sans oublier Samir Issawi, Hana Shalabi, Thaer Halahleh et Bilal Thiab. Mais ce que l’ensemble de ces anciens grévistes de la faim semblent avoir en commun, c’est leur insistance pour expliquer que leurs combats ne doivent pas être considérés comme des combats individuels pour la liberté de quelques-uns, mais pour la liberté de tout un peuple désespéré, opprimé et indigné.

 

* Dr Ramzy Baroud écrit sur le Moyen-Orient depuis plus de 20 ans. Il est chroniqueur international, consultant en médias, auteur de plusieurs livres et le fondateur de PalestineChronicle.com. Son dernier livre, Résistant en Palestine – Une histoire vraie de Gaza (version française), peut être commandé à Demi-Lune. Son livre, La deuxième Intifada (version française) est disponible sur Scribest.fr. Son site personnel : http://www.ramzybaroud.net

« Appel au Socialisme » pour la société des sociétés (Gustav Landauer) ~ 3ème partie ~

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Appel au socialisme

 

Gustav Landauer (1911)

 

Larges extraits du texte de la seconde édition de 1919

 

Traduit de l’anglais par Résistance 71

 

février 2016

 

1ère partie

2ème partie

3ème partie

4ème partie

 

“La perte de temps est la caractéristique primordiale de notre système éducatif présent.”

~ Pierre Kropotkine ~

 “L’économie provient du politique, les relations de producion proviennent des relations de pouvoir, l’État engendre les classes.”

~ Pierre Clastres ~

 

Chapitre 5

 

La marxisme affirme:

  1. Que la concentration capitaliste dans l’industrie, dans le commerce, dans le système monétaire et financier est un stade préliminaire, le commencement du socialisme.
  2. Que le nombre d’entrepreneurs capitalistes, ou au moins des entreprises capitalistes, est en décroissance constante ; que la taille des entreprises individuelles augmente, que la classe moyenne diminue et est vouée à l’extinction et que le nombre de prolétaires croît incommensurablement.
  3. Que la quantité de ces prolétaires est toujours si importante qu’il doit toujours y avoir des chômeurs parmi eux, cette armée de réserve industrielle diminue les circonstances de la vie ; la surproduction en résulte parce que plus est produit qui ne peut être consommé et que donc les périodes de crises sont inéluctables.
  4. Que la disproportion entre l’énorme richesse dans les mains de quelques-uns ainsi que la pauvreté et l’insécurité des masses deviendra si grande qu’une crise terrible en résultera durant laquelle le mécontentement des masses deviendra si intense qu’une catastrophe, une révolution devra venir au cours de laquelle la propriété capitaliste pourra et devra être transformée en propriété sociale.

Ces point principaux ont souvent été critiqués par les érudits anarchistes, bourgeois et récemment par les révionnistes (du marxisme). Content ou pas, nous devons admettre en toute honnêteté la justesse des résultats suivants de la critique.

On ne doit pas parler des entrepreneurs capitalistes en supposant que l’existence de la société capitaliste dépend particulièrement de leur nombre ; on doit plutôt en parler sur le plan du combien ont un intérêt dans le capitalisme et de ceux qui, en regard de leur mode de vie, jouissent d’une bonne prospérité et sécurité sous le régime capitaliste. Qui dépend du capitalisme pour leurs opinions, leurs succès et humeurs et ce indépendemment du fait qu’ils soient entrepreneurs indépendants, agents en bonne position dans le système, hauts-fonctionnaires ou employés, actionnaires, retraités ou quoi que ce soit d’autre. En se fiant aux données fiscales et autres observations incontroversibles, on ne peut dire que le nombre de ces personnes n’a pas dimunué mais augmenté à la fois dans l’absolu et le relatif.

[…] La queston de la classe-moyenne a souvent été adressée. Son existence ne peut pas être niée. Personne n’a jamais dit ou écrit que la classe-moyenne ne peut vouloir dire que des artisans indépendants, des marchants, des petits fermiers ou des retraités.

Nous pourrions y acoler la question: Qui appartient à la classe-moyenne ? et une autre son corollaire: Qu’est-ce que le prolétariat ?

[…] J’ai dit qu’un prolétaire est quiconque gagne un standard de vie prolétaire, il y a donc bien sûr bien des degrés, de la misère la plus noire à l’ouvrier vivant avec sa famille, qui peut survivre à des périodes de chômage, en passant par la personne qui n’a que le strict minimum, même si ces derniers raccourcissent leur vie au travers de malnutrition (NdT: et de nos jours par la “malbouffe” bon marché et industrielle qui nous empoisonne à petit feu…) et dont la descendance n’arrive jamais à obtenir ce petit surplus leur permettant de participer aux arts par exemple.

De fait, seuls ces prolétaires n’ont rien à perdre sauf leurs chaînes et ont intérêts à changer le système (quand ils comprennent vraiment où réside leur intérêt, à savoir celui de la société entière). Même dans les strates supérieures des forces de travail, il y a des professions qui n’appartiennent plus entièrement au prolétariat.

[…] Il y a aussi une autre catégorie de personnes qui vit dans une amère pauvreté qui ne doivent pas être appelés prolétaires. Parmi eux, les artistes et écrivains pauvres, les médecins, les officiers de l’armée et les gens de cette sorte. Sous un régime parfois de privations, ils ou leurs parents se sont souvent assurés une culture qui ne les protège pas de la faim ou du pain rassis ou d’un repas pris à la soupe populaire. Ces personnes constituent une classe en eux-mêmes.

[…] Nous avons aussi un grand nombre croissant de gens qui, sans aucun doute, font partie d’un nouveau groupe de la classe-moyenne comme par exemple, les employés de grand magasin, les gérants de succursales ou de sections d’entreprises, les directeurs, les ingénieurs, les agents, les représentants de commerce etc.

Qu’en est-il de l’insécurité ? Il dit ici être noté que l’insécurité existe pour tous les membres de la société capitaliste, mais il y a là encore des degrés marqués. Nous devons donc faire des différences car nous n’avons pas à faire à des structures abstraites mais à des réalités historiques données. Pour le grand nombre qui se classe dans la catégorie de la classe-moyenne parmi la strate des gens ayant accès à la propriété, bien qu’ils ne disposent pas de leur propre moyens de travail ou de leur propre clientèle, l’insécurité n’est pour ces gens qu’une possibilité théorique. Et est une exception dans la pratique quotidienne. Les marxistes eux, ne coupent pas les cheveux en quatre et inscrivent les gens dans des paquets de généralité.

