Archive pour 2 janvier 2022

Ancestralité, nature humaine et solution au marasme actuel… La survie du plus amical ?

Posted in actualité, altermondialisme, écologie & climat, documentaire, pédagogie libération, politique et social, résistance politique with tags , , , , , on 2 janvier 2022 by Résistance 71

“Les causes de la disparition de l’homme de Neanderthal il y a près de 29 000 ans renvoient à notre propre actualité. Les plus récentes données archéologiques montrent qu’il n’y a pas eu une extinction massive mais au contraire, une disparition progressive résultant probablement de la conjonction de plusieurs facteurs… Leur disparition semble coïncider avec l’arrivée en Europe de groupes d’hommes modernes, il y a environ 45 000 ans. Ils ont cohabité pendant environ 12 000 ans. […] Neanderthal n’était ni inférieur ni supérieur à nous : il était simplement différent, ni une brute épaisse, ni un “bon sauvage”.”
~ Marylène Patou-Mathis, paléontologue, maître de recherche au CNRS, spécialiste mondiale de l’homme de Neanderthal, 2010 ~

“Il n’y a pas de civilisation “primitive”, ni de civilisation “évoluée”, il n’y a que des réponses différentes à des problèmes fondamentaux et identiques.”
~ Claude Lévi-Strauss, “La pensée sauvage”, 1962 ~

evolution

La survie du plus amical ? Pourquoi Homo sapiens a survécu aux autres humains ?

Revue “Humans” du 27 novembre 2021

Kate Ravillious

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Janvier 2022

Nous avons autrefois partagé la planète avec au moins sept autres variétés d’humains. Ironiquement, notre succès est peut-être du à notre vulnérabilité la plus profonde : notre dépendance aux autres.

Les humains aujourd’hui sont uniquement seuls. Pour la plus vaste majorité de l’existence de l’Homo sapiens, nous avons partagé la planète avec d’autres types d’humains. Au moment où notre lignée a d’abord évolué d’Afrique il y a quelques 300 000 ans, il y en avait au moins cinq autres variétés. Et si vous deviez parier sur quelle variété perdurerait et survivrait au reste, vous n’auriez sans doute pas mis votre argent sur nous.

Les circonstances auraient semblé être bien plus favorables à l’homme de Neanderthal, qui s’était déjà adapté à vivre dans des conditions bien plus froides et qui avait étendu son habitat jusqu’en Eurasie. Ou l’Homo erectus, qui vivait très bien en Asie du Sud-Est. Par contraste, nos ancêtres directs Homo sapiens étaient les nouveaux venus dans le voisinage et ne s’établiraient avec succès en dehors d’Afrique que 200 000 ans plus tard. Pourtant, à partir d’il y a 40 000 ans, ou même un peu plus récemment, nous fûmes les derniers humains à demeurer. Pourquoi ?

Bien des explications ont été fournies : intelligence, langage ou simplement pure chance. Maintenant, une nouvelle idée fait son chemin pour expliquer notre prévalence. Ironiquement, il se pourrait bien que ce soit nos plus profondes vulnérabilités, comme notre dépendance envers les autres, l’expression de notre compassion et le fait d’éprouver de l’empathie, qui auraient pu nous donner ce petit coup de pouce.

Aujourd’hui, tout entourés que nous sommes de notre électronique et de toutes ces choses que nous avons inventées, il est facile d’attribuer notre succès à nos capacités cognitives. Mais plus nous apprenons des autres types d’humains et plus ils nous semblent similaires à cet égard. Dans le cas de Neanderthal par exemple et aussi sans doute du mystérieux homme de Denisova, ceci inclut la capacité de fabriquer des outils sophistiqués, comme des projectiles qui leur permettaient de chasser de gros animaux. De la même manière, la découverte de notre flair artistique, marqueur de la capacité de penser symboliquement, pensé être un autre ingrédient vital de notre prédominance, ne fut pas l’apanage de notre espèce. Homo erectus dessina sur des coquillages il y a quelques 500 000 ans et Neanderthal dessina également sur les murs des grottes.

