Dictature marchande et mystification socio-politique… Pour un monde sans argent ni État ! (Collectif Guerre de Classe)

 

« La société modernisée jusqu’au stade du
spectaculaire intégré se 
caractérise par l’effet combiné
de cinq traits principaux, qui sont :
le renouvellement technologique incessant, la fusion
économico-étatique, le secret généralisé, le faux
sans réplique, un présent perpétuel. » (Guy Debord)

 

Pour un monde sans argent ni État !

 

Collectif Guerre de Classe

 

10 juin 2020

 

Source du texte:

https://guerredeclasse.fr/2020/06/10/pour-un-monde-sans-argent-ni-etat/

 

[…]

Le taux de délire de l’idéologie anti-raciste est inversement proportionnel à la puissance des tendances radicales de  la conscience distincte de l’époque.

De nos jours, l’ampleur  spectaculaire de l’indistinction multi-culturaliste traduit positivement la misère intellectuelle du temps-marchand tout-puissant et l’absence de volonté de changement critique qui en découle.

L’endiguement actuel de tous les conflits sociaux potentiellement radicaux se retrouve systématiquement grevée de la mythologie des « minorités visibles » copieusement favorisées et entretenues à titre de clientèles spectaculaires privilégiées du temps inchangeable.

Le clivage anti-raciste intervient ici comme l’essentialité  de la normalisation spectaculaire en ce qu’il offre cette possibilité anesthésiante permanente de passionner les foules hébétées dans la prison mentale de questions indistinctes constamment infra-réelles et anti-critiques  puisque le spectacle des mystifications socio-politiques n’a en vérité pas d’autre objectif que de masquer et de consolider la disparition radicale de toute réalité et de toute critique distinctes.

Le temps humain devenu intégralement temporalité marchande, la consommation du spectacle a d’abord pour finalité de faire oublier la réalité historique et d’arrimer la conscience spectatrice à la seule puissance dominante du fétichisme de l’indistinction.

C’est partout le même projet communautaire d’une histoire sans histoire pour une communauté sans autre communauté que la matérialité indistincte de l’argent.

Le spectacle de l’indistinction est le langage collectif de l’action sociale anti-critique. Il est la temporalité de la production marchande en tant que production constante de séquences aliénées dans leur équivalence et équivalentes dans leur aliénation.

Le fétichisme de la marchandise est tout, l’homme en tant qu’homme n’est plus rien car il n’est plus désormais que la matière première du temps de l’indistinction.

Le temps irrévocable de la production spectaculaire indistincte est primordialement la mesure marchande de tous les actes humains puisqu’il est l’acte marchand de toutes les mesures humaines.

Temporalité officielle de toutes les surfaces du monde de l’aliénation, l’indistinction signifie spectaculairement qu’elle est le mouvement général de l’histoire présente précisément en ce seul sens qu’elle n’est que la dynamique particulière du temps fermé aspirant à liquider toute mémoire d’un temps ouvert.

La liberté dictatoriale du marché dont la seule ambition est le système spectaculaire de la fatalité démocratique inévitable repose sur le caractère a priori immuable et impérissable du regard illusionné.

L’abondance marchande est l’abondance de la non-distinction qui se signale par une accumulation sans limites d’artificialité, d’adultération et d’inversion qui aboutit à ce que les errements du fétichisme de l’argent produisent l’aberration spectaculaire selon laquelle il serait fatidique d’accepter l’identification des hommes à l’indistinction marchande.

C’est l’unité du mensonge social de l’indistinction qui se dissimule derrière les oppositions spectaculaires de la mythologie anti-raciste actuelle qui est d’abord élaborée pour masquer les contradictions réelles de la société marchande qu’elle est justement destinée à refouler et proscrire puisque le spectacle de l’argent abomine la critique sociale radicale qui n’est pas autre chose que la distinction poussée à bout des contradictions en question.

Dans le monde de l’indistinction marchande, toute réalité est spectaculairement renversée et le vrai en tant que distinct dissimulé n’est plus que ce que le faux doit faire disparaître indistinctement.