[…] Partout, le capitalisme préserve sa vitalité et au lieu de ses formes menant au socialisme, au contraire, il utilise la véritable forme socialiste que sont les coopératives ou la coopération mutuelle, pour ses objectifs d’exploitation des consommateurs de de monopolisation du marché.

L’État, de par sa législation, s’est aussi assuré que le capitalisme demeure en bonne santé et fort dans de très nombreux pays.

[…] Nous devons bien comprendre cette idée fondamentale que nous devons à Proudhon: “Ce qui est considéré comme vrai en matière économique pour la personne privée ordinaire, devient faux au moment où on cherche à l’appliquer à la société entière.”

Les ouvriers, dans leurs luttes pour les salaires, agissent juste en participants de la société capitaliste: en égoïstes luttant becs et ongles et comme ils ne peuvent rien faire seuls, ils luttent de manière organisée en tant qu’égoïstes unifiés. Organisé et unifiés, ils sont les camarades d’une branche de l’économie. Toutes ces associations branchiformes comprennent ensemble la totalité des ouvriers dans leur rôle de producteurs pour le marché des commodités capitaliste. Dans ce rôle, ils continuent une lutte, ou du moins le pensent-ils, contre les entrepreneurs capitalistes, mais en réalité contre eux-mêmes dans leur capacité de consommateurs.

Le soi-disant capitaliste n’est pas un caractère figé, tangible. C’est un intermédiaire, sur lequel bien sûr l’essentiel du blâme peut être mis, mais les coups que les ouvriers cherchent à lui infliger de manière militante loupent leur cible. L’ouvrier frappe et frappe, mais ils frappe sur un mirage intangible et les coups se retournent contre lui.

[…] Ainsi, les ouvriers dans leur lutte de producteurs produisent toujours plus de produits. Cette inflation, bien qu’elle affecte en partie les produits de luxe, a pour résultat essentiellement une augmentation du prix des articles de nécessité de base. En fait, pas mIeme une augmentation proportionnée, mais bel et bien disproportionnée. Lorsque les salaires augmentent, les prix montent de manière disproportionnée ; lorsque les salaires baisses par contre, les prix chutent légèrement et lentement de manière disproportionnée.

Le résultat en est que sur une période de temps, la lutte de l’ouvrier dans son rôle de producteur endommage les ouvriers dans leur réalité de consommateur.

[…] Quelqu’un dira bien que les syndicats, avec leurs grèves, luttent non seulement pour l’augmentation des salaires, mais aussi pour le raccourcissement des heures de travail, la solidarité avec les autres travailleurs et leurs doléances, les crédits de traail etc… Les syndicats sont des organisations reconnues complètement nécessaires au sein du capitalisme. Assurons nous de la bonne compréhension de ce qui est vraiment dit ici. Nous reconnaissons ici que les ouvriers ne sont pas une classe révolutionnaire, mais un groupe de pauvres damnés qui doivent vivre et mourir sous la règle capitaliste. Il est admis ici que la “politique sociale” de l’État, des municipalités, les politiques prolétariennes du parti des travailleurs, la lutte prolétarienne des syndicats du travail et le fond syndical sont tous des nécessités pour les travailleurs. Nous concédons aussi que les travailleurs pauvres ne sont pas toujours capables de respecter les intérêts de l’ensemble de la force laborieuse. Les secteurs économiques variés doivent mener leur lutte égoïste pour les salaires, car chaque secteur est une minorité en regard des autres et doit se défendre de l’inflation des coûts de la vie.

Tout ce qui est reconnu, admis et concédé ici est un coup porté contre le marxisme, qui ne cherche qu’à comprendre les travailleurs que dans leur rôle de producteurs et non pas comme le plus bas et pauvre étage du capitalisme, mais comme les porteurs choisis par le destin de la révolution et du socialisme.

Je dis ici: Non ! Toutes ces choses sont nécessaires sous le capitalisme aussi loin que les travailleurs ne comprennent pas comment sortir du capitalisme. Tout ceci ne fait que faire tourner en rond au sein du cercle vicieux établi par le capitalisme. Quoi qu’il arrive au sein de la production capitaliste, celle-ci ne peut mener que toujours plus profondément au capitalisme, mais jamais en sortir.

[…] Sous le système de salaire, il n’y a pas de relation déclarée du travail à la quantité et à la qualité de son produit, il n’y a pas de quid pro quo d’échange. Il n’y a que besoin qui désire une subsistance. Ainsi, nous trouvons une fois de plus que le travailleur du monde capitaliste doit défendre une institution capitaliste anti-culturelle pour préserver son existence. Ses besoins et son rôle de producteur font de lui un serviteur, un vassal du capitalisme.

[…] Récemment, dans une grande ville allemande, j’ai donné dix cours de littérature allemande, qui furent commandités par une association sociale-démocrate et dont l’audience fut pour l’essentiel des membres des syndicats ouvriers. J’ai alors fait l’expérience d’ouvriers anarchistes venant à ma rencontre après le cours dans le hall, endroit qu’ils avaient auparavant évité, pour me demander si je voulais bien leur donner un cours quelque temps plus tard ! A ce moment je décidais de leur donner cette réponse: J’ai donné un cours dans lequel j’ai parlé de Goethe, de Hölderin, de Novalis, de Stifter, de Hebbel, de Dehmel, de Liliencron, de Heinrich van Reder et de Christian Wagner et de bien d’autres, mais vous ne vouliez pas en entendre parler parce que vous ne saviez pas que la voix de la beauté humaine qui nous vient, le rythme fort et calme ainsi que l’harmonie de la vie ne peuvent pas être trouvés dans le bruit et la fureur de la tempête, pas plus que dans le mouvement léger des brises ni le calme sacré de l’immobilité…

“… Nous voulons essayer de voir la douce loi qui guide la race humaine… La loi de la justice, la loi de la morale, la loi qui veut que chaque humain vive de manière respectée, honoré et sécure, ensemble avec les autres, de façon, ainsi il pourra suivre sa plus haute destinée humaine, acquérir l’amour et l’admiration de ses compagnons, de façon à être protégé comme un bijou, car tout humain est un bijou pour un autre être humain, la loi réside partout où des humains vivent avec d’autres humains et cela se voit dans l’attitude d’un humain envers les autres. Elle réside dans l’amour entre époux, dans l’amour des parents pour leurs enfants, dans l’amour des enfants pour leurs parents, dans l’amour des frères et des sœurs, des amis les uns pour les autres, dans la douce inclinaison d’un sexe pour l’autre, dans l’effort par lequel nous subsistons, dans notre activité pour notre petit cercle, les endroits distants et le monde entier.” Nous disait Adalbert Stifter. Ainsi le socialisme que nous appelons bruyamment ici et duquel nous parlons si gentiment, est aussi la douce réalité de la beauté permanente de la vie des humains ensemble.

