Guerre russo-ukrainienne sur toile de fond OTANesque, le point sur les neo-nazis et les objectifs de l’empire avec Pepe Escobar

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Ukraine et nazisme… une longue histoire…

A lire et diffuser sans aucune modération (Résistance 71)

Pour que le nazisme soit de nouveau grand ?*

Pepe Escobar

26 mars 2022

Source :
https://www.veteranstoday.com/2022/03/26/escobar-make-nazism-great-again/

(*) NdT : le titre d’Escobar peut surprendre, mais il fait là un jeu de mot, une allusion directe au MAGA de Trump (Make America Great Again), le titre de l’article en anglais est : “Make Nazism Great Again ?” Ce type de phrase punch est souvent difficile à traduire sans perdre l’accroche, car ce sont des phrases faites pour accrocher psychologiquement les masses dans un contexte culturel donné, ici en l’occurence par effet miroir ironique. Nous tenions à faire cette précision car en aucun cas Pepe Escobar fait-il ici une quelconque éloge du nazisme, bien au contraire. Tout le monde ne comprend pas l’ironie ni la sagacité, surtout en ces temps de pensée unique binaire, en 2D, moulée pour une masse rendue ignorante au fil des années de propagande étatico-marchande abrutissante. Lisez plutôt…

La cible suprême est un changement de régime en Russie et l’Ukraine n’est juste qu’un pion sur l’échiquier, pire même, juste de la chair à canon…

Tous les yeux sont sur Marioupol. Plus de 70% des zones résidentielles sont sous contrôle des forces de Donetsk et russes alors que les fusiliers marins russes, le 107eme bataillon de Donetsk et les forces spéciales “Spetsnatz” tchétchènes emmenées par leur chef charismatique Adam Delimkhanov, sont entrés dans l’usine Azovstal, le QG du bataillon néo-nazi Azov.

Un dernier ultimatum fut lancé au bataillon Azov : rendez-vous avant minuit ou prenez un aller simple pour l’enfer dans le style pas de prisonniers.

Ceci implique un grand changement sur le champ de bataille ukrainien : Marioupol est sur le point d’être dé-nazifiée avec leur contingent Azov longuement retranché dans la ville et prenant les civils comme otages et boucliers humains et qui était leur force combattante la plus endurcie.

Dans le même temps, des échos de l’empire du mensonge ont vendu la mèche. Il n’y a aucun plan, aucune intention à Washington pour faciliter un processus de paix en Ukraine, ce qui explique les tactiques incessantes du comédien Zelensky pour faire caler un tel processus. La cible principale est un changement de régime en Russie et pour ce faire, une Totalen Krieg contre la Russie et tout ce qui est russe est autorisé. L’Ukraine n’est juste qu’un pion dans ce jeu, pire même, de la chair à canon.

Ceci veut aussi dire que les 14 000 morts du Donbas ces 8 dernières années doivent être directement attribuées aux Exceptionnalistes de l’empire. Quant aux neo-nazis ukrainiens de toute tendance, ils sont tout aussi denrée périssable que les “rebelles modérés” de Syrie, qu’ils soient liés à Al Qaïda ou Daesh. Ceux qui éventuellement survivront pourront toujours rejoindre l’entreprise neo-nazie Inc. sponsorisée par la CIA, seconde mouture de la Jihad Inc. des années 1980 en Afghanistan. Ils seront proprement “Kalibrés”.

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Un bref résumé sur les neo-nazis

Seuls maintenant les zombies au sein de l’OTANistan, et ils sont légions, ne savent rien de Maïdan 2014. Pourtant peu de monde sait que ce fut le ministre de l’intérieur ukrainien d’alors Arsen Avakov, un ancien gouverneur de Kharkov, qui donna le feu vert pour qu’un groupement paramilitaire de 12 000 membres se matérialise depuis la Secte 82 des supporteurs hooligans du club de football du Dynamo de Kiev. Ceci fut la naissance du bataillon Azov, en mai 2014, mené par Andryi Biletsky, alias “le Führer blanc” et ex-leader du gang neo-nazi ukrainien des Patriotes d’Ukraine.

Ensemble avec l’agent des services “Stay Behind” (Gladio) de l’OTAN Dmitro Yarosh, Biletsky fonda le parti politique du Pravy Sector ou “Secteur Droit”, financé par le parrain de la mafia ukrainienne et milliardaire oligarque juif Ihor Kolomoïsky (plus tard aussi le bienfaiteur de la meta-conversion d’un Zelensky de piètre comédien à président médiocre).

