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1er Juillet: Fête nationale du Canada… La marche vers le fascisme ?… (Mohawk Nation News)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 2 juillet 2015 by Résistance 71

Rejoignez le mouvement pour la répudiation des bulles papales colonialistes, plus nous mettrons de pression sur la hiérarchie cléricale jusqu’au Vatican et plus ces diktats papaux, responsables du colonialisme occidental à partir du XVème siècle, auront de chance à être répudiés.

— Résistance 71 ~

 

La marche des Canadiens vers le fascisme

 

Mohawk Nation News

 

1er Juillet 2015

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2015/07/01/canadians-march-to-fascism/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Avions militaires et armement, monuments à la gloire de la guerre et la Gendarmerie Royale du Canada (NdT: la fameuse “Police Montée” de Canada ou GRC, notons au passage qu’elle possède toujours le qualificatif de “royale”, bien que le Canada est supposé être “indépendant” depuis 1867, nous y reviendrons plus loin…), recrutant la jeunesse durant la “parade musicale”, pour que celle-ci vienne les rejoindre dans l’orgie de meurtres commis. Leur thème est la célébration du vol génocidaire du “Canada” à Ongwe’hon:weh (peuples indigènes d’Amérique du Nord). En 1929, Mussolini a dit: “Le fascisme est la fusion de l’État avec la puissance des entreprises.”

La loi liberticide anti-terreur C-51 est la militarisation du CSIS (NdT: services secrets canadiens), la police secrète et les flics, les préparant pour un nouveau massacre de Red River (NdT: Manitoba, 1816) ou de la rébellion de Louis Riel (NdT: rébellion des Indiens Cree, Assiniboine en 1885 contre le gouvernement du Canada), Des mercenaires viendront pour nous éliminer. L’histoire est en train d’être écrite de nouveau. Nous, Ongwe’hon:weh d’ici jusqu’à la pointe sud d’Onowaregeh (Île de la Grande Tortue, terre des peuples naturels), le savions depuis toujours. Les Grecs, les Islandais et quelques autres nations européennes commencent à comprendre l’illusion corporatrice, entrepreneuriale et l’illégitimité de la liberté dans leur contexte politique. Nous avons eu la botte entrepreneuriale nazie qui essaya d’écraser nos têtes dans notre propre sol.

Aujourd’hui, les colons fêtent le génocide dont ils bénéficient illégalement depuis 148 ans (officiellement…). En 1867, la colonie du Canada a reçu son numéro de corporation ISO du Vatican. En 1923, le Canada a fait la demande pour rejoindre la Société des Nations, SDN (NdT: prédécesseur de l’ONU, créée après la 1ère guerre mondiale), l’autorisation fut refusée parce que le Canada n’était pas un pays. Il est toujours une colonie de l’Angleterre. (NdT: la farce de la “constitution” de 1982 n’est qu’une diversion, le Canada n’a qu’un seul “souverain”: la reine ou roi d’Angleterre, qui ne sont que les figures publiques de la COURONNE, c’est à dire la City de Londres et la Banque d’Angleterre/Vatican. En 2015 toujours, le gouverneur général du Canada nommé par la reine, est le boss du Canada à qui le premier ministre rend des comptes et il est le lien entre le “gouvernement” fantoche et la GB. Le Privvy Council, conseil privé, de la reine a son nez dans toutes les affaires de l’état canadien, qui n’est qu’une colonie faisant du fric pour la City de Londres sa maîtresse absolue…)

Le monde voit la synthèse criminelle appelée Canada. Les colons canadiens boivent et célèbrent leur fête nationale du Canada. Ils ont eu le cerveau lavé par leur système éducatif. Adolf Hitler disait: “Donnez-moi trois générations et je changerai tout par le système éducatif.” La maréchal Hermann Goering révéla que leur système éducatif (allemand) mettait au pas la populace depuis des centaines d’années pour être obéissant à leurs dirigeants. Les écoles privées entraînaient l’élite à donner des ordres et à continuer le système hiérarchique corporatiste. La matrice de l’amirauté sévissant ici n’existe que pour le rapport de classe et l’argent.

Notre Grande Paix (Kaiane’reko:wa), notre lutte et nos valeurs briseront les reins des corporations et des banques transnationales. Toutes les guerres cesseront et la paix reviendra.
La COURONNE (City de Londres) est coupable à 100% de génocide et doit être mise en accusation. Pour qu’une véritable célébration se produise, les colons devront attendre jusqu’à ce qu’ils aient corrigé le mal qu’ils nous ont fait, à nous Ongwe’hon:weh. Ensuite nous pourrons tous célébrer, ensemble !

Buffy Sainte Marie a écrit une nouvele chanson, Power in the Blood: “No time for backhanded compliments from television anchormen, desperate for an incident. Real estate assasins exploiting our predicment. Everything depends upon it being in their interests”.

Vidéo de la chanson: “Power in the Blood” ou “Le pouvoir du sang”

http://www.youtube.com/watch?v=rpRp4WTg9J8

 

État profond, intérêts hégémoniques étrangers et soutien de la France aux djihadistes, armée mercenaire de l’empire…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, CIA et traffic de drogue, colonialisme, France et colonialisme, guerre iran, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 2 juillet 2015 by Résistance 71

L’État profond français

 

Maxime Chaix

 

23 Juin 2015

 

url de l’article:

http://maximechaix.info/?p=66

 

Al-Qaïda : terroriste en Occident, alliée au Moyen-Orient

Depuis le 11-Septembre, on observe un basculement de nombreux États occidentaux vers une forme d’ultrasécuritarisme, imposé verticalement au nom de la lutte antiterroriste. Ce phénomène se caractérise notamment par l’adoption de mesures introduisant la notion de « précrime » dans la loi, ce qui est préoccupant. En effet, nous avons récemment pu observer la mise en œuvre de législations et de dispositifs « préventifs » en Grande-Bretagne,[1] en Australie,[2] et en France.[3] Dans ce dernier cas, la nouvelle loi sur le renseignement instaure la détection algorithmique de comportements jugés « suspects » sur le Web, malgré toutes les dérives que ce système pourrait engendrer.[4] Ainsi, à travers la normalisation de la surveillance de masse et le renforcement du contrôle d’Internet, le combat légitime contre le fléau du terrorisme islamiste est perverti. En effet, il permet aux gouvernements des pays en question de renforcer les pouvoirs profonds de l’Exécutif, voire au-delà – au niveau abyssal et mal contrôlé des services de renseignement. Ce processus marginalise le rôle du juge, pérennise des lois d’exception et fragilise notre État de droit. Hélas, la majorité des peuples occidentaux semble accepter que des législations et des dispositifs démocracides soient imposés au nom de la lutte antiterroriste.

Or, du fait du conformisme, de l’incompétence, voire de la complicité[5] de la plupart des médias grand public, une réalité profonde aussi déplaisante qu’irréfutable est dissimulée : depuis 2011, certains États occidentaux – dont le gouvernement français – ont soutenu des réseaux terroristes en Syrie, principalement via la Turquie[6] et les hydrocarbomonarchies du golfe Persique.[7] Datant de 2012, une évaluation secrète du Renseignement militaire du Pentagone confirme[8] ce soutien clandestin de l’Occident et de ses alliés moyen-orientaux en faveur de groupes jihadistes sur le territoire syrien ; dans ce document, cette agence anticipe avec deux ans d’avance la création d’un « État Islamique » à cheval entre l’Irak et la Syrie.[9]

À l’origine de ces révélations, corroborées ensuite par des lanceurs d’alerte de premier plan,[10] le journaliste Nafeez Ahmed expliqua en 2014 que cette stratégie anti-Assad avait été coordonnée par les renseignements militaires des États-Unis, de la Grande-Bretagne, de la France et d’Israël.[11] Dans ce cadre, ces agences ont activé au Moyen-Orient un réseau de bases de soutien et d’entraînement des rebelles dits « modérés »,[12] afin de déstabiliser la Syrie en profondeur. Il en a résulté une amplification du chaos dans ce pays. Par exemple, un nombre inconnu de mercenaires entraînés par la CIA en Jordanie ont visiblement rejoint les rangs de Daech.[13] Monsieur Ahmed souligna également que la levée partielle, par l’Union européenne, de l’embargo sur les exportations pétrolières provenant de Syrie avait permis à des milices jihadistes affiliées à al-Qaïda de vendre du pétrole à des pays européens.[14] La politique syrienne de l’Occident a donc renforcé des réseaux extrémistes pourtant décrits comme des ennemis dans les médias dominants. Or, l’instrumentalisation périlleuse de groupes islamistes par les puissances occidentales et leurs alliés n’est pas une nouveauté, le soutien massif de la CIA aux « Arabes afghans » dans les années 1980 en étant l’exemple le plus connu du grand public ; par la suite, ce mode opératoire a de nouveau été appliqué en Bosnie, au Kosovo et en Libye.[15]

Les politiques profondes de l’État français, les hydrocarbomonarchies et le jihad anti-Assad

Après les attentats de Paris au début de l’année 2015, j’avais dénoncé l’implication de l’État français dans le soutien militarisé et clandestin d’une opposition « syrienne » pas aussi « modérée » qu’elle nous avait été décrite par les médias et le gouvernement.[16] L’année précédente, le Président Hollande avait lui-même reconnu cette politique profonde de déstabilisation et d’ingérence en Syrie, consistant à armer secrètement des factions rebelles depuis 2012 ;[17] selon Le Canard Enchaîné, elle n’aurait été interrompue qu’en janvier 2015, les livraisons d’armes des services français aux rebelles « modérés » étant « souvent interceptées, voire revendue[s] au Front Al-Nosra (Al-Qaïda) ou à l’État islamique »[18] – et ce quelles que soient les intentions desdits services et de leurs responsables. Celles-ci ne sont pas encore clairement établies : en 2014, le député et ancien juge antiterroriste Alain Marsaud avait exprimé sa « conviction » que les renseignements français avaient infiltré, voire soutenu, des milices extrémistes en Syrie, souhaitant alors la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire.[19]