[…] C’est pourquoi détruisons par la gentillesse, permanente et liante réalité que nous construisons. Notre ligue [Bund] est une ligue pour la vie visant les pouvoirs éternels qui nous lient entre nous et avec le monde de la réalité. Laissons l’idée qui nous mène être de fait une idée, c’est à dire un lien qui nous unit au-delà du phénomène temporel transitoire, fragmentaire et superficiel, avec la calme communauté de l’esprit. Ceci est notre socialisme, une création du futur, comme s’il avait existé depuis toute l’éternité. Faisons en sorte qu’il ne vienne pas des réactions violentes, excitantes et colériques du moment, mais de la présence de l’esprit, de la tradition et de l’héritage de notre humanité.

[…] L’humain peut en vérité non seulement travailler pour vivre, mais il veut aussi sentir sa vie dans son travail, et durant son temps de travail, se réjouir de ce qu’il fait. Il a besoin non seulement de récréation, de repos et de joie le soir, il a aussi besoin et par-dessus tout, de plaisir dans son activité elle-même, une forte présence de son âme dans ses fonctions corporelles. Notre époque a créé le sport, l’activité ludique improductive des muscles et du système nerveux comme une sorte de travail ou de profession. Dans une véritable culture, le travail lui-même devient une soupapae ludique de toutes nos énergies.

[…] Ainsi, les ouvriers ont souvent été appelés des “esclaves” sur un ton indigné, mais on doit commprendre ce que l’on dit lorsqu’on emploie un tel mot comme “esclave” dans son sobre sens littéral. Un esclave était un “protégé”, qui devait être psychologiquement guidé, car sa mort coûtait de l’argent: un nouvel esclave devait être acheté. La terrible chose au sujet de la relation de l’ouvrier moderne et de son maître est justement qu’il n’est pas un esclave, que dans la très vaste majorité des cas, l’entrepreneur peut être complètement indifférent au fait de la vie ou de la mort de l’ouvrier. Celui-ci vit pour le capitaliste, mais il meurt pour lui-même. Il peut être remplacé. Les machines et les chevaux doivent être achetés, ce qui implique à la fois un coût d’achat et de maintenance. Il en était de même avec l’esclave qui devait d’abord être acheté, puis entraîné, même en tant qu’enfant puis on devait lui fournir sa subsistance. L’entrepreneur moderne obtient l’ouvrier gratuitement, qu’il paie un salaire de subsistance à l’un ou à l’autre n’a pas d’importance.

Ici une fois de plus, la dépersonalisation, la déshumanisation de la relation entre l’entrepreneur et le travailleur, le système capitaliste, la technologie moderne et l’État centralisé, vont la main dans la main. Le système capitaliste lui-même réduit l’ouvrier à un numéro. La technologie, alliée du capitalisme, en fait un pignon dans les rouages de la machine bien huilée. Finalement, l’État pourvoit à ce que le capitaliste n’ait non seulement pas besoin de pleurer la mort de l’ouvrier, mais que même en cas de mort ou d’accident, il n’ait même pas à être personnellement impliqué avec l’ouvrier de quelque façon que ce soit, Les institutions d’assurance d’état (ou privée) peuvent être observées de plusieurs angles, mais celui évoqué ici ne devrait sûrement pas être sous-estimé. Ces institutions remplacent également une humanité vivante par un mécanisme de fonctionnement aveugle et déshumanisé.

[…] Les marxistes et les masses de travailleurs qu’ils influencent n’ont aucune conscience du comment fondamentalement la technologie des socialistes diffère de la technologie capitaliste. Chez un peuple civilisé, la technologie devra être dirigée en accord avec la psychologie des hommes libres qui veulent l’utiliser. Quand les travailleurs eux-mêmes déterminent sous quelles conditions ils veulent travailler, ils feront un compromis entre le temps qu’ils veulent passer en dehors du temps de production et l’intensité de travail qu’ils accepteront en son sein afin de produire. Il y aura des différences considérables: certains travailleront rapidement et énergétiquement, de façon à pouvoir passer plus de temps en récréation, tandis que d’autres ne voudront pas passer à dégrader quelques heures que ce soit de la journée à un moyen et voudront que leur travail soit jouissif et procédront à une vitesse confortable pour eux. Leur slogan sera: “la vitesse casse la qualité” et leur technologie sera adaptée à leur nature.

Aujourd’hui, tout ceci ne vient même pas en considération. La technologie se tient totalement sous la subjugation du capitalisme. La machine, l’outil, le serviteur inerte de l’humain est devenu le maître. Même les capitalistes, dans une grande mesure, dépendent du mécanisme qu’ils ont produit et introduit.

[…] Le marxisme est un des facteurs non important, qui préserve la condition capitaliste, le renforce et rend son effet sur l’esprit des gens toujours plus désolant. Les peuples, la bourgeoisie et également, la classe ouvrière deviennent de plus en plus impliqués dans les conditions de production qui n’ont aucun sens, qui sont spéculatives et dénuées de culture et ce dans le seul but de faire de l’argent. Dans les classes qui souffrent le plus sous ces conditions et vivent souvent dans l’austérité complète, la privation et la pauvreté, une connaissance claire des choses, la rébellion et le désir réel d’amélioration déclinent de plus en plus.

Le capitalisme n’est en aucun cas une période de progrès, mais une période de déclin.

Le socialisme ne vient pas du développement plus avant du capitalisme et ne peut pas être la lutte des producteurs au sein du capitalisme.

Voilà les conclusions que nous avons atteintes.

Les tentatives pour retourner à la vieille superstition ou au langage symbolique qui ont perdu leur dignification, ces efforts toujours renouvelés de la réaction ; connectés avec la faiblesse et le déracinement du peuple accroché aux vieux schémas, pour qui le sentiment est plus fort que la raison, sont de dangereuses obstructions, et ultimement aussi seulement des symptomes de la fin. Cela devient encore plus répugnant même lorsque, aussi facilement, elles sont connectées avec la règle coercitive de l’État, qui est une non-spiritualité organisée.

[…] Aussi urgent que cela soit pour nous de concevoir le socialisme, la lute pour de nouvelles conditions entre les humains comme mouvement spirituel et donc de comprendre que la seule manière de parvenir à de nouvelles relations humaines est quand le peuple, mû par l’esprit les crée pour lui-même, il est très important pour nous d’être forts et de ne pas glisser en arrière vers un passé qui ne peut pas être ravivé. Bref, nous ne devons pas nous mentir à nous-mêmes. L’illusion du paradis, de la vérité, de la philosophie, de la religion, de la vision du monde ou quoi que ce soit que l’on veuille appeler les tentatives de cristaliser les sentiments au sujet du monde en mots et formes, n’existe pour nous maintenant que comme individus. Chaque tentative d’établir des communautés, des sectes, des églises, des associations ou quelque sorte de base de telles artifices spirituels, mène, sinon à la tromperie et à la réaction, du moins à un simple palabre sans incidence.