Plus récemment, le point de focalisation s’est déplacé de notre intelligence vers notre capacité à créer des réseaux de communication avec des étrangers. : la survie du plus amical en quelque sorte.

Les preuves archéologiques montrent par exemple, qu’Homo sapiens non seulement vivait en groupes bien plus larges que les autres humains, mais qu’il avait une capacité sans égale de former des alliances au-delà de son groupe immédiat. Il est très possible que ces capacités sociales nous aient aidées à nous faire devenir les humains s’adaptant le mieux, les seuls capables d’occuper chaque biotope de la planète.

D’autres humains avaient sans aucun doute une grande capacité à s’adapter à vivre dans des environnements particuliers. L’Homo heidelbergensis et Neanderthal par exemple, avaient la capacité culturelle et technologique, celle de faire du feu, de fabriquer des outils et des vêtements, dont ils avaient besoin pour vivre et se développer sous un climat généralement bien plus froid. Le plus petit et récemment découvert Homo luzonensis (NdT : l’homme de Luzon pour sa découverte aux Philippines) ainsi que l’Homo floresiensis (NdT : homme de Florès en Indonésie), étaient parfaitement adaptés à la vie en forêt. “Mais on peut douter que ces humains auraient eu ce succès s’ils avaient été magiquement catapultés dans d’autres habitas, alors que sapiens l’aurait sûrement eu”, dit Brian Stewart, paléontologue de l’université du Michigan. Stewart et Patrick Roberts, un archéologue de l’Institut Max Planck pour les sciences humaines de Iéna en Allemagne, argumentent que nos ancêtres Homo sapiens se sont distingués en développant une nouvelle niche écologique, qu’ils appellent le spécialiste généraliste. “Non seulement Homo sapiens a pu se généraliser et s’étendre dans le monde entier, mais certaines populations ont aussi pu se spécialiser dans certains environnements.” nous dit Roberts. “Ceci a permis à nos ancêtres  de faire bien mieux que survivre face à une grande variabilité climatique et environnementale.”

Mais il n’est toujours pas clair comment avons-nous pu maîtriser l’adaptation. Une archéologue de l’université de York en GB, Penny Spikins, a une nouvelle explication. Elle pense que notre nature émotionnelle et nos faiblesses nous ont donné un avantage. “Notre besoin émotionnel nous a donné l’impulsion de nous connecter aux autres,” dit-elle. étendre nos réseaux nous rend plus forts, plus résilients, cela nous permet de nous épanouir dans différents environnements.

Pour comprendre pourquoi, nous devons retourner il y a environ 2 millions d’années, en ce temps où ces émotions complexes semblent avoir émergé et voyagé vers l’Afrique méridionale pour rencontrer notre simiesque ancêtre qu’était Australopithecus. Nous trouvons ici l’exemple le plus lointain de l’attention portée à un hominidé blessé ou malade, avec la preuve sur les squelettes d’individus qui vécurent avec des problèmes osseux causant une grande douleur et une grande invalidité, comme chez cet adolescent ayant eu une tumeur à la colonne vertébrale. “Ces individus ont reçu de l’aide, de la nourriture, une protection, pour survivre à leur condition.” dit Spikins dont le livre explorant ces idées “Hidden Depths : the origins of human connection”, sera publié l’an prochain.

Des exemples d’attention pour d’autres hominidés dans les archives archéologiques augmentent avec le temps et deviennent communs dès l’époque de Neanderthal et l’émergence de ses communautés. Un squelette neanderthalien trouvé dans une grotte de Shanidar en Irak, datant de plus de 50 000 ans, montre des signes de graves blessures multiples, incluant la perte de l’avant bras droit. De manière remarquable, cet individu a survécu entre 10 et 15 ans après cet accident et a été enterré avec soin à sa mort entre 40 et 50 ans. “L’attention qui a du lui être porté a été extrême et intense” dit Spikins.