Le spectacle de l’indistinction est la mondialisation sociale du métissage qui socialise le métissage du monde. Et le snobisme médiatique par lequel le spectacle mimétique de l’aliénation reproduit la dynamique marchande révéle ainsi que si la fascination du « jeune » de banlieue c’est l’argent, la fascination de l’argent c’est bien le « jeune » de banlieue.

De peur d’être accusé de racisme, il est donc interdit de soulever la question de l’immigration et des ghettos urbains autrement que dans les termes autorisés par le spectacle de l’indistinction et selon les intérêts généraux du temps de la marchandise.

Hier, la dictature démocratique du marché criminalisait le mouvement critique des grèves dures, aujourd’hui, la démocratie du marché dictatorial criminalise toute critique de l’immigration puisque c’est là le moyen le plus pertinent qu’elle a trouvé afin d’évacuer justement la problématique de la dureté critique des grèves mouvementées.

Toutefois avant de criminaliser, le spectacle de l’indistinction préfère sidérer. Ainsi, le spectateur qui renâcle est d’abord considéré comme un malade qu’il convient de soigner ou un égaré qui doit être ré-éduqué puisque en un temps aliénatoire  où la xénomanie est devenu le transcendantal du fétichisme marchand, il va de soi que tout ce qui n’est pas férocement xénophile est forcément xénophobe féroce.

Dans le numéro 2967 de Paris Match du 30 mars 2006, l’on peut découvrir de la page 36 à la page 40, une série de photographies très étonnantes prises le jeudi 23 mars sur l’esplanade des Invalides lors d’une manifestation contre le contrat premier emploi. L’on y voit notamment et très distinctement une jeune femme prise à partie, frappée, dépouillée, jetée au sol et longuement agressée par une bande de « lascars » de banlieue visiblement tous d’origine non-européenne devant un public de même provenance qui suit la scène avec complicité amusée et même délectation.

Imagine t-on un seul instant que de tels événements qui furent alors le lot commun de quasiment toutes les manifestations étudiantes et lycéennes – et dont évidemment la couverture et l’indignation médiatiques furent réduites à leur plus simple expression – aient eu lieu dans un contexte inverse à partir d’une bande  de skinheads attaquant dans des conditions similaires une jeune femme noire.

Bien entendu, c’eût été là le tollé médatico-politique de commande spectaculaire habituelle puisque dans le monde de l’indistinction qui renverse le réel, le réel renversé donne à penser que le faux est vrai puisque le vrai y est toujours pensé comme faux.

~ Critique de la Société de l’Indistinction ~

Aujourd’hui, les faunes urbaines de l’économie souterraine qui brûlent rituellement des voitures ne sont pas des enfants d’ouvriers en révolte qui se battent par haine de la marchandise, mais des paumés incultes adorateurs du fric, de ses modes insanes et de toutes ses grossières insipidités… Bien loin d’être des persécutés en rupture, ce sont les enfants chéris du système de la discrimination positive de l’anti-subversif, les talismans médiatiques de l’ordre capitaliste à révérer, bref ce que Marx désignait sous le terme de lumpenprolétariat : cette « masse strictement différenciée du prolétariat industriel recrutée dans les bas fonds, voleurs et criminels de toutes sortes, vivant en marge de la société, des gens sans travail défini, sans foi ni loi » et qui sont, bien sûr, toujours les meilleurs alliés de l’État lorsqu’il s’agit de livrer combat à la véritable désobéissance prolétarienne.

~ Commentaires sur l’extrême radicalité des temps derniers ~

Après la mystification étatique du Coronavirus, la guerre civile ethnique marchande est la dernière arme de la crise mondiale du Capital pour empêcher la guerre civile de classe contre la marchandise !

La tentative de substituer à la subversion sociale réelle une contestation commerciale et raciale toute entière manufacturée par le spectacle de la marchandise, constitue là l’une des dernières cartes de la crise historique du taux de profit pour nous enfermer dans le cercle vicieux des manipulations de sauvetage de la prison salariale !

Nous ne marcherons jamais dans l’embrigadement anti-raciste du Capital car nous combattons pour la communauté humaine universelle qui abolira tous les mensonges de la pourriture capitaliste repeinte en arc-en-ciel !

Pour un Monde sans argent, ni État !

= = =

Lectures complémentaires:

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 

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