[..] Rappelons-nous néanmoins que chaque mensonge, chaque dogme, chaque philosophie ou religion a sa racine non pas dans le monde externe mais dans notre vie intérieure. Tous ces symboles, par lesquels l’humain amène la nature et lui-même en harmonie, sont de fait valides pour amener beauté et justice dans la vie communale des peuples, parce qu’ils sont les réflexions de la poussée sociale en nous et parce qu’ils sont notre propre forme endormie, la poussée vers le tout, sur lesquelles reposent l’association avec les autres, la communauté, la justice.

La pulsion naturelle de l’association volontaire pour les buts de communauté est inextirpable, mais elle a été sévèrement sonnée et est devenue insensible parce que pendant bien longtemps, elle fut connectée avec les mensonges du monde qui ont grandi et ont maintenant péri ou sans dans le processus de pourrissement.

[…] Nous possédons la réalité du vivant, l’esprit communal individuel en nous et nous ne devons que le laisser émerger créativement. Le désir de créer de petits groupes et des communautés de justice et non pas une aberration paradisiaque ou une forme symbolique, mais une joie sociale terrestre et la promptitude des individus à former un peuple, amèneront le socialisme et le commencement d’une véritable société.

L’esprit agira directement et créera ses formes visibles de la chair et du sang du vivant: des symboles d’éternité deviennent communautés, des incarnations de l’esprit deviennent des incorporations de justice terrestre.

[…] Nous avons appelé cette ère une période de déclin, parce que l’essentiel a été affaibli et ruiné: l’esprit commun, le volontarisme, la beauté de la vie populaire et ses formes. Mais il ne peut pas être ignoré que ces temps contiennent aussi pas mal de progrès. Progrès dans la science, la technologie… La raison est devenue plus agile et plus claire.

[…] Ainsi, la nouvelle société que nous voulons préparer, dont nous nous préparons à poser la pierre angulaire, ne sera pas un retour à de quelques structures anciennes. Ce sera l’ancien sous une nouvelle forme, une culture ayant les moyens découverts par la civilisation des siècles récents.

Comment commencerons-nous ? Comment le socialisme viendra t’il ? Qu’est-ce qui devra être fait ? En premier ? De suite ? Répondre à ces questions sera notre tâche finale.

A suivre…

Résistance au colonialisme occidental: L’Asile Hiawatha (1902-1934)… Dans l’enfer du goulag pour Amérindiens…

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Nous avons débaptisé il y a plusieurs années les « Etats-Unis » pour les appeler de nom plus judicieux à notre sens de « pays du goulag levant »… En voici une des raisons, parmi bien d’autres.

— Résistance 71 —

 

Le goulag amérindien du nord: Le cimetière de l’asile de Hiawatha

 

Laura Waterman Wittstock

 

3 février 2016

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2016/02/03/native-american-gulag-hiawatha-asylum-cemetery

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

L’histoire perverse des relations entre l’état et son gouvernement et la nation Lakota/Dakota (Sioux) a pris une tournure des plus sinistres lorsque l’asile d’aliénés Hiawatha (NdT: les colons choisirent pour nom de l’asile celui de l’aide du faiseur de paix Dekanawida (Huron), fondateur de Kaiane’re:kowah, la Grande Loi de la Paix: Hiawatha de la nation iroquoise Onondaga, pas un hasard non plus, mais une volonté de dégrader plus avant la culture amérindienne…) fut construit 10 ans après le massacre de Wounded Knee du 29 décembre 1890. Il fut opérationnel pendant plus de 30 ans (1902-1934) avant que d’être démoli. Les corps de ces hommes et femmes indiens qui y moururent sont enterrés sous ce qui est aujourd’hui le parcours de golf de Canton dans le Dakota du Sud.

Après les guerres contre le peuple indien, la bataille pour leur cœur et leur esprit est constamment allée de l’avant. Même morts, les 121 personnes enterrées là-bas sont toujours humiliés alors que des balles de golf passent au dessus de leurs têtes et que l’ancien président de la Canton Area Historical Society, Don Pottranz, se réferre à leurs tombes comme “étant quelque chose dont les gens ont conscience, mais c’est maintenant de l’histoire ancienne.

N’ayant absolument aucune connaissance des cultures natives, des langues, coutumes et de la vie spirituelle des peuples et nations autochtones, le sénateur du Sud-Dakota, R.F Pettigrew, introduisit en 1899 une législation du congrès afin de créer le tout premier asile psychiâtrique pour autochtone de la nation. Le congrès débloqua 45 000 US$

En 1900 la construction débuta après que le député Oscar Gifford (ancien maire de Canton) ait arrangé pour l’achat de 100 acres de terre à environ 3km à l’Est de la ville de Canton.

Les premiers patients y arrivèrent en 1902 et en 1908, Gifford fut viré lorsqu’un médecin accusa le superintendant de lui avoir refusé la permission de retirer des calculs de la vésicule bilière d’un patient, qui mourut peu de temps après. Gifford fut remplacé par Harry Hummel, un psychiâtre. La même année, Hummel fut accusé par 13 employés d’avoir maltraité des patients.

En 1926, les matronnes qui avaient jusqu’ici été employées par l’asile furent remplacées par de véritables infirmières. En 1929, Hummel fut finalement ordonné de quitter les lieux. Le député Louis Cramton intervint alors au plus haut niveau et Hummel fut maintenu dans ses fonctions. En 1933, des patients furent transférés à l’hôpital Ste Elizabeth de Washington D.C et en Avril 1934, le commissaire aux affaires indiennes John Collier ferma l’asile.

Dans l’interim, les délégués de Canton et du Sud-Dakota se battirent pour le maintenir ouvert. Hummel fut mise en accusation pur malfaisance et malpractice en 1933. Il fut finalement viré.

Avec une moyenne de 4 décès de patients par mois sur les quelques trente années plus de son existence, l’asile ne sembla pas être capable de maintenir la santé et l’intégrité physiques de ses patients de manière très efficace. Le Dr. Hummel, connu pour son mauvais tempérament, géra l’institution pendant 25 ans.