Cet investissement dans l’attention amena des bénéfices au groupe tout autant qu’à l’individu. “Cela a permis aux humains de chasser des animaux dangereux tout en survivant aux conséquences en termes des risques de blessure. Cela a aussi permis une durée de vie plus longue, permettant aux grands-parents de s’impliquer plus dans l’attention donnée aux enfants ainsi que dans la transmission des savoirs et des techniques”, ajoute t’elle.

La preuve archéologique de ces bénéfices devient de plus en plus apparente en nous rapprochant du présent, montrant des humains chassant des animaux bien plus gros qu’eux-mêmes et travaillant ensemble pour venir à bout de bêtes particulièrement dangereuses comme le rhinocéros laineux, le mammouth et le buffle géant du Cap.

Lorsque Homo sapiens a émergé, il a mené ces techniques de collaboration un pas plus loin et a commencé à interagir grandement avec les autres en dehors de leur groupe immédiat, ce qui ne s’était jamais fait auparavant. La raison qui mena à ceci n’est pas claire, mais de grandes variations de climat en Afrique aurait rendu la vie plus difficile et ceux qui collaborèrent ont eu bien plus de chances de survie. Il y a environ 320 000 ans, dans le bassin d’Ologesailie dans ce qui est aujourd’hui le Kenya, des individus ont commencé à transférer la roche volcanique vitreuse obsidienne utilisée alors comme pointe de lances et de flèches pour la chasse, sur de longues distances, jusqu’a 90 km dans certains cas. Ceci suggère que des interactions avaient lieu entre groupes voisins. Au fil du temps, ces réseaux de longue distance se sont étendus. Jusqu’à il y a environ 30 000 ans, Stewart et ses collègues ont démontré qu’Homo sapiens en Afrique du Sud échangeaient des perles de coquilles d’œuf d’autruche sur des distances de plus de 300km.

“Cette expansion de nos réseaux sociaux fut une partie très significative de notre succès”, dit Chris Stringer du Musée d’histoire naturelle de Londres. “Interagir avec plus de monde nous a permis d’acquérir des comportements et des inventions de groupes voisins, ce qui a grandement pu aider à la survie de l’espèce.” Par contraste, le mode de vie bien plus insulaire de Neanderthal a bien plus lui coûter cher. Dix lances de bois à lanceur, retrouvées dans une mine à Schöningen près de Hanovre en Allemagne et datées d’environ 300 000 ans auraient permis à ceux qui les utilisèrent, peut-être des hommes de neanderthal anciens, de chasser de gros animaux à plus grande distance. “Nous pourrions assumer qu’une telle superbe invention ne puisse jamais se perdre, mais peut-être 10 000 ans après ces gens vivant à Schöningen, le zone entière fut recouverte d’une épaisse couche de glace et tous ces humains disparurent”, dit Stringer. “Si ces outils ne faisaient pas partie d’un plus large réseau social, alors la technologie qui était si spéciale à ce groupe fut perdue avec lui.”

neanderthal_sapiens
Néanderthal rencontre sapiens

Si les choses avaient tourné différemment, le descendant de Neanderthal serait-il ici aujourd’hui ?

Non seulement de tels réseaux ont permis à Homo sapiens de passer la connaissance, mais ceci fut aussi une assurance pour les temps difficiles. “Si un changement drastique de climat s’est produit, alors certaines populations ont pu avoir des difficultés, mais d’autres vivant dans d’autres régions ont pu fleurir et ont pu aussi aider leurs voisins. Ceci aurait permis le passage de techniques permettant une plus grande résilience.” dit Roberts.

Lui et ses collègues ont trouvé des preuves de ce type de coopération dans les environnements plus denses de la jungle du sud asiatique, il y a quelques 50 000 ans, lorsque Homo sapiens est arrivé dans cette région. Ces pionniers se sont étendus dans cet environnement difficile à une vitesse jamais vue auparavant. L’isotope chimique des os trouvés profond dans ces jungles de ce qui est aujourd’hui le Sri Lanka révèle qu’Homo sapiens habitait la forêt tropicale toute l’année. “Ils sont devenus des spécialistes de la forêt, utilisant des arcs et des flèches pour chasser les singes et les écureuils géants”, dit Roberts. Mais des objets retrouvés avec leurs ossements tels que des perles de nacre marin et des dents de requins, indiquent qu’ils avaient aussi des contacts avec des populations des régions côtières. “Et vous vous retrouvez avec une très belle image de deux populations différentes, une de la forêt, l’autre côtière, et elles communiquent entre elles.” dit Roberts.