Le parti du Pravy Sektor était un parti anti-UE enragé, allez dire ça à Ursula von der Lugen et politiquement obsédé à lier l’Europe centrale et les états baltes en une nouvelle coalition Intermarium. De manière cruciale, le Pravy Sektor et autres gangs nazis furent soigneusement entraînés par des instructeurs de l’OTAN.

Biletsky et Yarosh sont bien entendu des disciples du notoire collabo nazi de l’ère de la seconde guerre mondiale, Stepan Bandera, pour qui les Ukrainiens purs sont proto-germaniques ou scandinaves et les Slaves sont des “Untermenschen”, des sous-hommes. Azov a fini par absorber pratiquement tous les groupes neo-nazis d’Ukraine et ils furent envoyés pour combattre dans le Donbass, faisant avec leurs acolytes, plus d’argent que les soldats de l’armée régulière ukrainienne. Biletsky et un autre leader neo-nazi,  Oleh Petrenko, furent élus à la Rada (parlement ukrainien). Le Führer blanc resta seul tandis que Petrenko décida de soutenir le président d’alors Porochenko. Rapidement, le bataillon Azov fut intégré comme “régiment Azov” dans la garde nationale ukrainienne.

Ils partirent dans une frénésie de recrutement de mercenaires, avec des gens venant d’Europe occidentale, de Scandinavie et même d’Amérique du Sud.

Ceci était totalement interdit par les accords de Minsk garantis par la France et l’Allemagne (maintenant de facto défunts). Azov mit en place des camps d’entrainement pour adolescents et arrivèrent bientôt à 10 000 membres. Erik “Blackwater” Prince, en 2020, signa un contrat avec le gouvernement ukrainien et l’armée, qui permettrait à son entreprise qui a changé de nom en “Academi”, de superviser Azov.

Ce ne fut personne d’autre que la sinistre distributrice de beignets de Maïdan, Vicky “Enculons l’UE” Nuland, qui suggéra à Zelensky, tous deux soit dit au passage, juifs ukrainiens, de nommer l’auto-reconnu nazi Yarosh comme conseiller au chef des armées ukrainiennes, le général Valerii Zalouzhnyi. La cible : organiser un Blitzkrieg sur le Donbass et la Crimée, la même Blitzkrieg que le SVR, le service de renseignement extérieur russe, a conclu serait lancée le 22 février 2022, ce qui accéléra le processus de lancement de l’Opération Z par les forces russes.

Tout ce qui est mentionné ci-dessus n’est qu’un bref résumé et montre qu’en Ukraine, il n’y a absolument aucune différence entre les neo-nazis blancs et les basanés d’AQ et de Daesh/EIIL, de la même manière que les neo-nazis sont justes aussi “chrétiens” que les djihadistes “takfiris, salafistes” sont “musulmans”.

Quand Poutine a dénoncé une clique de neo-nazis à Kiev, le comédien Zelensky a répliqué que c’était impossible parce qu’il était juif. Ceci est un non sens total. Zelensky et son patron Kolomoïsky, en tous points pratiques, sont des nazis-sionistes.

Alors même que des branches du gouvernement des Etats-Unis admettaient que des neo-nazis étaient incrustés dans l’appareil d’état de Kiev, la machine exceptionaliste a simplement fait disparaître du radar médiatique les bombardements à l’artillerie lourde pendant 8 ans du Donbass. Ces milliers de victimes civiles n’ont jamais existé. Les medias de masse américains ont même osé leur soutien et des reportages biaisés sur les neo-nazis d’Azov et de Aïdar. Alors un narratif neo-orwellien fut gravé dans la pierre : Il n’y a pas de nazis en Ukraine. La succursale de la CIA, la NED, a même commencé à effacer les archives au sujet de l’entrainement de membres du bataillon Aïdar. Récemment, une chaîne d’information des plus médiocres a fait la promotion ouverte d’une vidéo d’un commandant armé d’Azov entrainé par l’OTAN, vue complète avec toute son iconographie nazie.

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Ah la belle famille !…

Pourquoi est-ce que la “dénazification” a un sens

L’idéologie du Banderastan remonte lorsque cette partie de l’Ukraine était en fait contrôlée par l’empire austro-hongrois, l’empire russe et la Pologne. Stepan Bandera est né en Autriche-Hongrie en 1909, près d’Ivano-Frankovsk, ce qui était alors le royaume autonome de Galicie.