Puis, 100 ans après le massacre de Wounded Knee (1990), le journaliste d’enquête indépendant Harold Ironshield (de la nation Yankton: 1945-2008) fit une recherche sur cet ancien asile et ses pensionnaires dont les noms étaient connus et qui figuraient sur la liste de ceux enterrés sur place. Ironshield demanda aux publications indiennes de publier la liste des noms dans l’espoir que des membres encore vivant de leur famille se souviennent et s’identifient pour témoigner de ce qu’ils savaient. Ils voulaient aussi savoir ce que les familles voudraient faire au sujet des tombes et si les restes de leurs parents devaient être déplacés. Il désirait aussi plus d’information sur l’asile lui-même, surtout des explications sur ce qui était supposée être “l’insanité” qui conduisit les patients à l’asile et pourquoi ils furent sélectionnés pour y être incarcérés. D’après des rapports de ceux qui se souvenaient de l’asile, les raisons d’incarcération avaient beaucoup à faire avec le fait de ne pas suivre les règles gouvernementales ainsi que la discipline dans les écoles. Il suggéra que cet asile avait en fait bien plus à faire avec une sorte de goulag pour dissidents qu’à une réponse du gouvernement des Etats-Unis à sa préoccupation de l’état de santé mentale des Indiens.

Voici les noms des personnes décédées et enterrées au cimetière de l’asile psychiâtrique Hiawatha:

  1. Long Time Owl Woman
  2. Juanita Castildo
  3. Mary Fairchild
  4. Lucy Reed
  5. Minnie La Count
  6. Sylvia Ridley
  7. Edith Standing Bear
  8. Chur Ah Tah E Kah
  9. Ollie House
  10. Asal Tcher
  11. Alice Short
  12. Enos Pah
  13. Baby Ruth Enas Pah
  14. Agnes Sloan
  15. E We Jar
  16. Kaygwaydahsegaik
  17. Chee
  18. Emma Gregory
  19. Magwon
  20. Kay Ge Gah Aush Eak
  21. Kaz Zhe Ah Bow
  22. Blue Sky
  23. Louise McIntosh
  24. Jane Burch
  25. Dupue
  26. Maggie Snow
  27. Lupe Maria
  28. Lizzie Vipont
  29. Mary Peirre
  30. Nancy Chewie
  31. Ruth Chief on Top
  32. Mary G. Buck
  33. Cecile Comes at Night
  34. Maud Magpie
  35. Poke Ah Dab Ab
  36. Sits in it
  37. Josephine Wells
  38. A.B. Blair
  39. Josephine Pajihatakana
  40. Baby Caldwell
  41. Sallie Seabott
  42. Selina Pilon
  43. Mrs. Twoteeth
  44. Kayso
  45. Josephine De Couteau
  46. Jessie Hallock
  47. Marie Pancho
  48. Ede Siroboz
  49. Kiger
  50. Mary Bah
  51. Cynia Houle
  52. Drag Toes
  53. Charlie Brown
  54. Jacob Hayes
  55. Toby
  56. Tracha
  57. Hon Sah Sah Kah
  58. Big Day
  59. Fred Takesup
  60. Peter Greenwood
  61. Robert Brings Plenty
  62. Nadesooda
  63. Taistoto
  64. James Chief Crow
  65. Yells at Night
  66. John Woodruff
  67. George Beautiste
  68. Baptiste Gingras
  69. Lowe War
  70. Silas Hawk
  71. Red Cloud
  72. Howling Wolf
  73. Antone
  74. Arch Wolf
  75. Frank Starr
  76. Joseph Taylor
  77. Amos Brown
  78. James Crow Lightening
  79. John Martin
  80. Red Crow
  81. James Blackeye
  82. Abraham Meachern
  83. Aloysious Moore
  84. Tom Floodwood
  85. James Black Bull
  86. Benito Juan
  87. Seymour Wauketch
  88. Anselmo Lucas
  89. Chico Francisco
  90. Roy Wolfe
  91. Matt Smith
  92. Two Teeth
  93. Pugay Beel
  94. Merbert Conley
  95. Jack Root
  96. Charlie Clafflin
  97. John Hall
  98. Amos Deer
  99. Ne Bow O Sah
  100. Thomas Chasing Bear
  101. Dan Ach Onginiwa
  102. Joseph Bigname
  103. Falkkas
  104. Steve Simons
  105. James Two Crows
  106. F.C. Eagle
  107. Andrew Dancer
  108. Apolorio Moranda
  109. Harry Miller
  110. Herbert Iron
  111. Fred Collins
  112. John Coal on Fire
  113. Joseph D. Marshall
  114. Willie George
  115. James Hathorn
  116. Ira Girstean
  117. Edward Hedges
  118. Omudis
  119. Guy Crow Neck
  120. John Big
  121. A. Kennedy

Des gens appartenant à des nations autochtones en provenance de tous les Etats-Unis furent placés dans l’asile. Les archives montrent que les conditions sanitaires y étaient horribles. En plus d’être enchaînés aux lits et à la tuyauterie, les patients étaient obligés de se vautrer dans leurs propres excréments et des draps propres n’étaient que rarement distribués. De l’opinion du Dr Hummel, la folie augmentait parmi les Indiens et il avait probablement raison dans la mesure où la famine artificielle créée et bien documentée qui sévissait dans les réserves indiennes causait bien de la douleur et de la souffrance. Les Indiens arrachés à leur culture étaient poussés toujours plus avant dans les couloirs de plus en plus étroits de la “civilisation” forcée et de “l’assimilation” (toute aussi forcée…)

La pure vérité au sujet de cette chambre de l’horreur ne sera peut-être jamais vraiment connue, mais ceci fut clairement un cas de mélange particulièrement empoisonné et toxique de médecine et de politique.

Santé et Nouvel Ordre Mondial: Le virus Zika propriété de la Fondation Rockefeller depuis 1947…

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« La priorité absolue du monde développé doit être le contrôle de la population des pays du tiers monde. »
~ Henry Kissinger ~

 

A qui profite le virus Zika ?

Guillaume Kress

5 février 2016

url de l’article en français:

http://www.mondialisation.ca/a-qui-profite-le-virus-zika/5505787

Ce lundi 1er février, l’Organisation Mondiale de la Santé a déclaré que les cas récents de microcéphalie et autres troubles neurologiques signalés au Brésil –  symptômes liés au virus Zika – constituent une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI). L’organisation n’a pas fourni plus d’informations sur ce virus. En attendant plus de précisions sur le sujet, signalons ici que le virus fut découvert en 1947. Nous savons aujourd’hui qu’il est d’une part transmis sexuellement et d’autre part qu’il est mis sur le marché mondial par deux sociétés: LGC Standards (siège social en Angleterre) et ATCC (siège social aux États-Unis).