Plus on y regarde et plus on trouve des preuves d’une augmentation de l’interaction sociale et de réseaux bien plus vastes lorsqu’émerge Homo sapiens.

Mais qu’est-ce qui nous a donné le courage d’interagir avec nos voisins d’une façon encore jamais vue auparavant dans les différentes lignées humaines ? L’analyse génomique d’une rare condition génétique connue sous le nom de syndrome de Williams a récemment mis en lumière cette question.

Les gens ayant le syndrome de Williams sont souvent des gens hyper-sociaux, confiants et très heureux de rencontrer et d’être en contact physique avec des étrangers. Cette condition est aussi associée avec toute une variété de risques pour la santé, incluant les tissus cardiaques et une apparence physique différente en la forme de caractéristiques faciales plus délicates et des dents plus petites.

Le syndrome est causé par de petites pertes de matériel génétique duquel un gène, le BAZ1B, a été le sujet de bien des recherches cette dernière décennie. Ce gène est associé au contrôle des cellules de la crête neurale, qui forme la base de beaucoup de tissus pendant le développement embryonnaire et crée les glandes surrénales qui influencent notre réponse hormonale lors d’évènements stressants. L’absence de ce gène a pour résultat une migration réduite des cellules, donnant une explication des caractéristiques faciales plus délicates et des problèmes de santé associés au syndrome de Williams, ainsi que des niveaux réduits de peur, menant à une attitude bien plus sociable.

Les changements génétiques associés au syndrome de Williams ont attiré l’attention de Cédric Boeckx de l’Institut Catalan pour la Recherche et les Etudes Avancées de Barcelone. Il se demanda s’ils pouvaient expliquer pourquoi nos ancêtres Homo sapiens commencèrent à étendre leurs réseaux sociaux dans le passé. Travaillant avec Giuseppe Testa de l’université de Milan, les chercheurs ont comparé le génome de l’humain moderne et celui de nos plus proches relatifs, Neanderthal et l’homme de Denisova et ils trouvèrent que le BAZ1B avait bien muté chez Homo sapiens, suggérant une forte pression de sélection évolutionnaire pour des traits de caractère associés avec ce gène. “Ceci nous donne une prise sur la direction du changement génétique qui a pu nous rendre beaucoup plus tolérant envers les étrangers.”, dit Boeckx.

De plus, les mêmes mutations pourraient expliquer pourquoi Neanderthal est parfois décrit comme ayant l’air brutal avec ses arcades sourcilières prononcées et sa mâchoire carrée. “Tout en nous donnant un aspect moins agressif, ces changements génétiques semblent avoir pour résultat des caractéristiques physiques qui nous font apparaître moins menaçant,” dit Spikins.

Essentiellement, il semble que nos ancêtres Homo sapiens se sont “domestiqués” eux-mêmes. Des trouvailles archéologiques confirment que la douceur de notre apparence faciale, le développement d’un crâne plus petit, un visage plus plat et de plus petites dents, ont commencé à apparaître dans notre lignée il y a environ 300 000 ans.

La question devient alors, quels effets ces changements ont-ils eu. Pour le savoir, des scientifiques ont étudié d’autres espèces qui ont subi de tels changements génétiques et ont évolué dans une direction plus “amicale”, comme par exemple les bonobos, une variété de primates très sociable et des animaux qui ont été délibérément domestiqués comme le chien, le mouton et la vache.