La première guerre mondiale a démantelé les empires européens en de plus petites entités fréquemment non-viables. En Ukraine occidentale, une intersection impériale, ceci mena inévitablement à une prolifération d’idéologies extrêmement intolérantes.

Les idéologues du Banderastan profitèrent de l’arrivée des nazis en 1941 pour essayer de proclamer un territoire indépendant. Mais Berlin non seulement bloqua le projet, mais envoya bon nombre des supporteurs dans les camps de concentration. Mais en 1944, les nazis changèrent de tactique : ils libérèrent le Banderastan et manipulèrent les membres dans une haine anti-russe, créant ainsi une force déstabilisante au sein de l’Ukraine membre de l’URSS.

Ainsi le nazisme n’est pas exactement la même chose que les fanatiques du Banderastan : ce sont en fait des idéologies concurrentes. Ce qu’il s’est passé depuis Maïdan est que la CIA a gardé un œil d’aigle sur l’incitation à la haine du Russe par n’importe quel groupe qu’elle pourrait instrumentaliser. L’Ukraine n’est pas un cas de “nationalisme blanc” pour le dire gentiment, mais de nationalisme ukrainien anti-russe, et dans la pratique, manifesté par toutes sortes de saluts nazis et de symboles nazis. Donc, quand Poutine et le leadership russe se réfèrent au nazisme ukrainien, ils n’ont pas raison à 100% conceptuellement, mais cela touche une corde sensible chez tous les Russes.

Les Russes rejettent et détestent viscéralement le nazisme (NdT : 27 millions de mort entre 1941 et 1945, ça cause quand même non ?… Si vous voulez avoir un aperçu de ce que fut la guerre à l’Est et comment se comportèrent les nazis en terres slaves, regardez cet époustouflant film biélorusse de guerre qui en dit suffisamment long : “Come and See” / “Viens et regarde”  d’Elim Klimov, 1985. La guerre dans toute son horreur non hollywoodienne, un film qui vous marquera à vie…), considérant que virtuellement chaque famille russe a eu au moins un des ses anciens tué lors de la Grande Guerre Patriotique. De la perspective de la psychologie de temps de guerre, cela a du sens de parler “d’ukro-nazisme” ou, plus directement, d’une campagne de “dénazification” de l’Ukraine.

A quel point les anglo-saxons aimèrent les nazis

Le gouvernement américain se faisant pom-pom girl des neo-nazis d’Ukraine ne serait être une nouveauté considérant comment il a soutenu Hitler avec l’Angleterre en 1933 pour des raisons d’équilibre des pouvoirs. (NdT: et aussi  les porte-feuilles de la haute finance et des industriels en plus du fait que ces mêmes personnes étaient eugénistes, suprémacistes et financèrent aussi les efforts eugénistes allemands du Kaiser Wilhem Institute… cf les recherches de l’historien Anthony C. Sutton sur le sujet) En 1933, Roosevelt prêta à Hitler 1 milliard de dollars or tandis que l’Angleterre lui prêta 2 milliards de dollars or. Pour avoir cette somme en monnaie de singe courante, multipliez par 200. Les Anglo-américains voulaient construire l’Allemagne comme un rempart contre la Russie. En 1941, Roosevelt écrivit à Hitler que s’il envahissait la Russie, les Etats-Unis se rangeraient du côté de la Russie et dans le même temps écrivit à Staline pour lui dire que si la Russie envahissait l’Allemagne les Etats-Unis se tiendraient aux côtés des Allemands. Belle impression d’équilibre des pouvoirs.

Les Britanniques étaient très préoccupés de la montée en puissance de la Russie sous Staline tout en observant que l’Allemagne était à genoux avec 50% de chômage en 1933, si on comptait les Allemands itinérants non-enregistrés.

Même Lloyd George avait eu des doutes sur le traité de Versailles qui affaiblissait grandement l’Allemagne après sa défaite de la premiere guerre mondiale. Le but de cette guerre, du point de vue de Lloyd George, était de détruire ensemble l’Allemagne et la Russie. L’Allemagne menaçait la puissance britannique avec son Kaiser voulant construire une flotte rivale sur les océans tandis que le tsar de Russie était trop proche de l’Inde pour que l’empire britannique se sente détendu. Pour un moment Britannia gagna et continua de dominer les vagues.