Dans tous les cas, en coordonnant sa politique syrienne avec le Qatar et d’autres pays hostiles à Bachar el-Assad, l’État français a offert son appui diplomatique à des « rebelles » dont la modération est loin d’être avérée. En 2012, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius avait d’ailleurs déclaré au journal Le Monde que les jihadistes du Jahbat al-Nosra – c’est-à-dire d’al-Qaïda en Syrie – faisaient « un bon boulot » sur le terrain,[20] Daech faisant alors partie de cette milice avant la scission en avril 2013 entre al-Nosra et l’EI.[21] L’année précédente, d’autres groupes jihadistes liés à al-Qaïda, dont le GICL d’Abdelhakim Belhadj, avaient été intégrés aux opérations de l’OTAN en Libye.[22] Au préalable, la DGSE et les services secrets qataris avaient joué un rôle actif dans la déstabilisation de Benghazi,[23] afin de faciliter le déclenchement de cette guerre « planifiée depuis des mois » – selon l’ancien responsable de la DST, le préfet Yves Bonnet.[24] Puis l’intervention occidentale fut lancée en mars 2011, 5 000 soldats des forces spéciales qataries ayant été déployés pour soutenir des factions islamistes[25] dans cette campagne militaro-« humanitaire » aux conséquences désastreuses.[26]

Alors qu’un parlementaire européen du FN – dont je combats pourtant le parti national-xénophobe –, est attaqué en « diffamation » par le Qatar via un avocat lié à Jacques Chirac et un autre conseil proche de François Hollande,[27] rappelons que le chef d’al-Qaïda en Syrie – Mohammed al-Joulani – a récemment pu s’exprimer 47 longues minutes sur Al-Jazira, la chaîne officielle qatarie.[28] Durant cette opération de guerre psychologique,[29] il a indiqué que le numéro un d’al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, avait appelé ses troupes à ne pas cibler les intérêts occidentaux pour ne pas desservir le combat contre Bachar el-Assad.[30] Au vu de ces informations alarmantes, la plainte du Qatar contre le député Philippot constitue non seulement une aberration orwellienne, mais également une ingérence flagrante dans les affaires intérieures françaises. Néanmoins, cette démarche est ouvertement soutenue par la maire de Paris,[31] bien qu’elle porte gravement atteinte aux libertés d’expression et de la presse[32] – pourtant « sacralisées » depuis les attentats tragiques de janvier 2015 dans la ville qu’elle administre.

À des niveaux plus profonds, cette plainte illustre d’inquiétantes relations profondes entre l’État français et le Qatar, et plus généralement entre l’Exécutif et les hydrocarbomonarchies du golfe Persique. En effet, il est clair que de puissants intérêts énergétiques, financiers, industriels et géostratégiques renforcent ces relations bilatérales.[33] Cependant, à travers des politiques clandestines mais avérées, ces monarchies dictatoriales soutiennent des réseaux terroristes au Moyen-Orient,[34] et même à travers le monde.[35] Dans le cas de la Syrie, depuis la montée en puissance d’un nouveau réseau extrémiste – coagulé autour du Jahbat al-Nosra et appelé l’« Armée de la conquête » –, les médias français ne font pas mystère d’une alliance entre le Qatar, l’Arabie saoudite et la Turquie pour soutenir cette milice d’al-Qaïda et faire tomber le régime de Bachar el-Assad.[36] Sur le terrain, il semblerait que Daech en soit le principal bénéficiaire, selon le journaliste Jean-Michel Quatrepoint.[37]

Le paradoxe qui découle de ces politiques aventuristes est que la démocratie est menacée en Occident au nom de la lutte antiterroriste, alors que les principaux réseaux jihadistes sont aujourd’hui des alliés des pouvoirs profonds de l’OTAN, du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) et d’Israël[38] dans la déstabilisation de l’« Axe chiite » (Iran, Irak, Syrie, Sud-Liban). Dans ce contexte politique schizophrène, nous observons en Occident une succession de dérives autoritaires légitimées par la lutte antiterroriste, alors que des milices jihadistes sont discrètement soutenues par les puissances occidentales et leurs alliés au Moyen-Orient. Il en résulte un débat public orwellien, dans lequel la plupart des groupes terroristes sont présentés comme des ennemis de la démocratie – ce qu’ils sont indiscutablement –, alors que des intérêts supérieurs conduisent les États occidentaux à les utiliser contre des nations « ennemies ». Du fait d’une certaine orwellisation médiatique,[39] la majorité des populations occidentales ignore ces politiques profondes et s’abstient de protester contre des mesures ultrasécuritaires imposées au nom de la lutte antiterroriste. Ainsi, depuis l’adoption de la loi sur le renseignement, nous observons le renforcement et la légitimation du système répressif et liberticide de l’« État profond » en France,[40] et plus généralement en Occident. Il convient donc, avant de développer cet argumentaire, de définir cette notion fondamentale.

Le système de gouvernance abyssale de l’« État profond »

Selon le docteur en Sciences politiques et ancien diplomate canadien Peter Dale Scott – dont je suis le principal traducteur francophone –, l’« État profond » est « un pouvoir qui ne provient pas de la Constitution, mais de sources extérieures et supérieures à celle-ci, et qui est plus puissant que l’État public. »[41] Afin d’illustrer un tel pouvoir, je vais citer un exemple méconnu, mais sur lequel nous reviendrons à travers cette analyse. Il s’agit des réseaux clandestins que la NSA a tissés avec la DGSE, dont les procédures d’échange massif de renseignements échapperaient au contrôle et à la supervision des responsables politiques français – selon les informations du journal Le Monde basées sur des documents internes de la NSA.[42]

Dans son dernier livre, L’État profond américain, Peter Dale Scott indique que « l’expression “État profond” [gizli devlet ou derin devlet] est née en Turquie en 1996. Elle faisait référence à des éléments [initialement] soutenus par les États-Unis – avant tout dans les services secrets et dans l’armée – qui avaient à maintes reprises employé la violence afin d’interférer dans le processus démocratique de la Turquie et le rediriger de force. »[43] La définition de base de cette notion se réfère donc à des éléments nationaux agissant clandestinement et illégalement pour le compte d’une puissance étrangère, en l’occurrence les États-Unis. Ainsi, toujours selon Le Monde, la loi sur le renseignement adoptée en France en juin 2015 est une loi « sous influence », qui renforcera et légalisera un système de surveillance favorable à la NSA et souhaité par celle-ci – mais déjà établi à des niveaux profonds.[44] D’après Antoine Lefébure, un expert en technologies de la communication à l’origine de ces révélations, cette nouvelle loi mettra la France « sous la coupe des Américains », essentiellement grâce à l’emprise de la NSA sur nos services de renseignement.[45]

Comme nous venons de le souligner, cette « omnipuissante »[46] agence états-unienne collabore déjà avec la DGSE, mais dans un cadre extralégal et visiblement non supervisé par l’État français.[47] Il n’en demeure pas moins que le gouvernement, malgré une autorité incertaine sur ses propres services secrets, vient de faire adopter un projet de loi qui confèrera à auxdits services des pouvoirs exhorbitants – notamment en matière de surveillance de masse, donc d’espionnage économique, politique et industriel. Au vu des intérêts étrangers satisfaits par cette nouvelle loi, via la pérennisation de dispositifs favorables aux services de renseignement des États-Unis (et potentiellement d’autres puissances), je parlerais donc d’un État profond « français » – les guillemets étant de rigueur.

Plus exactement, il s’agit d’un État profond supranational, extralégal et clandestin, qui semble disposer d’une autonomie opérationnelle et décisionnelle vis-à-vis du pouvoir politique élu, voire d’une influence décisive sur nos propres dirigeants. Et ce système a un caractère permanent, pour ne pas dire structurel, selon un document interne de la NSA cité par Antoine Lefébure : « Pour toute une série de raisons, nos relations entre services de renseignements sont rarement perturbées par des conflits politiques nationaux ou internationaux. D’abord, nous [, à la NSA,] aidons nos partenaires à traiter ce qui échappe à leur vigilance, comme eux nous aident. Ensuite, dans la plupart des capitales de nos alliés étrangers, peu d’officiels de haut niveau, en dehors de ceux des services de renseignement, sont conscients d’une quelconque relation entre leurs services de renseignement et la NSA américaine. »[48]

En 2008, Peter Dale Scott avait défini l’« État profond » comme une « “puissante coalition” parallèle, principalement composée d’agences clandestines – telles que la CIA – qui « répondent (…) au[x volontés des milieux opulents et influents,] mais qui ont peu, voire aucun enracinement populaire ».[49] Depuis, il s’est distancé de cette définition, puisqu’elle lui semblait trop restrictive. Néanmoins, sachant qu’elle est axée sur le milieu des services secrets, et qu’elle souligne l’illégitimité populaire de cette « “puissante coalition” parallèle », je retiendrai cette définition de l’« État profond » dans mon analyse des cercles de pouvoir abyssaux qui subvertissent, surveillent, et influencent décisivement notre gouvernement.

En effet, nous avons pu remarquer l’empressement suspect du pouvoir exécutif français à faire adopter son projet de loi sur le renseignement, alors que les révélations d’Edward Snowden ont démontré le manque de contrôle de l’État sur ses propres services secrets – comme l’a confirmé à maintes reprises le journal Le Monde. Nous pouvons aussi observer la mise en œuvre récurrente de politiques atlantistes allant bien souvent à l’encontre des intérêts européens et nationaux, telles que le régime de sanctions contre la Russie[50] ou l’annulation de la vente des Mistral.[51] Ainsi, à des niveaux stratégiques, il est clair que l’action du gouvernement français est souvent conditionnée par des forces ayant la volonté d’instrumentaliser la France[52] – et même l’Union européenne –[53] dans le cadre de la politique étrangère des États-Unis.