Le Groupe LGC est:

“…l’institut désigné en Grande Bretagne comme le National Measurement Institute pour les mesures chimiques et bioanalytiques, leader international dans les services de laboratoire, les normes de mesure, les matériaux de référence, la génomique, et les marchés de tests d’aptitude.”

L’une de ses branches, LGC Standards, se définit comme:

“…un producteur et distributeur mondial des matériaux de référence et des systèmes d’essais d’aptitude. Basée à Teddington, Middlesex, Royaume-Uni, l’entreprise dispose de 30 années d’expérience dans la distribution de matériaux de référence et d’un réseau de bureaux de vente dédiés dans 20 pays, 5 continents. Ces produits et services de haute qualité sont essentiels pour la mesure analytique précise et le contrôle de qualité, ce qui permet d’assurer que les bonnes décisions sont prises en fonction d’une base de données fiables. Nous produisons un nombre inégalé de matériaux de référence accrédités par le Guide ISO 34 dans des installations sur 4 sites à travers le Royaume-Uni, les États-Unis et l’Allemagne.”

LGC Standards a formé un partenariat avec ATCC, se définissant pour sa part comme:

“…la ressource et l’organisme qui normalise des matériaux biologiques mondiaux de premier plan dont la mission se concentre sur l’acquisition, l’authentification, la production, la conservation, le développement et la distribution de micro-organismes classiques de référence, des lignées cellulaires, et d’autres matériaux. Tout en conservant les matériaux traditionnels de collecte, l’ATCC développe des produits de haute qualité, des normes et des services pour soutenir la recherche et les développements scientifiques qui améliorent la santé des populations mondiales » .

Le partenariat ATCC-LGC vise à faciliter:

“la distribution des cultures d’ATCC et des produits bio à des chercheurs en sciences de la vie à travers l’Europe, l’Afrique et l’Inde et […] à rendre plus facilement accessibles les ressources importantes d’ATCC aux communautés scientifiques européennes, africaines, et indiennes en détenant localement des stocks de plus de 5000 articles de culture particulière soutenus par notre réseau de bureaux locaux qui délivrent le plus haut niveau de service au client et de support technique.”

Cela dit, qui détient le brevet pour le virus? La Fondation Rockefeller!

Pourquoi la question de la propriété des brevets du virus Zika n’a-t-elle pas fait l’objet d’une couverture médiatique?

Rappelons-nous les paroles prononcées par David Rockefeller à une réunion de la Commission Trilatérale en Juin 1991:

“Nous sommes reconnaissants au Washington Post, au New York Times, Time Magazine et d’autres grandes publications dont les directeurs ont assisté à nos réunions et respecté leurs promesses de discrétion depuis presque 40 ans. Il nous aurait été impossible de développer nos plans pour le monde si nous avions été assujettis à l’exposition publique durant toutes ces années. Mais le monde est maintenant plus sophistiqué et prêt pour un gouvernement mondial. La souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle et de banquiers mondiaux est assurément préférable à l’autodétermination nationale pratiquée dans les siècles passés”.

L’appropriation du virus Zika par la Fondation Rockefeller, ne ferait-elle pas partie  d’un tel projet de domination, au prétexte de la lutte contre la maladie?

De plus, il est important de noter que le virus Zika est une marchandise qui peut être achetée en ligne via le site de l’ATCC-LGC pour 599.00 euros. Les redevances vont à la Fondation Rockefeller.

 

Nouvel Ordre Mondial: Énième rencontre Poutine Kissinger… Pas de deux pour une danse macabre ?

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S’ensuit ici un article assez lapidaire de RT en anglais, qui n’a pas été repris par RT France a notre connaissance et que nous traduisons ici. Cet article “entrefilet”, lancé entre le fromage et le dessert, fait état de la énième rencontre entre Poutine et son ami de longue date Kissinger.

Il suffit de lire l’auto-portrait de Poutine fait en 2000 sous forme de long entretien par trois journalistes russes: “First Person”, publié en anglais aux éditions Public Affairs(*voir notre commentaire sous l’article), pour savoir les circonstances de la première rencontre entre Poutine et Kissinger (p. 80-81): Dans les années 1990, après la chute de l’URSS, sous Boris Eltsine, Poutine était alors adjoint au maire de Léningrad, redevenue St Pétersbourg. Il fut envoyé à l’aéroport accueillir Henry Kissinger (**voir note sous l’article), qui était en mission en Russie pour la Commission Kissinger-Sobchak, dévouée au “développement” de St Pétersbourg. Les deux hommes sont dans la voiture en chemin vers la ville:

“Nous roulâmes vers la résidence. En chemin, il me demanda d’où je venais et ce que je faisais. C’était un vieux monsieur assez inquisiteur. Il a toujours l’air de s’endormir, mais en fait est très alerte à tout ce qui se passe et se dit autour de lui. Nous communicâmes au travers d’un interprète. Il me demanda: ‘avez-vous travaillé ici depuis longtemps ?’ Je lui répondis environ un an. ‘Où travailliez-vous avant cela ?’ demanda Kissinger. “’A la mairie de Léninegrad’ répondis-je ‘et avant cela ?’ ‘j’étais à l’université”. ‘Et avant l’université ?’ Avant cela j’´étais dans l’armée. ‘Ah bon ? Dans quelle arme ?’ me demanda t’il. Et bien me dis-je je vais vous décevoir Mr Kissinger. J’ai travaillé dans le renseignement dis-je. ‘Avez-vous travaillé à l’étranger ?’ me demanda t’il calmement. Oui lui dis-je en Allemagne. ‘Est ou Ouest ?’ Est répondis-je. “Toutes les presonnes décentes on commencé dans le renseignement ; moi aussi’ me dit Kissinger…”

Depuis, Poutine et Kissinger se voient régulièreemnt et entretiennent des relations jugées amicales. On peut légitimement se poser les questions: Quelle est la nature des entretiens privés poutine/Kissinger? Poutine prend-il sa feuille de route de Kissinger/Rockefeller ? Poutine a t’il été mis en place par l’oligarchie anglo-américaine ? Ou Kissinger, homme de main de Rockefeller, a t’il gardé contact pour pouvoir peut-être influer un jour, fidèle à sa pensée du “Nous n’avons d’amis ou d’ennemis permanents, nous n’avons que des intérêts permanents ?” Par extrapolation: connaissant le pédigré de Kissinger, qu’attend Poutine d’une telle relation ?…

Nous n’avons pas de réponses à ces questions. Mais elles doivent être posées ? Plus de commentaires sous l’article de RT…

~ Résistance 71 ~

 

Poutine rencontre son “vieil ami” Kissinger qui visitait la Russie

 

RT

 

3 Février 2016

 

url de l’article original:

https://www.rt.com/news/331194-putin-meets-friend-kissinger/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le président russe Vladimir Poutine a rencontré l’ancien secrétaire d’état américain Henry Kissinger sans sa résidence en dehors de Moscou. Le Kremlin a dit que les deux hommes ont une “relation amicale de longue durée” et qu’ils ont utilisé cette opportunité pour parler.”