Puis, construire l’Allemagne pour combattre la Russie devint une priorité avec celle de réécrire l’histoire. La réunification austro-allemande (Anschluss) et le contrôle des Sudètes par l’Allemagne par exemple furent tout à fait approuvés par l’Angleterre.

Mais vint le problème de la Pologne. Quand l’Allemagne envahit la Pologne, la France et la Grande-Bretagne restèrent sur la touche. Ceci plaça l’Allemagne à la frontière russe et divisa la Pologne. C’était exactement ce que la France et l’Angleterre voulaient. La GB et la France avaient promis à la Pologne qu’ils envahiraient l’Allemagne depuis l’Ouest alors que la Pologne la combattait à l’Est

En fin de compte, les Polonais furent trahis. Churchill félicitant même l’Allemagne d’avoir envahi la Pologne. Hitler fut averti par le renseignement britannique que l’Angleterre et la France n’envahiraient pas la Pologne en tant que partie de leur plan pour une guerre germano-russe. Hitler fut soutenu financièrement par les services britanniques depuis les années 1920 après ses mots très favorables à l’Angleterre dans son ouvrage “Mein Kampf”. Les services britanniques encouragèrent de facto Hitler à envahir la Russie.

Avance rapide jusqu’en 2022 et nous y revoilà, nouvelle farce, avec les Anglo-américains “encourageant” l’Allemagne sous un très faible Scholz de se réarmer avec 100 milliards d’euros (que les Allemands n’ont pas…) et de remettre le couvert pour une thèse revampée d’une force européenne qui plus tard entrerait en guerre avec la Russie.

Allusion à l’hystérie russophobe des médias anglo-américains au sujet d’un partenariat stratégique entre la Russie et la Chine. La peur viscérale mortelle anglo-américaine de Mackinder/Mahan/Spykman/Kissinger/Brzezinski en 1 : La Russie et la Chine en tant que concurrents jumeaux s’emparent de la masse territoriale de l’Eurasie et donc règnent sur le monde avec des Etats-Unis relégués à un statut insulaire inconséquent…

L’Angleterre, la France et plus tard les Américains l’ont empêché lorsque l’Allemagne tenta de faire la même chose, de contrôler l’Eurasie côte à côte avec le Japon, de la Manche au Pacifique. Le jeu a totalement changé depuis.

Donc l’Ukraine, avec ses pathétique gangs de neo-nazis, est juste un pion sacrifiable dans une poussée désespérée de stopper quelque chose qui est au-delà de l’anathème, du point de vue de Washington : une nouvelle route de la soie germano-russo-chinoise totalement pacifique.

La russophobie, qui est massivement implantée dans l’ADN géopolitique occidental, n’est jamais vraiment partie. Entretenue par les Britanniques depuis la Grande Catherine, puis avec le Grand Jeu. Par les Français depuis Napoléon. Par les Allemands, parce que l’Armée Rouge libéra Berlin. Par les Américains parce que Staline leur força la main sur la nouvelle cartographie de l’Europe et encore et toujours avec et depuis la guerre froide.

Nous sommes juste au tout début de la poussée finale de l’empire moribond de tenter d’arrêter le flot de l’histoire. Ils se font dépasser en tout, ils sont déjà battu par la meilleure puissance militaire au monde, et ils seront mis échec et mat. De manière existentielle, ils ne sont en rien équipés pour tuer l’ours et ça leur fait mal. A un niveau cosmique.

= = =

Il n’y a pas de solution au sein du système ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

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Deux communiqués sur la guerre en Ukraine à diffuser sans modération :

zelensky
Les nazis sionards sont à Kiev…

Zelenskyetles nazis

4 Réponses vers “Guerre russo-ukrainienne sur toile de fond OTANesque, le point sur les neo-nazis et les objectifs de l’empire avec Pepe Escobar”

  1. Tenez, c’est sorti ce jour ; Video : des soldats ukrainiens mettent en place des cadavres à Boutcha – Propagande anti-russe

    L’IRCGN, déplacée par le Poudré en la circonstance, va t-elle considérer cette mascarade ?

    À part ça se sont les Russes !

    Des fragments d’une vidéo montrant l’armée ukrainienne étalant des cadavres à Boutcha ont été par inadvertance diffusés aux médias

    https://www.profession-gendarme.com/video-des-soldats-ukrainiens-mettant-en-place-des-cadavres-a-butcha/

  2. Bernardo Says:

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