Comme l’a déclaré le Président Poutine à la suite de la rencontre trilatérale du 7 février dernier, organisée en préparation des accords de Minsk II, « [i]l est difficile de parler à des gens qui chuchotent même chez eux de peur des écoutes américaines [– en référence au Président Hollande et à la Chancelière Merkel]. Et ceci n’est pas une blague, je ne plaisante pas. »[54] Le caractère exceptionnellement confidentiel de cette importante rencontre avec Poutine au Kremlin – à laquelle Hollande et Merkel ont participé sans aucun membre de leurs cabinets respectifs –,[55] tend à démontrer la crainte de ces deux dirigeants face aux pouvoirs profonds qui les surveillent, donc les influencent nécessairement. Au moment où je finalise cet article, Wikileaks.org, Mediapart.fr et Liberation.fr révèlent que la NSA a espionné les Présidents Hollande, Sarkozy et Chirac entre 2006 et 2012 – ainsi que d’autres leaders politiques français de premier plan. La « peur des écoutes américaines » évoquée par le Président Poutine était donc fondée. Selon l’ancien officier de la CIA Ray McGovern – qui était chargé par l’Agence de rédiger les briefings présidentiels quotidiens de Reagan et de Bush père –, une telle crainte est partagée par le Président Obama, qui se méfie de ses propres services secrets.[56]

Depuis l’assassinat de Kennedy, il est clair que les pouvoirs profonds des milieux « sécuritaires » – que l’auteur James Douglass a appelés l’« Indicible » –, ont acquis une influence de plus en plus décisive sur les autorités politiques légitimes.[57] Peter Dale Scott le démontre avec de solides arguments dans son dernier livre, L’État profond américain. En France, ce phénomène inquiétant se caractérise aujourd’hui par l’adoption précipitée de la loi sur le renseignement, et l’absence de volonté du gouvernement de recadrer ses propres services secrets à la suite des révélations d’Edward Snowden, qui ont été relayées par Le Monde et d’autres médias grand public.

L’État profond « français » en guerre contre le peuple

En instrumentalisant la peur du terrorisme, l’État profond « français » vient d’imposer à notre pays des mesures dangereusement liberticides, notamment en termes de surveillance extrajudiciaire, généralisée et permanente. D’aucuns m’opposeraient le fait que cette loi a été votée par le Parlement, et qu’elle serait donc légitime. Au contraire, comme l’a expliqué le député écologiste Sergio Coronado au journaliste Jacques Follorou, « [o]n a amputé la capacité du Parlement à faire son travail. (…) [Le] monde du renseignement (…) reste un sujet très difficile d’accès pour le Parlement. Le député lambda ne dispose d’aucune source. (…) De plus, la procédure accélérée choisie par le gouvernement pour faire adopter cette loi interdit d’aborder le fond du sujet et fait de nous une chambre d’enregistrement. »[58]

Les détracteurs de cette législation sont nombreux, et ils ne se limitent pas à des parlementaires ou à des organisations de la société civile, comme la Quadrature du Net.[59] Par exemple, le bâtonnier du barreau de Paris, Maître Pierre-Olivier Sur, a déclaré au Figaro que « [c]e projet de loi [sur le renseignement était] un mensonge d’État. Le président de la République l’a présenté lui-même récemment à la télévision comme un texte essentiel pour lutter contre le terrorisme, alors qu’il va s’appliquer bien au-delà, à beaucoup d’autres domaines. Ce projet menace gravement les libertés publiques. »[60] En appelant les députés à ne pas voter ce texte, il l’a décrit comme « un faux-semblant [,] consistant à faire croire qu’il ne concernerait que la lutte contre le terrorisme alors qu’en réalité [,] il s’appliquera bien au-delà et jusqu’au quotidien de tous les citoyens. »[61] Pour relativiser l’alarmiste de ces propos, d’aucuns pourraient rappeler l’implication de Maître Sur dans la défense médiatique de Nicolas Sarkozy durant le scandale des écoutes – une démarche critiquée par le journal Libération.[62]

 

Or, la ministre de la Justice elle-même, Mme Christiane Taubira, a émis de sérieuses réserves sur ce texte peu après son adoption en première lecture par l’Assemblée Nationale. Au micro d’Europe 1, elle est allée jusqu’à affirmer qu’elle aurait pu manifester contre ce projet de loi si elle ne faisait pas partie du gouvernement.[63] Nous, citoyens français, devons nous en préoccuper de toute urgence. En effet, l’État public incarné par le Parlement vient de légaliser, de renforcer et de pérenniser – sans peut-être même en avoir conscience –, le système répressif et mal contrôlé de l’État profond « français ». Et la surveillance de masse n’en est pas le seul enjeu.

L’État profond « français » et la guerre économique globale des États-Unis

À un niveau abyssal, cet inquiétant dispositif de surveillance massive n’est pas seulement liberticide. En effet, il pourrait être économiquement et socialement destructeur pour la France. Avant de développer cet argument clé, rappelons la mise en garde lancée par François Mitterrand peu avant sa mort : « La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort apparemment. Oui, ils sont très durs les Américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde. C’est une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment et pourtant une guerre à mort. »[64] Plus que jamais, cet aveu du Président Mitterrand doit être pris au sérieux par nos « élites », qui sont bien trop nombreuses à avoir été adoubées (voire « formées ») par des réseaux de pouvoir atlantistes faisant passer les intérêts des États-Unis avant ceux de la France.[65] Le cas contraire, nous perdrons définitivement cette guerre économique globale, coordonnée depuis Washington et analysée en détail par le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R).[66]

Revenons maintenant à l’article du Monde cité précédemment. D’une importance capitale, cette analyse écrite par Antoine Lefébure expose la réalité profonde d’une relation transatlantique visiblement déséquilibrée et mal maîtrisée par l’État français : « Pour ce qui concerne la France, nous n’avons pas de documents, mais le bureau de l’ambassade des États-Unis qui suit ce dossier a été très actif. Nous pouvons donner le nom de ce bureau, le SUSLAF (Special US Liaison Advisor France) qui travaille avec un unique interlocuteur français, affectueusement nommé « senior sigint », c’est-à-dire [le] patron du renseignement électronique. Il s’agit du directeur technique de la DGSE Patrick Pailloux, un polytechnicien bon expert du domaine. (…) D’après nos sources, le projet de loi français [sur le renseignement] enchante le SUSLAF et l’administration Obama. Il va permettre à la NSA de développer son partenariat avec la France. Néanmoins, soucieux d’une certaine autonomie, notre pays travaille sur des technologies made in France, une perspective qui fait saliver nos industriels tricolores. »[67] _

 

Dans sa définition de l’« État profond », Peter Dale Scott inclut des « agences comme la CIA et la NSA, ainsi que des entreprises privées telles que Booz Allen Hamilton, auxquelles plus de la moitié du budget du Renseignement US est sous-traitée. [Ce système de l’] État profond inclut finalement les puissantes banques et autres multinationales, dont les intérêts et les opinions sont largement représentés au sein de la CIA et de la NSA. »[68] En extrapolant ces propos, et en reprenant l’analyse précitée du Monde, il est clair que l’État profond « français » a comme objectif de signer de juteux contrats avec la puissance publique, c’est-à-dire aux frais des contribuables. Il en résulte que nous sommes contraints de financer la surveillance extrajudiciaire qui nous est imposée, ce qui est inacceptable.

 

Il est également évident que des échanges de technologies, de savoir-faire et de renseignements motivent un tel partenariat. D’aucuns pourraient donc justifier ces relations profondes par des intérêts industriels favorables à l’économie française. Or, comme l’a souligné Antoine Lefébure dans un autre article publié par Slate.fr, « [d]ans [l]e domaine [du renseignement], le lobbying doit être discret, cantonné à quelques interlocuteurs sûrs. Avec un pays considéré comme “difficile” comme la France, les Américains font preuve d’une grande habileté, allant jusqu’à flatter quelques industriels nationaux pour s’en servir comme bras de levier. Grâce à cette action, il y a des dirigeants français pour laisser croire possible la réalisation d’un équivalent tricolore de la NSA, bien entendu en plus intelligent et moins onéreux. (…) Le problème de ce genre d’illusions, quand elle se développe, protégée sous le secret-défense, est qu’elle peut perdurer longtemps et constituer un véritable gouffre financier. »[69]

 

Par ailleurs, comme Monsieur Lefébure l’a indiqué dans son article du Monde, « [e]n Allemagne [,] la NSA apprend aux espions du BND à utiliser son logiciel XKEYSCORE, excellent outil de surveillance massive du comportement des internautes. Nous venons d’apprendre qu’ils ont écouté, à la demande de la NSA, des officiels français (l’Élysée et le Quai d’Orsay) et des industriels européens, notamment Airbus ! La NSA aurait-elle demandé le même genre de “services” à son partenaire français ? [Le rapporteur de la loi sur le renseignement, le député Jean-Jacques] Urvoas lui-même, a reconnu qu’il n’en savait rien. Combien sont-ils, parmi nos élus, ceux qui ont assez d’informations et de capacité d’analyse sur ce qui se passe dans ce domaine réservé pour mesurer les conséquences d’une loi dangereuse qu’ils votent dans l’urgence [?] »[70]

 

Comme l’a révélé dans ce même quotidien le journaliste Jacques Follorou, la DGSE est à l’origine du développement et du transfert de certaines technologies sensibles aux renseignements allemands, que ces derniers ont finalement utilisées pour espionner les intérêts franco-européens pour le compte de la NSA. D’après Monsieur Follorou, « l’affaire d’espionnage qui secoue actuellement l’Allemagne semblait classique. L’Agence nationale de la sécurité américaine (NSA) aurait utilisé, entre 2004 et 2015, les infrastructures d’interception du renseignement allemand pour espionner, notamment, des entreprises allemandes et françaises ainsi que des diplomates du Quai d’Orsay ou des membres de l’Élysée. L’ironie de cette histoire montre, selon nos informations, que la France a elle-même, dès 2005, contribué à bâtir le système de surveillance allemand dont elle a été victime. Ce centre d’interceptions, installé en Bavière, à Bad Aibling, est considéré par la NSA comme “le plus puissant d’Europe” dans un document révélé par son ancien consultant Edward Snowden. »[71]

 

Vous l’aurez compris, cette loi sur le renseignement – adoptée via une procédure accélérée pour neutraliser le débat public –, menace les intérêts supérieurs de la France. En effet, elle favorise un allié historique qui agit pourtant comme un prédateur agressif dans une guerre économique globale, y compris contre la France. Comme l’avait expliqué Jean-Pierre Chevènement, « [l]e déclin américain est incontestable, mais il est limité et sera très lent. Et comme les États-Unis ne peuvent pas faire la police dans le monde entier, ils mènent une politique de domination très intelligente, basée sur des alliances, la pénétration économique, leur attractivité culturelle plutôt que sur les conquêtes territoriales. »[72] Selon les révélations du Monde, cette pénétration économique se réalise parfois au niveau stratégique mais confidentiel, donc mal contrôlé, des services de renseignement.