En comparaison avec le chimpanzé, qui n’a pas entrepris d’auto-domestication, les bonobos ont beaucoup moins peur des étrangers et sont plus volontaires à partager et à interagir de manière positive avec les autres aux limites de leurs territoires. De manière similaire, les chiens sont plus tolérants que les loups pour vivre dans un groupe d’animaux non reliés et les chiens ont subi une évolution de leur face qui permet plus d’expressions. “Être expressif permet une plus grande communication et vous rend moins menaçant”, dit Spikins.

“Notre besoin émotionnel a peut-être été notre atout durant les changements climatiques”

Dans le cas d’Homo sapiens, il apparaît que nous avons mené l’expression à un autre niveau, avec le développement du langage.” Il semble parfaitement logique que le langage nous ait aidé à maintenir nos réseaux sociaux et fut parmi les outils qui nous ont permis de nous adapter à bien des environnements différents”, dit Boeckx.

Il y a néanmoins des inconvénients à ces traits sociaux acquis durant notre long processus d’auto-domestication. “Devenir plus connecté et tolérant envers les autres nous donne une plus grande force en tant que communauté, mais notre désir sous-jacent de faire plaisir aux autres et d’appartenir à un groupe rend aussi les individus plus vulnérables à la solitude, à la dépression et à l’anxiété.” dit Spikins.

Il y a 50 000 ans, Homo sapiens s’est bien établi à travers l’Eurasie après être finalement sorti d’Afrique. Puis entre 50 000 et 40 000 ans, il semble qu’il y ait eu un crunch duquel Neanderthal et l’homme de Denisova ne se sont jamais remis. Il y a eu un refroidissement intense du climat et une éruption volcanique majeure en Italie il y a quelques 39 000 ans et une renverse des pôles magnétiques de la terre il y a 42 000 ans, ce qui combiné est pensé avoir changé le climat de manière majeure dans le monde.

Il est possible que notre besoin émotionnel ait été notre atout durant cette période difficile. “Notre poussée à nous connecter aux autres nous a peut-être aidé à étendre davantage nos réseaux et à mieux faire face aux changements climatiques de cette époque,” dit Spikins. La chance a certainement aussi joué sa part. Peut-être que nos capacités émotionnelles furent juste le meilleur outil pour naviguer hors de ce défi bien particulier. Si l’environnement avait été différent, peut-être que d’autres espèces humaines auraient été mieux équipées pour gérer les situations. “Si les choses s’étaient présentées différemment, par exemple avec un climat plus stable, est-ce que les descendants de Neanderthal seraient ici aujourd’hui ?” demande Spikins.

Comme le dit Boeckx : “L’histoire des humains est pleine de coups d’arrêt et de redémarrages et nous ne faisons que regarder un cliché de la dernière époque où nous avons eu de la chance.”

La chronologie humaine :

Homo_erectus

Homo erectus : le premier de nos ancêtres à avoir développé des bras plus courts et des jambes plus longues et à s’être étendu en dehors d’Afrique il y a environ 1,8 millions d’années

Quand ? entre -1,89 millions d’années et -110 000 ans

Où ? Afrique, Asie occidentale et orientale, peut-être en Europe

homo_heidelbergensis

Homo heidelbergensis : Les premiers humains à vivre sous des climats plus froids et qui chassaient de grands animaux de manière routinière. Ils sont pensés avoir éventuellement évolué en Homo neanderthalensis en Europe et Homo sapiens en Afrique.

Quand ? entre -700 000 et -200 000 ans

Où ? Afrique orientale et du sud, Europe et possible Asie

neanderthal_sapiens

Homo neanderthalensis (Neanderthal) : Plus petit et plus trapu que nous, avec des arcades sourcilières prononcées, un cerveau aussi grand voire plus grand que le notre.

