Chronique du (presque) docteur Tché Rien: « Tas saisi » (PDF)

 

 

Ou quand la désobéissance civile et la rébellion deviennent des devoirs civiques, des mesures de salubrité publique
Resistance 71

 

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7 Réponses vers “Chronique du (presque) docteur Tché Rien: « Tas saisi » (PDF)”

  1. On raconte qu’un jour, un ami de passage offrit un bel oiseau au sage Yajun. Le saint homme le prit tout doux contre son coeur; caressa un moment sas ailes, puis les baisa, ouvrit les mains, et le rendit au vaste ciel. L’ami s’en étonna. Il demanda :
    – Pourquoi ?
    Yajun répondit :
    – Il m’a dit à l’oreille : “ Ne trahis pas l’amour que tu ressens pour moi. S’il te plaît, Yajun, pas de cage entre nous.” Quand il s’en est allé ( ne l’as-tu pas entendu ? ) son cri de joie m’a remué jusqu’au plus secret de mon âme. Tu m’as offert bien plus qu’un oiseau, la bénédiction d’un oiseau.
    On dit que l’envolé s’en revint chaque jour rendre visite au saint homme. Le matin, il le réveillait, perché au bord de sa fenêtre. Le soir, il mangeait avec lui. Ce fut ainsi longtemps, Puis Yajun mourut. Alors l’oiseau s’en vint nicher dans le creux de sa main ouverte, se coucha et mourut aussi.
    A quelques temps de là, un disciple rêva de son maître défunt. En songe ils parlèrent un moment. Yajun lui dit :
    – Nous nous voyons souvent ( il parlait de l’oiseau ), nous conversons ensemble, mais entre nous demeure un point de désaccord.
    – Vous m’étonnez. Lequel ? lui demanda l’ami.
    – Celui-ci : de lui ou de moi, qui a vraiment libéré l’autre ?

    MERCI! Merci de me nourrir depuis toutes ces années!

    • superbe histoire allégorique, merci de nous nourrir en retour ! 😉
      Fraternellement

    • Une fois n’est pas coutume, une histoire personnelle :
      Il y a quelques 25 ans, dans un pays d’Asie où j’habitais, les locaux parmi lesquels je vivais ramènent un jour un tatou / pangolin toujours vivant, roulé en boule (sa méthode de défense comme les hérissons autour d’un fil de fer qui a servi a le porter). Dans ces contrées, la viande de tatou est très prisée, car rare et est un plat de gourmet. Il est blessé à la patte avant gauche. Les locaux, mes amis, prévoient de le manger et m’invitent ainsi que ma compagne et mon fils de 4 ans au festin du soir. Je les remercie mais sur dit que l’animal est rare et qu’il serait mieux de le remettre là d’où il vient, la jungle locale. Eclats de rire général de mes amis qui me disent en substance « oui, c’est rare, c’est pour ça que c’est cher et quand on en attrape un, on le mange… » Voyant l’impasse se dessiner, je demande combien couterait ce tatou sur un marché local s’il y en avait. Vu la taille, mes amis m’annoncent un prix tout à fait plausible. Je leur demande de m’attendre, je pars chez moi à deux pas et revient avec le double de la somme d’argent qui avait été évoquée et leur dit que je rachète l’animal et qu’il ne s’inquiète pas du prix, de cette façon ils pourraient acheter de bonnes choses pour faire une bouffe bien arrosée entre amis. L’assemblée discute et accepte. Je saurai par la suite qu’un des membres n’étaient pas vraiment d’accord et voulait bouffer le tatou, mais qu’il a été ramené à la décision du groupe par respect pour moi et ma démarche. Je repartis donc avec mon tatou, dans l’intervalle ma compagne et mon fils nous avaient rejoint. je pars avec lui dans la forêt derrière nos maisons pour relâcher le tatou, suffisamment loin pour que le grognon ne le retrouve pas si facilement. Je fais couper le fil de fer à mon fils et on laisse le tatou planqué libre. Ce jour là nous avons fait une bonne fête avec les locaux.
      Quelques jours plus tard, ma compagne me dit, viens dans le jardin, y a quelqu’un qui voudrait de voir… Je m’y rends et que vois-je : le tatou, blessé à la patte avant gauche mais qui marche presque normalement… Je dis bon va falloir que je le ramène dans la jungle sinon il va passer à la casserole. Ma compagne me dit, pas de pb, les gens l’ont vu et ne lui feront rien, pas du tout a cause de l’argent, mais par profond respect pour toi et le tatou. On l’a appelé « Gilbert ». on jouait avec lui régulièrement. Il est resté plusieurs jours dans le jardin puis un jour mon fils m’a dit en pleurant papa j’ai vu Gilbert repartir dans la forêt.. je lui ai dit, c’est bien, il est venu nous dire merci et au revoir et il est reparti avec les siens. Juste chose de la nature.
      ça cadre avec ta belle histoire. Qui a libéré l’autre ?… 😉

  2. Sans doute, parce que ceux qui ne savent pas (se)donner ne savent pas ce qu’ils perdent!
    amitiés

  3. Pareillement!
    Je ne trouve pas spécialement le JE détestable, mais je n’aime pas exposer mon je en place publique.
    Mélanie, accouche de son 2ème enfant en octobre 2018… Le 3 janvier 2019 son mari part avec la meilleure amie de Mélanie ! Un classique…
    Mélanie veut un rdv et m’avertit qu’elle n’a pas d’argent pour me payer la consultation. Je la reçois. Je lui fait un chèque de 200€ en lui disant que le dernier elle l’allaite mais que c’est pour quelques courses pour elle et son aîné …
    Je ne respecte pas le secret professionnel et j’appelle son père qui est un ami de longue date du judo, pour l’informer de la situation….
    Mai 2019, Mélanie me demande si je peux la recevoir entre deux patients.
    Elle me fait un chèque de 1000€, en me disant : ce que tu as fait pour moi, je sais que tu le fais pour d’autres patients, aussi il n’y a pas de raisons qu’il n’y ait que toi qui mettre la main à la poche. Donc, ça c’est pour tes pauvres !
    C’est juste que le papa de Mélanie lui avait fait quelques courses et qu’il lui avait pris un jeu à gratter et que la pitchounette avait gagné 100000€ !
    Donc oui à l’art-gens ! beaucoup par la porte et énormément par la fenêtre, celles du coeur bien sûr…

    • et c’est parce que tout cela existe dans la vie quotidienne malgré les horreurs qu’on entend et la propagande qui se déverse sur la « méchanceté » humaine qu’il est impensable de douter que la société des sociétés puissent un jour voir le jour à l’échelle locale et planétaire. Comme toute chose naturelle, l’Homme n’est ni bon moi mauvais, il n’est que le reflet de la construction sociale qui l’anime. Une construction, ça se démonte et ça se reconstruit… c’est aussi simple que ça, même si on s’acharne à nous faire croire le contraire. La propagande n’entendra jamais raison, mais elle s’effacera devant l’évidence, elle ne pourra faire autrement.
      Merci de cet échange. 😉

      Fraternellement

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