 

Il en résulte une accélération du déclin socioéconomique et industriel de la France, encouragé par l’espionnage de nos propres entreprises et responsables politiques par des services « alliés », dont la NSA et le BND allemand – voire potentiellement par l’État profond « français » lui-même. En effet, selon un autre article de Jacques Follorou, des « documents internes à la NSA ou au GCHQ [britannique] attestent que les décisions inhérentes à la création de ce versement dans un vaste pot commun de données privées et publiques françaises se sont prises, en grande partie, au niveau des directeurs des services secrets techniques de ces pays. Ils posent la question du pouvoir et de la place prise par les techniciens du renseignement qui ont pu, à certains égards, s’affranchir de leur tutelle politique et des lois protégeant les libertés. (…) Résultat : le niveau de coopération est tel qu’aujourd’hui des données personnelles venant d’Afrique ou du Moyen-Orient, transitant par la France et appartenant à des individus de nationalité française – hommes d’affaires, diplomates, voire agents de la DGSE en mission – ou même à des chefs d’État africain[s], peuvent tomber entre les mains de la NSA au nom de l’antiterrorisme. »[73]

 

Malgré ces informations alarmantes, l’Exécutif français a fait adopter cette loi sur le renseignement en raccourcissant son processus d’adoption parlementaire. De plus, le Président Hollande souhaite accélérer[74] les négociations d’un Traité transatlantique (TAFTA) qui, selon un certain nombre d’experts, favoriserait principalement les multinationales états-uniennes du fait de la prédominance du dollar dans l’économie mondiale – les citoyens européens étant les potentiels grands perdants de cet accord.[75] Rappelons également que le gouvernement français a décidé d’abandonner sa souveraineté nucléaire – civile et militaire – aux États-Unis dans le dossier Alstom,[76] ainsi qu’une filiale clé de la surveillance satellitaire au profit des services de l’État profond américain (NSA, NRO, DIA, CIA, etc.).[77]

 

Selon Le Figaro, au moment où l’État souhaitait racheter 20 % du capital d’Alstom au groupe Bouygues – ce qui ne lui donne aucun poids décisif dans le conseil d’administration de cette entreprise –,[78] il a cédé une partie de ses actions dans GDF-Suez, mais à un niveau lui faisant perdre sa minorité de blocage dans le CA de cette multinationale stratégique. D’après la CGT et la CFE-CGC, qui ont ensuite saisi le Conseil d’État pour contester cette cession, le gouvernement abandonne « sa souveraineté sur le gaz », affaiblissant « son pouvoir de protection du Groupe et du service public. »[79] Alcatel est un autre fleuron stratégique qui a été dépecé, notamment à travers l’intervention secrète de la NSA, comme l’ont révélé l’expert en intelligence économique Franck DeCloquement et le journaliste Antoine Dreyfus.[80] Par ailleurs, au vu de la débâcle commerciale, politique et diplomatique que constitue ce que nous pourrions appeler « l’affaire des Mistral », la France semble avoir perdu son autonomie de décision dans ses exportations militaires, un domaine qui est pourtant régalien et stratégique.[81] Enfin, la politique de sanctions contre l’Iran qui nous a été imposée par les États-Unis a engendré de sérieux dégâts sur l’économie française, selon un rapport de la délégation de la commission des finances du Sénat.[82] Nous pourrions ainsi multiplier les exemples démontrant que l’un de nos principaux alliés historiques mène, en réalité, une véritable guerre économique contre la France.

Il en résulte une accélération du déclin commercial, technologique et industriel de notre pays, avant tout en faveur d’une puissance étrangère hégémoniste – dont la DGSE semble être officieusement devenue une extension, voire un réseau d’influence à part entière. Et la tendance ne pourra hélas s’inverser de sitôt au vu de la proportion de « Young Leaders » composant notre gouvernement actuel[83] et son « opposition »,[84] certains d’entre eux faisant partie intégrante de l’État profond « français ». Par conséquent, à défaut de pouvoir inverser cette tendance en votant aux prochaines élections nationales, je vous remercie d’avance de transmettre cet article à vos responsables politiques (députés, sénateurs, ministres, Président de la République, etc.). Ce faisant, n’hésitez pas à leur demander des comptes, car il est inacceptable que nous financions, en tant que contribuables, un État profond supranational qui déstabilise notre économie et menace notre démocratie dans ses fondements mêmes.

 

Et puisque des millions de vies humaines sont en jeu, il est encore moins acceptable que l’État français, via ses services spéciaux, mène des politiques clandestines et irresponsables qui conduisent à renforcer des réseaux jihadistes au Moyen-Orient, alors que le gouvernement est censé lutter contre le fléau du terrorisme islamiste. J’en appelle donc à la mobilisation générale, pacifique et constructive de tous les citoyens français attachés à nos libertés publiques et à nos valeurs républicaines, y compris au sein de la DGSE et des autres services de renseignement de notre pays. Cet État profond « français » constituant une menace permanente, exigeons de nos dirigeants qu’ils le placent sous contrôle des autorités politiques légitimes, notamment via le Parlement. Dans le cas contraire, ce système de gouvernance abyssale, démocracide et illégale[85] restera le principal danger qui pèse sur notre tissu socioéconomique, notre État de droit et nos libertés fondamentales.

 

Note de Résistance 71: L’article, très bien documenté, comporte quelques 35 pages de notes que nous n’avons pas reproduite ici. Veuillez les consulter sur l’article original, merci de votre compréhension.

 

 

Résistance à l’empire: Le gros gazoduc trans-sibérien vers la Chine est en cours de construction… Livraison: 38 milliards m3/an

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, économie, colonialisme, crise mondiale, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, technologie et totalitarisme, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , on 1 juillet 2015 by Résistance 71

Alors voilà une info qui n’est bien sûr pas sur les écrans radar des merdias occidentaux por diffusion au grand public et pour cause…. Ceci nous inspire deux commentaires:

1- Sur une base de monde « multipolaire », superbe bras d’honneur de la Chine et de la Russie à l’empire, mais..

2- Cela est-il le début de l’asservissement de la Russie par la bande (la Chine), où l’empire ne pouvant passer en force contre la Russie, utilise la Chine totalement dépendante elle de ses achats de dette yankee et d’énergie pour demeurer la grande usine du monde, afin de rendre la Russie sur-dépendante de ses exportations vers la Chine en gaz et en pétrole, pour que celle-ci à terme la fasse danser sur ordre des banquiers et rentrer dans l’ordre mondial se voulant nouveau…

Dans le même temps on apprend que la Chine donne le coup d’envoi de la banque des BRICS, qui va devenir la porte pour planquer le fric de l’oligarchie occidentale avant qu’elle n’implose l’économie pour imposer la gouvernance banquière mondiale.

Tout cela pue l’entourloupe à plein nez… à suivre…

— Résistance 71 —

 

La Chine commence à construire sa partie du gazoduc “Pouvoir de Sibérie” pour acheminer son gaz de Russie

 

Press TV

 

30 Juin 2015

 

url de l’article original:

http://www.presstv.ir/Detail/2015/06/30/418163/russia-china-gas-pipeline-Power-of-Siberia-Dmitry-Medvedev-Gazprom-CNPC

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

La Chine a commencé à construire sa part d’un gazoduc connu sous le nom de Pouvoir de Sibérie, qui devra délivrer 38 milliards de m3 de gaz naturel russe par an à son voisin du sud.

Le début du projet fut annoncé par les officiels des deux pays par conférence vidéo Lundi après que le premier ministre russe Dimitri Medvedev eut dit aux journalistes lors d’une conférence de presse, qu’il espérait que la Russie et la Chine parviendraient à un accord sur l’augmentation de la desserte de gaz russe vers la Chine au travers de la région de l’Altaï dans un proche avenir.

D’après un rapport de RT, l’opération de soudure du premier segment du gazoduc a aussi commencé au cours de la cérémonie inaugurale en Chine Lundi. La soudure a commencé près de la ville chinoise de Heihe dans la province septentrionale de Heilongjiang frontalière avec la Russie. Le gazoduc doit aller jusqu’à Shanghaï. En parlant du projet lors de la conférence vidéo, Medvedev a parlé du plus gros projet au monde de cette nature infrastructurelle.

L’adjoint premier ministre du conseil d’état de la Chine, Zhang Gaoli a aussi pris part à la conférence vidéo, notant qu’un projet d’une telle envergure constituait une base forte pour la promotion du partenariat stratégique entre les deux pays.

Le gazoduc Pouvoir de Sibérie est prévu être totalement opérationnel en 2018 lorsqu’il sera connecté sur la sructure gazière chinoise.

Le contrat pour la construction de ce gazoduc a été signé entre l’entreprise russe Gazprom et la China National Petroleum Corporation (CNPC) sous la forme d’un accord sur 30 ans en Mai 2014, de faire transférer 38 milliards m3 de gaz naturel russe par an vers la Chine au travers de la route orientale du gazoduc.
Le projet inclut également une route occidentale connue sous le nom de Pouvoir de Sibérie 2, qui est projetée de délivrer 30 milliards m3 de gaz à la Chine. D’après Medvedev, la construction de la portion occidentale du gazoduc commencera bientôt.

Je suis convaincu que nous atteindrons bientôt un accord pour la construction du second gazoduc russo-chinois pour des livraisons de gaz au travers de la route occidentale”, a dit Medvedev lors de la cérémonie d’inauguration de la route orientale Lundi.

D’après le PDG de Gazprom, Alexeï Miller, la valeur totale de ce contrat est estimé à 400 milliards de dollars.
La Russie a commencé à construire sa section des près de 4000km de la route orientale l’an dernier. Le système de transmission du gaz du gazoduc devrait devenir complètement opérationnel en 2017.