La réunion est la continuation d’un “dialogue amical entre le président Poutine et Henry Kissinger, qui sont liés par une longue amité”, a dit le porte-parole du Kremlin Dimitri Peskov.

“Ils communiquent tout le temps, utilisent toute opportunité pour discuter”, a t’il ajouté. Poutine “aprrécie” cette opportunité de discuter des problèmes internationaux aussi bien que d’échanger des opinions sur les perspectives mondiales, a dit Peskov.

Poutine et Kissinger ont eu plus de 10 tête-à-tête ces années écoulées d’après des rapports des médias. Quand Kissinger a visité la Russie en 2013, Poutine a dit que Moscou fait toujours attention à ses opinions et a appelé l’ancien secrétaire d’état “un homme politique de haute volée mondiale”.

Kissinger est un ancien conseiller à la sécurité national (NSA) et patron de la politique étrangère US, il fut un pionnier de la politique de la détente en 1969 menant les relations américano-soviétiques à un relâchement général. Pour sa participation à la négociation d’un cesser le feu au vietnam dans un effort infructueux de mettre fin à la guerre du Vietnam (1955-1975), il reçut le prix Nobel de la paix en 1973.

Dans un interview en décembre dernier au quotidien allemand Handelsblatt, Kissinger a dit qu’il croit que l’occident devrait comprendre qu’il ne pourrait pas y avoir de résolution et d’unité dans la crise syrienne sans la participation de la Russie. Il a aussi dit qu’on ne peut pas battre l’EI/Daesh et ses militants au Moyen-Orient par des moyens diplomatiques.

= = =

Notes:

(*) “First Person, an astonishing frank self-portrait by Russia’s president Vladimir Putin”, fut publié en anglais chez Public Affairs en 2000. Trois journalistes réalisèrent l’entretien avec Poutine, originellement en russe: Nataliya Gervorkian, Natalya Timakova et Andreï Kolesnikov.

Quand on recherche un peu, on trouve que la maison d’éditions “Public Affairs” fut créée en 1997 par un ancien chef de bureau du Washington Post pour l’Indochine et correspondant à Moscou: Peter Osnos. Ancien de la maison Ramdom House Times Book, qui travailla de près avec trois présidents des Etats-Unis: Carter, Clinton et Obama ainsi qu’avec Robert McNamara (ministre de la défense sous Kennedy et Johnson, responsable de l’escalade militaire au Vietnam à partir de 1962) et Boris Eltsine, celui qui fut commandité pour le démantèlement de la Russie et qui demanda à Poutine de “sauver la Russie”, qu’il avait contribué à annihiler..

Peter Osnos est un collaborateur de la revue “Foreign Affairs” du CFR (Rockefeller) et a siégé au comité directeur de Human Rights Watch, l’ONG de la Fondation George Soros (protégé et agent des Rockefeller), responsable de bien des “révolutions colorées” organisées depuis Washington.

Public Affairs est sous la houlette de la Century Foundation, de la famille banquière Oppenheimer (connexion Rothschild).

Voilà donc présentée un peu plus précisément la maison d’édition de la biographie de Poutine en anglais. Intéressant pour le moins…

(**) “Henry” Kissinger, de son vrai nom Heinz Alfred Kissinger, né en Allemagne en 1923 (93 ans).

Émigre aux Etats-Unis avec sa famille en 1938, appelé sous les drapeaux et obtient la citoyeneté américaine ce faisant en 1943. Il est affecté au 970ème détachement du contre-espionnage militaire (d’où sa réflexion dans son premier entretien avec Poutine…).

Après la guerre, entre à Harvard. Obtient une bourse de la fondation Rockefeller pour son Masters et son Ph.D (doctorat) qu’il obtient en 1954. Il est le président du Harvard International Seminar, entité directement affilié à la CIA.

Rockefeller le protège et le fait envoyer au CFR.

Kissinger est un agent des Rockefeller. Il épouse Nancy Maginnes qui travaille pour la Rockefeller Foundation.

Suit une carrière de conseiller politique et devient le Conseiller National à la Sécurité de Nixon. Il est l’instigateur en 1973 du coup d’état au Chili qui élimine le président socialiste élu Salvadore Allende et installe une junte militaire dirigée par le fasciste tortionnaire Augusto Pinochet, qui déchaîne une répression sanglante et instaure le “libéralisme économique”, sous le contrôle des “Chicago Boys” de Milton Friedman. Entre 1969 et 1973 avec Nixon, pilote les guerres secrètes américaines au Cambodge et au Laos durant la guerre du Vietnam. Il instaure les bombardements massifs par tapis de bombes et pour les bombardements de la piste Ho Chi Minh passant par le Cambodge et les bombardements du Laos il déclara: “Balancez-moi tout ce qui vole sur tout ce qui bouge !” Le résultat sera la campagne de bombardement la plus intensive de l’histoire de l’humanité, qui vit les B-52 américains en provenance des bases aériennes US de Thaïlande (U-Tapao, Don Muang, Korat, Udon Thani, Nakhon Phanom) déverser 2,7 millions de tonnes de bombes sur le seul Cambodge en 4 ans, plus que sur tout le Japon réunit pendant la guerre Hiroshima et Nagasaki inclus !… 500 000 civils y trouvèrent la mort.

Kissinger donna aussi le feu vert pour l’utilisation du tristement célèbre défoliant “Agent Orange” (produit par Monsanto et Dow Chemicals) bourré de dioxine et qui fut et est toujours responsable de la mort et de la déformité de milliers de personnes en Asie du Sud-Est. Les derniers stocks de cette saloperie polluent aujourd’hui quelques plages et criques de l’archipel d’Okinawa au sud du Japon où ils ont été (mal) enterrés et fuitent dans l’environnement…

Sous le régime du président Gerald Ford en 1975 (après la démission de Nixon suite au Watergate, qui fut piloté par Kissinger et le général Alexander Haig), Kissinger donne le feu vert pour la répression sanglante et la colonisation du Timor Oriental par le régime indonésien de Suharto.

Depuis son “retrait” de la politique, Kissinger est toujours actif au travers de son entreprise de consultation Kissinger Associates et appuie directement ou indirectement tous les projets foireux pour établir le Nouvel Ordre Mondial.