Quand ? entre -400 000 et -40 000 ans

Où ? Europe, Eurasie, Asie centrale

Homme de Denisova : n’est pas une espèce formelle à cause d’un manque de matériaux fossiles

Identifié en 2010 depuis l’ADN d’un doigt retrouvé en Sibérie. Les populations dénisoviennes se sont mêlées dans le temps et se sont reproduites entre espèces avec Neanderthal et Homo sapiens

Quand ? il y a une incertitude. Il y a au moins 300 000 ans jusqu’à aussi récemment que -15 000 ans

Où ? Asie orientale

Homo naledi : découvert en 2013. Démontre un mélange de caractéristiques humaines anciennes et récentes (petit cerveau, très longs doigts, mais des mains comme l’humain moderne, idem pour les pieds). Son anatomie suggère qu’il marchait sur deux jambes mais pouvait grimper et se suspendre aux arbres.

Quand ? entre -335 000 et -235 000 ans

Où ? Afrique du sud

Homo luzonensis : identifié formellement en 2019 depuis de nouveaux ossements, ce petit être humain possède un mélange de caractéristiques humaines  anciennes et modernes, suggérant qu’il pourrait être un descendant d’un ancien pré-Homo erectus s’étant dispersé hors d’Afrique

Quand ? environ 50 000 ans

Où ? sur l’île de Luzon (aujourd’hui aux Philippines)

homo_floresensis

Homo floresiensis : découvert en 2003, petit mais très capable, petit cerveau, grandes dents, pas de menton et un front fuyant, utilisait des outils de pierre, chassait de petits éléphants et aurait utilisé le feu. Leur petite stature aurait pu être une forme de nanisme insulaire ou une parenté avec Homo luzonensis, depuis une ancienne vague de petits humains qui s’aventurèrent en Asie.

Quand ? entre -190 000 et -50 000 ans

Où: île de Florès aujourd’hui en Indonésie

sapiens

R71 : Homo sapiens : évolution depuis l’Afrique il y a environ 300 000 ans pour les proto-sapiens. Nous sommes des sapiens sapiens, évolution de sapiens entre -120 000 et -90 000 ans. Les peintures rupestres des grottes de Lascaux sont datés de -23 000 ~ -19 000 ans et ont été peintes par un sapiens sapiens, l’homme de Cro-Magnon.
Sapiens a vécu durant la période de la fin de Néanderthal, les deux espèces ont une histoire commune sur plus de 12 000 ans. Ils se sont rencontrés et se sont mélangés. Les humains modernes des souches européennes et asiatiques possèdent environ 4% d’ADN de Néanderthal. Les derniers Néanderthals remontent à -29 000 ans environ .

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“le 7 mai 2010, une nouvelle extraordinaire est tombée. Une équipe internationale de chercheurs, menée par Svante Pääbo de l’Institut Max Planck d’anthropologie évolutionniste (Leipzig, Allemagne) et Richard Green, professeur à l’université de Californie, a mis en évidence l’existence du croisement entre des Néanderthaliens et les premiers hommes anatomiquement modernes. Ils ont montré que génétiquement, leur génome était à 99,7% identique, comme celui de l’homme actuel est à 98,8% identique de celui du chimpanzé. Cette découverte signifie que certains d’entre nous possèdent quelques gènes néanderthaliens, en moyenne quelques 4% du génome. Mais seuls les Européens et Asiatiques sont concernés, ce qui signifie que ce croisement a eu lieu hors d’Afrique, probablement au proche-orient, entre -80 000 et -50 000 ans…”

“Néanderthal était différent de nous, mais il était notre égal, le représentant d’une autre humanité. Certains penseront alors : pourquoi a t’il disparu ? A quoi je répondrai : Néanderthal a vécu près de 300 000 ans et nous, combien de temps vivrons-nous ?”

~ Marylène Patou-Mathis, paléontologue, maître de recherche au CNRS, spécialiste mondiale de l’homme de Neanderthal, 2010 ~

NdR71 : Les citations placées en avant et après propos de l’article sont tirées du tout à fait remarquable ouvrage de Marylène Patou-Mathis : “Néanderthal, une autre humanité”, éditions Perrin, collection Tempus, réédition 2010, première édition, 2006
Aussi à voir sur le sujet, le très bon film « Ao, le dernier Néanderthal » de Jacques Malaterre

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

MPM1
Documentaire, cliquez sur l’image (1h10)