Le coût total de la production de gaz et de la construction des facilités de transport sur le sol russe a été estimé à 55 milliards de dollars.

Nouvel Ordre Mondial et lobby financier: Le FMI arme de destruction massive de l’oligarchie contre la Grèce…

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… Peut-on encore donner un crédit à Syriza et Tsipras ?… Voyons voir jusqu’où cela ira t’il ?… Nous ne sommes pas aussi optimiste que Lamrani, à suivre donc… Les Grecs doivent faire totale sécession de l’UE et du système étatique, Syriza doit redonner le pouvoir au peuple, qui autogèrera le pays sans intermédiaire. La Grèce n’a plus rien à perdre, elle a une occasion unique de faire l’histoire en devenant une nation sans État, sans institutions, où le peuple gère de, par et pour lui-même…

— Résistance 71 —

 

Les 25 vérités d’Alexis Tsipras sur le chantage du lobby financier international

 

Salim Lamrani

 

 30 Juin 2015

 

 url de l’article original:

http://www.michelcollon.info/25-verites-d-Alexis-Tsipras-sur-le.html?lang=fr

 

Fidèle au mandat que lui a donné le peuple, le Premier Ministre grec a décidé de soumettre l’ultimatum du Fonds monétaire international, de l’Union européenne et de la Commission européenne à un référendum le 5 juillet 2015 (1).

 

 

  1. Depuis l’arrivée de Syriza au pouvoir en janvier 2015, la Grèce subit une « asphyxie économique sans précédents » de la part de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international, dans le but de faire plier le gouvernement progressiste et de l’empêcher de « mettre fin à l’austérité et de restaurer la prospérité et la justice sociale ».
  2. Le but des négociations était d’arriver à un accord viable « qui respecterait à la fois la démocratie et les normes européennes » afin de sortir définitivement de la crise.
  3. La Troïka a exigé de la Grèce le respect des accords pris par les gouvernements précédents, dont les politiques économiquement inefficaces et socialement désastreuses ont été majoritairement rejetées par le peuple grec qui a décidé de porter Syriza au pouvoir.
  4. A aucun moment, le gouvernement grec n’a cédé aux menaces des institutions européennes et du FMI.
  5. Après près de six mois de négociations, l’Euro-groupe a présenté « un ultimatum à la République hellénique et au peuple grec ». Cet ultimatum « contrevient aux principes fondateurs et aux valeurs de l’Europe ».
  6. L’Europe a présenté « une proposition qui inclut des nouvelles charges insupportables pour le peuple grec et qui nuit au redressement de la société grecque et de son économie, non seulement en maintenant l’incertitude, mais en accroissant davantage les déséquilibres sociaux ».
  7. Ces mesures imposent « une fragmentation du marché du travail » avec une précarisation accrue des contrats, « une diminution des retraites, de nouvelles réductions de salaires dans le secteur public et une augmentation de la TVA sur les produits alimentaires, les restaurants et le tourisme, avec la suppression des réductions fiscales dans les îles ».
  8. « Ces propositions violent clairement les normes sociales européennes et le droit fondamental au travail, à l’égalité et à la dignité ».
  9. Le but de la troïka et de certains membres de l’Euro-groupe n’est pas « de trouver un accord viable et bénéfique pour les deux parties, mais d’humilier tout le peuple grec ».

10. Le but est de « punir une voix différente en l’Europe ».

  1. Le Fonds monétaire international est obsédé par l’austérité et les mesures punitives.
  2. La crise grecque affecte toute l’Europe et menace l’unité continentale.
  3. Yanis Varoufakis, ministre grec des Finances, a été arbitrairement exclu de la réunion de l’Euro-groupe, en violation de la légalité européenne.
  4. « La responsabilité historique en faveur des luttes du peuple hellénique et de la protection de la démocratie et de notre souveraineté nationale. […] nous oblige à répondre à cet ultimatum avec la volonté du peuple grec ».
  5. Un référendum aura donc lieu le 5 juillet 2015 afin que « le peuple grec décide de façon souveraine ». « Face à cet ultimatum et ce chantage, je vous convoque afin que vous décidiez de façon souveraine et avec fierté, comme le dicte l’histoire de la Grèce, au sujet de cette austérité stricte et humiliante, qui n’offre aucune solution ni option qui permette un redressement social et économique ».
  6. « Dans le berceau de la démocratie, nous ne demanderons pas l’autorisation à Monsieur Dijsselbloem [Président de l’Euro-groupe] ni à Monsieur Schaüble [Ministre allemand des finances] » pour célébrer un référendum.
  7. Ce référendum « n’est pas une tentative de scission avec l’Europe mais de scission avec les pratiques qui sont un affront pour l’Europe ».
  8. « Face à cette dure austérité autocratique, nous devons répondre avec démocratie, sérénité et détermination ».
  9. « La Grèce, creuset de la démocratie, doit envoyer un message démocratique claire à l’Europe et à la communauté internationale ».
  10. « Le peuple grec dira un grand non à l’ultimatum mais en même temps un grand oui à l’Europe de la solidarité ».
  11. Au lendemain de ce « non », « la force de négociation du pays sera renforcée ».
  12. Quelle que soit l’issue de la consultation, la volonté du peuple grec sera respectée.
  13. Cette consultation « enverra un message de dignité au monde ».
  14. L’Europe est la maison commune de tous ses peuples. « Il n’a pas de propriétaires et des invités en Europe ».
  15. « La Grèce est et sera une partie intégrante de l’Europe, et l’Europe sera une partie intégrante de la Grèce. Mais une Grèce sans démocratie impliquerait une Europe sans identité et sans boussole ».

 

Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris IV-Sorbonne, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de La Réunion, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis. Son nouvel ouvrage s’intitule Cuba. Les médias face au défi de l’impartialité, Paris, Editions Estrella, 2013 et comporte une préface d’Eduardo Galeano. Contact : lamranisalim@yahoo.fr ; Salim.Lamrani@univ-reunion.fr

Impérialisme et propagande: L’occident repose sur des mensonges et de moins en moins de personnes sont dupes… (Paul Craig Roberts)

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PCR enlève les gants et envoie l’État dans les cordes… crochet au foie… De fait, il n’y a plus AUCUNE raison de mettre quelque gant que ce soit avec la pourriture de l’État et son ministère de la propagande généralisé, qui gangrènent au plus haut point tout ce qu’ils touchent…

— Résistance 71 —

 

La vérité est un crime contre l’État

 

Paul Craig Roberts

 

28 juin 2015

 

url de l’article original:

http://www.paulcraigroberts.org/2015/06/28/truth-crime-state/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

L’édifice complet de l’occident est basé sur des mensonges. Il n’y a aucune autre fondation solide, que des mensonges.

Ceci fait de la vérité un ennemi. Des ennemis doivent être supprimés, donc la vérité doit être supprimée.

La vérité provient de sources d’information étrangères, comme Russia Today (RT) et de sites internet alternatifs, comme celui-ci.

Ainsi, Washington et ses vassaux sont occupés à travailler d’arrache-pied pour fermer les médias indépendants.

Washington et ses vassaux ont redéfini la propagande. La vérité est propagande si elle est dite par des pays, comme la Russie ou la Chine, qui ont des politiques étrangères indépendantes.

La propagande est vérité si elle est dite par Washington et ses marionnettes, comme l’European Union Observer.

L’EU Observer, suivant les ordres de Washington sans aucun doute, a dénoncé les organes de presse RT et Sputnik News (NdT: Nouvel organe de presse russe combinant les sites de RIA Novosti et de la Voix de la Russie…) pour “diffuser des fabrications et un discours de haine depuis leurs bureaux directeurs sis dans les grandes villes de l’UE”.

Je donne souvent des entretiens à la fois sur RT et sur Sputnik News. A mon avis, ces deux organes sont trop timides dans leur reportage, de peur sans aucun doute, d’être fermés, leur auto-restriction ne correspond pas à ce dont a besoin la vérité. Je n’ ai jamais entendu un mot de haine ou de propagande sur aucun de ces organes de presse. La propagande de Washington sans aucun doute oui, mais pas celle du gouvernement de la Russie.

En d’autres termes, Washingon a le monde de l’information tellement sous sa coupe et tellement faussé, que même des médias indépendants ne peuvent parler avec clarté sur les affaires.

La pressetituée occidentale a réussi à créer une fausse réalité pour les Américains insouciants et aussi pour la vaste portion de la population occidentale.

Un bon pourcentage de ces personnes insouciantes croient que la Russie a envahi l’Ukraine et que la Russie menace d’envahir les états de la Mer Baltique et la Pologne. Cette croyance existe malgré toute l’information de renseignement de tous les gouvernements occidentaux diffusée, rapportant qu’il n’y a aucun signe de quelques forces militaires russes que ce soient dans les environs, forces qui seraient requises et nécessaires pour une telle invasion.

“L’invasion russe”, tout comme “les armes de destruction massive de Sadam Hussein et ses connexions avec Al Qaïda”, tout comme “Assad utilisant des armes chimiques contre son propre peuple”, tout comme “les armes nucléaires iraniennes”, n’ont jamais existé, mais néanmoins, tout cela est devenu une réalité dans les médias occidentaux. Ainsi les peuples de l’occident croient-ils en des faits totalement inexistants.

En d’autres termes, juste pour citer le fait évident non controversé, les médias d’information occidentaux ne sont que des ministères de la propagande desquels n’émergent absolument aucune vérité.

Ainsi le monde occidental est régi par la propagande. La vérité en est exclue. Fox “news”, CNN, le New York Times, le Washington Post et tout le reste de cette clique de menteurs accomplis dans l’histoire du monde, répètent constamment les mêmes mensonges et ce pour Washington bien sûr et le complexe militaro-industriel et de la sécurité.

La guerre est le seul résultat possible de la propagande faite pour la guerre. Lorsque les merdias occidentaux irresponsables amènent l’armaguédon sur vous, vous pouvez remercier le New York Times et toute la pressetituée pour votre destruction, celle de tous vos espoirs pour vous et vos enfants.