Avec un ami comme çà… qui a besoin d’ennemis ?…

Poutine/Kissinger… Kissinger/Poutine… Deux pas en avant, deux pas en arrière… Qui fait danser qui ? Nous savons à quoi joue Kissinger depuis plus de 50 ans… Il est aujourd’hui, le plus vieux criminel de guerre toujours vivant et en activité !

Savons-nous à quoi joue Poutine ?…

 

~ Résistance 71 ~

Résistance au colonialisme: La chasse aux scalps d’Indiens rémunérée… De l’assassinat au génocide…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 5 février 2016 by Résistance 71

-[]- Henry Spelman, qui vécut parmi les indiens Powhatan, décrivit leur approche de la guerre comme suit: “Ils peuvent très bien être en conflit pendant sept ans et ne pas tuer sept hommes” (dans Kirkpatrick Sale, The Conquest of America, p. 319), Bien des sociétés autochtones d’Amérique du Nord ne s’engageaient jamais dans quelque guerre que ce soit. L’universitaire natif Darcy McNickle estime que 70% des nations autochtones étaient pacifistes (dans Allen, Sacred Hoop, p. 266).

-[]- Origine du mot “peau rouge” pour désigner les Indiens (Source: “An Indigenous Peoples’ History of the United States” par l’historienne Roxanne Dunbar-Ortiz, 2014 p.64-65): [traduit par Résistance 71]

“Pendant la guerre des Péquots, les fonctionnaires du Connecticut et du Massachussetts avaient initialement offert des récompenses pour les têtes des indigènes assassinés, puis plus tard seulement pour leurs scalps, qui étaient plus facile à transporter en grand nombre. La chasse aux scalps ne devint une routine que vers la moitié de la décennie de 1670 […] De plus, les chasseurs de scalps pouvaient prendre les enfants captifs et les vendre comme esclaves. Toutes ces pratiques effacèrent la distinction entre les autochtones combattants et non-combattants et introduisirent un marché d’esclaves indigènes. Les scalps et les enfants autochtones devinrent des monnaies d’échange et ceci créa également un marché noir. La chasse au scalp n’était pas seulement profitable sur un plan privé, mais avait aussi pour but d’éradiquer et de subjuguer la population indigène de la côte atlantique dominée par les Anglo-Américains. Les colons donnèrent un nom aux corps mutilés et sanguinolents retrouvés après une “chasse aux scalps” dans le sillage des chasseurs de primes: les “peaux rouges”…”

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 Meurtres à gage

 

Mohawk Nation News

 

3 Février 2016

 

url de l’article original: http://mohawknationnews.com/blog/2016/02/03/murder-for-money/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le plan d’action du gouvernement entrepreneurial est totalement basé sur un schéma de “meurtre à gage”. Les Kanion’kehaka (Mohawks) n’ont peur de rien. Nous savons par trop, que la seule peur est la peur elle-même. Bon nombre de nos gens sont sur leurs listes d’élimination. Ils veulent se débarrasser de nous et de nos réclamations sur la terre. Des ordres corporatifs ont été donnés donnant aux colons le droit de tuer et de prendre les têtes des “INDIENS” afin de s’emparer de notre possession.

Nous décapiter et nous scalper fut fait à très grande échelle par les Européens. Cette pratique remonte à la Grèce antique, le “berceau de la civilisation occidentale”. Les ennemis ciblés ou accusée de crimes politiques ou défendant eux-mêmes et leurs familles étatient décapités.

Ici sur Ono’ware:keh, tous les hommes, femmes et enfants Onkwe’hon:weh furent ciblés et tués sans même avoir commis de crimes. La simple perception de la notion de “race” dans leur classe friquée était tout ce dont ils avaient besoin. La COURONNE (NdT: lire la City de Londres et sa Banque d’Angleterre/Vatican) payait des récompenses (en argent sonnant) pour les têtes qu’on leur apportait. Cela encourageait les colons à faire le sale boulot de nous éliminer afin de pouvoir voler la terre et les ressources.

Au début, les “propriétaires des chiens” payaient pour les têtes. Le grand nombre assassiné rendait la tache trop lourde. Payer pour les scalps assurait donc que le boulot allait continuer.

La première récompense en argent donnée et archivée pour un scalp fut faite par le gouverneur Kieft de la Nouvelle-Hollande au début du XVIIIème siècle.

En 1702, la colonie du Massachussetts rejoignit le mouvement. En 1756, le gouverneur Morris de Pennsylvanie dans sa déclaration de guerre contre la nation Lenni Lenape (Delaware) offrit “130 pièces de Huit [un type de pièce] pour le scalp de tout indien mâle ennemi, au-dessus de l’àge de 12 ans et 50 pièces de Huit pour le scalp de chaque femme indienne, produits comme preuve qu’ils ont été tués.

Le Massachussetts payait plus, 40 livres sterling pour un scalp d’homme et 20 livres pour les scalps de femmes et d’enfants de moins de 12 ans. C’était difficile de faire la différence entre un scalp d’homme et de femme, ou d’un adulte d’un enfant, ou même si les scalps provenanient bien “d’ennemis” et non pas d’un Onkwe’hon:weh allié, pacifique… Le système des récompenses mena à des violences accrues et étendues contre tout homme et toute femme, jeunes ou plus âgés.

Les conflits traditionnels Onkwe’hon:weh (entre nations natives) n’ont jamais impliqué de massacres et d’extermination en règle (NdT: Tout anthropologue sérieux ayant étudié la question de la “guerre” dans les sociétés originelles des Amériques et d’ailleurs, sait que les conflits étaient le plus souvent des escarmouches souvent faites de quelques volées de flèches et de décrochage. Les peuples et nations autochtones avaient leur propre façon de régler des conflits sans effusion de sang. Un des moyens inventé par les Iroquois fut le jeu de Lacrosse, un jeu similaire existait chez les Indiens des grandes plaines. Ces jeux étaient compétitifs et violents, il y avait parfois des blessés, très rarement des morts, mais rien à côté de ce qu’aurait été un conflit ouvert. Les pratiques de la guerre rangée et de violence, d’extermination sur les populations proviennent essentiellement de l’Europe.). Nos leaders traditionnels furent ciblés et éliminés de façon à ce qu’ils ne puissent plus influencer notre jeunesse.

Le stéréotype sensationnel des peuples Onkwe’hon:weh comme étant des sauvages assoiffés de sang qui décapitaient et scalpaient a été utilisé pour justifier la pratique européenne de nous scalper. Les colons pensaient qu’il était juste et bien de massacrer nos familles et de nous expulser de nos terres et maisons ancestrales afin qu’ils puissent s’établir sur nos terres.

Cette stratégie a depuis été exportée en Palestine pour satisfaire à l’expérience (coloniale) israélienne.

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