Stephen Lendman, qui intègre une bonne partie de ce qui reste de la conscience morale de l’occident, explique la situation:

L’EU martèle la “propagande russe”


par Stephen Lendman

Les médias principaux occidentaux marchent au même son de tambours, régurgitant avec diligence la pourriture de désinformation gérée à cet effet, enterrant volontairement les vérités cinglantes sur les problèmes qui comptent le plus.

Les sources alternatives observant la vérité et la divulgant opèrent sur des standards bien différents, engendrant la colère parmi les nations occidentales voulant leurs grands crimes supprimés de l’attention publique et que des sources révèlent avec grand fracas.

L’EU Observer prétend avoir un crédit d’indépendant tout en soutenant les politiques responsables que des sources d’information dénoncent.

Rapporter de manière indépendante des vérités cinglantes ne fait pas partie de son histoire. Son rédacteur en chef, Lisbeth Kirk, est l’épouse de l’ancien député européen danois Jens-Peter Bonde. La directrice d’Human Rights Watch (NdT: financé par le milliardaire protégé des Rockefeller George Soros…) Europe et Asie Centrale Veronika Szente Goldston appelle ses journalistes “les plus ‘rentre-dedans’ de Bruxelles”.

L’UE Observer a attaqué de manière irresponsable Sputnik News et RT, deux sources de réputation pour l’information et l’analyse, qui ont une vue diamétralement opposée à la propagande médiatique occidentale.

Il a appelé sans honte aucune leur information, qui est appréciée par des millions de personnes et plus à venir, “des diffusions fabriquées de toute pièce et des propos haineux en provenance de leurs bureaux respectifs des villes de l’Union Européenne”.

Il a fait allusion à des plans de l’UE de contrer ce qu’ils appellent “l’utilisation et la mauvaise utilisation d’outils de communication… jouant un rôle important dans les développements politiques, économiques et liés à la sécurité dans les pays de l’Est ces 18 derniers mois.

Il a produit un “plan d’action” de neuf pages qui a pour intention de faire passer des messages “positifs”. Il va augmenter le financement pour que la vision de l’Europe retentisse plus profondément et plus efficacement.

Il veut les politiques de l’UE promues dans les anciennes républiques de l’URSS en utilisant la bonne vieille méthode, celle de répéter ad nauseam les plus gros mensonges et le plus souvent possible jusqu’à ce que les gens finissent par les croire.

Une nouvelle cellule du service des relations étrangères de l’UE appelée East StratCom Team et qui sera opérationnelle dès Septembre va gérer tout cela, fonctionnant en cela comme un ministère européen de la propagande.

II “développera des matériels de communication adéquats basé sur des problèmes prioritaires… et qui seront mis à la disposition du leadership politique de l’UE, de ses services de presse, des délégations de l’UE et des états membres de l’UE.”

Le matériel circulé en Russie et dans d’autres pays de l’UE a pour objectif de laisser les consommateurs d’information “comprendre facilement que les réformes politiqus et économiques promues par l’UE peuvent, avec le temps, avoir un impact positif sur leurs vies quotidiennes”, même si précisément c’est le contraire qui est vrai.

Il veut que les soi-disants bénéfices dont les Européens jouiront soient expliqués au peuple à travers tout le continent. Des dizaines de millions de chômeurs, de sous-employés et de personnes appauvries vont-ils croire ce qu’ils savent être faux de par leur propre expérience ?

Sputnik News, RT et des sources d’information indépendantes comme le Progessive Radio Network et bien d’autres gagnent une audience qui ne cesse d’augmenter et de se renforcer au détriment de la pressetituée que les gens abandonnent pour de très bonnes raisons.

De plus en plus de gens veulent la vérité et les révélations sur les choses qui affectent leurs vies et leur bien-être. Les politiciens d’occident veulent que les gens ordinaires soient traités comme les champignons: bien mouillés et dans le noir.

La rédactrice en chef de RT, Margarita Simonyan, a dit que “L’UE essaie de manière diligente d’étouffer la voix alternative de RT dans une période où en Europe, il y a des centaines de journaux, de chaînes de télévision et de radio, qui n’émettent qu’un point de vue à l’unisson sur ce qu’il se passe dans le monde.

La BBC n’est que Fox News avec un accent anglais. Les soi-disantes radios et chaînes de diffusion publiques américaines ne sont pas différentes, disant à leurs auditeurs et à leurs spectateurs tout ce qu’on veut sauf ce qu’ils auraient besoin de savoir le plus.

Simonyan a expliqué “La Grande-Bretagne a une brigade d’armée de 1500 hommes… dont la tâche se compose de lutter contre la Russie dans les médias sociaux. L’OTAN a une force spéciale dont l’objectif est de contrer l’influence russe à travers le monde.

Récemment, la chaîne Deutsche Welle, DW, a lancé une chaîne de télévision 24/24 en anglais pour contrer RT. En même temps, pratiquement tous les médias majeurs de l’occident, incluant la BBC, DW, Euronews, ont depuis longtemps disséminé leur info en langue russe, tandis que Radio Liberty, financée directement par le gouvernement des Etats-Unis, diffuse en russe.”

“Si après tout cela, l’UE se plaint toujours qu’elle ‘perd la guerre de l’information’ contre la Russie, peut-être alors est-il temps de réaliser qu’ ‘un nombre croissant de gens en a ras le bol qu’on leur mente et leur raconte des salades…

Les gens veulent des sources d’information sûres, l’info et l’analyse ne sont pas fournies par les merdias de masse occidentaux qui ne font qu’utiliser des propagandistes déguisés en journalistes.

Visit his blog site at sjlendman.blogspot.com. 

La société contre l’État: Loi sur le renseignement un pas de plus vers le goulag…

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Loi sur le renseignement : quoi de neuf ?

 

Groupe Salvador Segui, FA

 

26 juin 2015

 

url de l’article original:

http://salvador-segui.blogspot.com/2015/06/loi-sur-le-renseignement-quoi-de-neuf.html

 

Le pouvoir actuel, socialiste, met en place une nouvelle loi de surveillance. Devons-nous être étonnés de cette initiative ? Est-ce réellement une surprise que de voir ce pouvoir de « gauche » mettre en place des outils sécuritaires et liberticides dans ce qu’ils appellent une démocratie républicaine ? Qu’ils soient de droite ou de gauche, les gouvernements successifs n’ont cessé de promulguer des lois visant à surveiller, collecter, ficher, maîtriser, punir, emprisonner, au nom de la sacro-sainte sécurité. Mais la course à la sécurité dans un monde de plus en plus précaire cache mal les volontés d’asservissement du peuple. Faute d’assurer une sécurité réelle à chacun, les puissants assurent leur propre avenir.

Ainsi, depuis les années 1980 notamment, en matière de sécurité, comme en matière économique et sociale, les différents partis politiques travaillent les détails et la forme afin de masquer leur appartenance et adhésion commune au système capitaliste totalitaire marchand. Ce qu’ils appellent encore la social-démocratie ne ressemble qu’à une parodie tant les inégalités sociales, les injustices, et la mainmise de l’oligarchie sur les structures politiques empêchent l’application des droits fondamentaux de chaque individu. Il n’est pas d’égalité sans liberté et aujourd’hui, par cette énième loi, les libertés sont un peu plus rognées.

Pour faire accepter ces lois scélérates, le pouvoir fait tout naturellement appel aux plus bas instincts et profite de contextes adéquats afin de faire passer les lourdes pilules qu’ils préparent minutieusement.

Ainsi dès 1986, sous l’ère Mitterrand, une première législation spécifique au terrorisme voit le jour. À l’époque déjà on s’attache à lutter contre le mode d’action qu’est le terrorisme, plutôt que de se demander quelles sont les sources et les causes de ces actions. Sans excuser ou justifier l’acte de l’attentat, l’impérialisme, le néocolonialisme, et le néolibéralisme comme apogée du capitalisme doivent être interrogés.

Au milieu des années 1990, Pasqua additionne les mesures sécuritaires et liberticides. La vidéo-surveillance devient un outil privilégié et les préfets voient leur pouvoir s’agrandir avec notamment la possibilité d’interdire des manifestations dans le cas de crainte « de troubles graves à l’ordre public ». Déjà, les mouvements sociaux sont visés !

En 1996 est introduite la notion de délit d’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste avec une définition très large permettant d’inquiéter à peu près n’importe qui, là non plus rien de nouveau donc. La loi habilite également les autorités à prendre des mesures préventives s’ils soupçonnent la future commission d’un crime.

En 2001, le gouvernement Jospin accouche de la loi sur la sécurité quotidienne quelques semaines après les attentats du 11 septembre. Déjà les données de communication sont convoitées par le pouvoir. Certaines mesures de cette loi sont annoncées comme temporaires, mais, en 2003, le fameux Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, entérinera ces mesures dans la loi de sécurité intérieure, qui permet, pêle-mêle, l’extension des contrôles d’identité et des fouilles des voitures ; l’extension des fichiers de police et du fichier national des empreintes génétiques ; la légalisation de la consultation de ces fichiers lors d’enquêtes administratives ; la création du délit de racolage passif ; la répression de la mendicité et du bruit dans les halls d’immeuble. Plus de sécurité, vous avez dit ?

En 2001 toujours, le fichier Stic, pour système de traitement des infractions constatées, est officiellement reconnu, alors qu’il fonctionne déjà depuis plusieurs années. On reconnaît ici la supercherie qui consiste à approuver et légitimer des outils utilisés de manière illégale par les services de police. Encore une fois, rien de neuf, nous étions prévenus.

En 2002 et 2004, ce sont les lois Perben qui modifient les modalités de la garde à vue, vous imaginez dans quel sens, autorisent les flics à poser des dispositifs d’écoute dans les véhicules et les domiciles, légalisent les missions d’infiltration, et le mandat de recherche, qui permet d’arrêter quelqu’un et de le mettre en garde à vue, s’il existe une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner qu’elle a commis ou tenté de commettre un crime ou un délit. Déjà, on était dans l’à peu près et déjà des magistrats avaient manifesté, en vain.

En 2006, la loi relative à la lutte contre le terrorisme généralise l’utilisation de la vidéosurveillance.

La loi relative à la prévention de la délinquance de 2007 durcit les sanctions contre les mineurs dès 10 ans. De nouvelles infractions d’embuscade et de guet-apens contre les policiers sont créées par la même occasion. Doit-on y voir un lien ?

En 2010, la loi relative au renforcement de la lutte contre les violences de groupes  et la protection des personnes chargées d’une mission de service public instituent la création du délit de participation à une bande violente, et les peines encourues sont supérieures pour une personne dissimulant volontairement son  visage.

Ces lois censées assurer la sécurité des individus contre la délinquance, le banditisme, le terrorisme sont d’une part inefficace et d’autre part servent, comme un filet de la NSA, à ratisser large, à offrir des outils de surveillance et de maîtrise de la population. Il s’agit surtout de combattre les déviants, l’ennemi intérieur par la mise en œuvre d’outils de répression toujours plus injustes.

Dans un jeu de dupe à l’Assemblée, les oppositions du moment se placent à tant que défenseur des libertés, mais dans cette mascarade législative, le système répressif et la surveillance généralisée avancent, se mettent en place irrémédiablement, et les uns après les autres, les partis politiques apportent leur contribution à l’édifice immonde.

Cette loi est donc la suite logique d’un processus que nous dénonçons et contre lequel nous nous mobilisons depuis des décennies. Aussi dangereuse soit-elle, cette nouvelle loi n’est qu’une étape supplémentaire dans un parcours déjà bien engagé par les gouvernements successifs qu’ils soient issus du RPR, de l’UMP, du PS, ou qu’ils accueillent des écologistes ou des communistes. Et comment voir des alliés potentiels au travers de ceux qui sont les complices ? Est-ce qu’une manifestation du type « 11 janvier », rassemblant un panel abject de puissants, sans une quelconque cohérence politique, si ce n’est un goût prononcé pour la récupération, pourra constituer une force capable d’inverser le sens de l’histoire? La liberté d’expression est-elle menacée par deux mecs avec des flingues ou par des lois de la sorte?

Nous pouvons espérer que la résistance à cette nouvelle loi constitue une rupture dans l’accompagnement et l’acception des lois liberticides et des politiques gouvernementales, mais cela réclamerait une véritable prise de conscience et une remise en cause des postures, du clientélisme adoptée par certains partis, syndicats, et certaines associations ou ONG. Comme les oppositions factices de l’Assemblée nationale, les opposants politiques se fourvoient dans des compromis pourtant inacceptables et dénués de perspectives réellement progressistes. Les contre-pouvoirs, en premier lieu la justice et les médias, restent chevillés à l’oligarchie à laquelle ils appartiennent. Ainsi, si rupture il y a, elle naîtra uniquement de véritables luttes et combats des opprimés contre les oppresseurs, des exploités contre les exploiteurs, des surveillés contre les surveillants. Une lutte concrète de la base est nécessaire, constituée de fronts communs, une lutte émancipée des partis, des centrales syndicales compromises, une lutte de classe, une lutte autogestionnaire, une lutte qui ne revendique pas mais qui applique. C’est uniquement dans ces perspectives que cette journée peut prendre sens.

Il s’agit pour le pouvoir de punir et de condamner le déviant, l’adversaire politique. Et nous attendons la prochaine vague de lois dégueulasses, pléonasme ! Elles pourraient bien nous venir du Sénat, qui a sorti, il y a quelques semaines, son rapport issu de la Commission d’enquête sur l’organisation et les moyens de la lutte contre les réseaux djihadistes en France et en Europe. En effet, nos chers sénateurs souhaitent « prévenir la radicalisation et adapter la réponse répressive » en mettant « en place des actions obligatoires de formation à la détection de la radicalisation, à destination des acteurs de terrain (personnels enseignants, conseillers d’éducation, personnels de l’aide sociale à l’enfance, éducateurs sportifs, assistants sociaux, personnels pénitentiaires, etc.) » avec la création d’une « grille d’indicateurs listant les comportements susceptibles de signaler l’engagement dans un processus de radicalisation ». Autrement dit un dépistage dès l’enfance de la radicalisation. Ici encore, le phénomène de radicalisation pourra s’adapter à l’ennemi du moment, dissidents politiques en tête. Le rapport associe également radicalisation et troubles psychologiques ; comme dans les États totalitaires du XXe siècle, la psychiatrique serait utilisée afin de faire taire les opposants politiques.

Ce rapport est très instructif sur les ambitions futures du pouvoir. En tant qu’anarchistes, nous sommes les déviants, nous sommes les adversaires politiques des partis au pouvoir, nous sommes les adversaires du pouvoir et de ceux qui souhaitent le conquérir. Nous sommes les inadaptés, les récalcitrants, ainsi nous avons combattu les lois scélérates et nous les combattrons encore.

Il n’existe pas d’égalité et de liberté sous le joug d’un pouvoir, quel qu’il soit. Le pouvoir n’est pas à prendre ou à conquérir, il est à détruire ! Donnons un véritable sens à nos mobilisations et créons immédiatement les rapports de force nécessaires au renversement des lois scélérates et de ceux qui les soutiennent.

Média et propagande: Le fonctionnement du « journalisme » de guerre dans la nébuleuse propagandiste de l’empire…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, désinformation, documentaire, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, presse et média, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 30 juin 2015 by Résistance 71

Excellent témoignage de Thierry Meyssan qui a vécu tout cela de l’intérieur d’abord en Libye puis en Syrie. Nous mettons en commentaire un entretien de Meyssan datant d’Août 2011 à Tripoli où il décortique les rouages des servides de renseignement en action avec les journalistes des grands médias opérant en zone de guerre. Son explication de la composition d’une « équipe de télévision » est édifiante à cet égard: Une équipe de « journaleux » en mission de couverture d’un conflit armé dans une guerre de 4ème génération comme cela existe en Afghanistan, en Irak, en Libye, en Syrie est composé d’une figure médiatique, « celui qui cause dans le poste », qui est un journaliste formé par les services de renseignement de son pays, d’un « producteur » qui est un officier du renseignement militaire en contact permanent via satellite avec sa cellule de l’OTAN et un « technicien/cameraman » qui est un militaire des forces spéciales, chargé de la protection du trio en vadrouille… A voir dans la vidéo de Meyssan ci-dessous ! Très instructif…

— Résistance 71 —

 

Les journalistes et la guerre

 

Thierry Meyssan

 

29 Juin 2015

 

url de l’article:

http://www.voltairenet.org/article187973.html

 

Considérant que les journalistes étaient au service de la paix, le Conseil de sécurité a adopté à l’unanimité une résolution pour leur protection en zone de combat. Pourtant, deux semaines plus tard, le département US de la Défense publiait des instructions pour arrêter les professionnels des médias qui se livrent à de l’espionnage ; une décision qui pourrait se retourner contre les journalistes des États membres de l’Otan, observe Thierry Meyssan.

Le débat du Conseil de sécurité du 27 mai dernier sur la protection des journalistes en zone de combat n’a guère fait avancer les choses [1]. Les diplomates ont accusé divers États d’avoir tué ou laissé tuer des journalistes sans relever que la qualité de « journaliste » peut recouvrir des activités de nature différente, y compris de l’espionnage, du sabotage ou du terrorisme.

Jusqu’à présent, on considérait que pour bénéficier de la protection due aux journalistes, il fallait : 
 détenir une carte de presse délivrée par l’autorité compétente de son pays ou de celui dans lequel on travaille ; 
 ne pas prendre part aux combats ; 
 ne pas violer la censure militaire.

On notera l’étrangeté de cette dernière condition initialement prévue pour protéger les secrets militaires, mais utilisable pour masquer la propagande et les crimes de guerre.

En outre, on considérait que les soldats travaillant comme journalistes pour des médias militaires ou les journalistes civils embarqués dans les armées (embedded) ne devaient pas bénéficier du statut de journaliste, mais de celui de soldat.

Se référant au précédent de l’assassinat du commandant Ahmad Shah Massoud par deux journalistes, les États-uniens font valoir que cette profession peut servir de couverture pour une activité terroriste. Plus récemment le citoyen britannique Omar Hussein a rejoint l’Émirat islamique et a publié, sous le pseudonyme d’Abu Awlaki, des articles élogieux de la vie sous Daesh. Cependant, ces exemples de journalistes engagés dans des combats sont complètement marginaux. Le vrai problème est ailleurs avec les médias globaux et la Guerre de 4ème génération (4GW).

Les médias globaux

Jusqu’en 1989, les médias étaient nationaux. La propagande ne pouvait donc s’adresser qu’à son propre camp. On pouvait bien entendu lancer des tracts par avion ou utiliser des émissions de radio en ondes courtes, mais on était toujours perçu comme un locuteur ennemi.

En 1989, une télévision locale états-unienne, CNN, s’est soudainement transformée en télévision globale grâce aux satellites. Son changement de statut —elle n’était plus « américaine »— garantissait sa neutralité dans les conflits. Elle s’est affirmée comme un média d’« information en continu », relayant la chute des Ceaușescu. Le direct garantissait d’empêcher les manipulations et de restituer la vérité.

Or, ce fut exactement le contraire. La rédaction de CNN était —et est de manière définitive depuis 1998— sous la coupe d’une unité militaire installée dans ses locaux, l’United States Army’s Psychological Operations Unit. Elle ne rendit pas compte des événements, mais d’un spectacle mis en scène par la CIA et le Pentagone. On se souvient par exemple de la découverte du charnier de Timișoara. Les images des cadavres de plus de 4 500 jeunes gens [2], vidés de leur sang pour nourrir le dictateur des Carpathes atteint de leucémie ou abattus durant des manifestations, ont fait le tour du monde. Leurs visages avaient été mutilés à l’acide pour qu’on ne les identifie pas. La preuve était faite des horreurs infligées à son peuple par Nicolae Ceaușescu, le « Dracula roumain » [3]. Las ! on apprendra plus tard qu’il s’agissait de corps déterrés au cimetière de la ville.

En diffusant instantanément une fausse nouvelle dans le monde entier, les médias globaux lui ont donné l’apparence d’une vérité partagée. Ce qui faisait la force de cette intoxication, c’est qu’elle était parvenue à convaincre des médias du bloc soviétique, en Hongrie et en Allemagne de l’Est, qui l’ont reprise. Les faits se trouvaient ainsi authentifiés par des alliés de la Roumanie. D’où la concurrence actuelle entre les grandes puissances pour disposer de chaînes globales d’information en continu.

Par ailleurs, les idées selon lesquelles « les journalistes sont là pour dire ce qu’ils voient sur place » et que « le direct empêche les manipulations » sont grotesques. Au contraire, les journalistes ne doivent pas être des témoins, mais des analystes capables de découvrir la vérité derrière les apparences. C’est à cela qu’ils servent, de sorte que le concept d’« information en continu » (au sens de faits filmés sans s’arrêter) est la négation du journalisme. Soit les journalistes sont là pour recouper, vérifier, contextualiser, analyser et interpréter, soit ils ne servent à rien.

Des manipulations comme celle de Timișoara, l’Otan n’a cessé d’en fabriquer durant les guerres de Yougoslavie, d’Irak, d’Afghanistan, d’Irak encore, de Libye et de Syrie [4].

L’incorporation des journalistes de guerre

Cependant, un pas de plus a été franchi, en 1992. Vous avez remarqué que, depuis cette date, les États-Unis et l’Otan n’ont cessé d’être en guerre quelque part dans le monde. Une catégorie de journaliste s’est constituée pour couvrir ces événements. Un peu plus d’une centaine d’entre eux s’est précipitée en Bosnie, puis à Bagdad, à Kaboul ou à Tripoli, donnant ainsi la parole aux adversaires de l’Occident. Or, non pas quelques uns d’entre eux, mais presque tous sont devenus des collaborateurs permanents des services secrets de l’Otan. Et s’ils décrivent les résultats de bombardements de l’Alliance sur des populations civiles, c’est uniquement pour fournir des renseignements militaires et permettre à l’Otan d’ajuster ses tirs. Dès lors, ces journalistes doivent être qualifiés d’agents.

C’est ce que j’expliquais durant la guerre de Libye, soulevant l’indignation de la profession. Pourtant, c’est ce qu’a finalement admis le lieutenant-général Charles Bouchard lorsque l’opération fut terminée. À l’antenne de Radio-Canada, il déclara que le quartier-général de l’Otan à Naples analysait la situation grâce à des « renseignements [qui] venaient de beaucoup de sources, dont les médias qui étaient au sol et nous donnaient beaucoup d’informations sur les intentions et où étaient les forces terrestres ».

Pour crédibiliser le mythe de la « révolution démocratique », l’Otan mettait en scène, en 2012, un village témoin, en Syrie, Jabal al-Zouia. Le cabinet du Premier ministre turc organisait sur place le transport des journalistes qui en faisaient la demande. Ils pouvaient alors filmer les manifestations dans le village et se persuader que toute la Syrie était ainsi. Mais l’Armée arabe syrienne a, elle aussi, envoyé des journalistes —pas des Syriens, bien sûr— auprès des « rebelles » de manière à recueillir des renseignements sur le soutien que leur apportait l’Alliance.

Aussi, la publication cette semaine par le département US la Défense de son Manuel de Droit de la guerre est-elle bienvenue. Ce document explicite l’évolution de la guerre en affirmant que certains journalistes sont en réalité des combattants [5].

Ce faisant, le département de la Défense prend le risque que la plupart des journalistes de guerre occidentaux soient déclarés « belligérants non-privilégiés », une catégorie qu’il a créée lui-même et qui les prive du bénéfice des Conventions de Genève. Lors du prochain conflit, ce pourrait être le sort des collaborateurs d’Al-Jazeera, Al-Arabiya, BBC, CNN, Corriere della Sera, Fox News, France2, France24, Le Monde, Libération, New York Times, Sky News, Washington Post etc… Pour ce citer que ceux que j’ai identifiés.

Les fausses vidéos d’actualité

C’est encore un pas de plus qui a été franchi, en 2011, avec l’usage de vidéos de fiction, tournées en studio à ciel ouvert au Qatar, placées dans les actualités télévisées. Le summum ayant été atteint avec la diffusion, d’abord par Fox News puis par l’ensemble des télévisions atlantistes et du Golfe, d’images de fiction présentant la chute de Tripoli et l’entrée des « rebelles » sur la Place verte, trois jours avant que ces faits ne deviennent réalité.

Un point qui fut violemment démenti par l’Otan avant d’être reconnu par le président du Conseil national de transition, Moustapha Abdel Jalil, au micro de France24 en arabe.

Alors que les États-Unis négociaient avec la Russie un éventuel partage du « Moyen-Orient élargi », en juin 2012, l’Otan envisageait d’utiliser cette technique des fausses vidéos d’actualité pour casser la résistance syrienne et s’emparer du pouvoir. Washington fit déconnecter les télévisions satellitaires syriennes d’ArabSat et s’apprêtait à les chasser également de NileSat. Un pool de chaînes atlantistes (Al-Arabiya, Al-Jazeera, BBC, CNN, Fox, France 24, Future TV, MTV) se préparait à utiliser des images réalisées en studio au Qatar montrant la chute de la République arabe syrienne et des images de synthèse montrant la fuite du président el-Assad [6]. Le signal des fausses chaînes syriennes fut calé sur ArabSat depuis la base de la NSA en Australie. Cependant, l’opération fut annulée juste avant la conférence de Genève 1 du fait des protestations internationales.

Les lois de la propagande sont toujours les mêmes

Ceci dit les développements techniques ne modifient pas les techniques de la propagande. Ce mécanisme reste fondé sur deux principes : 
 par la répétition incessante, un mensonge grossier devient une évidence incontestée ; 
 il ne suffit pas de convaincre les personnes-cibles d’un mensonge, il faut qu’ils le défendent. Et pour cela, il convient de les contraindre, par un moyen ou par un autre, à professer —ne serait-ce qu’une fois— ce qu’ils considèrent encore comme un mensonge. Leur amour-propre suffira à les empêcher de retourner en arrière et de dénoncer la manipulation.

Par exemple, lorsque les services secrets britanniques ont lancé l’idée que la République arabe syrienne lançait des barils d’explosifs depuis des hélicoptères sur sa population civile, vous n’y avez pas cru. En Syrie, où l’on reproche au président el-Assad de brider les actions de l’armée contre les jihadistes par souci de protéger les civils, on n’y a pas cru non plus. Cette accusation est d’autant plus absurde que l’armée dispose de bombes, bien plus efficaces, fournies par la Russie. Pourtant, au bout d’un an de répétition quotidienne, ce mensonge est devenu une vérité incontestée, aussi bien en Occident qu’en Syrie. Peu importe que l’armée n’utilise pas d’hélicoptères à Alep parce que les jihadistes les détruiraient avec des missiles sol-air, la presse publie quand même des « témoignages » de largage de barils d’explosifs depuis des hélicoptères à Alep.

Le système est ainsi fait que les journalistes refusent de reconnaître avoir été trompés et se transforment en propagandistes qui vont, à leur tour, répéter ce que n’importe qui savait au départ être un mensonge. De facto, des professionnels qui pensent être honnêtes, quoique utilisant la rhétorique à la mode, travaillent à répandre le mensonge.

L’incorporation des médias dans l’art de la guerre

Même si de fausses images de la fuite du président el-Assad n’ont finalement pas été utilisées en Syrie, l’Otan a adopté une nouvelle technique de combat : la guerre de 4ème génération (4GW).

La guerre de 1ère génération, c’est la ligne et la colonne, comme au XVIIe siècle. Les armées étaient très hiérarchisées et progressaient lentement. Mais cette organisation ne résista pas à la généralisation des armes à feu. 
La guerre de 2ème génération, c’est la ligne et le feu, comme durant la Première Guerre mondiale. Mais cette organisation s’embourba dans les guerres de tranchées. 
La guerre de 3ème génération, c’est l’infiltration des lignes ennemies et la défense en profondeur. Elle implique la participation des civils, comme lors de la Seconde Guerre mondiale. Mais cette organisation n’a pas résisté au développement des arsenaux et, notamment, aux bombes atomiques. 
La guerre de 4ème génération, c’est celle que l’on ne livre pas soi-même, mais que l’on fait livrer dans des pays lointains par des groupes non-étatiques, comme durant la Guerre froide avec de vraies et de fausses insurrections.

Dans ce type de guerre, qui s’apparente à un désordre général, le Pentagone intègre des médias dans sa salle d’état-major, en tant qu’unités combattantes. Il faut avoir en tête que les médias ont évolué. Ils ne sont plus des coopératives, mais des entreprises capitalistes avec des salariés qui peuvent être instantanément licenciés. Il ne s’agit donc plus d’une centaine de correspondants de guerre qui travaillent en sous-main comme espions, mais de médias qui participent en tant que tels aux combats en mettant l’ensemble de leur personnel à disposition des armées.

Peu importe ici que les journalistes participent eux-mêmes à des relevés militaires ou à des intoxications. Leur travail, même irréprochable, s’insère dans un ensemble qui fait la guerre. Pis : ceux qui sont sincères servent de paravent à ceux qui trichent en leur donnant de la crédibilité.

En définitive, la résolution 2222 n’a été adoptée à l’unanimité par le Conseil de sécurité que parce qu’elle ne répond pas à l’évolution du métier de journaliste.

 

[1] « Résolution 2222 et débats (journalistes en zones de conflit) », Réseau Voltaire, 27 mai 2015.

[2] “Mass Graves Found in Rumania ; Relatives of Missing Dig Them Up”, Associated Press, December 22, 1989.

[3] « Les vautours de Timisoara », par Serge Halimi, La Vache folle, août 2000.

[4] « L’effet CNN », cours de Thierry Meyssan à l’Accademia Nazionale della Politica (Palerme, Italie), Réseau Voltaire, 19 mai 2003.

[5] Law of War Manuel, US Defense Department, June 2015.

[6] « L’OTAN prépare une vaste opération d’intoxication », par Thierry Meyssan, Komsomolskaïa Pravda (Russie), Réseau Voltaire, 10 juin 2012.

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